Aller à Montréal, réaliser un rêve de mon moi ado

Je ne peux pas vous parler de mon voyage  à Montréal sans vous faire une mise en contexte car je risque de manquer légèrement d’objectivité.

Voyage à Montréal

Tout commence en 1995, quelque chose comme ça. Ma mère m’avait offert le CD de Starmania et je m’étais prise à ce point d’affection pour cette comédie musicale interprétée en très grande partie par des chanteurs québécois que j’avais fini par m’intéresser de près à la belle province. Un exposé sur le Québec, un support sans failles aux sportifs québécois et un certain ennui à l’arrivée à chaque Mondial de foot parce que je voulais soutenir le Canada mais qu’il n’y étaient jamais. Mais curieusement, je me suis jamais intéressée au hockey.

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En grandissant, le côté fan girl a disparu, je ne gardais que Starmania et Jorane sur la musique, je voyais quelques films quand ils passaient au cinéma (comme le magique “la grande séduction” mais par contre, Denys Arcand, je trouve ça beaucoup trop bavard pour moi), le délirant le Coeur a ses raisons et plus récemment Xavier Dolan. J’achetais régulièrement un magazine dédié au Québec, j’ai même fait un mémoire dessus parce que l’histoire du Canada et du Québec en particulier est follement intéressante. Mais je n’y étais jamais allée. J’avais fait un plan à mes 18 ans pour aller chez la soeur de la meilleure amie de ma mère mais mes parents ne m’ont pas donné le go et vu que j’avais pas de sous… Ben fin de l’histoire. Par la suite, j’avais envisagé un Erasmus là-bas mais m’étant mise en couple, je n’ai pas bougé. Avec le recul, je me rends compte que c’était une très mauvaise raison… Mais avec le recul, j’aurais sans doute faite une école de commerce, quitte à me retrouver dans le marketing, donc bon…

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Du coup, quand Joy et Isa, mes copines d’Irlande, sont parties là-bas, je m’imaginais un périple Montréal-New York mais les demoiselles étaient nomades, j’ai fini par me remettre avec Victor et nous sommes partis en Italie et Grèce. Puis un jour, au détour d’une conversation Facebook, je fais une plaisanterie à Joy “ahah, je vais venir vous voir un week-end !”. Je mate les prix et… mais c’est pas cher ! Du coup, notre projet de réveillon à Lisbonne avec Victor tombant à l’eau (parce que l’aller-retour en avion me coûtait quasi le même prix alors que je traverse même pas un océan), me voici fin janvier à bord d’un airbus A330 d’Air Transat, émue à l’idée de réaliser un rêve et angoissée à l’idée d’être déçue.

La tristesse de faux bonhommes de neige sans neige

La tristesse de faux bonhommes de neige sans neige

Et j’ai eu peur sur le coup : atterrissage et… y a pas de neige. Alors pardon mais je viens braver le froid canadien et y a pas de neige ? Oui, je suis venue en plein redoux mais rassurez-vous, c’est tombé après. Je prends un billet de bus, j’abandonne ma valise dans l’aéroport (je m’en suis rendue compte quelques minutes plus tard, j’étais pas encore dans le bus. Donc à Montréal, quand tu oublies ta valise, personne ne la vole et t’as pas 30 militaires avec mitraillette qui viennent la faire sauter. Pas la même ambiance qu’à Paris dis donc), je prends le métro que je trouve un peu vieillot mais ça va, j’arrive rapidement chez mes amies. Pour faire “ambiance”, j’avais choisi une chanson pour mon arrivée, comme j’avais fait avec Again d’Archives pour New York (et c’est génial, dès que je l’entends, je repense à ma première vision de la Statue de la Liberté), j’avais logiquement choisi “Ouverture pour Québec” de Jorane. Sauf qu’en fait, depuis quelques temps, je fais une fixette sur le podcast de Ginger Force sur Cindy et j’ai eu les bouts de chanson en boucle dans ma tête. Oui, des bouts de chanson, j’en ai jamais entendues aucune en entier (ah si, rave party) mais c’est obsessionnel (j’ai dû mater le podcast 30 fois tellement ça me tourne dans la tête). Bon, ça colle un peu avec la thématique vu que c’est écrit par Luc Plamondon et y a des chanteurs québécois dedans mais pour le côté émotionnel, c’est pas top.

Tant de carrières brisées

Cindy : tant de carrières brisées

Je sors du métro, doudoune dézippée et chapka à la main car trop chaud… Je suis perdue, un peu, je croise un McDo où on vend des “chaussons aux bleuets et à l’érable”. Pas de doute, je suis bien au Québec. Et c’est donc parti pour 4 jours et demi (oui, je sais, je suis folle) à la découverte de ce pays dont je rêvais tant… Et sans trop spoiler, j’ai été charmée au delà de mes espérances. Les prochaines fois, je vous parlerai de la neige, de quelques points de la ville, d’animaux et de pourquoi je dois aller vivre là-bas.

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Les mauvaises excuses

J’ai tendance à croire que le plus dur dans la vie, c’est le premier pas. Je ne parle pas forcément de séduction mais de cette impulsion initiale : se lever le matin, aller au sport, écrire. Ce qui coûte le plus, ce n’est pas l’effort en tant que tel mais de se lancer. Typiquement pour le sport, parfois, j’ai pas envie d’y aller, je me force un peu et après, je suis ravie de m’être bougée le cul. Mais y a toujours de mauvaises excuses.

