Sois gentille, même si c’est pas toujours facile

 

Ce blog vire dangereusement rose guimauve, faudrait que je m’énerve un peu sur l’actu, on va finir par croire que j’ai perdu toute acidité. Mais tant qu’à parler de bien être et de gens gentils, poursuivons. Depuis mon retour du Canada, je ne supporte plus les Parisiens mais j’essaie tant bien que mal d’être charmante et polie. Sois gentille, c’est pour le bien commun.

Sois gentille

Commençons par deux anecdotes :

  • Philippines, avril 2015 : au 3e hôtel, Anaïs et moi héritons d’une chambre avec vue directe sur le parking quand les autres filles ont des chambres installées autour de la piscine. En fait, les chambres étaient réparties avant notre arrivée et on a changé car Anaïs et moi voulions être ensemble donc du coup, nos colocs prévues respectives étant légèrement du style vindicatif, il devenait difficile de leur refiler la chambre du parking donc les gentilles en ont hérité, ce qui m’a bien BIEN saoulée sur le coup

piscine_philippines

  • Pays Basque, juin 2015 : stage de yoga, avant-dernier jour. Lors de ce stage, nous étions responsable de la propreté des lieux avec des consignes claires quant à la vaisselle notamment. Ce matin là, on se lève et catastrophe : lave-vaisselle pas lancé et évier plein, le propriétaire de la maison, un de ses invités et deux stagiaires ayant passé la soirée à picoler sur la terrasse (mon imagination a brodé 35 histoires au moins autour de ça). Pour éviter tout drame, je prends donc sur moi de faire la vaisselle. Jusque là tout va bien. Mais après le repas, la prof m’interpelle : “tiens, Nina, passe le balai dans la maison”. Heu ? C’est à dire que je me suis déjà tapé toute la vaisselle que je n’aurais jamais dû faire, est-ce vraiment nécessaire d’en remettre une couche ? “Imagine que tu chasses tes mauvaises pensées à chaque coup de balai”. Y en avait pas mal pour toi meuf*…

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Dans ces anecdotes, la conclusion semble être “trop bonne, trop conne”. Non mais c’est vrai, regardez le nombre de situations dans le quotidien où il faut rester ferme pour pas se laisser bouffer : dans le métro, par exemple. Je parle même pas d’avoir une place assise mais par exemple, combien de fois il faut lutter pour juste se tenir à la barre centrale vu qu’un-e gros-se boulet-te étale tranquillement son dos sur ladite barre. On se sent spolié dans son bon droit parce que, pardon mais cette barre n’est pas à toi, monsieur-madame et je vais enfoncer mes doigts dans ton dos, je m’en fous… Alors oui, on peut demander gentiment et même une fois sur deux, vous obtenez ce que vous voulez sans énervement aucun. Mais l’autre fois, vous ferez remarquer à une personne qu’elle pourrait lâcher le strapontin vu la foule et elle vous répondra par sa plus grande indifférence (au mieux…)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d'affluence (on comprend pourquoi)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d’affluence (on comprend pourquoi)

Quand je vois ce qui passe à la télé (ouais, ok, je vois plus rien, je l’ai plus mais faisons semblant), les émissions de téléréalité où on se met des quenelles, où on se la fait à l’envers, où les gentils sont vite éliminés, les séries télé ou les films où on kiffe le personnage bad boy/girl irrévérencieux, l’omniprésence de chroniqueurs “mordants”… et à l’inverse les “gentils” présentés comme des faibles, des victimes éternelles, des gens fades et sans intérêt…

Ok, je connais très peu Community

Ok, je connais très peu Community

Et pourtant… Pourtant, quand tu vois comme les gens sont plus détendus dans un pays où la politesse est la norme dans les relations, que tu vois comme ça te met de bonne humeur quand tu as une interaction agréable avec quelqu’un dans la rue, dans les transports. Ou alors, c’est moi qui suis Bisounours mais ça me rend de très bonne humeur, quand le caissier ou la caissière de ma supérette est poli, s’il est de bonne humeur et chantonne ou fait une blagounette… Ben, ouais, ça fait une différence. Vous n’imaginez pas quel niveau de bonheur j’atteignais au Québec, quand il était normal de saluer le chauffeur, que les serveurs te tapent gentiment la causette parce que c’est normal mais qu’ils s’imposent pas non plus. Tu oublies ton réflexe de jouer à la plus connasse pour pas te faire avoir.

Connasse est la parfaite illustration de "l'adoration" autour des personnages détestables (j'ai détesté le peu que j'ai vu)

Connasse est la parfaite illustration de « l’adoration » autour des personnages détestables (j’ai détesté le peu que j’ai vu)

Mais au fond, est-ce si grave ? Oui, parfois, c’est gonflant de voir un mec arriver en même temps que le bus et pousser tout le monde pour pouvoir s’asseoir alors que vous qui étiez là bien avant devez un peu pousser les gens pour avoir une mini place mais après… Après le trajet va durer quoi, 15 mn ? 20 mn ? Une goutte d’eau dans ma journée. Par contre, si je m’énerve, la tension va bien me durer une heure ou deux. Et vous aurez noté qu’en général, quand on est de mauvaise humeur, on peut causer mal à quelqu’un, tout prendre mal, c’est un cercle vicieux.

mauvaise-humeur

Etre gentille… Résolution des 36 ans, tiens. Et franchement, ça va pas être si facile.

* Ce stage de yoga va finir par devenir “Cosette chez les yogi”, j’ai l’impression… Faut dire que je suis tellement retombée en amour avec le yoga depuis mon expérience marocaine que j’ai beaucoup de rancœur contre la prof qui a failli m’en dégoûter.

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Adopte un Mec

Par Lucas

Bon je vous rappelle que Louka est en pleine recherche du grand tamour, avec un grand A et non un gros tas, si possible.Si possible…

Or, il y a 15 jours-3semaines, Louka s’est fait larguer est allé passer la soirée dans la rue des crêperies à Edgar Quinet, chez un copain. Il s’y est bourré la gueule, joliment, au champagne car il n’est pas à une incohérence près. Toutefois sa mémoire en vrac et son portable aidant il a noté, sous forme de brouillon de textos, des infos éparses. Et notamment ce site. Soufflé par une copine du copain qui les invitait mais en fait il le faisait uniquement pour qu’on finance son voyage à New York, avoue Hugo, t’es pas crédible.

Donc une semaine plus tard, Louka va virevolter sur ledit site : Adopte un Mec.com. Bon a priori ça fait un peu SPA humaniste, cœur sur la main, mignon tout plein.

Bon OK, après fouille en règle et sourires multiples, c’est pas si mal ! Les nanas ont la main sur tout et on est vraiment des produits puisqu’on ne peut pas envoyer de mails aux demoiselles qui nous paraissent intéressantes.
On est une promo en vitrine…
Eh oui on doit attendre que ce soit elles qui fassent le premier pas !

Le truc me-ga-frus-trant.
Je n’imagine même pas les trésors d’ingénuité  ou les stratagèmes balouuuurds que mes compagnons d’aventouuuure doivent déployer sur leurs fiches…

Mais ya quand même des trucs qui demeurent et que j’avais déjà vu sur PointsCommuns.com.
Et sincèrement, pour ça les filles, vous êtes pa-thé-ti-ques.

