Kotor, station balnéaire du Monténégro

Quand j’ai organisé notre road trip en Europe de l’Est, j’ai voulu voir un max de choses mais aussi nous prévoir un peu de repos car ce sont nos seules vacances de l’été et va falloir recharger les batteries. Ayant entendu parler du Monténégro et de ses splendides paysages, je tape “station balnéaire Monténégro” et le gagnant est : Kotor. Embarquons donc maillots de bain et crème solaire, ça va glander sur la plage.

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Sauf que pas du tout, en fait. Reprenons. Après trois jours dans mon nouveau pays préféré, la Croatie (toujours à égalité avec la Grèce et l’Italie, j’ai pas mis au point un système de classement fiable), on monte dans un bus, direction Kotor. Evidemment, on est partis avec 20 mn de retard, on a passé une heure avec les douanes (mais j’ai récolté un nouveau tampon sur mon passeport qui commence à devenir bien velu). Le trajet nous balade dans les hauteurs de la Croatie jusqu’à arriver sur les bouches de Kotor, un fjord magnifique qui entoure un bras de mer. Et c’est parti pour le grand tour, je repère un village adorable avec deux petites îles avec un monastère sur l’une et une église sur l’autre. C’est trop beau, ce doit être là Kotor… D’ailleurs, on s’approche… et on ne s’arrête pas. Alors si ce petit bijou, là, c’est pas le plus beau de la baie, je me demande à quoi peut ressembler Kotor…

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On arrive enfin à destination et : je préférais le petit village, quand même. Mais Kotor a un truc génial, fou : outre les fjords bien sûr, Kotor dispose d’une vieille ville, un peu comme Dubrovnik mais surtout des remparts qui grimpent jusque haut dans la montagne pour atteindre la citadelle. Pendant 3 jours, je passais mon temps à lever le nez pour me repaître de ce spectacle. On peut même monter tout en haut mais après 10 jours à manger des escaliers tous les jours et vu qu’on était là pour glander, on n’a même pas prévu de le faire. Bref, on rejoint notre AirBnB après s’être tapés des côtes de malade (hydratation en négatif tellement on transpirait), on croise un tout petit chaton dans une évacuation d’eau qui nous salue (Monténégro +10 points dans mon coeur) et on s’installe. On a une chouette terrasse avec vue sur la baie (même si on a quelques bâtiments devant mais ça passe), l’eau verte qui rappelle les lacs de montagne… et pile en face, sur cette eau, un énorme paquebot TUI. Je hais ces paquebots, bordel ! Heureusement, il lèvera l’ancre une ou deux heures plus tard, il est donc temps d’aller à la plage se détendre.

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Quelques petites photos prises en direct de la terrasse

Et là, le fail : en guise de plage, du gravier. Alors là, je dois préciser un truc : j’ai passé mon enfance sur la plage de sable proche de Perpignan, fuyant les plages caillouteuses de Collioure ou Banyuls, par exemple. Même si Collioure, je conseille d’y aller, c’est vraiment joli. Je n’ai jamais compris l’attrait de certains pour les plages de cailloux, ça fait mal. On essaie de s’installer un peu comme on peut : douloureux. On essaie d’aller se baigner : douloureux. Un peu plus loin, il y a des transats, 10 euros la journée… Ah oui, petit point : le Monténégro étant sous protectorat européen, ils utilisent l’euro comme monnaie. Mais comme on n’a pas vérifié avant, on avait déjà changé toute notre monnaie. On se trouve un coin de plage moins caillouteux et on va nager un peu. Et là, j’avoue que nager au milieu de ce fjord mérite amplement les petits bobos aux pieds, c’est magnifique. Kotor propose également une sorte de piscine naturelle, un carré de pontons en béton avec ouverture sur la mer mais j’avoue que l’aspect eau croupie ne m’a pas trop attirée.

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La « piscine » d’eau de mer

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Le soleil passant vers 18-19h de l’autre côté du fjord, l’eau reste assez fraîche

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Point propreté de la plage : un canard abandonné

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Puisqu’il était désormais évident que nous n’allions pas passer nos journées à la plage à bouquiner, il fallait improviser. Une journée à paresser, siester, crapuler, une petite visite de la vieille ville de Kotor, très charmante (mais toujours pas de grimpette jusqu’à la citadelle) et petit plus : y a des chats partout. Dans la vieille ville, ils sont plutôt bien entretenus et en forme mais dès qu’on sort un peu, on a été attaqués par un adorable chaton de un mois qui avait contracté une sorte de coryza, j’imagine. Donc on a fait des “oooooooooh, trop mignon” mais on l’a pas touché.

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Après notre tour (un peu rapide, ce n’est pas très grand) de la vieille ville, on pousse un peu la balade et on tombe sur un vieil hôtel désaffecté, le bien nommé “Fjord”. Je capture un peu la façade puis commence à me raconter une histoire dramatique sur cet hôtel, imaginant un drame en pleine guerre des Balkans. Mais en fait, la vraie histoire est totalement nulle : faillite. En faisant des recherches sur le web sur le sujet, je tombe sur un blog de photographes qui sont allés dans la vieille bâtisse pour faire des photos. Ouiiiiiiii, des photos d’abandoned places, mon rêve ! Mais je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : on n’a pas eu le temps d’y retourner et Victor était moyen chaud rapport à un éventuel risque de se prendre une plaque en béton sur la tête.

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Du coup, pour notre dernier jour, je fais du lobby pour aller à Perast. Perast ? Oui, vous vous souvenez, l’adorable village dont je vous ai parlé en début d’article. Et bien, après un tour là-bas, je suis absolument affirmative : si je retourne au Monténégro, je séjournerai dans ce village. Non, il n’y a toujours pas de plage de sable mais c’est absolument adorable et me réveiller le matin avec une vue imprenable sur ces deux petites îles, je ne peux qu’adhérer. Même si pour le coup, il n’y a pas de AirBnB (mais j’ai repéré une jolie maison à vendre…).

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Du coup, on achète celle-ci…

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…Ou celle la ? (plus abordable, je pense)

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Que retenir du Monténégro ? C’est beau, très (enfin, les bouches de Kotor du moins) mais mes ambitions sur le séjour là-bas (la plage) ont un peu terni mon image du coin. Une fois de plus, j’ai regretté qu’on n’ait pas de voiture (je n’avais pas pris mon permis, des baffes) pour découvrir d’autres coins hyper sympas comme Tivat ou encore le lac Skadar, hyper réputé. Quand je vous dis que je vais réorganiser un tour Croatie-Bosnie-Monténégro ! Le seul hic : je suis la seule conductrice, Victor n’ayant pas son permis. Mais bon, si je suis notre planning de vacances, ce ne sera pas avant 2019 alors d’ici là…

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Voici donc le récit de notre road trip en Europe de l’Est. Il me reste encore quelques aventures à narrer comme le train de nuit entre la Hongrie et la Croatie et une petite note sur les AirBnB. Bonne semaine les gens !

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Noël, ce truc que tu vois jamais venir

Chaque année, la même histoire. D’abord novembre, les anniversaire de ma soeur, mon père et Anne qui sonnent comme un léger avertissement à mon oreille : Noël approche, gère les cadeaux au plus vite. Puis nous voilà déjà au Black Friday vers la fin novembre et soudain, sans que je comprenne pourquoi, me voici dans le train direction le sud avec un ou deux cadeaux manquants, des paquets à faire et surtout, surtout, l’angoisse qu’un des cadeaux commandés ne soit pas arrivé parce que le centre de tri de mon bled aime faire grève peu de jours avant Noël.

Le bocal de Noël

Enfant, Noël me rendait extatique. Le sapin et ses guirlandes lumineuses, la crèche, les vacances, les cadeaux, le quatuor gagnant. Faire le sapin et la crèche était une de mes occupations préférées. Je m’arrête un peu sur la crèche car c’est une vraie institution chez nous. En fait, l’histoire commence lors mon premier Noël, ma marraine avait offert à mes parents quelques santons “Carbonel”. Petit à petit, la crèche s’est étoffée : mon papa avait construit une maison-étable puis on a acheté quelques éléments dans un village près de Perpignan : une nouvelle étable en “pierre”, un pont, un puit, une autre maison… Puis une année, ma mère a acheté deux petites dalles de béton aggloméré que l’on a taillées avec ma soeur pour créer des espèces de falaises à plateau. On a buriné tout un dimanche après-midi et résultat, j’ai eu mal au poignet pendant 2 jours. Bref, la crèche, chez nous, c’est bien plus une institution qu’un symbole religieux, un terrain de jeu fantastique pour ma soeur et moi quand nous étions plus jeunes.

