Sois gentille, même si c’est pas toujours facile

 

Ce blog vire dangereusement rose guimauve, faudrait que je m’énerve un peu sur l’actu, on va finir par croire que j’ai perdu toute acidité. Mais tant qu’à parler de bien être et de gens gentils, poursuivons. Depuis mon retour du Canada, je ne supporte plus les Parisiens mais j’essaie tant bien que mal d’être charmante et polie. Sois gentille, c’est pour le bien commun.

Sois gentille

Commençons par deux anecdotes :

  • Philippines, avril 2015 : au 3e hôtel, Anaïs et moi héritons d’une chambre avec vue directe sur le parking quand les autres filles ont des chambres installées autour de la piscine. En fait, les chambres étaient réparties avant notre arrivée et on a changé car Anaïs et moi voulions être ensemble donc du coup, nos colocs prévues respectives étant légèrement du style vindicatif, il devenait difficile de leur refiler la chambre du parking donc les gentilles en ont hérité, ce qui m’a bien BIEN saoulée sur le coup

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  • Pays Basque, juin 2015 : stage de yoga, avant-dernier jour. Lors de ce stage, nous étions responsable de la propreté des lieux avec des consignes claires quant à la vaisselle notamment. Ce matin là, on se lève et catastrophe : lave-vaisselle pas lancé et évier plein, le propriétaire de la maison, un de ses invités et deux stagiaires ayant passé la soirée à picoler sur la terrasse (mon imagination a brodé 35 histoires au moins autour de ça). Pour éviter tout drame, je prends donc sur moi de faire la vaisselle. Jusque là tout va bien. Mais après le repas, la prof m’interpelle : “tiens, Nina, passe le balai dans la maison”. Heu ? C’est à dire que je me suis déjà tapé toute la vaisselle que je n’aurais jamais dû faire, est-ce vraiment nécessaire d’en remettre une couche ? “Imagine que tu chasses tes mauvaises pensées à chaque coup de balai”. Y en avait pas mal pour toi meuf*…

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Dans ces anecdotes, la conclusion semble être “trop bonne, trop conne”. Non mais c’est vrai, regardez le nombre de situations dans le quotidien où il faut rester ferme pour pas se laisser bouffer : dans le métro, par exemple. Je parle même pas d’avoir une place assise mais par exemple, combien de fois il faut lutter pour juste se tenir à la barre centrale vu qu’un-e gros-se boulet-te étale tranquillement son dos sur ladite barre. On se sent spolié dans son bon droit parce que, pardon mais cette barre n’est pas à toi, monsieur-madame et je vais enfoncer mes doigts dans ton dos, je m’en fous… Alors oui, on peut demander gentiment et même une fois sur deux, vous obtenez ce que vous voulez sans énervement aucun. Mais l’autre fois, vous ferez remarquer à une personne qu’elle pourrait lâcher le strapontin vu la foule et elle vous répondra par sa plus grande indifférence (au mieux…)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d'affluence (on comprend pourquoi)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d’affluence (on comprend pourquoi)

Quand je vois ce qui passe à la télé (ouais, ok, je vois plus rien, je l’ai plus mais faisons semblant), les émissions de téléréalité où on se met des quenelles, où on se la fait à l’envers, où les gentils sont vite éliminés, les séries télé ou les films où on kiffe le personnage bad boy/girl irrévérencieux, l’omniprésence de chroniqueurs “mordants”… et à l’inverse les “gentils” présentés comme des faibles, des victimes éternelles, des gens fades et sans intérêt…

Ok, je connais très peu Community

Ok, je connais très peu Community

Et pourtant… Pourtant, quand tu vois comme les gens sont plus détendus dans un pays où la politesse est la norme dans les relations, que tu vois comme ça te met de bonne humeur quand tu as une interaction agréable avec quelqu’un dans la rue, dans les transports. Ou alors, c’est moi qui suis Bisounours mais ça me rend de très bonne humeur, quand le caissier ou la caissière de ma supérette est poli, s’il est de bonne humeur et chantonne ou fait une blagounette… Ben, ouais, ça fait une différence. Vous n’imaginez pas quel niveau de bonheur j’atteignais au Québec, quand il était normal de saluer le chauffeur, que les serveurs te tapent gentiment la causette parce que c’est normal mais qu’ils s’imposent pas non plus. Tu oublies ton réflexe de jouer à la plus connasse pour pas te faire avoir.

Connasse est la parfaite illustration de "l'adoration" autour des personnages détestables (j'ai détesté le peu que j'ai vu)

Connasse est la parfaite illustration de « l’adoration » autour des personnages détestables (j’ai détesté le peu que j’ai vu)

Mais au fond, est-ce si grave ? Oui, parfois, c’est gonflant de voir un mec arriver en même temps que le bus et pousser tout le monde pour pouvoir s’asseoir alors que vous qui étiez là bien avant devez un peu pousser les gens pour avoir une mini place mais après… Après le trajet va durer quoi, 15 mn ? 20 mn ? Une goutte d’eau dans ma journée. Par contre, si je m’énerve, la tension va bien me durer une heure ou deux. Et vous aurez noté qu’en général, quand on est de mauvaise humeur, on peut causer mal à quelqu’un, tout prendre mal, c’est un cercle vicieux.

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Etre gentille… Résolution des 36 ans, tiens. Et franchement, ça va pas être si facile.

* Ce stage de yoga va finir par devenir “Cosette chez les yogi”, j’ai l’impression… Faut dire que je suis tellement retombée en amour avec le yoga depuis mon expérience marocaine que j’ai beaucoup de rancœur contre la prof qui a failli m’en dégoûter.

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Où je ne regarderai pas Game of Thrones (mais j’hésite)

Ce soir, à l’heure où je dormirai à poings fermés, HBO diffusera la nouvelle saison de sa série phare : Game of Thrones saison 06, c’est parti… et je me demande si je vais faire partie du lot des spectateurs… parce que… parce que plein de raisons.