C'est marrant, moi, quand je fais du sport, je suis rouge et décoiffée

C’est marrant, moi, quand je fais du sport, je suis rouge et décoiffée

On en a toujours une pelletée. En matière d’écriture, les miennes sont légion :

– je suis fatiguée, je vais écrire de la merde. Alors oui, c’est fort possible mais qui dit écriture dit relecture et correction : avance, tu reviendras plus tard que ce chapitre, c’est pas grave.

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– je dois me coucher tôt : bien belle excuse sauf que je sais parfaitement que commencer un coucher à 23h ne veut pas dire que je vais éteindre avant 1 ou 2h du matin, le temps que je consulte Twitter, Facebook, Instagram, re Twitter, que je joue un peu (trop) à 94%, que je lise… Voilà, là, j’aurais pu écrire mes 3 pages.

les mauvaises excuses pour ne pas écrire

– j’ai autre chose à faire… Mais 9 chances sur 10 que je le fasse pas car j’aurai fait des escape rooms à la place.

– je passe la soirée en amoureux : oui parfois, on se mate un film et ça fait du bien de se consacrer du temps mais vu qu’être avec Victor ne m’empêche pas de jouer à Zelda, bon…

Ya ! Ah !

Ya ! Ah !

– j’ai pas l’inspiration. Ça, c’est plus problématique mais vu que je suis censée avoir plusieurs projets sur la table, étonnant qu’aucun d’entre eux ne me donne envie…

– J’ai pas le temps. Ok, c’est pas faux avec mes longues journées de taf mais je peux quand même trouver une heure. Organisation !

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Bref, je vous passe les « mais je suis mal installée » et autres très mauvaises excuses, on va finir par me croire de mauvaise foi…

Et c’est pas tout à fait faux. Par exemple, là, j’écris ces lignes sur mon iPhone, juchée sur le vélo de la salle de sport. Paie ton confort d’écriture ! Donc pourquoi c’est si dur ? Deux ennemis potentiels : la motivation et la peur de la réalité. Le premier, je me sens pas concernée, j’ai réellement envie d’écrire mais… J’ai peur.

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Quand j’avais 8 ans et qu’on le demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais crânement écrivaine. Et j’ai beaucoup écrit mais c’était facile car… Y avait pas d’enjeu. J’écrivais par plaisir, pour moi. Là, j’ai 35 ans et je veux me lancer mais… Et si j’echouais ? J’ai confiance en ma plume mais mes histoires sont peut-être très mauvaises, je ne sais pas. Si on me dit non, c’est mon rêve de gosse que je vais assassiner.

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Mais si je réussissais ?

Pages écrites : c’est aussi vexant comme question que de me demander mon poids post fête de Noël

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Québec land de Pauline Bardin, Edouard Bourré et Aude Massot

A peine arrivée à Montréal, mes copines m’ont mis dans les mains la BD Québec land de Pauline Bardin, Edouard Bourré et Aude Massot, la folle histoire d’un couple français  expatrié à Montréal. Pendant un an, notre joyeuse paire a croqué les moments typiques de leur vie outre Atlantique.

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De la recherche d’appart à la recherche d’emploi en passant par la visite des points d’intérêts Montréalais, tout y est. Même le passage de la famille en visite, mon préféré je crois. Et bien, même si je suis pas (encore?) expat’, cette BD m’a été bien utile durant mon séjour pour savourer les particularismes de la vie là-bas.

Québec Land

J’ai appris par exemple que nourrir les écureuils n’était pas une bonne idée. Pourtant c’est absolument adorable mais ça, c’est ma vision d’Européenne car ils pourrissent la vie des Montréalais en se servant abondamment dans leur poubelle et ne laissez pas traîner de denrées sur le rebord de la fenêtre sinon ils se serviront. Mais bon, malgré tout, faut avouer que c’est carrément plus chou que les pigeons ! Mais surtout, ces animaux sont bien peu farouches et en nourrir un, c’est en rameuter 10…

Québec Land

Ça m’a permis d’être plus attentive à certains lieux aussi comme le Mont Royal, présenté comme super mais montée un peu fatigante (oui, je confirme), de comprendre que les escaliers extérieurs, c’est super… Sauf en hiver où tu risques ta vie à chaque sortie, de retenir que tu peux acheter des homards pas chers au marché Jean-Talon (j’en ai pas acheté mais je le sais), que la pomme est une vraie institution là-bas… Et j’ai aussi appris que pour picoler dans les parcs, faut pique-niquer sinon, gare à l’amende ! Info peu essentielle en janvier mais vu que j’y retournerai un jour, je saurai.

Québec Land

Bref si vous devez aller à Montréal un de ses quatre (franchement, allez-y), ce serait dommage de passer à côté de cette petite BD qui vous fera voir la ville autrement qu’à travers les yeux du Routard et autre Lonely Planet.

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Plus c’est con, plus ça détend

La culture de la médiocrité à son paroxysme

Avant de vous raconter mes quelques jours au Canada (spoil : j’ai adoré), j’ai envie de m’énerver un peu sur une excuse que j’entends trop souvent de la part de ceux qui adorent regarder de la merde à la télé : “mais ça prend pas la tête, ça détend”. Et voilà Cyril Hanouna qui explose, la télé-réalité, les Hollywood girls et je ne sais plus quoi. La culture de l’humiliation, du clash et du bashing pour votre plus grand amusement.

