Philippines, vacances à presque l’autre bout du monde

En avril, je suis partie aux Philippines et je vous en parle enfin (et j’enchaînerai ensuite sur mes vacances en amoureux en Europe du Sud de début juillet mais c’est pas dit que je m’arrête en milieu pour m’énerver sur la société) ! Ma vie ayant été un peu folle depuis, j’ai pas pris le temps de me poser sur le sujet, les revues voyage me sortant un peu moins des tripes que des articles où je me désespère sur mes congénères.

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Fin 2014, Anaïs et moi, on s’excite sur des vacances plongées en Polynésie, le paradis des plongeurs (avec les Komodos apparemment). Mais début 2015, à l’heure de faire péter le livret A, on panique un peu : le chikungunya fait des ravages dans la région… Alors on ré épluche le catalogue UCPA et finalement, on repère un voyage aux Philippines : un peu moins cher, des dates plus pratiques, banco.

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Le 13 avril, nous décollons donc vers les Philippines dans un rutilant A380 (j’étais super contente alors qu’Anaïs et nos nouveaux amis n’en avaient globalement pas grand chose à faire) de Korean Airlines avec une petite escale de 5h à Seoul (arghhh!). Après un vol fait de lecture et de dodo (les films étaient en anglais sous titrés coréens et j’entends jamais rien dans les avions, j’essaie même de sous-titrer les films français quand je peux, ça m’aide beaucoup), nous voici à errer dans le gigantesque aéroport de Seoul avec douches et sièges massants (ouais!) avant de ré embarquer pour Cebu, capitale régionale des Philippines. Comme nous arrivons à minuit et demi, je me raconte une belle histoire : au lendemain, nous ouvrirons nos rideaux et découvrirons un paysage enchanteur, hihi ! Sauf que le lendemain matin, nous avions ça comme vue :

J'avais mis un filtre par accident

J’avais mis un filtre par accident

Oui, on a dormi dans un hôtel un peu moyen mais on s’en fout, on est partis pour le premier resort, youpi !

De suite ça change

De suite ça change

Alors avant tout, petit topo largement pompé sur Wikipedia : . Concrètement, on a pris plein de ferries pour relier une île à une autre et tu as de mini chapelles ardentes et des signes catholiques partout, jusque dans les taxis mobilettes… Ce qui est assez cohérent avec leur façon de conduire, ils prient juste avant de démarrer… Nous aussi d’ailleurs. Un peu comme la Thaïlande, tu te demandes comment y a pas plus de morts tellement ça double dans tous les sens, ils ont un ratio de 3 pour une place disponible. Nous avons un peu pris le pli, nous entassant à 7 ou 8 dans le taxi mobilette ou à 15 dans une voiture 9 places suite à la crevaison de notre bus rutilant…

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Donc durant notre séjour, nous avons séjourné dans 3 resorts avec club de plongée inclus, une petite plage, piscine, clim, tout confort. Les gens sont très gentils et serviables. de façon générale, les Philippins sont vraiment adorables, y compris quand ils ne sont pas payés pour nous servir : quand on se promenait sur la plage, de nombreux enfants nous interpellaient, mi hilares mi intimidés, juste pour nous saluer.

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Bref, les Philippines, le paradis ? Ah oui : les paysages sont magnifiques, j’ai eu droit à de sublimes levers ou couchers de soleil, je me suis gavée de merveilleux fruits… L’Asie a ce côté terrible de mettre à ta disposition les meilleurs fruits du monde. Ananas et mangues goutus et parfaitement sucrés, coco fraîche gorgée d’eau (mon addiction à l’eau de coco vous salue), de minuscules citrons saturés d’un jus acide et sucré… Et les avocats se fondent dans un sublime avoccado shake fameux. Niveau nourriture, on mange vraiment très bien même si c’est souvent très copieux avec plein de plats. Trop sans doute. Je finis par troquer mes entrées contre des jus de citron ou eaux de coco pour ne pas gaspiller.

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Le Paradis sur Terre ? Pour nous, oui, ça doit avoir ce goût là. Par contre, pour les populations locales, ce n’est pas si simple. Une fois sortis des resorts rutilants et de retour dans la capitale régionale Cebu, le Paradis a soudain un vilain goût : à côté de sublimes baraques flambant neuves se dressent des bidonvilles insalubres . Dans la rue, de petits enfants de moins de 10 ans vous courent après pour vous vendre 3 babioles, certains dorment directement sur le trottoir, j’ai même vu un gosse de 3 ou 4 ans se balader à poil dans la rue… Il y a également pas mal de mutilés, des aveugles, sans que je sache bien pourquoi.

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Bref, les Philippines, oui, j’ai aimé, j’y retournerai peut-être l’an prochain mais reste cette sensation toujours un peu étrange de venir en néo colons. Je vous en parlerai une prochaine fois, je vous raconterai également les folles plongées et les drôles de bêtes que nous avons rencontrés sous l’eau… Requins baleine inclus.

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The art of the brick ou l’éternelle insatisfaction

Ou comment je vais vous parler d’une expo et de la réflexion qui en a découlé.

Samedi, Porte de Versailles. Entre deux gouttes de pluie, Anaïs et moi empruntons l’incroyablement lent tapis roulant du Parc des Expositions pour nous rendre à l’exposition “The art of the brick” de Nathan Sawaya. Il faut savoir que j’ai pas tout à fait guéri ma nostalgie de l’enfance et que tout ce qui est “un jouet détourné pour faire de l’art” me fait pétiller les yeux. C’est donc avec plaisir et impatience que je vais voir cette expo.

