Fichage politique… ou segment d’analyse

Donc affaire Benalla, une ONG décide de lancer une analyse d’écoute sociale sur les messages sur Twitter. Pourquoi, nous verrons ça demain. Aujourd’hui, je vais vous parler des segments d’analyse ou pourquoi certains se sont retrouvés classés.

Couleurs politiques

DisinfoLab a donc listé 55 000 comptes Twitter ayant évoqué l’affaire Benalla. Autant vous le dire : c’est un corpus beaucoup trop grand pour en tirer une analyse pertinente. L’ONG a donc pris le parti de ne conserver que les 3 900 plus actifs. Pourquoi 3 900 ? Là, je ne sais pas : est-ce le volume de tweets qui est pris en compte ? Peut-être. C’est pas tellement le sujet que je souhaite aborder. Ce listing a été diffusé comme les autres. Enfin, deux listings apparemment, je n’ai pas réussi à mettre la main sur le second, je ne l’ai pas cherché non plus.

Listings

Sur celui que j’ai, chaque compte est associé à la diffusion ou non d’intox qui ont été diffusées ces derniers mois. Le but : établir certainement un score de fiabilité. En somme, est-ce que le compte qui a beaucoup parlé de l’affaire Benalla est coutumier des intox ou non. Une information qui pourrait être en soi intéressante sauf que… ça se discute en fait. Par exemple, la seule intox que j’ai vue passer dans ma timeline est celle sur “Benalla était le voisin du petit garçon sauvé par Mamadou Gassama”. La personne qui l’a retweetée l’a fait car elle a cru, comme moi, qu’il s’agissait d’une vanne. Parce que j’ai vu ça, ça m’a paru trop gros, j’étais en mode “ohlala, ils vont loin dans la vanne, hihihi”. Sauf qu’en checkant le compte retweeté, je me suis rendue compte que j’avais affaire à un gros identitaire de merde qui pensait réellement que le mec dont on a une image plus que pixelisée était REELLEMENT Alexandre Benalla. Du coup, si ma pote avait été dans les  3900, elle aurait été comptée dans les diffuseurs de fake news… Bon, ok, quand on fait une analyse macro, il y a une marge d’erreur, comme tout travail statistique où l’on apporte toujours un correctif. Par exemple, sur les sondages politiques, notamment sur les intentions de vote, on gonfle toujours un peu le vote extrême car il n’est pas toujours assumé.

Camemberts

Mais le fichier qui fait polémique, c’est celui où ces comptes sont classés par opinions politiques. Alors je suis un peu dérangée par ces segments car je ne les comprends pas et on commence déjà à caresser du doigt la malhonnêteté de l’étude. Sont identifiés quatre segments : les sympathisants LR, les sympathisants Front National/Rassemblement National, les sympathisants France Insoumise et les médias. Alors ok, très bien, question : quid des macronistes, des centristes, des socialistes, hamonistes… Non parce que les macronistes, je les ai BEAUCOUP vus sur cette affaire… Et notamment en diffusant les vidéos de surveillance plus que suspectes où, je suis désolée, mais on ne voit pas le jeune homme tabassé (mais vu que tout le monde s’est énervé, à juste titre, sur la provenance de la vidéo, personne n’a souligné qu’on avait manifestement pas le bon jeune homme sur ces images parfaitement dégueulasses en terme de qualité…). Non parce que l’étude n’était pas censée se questionner sur les prises de parole des opposants, à la base, ça n’a pas été présenté comme ça tout du moins… Ah, les macronistes sont classés avec les médias. Ah ouais, direct, on considère que eux ne disent que la vérité donc… Très bien. Donc vous notez : apparemment, l’opposition, c’est la droite, la FI et le RN… Si tu es socialiste, tu ne comptes pas, déso.

Classement politique DisinfoLab

Donc chaque intervenant est classé dans un de ces trois segments (les médias sont exclus… alors qu’ils sont quand même des acteurs très actifs dans cette affaire mais passons)… et c’est là que ça hurle au fichage politique. Alors en fait, oui mais non. Quand on veut réaliser une analyse macro, il faut créer des segments. Il est difficile de sortir des statistiques sur des émetteurs de messages sans catégoriser ceux-ci. Comme on parle d’affaire politique, c’est ce critère là qui a été retenu… et ça ne va pas plus loin. On peut se questionner sur la façon dont a été fait ce classement (par rapport à la bio Twitter, je pense. Par exemple, si j’étais dans les 3 900, je serais classée dans la catégorie “FI” vu qu’il est écrit “gauchiste” dans ma bio Twitter). Donc non, ce fichier n’était pas politique, juste statistique. Par contre, sa diffusion est problématique et c’est sur ce point que DisinfoLab peut être attaqué puisqu’on n’est pas censé diffuser un listing classant les personnes par parti. Oups…

Oups

Mais ne vous inquiétez pas, y a de quoi s’indigner sur cette affaire… On voit ça demain.

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Le fichier aux 55 000 noms : quel est ton matricule ?

Mercredi, je vois une agitation dans ma timeline : un fichier listant tous les opposants à Macron ayant tweeté sur l’affaire Benalla existe. Je le récupère (en téléchargement sur la publication de l’étude) et horreur, je me découvre dessus, ainsi que Victor. NAN DE DIEU ! C’est quoi la prochaine étape, la fiche S ? On va exhiber nos matricules, nous aussi… Sauf qu’en me penchant un peu plus sur le sujet, je découvre que ce fichier… est un fichier de sourcing.