Touche pas à mon Poste, émission typique surfant sur la culture de la médiocrité

Alors premier point : si tu veux te détendre, il y a d’autres options : va prendre un bain, va faire du sport, lis un roman, une BD, un blog… Ou mate un film ou une série voire un documentaire, joue à un jeu vidéo il existe des tas d’options pour se détendre… Donc viens pas me dire que tu choisis la médiocrité pour te reposer. Si tu regardes les Anges de la télé-réalité, Hanouna et autres grosses merdes, c’est avant tout… Par méchanceté gratuite.

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Lundi, un chroniqueur de France Inter a signé une chronique sur le fameux Touche pas à mon poste, une émission que je connais peu… Parce que les 3 fois où j’ai regardé, j’ai détesté. Entre un Hanouna prétentieux, agressif et qui écrase son équipe pour se faire valoir et une équipe complice qui joue les clichés (la blonde insupportable qui parle djeunz, le vieux beau, le vieux con) et accepte l’inacceptable pour son chèque de fin de mois… Non mais merde quoi. Qui peut réellement se réjouir de devoir subir des gages humiliants et se faire insulter par son manager dès qu’il ouvre la bouche ? Dans le monde du travail, on appelle ça du harcèlement… Mais bon, qui osera gueuler ? On est à la télé, on a la pression des camarades, on veut pas passer pour le pas drôle, celui qui n’a pas d’humour. Alors on se laisse garnir le slip de nouilles… Ah, l’injonction sociale de l’humour : ris ou sois ostracisé.

L'argument que je déteste le plus au monde

L’argument que je déteste le plus au monde

Et puis c’est de la télé, la célébrité. Tous ces candidats de real TV prêts à vendre leur cul, littéralement, pour gagner leur quelques minutes de gloire et, graal ultime, un passage au zapping. La pseudo vie de rêve où vous passez vos journées à vous clasher pour gagner vos quelques euros. Mais bon, avec de ma chance, vous pourrez finir fiancée au fils d’un ex Président de la République…

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Et vous regardez. Peu importe les Chloé, Sarah, Shirine, Nicolas, David ou Nasser : pas les mêmes gueules mais les mêmes histoires minables qu’on vous sert comme véridiques alors que tout est déjà écrit, qu’on a choisi pour qui vous allez voter. Vous n’êtes pas dupe, vous le savez mais c’est tellement bon de se foutre de la gueule de ces cassos qui valent tellement moins que vous. Peu importent les invités des talk shows : chanteuse pour ado, Miss France, people obscur ou candidat de télé-réalité… Vous avalez cette merde avec délectation parce que « ça prend pas la tête, j’ai le droit ».

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Des fois, on sait même pas qui sont les invités

Oui, vous avez le droit. Après tout, on peut choisir de se taper un McDo tous les soirs parce que cuisiner prend la tête, lire un roman nul et mal écrit parce que ça se lit tout seul, subir les injonctions des magazines féminins parce que c’est moins fatigant que se taper le dernier numéro de Courrier International. Mais arrêtons les mauvaises excuses. J’ai été merdophage aussi, j’en ai eu bien conscience mais la méchanceté, je peux plus. Un exemple : lors de mon séjour au Canada, j’ai maté un épisode de l’amour est dans le pré : candidats beaux et qui s’expriment bien, candidates pas connes avec une carrière. En France, on te collera toujours deux ou trois cassos bien mis en scène pour faire de l’audience et déclencher les commentaires dégueulasses sur les réseaux sociaux. Des émissions entières fonctionnent ainsi et vous vous en régalez.

Oui, j'ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Oui, j’ai un peu fait exprès de choisir une photo avec des enfants, ça illustre le niveau

Alors que je ne vous entende pas pleurer sur la qualité des émissions télé, que je ne vous entende pas déplorer le niveau de méchanceté et d’agressivité de vos concitoyens, qu’on nivelle par le bas. Parce que vous avez le choix de ne plus regarder, de ne plus encourager cette médiocrité, cette méchanceté qui permet d’ accéder à une certaine célébrité. Parce que désolée mais vous nourrissez la bête. Et ça vous fait jouir.

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Routine d’écriture

En 2016, j’écris. En voilà une bien belle résolution et force est de constater que 23 jours après le nouvel an, j’ai écrit environ une demi page… Je suis donc très loin des 3 pages par jour que j’ambitionnais. Des mauvaises excuses, j’en ai plein mon sac et on y reviendra mais pour s’y mettre pas le choix : je dois me créer une routine d’écriture.

Routine d'écriture

Les jours se suivent et se ressemblent. Enfin, pas vraiment mais on a une idée principale : je ne dégage pas de temps pour écrire. Je pars du boulot un peu tard (je ne me plains pas de ça, j’avance à 2 à l’heure en ce moment, pénible) et là, trois scénarii possibles : je sors (au resto ou à la salle de sport avec Anaïs), je rejoins Victor chez lui ou chez moi ou je retourne chez moi. Clairement, les deux premiers cas nuisent à l’écriture : c’est difficile d’écrire en société et quand je suis avec Victor, on essaie de faire des choses à deux : papoter, regarder un film (on a quasi fini tous les Wes Anderson)… ou jouer à la Nintendo 3DS côte à côte (j’ai salement replongé dedans, mon addiction est en pleine forme). Reste donc le troisième cas qui paraît idéal pour l’écriture : les soirées chez moi seule.