La crèche de Noël avec les santons Carbonel

C’est pas la nôtre mais y a de l’idée

Mais le temps est assassin et mon esprit de Noël en prend chaque année un coup. Peut-être parce qu’il fait 15° en décembre et que j’apprécie même pas mon traditionnel vin chaud censé me réchauffer vu que j’ai pas froid ! Peut-être parce que la semaine avant Noël est la pire quand tu bosses : trois milles réunions, des bouclages de dossiers aux petites heures de la nuit, de la fatigue et des crises de nerfs à tous les étages. Autant vous dire que quand vous dormez moins de 10h en trois jours, l’esprit de Noël devient vite un concept fumeux et lointain.

Fatigue de fin d'année

Et que dire des vacances de Noël ? Je les attends avec impatience avec la douce promesse de siestes et grasses mat’. Sauf qu’en vrai, non, pas tant que ça. D’abord, tu as la course aux derniers cadeaux et leur emballage, une activité dans laquelle je n’ai jamais réussi à briller, essayant de déployer quelques astuces pour cacher la misère du paquet. Puis tu entres dans le marathon bouffe et familles : tu manges, tu manges, tu bois, tu bois, tu vas de maison en maison faire des bisous à tes proches, apporter quelques cadeaux, manger, manger, boire, boire. Si on rajoute à ça ma bonne habitude de choper un rhume ou une crise de foie, c’est un peu râpé pour le repos. Sans parler que depuis, j’ai gagné un neveu (et une nièce mais elle est encore dans sa période “je dors, je mange, je végète”) qui aime très fort sa tatie. En somme : quand Saturnin est debout, tout repos devient impossible vu que je suis son jouet préféré.

Saturnin joue dans la forêt, une photo sans retouches dont je suis très fière

Je suis super fière de cette photo (sans retouches)

Mais pourtant, j’aime Noël quand même. je m’en fous que ce soit une fête commerciale, je m’en fous des histoires de crèche ou pas, je m’en fous de la fatigue et de prendre 3 kg en 5 jours. Noël reste une jolie parenthèse dans ma vie où je me fais cajoler chez mes parents, où je vois ma famille, où on rigole, où on se ravit de faire plaisir à ses proches. Et où on boit du champagne devant la cheminée (enfin, la cheminée, ça devient salement optionnel). Mais cette année, quand même, gros bémol : quasi une semaine sans Victor, ça me chagrine un peu.

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Le joli Océan

A peine ai-je rangé ma valise après Oman que je la ressors pour partir dans les Landes avec mes parents. Oui, je sais, c’est rapproché mais j’ai pas choisi les dates, voilà. Puis je pars jamais du 15 juillet au 15 août car je déteste les gens. Donc nous voilà dans les Landes, l’océan. Et bien, au bout de la 3e année de vacances à l’océan, la fille de la Méditerranée que je suis commence à choper deux ou trois trucs.

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Laissez-moi d’abord expliquer cette histoire de fille de la Méditerranée. Mon papa est catalan (français) donc j’ai passé toutes mes vacances d’enfance à 2 pas de Perpignan. Pour moi, les grosses vagues, c’étaient celles qui soulevaient la mer d’une vingtaine de centimètres. L’eau et la plage étaient toujours à la même place quelle que soit l’heure du jour et de la nuit. On frissonnait quand l’eau n’atteignait pas les 20 degrés, le vent et la moiteur étaient nos compagnons de vacances… ainsi qu’une certaine partie de la France « Confessions intimes » mais ça, c’est un autre débat.

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Alors forcément, l’Océan, à la base, je sais pas trop comment le dompter. Je le trouve très beau, surtout quand il bouge et mousse, mais il a deux défauts : d’abord, il est froid et ensuite, ses vagues peuvent parfois me mettre au tapis. J’ai le souvenir d’un séjour à St Jean de Luz, l’été de mes 16 ans, une mission de 15 jours pour garder 3 gamins insupportables. Un lendemain d’orage, la mer était démontée et j’avais délaissé mes 3 monstres pour bondir dans les vagues. Je suis retournée à la plage plusieurs fois cul par dessus tête… Le seul endroit où j’ai revécu ça, c’était en Corse y a 4 ans, j’avais été propulsée telle une boule de bowling (sans rapport avec ma silhouette) sur le bord de la plage, finissant ma course à 30 bons mètres du bord de l’eau, mon maillot sur la tête.

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Il y a trois ans, lors de mon séjour au Pays Basque, j’avais fait ma crâneuse car j’avais fièrement pris un bain un 02 juillet à Hendaye, la plage où y a pas de vagues. Cette année, le défi était de taille : non seulement mon premier bain s’annonçait fin juin mais surtout je quittais une mer à l’eau à 30° en moyenne. Et en plus y a des vagues. Allez, moi pas peur, moi courageuse. Et oui, je me suis baignée. Tous les jours. Et j’ai joué dans les vagues sans boire la tasse. Bon, par contre, j’ai perdu plusieurs fois ma décence grâce à des maillots baladeurs, l’un ne tenant pas le haut, l’autre ne tenant pas le bas. Mais je m’en fous, je connais personne…

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Mais l’Océan, c’est pas juste sauter des vagues, c’est aussi dompter la nature. En premier lieu, les marées. Ayant passé 15 jours en Bretagne dans ma prime jeunesse, j’avais décrété que c’était marée basse le matin, marée haute le soir. Tout le temps, partout. Ben non. Du coup, je devenais la pro pour consulter les horaires de marée et affirmer qu’elle monte ou descend « non mais là, elle descend, y a de l’eau, regarde! ». « Non, elle était basse à 15h15, elle remonte là ! ». Le problème de la marée montante, c’est qu’elle est taquine. C’est à dire qu’on n’est jamais à l’abri d’une vague curieuse qui sort des limites pour venir lécher nos serviettes. Du vécu ? Non, pas du tout…

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L’Océan, c’est aussi le temps changeant. En Méditerranée, on a de beaux orages mais c’est pas pareil. Là, tu pars à la plage, tu ne sais pas si tu dois prendre le parasol ou le parapluie. Et c’est ce qui rend l’Océan beau, d’ailleurs, ces ciels aussi dévastés que la surface océane, les nuages qui répondent à l’écume, ces dégradés de bleus, verts, gris… Je passerais des heures à capturer ces paysages…

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Alors les vacances dans les Landes, c’était comment ? Nuageux. Donc superbe. Et surtout tellement déconnectant, j’ai l’impression d’être partie hors de ma vie… Et y a des moments où ça fait particulièrement du bien.

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La liste de la fille qu’a pas fini ses anecdotes

Au départ, je croyais que j’avais rien à raconter… Mais si, ça continue !

– Discussion politique à l’heure de l’apéro. Ma soeur soupire devant Hollande qu’elle n’aime pas mais se demande si Sarkozy va repasser. Et là, mon père nous assène une sentence définitive : “je sais pas. Tu sais, les gens sont tellement cons qu’ils vont voter Hollande, tu vas voir !”. Heu… On va dire que je vais pas le prendre pour moi.

– Mon voyage à Venise a réveillé ma passion de la photo, je photographie tout, tout comme une folle. Déjà, à Noël, j’ai eu un nouvel appareil photo. Basique car sa principale caractéristique est d’avoir un boîtier qui lui permet d’aller profond sous l’eau, ça me servira pour la Thaïlande (j’ai tellement hâte). Du coup, quand on est allées voir bébé Emma avec ma mère et ma soeur, je l’ai mitraillée en règle avec mon petit appareil puis avec le canon 600D de ma soeur (il me faut impérativement un freelance pour me l’offrir). Depuis, je veux tout prendre en photo. Sur ma liste : le Trocadéro, la Défense, les quais de Seine… et les cimetières. Oui, ça peut paraître bizarre mais les cimetières et surtout les tombes me fascinent, elle sont très parlantes de ce qu’étaient les gens avant leur mort.

