La cité de Stella Gemmell : parfait pour vos vacances

Comme j’ai l’impression que cette année, beaucoup de sans enfants partent en septembre et que j’ai juste fini ce roman la semaine dernière, laissez-moi vous parler de cette petite pépite. Vous aimez le médiéval fantastique, les intrigues de palais et Game of thrones ? Vous aimerez la Cité de Stella Gemmell (et l’avantage, c’est qu’à la fin de ce roman, vous avez la fin de l’histoire même si on pourrait facilement imaginer des suites*… mais bon, on n’attend pas 5 ans la suite, quoi).

La cité de Stella Gemmell

Dans la Cité, les égouts grouillent de démunis qui survivent là tandis que dans le Palais de la cité au dessus de leur tête, l’Empereur appelé l’Immortel entretien une guerre sans merci avec ses voisins, les “Peaux Bleues”. Une guerre qui dure depuis si longtemps qu’elle ne semble plus avoir de fin, les alentours de la cité sont ravagés par cette guerre. On va suivre les histoires croisées de différents personnages : Fell, commandant de l’armée et Indaro, une guerrière, d’Emly et Elijah, frère et soeur vivant dans les égouts, Bartellus, un vieil homme plein de secrets… Tous ces destins se croisent et n’ont qu’un seul but : sauver la cité.

Highlander, la mort de Duncan

Alors pour commencer, j’ignorais totalement qui était Stella Gemmell, je pensais qu’il s’agissait d’une jeune autrice mais absolument pas. Il s’agit en fait de l’épouse de David Gemmell, connu pour ses romans de Fantasy (mais que je ne connaissais pas, je dois avouer mon inculture) et qu’elle avait aidé pour sa trilogie Troie avant d’achever le dernier volume à la mort de David. Donc Stella est assez rompue à l’écriture de ce type de roman, ce qui explique la description très précise des combats. Parce que c’est la première chose qui m’a marquée en lisant : la très bonne description des combats, notamment sur la durée de vie des armes et l’habitude des combattants de récupérer celles des morts dès que les leurs laissaient à désirer.

Bataille médiévale

En fait, en lisant, j’ai ressenti une certaine jalousie, une frustration. Parce que j’étais en train de réfléchir à une histoire un peu similaire et que je me sens coiffée au poteau (sauf que moi, j’ai pas commencé à écrire). J’ai aimé la mise en place des jeux de pouvoir dans le Palais de la cité, l’ambiance claustrophobique des égouts qui me rappelait vaguement Metro 2033 ou encore l’omniprésence de l’eau comme menace (et qui fait une transition parfaite avec la fille de l’eau de Paula Hawkins que je viens de commencer). Alors oui, parfois, c’est un peu confus, le nombre élevé de personnages en finalement quelques centaines de pages fait un peu buguer par moment mais moins de Game of thrones, par exemple. L’enchaînement des chapitres est parfois un peu étrange avec des sauts dans le temps, passé ou présent, qui ne sont pas signalés immédiatement, ce qui crée parfois une sensation d’avoir loupé un chapitre…

Frise chronologique

Mais j’ai aimé. Je l’ai dévoré assez rapidement j’ai trouvé les personnages attachants et pas surpuissants… alors que les guerriers que l’on suit ont tendance à triompher, presque à être imbattables, on n’a pas la sensation de super chevalier tellement fort… et j’apprécie toujours cette nuance. Ici, les demoiselles ne sont guère en détresse, elles font jeu égal avec les hommes tant sur le terrain politique que sur le champ de guerre. Et forcément, j’apprécie.

Lagertha, Vikings

Bref, un livre parfait pour les vacances, pour peu que vous aimiez le médiéval fantastique.

* Effectivement, je viens de découvrir qu’il existe un tome 2

 

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Peut-on tout écrire ?

Dans une optique de publication. La semaine dernière, je traînassais sur Twitter quand je vois une blogueuse littéraire hurler son indignation sur un roman, “Outrage” de Maryssa Rachel. Celle-ci dénonçait notamment que ce roman soit vendu par Hugo Roman, spécialisé dans toutes les merdes romantico-perverses de type After où on t’apprend que c’est normal d’être un paillasson maltraité par son mec car l’amour fait souffrir. Tiens, va acheter des dessous Agent Provocateur et des fringues Karl Marc John pour oublier que si tu ne souffres pas, c’est que ton histoire est en mousse. Sauf que là, c’est archi pire… Peut-on vraiment tout écrire ? Quelle est la limite ?

Dark romances par Hugo Roman

 

Je déroule le thread et là, je lis un extrait. Bon, déjà, c’est franchement écrit avec le cul et je manque de décrocher dès la deuxième phrase mais c’est après que ça se corse. Ca raconte l’histoire d’une jeune fille qui explique vivre seule avec son père, qui l’attend le soir en t-shirt-culotte, cuisses écartées… Vous imaginez la suite et je vous épargne les détails jusqu’à la conclusion sordide “les gens ne comprenaient pas pourquoi j’avais autant de mycoses à 7 ans”. 7 ans. 7 ANS ! Alors déjà, sur le côté incestueux, je commençais à froncer méchamment les sourcils mais une enfant de 7 ANS sexuellement active et consentante, ça va pas bien ? Et si j’en crois les commentaires sur Amazon, on a droit à des viols, même une scène de zoophilie… et vendu dans la même collection que les After qui cartonnent chez les adolescentes. Bordel de merde.