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1 – Parce que HBO

Je ne vais pas forcément cracher sur HBO dans sa globalité car Sex and the City à l’époque, Six feet under, the Leftovers, Veep et certainement plein d’autres séries très bien que je ne connais pas car je ne suis quand même pas une très bonne sériphage. Mais parfois, HBO, cest un peu “alors on a mis du cul et du sang parce que les gens veulent ça!”. Tellement que j’étais persuadée que la série Spartacus que nous pourrions résumer par “des gladiateurs et Lucy Lawless qui baise avec tout ce qui passe”. Du coup, dans Game of Thrones, on retrouve parfois du racolage sans qu’on comprenne bien pourquoi. Exemple dans la saison 5 avec les Aspics du désert, des personnages certes secondaires dans le livre mais là, à part une scène où l’une d’entre elles montre ses seins, elles servent à rien, un pétard mouillé. J’ai rien contre les scènes de cul ou de violence mais si je commence à me demander à quoi ça sert, ça n’est pas très bon signe. Car comme dirait un ex collègue “plus t’as de cul dans l’épisode 1, plus la série pue du cul” (je me suis permise une légère modification de la citation pour la rendre plus “ahah, c’est le cas de le dire”). Donc je suis pas rassurée sur la suite des événements

Scène de sexe dans Game of Thrones

Le sexe est bien présent dans le livre mais son exploitation diffère : dans le livre, les viols sont plus des faits de guerre qu’autre chose, dans la série, ça sert juste à rajouter un arc narratif qui ne sert à rien aux personnages (Sansa, Cersei) et le lesbianisme présent dans le livre sert finalement plus à démontrer une émancipation des femmes concernées (Cersei encore ou Daenerys) et ne sont pas juste mises là pour exciter le spectateur mâle habitué à des scènes saphiques.

Genre typiquement cette scène qui sert à rien

Genre typiquement cette scène qui sert à rien

2- Parce que le livre

J’ai donc entamé la lecture de Game of Thrones il y a 3 ans et j’ai achevé les 5 intégrales, quitte à passer à l’anglais (mais j’ai compris, le style est meilleur en anglais qu’en français) et à acheter une liseuse parce que bon, avoir un tote bag juste pour un bouquin, voilà voilà… Les deux médias présentent deux versions différentes d’une même histoire. Or autant j’ai bien accroché sur les volumes 3, 4 et 5 (le 2 fut une tannée à lire), autant je suis hyper déçue de voir que le rebondissement que je trouvais l plus dingo dans le livre n’existe même pas dans la série pour le moment et je crains qu’il n’arrive jamais. Du coup, tu ne sais pas trop si la série est un spoiler du livre (“ce personnage que tu pensais important ne le sera sans doute pas vu qu’on ne l’a même pas mis dans la série, ahah”) ou juste une autre partition sur un même thème. Mais du coup, vu que je préfère le livre à la série, est-il pertinent de regarder celle-ci et de risquer d’éventer un peu le suspense (genre je savais l’histoire des Noces pourpres avant de les lire… alors que je n’avais même pas regardé la série à ce moment là)

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3 – Mais les spoilers

Toujours les spoilers. J’ai commencé très tardivement Game of Thrones la série parce que je voulais lire les livres avant et ne pas me faire polluer l’imagination. Quand je lis, je me crée les personnages en fonction des descriptions donc forcément, quand on me parle d’Eddard Stark, environ 35 ans, et que je me retrouve soudain avec Sean Bean, ça le fait pas trop. Bref, je ne voulais pas voir les personnages pour ne pas les avoir automatiquement en tête quand je lis que machin fait ça ou bidule fait ça. Je lisais donc pépouse mon tome 2 quand le fameux épisode des Noces pourpres est sorti et tous les petits cons qui ont raconté ce qu’il se passait parce que huhu, c’est trop drôle. Donc quand je suis arrivée à la fameuse scène dans le livre, je savais très bien qui allait mourir et quelle était la traîtrise, youpi… Et en conséquence, je crains que, même si je ne regarde pas la série, ces mêmes petits cons me saoulent avec leurs spoilers et me gâchent le plaisir de lecture

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4- Mais le tome 6 sortira-t-il un jour ?

Parce qu’entre le moment où il va sortir, le moment où je vais le lire (je suis en plein Terry Goodkind sur ma liseuse et un Victoria Hislop sur papier dont il va falloir que je vous parle aussi), je devrais regarder la saison 06 bien après la fin de la série…

Par contre pour GoodKind, j'ai vu un épisode de la série L'épée de vérité et j'ai pas du tout la tentation de regarder la suite car c'était très mauvais

Par contre pour GoodKind, j’ai vu un épisode de la série L’épée de vérité et j’ai pas du tout la tentation de regarder la suite car c’était très mauvais

5- Mais y a plus the Walking dead, j’ai fini les revenants, Trepalium, le baron noir, Mister Robot et Occupied et je galère à trouver les épisodes inédits de The last man on Earth

On regarde quoi maintenant avec Victor, hein (bon, lui, il vaut pas regarder Game of Thrones ni Fear the walking dead (ce que je peux pas vraiment lui reprocher)) ni the Leftovers et il a déjà vu Black Mirror (et on n’a pas aimé du tout le premier épisode d’Utopia) ?

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Bref, on n’a pas fini de parler de Game of Thrones en ces lieux mais du coup… je la regarde cette foutue saison 06 ou pas ?

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Histoire d’O de Pauline Réage

Après la lecture de l’effroyable After d’Anna Todd, j’avais envie de me plonger dans un vrai roman érotique, pour démontrer que l’on peut raconter une histoire torride… Sauf qu’en fait, ce que je ne savais pas, c’est que finalement, Histoire d’O n’est pas tant un roman érotique qu’un roman psychologique.

Histoire-d-O

On va passer rapidement sur l’histoire : O est amenée par son amant dans un château à Roissy où elle va être dressée, devenant un objet de soumission pour les hommes. Puis cet amant va ensuite la céder à son demi-frère, sir Stephen, qui va l’amener toujours plus loin sur le chemin de la soumission.

