Le not all men ou pourquoi vous pouvez pas juste vous taire

J’enchaîne sur mon article sur le #metoo et #balancetonporc par un corollaire que je voulais aborder depuis longtemps mais je n’avais jamais pris le temps.Mais vu comme les hommes sont en forme en ce moment en nous expliquant que oui, oh, tous les hommes ne sont pas comme ça dès qu’on ouvre la bouche sur nos oppressions, voici un modeste texte sur le not all men. Sous titre : mais fermez-là, putain.

Un homme joue de la cornemuse

Voilà à peu près ce à quoi j’associe le not all men (et la version où c’est Ross qui joue, un déchirement pour les oreilles)

Ca arrive à chaque fois. CHAQUE FOIS. Dès qu’on ouvre la bouche sur le harcèlement dont on est victimes, dès qu’on a le malheur de parler de nos oppressions (nombreuses) en disant “les hommes”, vas-y que Jean Michel “pas de généralisation” vient t’expliquer que quand même, pas tous les hommes, tu exagères. Je vais prendre un exemple réel pour vous illustrer le décalage entre ce que tu dis et l’indignation de Jean-Mi. Il y a quelques mois, je partage une new à propos de Babylone 2.0, en m’indignant sur la violence des hommes contre nous, un mec m’a tenu la jambe 3h en mode “mais attends, tu peux pas dire tous les hommes”. Je partage une nouvelle qui parle d’une page où 52 000 membres peuvent mater des femmes prises en photo nues ou presque sans leur consentement et le mec réagit sur mes propos… Ca va, Jean-Mi, tu la trouves bien placée, ton indignation ?

Homme en colère - Not all men

Alors plusieurs choses. Quand on parle des “hommes”, on parle d’un groupe oppresseur vs un groupe oppressé, en l’occurence, les femmes. Une petite vidéo qui explique bien. Je ne suis pas en train de dire “toi, Thomas, toi, Luc, toi, Samir et toi, Jacques”, je ne parle pas individuellement. Ce que je ne comprends pas, c’est ce besoin de venir s’indigner là dessus ? Par exemple, l’autre jour, une femme noire dénonçait un discours raciste en terminant son tweet par “ah, les blancs!”. Qu’est-ce que j’ai fait ?J’ai retweeté. Parce que ce que l’exemple qu’elle donnait était hilarant et que je ne me suis sentie ni visée ni vexée en tant que blanche. Ah et pour les petis malins qui iraient faire un parallèle avec le « mais c’est comme dire que tous les Musulmans sont terroristes », relis bien la première phrase de ce paragraphe : je parle de système d’oppression et malgré les délires sur le grand remplacement, les Musulmans sont très loin de constituer un groupe oppressif en France, aujourd’hui.

Femme dubitative

Parce que ça aussi, c’est problématique. Quand on parle des hommes et qu’on a Jean-Michel “je suis pas comme ça” qui vient plaider sa cause. Ecoute, Jean-Mi, je suis ravie pour toi que tu ne sois pas un connard sexiste, que tu n’as jamais agressé une femme… mais pourquoi tu viens me le signaler en fait ? Tu veux une médaille parce que tu es un être humain décent ? Le fait même que tu réagisses sur mon propos et pas ce que je suis en train de dénoncer me fait déjà douter de ça, vois-tu ? Personne ne t’a accusé, pourquoi tu viens jouer les avocats de la défense ? Tu crois vraiment que la cause masculine a besoin d’être défendue quand on parle de nos oppressions ? Tu crois que le fait que je dise “les hommes” est plus grave que l’intimité violée de jeunes femmes ? Tu as à ce point un sens des priorités foireux ?

Oppression masculine

Et puis, quand tu viens plaider ta cause, es-tu si sûr de ton fait ? Si je reprends mon exemple sur “les blancs”, cité si haut. D’abord, je n’ai pas besoin de prendre la parole pour dire que, moi, personnellement, en tant que blanche, je suis pas comme ça. D’abord parce qu’on s’en fout mais surtout, en suis-je si sûre ? Si je ne suis pas consciemment raciste, ne le suis-je pas inconsciemment ? J’ai entamé un travail de déconstruction sur mes à priori racistes mais il en reste encore certainement. Je ne suis pas allée tenir des propos racistes, insulter une personne racisée mais suis-je exempte de tout reproche pour autant ? Parce que les not all men, ils ont beau nous expliquer que eux, ils n’ont pas fait ça, en sont-il si sûrs ? Ont-ils toujours respecté le consentement de leur compagne ? N’ont-ils jamais mis de femmes mal à l’aise par leur propos ou comportements ? Mais surtout, ont-ils éduqué leur pote lourd ? Ont-ils dit à leur pote Marc Peloteur qu’un corps de femme ne se touche pas sans autorisation, même si c’est juste pour saisir un bras ? Ont-ils dit à Louis Dragueur compulsif d’arrêter de parler fort d’une femme proche pour lui faire comprendre qu’il la trouvait fort à son goût ? A-t-il ouvert sa gueule quand un manager a dépassé les limites avec une collaboratrice ou baissé les yeux et fait mine de ne pas entendre ? Parce que c’est pas parce que toi, perso, t’es jamais allé tâter les fesses d’une femme pas consentante ou que tu n’en as jamais sifflé une que tu as le cul propre. Tout simplement parce que c’est pas comme ça qu’on vous élève, vous les hommes. On vous apprend que les femmes, quand elles disent non, en vrai, elles veulent dire oui et autres conneries du genre.

Han Solo et Leia

Et enfin, surtout… on n’en a rien à foutre de vous. On ne parle pas de toi ou de toi, on parle de choses qui nous font souffrir, nous menacent. Comment vous oser monopoliser la parole en la ramenant encore et toujours à vous, à nous confisquer encore et toujours la parole en prenant de la place, en posant les mauvaises questions, en faisant les mauvais procès. Tu n’es pas un salopard ? Alors pourquoi tu viens me faire ressentir que ta blessure d’ego est plus grave que la violence que je dénonce ? Tous les mecs ne sont pas des pourris… mais toi, par contre, désolée, mais t’es du mauvais côté de la barrière. Respecte nos maux et nos douleurs et rends-nous service : lis et tais-toi.