Cocooning version chapka culotte... Parce que pourquoi pas ?

Cocooning version chapka culotte… Parce que pourquoi pas ?

Sauf que ça se passe toujours de la même façon. Pendant le trajet du boulot à la maison, comme je marche, je suis en forme, stimulée, motivée : ce soir, je vais manger sain, faire un brin de rangement, faire quelques papiers, écrire. En général, les choses se passent comme suit : je mange sain (enfin, depuis quelques temps, ce ne fut pas toujours le cas), je lance un escape game et quelques vidéos Youtube pendant que je dîne… mais attends, je fais une dernière partie. Ah non, celui là n’était pas top, j’en fais un autre… Encore un autre… Oh ben il est déjà 0h 0h30 1h 1h30… Bon une douche et dodo, j’écrirai demain. Je vous jure que c’est systématique. J’ai même voulu bloquer le dit site d’escape game (je suis une fille pleine de volonté) mais apparemment, je n’ai pas le droit de bloquer un domaine sur mon pc perso…

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Alors puisque les habitudes, ça se change, c’est là que je dois attaquer et me créer une routine d’écriture. Tout simplement. J’ai envisagé plusieurs possibilités :

  • arriver plus tôt au boulot pour écrire avant de commencer ma journée de boulot. Bon, on a bien compris que j’étais pas du matin et que j’aimais pas bien me lever donc on va abandonner cette idée.
  • J’avais lu un article expliquant que le rythme idéal de travail, c’est 52 mn d’activité, 17 mn de repos. Donc je mettais un timer sur mon pc pour bosser 52 mn puis 17 mn de pause pendant laquelle j’écrirais… Sauf que dans les faits, c’est un peu chaud de se couper en plein élan, que tu sois en train de bosser ou en train d’écrire.
  • Ecrire le soir, dans mon lit avec ma tablette et mon clavier bluetooth
Obstacle majeur à l'écriture au lit : le chat

Obstacle majeur à l’écriture au lit : le chat

Voilà donc sur trois options, il n’y en a qu’une de réaliste : écrire le soir. Donc arrêter de procrastiner méchamment sur des jeux à la con (j’ai 94% sur ma tablette aussi) et écrire. Sauf que voilà, je glande, je laisse filer la soirée, je me couche trop tard et je me lève en bad, m’autoflagellant sur cette soirée encore perdue. Pour écrire, il me faut donc une routine, un réflexe d’écriture comme j’ai un réflexe de jeu à la con. Ca me paraît pas si compliqué : je rentre, je glande en mangeant PUIS je coupe ça et je vais me poser dans mon lit écouter de la musique et écrire avant de lire un bout. Je peux même m’offrir une heure de matage de série/tricot (j’ai envie de me remettre au tricot). Tout est question d’organisation…

Je tricote un peu serré

Je tricote un peu serré

Mais c’est un peu comme tout, le plus dur, c’est de s’y mettre. Je m’accroche toujours à l’exemple de ma pratique sportive. Je n’ai jamais été très sportive, à part quelques crises (une à 15 ans, une à 24 ans post rupture et là, depuis mes 27 ans) mais globalement, j’ai toujours été plus “affalée sur mon lit à imaginer aller faire du sport” (en gros). Puis ça m’est un peu tombé sur le coin du nez et depuis, j’en fais régulièrement, on peut même dire que je suis… sportive oui (quelque part dans le passé, mon moi ado est très surprise de l’apprendre). Et pour m’aider à être sportive, je mets en place des habitudes. Donc pour écrire, prenons l’habitude de le faire…

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Quand une bimbo défend les animaux, c’est la foire de la vanne

Ce qui est formidable avec nos hommes politiques, c’est qu’ils ne nous déçoivent jamais, surtout quand on attend le pire d’eux. Mardi, lorsque Pamela Anderson est venue défendre la cause animale, on a donc plus eu droit aux commentaires grivois sur la plastique de la star que sur ses propos. Plus t’es siliconée, moins t’es considérée ? Pour nos mâles dirigeants, manifestement, oui.

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Il est vrai que la carrière de Pamela Anderson ne la fait pas figurer parmi les actrices les plus intellectuelles : on la connaît surtout pour Alerte à Malibu ou Barb Wire, des rôles adaptés à sa plastique affriolante. Une fille idiote, peu sérieuse, donc. J’ai certainement raté le théorème qui dit que le QI est inversement proportionnel à la taille du bonnet mais passons. Les députés mâles débarquent, grivois, écouter la jolie poupée en espérant pouvoir placer quelques bons mots démontrant leur finesse d’esprit… ou leur machisme, j’ai un peu de mal à faire la différence, là, de suite.

