Au pays des cybercafés

Sous-titre : bienvenu à Puceau Land.
 
Samedi 7 janvier, 23h et des poussières. Je rentre chez moi après une journée en famille, je pose mon délicat fessier sur ma chaise de bureau, j’allume mon pc puis je remarque que l’affichage de ma freebox n’est plus le même : à la place de l’heure, le cadran me fait un joli serpentin. Ah, il y a dû y avoir une réinitialisation, ça arrive. Je l’éteins puis la rallume : toujours le serpentin. Ok, j’ai compris, à force de pas vouloir payer France Telecom, ils m’ont enlevé l’ADSL. Je compose fissa le 3000 et paie ma facture avec ma carte bleue : avec de la chance, en début de semaine, ce sera réglé.
 
Lundi, j’essaie de m’appeler pour voir si la ligne est rétablie : « le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué… ». Oh ils
m’ont carrément supprimé la ligne ! Bon, résumons nous : j’ai plus de ligne donc impossible de se connecter d’une quelconque façon que ce soit… Pas de panique, j’ai plus d’un tour dans mon sac, comme par exemple, un modem wifi. Donc, je le branche. Youpi, le wifi que je piratais autrefois est revenu ! Mais impossible de se connecter dessus, le signal est trop faible. Bon, il ne me reste qu’une solution : le cybercafé.
 
La veille, j’avais fait preuve de lucidité (pour une fois), j’avais emprunté le net de ma sœur chez qui j’avais déjeuné. J’avais alors découvert qu’il y avait un cybercafé à deux minutes à pied de chez moi, tout va bien. Je m’y rends donc et, ô surprise, il est ouvert (oui parce qu’avec ma lose, j’en doutais). J’avais eu une mauvaise expérience de cybercafé en juin ou juillet : après que le wifi que j’empruntais m’ait lâché et avant que FT se décide à m’installer une ligne (oui parce que dès le départ, ça a été folklorique), je m’étais rendu dans un cyber du côté d’Opéra car je devais envoyer des documents à tout prix. J’arrive donc : un écran pourri qui m’a tué les yeux, un ordi à peu près aussi vieux que moi et c’était tenu par une Asiatique qui devait faire un jeu en ligne car il y avait une musique étrange, un peu style Castlevania époque NES. Au bout d’une demi heure, me rendant compte que je n’arrivais pas à envoyer les documents que j’avais mis sur disquette ET sur clé USB, je décide de partir : je ne supporte plus ni l’écran, ni la musique. Et la bonne femme m’annonce : 6 euros. Quoi, 6 euros la demi-heure ? Bon, alors, je vous le dis, n’allez surtout pas au cybercafé qu’il y a dans un passage près de l’Opéra, c’est l’arnaque totale.
 
Là, bonne surprise : 10 euros les 6h, ça me paraît raisonnable. Donc je m’installe dans un confortable siège en cuir, tout fonctionne (sauf qu’ils n’ont pas word mais l’éditeur de texte open office… Tiens, ça me rappelle mon dernier stage, comme c’est amusant…). J’arrive à 16h, je commence à trafiquer. 17h, arrivent des gamins genre 10-15 ans (enfin, 15 ans, c’est le max) avec leur sac à dos de cours, ils s’installent par ci par là dans la salle et ils commencent une partie de jeu en ligne où il faut se tirer dessus, le fameux Counter Strike, je suppose. Et là, c’est parti : « T’es où ? Oh, zyva, tu m’as tué bouffon ! » le tout prononcé avec la voix caractéristique des jeunes hommes de leur âge, c’est à dire en pleine mue… Un coup dans les grave, un coup dans les suraigus… Donc, j’espère que sur mes trois enfants supposés, j’aurai… hum… trois filles ! Et vas-y que ça court partout, que ça va regarder sur les écrans des copains. J’envoie un cri de détresse à mes correspondants MSN : « au secours, je suis à puceau land ! ».
 
Je finis par me déconnecter et par rentrer chez moi. Le lendemain, j’arrive à 16h30 et il y a déjà une bande d’ados (je sais pas si ce sont les mêmes). Non mais ils ont jamais cours ? Et quand bien même, ils n’ont jamais de devoirs ? A mon époque, après l’école, je rentrais directement chez moi… Certes, les cybercafés n’existaient pas à cette époque mais tout de même ! En plus, là, un des gamins (qui doit avoir dix ans à tout casser) n’arrête pas de changer de poste et squatte de temps en temps celui à côté du mien. Ce que je n’apprécie pas des masses car j’ai l’impression qu’il reluque ce que je fais et, ça, ça m’emmerde (surtout que je suis en train de réserver mon billet de train pour la Bretagne). De temps en temps, ses copains viennent le voir, s’appuyant sans vergogne sur mon siège… J’ai beau soupirer bruyamment et lancer des regards noirs, on dirait que je n’existe pas. Après, le petit gamin va jouer sur un nouvel écran et il parle à ses potes, c’est marrant. D’abord, un de ces copains lâche une belle salve d’insultes et il lui fait :
« Non mais Luc, fais attention, nous ne sommes pas dans un lieu privé mais dans un lieu public » (texto).
Mais j’avoue que là où j’ai manqué d’éclater de rire, c’est quand il fait : « Non, mais m’appelle pas comme ça, tu m’appelles Stéphane ou
alors « la salamandre ». ». Il s’y croit trop, le gamin, il exhorte ses copains à parler dans leur casque alors qu’ils sont côte à côte…
 
A un moment, il y a eu une dispute : « Non mais comment t’as fait pour avoir un revolver, toi ? 
– J’en ai pas.
– Mais si, bouffon !
– Non, j’ai un couteau et une mitraillette et un pistolet…enfin non ! ».
Faut apprendre à mentir, mon petit. A un moment, j’ai entendu qu’il était question d’avoir tué Sarkozy : l’univers des Geeks est vraiment bien étrange !
 
En tout cas, je vais faire le maximum pour régler rapidement ce problème d’Internet (c’est pas gagné, ça, non plus…)parce que passer deux heures à essayer de travailler alors que des gamins virevoltent autour de vous en hurlant : « bouffon, ta mère, t’es où ? Ah, connard, tu me tires dessus ! ». Même les filles s’y mettent : aujourd’hui, j’étais à côté d’une Geekette qui était tellement dans le jeu qu’elle n’entendait pas son portable sonner. Et c’était du genre sonnerie gonflante, c’était un mec qui parlait, il devait imiter le diable de Tazmanie parce que j’ai rien compris à ce qu’il a dit ! Mais comme je suis garce, je lui ai pas dit, à la fille, que ça sonnait…
 
Sinon, dans le côté, « faune du cybercafé », j’ai aussi croisé un étrange personnage : une vieille dame qui erre d’écran à écran et
qui est venue parler au petit cité plus haut (la salamandre, souvenez-vous !). « Et tu fais comment pour faire ça ? Et tu fais comment pour faire ça ? ». Moi, je fais semblant de ne rien entendre, le casque vissé sur la tête (alors qu’il ne me sert qu’à entendre le « toudoudou » de MSN).
 
Enfin, parlons du geek breton, enfin, le seul spécimen que j’ai vu. Je vais au cybercafé, donc, je travaille quand soudain, j’entends cette voix typique des garçons entre 13 et 16 ans débiter des conneries à vitesse hallucinante en parlant trèèèèès fort. Mais ce qui est impressionnant, c’est qu’il n’arrête pas ! Y a pas de bouton stop ? A un moment, je me lève pour partir et là, j vois le gars : la trentaine… Mais comment on peut avoir la voix qui mue à trente ans ? Ça me dépasse ça. Au passage, il me décoche un regard plein de sous-entendus, aaaaaaaah ! Mais il se prend pour qui, le trentenaire prépubère ? C’est pas avec la sublime manifestation de sa connerie à laquelle j’ai eu droit que je vais avoir envie de lui parler…
 
Il y a des jours où je me dis que je suis salement mysanthrope… Et d’autres où je me dis que j’ai hâte de retrouver mon net à la maison ! Dieu merci, l’école d’à côté a un wifi non sécurisé, net à volonté ! 

Les petits bonheurs

Il y a quelques temps repassait à la télé Amélie Poulain, film culte de notre génération, il paraît. Bon, honnêtement, moi, Amélie Poulain, je l’ai trouvé chiant la première fois que je l’ai vu, j’ai plus apprécié le deuxième visionnage. Quelque part, ce film, c’est une espèce de blog filmé : des petits riens collés bout à bout pour faire une histoire. Mais ce n’est pas le sujet de l’article. Ce que je retiens de ce film, c’est ce que j’appelle la philosophie des petits bonheurs.

Souvent, quand on demande aux gens une définition du bonheur, on a souvent le trio : amour, argent, travail. Voire la santé, ce qui nous fait donc un quatuor. Moi comme les autres, d’ailleurs, mon idéal de bonheur, c’est d’avoir un boulot qui me plaît et bien payé, avec un homme qui me comble pi peut-être un ou des enfants et un chat. Sauf que pour le moment, je n’ai que le chat. Ce n’est pas pour autant que je suis malheureuse. Bon, ça me lourde de pas avoir de boulot, c’est évident et vous le savez mais ça ne me rend pas malheureuse pour autant. Car rien ne vaut la philosophie des petits bonheurs.

Mais qu’est-ce que donc ? En fait, c’est très simple : c’est se réjouir à la moindre occasion. Par exemple, mes petits bonheurs à moi, c’est une discussion entre amis, un délire sur MSN avec
Gauthier, une discussion rapide avec un ou une inconnue dans la rue (quand il ne s’agit pas de drague), un truc à la télé qui me fait rire, lire mon magazine dans le bain, le bain tout court, une
soirée en amoureux. Manger des grenades, acheter un truc joli, faire un câlin à mon chat… Tout est source de bonheur quand on y pense, il suffit d’être attentif.

En grandissant, je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas attendre ce bonheur ultime pour être heureux. D’abord parce que rien ne me dit que j’arriverai à l’atteindre un jour et quand bien
même, il est toujours entaché de soucis. Exemple, mes parents : le boulot qui plaît, des sous pour vivre confortablement (sans pour autant payer l’ISF, je vous rassure), l’amour, les enfants et
même un chat à tête de clown (je l’adore la chatonne de mes parents). Ben mes parents essuient quand même des soucis : récemment, on a appris que ma mère développait une maladie dégénérative. Heureusement, ça peut se soigner mais c’est pas agréable comme nouvelle. Bon et puis trente ans qu’ils sont ensemble, ils en ont traversé des épreuves et des pas drôles. Mais bon, c’est la vie, on est tous logés à la même enseigne. La vie en rose, ça dure pas, c’est comme ça.

Donc plutôt que d’attendre ce GRAND bonheur, autant profiter des petits. Comme on est bien dans ses pompes après une soirée entre amis, comme on est rayonnant, vous ne trouvez pas ? C’est que du bonheur, comme dirait Arthur, je crois…. Ah non, c’est Castaldi, plutôt… Oh merdouille, je sais plus. Le tout, c’est de savoir le reconnaître. Le bonheur, ce n’est pas forcément gagner des mille et
des cents à la télé, il y a des choses tellement plus accessibles, tellement plus bêtes qu’on n’y pense même pas. Le bain, par exemple, mais quel délice ! Quand je me plonge dans l’eau et que j’ai
la sensation que mon corps se dissout dans le liquide parfumé (oui, je mets des sels dans mon bain, c’est encore meilleur). De sentir la vapeur d’eau qui tapisse ma peau, mes narines. Après une
bonne lecture, je me bichonne, petit gommage et compagnie, le peton. Je ressors de là comme après une mue : apaisée, heureuse, détendue. C’est le cas de le dire, tout baigne.

Le problème, c’est qu’on nous force à avoir la folie des grandeur, « on a soif d’idéal » comme dirait Souchon. On allume la télé, on est bombardés par des produits de luxe, on voit des gens gagner
de l’argent en ouvrant des boîtes… Trop facile. On ouvre nos magazines (y compris sérieux), nous revoilà avec nos produits de luxe, nos femmes tellement belles grâce à la retouche informatique, des concours faciles où on peut gagner jusqu’à 10 000 euros en envoyant par coupon réponse la réponse à la question : « qui présente telle émission tellement populaire que même dans ta grotte, t’en as entendu parler ». Mais jusqu’à quel point tout cela crée une frustration ? Par exemple : ce qui me rendrait heureuse, c’est de m’acheter ce petit gâteau tout joli. Non, je veux ressembler à une
Adriana Karembeu miniature donc hors de question de manger un truc de plus de 3 calories. En plus, là, c’est l’effet vicieux des régimes : à force de se priver n’importe comment, on craque et nous
voilà à dévorer un paquet de biscuits et à culpabiliser. De la même façon, on va économiser drastiquement pour s’acheter, mettons, une super télé. Du coup, plus de cinéma, plus de resto, plus de magazines, plus de livres, CD… Bon, à la fin, on arrivera peut-être à l’acheter la télé mais les programmes resteront toujours aussi merdiques. Economiser, oui, c’est bien, mais ne nous interdisons pas un petit plaisir de temps en temps. Quand un CD me plaît, je l’achète. Chaque mois, je me paie Cosmo. De temps en temps, je me fais un petit resto avec Gauthier ou un cinéma. Le tout est de ne pas abuser, ce n’est pas ce que je dis. Mais bordel, une soirée dans un petit resto à refaire le monde, ça me booste pour la semaine, ça !