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19 réflexions au sujet de « Le not all men ou pourquoi vous pouvez pas juste vous taire »

  1. Je trouve ton propos un peu virulent. Certe la remarque est déplacée mais bon.
    Et puis dire « ouai si t’as pas pris la défense d’une femme qui se fait emmerder, t’es comme eux ». Sauf que quand une femme se fait emmerder, tout le monde ferme sa gueule, y compris les autres femmes qui savent pourtant trop bien ce qu’elle ressent. Donc c’est un reproche sur lequel je ne m’aventurerai pas…

    • Mais mon article ne dit pas ça du tout, en fait. Les hommes ne nous défendent pas, ils se défendent eux. Tu parles de ce que tu subis, ils arrivent en mode « moi, je fais pas ça ». Alors de 1, ça reste à prouver et de 2, j’en ai vraiment rien à foutre. C’est pas le sujet. Les questions féministes sont intoxiquées par les hommes qui viennent la ramener en permanence sur leur cas alors que très franchement, on n’a pas besoin de leur avis, ils ne savent pas ce qu’est être une femme au quotidien et le fait qu’ils tombent toujours à côté du débat montrent qu’ils ne veulent pas nous écouter. Et oui, je suis virulente, quelques années de conversations féministes t’apprennent que les hommes sont très rarement de notre côté, navigant plus dans la posture que dans une réelle volonté de s’impliquer (le N°1 : le mec qui refuse de se taire quand on le lui demande car sa parole lui paraît plus légitime que la nôtre). Et par ailleurs, les plus flamboyants défenseurs masculins de la cause féministes sont les plus belles crevures (genre Maxime Barbier de Minute Buzz qui a fait genre de s’intéresser au sujet mais qui est un purc porc)

  2. Nina, je suis très heureux que tu fasses ce travail de non-essentialisation et que, quand tu parles des hommes en général, tu ne vise pas tous les hommes. Certes. Mais est-tu sûr que tout le monde fasse le même travail ?

    Es-tu sûr que, lorsque tu retweetes le propos sur les blancs, tu ne participes pas à une diffusion des hostilités intra-groupes ? Parce que sérieusement, je ne suis pour ma part pas sûr que ce soit le cas et que des personnes blanches puissent le vivre sur un mode victimaire.

    Les groupes que tu cites ne sont, par essence, jamais ni bons ni mauvais, et très difficiles à embrasser dans une vue unique. Ne penses-tu pas que des femmes puissent participer à cette culture du viol que tu dénonces à juste titre ?

    Alors, oui, quand Jean-Michel a l’impression de se faire qualifier de violeur en puissance du simple fait de la présence de son appareil génital (pour lequel il n’est en soi pour rien), ça le chamboule.

    Tu expliques dans ton article que quand tu te fais qualifier de raciste qui s’ignore du simple fait de ton taux de mélanine (pour lequel tu n’es en soi pour rien), ça ne te fait rien, car tu as réfléchi sur ces questions pendant des années. Grand bien te fasse, je t’admire pour ça, et crois-moi c’est vrai.

    Mais peux-tu attendre de tous les gens que tu croises qu’ils aient sans exception réfléchi sur ces positions là ?

    Donc du coup, ils perçoivent ton message comme une agression. Dans le pire des cas, tu nourris voire crée une misogynie. Mais même dans le « meilleur » des cas, ils réagissent à l’agression supposée en faisant du not all men, et donc le sujet dévie.

    Et il dévie tellement que là, de quoi tu parles ? Du not all men et pas du vrai problème, à savoir la culture du viol.

    Donc oui, à mon sens, la légitimité de leur colère ne doit pas dispenser les féministes d’amorcer une réflexion sur leur manière de l’exprimer.

    Oui, agresser verbalement ton public en utilisant par facilité des formules trop générales est le meilleur moyen de te le mettre à dos et de nuire au message.

    Penses à ce que tu ressens dès que tu lis « les femmes ceci, les femmes cela ». Le fait que sociologiquement, un groupe puisse être qualifié d’oppresseur ou d’oppressé, comme tu le soutiens, ne change pas le rapport (fusion, dégoût, voire un mélange des deux) qu’un individu déterminé peut avoir avec son groupe d’appartenance.

    Pour sommer, oui, Jean-Michel est un âne qui a du mal à hiérarchiser les priorités quand il se sent agressé. Mais c’est en général consubstantiel à l’être humain depuis la nuit des temps, ça en faisait même des guerres tribales. Vouloir l’ignorer affaiblit sensiblement le message, et à titre personnel, je trouve ça dommage.

    • Cher Nael.

      Je te remercie pour ce grand moment de mansplaining auquel je dois consacrer un article, d’ailleurs. J’ai roulé des yeux très fort en lisant ton comm mais je vais faire un petit peu de pédagogie même si, à un moment, c’est épuisant de devoir vous éduquer, encore et encore. Je vais m’arrêter sur les quelques points problématiques sans trop m’arrêter sur le ton très condescendant de ton comm (« t’es bien gentille mais pas maline »)

      « Es-tu sûr que, lorsque tu retweetes le propos sur les blancs, tu ne participes pas à une diffusion des hostilités intra-groupes ? Parce que sérieusement, je ne suis pour ma part pas sûr que ce soit le cas et que des personnes blanches puissent le vivre sur un mode victimaire. » On appelle ça communément des racistes. Donc leur avis… Ah oui oui, ceux qui chialent H24 sur le racisme anti-blancs sont racistes et essaient d’inverser la tendance mais franchement, est-ce que tu penses qu’on peut mettre sur le même niveau une nana qui se moque de quelqu’un qui dit « je suis pas raciste, j’aime bien danser le souk » (le message que j’ai retweeté) et une personne qui ne trouve que difficilement du taf car s’appelle Mohamed ou Fatima ? Honnêtement, ces gens là, ils n’ont pas besoin de mon retweet pour se raconter des histoires.

      « Les groupes que tu cites ne sont, par essence, jamais ni bons ni mauvais, et très difficiles à embrasser dans une vue unique. Ne penses-tu pas que des femmes puissent participer à cette culture du viol que tu dénonces à juste titre ? » Ai-je dit le contraire ? Ca s’appelle la domination interiorisée (cf Bourdieu). Mais sinon, pour les groupes, je te renvoie encore à Bourdieu : les hommes et femmes sont élevés dans la notion de domination masculine. Les hommes ne sont certes pas tous mauvais mais celui qui vient chouiner là dessus refuse de s’interroger sur ses privilèges, je ne peux rien pour lui. Il y a suffisamment de lecture pour se questionner, se cultiver, se déconstruire.

      « Donc du coup, ils perçoivent ton message comme une agression. Dans le pire des cas, tu nourris voire crée une misogynie. » Pas besoin de moi pour être misogyne, ça, ça s’appelle une excuse. Je m’en fous qu’ils se sentent agressés par mon message, je me sens agressée par les hommes qui me touchent sans mon consentement, chacun ses problèmes. J’ai fait beaucoup de pédagogie et devine quoi : ça ne marche pas. Si le mec n’est pas capable de dépasser la vexation de son ego, j’ai pas de temps à perdre avec lui, sorry.

      « Et il dévie tellement que là, de quoi tu parles ? Du not all men et pas du vrai problème, à savoir la culture du viol. » Oui, j’en parle et je ne le ferai plus, je renverrai direct à cet article quand j’aurai un nouveau not all men qui viendra chialer dans mes mentions.

