Cynisme et marketing : Banksy, coupable ou victime ?

Je suis perplexe. C’est pas la première fois sur le cas Banksy, on ne va pas se mentir. Cette personne (ou ces personnes je dirais mais tel n’est pas le débat), c’est un énorme point d’interrogation pour moi, je n’arrive pas à décider si c’est un génie… de l’anticapitalisme ou du marketing. Cynisme outrancier ou tentative de dénonciation foirée ? Je sais pas et quand je me perds en conjectures, qu’est-ce que je fais ? Bah, j’écris un article.

Banksy, exposition à Amsterdam

Alors pour refaire très rapidement mon “histoire” avec Banksy, je citerais deux “rencontres”, une plutôt positive et l’autre un peu moins. La première est le documentaire “Faites le mur” mixant petit reportage sur les grands noms du street art et petite arnaque posée de l’ami.e Banksy qui mettait en scène “Mister Brainwash”, un artiste monté de toute pièce grâce à la magie du marketing. Documentaire que j’avais bien aimé parce qu’il m’avait donné matière à réflexion… et que c’est lors du générique de ce petit documentaire (ou documenteur) que nous nous sommes embrassés la première fois avec Victor. Voilà, petit instant neuneu, savourez bien. Et puis il y a eu cette expo à Amsterdam dans un minuscule musée d’art contemporain qui nous avait un peu interpellés avec Victor en mode “mais en fait, est-ce que ces oeuvres ont vraiment vocation à être exposées dans un musée ? » Surtout que l’expo n’était pas très intéressante en soi.

Banksy, exposition à Amsterdam

Et voici donc cette histoire de ventes aux enchères. Pour les trois du fond qui rentreraient de vacances en mode déconnexion numérique (je vous envie) et passeraient sur ce blog avant tout autre réseau ou site (donc ça ne concerne vraiment personne en fait mais passons), il y a eu la semaine dernière une vente d’un tableau de Banksy aux enchères et à peine la vente fut-elle adjugée que le tableau a commencé à s’autodétruire. Sur le coup, j’ai montré ça à Victor, enthousiaste, en mode “putain, c’est génial, il a encore niqué le game !”. Et puis rapidement le doute. Pas sur le “mais comment iel a fait, était-iel dans la salle ? Sotheby’s était complice ?” parce que je vous avoue que je n’ai pas grand chose à dire sur cette partie-là vu que j’en sais rien. Qu’iel ait intégré une déchiqueteuse dans le tableau ne m’interpelle pas particulièrement… qu’elle marche 10 ans plus tard par contre

Destruction d'un tableau de Banksy en pleine vente aux enchères

Et là, soudain, on patauge en plein cynisme. Non seulement le tableau déchiqueté a pris d’autant plus de valeur, ce qui fait totalement perdre la dimension symbolique de sa destruction mais surtout, le marketing a récupéré direct cet événement, le transformant en mème. Toutes les marques ont détourné la scène pour en faire un objet de promotion et voilà-t-il pas qu’on nous sort même des t-shirt déchirés pour rappeler ce coup d’éclat. Et là, je face de palme option creusement de ma ride du lion. Est-ce que tout cela a dépassé Banksy ou est-ce qu’iel savait très bien ce qu’iel faisait au moment où iel le faisait ? Après tout, si on reprend faites le mur, iel mettait précisément en scène un personnage qui se sert du marketing pour faire son beurre sur le marché de l’art.

Détournement de la destruction de l'oeuvre de Banksy par McDo

Et ça m’agace. Profondément. J’ai toujours une certaine méfiance vis à vis de ce que l’on appelle l’art. Traitez-moi de snob si vous voulez mais à partir du moment où le marketing où s’en mêle, toute beauté s’envole. C’est l’histoire de Koons, McCarthy ou Mister Brainwash où tu te demandes si la démarche artistique n’est pas juste un storytelling marketing des familles. C’est Ben qui se fait un fric monstre avec ses phrases à la con déclinées sur des trousses et des cahiers en mode mantra qui fait baver de jalousie n’importe quel “influenceur” LinkedIn à la con. C’est surtout la sensation que nos élans anticapitalistes sont sacrifiés sur l’autel du profit. Banksy a-t-iel vraiment réalisé sa prestation en n’imaginant pas les retombées ? Sommes-nous à ce point cynique que tout, aujourd’hui, n’est plus qu’argument marketing et événement à détourner pour faire du buzz à moindre frais ? Faut-il évoquer le nom de Banksy avec une pince à linge sur le nez parce qu’on ne sait pas vraiment de quel côté il penche ? Et ça fait chier. Ca fait chier parce que sur le coup, j’ai trouvé l’idée géniale et que j’ai juste l’impression aujourd’hui d’avoir été manipulée. Et j’ai un vrai ras-le-bol de Banksy alors que je n’arrive pas à décréter s’il est victime ou complice d’un système que je vomis.

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Ce qui compte, c’est la tension érotique

Allez, je poursuis mes petites réflexions sur les scènes de sexe parce que c’est l’automne et franchement, qu’a-t-on de mieux à faire que de rester sous la couette ? Oui, ok, boire du chocolat chaud ou un bon matcha latte des familles mais l’un n’empêche pas l’autre, vous me direz. Je disais donc que les trois-quarts des scènes de cul me paraissaient foirées car racoleuses et souvent incongru car il manque un ingrédient essentiel : la tension érotique.