Récemment, je suis allée dans le sud ouest pour un week-end coquin avec Olivier. Entre autres choses, nous sommes allés à la plage. Allongée sur le sable, les yeux face au ciel bleu (qui avait eu
la gentillesse de se découvrir peu après notre arrivée), bercée par le bruit des vagues, ça m’a frappée : j’étais heureuse. J’ai retenté l’expérience le 1er novembre. J’ai un peu fait chier mes
parents pour aller à Perpignan sur la tombe de mon grand-père puis on est allé manger en bord de mer (mon papa s’est d’ailleurs trouvé une cousine lointaine au restaurant), je me suis fait un
méli-mélo de poisson délicieux. Puis on s’est promenés au bord de la plage, j’ai plongé mon petit peton dans l’eau. Le soir, nous sommes rentrés, tous sourires : une journée parfaite. Toute simple
mais parfaite. En plus, en furetant chez un bouquiniste en bord de plage, j’ai trouvé un Moravia que j’avais pas ! Finalement, le bonheur, quand on y pense, c’est tout les jours qu’on peut
l’avoir.

Bi l’an

Chaque année, nous voici face à un terrible moment, en ce mois de décembre : le bilan de l’année. Personnellement, j’en fais toujours deux par an (d’où le titre, je suis en forme pour les jeux de mots à la con, en ce moment) : un en juin, lors des vacances et un en décembre, à la fin de l’année. Mes rêves pour 2005 se sont-ils réalisés ? Heu…
 
La santé
Rien de particulier à signaler, j’ai toujours mon appendice et mes amygdales, je ne me suis pas encore reproduite. Aucune maladie particulière ne s’est manifestée, si ce n’est mon mal de cou chronique en été qui me bloque. Sinon, je suis toujours en parfait état de marche, merci.
 
Les études
Terminées, donc, le point positif de l’année, je pense. J’ai plutôt bien réussi cette année de master, je suis assez contente du résultat si ce n’est que le directeur de master semble avoir une dent contre moi : il m’a foutu un 2,5/10 qui ne me semble pas justifié (si ce n’est par le fait que nous sommes en désaccord sur le sujet) et un 13 au rapport de stage là où les autres ont eu entre 16 et 19… Et une mention bien qui s’envole, du coup. Peu importe, comme m’a dit mon tuteur de stage, la mention, les employeurs s’en foutent. Moi moins mais je me console en voyant les excellentes notes que j’ai eues dans les autres matières : c’est pas compliqué, ma moins bonne note est 11, en droit (j’en avais jamais fait de ma vie) et je culmine à 16 ou 17 en module technique. Faut dire que j’ai bien bossé cette année, mon diplôme, je le méritais. Ceci étant, je me demande encore si j’ai fait la bonne formation, tant je n’ai rien appris, mais je crois que c’est pareil pour tous les DESS. Ce que je regrette surtout, c’est que personne ne nous a aidé durant l’année. A la réunion de rentrée, mon cher directeur de master s’extasiait : « oui, dans 6 mois, vous serez peut-être à Atlanta à faire un reportage sur CNN ! ». Waouh, ça fait rêver, que de perspectives ! Résultat, au moment de chercher des stages AUCUN coup de main mais vraiment aucun. Et quand on trouvait, c’était l’apothéose. Prenons notre amie Clara qui sue sang et eau pour se dégoter un stage d’observation de quinze jours à France 3 national. Elle annonce ça à notre directeur qui fait : « ah mais fallait me le dire que vous cherchiez à France 3, je connais M. Tartempion, là-bas ! » Alors, d’une part, pour lui dire, il aurait fallu qu’on le voit et puis forcément, il a beau jeu de dire ça APRES.
 
Je me suis démerdée toute seule pour mes stages avec plus ou moins de réussite (plus pour le premier, pas du tout pour le second). Et là, voici que je reçois au mois d’août une lettre de l’IEP me demandant de filer mes contacts pour constituer un fichier… Non mais ils rêvent les yeux ouverts ! Pendant 6 mois, nous n’avons eu aucun interlocuteur, nous nous sommes démerdés seuls pour tout et là, ils arrivent la bouche en cœur et osent nous demander ça. Curieusement, j’ai omis de répondre…
 
Enfin, retenons juste qu’après 7 ans d’études, me voici bardée d’un beau bac+5… qui ne me sert à rien pour l’heure mais patience…
 
Le boulot
Bon, on va mettre les stages dans cette catégorie, histoire de…
Premier stage, tout nickel : pas rémunéré, certes, mais des tickets repas à 8,60 € par jour et la carte orange à moitié remboursée, on ne s’en sort pas si mal ! Mais surtout, on travaillait dans une ambiance vraiment bon enfant, je ne me suis pas ennuyée pendant deux mois et demi. Puis là-bas, j’ai rencontré Zoé qui est une de mes grandes amies parisiennes… C’est là-bas que j’ai commencé mon blog. J’ai des souvenirs magiques de ce stage, des expériences inoubliables qui me serviront longtemps pour mon métier. Finalement, il aurait été rémunéré avec un boulot à la clé, ça aurait été parfait.
Deuxième stage, tout faux. Dès le départ, je ne le sentais pas, j’aurais jamais dû y aller. J’explique : je réponds à une annonce sur un site Internet, j’envoie des dizaines de candidature et c’est la première (seule) réponse positive, les autres postes ayant déjà été pourvus. Donc en rentrant de Clermont Ferrand où j’avais couvert un match, traînant ma valise et pestant après la pluie qui tombe alors que je suis en t-shirt et pantacourt, je vais à un entretien pour ce poste. J’erre dans un quartier très populaire, perdue, agacée, le pauvre Gauthier se prend mon énervement dans la tête (« fais chier, elle est où cette putain de rue ! Il est trop moche ce quartier ! »). Bon, finalement, je trouve, c’est dans un immeuble dont le porche est bloquée par de grosses grilles… Ambiance ambiance ! Je sonne et j’attends, un mec vient m’ouvrir (y a pas d’interphone ?), je rentre et, ô surprise, les bureaux sont en sous-sol : le rez-de-chaussée qui doit faire 2 m² ne sert strictement à rien. Je descends, donc, l’entretien se passe nickel. Rémunération ? Non, rien de rien. Ma mission ? Je dois travailler sur la culture dans les collectivités locales et territoriales. C’est plutôt positif : je n’ai jamais fait de journalisme culturel et se faire des contacts dans ces collectivités est un bon plan. Mais avant, j’explore quelques autres pistes dont RMC. Une heure de métro pour m’entendre dire : « vous n’êtes pas assez autonome en radio mais je mets un point d’honneur à rencontrer toutes les personnes dont le CV est passé en interne. » Ben j’aurais préféré que tu m’appelles pour me dire ça directement, une heure de métro aller, autant au retour, pour dix minutes d’entretien, j’ai autre chose à faire !
 
Donc me voici à mon stage. Le premier jour, j’arrive, on me présente mes costagiaires, un sympa et un autre que je trouve mignon sur le coup (Nina, tes lunettes, tu devrais les mettre…) mais glacial comme c’est pas permis.
« Tu…tu as un or… ordi p…p…portable ?  (oui, il bégaie mon tuteur de stage)
– Oui mais chez moi, je savais pas que je devais l’amener…
– Ben oui, c’est mieux… En attendant, travaille sur ce poste ».
Seigneur, j’allume, windows 95 ! C’est une blague ? Bon, je passe la journée à écrire un article sur open office dans un silence de mort mais comme je suis pas connectée à Internet, je bosse vite et bien. Le lendemain, j’arrive avec mon pc portable qui n’est plus tout jeune. Trois quart d’heure avec cette foutue sacoche, ça a de quoi vous foutre de mauvais poil. Le café lyophilisé, l’absence de lumière et les frais de bouffe aussi. Alors, quelles sont mes prochaines missions ? Réfléchir à la conception du site Internet de mon tuteur de stage, un dossier sur droit et e-administration. Ah, je dois aussi faire une interview de M. Tuteur pour son site Internet… Là, ça commence à puer l’arnaque : elle est où la culture ? Comment ça, je bosse que sur le site Internet de M. Tuteur et de son association ? A partir de là, je me suis mis en état de « démission mentale », comme dirait Max sur son blog. Moins j’en foutais, mieux c’était : je séchais un jour sur deux ou presque, prétextant des maux de tête (j’ai de nouvelles lunettes) à répétition ou des conneries du genre… Un jour, le monsieur m’a quand même demandé si j’avais des problèmes de santé : « non, non ! ». Quand je venais, je partageais mon temps entre : écriture de mon blog, réponse aux commentaires, fumer, fumer, boire du café, pisser, aller chercher à manger, partir à 16h, déjeuner pendant deux heures avec des copines, prendre mon après-midi… De toute façon, dès que M. Tuteur n’était pas là, il nous foutait dehors car il n’y avait qu’un jeu de clé… Il m’est ainsi arrivé un jour d’arriver à 9h45 et de repartir à 11h30… Me vriller l’épaule pour si peu, ça a de quoi agacer…
 
En juillet, nous étions plusieurs stagiaires, un que je n’ai vu que deux ou trois fois (le glacial) et l’autre, autrement plus sympa qui ne supportait pas trop le stage non plus mais qui, lui, le faisait sérieusement. Sa mission : outre un dossier sur l’intranet (que M. Tuteur m’a demandé de relire pour corriger les fautes, me voilà secrétaire de rédaction !), il devait trouver des CV en ligne de personnes pouvant donner des cours d’informatique pour l’association… Donc on allait toujours fumer en même temps histoire de papoter deux minutes et se défouler un peu : stage de merde ! Puis vint le mois d’août où je n’allais plus travailler puisque le monsieur était en congés je sais plus où donc trois semaines à moisir chez moi en faisant semblant de travailler sur mes dossiers : droit et e-administration, mais aussi l’employabilité dans les TIC et, surtout, je devais réfléchir à comment promouvoir un magasin d’accessoires de boxe qui allait ouvrir pour un ami de M. Tuteur. Finalement, je n’ai rien foutu, j’ai terminé mon stage en ayant rien fait sur ces sujets-là et quand il a fallu rendre mon dossier sur l’e-administration en octobre, je l’ai pas fait, M. Tuteur ne m’a jamais relancée. Sur le coup, j’avoue que j’ai culpabilisé mais finalement, comment pouvait-il décemment vendre ce stage en promettant des sujets culturels ? Comment pouvais-je sortir de là la tête haute en disant que j’avais acquis une nouvelle expérience journalistique ? La cata.
 
Et depuis ? Rien. Quand tout se passe bien, le dernier stage est celui qui permet de trouver du boulot, raté ! Mais en ce moment, je suis en mode recherche activé, je regarde même les stages car je préfère un stage faiblement rémunéré que rien foutre chez moi. Je suis journaliste, pas testeuse de canapé.
 
Amitié
Là, encore, il y eut des hauts et des bas, des amitiés éphémères, certaines sont nées, d’autres sont mortes.
 