      « Donc oui, à mon sens, la légitimité de leur colère ne doit pas dispenser les féministes d’amorcer une réflexion sur leur manière de l’exprimer. » On n’a pas à faire d’effort ou vous éduquer, on se bat pour améliorer notre sort au quotidien et obtenir l’égalité, pas pour vous. Google peut t’éduquer, il y a des centaines d’articles sur les différents sujets féministes. Cultivez-vous. Et merci de venir expliquer aux féministes qu’il faut parler autrement, c’est vrai qu’on n’y aurait jamais pensé sans toi (#mansplaining)

      « Penses à ce que tu ressens dès que tu lis « les femmes ceci, les femmes cela ». Le fait que sociologiquement, un groupe puisse être qualifié d’oppresseur ou d’oppressé, comme tu le soutiens, ne change pas le rapport (fusion, dégoût, voire un mélange des deux) qu’un individu déterminé peut avoir avec son groupe d’appartenance. » Ah ben si t’es con et que tu refuses de te questionner sur tes privilèges, je pourrai le faire avec des petits coeurs et des fleurs que ça ne marchera pas mieux, je peux te le garantir.

      « Pour sommer, oui, Jean-Michel est un âne qui a du mal à hiérarchiser les priorités quand il se sent agressé. Mais c’est en général consubstantiel à l’être humain depuis la nuit des temps, ça en faisait même des guerres tribales. Vouloir l’ignorer affaiblit sensiblement le message, et à titre personnel, je trouve ça dommage. » TEL.LE.MENT aucun rapport, c’est dingue. Maintenant, nous, on veut en finir avec nos oppressions et les hommes refusent de lâcher leurs privilèges donc être gentille, c’est bon, ça n’apporte rien. On ne fait pas de révolution avec des bisous. Les suffragettes posaient des bombes, les pro-IVG jetaient de la viande et du sang sur les médecins ne voulant pas légaliser l’avortement. Finalement, ça a donné des résultats.

      Bref, hors sujet total, commentaire très symptomatique du « moi, je suis pas comme ça », merci pour ce bel échantillon

  3. Chère Nina,

    Je ne peux que regretter que notre désaccord (ça arrive, y’a pas mort de bipède tu sais) ne puisse donner lieu à une discussion constructive mais uniquement à une volée de bois vert et un procès en misogynie.
     » J’ai roulé des yeux très fort en lisant ton comm mais je vais faire un petit peu de pédagogie même si, à un moment, c’est épuisant de devoir vous éduquer, encore et encore. »

    Au temps pour moi, j’ai loupé le moment où il était reconnu par l’humanité toute entière que tu es dépositaire de la Vérité Universelle et que rien de ce que tu dis n’est discutable, ou ne peut même donner lieu à un débat entre gens civilisés. Je m’assois donc sagement et je prends du pop-corn pour écouter la parole divine.

     » Je vais m’arrêter sur les quelques points problématiques sans trop m’arrêter sur le ton très condescendant de ton comm (« t’es bien gentille mais pas maline ») »

    1. Je n’ai pas été condescendant, si tu lis le message, ce que manifestement tu n’as fait que de très loin, tu verras qu’il est parsemé de points d’interrogation. Tu sais, la ponctuation qui a pour vocation de susciter le questionnement et de ne pas asséner des Vérités Universelles Indiscutables, tout comme la précaution de reconnaitre à son interlocuteur la possibilité d’avoir raison et justement l’intérêt de la discussion. Je n’ai jamais dit, ni pensé, que tu es « bien gentille », et encore moins que tu ne serais « pas maline » : c’est toi qui projettes des archétypes sur mes propos. Je m’auto-cite pourtant « je t’admire pour ça, et crois-moi c’est vrai »… A mon sens, le désaccord n’empêche ni le respect ni le débat mais je suis navré que tu ne puisses le vivre comme une discussion.

    2. C’est l’hopital qui se fout de la charité. Tu écris que tu as roulé des yeux très fort et que tu vas devoir m’éduquer (trop aimable) et c’est moi qui suis condescendant ? La paille, la poutre, tout ça tout ça.

    « Es-tu sûr que, lorsque tu retweetes le propos sur les blancs, tu ne participes pas à une diffusion des hostilités intra-groupes ? Parce que sérieusement, je ne suis pour ma part pas sûr que ce soit le cas et que des personnes blanches puissent le vivre sur un mode victimaire. » « On appelle ça communément des racistes. Donc leur avis… »

    J’essaie désespérément de trouver une formulation pour t’expliquer qui ne nourrisse pas le procès en condescendance que tu m’as fait alors même que ta réponse est un modèle absolu de condescendance. Je sais pas si je vais pouvoir t’expliquer sans que tu te sentes agressée, quelle que soit la forme que j’emploierais. Tant pis. On peut se sentir agressé dans son identité sans être raciste. Une femme qui entend « toutes les femmes sont des *** » se sent agressée dans son identité. Et pour autant, elle n’est pas nécessairement misandre. Confondre les deux notions est déjà essentiellement faux.

    « Mais sinon, pour les groupes, je te renvoie encore à Bourdieu : »

    C’est très gentil de m’éduquer et de me renvoyer vers Bourdieu, qui est un auteur que j’aime tout particulièrement. A cet égard, je ne peux que te suggérer (j’ai le droit sans être condescendant ? Je ne sais plus du coup) de le compléter par Bernard Lahire, « La culture des individus : dissonances culturelles et distinction de soi »‘ (Editions La Découverte) qui prolonge et nuance la pensée Bourdieusienne en tempérant la notion même de groupe. C’est absolument passionnant.

    « les hommes et femmes sont élevés dans la notion de domination masculine. Les hommes ne sont certes pas tous mauvais mais celui qui vient chouiner là dessus refuse de s’interroger sur ses privilèges, je ne peux rien pour lui. »

    Mais je n’ai jamais dit le contraire. Je préciserais cependant qu’un homme n’est pas qu’un homme, et qu’une femme n’est pas qu’une femme, et qu’un individu donné se construit dans différents groupes qui ne le somment pas. Après, oui, il y a domination masculine/blanche/hétérosexuelle, c’est indéniable. C’est juste que dès lors que tu arrives du constat général vers l’incarnation individuelle, en pratique tout se complexifie, ce qui rend malaisé l’application de grilles de lecture unifiées (cf Lahire, encore une fois).

    « Je m’en fous qu’ils se sentent agressés par mon message, je me sens agressée par les hommes qui me touchent sans mon consentement, chacun ses problèmes. J’ai fait beaucoup de pédagogie et devine quoi : ça ne marche pas. »

    Et je ne t’ai jamais dit que les deux agressions étaient à mettre sur le même plan. Évidemment que la victime d’une agression sexuelle éprouve une violence bien plus importante. Mais le but, c’est que ça change, non ? Si la pédagogie ne marche pas, pourquoi as-tu pris la peine d’écrire sur ce blog un article à destination des hommes ? Juste pour évacuer ? J’ai l’impression, modeste, de mon côté, que la société est en train d’évoluer, très, trop, lentement, sur le sujet. Comme toute évolution sociétale, ça ne se fait que beaucoup trop lentement, certes. Et je ne dis pas que c’est satisfaisant, loin de là. Je suis très intéressé par ton point de vue sur la question.