– Lors de l’enterrement de ma grand-mère, nous avons retrouvé les cousins Bartoldi. Pour vous raconter brièvement l’histoire de ma grand-mère, elle a grandi en Dordogne et est partie faire ses études à Toulouse, où elle a rencontré mon catalan de grand père. Ils sont partis s’installer à Perpignan, à côté de la famille Bartoldi donc. Dans un village avoisinant, y a même une rue et une salle polyvalente qui porte le nom de mon arrière grand-père ! La concession familiale est au cimetière de Perpignan donc après la cérémonie religieuse à Toulouse, nous voilà partis là-bas où nous retrouvons donc quelques cousins Bartoldi. Dont Louis. Il me plaît Louis car il est physiquement très Bartoldi, il ressemble à mon papy. D’ailleurs, on pourrait croire que je suis sa fille car je suis encore plus Bartoldi que mon père. Tout le monde discute un peu et là, j’ai eu une révélation : je sais ce qu’on va faire faire à mon papa quand il sera à la retraite (dans 3 ans, j’angoisse d’avance) : des maquettes et même précisément des maquettes de train. Louis en fait beaucoup, il fait même des expos et tout et mon père a toujours été frustré de ne pas avoir de garçon pour jouer avec lui aux trains (moi, je jouais aux petites voitures quand même). Surtout que mon père, quand il veut, il fait des choses très bien, il a fait des crèches magnifiques et un berceau pour ma cousine. Je suis sûre que j’ai trouvé la solution ! Non parce que mon père, le week-end, faut le voir traîner la tête entre les épaules, alternant les mots croisés, le matage de l’équipe TV ou d’une compétition sportive et quelques roupillons…

– Je suis la voisine de train rêvée. Retour de mon sud chéri, donc. J’avais eu une illumination à l’aller : si Kenya est insupportable en transport, c’est peut-être parce qu’elle est malade, tout simplement, elle vomit toujours à un moment précis du trajet, à 1h de Paris, à cause d’un tunnel. Donc au retour, je lui fais avaler un anti vomitif. Déjà, ça commence bien, elle se met à baver une sorte de mousse… Commentaire de mon père : “c’est marrant, on dirait qu’elle fait une crise d’épilepsie!”. On se marre chez les Bartoldi. Résultat : au lieu de vomir à un endroit précis du trajet, elle a pleuré et vomi plusieurs fois. Pendant ce temps, je me suis offert une sublime hémorragie nasale. Je sens que les passagers du train m’ont a-do-rée.

– Je suis un putain de génie, y a pas à dire. Dernier exemple en date : mes verrines du réveillon. Oui, j’étais invitée chez Amy qu habite un peu loin de chez moi. Je cuisine donc avec soin. Au menu : une verrine poivron crème de fromage, une verrine crème de crevette et une verrine tiramisu aux framboises (une par personne, j’entends). Donc 7×3 -1 = 20 verrines à emporter. Oui Amy est végétarienne donc je lui ai pas préparé de verrine à la crème de crevette. Et là, c’est le drame : va trimballer 20 verrines à travers tout Paris, toi… Bon, in fine, elles ont toutes survécu malgré quelques petits accidents. Par contre, le carton dans lequel elles étaient rangées a trépassé.

– Samedi 31 décembre, 19h, c’est la panique. Mon programme était d’arriver chez Amy, poser mes verrines, filer au Monoprix voisin prendre mes boissons pour la soirée, aller chercher Anaïs au métro(ma copine de plongée que j’intègre dans mon groupe d’amis “historiques”) et la ramener chez nos hôtes. Sauf que 1) y a pas trop de train car ils font des travaux et de 2) le monoprix ferme plus tôt. 19h45, je jette mes verrines chez Amy (au point où elles en étaient…), 19h50, je pénètre dans le Monoprix, le vigile m’informe qu’il est fermé. Tête de calimero croisé du chat potté “mais je voudrais juste acheter une bouteille, promis !”.Là, arrive une dame “oui, vous vendez de la pizza ?” “mais nous sommes fermés, madame” “mais vous avez pas de pizza?”. Je crois que ça l’a déstabilisé, il nous a autorisé à passer. 20h, j’ai ramené mes verrines, j’ai mes boissons, je pars récupérer Anaïs. Mission accomplie, ouf !

– J’ai une théorie qui dit en somme : “le réveillon donne le ton”. Donc 2012 s’annonce gourmand, joyeux et tranquille avec une pointe de languedeputage. Ouais, je signe.

– Cette année, j’ai tenté un truc fou : faire quelque chose de mon 1er janvier. En l’occurence la fête foraine au Grand Palais avec la Reine Zenobie. J’ai fait une bonne centaine de photos, de la montagne russe, de la grande roue et même marché sous la pluie. Oh oui, l’année commence bien. Je vais donc décréter que désormais, le 1er janvier sera un jour où je fais quelque chose.

– 30 décembre, retour au boulot pour faire une permanence. On est 5 dans l’open space, les perceuses assurent l’ambiance musicale. Et là, tout à coup, je me dis que la dépression a soudain un visage : celui d’un 30 décembre dans une agence fermée et en travaux.

Voilà, fin de l’ego trip. Après, je te parlerai cinéma et chorale (dans des articles différents).

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Colera, Colera !

Le week-end dernier, j’ai pris mon gros sac de plongée et je suis montée dans un bus direction Colera, une petite ville côtière espagnole, juste à côté de Port-Bou, en dessous de Perpignan. Un week-end de Pâques en Espagne, je pensais avoir droit au soleil, palmiers et mer délicieusement chaude (ou tout du moins tiède). Ô naïve que je fus !

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Le mercredi avant le départ, Anaïs me confie ses craintes : “j’ai peur qu’on ait froid…”. Maaaaaaaais non, la rassurai-je. Ok, la météo est annoncée comme bien pourrie mais la mer a eu le temps d’un peu chauffer. Oui, dans mon monde Bisounours, la physique est forcément de mon côté. Dans la réalité, la physique, elle rit de moi en me montrant du doigt. Prudente, je gavais mon sac de pulls mais le problème n’était finalement pas hors de l’eau comme nous allons le voir.

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Après une nuit à dormir dans un bus couchette avec tous les ingrédients d’un voyage mouvementé (alcool, mec bourré qui ne tient pas l’alcool, appareil photo pour immortaliser tous les entrejambes passant devant notre nez car on dormait en bas, petites blagounettes puis assoupissement en partageant mon iphone avec Anna, petite nouvelle dans le crew. Oui pour vous expliquer rapidement, je suis partie avec 3 de mes supers copines de prépa niveau 2, Isa rousse, Anaïs et Alice. On avait également Isa châtain en encadrante (mais j’ai pas plongé avec elle, j’étais un peu désappointée, j’aurais bien aimé), Séverine la pro de la bio et donc Anna, prépa niveau 1 que j’avais déjà identifiée (je lui ai même prêté un bonnet un jour). Donc voici notre crew de 5. 

On arrive à Colera à 6h du matin et là, déprime totale. Il flotte. Et pas qu’un peu. On tourne dans le village pour arriver au camping et au détour d’une mini ruelle, le bus décide de revoir son aérodynamisme, arrachant au passage un peu de crépi et explosant une vitre à l’arrière. Heureusement, il s’agissait d’un double vitrage, seule la vitre extérieure est pétée mais ça annonce du lourd. 7h30, on descend enfin du bus avec une bien mauvaise nouvelle : trop de houle, on ne plonge pas. Sur le coup, on est sous une grosse averse donc on peut comprendre… Sauf que le temps se lève pendant qu’on se promène dans le village et on part déjeuner confiants : cet après-midi on plongera.

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L’après-midi, nous avons donc randonné durant 3 heures, le directeur de plongée refusant de nous amener en mer, trop de houle. Le soleil brille, la mer est agitée mais sans plus. On est un peu déçus mais la balade est super sympa (me suis juste récolté un bleu en plus mais au point où j’en suis) et j’ai même gagné un caillou en forme de coeur. 

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Mais le dimanche, c’est une autre paire de manche. Il fait moins beau mais cette fois-ci, on part. Je dois plonger avec Anaïs et Michel, notre encadrant habituel. Il y a deux bateaux, un truc un peu stable et un Zodiac mais évidemment, je suis dans la team Zodiac. 20 mn de tape-cul plus tard à base de “roh mais putain, je suis sûre qu’il prend toutes les vagues exprès pous nous prouver que si, y a de la houle” et la peau du majeur de ma main droite en moins (aïe) plus tard, nous voici sur le site. On se met à l’eau… Alors pour ceux qui n’ont jamais fait de plongée, je me dois de vous décrire cette sensation. L’eau est à 14° en surface, je n’ai qu’un maillot de bain une pièce sous ma combi. Quand tu fais la bascule arrière et que tu chutes dans l’eau, celle-ci pénètre dans ta combi. Après quelques instants, au contact de ton corps, elle se réchauffe mais sur le coup, c’est mordant… et ça coupe la respiration, je suis systématiquement essoufflée à l’entrée dans l’eau. On se regroupe et Michel part comme une balle au fond de l’eau, suivi de près par Anaïs… mais pas par moi car je ne passe pas très bien mes oreilles et je dois prendre le temps de le faire. Donc une fois les oreilles passées, je fonce pour les rattraper et vlan, essoufflement, vlan crampe. Ca commence bien. Bon, comment vous dire…La visibilité est pourrie, on ne voit rien, il fait froid. Ok, remboursez !