Matcha Latte

Je ne suis pas opposée aux scènes crues mais il faut savoir quel média on est en train de consommer. Je veux dire, si je veux voir des scènes de cul random qu’on ne cherche pas à justifier… ben, je regarde un porno. Le scénario est minimal, souvent très drôle malgré lui, et à vrai dire, on s’en fout. On regarde pour voir des gens s’envoyer en l’air, pas pour avoir un scénario de ouf. Après, tu as un genre un peu entre les deux, ce qu’on classifie en érotique qui est plus ou moins réussi… ou foiré selon les goûts. Je crois que j’ai dû construire un certain imaginaire érotique par rapport aux fameux téléfilms “Hollywood Night”, ces productions un peu sulfureuses diffusées sur TF1 le samedi soir en 2e partie de soirée dans les années 90. Films que je ne souhaite absolument pas revoir parce que je suis bien persuadée que c’était nul. Mais à présent qu’on nous mélange les genre, qu’on nous fout du sexe pour faire un peu durer les épisodes, pour se donner un truc un peu sulfureux, on a souvent l’impression que c’est un peu posé là, sans réelle justification et sans aucune utilité pour l’histoire. Tout sauf excitant.

Hollywood night

Vous savez quelle scène de sexe m’a marquée ? Celle de Terminator. Oui, entre Sarah et Kyle. Alors pour ceux qui n’auraient pas vu le film (ou ceux qui ne s’en souviennent pas),  cette scène n’a en soi rien de particulier, elle peut même paraître un peu cucul (gros plan sur les doigts qui s’enlassent) MAIS elle est le couronnement d’une montée en tension. On a d’un coté Kyle qui a une adoration sans bornes pour Sarah, leur fuite pour la survie… C’est pas une scène de sexe, en fait, c’est une parenthèse dans la terreur absolue que vivent les personnages, fuyant le Terminator. Ca peut paraître comme l’incontournable scène d’amour entre un homme et une femme dans n’importe quel film mais il y a un sentiment d’abandon et d’oubli très fort.

La tension érotique entre Kyle Reese et Sarah Connor

Et du coup, comment qu’on fait ça quand on crée une fiction ? Non parce que c’est bien tout l’enjeu. Je n’aime pas trop lire ou regarder des histoires d’amour parce que tu sais très bien où ça va finir et le comment n’est finalement qu’anecdotique. Mais je ne suis pas opposée aux histoires d’amour dans une oeuvre plus globale, rendant les scènes de sexe particulièrement intenses. Un des exemples que j’ai, c’est Kala et Wolfgang dans Sense8. Alors il semble que ce couple soit écrit justement pour ça (cf l’avalanche de vidéos Youtube remontant la relation entre les deux personnages), la tension érotique monte pendant plus d’une saison jusqu’à une très belle scène de sexe que j’attendais avec grande impatience. Cependant, beaucoup de séries jouent sur ce côté “y a John et Annabelle, ils se kiffent mais ça peut pas se faire parce que John est avec Katia et quand il finit par la quitter, Annabelle est avec Simon, oh bad !”. C’est Ross, fou de Rachel qui sort avec Julie alors que son amour de toujours commençait à envisager une relation amoureuse avec eux (le premier baiser en Ross et Rachel est un moment fort de la série, d’ailleurs)(alors que Ross est un connard, quand même). C’était le cas d’Ally McBeal aussi avec Billy, Ted et Robin dans How I met your mother, le héros et la blonde d’en face dans the Big Bang Theory (Leonard et… j’arrive pas à me souvenir et OSEF sur 1000). (Penny, c’est Penny, bordel)… Bon dans les séries que je nomme, y a pas d’histoire de cul mais une montée en tension…

Kala et Wolfgang, Sense8

Mais justement, est-ce que ce n’est pas vu et revu ? Jouer sur les personnages qui se tournent autour, qui se kiffent mais la vie fait que, attendre pour enfin conclure… ou les mettre tellement en tension à base de “vous allez peut-être mourir” que finalement, la scène de sexe ne peut être que belle…

The lobster - Colin Farrell et Rachel Weisz

Mais en fait, pour une belle scène de sexe, il faut aussi une scène de baiser vu que ça commence souvent par là… Je me pencherai là-dessus la semaine prochaine.

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Cuba : premières plongées, premiers mojitos

Premier jour à Cuba et direct premières plongées. En sortant de la chambre pour aller prendre le petit déjeuner, je découvre le centre avec un petit kiosque en face de la chambre et surtout un bras de mer. Tout un tas de choses que je n’avais pas repérées à l’arrivée. On croise quelques stagiaires au petit déjeuner, les affinités commencent à se créer. J’essaie de retenir un peu les prénoms… et comme souvent dans ces cas-là, il y a ceux que tu apprécies spontanément… et les autres.

Cuba centre UCPA

Petit briefing du séjour, la plongée commence dès 11h, je récupère direct un binôme, N2 qui veut à tout prix faire de l’autonomie. “Oui mais si on se perd, c’est pas grave, ça fait partie de l’apprentissage !”. Heu… En route pour la première plongée, juste au pied du centre. Le matos est un peu vieux mais ça va, le bateau est poussif et pue le mazout mais nous amène à destination. Saut droit et me voici immergée dans les eaux cubaines. C’est beau. Les fonds me paraissent assez proches de ceux de la Guadeloupe mais le soleil étant de la partie, ça rend de suite mieux. De jolis coraux, des poissons papillon, des demoiselles bijoux, ça virevolte en douceur. Evidemment, la go pro refuse de fonctionner, problème sur la carte micro SD. Pas de film de plongée pour Cuba. Je suis toujours un peu poissarde là-dessus… Pas grave, je savoure même si le ballet des méduses blanches sur fond bleu méritait d’être immortalisé.

Cuba, centre UCPA

Méduse

Vieille photo de 2012 ou 2013 que j’ai toujours aimé fort

Déjeuner en speed, on enchaîne. Pendant qu’on mange, je repère deux filles que j’aime bien, un couple adorable et la princesse de la veille dans ses grandes oeuvres qui impose sa cadence à son petit groupe.