Matricule

Concrètement… Quand je lance un outil de social listening sur un sujet (en général, je bossais sur des secteurs ou des marques mais c’est pareil), je pouvais axer mon analyse sur le contenu ou sur les émetteurs des messages. En clair : si j’étudie une marque, il est intéressant de savoir ce qu’on en dit mais aussi qui parle… parce qu’on se rend compte parfois que les gens qui parlent de toi ne sont pas ceux que tu prétends séduire. Par exemple, il y a quelques années, je bossais pour une marque estampillée “luxe” (sur la catégorie parfum et maquillage). Surprise no surprise : les gens qui évoquaient la marque étaient plutôt jeunes et pas vraiment CSP+ parce que le mascara n’était “que” à une trentaine d’euros et ça permet de poser un peu. Idem sur les parfums. Moi, par exemple, j’ai un parfum d’une marque couture (Hermès, jardin des merveilles… et autant j’adore l’odeur, autant il est souvent porté par des connasses…). Donc ce fichier là n’était pas un fichage… juste une liste de sources. Ils ont remonté tous les comptes qui ont parlé de l’affaire Benalla. Je l’ai fait et c’est tout.

Listing

Non, ce n’est pas un listing d’opposants puisque nous y retrouvons certains comptes pro-Macron. J’ai pas étudié la liste en détail (55 000 noms, j’ai une vie aussi, faut pas croire) mais j’ai rapidement spotté trois noms : TeamMacronPR, Tedlunique et Frenchonzeleft (sur lesquels Marianne a fait une enquête intéressante…). Des comptes qui, comme l’indique le handle du premier nommé, sont des idolâtres de la Macronie. Genre ceux qui ont diffusé les vidéos de surveillance de la place de la Contrescarpe (créant au passage une fake news dont personne ne parle mais sur la première vidéo, le jeune homme désigné comme celui qui s’est fait péter la gueule par Benalla et un peu Crase qui a l’air de lui écraser la main à un moment, ce n’est pas lui. Ce n’est pas la même veste, pas la même coiffure et celui a un sac à dos alors que la victime de Benalla n’en a pas. Sur la deuxième vidéo, je vais pas commenter, on voit RIEN. Bref). Donc c’est quoi cette liste : juste celle des auteurs de messages sur Benalla.

Just listed

Oui, DisinfoLab a diffusé un fichier excel dont la seule information à retenir est “y a 55 000 comptes Twitter public qui sont remontés en fonction des mots clés que nous avons renseignés”. Une ligne dans l’étude, ça n’en vaut pas plus. J’y suis parce que j’ai tweeté sur Benalla et c’est pas une découverte pour moi. Donc quand je vois des gens hurler au fichage en exhibant leur matricule qui est au delà des 3 900… Désolée mais non. Est-il tolérable d’avoir réalisé un tel fichier ? Il n’y a rien là-dedans. En utilisant le moteur de recherche Twitter (et en ayant beaucoup de temps), vous auriez obtenu la même liste. Et vous n’en auriez rien fait. 55 000 noms… chacun de nos pseudos n’est qu’une goutte d’eau dans ce magma informatif.

Overdose d'information

Mais parmi ces 55 000 noms, 3 900 ont été analysés un peu plus en profondeur… Rendez-vous jeudi pour en parler.

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Disinfolab, le social listening et la paranoïa

Bonjour, je suis Nina Bartoldi et je suis le matricule 7057. Oui, je suis dans le listing de DisinfoLab, à la 7057e place. Nan de Dieu, je suis fichée opposante politique dans une liste éditée sur la base de l’affaire Benalla. C’est ça, cette liste, non ? Et bien non. Ce fichier là, il me dit juste que je passe trop de temps sur Twitter. Ladies et gentlemen, je vous propose un petit cours de social listening car faudrait voir à ne pas se tromper de combat… Ni de raconter n’importe quoi.

Paranoïa
A tout hasard, si vous ne me connaissez pas : sur le spectre politique, je suis plutôt bien à gauche. Et Macron, je le hais. Vraiment, je le hais. D’abord parce que je le considère depuis son élection comme dangereux et je n’en peux plus du foutage de gueule. Donc si je commence à froncer les sourcils sur cette affaire de matricule, ce n’est pas parce que je suis en marche, juste que j’ai une expertise sur le sujet. Je résume l’histoire pour ceux qui n’ont pas suivi pour cause de vacances ou parce qu’ils sont pas sur Twitter et que je ne pense pas que ça braille autant sur le sujet en dehors du royaume de l’oiseau bleu. Il y a quelques jours, la presse commence à annoncer que l’affaire Benalla a été gonflée par une sphère russophile. Or l’annonce se dégonfle vite : en cause, DisinfoLab, une ONG qui a décidé de réaliser une étude sur l’affaire Benalla sur Twitter. En résumé, on appelle ça du social listening (écoute sociale pour les moins anglophones d’entre nous) et ce fut mon expertise dans mon ancienne vie… l’ancienne vie qui s’est achevée y a un mois et demi donc ça va, je maîtrise. Mais le scandale arrive : pour expliquer leur méthodo et tenter de donner un vernis scientifique à leurs résultats, l’ONG a partagé deux excels : le premier avec une liste de 55 000 noms de comptes Twitter et un autre analysant les 3900 plus actifs.

Social Listening

Et ça vire au n’importe quoi. Tout le monde hurle au fichage, exhibe son matricule comme s’il s’agissait d’une cicatrice de guerre. J’avoue que sur le coup, j’ai trouvé ça rigolo cette histoire de matricule, “ouais, je suis le matricule 7057” (mon vrai rang), ça fait un peu personnage de film d’anticipation et tout. Mais je sais qu’il n’y a pas d’éminence grise, de complot ou je ne sais quoi en mode “matricule 7057, mettez la sous surveillance, elle a tweeté 122 fois sur le sujet”. Oui alors je sais pas ce qu’ils ont mesuré précisément car ça me paraît énorme mais j’étais en intercontrat alors bon… Mais en vrai, cette info, ça aurait pu éventuellement intéresser mon manager (mais intercontrat donc j’en avais pas, lalala) qui aurait pu me tirer un peu l’oreille en mode “heu, tu bosses ou tu tweetes, là ?” mais ça s’arrête là. Et il n’avait pas besoin de ce fichier pour avoir une idée de mon activité twittesque, y a qu’à checker mon compte. Ah oui car peu importe l’outil utilisé par DisinfoLab, ça ne remonte QUE les tweets publics.