    « On n’a pas à faire d’effort ou vous éduquer, on se bat pour améliorer notre sort au quotidien et obtenir l’égalité, pas pour vous. »

    Mais je n’ai jamais dit le contraire. J’ai juste dit que faire changer les choses, ça implique de penser en termes d’efficacité. Je n’ai jamais qu’il fallait être gentil pour ne pas brusquer les hommes.

    « Ah ben si t’es con et que tu refuses de te questionner sur tes privilèges, je pourrai le faire avec des petits coeurs et des fleurs que ça ne marchera pas mieux, je peux te le garantir. »

    Et je suis pas en train de m’interroger sur mes privilèges, en ayant cette discussion avec toi où je me fais insulter ? Je te parle d’un aspect général de l’individu envers certains de ses groupes d’appartenance, tu ne crois pas que ça dépasse un peu le cas de mon ego ?

    « On ne fait pas de révolution avec des bisous. »

    Oui, ce n’est pas comme si Gandhi avait libéré l’Inde par la non-violence. Ce genre de généralisations massives ne me semble pas adapté à la situation, encore que c’est sûr que ce n’est pas avec des bisous que vous y parviendrez. Mais bon, on va me dire que je fais du Not All Revolution.

    « Les suffragettes posaient des bombes, les pro-IVG jetaient de la viande et du sang sur les médecins ne voulant pas légaliser l’avortement. Finalement, ça a donné des résultats. »

    Comparaison n’est pas raison. La plupart des comportements dont tu dénonces à raison la survenance sont déjà déjà prohibés, et tu sais mieux que moi que c’est différent d’un droit légal à conquérir.
    Le problème se pose dans l’effectivité des sanctions bien plus que dans l’évolution législative, même si la proposition de pénaliser le harcèlement de rue, victime d’un vide juridique, est déjà un premier pas.

    Avec respect pour toute opinion contraire et tout particulièrement pour la tienne,

    Nael

  4. InPetto dit :

    Imagine…

    Tu es prof : un de tes élèves attend des encouragements parce qu’il arrive à bien suivre ses cours alors que d’autres sèment la pagaille tous les jours dans la classe : tu lui réponds « tais-toi, c’est juste normal de bien travailler à l’école » ?

    Tu es patronne : un de tes employés demande une augmentation à son chef parce qu’il remplit ses objectif malgré l’ambiance délétaire semée par certains aigris et des projets plombés par quelques fainéants : tu lui rétorques « même pas en rêve, ce n’est que la base de ton contrat de travail » ?

    Tu es journaliste : des musulmans modérés, suite des attentats meurtriers à revendication islamiste (oui, j’ose faire le malin et prendre cet expemple), font une manifestation afin d’affirmer haut et fort qu’eux n’ont jamais envisagé de commettre de tels actes, tu leur tweetes « fermez vos gueules, ça ne justifie pas de défiler publiquement » ?

    Tu es toi-même : un ami te demande de l’aide sur un sujet difficile qui lui tient à coeur, pile au moment où d’autres faux-amis te pourrissent la vie, en invoquant le fait que lui ne t’a jamais fait de mal : tu lui réponds que rien à foutre, ça ne lui donne aucune priorité dans ton estime ?

    Je continue ou bien tu saisis le message ?

    Invectiver les imbéciles tout en regardant de haut ceux affirment ne pas en faire partie et se comportent « normalement », c’est donner l’impression que les premiers ont plus d’importance que les seconds à tes yeux. Tu peux trouver ça stupide, mais c’est la vie, en plus d’être une des bases des sciences de la communication. La montée des extrêmes au sein des « masses silencieuses » relève précisément du même phénomène.

    Et ne va pas triturer mon propos : je ne parle pas de les féliciter, ces Jean-Michel, juste d’admettre qu’être « normal », dans un monde qui ne l’est pas, c’est au moins respectable, et donc digne d’être écouté, et entendu. Pas forcément d’en faire quelque chose, juste admis comme tel, et donc pas traité avec dédain.

    Visiblement, tu as du mal à reconnaître une réaction pourtant très humaine que celle du refus d’être catalogué.e : n’est-ce pourtant pas un cheval de bataille des féministes depuis des dizaines d’années ?

    Méprise donc 90% de la population masculine (et tes lecteurs qui prennent du temps pour poster des commentaires pertinents et nuancés), c’est certes ton droit, mais garde à l’esprit que ça n’aidera ni les idiots, ni les gens de bien.

    • C’est quand même hallucinant : tu écris un article pour dire aux hommes qu’on n’en peut plus de leurs chouineries, ils postent TOUS un comm pour chouiner. Sans avoir rien compris à l’article en plus, bravo.

      J’ai pas votre temps, sérieux. On s’en fout de vos egos. Je ne suis pas prof ou journaliste, je ne suis pas patronne non plus ici. Je ne suis pas payée pour faire votre éducation et votre culture. E.du.quez vous. En tant que féministe, je me fais traiter de tous les noms tout le temps et je dois en plus sécher vos larmes ? Je dois être gentille avec vous alors que moi, quand je sors dans la rue, je suis potentiellement en danger ? Non. Revoyez vos priorités et arrêtez de pleurer sur votre sort. Ce n’est pas normal de venir réclamer des médailles parce que vous prétendez ne pas être des raclures (quand on voit les comportements de certains alliés autoproclamés, ça me fait vachement ricaner). Sinon, je connais plein de mecs qui n’ont aucun souci avec ce genre d’articles. Venez pas mettre votre misogynie sur mon dos, merci. Je ne vous dénonce pas nommément, profitez en pour vous questionner dans votre coin au lieu de me faire un mansplaining.

      Vous êtes problématiques, je me contrefous de votre ego, allez pleurer dans votre coin, merci.

  5.  » ils postent TOUS un comm pour chouiner »

    Je ne chouine pas, j’exprime poliment un désaccord et j’essaie de communiquer avec toi. C’est pas facile car tu n’y mets vraiment pas du tien.

    « En tant que féministe, je me fais traiter de tous les noms tout le temps et je dois en plus sécher vos larmes ? »

    Absolument pas, cf point un, répéter une contrevérité à l’envi ne la rendra pas exacte pour autant.

    « Je dois être gentille avec vous alors que moi, quand je sors dans la rue, je suis potentiellement en danger ? »

    Il ne s’agit pas d’être gentille, cf mon post précédent, mais d’être efficace.

    « Revoyez vos priorités et arrêtez de pleurer sur votre sort. »

    Personne ne pleure ici, c’est toi qui pars en sauce toute seule.
    Tu as le temps pour insulter, mais pas pour discuter, c’est pas faute de te tendre la main et de vraiment vouloir établir un dialogue.