La vulgarité

Quand une fille écrit en toutes lettres qu’elle n’aime pas la vulgarité il faut la fuir comme la peste. Parce que dans 99% des cas c’est justement une nana carrément vulgaire, à tous les sens du mot.
Insignifiante d’une part,
Sans culture d’autre part.
Sans style bien entendu,
Sans classe cela va sans dire…

Ça me fait toujours marrer de voir l’album photo des filles qui disent ne pas aimer la vulgarité car en général leurs fringues sont insignifiantes (vulgaire au sens premier du mot) et cheum, leur maquillage est fait à la truelle, leur regard est vide et toute leur apparence relève un manque de style et d’élégance frappant, voire même carrément « nauséa bon »
(bon pour donner la nausée, oui toi aussi prend des mots dans le Lucabulaire).

Et le dernier 1% me direz-vous ? (oui y en a qui suivent)
Bah le dernier 1% c’est tout bêtement les nanas snobs. Donc middle class qui ont conscience de leur valeur au vu du compte en banque de Papa et de leurs études mais qui sont maintenant indépendantes et qui aspirent à la upper class. CQFD.

La connerie

« J’aime pas la connerie ».
Clap, clap, clap.
Alors là je suis stu-pé-fait ! Sans voix. Interdit.
Qu’une nana dise ça, encore une fois en toute lettre, je trouve ça grandiooooose. Et laisse-moi deviner… Tu n’aimes pas l’odeur de merde, la pluie froide et faire la vaisselle… Ouhai je suis le Père Spicace. Ah bah justement quand on parle du loup…

L’humour

« …un mec qui soit drôle. » Attendez les filles, vous nous prenez pour Bozo le clown ? Il faut que le soir venu on vous fasse oublier votre journée de loseuse avec des réparties pleines d’humour et de subtilité ? Bon c’est vrai que je ferais mieux de fermer ma gueule car après tout, « femme qui rit à moitié dans ton… » Mais tout de même.

Je ne sais pas trop pourquoi je me suis inscrite

Ouhai c’est çaaaaaa. Et moi j’sais pas trop si t’es débile ou si t’es teubé. Faudrait arrêter de nous prendre pour des cons, les filles. Vous cherchez un peu de tendresse, un peu d’amuuuuuuur, une romance, une belle histoire. Comme tout le monde. Cherchez pas à vous / nous leurrer. Cherchez pas à être prudente, dites clairement ce que vous êtes et le fonds de votre pensée… On ne va pas vous manger.

Je pourrais continuer la liste toute la nuit mais j’ai un boulot à chercher. Ouhai désolé les filles.
Tout cela me fait rigoler mais ça n’énerve profondément aussi.
Ah les femmes, vous êtes teeeeeeellement prévisibles mais tellement indispensables… (non pas frapper)

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Meet the parents

Par Jane

Aujourd’hui, on fait un saut dans le temps. Après avoir eu votre lot de liaisons foireuses (si si, c’est pour ça que vous venez, regardez bien le titre du blog) monté votre homme idéal en kit, trouvé un toute option, vécu de parfaits débuts « tout le monde il est beau même la vie elle est belle » et s’être dit que celui-là, on ne le lâche plus avant de l’avoir traîné devant le combo maire-curé (ou seulement le maire pour les non-croyants) et lui avoir fait une bonne dizaine d’enfants pour sceller votre amour et des revenus corrects avec les allocations familiales, arrive le grand moment : « Chéri d’Amour que j’aime de tout mon cœur, mes parents nous invitent le week-end prochain » ou si c’est lui qui attaque « Mon petit chou en sucre adoré, mes parents veulent te rencontrer »

Voilà, c’est dit, on ne peut plus reculer. Il va falloir rencontrer la belle-famille. Et accessoirement faire bonne impression. Ou que l’élu de votre cœur fasse bonne impression. Et merde.

J’ai été officiellement présentée deux fois à une hypothétique belle-famille. Non non, je ne me suis pas retrouvée célibataire suite à cela.

– Première présentation : Après 6 mois de parfait amour, on m’annonce que je suis invitée le week-end suivant. Ah bon, c’est obligatoire ? Ah, ok, oui, ils veulent me connaître. Si je dis que moi pas, ça fait trop malpoli ? Si je me casse accidentellement la jambe, ça va paraître suspect ? 1h de trajet et 10 clopes plus tard, je fais de la résistance :

« Je suis trop morte de trouille pour sortir de la voiture, vas-y sans moi, je chope un bus jusqu’à la gare »

« Ne sois pas ridicule, ils savent qu’on est là, ils ont vu la voiture, ils savent que tu viens, alors maintenant t’arrête et tu descends. Tout de suite. »

« Si je viens, tu feras ma vaisselle pendant une semaine pour me féliciter de l’exploit ? »

« Maintenant tu sors de cette voiture »

Me voilà donc face à la belle-famille, avec le frangin chiant qui est venu spécialement pour voir l’animal étrange que je suis : « Alors comme ça, tu redoubles ton année, tu comptes la valider cette fois-ci ? » Ne rien répondre, il a 2 de QI de toute façon, ça ne sert à rien… Un an et demi plus tard, j’étais toujours aussi silencieuse et discrète quand je me retrouvais là-bas, toujours peur de dire quelque chose de travers et que frangin chiant me tombe dessus. Du coup, tout le monde m’aimait bien, vu que je n’étais pas chiante.

– Seconde présentation : Toujours aux alentours des 6 mois (ça me porte la poisse) je suis invitée à passer 10 jours (ouai, carrément, soyons fous !) dans la nouvelle belle-famille. Après un trop long trajet en voiture, encore rallongé par le fait qu’on se perd royalement à quelques kilomètres de l’arrivée. Je fume en conduisant, je râle en fumant, et je conduis lentement histoire de reculer le moment tant redouté. A l’arrivée, belle-maman me serre dans ses bras et éclate de rire tellement je tremble. Je ne trouve pas ça drôle du tout, alors je continue à trembler en fumant une clope. Un an plus tard, je suis officiellement adoptée par la tribu. Mais comme je me fais larguer méchamment, ça ne sert à rien. Ex-belle-maman m’a appelé dernièrement pour prendre de mes nouvelles et me dire que son fils n’est qu’un con, que je lui manque et qu’elle ne veut même pas rencontrer la nouvelle. J’étais totalement d’accord avec elle. Et j’avoue qu’elle me manque un peu mon ex-belle-famille, encore plus folle que la mienne !

Donc, je passe bien avec les beaux parents, vu que je suis polie, gentille, que j’aide à mettre le couvert et débarrasser la table, et que je trouve que leur fils est toujours le plus merveilleux du monde. En plus, j’évite de mettre des mini-jupes et des décolletés. Et je souris même aux blagues pas drôles (un an et demi à supporter le frangin tyrannique, ça aide à relativiser) Mais le moment le plus difficile, c’est la rencontre avec ma famille.

Ma famille, ce sont des gens fabuleux, mais un peu à la masse. Mon père considère que j’aurais dû rester avec mon premier ex parce que c’était quelqu’un de bien. Ma mère considère que personne ne sera jamais assez bien pour sa fille. Mon frère s’en fout mais adore venir asticoter le nouveau venu. Et malgré le fait que je ne leur ai présenté que 2 personnes, on a réussi à me demander « Tu vas tous nous les présenter ou quoi ? » Ca met à l’aise.

Les présentations chez mes parents, c’est toujours de la science-fiction : je stresse tellement que c’est contagieux, donc si le jeune homme était zen, ben c’est foutu. Ensuite je fais le tour des sujets à aborder et à ne pas aborder (on ne sait jamais, un qui voudrait parler de politique, il est peut-être suicidaire) un rappel des bonnes manières à table (il y a des trucs qui ne passent pas à la maison, mais il est fortement conseillé de couper la parole si on veut en placer une) et un rapide relooking (« Chéri d’amouuuuuuuuuuuuuuur j’adore ton look, mais sois wild aujourd’hui, mets une chemise à la place de ton t-shirt à trous, je te promets de t’offrir une nuit inoubliable en remerciement de ce petit sacrifice ») Au final, mon père se sert 2 whisky et devient un moulin à parole, ma mère est muette comme une carpe et se ferme comme une huître (ça met à l’aise, c’est dingue !) et mon frère teste l’humour par quelques petits cassages bien choisis. La routine.