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Bon, je vous fais grâce du récit détaillé de chacune de mes plongées, on n’a pas vu grand chose à part un poulpe, des concombres de mer, des oursins et étoiles de mer, j’ai vu une bonnelie (un ver fascinant où la femelle vit avec plein de mâles accrochée à elle), des oeufs de poulpe, des mini méduses, un trypterygion… Ouais, malgré une visi pourrie, on voit des choses. En résumé ? J’ai eu froid, j’ai progressé en stabilisation (c’est pas aussi facile qu’à la piscine), je nage le cul en l’air et c’est comme ça, je me surleste, je gigote beaucoup trop mais je progresse. Et aussi : faut être quand même un peu maso pour plonger dans l’eau froide, sortir de là, faire sécher sa combi, la renfiler moins de 3h après alors qu’elle est encore humide et y retourner. 

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En 2 mots : super week-end quand même et, oh oh, j’ai bronzé ! Moi ! Il semblerait que la trentaine motive ma mélanine. Pas mal de fou rires, de discussions un peu surréalistes, de sangria, d’iode dans mon petit corps. Vivement juin et mon passage de niveau au Lavandou, là, au moins, il devrait faire beau (relativement)

PS : Oui, je sais, j’abuse d’instagram…

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Réveillons la bourgeoisie

Comme vous le savez (ou pas), je suis en plein week-end familial. On a fait plein de choses, on est allé au théâtre, on s’est promené, on a mangé, on a mangé, on a mangé, on a bu, on a rigolé, on a mangé aussi. Mais festivité principale : le match de rugby au stade Jean Bouin. Attention Paris, le sud ouest débarque.

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Donc nous voici partis au match. En vert et noir, les couleurs du MTG XV qu’on va aller supporter. Ouais, nous, on joue le jeu à fond. On va supporter le Stade Toulousain ? On y va en rouge et noir (j’exilerai ma peur, j’irai plus haut que ces montagnes de douleur, en rouge et noir !! Oui, j’ai cherché les paroles sur google). Le BO ? En rouge et blanc, of course ! Perpignan ? Sang et or, mon ami ! Oui, y a quelques équipes comme ça qu’on soutient. En gros, on les aime toutes sauf le Stade Français. En fait, je n’ai rien contre l’équipe, soyons clairs. Ils
sont bons, y a pas à dire. Ce que je n’apprécie pas, c’est la mentalité business qu’il y a autour avec les calendriers, les CD, le côté paillettes. C’est à 1000 lieues du rugby. Et aujourd’hui, j’ai pu constater que le public parisien était aussi très en décalage.

Le rugby, c’est quand même un sport assez populo avec ses bandas, ses supporters qui gueulent… C’est un peu dur à décrire mais ça a son public particulier. Et les Parisiens n’ont rien à voir avec ça pour la plupart. L’Ovalie est chaleureuse, entre adversaires, on se salue, on se charrie mais ce n’est jamais méchant. Je me souviens l’an dernier pour la finale, on était en rouge et noir (j’exilerai ma peur… Ah merde, je l’ai déjà faite) et on a croisé pas mal de Biarrots qui nous interpellait, c’était marrant. Là, les Parisiens, ils ont autant de chaleur que mes pieds en hiver, c’est pour dire. Déjà, on aurait dit un florilège de Marie-Chantal et Jacques-Hub. Au début, ça nous faisait rire avec ma mère, après un peu moins. Les jeunes ? Ils sont venus avec le BDE d’HEC, je pense. Les vieux ? Ils sont venus direct après leur golf.

Alors nous, forcément, on ferait presque tâche à chanter « allez, allez, allez Sapiac !!! ». A côté de moi, un jeune aussi glacial que la caissière de la supérette à côté de chez moi. Tellement charmant qu’il m’a tourné le dos tout le match. T’as qu’à le dire si je t’emmerde du con, y a des places ailleurs ! Du coup, j’en ai fait des caisses à applaudir, à huer, à me lever en applaudissant comme une dingue quand le MTG a marqué ses deux essais, à rigoler comme une bossue aux blagues de Yohann, à chanter très très fort. Franchement, à nous 5 (Anthony était à l’autre bout du stade car il s’était planté dans son planning et on a acheté sa place après les nôtres donc voilà), on a foutu une putain d’ambiance et certains nous regardaient d’un air plutôt méprisant. Même le gamin de 8 ans devant moi n’a pas du tout apprécié mon interprétation d’ « Allez Sapiac ». Petit con.

Heureusement, ils ne sont pas tous comme ça. Un Parisien devant nous s’est beaucoup marré et dialoguait avec Yohann, nous demandant même à un moment « mais vous êtes tous comme ça par chez vous ou c’est un cas? ». De même, en arrivant et en repartant, certains nous interpellaient, nous taquinaient. A la fin du match, on a même eu droit à des félicitations car on a perdu avec les honneurs alors que certains connards pensaient qu’il n’y aurait pas de match genre Paris est 100 fois supérieur. Biarritz pensait la même chose y a presque un mois, ils se sont pris un match nul dans la gueule, mouahahahah ! Faut se méfier des hommes en vert et noir, non mais. Là, ils ont mené quasi tout le match mais ça faisait quelques années qu’ils n’étaient plus en TOP 14 et
ils ont du mal à tenir les distances.

Vous allez me dire : « t’aimes pas les supporters du Stade Français ? Et alors, on s’en fout. » Non mais en fait, de voir tous ces Jacques-Hub, Marie-Chantal, Pierre-Cécil et Marie-Hortense, ça m’a fait un peu peur pour l’avenir du rugby. Le rugby est par essence un sport populaire mais depuis sa professionnalisation, pas mal de gens ne peuvent plus se payer un
billet. L’an dernier, pour la finale, on a payé 60 euros notre billet. Alors, ok, on était au niveau du milieu du terrain… Mais complètement en haut du Stade de France, j’avais même le vertige… Je n’ose imaginer le prix des places en dessous de nous. Là, pour des places sur les tribunes latérales au niveau de l’enbut, ça faisait 35 euros. Et je vous dis pas la prix des places pour la Coupe du Monde. Mon père était un peu étonné du prix des places, en province, c’est pas ça du tout. Or en mettant des tarifs aussi prohibitifs, on aura plus des Jacques-Hub guindés incapables de chanter un « Allez Allez Paris ! » que de vrais aficionados prêts à mettre le feu au stade. Et là, je crois qu’on a tous à y perdre.


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I list, you list, we list

J’adore la conjugaison anglaise, y a pas à dire. Enfin, juste les verbes de base, pas ceux qui font exception et j’ai toujours pas compris le present perfect. Mais un jour, je comprendrai, promis.



– C’est quoi ce temps de merde ? Ma nuit de lundi à mardi. Je me douche tout ça puis dodo. Nue comme quasi tout le temps, je me glisse sous mon drap et dessus de lit. J’ai tellement froid que mes têtons ne supportent même pas le frottement avec le tissu. Vous savez, quand ils sont tellement dressés que tout ce qu’ils touchent ressemble à du papier de verre ? Ben vala. Donc je récupère ma chemise de nuit de célib, informe, marron, avec des nounours mais qui est chaude. Mais je me pèle toujours donc je récupère ma couette que j’avais eu la bonne idée de garder au pied du lit. Je suis toute recroquevillée et j’ai toujours aussi froid… Un 20 mars, ça fait chier.

– A la supérette du coin, quand ils te disent « ouvert jusqu’à 20h30 », ça veut dire 20h15, en fait.

– Un téléphone sans fil, si tu le remets pas sur son socle, ça marche plus.

– Pourquoi tout ce qui touche de près ou de loin à l’informatique me vaut une haine si farouche ? J’ai décidé de me lancer dans le podcast audio, il me faut donc un logiciel audio. J’ai déjà adobe première mais ça reste un logiciel vidéo et c’est chiant de bosser sur le son. Audacity ? Non, c’est merdique, j’ai besoin de quelque chose de plus précis. Je travaillais sur Protools pendant mes cours de radio donc je mobilise mes P2P pour télécharger le logiciel. Bon, la mule marche plus, je suis toujours en low ID malgré mes manipulations. Donc bittorrent et bear share prennent le relais. Je télécharge une dizaine de versions différentes et à chaque fois que je le lance, l’ordi plante. Mais plante vraiment genre écran bleu « erreur fatale ». Donc je lance un SOS sur le forum et Odd me conseille Cubase. J’en télécharge deux versions sur bear : virus. Un 3? Un fake. Bordel de merde ! En fait, aucun ne marche, me demande si y a pas un souci avec mon pc, faudra que j’essaie avec le portable.