Ecrits sombres

Oui, je suis vulgaire dans cet article mais à un moment, y a quelque chose de moisi au Royaume littéraire. Que cette personne ait eu envie d’écrire cette histoire, à la limite, pourquoi pas, chacun ses fantasmes. Qu’ils soient publiés dans des éditions très spécialisées… et non, là, déjà, j’ai du mal. L’autrice et l’éditeur se défendent en citant des précédents célèbres genre Mme Bovary (??) et expliquent que ce livre dérange car il raconte une histoire qui pourrait être vraie. Je vais rester sur la scène incestueuse qui est la seule que j’ai lue pour démontrer à quel point cet argumentaire pue la diarrhée.

Peut-on tout écrire ?

Je vais me référer à quelques oeuvres qui pourraient évoluer dans le même registre qu’Outrage (et je ne parlerai pas de Mme Bovary, cette comparaison est un crachat).

– Desideria de Moravia, roman dont j’ai déjà parlé ci et là qui fut le plus troublant tombé entre mes mains, assez dérangeant puisqu’il est question d’une jeune fille mineure (15 ou 16 ans) qui entend des voix qui la pousse à détruire tout ce qui est perçu comme sacré par la bourgeoisie (l’argent et sa virginité), il y a une scène de viol et une scène supposée d’inceste avec sa mère adoptive. Sauf qu’il n’y a pas de description, Desideria se réveille en se demandant si sa mère adoptive l’a caressée ou non et cela participe à sa colère contre cette femme.

Desideria

– Lolita de Nabokov, évidemment. Pour le coup, on a cette histoire dégueulasse entre Dolores, 12 ans, et son beau père Humbert Humbert. Mais ici, si Dolores joue les petites séductrices, elle regrette ses gestes, finalement innocents, et Humbert, qui raconte le récit, est toujours narré comme un pervers, il sait que ses désirs sont malsains et Lolita essaiera de fuir loin de lui à la moindre occasion, refusant de tout son corps cette liaison.

Lolita, le film

Histoire d’O où nous avons une femme soumise. Ici, le contexte est un peu différent et c’est pour ça que je m’y arrête. Le roman peut être effectivement assez dérangeant puisqu’un homme livre régulièrement sa compagne à d’autres hommes sans l’avertir (on a aussi ça dans Emmanuelle où son amant initiateur la livre à un gagnant de combat de boxe sans lui demander son avis puis l’amène une autre fois dans un bordel où je ne sais plus quoi où elle se fait saillir par plusieurs hommes sans avoir réellement ravie de l’expérience) mais la différence majeure c’est que ce roman n’avait été écrit au départ que pour exciter son amant et pas du tout dans une optique de publication.

Histoire d'O

– enfin le Marquis de Sade. Je n’ai lu que la philosophie dans le boudoir que j’avais trouvé… curieux par moment (y a une scène, j’étais limite à dessiner l’emplacement des personnages tellement ça me paraissait compliqué que tout le monde arrive à s’emboîter tel que décrit), intéressant dès que ça parlait politique, vaguement excitant… et absolument dérangeant et dégueulasse sur la fin. Mais au-delà du caractère purement sexuel de l’oeuvre, il se dessine une volonté politique.

La philosophie dans le boudoir

Dans Outrage, ce qui m’a profondément mis mal à l’aise, c’est le consentement total de la gamine de 7 ans. Dans les romans précédemment cités, les victimes sont victimes et cela nourrit un propos. Même la soumise O. sait que ce qu’elle vit n’est pas normal mais elle l’accepte par amour tout en punissant sa maîtresse occasionnelle en tentant de l’envoyer à Roissy où se situe le manoir où elle était esclave sexuelle. Là, le roman est écrit à la première personne, une enfant de 7 ans excite son père, mouillant en pensant à ce qu’il allait lui faire. Je suis même pas sûre qu’une enfant de cet âge là puisse mouiller. Et c’est absolument tout le problème de ce roman : la légitimisation. Certains mecs malsains n’hésitent pas à minimiser un viol en expliquant que de toute façon, c’est ce qu’on voulait, toutes les meufs fantasment là-dessus. Ici, la pédophilie incestueuse est légitimée parce que “bah, son père ne fait que lui donner ce qu’elle veut”.

L'enfant démon

Alors peut-on tout écrire ? Dans l’absolu, tu écris ce que tu veux, comme pour Histoire d’O., vu que c’était censé rester entre les mains concernées. Mais le publier ? Cracher peperlito à la gueule de toutes les petites filles qui ont subi ça en racontant que ça pourrait être voulu ? A un moment, faudrait peut-être arrêter les conneries, aller dans le toujours plus trash pour vendre plus. Oui, il est des histoires d’amour et de sexe dérangeantes que l’on peut narrer mais pourquoi à tout prix franchir la ligne rouge ? Surtout si c’est pour le mettre entre des mains non averties. Il existe des productions sexuelles très violentes comme des Hentaï mais au moins, en lançant ça, on sait sur quoi on va tomber…

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Et si on faisait des activités à deux ?

J’ai une passion dans la vie : apprendre des trucs. J’ai toujours envie de me lancer dans de nouvelles activités et si je m’écoutais (et que j’avais les moyens parce que ça coûte à un moment), mes soirées ressembleraient un peu à ça : lundi : yoga, mardi : comédie musicale, mercredi : plongée, jeudi : batucada, vendredi : yoga. Et pourquoi pas le week-end faire des ateliers de ci, de ça. Ma soif d’apprendre est inextinguible. Mais le souci dans mon équation, vous l’avez noté, c’est qu’il manque Victor. Alors comment tout concilier ? En trouvant des activités à deux. Et non, cet article ne parlera pas de sexe.

