Travailler, c’est gagner de l’argent ?

Vous l’aurez remarqué, la question du travail m’interpelle énormément. A l’occasion des présidentielles et de la question du revenu universel se pose la question de ce qu’est le travail précisément. Il paraît que tout travail mérite salaire donc si je ne gagne pas d’argent sur une tâche, ce n’est pas du travail. Mmm, pas si simple.

Tout travail mérite salaire

Je vous parlais l’autre jour de ce blog que j’écris plus ou moins régulièrement depuis 13 ans. Environ 2850 articles pondus sur des sujets divers et variés, parfois pondus à l’arrache, parfois un peu plus référencés. Ce que je fais sur ce blog, est-ce du travail ? Si je prends en considération ce que ça m’a rapporté pécunièrement parlant, non. Si je considère que c’est ce qui m’a aidé à décrocher un ou deux postes, ça se discute. Quant à l’investissement…

Femme travaille sur ordinateur

C’est toujours un peu le problème du travail tel qu’on l’entend : tout ce qui ne rapporte pas salaire ne compte pas. Si je prends mon petit cas personnel, mon travail de coeur se passe justement dans les moments où je ne suis pas payée : dans le métro, à la pause dej, dans le métro encore, dans les réunions qui m’emmènent au bout de l’ennui, le soir, le week-end. J’écris. Ecrire, c’est pas que coucher des mots sur un support en espérant que ça fera une histoire pas trop bancale, y a un peu de recherche aussi, histoire de ne pas sortir une énormité qui ferait sortir ceux qui savent s’ils lisaient ce récit… Si jamais un jour je me sors les doigts du cul pour relire mon manuscrit terminé et l’envoyer à quelques éditeurs. Mais voilà, si écrire ne me rapporte pas un kopek (essentiellement parce que je n’essaie pas, ok), ça n’en reste pas moins du temps investi.

Joli bujo

Et je pense que vous avez tous un exemple de ce type. Je pourrais parler de ma maman qui passe des heures à peindre un tableau pour nous les offrir ou juste pour le plaisir. Vous-mêmes, vous partez peut-être à l’assaut de Paris ou d’ailleurs, un sténopé à la main ou votre reflex flambant neuf, pour réaliser de belles photos, peut-être que vous écrivez, vous dessinez, produisez de la musique, cuisinez avec soin, toutes ces choses… pour le plaisir mais avec rigueur. C’est du travail mais ça n’en est pas. Parce que vous aimeriez y consacrer plus de temps, voire tout votre temps, mais que la société n’y voit aucune utilité. Du moins, pas autant que les émissions débiles où des gens qui n’ont rien à dire s’épanchent pendant des heures, par exemple. Ou que ce cadre de votre boîte entré par copinage et qui passe ses journées à lire le journal, par exemple.

Lire son journal au bureau

Si le revenu universel permettrait de régler une partie du problème, ce n’est pas tellement mon sujet aujourd’hui. Je me posais juste la question : est-ce que tous ces mots que je tisse ici, en attendant un ailleurs, sont du travail vain ? Est-ce que ça aboutira un jour quelque part ? Est-ce qu’il faudrait que je trouve une façon de gagner un peu d’argent pour atteindre, au maximum, de quoi passer en mi-temps ? Ou juste admettre que c’est un travail pour le plaisir. Comme faire du jogging qui entretient la forme, qui permet de se satisfaire de faire mieux mais qui n’entraînera jamais le gain d’aucune médaille… et au fond, ce n’est pas bien grave..

Courir pour le plaisir

En attendant, faut que je “travaille” sur mes nouveaux blogs… j’arrive déjà pas à trouver un thème qui me plaise, on est mal barrés !

 

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Vingtenaires : clap de fin

Alors que ce blog va fêter ses 13 ans aujourd’hui ou jeudi ou par là, je siffle la fin de la récré. Non, ce titre n’est pas une vanne. Et non, je ne vais pas me taire, j’ai encore plein de choses à écrire. Mais différemment.

Clap de fin

Ca fait quelques temps que je suis un peu gênée sur ce blog, abordant un peu les sujets divers et variés, sans trop de rapport avec la choucroute initiale. Ce blog, au départ, c’était l’histoire des amours d’une bande de potes et puis, ben, il a évolué avec moi. D’un truc léger et sans conséquence, c’est devenu ma tribune sur tout et n’importe quoi. Et puis j’ai plus 20 ans depuis un petit moment.

Mamie stylée

Et puis, y a les autres idées, les autres projets. Je dois penser à un concept de blog toutes les semaines à peu près. Et dans ma vie rêvée, je serais payée pour produire toute cette prose, vous parlant tour à tour d’actu, de bien-être, de lecture, d’écriture, de DIY, de voyage, de séries télé… tous les trucs que j’aime et dont j’aime parler. Un blog sur Paris aussi. Puis, je ferais des vidéos, tout ça, tout ça. J’ai cherché comment concilier un peu tout ça et aujourd’hui, j’en viens à la conclusion que je dois splitter. Je tue les vingtenaires pour revenir sous la forme de deux blogs.