UCPA - centre cuba

Cette photo a été prise plus tard mais c’est pour donner l’idée du cadre

Deuxième plongée et ça se complique. La mise à l’eau est un peu précipitée et mon binôme oublie sa ceinture de plombs, on perd donc rapidement le groupe qu’on est censés suivre de loin. La plongée est une dérivante sauf qu’on n’a rien dérivé du tout… Deux gros chapons à l’accueil de la descente, une langouste, un crabe énorme (depuis Osaka, je trouve ça flippant, les crabes), deux lions fishes, des méduses… et là, le drame survient. Mon binôme veut à tout prix faire demi-tour, j’ai pas l’impression que c’était la consigne mais j’ai pas trop écouté… Et effectivement, on ressort à bien 500 mètres du bateau… Je nous fais redescendre car c’est plus simple pour tracer mais mon binôme n’a plus d’air donc on remonte à nouveau. Heureusement, le bateau nous voit et vient nous récupérer. Moralité : il faut que je me fasse plus confiance et que je me fie moins aux autres. Retour au centre pour une petite douche et départ pour s’offrir le premier mojito du séjour dans un bar. Et le deuxième aussi, d’ailleurs. On est en bord de route avec des enfants qui jouent sur le petit pré derrière nous, notamment avec une chèvre. Sur la route, une voiture en tracte une autre avec une sorte de chambre à air, ça n’a pas l’air très efficace… En venant, on est passés par un quartier très rural, on a croisé des agneaux, des hommes à cheval qui venaient se chercher les uns, les autres. Le cheval, c’est un peu le scooter local, quoi… avec beaucoup plus de gueule.

Guajimico, Cuba

Retour au centre pour un apéro. Résolution d’être raisonnable : ahem… Mais les consos du bar ne sont pas trop chargées, la Piña Colada et le Cuba libre passent sans faire de dégâts. Je sèche cependant la soirée : en vacances, j’aime aussi dormir et rétablir la balance déficitaire de mon sommeil.

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Et si on arrêtait de mentir sur la perfection au travail ?

Vendredi après-midi, je traînasse un peu sur LinkedIn, activité que j’avais délaissée suite à la signature de mon nouveau contrat tellement j’en pétais. En cause ? Cette fable permanente de l’hyper réussite sans faille, ces gens qui ne sont que réussite et confiance en soi. Sauf que nous faire croire que la perfection au travail existe est juste la meilleure façon de nous fragiliser. Et si on changeait un petit peu les règles du jeu ?

La perfection au travail, seule voie de réussite ?

Je n’aime pas le monde du travail, qui n’est qu’une longue souffrance sans fin, mâtinée d’humiliation, stress, burn out, bored out et tout ça. Sauf que socialement, c’est moyen admis de balancer ça tant on est dressés à la réussite. Déjà à l’école, t’avais des profs bien vachards qui aimaient bien classer les copies par notes, lisant les passages les plus moisis des copies les moins bien notées. Et comme à cet âge là, t’es une belle graine d’ordures, on riait tous bêtement quand le prof nous désignait du doigt le cancre. Oui, j’ai eu des profs merveilleux (enfin, là, c’est une en particulier). Bref, dès l’enfance, tu apprends qu’il y a les bons, les nuls, et le ventre mou. Tu dois aspirer à être sur le haut du panier tout en ricanant de ceux qui n’y arrivent pas. Un peu le même principe que la téléréalité finalement où on prend un plaisir pervers à voir des gens censément idiots nous rassurer sur nos propres capacités. Je dis “censément” parce que filmez n’importe qui pendant 22h/24 (c’est toujours ça le ratio ?), vous pourrez compiler des moments de lapsus ou fautes de français sans grande difficulté.

Nabilla ou l'inculture des candidats de téléréalité

Mais c’est pas le sujet. J’ai récemment changé de taf et, surprise, mon poste a complètement évolué par rapport à ce qui était prévu donc j’apprends… et je réalise des tâches en même temps donc je me sens régulièrement dans la peau d’une jongleuse funambule… Métaphore qui prend tout son sens quand on connaît mon sens incroyable de l’équilibre (je n’en ai aucun). Donc je tâtonne et j’ai moyen confiance en moi (moyen comme pas du tout), d’autant que j’ai un management qui peut passer 10 minutes à me reprocher un imprécision plutôt que de retenir que les clients sont contents de moi et que je m’en sors avec les honneurs compte tenu du fait qu’on me met sur un nouveau métier et que la seule meuf qui maîtrisait bien les bails est partie. Bref, je vais me lancer dans la rédaction d’articles d’empowerment, histoire de me dire qu’il faudrait que je fasse ci ou ça au boulot pour sortir de tout ça et que je n’en ferai rien parce que voilà…

L'empowerment, prendre le pouvoir au travail

Comme vous l’avez compris, j’ai passé un mois de septembre tendax. Mais vraiment. Mais je ne suis pas tout à fait innocente dans l’histoire, j’ai un tort. Un tort de ouf et il va falloir que j’arrête avec ça : je mets les gens sur un piédestal. Enfin, certains. Peut-être est-ce un relent de mes années d’école avec les très bons élèves et les cancres (et que j’ai ce putain de syndrome de la bonne élève qui me nuit énormément car je suis incapable de lâcher le moindre lest) mais en gros, j’ai tendance à classer mes collègues en “très bons” ou “nuls”, sans grande nuance. Or n’oublions jamais que nous sommes tous le nul de quelqu’un d’autre et que j’ai l’impression qu’un grand classique du monde du travail (du moins dans mon univers impitoyable des agences de pub) que tous les autres services sont nuls et qu’il n’y a que le nôtre qui sauve les meubles (lol). Mais moi, je veux surtout vous parler de ce que je perçois comme “très bons”. Non, pardon “parfaits en toute circonstance” alors que moi, je fais des bêtises et que je suis la pire des loseuses. Ah oui, non mais par moments, je suis à ça de me préparer à un entretien préalable au licenciement pour une faute d’orthographe dans un mail, je suis la reine de l’autoflagellation. Du coup, au coeur de la “tourmente” (qui, après coup, s’est vraiment révélé être une tempête dans un verre d’eau), je me suis mise d’autant la pression parce qu’on m’avait présentée celle que je remplaçais comme une “pépite”, une “grande perte pour l’agence”. Hashtag sérénité, voyez. Alors que je lorgnais vers les toilettes en me demandant si je pouvais aller y pleurer discrètement, ma nouvelle collègue chouchoute me rassura “ah mais la fille que tu remplaces, elle s’en est pris dans la gueule bien pire, t’inquiète !”. Et je réalisais une nouvelle fois que nul n’était parfait, même ceux que je déposais délicatement sur le Panthéon de la réussite.