Idée d' activités à deux : le vélo

Sauf que, héhé, ce n’est pas si simple. Pour le coup, le point de départ du couple peut avoir une importance cruciale dans cette affaire. Prenons le cas de Mélanie et Ludovic, sympathique couple qui s’est rencontré au club de [insérez activité extraprofessionnelle de votre choix]. Dans la mesure où ils se sont trouvés dans une activité précise, la question ne se posera pas. Pour tous les autres couples, le problème peut être un peu plus épineux. Pour ma part, ça fait deux ans que je propose une nouvelle activité toutes les semaines à Victor “ça te dirait pas de faire du yoga ? Ca te ferait du bien, tu sais… La plongée, toujours pas ? Tu voulais faire du Taï chi, j’ai trouvé tous ces cours là, on pourrait y aller ensemble (il n’a jamais regardé mes liens)… Oh, tiens, j’ai bien envie de faire ça, l’an prochain, ça te dit pas ?”. Reloue la meuf ? Un peu.

Faire du tai chi en couple

Mais il faut me comprendre. Je sais que l’un des pires ennemis du couple, c’est le manque de moments complices. Si je suis absente deux soirs par semaine (c’est ce qui se dessine de mon côté), pour peu que j’ai un verre ou un pot de départ qui tombe en plus, je le vois quand, mon amoureux ? Donc déjà, y a ce souci là surtout qu’en parallèle, on a décidé d’instaurer le mercredi dodo tôt donc il nous reste les lundis et vendredi pour bien profiter (et les week-ends bien entendu). Et puis partager une activité à deux, c’est un truc en plus, une attache de plus. On se lance déjà dans un groupe politique tous les deux, certes, mais j’aime l’idée qu’on partage des trucs. Alors du coup, on a peut-être une idée, on verra…

couple en auto tamponneuse

Parce que faire une activité à deux, c’est aussi se faire des amis à deux… Les amis, tiens, parlons en la semaine prochaine.

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Old boy de Park Chan-Wook : sors de ta zone de confort

Petite pause dans les dystopies car il faut savoir varier les plaisirs et j’ai très envie de vous parler d’un film… ou plutôt de ce que ce film représentera désormais pour moi. Il s’agit de Old Boy de Park Chan-Wook, film que je voulais moyennement voir parce que “oh les films violents, j’aime pas” et que j’avais tort parce que c’était bien cool.

Old Boy de Park Chan-Wook

Lundi 14 août, je profite avec joie de ma journée de RTT imposée dans ma famille avec tous les gens que j’aime : mes parents, la tribu de ma soeur dont les quand même remuants Saturnin et Pivoine (cette enfant nage à 23 mois…), on a fait un repas de famille la veille avec tout le monde heureux… bref, je pataugeais dans une piscine d’allégresse. Nous avions prévu avec Victor d’aller faire un tour dans le Quercy parce que c’est putain de beau, ma région, mais une grosse flemme nous a pris et nous sommes donc restés à végéter devant Netflix. Un film ? me propose-t-il. Je le laisse choisir et me voilà face à Old boy de Park Chan-Wook. Je suis entre mou et intérêt : oui, on avait dit qu’on devrait se mater plus de films coréens et à part Dernier train pour Busan,on n’a pas tenu notre résolution. Mais les films de gens qui se battent et se tuent, ça m’ennuie. Ouais, je ne connaissais pas du tout l’histoire, j’avoue.

Old Boy, une histoire de vengeance

Donc l’histoire, justement. Oh Dae-Tsu est un gros loser alcoolique qui disparaît un soir de pluie, enlevé par on ne sait qui. Pendant 15 ans, il va rester captif, perdant peu à peu la raison, tapant contre des murs pour s’entraîner et cherchant par tous les moyens à s’échapper. Un matin, il est relâché par son mystérieux ravisseur. N’ayant plus rien à perdre puisque son bourreau a tué sa femme et que sa fille est partie vivre à l’étranger, il va arpenter la ville pour retrouver qui lui a fait subir ça et se venger. Il sera aidé dans sa quête par Mi-Do, une cuisinière qui le recueille dès sa sortie, qui pleure beaucoup et qui a une tête de poussin perdu (ce qui lui vaut immédiatement toute mon affection) et son ami d’enfance Joo-hwan.

Old Boy - Oh-Dae-Tsu et Mi-Do

Donc un thriller assez classique sur le papier à base d’enquête, de vengeance et de gens qui prennent cher, partie qui, en général, me blase complet car j’ai parfois du mal à y voir autre chose que de la violence gratuite, mais là, c’est pas le cas car tout fait sens. La moindre scène un peu hard a une justification dans le climax final. Comme l’histoire est tirée d’un manga, il y a quelques scènes assez stylées qui semblent copiées-collées de cases manga, notamment la toute première ou encore la première scène de bagarre, le plan avec les parapluies au tout début. Et j’aime cette esthétique. Le seul truc que je reprocherais au film, c’est une astuce scénaristique qui nous met sur une fausse voie alors qu’avec Victor, on avait deviné direct une des grosses révélations du film mais à la limite, c’est pas si grave.