Commençons par mon ex meilleur ami, Yohann… Et bien ça fait maintenant un an que je n’ai plus de nouvelles de lui et je ne sais absolument pas pourquoi. La dernière fois que je l’ai vu, j’ai pressenti le malaise… En fait, je l’ai trouvé par hasard à une caisse à la FNAC l’hiver dernier. Oui il faut savoir qu’il vit depuis deux ans en Suède et ne rentre que pour Noël et en été… Donc là, surprise : le voilà en France ! On discute et on s’arrange en rendez-vous. J’ai la sensation curieuse qui si nous nous étions pas croisés ce jour-là, je ne l’aurais pas vu… On se retrouve donc le jour dit, on papote, je me dis que je me fais des idées, on se file un autre rendez-vous mais il m’appelle la veille pour me dire qu’il a pas le temps de me voir mais pour se faire pardonner, il me livre un scoop sur les Feux de l’Amour. Oui, avec Yohann, les Feux de l’Amour nous faisaient hurler de rire, on adorait quand Victor buvait avec insistance dans un verre vide et ce genre de trucs à la con. Alors voilà, près de 10 ans d’amitié et la seule chose qu’il a à me dire, c’est une connerie sur un soap opera ? Là, je ressens le malaise. Je pars sur Paris, j’envisage de lui envoyer un mail pour lui dire mais c’est bientôt mon anniversaire… il oublie. Et depuis ? Plus de nouvelles. Il ne m’a pas appelée cet été quand il était sur Toulouse (il ne sait pas que je vis sur Paris), il ne m’a pas appelée cet hiver pour dire qu’il était là, non plus… Certes, j’aurais pu appeler mais s’il a oublié mon anniversaire, ce n’est pas un hasard. Je sais pas, je reste persuadée que si je l’avais pas croisé à la fnac l’hiver dernier, on ne se serait pas vus des vacances.
 
Sinon, sur Paris, je me suis fait pas mal de relations assez éphémères, y a qu’à voir l’évolution des participants aux vingtenaires : une doit partir, une autre arriver, il me faudrait aussi un(e) autre remplaçant… Je me suis fait de bons copains ici, notamment Zoé que j’ai rencontré dès mon arrivée puis Tink, Sab, Banana, Agnès, Bouki et quelques autres. D’autres m’ont déçue mais c’est la vie.
 
Amours
Oh, le gros dossier, puisque comme dans les horoscopes, je vais tout mettre en vrac dans ce domaine à savoir les brouettes et le reste… Donc assoyez-vous bien confortablement, allez vous chercher un petit thé ou un café, Yome, tu peux allumer une clope (j’adore ta photo sur le sujet, au passage), c’est parti.
 
Je ne la jouerai pas chronologique, on s’en fout. Je vais pas revenir sur chaque histoire, on s’en fout aussi, juste faire un rapide bilan. Globalement, cette année a été plutôt riche en brouette mais relativement pauvre en belles histoires même si… Un rateau magistral avec Julien m’a un peu fait partir en vrille cet été mais globalement, je ne regrette rien, ce n’est pas mon genre. J’ai fait des rencontres plutôt agréables, il faut bien l’avouer : Louis avec qui je suis restée amie, Reno avec qui je papote de temps en temps et qui m’explique les dessous de son métier (auquel je ne connais rien donc chaque conversation est riche en enseignement). Il y a également Jean, un vrai ami avec qui on peut parler de sujets graves ou de sujets plus légers… Concernant Laurent, il est revenu d’Afrique et il y a peu et m’a sauté virtuellement dessus comme un chat sur ses croquettes mais je ne pense pas le revoir. Il est clair que ce monsieur n’en n’a que pour mon sex appeal alors je pense que je vais zapper. Quand les choses évoluent de cette façon, je trouve que la brouette est un moyen très agréable pour faire connaissance.
 
Evidemment, parfois, je tombe mal, c’est inévitable… Il faut dire qu’en général, je ne fais les choses à moitié mais là, je me suis dépassée… Entre le goujat égoïste qui prend sans donner et le névrosé paranoïaque bouffé par la haine, je ne sais lequel est le pire. Mais je crois que les deux m’ont donné une leçon : comme quoi, dans toutes choses, malheur est bon. Avec eux, j’ai pu mesurer l’étendue de ma naïveté : non, l’homme n’est pas bon par nature. Ceci étant, je pense que chacun a ses excuses : Benoît est encore jeune et a beaucoup à apprendre (quoi qu’à 24 ans, il serait temps…) pour se comporter correctement avec les femmes. Je pense que quand il se sera pris une bonne dizaine de râteaux, il aura compris. Quant à l’autre, je sais pas, je n’ai rien compris à cette histoire. J’ai une idée de la réelle raison de son comportement mais tout de même… Détester au point de vouloir faire souffrir une personne qu’on a vue une dizaine d’heures, ça ne me paraît pas très normal. Mais peu importe, au fond, ces deux histoires appartiennent au passé.
 
Côté « amoureux », il y eut Arnaud, donc, mon petit ami officiel de l’année et ce ne fut pas une réussite, finalement. Pourtant tout avait bien commencé et les trois semaines passées ensemble furent parfaites, on se voyait un soir sur deux, on passait de doux moments à deux… Mais voilà, un jour, il se dit qu’il était temps de mettre les voiles et il oublia de me prévenir. Dommage, mais en même temps, ça m’a permis de vivre LA belle histoire de l’année, mon idylle avec Guillaume, donc. Comme on se voit peu, on profite à fond de chaque moment sans se poser de questions. Et pour l’heure, ça me va parfaitement. C’est vrai que, parfois, j’aimerais qu’on vive plus près l’un de l’autre pour se voir quand on veut mais on peut déjà se parler tous les jours sur MSN ou par téléphone, c’est déjà pas si mal. Et, au moins, on ne peut pas dire que la routine nous menace.
 
Globalement, 2005 n’a pas rempli mes espérances, je pensais que ce serait mon année. J’espère que 2006 sera plus clémente… A suivre.
 
 
 

Ridicule

Il y a des jours où on n’a pas besoin d’écrire tant il vous arrive une chose qui se passe de commentaires.


Hier, alors que j’étais devant mon ordi sur MSN, voilà-t-il pas que mister Benoît vient me parler… Tiens donc, il a dû se faire larguer par sa nana (oui, il en avait une récemment) et le voilà qui a envie de sexe. Donc qui c’est qu’il vient voir ? Moi. Et qui c’est qui a décidé de s’amuser un peu à ses dépens. Toujours moi. Conversation MSN retranscrite (sans les fautes d’orthographes et abréviations).

 Benoît : Comment va Nina?
Nina : Bien et toi?
Benoît : Bien merci. Quoi de neuf?
Nina : Pas grand chose, je viens de me faire deux heures de shopping, envie d’exterminer de la foule!
Benoît : Lol. Et là tu vas faire quoi de beau?
Nina : Je pars jeudi chez mes parents pour les vacances
Benoît : chanceuse
Nina : Oui, j’ai hâte
Benoît : Je te comprends
Nina : Ouais, surtout que là, je m’emmerde sur Paris…
Benoît : Comment ça se fait?
Nina : Chômage…
Benoît : Lol. Pas drôle en effet. T’as pas trouve des occupations?
Nina : Si, si mais ça nourrit pas son homme, comme on dit… En janvier, je pense que je vais postuler à Acadomia, pour filer des cours
Benoît : Ouais t’as bien raison
Nina : Bah, ça fait des sous et c’est pas du plein temps donc ça permet de chercher du boulot à côté
Benoît : C’est clair. C’est la meilleur solution
Nina : Ben oui, suis pas prof, moi, suis journaliste!
 

Vous noterez un talent certain de ma part pour parler de tout et n’importe quoi, sauf de sexe car je sais très bien où il veut en venir. D’ailleurs, il me donne rapidement raison.

Benoît : Lol je sais bien. Ça nourrit pas son homme comme tu dis. Et ta petite chatte tu la nourris comment?

Nina :Avec du pâté

 Là, j’avoue que j’ai été un poil fière de moi de cette réponse absurde. Après tout, je pouvais sincèrement croire qu’il me parlait de Kenya…
 
Benoît : Je parlais de l’autre
 
Ah non, c’était pas Kenya…
 
Nina : Ah! Avec mon chéri.

Benoît : Et c’est nourrissant? Ou des fois tu as encore faim lol?

Nina :Ah oui, c’est du genre très volontaire, le monsieur!

Benoît : Lol et dis moi tu ne connaîtrais pas une femme  dans les 30 ans célibataire qui aurait envie de se taper un jeune homme ???? En ce moment je cherche une femme plus âgee que moi mais je ne trouve pas

Je me sens peu de choses, tout à coup…
 
Nina : Non, je crois pas…
Benoît : C’est pas drôle ça……

Nina  : Je crois même pas connaître de femmes trentenaires

Benoît : Bah écoute alors une f plus jeune c pas grave. T’as pas une copine qui se plaint de ne pas avoir fait l’amour depuis un petit moment ???

Nina : Heu… Pas sur Paris, non
Benoît : Bah écoute même si c’est sur province je prends…
 

Quel affamé, je rêve ! Il faut en conclure que ce type n’a pas envie de moi car je suis une déesse du sexe mais juste parce que je suis une femme.

 Nina: J’ai une copine sur Toulouse
 
Je suis adorable…
 
Benoît : Elle est en galère???
Nina : Elle n’a pas le temps de se trouver un mec
Benoît : Il faudrait que tu l’invites chez toi un week-end
Nina : Oui et vous vous retrouvez où?
Benoît : Chez toi. Tu nous prêtes ton appart lol
 
Il veut pas que je lui fournisse les capotes non plus ?
 

Nina: Heu… non

Benoît : Pourquoi?
Nina : Parce que mon appart n’est pas un baisodrome
Benoît : Lol
Nina : De toute façon, elle voudrait pas
Benoît : Pourquoi?
Nina : Parce que ça le fait pas de baiser chez les copines

Benoît : Bah tant pis pour moi….. moi qui comptait sur toi…..

Nina : Bah, désolée, j’ai pas encore ouvert ma maison close
Benoît : Bah c’est pas cool, ça te ferait du boulot
Nina : Oui mais bon, c’est un peu totalement illégal
 

Je sais pas pourquoi, il me parlait plus, après… Il a dû percevoir mes sarcasmes, je pense. Et là, je me dis que je regrette vraiment d’avoir couché avec ce type qui n’a de considérations ni pour moi ni pour les femmes en général, j’ai l’impression. En tout cas, ça m’a amusée de le balader un peu, prendre cette demande de sexe à peine voilée pour une discussion de courtoisie.

Quoi qu’il en soit, je vous laisse apprécier l’art de la transition chez ce garçon, passer de boulot à sexe en une phrase, c’est du grand art.

Et si je faisais quelque chose de ma vie

Jeudi, 3h ou 4h du matin, je sais plus. Allongée à côté de Jean (mon amant dont j’ai pas encore parlé, cherchez pas l’article qui lui correspond, il viendra), nous discutons de nos vies respectives, j’essaie tant bien que mal (et plutôt mal, j’ai eu l’impression) de lui remonter le moral. A un moment, il me demande si je vais bien et je lui réponds :
« Ben oui, j’ai pas de raison de déprimer.
– Je pourrais t’en trouver plein.
– Non, ça ira. »
Je m’accroche à la certitude que tout va bien mais je suis autant à l’abri de la déprime que d’une tempête sur un radeau (j’espère que vous avez compris cette phrase obscure).
 
Techniquement, ma vie est au point mort : pas de raison d’être heureuse ni malheureuse. Rien ne vient illuminer ma journée à tel point que j’ai la banane pendant une semaine. Rien ne vient ternir mon humeur égale. De toute façon, au point où j’en suis, seul un décès m’affecterait profondément et j’espère très fort que ça n’arrivera pas. Même ma lose actuelle ne nuit que modérément à mon moral. Cependant, il est temps de réagir et de trouver des raisons de me réjouir.
 
Trouvons du travail !
En ce moment, je m’emmerde donc je lis. Saine activité. Donc après avoir dévoré Harry Potter, j’ai entamé et terminé le drôlissime « Blog de Max », l’histoire d’un mec qui raconte son boulot et son talent certain à brasser de l’air. A peine terminé, je me jette sur « Le diable s’habille en Prada », actuellement en cours de lecture et férocement hilarant. Dans le premier comme dans le second, les auteurs croquent avec cynisme et méchanceté subtile leur environnement de travail… Et curieusement, moi, ça me donne envie de bosser.
 
Objectivement, j’en ai marre de rien faire chez moi et je préfère que l’argent qui tombe sur mon compte soit versé par Cosmo que par ASSEDIC. Juste une question de fierté, j’ai pas envie d’être un poids pour la société (ni pour mes parents qui paient des impôts dont une partie-infime- revient à leur fi-fille). Et puis j’ai une vie passionnante en ce moment : lever 14 heures, un petit tour dans une pièce intime de ma maison, allumage de l’ordi et de la télé et ABRUTISSAGE. J’écris pour mon blog, je visite et commente ceux des autres. Parfois, je me dis que ce serait bien que je mange donc je le fais. D’autre fois, je me dis que ce serait bien d’arrêter de manger si je veux un jour pouvoir à nouveau quitter mon canapé. Bref, je ne fais pas grand-chose de constructif si ce n’est bosser sur ce blog pour votre plus grand bonheur.
 