    • Ben, c’est à dire que je ne t’ai rien demandé à la base. Je suis féministe depuis un peu plus de 3 mn et quand un mec qui n’a jamais milité de sa vie vient m’expliquer que JE rends les hommes misogynes, ça me donne pas envie de communiquer. Et ton message était poli sur la forme mais le fond était très problématique. Allez, on repart pour un tour

      « répéter une contrevérité à l’envi ne la rendra pas exacte pour autant. » Un peu comme me faire croire que tu exprimes poliment un désaccord alors que tu me fais du mansplaining (marrant, tu n’as pas réagi sur ce point, curieux, non ?)

      « Il ne s’agit pas d’être gentille, cf mon post précédent, mais d’être efficace. » Tu milites depuis combien de temps dans le féminisme exactement pour savoir ce qui est efficace ou pas ? Genre obtenir le droit de vote en posant des bombes, c’est ok ou pas ? Non je te demande, tu en sais tellement plus que moi, tu as tellement besoin de venir me faire la leçon, tu dois vraiment avoir des années de militantisme derrière toi…

      « Tu as le temps pour insulter, mais pas pour discuter, c’est pas faute de te tendre la main et de vraiment vouloir établir un dialogue. » Mais je ne t’ai rien demandé. Tu prends du temps pour venir m’expliquer que je fais tout mal sans prendre en compte ni mon propos initial (tu reprends absolument tout ce que je dénonce dans l’article et tu croyais que j’allais changer d’avis ? Tu crois que j’ai écrit l’article ivre et que j’ai changé d’avis depui sou bien ?) ni ce que je te réponds par ailleurs. Tu n’en as rien à foutre du féminisme, tu viens juste faire du mansplaining (va googler) et t’écouter parler au lieu de m’écouter parler.

      Donc : je m’en fous de ton avis, je n’ai rien à gagner dans la lutte à être gentille avec des personnes comme toi qui ne sont que dans la posture. Tu réagis sur la forme sans même te pencher sur le fond. Pourquoi as-tu pris du temps à m’expliquer autant la vie ? Tu crois vraiment que le plus important, c’est de m’éduquer moi ? Tu te prends pour qui pour penser que tu es mieux placé que moi (et je suis vraiment pas la plus hardcore du game) pour savoir comment faire avancer la cause féministe ? Tu en connais beaucoup des causes qui ont avancé en faisant des courbettes aux oppresseurs (spoiler : non).

      Donc écoute, range ta main, je ne l’ai pas sollicitée et après deux comms, je te garantis que je n’en veux surtout pas, tu es l’exemple type du mec problématique dont je parle dans mon article (et pas la peine de me répondre, ça ne m’intéresse pas, en fait. Va lire des articles sur le mansplaining, plutôt, tu as besoin de gros cours de rattrapage)

      • Cher Nina,

        Je m’efforce d’essayer de discuter mais je constate que manifestement ce n’est pas possible. C’est assez triste en fait.

        « Ben, c’est à dire que je ne t’ai rien demandé à la base. »

        Ben c’est-à-dire que c’est un peu toi qui a abordé le sujet à la cantonade, c’est pas genre comme si j’en étais venu à parler de ça alors que tu m’expliquais la recette du fondant au chocolat.

        Je suis resté poli tout du long, on reste dans un pays qui, ne t’en déplaise, permet aux gens de s’exprimer, et si ça ne te plaît pas, tu sais quoi ? Je m’en fous complètement, y’a un moment faut arrêter d’abuser.

        « quand un mec qui n’a jamais milité de sa vie vient m’expliquer que JE rends les hommes misogynes »

        Je n’ai jamais dit ou écrit ça. Je constate que pour quelqu’un qui passe son temps à dire aux hommes qu’on s’en fout de leurs egos (et je suis d’accord avec toi là-dessus), tu personnalises beaucoup mes propos, ce qui ne fait du mal qu’à toi, et qu’en outre tu les déformes, ce qui est d’autant plus dommage que tu te fais du mal pour rien.

        « Tu milites depuis combien de temps dans le féminisme exactement pour savoir ce qui est efficace ou pas ? »

        Bien sûr, c’est pas comme si deux mille ans de philosophie avaient permis de démontrer que l’empirisme est une méthode de connaissance particulièrement étroite pour l’acquisition du savoir en ce qu’elle ne permet que des raisonnements inductifs, un jour tu pourras lire Hume, Essai sur l’entendement humain, qui a écrit tout un traité à ce sujet plutôt que pontifier sur Bourdieu comme pseudo-référence culturelle mal digérée.

        Alors bon, moi tu sais, je pourrais t’expliquer que mon boulot me pousse à croiser toutes les semaines des femmes battues et des hommes violents, et tu vois, la société me demande même d’intervenir dans ce genre de situations et de faire au mieux, ce qui, je t’assure, n’est pas toujours évident. Et donc tout l’intérêt que j’ai à comprendre le féminisme et savoir ce que les femmes intelligentes et cultivées ont à dire de ces situations.

        Mais franchement, j’ai aucun brevet de secourisme ni blessure de guerre à montrer pour avoir le droit de donner mon avis, et s’il est con, cet avis, hé bien vois-tu, quelqu’un a tort sur internet, c’est terrible au point de traiter son auteur de tous les noms, je te comprends.

        « tu viens juste faire du mansplaining (va googler) et t’écouter parler au lieu de m’écouter parler. »

        Je ne fais au contraire qu’essayer de te comprendre, mais comme manifestement tu est trop en colère pour lire les mots que je t’écris et en faire des phrases sans les déformer, c’est malheureusement juste pas possible.

        Tu m’accuses de ne pas vouloir discuter alors que tu as superbement ignoré mon deuxième message qui avait pour but de comprendre ta position en faisant des objections raisonnables. Au lieu de ça tu es partie en cacahouète toute seule, de façon insultante, et tu shuntes totalement le débat de fond qui était la raison pour laquelle j’étais venu me renseigner sur le féminisme.

        Et derrière ça, tu OSES dire que je suis là pour pontifier ? C’est l’hôpital qui se fout de la charité.

        « Pourquoi as-tu pris du temps à m’expliquer autant la vie ? »

        * Profond soupir* Je ne t’expliquais pas la vie, j’exposais les sources de mon désaccord et je ne demandais qu’à ce que tu me fasse changer d’avis, parce que c’est l’une des possibilités d’une discussion construite et raisonnée entre gens rationnels.

        Et tu sais pourquoi je suis venu t’en parler ? Parce que j’ai justement conscience que tu as un avis plus pertinent que le mien sur la question.

        Mais non, l’avis contraire poli étant une agression à tes yeux, je suis obligé de constater, en le déplorant, que nous n’avons rien à nous dire.

        Reste dans ton petit monde de certitudes bornées, je ne peux rien faire pour toi.

         » (et je suis vraiment pas la plus hardcore du game) »

        Hé ben tu fais rêver sur la cause féministe.

        Avis à toutes les féministes qui passent en ces lieux et qui lisent ces lignes : je recherche une personne ayant envie de discuter (et pas de m’invectiver du fait de mon sexe) de manière profonde sur le féminisme et la condition des femmes aujourd’hui.

        On va faire plaisir à Nina : C’est pas pour la gloire, ça aura une incidence directe sur la vie de vraies femmes dont je suis amené à traiter le cas régulièrement.