Old Boy

Donc oui, j’ai aimé le film, vraiment, et j’étais contente de l’avoir vue et c’est là que je tombe sur le sujet que je voulais aborder dès le départ : il faut savoir sortir de sa zone de confort, culturellement parlant. Je suis pas une grande cinéphile parce que j’ai pas envie de voir 9 films sur 10 qui sortent. Parce que le synopsis est moisi, parce que j’aime pas tel style ou tel style, j’aime pas tel acteur, que c’est déjà vu 100 fois, gna gna gna. Et je pense que pour certains films, c’est pas si mal de passer son tour, je vous parlerai à l’occase de tout le mal que je pense du hate watching. Mais parfois, faut savoir un peu dépasser ses à priori, surtout quand la critique est unanime. Donc Old Boy, c’est oui et on va reprendre cette bonne résolution de découvrir le cinéma étranger (hors américain) pour découvrir de nouveaux modes de narration, de pensées… et de vie, aussi.

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Je peux te lire ?

Quand j’ai décidé de reprendre l’écriture, j’ai pris la décision de le faire publiquement, à savoir en parler à mon entourage, afin de ne pas flancher en cours de route. Et j’ai réussi la première étape, j’ai mis un point final à mon roman de Maja, version manuscrite et version numérique, me reste la relecture. Et là, mes amis, bien attentionnés, me demandent avec une pointe d’excitation “ je peux te lire ?”. Mon coeur s’emballe.

Quand tu écris un roman : je peux te lire ?

Je ne me sens pas nerveuse à l’idée de soumettre ma prose au jugement impitoyable d’éditeurs dont la majorité me dira certainement “merci mais non merci”. J’y suis préparée et j’ai déjà prévu le plan B en mode “bé je le balancerai en auto édition et je leur enverrai le prochain”. Déterminée, la meuf. Parce que ces gens-là, je les connais pas donc leur opinion sur moi m’indiffère relativement. Non pas que j’estime qu’elle ne vaut rien, je suis tout à fait prête à entendre leur avis sur mon travail et à me remettre à ma place de scribouilleuse du dimanche. Mais ils ne jugeront que mes mots, pas mon moi.

Ecrire un livre et le faire lire

Alors que mes proches, ils liront mon texte en ayant dans un coin de leur esprit “ça, c’est Nina qui l’a écrit”. C’est un peu con mais c’est comme leur faire lire mon journal intime, finalement. Le roman de Maja, ce n’est pas mon histoire, loin de là, mais y a du moi dedans et l’exposer à ceux qui me connaissent, c’est lever un bout de voile sur ce que je suis, in fine. Leur avis compte. Il compte terriblement. Je m’en fiche de “décevoir” des éditeurs, si tant est qu’on puisse décevoir des gens qui n’attendaient rien de moi vu qu’ils ne connaissaient même pas mon existence avant de découvrir mon manuscrit sur mon bureau. Mais mes proches, mes proches…

Ecrire et boire du café

J’ai toujours eu du mal là-dessus et ceux qui ont lu ma prose de jeunesse étaient des petits voleurs, quelque part. Ma soeur, d’abord. Elle me piquait mes classeurs où je rangeais consciencieusement mes romans et les lisait en cachette avant de me donner son avis (toujours bon). Il y eut mes amies de fac aussi qui m’avaient piqué mon classeur avec le roman dont j’ai totalement oublié le nom et qui se le passaient, le dévorant en une nuit et qui avaient une réaction assez étrange “ah ouais, c’était trop bien mais Bidule, à la fin, il finit seul, c’est triste”, Bidule étant un personnage secondaire dont je me foutais royalement. J’étais super gênée quand quelqu’un débusquait l’un de mes classeurs et me demandait le droit de lire, me mettant devant le fait accompli. Oui, tu peux lire mais sache que ton avis compte pour moi. Peut-être trop.

Se sentir jugé par ses proches

Alors voilà, tout le monde veut lire mes histoires. Je suis flattée, touchée, je sais qu’il s’agit d’un réel geste d’amour ou d’amitié (oui parce que Victor s’intéresse aussi à ce que j’écris, hein, je lui ai déjà tout raconté l’histoire de Maja et il était un peu fier, je crois). Mais ça me terrorise plus que d’envoyer mon manuscrit soigné aux petits oignons à ceux qui ont entre leur main mon destin d’écrivaine. Parce qu’autant j’admets que je ne suis pas prête pour la grande aventure de l’édition à laquelle je ne connais rien, autant je ne peux pas m’imaginer face à quelqu’un que j’aime qui trouverait mon histoire fade et sans intérêt.

C'est nul - livre

Des fois, je me dis qu’on ne devient jamais tout à fait adulte. C’est la même terreur que j’avais enfant au moment de monter sur scène pour le spectacle de l’école où il ne fallait pas décevoir les parents, alors même que je jouais du carillon entouré d’une trentaine de gosses qui jouaient tous la même chose donc personne n’aurait jamais su si je m’étais plantée. C’est la même gêne quand je dois chanter devant des gens qui comptent pour moi alors même que j’ai fait de la chorale et que je n’ai jamais prétendu être une grande chanteuse. Sans doute que le regard scrutateur des inconnus est plus facile à supporter. Je dois sans doute me souvenir : mes amis veulent lire ma prose par unique bienveillance… et un soupçon de curiosité.