Social Listening

Mais allons plus loin. Comme cet article est déjà long et que je suis actuellement en vacances, on va en faire une saga de la semaine. A demain pour un éclairage sur la liste des 55 000.

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La politique est le cancer de la société

Pif, allez, c’est gratos. En fait, non, c’est pas gratos, c’est vraiment une pensée de plus en plus prégnante chez moi, je réfléchis beaucoup à ce sujet : comment on abandonne la politique pour passer à une gouvernance purement administrative qui prend en compte l’intérêt général avant le clientélisme. Lourd.

L'intérêt général

En fait, il va falloir que je décortique tout ça, que je me penche bien plus sur l’anarchisme, par exemple, que j’imagine un système qui me paraîtrait plus juste et surtout plus safe au niveau mondial. J’avais commencé à poser ça dans mon utopie de “Fin de l’histoire” qui en est actuellement à la page 4 depuis des mois (mais parce que je dois le recommencer), je me pique à imaginer ce que serait un monde à la démocratie participative poussée à l’extrême, où il n’existerait plus de “politiques”, ces hommes (surtout) et ces femmes (parfois) qui sont prêts à brader l’avenir de leur citoyens pour un titre, qui n’envisage l’avenir que dans un délai court-termiste et décident en fonction de ce qui va leur rapporter le plus. A eux, pas à nous. Je vous invite par exemple à lire La revue dessinée de cet été et notamment la BD sur le nucléaire (ou vous pouvez aussi mater la vidéo du Defakator sur le sujet). En fait, je vous invite à lire la revue dessinée tout le temps, voilà.

La revue dessinée

Alors d’où je sors ça maintenant ? Et bien, la chaleur, les incendies, la colère. Je suis très angoissée par l’avenir de notre planète. Enfin, non. La planète, elle survivra. Nous, par contre… En vrai, je ne serais pas du tout préoccupée de la survie de l’humanité s’il n’y avait pas Pivoine et Saturnin. Ca va paraître très violent ce que je vais dire, et ça l’est, mais depuis le temps que les climatologues tirent la sonnette d’alarme et qu’on ne fait que de vagues promesses en sachant très bien qu’on ne fera rien pour les tenir, désolée mais l’humanité ne mérite pas d’être sauvée. La seule chose qui me fait chier, c’est qu’on aura exterminé très violemment une faune et une flore qui ne méritait pas ça. Bref, je suis atterrée et furieuse que ce problème soit nié, encore et toujours parce que… le résoudre ne rapporte rien ou tout du moins pas assez pour respecter compétitif, bla bla bla, mon cul sur la commode.

La politique française ne veut pas renoncer au nucléaire

Je suis de plus en plus persuadée aujourd’hui que la politique (ou les politiques tout du moins) est le principal problème de notre société. Trop de “je”, pas assez de “nous”. Trop de volonté d’assurer une élection/réélection, pas de volonté de réellement avoir des vues sur un long terme. De toute façon, on peut pas régler tous les problèmes sur un quinquennat, on promettrait quoi pour la prochaine réélection ? Le pire, c’est que j’exagère même pas. Alors bien sûr, dans mon utopie très brouillonne, là, il manque des tas de choses, ça soulève beaucoup de questions dont la première serait “qu’est-ce que l’intérêt général” ? J’aime aussi me poser la question de la modalité. Comment impliquer les citoyens, comment rester une démocratie. Non parce que détacher la politique des intérêts particuliers pour la mener dans une optique d’intérêt général, à un moment, ça peut vite devenir “non mais selon les prédictions, stats et pia pia pia, il vaut mieux choisir ça”. Du coup, met-on la destinée du pays dans les mains des statisticiens et experts dans leurs domaines respectifs. Sauf qu’il est assez rare qu’on obtienne un consensus global sur un sujet donné, les querelles de clocher, comme on dit, sont nombreuses et il est souvent difficile à brûle-pourpoint de prendre partie. Sans parler de l’argument d’autorité dont je reparlerai un jour car c’est un sujet passionnant. Ah et pour le consensus sur le réchauffement climatique, clic clic. Du coup, est-ce qu’in fine, la solution serait de tout confier à des algorithmes prédictifs qui prendraient les meilleures décisions possibles en fonction des paramètres… Alors perso, donner trop de pouvoir à l’IA, c’est…

Terminator

Mais voilà, je glisse peu à peu dans le défaitisme le plus total quant à la politique (sauf locale dans une certaine mesure, j’y reviendrai)… et c’est pas simple à vivre même si ça ouvre des champs d’étude incroyables.

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Ca suffit le foutage de gueule, là ?

Non mais juste deux minutes, ça devient insultant là. Donc je suppose que vous avez tous bien suivi l’affaire Benalla, je ne vous ferai pas l’affront de vous faire un résumé… essentiellement parce que j’écris cet article le mercredi 25 juillet et que quand cet article sera publié, allez savoir ce qu’on aura eu comme révélation. Mais si y a un truc qui me fait péter les plombs, presque autant que le fond de l’affaire : le foutage de gueule TO.TAL.

Emmanuel Macron et Alexandre Benalla

Je sais que nous n’avons pas tous le même degré d’intérêt envers la chose politique ni le même niveau d’indignation, je peux l’admettre. Cependant, faudrait voir à ne pas confondre “avoir un intérêt limité voire nul pour la politique et voter pour ce qui paraît être le moindre mal” et “être totalement con”. Parce que là, y a un souci de mépris mais genre puissance 10 000. Alors il est vrai que certains s’en foutent, j’ai été légèrement agacée quand une pote n’a pas su de quoi je parlais de cette histoire avant de m’assassiner d’un “ah ben on vit bien mieux sans infos, hein !”. Oui, après tout, la démocratie, c’est juste mettre un papier dans une urne quand on nous le demande et après, laissons-les faire. Si on ne sait pas qu’ils font de la merde, on ne s’indigne pas d’avoir été floué, astuce ! Bref.