1975 --- French actresses Corinne Clery and Christiane Minazzoli on the set of Histoire d'O (The Story of O) written and directed by Just Jaeckin. --- Image by © Georges Pierre/Sygma/Corbis

Arrêtons-nous d’abord sur la dimension érotico-sexuelle du roman. Si les faits sont torrides, l’écriture reste étonnamment prude, au point que je n’ai jamais trouvé ça excitant. D’abord parce qu’il n’y a pas de détails : le temps que je comprenne qu’il y avait du sexe, la scène était finie et on se retrouvait dans les introspections de O. Par ailleurs, le vocabulaire reste très soft et j’ai parfois eu du mal à bien saisir de quoi on parlait. Par exemple, je n’avais pas réalisé jusqu’à la lecture d’Histoire d’O que le sexe “entre les reins”, ça veut dire sodomie (et évidemment, nous repensons tous à Je t’aime, moi non plus de Gainsbourg). A un moment, O se fait percer “le bas du ventre”, j’ai mis du temps à comprendre qu’il s’agissait en fait de ses grandes lèvres (mais je voyais pas trop le truc du piercing au ventre). Cette petite pudeur crée un décalage assez fort entre ce qu’il se passe et ce qui est écrit. On va y revenir après.

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Deuxième point : la soumission ou le manque total de caractère d’O qui m’a un peu saoulée au départ “alors je me promène avec mon plan cul et hop, il m’amène dans un château où je subis un gang bang dès le premier soir sans mon consentement mais ça va, finalement, je l’aime, ça passe”. Par la suite, O se fera donc piercer et marquer au fer rouge sans qu’on lui demande son avis puis finit prostituée contre son gré au Château. Alors ceux qui errent sur ces pages savent à quel point ça me rend hystérique les histoires “d’amour” où la fille tombe dans les pattes d’un pervers manipulateur (au hasard : After) ou que le mec fait moyennement attention à son consentement (Beautiful Bastard) mais qu’on nous fait croire que c’est ça l’amour, le vrai. Donc là, je dois être en triple salto arrière tellement je suis énervée. Mais non… car lire Histoire d’O sans le contexte d’écriture fait passer à côté de la compréhension de l’oeuvre.

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Ce roman n’aurait jamais dû être publié, il n’a du moins pas été écrit pour ça. “Pauline Réage” (en vrai Dominique Aury) a écrit ce roman uniquement pour exciter son amant au départ. Histoire d’O n’est pas une ode à la soumission et à l’abandon féminin mais une tentative (réussie) de prouver à son amant qu’elle était capable d’imaginer une histoire particulièrement salace et perverse. A partir de là, elle n’avait aucune raison de censurer ses ardeurs, pouvant livrer son héroïne aux mains expertes de sadiens expérimentés qui vont la violer, jusqu’à qu’elle finisse par prendre du plaisir à ses pratiques et tombe même amoureuse de ses dominateurs. Cette clé est essentielle pour comprendre le pourquoi du roman mais qui explique aussi un peu la “pudeur” du vocabulaire évoqué plus haut : Réage réalise ici un exercice, ce n’est pas du tout son style d’écriture habituel et elle cherche à choquer et bouleverser son amant… tout en, selon moi, s’autocensurant inconsciemment en n’utilisant pas un vocabulaire trop cru.

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Mais finalement, Histoire d’O n’est pas tellement un roman érotique pour moi, ni un roman d’amour mais un roman psychologique suivant les histoire d’une femme qui repousse de plus en plus loin ses limites et s’abandonne dans la soumission.

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Les Québécois, les gens les plus merveilleux du monde

Tant que je suis dans mon bain d’amour pour l’humanité suite à ma retraite yoga, je dois vous parler des Québécois, terminant ainsi mes articles sur mon voyage au Canada. Comme vous avez pu le ressentir à travers mes articles, j’ai beaucoup aimé mon bref passage au pays des Caribous et je me dis que j’y vivrais bien, tiens. Parce que oui, les hivers sont peut-être rigoureux mais les Canadiens sont les gens les plus adorables et polis de la terre.

Man stretching jacket to reveal shirt with Canada flag

Arrivée à Montréal, je me frotte direct aux transports en commun pour rejoindre l’appart de Joy et Isa. Mes écouteurs vissés dans les oreilles pour ma musique de voyage, je me tiens droite sur le quai du métro, guettant l’air de rien par dessus mon épaule celui ou celle qui va me faire le plan classique de venir se poser juste à côté de moi pour rentrer en premier dans la rame. Ah non, personne ne fait ça… Je rentre dans la rame, m’assois. Dès qu’une personne âgée arrive, quelqu’un lui cède la place… Oh mon Dieu, quel est donc ce pays merveilleux ?

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Un exemple m’a particulièrement frappée : à un moment, on doit prendre le bus, je vois des gens en rang d’oignon sur le trottoir. Intriguée, je demande  mes copines ce qu’ils font “Ben, ils attendent le bus”. Oh mais tu veux dire que le premier arrivé sera le premier entré dans le bus ? Non mais laissez moi vous raconter comment ça se passe à Paris pour que vous compreniez mon choc (pour ceux qui ne connaîtraient pas les us et coutumes de notre capitale) : les gens se posent de façon anarchique à l’arrêt de bus et dès que le véhicule arrive, ça se bouscule sur le trottoir. Et en général, vous avez toujours un connard ou une connasse qui arrive en même temps que le bus mais se place sans trembler devant tout le monde.