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1984 : Big Brother is watching you

Quand j’ai décidé de parler de dystopie sur ces modestes pages, je me suis posé une question cruciale : était-il nécessaire de parler de classiques que tout le monde a déjà lus ? Il est probable que vous ayez lu 1984 au collège. Ce n’était pour ma part pas mon cas vu que j’avais le choix entre quatre dystopies (Ravage, Fahrenheit 451, le Meilleur des mondes et donc 1984) et j’avais choisi Bradbury parce que… j’en sais rien du tout. Je n’ai donc lu les trois autres qu’une fois adulte. Mais ne pas en parler dans une rubrique dystopie, ce serait un peu comme parler de space operas en ignorant Star Wars. Donc go.

Big Brother is watching you - 1984

L’histoire de 1984, vous la connaissez sans doute : en 1984 (soit 45 ans après la date de publication du roman), le monde est divisé en trois blocs (Oceania, Eurasia et Estasia), nés d’une guerre nucléaire datant des années 50. Ces trois blocs totalitaires se font perpétuellement la guerre, chacun suivant une idéologie somme toute similaire et se battent pour obtenir la domination de l’Antarctique. Dans ce chaos permanent, nous suivons le quotidien de Winston, employé au Ministère de la vérité à Londres où gère les archives et doit effacer de l’Histoire toute trace d’alliance avec l’Estasia. En le suivant, nous découvrons donc les mécanismes de cette société et notamment la surveillance de la population via les télécrans placés au centre du foyer qui servent à la fois de caméra de surveillance et de canal de diffusion de la propagande. Le hic, c’est que Winston n’est pas victime de l’amnésie générale vis à vis du passé et décide donc d’écrire ses souvenirs pour garder une trace de l’Histoire “non officielle”. Par peur d’être démasqué par la police de la pensée qui traquent tous les contestataires, il cache ses pensées à son entourage et se réfugie dans un recoin de son appartement qui n’est pas soumis au regard du télécran. L’Etat paternaliste est incarné par un visage d’homme d’âge moyen et moustachu “Big Brother” qui scrute les citoyens à travers les télécrans. A l’inverse, l’ennemi de l’Angsoc, l’idéologie dominante, est également incarné par un homme, Emmanuel Goldstein dont le visage est projeté quotidiennement pendant les “Deux Minutes de la haine”.

Les deux minutes de la haine - 1984

La surveillance n’est pas que politique puisque les moeurs sont également soumises à des règles strictes, la sensualité et l’amour étant vus d’un très mauvais oeil, il existe d’ailleurs une ligue anti-sexe à laquelle fait partie Julia, que Winston croise et qu’il déteste de prime abord car il la pense espionne de la pensée. Mais non, c’est une réfractaire comme lui et les deux vont se lancer dans une relation amoureuse clandestine. Leur amour les conduira à entrer en contact avec la résistance… qui n’est en fait qu’une émanation de l’Etat. Arrêtés, Winston et Julia se renieront l’un l’autre et Winston finira par épouser inconditionnellement l’idéologie Angsoc.

1984, le film

Déjà, rien que de résumer le livre est ardu et je ne vous ai pas encore parlé de la novlangue, ce dialecte épuré où le vocabulaire est réduit chaque jour un peu plus. Pourquoi ? En gros pour rendre les mots les plus courts possibles pour éviter qu’ils soient pensés avant d’être dit et d’éliminer tout les outils linguistiques permettant de dénoncer la politique du parti. Par ailleurs, la novlangue s’accompagne de quelques sentences paradoxales de type “la guerre, c’est la paix”, martelées à longueur de journée.

1984, pièce de théâtre

Bref la société de 1984 est l’annihilation de l’individu en tant qu’être penseur et sentimental. Le roman se lit hyper facilement et touche pas mal de thèmes qui font écho en moi, notamment la question de la “résistance” à une idéologie, un système politique, mais aussi le déclencheur, qu’est-ce qui te fait basculer dans la réelle résistance. Ici par exemple, si Winston est déjà sur le chemin de la réfraction de par son incapacité à assimiler l’amnésie collective, sa relation avec Julia sera l’accélérateur, ce qui le poussera de l’autre côté.

1984, Julia et Winston

Alors 1984, on en entend parler très régulièrement, je vous parlais d’ailleurs du slogan “Rappel : 1984 n’est pas censé être un manuel d’utilisation” (je vais m’en faire une pancarte, on a quelques petits rendez-vous en septembre) parce que… 68 ans après, on a la sensation de s’en rapprocher chaque jour un peu plus. Tellement que je ne sais même pas par quel bout prendre le truc. Commençons donc par le prisme de l’abrutissement des masses puisque c’était le thème annoncé sur cette série d’articles la semaine dernière. Ici, on n’est pas dans une idée aussi simpliste que dans Albator “les gens y font rien, ils regardent la télé, ils sont devenus cons”, c’est tout un système élaboré mis en place par l’Etat pour déposséder petit à petit les citoyens de tout outil de réflexion, leurs serinant à longueur de journée un discours prémâché. Et c’est là tout le terrifiant : on a d’un côté la bonne idéologie, la version officielle de l’Histoire, mais Big Brother cultive également son côté noir en mettant en scène un ennemi de la Nation et et animant de faux groupes de résistance pour cueillir les réfractaires qui souhaiteraient les rejoindre. Je pourrais écrire des dizaines de romans rien que sur cette idée. Et force est de constater que l’Ennemi est un ressort classique de nos politiques : on a eu les communistes, le FN, les terroristes (aujourd’hui islamistes, hier d’extrême-gauche, demain… je pense qu’on va pas tarder à revenir sur l’extrême-gauche), les dirigeants des pays X ou Y, la finance… ah non, ça, c’était juste un argument électoraliste. On a besoin de l’Ennemi pour fédérer.

