J’ai vu pour vous l’Exoconférence d’Alexandre Astier

Il y a un mois ou à peu près, Zeno et moi nous sommes rendues au Théâtre du Rond-Point pour assister à l’Exoconférence d’Alexandre Astier. Petit préambule : Astier ne semble ne pas faire l’unanimité, ce qui est plutôt sain, je ne suis moi-même pas une fan absolue même si j’ai pas mal de bons souvenirs de Kaamelott, j’y suis donc plus allée par curiosité qu’autre chose. Et la curiosité est toujours la meilleure raison pour découvrir quelque chose.

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Ca commence : écran géant qui commence à diffuser des images de synthèse avec Astier qui commente : voici le Big Bang, ça explose, l’univers existe… Lumière, l’acteur apparaît, boîte de popcorn en main et nous explique : c’est bien joli et impressionnant cette explosion mais il est fort probable qu’il n’y en ait pas eu, en fait… Et c’est parti pour 1h30 d’une histoire de l’univers vu par les hommes un peu revisitée. De l’Antiquité au Moyen Age avec un passage obligé par Ptolémée, Copernic puis Fermi et son fameux paradoxe sur l’existence ou non des Extraterrestres. Car voici où nous amène Astier : démonter l’histoire d’ET qui viendraient nous rendre visite et la possibilité de papoter avec une quelconque civilisation extraterrestre.

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Point récurrent du show : la critique assez piquante mais très drôle de la plaque de Pioneer qui semble pour lui la pire façon de communiquer avec une éventuelle civilisation extraterrestre qui ne comprendrait sans doute pas trop ce qu’on lui veut. Puis il détricote certains cas connus d’OVNIS passés par la Terre : Roswell (passé un peu vite), le faux crash d’un OVNI à Sverdlovsky en Russie, l’enlèvement du couple Betty et Barney Hill… La démonstration est assez convaincante en soi et drôle.

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Bref, l’Exoconférence est globalement un bon moment, je mettrais cependant deux bémols :

  • je n’ai pas toujours tout compris aux délires d’Astier. On sent un peu le gars qui a tripé tout seul dans son coin pendant l’écriture du spectacle et on se retrouve avec des passages un peu étranges, notamment quand, après avoir philosophé sur l’univers en citant du Saint-Augustin, hop, y a son groupe qui débarque et c’est parti pour un boeuf avant de nous diffuser une scène façon 3D où Astier nous explique qu’il est physiquement impossible de communiquer avec d’autres civilisations extraterrestres au regard des lois de l’univers et de la physique tout en se mettant en scène dans un OVNI. Heu… wokéééé…
  • le côté un peu lapidaire et condescendant d’Astier. Ok, ça fait partie de son personnage mais le côté “c’est comme ça et c’est pas autrement » sur quelques affirmations sur lesquelles il passe sans s’attarder, ça me fait lever un sourcil… Un exemple qui m’a un peu marquée pour mieux expliquer mon propos : Astier évoque quelques fois les adeptes du complot affirmant que l’homme n’est jamais allé sur la Lune. On se fout bien de leur gueule puis il balance “si, on y est allés, voilà !”. Même si je suis pas convaincue de l’existence de ce complot , je pense que 2 ou 3 arguments comme sur d’autres points évoqués. Bref, il affirme tout en sous entendant bien qu’il faut être con pour y croire. Je ne suis pas sûre qu’il faille être “con” pour être séduit par une théorie du complot, celles-ci étant construites en général de façon à être crédibles, justement. Savoir démontrer un fait, c’est éventuellement plus efficace que l’affirmer… Mais je m’égare.

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Bref, j’ai apprécié l’Exoconférence même si j’ai pas adoré, je suis sortie un peu mitigé au vu des deux bémols cités juste au dessus. Je ne regrette néanmoins pas d’y être allée car j’ai appris deux ou trois petits trucs au passage. Par exemple, saviez-vous que l’univers aurait un goût de framboise ?* En effet, il est composé en grande partie de formiate d’éthyle que l’on retrouve en grande quantité dans les framboises. Voilà, moi, je savais pas et je pourrai faire ma crâneuse dans les dîners en ville.

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* Et une odeur de rhum selon cet article. Il semble donc que le paradis existe et que c’est l’univers. Cohérent.

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Faut-il relancer ses proies sur les sites de rencontre

La question qui tue.

J’ai souvent comparé la recherche de l’amour à la recherche d’un travail tant je trouve cette métaphore pertinente, surtout sur les sites de rencontre. Mets ta plus jolie photo, ton parcours et tes loisirs en avant et envoie ta candidature à celles et ceux qui te séduisent. Tout pareil. Alors du coup, puisqu’il faut faire tout pareil, organisons un système de relance par mail des candidatures laissées sans réponses ! Oui… mais non.

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Un après-midi de juin 2012 (bon, en vrai, j’ai aucun souvenir de la date), je reçois un mail dans ma boîte spéciale site de rencontre m’informant que Loupdamour m’a envoyé un message. C’est étrange, ce pseudo me dit quelque chose, allons voir “3 semaines sans réponse, je suppose que c’est un râteau”. Et voilà comme quelques mots m’ont foutu bien à l’aise et bien de bonne humeur, merci Loupdamour ! Me sentant obligée de me justifier, je lui ai signalé qu’il était en couple et donc que je n’étais pas intéressée par ce type de relation, merci, bisous, au revoir.