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En plus, Pam’ vient défendre une cause dont on aime se moquer : la cause animale. Non mais passez une journée sur Twitter et observez : dès qu’on parle cause animale, ça ricane sec. Les végétariens sont les cibles favorites des “anti hipsters”, on se moque, on vous envoie des photos de steacks saignants et co… En fait, c’est pas compliqué : sur Twitter, il vaut mieux ne pas être roux, végétarien, hipster ou habillé en Desigual sinon vous allez vous prendre quelques stormshits gratuits. De façon générale, j’ai l’impression qu’il est socialement plus admis de consommer de la drogue que de ne pas manger de viande ou de poisson. Sous prétexte de s’inquiéter de votre santé (mais les carences, t’y penses aux carences?), on vous fait comprendre que votre choix de vie est malsain. Alors j’ai envie de dire : qu’est-ce que ça peut vous faire ? Une de mes meilleures amies est végétarienne, je fais attention à choisir des restaurants où il y aura des plats végétariens quand on sort, je prévois du grignotage sans viande ou poisson si on se fait un apéro dînatoire et ça ne me pose pas le moindre problème. Je ne sers pas de porc à mes amis juifs ou musulmans, je ne sers pas de viande ou de poisson à mes amis végétariens et je le vis très bien. Mieux, la cuisine végétarienne vous permet de découvrir des saveurs intéressantes et vous apprend pas mal de choses sur la nutrition.

Steack végétarien aux lentilles corail par Liv and cook, j'ai très envie d'essayer (clic sur l'image pour la découvrir)

Steack végétarien aux lentilles corail par Liv and cook, j’ai très envie d’essayer (clic sur l’image pour la découvrir)

Mais voilà, Pamela, elle cumule : gros sein et cause animale, ça va juste faire rigoler dans l’Assemblée. Et là, j’ose poser la question: pourquoi ? Des actrices qui défendent des causes, on en a des pelletées. Angelina Jolie, Emma Watson, Salma Hayek… Elles s’en sortent mieux car elles portent soit un sujet dont il est difficile de se gausser, soit elles ne sont pas vulgaires. Enfin, tout est relatif : Angelina Jolie, elle a quand même joué dans Lara Croft et était ultra vulgos dans 60 secondes chrono. Mais ça va, elle est devenue glamour depuis. Quant à Pamela… Et bien, si on veut critiquer ses choix de rôle et son image, faisons le, pourquoi pas, mais pourquoi corréler ça à son discours contre le gavage des oies ? L’actrice est engagée depuis longtemps sur le sujet, c’est une égérie régulière de la PETA et son métier n’en fait pas moins une interlocutrice valable. Parce qu’elle a joué les sauveteuses de choc, elle est forcément conne comme une planche de surf ? A ce niveau là, si notre métier nous définit totalement, je dois être une capitaliste ultra libérale et manipulatrice, hein… Si le même discours avait été tenu par… mettons Jim Carrey, aurait-on eu droit à des commentaires aussi violents ? Parce qu’ici, ne nous mentons pas, le problème n’est pas le discours qui met en cause notre tradition du foie gras mais bien le porte parole : une femme qui a capitalisé sa carrière sur son physique… Un peu comme toutes les actrices, en fait.

PamelaAnderson

Hier, j’ai eu une nouvelle fois honte de mon pays, honte de ces sexa mâles incapables de se tenir un minimum correctement et qui ont multiplié les piques sexistes et mal placées. J’en viens presque à me réjouir que le mec pour qui j’ai voté aux législatives n’ait pas été élu, histoire d’être un peu moins associée à cette mascarade… Car le problème dans cette histoire, ce n’est pas d’être ou non favorable à la tradition du foie gras (dit la fille du sud ouest) mais bien qu’en 2016, nos chers députés n’ont toujours pas intégré que les femmes méritaient un minimum de respect, quelles que soient leurs causes, leur physique, leur carrière.

pamela anderson assemblee

2016, l’année où le machisme n’est toujours pas mort… pas même un peu faiblard.

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Réalité de Quentin Dupieux

 

Il est des films qui vous laissent pantoise. Pas forcément négativement juste qu’à l’apparition du générique de fin, vous restez sur le cul, incapable d’émettre un avis. Et c’est le cas, par exemple, de Réalité de Quentin Dupieux.

Réalité de Quentin Dupieux affiche

Je vous fais l’histoire en bref : Jason Tantra, cameraman sur une émission culinaire, a rendez-vous avec Bob Marshall, un riche producteur, pour lui parler de son idée de film. Un film d’horreur à base de télés tueuses d’hommes. Marshall est prêt à signer mais à une condition : que Tantra lui présente le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma. On va donc suivre Tantra et sa quête du meilleur gémissement.

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Mais en fait non, c’est pas tout à fait ça non plus. Ce film joue sur ce qu’on pourrait appeler les niveaux de conscience et de réalité : tout n’est que mise en abyme sur mise en abyme, tu perds rapidement le fil : réalité ou rêve ? Jason navigue entre les deux, il va jusqu’à se voir dans ce qu’il pense être sa propre réalité. Tout aussi perdu Dennis, le présentateur de l’émission culinaire qui finit par croire que Jason et lui ne sont qu’une seule et même personne.

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Oui, je vous ai pas dit mais Dennis présente son émission déguisé en Ratatouille

J’avais envie de voir ce film car il y a Alain Chabat dedans et j’ai toujours une grande affection pour le bonhomme et je suis généralement peu déçue. Et je sais qu’il est particulièrement bon quand il est à contre emploi. Et effectivement, il est bon, très bon. Par contre, grosse surprise du film : Jonathan Lambert. J’ai énormément de mal avec le personnage en temps normal, je le trouve généralement plus agaçant que drôle et quand je l’ai vu apparaître, j’ai fait un peu la gueule… Sauf qu’il est magistral. Joli rôle aussi pour Elodie Bouchez, parfaite en psychologue psychorigide insupportable.