Emmanuel Macron clin d'oeil

Chaque jour… je devrais même dire chaque heure, on se prend révélation sur révélation à un rythme si effréné que je m’attends à tout moment à voir le château de cartes s’effondrer… bon, en vrai, je l’espère de tout mon coeur. Je dis depuis son élection que Macron est bien plus dangereux qu’un Fillon voire une Le Pen et les faits me donnent hélas raison. Hélas oui parce que je vous jure que des fois, j’aimerais avoir tort, surtout quand je joue les Cassandre comme ça. Non parce que là, on a arrêté les frais maintenant mais le mec était armé, allez savoir jusqu’où ça aurait pu aller. D’ailleurs, c’est quand qu’on en parle de Crase et son holster lors de la fameuse manif, mmm ? 

Vincent Crase armé

Mais le pire ne sont pas tant les faits, certes très dérangeants (j’ai envie de pleurer à chaque fois que je vois la fille voir son mec se faire tabasser et ne pas pouvoir réagir, tellement dégueulasse…) et il serait temps que quelques têtes tombent et pas juste celles de fusibles lointains. Ce qui me révulse le plus, c’est à quel point on se fout de notre gueule. Comment ce connard de président qui vous a bien arnaqué avec son petit air de gendre idéal vous crache tout son mépris à la figure, toute son arrogance, toute sa certitude qu’il n’y aura rien parce que vous avalerez avec le sourire toutes les couleuvres qu’il vous présentera. Comment pouvez-vous juste accepter ça ? Ce mec s’arroge des pouvoirs incroyables, étouffe petit à petit “ceux qui ne sont rien” et il ne se passe rien. Ca vous dérange pas trop de vous faire prendre pour des cons ?

Macron en plein mépris, le foutage de gueule

Non mais sérieux, regardez le mépris qui déforme son visage. Je crois que je l’ai jamais autant haï qu’à ce moment-là

A chaque fois, j’espère. Je me dis que là, ça va trop loin. Je me dis que cette fois-ci, c’est l’intelligence des citoyens qui est insultée, méprisée, et que ça va pas se passer comme ça. Evidemment, y a l’été et j’ai peur que ça fasse pshiiiit même si notre espoir réside aujourd’hui dans le Sénat qui va pas oublier cette histoire de si tôt. Non mais ça aussi, aujourd’hui, on en est à applaudir des Républicains, les sénateurs, on veut tous ériger une statue à Jacques Toubon… Quelle vie. Mais je ne peux pas croire que les gens vont laisser filer un tel mépris. Vous avez donné mandat à cet homme pour diriger la France, il vous crache à la gueule que la loi ne le concerne plus et qu’il fait ce qu’il veut. Et vous allez accepter ça ? Pour rappel, c’est vous qui décidez. Et la démocratie ne s’exerce pas qu’une fois tous les cinq ans.

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Islanova : un roman au cœur de la ZAD

Souvent, je m’agace, je vitupère, j’égratigne ces films ou ces romans qui m’ont raconté un joli synopsis mais derrière, c’est tout moisi. Je me suis répandue sur des articles sur le roman horribilus, je reste avec un goût amer après la lecture d’Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Sans doute parce que j’en attendais quelque chose qui me transporte, qui me capte… pas des pages qui le donnent envie de gifler des êtres d’encre et de papier. Alors quand je tombe sur un roman qui me plaît fort, je jubile. Aujourd’hui, on va donc parler d’Isla Nova de Nathalie Hug et Jérôme Camut.

islanova couverture

L’histoire en bref : la famille recomposée Macare-Stark coule des jours heureux dans les Vosges… jusqu’à ce que le père, Julian découvre sa fille, Charlie, dans le même lit que Leni, fils de sa compagne Wanda. Un malheur n’arrivant jamais seul, un terrible incendie ravage la vallée, allumé par des extrémistes écologistes décidés à accélérer la 6e extinction de masse (donc faire disparaître l’humanité). Pendant que Julian essaie de sauver sa maison et son chien, Leni et Charlie prennent la poudre d’escampette et le train pour une ZAD installée sur l’île d’Oléron. On va donc assister à l’installation de nos tourtereaux dans la zone, les affrontements avec la police et la prise d’un espèce de Center Park construit par la Chine qui sera proclamé territoire indépendant nommé Islanova. Mais tout n’est pas rose à la ZAD, Leni le découvre à ses dépends tandis que Charlie devient un des éléments forts de la nouvelle contrée.

Une maison dans les arbres

En gros. C’est assez compliqué à résumer car il se passe plein de choses donc je vais m’arrêter là pour l’histoire et vous dire pourquoi j’ai aimé ce roman et pourquoi il m’a bien inspirée. Non parce que je dis toujours “ah non, ce livre est nul, faut pas faire ça, ça et ça” mais faut aussi étudier ces romans qui nous séduisent. On va commencer par ce qui m’a un peu dérangé dans le roman : les personnages masculins. Je n’ai aucune idée de comment travaillent notre couple d’auteurs (oui, c’est un couple, je trouve ça chou) mais j’ai trouvé trouvé les personnages masculins principaux très faibles, un peu beaucoup bourrin, surtout Julian et Leni (Vertigo et Aguir sont mieux balancés). Julian, c’est un peu un prototype Vin Diesel-Jason Statham, tout en force, malgré la grosse faille qu’on lui a collée (et que je trouve assez mal exploitée, globalement). Leni subit. Durant tout le roman, il suit des femmes en chouinant, grosso modo. Du coup, les scènes les concernant m’intéressaient moins. A l’inverse des personnages féminins que je trouve bien mieux gérés, notamment Charlie. On parle d’une ado de 16 ans un peu naïve, follement passionnée, parfois trop gentille mais qui n’a pas froid aux yeux et j’ai bien aimé ce personnage qui nous fait découvrir la ZAD dans toute sa réalité.