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Un autre mec m’envoyait régulièrement des messages, aussi du type “ah, enfin le week-end, je vais me reposer après une dure semaine à bosser. Je l’ai bien mérité ! Je vais sans doute aller me promener et aller au ciné avec mon fils. Et toi ?”. Heu, c’est à dire on se connaît ? Il y a une raison pour laquelle tu commences à me raconter direct ta vie ? Le pire est que j’en ai reçu une demi douzaine comme ça, ainsi que mes copines inscrites sur le site. Je n’ai jamais su si le monsieur se rendait compte qu’il m’avait déjà envoyé un bout de son blog quelques jours plus tôt mais là, c’est rhédibitoire : non merci !

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En matière de séduction, s’il y a une chose que je ne supporte pas, c’est d’adresser une fin de non recevoir, je trouve ça toujours gênant. Personne n’a envie d’entendre “ouais écoute, Jean-Luc, t’es sympaaaaa mais ça va pas le faire. Oh et commence pas à me sortir le couplet de l’amitié et co, on est sur un site de rencontre et on sait très bien ce que ça veut dire”. Du coup, quand je sens que le gars ne va pas m’intéresser, je ne me fens pas d’un mail pour le lui dire surtout que mes goûts n’étant pas universels, le fait que j’ai pas super envie de me projeter avec lui pour une nuit ou pour la vie ne veut pas dire que personne au monde n’aura envie de lui. Je veux dire personne ne doit se remettre en question parce que je suis naturellement plus branchée Jon Kortajarena que Brad Pitt et que j’aime pas les mecs qui étalent leur fric sur leur compte ou parce qu’ils regardent les Anges de la téléréalité (bien que je doute que quelqu’un-e puisse indiquer regarder cette émission sur une fiche de site de rencontre en restant au 1er degré). Alors forcément devoir m’en expliquer devant cette personne qui a eu, certes, le courage de faire le premier pas m’agace légèrement. J’aime pas donner des coups, viens pas en chercher gratos.

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Alors vous allez m’objecter : “ouais mais peut-être qu’il/elle n’a pas vu mon message dans la masse et moi, je le/la veux vraiment parce qu’il/elle a tout ce que je veux, tout ce que j’aime, faut que je retente, des fois que…”. Oui alors je n’ai pas les stats de messages non remis sur les sites de rencontre mais je doute qu’il y en ait tant que ça. Alors oui, tu pourrais recontacter en envoyant un message tout neuf mais si la personne se souvient de ton pseudo, ça risque de légèrement l’agacer d’avoir l’impression que tu bombardes toutes les personnes du coin sans faire attention si tu as déjà contacté la personne ou pas. Le pire étant de renvoyer le mail à l’identique, rappelant vaguement à votre proie ces mails de Marie Voyance qui vous écrit car vous êtes en grand danger. Oui, oui, oui.

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Bref, si votre cible ne répond pas, ce n’est tout simplement pas la bonne. La vie est ainsi faite mais pas de panique : une porte se ferme, une autre s’ouvre. Comme disaient les jeunes à l’époque, Next !

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Belfast : entre Irlande et Angleterre

Mi septembre, j’ai décidé d’inaugurer comme il se doit mon nouveau CDI en posant direct mon 2e lundi (le premier, je suis partie en séminaire avec mes petits camarades. Ouais, je commence direct, moi) car j’avais prévu de m’envoler voir mes potes d’Irlande, Isa et Joy. Avec ma fidèle Anaïs sous le bras, nous nosu frottions les mains : après Dublin et le Connemara la dernière fois, nous voici parties pour Belfast.

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Evidemment, pour moi, Belfast restait la capitale sinistrée, impitoyablement déchirée par une lutte fratricide entre les Irlandais anglicans fidèles à la couronne d’Angleterre et les Irlandais catholiques rêvant de rejoindre la mère Patrie l’Eire. Comme j’avais en plus écrit un petit mémoire sur le sujet (j’avais dans ma prime jeunesse, une passion pour les indépendantismes. Aujourd’hui aussi mais j’ai moins de temps à y consacrer (enfin, à la recherche et écriture, je veux dire)). Du coup, ça me faisait un peu frétiller. Sauf qu’en fait, Belfast n’a pas grand chose à voir avec que j’imaginais. Voici donc pour vous, lecteurs, le récit de mon petit périple dans le fief de l’indépendantisme irlandais (ou ce qu’il en reste). Mais globalement, point de traces de lutte si ce n’est les barbelés omniprésents dans la ville et le quartier catholique dont je vous parlerai plus tard dans l’article.

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Belfast, capitale du street art

Si je devais résumer Belfast, je dirais “briques rouges et street art”. Errant de rues en rues, on croise de jolis bâtiments en briques rouges et des fresques. Comme disait Isa, à un moment “en fait, ici, tout est prétexte pour faire de l’art”. Capitale dynamique à la Berlin ? Non, pas du tout mais on note quand même une culture prégnante de la fresque murale. Dans de petits dédales discrets, on découvre de charmants quartiers, cachés des grandes artères. Ca, c’est un peu ce que j’ai particulièrement adoré dans Belfast, ce côté “garde les yeux ouverts, t’es pas à l’abri de découvrir un endroit absolument charmant”. Alors on guettait le moindre passage pour tenter d’y découvrir un passage quasi secret.