Athena, statue chevaliers du zodiaque

Parce que les échecs, on n’en parle pas ou alors s’ils sont un élément d’une success story, vous savez, ce côté, “aujourd’hui, c’est l’un des noms qui comptent dans la société, CEO de la start up de rêve mais avant, il a échoué, bla bla bla”, ces parcours flamboyants dont on est tous censés rêver (non) et qui ont le monopole de la réussite. On croit qu’on est le seuls à se tromper, à échouer (encore qu’il faudrait définir ce qu’est l’échec) et le tout bien encouragé par nos managers qui vont toujours aller nous pécher l’exemple de tel.le ou tel.le collègue qui fait autant que nous voire plus sans se plaindre (les managers oublient souvent que l’on se parle entre nous, au passage). Alors oui, celui-ci ou celle-la s’en sort peut-être mieux que nous mais… eux aussi, parfois, se sont plantés. Et ce n’est pas si grave car on ne sauve pas des vies.

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La baise, c’est l’ennui

Ah tiens, ça reparle de cul par ici ? Serais-je retombée dans le célibat et repartie aussi sec dans mes histoires de fesses ? Non (pour les deux parties de la phrase précédente), je ne vais pas vous parler de sexe en tant que tel mais sexe dans la fiction parce que… il arrive à un moment où la baise m’ennuie.

Marseille, série où la baise prouve la médiocrité

Je ne sais pas bien par quel exemple commencer tant il y en a tant donc je vais parler de How to get away with murder puisque je suis en train de le regarder pendant que j’écris ces quelques lignes. Je suis pas hyper convaincue par cette série mais elle a le mérite de bien occuper mes dimanches après-midi. Bref, je pense que 90% des épisodes commencent et/ou finissent par des scènes de cul. Ce qui m’a fait rire au départ car on a droit à des moments soit disant torrides mais juste après, la jeune femme impliquée s’enroule avec soin dans les draps. Ok, on laisse voir les épaules nues mais les seins, c’est non. Alors je sais que les Américains sont mi-coquins mi-puritains et ce n’est certes pas la première fois que je vois une scène de cul où les seins sont soigneusement dissimulés (dans Sex and the city, elles baisent neuf fois sur 10 en soutien-gorge… Est-ce que des femmes sont vraiment ça dans la vraie vie, hors cas très spécifique d’un quicky ?). Sauf que… ces scènes de cul sont quoi qu’il en soit absolument inutiles. Remplacez les par un ellipse et vous ne perdez rien de rien sur l’histoire, juste quelques minutes du show.

How to get away with murder - Wes et Rebecca

Et je parle de cette série mais je pourrais en citer des milliers d’autres. Un autre exemple, tiens, Altered Carbon, série que j’ai bien aimée dans l’absolu. Victor a lu le roman et m’a rappelée un personnage : Sarah. Qui est Sarah ? La fille de la scène du début dont on ne parlera plus jamais alors qu’elle est assez centrale dans le roman (que je n’ai pas encore lu donc je ne vais pas en parler plus que ça). Victor m’en parle et soudain, je me souviens de cette première scène où Takeshi et cette inconnue, Sarah donc, sont en train de baiser. On n’entendra plus jamais parler d’elle. Alors pourquoi pas si c’est un parti-pris (elle a manifestement été fusionnée avec un autre personnage) mais du coup, à quoi servait cette première scène ?

Sarah dans Altered carbon

L’actrice est même pas créditée dans le casting, bon sang…

Et à l’inverse, nous avons Jane the plus trop virgin (oui, j’adore cette série). A un moment, Jane et son prétendant (je ne donnerai pas son nom pour pas spoiler même si j’avais trois ans de retard sur tout le monde) se retrouvent sous la douche dans une scène qui promet d’être torride, il y a de la vapeur, des baisers… et le narrateur qui coupe “hé ho, on n’est pas sur HBO, ici !”. Et voilà le problème. Je n’ai aucun souci avec les scènes de sexe en soit, je peux vous écrire un panégyrique sur quasi toutes les scènes de cul de Sense8 (alors que ça va bien plus loin qu’un remuage de cul sous des draps, quoi). Mais je trouve que la plupart, que ce soit dans les films, séries, ou romans, passent à côté de leur sujet. Une scène de baise, on s’en fout en soit. Que John et Annabelle aient baisé ensemble en missionnaire, amazone, levrette ou poirier indonésien n’a aucune espèce d’importance (sauf que bon, dans les séries américaines, la position est souvent symptomatique de certains clichés : couple qui s’aime en missionnaire, femme dominatrice en amazone et personnages qui ne voulaient que du cul en levrette). Ce qui compte, c’est le pourquoi et non le comment. Et ça peut être quelque chose de très beau, la concrétisation d’une tension érotique montée peu à peu au fil de l’histoire et quand John et Annabelle concrétisent enfin, vous êtes limite tout aussi excités qu’eux.