Alors je me demande : Faut-il s’obstiner à présenter qui que ce soit à ma famille de cas irrécupérables ? Ai-je vraiment besoin de leur approbation pour vivre ma vie ? (jusque là, la réponse est non) Est-il possible d’en trouver un bien, de le garder, et de s’arranger pour qu’il ne croise jamais mes parents sans que ça paraisse suspect ? Suis-je la seule dans ce cas ???

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Toi aussi, joue à Rachel et Monica !

Aujourd’hui, je me lance dans un exercice particulier : je vais parler d’un sujet auquel je ne connais rien. Mais bon, je suis journaliste,
hein, je sais faire face à ce genre de choses. J’ai même écrit un article sur l’influence du territoire sur le parcours scolaire, la preuve que je peux écrire sur n’importe quoi ! Mais cessons cette digression et parlons du sujet que je veux aborder aujourd’hui : la colocation.
 
Depuis mes 18 ans et demi (à peu près), je vis seule dans un petit studio d’étudiante. J’en ai occupé trois pour l’heure, deux à Toulouse et mon actuel en région parisienne. Bon, depuis deux ans, presque, j’ai intégré Kenya à mon quotidien mais je peux pas appeler ça une colocation. Ne serait-ce que parce qu’elle ne paie pas sa part de loyer et de bouffe et que, du coup, je peux pas vivre dans 40 m² ! Et puis je m’en fous de « cafouniter » (expression maternelle pour parler de brouette et qui m’a fait mourir de rire) sous son nez, elle a qu’à aller voir ailleurs si j’y suis d’abord. Donc, bref, la coloc je connais pas mais je vais vous donner mon opinion sur le sujet quand même en divisant cet article en deux parties : avantages et inconvénients. Non, je ferai pas de synthèse, j’ai passé l’âge des plans en trois parties, libérez vous des stéréotypes, bordel !
 
Avantages
 
Ces derniers temps, j’ai pensé fort à la coloc. Pourquoi ? Parce que je vis seule et que je travaille à domicile. Donc il y a des jours,
nombreux, où je ne vois personne. Parce que j’aime bien prendre des verres entre amis mais je suis pas forcément bien payée (voire pas payée tout court), vois-tu, lecteur. Et puis pour moi, aller boire un café, c’est au moins une demi-heure pour gagner le cœur de Paris et autant en retour, c’est pas toujours idéal. Enfin, bref, je vois pas du monde tous les jours. Et les jours où je reste chez moi, je fais le minimum d’efforts : je suis propre, certes, je me brosse les cheveux, certes, mais point de maquillage et je m’habille comme un sac, pour peu que je m’habille. Oui, y a des jours, je reste en pyjama, je le confesse. Et puis y a des jours où je ne parle qu’à mon chat. Car en ne sortant pas, j’ai pas grand chose à raconter aux gens dont j’appelle personne et mine de rien, Kenya, elle s’en fout un peu de ce que je raconte. Donc, un(e) coloc, c’est l’assurance d’avoir un minimum de vie sociale. A condition bien sûr de pas tomber sur quelqu’un qui s’est rapidement trouvé une moitié et vient dormir deux soirs par semaine max à l’appart car sa moitié a la décence de pas avoir de coloc et ils peuvent brouetter en s’accrochant au lustre, s’ils le veulent.
 
Vivre avec quelqu’un, c’est se responsabiliser. Non, on ne repousse pas le ménage aux calendes grecques, c’est pas normal que la moquette ait la même couleur que Kenya (parce qu’elle perd ses poils) et que la pile de vaisselle dans l’évier soit plus haute que moi. Bon, ok, c’est pas difficile pour une pile de vaisselle d’être plus haute que moi, mais quand même. Donc il faut que tout soit à peu près clean pour une bonne vie en communauté. Toi le ménage, moi les courses. Toi la vaisselle, moi la cuisine. Et on fera l’inverse la
semaine prochaine. Donc, déjà, on divise les tâches en deux mais en plus, l’avantage de vivre à deux ou plus, c’est qu’on se fait des vrais repas. Moi, ça me gêne pas de cuisiner… quand je le fais pour plusieurs. Non mais franchement, qui se ferait une blanquette de veau rien que pour soi (ouais, y en a mais c’est pas mon cas). Comme ça, on mange moins de cochonneries parce que les repas fromage, c’est bon mais faut pas en abuser non plus. Et le pot de Haagen Dasz, on le mange pas toute seule. Et puis de toute façon, si j’ai le cafard, je m’épancherai sur l’épaule de Coloc plutôt que sur celle du petit garçon en photo sur la boîte de Kinders. D’ailleurs, vous avez vu ? Ils ont changé le petit garçon. Je suis choquée, ça faisait au moins 20 ans que c’était le même. Tout se perd ma pauv’ dame !
 
Inconvénients
 
Bon, comme tu le sais, lecteur, je ne suis pas des plus discrètes quand je pratique la brouette mais c’est pas ma faute… Si ? Donc, forcément, ma vie privée risque d’en pâtir un peu (à moins que mon mec ait un appart pour lui tout seul). Et puis, à vivre seule depuis tant d’années, j’ai un peu pris mes habitudes. Par exemple, j’adore chanter à tue-tête jusqu’à tard le soir et la personne qui a le malheur de partager mon toit n’est pas obligée d’apprécier. Non pas que je chante faux mais bon, quand même…
 
D’ailleurs, ça soulève la question de la musique. Et si on n’aime pas la même chose ? C’est pas parce que j’ai envie de noyer Nelly Furtado ou couper les cordes vocales de Diam’s que tout le monde pense la même chose que moi. Et c’est pas parce que je vénère le violoncelle et que la version orchestrale de la B.O de Requiem for a dream m’inspire que Coloc va penser pareil. Et la télé ? Non, non, la star Ac et les boîtes d’Arthur, je peux pas ! Quoi qu’il faut avouer que le jeu des boîtes, c’est fort. Faire exploser l’audimat avec des boîtes à chaussure, fallait le faire. Moi, à 19h, je regarde Malcolm parce que c’est drôle et que c’est totalement débile. Et à 18h15, juste avant, je regarde Amour, gloire et beauté sur RTL9 comme ça, j’ai 3 ans d’avance sur ceux qui ne peuvent le voir que sur France 2 et je peux les faire chanter au besoin (mouahahahah !). Alors que Coloc, a la même heure, il veut voir C dans l’air et me fait remarquer que je devrais en faire autant car en tant que journaliste, je dois m’informer.
 
Et puis y a la question de l’hygiène corporelle. La coloc ne nuit pas à la propreté mais organisons-nous un peu pour pas qu’il y ait d’embouteillages à la salle de bain. Bon, déjà, moi, je suis douche du soir, ce qui semble assez rare donc parfait. Si Coloc est douche du matin, ça ira. MAIS en été, tout le monde est douche de tout le temps parce qu’on transpire et on pue. Et puis pour peu qu’il y ait brouette, a fait une troisième personne qui se douche… Ah, il faudra aussi que j’arrête de me balader à poil dans l’appart. Quoi que
ça, depuis l’histoire du sale pervers mateur, je le fais plus trop. Même avec les volets fermés, j’ai du mal à me lâcher… (enfin, ça m’a pas empêché de brouetter avec Simon chez moi quelques temps plus tard donc bon…). Oui parce qu’en général, quand je vais me doucher, je laisse le reste de mes affaires dans la chambre mais Coloc n’est pas obligé d’apprécier de me voir dans le plus simple appareil. Même si c’est le sosie de Sagamore parce que coucher avec son coloc, c’est pas une bonne idée, ça fait des histoires et tout ça.
 