– Dans Technik’art, y a un petit tableau récapitulant les propositions des principaux candidats des Présidentielles (y a pas Nihous et Schivardi). Le candidat dont le programme me plaît le plus… Bordel José Bové !! Il faut savoir que je ne supporte pas José Bové, espèce d’arriviste et d’opportuniste de première qui, si je ne m’abuse, devrait être en prison à l’heure actuelle. Mais bon, c’est définitif, Ségo aura ma voix dans un mois.

– Ma mamie perd un peu la boule suite à son accident cérébral. Du coup, elle mélange un peu tout : elle a dit que mon papi était cardio à Ploum-Ploum les Oies (ma ville natale) alors que ça, c’est mon père, elle a expliqué à ma mère que j’avais du mal à percer dans le théâtre (je n’ai jamais fait de théâtre de ma vie). Puis elle prend les aides soignantes pour des femmes de ménage et comprend pas où est passée la sienne et elle a peur que cette dernière prenne mal le fait qu’elle ait de nouvelles femmes de ménage. Et puis elle veut défaire les cartons de Perpignan… Alors que ça fait 20 ans qu’elle vit à Toulouse. Mais des fois, on peut pas s’empêcher de rigoler quand elle mélange les pinceaux comme ça, même si c’est pas drôle, au fond. Mais c’est le côté surréaliste de ce qu’elle dit. Au moins, elle aura dit une fois à ma mère qu’elle était une bonne belle-fille. Depuis 30 ans que mes parents se sont mariés, il était temps. Je suis allée la voir hier (oui, suis rentrée chez mes parents ce week-end), elle va mieux mais des fois elle bugge, genre elle s’éteint et écoute plus rien et revient deux minutes après. Elle est devenue toute gentille, aussi.

– Pourquoi il pleut TOUJOURS quand je passe un entretien, c’est dingue ça ? Surtout que mes chaussures à talons ne sont pas équipés d’antidérapants, ce qui fait que j’ai failli a) me casser la gueule ; b) réaliser un beau grand écart mais sans échauffement, j’aurais pleuré ma maman. Mais je commence à m’habituer aux talons, j’aime bien quand ça fait clac clac clac quand je marche, j’ai l’impression d’empaler l’adversité avec mes talons de 3 mm et demi ! En fait, j’ai découvert le lendemain en tuant ma cheville droite au passage que le talon de ma chaussure droite est pétée, je marche donc sur un moignon de talon tout rond. Forcément que je me pétais la gueule.

– Quand la RATP écrit sur ses affiches de bus « nous nous engageons à ce que vous n’attendiez pas plus de 5 mn par rapport aux horaires affichées », c’est pas vrai. Parce que le bus de 12h30 n’est jamais passé, on est passé direct à celui de 12h40.

– Dans mon appart : une ampoule sur deux est décédée dans ma cuisine, 1/1 dans l’entrée, celle de la salle de bain survit, l’hallogène a été changée et jeudi, ma lampe de bureau a rendu l’âme. Bordel, je fais quoi pour faire péter toutes ces ampoules ??

– Quand je prends le train sans maquillage, après une nuit courte et de grosses crises de larmes la veille… Ben je me fais draguer. Je comprendrai jamais rien aux hommes. Surtout que j’ai dormi la moitié du trajet (option bouche ouverte qui bave) et j’ai fait du tricot sur la fin !

– Je veux définitivement la coupe de Victoria Beckham, je vous la montrerai demain ou chais pas quand, j’ai pas eu le temps, là, et je vais au dodo.

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Les petits bonheurs

Il y a quelques temps repassait à la télé Amélie Poulain, film culte de notre génération, il paraît. Bon, honnêtement, moi, Amélie Poulain, je l’ai trouvé chiant la première fois que je l’ai vu, j’ai plus apprécié le deuxième visionnage. Quelque part, ce film, c’est une espèce de blog filmé : des petits riens collés bout à bout pour faire une histoire. Mais ce n’est pas le sujet de l’article. Ce que je retiens de ce film, c’est ce que j’appelle la philosophie des petits bonheurs.

Souvent, quand on demande aux gens une définition du bonheur, on a souvent le trio : amour, argent, travail. Voire la santé, ce qui nous fait donc un quatuor. Moi comme les autres, d’ailleurs, mon idéal de bonheur, c’est d’avoir un boulot qui me plaît et bien payé, avec un homme qui me comble pi peut-être un ou des enfants et un chat. Sauf que pour le moment, je n’ai que le chat. Ce n’est pas pour autant que je suis malheureuse. Bon, ça me lourde de pas avoir de boulot, c’est évident et vous le savez mais ça ne me rend pas malheureuse pour autant. Car rien ne vaut la philosophie des petits bonheurs.

Mais qu’est-ce que donc ? En fait, c’est très simple : c’est se réjouir à la moindre occasion. Par exemple, mes petits bonheurs à moi, c’est une discussion entre amis, un délire sur MSN avec
Gauthier, une discussion rapide avec un ou une inconnue dans la rue (quand il ne s’agit pas de drague), un truc à la télé qui me fait rire, lire mon magazine dans le bain, le bain tout court, une
soirée en amoureux. Manger des grenades, acheter un truc joli, faire un câlin à mon chat… Tout est source de bonheur quand on y pense, il suffit d’être attentif.

En grandissant, je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas attendre ce bonheur ultime pour être heureux. D’abord parce que rien ne me dit que j’arriverai à l’atteindre un jour et quand bien
même, il est toujours entaché de soucis. Exemple, mes parents : le boulot qui plaît, des sous pour vivre confortablement (sans pour autant payer l’ISF, je vous rassure), l’amour, les enfants et
même un chat à tête de clown (je l’adore la chatonne de mes parents). Ben mes parents essuient quand même des soucis : récemment, on a appris que ma mère développait une maladie dégénérative. Heureusement, ça peut se soigner mais c’est pas agréable comme nouvelle. Bon et puis trente ans qu’ils sont ensemble, ils en ont traversé des épreuves et des pas drôles. Mais bon, c’est la vie, on est tous logés à la même enseigne. La vie en rose, ça dure pas, c’est comme ça.

Donc plutôt que d’attendre ce GRAND bonheur, autant profiter des petits. Comme on est bien dans ses pompes après une soirée entre amis, comme on est rayonnant, vous ne trouvez pas ? C’est que du bonheur, comme dirait Arthur, je crois…. Ah non, c’est Castaldi, plutôt… Oh merdouille, je sais plus. Le tout, c’est de savoir le reconnaître. Le bonheur, ce n’est pas forcément gagner des mille et
des cents à la télé, il y a des choses tellement plus accessibles, tellement plus bêtes qu’on n’y pense même pas. Le bain, par exemple, mais quel délice ! Quand je me plonge dans l’eau et que j’ai
la sensation que mon corps se dissout dans le liquide parfumé (oui, je mets des sels dans mon bain, c’est encore meilleur). De sentir la vapeur d’eau qui tapisse ma peau, mes narines. Après une
bonne lecture, je me bichonne, petit gommage et compagnie, le peton. Je ressors de là comme après une mue : apaisée, heureuse, détendue. C’est le cas de le dire, tout baigne.

Le problème, c’est qu’on nous force à avoir la folie des grandeur, « on a soif d’idéal » comme dirait Souchon. On allume la télé, on est bombardés par des produits de luxe, on voit des gens gagner
de l’argent en ouvrant des boîtes… Trop facile. On ouvre nos magazines (y compris sérieux), nous revoilà avec nos produits de luxe, nos femmes tellement belles grâce à la retouche informatique, des concours faciles où on peut gagner jusqu’à 10 000 euros en envoyant par coupon réponse la réponse à la question : « qui présente telle émission tellement populaire que même dans ta grotte, t’en as entendu parler ». Mais jusqu’à quel point tout cela crée une frustration ? Par exemple : ce qui me rendrait heureuse, c’est de m’acheter ce petit gâteau tout joli. Non, je veux ressembler à une
Adriana Karembeu miniature donc hors de question de manger un truc de plus de 3 calories. En plus, là, c’est l’effet vicieux des régimes : à force de se priver n’importe comment, on craque et nous
voilà à dévorer un paquet de biscuits et à culpabiliser. De la même façon, on va économiser drastiquement pour s’acheter, mettons, une super télé. Du coup, plus de cinéma, plus de resto, plus de magazines, plus de livres, CD… Bon, à la fin, on arrivera peut-être à l’acheter la télé mais les programmes resteront toujours aussi merdiques. Economiser, oui, c’est bien, mais ne nous interdisons pas un petit plaisir de temps en temps. Quand un CD me plaît, je l’achète. Chaque mois, je me paie Cosmo. De temps en temps, je me fais un petit resto avec Gauthier ou un cinéma. Le tout est de ne pas abuser, ce n’est pas ce que je dis. Mais bordel, une soirée dans un petit resto à refaire le monde, ça me booste pour la semaine, ça !