Mitose

Le premier, ce sera mon blog “douce vie”, on va dire. Le fameux Nina feels good dont je parle depuis deux ou trois ans facile. J’arrive à un âge (ahem) où j’essaie de trouver le bonheur, le vrai. Enfin, la sérénité, plutôt. Je m’en sors pas mal sur plusieurs plans mais en gros, me reste à régler le problème de la vocation (je la connais ma vocation mais comment en faire un truc rentable, comment équilibrer ma vie entre besoin de manger et envie de faire… j’ai déjà le bouquin sur le Ikigai, je vais le lire), de la procrastination, du lâcher prise et de la cyclothymie, en gros. Ah et d’une hygiène de vie un peu correcte, cet hiver fut le festival du grand n’importe quoi. Bref, une quête du bien dans mes baskets, bien dans ma tête. Une sorte de blog initiatique.

Vivre heureux

Le second, forcément, ce sera mon blog “militant”. Entre guillemets car je ne veux pas y mettre d’étiquette politique. Je fais partie d’un mouvement politique et je pense que je parlerai de la petite vie de modeste militante parce que ça peut être intéressant sur certains aspects MAIS arborer une étiquette, c’est immédiatement se faire déqualifier du débat parce qu’on ne serait pas objectif. Alors je parlerai d’objectivité peut-être un autre jour mais un parti ou mouvement politique n’est, à priori, pas une secte, j’ai mes propres opinions, il m’arrive d’ailleurs de ne pas être d’accord avec ce que peuvent dire nos leaders et je peux l’exprimer sans trembler. Enfin, sur ce blog, je parlerai de politique, actu, féminisme, ce genre de choses. Je vais essayer d’un peu plus chiader mes articles, faire quelques billets d’humeur mais aussi des “dossiers”.

Ecrire au café

Voilà en très gros, on aura le blog “petits papillons, ma vie est jolie” et le “raaaaah, ça m’énerve”, parce que ce sont vraiment les deux facettes de ma personne et que je ne suis pas sûre que le tout soit un cocktail qui ne file pas mal à la tête.  Maintenant, faut que je me mette au travail. Et ici, ça va devenir quoi ? Ca va disparaître. C’est un peu quelque chose pour moi. Ca fait 13 ans que j’écris ici, c’est le projet le plus long de ma vie. C’est mon vieux doudou qui pue, je l’aime même si je m’en occupe mal, j’aime écrire et m’exprimer, passer mon dimanche à tout écrire et programmer pour la semaine, marcher en formant des mots dans ma tête (oui, je fais ça)… Mais la plupart des vieux articles, je n’en fais plus rien, j’oublie parfois qu’ils existent… Du coup, je vais récupérer certains d’entre eux pour les publier là où ils sont les plus pertinents (notamment les séries), le reste, je téléchargerai une archive et bye.

Serre livre rouge

Bref, je vais travailler à ces nouveaux blogs, je vous tiens au courant (parce que je suis persuadée que vous êtes absolument intéressés par la nouvelle).

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Parce que l’occasion fait le larron

Des fois, je rêve de changer de vie… Mais je suis un peu trouillarde, comme on dit. Privilégiant la sécurité, je jalouse un peu parfois ceux qui prennent un virage dans un dérapage parfaitement contrôlé. Mais faut dire que parfois, la vie t’offre l’occasion de faire ce grand changement… mais encore faut-il la saisir.

Dream catcher - saisir l'occasion

Janvier 2018. Je rêve. Je rêve d’une autre vie professionnelle. Je suis fatiguée de poster des textes de moins de 100 caractères en moyenne pour vanter tel ou tel produit, répondre aux gens qui ne savent pas lire un mode d’emploi… Moi ce que j’aime, finalement, c’est traiter de la donnée. Je trouve extrêmement reposant de passer une journée à jouer dans les excels. Une nuit, peu de temps avant, j’ai eu une “révélation”. J’ai un cauchemar un peu récurent : je suis au lycée ou à la fac et je dois passer le bac ou rendre un mémoire et je ne suis pas prête du tout. Bonus : je dois passer un examen d’allemand et je ne parle plus un mot de cette langue (j’ai un peu envie de m’y remettre, d’ailleurs). Souvent, dans ces rêves, je me bats un peu puis renonce en mode “non mais j’ai déjà mon bac en fait” ou “je n’y arriverai jamais” et je me réveillais avec un goût de défaite dans la bouche. Parfois, au contraire, je me bats et cette fameuse nuit, j’étais dans la déclinaison extrême du rêve : je réussis… et je sais plus quoi faire après. Et là, dans mon petit cerveau endormi, la solution : data journaliste.

Data journalisme

En vrai, j’aimerais partir vers les études ou, à minima, le planning stratégique. J’ai deux ou trois petites cordes à mon arc qui pourraient tendre vers là mais… ça coince. En 2017, j’ai tenté une mobilité interne, j’avais une place promise dans une équipe de planning stratégique mais… mon salaire. Voilà. En résumé : trop chère pour changer de métier dans ma boîte, CV trop marqué sur le social media dans des boîtes qui ne me connaissent pas. Bref, je suis sur mes rails et je rêve d’une occasion pour prendre le prochain aiguillage. Sauf que… ben des occasions, j’en ai eu. J’en ai eu une magnifique il y a bientôt 4 ans, quand j’avais demandé de faire partie des licenciements économiques de mon ancienne boîte. Au lieu de prendre le cash, j’aurais dû demander le financement d’une formation… même si, à l’époque, je n’avais pas idée de mon appétence pour les stats donc bon…

Data visualisation

Et peut-être que les occasions, ça ne s’attend pas, ça se crée. Je lis souvent de belles histoires (pas sur LinkedIn, les gens y mitonnent bien comme il faut) de gens qui ont consacré du temps à une passion et ont réussi à en faire leur métier. Pour le coup, sur le data journalisme ou quelque chose du genre, on ne s’improvise pas comme ça mais y a peut-être des choses à faire. Non parce que passer mes journées à faire des recherches, des calculs, des synthèses pour en tirer un article et mes soirées à écrire des historiettes… oui, je crois que je serais bien heureuse.