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Tout est à l’avenant ! Les serveurs et serveuses vous parlent, font des blagues, vous demandent si ça va bien et avec le sourire en plus. Une anecdote : lors du dernier jour, nous sommes allées à Juliette et Chocolat, un salon de thé dédié au chocolat (comme on s’en doutait pas). Avis lus sur Internet : “service prétentieux avec que des serveurs français”. Et oui, ça m’a fait rire.

juliette-chocolat salon de thé Québécois

Alors forcément, au bout de 4 jours, j’ai envie de vivre là-bas : la rue n’est plus une épreuve, les gens sont gentils, polis, les mecs ne vous ennuient pas, tout ça, c’est le bonheur, j’avais envie de faire des bisous à tout le monde. Mais vous savez le pire ? C’est que je sais que si, demain, je partais vivre au Québec, il me faudrait quelques jours pour abandonner mes réflexes de parisienne connasse parce que… ben 11 ans dans la ville de la petite incivilité, du “je rentrerai avant toi dans le métro pour choper la place assise et tant pis pour les vieux, invalides ou femmes enceintes, je poserai mon cul ! Et j’utiliserai le strapontin même si y a du monde parce que mon confort passe avant le vôtre, bande de boloss !”, ben, je suis toujours sur mes gardes, prête à faire chier les connards qui voudraient me passer devant, la langue qui claque au premier “lent en plein milieu” qui se dresse su mon chemin (j’ai développé une vraie aversion pour les gens lents qui errent dans les couloirs du métro. Je veux bien être tolérante envers les personnes âgées mais les gens qui marchent de travers en plein milieu aux heures de pointe dans les couloirs parce qu’ils lisent leur smartphone, j’ai envie de les encastrer dans le mur… Voyez ce que je veux dire sur le “abandonner mes réflexes de connasse parisienne » ?)… Ca, au Québec, ça va pas être possible…

Station Cité, la station où les gens t'énervent pas car y  a jamais personne

Station Cité, la station où les gens t’énervent pas car y a jamais personne

Et ça m’interroge. Je veux dire : pourquoi on se fait subir cette agressivité en permanence ? Si les Canadiens peuvent se mettre en rang sur le trottoir pour rentrer dans le bus dans l’ordre d’arrivée, sans bousculade, si les Canadiens peuvent saluer le chauffeur de bus, les serveurs, si les Canadiens peuvent avoir des rapports cordiaux entre eux… Pourquoi nous, on n’y arrive pas ? Anaïs a avancé une théorie : ils sont moins nombreux. L’incivilité est-elle une conséquence de la densité de population ? Ce n’est pas si délirant : on se bouscule souvent dans le métro pour pouvoir se faire une petite place et parvenir au travail à l’heure. Je veux bien y croire mais quand même… imaginez la vie si nous étions tous plus respectueux les uns des autres, si nous arrêtions de nous chamailler et nous agresser pour des broutilles, qu’on intégrait la civilité et la politesse à notre quotidien… mais comme on serait de suite beaucoup plus heureux. Non mais c’est vrai, regardez combien de fois vous êtes arrivés énervé au boulot à cause de quelqu’un dans le train, bus,métro ou sur la route ?

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Les Québécois ont tout compris… Et encore, il paraît que ce sont les Canadiens les moins disciplinés…

Je vais demander ma mutation.

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Retraite yoga : il faut persévérer

Hello ! Ca va bien, vous ? Moi, ça va très bien ! Pour ceux qui ne me suivraient pas sur Twitter ou Instagram, vous avez raté mes périples au Maroc où je suis partie en retraite yoga. 5 jours de Vinyasa, réservé un jour de “raaaaaaah j’en ai marre, ils me fatiguent tous [au taf], vite, vite, du zen !”. J’ai légèrement hésité, au vu de mon expérience pas ouf de l’an dernier mais, vous savez quoi ? J’ai eu raison de m’entêter.

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L’an dernier, j’étais partie, confiante, en retraite au Pays Basque, dans une maison magnifique mais… j’en ai chié. Au point qu’au cours du séjour, j’ai limite développé une haine du yoga, je me disais que c’était de la grosse merde, que j’aimais même pas ça et que j’allais m’investir dans le Pilates, plutôt. Finalement, seul un massage ayurvédique avait apaisé mon énervement (et mes courbatures) et avec le temps, j’avais oublié cette réaction épidermique. Puis lors de ma retraite de la semaine dernière au Maroc, ça m’est revenu… Oui, j’aime le yoga, j’aime les défis qu’il me pose mais… l’an dernier, j’avais juste été prise en grippe par une prof malveillante (envers moi du moins).

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Oh, rien de personnel, je pense. J’étais juste pas élève de son école et nous n’avions pas la même conception du yoga : je voulais me détendre, remettre du zen dans ma vie, pas faire un training militaire. Non parce que, ok, ça a été cool pour mes abdos mais c’était pas du tout ce que j’étais venue chercher. En rentrant, je m’étais dit “ouais bon, je vais quand même m’inscrire dans un cours parce que bon, si ça doit me faire les abdos…” mais je ne l’ai jamais fait. Parce que j’avais un peu intégré que j’étais une quiche, que j’avais pas envie de me faire malmener dans mes loisirs, que le sport doit me faire du bien et pas de mal.

retraite yoga

Là, par exemple, on a fait de la méditation sur la plage… Vie difficile !

Et puis le Maroc, et puis la révélation. Une prof bienveillante mais exigeante qui n’allège pas son programme alors qu’au matin du 4e jour, on s’effondre sur la première posture demandant un minimum d’équilibre. Dur ? Oui mais il n’y a pas ce sentiment d’échec : oui, on est fatiguées et, oh, devinez quoi ? C’est normal. Je n’arrive pas à faire les postures que sur les mains parce que j’ai peur de tomber ? Pas de soucis, j’y arriverai plus tard, chacun son rythme. Par contre, je gère pas mal le pont si vous voulez savoir. Oui, le yoga est une discipline exigeante mais NON, on n’est pas là non plus pour être performante. Non, je ne suis pas nulle, je sais gérer certains exercices, d’autres moins, c’est normal, en fait…

Bon, faut m'aider un peu car toute seule, j'arrive juste à me mettre sur la tête. Et c'est déjà pas mal

Bon, faut m’aider un peu car toute seule, j’arrive juste à me mettre sur la tête. Et c’est déjà pas mal

Fin de séjour, je rentre en France, heureuse, sereine, motivée, prête à mordre la vie à pleine dent. Première mission : voir les cours que donne la prof que j’ai eue au Maroc pour m’inscrire et pratiquer. Parce que j’ai besoin de sérénité mais j’ai aussi besoin de me prouver qu’à force de travail, je peux arriver à faire des choses… même à tenir sur les mains si je veux.