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Alors je vais pas tout vous raconter mais globalement, je l’ai trouvée très intéressante et pas vraiment faite pour les enfants, en fait. Au départ, on découvre des objets du quotidien réalisés en Lego par l’artiste genre ce superbe violoncelle :

Je me suis un peu trouée sur le cadrage de cette photo, désolée

Je me suis un peu trouée sur le cadrage de cette photo, désolée

Intéressant, l’oeuvre paraît plus un travail d’ingénierie (remettre à échelle, gérer le poids des éléments pour éviter qu’ils ne s’effondrent) mais au fur et à mesure que l’on avance dans l’expo, on découvre certaines oeuvres un peu torturées : un personnage brisé “c’est comme ça que je me sens tous les matins”, un autre qui pleure un enfant dans ses bras, une sorte d’autoportrait avec une case en moins… Bref, après les objets du quotidien et une section dédiée à la reproduction d’oeuvres d’arts (très réussi mais ne doit pas forcément parler aux enfants qui n’ont pas forcément la culture pour connaître les oeuvres originales), on rentre un peu dans la section psyché torturée de l’artiste. Intéressant. Mais du coup, je finis par me poser quelques questions…

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En intro de l’exposition, on voit Nathan Sawaya, tout sourire, expliquant qu’il a plaqué son métier d’avocat dans lequel il n’était pas heureux pour devenir artiste Lego et qu’il a la chance de faire ce qu’il aime. Oui, Nathan, c’est ultra cool, tu as eu des balls, mec, je t’admire pour ça, tu pourrais même devenir mon modèle…

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Mais tu n’es pas heureux, in fine ? Tu te sens toujours frustré, incomplet, perdu parfois. Alors je me doute bien que même quand tu fais un métier que tu adores du plus profond de ton coeur, que tu as réussi à devenir celui/celle que tu voulais être, tous les matins ne sont pas forcément chantants pour autant mais là, en sortant, je lâche à Anaïs un “ah, en fait, il est complètement dépressif” “Complètement !”.

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Est-on condamné à ne jamais être satisfaits ? Soigner une frustration en réveille-t-elle une autre ? Je ne connais pas bien la vie de Sawaya à part son histoire d’avocat qui a tout plaqué pour devenir artiste Lego et il a une compagne qui semble bien charmante pour les représentations que l’on a d’elles (oeuvres personnelles les plus gaies, d’ailleurs). Sur le papier, ça sonne donc plutôt pas mal alors pourquoi tant de frustration ? Si un mec qui a réussi à faire exactement ce qu’il aime se voit comme un Lego fêlé ou rêve de s’arracher la tête pour secouer le bordel dedans avant de la reposer vidée sur son cou*, est-ce que ça veut dire qu’on peut arrêter de courir pour atteindre un rêve qu’on atteindra in fine jamais ?

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En fait, dans le cas de Nathan, entre autre, la question ne me paraît pas être tellement celle ci mais plus : la vie a-t-elle encore un sens quand on arrête de courir après le lièvre ? Nathan n’était pas heureux dans sa vie d’avocat donc il a choisi une autre voie… et réussi. Et maintenant quoi ? Continuer à créer, oui, mais après ? Sommes-nous naturellement programmés à courir après des projets, encore et encore, ou est-ce la société qui nous exhorte tellement à nous sortir les doigts du cul pour réaliser nos rêves et entreprendre qu’on se sent vide une fois nos objectifs atteints ?

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Est-ce que je me prendrais pas un peu trop la tête sur une expo Lego ? Ah oui, ça, c’est fort possible. Mais je n’ai pas les réponses à mes questions précédentes et j’avoue qu’en ce moment, ça me rend un peu dingue.

* Ca me fait fantasmer ça, j’aimerais tant en faire tant.

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Faire la queue ou le début de la fin de la civilisation

Ah ben oui, j’y vais cash. De retour de vacances, je suis au sommet de ma forme ! Et pour mon retour, je vais vous narrer une anecdote car ça, j’aime bien.

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Tout se déroule vendredi fin d’après-midi. Après être partie en courant du boulot pour attraper le train de 18h23, j’arrive dans une gare Montparnasse bondée. Oui bah un vendredi soir de juillet, ça ne m’étonne pas plus que ça. Je file acheter mon sandwich et je répère une dame qui tourne autour des queues, vraisemblablement pour gruger. Et ça n’a pas manqué. Je commence à m’agacer : putain mais pourquoi les gens essaient toujours de faire ça ? Et quand je dis dame, elle avait le look de la dame du catéchisme prête à se lancer sur les chemins de St Jacques de Compostelle, la gruge de queue semble une maladie universelle. Mais j’en étais qu’à l’échauffement…

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Car mon train n’est jamais parti. Et ce n’était pas le seul à ne pas partir. Donc dans ce hall surchauffé et survolté, j’appelle mes parents pour avoir leur avis : le train de 16h40 et celui de 17h48 n’étant pas partis, est-il utile d’attendre celui de 18h23 alors que d’après les infos que j’ai, un incendie fait rage sur les voies puis y a eu un accident en plus ?

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Ah oui, petit apparté. Soyons clair, je ne reproche pas à la SNCF ce navrant enchaînement des faits mais par contre, il faut vraiment apprendre à communiquer. Je suis arrivée à la gare vers 17h45, je suis donc allée m’acheter à manger. J’avais bien vu qu’il y avait des retards et des trains annulés mais je n’ai pas fait particulièrement attention. Une fois mon sandwich acheté, je commence à remarquer qu’il y a quand même vraiment beaucoup de monde, pas mal d’agents SNCF sécurité et de gens énervés. Et pas parce qu’ils se sont faits dépasser par la dame du catéchisme dans la queue de la boulangerie. Donc 20 mn après mon arrivée à la gare, je finis par choper mon smartphone et je découvre la vérité : ça chie grave. A ce moment là, le train de 17h48 est annoncé avec juste 10 mn de retard et le mien à l’heure… Aucun des deux n’est parti. Alors je veux bien que ce soit le bordel mais informez putain !

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Bref, comprenant que je ne partirai pas, je commence à me rendre aux guichets pour me faire rembourser et là, on arrive au summum de la gruge et je peux vous garantir que les grugeurs sont de tout âge, c’est universel, je vous dis ! Technique favorite du grugeur : jouer le paumé. Ainsi, quand j’atteins enfin le point ticket après 15 mn de queue (donc juste pour retirer un ticket), un mec arrive de nulle part et interpelle l’employé SNCF pour lui poser des questions et lui tend son billet en mode “je veux être remboursé”. Oui pardon, monsieur, ça te gêne pas que je sois déjà là, sans parler de la vingtaine de personnes qui font la queue derrière moi ? Ca déborde dans tous les sens, les gens ignorent les queues déjà formées, le nez levé, utilisant leur air perdu comme un coupe-file.