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Le jardin botanique, l’université et le marché St George

Si la mairie est un bâtiment assez remarquable pour ce que nous en avons vu (on est tombées en plein Week-end du Téléthon local), j’ai surtout retenu le charmant jardin botanique et l’université de Belfast. A l’instar du notable Trinity College de Dublin, le campus de Belfast offre cette même sensation de charmant campus aux dimensions humaines et à la pelouse impeccable. Une architecture un peu lourde et austère ou tu t’attends presque à voir un fantôme passer aux fenêtres.

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Autre gros point fort de Belfast : le jardin botanique. Entre la serre tropicale pleine de rouille (j’aime prendre la rouille en photo), les allées impeccablement entretenues et les rosiers à foison, ça te fait ta petite bulle d’oxygène. On a cherché des écureuils car Isa nous a dit en avoir vu quand elle était venu mais à part celui qu’on a imaginé pour faire une blague à cette dernière pendant qu’elle était aux toilettes (oui, à Belfast, y a plein de toilettes en préfabriqués aux endroits stratégiques), point de petits rongeurs.

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Autre point de la ville que j’ai bien apprécié : le marché St George où nous sommes passées le dimanche matin. Entre poisson frais, cupcakes, petits bouquins, stand steam punk et brocantes, je ne savais plus où regarder. Et je me suis offert un petit roman : lire en anglais, c’est bon pour ce que j’ai.

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Belfast la britannique

Ayant eu une petite expérience de la vie à Dublin lors de mon dernier passage, je suis assez étonnée par le changement de style : Belfast est carrément britannique. Même si on croise peu l’Union Jack, c’est plus dans l’attitude et la tenue des gens que ça se ressent : passé 18h, la moyenne d’âge des badauds baisse drastiquement, on croise des jeunes aux styles très différents, gothiques ou petites pouffes habillées mini riquiqui (mon moi enserré dans ma veste en cuir, mon écharpe et mon gros pull ne peuvent s’empêcher d’être fascinée par ce super pouvoir : se balader à moitié dévêtue quand on passe sous la barre des 20°). Les cheveux ont des couleurs pour le moins étrange, des tie and dye pour le moins hasardeux. Mais apparemment, tout le monde s’en fout et ça, c’est LE truc british qu’on devrait récupérer en urgence à Paris. T’as une jupe qui s’arrête sous ta culotte et des cheveux fuchsia et violets. So whatever ? (non, à Paris, on la regarde avec condescendance et mépris). Quoi qu’il en soit, même si Belfast et Dublin n’offrent pas du tout la même ambiance, on s’y sent bien accueillis. Le soir, on s’arrête dans une petite cafétéria pour dîner. Léger pour Isa et moi qui avons eu quelques difficultés à digérer notre fish and chips du midi (il était très bon mais, pour une raison obscure, je ne digère plus trop le trop gras… Non, c’est pas une question d’âge, oh !). Mais avec une petite bouteille achetée à la supérette en face. En Irlande (les 2), tu n’as pas de droit de bouchon donc si le pub ne sert pas de vin, tu peux débarquer avec ta bouteille, tranquille.

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Le difficile quartier catholique

Fin de séjour, nous voici donc dans le quartier catholique, celui des murs et là, comment dire… l’ambiance prend de suite quelques tonnes, on perd le côté gai de la ville. Rien qu’en traversant le périph, on se prend en pleine poire une certaine misère sociale à laquelle on ne s’attendait pas. Sur les murs se déroulent des messages politiques, des appels à la libération de prisonniers de guerre, des drapeaux Palestiniens un peu partout : il y a une forte assimilation entre le drame de Gaza et l’appartenance du peuple irlandais catholique à la couronne Britannique. Je ne suis pas super à l’aise avec l’analogie mais bon, vu que je ne vois pas les auteurs des fresques dans les parages, je me contenterai de garder mes réflexions pour moi. On se balade, on trouve une voiture plantée dans un poteau, les flics autour, un espèce de véhicule tanké de la police passe à côté… Mmmm, petite balade dans les environs : certains coins sont inaccessibles, d’autres transpirent la misère.

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On atterrit dans un cimetière, Anaïs et Isa sont devant, je suis au milieu à tout mitrailler (je suis toujours un peu fascinée par les tombes oubliées, j’en parlerai peut-être un jour), Joy traîne un peu derrière. A un moment, on voit passer une poignée d’ados, une bouteille d’alcool vide à la main. Goût bizarre dans la bouche. Isa nous explique qu’ici, les jeunes sortent des cours tôt et n’ont rien à faire derrière, y a pas la culture des activités extrascolaires, même pour les plus aisés. On reste quand même un peu sonnées : si t’es déjà alcoolique à 12 ans et que tu passes ton dimanche soir à zoner dans les cimetières pour te la mettre à l’envers avec tes potes, c’est quoi ton avenir ?

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Bref, malgré cette note désagréable, Belfast me laisse un joli souvenir. Et j’aime toujours autant la culture anglo-irlandaise, je m’y sens bien. Et je vais désormais militer pour qu’on trouve du cidre pression dans les bars : ça me permettrait enfin d’avaler ma pinte sans grimacer de dégoût. Même si certains bâtiments, et pas des moindres, sont un peu abandonnés, il n’en reste pas moins qu’on sent une bonne dynamique dans la ville.

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Demain, je vous parlerai des deux musées que nous avons faits durant le week-end : le musée Titanic et le musée Guinness (à Dublin celui-ci). Bisous !