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Bref, moralité : il faut savoir relativiser certains “échecs” qui ne devraient même pas porter ce nom là, d’ailleurs. C’est une leçon qui s’applique à tout. Prenons l’exemple du travail : parfois, sur un dossier, vous n’êtes pas à votre optimum ou vous ne comprenez pas les attentes de la personne en face et elle aura de vous une mauvaise opinion. Ce qui ne veut pas dire que vous êtes mauvais dans l’absolu mais que dans ce cas, ça l’a juste pas fait. Idem en amour : une rupture ne veut pas dire que vous êtes une personne horrible dont personne ne veut mais qu’avec la personne qui vous quitte, ça ne le fait pas pour une raison X ou Y. Et je prends là une grande résolution, la plus dure de toutes mes résolutions : arrêter de m’évaluer dans le regard des autres.

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Bref, une nouvelle ère commence : une ère où Nina devient accro au yoga. Mon objectif ?
Ca :

Bakasana, le corbeau

Bakasana, le corbeau

Et ça :

sirsasana
Mais surtout ça :

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(et enfin ça, on va pas se mentir non plus) :

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Cette bande annonce qui m’a trompée

Quand je vais au cinéma, je fais bien attention à ne pas rater le début de la séance car ils passent un truc que j’adore : les bandes annonces. J’aime bien prendre ces morceaux de films mis bout à bout et imaginer l’histoire du long métrage derrière. Sauf que maintenant, la bande annonce te spoile méchamment le film. Comme dirait le fossoyeur de films “maintenant, aller au cinéma, c’est payer pour voir la version long métrage de la bande annonce”. Et c’est pas faux ! Je me souviens par exemple avoir vu le film Le Saint avec val Kilmer et à un moment, le personnage est censé être mort ou disparu (j’ai un souvenir très diffus de ce film) mais je savais que c’était un leurre. Parce que c’est le héros donc immortel ? Non parce qu’une image de la bande annonce le mettant en scène n’était pas encore passée… Et c’était extrait d’une des dernières scènes du film. Bravo champion.

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Mais parfois, les bandes annonces sont montées de telle façon qu’on te raconte une tout autre histoire. Bonne nouvelle, on me spoile pas le film mais mauvaise nouvelle, ça peut être absolument déceptif. Prenons par exemple les comédies : on peut être sûr que les meilleures vannes seront dans la bande annonce, faut donner envie quand même. La question devient alors : est-ce que le film est à l’avenant où on a eu droit aux seules trois bonnes vannes de l’oeuvre. L’avantage, c’est que si on n’a pas rigolé sur la bande annonce, on peut déjà se passer de voir le film.

Dès la bande annonce, tu sais que tu n'iras pas voir ce film

D’autres fois, tu vois un teaser et là, ton imagination construit une histoire en deux minutes trente et tu veux aller voir ce film… Sauf qu’il n’existe que dans ta tête en fait. Comme par exemple… A la poursuite de demain. Quand j’ai vu la bande annonce pour la première fois, alors que le film s’appelait encore Tomorrowland, j’avais très envie de le voir, d’autant que la grande ville me rappelait follement Esthar de Final Fantasy VIII, jeu auquel j’ai beaucoup joué, juste pour les cinématiques et parce qu’il se finissait beaucoup plus vite que Final Fantasy VII. Et un peu Zanarkand de Final Fantasy X, jeu que je n’ai jamais terminé, tiens… Bref, j’étais motivée pour le voir même si je craignais d’avoir un George Clooney version “je suis venu cachetonner mais j’en ai rien à foutre du film, bisous !”. Puis les distributeurs français ont décidé de lui donner un titre français “À la poursuite de demain”, douchant immédiatement mon enthousiasme. Déjà, est-ce que les gens qui traduisent les titres de films peuvent arrêter de parodier des titres d’autres films ? Genre le “entre amis”, là. Surtout qu’en général, ça n’annonce vraiment rien de bon, ça fait “hé, ce film est une merde mais on a mis un titre proche de celui d’un autre film que vous avez aimé pour vous attirer dans les salles”. 

Ici Esthar

Ici Esthar

Zanarkand

Et là Zanarkand

Magie, magie, Tomorrowland se matérialise sur mon disque dur et un soir de “on fait rien”, on décide de se mater ça avec Victor. Et… Ben pour ce que j’en ai vu parce que je me suis endormie un bon moment, c’est mauvais. Je vais citer Victor qui lit par dessus mon épaule tandis que j’écris cet article “Non mais parle de la scène d’exposition qui te fait croire que la fin du monde est imminente afin de créer un enjeu alors qu’à la fin du film, tu comprends que pas du tout, c’est malhonnête !”. Ce n’est certes pas le sujet mai un peu quand même car il y a une autre chose de malhonnête dans ce film : la bande annonce ! Donc là, je vais spoiler mais le film est nul de toute façon ! En fait, dans le film, l’insupportable héroïne dont j’ai oublié le nom trouve un médaillon qui la fait switcher de son monde actuel (le présent) à cette société futuriste incroyable où elle va prendre une fusée, moment qui constitue l’essentiel de la bande annonce et qui m’avait mis l’eau à la bouche… sauf qu’on apprend au bout de 20 mn de film qu’en fait, ce qu’elle a expérimenté n’était qu’une publicité pour une ville qui n’existera jamais. L’enthousiasme de la jeune insupportable est douché et mon intérêt pour le film envolé.

Et donc là, c'est Tomorrow Land

Et donc là, c’est Tomorrow Land

On a en France un vrai problème avec les bande annonces. Je sais pas bien comment ça se passe à l’étranger mais nous, soit on te raconte tout le film parce qu’on veut t’en mettre plein la vue et que les scènes finales sont généralement plus dantesques que le début (surtout pour les blockbusters) soit on te raconte un truc qui n’a rien à voir parce que les seules scènes cool du film mises bout à bout sont trompeuses… Mais on s’en fout, on veut que tu craches ton billet de 10 pour voir ce film qui, en fait, n’existe pas ou que tu connais déjà. Et encore, quand je dis 10, je parle pour les versions 2D.