Ceci étant, je viens d’intégrer, grâce au blog, justement, la rédaction de ce site, mes premiers articles bientôt. Hé oui, j’ai reçu ce mail, un jour : « votre blog est sympa, je dirige un site pour les demoiselles de 15 à 30 ans, ça vous intéresse une collaboration ? » Un peu, mon neveu ! Certes, c’est du bénévolat mais ça rajoute une corde à mon arc : du journalisme féminin, j’ai jamais fait. Ceci étant, j’aimerais aussi bosser dans un journal qui rémunère, ce serait bien. Ne serait-ce que pour me lever à 7h30, prendre les transports en commun tous les jours et rentabiliser ma carte orange (sur laquelle j’ai enfin mis une photo), faire semblant de bosser toute la journée en écrivant mon blog, en lisant ceux des autres, en buvant du café en faisant la revue des derniers ragots de la boîte. Bosser, quoi…Et puis gagner des sous pour me payer plein de choses (des fringues, un abonnement en salle de sport, les SIMS2…)
 
Tombons amoureuse !
Non, en fait, ça, j’en ai pas envie. Mais trouver une nouvelle cible à séduire, ça me plairait bien.
 
Actuellement, ma vie amou…heu…senti…heu… sexuelle est plutôt sympathique, j’ai rencontré en octobre deux garçons que j’apprécie énormément, Guillaume et Jean, donc. Ce sont un peu plus que de simples plans brouette puisqu’on passe autant (voire plus, beaucoup plus) de temps à discuter qu’à brouetter. Je qualifierais plus facilement ses relations « d’amitié ambiguë », surtout avec Guillaume, et  j’avoue que ça me plaît bien, ça m’apporte beaucoup sur le plan humain. Vais-je tomber amoureuse ? Ce n’est pas à l’ordre du jour, ni pour eux, ni pour moi, de toute façon.
 
Le truc, c’est que ça fait longtemps que je n’ai pas eu à séduire. Depuis Arnaud, mes relations « sentimentales » se limitent à deux anciens plans cul en manque et deux lecteurs de mon blog, charmés par ma personnalité et mon style unique (et certainement ainsi par ma folle modestie). Tous les deux m’ayant charmée pour différentes raisons… je vous laisse deviner la suite. C’est très flatteur pour mon ego mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. « M’attaquer » à des hommes déjà pris dans mes filets, c’est un peu facile. Bon, rien ne me garantissait ce succès, surtout avec Jean mais tout de même.
 
Repérer un homme, essayer de le séduire (et me manger un râteau), voilà qui m’occuperait… Et ça ferait des articles marrants pour toi, lecteur. Mais où rencontrer cette perle rare ? Dans le meilleur endroit pour draguer : au boulot. Je dois donc en trouver un.
 
Faisons du sport !
Bon, je fais du gras, là, ça va pas. Mais je ne fais rien de mes journées à part regarder la télé, papoter sur MSN et me dire que la journée passe vite et que j’ai rien foutu. Donc résolution à mon retour sur Paris : se lever plus tôt et ne plus allumer Internet avant au moins 17h, pareil pour la télé. Ca ira de suite mieux et ça m’encouragera à sortir. Sauf que la meilleure façon de faire du sport est encore d’aller en salle donc de payer un abonnement donc d’avoir des sous donc d’avoir du boulot.
 
Donc, à partir de maintenant, ma priorité, c’est de trouver du boulot puisque manifestement, c’est ce qui fera changer ma vie et me fera passer de l’état de larve dans lequel je suis actuellement à celui de merveilleux papillon épanoui et irrésistible. Je vous tiens au courant de l’évolution de la situation.

O mon pays, O Toulouse

Mercredi, 13h45. Dans un monde normal, je serais à cinq minutes de Montparnasse mais en fait, on est loin, le train a du retard. Je reviens de mon pays natal où j’ai passé un long week-end, je suis entassée dans un coin de train avec ma valise, mon ordi et la pauvre Kenya qui dort tranquillement dans sa cage, se préparant pour la sérénade qu’elle me jouera tout à l’heure dans le métro. A côté, y a une fille aux dreads roses dans lesquelles sont accrochées des capsules de bière et elle a un rat teint en vert sur l’épaule… Pauvre rat, c’est pas sympa de le teindre, quand même.
 
Il ne fait pas très beau et je suis d’humeur un peu nostalgique depuis hier. Il faut dire que mon retour sur Toulouse fut chargé en émotion. Week-end normal à fêter l’anniversaire de mon père et de ma sœur avec mes parents, la dite-sœur, mon « frère » (il ne l’est pas d’un point de vue biologique mais fait partie de notre famille depuis trois ans, pas la peine de demander comment se fait-ce, je n’en dirai pas plus), ma grand-mère gentille et ma tante. Vendredi, samedi, dimanche, lundi pépères. Mardi, journée marathon.
 
Plan à 4 au resto
Mardi, donc, 11h45, je pose mes délicates fesses dans l’habitacle de la 206 maternelle pour foncer su Toulouse. Ah, le plaisir de la conduite ! J’adore conduire mais je n’ai plus trop l’occasion de le faire puisque je n’ai pas de véhicule sur Paris. Embrayage, première, embrayage, seconde, embrayage, troisième vrouuuuuuuuuuuuum ! Et vas-y que je déboîte à gauche pour doubler tout en hurlant : « what a-are you waindingue for ? » (pour ceux, nombreux, qui n’auraient pas reconnus, c’est du Gwen Stefani). Car, ce que j’aime dans la conduite, c’est visser les écouteurs de mon ipod dans les oreilles et chanter à tue-tête, m’imaginant devant une salle comble en train de m’applaudir. Oui, je sais j’ai pas le droit de conduire avec un baladeur sur les oreilles mais moi, au moins, je n’appelle personne pendant ce temps. Donc tout va bien.
 
Arrivée 12h30 au centre ville de Toulouse, je me gare sans soucis dans un parking souterrain, j’ai même pas eu à m’énerver après un automobiliste ce qui, à Toulouse, est plutôt rare. Je vais m’acheter un ticket de métro pour me rendre à St Cyprien. Oui, j’ai rendez-vous avec un jeune homme que je ne connais pas, je vous raconte l’histoire. Il y a une semaine ou quinze jours, je trafique sur mon blog quand je suis soudain déconnectée. Je me reconnecte et là, je vois écris en haut de l’écran que mon blog est en « privilège ». Ah ben, merde, alors, je rêve ? Tous les blogs débutent en confiance, on passe en privilège quand notre blog est de qualité mais ce passage était bloqué depuis quelques temps en attendant la sortie de la nouvelle version (sortie mardi). Du coup, maintenant, je sais quels mots clés vous tapez pour arriver sur mon blog, bande de pervers ! Etonnée, je vais hurler ma joie sur le forum d’over-blog (OB) puis je vais faire un tour sur ma boîte mail et voit que j’ai reçu un courrier d’un dénommé Fabien au sujet de mon passage en privilège. Ce monsieur est l’un directeur d’OB (ils sont trois) et comme il aime beaucoup mon blog, il l’a fait passer en privilège. Ah ben merci ! On s’échange nos adresses MSN (non, ce n’est pas nina.bartoldi, mon adresse MSN, arrêtez de m’ajouter). Un soir, on discute, tranquillement, je lui raconte que je suis en vacances chez mes parents, dans une ville assez proche de Toulouse et là, il m’annonce que les bureaux d’OB sont précisément dans la ville rose. En voilà une information, je ne le savais pas du tout ! « Si tu veux passer nous voir, un jour… ». Tu parles que je veux, découvrir les bureaux grâce auxquels je suis une star, je vais pas dire non ! En plus, il a l’air marrant, Fabien : déjà, il n’a « que » 26 ans, donc plus jeune que ce que je croyais. Hé oui, y en a qui ont 25 ans et qui sont chômeuses, d’autres qui en ont 26 et qui sont directeurs, chacun son truc. Donc on discute et on part dans un délire sur le train.
 
Le principe est simple : si la SNCF veut nous faire préférer le train, qu’elle y mette du sien, c’est à dire qu’elle place les gens en fonction de leur âge. Et si nous faisions un wagon spécial 12-25 ! Non parce que systématiquement, on se retrouve à côté d’une personne bien plus âgée que nous. D’ailleurs, ce week-end, ça n’a pas raté : à l’aller un vieux (qui est rapidement descendu, une banquette entière que pour moi), au retour, un vieux (mais y avait toute une banquette de libre à côté donc je m’y suis installée). A une époque, je lisais les nouvelles érotiques publiées sur aufeminin et il y avait toujours des histoires dans le train… Moi, je veux bien faire des galipettes dans le train mais avec qui ?
 
Bref, on a un bon contact et il me propose de passer dans leurs bureaux pour un déjeuner. Jeune homme, 26 ans, célibataire, chef d’entreprise… Bon, et bien, vous commencez à me connaître, je m’empresse d’accepter ! Surtout que ce n’est pas un simple déjeuner : y a peut-être un petit job pour moi à l’arrivée. Me voici donc dans le quartier de St Cyprien, quartier où j’ai vécu mes quatre premières années toulousaines, dans une résidence étudiante où j’ai pu faire partager mes ébats malgré moi. Je trouve très facilement leurs bureaux (ben, oui, ils sont voisins de mon ancienne résidence étudiante que j’ai tant honnie les derniers mois). Je finis ma clope, je sonne et on m’ouvre. Bon, l’immeuble est petit, premier étage, je trouve un charmant blondinet qui me claque la bise : Fabien. C’est marrant, il ressemble un peu à un copain que je fréquentais en maîtrise science politique et qui avait un nom de famille à consonance italienne. Il me montre le loft qui abrite les locaux d’OB et accessoirement sa chambre (un tout petit lit, le pauvre !), il me présente à tout le monde puis on va fumer sur la terrasse. Je dois avouer que dans le Loft, ce qu’il m’a le plus plu, c’est la terrasse. Assez grande, qui donne sur les toits, c’est peinard. On discute un peu, ça fait plaisir de voir qu’il suit bien mon blog, je lui raconte quelques anecdotes sur les « coulisses » du blog.
 
On part manger avec Gabriel, un des autres fondateurs d’OB puis Jérôme nous rejoint ensuite au resto (notez, les garçons, que j’ai choisi les prénoms en fonction des initiales). Le repas est franchement sympathique, j’ai plus l’impression d’un repas entre potes que celle d’être avec trois inconnus (trois mecs pour moi seule, j’assure, quand même). J’apprends pas mal de choses sur OB, c’est hautement instructif. Et à la fin du repas, me voilà promue intervieweuse officielle du site. En fait, ils projettent de changer la home et les interviews que je ferai seront mis en une. Voilà de quoi enrichir mon press book…
 
Goûter avec l’ex
Suite à ce déjeuner, je quitte mes nouveaux amis après les avoir raccompagné devant leur immeuble. Fabien me propose de monter mais ils vont travailler, je vais pas les regarder béatement. Donc je file en ville pour mon prochain rendez-vous : Guillaume, mon ex. Après quelques courses que je dépose à ma voiture, je rejoins donc le lieu de rendez-vous. Comme d’habitude, il est en retard donc après avoir esquivé un mec qui essayait d’entrer désespérément mon champ de vision, je m’appuie contre un mur et coince une clope entre mes lèvres. Je n’ai même pas eu le temps de chercher mon briquet qu’un mec s’approche de moi : « vous voulez du feu ? » Ah ben ça alors ! Il allume ma cigarette et s’en va sans demander son reste. Que je t’aime province, lieu où j’existe en tant qu’individu et pas en tant que point dans une foule compacte ! Non parce qu’aujourd’hui, j’ai retrouvé ma joyeuse jungle parisienne et là, je n’existe plus. Enfin, si, un peu : je trimballais Kenya mais je ne suis finalement que le prolongement naturel de sa panière. C’est pas moi qui les intéresse, c’est elle, avec sa bouille rigolote et ses longues moustaches et ses cris déchirants.
 
Guillaume arrive enfin, il ne va pas très bien, je le sais. On va faire quelques courses à la librairie, là où j’achetais mes mangas, dans le temps. Il y a toujours Fabien, le beau vendeur brun aux yeux verts que j’ai toujours rêvé de violer dans l’arrière-boutique (oui, je sais, ça fait le deuxième Fabien de l’article mais quand je vous dis que je fréquente des personnes qui ont toutes le même prénom, je ne mens pas). Ça me fait bizarre d’être là. On se rend ensuite dans le café qui a abrité nos amours durant deux ans (oui, on l’a pas découvert de suite), la décoration a changé et je suis déçue : le lieu a perdu son charme, défiguré par un énorme présentoir Haribo. Foutu capitalisme.
 