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Et ça me rend folle. J’avais déjà parlé de l’incivisme ordinaire dans le métro mais là, ça frôle le débordement de vase ! Surtout que je suis la meuf prête à laisser passer des gens si besoin est comme cette femme enceinte qui cherchait un guichet rapide pour juste avoir un mot pour dire que le train n’est pas parti. Mais là, ça vire au n’importe quoi. Mais quel est l’intérêt, pourquoi faire ça ? Pourquoi cracher systématiquement à la gueule des autres juste pour gagner 5 minutes ? Pourquoi prendre le risque de se faire prendre à parti et donc de s’engueuler, mettant tout le monde de mauvaise humeur ? Qu’est-ce qui vous pousse à systématiquement faire un gros doigt aux règles et à la bienséance quand lesdites règles ne sont qu’une question de mieux vivre ensemble ? Toi qui a grugé, es-tu rentré chez toi satisfait de toi-même, te disant que tu étais plus fort et plus malin que tous ces abrutis qui font docilement la queue ? Mais imagine 30 secondes si tout le monde faisait comme toi, tout le temps… Déjà qu’on fait la gueule dès qu’on doit se rendre dans le métro, par exemple, tout ça à cause de petites incivilités de merde, si tout le monde commence à ne plus compter que sur son intérêt personnel et essaie de dépasser tout le monde dans la queue, ça finira en guerre civile cette connerie ! Le premier au guichet, ce sera celui qui aura pris les cours de krav maga !

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J’aurai mon ticket avant toi d’abord !

J’exagère, certes, mais je me demande à un moment où ça a chié dans la colle. Je ne suis pas une acharnée des règles à la base, je peux même concevoir que certaines sont discutables. Mais parfois, respecter les règles ne nuit à personne, bien au contraire. Je vous renvoie, par exemple, à cet épisode de Minute Papillon avec sa sublime conclusion sur les limitations de vitesse. Après tout, c’est qui le con ? Celui qui ne respecte pas les règles en espérant ne pas être chopé et qui hurle au scandale dès qu’il se fait flasher ou l’Etat qui sait très bien qu’il y aura toujours des cons pour se croire plus forts que les autres, ne respecteront pas les règles et rempliront tranquillement la caisse avec l’argent de leurs amendes ? On pourrait voir ici un paradoxe : en disant merde à la société et ses règles, vous l’engraissez, intéressant. Non parce que pareil, qu’est-ce qui vous paraît si compliqué dans le respect de la limitation de vitesse, surtout aujourd’hui avec des voitures où tout est parfaitement sous contrôle ? On vous a déjà expliqué que rouler plus vite ne vous faisait gagner que quelques minutes au mieux (et en plus, ça consomme plus d’essence donc ça coûte plus cher). Et si vous avez envie de vous la jouer Fangio, inscrivez-vous au club de kart voisin.

Bref, non, vous n’êtes pas plus malins que les autres, vous êtes juste la lie de la société, vous comptez sur la passivité des gens qui n’osent pas l’ouvrir parce qu’on n’a pas été élevés comme ça mais putain vous gonflez tout le monde et ça finira mal. Si vous avez des accès de rébellion, je sais pas, engagez-vous dans une association qui se bat pour changer les règles pour dessiner un monde qui vous convient… Ah mais oui, suis-je sotte, vous n’avez pas envie de dessiner un autre monde puisque la seule chose qui vous enchante, c’est votre propre confort. Emmerder les autres pour gagner 2 minutes que vous reperdrez très rapidement (genre en attendant le métro ou le train qui n’arrivera jamais), ouah, super, quel gain incroyable !

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Pour achever cet article sans queue ni tête (mais j’aime bien ces articles à la limite de l’écriture automatique), revenons à la SNCF qui a versé la dernière goutte de cette journée de merde (oui, de merde car l’écran de mon iPhone pro, déjà abîmé, est définitivement mort quand mon chat l’a fait tomber de mon lit. Oui de mon lit, vive la solidité de l’iPhone 5c, hein ! Or mon smartphone ne serait pas mort si j’étais partie puisque, partant sans mon chat, elle ne l’aurait jamais fait tomber de mon lit). 0h, je reçois un mail “ouais, super, vous avez effectué 5 trajets en IDTGVmax, vous avez gagné une étoile”. Super, à quoi sert cette étoile ? A rien ! Si on considère en plus que je suis abonnée à ce service depuis février, 5 trajets c’est pas grand chose… Surtout si on considère que le 5e, c’était celui de vendredi soir, celui que je n’ai pas pu faire donc… Alors la SNCF, vos employés au guichet ont été super et, de façon générale, j’ai été surprise par le calme des gens face à cette situation. Mais revoyez votre communication, pitié…

Le chat casseur d'iPhone

Le chat casseur d’iPhone

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Allo le bisounours !

Il me semble que l’expression “allo” est interdite depuis 2012 ou 2013 mais je m’en fous, je suis une rebelle. Dernièrement, j’ai été prise à partie pour une bande de personnes peu sympathiques sur Twitter confondant provoc et ignominie (“moi les migrants, si je les croise, je leur pisse dessus”, au hasard). Alors que je m’évertuais à défendre un certain humanisme et en appeler à une empathie de base, je finis par recevoir l’insulte ultime “ahah, bonjour le bisounours”.

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Mais dans quel monde on vit ? Si je devais me choisir un terme pour qualifier ma vision de la politique, je me dirais humaniste. La droite ou la gauche sont des concepts somme toute assez abstraits surtout quand tu vois la gueule de la politique de notre gouvernement de “gauche”. Je trouve ça assez fascinant d’ailleurs : ils ont une politique dans la droite ligne de ce que nous a infligé Sarko pendant 5 ans (les mêmes putains de polémiques stériles, les mêmes “sujets de société” qu’on nous jette à la gueule comme de la poudre de perlimpimpin pour qu’on oublie un peu les chiffres désastreux du chômage et les lois qui ne cessent de nous élargir l’anus), ils franchissent même certaines limites que Sarko et co n’avaient osé dépasser et les gens de droite les détestent quand même… A un moment, je comprends pas comment on peut mener une politique qui va à l’encontre de votre ADN, qui ne satisfera pas ceux de votre camp tout ça pour gratter des voix que vous n’aurez de toute façon jamais. Ca me fascine, je vous dis ! Mais je digresse.