 

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On se retrouve au métro, j’ai un grand manteau bleu

Petit aparté dans ma série sur les sites de rencontre qui touche peu à peu à sa fin. Récemment, je me suis retrouvée plusieurs fois à attendre des amis au métro et le petit bal que j’ai observé (enfin, je crois) m’a donné envie d’écrire ce petite article sur le pré moment T : quand l’un des deux est bien arrivé et qu’il attend l’autre, plein d’interrogation : va-t-il/elle me plaire ? Est-ce que la soirée va bien se passer ? Mais surtout, la question majeure : va-t-on se reconnaître ?

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Un soir, il y a quelques jours, j’attends un pote sur la place St Michel. Alors que j’étais légèrement saoulée de devoir attendre entre deux groupes de hip hop et un mec qui jette en l’air des jouets fluorescents pour touristes (mais bon sang que ceux qui achètent ça se dénoncent), je vois un mec s’approcher de moi et me fixer, chercher mon regard, interrogatif… Non, jeune homme, je ne suis pas ton date, je sais qui j’attends, moi. Je continue d’attendre, je vois une paire de personnes se saluer, je ressens un étrange malaise entre eux : une bise faite de loin, une discussion où aucun n’ose se regarder, des corps qui gesticulent dans le malaise. Etrange. Mon pote finit par arriver et nous quittons la place alors que le garçon qui cherchait mon regard continue de tourner, de scruter et d’attendre.

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Alors tout ça n’est qu’interprétation, bien sûr. Un autre soir, j’attendais une copine que j’attendis longtemps essentiellement car a) nous n’étions pas en train de nous attendre à la même station de métro (ça complique de suite) et b) je n’avais pas son numéro, je devais passer par Victor qui transmettait les informations, un peu compliqué. En attendant, je bouquinais tranquille au dehors, jetant un oeil sur mes voisins d’attente. Je vois notamment un joli garçon et une idée folle me vient : et si je faisais genre d’attendre quelqu’un et que j’allais lui adresser la parole en mode “Heu… Jérôme ?”. Et alors, il tomberait fou d’amour, nous nous envolerions ensemble et tout et tout. Je pouffe un peu mais soyons sérieux : Jérôme, ou peu importe son prénom, attend une personne et moi, j’en attends même deux…

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Pour être honnête, ça m’est déjà arrivé d’aller voir une personne et de lui demander si elle était la personne que j’attendais. Je parle pas forcément de rencards, d’ailleurs, je croise aussi des gens avec qui j’ai échangé sur le web pour des raisons plus professionnelles et que je dois rencontrer de visu pour concrétiser quelque chose. Tu as toujours ce regard flottant, tu dévisages la foule à la recherche de la personne qui devrait être celle que tu attends, tu en vois une, seule, qui semble guetter alors tu te lances “Pardon, tu es Florence ?” “Heu…non”. Et, évidemment, là, t’as toujours l’air un peu con.

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Alors, à force de rencontres avec des gens dont je ne connais pas le visage en vrai, j’ai développé quelques techniques :

  • choisir une station de métro où il n’y a qu’une sortie ou éventuellement une station dont vous connaissez les sorties. Non parce que si vous vous contentez d’un “on se retrouve au métro République”, je pense que vous allez passer la soirée à tenter de retrouver votre date (à Répu, on donne rendez-vous devant Habitat, déjà).
  • Ne pas trafiquer son téléphone. C’est ainsi que j’ai collé un petit vent à Victor la première fois qu’on s’est vus. Je jouais à un truc un peu con sur mon téléphone, un genre de casse-tête, je lève vaguement les yeux, vois un jeune homme qui me regarde un peu… et rebaisse les yeux. Deux minutes après, je percute… heu, le jeune homme, là, ce serait pas légèrement le gars que je dois voir ? Ah oui, tiens…A la limite, un livre, c’est mieux. Même si je peux coller des vents avec des livres aussi, je l’ai fait à Tatiana y a pas si longtemps
  • Porter une fringue visible. Un manteau, une écharpe, un sac, ce que vous voulez mais le look total noir, gris ou beige, c’est déjà compliquer la tâche, je vous le dis de suite.
  • Arriver en avance et envoyer un sms à l’autre pour lui dire où vous trouver. Comme ça, si y en a un qui doit avoir l’air con à interpeller des inconnus, ce ne sera pas vous.

 

Maintenant, quand vous attendrez quelqu’un devant une station de métro, vous saurez quoi faire : guetter ceux qui attendent peut-être leur premier date.

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Le syndrome Prom Queen

Les réseaux sociaux ont ce pouvoir merveilleux de conférer aux gens un sentiment d’importance. Chaque contenu posté déclenche l’attente frénétique du moindre like, commentaire ou retweet, selon où vous vous exprimez. Le but est de devenir le ou la plus populaire de votre petite bande virtuelle, celui ou celle qui décrète et les autres suivent. Ce fameux influenceur qui fait bander les marketeux. Je reviendrai sur la notion d’influenceurs plus tard, ça mérite un bon paquet d’articles je pense.

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Première étape : construire sa communauté, donc, se créer des liens, étendre ses tentacules toujours plus loin, se construire une audience de plus en plus importante pour l’inonder de vos pensées, jugements, derniers achats, photos de vacances… Et une très bonne façon de se faire des copains, c’est l’ennemi commun. L’ennemie commune en l’occurence pour cet article : la fille trop jolie avec un mec canon qui s’en sort bien dans la vie et qui évolue à des dizaines de miles au dessus de vous. Au début, personne n’ose la critiquer tellement la moindre pique envers elle semble puer l’aigreur. Mais à 10, le rapport de force est inverse et là, tout est permis.