On discute beaucoup, enfin, surtout lui. Oui, il faut savoir que je suis quelqu’un d’assez bavard mais je suis une petite joueuse à côté de lui. Il me parle de ses amours, il est malheureux : depuis deux ans, il côtoie une fille qui vit très loin sur le net et elle doit venir en janvier mais elle s’éloigne de lui. Elle a peur, elle ne veut plus parler d’amour et je la comprends quelque part : l’amour à distance, surtout quand un océan vous sépare. Il en parle, ses yeux rougissent et sa voix tremble un peu donc je le remonte comme je peux : « Ecoute, je suis une fille et pas trop mal placée pour comprendre ce qu’elle vit. Jamais je ne traverserais un océan juste pour voir un « ami ». Tu le sais et elle le sait aussi, vivez ce que vous avez à vivre, vous aviserez après. » Apparemment, ça va mieux.
 
Et là, c’est l’heure des révélations. Il m’apprend que pendant quatre ans et demi, il était toujours en contact avec son amour de jeunesse, LA fille que je détestais sans la connaître parce qu’il l’aimait toujours beaucoup. Mais ce qu’il prenait de l’amitié n’en était pas, elle a toujours eu des vues sur lui et, apparemment, elle a tenté de le soustraire à mon influence pendant quatre ans. Raté, connasse ! Et elle refait pareil avec son amoureuse actuelle. Sauf que là, il a compris et s’est senti trahi. Il m’a aussi expliqué qu’il connaissait sa correspondante virtuelle bien avant notre rupture et qu’à la fin de notre histoire, il pensait à elle plus qu’à moi. Du coup, je lui ai avoué avoir été très attirée par Bertrand à ce moment-là, je lui ai même raconté ce jour de pluie où le jeune homme était venu me parler avec ses yeux verts-bleux-gris qui avaient fait explosés mon petit cœur. Mai je n’ai pas parlé de Fabien, celui pour qui je crevais de désir à une époque (trois Fabien dans un article, j’atteins des records). Pas la peine d’en rajouter.
 
Curieusement, de le savoir, ça ne m’a pas blessé, il n’a pas eu l’air d’être fâché que je lui parle de Bertrand… On a dépassé le stade des passions mais il reste que je l’aime énormément et je ne supporte pas de le voir dans cet état, ça me crève le cœur. Je lui ai rappelé que j’étais là pour lui quand ça allait mais aussi quand ça n’allait pas. Je suis sortie avec lui suffisamment longtemps pour le connaître par cœur même si, mardi, je l’ai découvert jaloux, jaloux d’un gars qui tourne autour de sa donzelle. Il n’a jamais été jaloux de mes amis, il n’a pas vu mes attirances pour Fabien puis Bertrand, sans doute l’ai-je bien caché, aussi.
 
Ma pauvre stagiaire adorée !
On part ensuite chez Lucie où Anne nous rejoint, on discute tous joyeusement puis il part, rapidement suivi par Anne qui avait un cours de rock (quelle dragueuse, celle-là ! J’espère qu’elle va se trouver un beau danseur, ça fera des choses à raconter pour le blog). Je reste donc à discuter avec Lucie, elle me raconte sa vie de stagiaire à l’IUFM et je ne sais si je dois rire ou pleurer. A un moment, elle me parle d’une nana qui vient de l’académie de Versailles et qui lui sort un jour, de but en blanc : « ben, tu vois, moi, l’an dernier, je suis allée au salon de l’agriculture et j’ai découvert que les poulets, ça avait des ailes ». Et je rappelle que cette demoiselle a son CAPES et sévit dans un collège où elle enseigne l’histoire et géographie. Mais elle croyait que c’était quoi comme bête, un poulet ? Et l’adjectif « aviaire » accolé à la grippe, ça l’a pas fait réfléchir un peu ? Bien, je demanderai à Lucie de me filer le nom de cette demoiselle pour ne JAMAIS inscrire ma progéniture dans l’établissement où elle travaille. Sinon, il y a une demoiselle que Lucie et ses amis adorent, celle qui intervient toutes les deux minutes en cours en débutant toutes ses phrase : « Alors moi personnellement, je pense que… ». Du coup, un collègue de Lucie est un jour intervenu en cours en multipliant les « alors moi personnellement, je pense que… alors nous personnellement, nous pensons qu’il faut appeler l’infirmière, personnellement, c’est ce que nous pensons. » Et forcément, Lucie se cache pour rire. Maintenant, je sais pourquoi je n’ai jamais voulu être prof.
 
Fatiguée, je repars de chez elle à 22h30, une migraine commence à se former sur mon œil gauche, j’ai trop fumé. Je rentre chez moi, mes parents ne dorment pas donc je vais discuter avec eux, je leur parle de mon partenariat avec over-blog rapidement (en omettant de dire que j’avais mon propre blog) et ma mère est plus que circonspecte : « les blogs, je sais ce que c’est, c’est là où des jeunes appellent à la haine ! ». Non, maman, ce n’est pas que ça. Mais j’ai beau lui expliquer, elle fait la gueule. Heureusement que mon père me défend. « Tu sais, m’explique-t-elle, je sais pas comment tu vis à Paris, j’ai l’impression que tu deviens une étrangère. » Oups, touchée. Mais je peux pas lui dire que je vole de bras en bras, de brouettes en brouettes, que je pars ce week-end en Bretagne retrouver Guillaume pour un week-end hautement indécent. Elle avait entendu parler d’Arnaud mais c’est tout. Ça me fout un peu le cafard.
 
Je monte sur l’ordi pour mettre mon blog à jour, j’y retrouve Bouc et Moustache (Guillaume est déjà parti se coucher) qui me fait lire son article en avant-première, celui où il raconte qu’il a enfin effacé le numéro de Catherine de son téléphone portable (lire ici). Je lui réponds que je n’en ai pas fait autant concernant Arnaud.
« Tu veux le rappeler ?
– Non, mais j’espère qu’il le fasse. Tu sais, j’arrive toujours pas à croire que c’est le garçon avec qui je sortais est celui qui m’a plantée comme ça.
– Si c’est lui.
– Je sais… Mais je n’arrive pas à lui en vouloir, je suis con hein ?
– Oui.
– Je me rends compte que j’ai pas tout réglé de ce côté-là… »
Il faut dire qu’une photo du jeune homme traîne à côté du PC familial et de l’avoir sous le nez, ça n’aide pas. Des fois, ça me manque de ne pas être dans ses bras, je m’y sentais si bien… Je crois aussi que mes retrouvailles avec Guillaume ont fait remonter pas mal de choses, le bonheur d’être à deux, mais pour l’heure, je crois qu’il n’est pas encore temps de me caser, j’ai encore des histoires à vivre. Je me couche avec un sacré mal de tête et en me glissant dans mon sac de couchage (oui, je dors dans un sac de couchage chez mes parents, ma chambre est en jachère), je me rends compte que Kenya a fait pipi dessus… Délicieuse fin de soirée.
 
Aujourd’hui, en rentrant chez moi, je me suis allongée, j’ai commencé à m’endormir puis, tout à coup, j’ai saisi mon portable. Au revoir le numéro de Benoît, au revoir le numéro d’un copain de Raphaël que j’avais rencontré au mois d’août… Au revoir le numéro d’Arnaud. Comme une conne, je me trompe de touche et j’appelle mais je raccroche aussi tôt, je ne pense pas que son portable ait sonné. Quand je l’efface, j’ai un petit pincement au cœur mais c’est mieux comme ça : il ne me rappellera jamais, de toute façon. Je me suis assez tournée vers le passé ce week-end, regardons désormais en avant.
 
 

L’’amour fait souffrir, pas le sexe

L’autre soir, je glandais devant une émission qui m’exaspère : Paris Dernière. Je lui consacrerai un article du
dimanche plus tard. En gros, le principe de l’émission : le présentateur, Frédéric Taddéï, filme les nuits parisiennes avec sa caméra numérique, c’est brut, à peine monté, à peine intelligible, aussi. Il erre dans les hauts lieux de la nuit parisienne et retrouve plein de « stars ». Curieusement, je l’ai jamais vu entrer dans le PMU du coin mais passons.

 
Un soir, M. Taddéï entre dans un café et trouve une femme de type hispanique dont je n’ai pas vu le nom et c’est bien dommage car je l’ai trouvée très intéressante. Cette femme est écrivaine et vient d’Argentine ou de Colombie, je ne sais plus trop, elle est très belle et parle beaucoup de sexe dans ses ouvrages si j’ai bien compris. D’ailleurs, lecteur, si tu vois de qui je parle, merci de me le dire, ça me fera plaisir. Donc au début, je souris : encore une de ses écrivains pseudo libertins que Tadéï fréquente et qui vont finir par se montrer ridicule. Et bien pas du tout. D’abord, je suis charmée par son accent et sa voix très douce, son discours est assez amusant. Puis Taddéï l’entraîne dans la rue, ils vont voir des artistes de rue au pied de Beaubourg puis à un moment, elle dit : « Tu vois, on ne peut jamais souffrir par le sexe alors qu’on souffre toujours par l’amour ». Pour une fois, cette émission aura produit une phrase intelligente.
 
Que de cœurs brisés
En ce moment, je rencontre surtout des hommes qui ont beaucoup souffert à cause d’une (ou plusieurs) femme(s). J’ai toujours du mal avec les gens qui souffrent, j’ai toujours envie de les sortir de là mais je ne sais pas forcément comment m’y prendre… Mais dès que je vois un petit cœur abîmé, c’est plus fort que moi, faut que j’agisse. Et je ne console pas que les hommes. Je me souviens avoir passé une demi-heure sur un banc de ma future ville (ouais, j’étais encore Toulousaine, en transit) à consoler Anne et à la persuader que ce connard qui la fait pleurer ne mérite pas tant de peine. Non parce que c’était vraiment un connard, un du genre égoïste qui ne peut pas vous aimer puisqu’il n’aime que lui, de toute façon. Actuellement, pendant que je rédige cet article, je discute avec Guillaume (mon ex) de ses peines de cœur et j’en apprends de belle, d’ailleurs ! Et moi de lui dire que ça va aller, de profiter de la vie… Après tout, je dois être à peu près la seule personne de ma connaissance à ne pas avoir vécu une rupture très difficile…
 
J’ai vu ma sœur Alice perdre 13 kilos en un mois quand Anthony l’a quittée il y a trois ans. Je crois que ce fut la période de ma vie où je fus le plus proche de ma sœur, on s’appelait quotidiennement, elle voulait mon avis sur Anthony et sa nouvelle pouffe (non mais qu’est-ce qu’elle était fade, il avait vraiment pété un boulon, quitter ma sœur pour cet espèce
d’engin anorexique, beurk !). Sauf que moi, je ne suis pas du tout experte en « je veux récupérer mon ex » puisque je n’ai jamais voulu en récupérer un. Quand c’est fini, c’est fini. Il faut savoir tourner la page et je m’arrange pour le faire assez vite mais d’autres ont du mal, la douleur reste vive. Et plus les gens se sont investis dans la relation et plus ça fait
mal. Chaque fois, je me dis qu’ils n’ont pas mérité ça, qu’ils sont tombés sur des connards (ou connasses) qui ne les méritaient pas. Des fois, je leur dis, ils me croient ou pas mais ça console pas. Et quelque part, ça m’énerve de les voir pleurer pour des gens qui ne le méritent pas mais c’est toujours facile à dire quand on est hors de l’histoire.
 
Pas de pénis ou de vagins brisés (ou c’est vraiment pas de chance)
L’avantage avec les histoires purement sexuelles, c’est qu’on ne donne à l’autre que tendresse et affection (ce qui est déjà pas mal, me diras-tu). Au vu de mes deux dernières relations de ce type, je sais qu’on peut avoir une réelle complicité au-delà du sexe mais ce n’est pas pour autant que je vais donner mon cœur si facilement. Comme j’expliquais l’autre jour sur MSN à quelqu’un, je m’emballe vite mais je mets du temps à aimer. Exemple : Arnaud, je me suis vite emballée mais, Dieu Merci, je ne suis pas tombée amoureuse. Le plan brouette, quand il se passe bien, permet d’avoir ma dose de tendresse et d’affection, je peux m’endormir dans les bras chaleureux d’un homme sans me poser les terribles questions : « M’aime-t-il ? Ets-il sincère avec moi ou ne suis-je qu’un vagin ambulant ? Plaira-t-il à mes parents ? Est-ce qu’il va arrêter de ronfler avant que je lui file un coup de pied ? ». Non, je m’endors juste avec la dernière question en tête parce que pas mal d’hommes ronflent, quand même… Et puis quand on voit les quelques connards que j’ai croisés sur ma route récemment, on se dit que j’ai bien fait de pas tomber amoureuse d’eux. Sinon Gauthier aurait eu beaucoup de travail pour rafistoler mon petit cœur.
 