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Donc humaniste dans le sens où ce qui me paraît primer avant tout, c’est le respect de l’Humain, qui qu’il soit. Je rêve d’une société un peu plus équilibrée et solidaire où chaque individu naît égal et peut prétendre avoir la même chose. Non parce que faut arrêter avec l’égalité des chances et l’ascenseur social, ça fait des années qu’il ne fonctionne plus. Si tu nais du mauvais côté de la barrière, tu iras dans une mauvaise école, personne ne t’encouragera à bosser puisque de toute façon, tu ne pourras pas faire d’études supérieures. Au mieux, tu iras à la fac et on sait tous la valeur de ces diplômes par rapport à ceux d’écoles privées payantes. Perso, je suis un peu fatiguée de vivre dans un monde où le savoir devient de plus en plus une denrée alors que l’éducation me paraît tellement la solution à ce mal vivre ensemble. Tout fonctionnerait mieux si on arrivait à respecter autrui et à se respecter soi même. Pour commencer.

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Bisounours, moi ? Il me semble pourtant qu’il suffirait de renverser quelques éléments pour que tout devienne tout de suite plus facile. Asseyez vous quelques instants sur le quai d’un métro et observez, c’est hyper parlant de la société actuelle : tout le monde essaie de se baiser la gueule pour son propre intérêt. Vous avez ceux qui essaient à tout prix de monter dans la rame pour avoir une place, quitte à ne laisser personne descendre, bousculer ceux qui ne vont pas assez vite. Il y a ensuite le grand jeu des places assises : malgré l’ordre de priorité, personne, ou presque, n’acceptera de laisser sa place, plongeant le nez dans son livre ou smartphone en mode “je t’ai pas vu, lalala”. D’autres s’installeront sur les strapontins malgré la foule et auront toujours une très bonne excuse à sortir à ceux qui auraient l’audace de se plaindre de leur attitude. Bref, dans le métro, on est dans la lutte permanente pour avoir la meilleure place, on agit dans son seul intérêt sans faire l’effort de penser à son voisin. Céder sa place ? Mais on ne voudrait surtout pas se faire avoir.

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Résultat : tout cet égoïsme et cette préservation de son intérêt propre rend la vie en société de plus en plus pénible. Je sais pas vous mais perso, prendre le métro me rend très facilement de mauvaise humeur. Et ça me rend conne aussi, je rentre très vite (trop vite) dans le mood “mon intérêt d’abord!” même si j’essaie de céder ma place aux personnes âgées et femmes enceintes si je les repère. Mais on vit dans une société où on nous invite à être “le plus malin”, où on valorise les arnaqueurs et on dénigre les “bons élèves”, ceux qui jouent le jeu de la société sans chercher à en tirer un bénéfice particulier. Comment tu veux qu’on arrive à vivre ensemble quand on t’explique qu’il faut baiser son voisin dès que possible.

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Moi, j’ai envie de croire que la donne peut changer, il faudrait qu’on s’y mette tous, qu’on comprenne qu’un gain immédiat a finalement moins de valeur qu’un effort de cohabitation permanent. Ca ne tient tellement à rien quand on y pense. Quelques décibels en moins lors de votre soirée dans votre studio, céder sa place, tenir une porte, laisser passer ceux qui n’ont qu’un article à la caisse quand vous avez un panier plein… Chercher à s’entraider et à s’être agréable plutôt que de tenter de s’arnaquer les uns les autres.

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Bisounours ? Je sais pas, à un moment, tu peux arrêter d’être un gros connard cynique qui préfère baiser le système plutôt que de participer à sa bonne marche ? Est-ce si bisounours de croire que l’être humain n’est pas une raclure de bidet en soi et qu’il suffirait de lui enseigner les bienfaits d’une vie collective en toute harmonie plutôt que de glorifier les escrocs du quotidien ?

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Pourtant, malgré mon côté Bisounours, y a des fois où je me fais bien baiser la gueule à être trop gentille… Céder à la mesquinerie ou poursuivre sur la voie de la bienveillance ? Nous en parlerons demain.

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Qui ne dit mot consent : ouvre la

La vie en société n’est pas toujours évidente, on marche sur un fil entre franchise et diplomatie, hypocrisie et grande gueule. Je suis le prototype de la fille polie qui laisse parfois passer des opinions contraires sans réagir parce que la situation l’exige. Genre ma chef qui a un avis très arrêté sur la Grèce qui est contraire du mien… Mais bon, est-ce pertinent de lancer un débat là dessus avec la personne qui a légèrement la main sur mon augmentation annuelle ? Mmmm…

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Longtemps, j’ai laissé passer. Parce que la personne avait une position qui rendait la contradiction difficile, parce que j’aime bien la personne et que je n’ai pas envie de m’énerver contre elle. Parfois, je faisais un peu de passif agressif (vivent les réseaux sociaux sur ce point) un peu en mode “Rohlala ceux qui disent/pensent ça, réfléchissez un peu. Un petit lien : [lien]”. Un peu lâche mais moins direct, espérons que la personne visée lira l’article et réfléchira. Oui parce que notons qu’ici, mon but n’est pas d’entendre un “oh mais tu avais raison et j’avais tort”, je m’en branle un peu, je préfère que la personne réfléchisse sur le sujet et fasse son cheminement d’elle-même.

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Sauf que la passivité agressive, ça reste un peu de la lâcheté. Alors je commence à me jeter dans la mêlée. Parce que non, je ne veux plus laisser passer certains propos. Je suis fatiguée du machisme, du racisme ou de l’homophobie, les 3 mamelles d’une même bête immonde où le dominant rappelle régulièrement au dominé quelle est sa place (à la cuisine, dans son pays – enfin, celui qu’on lui attribue, beaucoup semblent oublier que les Noirs ou les Arabes peuvent être tout à fait Français- ou en Enfer). Je n’ai plus envie de me la fermer parce que je ne veux juste pas de cette société là. J’aimerais une société qui accepte ses membres peu importe leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur couleur de peau et, putain bordel de merde, y a du boulot. J’ai tout à fait conscience que ça n’arrivera sans doute pas de mon vivant, si tant est que ça arrive un jour. L’Humain fait-il naturellement des distingos ? Je ne sais pas, force est de constater que l’enfant, lui, n’en fait pas (cf ce très beau spot un peu larmouillette à l’oeil). En attendant, ce n’est pas une raison pour laisser faire.