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C’est ce que j’appelle le syndrome Prom Queen. Prenez n’importe quel teen movie (ou série) américain, ce phénomène est pregnant : c’est la reine de la fête, la plus jolie, la plus populaire, celle que l’on adore donc détester car elle est trop tout. Les anti Prom Queen se rejoignent peu à peu, galvanisés par leur haine commune de cette pauvre fille qui a surtout le tort de ne pas être comme eux. Oh oui, certaines sont de vraies connasses, je dis pas. Mais de toute façon, sympa ou connasse, la règle reste la même : on déteste la Prom Queen.

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Alors dès qu’elle ouvre la bouche, poste une photo ou respire un peu bruyamment, le torrent de haine démarre. Il débute par une petite remarque, grossie par les commentaires, retweets et autres LOL. On se sent cool de démolir la jolie fille de service qui n’est même pas si jolie que ça, tavu ? Elle doit bien se photoshopper la garce parce qu’en vrai, elle n’a pas la peau aussi lisse ou les cuisses aussi fines. Oui, le syndrome Prom Queen transforme ses victimes en hyènes, ces féministes qui hurlent dès qu’on tacle une femme sur son physique mais n’hésitent pas à se moquer du bourrelet (légèrement imaginaire) de la Prom Queen ou du creux entre ses seins et supplient qu’on lui file un hamburger tellement elle est maigre. Dans cette petite réunion haineuse, les principes sautent.

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Alors, pour conserver sa petite communauté rigolarde, on guette. Tout ce que dit ou fait la Prom Queen sera analysé, critiqué, jeté en patûre à sa petite bande excitée à la vue du sang. Non mais tu as vu son pull ? Non mais elle a fait une faute, ahah ! Ohlala, elle a lu tel livre qui est trop nul, quelle idiote ! Effet pervers : la Prom Queen honnie devient finalement le ciment de la petite bande. Et si demain celle-ci disparaissait ? Ca peut arriver, rappelons que nous parlons de vie virtuelle, de blogueuses, de twitteuses, de forumeuses, de nanas qui ont une vie en dehors de la bulle virtuelle et peuvent en disparaître sur un coup de tête, de ras le bol. La petite bande d’excitée va-t-elle disparaître ? Non, bien sûr : une Prom Queen meurt, vive la Prom Queen. Car peu importe la victime, du moment que l’on peut la descendre pour se sentir mieux qu’elle. Et si un jour vous renoncez à cette mesquinerie, rassurez-vous : vous serez rejeté par la communauté. Vous n’avez plus vos places parmi les rageuses.

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Typiquement féminin ? Rassurez-vous, les hommes ont aussi leur petites guéguerres. Eux, ils sont plus sur la taille de leur bite communauté par contre… On en reparle une prochaine fois.

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Faut-il perdre tout dignité sur les sites de rencontre ?

Non. Non non, vraiment non. #non

Depuis que je compulse le site rencontre de merde dans un but de pure recherche (et parce que du coup, je me sens ultra chanceuse dans mes aventures de dating), je découvre différents comportements assez hallucinants qui me font poser de grandes questions sur la santé mentale de mes contemporains. Parce qu’il semble que les sites de rencontre encouragent très fortement la parano.

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Comme je disais la semaine dernière, les sites de rencontres sont des petits collabos fouteurs de merde qui affichent en gros sur nos profils notre dernière date de connexion.  Pour peu que votre nouveau camarade de jeu soit un peu du genre méfiant, si vous avez eu le malheur de vous connecter depuis votre dernier date, attendez vous à devoir vous justifier. Mais d’autres décident de vous prendre au piège, persuadés que de toute façon, vous êtes animés de mauvaises intentions. Ainsi il peut être courant que votre nouveau crush crée un nouveau profil avec “des photos trouvées sur Internet”, tout parfait pour vous, et va venir vous adresser la parole. Autant vous dire que si vous tombez dans le piège, vous allez recevoir aussi sec une liste très complète de gros mots et insultes. Vous l’aurez cherché. Oui, certes si vous lui avez promis monts et merveilles tout en continuant votre chasse, tout accro aux sites de rencontre que vous êtes.Mais ce qui m’interpelle légèrement, c’est le temps consacré par votre moitié parano pour faire tomber son nouveau flirt.

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Il est des rencontres qui marquent un peu, il est vrai. Des matins où l’on se blottit contre ce nouvel autre dont nous ignorions encore l’existence hier ou à peu près et l’on sent son coeur battre un peu plus fort. Pas encore de l’amour mais l’envie de croire que, cette fois-ci, ce sera différent, que celui-ci ou celle-ci restera car il aura vu ce qui fait de vous un être unique et voudra en savoir plus. Parce que vous avez vu quelque chose en lui ou elle, cette étincelle qui rend tout possible. On rentre chez soi la tête haute et le sourire aux lèvres, l’envie de le/la retrouver vite, bientôt, sans attendre une seconde. On s’imagine déjà que cette rencontre-là, elle est pas comme les autres, on réécrit l’histoire aussi vite qu’elle se déroule pour la rendre plus belle, plus forte, on guette le moindre signe que là, on ne se trompe pas, c’est sûr. Et puis, tandis qu’on danse sur notre nuage en barbapapa, on s’aperçoit soudain que cette personne qui a réchauffé notre coeur est à nouveau connecté sur le site (vous aussi mais c’est pas pareil). Alors forcément, on veut savoir. Histoire de pas s’investir pour rien.