Pourquoi faut-il être deux pour être heureux ?
Pourquoi ne pas contenter de ces relations sexuelles puisque elles sont non seulement agréables mais qu’elles nous permettent d’avoir notre dose de câlins plus ou moins coquins ? Pourquoi faut-il qu’on soit accro à l’amour ? D’où vient cette nécessité de construire quelque chose à deux ? Et si j’arrêtais mes questions rhétoriques ?
 
Hé oui, l’amour est une drogue : on est dans un état euphorique tant qu’on en prend mais si on doit se sevrer, c’est particulièrement difficile. Si je repense à mes belles années avec Guillaume, quand tout allait merveilleusement bien entre nous, on ne pouvait pas se passer l’un de l’autre. En fait, Guillaume, il m’a trouvée à la fac (car il faut dire ce qui est,
c’est lui qui m’a trouvée, moi, je ne l’avais pas vu. Le seul mec que j’ai jamais repéré au RU, c’était un beau brun aux yeux verts sans doute gay, on aurait dit un ange) et on passait nos journées ensemble. Du matin 8h30 (dire que je me levais si tôt à l’époque !) au soir 17h30, main dans la main, séparés uniquement par mes cours que j’ai beaucoup séchés, avouons-le. Au bout d’un an, nous avons dû affronter l’hostilités de pétasses malveillantes qui ne supportaient pas notre bonheur : « ah mais Nina et Guillaume, quand ils s’embrassent, ça nuit à ma liberté » (ça, c’est véridique, y en a une qui a vraiment dit ça, la même qui, l’année suivante, se faisait lécher la pilule par un mec devant les amphis d’histoire). Puis il y a eu l’épisode Fabien dont je parlerai bientôt qui a un peu menacé notre couple avant qu’on se retrouve. Quand j’étais avec lui, j’étais belle. Tout le monde me le disait, filles comme garçons et ça me faisait un peu bizarre, je suis pas habituée… On ne vivait pas ensemble mais presque, il passait tout son temps chez moi et je ne supportais pas qu’il s’en aille.
 
C’était agréable de ne jamais être seule, dans les bons et les mauvais moments. Je crois que Guillaume est le seul à m’avoir vue pleurer sans la moindre retenue, ce que j’ai beaucoup de mal à faire en temps normal. Pour moi, pleurer est une marque de faiblesse et je ne veux pas me montrer sous ce jour-là. Je sais, c’est con mais je ne pleure en public que pour les enterrements et encore. Avec Guillaume, c’était facile, je pouvais me laisser aller. C’est le seul à avoir réussi à me faire pleurer de joie, véritablement, dans un restaurant (je lui ai foutu la honte au passage). Premier anniversaire de notre relation, on se fait un resto. Il ne va pas bien du tout car on évolue dans une ambiance pourrie et son meilleur ami lui a mis les points sur les i à cause d’une histoire ridicule qui m’a profondément énervée (en gros, la copine du meilleur ami a léché l’oreille de Guillaume et le meilleur ami en question en a voulu à Guillaume d’avoir dit : « Hé, elle m’a léché l’oreille ! ». Mais mon avis dans l’histoire, tout le monde s’en foutait parce qu’il me semble que la personne qui devait être outrée là-dedans, c’était moi). Bref, j’aurais eu le meilleur ami en face de moi, je lui en aurais collée une pour avoir choisi pile le jour de notre anniversaire pour faire son caca mou. Donc ambiance un peu morose, j’essaie de lui remonter le moral en taillant un costard pas possible à son pote que je n’ai jamais beaucoup aimé, de toute façon… Il faut savoir qu’après la rupture, alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps, une brusque illumination m’a soudain consolée : je ne verrai plus certains de ses potes. Je m’égare ! Donc, on parle et puis tout à coup, il commence à me sortir des circonvolutions alambiquées. Oui, il faut savoir que Guillaume est le genre de mec incapable d’aller à l’essentiel. Donc, il parle, il parle, je fronce les sourcils en me demandant où il voulait bien en venir et là, je comprends (enfin) qu’il est en train de m’expliquer qu’il m’aime et comment il s’en est rendu compte. Donc, il me lâche « je t’aime ». Ma réponse : « Mais je le savais, c’est pas parce que tu le disais pas que… bouhouhou ! » ET me voilà à pleurer comme une fontaine sans trop comprendre pourquoi, les gens nous regardent bizarres et Guillaume me demande gentiment d’arrêter parce que nos voisins pensent qu’il vient de me plaquer.
 
Bref quatre ans et demi de sourires et de larmes, de haut et de bas, de discussions au beau milieu de la nuit pour savoir comment on appellerait nos enfants. A envisager notre avenir à deux. Puis j’ai évolué, lui non et c’est peut-être là que le bât a blessé, je ne sais pas. De « je te suivrai où tu iras », il m’a dit : « je n’ai pas envie de partir vivre à Lille ou à Strasbourg ». En gros, la seule ville où il me suivait, c’était Toulouse, là où nous étions déjà. Bref, à force de s’éloigner l’un de l’autre, on a fini par se perdre. Mais Guillaume sera toujours le premier, le seul pour l’instant, que j’ai aimé et à qui j’ai dit je t’aime en le pensant.
 
Franchement, être en couple, c’est dur, et je ne me sens pas actuellement le courage de relever le défi. C’est très exaltant de construire quelque chose à deux, j’en conviens, de faire confiance en un autre au point de se livrer à lui sans masque ni artifice. Mais ma dernière tentative a été à tel point infructueuse (je parle d’Arnaud, là) que, pour l’heure, je préfère me contenter de mes sympathiques brouettes. Au moins, là, je ne souffre pas et, je l’espère, je ne fais souffrir personne. Et puis comme ça, je multiplie les expériences pour ne rien regretter plus tard. Moi je dis : « vive la brouette ! »

La fille de Caramail

Par Archi
L’histoire se déroule en 2 temps.
 
Tout commence il y a quelques années (7 ans pour être exact), en plein été, alors que j’étais encore dans la fleur de l’age , avant que la vieillesse ne frappe à ma porte.
 
J’avais rencontré sur Cara (un de mes lieux de chasse à l’époque … moi je n’aime pas meetic car faut payer …) une fille super sympa. Gentille, drôle, touchante. Bref une perle. Seul hic, elle vivait toujours avec son ex (appart commun) et dans une ville situé a plus de 200 km. Mais rien ne m’arrête (suis je prêt à tout pour coucher ?? mais qui a dit que je voulais forcement qu’un plan cul hein .. j’étais aussi à la recherche d’une fille pour faire un bout de chemin ensemble … ouiii j’étais naïf ). Donc on s’ajoute dans la liste d’ami(e)s ( ça permettais de savoir quand la personne étais connectée ) .. Msn n’étais pas encore aussi répandu !!! On parle des heures et des heures, le courant passe vraiment bien . Mais on n’a pas l’intention de faire le trajet pour le moment, elle sans voiture et moi j’ai une poubelle qui n’aime pas trop les longues distance (quoi le train ?? ouais mais on étais tout les deux fauchés alors c’étais une bonne excuse …). Mais on échange tout de même nos numéros de téléphone. On ne sait jamais.
 
Le temps passe on se croise toujours sur Cara mais on a chacun repris nos petites activités (rentrée pour elle et moi) et on se parle moins. Je la perds même complètement de vue. Et puis mi-octobre, soit 3 mois après notre rencontre virtuelle, mon téléphone sonne, très surpris je ne connais pas l’appelant. C’est elle, elle me dit qu’elle est sur Marseille pour voir un ami et qu’elle serait ravie de me rencontrer. Ni Une ni deux je saute dans ma poubelle et pars la rejoindre en ville. On passe un très bon moment au bord de l’eau, les vagues caressant nos pieds (belle journée mais trop froid cependant pour tremper plus que les pieds) et le soleil se reflétant sur ses beaux cheveux … (j’en fait trop !!! ). Arrive la fin du temps impartis, elle doit rejoindre son ami. Je garde un bon souvenir de ces quelques heures passé ensemble.
 
Bah il est ou le plan lose là ?? C’est nul ce que tu nous racontes … t’es un loser avec ton histoire …Ohh attendez la suite, vous allez mieux comprendre.
 
Une année entière s’écoule sans qu’on se redonne de nouvelles. Ouais j’avais rencontré quelqu’un peu de temps après et elle avait quitté l’appart de son ex, donc plus d’ordi. C’est le mois d’août, je reviens en train de chez mes parents. Le cœur et l’esprit léger, l’été me réussit toujours. Mon téléphone sonne et devinez qui c’est … Ben oui, c’est ma charmante rencontre de l’année dernière … Figurez vous qu’elle descend sur Marseille et qu’elle aimerait beaucoup me revoir. Signe du destin, elle est dans le même train que moi … Impensable, que dis-je, inimaginable …Et pourtant véridique. Je me dis que Dieu fait bien les choses. On se retrouve dans un compartiment, et on taille la bavette … Il s’en est passé des choses en un an. Nous voila arrivés au terminus, je suis chargé donc je veux rentrer chez moi pour me débarrasser de mes valises. Elle me dit que c’est l’occasion pour elle de se changer et de prendre une douche (il fait chaud l’été chez nous … dans le sud). Oki on y va …
 
Et c’est là que tout bascule.
 
Elle est allumeuse comme jamais, elle quitte ses fringues devant moi sans aucune gêne ( non que cela ne me gêne mais je n’avais pas été habitué à cela de sa part ), et va prendre la douche. Evidemment elle m’appelle pour lui porter une serviette … Elle est très charmante avec ses cheveux mouillés (comment ça vous me croyez pas quand je dit que j’ai regardé que son visage …) mais je suis quand même assez surpris de son changement de comportement. Elle enroule la serviette autour de sa … taille, laissant sa poitrine plus que généreuse à ma vue (fracture net de l’œil droit). Bon Ok Archi, là je crois que c’est clair, elle est OPEN.
 
Je tente une première approche pour lui déposer un baiser sur la bouche, mais elle esquive habillement en prétextant qu’elle va se sécher… Ahh, bon oki, j’ai peut-être pas compris les signes ou j’ai été trop rapide … Jeunesse fougueuse … Elle se change et là voila pas avec un décolleté tellement plongeant que je peux voir son nombril, un jean tellement serré que j’ai peur de me prendre les pressions dans la gueule quand elle bouge… Humm comprends pas moi. Elle redevient très allumeuse, se penchant souvent pour me montrer toute la profondeur de son décolleté ou son string. Je dois avouer ne pas trop savoir que faire. On s’assoie finalement sur mon lit et on papote, elle passe régulièrement sa main sur ma cuisse, frôle très souvent mon sexe …
 
Bon oki, elle est sèche là ( non promis je ferai pas de jeu de mot ) alors je me jette … je pose ma main sur sa cuisse, elle ne dit rien, on continue a papoter, nos corps se rapprochent, je tente un baiser dans le cou .. oki ça passe , vas y Archi , vas y … je remonte et là … elle me met le doigt sur la bouche et me dit  » dit ça te dérange pas que je dorme chez toi ce soir !!!  » Rohh putain, là c’est dans la poche, je ne réponds pas mais tente une nouvelle fois un bisous … Putain, la voilà qui se relève, me donnant un coup d’épaule dans la mâchoire ( 3 vents + un coup d’épaule ) et me rajoutant  » t’inquiète je dormirai sur le canapé  » …
 
Quoi quoi !!! J’ai raté des épisodes là … Comprends plus rien moi. Alors je lui pose franchement la question :  » ça fait 3 fois que j’essaye de t’embrasser et tu me repousses alors que tu m’allumes a mort. Pourquoi ?  » Et là le coup de grâce,  » je te trouve super charmant, t’es gentil, mais franchement, je me sens pas avec toi …  » Rohh l’uppercut …mon cœur léger se brise en petits morceaux et mon esprit s’embrume (pourquoi tant de méchanceté d’un coup snif snif). Pas l’habitude de me prendre des vents moi. Je suis un peu KO, alors je lui propose de mater la télé en se sustentant. Histoire de reprendre mes idées.
 