Bon, vu comme ça, je suis pas la coloc idéale : bruyante, bordélique et en plus équipée d’un chat qui a son caractère et qui sait se faire
entendre (miaou, miaou, miaouuuuuuuuuu !!). D’un côté, avoir un appart plus grand, mieux situé et une vraie vie sociale, ça me tente. De l’autre, une fois que j’aurai un boulot dans un bureau et tout, je risque d’apprécier de me retrouver peinarde chez moi le soir…
PS : Ecoute cette divine musique, elle me prend toujours aux tripes! (et j’emmerde Yojik qui a dit que j’avais une culture musicale qui
n’impressionnait pas, non mais!).

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La famille, y a que ça de vrai

Cette semaine, je suis chez mes parents et ce jusqu’au 26 juillet. Pas vraiment des vacances puisque je dois bosser mais je suis quand même à la campagne avec Kenya, je peux faire des pauses piscine, tout va bien. Si je suis rentrée pour le 15 juillet, c’est pas pour voir le feu d’artifice en direct de ma ville natale (je suis même pas allée le voir) mais pour assister à la grande réunion de famille qui eut lieu chez moi samedi. Voici donc une petite chronique de la vie de la famille Parmentier (côté maternel, donc).

guepard 

Ils étaient presque tous là. Mes trois tantes, quatre cousins-cousines, quatre compagnons, une sœur et un presque frère. En tout, nous voilà dix-sept. Qu’allons-nous fêter ? Officiellement, la retraite de tante n°1 qui après trente ans de bons et loyaux services au sein de l’Education Nationale prend une retraite anticipée mais méritée. En fait, pour l’occasion, ses trois enfants (cousine, cousin 1 et cousin 2) ainsi que la chérie de cousin 2 lui ont fait un cadeau. Mais on fête aussi les 18 ans de cousin 3 et son bac, par la même occasion, sans parler des fêtes de tante 2 (et tante 3, décédée) et l’anniversaire prochain de tante 4. On aime bien cumuler. En fait, il ne manquait que cousine 2 et ses trois gamins (dont un que j’ai jamais vu) et cousin 4 et sa copine enceinte jusqu’aux yeux. Mais nous sommes plutôt en froid avec cette partie de la famille, ils n’ont même pas été conviés.

Tout le monde arrive vers 19h, tout est prêt : les tables dressées, la bouffe fraîche (oui, il fait 35e degré ici donc pour la raclette, on repassera. Oncle 1 commence à m’entreprendre et on refait le monde, comme à notre habitude. Il faut savoir que dans la famille, ils sont tous à droite sauf oncle 1, donc, cousin 3 et tante 2, je suppose. Tante 4 était à gauche aussi avant mais il paraît qu’elle ne l’est plus. Ma mère m’a expliqué que tante 4 avait voté Le Pen en 2002, j’avoue que je me suis prise une sacrée claque, j’ai du mal à y croire. Je me souviens, il y a quelques années, tante 4 était partie de chez moi en claquant la porte après une conversation très houleuse avec ma mère sur le sujet. Merde alors… Bon, bref. Lors du dernier repas de famille, nous avions découvert Aglaé, la chérie de cousin 2 (une Bretonne, c’est fou cette passion pour nos amis aux chapeaux ronds). Elle est toujours là, parfaitement intégrée à la famille tout comme Anthony, la tendre moitié de ma soeur et Yohann, mon presque frère. En son temps, Guillaume 1er avait aussi trouvé sa place. Bref, dans ma famille, on accueille gentiment les nouveaux arrivants. Cette année encore, il y en a eu un ! Pas le fiancée de cousine ou le mien, vu qu’on n’en a pas, ni le compagnon de cousin 1 puisqu’il viennent de se séparer, pas plus que le petit copain de cousin 3, ma grand-mère ne sachant pas que celui-là aussi est homo. Elle l’a un peu mal pris pour cousin 1 alors on va peut-être pas lui dire pour le petit dernier. Il faut savoir que cousin 3 est né en juillet 88, à peine deux mois après le décès inattendu de mon oncle, mari de tante 1. Donc, forcément, cousin 3, il a été extrêmement choyé, c’est un peu le chouchou de tout le monde. Si on dit à la mamie que cousin 3 est gay et qu’il s’installe à la rentrée avec son copain (oui, il est super précoce), ça va la tuer. Donc ce n’est pas du côté des cousins qu’il faut chercher le nouvel arrivant mais du côté des tantes : tante 2 nous a enfin présenté son compagnon ! Ça fait dix ans qu’ils sont ensembles mais elle nous l’avait jamais présenté car « ce n’était pas le bon ». Bon, finalement, elle a dû changer d’avis. Il est très sympathique, un look à la Bernard Lavilliers (cheveux un peu long, boucle d’oreille, chemise blanche en lin…).

 

Bon, tout le monde est là, on attaque l’apéro : soupe de champagne et cakes. Bon, il fait très chaud donc je tape un peu beaucoup dans la soupe au champagne, genre quatre coupes à moi toute seule, je commence à rire. On passe à table, oncle 1 tape l’incruste parmi les jeunes. Avant de dîner, on fait les discours. Ma mamie adresse un message à chacune de ses filles, sans oublier tante 3 qui n’est donc plus parmi nous depuis trois ans, maintenant. Sobre mais émouvant. Vient ensuite la lettre écrite par les enfants de tante 1 et par Aglaé, une lettre très émouvante qui fait pleurer ma mère. Alice et moi, on fait les fières mais on a un peu la boule dans la gorge aussi. Si c’est cousin 2 qui l’a lue, c’est que les trois autres n’en auraient pas été capables sans pleurer, Aglaé écrase aussi une petite larme. Oui, dans ma famille, on est super sensibles. Avec le discours, il y a un cadeau, donc : un voyage en Egypte. Tante 1 remercie et là, tante 2 lui dit : « Il faut que je te dise un truc. Pendant ton voyage, tu partageras ta cabine avec moi. » Et là, tante 1, 55 ans, prof de son état, se met à sauter partout et à trépigner comme une petite fille ivre de joie. Ma mère rajoute : « oui et tu devras nous supporter tous les deux » en parlant de mon père et elle. Re-trépignements de joie. Bref, c’est le bonheur. Ma grand-mère n’est pas super rassurée de voir trois de ses quatre filles restantes partir ensemble dans un pays arabe au vu de la conjoncture actuelle mais bon…

Bref, le dîner se passe plutôt bien, oncle 1 entreprend Yohann sur le sujet de la religion : les deux ont des avis fondamentalement opposés mais tout reste cordial. Alice et moi buvons tranquillement du rosé et du champagne. Autant vous dire qu’à la fin du repas, on rigole joyeusement. Tout le monde discute avec tout le monde puis à minuit, tout le monde file, reste la famille Bartoldi, Yohann et Anthony. Ma sœur décide que c’est l’heure de faire des photos donc elle y va gaiement. Elle nous impose une séance de photos : tous les 6 ensemble (ça dure trois plombes), ma mère, elle et moi, Yohann et Anthony, Yohann et elle, mon père, elle et moi… Elle nous prend en photo pendant qu’on fait la vaisselle. Oui parce que j’ai beau être saoule, j’essuie les assiettes avec Anthony et même pas j’en ai cassée une.