Le bonheur est proche

Girl drawing smiley face on to a wall

Du coup, peut-être qu’il va être temps de bûcher un peu pour préparer le prochain aiguillage… même si là, de suite, je vais rajouter une ligne à mon CV, toujours dans ma branche (oui, j’ai démissionné). Peut-être une nouvelle occasion à venir ?

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Serpenter dans les Alpes japonaises

Le 14 octobre – Petit journée puisqu’on a un peu plus de trois heures de trajet l’après-midi pour rejoindre Takayama. Au programme : musée du manga de Kyoto… après un petit passage à la laverie ! Oui parce que notre AirBnB avait beau être équipé d’une machine à laver, point de sèche linge et faire sécher le linge sur le balcon un jour de pluie, ça marche moyen, moyen… Donc petite pause de 20 mn à la laverie pour faire sécher, le temps qu’une petite mamie nous offre un Fanta Raisin  sans raison (ou on n’a pas compris laquelle).

Borne travaux à Takayama Train à Kyoto

On repart et en chemin, on croise Ibuki Munde (orthographe non contractuelle). Qui donc ? Ibuki Munde. Moi aussi, vingt quatre heures plus tôt, je n’avais aucune idée de l’existence de ce monsieur mais en ce moment, il y a une campagne électorale. Alors comment se passe une campagne électorale au Japon ? Pas de tractage mais mais des voitures sillonnant la ville en hurlant des slogans dans un mégaphone. Donc pendant que nous cherchions un bar la veille, nous avons eu le droit à une dame qui déclamait en japonais “Ibuki Munde ! Ibuki Munde [japonais]. Ibuki Munde. Ibuki Munde…” Il y a aussi les meetings ambulants, on en a également croisé un la veille avec des gens coiffés de chapeaux d’Halloween (?). Ce matin, qui retrouve-t-on devant le Seven Eleven, ses assistants décorant le carrefour de banderoles (je ne comprends que “10%” sur la dite banderole mais de quoi ? Un député acheté, un assistant parlementaire offert ?). Bon, ce doit être la version japonaise de nos marchés, après tout. Par contre, la voiture qui braille les slogans en boucle, priez pour que ça n’arrive jamais chez nous.

Elections législatives au Japon Elections législatives au Japon

Donc le musée du manga. En fait, c’est juste une bibliothèque avec des mangas dans toutes les langues. Je me suis plongée dans le premier volume de Naruto puis je suis passée au n°1 de Monster Hunter mais que j’ai lâché vu que c’était peu ou prou la même histoire (le héros tête brulée, son side kick très sérieux et incroyablement doué, la fille niaise qui ne sert pas à grand chose (le personnage de Sakura dans Naruto crispe légèrement la féministe en moi… enfin, l’écriture du personnage, je veux dire). Bon bref, le musée n’est pas très intéressant en soi, je pique un peu du nez mais j’adorerais avoir la même chose en France (avec mangas, comics et BD, j’entends).

Musée du manga à Kyoto

Et nous revoici dans le train. Après 45 mn de Shinkanzen, nous voici à bord d’un Limited Express et là, je peux vous dire que c’est pas la même histoire. Le train secoue tellement que je galère à écrire, toutes mes tentatives de photo ruinées par les soubresauts. Des photos ? Ou parce que la route est superbe. On circule dans les Alpes japonaises, le long de gorges, l’eau est caressée par une brume basse qui confère au paysage une ambiance quasi surnaturelle. J’avais adoré mon trajet en Renfe pour la beauté des paysages. Là, c’est encore plus grandiose.

Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express

Arrivée enfin à Takayama avec cinq minutes de retard. Il fait nuit mais on sent bien qu’on est en montagne, ça pique un peu. Cette fois-ci, on s’offre deux nuits à l’Hôtel. La chambre est petite, la salle de bain toujours en plastique mais bien assez grande pour ne pas être en contact avec le rideau de douche et le lit, le lit… un bonheur ! Mais surtout, dans cet hôtel, il y a une zone bain au dernier étage avec même une partie extérieure ! L’hôtel nous fournit un pyjama et un petit gilet matelassé, trop chou. Bon, par contre, c’est du modèle unique et ils ont dû prendre pour modèle un Américain Texan, apparemment. Vous avez déjà piqué les fringues de votre papa, enfant ? Et bien, ça donne à peu près la même sensation, je surflotte.