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Le pire étant le machisme, racisme, homophobie ordinaire, tellement intégré qu’il passe crème. Ouvrez n’importe quel magazine féminin, c’est un festival : la femme s’intéresse plus à ses amours et sa beauté qu’au travail (elle sera de toute façon styliste, fleuriste, décoratrice ou puéricultrice, la sphère travail est très souvent appréhendée dans ces magazines que par le prisme de métiers auxquels on attribue une forte prédisposition féminine), elle est blanche et hétérosexuelle. Eventuellement, en été, elle est dorée et pourra butiner une amie mais ce ne sera que pour l’expérience, il faudra vite retrouver une âme soeur à pénis, merci. C’est tellement intégré qu’on peut avaler ça sans même s’en rendre compte. Pourtant, souvent, quand je souligne ce fait, je passe un peu pour la pisse froid de service et souvent, les gens changeront de sujet.

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Mais ça ne vous fatigue pas de ne jamais vous indigner ? A quel moment vous avez à ce point intégré de “ne rien dire” ? Sans vouloir faire la révolution tous les 4 matins, y a peut-être moyen de se sortir un peu les doigts du cul et de brocarder systématiquement le sexisme, racisme et homophobie, pour commencer. Oui car il existe tant de sujets d’indignation… Mais la société, c’est aussi ce qu’on en fait. Il est trop facile de nous dire “la société, tu l’aimes ou tu la quittes”. Je suis désolée mais non. Je ne fuis pas, je ne fuis plus. J’essaie, petit à petit, de planter les petites graines de l’indifférenciation. On s’en fout qu’en face de toi, il y ait Pierre, Jamal ou Thuan, ce n’est qu’une information qui n’est en soit pas si essentielle. Je ne pense pas que le prénom ait en effet une influence sur la personnalité. Son sexe ? Ca ne devrait pas faire de différence, tout comme les origines ou l’orientation sexuelle même si, aujourd’hui, on t’impose tellement la domination que, si, finalement, ça en finit par en faire une. C’est ça aussi, la lutte : assurer à Jamal ou Thuan que leurs origines ne leur fermera aucune porte, à Léa que son vagin ne sera plus une raison pour s’écraser sur le plafond de verre ou se faire harceler à la première jupe portée, à Paul et Marco qu’ils peuvent se promener main dans la main dans la rue sans se faire péter la gueule ou dévisager, que leur amour n’est pas différent que celui de Samuel et Caroline.

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Bisounours, moi ? Ah oui, va falloir que j’en parle de ça aussi, ça commence à me chauffer sévère.

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La drague,c’est nul

Entre deux dossiers, j’aime à glander sur YouTube histoire de me détendre un peu. Tiens, que me propose-t-on ? Petit ours brun… Ah oui, j’ai gardé Saturnin récemment et j’ai dû lui céder mon mobile. What else ? Ah tiens une vidéo de Norman feat Natoo et Andy sur la drague. Ahah oui, c’est drôle mais cette conclusion m’interpelle « j’aime pas draguer, la drague c’est nul ». Tiens…
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Alors oui, je suis d’accord. Pour moi, la drague n’est un truc cool que dans 2 cas : celui où tu sais avec certitude que ton petit jeu aboutira à quelque chose (ce qui n’arrive à peu près jamais même quand la metacommunication est sibylline) et celui où tu te remémores le petit jeu de séduction qui t’a permis de choper. Sinon la drague, c’est nul et ce pour plusieurs raisons.

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D’abord, la drague est une question de confiance en soi ou plutôt une remise en question de confiance en soi. Je ne vais pas parler ici des dragueurs de rue miteux qui n’ont pas pour but de conquérir une belle mais de prouver leur virilité en rappelant aux femmes que l’espace public ne leur appartient pas. Je parle de la drague de type « je trouve cette personne bien intéressante et jolie, j’aimerais bien partager une intimité avec elle », la drague à enjeu quoi. Souvent, le premier réflexe, c’est de se dire « il/elle est trop bien pour moi, laisse tomber« . Ce qui est d’une subjectivité totale, la personne en face se dit peut-être la même chose.  Mais voilà, draguer, c’est mettre son ego en jeu. Rien de grave dans l’absolu mais il y a des blessures d’ego qui peuvent finir par faire mal et nous pousser à arrêter le game. On passera donc en mode « tous et toutes des connards/connasses« . Alors qu’une personne peut refuser vos avances sans pour autant être associée automatiquement à la lie de l’humanité.

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Minute culturelle : la jonquille veut dire « je te désire ». Cette photo a un symbolisme surpuissant !

Et puis quand on drague, on manque parfois de subtilité. On cherche tellement à plaire qu’on se trouve très vite ridicule. Non mais qui n’a jamais vécu cette scène où on entre en interaction avec l’objet de son affection et à la fin de la conversation, on a envie de se donner des baffes tellement on s’est trouvé lourd-e, tarte… Cette sensation agaçante d’avoir ruiné toutes ses chances avec un rire forcé qui ferait passer le pire des psychopathes pour une personne tout à fait charmante, un humour aussi fin qu’un parpaing et d’ailleurs, la vanne, là, elle faisait pas un peu raciste ? La drague, c’est aussi ce moment terrible où tu as l’impression que l’autre ne te rend pas l’attirance mais que, par contre, il est allé parler à cette sale pétasse d’Anne-Laure… Forcément, quand on déballe la marchandise, hein… Oui, accessoirement la drague peut vite rendre agressif-ve

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Mais surtout, la drague, c’est nul parce que ce n’est pas l’histoire que l’on nous vend. Norman le dit « Je trouve ça nul de devoir forcer les choses ». Dans la plupart des contes de fées et comédies romantiques, l’amour cueille nos protagonistes, le sentiment est évident de  base. L’histoire ne sera jamais celle d’un mec ou d’une nana qui galère pour conquérir l’objet de son affection. La conquête consiste plus à surmonter quelques épreuves de type différences sociales, sorcière, dragon ou proie un peu lente à la détente mais jamais notre héros/héroïne ne dit non à la déclaration. Du coup, ne pas voir l’autre vous rendre immédiatement votre crush paraît difficilement concevable, une anomalie. Et ça rend l’histoire à raconter un peu moins intéressante…

“Dis Papa, comment tu l’as rencontrée maman ?

– Oh bah, c’était à une soirée où nous étions invités tous les deux. Dès qu’on s’est vus, on a su”.