Bref, le lendemain, ma mère expliqua à ma mamie : « Ahlala, mes deux filles étaient pilos (ouais, ma mère parle djeuns, des fois), y en a une qui arrêtait pas de parler et l’autre qui n’arrêtait pas de prendre des photos. » Ben crois-le si tu veux, lecteur, mais ma mamie a deviné de suite laquelle avait fait quoi.
 
En somme, une petite réunion de famille comme il en existe tant, des gens liés par le sang (ou par alliance) qui se donnent des nouvelles, confrontent leur vision des choses, se racontent des blagues ou des anecdotes. Rien d’exceptionnel… Mais ça fait vraiment du bien.
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Qu’il est beau ce mur…

Par Mister Big

La spécialité maison des vingtenaires, outre la brouette, bien entendu, semble être le mur. J’explique. Le mur, ce n’est pas qu’un ouvrage de maçonnerie, c’est aussi un style de vie. Comparons nos petites vies à un voyage en voiture. On roule, on roule, des fois on crève, des fois on fait des excès de vitesse, on a des pannes sèches, le moteur a des ratés, etc etc… Mais en ce qui concerne les étapes sentimentales de nos existences tourmentées, on parlera plutôt de « murs plantés au beau milieu de la route ». On est dans nos petites zautomobiles, peinards, on ne demande rien à personne, et là surgit un mur au beau milieu du chemin ! On le voit, on sait qu’on va se le manger, et qu’est-ce qu’on fait ? On freine des deux pieds ? Que nenni ! Bien au contraire ! On se dresse les deux pieds sur l’accélérateur et on tourne bien le volant histoire de pas le louper, ce mur ! Masochisme, quand tu nous tiens…


Et, scoop pour certains, questions d’habitude pour les autres, en ce moment, il y a une émergence aigue de murs dans le monde des vingtenaires ! Que ce soit, Gauthier, Nina, Océane, votre serviteur, etc… on est tous en train d’investir dans le parpaing !

Je viens d’avoir Océane au téléphone, et on en a justement déduit que la chanson de l’été 2006 des vingtenaires sera « Another Brick » !

 

Gauthier a ses « moumours », moi j’ai mon « mumur » en ce moment.

Il est beau comme un cœur, gentil comme pas permis (je viens de passer une semaine malade comme un chien et il a joué les garde malade à la perfection !), intelligent, fou juste ce qu’il faut pour que ça colle entre nous ; dans un lit, je ne dirai qu’une chose : perfect ! (et encore, il vous dira que je n’ai pas eu droit à tout l’étalage de ses talents ! L’inverse est vrai, aussi, d’ailleurs…), on passe des soirées entière à parler de tout et de rien (ça change du couple : « heu… on fait quoi ? » « ben… heu… » qui finit par légumer devant un film ou par baiser car il n’a rien à se dire !), il est hyperactif à sa façon, donc il passerait son temps à faire du rangement, la vaisselle, etc (un parfait petit homme d’intérieur !)… Je pourrais passer des paragraphes entiers pour vous dire à quel point il est parfait ! Alors, où sont les briques, me direz-vous ? Ben il faut que je tombe sur cette perle rare, ce petit diamant à l’état brut, juste maintenant, tandis que ce charmant polyglotte doit filer pour ses études en septembre à Londres pour 1 an ! Et quand je dis 1an, c’est bien 12 mois, pas une « année scolaire » qui démarre en octobre et qui finit en mai ! Pourquoi tant de haine ? Pourquoi mettre ce mec si parfait sur ma route si c’est pour me le retirer à peine rencontré ???

 

Je ne vous parlerai pas des murs de Gauthier, Nina et Océane (ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit, là) car ce n’est pas à moi de le faire et parce qu’ils ont le droit de se planter dans l’intimité, mais on est au moins 4 à voir notre été partir en sucette à cause de ça !

Et surtout, tous autant qu’on est, on est conscients de foncer droit dans ces murs ! Faut-il y voir un côté masochiste ou est-ce plutôt un espoir, une croyance incontrôlable, qui nous pousse à « tenter le tout pour le tout » même si on est presque sur de se planter à l’arriver ? Au grand jeu des relations humaines, certains restent désespérément pessimistes et n’osent même plus prendre de risque. A quoi bon ? Encore se faire mal ? Encore mettre des mois à ramasser les morceaux de nos egos éparpillés par le dernier mec qui nous aura jeté ? Personnellement, je le vois, le mur, mais à quoi bon l’éviter ? Si jamais je braque, là, je passerai à côté, et après ? Des regrets… car même si on évite ce mur par anticipation, on en gardera que ça : « et si ça avait été le bon ?  Et si, malgré tout, je ne m’étais pas planté ? » et ça finirait par m’aigrir, me dessécher… Et nous sommes comme ça, chez les vingtenaires : masochistes de la vie ! Mieux vaut souffrir d’être vivants que ne pas souffrir mais ne pas tout à fait vivre…

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Tous les soirs, je me fais une petite……

Mercredi soir, j’ai fait une soirée blog avec plein de gens connus : Gauthier (of course), 7h48, Cham, Wil, le Maniac et Eguemarine. En fin de repas, miss Rouquine est arrivée, accompagnée de Sylvain. On discute un peu de tout et à un moment, elle me dit : « en ce moment, sur ton blog, tu parles pas de toi. » Je lui fais remarquer que j’ai pas grand-chose à raconter de passionnant mais elle insiste. Donc si vous trouvez cet article chiant, vous savez à qui vous en prendre (quelle vilaine lâche, je suis !).

Bon, que fait une Nina en ce moment ? Le matin, la Nina est tirée de son sommeil par un réveil crachant les programmes du Mouv. Parfois, la Nina ne l’entend pas de suite, ce foutu réveil, et émerge plus tard. Il y a des jours aussi où ses gentils patrons l’appellent plus tôt, genre à 8h-8h30 (mon réveil est à 9h) donc la Nina est réveillée par le téléphone, ce qu’elle n’aime pas. C’est agressif un téléphone, ça fait des sonneries super moches et ça fait sursauter notre pauvre Nina qui a l’impression qu’elle va clamser d’une crise cardiaque.

Une fois debout, la Nina va dans la salle de bain pour diverses émulsions. Ensuite, elle enfile une culotte et son paréo, elle va ouvrir les volets, nourrit Kenya et prépare son petit déjeuner : cappucino et biscuit. Si vous voulez tout savoir, en ce moment, c’est bichoco au chocolat, justement. Tandis que le cappucino chauffe dans le micro-ondes (oui, lait et plaques électriques, c’est pas top comme mariage), elle se connecte au blog pour mettre l’article du jour, répond aux comms, lit ses mails et ses blogs préférés (liste sur le côté). Donc une heure plus tard à peu près, elle daigne enfin se mettre à bosser.

Alors, que fait-elle ? Le lundi et le jeudi, c’est revue de presse donc consulter la presse en ligne et récupérer tous les articles sur les 18-35. Des fois, ça fait beaucoup et d’autres, pas du tout. Une fois les articles collectés, elle les imprime, les lit avec son stabilo magique pour souligner ce qui est important puis elle rédige sa revue de presse. Elle la met ensuite sur l’éditeur du site et prévient ses boss que c’est prêt à la lecture. Les autres jours, la Nina rédige des articles sur des sujets parfois intéressants et d’autres qui lui prennent franchement la tête. Par exemple, la Nina a eu beaucoup de mal à rédiger son papier sur l’influence du territoire sur le parcours scolaire. Peut-être parce que Nina déteste le déterminisme. La Nina prépare parfois aussi des interviews, bosse sur un dossier de presse, essaie de répondre aux 38 mails qu’elle reçoit et essaie de comprendre ce qu’on lui dit vu qu’une fois sur deux, une des personnes a oublié de cliquer sur « reply to all » et qu’il manque des bouts de conversation.