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En attendant, je suis toujours à la recherche de ce film d’anticipation avec une ville cool et lumineuse qui me donnerait envie de vivre dans le futur, une belle utopie… Je ne désespère pas ! Mais je me fierai plus aux bande annonces pour choisir un film, par contre. Et je vous mets les cinématiques de Final Fantasy VIII et X car ça me fait plaisir

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Le concert posthume  de Jimi Hendrix d’Andreï Kourkov

Quand je me rends dans une librairie, j’ai quelques rayons chouchous notamment littérature étrangère et en particulier Italie et Europe de l’est. Italie, c’est pour trouver d’éventuels romans de Moravia réédités qui ne seraient pas encore en ma possession, l’Europe de l’est pour trouver des romans un peu décalés, voire un nouveau polar de Zygmunt Miloszewski. Et justement, en m’y baladant l’autre jour, je tombe sur un nom connu : Andréï Kourkov. J’avais lu le très drôle “les pingouins n’ont jamais froid” (sans savoir qu’il s’agissait d’une suite mais ça va, j’ai pu quand même raccrocher les wagons), je ne pouvais donc que céder à la tentation. C’est parti pour Le concert posthume de Jimi Hendrix d’Andrei Kourkov

Le concert posthume  de Jimi Hendrix d’Andrei Kourkov

L’histoire : il se passe de drôles de choses dans la ville de Lviv, en Ukraine : bien que loin de la mer, la ville est soudain la proie de mouettes agitées, l’iode sature l’air, des petits crabes font de petites excursions dans les tuyauteries de la ville. Plusieurs personnages se croisent à la faveur de la nuit dans la ville : Alik, éternel hippie fan absolu d’Hendrix, Riabtsev, ancien du KGB, Taras, jeune garçon qui évacue les calculs rénaux de ses “patients” grâce à des balades nocturnes à bord de sa vieille voiture, Darka, une jeune allergique à l’argent qui travaille dans un bureau de change, Oksana, jeune femme très investie dans l’humanitaire et Jerzy, voisin de Taras et coiffeur amoureux d’Oksana.

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On assiste à l’évolution de deux groupes distincts : Taras, Darka, Oksana et Jerzy d’un côté, Alik  et Riabtsev de l’autre même si les personnages se croisent au cours de leurs péripéties, surtout dans la nuit profonde de Lviv. Tous notent les changements étranges, tous enquêtent sur le sujet pour enfin comprendre d’où viennent ces manifestations marines.

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Kourkov nous sort ici une aventure trépidante et totalement surréaliste avec un peu de rock, un peu d’amour, un peu de mystère mais aussi pas mal de vodka. L’écriture est agréable, tu dévores littéralement le roman pour comprendre où il veut en venir et… et finalement, la conclusion n’est pas si importante car la vraie force de ce roman, c’est la galerie improbable de personnages qu’elle contient. La fille allergique à l’argent qui bosse dans un bureau de change, l’ancien agent du KGB qui a fait venir illégalement la main de Jimi Hendrix  en Ukraine, l’histoire des calculs rénaux. En fait, ce roman pose une question, une énorme question. Enfin, deux :

  • d’où il sort toutes ces idées délirantes
  • Comment il a réussi à en faire un bon roman avec des bouts d’histoire ?

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Non parce que c’est là, je crois, le génie du roman : tu suis d’un côté le mystère marin mais tu as aussi l’histoire de Taras et des calculs, l’histoire de Taras et Darka, l’histoire d’Oksana, celle de Jerzy qui veut la conquérir, le duo improbable Alik-Riabtsev avec notamment leur passion pour Hendrix, un écrivain et un spécialiste des phénomènes occultes là dessus, c’est n’importe quoi mais c’est un excellent n’importe quoi. Un roman surréaliste qu’on ne lâche pas

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Donc dans le rayon “littérature des pays de l’Est”, si vous voyez apparaître Kourkov, n’hésitez pas

 

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Et si tu lisais avant de retweeter

Les réseaux sociaux sont un univers fascinant. Même si je rêve parfois d’une autre carrière, ce qui ne me lassera jamais, c’est la petite sociologie que je peux faire là dessus. Et parmi mon sujet de fascination : le besoin viscéral de tweeter les infos le plus vite possible, commenter sans lire. Quitte à avoir l’air très con par la suite.

Commenter sans lire

Il y a quelques semaines, France Dimanche balance sur les réseaux sociaux “Nicolas et Carla, la séparation !”. Aussi sec, les réseaux sociaux s’enflamment, les internautes traitent très élégamment Carla de pute (faudra que je revienne là dessus, aussi), rappelant sa longue liste de conquêtes et se gaussent sur cette rupture. Sauf que… ben, y a pas de rupture en fait : en lisant l’article (payant, bien évidemment), on découvre que le couple se sépare… d’un chien. Voilà, voilà. On s’est donc ramassé un gros vomi bien sexiste pour rien, youpi ! Et c’est un plaisir de vous mettre le nez dans votre caca en soulignant que vous n’avez pas lu, trop occupés à sortir la meilleure vanne en premier.

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Sur les réseaux sociaux, je classerai les internautes hyper réactifs en deux clans :

  • ceux qui se croient au stand up, les stackhanovistes de la punchline qui bondissent sur le moindre os à ronger pour essayer de faire le buzz à tout prix. Retweete-moi, retweete-moi, retweete-moiiiiii ! Bon évidemment, à un moment, tu finis par te planter sauf que ces comptes étant fortement suivis, un hoax est vite diffusé
  • ceux qui veulent se donner une image d’éclairé et vont faire feu de tout bois. Un article d’actualités ? Hop, hop, je retweete, je commente, je suis celui/celle qui sait, regardez ! Alors que pas forcément justement vu qu’ils balancent tout ce qu’ils voient passer sans filtre et sans prendre le temps de lire. Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui gueulent parce qu’on ne parle pas des attentats de Beyrouth ou Lahore alors que, si, les journaux en ont parlé mais que, juste, personne dans ses communautés n’en a parlé. Mieux, ceux qui postent un courageux statut « ah et personne ne met le drapeau pakistanais en PP, hein, bravo! ». Non, c’est vrai… toi le premier d’ailleurs.