Non, dès qu’on s’est vus, j’ai su mais elle non car elle était un peu bourrée et, accessoirement, elle était venue avec un mec qu’elle avait envie de butiner mais elle comprit un peu plus tard que ledit garçon s’intéressait plus au joli Aurélien qu’il ne lâcha plus de la soirée. Dépitée, elle se servit un autre mojito et fuma quelques cigarettes, beaucoup, parce qu’elle s’ennuyait. A un moment, elle a commencé à se sentir nauséeuse et après avoir fait des politesses à un garçon qui lui proposait de lui donner un cours photo, elle lui lâcha son mail pour pouvoir sortir de cet appartement avant de vomir. Ce n’est qu’au bout de quelques “cours photo” qu’elle se rendit compte que ce garçon était intéressant et qu’elle appréciait son amitié… Et qu’il fallait peut-être lui donner une chance. Lui ramait comme un fou, passait des nuits sur le web à trouver une idée géniale de lieu pour son prochain “cours photo”, il s’est cru friendzoné plusieurs fois mais il s’accrocha, on ne savait jamais. Un peu loser mais finalement, à la fin, il obtint enfin sa belle. Un peu plus long comme histoire et pas forcément valorisant, surtout avec tous les doutes qui assaillent en permanence. Et si, au fond, elle ne voulait pas de moi ?

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Bref, la drague c’est nul car on nous raconte que l’amour, c’est un truc magique qui vous tombe dessus. Alors que,  non, c’est faux…

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Défendre ses convictions

Connectée, moi ? Oh si peu. Je suis le monde au travers des réseaux sociaux, prenant de face les humeurs et combats des uns et des autres. Ce qui me permet de toujours savoir où on en est de l’actu alors que je n’ai plus télé, radio et pas le temps de lire le journal. Mais du coup, dans les flux et reflux, je vois apparaître quelques pasionarias* de certaines causes.

La_Passionara

Rapide paysage : nous avons Philippe, l’anti nucléaire, Vincent, l’anti OGM, Celia, la féministe et Caroline la végétarienne. Je vais m’arrêter sur ces deux dernières car elles représentent deux aspects d’une indignation.

  • Celia, féministe engagée qui me permet de ne manquer aucun débat sur la question ou presque, vive, mordante, parfois agressive mais passionnée. Etant moi même féministe, je distribue des “j’aime” et quelques commentaires pour défendre, parfois, soutenir.
  • Caroline, végétarienne engagée, qui me permet de ne manquer aucun débat sur la question ou presque, vive,mordante, parfois agressive mais passionnée. Etant “flexitarienne”, je lève les yeux au ciel et me dis que quand même, des fois, faut arrêter d’exagérer.

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Vous avez noté la *subtile* différence ? Pour l’une dont je partage le combat et les idées, j’applaudis son courage et prise de position quand, pour l’autre qui a un combat plus éloigné de moi, je me lasse de son unique prisme de lecture. Alors oui, il me semble que Caroline a moins de nuance que Celia dans son discours (cette dernière ne considère pas que tous les mecs sont des raclûres de bidet quand tu sens que l’autre trouve plus d’humanité dans les animaux que dans les hommes – ce qui n’est pas si faux pour certains – et t’interdit de t’indigner sur le festival Yulin parce que tu comprends, tu manges de la viande donc tu es hypocrite) mais au fond, pourquoi je suis agacée par son comportement que je peux adopter moi-même sur d’autres sujets ?

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Bon, les végétariens sont souvent les victimes préférées de la police des réseaux sociaux qui adore les tacler. Oui, ok, associer le fait de manger de la viande aux heures les plus sombres de notre histoire manque cruellement de recul et de nuance, je me suis moi-même un peu agacée sur le sujet mais en dehors de ça, quel est le problème ? Je veux dire ça vous dérange les gens qui ne mangent pas de viande et qui ont envie de partager leur opinion sur le sujet ? C’est pas comme si, tous autant que nous sommes, passions nos journées à émettre des avis sur tout et n’importe quoi. Pour ma part, je vomis sur les machistes, racistes, homophobes et les débiles incultes d’extrême droite et je retweete et invective en ce sens. Je suppose que pour certains, je suis l’insupportable gauchiste qui casse les couilles alors que bon “ouais, de gauche alors qu’elle gagne sa vie et se paie des beaux voyages hin hin hin!”. Faudrait un jour que je me penche sur la question sur ce blog. Mais ce sont mes convictions et je vous emmerde, j’ai envie de dire. Et bien tout pareil pour les végétariens. Et vous savez quoi ? Mine de rien, je glisse peu à peu vers ce mode de vie, j’ai décidé de ne plus manger de viande que quand je suis invitée chez des gens qui m’en préparent, une sorte de flexitarisme poli. D’abord parce que je mangeais trop de viande et ensuite parce que mine de rien, y a quelque chose de pourri au royaume de l’élevage…

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Au fond, peu importe la cause, y a forcément des gens qui agacent parce qu’ils l’ouvrent. Mais vous savez quoi ? Si on arrêtait un peu de se la fermer par politesse, ça irait peut-être mieux. Car après tout, qui ne dit mot consent, non ? On en reparle demain (si j’ai le temps).

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Ah, si on pouvait passer autant de temps à faire ce genre de vannes sur les racistes/machistes/homophobes etc. Non ?

* J’utilise aussi pasionarias pour les hommes autant que pour les femmes mais je parle pas espagnol donc je ne sais pas masculiniser/neutraliser le nom (pasionarios ?), je m’en excuse.

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Week end yoga : mange ton humilité

Plus jeune, j’étais ce qu’on appelle une bonne élève : grâce à des facilités (ma bonne mémoire), j’ai toujours été dans les meilleures élèves de ma classe. Ces facilités naturelles m’ont donné un travers : la flemme. Ainsi, je suis naturellement portée vers des sports où je suis naturellement bonne comme tout ce qui nécessite de la souplesse grâce à mon hyperlaxité. Sauf qu’un jour, tu te manges une vilaine tape dans la tronche : t’es peut-être hyperlaxe mais tu es mauvaiiiiiiiiiise.

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Il y a un mois et demi, je cherchais un plan pour l’un des deux week-ends de juin, Victor ayant des plans de son côté. Je cherchais un plan thalasso mais en solo, c’est un peu trop cher pour moi. En rebondissant de lien en lien, je finis par tomber sur un week-end yoga à Guéthary. Ah ben en voilà une bonne idée : ça va tout bien me détendre et en plus, c’est en bord de mer. 4h de cours le matin en moyenne, rien l’après-midi, une petite pratique d’une heure, une heure et demie… Finger in the nose. Ahahah… Ben pas du tout.