Et là c’est l’éclair de génie, toutes les conversations qu’on a eues ensemble s’assemblent, le brouillard se lève et je comprends tout. Ce qu’elle appelait dans nos conversations les Plan A, Plan B, Plan C (comment ça vous doutiez de ma bonne foi sur le fait que je recherchais une femme pour la vie ! !) … ne sont que des plans d’hébergement et pas des plan cul. La première fois qu’on s’est vus, j’ai servi de bouche trou en attendant son ami (alias le Plan B). Le plan A l’avait sûrement lâchée entre temps. Ahh non alors, hors de question qu’on me prenne pour une bille, je ne servirai pas d’hôtel à une pique assiette qui croit qu’en m’allumant elle obtiendra ce qu’elle veut. T’es pas tombé sur le bon gars ma vieille.
 
J’aurais pu lui dire franchement « casse toi  » mais pour une raison que 7 ans après je ne comprends toujours pas, je suis parti dans un délire total. Il faut que je trouve le moyen de me débarrasser d’elle en douceur. Faut faire ça en plusieurs étapes, je commence donc par lui dire que j’ai besoin de faire les courses. C’est plausible … On va à la voiture, je vais pour démarrer et là je prétexte avoir oublié un truc. Je sors vite, histoire de pas lui laisser le temps de me rejoindre et j’appelle un copain, pour que celui ci me rappelle et que je puisse inventer un truc urgent qui nécessite ma présence illico. Putain le con est sur répondeur … Merde Merde Merde … Vite, le copain suivant … Putain, ça répond pas … Merde où ils sont tous … c’est la lose, je peux pas trop m’absenter elle va se demander ce qui se passe … Vite Vite Vite, allez n’importe quel numéro … rahh c’est celui de mon ex … tant pis … faut que je sorte de ce traquenard. J’explique rapidement la situation. Mon ex merveilleuse, me dit qu’elle va se faire passer pour un employeur qui veux me voir pour me proposer un job … Nickel chrome, j’ai justement dit que je cherchais du boulot …Bon ouf, ça se profile bien. Je ressors de chez moi, retourne à la voiture, fait comme si de rien n’était, et on part faire les courses.
 
Le téléphone ne sonne pas … grr, j’attends j’attends… J’ai l’œil figé sur ce putain de tel … Je le regarde toutes les 30 secondes … à tel point que j’ai failli tuer une mamie avec mon caddie. Putain ça sonne, ouuf, c’est mon ex, elle joue le jeu de la recruteuse au téléphone pour que l’échange téléphonique semble naturel. Mais la lose continue, la conversation s’arrête net (j’apprendrai plus tard que son portable n’avait plus de batterie … rahh la conne) … Merde je fais quoi ! ! ! ! Bon allez je continue a parler dans le vent … Et là moi même je me suis rendu compte que j’étais pas crédible … J’explique donc à ma charmante allumeuse pique assiette qui tape l’incruste que j’ai décroché un entretien d’embauche et que je doit monter sur Aix illico presto. C’est pas la porte a côté, une petite heure de route, plus l’entretien et tout et tout, donc que je vais pas pouvoir passer l’après-m’ avec elle, et que je suis désolé … J’espère de tout mon cœur qu’elle va dire oki, je passe au plan E (oui j’étais le plan D…) mais non elle me dit, c’est pas grave je t’accompagne…
 
NOOOOOOOOOOON … putain je me suis encore plus mis dans la merde là. Bon j’arrive plus à réfléchir, donc on boucle les courses et on rentre chez moi. Obligé de me changer, de me mettre en costard par 40° à l’ombre pour jouer le jeu a mort .J’ai toujours pas trouvé d’excuse pour m’en débarrasser définitivement. On monte donc sur Aix .. putain, Archi réfléchis, vite vite … Et là tant pis je joue le tout pour le tout. Je lui sors que si elle m’attend dans la voiture, je vais être stressé car je vais la savoir là, seule, à cuire au soleil sur un parking et que je serai pas à l’aise lors de l’entretien. Et que ce job est ultra important.  » Tu vois comment ça me travaille depuis le coup de fil  »  tu parles je cherchais à m’en débarrasser donc j’étais plongé dans mes pensées).
 
La fille ne se démonte pas et me dit qu’elle en profitera pour affiner son bronzage. » Non mais je ne joue pas là, je suis un hyper anxieux, ça le fera pas, je suis désolé mais on va se quitter là  » Résignée devant tant d’efforts, elle abdique … Mais putain, faut redescendre sur Marseille chercher son sac … puis remonter sur Aix pour mon faux entretien. Car évidemment, une fois son sac récupéré, elle veut quand même monter sur Aix. (En fait le plan E habite sur Aix, et donc elle va sûrement le mettre au pied du mur).
 
Je la dépose là ou elle le désire, et là elle me dit que c’est dommage car en costard je suis craquant et que finalement j’aurais eu une chance cette nuit …Et avant de partir, elle m’embrasse sur la bouche. Putain l’instant d’une seconde je me dit que j’ai déconné … et puis me revient en tête sa phrase  » je me sens pas avec toi  » qui est lourde de sens pour moi et ne laisse pas de place au doute.
 
Voilà une journée que je me rappellerai longtemps. Car une pour une des rares fois dans ma vie ou je ne suis pas franc, je me débrouille comme un pied pour monter un bobard. Si avant cette histoire j’étais plutôt direct, depuis je le suis carrément, fini les détours pour dire les choses. Même si ça fait mal, je préfère dire non que de laisser croire que.

La visiophonie, c’’est le diable !

Cette semaine, comme tu sais, lecteur, je suis allée à France Telecom. Alors que j’attendais que le vieux devant moi ait fini son caca mou à cause d’un minitel qu’il fallait commander. Je me lance dans un exercice de respiration ventrale. Non, ne va pas crier sur le vieux en lui disant que France Telecom lui prête gracieusement un minitel donc il peut patienter quelques jours… Et puis le minitel, ils doivent être trois en France à l’utiliser encore.
Coucou!
 
Pendant que monsieur fait un scandale parce que le vendeur veut pas lui montrer le seul modèle en réserve (« je veux voir la dimension ! » « Mais c’est la même que celui que je viens de vous montrer » « Mais je veux le voir quand même ! Ah depuis qu’il y a la concurrence… »), je jette un œil à droite, à gauche, et je tombe sur un objet bizarre : un mini ordinateur portable aux coins arrondis et tout blanc. Ah, j’ai compris, c’est le téléphone nouvelle génération : la visiophonie. Je fais la moue : je suis totalement contre la visiophonie et pourquoi ?
 
Il faut savoir que, dès le départ, j’aime pas le téléphone. Pourquoi ? Parce que contrairement à des conversations sur MSN, je peux rien faire d’autre et, ça, ça m’agace. Evidemment, on me répondra : et le téléphone sans fil ? C’est le pire des mouchards ! Par exemple, vous téléphonez et il est l’heure de faire la vaisselle, mettons. Vous faites couler l’eau et, là, immanquablement : « mais tu fais quoi ? C’est quoi ce bruit ? ». D’autant que sans fil ne veut pas dire sans mains : calez-le contre votre épaule et ça donnera : « alors, frtttt, frtttt, ça va ? frrrrt Oui, moi ça va, frrrrrrt et…. Bam ! ». Et je ne parle pas de ceux qu ont une irrépressible envie d’aller aux toilettes pendant que vous racontez votre vie (de là à dire que vous êtes chiants…). Non mais imaginez vous êtes en train de pleurer sur le fait que Jean-Robert a annulé votre repas pour la 150ème fois vu que vous avez déjà forniqué la veille, il ne va pas s’emmerder à dîner avec vous ce soir. Donc, en pleine : « bouhouhou, Jean-Robert est un salaud, bouhouhou… » le téléphone produit un « plouf ! » étrange. Bon, vous laissez à votre correspondant le bénéfice du doute quand un nouvel étrange son ponctue votre litanie sur Jean-Robert : ça s’appelle une chasse.
 
Comme si le téléphone n’était pas assez pénible, voici un nouvel engin de torture : le téléphone mobile. Hé oui, maintenant, vous êtes joignables partout !Déjà, j’ai une
théorie linguistique : je ne sais pas si vous avez remarqué mais quand vous décrochez votre portable, votre correspondant ne dit plus bonjour mais : « t’es où ? ». Donc je dis que dans quelques années, on dira : « t’es où ? » à la place de « allo ? ». Bref, le portable, c’est pénible : si vous répondez pas, vous avez droit à un message : « et bé, tu réponds pas à ton portable ? » Si, je réponds mais c’est plus marrant d’imiter le répondeur… Puis si on ne répond pas, les gens finissent par s’inquiéter : « Ça fait 10 fois que je t’appelle en trois minutes, pourquoi tu réponds pas ? ». Oui, des fois, il m’arrive d’oublier le portable chez moi…
 
Donc, voilà, déjà avec le téléphone, on n’est plus très libre. Mais imaginez avec la visiophonie. Déjà, elle est disponible depuis quelques temps sur les mobiles, Gauthier l’avait
mais il était à peu près le seul donc très utile… Je me souviens d’un jour où son super ex pote Damien l’avait appelé, on était au McDo et c’était encore plus pénible qu’une personne qui téléphone car, là, il était obligé de regarder son écran avec l’autre qui ne disait rien, en plus, super conversation… Mais la visiophonie, c’est génial, la visiophonie, c’est super, beurk ! Maintenant, au lieu d’entendre ce que l’on fait, notre correspondant va le voir. Et moi, je suis contre, je veux garder mon intimité.
 
Certains me répondront : « mais tu n’es pas obligé de l’allumer ». Ah oui, certes, mais si vous l’allumez pas, il y aura toujours quelqu’un pour vous demander pourquoi. Or personnellement, il m’arrive de répondre au téléphone :
– alors que je viens de me lever et que j’affirme le contraire
– en pyjama, pas peignée, pas maquillée
– en sortant de sous la douche, donc nue.
Donc, si vous n’allumez pas votre visiophone, votre correspondant vous sortira une de ces trois hypothèses :
« Ah, toi, tu viens de te lever.
– Non…
– Bah allume la visio alors. »
Sans parler des maris jaloux qui croiront que leur épouse n’allume pas le petit écran car elle est en galante compagnie. Je dis : la visiophonie, c’est la mort du couple.
De plus, la visio est un retour en arrière : finie la liberté de se promener en téléphonant, vous êtes obligés de rester devant et vous ne pouvez strictement rien faire, si ce n’est regarder bêtement votre correspondant. A ce niveau-là, autant se voir directement. Et puis on a déjà les webcams (moi, évidemment, je n’en ai pas), je pense que les personnes susceptibles de s’intéresser à cette technologie ont déjà le net. Et puis les webcams, ça ne me passionne pas non plus, voir la personne qui me fait un coucou et qui m’oblige à laisser sa fenêtre MSN en premier plan, bof…
 
Car le problème dans tout ça, finalement, c’est que les gens vont s’introduire chez nous sans forcément y avoir été invités car, comme pour le portable, ça va vite devenir malpoli de ne pas allumer notre écran, de ne pas nous montrer au réveil dans notre appart en bordel, de ne pas rester bêtement assis devant un écran pendant une demi heure pendant que votre interlocuteur vous fait coucou, vous montre son petit dernier, le chat, le magazine qu’il est en train de lire, les chaussettes qu’il vient d’acheter… La visiophonie, c’est l’enfer, la visiophonie, c’est la vieille copine collante qui débarque chez vous par surprise, qui décolle jamais alors que, vous, vous vouliez regarder une connerie devant la télé en mangeant une cochonnerie en pull XXL et jogging.
 
La visiophonie, c’est le mal.

Petite bulle de bonheur (Guillaume)

Jeudi matin, lever aux aurores (non, je déconne), opération : « Guillaume arrive » ! Donc ménage en grand. Puis épilation, évidemment… Mais évidemment, le sort s’acharne contre moi : mon eau chaude se fait capricieuse. En effet : quand j’allume le robinet, un filet délicieusement chaud apparaît… Mais il ne reste que trente seconde, pas le temps de se laver, même avec la meilleure volonté du monde. Donc toilette à l’eau froide. J’espère que ce n’est pas un mauvais présage !
 