Affiche anti communiste

Et alors qu’on nous fait peur aujourd’hui (j’écris cet article vendredi, Dieu seul sait ce qu’il se sera passé quand vous le lirez) sur une grande guerre qui s’annonce à l’Est entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, ce bouquin est terrifiant de réalisme. Surtout sur le point réécriture de l’histoire avec la grande tendance des faits alternatifs chers à l’Homme censé le plus puissant du monde mais aussi la surveillance de masse qui ne semble pas déranger plus que ça car c’est fait au nom de notre sécurité (“la liberté, c’est l’esclavage”) et même la novlangue, surtout en tant que start up nation où on frenglishe à mort sans que ça ait particulièrement du sens. Je sais de quoi je parle, je bosse dans le marketing, je jargonne tous les jours pour impressionner mon auditoire (et, tristement, ça marche). Par contre, sur la novlangue, je vous renvoie à un thread super intéressant croisé sur Twitter pour pas utiliser ce terme à tort et à travers.

jargon

Il manque ASAP

Jargon

1984 n’est pas un manuel d’instruction. Mais je crois qu’il est temps plus que jamais de le (re)lire, ça glace le sang. Moi, je vais essayer de me mater le film, tiens…

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L’empathie est morte

Alors que la Start Up Nation démarre sous les chapeaux de roue, grignotant pépouse des acquis sociaux chaque jour un peu plus, les plus aisés commencent gentiment à faire la morale aux plus pauvres : 5€ d’APL en moins ? Respire Bobby, 5 €, c’est rien de rien, un peu d’effort collectif, que diable. Sauf que 5 € pour ceux qui ont si peu, c’est énorme… et c’est là que je me pose la question : est-ce que l’ empathie est morte ?

Menue monnaie, empathie pour les démunis

J’aurais pu vous parler des migrants, sans doute aurait-ce été plus facile, vous demander quelle société empêche des gens qui fuient la guerre de boire à leur soif en pleine canicule ? Dans quelle société les ramasse-t-on tous les trois matins pour les déplacer de centre en centre, rognant chaque jour un peu plus leurs droits élémentaires. Et je ne parle pas ici que des autorités, ne nous lavons pas les mains de ça. Quand je lis les commentaires des articles concernant les Migrants, j’ai la nausée. Et la colère. Merde, qu’est-ce qui nous rend aussi insensibles, au point de rire sans gêne de la mort d’un être humain juste parce qu’il n’a pas la bonne nationalité ? Ni la bonne fortune ?

Emmanuel Macron fait une blague immonde sur les Kwassa Kwassa

En même temps, quand le premier d’entre nous se permet de rire de ça, comment éduquer les gens là-dessus ?

Pourtant, je fais erreur. Ce n’est pas que l’empathie est morte, c’est surtout qu’elle n’a jamais existé. Enfin, pas de ce que j’en sais, en tout cas. Evidemment, je n’ai que les romans et cours d’histoire pour me référer à un temps que les moins de 37 ans ne peuvent pas connaître mais la charité et la solidarité ont toujours été une question compliquée. On se serre les coudes entre semblables et on rejette ceux qui semblent directement nous menacer. Jusque là, pourquoi pas. Je pense qu’en terme de solidarité, il nous est à tous plus facile et plus naturel pour aider quelqu’un que l’on connaît ne serait-ce qu’un peu. Rien qu’à mon minuscule niveau, je donne plus facilement la pièce à la dame au chat gris du RER que je croisais tous les jours à une époque (elle a réapparu vendredi, je vous cache pas que je commençait à m’inquiéter) qu’une personne que je n’aurais pas identifié auparavant. Il y a parfois des élans de solidarité instantanés face à de terribles catastrophes comme le tsunami de 2004 ou le séisme à Haïti. J’aurais pu penser que c’était parce que les gens étaient touchés par la détresse des enfants mais le cas des Migrants a bien démontré que ça ne marchait plus. Alors quoi ? Sans doute le caractère exceptionnel. Et encore, je pense qu’il y a aussi une forte part de « s’acheter une bonne conscience », littéralement. 

Tsunami 2004

Alors quoi ? La peur de l’autre ? Ca marche pas mal, surtout pour les Migrants, mais pour les plus défavorisés ? On peut éventuellement avoir peur de se retrouver avec un faible revenu mais ensuite ? Oui, ok, l’histoire nous a démontré que le peuple pauvre pouvait renverser des Rois et des Tsars mais dans le cas qui nous intéresse, ce n’est pas tellement ça. En vrai, je crois que ce qui agace, c’est l’injustice. Plutôt fantasmée pour le coup mais ceux qui ont tout ont du mal à admettre qu’ils doivent donner un petit peu à ceux qui n’ont rien. Parce que eux, ils ont “mérité” leur argent. Peu importe que leur fortune vienne d’un héritage, d’un salaire indécent car la personne a pu fréquenter de grandes écoles grâce à la magie de la reproduction sociale, de l’exploitation de stagiaires jusqu’à revendre à prix d’or sa start up (même si très peu perdurent)… Certains méritent leur patrimoine, je ne dis pas, mais ceux qui ne parviennent pas à boucler les fins de mois ne sont pas nécessairement imméritants, pour le coup. “Ah mais ils achètent des cigarettes et des écrans plats”. C’est à dire qu’à un moment, la vie n’est pas faite que pour travailler et payer ses factures, hein… Bref, pour moi, 5 €, c’est pas beaucoup, même pas un paquet de clopes, une dizaine de cafés à la cafèt’ du bureau, un quart de cours de yoga… Mais quand chaque centime compte, ça fait une réelle différence et je ne suis pas sûre d’avoir envie de vivre dans une société où on hausse l’épaule quand on grignote toujours plus la part de solidarité vers ceux qui n’ont déjà rien tout en leur faisant la morale. Et si on faisait preuve d’empathie au lieu de donner des leçons de vie à ces gens dont on ne sait rien ?