Récemment, je suis allée dans le sud ouest pour un week-end coquin avec Olivier. Entre autres choses, nous sommes allés à la plage. Allongée sur le sable, les yeux face au ciel bleu (qui avait eu
la gentillesse de se découvrir peu après notre arrivée), bercée par le bruit des vagues, ça m’a frappée : j’étais heureuse. J’ai retenté l’expérience le 1er novembre. J’ai un peu fait chier mes
parents pour aller à Perpignan sur la tombe de mon grand-père puis on est allé manger en bord de mer (mon papa s’est d’ailleurs trouvé une cousine lointaine au restaurant), je me suis fait un
méli-mélo de poisson délicieux. Puis on s’est promenés au bord de la plage, j’ai plongé mon petit peton dans l’eau. Le soir, nous sommes rentrés, tous sourires : une journée parfaite. Toute simple
mais parfaite. En plus, en furetant chez un bouquiniste en bord de plage, j’ai trouvé un Moravia que j’avais pas ! Finalement, le bonheur, quand on y pense, c’est tout les jours qu’on peut
l’avoir.

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Marabout d’’ficelle

Hier soir, je suis allée voir un voyant qui lit l’avenir dans le marc de café. Il est fort, il est très fort, ça en devient gênant… On a l’impression qu’on peut rien lui cacher ! Avant de vous raconter mes prédictions (plutôt positives) d’hier, revenons un peu sur mes expériences de voyance.

 marc-cafe-tasse

Pendant longtemps, je me suis « contentée » de faire des échanges sur un forum ésotérique, c’est à dire tirage contre tirage. Mais j’ai arrêté la voyance depuis quelques temps, essentiellement parce que j’en avais marre de trop vivre en fonction des prédictions qu’on me faisait. Mes dernières expériences datent de septembre, en voici le récit ! 

Début septembre, je suis allée voir un voyant dans un restaurant avec Zoé, mon ancienne collègue, et Gauthier. Le principe est simple : on mange au resto et, si on veut, on se fait lire l’avenir dans le marc de café pour la modique somme de 15 euros. Ce n’est pas très cher pour une voyance. Personnellement, je ne suis allée voir des voyants payants que deux fois, dont notre ami caféinomane. La première fois, je n’avais payé que cinq euros pour une voyance totalement à côté de la plaque : « vous allez trouver l’amour auprès de quelqu’un que vous connaissez déjà, un collègue qui est plus jeune que vous. Ça se fera pendant une soirée. Vous savez qu’il est attiré par vous mais vous ne voulez pas le voir. »

– Heu… Là, je vois pas.

– Non mais vous verrez au moment venu. »

Alors résumons : je suis au chômage donc pas de collègue. Au moment du tirage, j’étais en stage… Si on rajoute le stage précédent, deux jeunes hommes avaient la donnée « plus jeune » mais :

– le premier, certes très mignon, était très sympathique et plutôt mignon mais nous nous sommes vus qu’une paire de fois et nous ne nous sommes jamais dragués.

– le second, très gentil, m’a draguée comme un malade en commençant toutes ses phrases par : « et alors, ma copine… ».

Bon, en gros, j’ai perdu 5 euros et je suis un poil énervée car on avait le « choix » entre trois voyants et j’ai pris le plus mauvais. 2 heures d’attente pour dix minutes de cartomancie, n’importe laquelle de mes copines ésotériques aurait pu le faire. Et puis quatre mois plus tard, toujours pas de collègue plus jeune… Alors, certes, Guillaume est plus jeune que moi mais c’est pas mon collègue et on n’a pas « conclu » en soirée ! Donc plantade.

 

Suite à ce premier échec, je me laisse convaincre par Zoé d’aller voir M. marc de café. Elle m’a vanté ses qualités mais comme je suis St Thomas, j’aime voir pour croire d’autant que le monsieur lui a prédit ce qu’elle voulait entendre, on a toujours tendance à les croire, ces gens-là.

 

Donc on se rend au restaurant avec Gauthier et la demoiselle, elle passe à la voyance en premier puis je lui succède. Je bois le café, infâme et plein de dépôt (mais c’est fait exprès), je dépose ma tasse en faisant une grimace et j’attends car M. marc de café est parti. Il revient, me salue en me demandant mon prénom puis il regarde dans la tasse avec attention.

« Vous avez une personne importante pour vous dont le prénom commence par A. Qui est-ce ?

– Heu… ma sœur, Alice ?

– Elle a deux ans de différence avec vous ?

– Oui.

– Bon, c’est donc elle. »

Voilà, dès le départ, je suis calmée. Et il est fort, le monsieur, j’ai l’impression qu’il lit directement dans ma tête, me révélant mes hantises les plus profondes. D’abord, ça commence de façon soft, il explique que ma présence ici n’est pas logique. Je le regarde, me demandant ce qu’il veut bien dire…  Il m’explique que je ne veux pas écouter ce qu’il me dit, que je suis sceptique. Ce n’est pas faux : quand la prédiction m’arrange, je la garde, sinon, je jette. Après, il me parle de mon manque total de confiance en moi avec les hommes mais je devrais pas… Ensuite, il me dit qu’il faut que j’arrête d’avoir peur de finir seule, ça n’arrivera pas puis il me sort : « Ça sert à rien d’avoir peur des enfants, vous en aurez ! » Pourquoi il utilise le pluriel ? Ensuite, il me dit d’être plus égoïste et que je n’étais pas ma mère… Ensuite, il part sur autre chose : « vous allez bientôt avoir une proposition d’emploi, faudra l’accepter ». Comme si j’allais refuser ! Mais sur le coup, je suis un peu étonnée : je vois pas comment on pourrait me proposer quoi que ce soit, je pense plutôt que ce sera une réponse positive à un de mes envois de CV… Puis il me parle d’un homme plus âgé que moi dans mon entourage « j’espère que c’est le bon car c’est quelqu’un de bien ! ». A l’époque, j’étais avec Arnaud, plus âgé que moi donc j’ai tendance à penser que c’est lui.

 

Puis il repart sur ma sœur : « elle a une fatigue qui n’est pas normale, elle devrait faire du sport ». Ma sœur est hypothyroïdienne… Mais le plus fort, ce qui m’a beaucoup émue : « Qui est mort dans votre famille ?

– Ben, plusieurs personnes, hélas.

– Qui est mort près de l’eau ? »

Sur le coup, je pense à une noyade, personne n’est mort ainsi puis je me connecte sur mon grand-père, décédé à Perpignan, près de la mer donc je lui dis ça et il me fait :

« Oui, c’est lui, il vous protège. »

C’est con mais je suis émue aux larmes, essentiellement parce que j’ai toujours su que mon grand-père était auprès de moi, je rêve souvent de lui alors que ça fait 19 ans qu’il est mort…

 

Bon, petit bilan. Alors pour la proposition d’emploi, j’en ai eu deux, une qui n’a abouti sur rien (le remplacement de Bouki) et mon entretien de lundi qui est en attente (j’en parlerai quand j’aurai la réponse). Côté cœur, mon histoire avec Arnaud a tourné court donc bon…

 

Hier soir, nouvelle tentative, je bois mon café pas bon, le monsieur me regarde et me fait : « Détendez vous, vous êtes toute stressée ! ». Effectivement, ma vie est tellement au point mort que s’il me fait une mauvaise prédiction, je vais me mettre à pleurer. Il regarde et me fait : « A ou C, c’est vous.

– Heu… Non.

– Si, si. C’est quoi votre nom ?