        Merci de me contacter à l’adresse suivante : webmaster@polis-blog.fr. Réponse garantie.

        « Va lire des articles sur le mansplaining, plutôt »

        Et toi, sur la compréhension du français, parce que franchement tu as des progrès à faire.

        Je suis sincèrement désolé que des hommes aient pu causer chez toi une telle souffrance que tu sois à fleur de peau sur ce sujet dès qu’on exprime un avis contraire.

        Prends soin de toi.

        Nael.

        • Bon, dernier tour, j’ai passé trop de temps à essayer de te faire comprendre pourquoi tu es problématique et tu ne respectes manifestement pas mon « non ». Tellement typique, mec… Tu n’écoutes rien, tu t’indignes que je ne veuille pas épouser ton point de vue alors que tu as zéro recul sur le sujet parce que, hé, tu n’es pas concerné.

          « Ben c’est-à-dire que c’est un peu toi qui a abordé le sujet à la cantonade, c’est pas genre comme si j’en étais venu à parler de ça alors que tu m’expliquais la recette du fondant au chocolat » -> Oui, j’exprime une opinion, c’est mon droit le plus total et je ne le fais pas pour que les mecs viennent m’éduquer sur un sujet auquel ils ne bitent rien (je vais le remettre mais #mansplaining again). Je vivais déjà sans ton avis, celui ci n’a pas changé ma vie, aussi incroyable que ça puisse te paraître.

          « Je m’en fous complètement, y’a un moment faut arrêter d’abuser » : ben arrête de me parler, au hasard ? Tu ne viens pas me parler poliment, tu viens m’imposer ton opinion sans respecter la mienne ni mon vécu. Je ne sors pas cet article de nulle part, figure-toi, c’est le résultat d’années à suivre et à participer à des débats féministes où les hommes sont problématiques avec leur not all men (sur lequel tu n’as curieusement rien à dire mais ça t’empêche pas de me faire la leçon sur des comms longs comme mon article)

          « e n’ai jamais dit ou écrit ça. Je constate que pour quelqu’un qui passe son temps à dire aux hommes qu’on s’en fout de leurs egos (et je suis d’accord avec toi là-dessus), tu personnalises beaucoup mes propos, ce qui ne fait du mal qu’à toi, et qu’en outre tu les déformes, ce qui est d’autant plus dommage que tu te fais du mal pour rien. » -> Alors si, tu l’as dit (idem pour le racisme, c’est en retweetant des tweets parlant des « Blancs » que je fais tomber les gens dans le racisme). Et tu crois que tu es qui pour moi, sérieusement ? Je me fais du mal pour rien ? Genre tu crois que j’ai pas dormi de la nuit car j’ai mal compris tes propos ? Tu crois que j’ai pas une vie en dehors de cette section comm ?

          « Bien sûr, c’est pas comme si deux mille ans de philosophie avaient permis de démontrer que l’empirisme est une méthode de connaissance particulièrement étroite pour l’acquisition du savoir en ce qu’elle ne permet que des raisonnements inductifs, un jour tu pourras lire Hume, Essai sur l’entendement humain, qui a écrit tout un traité à ce sujet plutôt que pontifier sur Bourdieu comme pseudo-référence culturelle mal digérée.
           » -> sinon, tu as milité ou tu te contentes de nous la jouer Enthoven ? Tu as lu Bourdieu (bonne référence sur la domination masculine, je n’y peux rien si c’est lui mais tu peux aussi lire De Beauvoir dans un autre genre, Delphy, Falconnet & Lefaucheur…) ? Tu cherches quoi là ? M’expliquer qu ema forme est pourrie ? Et le fond, tu l’as vu le fond ? Non. Je reprendrai à ce sujet ce que m’a dit un twittos hier soir « Il est légitime d’exprimer durement ce qu’on ressent durement ». Pendant que toi, de ton rocher, tu parles de façon de parler, moi, j’ai parlé de mes agressions subies, des viols subis. Là, curieusement, je ne t’entends pas (et je n’ai pas envie de le faire, pitié). Tes privilèges de permettent de te la jouer grand sage, nous, pendant ce temps, on en crève du patriarcat (1 femme tuée tous les 3 jours suite à des violences conjugales, rien que ça).

          « Alors bon, moi tu sais, je pourrais t’expliquer que mon boulot me pousse à croiser toutes les semaines des femmes battues et des hommes violents, et tu vois, la société me demande même d’intervenir dans ce genre de situations et de faire au mieux, ce qui, je t’assure, n’est pas toujours évident. Et donc tout l’intérêt que j’ai à comprendre le féminisme et savoir ce que les femmes intelligentes et cultivées ont à dire de ces situations. » -> Ah bah allez, ça va être de ma faute si tu n’as pas d’empathie en plus…

          « Mais franchement, j’ai aucun brevet de secourisme ni blessure de guerre à montrer pour avoir le droit de donner mon avis, et s’il est con, cet avis, hé bien vois-tu, quelqu’un a tort sur internet, c’est terrible au point de traiter son auteur de tous les noms, je te comprends. » -> « traiter de tous les noms », et après, c’est moi la drama queen, pleaaaaaaaaaase, range ton ego.

          « Je ne fais au contraire qu’essayer de te comprendre, mais comme manifestement tu est trop en colère pour lire les mots que je t’écris et en faire des phrases sans les déformer, c’est malheureusement juste pas possible. » Donc pour que tu puisses me comprendre, je dois te lire. Non mais tu te rends compte à quel niveau stratosphérique tu es, là ? Je n’ai pas besoin de tes leçons sur un sujet que tu ne maîtrises pas (4 ou 5e fois que je te le dis ? Je ne sais plus).

          « Tu m’accuses de ne pas vouloir discuter alors que tu as superbement ignoré mon deuxième message qui avait pour but de comprendre ta position en faisant des objections raisonnables. Au lieu de ça tu es partie en cacahouète toute seule, de façon insultante, et tu shuntes totalement le débat de fond qui était la raison pour laquelle j’étais venu me renseigner sur le féminisme. » Une fois de plus, je ne t’ai pas insulté, range ton ego. Tu n’es pas non plus venu te renseigner sur le féminisme, tu es venu me faire la leçon (MANSPLAINING, va chercher putain, c’est lourd à force de se répéter), tu es venu t’écouter. Tu sais pourquoi on ne veut plus d’hommes dans nos réunions et nos discussions ? Précisément à cause de ça. Vous vous servez de la cause pour vous faire reluire, faire bouffer vos plumes et disserter sans fond. La situation est grave pour nous. Si tu veux juste faire de la rhétorique qui sonne bien, va aux conférences Berryer et laisse-nous travailler.

          * Profond soupir* Je ne t’expliquais pas la vie, j’exposais les sources de mon désaccord et je ne demandais qu’à ce que tu me fasse changer d’avis, parce que c’est l’une des possibilités d’une discussion construite et raisonnée entre gens rationnels. -> Genre en un comm, tu penses pouvoir me faire changer d’avis sur un sujet que tu ne maîtrises absolument pas alors que j’y suis sensible depuis plusieurs années ?