Nathalie Hug et Jérôme Camut

Autre point : les auteurs sont audacieux à un niveau… En fait, vers le milieu du roman, il se passe un truc que je ne dévoilerais pas et j’étais là “Non… Nooooon ? Non mais je suis sûre y a arnaque, ils ont pas pu faire ça… Ah mais si putain !”. Ce qui m’agace dans pas mal d’oeuvres de fiction, c’est une sorte de volonté de ne pas choquer, entre guillemets, qui fait que tu ne sens pas tellement de tension, pas d’enjeu. Typiquement sur la survie en bonne santé des personnages. On peut penser ce que l’on veut de The walking dead ou Game of thrones par exemple mais il faut du courage pour tuer ou mutiler des personnages (dans les versions écrites, les deux mâles alpha que sont Jaime et Rick perdent leur main, par exemple) et tu lis avec inquiétude car tu n’as aucune garantie que tout le monde va s’en sortir sans trop de casse. Idem sur le manichéisme de très nombreuses oeuvres où les gentils gagnent et les méchants perdent. Si tu sais que la cause d’un personnage est bonne, peu importe les circonvolutions de l’intrigue, tu sais qu’à la fin, il triomphera… Alors que là, tu n’as aucune idée de l’issue, tu ne sais même plus qui a de nobles intentions et qui n’en a pas. 

The walking dead, morts

Et justement, on touche là LE point qui m’a fait aimer ce roman : il n’y a pas de bien ou de mal en soit. Déjà, selon qui tu suis, le point de vue sur la ZAD peut énormément évoluer, il y a pas mal de violence et nous-mêmes, en tant que lecteurs, on est un peu ballotés. Il y a d’un côté la cause. Belle, forte, elle est unanimement reconnue par tous les personnages mais certains sont rebutés par la violence d’Islanova (dans la défense de son territoire) et par la méthode de lutte (prise d’autorité d’un centre aquatique pas encore ouvert). Et ça touche ici le sujet qui me fascine depuis des années : la lutte, comment. C’était un peu tout le propos du roman de Maja (que j’ai toujours pas commencé à relire malgré ma semaine d’intercontrat… Je suis une loseuse) et c’est hyper bien amené car il n’y a, dans son roman, aucune vérité. Oui, la cause est juste mais est-ce qu’on peut agir ainsi ? Oui pour les soutiens de la ZAD (dont Charlie), non pour ses opposants (Julian en tête), ça dépend pour les dirigeants même de la ZAD car même dans un même camp, il y a des différends.

Croquis du futur centre aquatique à Lormont par Stark

J’avoue que j’ai acheté le roman avec un peu de crainte : je ne pouvais résister puisque le sujet me branchait mais j’avais peur d’un traitement un peu réac de la ZAD. Il n’en est rien, on n’est pas non plus dans une admiration béate. Les personnages féminins sont bons, les masculins moins mais je me demande limite si ce n’est pas fait exprès, notamment Leni qui ne fait que suivre différentes femmes dans le roman sans vraiment servir à grand chose. Bref, je l’ai lu en vacances (dans un centre thalasso, la mise en abyme était un peu troublante) et je l’ai dévoré. Donc puisqu’on est pile dans la saison où l’on passe beaucoup de temps à lire… foncez.

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Les hommes gentils et totalement safe existent-ils ?

NON ! (générique de fin). On n’arrête pas de se répéter : le not all men nous insupporte. On parle de nos souffrances, de nos peurs, la seule chose que vous nous répondez “non mais tous les mecs ne sont pas des connards, hein, moi par exemple…” Alors je te cache pas que le fait que toi, simple inconnu, ne soit pas un connard ne va pas me consoler de m’être faite toucher par des individus qui n’en avaient pas l’autorisation. Mais surtout, en es-tu sûr ?

Homme gentil

Vous ne savez pas ce qu’est la séduction

On va attaquer direct par ce qui fâche. Je vais commencer par citer Victor, l’homme que j’aime et parfait à mes yeux “tu sais, aujourd’hui, je me rends compte que j’ai parfois été limite avec les femmes. Je mettais un peu ça sur le compte de l’alcool mais c’est l’excuse facile, ça.” Voilà. Je pourrais vous parler de milliers de soirées dans ma vie où je me retrouvais coincée par un individu qui avait certainement lu des dizaines d’article ou vu des vidéos de ces arnaqueurs de PUA sur comment isoler sa proie. Le problème, c’est que vous n’êtes pas attentifs aux signes… enfin, non, je corrige : vous n’en avez rien à battre. Ce que vous appelez de la séduction, pour nous, c’est une menace. Pendant que vous débitez vos merdes, on cherche comment à se sortir de ce traquenard.  Bien sûr, il est possible que la jeune femme soit intéressée par vous mais elle vous le fera savoir. Et en général, quand elle ne fait aucun effort pour relancer la conversation et que tu t’enfonces dans un soliloque, c’est que c’est mort, laisse tomber.

Le dragueur lourd qui ne veut pas entendre qu'on ne veut pas de lui

C’est votre principal problème : vous pensez avoir le droit de nous importuner parce que vos intentions sont pures (aka soit nous baiser après avoir recueilli notre consentement… soit flatter votre ego quand vous commencez à collectionner des 06 gratos) alors que bon, si vous n’avez effectivement pas prévu de nous violer (vous êtes bien urbains), vous représentez néanmoins une menace pour nous. Parce que vous ne nous lâcherez pas tant qu’on aura pas lâché notre 06 (option “attends, je t’appelle comme ça tu auras mon numéro”, la technique fourbe pour nous afficher si on a filé un numéro à la con), certains auront même l’audace de nous imposer une accolade, une bise… Vous ne voulez pas nous violer ? Mais il y a bien d’autres comportements dérangeants avant ça qui nous forcent à adopter tant que faire se peut un maximum de stratégies d’évitement (ne pas croiser les regards, ne pas se retrouver isolée voire un code entre potes pour appeler à l’aide… vous nous forcez à ça, oui). Tu es un mec gentil parce que tu ne veux pas me violer ou me mettre une main au cul ? Super mais quand tu m’as coincée une heure dans un bar alors que je voulais passer une soirée avec mes copines, que tu m’as au passage gâché mon plaisir, et que je commençais à m’inquiéter de comment me débarrasser de toi, non, désolée, je ne t’ai pas perçu comme un mec gentil. Car tu ne l’as pas été.