La piscine

Un pourquoi au sexe ? Il est vrai que “dans la vraie vie”, une partie de jambe en l’air n’a d’autres raison qu’une envie commune, chaque partie de sexe n’est pas fondamentale… sauf que, du cul, ces scènes là n’ont rien à faire dans une histoire à laquelle elles n’apportent rien. Vous écririez/tourneriez une scène où il ne se passe rien de remarquable ? Un héros qui se prépare un café sans penser à rien de spécifique, une héroïne qui beurre sa tartine en se demandant comment s’habiller parce que l’hiver s’en vient ? Ca n’intéresse personne dans l’absolu. Alors pourquoi on nous impose des scènes de cul finalement assez creuses ? Pour le racolage, évidemment… mais finalement, je me rends compte que le sexe, c’est un piège grossier dans lequel chaque “créateur” ou “créatrice” (je mets des guillemets pour dédramatiser le mot) a tendance à tomber parce que ça paraît un passage incontournable. J’ai souvent dit que j’avais du mal avec les scènes de cul et je pense qu’on touche là le souci : elles sont souvent mal amenées et non nécessaires, une case dans la to do de la fiction.

To do list de la fiction

Et ça soulève des tas de questions qu’on va étudier les prochaines semaines. Si j’oublie pas…

PS : Evidemment, cet article ne concerne pas toute fiction à caractère érotique totalement assumé.

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Premier vol pour Cuba

Le 09 mars – Arrivée à Cuba ! Après un voyage long et un peu éprouvant. Ca fait peut-être un peu snob mais la compagnie aérienne fut fort décevante : clim en panne donc chaleur d’enfer à notre niveau, pas de place pour les jambes, pas d’écrans individuels. Rien pour occuper les gens qui n’arrêtaient pas de bouger, impossible de vraiment dormir…

Dormir dans l'avion

Mais commençons par le début. Taxi, 6h45, j’abandonne un Victor pas bien réveillé, petit coup au coeur. Je déteste partir sans lui juste pour ce moment-là. En arrivant à l’aéroport, je récupère mes papiers, enregistrement dans une partie de l’aéroport appelée “l’arche” à l’autre bout du monde (“suivez le fil rouge”… ah on vient de le recouvrir de béton, oups !”) mais j’enchaîne. Petite pause au Exki pour un café accompagné d’un carrot cake… le goût des vacances !

Carrot cake vegan

Recette de carrot cake vegan en cliquant sur l’image (c)lovingitvegan

L’embarquement est chaotique, ça met une plombe et je crois que des gens se sont faits refouler… Je suis côté couloirs, pas loin des chiottes, une plutôt bonne config pour un vol de 10h30 et qui en durera finalement 11. A côté de moi, un mec… merde, c’est le relou malaisant du Exki qui draguait la serveuse. J’ouvre le coffre au-dessus de nos têtes pour ranger mon manteau, il me demande poliment son sac. Tiens, encore un mec qui se montre insistant avec les femmes travaillant dans le service et pas avec les autres ? En vrai, j’ai découvert un peu plus tard que je m’étais trompée, c’était pas lui le relou mais un mec qui était avec lui à ce moment là de l’histoire.

Vol pour Cuba avec Air Caraïbes, une expérience peu chouette

Le vol a été chiant. Pas tellement pour les 11h de vol mais pour le reste. Déjà, je l’ai déjà dit mais point 1 : ni écran ni tablettes pour mater des films. Je ne prends certes pas l’avion pour mater des films , je n’avais, par exemple, strictement rien regardé lors de mon vol aller-retour Paris-Montréal mais 11h, c’est long. Surtout quand tu as devant toi des meufs qui n’avaient visiblement jamais pris l’avion et à ta gauche un putain de tchatcheur qui raconte sa life hyper fort à sa voisine. Et quand les gens ne sont pas occupés, que font-ils ? Ils bougent ! Et quand tu es côté couloir, c’est relativement chiant. Surtout que, combo, la clim de notre côté était en panne donc on allait tous se promener pour choper un peu de fraîcheur et se ravitailler en eau. Donc Air Caraïbes, je ne suis pas sûre d’avoir envie de retenter, on verra au retour. Côté bouffe, ça allait et côté film diffusé sur l’écran, on a eu un dessin animé sur des zombies (Zombillénium, assez mignon), un film avec Jean-Pierre Bacri en wedding planner (un peu trop “comédie française” mais il y avait une ou deux scènes très jolies), Jalouse avec Karin Viard (moyen), Au revoir là-haut (très beau) et un peu de Marvin (malaisant).

Le sens de la fête

Après un vol sans turbulences notables, nous voici enfin à Cuba ! On a le temps de bien admirer la façade de l’aéroport, les premiers ayant récupéré leurs bagages (mon voisin de vol et moi, notamment) environ 45 minutes avant les derniers. Et c’est parti pour… 4h de bus ! Il y a déjà une fille qui me fatigue, qui parle tout le temps et se met en avant et en plus, a jeté direct son dévolu sur la fille que je voulais en coloc. 3h30 plus tard, nous voici enfin arrivés, une fille que je n’avais pas encore vue me propose de prendre une chambre ensemble. Woké ! Un dîner vite avalé et dodo. Certains vont boire un verre, moi, je ne rêve que des bras de morphée.

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Range ton argument d’autorité

Longtemps, j’ai eu un énorme tort, un tort fortement répandu, d’ailleurs : j’en appelais à l’argument d’autorité. En gros, pour caricaturer à peine, je me targuais de mes diplômes qui étaient censés agir telle une massue pour faire taire à jamais mon contradicteur. Sauf qu’il va falloir nuancer très fortement.

Le diplôme comme argument d'autorité ?