Etape 1 : le cadeau
Tout est parfait chez moi (enfin, à peu près rangé, quoi), me voilà partie en direction de la librairie de ma ville pour trouver le cadeau que je voulais lui offrir. Oui, Guillaume vient me voir pile le jour de ses 24 ans donc il faut marquer le coup. C’est très difficile de faire un cadeau à un homme qu’on ne connaît pas physiquement : on laisse tomber tout ce qui est vestimentaire. Un objet de décoration ? J’ai bien vu des photos de sa chambre mais laissons ça de côté aussi : je ne sais pas ce qu’il a, ce dont il pourrait avoir besoin… Une photo de moi… Non, je plaisante ! Des CD, il fait de la musique, trop risqué. Alors voilà, je vais lui offrir un livre. On avait parlé littérature une fois par MSN puis mail, il me demandait une liste des livres que j’aimais car il avait envie de lire plus qu’il ne le faisait. Bon, rusée, je m’en vais acheter un livre que je lui avais conseillé. En fait, je voulais lui offrir un coffret Harry Potter (oui, j’aime beaucoup, même si les premiers sont mieux que les derniers). Mais ma sublime librairie locale n’a pas ça, elle n’a rien, d’ailleurs. Les Harry Potter, il y en a mais aucun volume n’est dans la même collection, je ne peux pas lui offrir ça… Je tourne, je vire… Les Bernard Werber, il n’aime pas ça. Amélie Nothomb ? Je ne crois pas que ça lui plaira… Certains livres ont des titres alléchants mais je ne les ai pas lus donc je ne vais pas tenter… Bon, en dernier recours, je me rabats sur le « Da Vinci Code » mais je ne suis pas très contente, ce n’est pas ce que je voulais.
 
Etape 2 : le retrouver sur le quai de la gare
Je ramène le cadeau à la maison et hop ! Je saute dans le train, dans le métro et me voilà à Montparnasse : j’ai 20 minutes d’avance, ce qui tombe bien vu qu’il est 16h et je n’ai encore rien mangé. Donc un petit arrêt chez Paul pour m’acheter un beignet à la framboise (au passage, je trouve ça scandaleux qu’ils ne fassent plus les macarons à la vanille, c’étaient les meilleurs) que j’avale à toute vitesse. Une petite clope et voici le train qui arrive. Je respire, ça va bien, pas de panique. Enfin, si, un peu : j’ai pas pris mes lunettes, je ne vois rien. En fait, à l’extérieur, j’ai mes lunettes de soleil « à ma vue » donc le contraste est saisissant, je vois des tâches floues à la place des visages. Mais comment vais-je voir Guillaume ? Je ne peux tout de même pas remettre mes lunettes de soleil… Ah, quel drame !
 
Les gens défilent : on sent le week-end à rallonge, il y a un monde ! Tout à coup, je vois un jeune homme brun s’avancer vers moi, tout sourire… C’est marrant, il ne ressemble pas du tout à ses photos, il est mignon, mais… ah, ben ce n’est pas à moi qui sourit ! Voilà pourquoi il ne ressemble pas à ses photos : ce n’est pas lui. Deuxième tentative, un jeune homme brun s’approche, il a des lunettes et une drôle de sacoche… Non, ce n’est pas lui. Je suis trop nulle ! Ah, et ce jeune homme là ? Brun, assez grand… Ah, là, j’en suis sûre, c’est lui ! Effectivement, il me sourit et avance dans ma direction : même sans mes lunettes, je me suis pas trop plantée à cette épreuve.
 
Etape 3 : le premier baiser ?
Alors que faire ? Dans une conversation MSN, on avait évoqué cette question du premier contact : baiser langoureux ou sage bise ? Après avoir opté pour le premier, on se rabat sur le second : il ne faut pas précipiter les choses. On se contente donc d’une sage bise puis il me serre dans ses bras. Après cette sage étreinte, direction le métro. Il commence à me caresser les fesses avec sa valise (il ne l’a pas fait exprès) puis, une fois dans la rame, il se penche soudain vers moi : « oups, j’ai failli tomber ! » Zut, je croyais qu’il voulait m’embrasser (il s’agissait effectivement d’une première approche). On arrive chez moi, on discute tranquillement. A un moment, il va dans la salle de bain donc je vais m’allonger sur le lit pour jouer avec Kenya qui est juste en dessous. Guillaume sort de la pièce et vient s’asseoir à côté de moi, commençant à me masser les épaules. Mmmmm ! Comme je suis en travers, je me remets comme il faut, il s’assoit en califourchon sur moi et là, c’est parti pour un massage anthologique, je fonds sous ses doigts. Mais mon T-shirt le gêne, ses doigts ne glissent pas bien dessus. Ok, je l’enlève. Un baiser sur la joue plus tard, il dégrafe mon soutien-gorge : « le prend pas mal, hein ! C’est juste parce que ça me gêne. » Tout va bien. Un deuxième baiser atterrit sur ma joue, puis dans mon cou et, enfin, sur mes lèvres.
 
Etape 4 : sortie mondaine
Nos corps se découvrent peu à peu mais je n’en dirai pas plus, il y a des enfants qui peuvent passer par là. Donc, après cette brouette « découverte » tant attendue, nous voilà partis à prendre une douche (oui, on sortait après). Merveilleux, l’eau chaude est revenue, je me paie un petit orgasme aquatique pour le coup. On se frotte, on se savonne, on se rince joyeusement et nous voilà partis en retard pour le resto où nous rejoignions Banana, Agnès, Sab, Tink et Gauthier. J’appelle donc ce dernier pour le prévenir et il s’écrie : « ah, je le savais, espèce de coquinette velue ! ». Oui, bon, d’accord, tout le monde a compris… Dans les couloirs du métro, on profite de chaque escalator pour s’embrasser, on se touche, on se caresse doucement (on reste décents), on se prend la main… Bref, un vrai petit couple et ça fait du bien. Arnaud n’était pas très câlin en public, je devais toujours réclamer alors que là, non. Enfin, on se perd dans le quartier, j’essaie au passage de m’acheter des clopes, on récupère Tink au passage et nous voilà enfin au resto avec la joyeuse bande. Un resto très sympa sauf qu’on s’est entassé à sept sur une table de six, j’avais les pieds de la table entre les jambes (merci de m’éviter les jeux de mots vaseux à ce sujet !), je pose mes plats en équilibre entre deux tables… Franchement, ils ont abusé !
 
A un moment, Guillaume part aux toilettes. Déjà, Banana m’avait regardé tout le repas avec un sourire béat, sous-entendu : « et alors ? », Tink en fait autant. A peine mon cher correspondant aux toilettes, cinq paires d’yeux se tournent vers moi pour un interrogatoire en règle : on a consommé, pas consommé ? Qui a fait le premier pas ? Ah, revoilà Guillaume. Bon, on dîne, mon cher voisin glisse sa main sous la table et m’effleure gentiment la cuisse, je glisse la mienne au même endroit et on se caresse innocemment les mains. Banana et Gauthier nous calculent puisqu’ils se font des messes basses (Gauthier me confirmera ça plus tard, tout comme le fait que, lorsque nous sommes arrivés, il a dit à Banana : « ils sourient, ils ont brouetté ! »). Après ce dîner, on va dans un bar plus que louche, après avoir abandonnés Banana et Gauthier qui voulaient se coucher tôt. le patron était complètement saoul. Un café ? Non, la machine est en panne. Un coca light ? Un quoi ? Super, quoi ! Je tire les cartes à tout le monde, le tirage de Guillaume est délicat à interpréter, il y a une histoire de femme adultérine dans son présent… hum ! Bon, on rigole et on finit par partir en courant après qu’Agnès se soit pris un stylo dans la tête jeté par le patron du bar. De retour à la maison, il m’avouera avoir eu droit au même interrogatoire quand je me suis absentée aux toilettes mais lui n’a rien dit (contrairement à moi…)
 
Etape 5 : sortir du lit (on a échoué)
On rentre chez moi et Guillaume et moi dégustons du champagne pour fêter dignement son anniversaire. On commence à s’embrasser assez chaudement. A un moment, je vais dans la salle de bain pour me brosser les dents, il m’accueille à la sortie et fait mine de me ramener au divan pour finir le champagne mais c’est un piège : il me pousse sur le lit et…voilà. Joyeux anniversaire mon cœur !
 
Ce week-end, on n’a pas fait grand chose, on est resté au lit très longtemps : réveillés tard, levés encore plus tard, on profite au maximum de l’autre. Vendredi soir, on va boire un verre avec Gauthier. Samedi, monsieur m’offre un resto. Pendant le repas, il me demande s’il considère qu’on est un couple. Aïe, question piège ! Je lui réponds la vérité : non. Je suis bien avec lui mais il vit trop loin, je ne crois pas aux relations à distance et il est d’accord avec moi. En gros, nous sommes ensemble quand on se voit et entre temps, on ne se doit rien. Nouvelle session alcoolique avec Gauthier dans le Marais. Je bois peu mais vite (on se faisait mettre dehors du café, la margarita est fatale, je suis saoule. On repart après le dernier métro : bus de nuit ou taxi ? L’alcool ayant activé ma libido (déjà que…), je supplie Guillaume de prendre un taxi, on finit par en trouver un de libre et là, c’est parti pour l’aventure : le chauffeur ne connaît pas ma ville mais pas de soucis, je vais le guider. Donc, je rappelle à mon lectorat que je suis saoule et myope… A un moment, Guillaume me demande : « c’est pas à droite là ? » « Heuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu…si ! » Trop tard, l’intersection est déjà dépassée. Bon, le chauffeur nous balade, je lui demande de s’arrêter à un stop proche de chez moi et là, c’est le drame : il ne prend pas la carte bleue ! Bon, on se cotise, on râcle les fonds de poche. Il manque 10 centimes mais le chauffeur est sympa, il nous en fait grâce (ben tiens !). On rentre vite chez moi pour assouvir nos envies. Dimanche, grasse matinée à  nouveau puis on prend un bain à la lueur des bougies. Oui, j’ai trouvé une combine pour avoir de l’eau chaude car vendredi et samedi, douche à l’eau froide, brrrrrr ! Bon, évidemment, nos deux corps nus enrobés de la douce lumière des bougies… Je vous laisse deviner la suite.
 
Etape 6 : nos petites manies
Bref, ce week-end, on a vécu « d’amour et d’eau fraîche » comme a dit Guillaume. A un moment, juste après une brouette, je lui susurre à l’oreille : « t’es beau ». Et bien, je ne sais pas si c’était une bonne idée car tout le reste du week-end, il a fait en rigolant : « je m’en fous, je suis beau ! ». C’est pas bon de trop flatter les mecs, ils se reposent sur leurs lauriers… Enfin, pas Guillaume, ouf ! Faut dire qu’il a de beaux yeux verts rehaussés de cils magnifiques. Ça me dégoûte un peu qu’un mec ait des cils comme ça alors que, moi, je suis obligée de les gainer de mascara pour avoir le même effet. Et puis, au fil du week-end, son visage est assombri par une barbe de quelques jours, j’adore ça… En plus, il a des cheveux épais et très doux, j’adore passer mes mains dedans (je lui ai fait une coiffure d’enfer durant tout le week-end). De son côté, il a découvert une sale manie que j’ai : dès qu’un mec ne fait pas ce que j’ai envie, je pousse un gémissement de protestation : « hmmmmmmmm ! ». Par exemple, après une brouette, je n’aime pas que le mec se retire trop vite donc dès que je sens qu’il part : « hmmmmmm ! ». Ensuite, dès qu’il veut quitter mes bras pour aller dans la salle de bain : « hmmmmmmm ! ». Et le pire c’est que, avant qu’il me fasse la remarque, je n’avais jamais fait attention à ça ! Mais bon, si je suis capricieuse en matière de câlin, je ne le suis pas ailleurs, je ne suis pas du genre à réclamer qu’on me paye des restos, des verres, des cadeaux, qu’on soit disponible pour moi 24 heures sur 24… Il ne faut pas abuser.
 
Etape 7 : les au revoir
Aujourd’hui, dernier round de ce week-end merveilleux : il s’en va. Je le savais. Je le taquine un peu : « et si je te kidnappais ? Tu es vraiment obligé de partir ? » mais il ne peut en être autrement. On tente de prendre une douche mais l’eau chaude s’est à nouveau fait la malle. Déjeuner en tête à tête sur le quai de la gare, je le plains : à côté de lui, dans le train, une vieille acariâtre qui n’a pas arrêté de râler durant les deux minutes où j’ai été dans le wagon et, en plus, il tombe dans le wagon des enfants non accompagnés. D’ailleurs, avant le départ, toute cette marmaille pleure à chaudes larmes, parfait pour l’ambiance, ça. Mais les adieux ne sont pas si déchirants que ça : il repasse sur Paris le week-end prochain et j’irai le voir le week-end du 20.
 
Guillaume, une nouvelle fois, je te remercie pour ce week-end magique, j’ai hâte d’être à samedi.