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Oui, ok, ça se comprend très bien. Sauf que je dois être très orgueilleuse mais un plan comme ça, je vais pas consacrer 2h de plus à cette personne si elle m’a raconté de jolies histoires pour mieux tirer son coup avec un-e autre le lendemain. Enfin, s’il a promis quelque chose, n’oublions pas qu’on se réécrit très vite une histoire, qu’un “à bientôt” n’est pas toujours promesse de nouvelles rencontres, que certains ne savent pas dire au revoir. Oui, vous êtes peut-être mal tombé-e mais est-ce une raison pour se rabaisser à lui tendre un piège ? Vous voulez savoir ce qu’il veut ? Et bah demandez-lui. Et pas avec un faux profil, bien sûr. Parce que même si vous êtes face à une sale personne, rien ne justifie que vous jouiez les psychopathes. Je dis pas ça pour l’autre mais pour vous. Parfois, dans une rencontre qu’on croyait magique, la seule chose qui peut être sauvée, c’est la dignité. Alors respirez et sortez de ce site. Vous verrez bien si vous avez des nouvelles rapidement et vous poserez tranquillement la question “au fait, on est ensemble ou pas ?”. Mais pas de crise de nerf qui sort de nulle part. A part faire monter votre tension, vous n’en tirerez rien.

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Mais, ok, Nina, allez-vous me dire, elles sont bien jolies tes histoires mais on le trouve sur quel site, l’amour ? Nous verrons ça la semaine prochaine.

 

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Je te guette, tu me guettes

Vous avez eu de la chance : quelques mails envoyés, des sourires échangés, une histoire qui démarre. Vous n’y croyiez qu’à moitié mais vous avez réussi l’impensable : trouver l’amour sur un site de rencontre. Enfin, en tout cas, c’est bien parti pour transformer. Sauf que la tentation est là. Celle de cumuler quelques conquêtes de plus histoire de peaufiner votre tableau de chasse ? Non, celle de vérifier que votre only one ne continue pas à chasser dans votre dos.

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Les sites de rencontre sont de sales fouines. Si, si. Des engeances du diable qui font passer la Gestapo pour de doux agneaux. Après vous avoir questionné moults heures sur tout et à peu près n’importe quoi, ils caftent vos activités à tous les membres inscrits : êtes-vous connectés en ce moment ? Depuis quand n’êtes-vous pas venus ? Pire, certains vous filent un score permettant de mesurer en un coup d’oeil si vous êtes inscrits depuis longtemps et si vous êtes très actifs. Vous êtes pistés, c’est un fait.

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Du coup, puisque le site de rencontre raconte tout sur vos connexions, il en fait autant pour votre tendre moitié. Oh mon âme soeur, dis-moi que tu ne t’es pas connecté depuis notre premier baiser si romantique ? Mais… mais que vois-je ? Cet-te enfoiré-e de cochon-ne est connecté-e en ce moment-même ? Trahison et infâmie ! Je vais lui envoyer un mail pour lui dire ce que je pense et bousiller les bribes de notre relation naissante. On me la fait pas à moi !

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Sauf que. Point numéro 1 : comment reprocher à quelqu’un d’être connecté puisque, si vous l’avez découvert, c’est que vous étiez vous-mêmes logués sur le site ? Un peu comme si vous croisiez votre amour au bras d’une autre personne alors que vous vous baladez vous-mêmes au bras de votre illégitime, hôpital, charité, tout ça. Alors oui, il/elle est connecté-e et c’est dégueulasse sauf qu’on pourrait envisager que :

  • -il/elle soit connecté-e pour strictement les mêmes raisons que vous : vous pister. Ceci étant, la rupture semble alors une bonne option car si peu de confiance dès le départ promet de belles engueulades, crises de nerfs et parano. Ca va pas marcher
  • il/elle soit connecté-e pour effacer son compte. Oui, ok, ce serait un hasard un peu foufou de tomber piiiiiile à ce moment-là mais c’est une possibilité raisonnable.
  • il/elle soit connecté-e car il/elle a lié quelques relations amicales sur le site (si, ça existe) et discute avec des gens. Maintenant, ce serait bien de glisser que son adresse mail peut aussi servir à communiquer avec ses charmants correspondants.

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Alors oui, il est possible qu’il y ait quéquette sous couette et que votre promis-e ait encore un peu la dalle et cherche à croquer un peu de chair fraîche avant de s’engager avec vous. Ou alors il n’y a que vous qui croit en votre amour, l’autre vous prend pour un plan cul, ça peut arriver. Seulement lui sauter à la gorge comme ça, sans savoir bien de quoi il retourne, c’est la meilleure façon de passer pour un-e psychopathe et de se lancer dans une conversation souvent très désagréable à base “non mais je te dois rien”, “on n’a jamais dit qu’on était en couple” où, en plus, vous aurez le mauvais rôle puisque vous aurez le rôle du stalker.

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Alors quoi ? On se tait ? Il existe une méthode pour être sûr et certain de ce qu’il se passe : renoncer à toute dignité. Je vous raconte ça la semaine prochaine.