Parfois, je débats. En ce moment pas trop… enfin si, je me débats mais avec mon burn out. Mais parfois, je vois des propos qui m’agacent ou me choquent et, dans un élan d’ennui, je me lance. Oui parce que pour me frotter à ça, il faut du temps. Balancer une punchline assassine à un crétin et s’en aller comme une princesse en refusant tout dialogue par la suite, ce n’est pas du débat. C’est soit du troll soit une volonté de faire comprendre au reac gogolito que non, son avis ne fait pas consensus. Et il m’arrive parfois aussi de signaler à quelqu’un que ce qu’’il dit n’a aucun sens car je ne peux m’empêcher de l’imaginer en train de taper doctement son texte,persuadé d’être le détenteur du savoir ultime… sans doute mais si tu oublies d’inviter la syntaxe et la grammaire, on va avoir du mal à être touché par tes révélations, hein… Et je vous vois venir, on en parlera une prochaine fois de la maîtrise de l’orthographe, grammaire et tout ça… (je l’ai déjà promis, je crois, en plus). Cependant, ici, le problème n’est pas tant un manque de maîtrise de la langue française mais plus une volonté d’utiliser un vocable compliqué pour… faire autorité. Mais comme dirait Boileau, ce qui se comprend clairement s’énonce aisément.

Jargon

Je suis hors sujet ? Pas tellement. Dans n’importe quel débat où vous rentrez ou bien que vous ne faites que suivre, il y aura souvent un (ou plusieurs) participant qui va arriver en brandissant son diplôme, sa culture (en utilisant un vocabulaire ronflant et souvent mal à propos mais peu importe) et son éducation (“ah, vous m’insultez, je gagne donc le débat”). Alors ok mais… Pour ma part, j’ai un bac+5 en journalisme après un bac+4 en histoire et un bac+4 en science politique. Diplômes qui ont entre 12 et 14 ans, déjà et qui peuvent me donner une certaine autorité dans un certain contexte précis, à savoir sur mes sujets de mémoire et encore… C’est à dire que j’ai étudié ces sujets y a plus d’une décennie et que j’en ai conservé un certain savoir MAIS… alors on va parler d’histoire précisément mais l’Histoire n’a jamais une seule lecture et il est possible que la grille de lecture que j’ai utilisée y a plus d’une décennie ait été remise en cause depuis. Ou que les faits ait évolués. Un pays peut avoir été un bel exemple de ci ou ça. Par exemple, le Brésil risque de se retrouver avec un second tour gauche-extrême droite donc si l’extrême droite passe, je sais pas si ce que je sais du Brésil d’aujourd’hui pourrait me donner une réelle autorité sur le Brésil de dans cinq ans par exemple, à moins évidemment de toujours étudier le sujet. Mais avoir su ne veut pas dire savoir.

Rio de Janeiro au Brésil

Il y a également la science, au sens très large du terme, où le moindre UE validé de médecine semble te placer au-dessus de la mêlée. Je ne rentre pas dans les débats sur la médecine car en guise de savoir, je n’ai guère que de certitudes et une petite culture grâce à mes parents mais effectivement, ce n’est pas moi qui vais vous expliquer comment marche un médicament, par exemple. Par contre, y a un truc que je comprends assez : c’est que la super dilution de certains principes actifs ne peut pas donner un médicament fiable. Et oui, nous rentrons sur le terrain joyeux de l’homéopathie sur lequel je vois de nombreux débats (enfin, moi, je ne vois que des gens qui défoncent l’homéopathie, j’avoue) et là, les arguments d’autorité fusent dans tous les sens, tout débat commence par l’annonce des années d’études “hé mais moi, j’ai étudié 10 ans l’homéopathie alors pouet pouet cacahuète”. Oui alors étudier pendant X années n’est pas forcément un argument. Moi, je suis sûre que j’aurais aucune difficulté à faire dix ans d’études en médecine… mais je ne garantis pas que j’arriverai en deuxième année. Voyez le truc ?

Aurora et Mariano dans Teresa

Après, il faut arrêter de confondre culture et intelligence. Tu es cultivé ? C’est bien. Faudra un jour qu’on discute de la culture acceptée voire sacrée versus une culture plus populaire. Tu as fait des études et t’as même des diplômes ? Cool, super. On parlera une autre fois de la valeur d’un diplôme. Tu vois par exemple, moi, j’ai jamais été une grosse bûcheuse (enfin, à la fac si mais parce que j’aimais ça de ouf) mais j’ai une bonne mémoire. Recracher correctement un savoir, ce qui satisfait certains profs, ne fait pas de moi quelqu’un d’intelligent. Bref, le fait d’être plus diplômé.e, cultivé.e ou poli.e que votre contradicteur ne vous donnera pas la victoire. Présenter vos arguments sans enrubanner ça d’un jargon peu compréhensible voire pas compréhensible du tout, par contre…  

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Ce livre que je lis… et qui ressemble trop à ce que j’écris

Ceux qui passent régulièrement par ici le savent, j’aime lire. Je ne le fais pas assez à mon goût car j’écris aussi, je dors, parfois, je travaille, surtout. Mais j’essaie de me ménager quelques instants de lecture, histoire de m’évader un peu, découvrir une histoire à la cool et parfois, je suis troublée… Ce livre, là, il ressemble trop à ce que j’écris… possiblement en mieux.

Ma pile à lire

J’ai exactement ressenti ça en lisant deux livres  La cité d’un côté et La zone du dehors de l’autre, je vous avais dit que j’en avais pas fini avec ce roman. Parce que pendant sa lecture, même si je sortais parfois du récit à cause du style, je me disais “mais… c’est quand même pas mal Augura”, ma dystopie du bonheur. Evidemment, il n’y a pas à chercher si loin pour comprendre : nous avons les mêmes influences dystopiques. 1984 notamment, parfaitement, assumé par Damasio avec un clin d’oeil limite trop appuyé en début de roman qui se passe en 2084. A ça, je rajouterais le Meilleur des mondes (même si l’influence est plus forte pour Technopolis dans mon cas). Est-ce que les dystopies se suivent et se ressemblent ? Forcément, il y a des socles communs, peu importe comment on va jouer la partition. Sauf que là, y a quand même pas mal de proximité entre mon histoire que j’écris depuis pas loin d’un an (j’écris pas vite, cf premier paragraphe) et tout à coup, tu te poses la question : est-ce que j’ai pas un peu tort de persévérer, vu que c’est déjà fait ?