Peur de la drague

Vous êtes complices

Oui, c’est vrai, il est un peu lourd le poto Mateo… dès qu’il est bourré, il roule un peu des pelles gratos à des meufs, c’est chiant. Un peu comme cette première scène des Petits mouchoirs Dujardin sort des WC, commence à plaquer une meuf  contre le mur des chiottes puis va rouler une pelle à une meuf qu’on lui présente, meuf qui se fera ensuite assaillir par son petit ami en mode “azy, c’est pas grave, c’est Jean, il est un peu comme ça”. Je ne me souviens pas du prénom du personnage de Dujardin, j’ai détesté ce film qui est gênant à tous les niveaux avec des personnages tous plus insupportables et problématiques les uns que les autres (notamment celui de Laurent Lafitte… je finis par avoir un peu de peine pour ce mec qui ne se tape que des rôles de connard) et une morale de merde. Bref, votre pote Mateo, il a un peu tendance à coller les meufs en soirée, à leur rouler des pelles gratos et tant pis si c’est accessoirement la vôtre mais bon, c’est l’alcool et il est sympa quand même.

Jean Dujardin dans Les petits mouchoirs, personnage insupportable

Et vous vous voyez encore comme un mec gentil et respectueux ? Vous laissez un prédateur parfaitement identifié agir en toute impunité et pire, vous riez de petites forfanteries parce que bon, il est con Mateo quand même. En général, il finira toujours par exhiber son cul ou sa bite parce que Yolo, vous rirez aux éclats et tant pis pour les femmes qui commencent à faire de grands cercles pour éviter de rentrer de trop près dans le périmètre de votre pote qui ne manquera pas de choper une main féminine pour la poser sur son sexe ou son cul. Nous sommes en pleine agression sexuelle mais vous ne faites rien. Not all men mais on en a un gros paquet qui laissent faire en trouvant toutes les circonstances atténuantes à celui qui est en train d’agresser une femme. Pire, vous en riez. Donc pour un Mateo, on peut compter facilement une demi-douzaines de potes passifs, ça commence à faire beaucoup… Et c’est pas fini car…

Soirée mec

Vous ne faites rien

Très concrètement, si je me fais emmerder dans la rue et que je cherche de l’aide pour m’en sortir, je n’irai vers un homme que s’il n’y a pas d’autres solutions. Déjà, vous avez zéro empathie pour nous, on ne peut jamais compter sur vous… du moins sur les Blancs. Demandez à n’importe quelle femme qui a été enceinte et qui a dû trimballer une poussette dans le métro : les seuls à vous aider sont les femmes et les hommes issus de minorités. Je l’ai observé aussi dès que j’étais chargée ou quand je vois des femmes avec poussettes (c’est même parfois moi qui aide, je ne fais pas qu’observer, hein). D’ailleurs, ces femmes avec poussettes demanderont plus naturellement de l’aide à une femme. Même dans la vidéo des violences du 1er mai où Benalla, Croze et les flics (si) tabassent le couple de manifestants, les seules à spontanément s’interposer étaient des femmes…

Benalla maltraite une jeune femmes, deux femmes essaient de s'interposer

Vous, vous faites quoi ? Vous vous posez en victimes. On parle de femmes qui ont été agressées, qui ont eu peur, qui risquent d’avoir du mal à se rendre à nouveau dans une foule et vous avez l’audace de chialer sur le fait que quand même, vous n’êtes pas comme ça, vous ? Mais vous êtes nés avant la décence ! Personne, personne ne dit que toi, Thibault, tu es une raclure de bidet. Par contre, le fait que tu trouves légitime de pleurer sur ton sort sur un tel sujet, capturant le débat et refusant de partager la souffrance féminine… et bien si, Thibault, tu fais partie du problème. Et pas qu’un peu. Non seulement tu silencies la souffrance féminine en détournant le débat mais surtout, tu nous fais comprendre qu’on pourra continuer à se faire toucher, embrasser contre notre gré, agresser, insulter… tu prendras toujours la défense des “hommes” et non pas d’une victime. Alors oui, Thibault, tous les hommes ne sont pas de sombres ordures et ceux qui ne le sont pas ne se sentent d’ailleurs pas visés et partagent la parole féminine sans la prendre à leur place. Toi, par contre, tu es juste une merde.

Un homme vexé

Le jour où vous aurez compris ça, on aura déjà fait un énorme pas en avant. Commencez par éduquer vos potes, à ne plus rire des agressions dont se rendent coupables vos potes parce que “oh, c’est la fête, c’est pas grave”. Et laissez-nous la parole. Vous ne saurez jamais ce que c’est de tenter de sortir dans une foule festive et les risques que l’on prend quand on sort en soirée. Parce que les hommes se croient permis de nous importuner et que si vous n’êtes pas ce dragueur impétueux, il y a des chances que vous soyez le témoin silencieux.

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Un dernier jour à Tokyo, au paradis des otakus

“Si jamais demain il fait beau, on va au Sky Tree pour essayer de voir le Mont Fuji”. Evidemment, il a plu plus fort que n’importe quel autre jour de notre séjour tokyoïde (parce que ça n’a pas atteint le niveau Osaka quand même).

Tokyo Sky tree

Ok, j’ai genre zéro photo du Sky tree donc le voici de nuit

Après avoir avalé nos dernières brioches si addictives du 7/11 (j’ai photographié la liste des ingrédients en japonais, je dois réussir à reproduire ça), direction la gare de Tokyo pour réserver nos places dans la navette NEX pour l’aéroport et larguer les sacs dans un casier. Ce truc nous a littéralement sauvé la vie à de nombreuses reprises.