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Bref, le casting est bon mais revenons en à l’histoire. Quand le générique de fin est tombé, j’ai lâché un “Quoiiiiiiiiiiiii !” tant j’étais perplexe… Mais dans le sens positif du terme. On continue de monter et descendre entre les différents niveaux de conscience, on cherche un point de repère pour capter ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Un peu comme dans Mulholland Drive, film que j’ai adoré pour exactement la même raison : tu peux pas juste regarder le film, tu dois observer, être conscient de ce qui se passe pour démêler le vrai du faux, le fantasmé du réel. Grâce à un reportage très intéressant sur le film que j’avais vu sur Canal, j’avais fini par choper toutes les clés et tous les indices me permettant de réécrire l’histoire.

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Sauf qu’ici, on ne navigue pas entre deux niveaux de conscience mais plusieurs, on ne sait jamais ce qui est vrai ou non et, in fine, qui vit ou rêve réellement cette histoire. Si vous avez besoin de comprendre un film pour l’apprécier, je pense que vous allez détester Réalité. Pour ma part, je l’adore justement pour ça : parce que passé les 15-20 premières minutes, on est précipité dans un univers incompréhensible, on doit chercher les indices pour comprendre. Dupieux malmène la ligne temporelle et la logique, on s’en prend plein la gueule… mais en plus, il le fait bien.

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J’ai une règle : si un film me fait changer d’avis sur un acteur ou une actrice pour qui j’avais peu à pas d’estime, c’est que le film est bon. C’est le cas de Walter Mitty, mon film feel good préféré, qui a réussi à me réconcilier avec Ben Stiller,  de la famille Tenenbaum de Wes Anderson où j’ai découvert une géniale Gwyneth Paltrow et donc Réalité qui me fait apprécier Jonathan Lambert.

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Donc si vous n’avez pas peur d’être un peu sorti de votre zone de confort de spectateur, matez Réalité.

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Carnet d’une apprentie écrivaine

Et oui, écrivainE.

Carnet d'écrivaine

Bienvenue dans cette nouvelle série qui va me permettre de partager avec vous les tourments de l’écriture mais aussi des considérations générales sur les romans que je lis, les travers que je décèle en espérant ne jamais tomber dedans. Mais ne nous leurrons pas non plus sur le but premier de cette série : plus que de vous raconter une histoire, c’est surtout un magistral coup de pied aux fesses que je vais tenter de me donner chaque semaine pour reprendre sérieusement l’écriture romancée.

Clavier façon machine à écrire pour tablette

Je fantasme tellement là dessus… Je suis trop une hipster

J’écris depuis petite, je devais avoir huit ou neuf ans la première fois que je me suis posée devant la machine à écrire que j’avais installé dans ma chambre. Alors rassurez-vous, je vous la fais pas “je suis le Mozart de l’écriture” parce qu’on ne va pas se mentir, c’était épouvantable. Les sujets verbes complément point se succèdent, l’histoire niaise se tisse. A côté, les aventures de Petit Ours Brun, c’est du Zola.

Petit Ours brun est fier de lui, le livre

Tape, tape dans tes mains, petit ours brun ! (j’ai un neveu de 3 ans…)

En grandissant, changement de décor et changement de matos : me voici désormais dans notre nouvelle maison avec une machine à écrire à traitement de texte, grosse classe. Bon, je n’ai jamais su la paramétrer et il manquait souvent une lettre ou deux en fin de ligne que je rajoutais à la main voire un bout de mot blancoté histoire de réécrire correctement le mot mais voilà, c’était de l’artisanal, c’était mignon. Passionnée de mangas, j’écris des histoires d’anges et de démons. C’est mignon, c’est sucré, y a des combats à l’épée quand même et de l’ésotérisme aussi… Mais ésotérisme version secte intoxiquée au plomb ou à peu près.

rael

Au milieu de ce déluge de plumes célestes, deux OVNIS : Technopolis, la fameuse histoire d’une jeune fille qui se rebelle contre l’ordre établi dans une dystopie post apo (hashtag originalité) et une histoire de colocataires malsaine avec du cul mais pas trop assumé quand même. Mignon, toujours mignon. Si on excepte le fait que j’ai tendance à tuer tous mes personnages, quand même.

Lost

Mais point d’auto flagellation ici, je précise. Ces écrits ont des kilos de défauts mais :

  • j’écrivais des histoires que j’avais en tête, ça m’occupait pas mal et ça m’empêchait de regarder la télé donc, déjà, c’est très positif. Et je suppose que cette intensité de rédaction m’a permis de faire de moins en moins de fautes
  • J’étais régulière et rigoureuse, ce que je n’arrive pas toujours à être aujourd’hui.

ecrire-travail

Non parce que l’écriture d’un roman me prenait plusieurs mois, parfois un an. J’en ai lâché des manuscrits en route, des trucs morts nés au bout de 30 ou 40 pages mais au moins, je m’astreignais à une discipline avec joie et entrain. Quand j’étais étudiante en maîtrise / master , je n’avais qu’une hâte : finir mes études pour pouvoir consacrer mes soirées à l’écriture.