Mais bon, la Nina est journaliste donc un peu feignante. En journée, outre son boulot, elle :

– fume
– mange chez elle ou sort rejoindre Gauthier
– fait une sieste

– va faire ses besoins et en profite pour faire une petite grille de sudoku

– se bat avec Kenya qui a décidé que, si, elle dormirait sur le clavier

– boit, beaucoup, du taillefine fizz ou de la menthe à l’eau (que je suis subversive quand même)

– parle aux gens sur MSN

– répond aux comms sur son blog et va en poster sur ceux des autres

– écrit pour son blog
– répond au téléphone quand Gauthier ou Mister Big appellent
– fait la vaisselle
– va faire des courses
– mate Lost (enfin, quand ça passait)
– prend une douche
– va fumer dans la cour de son immeuble pour aérer Kenya
 

Le soir, la Nina glande. Ou sort, ça dépend. Elle peut regarder la télé ou s’endormir devant ou parler sur MSN avec des gens qui sont parfois de charmants mâles. Quand il est l’heure d’aller au lit, elle éteint l’ordi et la télé si elle la regardait puis va prendre une douche délicieusement tiède, se lave avec du savon qui sent bon et, un soir sur deux, se lave les cheveux avec nutri gloss, le shampoing qui rend ses cheveux trop beaux et trop doux. Oui, il faut savoir qu’en ce moment, la Nina tripe sur ses cheveux, faut pas lui en vouloir. Puis après s’être lavée la frimousse et les dents et appliqué sur son corps un lait hydratant autobronzant qui est censé ne pas laisser de traces (et c’est quoi la sale trace marron que j’ai sur le bras, hein ?), la Nina va se faire une petite… grille de sudoku pour se détendre avant de dormir. Tout ceux qui ont pensé à autre chose sont des pervers (ce qui ne veut pas dire que je ne me fais jamais de plaisirs solitaires mais bon, on a dit que c’était un article chiant donc on reste dans la lignée).

Une vie monotone, certes. Mais la Nina ne se plaint pas. La Nina est contente de se lever le matin avec une raison de le faire. La Nina a des projets sur le feu et pas des moindres mais ne peut en parler. N’empêche que ça la rend heureuse. La Nina aime bien son stage parce qu’elle travaille sur un sujet super intéressant. La Nina a des amis, aussi, c’est ça qui compte. Elle les voit des fois, leur parle souvent, rit avec eux… Je vous cite quand même une sublime phrase de mon Gaugau adoré alors que je lui expliquais que j’avais des ampoules plein les pieds : « oh, moumour, tu es la Tour Eiffel des pieds ! ». Yes, j’ai réussi à la placer ! Oui, des fois, le train train, c’est pas si mal.

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Les filles, toutes des garces !

L’amitié féminine est quelque chose d’assez curieux. Quand je lis les magazines féminins ou que je regarde ma propre vie, je catalogue l’amitié féminine en deux catégories : l’amitié sincère et l’amitié hypocrite basée sur la rivalité. Je sais pas si c’est pareil chez les mecs mais y a des jours où c’est très fatigant.

J’ai plusieurs amies, des proches et des moins proches, des copines avec qui j’aime bien papoter aussi. Mes vraies amies, on se confie tout. Par exemple, Anne, on a eu des conversations très intimes. Anne, je la considère comme une vraie amie : je suis heureuse pour elle quand il lui arrive des choses biens sans ressentir de jalousie. Là, elle est en couple depuis 4 mois, maintenant, et j’avoue que ça me fait grand plaisir. Faut dire qu’elle n’a pas eu une vie sentimentale très heureuse jusqu’à présent, chose que je ne m’explique absolument pas. Outre qu’elle est très jolie et qu’elle a un corps de déesse, elle a oublié d’être conne, elle se cultive beaucoup. Bref, elle a tout pour plaire et, enfin, elle trouve un mec avec qui ça marche. C’est marrant comme nos rôles se sont inversés : avant, c’était moi la fille en couple, elle la célibataire, moi qui disais : « mais t’inquiètes, toi aussi tu trouveras le bon ». Là, c’est l’inverse. Anne, elle a un mec, un boulot et deux neveux. Tout ce que j’aimerais avoir. Mais je ne suis pas jalouse pour autant. C’est mon amie et son bonheur fait aussi le mien. Idem pour Lucie : quand j’ai su qu’elle avait son CAPES, j’étais réellement heureuse pour elle parce qu’elle avait bossé comme une folle pour l’avoir et l’avoir dès le 2ème coup sans être passé par l’IUFM, c’est quand même une jolie performance. Bon, je vais pas vous faire la liste de tout ce que je pourrais jalouser chez mes copines parce que je suis pas en train d’écrire un roman, là.

J’ai un idéal assez élevé en terme d’amitié, je crois que je suis exigeante dans ce domaine qu’en amour, voire plus. L’amitié, c’est un peu mon arche de Noé, là où je me réfugie en temps de déluge mais là aussi où j’accueille mes amis quand ils ne vont pas bien. Ca marche dans les deux sens : on se soutient mutuellement. C’est aussi un lieu de joie : quand tout va bien, on est heureux de se retrouver tous ensemble pour célébrer nos bonheurs. La vie est suffisamment compliquée pour s’en rajouter avec les amis, même si les prises de tête arrivent.

Revenons à l’amitié féminine. Durant ma vie, je me suis retrouvée dans des cas d’amitiés concurrentielles et j’ai franchement horreur de ça. Cas le plus flagrant : Rachel. Dans le genre « je t’aime autant que je te déteste », on a fait fort. Cette fille, je l’ai rencontrée au lycée, en première et on est devenues très amies en terminale. C’était toujours à celle qui aurait la meilleure note (moi, en général), à celle qui plairait le plus aux mecs, à la plus mince, la plus intelligente… Enfin, moi, je faisais pas attention, je m’en foutais un peu. D’abord, il y eut le gars qui me fit une déclaration en pleine discussion sur Friends, celui qui faisait une rubrique F1 sur une radio locale un peu grâce à moi. Quelques temps après, voilà qu’elle se sent attirée par lui. Un jour, on discute collégialement, elle parle des peluches qu’elle a dans la voiture, je lis l’Equipe quand je vois qu’il y a eu un accident pendant les essais privés donc je m’exclame : « oh, machin a eu un accident » et le gars me parle du coup. Quand on se retrouve toutes les deux seules, je me prends un « il a suffi que tu ouvres la bouche pour qu’il m’oublie » bien amer. Heu…pardon, je l’ai pas fait exprès. Pour compliquer cette relation, Yohann, notre meilleur ami commun de l’époque, la troisième roue du tricycle, en somme, tombe amoureux de moi. Là, la jalousie est à plein régime. Un soir, elle lui dit : « Nina et moi, on a le même caractère, pourquoi tu la préfères elle à moi ? » Sous entendu : Nina est de toute façon trop moche pour qu’elle te plaise par son physique. Ca fait plaisir ! D’ailleurs, je me suis pris pas mal de skuds sur mon physique. Exemple : on part en vacances avec Yohann dans la maison de sa tante au bord d’un lac. Un soir, on parle d’atouts physique et elle me demande les siens, je commence un listing quand elle me fait « Bah, arrête, tu me demanderais la même chose, je serais pas capable de répondre. » Ok, j’ai ramassé mes dents et je suis allée faire la vaisselle.