Ce que j'écris

Et bien pas forcément. D’abord, comme dirait Joseph Campbell dans Le héros aux mille et un visages, toutes les histoires sont des déclinaisons d’un même mythe, le monomythe. J’ai pas lu le livre (du moins pas encore,on l’a à la maison) et je suppose qu’on peut y apporter mille et unes nuances mais dans les faits, les histoires ont toujours une structure similaire. Une romance, c’est A et B qui se rencontrent et qui s’aiment, avec ou sans péripétie. Ca peut finir bien, ça peut finir mal mais ces histoires n’ont pour but que de raconter le lien entre A et B, resserré ou distendu par la vie. Ca marche pour les amitiés, d’ailleurs (je suis en train de lire la saga prodigieuse d’Elena Ferrante, on est complètement là-dedans). Pour les thrillers, polars and co, tout amène à la résolution de l’enquête via la collecte d’indices, souvent encouragés par quelques rebondissements. Une dystopie n’a de sens qu’à partir du moment où les personnages qui la subissent prennent conscience de ce qui ne va pas et décident de réagir. Et d’ailleurs, si j’enlève la dimension “société futuriste”, finalement, il n’y a pas tant à voir : Cerclon I est sur un satellite de Saturne, Augura est sur Terre, le leader de la révolution, Catpt, est un intellectuel qui pérore beaucoup alors que dans Augura… ben ce qui est censé faire office de leader de la révolution est Iris, une femme qui n’agit que dans son intérêt propre, sans mentir à qui que ce soit sur le sujet, et refuse d’endosser un costume trop grand pour elle.

La liberté guidant le peuple de Delacroix

Et la Cité, alors ? Là, pour le coup, j’étais dégoûtée en le lisant car j’y voyais une histoire que j’avais en tête depuis bien quinze ans et que je n’ai jamais écrite parce que pas le temps. Ca me rend ouf quand on me pique mes idées sans savoir que je les ai eues. Non mais à une époque, j’envisageais de faire des vidéos sur ce blog en coupant mon bla bla par des extraits de séries ou films… un peu comme tous les gifs qu’on utilise désormais pour illustrer nos tweets ou, à l’époque, permettait de créer un blog Tumblr assez comique… Vous n’imaginez pas les soirées que j’ai passées sur Tumblr mais ça me permettait de réviser mon anglais (à peu près). Mon idée, là, je l’ai eue en 2011, j’avais téléchargé plein de séries TV pour isoler mes petites vannes, notamment les Xena (que j’avais entrepris de mater pour écrire un jour un article dessus mais au bout de 6 épisodes, j’ai laissé tomber). Et du coup, j’envisageais un roman un peu épique assez inspiré de Angel Sanctuary une nouvelle fois (j’avais écrit un roman un peu inspiré déjà, qui a dû disparaître dans les limbes informatiques mais c’était nul donc bon) mais je ne savais pas trop comment l’articuler et là, en lisant la Cité, j’ai lu ce que je n’avais jamais réussi à mettre correctement sur pied.

Angel Sanctuary

Du coup, j’ai eu une folle envie de reprendre cette histoire, celle d’Emma que j’ai envisagé un temps de nommer Iris avant de le refiler le prénom à la meuf d’Augura, là (il faut savoir que j’ai une certaine obsession pour les prénoms, je pourrais créer un roman juste pour coller un prénom… Ce que j’ai fait dans Uchronia vu que je m’étais réveillée avec le nom de l’héroïne qui se répétait en boucle dans ma tête ou créer un roman juste parce que j’avais envie de mettre le nom dans le roman. J’ai donc déjà écrit 12 pages de Taylor Rent, quand même). Mais j’ai son histoire, me resterait qu’à l’écrire. Quand j’aurai fini un de mes romans. Parce que oui, l’envie d’écrire vient souvent de la lecture d’un roman ou le visionnage d’une série…

Pretty little liars

Même celle-à, oui

Inspiration ou plagiat… Un sujet intéressant à voir une prochaine fois.

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Vite, une pause soleil : Cuba

Parfois, on est à bout. La routine métro-boulot-dodo vous ruine, vous épuise, vous n’avez plus d’énergie, plus d’envies. Je vous cache pas que depuis mon retour du Japon, c’était l’enfer au boulot. J’ai d’ailleurs commencé à écrire tout ça, ça va finir en journal d’une démissionnaire, ça. Bref, je n’en pouvais plus et avec Anaïs, on se parlait du Mexique depuis des années. Mais après moults rebondissements, c’est officiel : je pars seule à Cuba avec l’UCPA.

Centre UCPA à Guajamico, Cuba

Oui, c’est une partie du centre UCPA. Sympa, non ?

En vérité, le côté “seule” a été un manque de réflexion de notre part, à Victor et moi. Je voulais partir plonger, j’ai orienté mes recherches en ce sens. Sauf qu’une fois réservé, j’ai réalisé que ce voyage pouvait également être décliné en “découverte” (sans plongée, donc) et que Victor aurait pu venir avec moi en prenant quelques jours en anticipé. Surtout que je savais que, pour ma part, si tout se passait bien, j’allais changer de travail incessamment sous peu donc inutile de garder des vacances pour l’été, je n’en aurai sans doute pas. J’avais raison, pour la petite histoire, j’ai passé mon premier entretien pour le taf que j’ai trouvé juste avant Cuba, le deuxième peu de temps après. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que Victor allait, lui aussi, changer de travail. Mais c’est pas le sujet.