Machine à écrire

Eeeeeeeet…. raté. Enfin, à moitié, j’écris beaucoup par ici. Parce que c’est beaucoup plus facile, on est limite dans de l’écriture épidermique : je tape au kilomètre, je travaille à peine la forme, je poste et je passe à autre chose. Et puis… il n’y a aucun enjeu. Parce que c’est la clé de mon blocage : je voudrais écrire pour balancer ma prose à des maisons d’édition “pour voir”. Du coup, je jette les ¾ de mes écrits parce que “non mais qui voudrait lire ça, ça n’a aucun intérêt !”. Je recommence, je biffe, je souffle. Je souffre. Je n’ose pas écrire le soir car je suis trop fatiguée et qu’il me paraît évident que je vais pondre de la merde. Mais peut-être qu’elle est là, la clé : retrouver l’écriture comme un simple loisir, une écriture au kilomètre juste pour me raconter une histoire, à moi. Et cerise sur le gâteau, on balance ça aux maisons d’édition, juste pour voir, sans enjeu. Après tout, j’ai déjà un métier, je n’ai rien à perdre.

Se lancer dans l'écriture premier chapitre

En 2016, j’écris. Enfin, je vais essayer, quoi. Et je vais vous raconter ça, bande de petits chanceux !

 

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L’épée de Darwin de Dan Simmons

J’aime varier les plaisirs et après Anna Karénine, j’avais envie d’un bon polar et l’épée de Darwin de Dan Simmons sonnait bien à mes oreilles. Surtout que le monsieur est l’auteur de “l’échiquier du mal” que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu beaucoup de bien donc vas-y, liseuse, on part à la conquête de ce nouveau polar.

l'épée de Darwin de Dan Simmons

L’histoire : Darwin Minor, docteur en physique spécialisé en accidentologie, intervient sur les accidents mortels pour une assurance afin de décider quelles sont les responsabilités des uns et des autres. Mais le voilà soudain pris en chasse par des tueurs à gage russes. En leur échappant, Darwin se retrouve désormais face à une mafia locale qui organise des tas d’arnaques à l’assurance avec des accidents provoqués. Il va s’associer à Sidney, une inspectrice de choc.

The Mentalist

Un consultant et une inspectrice, c’est vrai qu’on n’a jamais vu ça

Alors dis comme ça, avouez que c’est assez sexy… Et bien, c’est un leurre ! Le livre fait 463 pages, il aurait pu tenir en 150. Une souffrance.

Alerte mauvais livre

Alors reprenons, qu’est-ce qui ne va pas dans ce roman ? En premier lieu le héros principal. Mon Dieu que ce type est insupportable. En fait, Darwin Minor souffre de ce qu’on pourrait appeler le syndrome Robert Langdon, le héros de Dan Brown (Da Vinci Code, Inferno, Le symbole perdu…) : le mec sait tout sur tout, il sait tout faire et les femmes en tombent systématiquement amoureuses. Non mais bonjour l’ennui ! Du coup, notre ami Darwin te dit en 34 secondes ce qu’il s’est passé sur cet étrange accident, il va faire du planeur et joue à la guérilla dans la forêt avec des armes, te shootant un mec à au moins 10 km pépouse. Sa seule faille : il a perdu sa femme et son fils dans un crash d’avion auquel il a lui même survécu. Alors je sais pas vous mais moi, M. Parfait, j’ai toujours du mal à avoir de l’empathie pour lui…

Zodiac-de-David-Fincher

Mais encore, il n’y aurait que ça… L’écriture de Simmons est insupportable. Soit le mec veut nous partager toutes ses passions soit il veut nous montrer qu’il s’est bien documenté mais… la moitié des écrits sont juste inutiles. On a le droit à de trop longues listes d’armes et de voitures (ne m’y connaissant ni dans l’un ni dans l’autre, ça ne m’aide pas vraiment à rentrer dans le récit), tout une histoire de planeur qui ne sert strictement à rien (mais on a bien compris que Darwin était le meilleur pilote du monde), un flash back sur un épisode infiniment long de la guerre du Vietnam (spoil : Darwin est le seul militaire à s’en sortir) qui n’a pas la moindre incidence sur le récit. Mais bon sang, Simmons, à quoi tu joues ? Tu avais un nombre de signes trop élevé à respecter ou ?

long manuscrit - sur la route

Quant à l’intrigue. Bah, c’est un épisode des Experts, quoi, ni plus, ni moins. On a des crimes, on enquête, on te plie ça en 2*2, merci bisous. A la limite, pourquoi pas, j’ai pas mal regardé les Experts il y a 15 ans mais là, c’est même pas bien amené ! L’enquête avance un peu par la grâce du Saint Esprit, Darwin comprend des trucs tu ne sais même pas comment, la piste se remonte bien trop facilement… Et du coup, niveau rebondissement, tu repasseras.

Le cross over des Experts

Nyeeeeeeeeeeeeeeah !

Bref, je me garde L’échiquier du mal pour plus tard, pour voir, mais je vous cache pas que je vais le lire un peu à reculons. J’ai fait une légère comparaison avec Dan Brown et on n’en est vraiment pas loin : héros bien trop parfait, héroïne simple faire valoir (même celle qui devient la descendante de Jésus), enquête qui se débarrasse du bon sens… mais je ne rends pas tout à fait justice à Brown : malgré ces gros défauts, son écriture est efficace et tu dévores le bouquin comme un paquet de Malteser. Alors que là, c’était plutôt grosse plâtrée d’haricots* verts en boîte… C’est assez dégueu et ça se digère pas très bien.