A la fac, nouvel élément de notre folle passion amicale : Gauthier. Au début, c’est moi qui suis intéressée par lui et je me prends un fantastique râteau. En 2ème année, Gaugau et moi devenons insupportablement complices, on passe nos cours à s’échanger des petits mots d’amour genre « je te prendrais en levrette, la tête dans le frigo». Elle croit qu’on dit du mal d’elle sur nos mots donc systématiquement, elle se place entre nous en cours et fait tout pour qu’on ne s’échange plus nos mots doux mais on y parvient toujours. Déjà, je ne suis pas suffisamment garce pour écrire des saloperies sur une nana à côté de moi. Ensuite, on a appris six mois plus tard qu’à ce moment-là, elle voulait sortir avec le Gauthier et qu’elle était persuadée que j’allais conclure avant elle malgré ma pseudo relation de couple avec Pierre le pervers. Finalement, avec le temps, nos relations se sont normalisées, sans doute parce qu’on ne se voyait plus beaucoup mais maintenant, quand je sens poindre un rapport de rivalité entre une copine et moi, je mets aussitôt de la distance. J’ai passé l’âge de jouer à qui sera la plus belle, qui aura la meilleure note, qui aura le plus de mecs… Je ne nie pas qu’une certaine émulation peut être motivante mais faut pas pousser mémé dans les orties. Avec Cécile, au lycée, on jouait un peu à
« qui aura la meilleure note » aussi mais de façon très soft, c’est-à-dire que quand l’une des deux se prenait une sale note pas du tout attendue, l’autre ne ramenait surtout pas sa fraise. C’était surtout en philo qu’on s’amusait à ça, vu qu’on avait généralement un point d’écart ou la même note. Mais on travaillait main dans la main, celle qui avait compris en premier expliquait à l’autre. En général, je l’aidais en maths, elle m’aidait en anglais, on faisait tous nos exercices à deux sans chercher à impressionner l’autre. Une saine amitié, quoi

Pendant longtemps, j’ai eu du mal avec les filles, en fait. Depuis que je suis sur Paris, j’ai des relations tout à fait normales avec Tatiana, Zoé ou Sab. On se raconte nos vies sans se balancer des piques dans la gueule. Quand Zoé me parle de sa nuit d’amour avec M. Zoé, je peux lui sortir un « han, je suis jalouse ! » mais c’est de l’ordre de la boutade et elle le sait très bien. Idem pour les deux autres demoiselles. Les filles ont quand même tendance à être garces entre elles et quand y en a une qui me fait un compliment, j’ai tendance à le prendre pour argent comptant. Mais je me méfie quand même des hypocrites et Dieu sait qu’il y en a. Quand je surprends une copine en flagrant délit d’hypocrisie, j’ai tendance à me refermer, aussi. L’amitié, c’est comme l’amour, tout est question de confiance, selon moi. Et à partir du moment où ma confiance est trahie, je ne me sens plus très motivée pour faire des confidences. Le pire étant les
nanas qui se la racontent, qui sortent des mensonges aussi gros qu’elles car j’ai vraiment l’impression qu’elles me prennent pour une idiote et ça m’agace. Oui quand on ment, faut bien le faire, c’est tout un art. Quand on sait pas, on s’abstient. De toute façon, je vois pas l’intérêt de mentir en amitié. Se faire passer pour quelqu’un d’autre ? Ben c’est pas de l’amitié ! Entre amies, on devrait se montrer telles quelles, ne pas s’inventer d’histoire d’amour ou de sexe pour pas se sentir moins jolie que les autres, ne pas prétendre qu’on pèse 10 kg de moins que ce qu’il y a marqué sur la balance. D’abord ça se voit. Et puis en plus, on n’est pas là pour se juger. Si mes amies commencent à me juger, c’est que ce ne sont pas des amies, point.

L’amitié féminine est vraiment quelque chose de compliqué. Heureusement, j’ai quelques bonnes amies qui m’empêchent de penser que les filles sont toutes des garces.

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J’’aime pas le dimanche

Au septième jour, comme il s’était bien décarcassé, Dieu décida d’arrêter là sa création et décida d’aller se reposer. Bon ok, créer le monde en 6 jours, c’est balèze, il avait bien le droit à une petite sieste. Mais voilà, le dimanche, du coup, c’est le jour du rien, le non-jour de la semaine. Et je l’aime pas.