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Bref, ça étale sa fausse science à toute vitesse parce que… je sais pas, le besoin de la primeur de la réaction ? Le 1er avril, les décodeurs ont écrit un article sur le fait que plus on fréquente les réseaux sociaux, moins on lit. Réactions indignées de tas de commentateurs qui viennent expliquer que non, c’est pas vrai, eux, ils sont sur Facebook mais lisent 3 livres par jour ou à l’inverse ceux qui pleurent sur cette génération de jeunes décérébrés et incultes, pia pia pia. Penchons nous un peu sur cet article :

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J’avoue, j’ai joui.

Et je m’interroge sur ce besoin de donner son avis sans réellement savoir de quoi on parle. Et je parle de ce cas mais le nombre de fois où j’ai eu des “débats” avec des fachos décérébrés à qui tu envoies des articles pour un peu chiffrer ton propos et qui te répondent en 2 secondes “c’est de la merde cet article”. Tu l’as même pas lu, mec… Du coup, je questionne régulièrement “mais tu as lu ce que je t’ai envoyé ?”, question qui reste étrangement sans réponse. Parce qu’en plus, c’est ça qui est magique : je commente sans lire mais je ne l’admettrai jamais comme le prouve ce commentaire sur l’article sus nommé :championne

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Je comprends les réactions épidermiques, à chaud, il m’en arrive d’en avoir sur certains sujets mais je me renseigne aussi, je lis, j’essaie d’aller un peu plus loin que “j’ai lu un titre d’article, je suis pas d’accord et je me sens obligée de le dire”. Peut-être aussi parce qu’en tant que professionnelle des réseaux sociaux, je connais un peu trop les titres “mendiants du clic” pour me laisser berner… et surtout que finalement, il y a toujours matière à creuser et il est intéressant de se cultiver à minima. Ok, on en n’a pas toujours le temps mais… vous savez quoi ? On a aussi le droit de ne pas avoir un avis sur tout, de ne pas s’exprimer si on n’est pas sûr, si on a un doute. L’important n’est pas tant de réagir en premier mais de réagir de façon éclairée…

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Et en plus, ça vous évitera de passer pour un-e con-ne

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36, c’est 18×2

Bonjour à tous !  Aujourd’hui, j’ai décidé de vous offrir un cours de maths ! Non, en fait, aujourd’hui, c’est mon anniversaire, j’ai donc 36 ans. Ouais, 36 ans, 18×2, donc. Et curieusement, je le vis pas forcément hyper bien.

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En fait, un anniversaire, c’est toujours l’occasion de faire un peu un point sur sa situation… qu’on le fasse consciemment ou non d’ailleurs. Et le problème, c’est que je suis pas sûre d’être là où je devrais être à l’heure actuelle. En fait, je me sens un peu sur une fin de route et je n’ai aucune idée de quelle direction prendre par la suite. Et ça me saoule.

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Reprenons : bon, niveau privée, j’ai de quoi faire, le virage est amorcé et la direction claire mais… y a cet éternel problème de temps libre, d’envie de me réaliser dans certaines activités mais je n’y arrive juste pas et ça commence à vraiment me frustrer. Je veux vraiment tenter l’aventure éditoriale mais ma vie socialo-amoureuse d’un côté et surtout ma vie pro de l’autre m’en empêchent, j’ai pas de temps pour écrire quoi que je fasse et bordel, j’en ai un peu assez.

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Mais le vrai point de tension, c’est le professionnel. Au quotidien, ça va, les jours se suivent sans toujours se ressembler et si y a des matins, je me lève avec un goût de pas envie, c’est plus parce que je suis pas du matin, je pense. Mais voilà, force est de le constater : je suis arrivée au bout du chemin et j’arrive pas savoir vers quoi reprendre la route. En gros : le social media management, je gère, je suis même capable de passer pour une pro de Snapchat alors que je n’arrive toujours pas à m’en servir (enfin, je sais pas quoi poster dessus, les trucs que je partage, je le mets sur Twitter ou Instagram, les choses que j’ai envie de partager en petit comité… je les mets pas forcément sur les réseaux sociaux. Mais je suis quand même sur snap et je vais vraiment essayer de snapper des trucs, je vous mets le compte :

snap-nina-bartoldi). Bref, les réseaux sociaux sont mon terrain de jeu… mais un terrain de jeu où je peux un peu trop dire quelle balançoire grince et quel cheval à ressort secoue le plus… Déjà, à force de coups de pression, j’arrive à quitter le community management pour la strat pure, mais…

36 ans

Alors voilà, je réfléchis et j’étudie les différentes options. Le management, ça me fait pas triper mais ok, je suis prête à m’y lancer à présent parce que… ben parce que c’est la route la plus évidente, en fait. Les RP ? Non merci. Le paid ? Ca me plaisait bien y a un an et demi mais finalement, c’est pas tant mon trip que ça, même si j’aime vraiment bien le RTB. La data ? Ah oui, ça, vraiment, ça me plaît. Mais comment transformer l’essai ? J’ai pas mal cette dimension dans ma boîte actuelle mais ça reste du social media data, on est très loin du data mining ou data analyse, il me manque trop de cordes pour le moment. L’autre jour, pendant un massage shiatsu (oui), j’ai eu une révélation : je veux faire de l’économétrie. Alors j’ai pris mon clavier, j’ai regardé… Ok, j’en ai pour minimum deux ans de formation (continue) ou en formation à distance…. à 2500 € l’année. Pas du tout ce que j’avais prévu et gros coup au moral. Parce que ça fait 9 ans que je vais du community management, 5 ans que je fais des claquettes sur les réseaux sociaux et je n’arrive pas à dessiner de nouveaux ponts. Je m’y emploie, je m’agite, je m’épuise… Et j’ai la sensation de louper toutes les opportunités.

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Le problème, c’est qu’à vouloir tout faire, on ne fait rien. Je veux booster mes langues et maîtriser un minimum l’espagnol et le suédois, en plus de ré acquérir l’allemand. Je veux devenir une économétriste, faire du yoga, aller à la piscine et à la salle de sport, coudre et tricoter, faire des infographies et même des vidéos… Bref, je m’obsède sur l’obtention de nouvelles compétences et je n’avance pas.