 

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Intrigue à Giverny d’Adrien Goetz

Parmi les quelques passions communes que ma maman et moi partageons, il y a les impressionnistes. En mai ou juin dernier, nous avions passé de charmants moments au musée Marmottan, dans le XVIe. Depuis, on n’arrête pas de parler de passer un week-end à Giverny et quand elle me parle d’un petit roman qui se passe justement entre Marmottan et Giverny, je m’empresse de le lire.

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L’histoire, donc : tout débute lors d’un dîner à Marmottan, justement, où Pénélope, conservatrice et un peu détective à ses heures perdues, est invitée. Durant le vernissage, elle repère deux femmes visiblement très au point sur Monet et elle se retrouve à côté de l’une d’elles à table, une religieuse, mais alors qu’elle s’apprête à lui parler, coupure de courant. Quand l’électricité revient, aucun vol n’a été commis mais la religieuse ainsi que la femme avec qui elle parlait ont disparu. Le lendemain, l’une d’elle est retrouvée assassinée dans son club de gym, le Cercle, fréquenté, ah ben ça ça tombe bien, par Wandrille, le fiancé de Pénélope. L’enquête débute, entre Marmottan, Giverny et Monaco.

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De prime abord, on pourrait penser que j’ai été légèrement agacée par la facilité scénaristique qui place le fiancé de Pénélope pile là où une des femmes est assassinée et je vous épargne bien d’autres coïncidences, certaines sont légèrement abusées. Mais ça passe et plutôt bien grâce à une écriture super agréable et un travail de recherche impeccable. Je n’ai beau ne jamais être allée à Giverny, j’imaginais très bien les lieux, je me suis aussi retrouvée sans problème dans l’atmosphère de Marmottan. Les personnages sont assez attachants, le couple Pénélope-Wandrille est touchant et adorable.

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Mais surtout, ce que j’aime particulièrement dans ce livre, c’est que, selon sa connaissance de Monet, on apprend plus ou moins des choses. Le roman joue sur l’amitié entre Clémenceau et Monet, laissant planer le doute quant à la nature exacte de cette dernière (Monet aurait-il été un espion ?). La disparition de la bonne soeur et l’assassinat de la femme qui parlait avec elle seraient-ils liés à ce secret ? Un peu d’histoire, un peu d’impressionnisme, un style charmant… au diable les quelques ficelles un peu grosses.

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Terminons juste sur un petit détail qui relève plus de l’anecdote qu’autre chose mais qui m’a fait sourire. Le roman se passe peu avant le mariage d’Albert et Charlène, mariage qui ravit tout le rocher tant la future mariée est sublime, somptueuse, tout ce bonheur, c’est fabuleux… Quand on voit les aventures rocambolesques (et supposées) de Charlène qui aurait tenté de fuir son époux et qui semble depuis aussi épanouie que si elle croquait trois barres de lexomil par jour, l’évocation qu’un jour, ce mariage fut présenté comme heureux est délicieusement anachronique.

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Bref, une enquête policière intéressante et écrite d’un rythme enlevé qui nous apporte quelques petites connaissances sur Monet au passage : joli combo gagnant.

 

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Conseils d’amies

Par Audrey

Ou “la prochaine fois, je demanderai pas”
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Paniquée à l’idée de rencontrer le joli Valentin en tête à tête, je décide de convier en urgence ma cellule “aidons Audrey à survivre au célibat”. Le problème était donc le suivant : je n’avais pas eu de rendez-vous galant depuis plus de 3 ans et je n’étais pas certaine d’avoir envie de me remettre de suite, de suite en couple. Une jolie bouteille de Pinot noir entourée de quelques gourmandises, Karma venant chasser nos doigts agités, la soirée était lancée.

« A peine ai-je posé la question que j’étais déjà éjectée de la conversation »

A peine ai-je exposé les faits que j’étais éjectée de la conversation, chacune débattant de sa vision du couple, du plan cul et de ce rencard qui devait se terminer ou non sous la couette. La question étant également de savoir de quelle couette on parle. Car apparemment, Elisabeth trouve légitime d’expliquer que ça pourrait être un psychopathe et que s’il sait où j’habite, il me poursuivra jusqu’à ce que je déménage. Mais si c’est un gros psychopathe, objecta Isa, aller chez lui pourrait me faire courir le risque de finir découpée en petits morceaux et balancée dans la Seine, terminant ma courte vie comme nourriture pour silures et poissons-chats. Souria, se servant un nouveau verre de vin, gloussa en suggérant alors que nous n’avions qu’à laisser cours à nos désirs sous une porte cochère, c’est terriblement excitant. C’est ainsi que je compris qu’elle parlait d’expérience… Too much information.

Chacune commence donc à militer sur le statut à donner à ce fameux Valentin : Isa, la romantique, exige que je l’épouse ou à peu près, Souria pense que rien ne vaut un plan cul, Elisabeth prêche pour cette zone grise entre l’amour et l’amitié, un ami particulier et plus si affinités mais ne nous précipitons pas. Je ne sais pas qui est ce “nous” mais manifestement, on a oublié que j’étais dans la pièce et la première concernée. Mmmm, il est bon ce Pinot.

« Moi, je voulais juste qu’on me dise que j’étais jolie, pas que je risquais de finir trucidée et découpée en fines lames »

Alors que je commence à naviguer en milieu cotonneux, Isa s’écrie soudain en ma direction “Hé mais tu vas t’habiller comment ? Faut pas trop en donner, quand même !

- Ouais mais faut pas la jouer trop nonne non plus !” objecta Souria, le doigt pointé vers le ciel.