Un paysage à Cuba

Bien donc situation : Anaïs ne peut pas venir avec moi pour une histoire de ravalement de façade (ce n’est pas une métaphore), je dois trouver une destination avec du soleil, du repos un peu, pas trop trop cher et que je n’ai pas envie de faire avec Victor. Alors rien que ce dernier point, c’est compliqué. Il ne me reste guère que les Antilles… et Cuba. Pour ceux qui furètent un peu par ici, vous aurez noté que Victor et moi avons le coeur à gauche, comme on dit. Du coup, aller à Cuba sans lui était un non-sens… Et en même temps, j’en avais envie. J’ai déjà fait la Martinique et la Guadeloupe (pas très bien, certes), Cuba, ça me titillait l’imagination de ouf.

Vieille chevrolet à Cuba

Alors en trois clics, après avoir discuté avec Victor pour être sûre que ça ne le dérangerait pas (point : Victor ne m’ennuie jamais quand il s’agit de vacances sans lui, c’est juste moi…), c’est décidé. Pendant une semaine, je vais vivre au rythme du rhum et de la salsa, tout oublier parce que je suis partie si épuisée que je n’aurais pas eu ces vacances, je n’aurais pas tenu le coup. L’histoire ne dira pas si ça n’aurait pas été mieux mais bon…

Daiquiri

Je suis partie avec mon joli stylo gel et quelques feuilles de papier pour vous gratifier d’un nouveau carnet de voyage. Hola chicos y chicas, vamos a Cuba ! (je parle pas espagnol)

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Le travail est une souffrance

Je m’intéresse pas mal à la problématique travail… car pour moi, il s’agit d’une énorme arnaque. Je veux dire, on m’avait vendu le travail comme un moyen de s’épanouir, de devenir quelqu’un, de réussir ma vie. Bullshiiiiiiiiit. La seule chose que ça m’offre, c’est de la fatigue, du non sens, de l’aigreur… et du fric qui me permettra de partir en voyage pour oublier quelques jours ce petit jeu de dupes. Je vous le dis, le travail est une souffrance.

Le travail est une souffrance

En fait, je crois que je ne passe pas une semaine sans voir un article sur les burn-out, bored-out, brown-out, je sais pas quoi-out qu’on nous sortira demain. On souffre, on s’invente des mots pour expliquer ce non sens qu’est notre “bullshit jobs”, nos patrons embauchent des “chief happiness officers” qui nous fournissent des jus de fruits pressés main et organisent des tournois de ping pong pour nous faire oublier que notre vie entre 9h30 et 19h, elle est nulle à chier.

Le bonheur au travail : la grande arnaque

Et le pire, c’est que j’ai complètement conscience que dans ma sphère, on est vraiment dans les “problèmes de riche”. Mon métier n’a sans doute pas vraiment de sens : personne ne veut voir des publicités pendant qu’il se balade sur le net, personne ne veut voir de pub tout court. Mon métier, c’est de vous parler de promos, de produits, de vous faire acheter. Evidemment, dit comme ça, ça n’a aucun sens et il est vrai que je n’en trouve pas particulièrement. Mais pour un job alimentaire, il est sacrément rémunérateur. Bah oui, n’oublions pas que le travail, c’est avant tout “gagner sa vie”, comme on dit. Et l’environnement est bien plus sympa qu’une caisse du Leclerc avec son violent éclairage néon et son bruit permanent ou un guichet de la Poste où tu te fais engueuler parce que le facteur n’a pas livré le colis ou expliquer d’un air désolé à la personne qui pleure à ton guichet que tu ne peux pas lui donner de l’argent car y en a plus sur son compte. J’ai bossé à la Poste, je vous jure que c’est comme ça que ça se passe (ah et les gens qui choisissent des timbres pendant deux heures alors que derrière eux, y a 25 personnes qui attendent). Si le burn-out est assez transversal quel que soit le milieu, le bored-out et browned-out, c’est pas un truc typique de bureau ?

Bored-out

Faut dire qu’on nous met la pression, un truc de ouf. Le travail fait partie de notre identité. Je ne suis pas Nina, passionnée de plongée, de dystopie et qui passe sa moindre minute de libre à rêvasser non. Je suis Nina, consultante webmarketing… Ah oui, en plus, je viens changer d’étiquette et j’en change selon le client donc c’est un peu la confusion. Le pire, c’est que quand je ne me présente pas en déclinant mon métier (ce qui arrive tout le temps dans ma vie perso), on me le demande très rapidement. Cet hiver, je suis allée à Cuba (un récit à suivre dès mercredi, regardez comme tout s’enchaîne bien par ici) en voyage UCPA : nous étions déconnecté de tout, sans Internet, rien, et en général, ça donnait ça “salut, tu t’appelles comment ? Tu viens d’où ? Tu fais quoi dans la vie ?”. Mais j’ai pas envie de parler de mon travail, moi, c’est juste le moyen que j’ai trouvé pour bien vivre et me payer ce voyage. Je ne l’ai pas choisi et il n’a rien qui va changer la vie des gens. Je ne fais que coller des sommes dans des docs excel en faisant comme si ça avait une quelconque valeur, je ne sauve ni des vies, ni la planète. Au contraire, même, je pense que mes petites activités numériques alourdissent chaque jour mon bilan carbone.

Pollution numérique

J’ai commencé un manuscrit sur toutes ces hypocrisies du monde du travail (il fait deux pages depuis… juin, quand je m’apprêtais à quitter mon ancien taf. Le nouveau me demande actuellement trop d’énergie, je préfère consacrer mes instants de répit à l’écriture de romans) où je dénonce cette société de l’ultraperformance qui nous balance que le travail est la seule voie d’épanouissement, qu’il faut vivre de sa passion, gagner du fric pour être quelqu’un, ne pas compter ses heures… Moi, j’ai un plan, un plan quinquennal (forcément) : j’ai 5 ans pour faire sauter la banque… et après, je me casse en province pour faire n’importe quel taf avec des horaires. Parce que la vie, c’est pas dans un open space qu’elle se passe.

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