Brioche japonaise tellement bonne Gare de Tokyo

Mission du jour : les souvenirs.  Après avoir avalé un café dans un café danois parce que pourquoi pas, on file au Tokyu Hands du coin mais Victor perd vite patience donc on se déplace rapidement vers Akihabara, notre premier quartier de résidence, petite séquence émotion. Inspirés par le magasin de jouets de Ueno, on décide de faire le tour des boutiques pour Otakus du coin. Pas de temps à perdre, on se rend donc dans un mandarake, la référence ultime. Le magasin est un poilou glauque, des couloirs étroits, éclairage néon et vitrines poussiéreuses, je me demande si on ne s’est pas trompés. Et non, c’est bien ici, le paradis des otakus avec des dizaines et des dizaines de figurines dont certaines collectors. Ca fait envie mais gardons un détail en tête : va falloir faire tenir tout ça dans la valise. On prend cependant notre temps, on visite les étages y compris celui consacré aux mangas pour adultes (on ne savait pas, on passait par l’escalier extérieur qui n’offrait aucune indication). C’est presque un peu le malaise cet étage : quelques touristes qui feuillettent des mangas en s’esclaffant, des posters de femmes dessinées avec des seins énormes, éclaboussées par quelques substances blanches ou assaillies par des tentacules, des locaux qui sont plongés dans la lecture… Mais cet étage est serein par rapport au suivant : celui des dolls. Alors dans l’absolu, je trouve que les dolls peuvent être très belles mais là, dans ce petit magasin sombre aux vitrines poussiéreuses, les têtes de dolls sans yeux ou, au contraire, des poupées avec d’énormes yeux globuleux qui ne sont pas sans évoquer Chucky. Bien, de suite, je sais de quoi seront peuplés mes prochains cauchemars… Du coup, Victor me fait promettre direct de ne jamais me lancer dans la confection de dolls.

Café danois à Tokyo


(j’ai fait zéro photos, j’étais trop concentrée sur l’histoire des souvenirs, je suppose)

On ressort de là les mains vides, on file donc à la Akihabara Zone, à peu près la même chose mais en plus aéré et lumineux (mais avec moins de collectors). Au bout de trente minutes, c’est la renonciation : c’était génial certes mais avons-nous des amis assez pointus niveau mangas pour apprécier un cadeau venu d’ici ? Non. Alors nous allons opter pour l’ultime solution de repli… mais après avoir fait un petit tour dans une salle d’arcade aka l’antichambre de l’enfer : le rez-de-chaussée avec les machines à pince, les purikuras et autres joyeusetés, ça passe. Par contre, dès que tu montes, tu arrives dans une salle pleine d’arcades avec le son poussé à fond et vu qu’on peut fumer à l’intérieur… Mal de tête direct.

On repart donc rapidement pour notre ultime séance shopping : le magasin de jouets de Ueno. Des bonhommes sushis pour les collègues, deux peluches chat Ghibli pour Saturnin et Pivoine, des maquettes en paper art pour Anaïs et moi, des perles à écraser pour nous, un porte-clé Harry Potter pour Amy, une figurine One piece pour Victor… On a des yens à écouler, on se fait plaisir !

yukata et chat

Mon yukata, mon chat et moi


Et puis c’est l’heure. Retour à Tokyô (la gare) pour prendre le Narita Express. Il pleut, il fait nuit, le train traverse Tokyo sous terre. Même pas le droit à un ultime coup d’oeil… A l’aéroport, on évacue nos derniers yens : un yukata, de l’alcool, deux ou trois petits souvenirs, des Kit & Kat chelous, du thé matcha, encore. Embarquement pour un périple de 22h…

Kit kat à la fraise Kit&Kat matcha et thé matcha Vue du hublot : désert arabique Vue du hublot : désert arabique Vue du hublot : désert arabique

Et une seule obsession : c’est quand qu’on y retourne ?

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Fin de mon journal de bord, près de 9 mois plus tard. Mais j’ai encore deux ou trois articles à vous faire sur le Japon, notamment sur les trains, la foule, le matcha… ou le fait que 9 mois plus tard, je m’en sois toujours pas remise !

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Un parfum de victoire sur fond d’attouchements

Dimanche dernier, la France a gagné la Coupe du Monde. Bravo les gars, bien joué. A la fin du match, la foule exulte, les gens ont besoin de partager ce moment. Moi, je n’aurais voulu y être pour rien au monde car je déteste la foule. Pourquoi ? Parce que chaleur+alcool = un nombre beaucoup trop élevé de connards au carré. Ceux qui profite de l’occase pour s’adonner à des attouchements sans trembler. Et le pire, le plus navrant, c’est que j’avais raison.


Finale de la Coupe du Monde 2018 à Paris, la France championneJ’en avais parlé lors de la finale de Coupe d’Europe, tous ces gros dégueus qui profitent de la foule pour se frotter aux femmes. Certains pourraient se gausser en mode « roh les puceaux dont la sexualité se limite à un contact furtif avec une femme à travers des vêtements ! ». Sauf que ce n’est pas drôle, vraiment pas. A chaque soirée alcoolisée, c’est la même merde. Même l’an dernier, à la soirée de ma boîte, un mec que je connaissais vaguement m’a plaquée contre un mur et s’est frotté. Devant nos collègues. Personne n’a réagi. Au fond, c’est pas grave, « c’est l’alcool, c’est la fête. ». Non, c’est juste que les mecs sont des porcs. Oui, zéro nuances, j’en ferai le jour où je pourrai sortir dans une foule sans me prendre une main au cul tous les 100 mètres avec rires gras en prime. Tu mets pas de main au cul ? Très bien. As-tu déjà empêché ton pote de le faire ou le pourrir publiquement quand il le fait ? Voilà.