Takayama de nuit

hotel spa Alpina Takayama

Photo non prise par moi 😉

Alors petite histoire de comment qu’on va au bain. Vous prenez votre pyjama, vous allez dans les vestiaires et hop, à poil ! Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Donc après un repas de boeuf Hida cuit à l’étouffée avec plein de plantes sauvages, on se précipite aux bains.

Plat de boeuf Hida

Donc j’avais expliqué un peu crânement à Victor que, si, si, les bains, ça se prend à poil. Sauf qu’en arrivant à l’entrée, je constate qu’il y a plein de chaussons donc plein de gens. Le doute m’assaille… On se baigne bien nus, hein ? Je me rends dans la zone pour me changer, tout le monde est déjà rhabillé… Bon, lançons-nous. Je vire mon pyjama, personne ne moufte. Je rentre dans le bain… Ouf, c’est bon, tout le monde est nu. Je me glisse donc avec délectation dans l’eau chaude, après m’être rincée une première fois. Dès que j’ai trop chaud, je file à la douche. Ici, vous avez le choix entre douche classique debout et douche assise. Face à un miroir. Ok… Je me lève, tranquillou puis je vais profiter des bains dehors. Je plonge dans un bain rond façon grosse bassine, j’admire le ciel (enfin, il fait nuit et nuageux donc l’expérience est un peu limitée). Je suis bien. Je retourne à l’intérieur, petit barbotage, dernière douche puis je file attendre Victor dans la zone repos où l’on peut s’allonger face aux montagnes… qu’on ne voit pas parce que c’est la nuit mais j’imagine. Je me sens bien, j’ai les jambes en coton, je pique un peu du nez mais mon amoureux arrive déjà. La nuit s’annonce paisible.

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A vous les incels, petite lie de l’humanité

J’avais envie d’écrire « abrutis finis à la pisse » mais je voulais un titre pas trop moche. Chers incels, donc, c’est à vous que je crache à la gueule écris aujourd’hui. Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité des derniers jours, un incel, « involontairement célibataire », a pris sa voiture à Toronto et foncé dans la foule, tuant une dizaine de personnes. Comme il n’est pas musulman, ça n’a pas super intéressé les médias. Moi, ça m’a permis de découvrir le nom de cette communauté scélérate que je voyais agir notamment sur le forum 18-25 de jeuxvideos.com et sur Twitter dès que le mot « féministe » apparaît.

Klay, prototype des incels

Chers incels, vous pleurez sur votre célibat H24 tout en jouant les bonhommes genre « go muscu », vous vous posez en victime de la société en général et des femmes en particulier… alors que ce sont nous, les victimes. Vous vous posez en nice Guy, le gentleman ultime, comme disait Robert Elliot juste avant de tuer 6 personnes à Santa Barbara. Mais ça ne vous gêne pas trop de légitimer des viols ou nous souhaiter la mort, vous nous harcelez, vous profitez de la moindre occasion pour nous toucher, nous mater… toujours gentils ?

Les frotteurs dans le métro

Votre série modèle, ça doit être 13 reasons why : l’histoire d’un nice guy qui arrive à pecho une des plus belles filles du lycée… avant qu’elle ne se suicide, victime des « Chad » et « Stacy » de service, comme vous les appelez. Sauf qu’à y regarder de plus près, votre nice guy, c’est loin d’être un prince charmant. Oublions qu’il se masturbe devant la photo d’Hannah en train d’embrasser une autre fille, on mettra ça sur le compte de l’adolescence. Est-ce qu’il se préoccupe une seule fois d’elle, de ce qu’elle ressent ? C’est toujours à elle de faire un pas vers lui, lui est trop occupé à mater son nombril. Et il n’a vraiment rien à dire, il ne s’intéressé à rien. Du coup, pendant toute la série, je n’ai pas compris pourquoi elle le kiffait. Le seul relativement good Guy de l’histoire, c’est le basketteur, Zack, le seul qui, à un moment, se préoccupe vraiment d’elle. Un Chad pur jus. Heureusement, l’histoire en fait un connard juste après parce que si les beaux gosses sportifs sont en plus gentils, quelle fable allez-vous pouvoir vous raconter ?

Zach dans 13 reasons why

Ce qui me fascine le plus, c’est votre insistance sur le fait que vous êtes gentil. Le nombre de fois où je me suis fait invectiver (pour rester mesurée) par des mecs qui me reprochaient ma vie sexuelle, me crachaient à la figure que c’était bien fait pour ma gueule quand je tombais sur un connard parce que je ne les choisissais pas, eux, les gentils garçons. Le mieux, c’était quand ils approchaient, tout sucre, espérant me serrer et si ça n’arrivait pas, le miel devenait poison. C’est ça que vous appelez être gentil ? Ah bah j’espère ne jamais vois croiser en mode méchant, j’y laisserais quelques dents. Au mieux.