Ashtanga-Yoga

J’arrive sur place, je suis accueillie par une sympathique dame blonde qui me fait visiter les lieux. Une baraque de dingue avec du bois partout et une terrasse avec une vue… Genre :

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Elle me questionne sur ma pratique, je lui réponds que j’ai fait un peu de hata yoga et un peu de yoga de l’énergie… Ouhla, le sourire est parti aux oubliettes…Lors du dîner, je comprends que j’ai à faire à des gens limite drogués du yoga qui pratiquent beaucoup, ont fait plein de stages… Je plonge le nez dans mon potage au fenouil (très bon au demeurant), je comprends bien que je suis pas aussi assidue, loin de là. Si on cumule mes différentes expériences, j’ai dû pratiquer 6 mois de yoga… sur 5 ans. Oh mazette !

Mais pas de panique, on commence par 2h de méditation, je vais finir ma nuit. Ah non, on doit faire des trucs dont expulser l’air très fort par les narines. Je tue jusqu’à un paquet de mouchoirs par jour en ce moment, c’est gai… Après une petite tisane, on passe à une séance de 1h d’alignement puis 1h30 de yoga ashtanga. OH PUTAIN ! Alors le prochain qui me dit que le yoga, c’est pas physique, je le gifle. On se tort, on se plie avec des sangles, on fait des planches et des pompes. ON FAIT DES PLANCHES ET DES POMPES ! Je suis en souffrance, j’arrête pas de me faire gronder parce que je fais pas bien, que je suis pas alignée, que je suis pas en conscience, que mon ventre est pas serré… Bon, au début, j’avais pas compris qu’on me parlait vu que j’étais rebaptisée “Audrey”. A la fin du cours, je suis chiffon : je suis pas habituée à être la plus nulle, moi. Même quand je suis la moins expérimentée, je m’en sors toujours. Par exemple, aux Maldives, je gérais pas super le courant au départ mais vu que je consomme pas d’air, ça compensait. Là, j’ai bien mon hyperlaxité qui me sauve un peu la mise mais ça fait pas tout.

hyperlaxite

Bref, pendant 3 jours, je rumine : de toute façon, j’aime même pas ça le yoga, j’aime le stretching, moi, et les abdos fessiers. Parce que là, je comprends, on me dit de serrer les fesses, je serre les fesses, c’est plus clair qu’un “propulsez le vagin en avant”. Mais mon vagin est très bien où il est d’abord ! Puis d’abord y a une des assistantes qui dit que je fais très bien alors faut arrêter de me martyriser, hein… Puis j’ai des courbatures partout, j’ai mal, je souffre, raaaaah ! En mode sale gosse, dites-vous ? Si peu.

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Puis le 3e jour : alors que j’en chie des ronds de chapeau, je suis à 2 doigts de lâcher mais je m’accroche et j’arrive finalement à la fin du cours. Je me sens bien. Le soir, je gère tranquille les 1h30 de salutation à la lune. Le dimanche matin, je me lève, je n’ai plus mal, je suis juste posée, bien. La prof me tape sur les cuisses “tu vois, en 3 jours, ton corps a déjà changé. Tu as été courageuse, tu as bien tenu, bravo !” Oui parce que même si j’étais pas super dans l’axe, j’ai fait tous les exercices et tous les cours alors que y en avait plein qui avaient beau être des super yogi en devenir, ils passaient quand même un peu la séance à faire pipi pour échapper à 2 ou 3 exercices alors que moi, j’ai RIEN lâché.

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Moralité : mon orgueil reste mon meilleur allié et évidemment, dès mon retour de vacances mi juillet, je vais m’inscrire dans un centre de yoga ashtanga. Ca tombe bien, y en a un à 50 mètres de mes nouveaux bureaux (on a déménagé, j’ai pas changé de taf). Et la prochaine fois, je fais un stage d’une semaine !

Ah et en bonus, une vidéo tournée sur le deck de la maison de Guéthary (c’est la prof qu’on a eue qui fait la vidéo)

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Couper les fils

Ce week-end, je suis partie en week-end yoga, faudra que je vous raconte, j’ai souffert. Non, pas souffert mais souffeeeeeeeert. Mais j’en ai recueilli une certaine sagesse et des résolutions que j’ai immédiatement appliquées : j’ai cassé certains fils.

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Nous sommes la génération connectée. Connectée à la toile mais connectés entre nous aussi, si bien qu’il devient difficile de réellement rompre tout contact. Il y a environ un mois, après un petit dîner à 4, je rentre avec Victor qui me fait remarquer que c’est bizarre que j’ai toujours mon ex à qui je ne parle plus dans mes contacts Facebook (ceci n’était pas du tout une scène de jalousie, juste un constat). Du coup, j’ai un peu réfléchi à tout ça. Pourquoi tu gardes ce mec dans tes contacts ? Raison 1 : parce que tu ne veux pas être celle qui rompt tout contact (même s’il n’y en a plus). Raison 2 : parce que j’ai une curiosité mesquine. Vous savez, ce côté “sa vie est moins bien que la mienne”, le match des exs en un sens. Et raison 3, aussi : voir ses défauts m’exploser à la figure à chaque statut. Mais là, ça vire limite au masochisme, quand on lit une énième fulgurance en se demandant “mais je lui trouvais quoi à lui, déjà ?”

love story set. all images this series, see my portfolio

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Donc 3 mauvaises raison de rester en “contact”. Suite à mon stage, une séance de lecture avec l’océan pour seul compagnon et un massage ayurvédique, ma décision fut prise. Ciao ex. Ciao un autre d’ailleurs. Un autre sautera bientôt (seule la raison 1 m’a empêché de le faire). Ciao les 2 ex manageuses que j’ai détestées et que j’espère ne jamais recroiser. Ciao une ex amie qui m’a un peu foutu hors de sa vie sans que je sache pourquoi tout en continuant à suivre la mienne et à la raconter à des gens. C’est ainsi qu’après quasi un an sans se causer, je l’ai croisée à une soirée et elle me présentait comme Nina “tu sais la fille dont je t’ai parlée par rapport à [événement assez récent]. D’ailleurs, ça va mieux ta jambe cassée ?” Freakyyyyyyyy ! Donc on enlève. Puis passons sur Twitter couper les ponts avec une ex amie qui me disait le lundi qu’aucun homme n’arriverait jamais à nous séparer pour me virer dès le mardi parce que monsieur ne m’aimait pas. Sans doute parce que je n’étais dupe d’aucun de ses mensonges… En même temps, je n’y suis pour rien s’ils étaient dramatiquement énormes ! C’est depuis ce temps là que je suis très énervée sur la question des pervers narcissiques d’ailleurs.