– Nina.
– Votre nom de famille ?
– Bartoldi. »

Bon, mes autres prénoms et mon signe astrologique ne coïncidant pas, il finit par penser à quelqu’un d’autre, ma sœur, en l’occurrence (encore). Il me demande si elle m’influence… Mmmm… Il est sûr que de voir ma sœur avoir réussi ce dont je rêvais (un boulot dès la sortie des études) et qu’elle m’envoie des annonces, essaie de me conseiller donc, effectivement, je ne peux nier une certaine influence sur moi. Mais ma sœur ne reviendra plus dans les prédictions. Après, il fait : « vous avez assez pleuré ! » puis il me signale qu’il serait temps de se mettre au sport (heu…) et que j’avais tout pour plaire aux hommes et que je devais arrêter d’en douter (c’est pas moi qui en doute, ce sont eux !). Puis, il reprend : « N’ayez pas peur de finir seule, ça n’arrivera pas, vous aurez des enfants…Trois ! »

 

Trois enfants ! Bon, je vais m’acheter un dictionnaire des prénoms, en prévision… Y a quelques prénoms qui me plaisent déjà mais en général, ils ne plaisent pas à mes compagnons…C’est marrant, ado, j’étais persuadée que j’aurais trois enfants, c’était un espèce d’idéal : 2 garçons et une fille. Mais trois, c’est chiant : tout est fait pour 4 ou pour 6, pas pour 5 ! Enfin bref.

 

On passe sur le professionnel : « vous allez avoir une proposition d’emploi très vite, en février, c’est réglé. Il y a quelqu’un avec un double prénom, c’est avec lui que vous allez travailler. » Je lui parle de mon entretien de lundi et il me décrit une des personnes que j’ai rencontrées de façon très convaincante, je suis bluffée. Donc, pour lui, j’ai le boulot. Youpi !

 

Ensuite, l’amour, houuuuu ! Bon, tout va évoluer durant les trois prochains mois, je vais être raide dingue d’un homme qui a une « faiblesse aux yeux »… Ce qui ne m’étonne pas, vu ma passion pour les binoclards. Oui un homme à lunettes, je trouve ça sexy ! Sauf s’il a des lunettes en plastique à la Annette dans Premiers Baisers parce qu’on n’a plus huit ans, quand même… Je lui demande si je le connais déjà et il me fait « j’espère pas parce que vos histoires sentimentales jusque là, c’est pas ça, sauf le garçon avec qui vous étiez en 2001 (Guillaume, donc). » Pif, paf, dans les dents ! Enfin, cerise sur le gâteau, cherry on the cake (oui, j’aime bien faire mon Nelson Monfort, des fois), il me sort spontanément : « vous allez publier un livre… un livre pour enfants. » Alors là, je suis aux anges ! Un livre ! Le rêve de ma vie.

 

Franchement, je suis bluffée. Je sais que certains voyants se basent sur la psychologie mais il y a des choses qu’on ne peut dire comme ça… Comment pouvait-il savoir que j’aimais écrire ? Que ma meilleure histoire d’amour était avec le garçon avec qui j’étais en 2001 ? Que je cherchais un métier dans la communication (oui, il me l’a dit) ? A quoi ressemblait l’une des personnes que j’ai rencontrées lundi ? Il y a des choses trop précises pour n’être que du flan…Enfin, on verra déjà en février où j’en suis niveau boulot !

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Le démon tentateur

Lors de mon article sur la fidélité, j’ai parlé de Fabien, le gars qui m’a rendue folle de désir pendant une bonne année. Trois ans après, j’avoue que s’il apparaissait sur le pas de ma porte, je lui sauterais dessus sans attendre. J’ai hésité à écrire cet article car peu de mes amis sont au courant de cette histoire, j’en ai parlé à personne pendant longtemps.

Tout a commencé mi-octobre 2001. Je rappelle au non-Toulousains que quelques jours plus tôt, l’usine AZF avait explosé, rasant au passage la fac du Mirail. Du coup, mon directeur de maîtrise organise une réunion avec ses étudiants à l’IEP, dans une salle minuscule mais là n’est pas l’important. Je monte les escaliers et je vois une petite rousse me regarder et faire : « ah, en voilà une de plus ! ». Bien, je suppose que cette fille est en maîtrise avec moi, je ne vois pas du tout qui c’est. Bon, on discute de nos sujets, je reconnais quelques élèves qui étaient en cours avec moi en licence. A la fin, mon prof, M. Gris, nous parle du bulletin d’information du groupe de recherche, demandant s’il y a des élèves qui veulent y participer. C’est une première expérience de journalisme intéressante. Je m’empresse de me proposer, persuadée que ça allait être la cohue mais seule la rouquine et moi postulons. Un grand gaillard à la voix grave magnifique en profite pour prendre la parole et parler d’une émission de radio parrainée par le groupe de recherche, s’il y a des volontaires… Je le connais, ce gars : il était en cours de contemporaine avec moi l’année précédente et c’est l’une des personnes les plus cultivées qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il me semble un peu prétentieux mais il va participer au journal aussi donc je garde mes préjugés pour moi. Il présente son voisin, Rachid, que je savais intéressée par le journalisme car on en avait parlé l’année précédente. Nous voici quatre sur le journal : Elodie la rouquine, Julien à la voix suave, Rachid et moi. Il y a un cinquième dans le coup, un thésard. Soit.

 
Premier contact

Et là, le thésard rentre et…rien. Il se la pète un peu et il m’énerve. M. Gris le prend en exemple : « demandez à M. Colbert, demandez à M. Colbert » et l’autre, il a l’air d’exulter. Mais bon, il veut travailler sur le journal aussi donc pareil que pour Julien, j’attends avant de le condamner. On part tous les cinq discuter dans une salle voisine et je constate que le thésard a des auréoles sous les bras, il est en T-shirt, je suis en pull et je pars sur des considérations débiles sur le fait que j’ai froid et que lui, il a chaud. Oui, je sais, des fois, je pense vraiment n’importe quoi. On parle d’abord du journal et une fois les sujets arrêtés, le thésard, qui s’appelle Fabien, se tourne vers Elodie et moi, le regard brillant : « Bon, les filles, ça vous tente, la radio ? ». Oh oui, je suis tentée mais réfléchissons : j’ai une maîtrise à faire, je bosse de temps à temps à la Poste, me voilà engagée dans un journal, puis-je assumer une émission de radio hebdomadaire ? « Ok ! ». Après tout, mon idéal professionnel, c’est le journalisme, pas prof ou guichetière à la Poste.

Enthousiasmée, je repars avec Elodie qui vit près de chez moi, on discute, on est très motivées, malgré le temps que ça nous prendra. Semaine suivante, rendez-vous à la radio, installée dans un ancien magasin de lingerie… En fait, au départ, rien n’était aménagé : les vitres décanillées par AZF, un lourd rideau de fer qui clôt la vitrine, une salle d’enregistrement en sous-sol avec la peinture qui s’écaille, on se croirait à Radio résistance. Bon, ok, ça ne paie pas de mine mais on s’en fiche, l’important, c’est d’avoir le matériel pour travailler correctement. Tous les cinq, on s’installe dans la salle principale, vide, on discute des sujets qu’on veut traiter. Mon regard croise régulièrement celui de Fabien et… mince, je suis troublée. Brun, des yeux magnifiques (noisettes avec des éclats dorés) qui pétillent, un beau sourire… Mais je suis une patate mariée, calme-toi, ma fille. A un moment, on parle de nos provenances géographiques et là, il me révèle qu’il est de Perpignan. Là, je me prends une vague de nostalgie de plein fouet : Perpignan, la ville où vivaient mes grands-parents quand mon grand-père que j’adorais était en vie. On descend au studio d’enregistrement et je m’arrange pour me retrouver toujours à côté de Fabien. La semaine suivante, rendez-vous chez moi, j’espère qu’il arrivera le premier. Raté, il arrive en dernier, il avait oublié la réunion . Zut.

Première prise

Première émission, on invite M. Gris comme intervenant. On lui pose nos questions, on est tout crispés, une horreur. A un moment, déclic ! Une contradiction dans ses propos et je le lui fais remarquer. Il rie et me répond avant de conclure : « maintenant, je serais vous, je m’inquiéterais pour votre maîtrise ! ». On finit l’enregistrement, M. Gris s’en va et on écoute quelques sons de l’enregistrement, Fabien me complimente sur ma voix et sur ma super question piège. Je fonds ! A partir de là, j’omets de plus en plus de parler de Guillaume, étrange… Chaque fois qu’il me frôle, j’ai des frissons. Je rêve de lui à chaque fois qu’on se voit, mes rêves se font de plus en plus torrides : d’abord de simples bises appuyées à des baisers passionnés avant d’arriver aux brouettes intensives. Je me souviens d’une nuit où j’ai rêvé qu’on faisait l’amour la nuit sur la terre, je crois que c’était la guerre mais je ne suis plus très sûre. Le matin, je me réveille, excitée par mon rêve de la nuit et me voilà à côté de Guillaume. Dieu merci, je ne parle pas en dormant. Autre rêve hautement révélateur : on sort ensemble clandestinement. A un moment, on se retrouve sur un matelas posé sur un vieux sommier à ressorts sous une fenêtre dans une pièce style chambre de bonne, on commence à s’exciter et il me dit : « non, ce n’est pas bien, on peut pas faire ça ! ». J’acquiesce, on sort de la pièce, il y a une histoire de vidéoclub mais on ne peut pas s’empêcher de s’embrasser. Merveilleuse métaphore de mes sentiments : non, je ne dois pas craquer sur Fabien, ce n’est pas bien. Mais je ne peux m’en empêcher.