Hannah pleure dans 13 reasons why

Le problème, ce ne sont pas les femmes qui ne veulent pas de vous mais vous. Vous pleurez sur les modèles masculins mis en avant, tout de muscles saillants ? Nos injonctions sont pires, les corps que l’on nous impose irréalistes . La société est faite en faveur des hommes (cishet blanc, certes). Et vous ne supportez pas que ceux qui devraient sociologiquement vous être inférieurs ne reconnaisse pas votre supériorité. Vous pensez que la gentillesse, telle une carte à points, vous donne droit d’utiliser le corps de la femme qui a bénéficié de vos « largesses ». Non, ce n’est pas comme ça que ça marche. Une envie amoureuse ou sexuelle, c’est quelque chose de complexe, déjà, il n’y a pas de formule mathématique du désir. Porter le sac lourd de sa voisine ne lui fera pas écarter les cuisses. Imaginer de droguer une fille pour la rendre amoureuse non plus. Ah mais c’est legit « je la drogue pour la choper mais je la traiterai bien après ». Bien sûr, bien sûr…

GHB

La vraie vie, c’est pas juste des Chad et des Stacy qui copulent après un match de football américain, éteignez votre télé. Dans votre lycée aussi, les populaires sortaient entre eux. Oui, c’est ce qu’il se passe dans les groupes d’amis en fait. Quand j’étais au lycée, dans mon groupe de potes ni populaires ni impopulaires, y avait du mélange. Alors arrêtez de chialer sur votre sort en pensant que tout est de la faute des autres alors que c’est votre haine et votre rancœur qui vous rend peu désirable. Les femmes ne vous doivent rien.

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Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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Kyoto, jusqu’à bout de force : forêt de bambou, Arashiyama et jardin impérial

Kyoto, dernière journée et il va falloir faire des choix car nous ne pourrons pas tout voir. Priorité à Arashiyama et sa célèbre bambouseraie, prise d’assaut par les touristes. Cependant, il pleut et j’espère que ça en découragera plus d’un.

Bambouseraie de Kyoto

Notre gare étant située sur la bonne ligne, on est sur place très rapidement, on trouve la bambouseraie. On y entre, on déambule… et ça ne marche pas. C’est bien joli, je ne dis pas, mais j’ai préféré la bambouseraie minuscule du kokoen à Himeji. La balade est plutôt courte, je m’attendais à quelque chose de plus grand. On reste globalement sur une route assez large à part un endroit aménagé pour qu’on puisse approcher d’un peu plus près mais je ne suis pas du tout gagnée par l’atmosphère censément quasi mystique du lieu.

Bambouseraie de Kyoto

Bambouseraie de Kyoto

Un petit temple dédié aux amoureux, comme une bonne partie des temples ici, est situé dans la forêt avec, comme curiosité, un “jardin de mousses”, dixit mon guide. Moi, j’appelle ça un simple bout de terre, re déception. On croise, lors de la balade, un petit train rouge au toit en plexiglas, le train pour Sagano “le trip le plus romantique”. Dans l’absolu, la balade doit être chouette mais il pleut donc ce sera sans nous. D’ailleurs, la bambouseraie est divisée en deux par une voie de chemin de fer, j’espérais y voir ce fameux train rouge qui m’évoquait le petit train jaune des Pyrénées mais non, c’est la ligne régulière… Et je crois que c’est là que s’explique ma déception. Oui, le manque de luminosité a pu jouer ainsi que l’image que je m’en faisais, cf le jardin de mousses. Mais non, en fait, ce qui m’a décontenancée, c’est l’impossible quiétude. Il y avait déjà pas mal de monde malgré la pluie mais ça, on fait avec. Non, le problème, ce sont  les taxis qui passent sur la route qui traverse la forêt que nous devions subir toutes les deux minutes. Non mais imaginez : vous essayez de vous imprégner de la sérénité de la nature et vous devez vous coller au bord de la route pour laisser passer une voiture. Ou entendre le ding dong annonçant le passage d’un train. Même si, ça, j’aime bien parce que c’est le même dans les mangas (forcément) et c’est un peu une petite madeleine de Proust pour moi.

Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses

Bambouseraie d'Arashiyama à Kyoto : foule de touristes

Forêt de bambous de Kyoto : au milieu, passe le train

 

Un peu dépités, on sort de là pour faire un tour dans ce que nous appellerons Gogoland, la zone marchande pleine de souvenirs trop chers. Tu peux même payer en euros si tu veux ! On fait un tour du côté de la rivière pour s’offrir une jolie vue sur la montagne puis retour Kyoto.

Montagne d'Arashiyama Montagne d'Arashiyama

Retour à la gare centrale, plus précisément. Il faut savoir que la gare de Kyoto est monumentale. Littéralement. Un peu curieuse, j’ai envie de monter tout en haut des escalators et nous découvrons une superbe vue panoramique de la ville, limite plus belle que celle qu’on a eu au temple Inari, ne laissant qu’entrevoir la ville à travers la brume.  Même si cette highway centrale dans une ville rendue fantomatique m’active l’imagination puissance 1000 ! Un petit coucou à la tour de Kyoto franchement laide mais hyper pratique pour se repérer. Je remarque également un gros temple à côté… Initialement, j’avais prévu de faire un tour à l’est de la ville dans le quartier des temples mais Victor en avait un peu assez des temples (moi-même, j’avoue…) donc nouveau plan : on va visiter ce temple là puis on trace au Palais impérial pour flâner dans les jardins.