Barney Stinson, séducteur problématique

On notera par exemple que dans les séries américaines, les séducteurs ne sont quasi jamais recadrés par leurs amis parce que bon « ils sont gentils », au fond (NON)


C’est fou quand même. Pour la demi-finale et finale, des hommes se sont exhibés, tous fiers de coller leurs couilles sous le nez de tous et toutes. Et ça me fout en rage. Pas le spectacle de la nudité, je m’en branle, sans mauvais jeu de mots. Mais vous, quand vous vous bourrez la gueule et vous désapez, il se passe rien. On vous célèbre même dans la presse. Les femmes qui se montrent un peu en festival ou dans les ferias (aka grimpent sur les épaules de leur mec), elle se fait choper les seins. Pas mal d’artistes féminines ont arrêté de se jeter dans la fosse pour éviter les doigtages sauvages. Non, je n’ai pas fait de faute de frappe. Les hommes n’ont d’ailleurs aucun mal à partager leur fantasme de plonger leurs doigts dans une chanteuse qui voulait juste faire la fête… Des porcs, je vous dis. A côté de ça, je n’ai pas vu de femmes poster en commentaire du M. Nu de la finale : Mmm, j’ai envie de prendre sa vite dans la bouche ou d’enfoncer mes doigts dans son cul. Curieux.

Homme nu coupe du monde de foot

Il est certes vrai que sous cet angle, son cul risquait d’être rapidement indisponible…


Il faut arrêter la tolérance. Il faut arrêter de célébrer cette photo d’une femme forcée par un homme :

Femme embrassée de force à Time Square, les attouchements dans une foule en liesse
Il faut cesser de nous toucher, de nous demander de pardonner votre copain, ivre d’alcool et de joie, qui a un peu perdu le  contrôle mais bon, il est pas méchant. Sauf que pour lui, cette soirée restera un excellent souvenir, la bière était fraîche, il se sentait séduisant, les filles étaient faciles. Vraiment ? C’est peut-être pas tant que les filles étaient faciles mais qu’au mieux, elles sont polies, elle feignaient de t’écouter docilement tout en cherchant du regard quelqu’un qui pourrait les sortir de là, au pire, tu les avais bloquées contre un mur et elles commençaient à salement paniquer. Vos belles soirées sont toujours nos soirées sympas “mais à un moment, y a eu un relou qui…”. Ca, c’est notre vie. A faire attention quand on sort, à repérer le mec “sympa mais un peu relou quand il a bu” pour ne pas se retrouver à proximité pour pas se retrouver avec un inconnu qui vous plaque contre un mur en se frottant… dans le meilleur des cas. On doit faire ce travail là car personne ne nous défendra, jamais. D’ailleurs, nous allons en reparler du mec gentil, là… Oui, j’en ai déjà parlé mais c’est loin d’être fini. Surtout que certains ne semblent pas comprendre qu’ils sont partie intégrante du problème.

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Qui est mon moi du travail ?

Lundi, j’ai commencé un nouveau travail, quelque chose qui ne m’était pas arrivé depuis presque 4 ans (record battu) et je n’ai rien à en dire vu que j’écris mon article dimanche et que je suis un peu stressée, je vous cache pas. Car, comme on dit, “on a rarement l’occasion de faire deux fois une première bonne impression” ou une connerie comme ça. Et en même temps, c’est un peu l’occasion d’inventer un nouveau moi du travail.

Look working girl

Oui, je vois le monde du travail comme un immense jeu de rôle, je pense que je vais pas mal développer le thème sur mon futur blog engagé que j’ai pas du tout créé pendant mes vacances parce que j’ai eu plein de trucs à faire. Dont les soldes. En furetant dans les rayons, j’ai envisagé ma tenue de premier jour, celle qui allait faire la première impression, donner le ton. Pour finalement opter pour une robe que j’ai déjà, canicule oblige et puis, faudrait pas faire trop sévère le premier jour, quand même. Recommencer un nouveau boulot, c’est la possibilité de se réinventer, de jouer un nouveau rôle.

Se créer un moi du travail

Si je prends mes deux anciens boulots (au-delà, j’ai pas de souvenirs particuliers, désolée), dans l’avant-dernier, j’étais la meuf ultra healthy qui mange sain (ahah, l’imposture, quoi) et dans l’actuel… je donnerai ici la parole à mon tout premier N+1 qui m’avait résumée ainsi lors de son départ “Nina, on l’entend pas mais c’est une machine de guerre”.Option yoga et massage… et alcoolisme, aussi, tiens. Et dans le nouveau, je veux être qui ? Je vais garder le calme, healthy et pédagogue (oui, c’était le mot clé de mon entretien annuel l’an dernier), je vais peut-être rajouter “organisée” (j’ai de grands projets d’organisation, si, si).

Le bullet journal, version boulot

Embaucher dans une nouvelle entreprise, c’est faire table rase du passé. Y compris de la bonne réputation, malheureusement. Dans mon ancienne boîte, j’étais devenue un peu le Joker… Non, pas le psychopathe de Batman, juste la personne qu’on sort sur les dossiers difficiles car bonne réputation donc rassure instantanément en interne. Là, on ne me connaît pas. J’ai réussi les entretiens, certes, mais ce n’est qu’un tout premier pas, il va falloir reconquérir le terrain, choisir qui on veut être et surtout comment on veut être perçu.

Réinventer son moi du travail

Ca peut être amusant. Distiller les infos selon ce qui nous arrange que l’on sache et dissimuler le reste. Mettre en avant mes appétences pour le yoga, la plongée, mes tentatives cuisine, mes voyages. Aménager peu à peu mon bureau à mesure que je sens la période d’essai bien engagée (plantes et petits jouets). Silencier dans un premier temps mes engagements politiques (et après, tenter de devenir déléguée du personnel pour défendre mes petits camarades). Pas trop parler d’écriture pour le moment, ça peut faire meuf qui se la pète. Bref, jouer un peu avec les pièces et laisser les gens créer leur puzzle.  

Décorer son bureau

Petit zoom sur mon bureau avant de commencer à tout ranger (il manque toutes mes petits nipponeries)

Ah et d’ailleurs, suite à mon article sur le pot de départ, en cadeau, j’ai eu un stylo en or pour écrire des romans et une séance de flottaison chez Meiso pour 2. Ecriture et détente… J’aime bien cette image là.

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