          « Et tu sais pourquoi je suis venu t’en parler ? Parce que j’ai justement conscience que tu as un avis plus pertinent que le mien sur la question. » -> Tout en voulant me faire changer d’avis, donc.

          « Mais non, l’avis contraire poli étant une agression à tes yeux, je suis obligé de constater, en le déplorant, que nous n’avons rien à nous dire. » -> dit-il en poursuivant la conversation et me filant son mail.

          « Reste dans ton petit monde de certitudes bornées, je ne peux rien faire pour toi. » Très bien, tu n’avais rien à faire pour moi au départ, tu ne sais pas de quoi tu parles (mais tu avais quand même besoin de me mansplainer, mot que tu n’as toujours pas cherché… Tu veux savoir mais pas trop quand même).

           »
          Hé ben tu fais rêver sur la cause féministe. » -> Vraiment, t’es gênant, là. On SOUFFRE à cause du patriarcat, on n’a pas le temps de vous faire des câlins. Mais bon, ça prouve rien que tu ne connais rien, ce qui ne t’a pas empêché de bien m’éclabousser avec ta condescendance.

          « Avis à toutes les féministes qui passent en ces lieux et qui lisent ces lignes : je recherche une personne ayant envie de discuter (et pas de m’invectiver du fait de mon sexe) de manière profonde sur le féminisme et la condition des femmes aujourd’hui. » -> Avis à tous les mecs qui aimeraient VRAIMENT réfléchir sur le féminisme : il y a des dizaines, des centaines de blogs, articles, vidéos, threads sur le sujet. Lisez et apprenez (genre commencez par le mansplaining). On fait un énorme travail d’éducation via nos articles, on n’a pas le temps de vous prendre en plus par la main parce que vous avez juste besoin de vous entendre parler. Perso, quand je veux me renseigner sur un sujet que je ne connais pas, je n’arrive pas en commençant par un « tu t’exprimes mal, ça donne pas envie ». Je lis et au pire, je pose des questions. SANS JUGEMENT. Ce que tu n’as pas été capable de faire.

          « « Va lire des articles sur le mansplaining, plutôt »

          Et toi, sur la compréhension du français, parce que franchement tu as des progrès à faire. » -> Putain, le mec qui pleure « moi, je veux comprendre le féminisme mais t’es méchante » mais qui refuse toujours de lire un article sur le mansplaining qui expliquera pourquoi son intervention est problématique.

          « Je suis sincèrement désolé que des hommes aient pu causer chez toi une telle souffrance que tu sois à fleur de peau sur ce sujet dès qu’on exprime un avis contraire. » Ben, en même temps, un avis contraire quand t’es engagé et militant (donc tu confirmes ton masculinisme, nickel), ça ne met pas de très bonne humeur. Mais après, j’avoue que j’aime bien éclater les mecs comme toi. Maintenant, je vais pouvoir travailler à la cool, merci.

          Allez, je suis sympa, je te file des liens sur le mansplaining parce que j’ai la sensation que tu ne sais pas chercher l’info : https://cafaitgenre.org/2012/07/14/bingo-feministe-et-mansplaining/ http://madame.lefigaro.fr/societe/quand-les-hommes-nous-expliquent-la-vie-mansplaining-230317-130636 https://www.buzzfeed.com/jennaguillaume/well-actually?utm_term=.aqDwA82kv#.wgpNKqZzM (oui, c’est en anglais mais c’est buzzfeed, tu devrais gérer, je pense).

          Tu veux vraiment apprendre sur le féminisme. Lis et réfléchis[en silence]. Ce sera un bon début

          •  » Je ne sors pas cet article de nulle part, figure-toi,c’est le résultat d’années à suivre et à participer à des débats féministes »
            Et je respecte celà.
            « où les hommes sont problématiques avec leur not all men (sur lequel tu n’as curieusement rien à dire »
            Parce que je suis d’accord, c’est ce que je me tue à t’expliquer depuis le premier post. Je m’autocite : Pour sommer, oui, Jean-Michel est un âne qui a du mal à hiérarchiser les priorités quand il se sent agressé.
            Oui, le not all men est affreux pour vous. Oui, j’imagine bien que vous devez avoir envie de le taper à coups de cuillères en bois. Oui, c’est une forme inconsciente de patriarcat. Oui, tu as parfaitement raison d’en parler.
            Mais je constate que ne serait-ce que susciter le débat sur un point extrêmement mineur (de présentation de votre cause) en pensant naïvement qu’en tant qu’homme, le SEUL point où je peux apporter une queconque plus-value dans la discussion est la compréhension du ressenti de Jean-Michel, c’est totalement impossible.
            Tant pis.
            « ben arrête de me parler, au hasard ? »
            Ne t’inquiètes pas, c’est mon dernier message.
            « Alors si, tu l’as dit »
            J’ai relu mon premier post et je constate en effet que j’ai particulièrement mal exprimé ma pensée. Je te présente mes sincères et mes plus plates excuses pour t’avoir meurtrie, ce n’était absolument pas mon intention.
            « Genre en un comm, tu penses pouvoir me faire changer d’avis sur un sujet que tu ne maîtrises absolument pas alors que j’y suis sensible depuis plusieurs années ? »

            Genre en plusieurs comms, j’espérais que nous parviendrons à chacun mieux comprendre la pensée de l’autre, voire même que tu puisses arriver à me faire changer d’avis. Mais ça ne t’intéresse pas, il y a les sites pour ça, j’ai bien compris.

            « Pendant que toi, de ton rocher, tu parles de façon de parler, moi, j’ai parlé de mes agressions subies, des viols subis. Là, curieusement, je ne t’entends pas (et je n’ai pas envie de le faire, pitié). »

            C’est justement parce que je me doute bien que tu n’as pas envie de m’entendre sur ce sujet que je n’en ai pas parlé.
            Quand je ne parle pas, cela ne signifie pas que je m’en fiche.

            « Donc pour que tu puisses me comprendre, je dois te lire. »

            Oui, l’intérêt d’un dialogue est que ça permet de comprendre mieux la pensée de l’autre qu’une simple lecture.

            « Tout en voulant me faire changer d’avis, donc. »
            Tu n’es manifestement pas télépathe, je n’avais aucune intention de te faire changer d’avis.
            « mais qui refuse toujours de lire un article sur le mansplaining qui expliquera pourquoi son intervention est problématique. »

            Je l’ai fait hier soir, justement. Et pas qu’un.
            Bonne continuation,
            Nael

          • Bon, je vais pas tout reprendre, c’est le week-end mais vraiment, je pense que tu n’as pas compris le mansplaining. Je ne comprends pas ton intervention depuis le début, j’essaie de t’inviter à lire pour comprendre pourquoi ton intervention est malaisante mais tu persistes à dire « oui mais tu veux pas écouter ». Non, parce que j’ai une expérience qui me prouve que votre avis ne sert à rien dans ce genre de conversation, point. Tu cherches à me faire changer d’avis en un comm, puis deux, puis trois, tu penses que JE dois te lire pour que tu puisses me comprendre.Non, juste non. Je vais me répéter mais tu es juste là pour faire bouffer tes plumes, pas pour réellement écouter ce que j’avais à dire sur le sujet.