Gare centrale de Kyoto Locomotive en gare d'Arashiyama

Tour de Kyoto Kyoto, vue du temple Higashi Honganji Kyoto, panorama du haut de la gare

Le temple Higashi Honganji est un temple bouddhiste plutôt colossal avec le plus grand toit en bois du monde. On retire nos chaussures pour entrer dans un lieu au sol recouvert de tatamis, c’est assez agréable de marcher dessus. La salle est divisée en deux parties : les deux-tiers où vous pouvez vous asseoir pour prier et une dédiée aux autels et petites mises en scène. Note pour moi-même : me remettre à jour sur les pratiques bouddhistes… Entre les deux bâtiments, une petite histoire du temple qui a évidemment brûlé et été reconstruit (une constante dans la plupart des monuments que nous avons visité), on a aussi droit à une petite maquette nous montrant des travailleurs descendant une énorme tronc de la montagne enneigée avec un glissement de tronc et des pauvres ouvriers enfoncés dans la neige avec juste les jambes qui dépassent. J’ai de légers doutes quant à leur survie…

Temple Higashi Honganji à Kyoto

A présent, on fonce vers le Palais impérial. On marche, on marche, on marche… et on finit par prendre le métro. C’est là qu’on mesure toute la différence entre nos tous premiers jours de voyage et notre état au deux-tiers du séjour : au début, on faisait tout à pied et quand on prenait le train ou le métro, on était genre “ok ok, on va pas s’asseoir pour deux stations !”. Là, on en est à prendre et à s’asseoir pour une seule station. Bref,on arrive afin dans le jardin impérial, un jardin aux très grandes allées un peu austères, rien à voir avec celui de Tokyo… Les jours de beau temps, ça doit être fort charmant, surtout qu les pelouses ne sont pas interdites.

Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto

Pour se remettre un peu de nos émotions et nous reposer les pieds, nous décidons d’aller boire un verre. Encore une grande aventure ! Manifestement, les Japonais, ils sont moyen branchés bar ou alors nous étions dans le mauvais quartier mais on a marché bien une demi-heure avant de trouver… un pub. Oui, on se retrouve donc dans un pub au Japon, qu’est-ce qu’il y a ? En fait, les gens ont l’air de boire et de manger au même endroit mais on ne veut pas manger, nous ! Bref, je me prends un petit daiquiri des familles qui me donne bien chaud aux joues, on mate distraitement un championnat de fléchettes à la télé. On retourne enfin à la gare de Kyoto à pied en suivant la Tour. Enfin l’appart, on déguste des noodles lyophilisées (en vrai, j’adore) et des desserts bizarres genre du pain au melon (farce bonne mais contour beaucoup trop pâteuse), une crème de potiron (bonne mais pas autant que la mienne) et un espèce de loukoum complètement gluant au thé matcha… dégueu.

Loukoum japonais au thé matcha

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Jour de manifestation

Ceci aurait pu être une lettre mais finalement, je choisis un autre format. La narration, le bon vieux journal extime du début. Parce que je suis toujours effarée par le décalage entre ce que je vis et ce que je peux voir sur les réseaux sociaux, les narrations médiatiques des manifestations qui ne se concentrent que sur la violence et les vitrines cassées. Et vos larmes sur ce verre brisé plutôt que sur ceux qui ont pris des coups de tonfa au mieux ou, à l’époque, avaient perdu un oeil me navre toujours autant. Parce que la manifestation, c’est un beau moment de partage, en vrai.

Manifestation du 5 mai 2018, la fête à Macron

Juste un point sur la violence avant de poursuivre : je trouve ça absolument navrant. Pas que je sois triste pour les vitrines, les assurances sont là pour gérer ça. Ca m’agace juste parce que c’est précisément ce qu’attendent les médias. Vous vous souvenez, le CPE en 2005 ? On filmait surtout les gamins de banlieue (ou supposés l’être) tabasser des manifestants pour les voler ou casser des vitrines. A présent que les banlieues restent de leur côté, il fallait un nouveau bouc émissaire et ça tombe bien, voici les black blocs. Alors je ne suis pas sans savoir qu’aucune révolte ou révolution ne s’est faite sans violence, ok, mais calmez-vous deux secondes : un McDo n’est pas la Bastille et surtout, ça me rend très en colère de vous voir foutre la merde et vous tirer rapidement de là car vous vous êtes entraînés pour ça et laisser ceux qui étaient juste venus manifester payer les pots cassés.

Manifestation du 5 mai 2018, la fête à Macron

Mais revenons à la manifestation. L’an dernier, premier mai, je défile avec Victor et sa soeur, nous sommes à la fin du cortège. On marche joyeusement de République à Bastille. Le ciel est bleu, il fait chaud, l’ambiance est festive. Des pancartes marrantes que l’on prend en photos, de la musique, des rires, une bonne humeur de malade. Arrivés à Bastille, on voit que tout est terminé, on rentre donc. Je m’étonne un peu car il me semblait qu’on devait aller jusqu’à Nation mais ok. On retourne à la maison de très belle humeur et là, sur Twitter, on découvre que c’est la guerre. Mais quoi ? Un peu comme quand on était allés en Grèce lors du référendum, que les médias français décrivaient un pays au bord de la guerre civile, et bien… absolument pas.