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Bien sûr, ça ne se fait pas comme ça, ça réveille forcément des souvenirs, des regrets. Pas pour mes exs, eux, c’était bel et bien terminé et le fait que je les laisse désormais glisser peu à peu dans l’oubli me laisse indifférente. Oui, il y en a un qui m’a rendue marteau, qui m’a permis de voir certaines de mes limites, où je me suis rendue compte que j’avais fait de la merde sur pas mal de points mais aujourd’hui, il ne représente plus rien. L’idée de ne plus jamais parler avec lui ne suscite plus rien en moi. Par contre, les amitiés, ça fait un peu plus chier. Elles ont été remplacées depuis, il n’est pas dit que mon moi d’aujourd’hui se serait entendu avec leur Elles du jour. Une, je suis même sûre qu’on était arrivées au bout de toute façon, l’autre… Je ne sais pas mais après tout, si les choses sont telles qu’elles, c’est sans doute qu’il n’y avait pas d’autres alternatives. Tant pis, tant mieux. Alors au lieu de soupirer de la voir s’enfoncer dans son déni et sa fuite en avant, tournons la page.

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De temps en temps, il me prend une frénésie de vide. Je suis une fille qui accumule. Trop, tout le temps, qui garde des bouts de ficelles “parce que ça pourrait me servir”. J’ai gardé des magazines plusieurs années parce que je voulais découper les jolies images et m’en servir pour des tableaux ou des bijoux. Je garde des vieilles fringues que “si, si, je vais remettre” et que je ne renfile jamais. Alors parfois, je pète un plomb et je remplis les sacs poubelles. Au fur et à mesure que je les évacue, je me sens mieux, je me sens renaître. En ce moment, je liste les choses à revendre/jeter, mon Victor en fait autant, on s’encourage à faire de la place. Mais la place, ce n’est pas que dans l’appart qu’il faut la faire…

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Je coupe les fils. Bye gens qui n’avez plus de place dans ma vie, je vous laisse filer. Au fond, on ne partageait plus rien. Je laisse désormais la place libre pour qui voudra la prendre, pour qui je voudrai la donner.

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Les sites de rencontre nous pervertissent

Il y a 10 jours, petite pause dans l’hystérie de ma semaine, je jette un œil sur Twitter et voit quelqu’un ricaner sur un article des Inrocks évoquant la culture du plan cul qui prend ses aises en France. Heu… Je voudrais pas vous choquer les gars mais le plan cul, c’est pas nouveau nouveau comme concept. Je pense que dans les années 80, déjà, VSD et autres titres putassiers devaient déjà réaliser des enquêtes sur ce nouveau phénomène qu’est le plan cul. Phénomène qui n’avait lui-même rien de nouveau à l’époque non plus. Pour moi,la réelle évolution n’est pas dans une certaine libération des mœurs mais plus dans la prise de parole autour de ça. C’est mieux assumé, moins amoral même si de grands intellos masculinistes considèrent qu’une femme qui se donne sans Amour et sans espoir d’être fécondée par ledit monsieur sont de grosses putes vérolées. J’y reviendrai tiens.

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Cet article, outre qu’il doit bien avoir 40 ans de retard, se permet en plus de distribuer les responsabilités, nous rappelant insidieusement que baiser sans Amour, c’est mal. Premier coupable de notre récente  (hmmm) perversion : les sites de rencontre ! Mais oui, à peine est on inscrits dessus qu’on se transforme automatiquement en prédateurs sexuels en recherche perpétuelle de chair fraîche. Ouiiiiiiiii ? Alors qu’avant, tu comprends, les gens ne cherchaient que l’amour parce qu’ils n’avaient pas le choix (c’est vrai, le Minitel ou les petites annonces, sans parler des différents bals et orgies n’ont jamais existé, c’est faaaaaaaaux !) mais depuis que l’on a désormais autant de choix, on se sent obligé de tout goûter. Noir ou blanc, petit ou grand, sec ou rond, jeune ou vieux, homme ou femme. Venez tester, venez vous amuser ! Qu’est-ce que ce sera pour vous ce soir, madame ? Ce délicieux monsieur aux couleur caramel ou un petit trio pour entamer la semaine sur une note d’audace ?

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Oui… Mais non. La quête d’un partenaire varie déjà d’une personne à une autre. Quand je me suis inscrite sur un site de rencontre la première fois (et les fois suivantes), c’était avant tout pour tromper mon ennui. Avoir de nombreuses conquêtes m’a permis de prendre confiance en moi, multiplier les expériences, rencontrer des personnes intéressantes (aussi). Certes, le rythme s’intensifiait dans les périodes où je n’allais pas très bien et que j’avais besoin de ne pas penser. Je pense que je n’ai jamais autant baisé que durant mon chômage et quand je bossais chez Pubilon. Ca, c’est mon cas. A côté, j’ai des ami-e-s qui cherchent un partenaire de vie et ce très sérieusement. Après tout, les sites de rencontre comme les bals populaires d’antan sont avant tout un carrefour où se rencontrent les âmes esseulées. Il peut en naître de l’amour, du sexe, de l’amitié… ou éventuellement un moment gênant.

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Et puis, pardon mais ça veut dire quoi cet article ? Savais-tu, cher journaliste réac, qu’on pouvait tout à fait trouver l’amour sur un site de rencontre même si on ne dit pas non à quelques jeux sexuels de temps en temps. Sais-tu qu’on peut aimer le sexe, avoir envie de s’amuser mais, si on rencontre une personne qui nous intéresse, on a aussi la possibilité de cesser tout jeu de séduction avec les premiers venus pour tenter l’aventure avec celui ou celle qui nous fait battre le coeur ? Est-il impossible de trouver l’amour si on le cherche ? Une fois que l’on s’est adonné au plan cul, sommes-nous condamnés à ne plus être “dignes” d’amour ? Non. Peut-on réellement affliger ce type de raisonnement digne d’une adolescente de 15 ans dans un soap en 2015 ? Non mais pitié…

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