            Et dernier point : tu n’es personne pour moi, je ne te connais pas donc va pas imaginer que tu m’as meurtrie ou quoi que ce soit, tu te donnes trop d’importance. Il y a des milliers de références sur le féminisme en ligne, je t’invite à les lire et te questionner dans ton coin au lieu de nier nos oppressions en nous expliquant que quand même, faut ménager l’ego de tous les Jean-Michel. Non. Vous êtes privilégiés et refusez de l’admettre, vous pensez que la conversation est sur la forme alors que nous sommes les victimes de vos privilèges que vous refusez de cautionner.On n’a pas besoin des Jean-Michel dans nos luttes. Tu vas dire la même chose à un militant racisé « oui, ok, Jean-Michel est un connard raciste qui s’ignore (ou pas) mais sois gentil avec lui, quand même… Tu trouves peut-être pas de poste à cause de ton nom, ok, mais lui, il va pas être content ». Et après, si je convainc Jean-Michel connard, il va se passer quoi ? Rien. Vraiment rien. Les hommes utilisent la cause féministe pour se faire reluire et s’acheter une caution (cf la ridicule couv du Parisien hier) mais derrière… Donc en fait, on cherche pas à vous convaincre. J’expliquais juste pourquoi le not all men était problématique pour ne pas avoir à le répéter ad nauseum. C’est une conclusion, pas une ouverture à débat. (mais globalement, je note que ce sont surtout les hommes qui ont été dérangé par cet article, idem sur les comms Twitter, c’est curieux, non ?)

  6. InPetto dit :

    « C’est quand même hallucinant : tu écris un article pour dire aux hommes qu’on n’en peut plus de leurs chouineries, ils postent TOUS un comm pour chouiner. »

    J’espère pour toi que tu te trompes, parce que si TOUS les hommes qui ont lu cet article ont posé un commentaire, alors c’est qu’ils ne sont pas nombreux à te lire ! Mais au fond, c’est bien possible, qui sait…

    Je n’aurai pas la patience de réécrire quelque chose d’aussi construit et détaillé que Nael, car à l’évidence ça n’en vaut pas la peine. Je me contenterai juste de te faire remarquer que dans toutes tes réponses, tu fais exprès de ne pas comprendre ce qu’on cherche à t’expliquer. Comme par exemple quand on te dit que les hommes « normaux » demandent des félicitations mais juste le droit d’être RESPECTÉS comme tels… Mais toi tu restes braquée sur ton idée de médaille qui ne veut rien dire – sauf dans ta vision très étriquée des choses.

    Très honnêtement, je trouve fort heureux que la majorité des féministes soient (bien) plus ouvertes esprit que toi. Tu es la seule à « chouiner » dans ces échanges, nous essayons juste de te faire comprendre qu’on ne se fabrique pas une vérité par le dénigrement et le mépris des avis des autres. Et que ce n’est pas parce qu’on est « juste normal » qu’on n’a pas le droit de s’exprimer.

    Soit dit en passant, et je finirai ici, que tu n’en aies rien à fiche de notre ego d’homme, je le comprends tout à fait. J’ai juste envie de te dire que quand on est aussi obtus sur un sujet, mieux vaut ne pas laisser les commentaires actifs sur son billet de blog.

    Sic transit gloria.

    • Vous m’épuisez. Je suis ravie que vous essayiez de m’éduquer mais juste un point : vous ne maîtrisez pas du tout le sujet. Sérieusement, dans quel univers vous pensez débouler dans les commentaires d’une militante pour lui dire qu’elle fait tout mal alors que vous mêmes n’avez jamais réfléchi à la question ? Vous êtes privilégiés, vous avez la chance de discuter dans vos salons, nous, on est oppressées tous les jours. Vous ne questionnez tellement pas vos privilèges que vous trouvez légitimes de venir m’imposer une vision sans nuances et ça vous choque que je vous rembarre ? C’est précisément à cause de ce genre de comportements que nous ne voulons plus de vous dans nos luttes, vous nous polluez. Alors juste : ton agression en début de comm : lol, je ne vis pas de mon blog donc le nombre de lecteurs, ce n’est pas un sujet pour moi mais ça situe de suite à qui on a à faire et je t’en remercie.

      Et sinon, tu oses demander le respect ? Tu oses ME demander le respect juste parce que t’as jamais agressé ou violé de femmes ? Déjà, ton comm prouve que tu as un comportement problématique en tant qu’homme qui refuse de comprendre qu’une femme n’a pas besoin de son avis pour réfléchir par elle-même mais surtout, redescends. Tu es le cas typique que je dénonce dans mon article. Donc non, tu ne mérites pas mon respect. Casse-toi.

      Les comms sont pour les discussions, pas pour le mansplaining (cf comm précédent, j’ai mis des liens mais aucun des deux ne va lire car vous, EN TANT QU’HOMME, vous savez forcément mieux que moi de quoi il retourne, hein)

      • InPetto dit :

        Tu ne sais rien de nous, tu n’as pas la moindre idée de ce que nous savons, ce que nous avons lu, ce que nos proches ont vécu, et pourtant tu es dans le jugement permanent. Ce qui ne t’empêche pas de pleurnicher sur le ton du « je pose des questions SANS JUGEMENT ».

        Tu sais quoi, Nina ? J’en arrive à me demander si c’est une blague. Ce summum de refus du plus élémentaire respect des autres et cette incapacité à comprendre qu’un système aussi lourd et bien ancré que le patriarcat, ce n’est pas en blâmant TOUS ses héritiers que tu le feras évoluer. Braquer les gens en masse, c’est les inciter à tenir une position, même lorsqu’ils réfléchissent vraiment au fond du problème pour evoluer. Tes lacunes en philosophie, en psychologie et en communication les plus élémentaires est assez inquiétant.

        Ce genre de transformation de société se fait toujours en lame de fond, avec temps et patience. Le mouvement d’égalité entre les sexes est amorcé, et c’est tant mieux. Mais hélas pour tout le monde, il y a des poches de dogmatisme extrême qui le freinent dramatiquement, et ces bulles existent des deux côtés. J’espère pour toi que tu te sens bien dans la tienne, Nina, vu ta contribution magistrale en faveur du statu quo.

        • Tu ne connais rien au féminisme, tu ne connais rien aux luttes, tes comms puent l’ignorance, je n’ai pas besoin de te connaître pour le sentir. Va lire l’histoire des luttes, quelles qu’elles soient. On dirait Enthoven, là (et arrêtez de me mansplainer sur un sujet que vous ne maîtrisez pas, c’est d’un ridicule)

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