Manifestation du 05 mai 2018, la fête à Macron

J’ai manifesté samedi. Nous n’avions pas fait le 1er mai pour cause de week-end à Hambourg mais nos copains qui y sont allés ont juste expliqué qu’ils avaient fait demi-tour un peu rapidement, ce qui les saoulait, d’ailleurs. On était confiants : pas de débordement en vue. D’abord parce que ce n’était pas le sujet et surtout… j’ai découvert que j’avais quelques sympathisants du cortège de tête dans ma timeline Twitter et il suffit qu’on prononce “FI” ou “Mélenchon” près d’eux pour qu’ils vomissent de la purée de pois en proférant des insultes, un peu. Donc je ne voyais pas dans quel univers ils se mêleraient à une manif très proche de la FI même si, officiellement, c’était un peu apolitique. Et effectivement, c’était très bon enfant et venez pas chialer sur un pare-brise brisé, par pitié.

Manifestation du 05 mai 2018, la fête à Macron

Pourquoi j’aime les manifestations ? D’abord l’ambiance et la bonne humeur. Nous étions venus en petite délégation, une petite dizaine de personnes, nous avons fini à trois, finalement. On avait d’autres camarades quelque part mais vu le monde, on ne les a pas croisés. Tu as des fanfares, des banderoles et slogans qui font sourire voire rire. Il y a l’église de sainte consommation, des Macron animés, des chants, du rire. Beaucoup d’enfants aussi. Un peu de merguez aussi et des vendeurs d’eau à la sauvette qui avançaient par à coup, si bien qu’on en a croisé un quelques fois, ça avait comme un goût de bug dans la matrice. Et puis, il y a une certaine mixité sociale. Si les banlieues sont peu ou pas présentes (et c’est un vrai enjeu de militantisme, d’ailleurs), on croise des personnes de tout âge et d’un tissu social allant des plus précaires aux classes moyennes aisées. Pas mal de personnes âgées assez malicieuses, on a aussi croisé des gens en béquilles, déambulateurs, qui marchent malgré tout.

Manifestation du 05 mai 2018, la fête à Macron

Mais surtout, ce que j’aime le plus, c’est que la ville nous appartient. J’avais eu une belle expérience à Toulouse, en passant dans la rue d’Alsace-Lorraine (qui était dédiée aux voitures à l’époque, je crois que ce n’est plus le cas), passant par là avant le cortège. Voir la rue du milieu de la chaussée en prenant le temps de déambuler, c’est délicieux. Bon, en plus, comme un fait exprès, les manifs du samedi qu’on peut faire sont toujours sous un grand ciel bleu… Sortez la crème solaire le 26 mai ! Hier, je n’en ai pas mis, j’ai la lanière de mon sac tatouée à blanc sur ma peau rougie…

Manifestation du 05 mai 2018, la fête à Macron

Alors la prochaine fois, tentez l’expérience. Peut-être que vous verrez qu’une manifestation, c’est bien plus qu’une vitrine cassée mais un élan, un espoir que demain, on arrêtera le massacre. C’est pas la manifestation qui fera basculer les choses, sans doute. Mais ça rappelle que non, nous ne sommes pas seuls à croire en des lendemains meilleurs.

 

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Peut-être que la sécurité ne doit pas être une priorité

Cet article ne parlera pas du tout de police, cet article parle toujours de choix de vie, dans la droite ligne de mon article précédent sur le tempo. En écrivant le dit article, je me suis rendu compte que je priorisais systématiquement la sécurité. Et c’est peut-être là que j’ai tort ?

La sécurité _ casque de chantier

Je suis de la génération “passe ton bac d’abord”. Je me souviens, quand j’étais jeune (genre 19-20 ans), je regardais Pop star et une jeune fille disait qu’elle consacrait sa vie à la musique, je ne sais plus quoi et je disais à mon mec de l’époque “non mais ma fille, elle ferait ce qu’elle veut… mais son bac d’abord !”. J’ai grandi dans ces discours là : il faut s’assurer un avenir… Alors bon, déjà, en partant à la fac, je détonais un peu par rapport à ma soeur qui a  choisi la voie école de commerce mais bon, la règle est claire : assure-toi un bon avenir, tes rêves d’artistes attendront.

Le rêve de Jérôme Bosch

Tout est toujours question de choix et de ce que tu es prêt à investir, finalement. J’ai toujours pensé à me mettre d’abord à l’abri avant de jouer à m’imaginer des carrières qui ne sont pas les miennes et ne le seront peut-être jamais. C’est vrai que l’avantage, c’est que, si je me plante, seul mon ego sera en jeu et c’est pas bien grave. L’inconvénient, c’est ce que je n’admets toujours pas que je ne peux pas mener trois vies de front. Enfin trois… Entre le boulot, mes envies de vie saine (L.O.L), l’écriture, mon amour, mes amis, mes ambitions de vidéaste (double L.O.L piqué), mes occupations politiques… Des fois, je me sens un peu comme une jongleuse amatrice qui part direct avec cinq balles en se disant qu’en se concentrant un peu, ça devrait le faire. A un moment, faut avoir conscience du carrefour où l’on est : choisir toujours la sécurité et devoir renoncer à quelques éléments de ma vie rêvée ou se lancer dans le vide car dans la liste de mes nombreuses vies, le boulot n’est pas ma partie préférée. Ou l’audace.