Et elles repartirent dans un débat enflammé sur la profondeur adéquate de mon décolleté et la longueur de ma jupe (apparemment, il était dit que je sortirais en jupe, peu importe que ce ne soit pas forcément de saison). Je saisis Karma, surexcité par la volubilité de mes copines, et commence à jouer avec lui. “Hé mais Audrey, tu nous écoutes ou non ?”.

“A dire vrai, vu que je ne sais pas si mon avis vous intéresse ou pas et que je n’aime pas vraiment les conversations où je finis découpée à la hache par un malade, non, pas trop.”

Blanc. Elles se regardent, un peu gênées, prenant conscience que cet apéro dînatoire censé m’aider à y voir plus clair m’avait plongé encore plus profondément dans l’angoisse avec leurs histoires de coucher ou pas, se marier ou pas. Moi, je voulais juste un peu d’encouragements qu’on me dise que j’étais jolie et que ça allait le faire. Là, maintenant, j’ai tellement peur que je suis à deux doigts de tout annuler. La prochaine fois, je me débrouille toute seule.

 

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De la mise en scène du soi sur Internet

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Eté 2013, je discute avec un charmant jeune garçon sur un site de rencontre et, je ne sais plus comment, nous venons à parler de l’un de mes rêves fous : écrire une thèse sur la mise en scène du soi sur Internet. Tout ça me vient bien sûr de mon métier ou plutôt de ce que j’observe en périphérie, jugée sur ma vigie virtuelle : ceux qui se posent en intellos, en mères et pères parfaits, en bombasse absolue, en ci, en ça. Quelle que soit notre utilisation des réseaux sociaux et des espaces Internet de prise de paroles (forums ou blogs), on se donne tous un certain éclairage, de façon plus ou moins consciente. Quand je prends la parole sur un sujet plutôt qu’un autre, ce choix est mu par une envie de mettre en avant une connaissance, un élément de ma personnalité.

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Prenons un exemple : sur mon Facebook perso, j’ai souvent une utilisation passive, passant plus de temps à lire les bribes de vies de mes camarades plutôt que de raconter la mienne (plus présente sur Twitter et dans une moindre mesure sur ce blog). Mais de temps en temps, je prends aussi la parole et ce sur divers sujets : des photos de mes voyages ou balades, de rares articles de gauchissssses (sur le mariage pour tous essentiellement), quelques images drôles croisées et surtout des articles (écrits par d’autres) sur le Social Media Management, diffusé auprès d’une liste de contacts pros. Je commente aussi certains articles, surtout pour m’insurger sur la place de la femme de la société. En gros, sur mon Facebook, si je résume, je suis consultante social media bien informée, souvent en vadrouille, mais aussi une gauchisse très pro mariage pour tous et féministe hystérique qui aime bien poster des comms agressifs sur les statuts des magazines féminins (j”avoue, y a des jours où je suis d’humeur un peu troll). Ah et in love total de son neveu trop choupinou même si je poste très peu de photos de lui (et jamais sans l’autorisation de sa mère, évidemment.) Côté vie privée, hors le neveu, on ne sait rien du tout et ça me va.

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Côté Twitter, je retweete beaucoup, un peu dans le même goût, finalement : du gauchisse (je me lasse pas de ce terme), du féministe, du très drôle, quelques infos sur les derniers crashes et incidents aériens (chacun sa passion), un peu de musique, parfois un peu de passivité agressive (ça, c’est mal), du sport, de la misanthropie (bien trop), des articles de blog et mes photos Instagram. Un puzzle un peu fouillis de prime abord mais qui donne une vue d’ensemble un peu plus complète de mon moi en rajoutant une couche amicale par rapport à Twitter et parfois, entre deux tweets, on peut même deviner si j’ai quelqu’un en ce moment ou non.

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Bref, stoppons là cette auto analyse sans aucun intérêt. Donc on choisit ce que l’on raconte. On va parler de sa tenue du jour pour signaler gentiment qu’on est plutôt au fait de ce qui se fait en matière de mode et parce qu’on la trouve jolie. Par contre, les jours de “j’ai ouvert mon placard et j’ai pris les 2 premiers trucs qui me sont tombés dessus”, on va juste se taire. On va tweeter à 9h l’air de rien qu’on est déjà au boulot mais se taire quand on arrivera vaseux ou vaseuse le lendemain à 9h45-10h (quoi, je parle encore de moi, là ? Mais enfin… oui). On va parler du super documentaire vu la veille sur Arte mais taire le fait qu’on s’est couchés à 2h du mat car on matait les replays des feux de l’amour (là, non, c’est pas moi, je suis trop larguée pour tenter de regarder à nouveau, malgré mon amour ancien pour les soaps). Même les tweets et statuts en mode bourré n’ont rien d’innocent.

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Donc je racontais ça au jeune homme qui, intéressé, me demanda de lire quelques uns de mes écrits sur le sujet. Mais jeune homme, je n’en ai point, tu crois que j’ai le temps de faire une thèse ? Entre 2 longueurs de piscines, un bilan social, 2 audits d’écosystèmes sociaux et 3 recos ? Mais, me répondit-il, si le sujet te plaît, écris dessus, tu t’en fous de faire une thèse ou non.

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Un an plus tard (quelle réactivité), je me décide donc. A partir de maintenant, quand j’aurai le temps, je me pencherai sur la folle vie de nos cyber egos. Prochain épisode : le syndrome Prom Queen (rien que ça).

 

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