L’avantage, c’est que les occasions de se voir sont nombreuses : préparation des émissions, réunions pour le journal, enregistrement des micro-trottoirs… On se voit à peu près toutes les semaines, parfois plusieurs fois. Un soir, la réunion a lieu chez lui. Je récupère Elodie et on se rend chez lui, on le retrouve sur une place en compagnie de Julien. On discute en attendant Rachid mais après une demi-heure d’attente dans le froid, on renonce : il nous appellera. Il nous guide jusqu’à son appart, on rentre et là, c’est l’explosion : à l’intérieur, une splendide brune aux yeux bleus, Sandra. Mince, il avait une copine ! Bon, je me fais une raison : c’est mieux ainsi. Pourtant, Fabien est bizarre avec elle : pas la moindre attention. A un moment, je reçois un coup de fil de Lucie qui m’annonce que Gauthier veut abandonner ses études. On s’énerve joyeusement toutes les deux et quand je rejoins l’équipe, je fais une gueule pas possible, Fabien me lance un regard de connivence. Il me veut quoi, lui ? Sa copine est tellement plus belle que moi…

La rivale

On dîne, ça se passe bien, Sandra est plutôt sympa et je suis fière de moi : finalement, j’ai tiré un trait toute seule comme une grande, c’est bien ! Par contre, je trouve Fabien pas du tout affectueux avec elle, ça me déçoit un peu : il n’a rien du petit ami idéal. A la fin de la soirée, on se fait la bise, il pose sa main sur mon épaule, comme d’ordinaire et là, encore ce foutu frisson. C’est pas vrai ! Je me couche, un peu triste. Mais c’est mieux comme ça. C’est mieux comme ça. Ouais, l’autopersuasion, ce n’est pas terrible. Le lendemain, je rejoins Elodie à la cafétéria pour bosser sur une émission de Noël. Guillaume est là, je lui fais un bisou et rejoint ma nouvelle grande amie. On discute, on travaille puis, à un moment, on revient sur la soirée précédente. A un moment, je parle de Sandra, disant quelque chose comme : « elle est sympa la copine de Fabien. » « Mais c’est pas sa copine ! » Mon cœur explose de joie : c’est vrai ? Elle n’a pas de preuve mais elle trouve qu’ils n’avaient rien d’un couple, ce que j’avais remarqué aussi. Mais qui est-elle donc ? Peu importe, peu à peu, je l’efface de l’équation.

Peu de temps après, un nouvel arrivant rejoint l’équipe. En fait, Rachid n’est pas venu le soir où on l’a attendu. En fait, il avait abandonné sa maîtrise pour faire une maîtrise science politique et il n’avait plus le temps. Bon, honnêtement, j’ai fait la même maîtrise l’année suivante, c’est surtout qu’il n’avait plus la motivation. Lors de la seconde émission, il avait refait l’introduction 10 fois car il n’y arrivait pas… En cours de M. Gris, on doit faire un exposé sur une maîtrise déjà réalisée (histoire qu’on lise AU MOINS un mémoire avant de rédiger le nôtre). Tout le monde se disputant pour l’analyse de presse, je me rabats sur l’étude multidimensionnelle d’un événement : la mort de Lady Di (véridique). A la fin du cours, un jeune homme blond aux yeux verts vient me voir et me dit qu’il a pris l’exposé avec moi. Ah, ok. Quelques jours plus tard, on enregistre une émission à la con pour Noël, un quizz débile concocté par Elodie et votre dévouée. Julien ramène deux potes à lui dont mon collègue d’exposé, Maxime, de son prénom.

Lors de cette soirée, mon auréole se cabosse un peu. A un moment, le deuxième pote de Julien râle car il a eu une grosse boule comme cadeau de Noël. Un peu saoule, je lui fais : « vaut mieux une grosse que deux petites ! » (du grand n’importe quoi, en somme). A partir de là, je suis la cochonne de service et j’en joue, je me fais chatte, surtout quand je parle avec Fabien qui me le rend bien. Mais rien, il ne se passe rien que ce jeu gentil de flirt, peut-être l’ai-je même imaginé, je ne sais pas. Ma relation avec Guillaume s’en ressent un peu : un matin, je l’appelle en larmes car « je me pose des questions sur notre couple ». Je dors beaucoup : dans mes rêves, je retrouve Fabien. Pourtant, je sais qu’on ne s’entendrait pas en tant que couple, il est trop lunatique, un peu colérique : on s’engueulerait au bout de deux jours. Mais j’ai envie de lui comme une folle. De plus, au même moment, Elodie qui était avec son mec depuis 4 ou 5 ans se sépare de lui pour sortir avec un… Fabien ! Quel modèle troublant…

 
Désir brûlant

Le temps passe, je supporte pas de pas le voir. Quand il part quinze jours en Egypte, ça me paraît une éternité. Un jour, le « drame » arrive : Guillaume et Fabien se rencontrent sans que j’y sois préparée. En fait, Fabien ne venait jamais à la fac mais ce jour-là, je le vois devant l’UFR d’histoire en grande conversation avec mes collègues de radio et M. Gris. Guillaume à ma gauche, Fabien devant, je manque d’air. N’ayons l’air de rien, je rejoins mes amis alors que Guillaume reste en arrière. Fabien me demande discrètement si ça va. Enlève les étoiles que tu as dans les yeux, me dis-je. Mais Guillaume ne voit rien. Il ne voit tellement rien qu’une fois, on parlait de Fabien, je lui disais que je ne savais pas s’il avait une copine ou non et il me fait : « Non, ce mec a une allure de célibataire ». Précisément ce qu’il ne fallait pas dire !

Il ne se passe toujours rien, on plaisante, il me cherche un peu. Mais Julien aussi (alors que lui est fiancé, il s’est marié depuis d’ailleurs), il me gratifie une fois d’un joyeux : « t’es bonne ! ». Merci chéri, j’adore ! Et Fabien acquiesce. Non, pourquoi tu me tortures comme ça ? Dis-moi que je suis moche, ne me regarde plus avec ce petit sourire. Arrête de planter tes yeux dans les miens, révèle-moi l’existence d’une petite amie dont tu es fou amoureux… Arrête de poser ta main sur moi quand tu me fais la bise ou sur ma taille, un soir de beuverie. Arrête, arrête… Non, n’arrête pas… Bon, voilà, je suis toute perdue.

L’année avance. Un jour, Julien m’appelle, on discute et il me dit : « je vais aller à un cours de M. Gris pour trouver nos successeurs ». Quelle douche froide ! Mon cœur se déchire : non, ça ne peut pas se finir maintenant. Alors, ce sera l’été et on ne se verra plus ? Ce n’est pas possible, je vais en mourir. La structure de l’équipe a un peu changé, Elodie a pris des distances pour terminer sa maîtrise (ce sera la seule à l’avoir, cette année-là : j’ai pris une année de plus, Julien et Maxime ont abandonné mais ça n’a aucun rapport avec notre activité radiophonique). Je me retrouve la seule fille au milieu de trois mâles et Maxime semble très intéressé par ma personne. En fait, j’ai de très bonnes relations avec Maxime : on a travaillé souvent seuls pour notre exposé, il a vécu un an au Canada, mon pays préféré, celui sur lequel je fais ma maîtrise… Forcément, ça rapproche. Un jour, on se met à la technique, tous les deux (en gros, il faisait tout, j’ai appuyé sur deux boutons). Je glisse un CD dans le lecteur, il envoie la musique et là, il me regarde bizarrement et me sort un langoureux : « Merci ! », des étoiles plein les yeux. Je rougis et je bégaie un : « mais de quoi ? ». « D’avoir mis le CD… ». Seigneur, il me fait quoi, lui ? L’été suivant, on se verra plusieurs fois seuls pour boire un verre, il est dégoûté d’avoir été pris à l’école de journalisme et pas moi (« je ne connais pas de personne plus motivée que toi pour faire ce métier, c’est dégueulasse ! »). Il me parle d’une fille avec qui il était sorti en fin d’année scolaire et me fait : « je ne ressentais pas la même chose pour elle que pour toi… ». J’ai jamais trop su ce qu’il avait ressenti pour moi mais j’étais un peu gênée. Que tout ceci est compliqué !

A suivre…

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