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Quand tu écris le mot FIN

C’est enfin arrivé, je n’y croyais pas. Ca y est, enfin, je l’ai écrit en toutes lettres tremblotantes sur mon cahier : le mot fin. J’ai terminé l’écriture du roman de Maja.

écrire le mot FIN

Admirez donc ma douce écriture

C’est toujours un peu triste une fin. Le roman de Maja, je l’ai commencé en novembre et me voici donc avec un manuscrit de 226 pages avec écrit en énorme à la fin “FIN”, justement. Pas tout à fait la fin de l’aventure puisque j’ai un gros travail d’ultime relecture/réécriture qui ne m’enchante pas trop mais bon, on va pas s’arrêter en si bon chemin, après tout…

Corriger un manuscrit

C’est toujours un peu étrange de terminer une histoire, on est presque surpris d’y arriver, d’écrire la dernière phrase et puis… et puis, c’est tout en fait. Tous les personnages ont fait ce qu’ils avaient à faire, dit ce qu’ils avaient à dire. Dans ce cas, en plus, je n’ai pas prévu de suite comme je l’avais fait pour Technopolis, par exemple, je savais que je retrouverais Oceany et ses amis (je me demande si je vais pas lui changer de prénom, tiens, vu que je suis en train de réécrire le truc) dans de nouvelles aventures que je n’ai jamais terminé. Mais la fin était moins amère, moins définitive. Un peu ce cafard de fin de vacances quand tu quittes un lieu que tu adores mais que tu sais que tu reviendras l’an prochain et que tu retrouveras tes copains.

Là, la fin est définitive. J’ai peut-être l’idée d’une préquelle, comme on dit, sur l’un des personnages mais les autres n’y apparaîtront même pas et je ne suis pas convaincue de l’écrire de toute façon. Finir un roman, ça fait un petit vide, un petit moment d’errement où on se demande un peu ce qu’on va faire après. J’avais déjà des tas d’idées sur les romans que je pouvais écrire après, j’avais quelques lignes de ci, de là… Mais même si mon nouveau projet me motive, j’ai un peu de mal à m’y mettre, mon écriture n’est pas si fluide, je sèche quelques séances d’écriture pour lire, à la place. Et surtout, je crains que la dizaine de pages de l’histoire d’Ofelia n’aille pas loin et que je finisse par switcher sur une autre histoire. C’est un peu la relation pansement de l’écriture.

Ophelia par Waterhouse

Mais quand même. Ce mot “fin”, sur ce roman, il a une résonance particulière pour moi, au delà des généralités du “oh bé ça fait un peu vide, quand même”. 15 ans. Ca faisait 15 ans que je n’avais pas terminé un roman. J’avais des milliers de débuts mais rien de plus. Ca peut paraître con mais c’est une sorte de renaissance pour moi, quelque chose de très symbolique, je retrouve enfin la passion d’écrire que je n’exprimais que sur ce blog. Et autant vous dire que je ne m’arrêterai plus. Même si ça ne donne rien après, c’est pas grave, j’ai donné naissance à une nouvelle histoire qui a un début, un milieu et une fin. Quand j’aurai envoyé mon manuscrit, je vais m’offrir une journée détente au spa. Je l’ai méritée, je crois.

Par contre, ce carnet d’écrivaine est loin de se refermer, j’ai encore plein de choses à dire et à partager !

 

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A quelle heure on met le réveil ?

Si je devais comparer ma vie de célibataire à ma vie en couple, la principale différence pour moi est clairement mon rythme de vie au global. En gros, avant, je me couchais tard mais genre vraiment tard et je me levais à la dernière seconde, tenant rarement mes résolutions d’arriver tôt au boulot pour partir plus tôt, profiter mieux de ma soirée et dormir plus tôt. En couple… c’est pas encore tout à fait ça mais là, on fait les choses à deux. Genre choisir l’heure du réveil.

Mauvais rythme de vie, fatigue au travail

Chacun sa conception du couple, nous, on est assez fusionnels dans le rythme de vie : on se lève ensemble, on se couche ensemble. A quelques nuances près. A une époque bien trop lointaine, j’ai ambitionné de suivre le Morning Miracle en me levant tous les matins à 6h, faisant un peu de sport et un peu d’écriture avant d’aller réveiller mon doux. Faudrait que je m’y remette d’ailleurs mais j’ai toujours ce problème récurrent du matin, cette sensation d’être écrasée sur mon lit par la gravité et que mon corps pèse environ 58 tonnes. Et justement, en étant en couple avec un individu qui prend les transports avec moi pour aller travailler, je n’ai guère le loisir de m’adonner au snoozing plus que de raison. Oui, depuis qu’on vit à deux, je me lève suffisamment tôt pour faire autre chose que me doucher et sauter dans mon jean, genre petit déjeuner avec un vrai café et tout.