 

* Je reste fascinée par la différence radicale de goût entre les haricots verts en boîtes et les haricots verts frais.

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Couple : pauvres victimes de l’amour

Lundi matin, je branche mon Twitter et là, je vois un déferlement de tweets sur… non, pas David Bowie (enfin, si, aussi) “quand tu es en couple, tu renonces à”. Ah oui, le couple, ce grand sacrifice ! Alors nous avons bien sûr quelques jolies réponses amusantes et mignonnes tendance neuneu :

Quand tu es en couple, tu renonces à... hashtag et réponses rigolotes

Mais certaines me mettent légèrement mal à l’aise :

Quand tu es en couple, tu renonces à... les réponses qui font peurAlors révélation : si tu te sens oppressé dans ton couple et que tu renonces à tes libertés, c’est que tu devrais changer de partenaire au plus vite.

Relations-toxiques-Comment-les-reperer-et-s-en-proteger

Je l’ai déjà dit mais je vais me répéter : la passion amoureuse telle que vendue dans les romans et films est nocive 9 fois sur 10. Là, je suis en train de lire After saison 2 (“saison”, ça me donne envie de jeter le truc direct aux ordures, déjà) et je suis littéralement ulcérée de voir qu’Anna Todd nous explique qu’un amour parfait, c’est juste être victime d’un pervers narcissique. Le mec est violent, abusif, il s’impose dans la vie professionnelle de la fille, l’enferme dans un appartement, la coupe de sa famille, de ses amis (enfin, non, elle n’en a pas), lui fait des scènes de jalousie partout, tout le temps, y compris sur son lieu de travail à elle, prend les mêmes cours qu’elle pour la surveiller, lui vole sa voiture pour la réparer. En fait, il était tout le temps là, elle peut pas faire un pas sans qu’il apparaisse et menace de péter la gueule de tous les hommes daignant lui parler. Alors toi, fille, tu dois te casser au plus vite et toi, mec, va te faire soigner. Mais c’est de l’amour tu comprends…

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Non, je comprends pas. Si pour toi, l’amour, c’est passer plus de temps à pleurer qu’à être heureux, c’est que tu as sans doute trop regardé les Feux de l’amour petit en prenant ça pour une vérité absolue. Bien sûr, il faut faire quelques concessions car on se partage l’espace à deux mais si ça vous rend malheureux, c’est que vous n’êtes pas avec la bonne personne. Si je prends ma relation avec Victor, nous n’avons pas forcément les mêmes centres d’intérêt, on s’installe peu à peu dans une routine : moi j’écris pendant qu’il code ou mixe et tout va bien. Je ne lui ai pas demandé de mettre un casque quand il fait sa musique ou je ne le prive pas de jeux vidéos… surtout que bon, depuis qu’on a réactivé ma Nintendo DS, c’est plutôt moi qui abuse un peu. On essaie de trouver notre rythme et notre équilibre alimentaire, on ne renonce à rien. Alors, oui, c’est sûr que je peux pas dormir en travers du lit et je ne peux pas m’improviser chanteuse de comédie musicale en pyjama si l’envie m’en prend mais… d’abord ça doit m’arriver une fois par an. Mais surtout je ne renonce pas à l’essentiel. Je veux sortir avec mes amis ? Ben je le fais et réciproquement. Il veut se faire un Festival à Amsterdam ? Ben va… La confiance étant un pré requis dans notre couple, on peut partir chacun de notre côté sans inquiétude ou jalousie.

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Moi je pars toute seule aux Philippines et je me selfise sur la plage

Alors évidemment, ceux qui ont répondu à ce hashtag ne savent peut-être juste pas ce qu’est un couple et répondent par clichés… et c’est précisément ce qui m’inquiète. On nous vend tellement d’histoire d’amours toxiques que ça en devient presque la norme. On nous fait croire que l’amour, c’est du sacrifice : du plus superficiel (toujours être épilée au poil… je suis une très mauvaise élève) au plus dérangeant (ne jamais refuser les envies sexuelles de son/sa partenaire, se séparer de certain-e-s ami-e-s dérangeant notre moitié). Mais alors expliquez-moi : ça sert à quoi de se mettre en couple si c’est pour souffrir ? Je sais pas vous mais moi, perso, si je dois juste sacrifier ma liberté, mes amis, voire ma famille dans les cas les plus sévères juste parce que c’est ça “l’amour”, mais j’en veux pas ! Je me fais suffisamment chier à sourire et faire des courbettes hypocrites au boulot pour pas m’amuser à faire la même en rentrant à la maison.

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Bref, ton couple est une souffrance : barre-toi. Tu n’as plus le droit de dire ou faire ce que tu veux ? Barre-toi ? Ton mec/ta nana pense que tu dois être comme ci ou comme ça, parler à telle personne et pas à celle là ? Barre-toi. Etre en couple n’est en aucun cas une obligation, on peut très bien vivre seul (si, si) donc réfléchis bien : est-ce que cet “amour” faut vraiment que tu paies le prix fort ? Dédramatisons la rupture : si c’est pour se sentir mieux et plus libre, ce n’est pas un échec mais bel et bien une victoire. Sur soi, sur sa dépendance à l’amour (enfin, l’idée qu’on en a), sur la société qui nous impose à marcher par paire, quitte à tomber sur une personne abusive et toxique. Je pense que pas mal de twittos ayant joué avec ce hashtag devraient sincèrement se poser la question

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