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36 ans, c’est 18×2. 18 ans, l’âge où j’ai quitté le nid familial, le plus gros changement de ma vie. J’aimerais que mes 36 ans soient un peu une réédition même si ok, je vais déménager pour m’installer en couple et ça, c’est déjà un sacré changement mais j’aimerais enfin trouver ma place au sein du milieu professionnel. Parce que ça fait 9 ans que je suis une carrière que j’ai pas forcément choisi, que j’y suis bonne en plus mais… ben, il serait temps de passer à autre chose.

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Et si on les foutait tous dehors ? (mon rêve)

Je suis une citoyenne écoeurée, dépitée, blasée au dernier stade. En 2012, je souffrais dans la France de Sarkozy, je n’attendais que son départ, en espérant que ça nous apporte un peu d’oxygène. Je déteste la France de Hollande : riches contre pauvres, citoyens contre citoyens, les “bons Français” contre les “Musulmans d’apparence”, les Roms ou, pour certains, le “lobby juif qui dirige en souterrain la France”. En 2012, j’espérais une alternance qui apaiserait. En 2016, j’ai envie de pleurer en pensant à 2017 : quels que soient les candidats, il n’y a aucun espoir d’une réelle alternative. Sauf infarctus, rupture d’anévrisme ou énorme scandale, 9 chances sur 10 qu’on se ramasse Juppé. C’est mieux que Sarko, mais mieux que Sarko, ça veut pas dire que c’est bien. Bref, voici ma colère de citoyenne

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Et puis. Et puis il y a eu la dernière estocade, la loi Travail, un ultime crachat à notre gueule et un gros ras le bol. Les lycéens descendent dans la rue, les étudiants, la place de la République est désormais occupée toutes les nuits. On se lève et on dit stop, ça suffit l’enculade avec du verre pilé, on ne peut plus. Et là dessus, comme une fine couche de chantilly, paillettes au chocolat : les Panama Papers. Alors, j’écris cet article à 10h05 et je ne connais pas encore la liste des impliqués (bon, à part Balkany pour la France et ça commence à tomber sur les “proches” de nos chers dirigeants mais bon, Balkany qui n’aurait pas été impliqué dans une magouille, c’est limite inconcevable) mais ce matin, en me levant, je me suis prise à rêver que tous nos dirigeants des 10 dernières années soient impliqués. Que notre oligarchie tombe tout entière dans ce scandale, qu’on les foute tous dehors, qu’on reparte de zéro.

colère de citoyenne

Alors évidemment, je vous entends derrière votre écran “mais t’es vraiment trop utopiste : on les fout dehors, ok, mais so what ?”. C’est vrai que si je regarde les modèles étrangers, je suis pas tout à fait sereine : Tsipras ressemble finalement plus à un pétard mouillé qu’autre chose. L’Islande, dont on ne pensait que du bien parce qu’ils “ont préféré l’intérêt des individus plutôt que celui des banques” se retrouvent avec un Premier Ministre touché directement par le scandale… Peut-être Podemos… Mais si on ne peut pas tout changer en 1 jour, il est peut-être temps d’y penser. Envisager la 6e République. Celle de Mélenchon ou une autre, je suis pas particulièrement Mélenchoniste. Et vous savez de quoi je rêve ?

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Je rêve d’une carrière politique limitée dans le temps. Deux mandats maximum (et encore que), de la proportionnelle. Comme je disais sur Twitter “je ne veux plus qu’on fasse carrière en politique mais que la politique ne soit qu’une parenthèse dans une carrière”. Parce que la carrière politique pose un réel problème, notamment au niveau du clientélisme, de la déconnexion avec la vie de la plupart des citoyens, les petits arrangements entre amis qui piétinent joyeusement l’intérêt général. Les citoyens grondent ? On balaie ça d’un méprisant “mais ils ne savent même pas de quoi ils parlent”. Ah ben oui, c’est vrai que nos élus sont bien plus éclairés que nous, ils ont fait de grandes écoles, vois-tu…

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Sauf que non. Revenons à une énième colère des citoyens vs les députés : le vote sur l’état d’urgence avec 136 députés présents vs 441 députés absents. Face à la colère, quelques sites Internet sont venus nous expliquer que c’était normal, quelques députés ont expliqué le pourquoi du comment : le lundi, ils sont en province pour faire du local, d’autres étaient en commission, d’autres encore à la buvette. Ok, bien mais pourquoi il y a eu si peu d’explications par les principaux concernés ? Parce qu’ils considèrent que les citoyens n’ont qu’à savoir comment ça fonctionne ou juste parce qu’ils s’en foutent (vu l’absence de réponse générale sur le sujet de l’absentéisme à l’Assemblée, j’ai une petite idée sur la réponse) ? Mais surtout, surtout, je cite : “Tous les députés ne sont pas spécialistes de toutes les questions traitées. Seuls ceux qui ont travaillé le sujet, parfois de longue date peuvent utilement participer aux débats. Les autres n’ont rien à dire.” (article qui date de 2009…) . Ok alors du coup… pourquoi ils se prétendent plus éclairés que nous, les citoyens idiots et incultes ? Pourquoi on continue à nous vendre une oligarchie éclairée alors qu’on a juste à faire à des individus à réseaux qui ne représentent que leurs propres intérêts ? Pourquoi on a une Assemblée qui ne ressemble absolument pas à la population française mais qui n’est qu’un entre soi essentiellement masculine, CSP++, blanche et pas vraiment jeune (pléonasme) ?

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Ce matin, je me suis réveillée avec un espoir : qu’on foute tous ces gens dehors et qu’on revoie le système de fond en comble pour assurer une représentation plus en phase avec la population française et surtout des individus qui agiront vraiment parce que 5 ans, ça passe vite et tu ne rempileras pas 107 ans non plus. On me répondra qu’à l’inverse, quelle motivation pour ceux qui savent qu’ils ne resteront pas par la suite? Je sais pas mais après tout, on nous fait croire que la précarité et les contrats courts, c’est le bien alors pourquoi ça ne concernerait que les citoyens ?

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Et pour finir, une petite vidéo d’une candidature qui fait réfléchir, celle de Dany Caligula, un jeune homme que j’aime de plus en plus (et pas juste parce qu’il est Toulousain)

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