Petit déjeuner avec petite brioche homemade, porridge aux graines de chia et café

A propos de dormir, parlons du soir, également, un grand moment. Etant célibataire, je traînais, traînais, trainaiiiiiiiiis sur mon ordinateur, regardant une dernière vidéo Youtube, un dernier épisode de série… Mon cercle vicieux classique : “faut que je finisse mon article pour le blog mais l’épisode de la série que je matais vient de terminer, je vais en relancer un autre”. Et ça sans parler du temps passé sur les Yahoo! jeux ou escape games les soirs où j’étais trop fatiguée pour enfiler les mots. Maintenant, on n’a pas un rythme parfait, loin de là (surtout en ce moment avec les jours à rallonge) mais au moins, je ne passe plus mes soirées à me lobotomiser et je ne dors pas si mal que ça.

Mieux dormir pour un réveil parfait

Mais à part dormir, il y a quoi qui change dans le rythme de vie ? Forcément, quand tu vis en  couple, t’es moins dans la spontanéité  : tu dois prévoir les sorties de l’un et de l’autre, faire une liste des courses en conséquence. Bien sûr, on peut avoir des imprévus ou décider d’aller boire un verre à la dernière minute mais il faut toujours prévenir l’autre. Et ne pas rentrer au milieu de la nuit sans prévenir… Et tu as vite une espèce de culpabilisation. Enfin, moi, du moins. Je peux vite me laisser entraîner à faire des milliers d’activités mais je dois me souvenir de consacrer du temps à mon bien aimé. Parce que c’est le piège : quand tu vis à deux, tu sais que, forcément, quand tu rentreras chez toi, tu trouveras ta douce moitié quelque part dans l’appart alors ça va. Sauf que si c’est pour la trouver roulée en boule dans le lit et endormie, l’intérêt est limité.

Sommeil profond

Mais une fois à la maison ensemble, que fait-on ? On fait tout ensemble ou séparément. Et bien, ça dépend des jours. Même si j’avoue que j’ai parfois du mal à tout mener de front, la vie pro, la vie amoureuse et les projets annexes. Parfois, il est tentant de renoncer à ces projets là, à se contenter d’aller bosser et passer la soirée dans les bras de l’objet de son amour sans chercher plus. Heureusement, on est deux et lui aussi a des projets ou juste envie de jouer un peu à un jeu, regarder une série que je ne regarde pas… Oui, vivre à deux, ce n’est pas toujours vivre à deux. Le rythme parfait reste difficile à trouver mais on se rapproche de la bonne balance. Encore deux ou trois ajustements et je pourrai travailler, aimer et réaliser quelques rêves à côté tout en faisant du sport.

 

Ah tiens, le sport, nous en parlerons la semaine prochaine.

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Albator ou l’abrutissement des masses

Sur les prochaines semaines, je vous propose de vous présenter quelques dystopies de type “abrutissement de masses” dont Idiocracy est un parfait exemple, j’aborderai forcément Fahrenheit 451, 1984, le Meilleur des mondes et, quand je l’aurai lu, Un bonheur insoutenable d’Ira Levin. Mais avant de m’attaquer à ces monuments de littérature, commençons léger avec la dystopie Albator.

Albator version 78

Albator, une dystopie ? Comme moi, quand on vous parle d’Albator, vous avez immédiatement le pirate qui apparaît avec sa mèche, son vaisseau spatial Arcadia, une esthétique assez gothique, des femmes fines avec de très longues chevelures. Forcément, on a découvert cette oeuvre à la télé étant tout petits, on n’avait pas le bagage culturel pour bien comprendre ce qu’il y avait derrière. Mais ce qui m’intéresse aujourd’hui, et j’en ai déjà parlé ci et là, c’est la société dessinée par certaines versions d’Albator : une société totalement amollie et inapte, rendue docile par la télévision. Oui, on est en pleine idiocracie, donc.

Albator et Stellie

Je vous refais l’histoire. En 2977, le travail n’existe plus, les Terriens laissent des robots exploiter les ressources d’autres planètes et les Humains n’ont plus qu’à en récupérer les bénéfices. Rendus serviles par “l’abrutisseur mondio-visuel” (c’est une métaphore peu subtile de la télé), les Terriens se vautrent dans l’oisiveté la plus totale. A tel point que quand la Terre est attaquée par les Sylvidres, la première réaction du 1er Ministre est de se planquer sous la couette.

Albator 78

On retrouve ici les deux mamelles de la dystopie idiocratique : un média abrutissant et une société dédiée uniquement aux plaisirs et à l’oisiveté. Si nous sommes plus dans l’ordre du space opera puisque cette partie dystopique disparaît rapidement pour que le récit se concentre uniquement sur la guerre entre Albator et les Sylvidres, elle dresse cependant la toile de fond de l’histoire : les Sylvidres utilisent un énorme globe noir qui atterrit sur Terre pour l’envahir… et personne ne semble l’avoir remarqué ! Face à un tel manque de réactions, Albator prendra donc les choses en main.

Mazones

Cette oeuvre m’intéresse donc car elle reprend la plupart du matériel de la dystopie idiocratique en diabolisant l’objet médiatique en vogue en 77, lors de la sortie du 1er manga, la télévision. La semaine prochaine, nous allons parler d’une autre dystopie qui parle aussi de télécrans et de manipulation des masses. Oui, ce sera 1984.

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