Bullet journal

Alors dit comme ça, on va tous dire “bé choisis l’audace, c’est un faux choix ton truc !”. Alors bon, déjà, point 1 : je ne vis pas seule et nous construisons un avenir à deux, il serait compliqué de tout faire reposer sur ses épaules, surtout au vu de nos projets prochains. Et puis la sécurité a quelque chose de confortable, en fait. Le but est évident, les doutes marginaux. Je veux dire au moins, on sait ce qu’il y a au bout : le salaire. De l’autre, choisir la voie du risque, c’est se battre beaucoup, longtemps, pour un gain incertain.

Battante fatiguée

Alors la sécurité parce que c’est confortable ? Il est vrai que je suis parfois jalouse de la vie de mes ami.e.s qui ont eu l’occasion de tout envoyer bouler et tenter autre chose. Avec plus ou moins de succès. Après tout, je ne manque pas de ressources, y aurait toujours moyen de se démerder… Ah mais, les occasions…

Daisy la débrouillarde

J’en parle la semaine prochaine, c’est intéressant comme sujet.

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Une virée à Nara, le pays des temples et des daims

Le 12 octobre – Ancienne capitale impériale (comme Kyoto, d’ailleurs), si je devais qualifier Nara, je dirais que c’est une sorte de Disneyland du temple. Bouddhiste ou shintoïste, faites votre choix.

Nara, petit étang

En me levant, je jette un oeil à la météo. Pour la veille, ils avaient annoncé “plutôt ensoleillé” et j’ai eu la face cramée, je suis donc assez optimiste quand je lis “nuageux” et je me dis qu’on devrait bien s’en sortir… Bah pour une fois, la météo ne s’est pas trompée…

Nara vue du temple Tamukayama

Donc Nara, pour vous décrire, c’est une sorte d’immense parc plein de temples et de daims. Des daims partout. Cette fois-ci, vous pouvez acheter des galettes pour les nourrir donc autant vous dire qu’ils sont pas farouches. Voire même un peu trop curieux, j’en ai vu un commencer à mâchonner des robes. Les parents donnent les galettes aux enfants qui paniquent vite, des audacieux qui insistent pour avoir du rab et les gens se mettaient à crier quand ils se faisaient harceler par les cervidés. Nous, on se fait snober par les bêtes vu qu’on n’a rien à leur donner.

Bambi calme #nara #japan #suede #cuteness #peacefull

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Nara, temple Nara, temple Nara, temple Les daims de Nara Les daims de Nara Nara, temple Nara, pagode

Les daims de Nara

On déambule de temples en temples jusqu’au majestueux Todaiji qui, d’après mon guide, contient une statue de Bouddha géante… Ah ben OUI EN EFFET ! J’ai beau ne pas être bouddhiste, je suis assez impressionnée par l’immensité de la statue. Le temple, par contre, est petit, on fait assez vite le tour, on flâne un peu dehors, se frayant un chemin à travers la dizaine de classes de primaire, reconnaissable à leur chapeau ( chaque classe en a un particulier, vous avez les grands chapeaux jaunes, la casquette bleue ou la rouge) ou de collège, reconnaissable à leur uniforme. On grimpe ensuite vers le temple Tamukeyama, au milieu de ces charmants bambins surexcités mais on arrive à trouver un chemin peu emprunté qui nous permet de souffler un peu. C’est vraiment quelque chose d’assez fascinant ici, il suffit parfois de s’éloigner de quelques mètres des sentiers balisés pour se retrouver quasi seuls. Et vu comme la ville est grouillante, on apprécie, même si Nara est bien plus tranquille, du moins du côté du parc à temple, nous ne sommes pas allés visiter la ville en elle-même.

Temple majestueux à Nara #japan #nara #temple #shrine #stones

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Nara temple fermé Les oranges de Nara Les oranges de Nara Fontaine à Nara Fontaine à Nara Temple Todaiji Nara Bouddha géant de Nara Bouddha géant de Nara Bouddha géant de Nara

On se replie lentement, on se pose dans un petit restaurant discret et pas très cher, contrairement à ses voisins. Je déguste un unagi (les vrais savent) vraiment bon et en dessert, j’opte pour un décadent parfait “milky white”. J’ai assez peu pris de dessert au Japon, essentiellement parce que je ne suis pas sûre de bien comprendre le principe, notamment les parfaits, justement. Pour vous expliquer un peu rapidement, vous prenez une coupe et vous mettez plein de choses dedans. Moi sur mon parfait milky white, j’avais de la glace chocolat blanc, du yaourt, de la banane, , du lait concentré sucré, des trucs que j’ai pas identifiés un peu gélatineux et de la chantilly. Oui, ce n’est pas un dessert de régimeuse. J’en ai vu avec des petits flans ou des pana cottas. C’est rigolo mais relativement peu appétissant quand tu vois leur modèle en résine ne me fait jamais trop envie et j’aime bien savoir d’où on fait des desserts avec des pâtes.

Dessert japonais : le parfait

unagi

Unagi !!

Bref, on s’en met tellement plein la panse qu’en rentrant, on renonce même à l’idée de manger. Et quand on connaît Victor, on mesure ce que ça représente. On passe donc la soirée écrasés sur le lit à laisser nos corps au repos (ils en ont bien besoin),profitant de ce premier lit vraiment confortable depuis qu’on est arrivés.

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