Petite, les heures du dimanches qui s’égrenaient à une vitesse folle me faisaient penser à un ultimatum : bientôt la fin du week-end ! Il est 16h, tu dînes à 20, il te reste 4 heures pour faire tes devoirs… Bon, d’abord, je goûte. Puis après cette sacro-sainte pause (comme si j’avais interrompu mes devoirs pour ça, tiens, je les avais même pas commencés !) à base de
chocapic tout en feuilletant un magazine, je retourne dans ma chambre où je fais semblant de bosser, sauf quand j’ai un devoir à rendre. Dimanche 20 heures, devoirs rarement faits mais c’est pas grave. Moi, j’étais la rebelle du primaire, du collège et du lycée : jamais je ne faisais mes devoirs mais j’avais toujours de bonnes notes. Dégueulasse hein ? Reste que le dimanche, je n’aime pas ça, devoirs ou pas devoirs. Et encore, les devoirs, ça occupe…
Oui car que faire un dimanche ? Du shopping ? Ben non, les magasins sont fermés. Aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, le docteur, l’agence immobilière, la banque ou je sais pas quoi ? Non, ils sont tous fermés. Oui, ils travaillent en même temps que nous, logique, me direz-vous. Tout ça, faut le faire le samedi. Bon, s’il fait beau et que nous sommes à une période de l’année où il fait bon, on peut aller se promener, prendre la voiture pour partir au fin fond du département ou chausser les baskets pour déambuler dans la forêt voisine. Mais, curieusement, le dimanche, il pleut souvent. Alors on glande, on ne regarde pas la télé car il n’y a rien. Vidéo-Gag, ça fait 15 ans que ça passe et se farcir les présentateurs entre les gags, c’est d’un pénible… D’ailleurs, ils ont bien fait de remplacer Bernard Montiel par M. Météo, j’ai pas vu la différence, ils récitent tous les deux de façon pénible et ennuyeuse leur texte. Là, y a une blonde en plus qui doit feindre l’enthousiasme mais c’est pas trop ça. Le public, maintenant, ce sont des enfants mais je me demande s’ils ont pas recyclé les images du public du Club Dorothée. Sinon, y a le maillon faible, rapidement lourd, 7 à 8, émission ni racoleuse, ni voyeuriste, Drucker qui roupille sur un canapé tandis que ses chroniqueurs font de l’auto-promo à fond. Par exemple, Philippe Geluck, personne qui m’énerve, il faut l’avouer : « oui alors M. l’invité, je vous ai fait un dessin du chat, vous savez, ma BD dont le volume 8 vient de sortir ! ». Bon, Geluck sort sa blague, souvent nulle et Drucker, à la fin, il fait le récapitulatif : « notre invité, Bidule, qui sort un film au cinéma le 7 janvier, Philippe Geluck dont le volume 8 du chat vient de sortir, vous pouvez retrouver Anne Roumanoff tous les soirs à une salle de spectacle et Jean-Pierre Coffe dans sa cuisine. » Soyons franc, cette émission résume parfaitement les ambiances de dimanche : c’est mou, c’est chiant, c’est morose. Et en plus, j’ai l’impression que le montage accentue encore cette impression.
Le dimanche, c’est se coller le nez à la fenêtre et regarder la pluie qui tombe. C’est soupirer quand on allume la lampe à 18 h car la nuit tombe : week-end déjà fini, on repart sur une nouvelle semaine. Ce n’est pas tant la perspective de cette nouvelle semaine qui commence qui me mine que celle de la semaine qui se termine. Cette semaine, j’aurais voulu finir mon roman, raté. Cette semaine, j’aurais voulu finir mes devoirs, raté. Cette semaine, j’aurais voulu appeler la mairie pour savoir comment je peux avoir le RMI, raté. Cette semaine, j’aurais voulu qu’il m’appelle pour me dire de le rejoindre chez lui, raté. Bref, les dimanches, c’est l’heure du mini bilan de la semaine : tout ce qui devait être fait et ne l’a pas été, ça fout la trouille. Et puis, y a le terrible constat : que s’est-il passé cette semaine ? Rien. Pas d’appel pour du boulot, pas de charmant jeune homme pour me consoler, Brad et Angelina sont toujours ensemble et Kenya ne sait toujours pas faire la vaisselle (ça m’arrangerait).Des fois, le dimanche soir, à l’heure du bilan, j’ai comme une boule à la gorge… Et à la télé, y a que des trucs pour me démoraliser encore plus, des émissions sur des meurtres, des crashs d’avions, des scandales, des ci, des là… Tous pas beaux, tous malhonnête, l’homme est un fruit pourri. Si, des fois, y a
Urgences. Cette série est un peu particulière pour moi puisque quand j’étais au lycée, on la regardait tous à la maison, papa, maman, Alice et moi. Plus tard s’est agrégé Guillaume 1er qui adorait. Je l’ai ensuite regardée avec Arnaud et Guillaume II. Et seule. Je me souviens de mon premier urgence seule, j’étais triste : le lendemain, je commençais la fac et je pensais au reste de ma famille qui regardait ça collégialement. Et moi, toute seule dans mon coin. En plus, Urgences, maintenant, c’est chiant. J’ai même plus le beau George Clooney pour faire passer mon cafard, j’ai plus qu’à aller me coucher.
Des fois, le dimanche, c’est repas de famille : ça égaie, mais c’est pire au niveau « sentiment qu’on n’a pas vu passer le week-end ». On apérote (hop, une coupette de champagne), on déjeune mais pas qu’un peu : entrée, deuxième entrée, des fois, plat, fromage, dessert, re-champagne, café. Comme aujourd’hui, un peu. Ma mamie et ma tatie sont venues, nous avons mangé joyeusement et pendant le café, alors que ma sœur et mon père avaient fui, ma grand-mère, pompette, raconte à quel point ma mère était une vilaine peste petite et ses sœurs, guère mieux. Moi, je
suis pleine à craquer et le champagne fait des bulles dans mes yeux. Ca pique, la meilleure façon de les soulager, c’est de les fermer. Oui, d’ordinaire, moi, le dimanche, à midi, je dors, je ne mange pas. Donc le repas s’éternise, ma tête s’appesantit et le temps qu’on finisse, qu’on débarrasse et tout ça, c’est 17 heures. Qu’as-tu fait de ton dimanche ? Bah, j’ai mangé.
J’aime pas le dimanche. En plus, dans ma famille, ils décèdent toujours un dimanche. Mon grand-père (je n’étais pas née), mon autre grand-père, mon oncle, ma tante… Ils ont tous trépassé un dimanche, c’est comme ça. Quand le téléphone sonne un dimanche et que mon père n’est pas de garde (ce qui arrive relativement rarement, il faut l’avouer), ma mère a un peu peur. Je me souviens la dernière fois que quelqu’un est mort dans ma famille : un dimanche ensoleillé, tout va bien, on déjeune tranquillement à trois (ma sœur étant à Londres) quand le coup de fil retentit. On abandonne tout sur place et, depuis, on n’a jamais plus mangé de poisson aux petits légumes.
Le dimanche, c’est aussi le jour où je me sens sale. Comme je sors pas, je fais le minimum d’effort : en jogging, un coup de brosse histoire d’éviter les nœuds et pas de maquillage (pourquoi faire ? Séduire George Clooney à travers la télé ?). Je traîne, je glande et le soir, je me sens cra-cra. Alors que je n’ai rien fait de physique ou salissant (parce que quand je le
fais, je me lave, du coup). C’est juste parce que je suis en négligée et que je ne suis pas si habituée que ça à ne pas être parée. Et qu’en plus, j’aime même pas ça, être en jogging parce que ça fait sac à patates et je me sens moche.
Un nouveau dimanche se termine. Cette semaine, j’ai eu une hypothétique proposition de stage (à suivre), j’ai appelé un beau garçon et papoté une heure avec lui, j’ai eu une idée fantastique, j’ai eu des cadeaux d’anniversaire tout plein. Mais les gens m’ont pris une taille (voire deux pour certains vêtements) en trop sur les fringues (pas vexant du tout), j’ai bouffé comme dix en culpabilisant parce que si on me prend des tailles en trop sur les fringues, c’est que je dois ressembler à une baleine. Brad est toujours avec Angelina (oui, ma mère lit Voici donc j’ai pu le
constater), Kenya roupille au lieu de faire la vaisselle et j’ai fait un rêve cette nuit qui m’a rendue tristoune et perplexe pour la journée.
Foutu dimanche !
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Le chômage, quelle plaie !

Lundi, 9 heures. La plupart des gens ont le nez dans leur café, le regard vaguement fixé sur leur écran d’ordinateur : et voilà, le week-end est terminé, retour au boulot. Moi, à 9 heures, je quitte la chaleur de mon lit douillet (si j’ai daigné me lever) et je me fais un thé. Je réfléchis au planning de ma journée : faire la vaisselle et les courses. Soit si on regroupe les deux, une vingtaine de minutes prises dans mon fol emploi du temps… Pourquoi je me suis levée, déjà ?
 
Le chômage, c’est une vraie calamité. Pourquoi ça m’arrive, d’abord ? J’ai deux bac+4 et un bac+5, tous avec mention, mes tuteurs de stage ont toujours été satisfaits de moi, les gens s’extasient sur mon CV : « mais avec un CV pareil, comment ça se fait que t’aies pas du boulot ? ». C’est précisément la question que je me pose, figure-toi !
 
Retour en arrière. Nina B, 15 ans, plutôt bonne élève, un peu feignante (oui, moi, les devoirs, j’ai toujours eu du mal), appréciée de ses profs et de ses camarades. Nina a déjà tracé sa vie : après un bac littéraire, elle fait un DEUG d’histoire puis elle intègre une école de journalisme. Deux à trois ans après, elle sort de là et se trouve un emploi. Sauf que rien ne se passe jamais comme prévu, c’est pas drôle, sinon. Au lieu de faire juste un DEUG d’histoire, Nina fait une maîtrise. A part une session de septembre en deuxième année de DEUG et une maîtrise en deux ans, tout se passe bien. Elle ne réussit pas les concours de journalisme et après une dernière tentative où elle échoue de peu (11,87 de moyenne, il fallait 12…), elle décide, furieuse, de ne plus passer de concours car elle sait que son dossier est bon et que ça suffit pour réaliser son rêve. De toute façon, dans les concours, y a une part de subjectif et de chance trop importante. Par exemple si, lors de sa dernière tentative à l’école de journalisme de Toulouse, elle était tombée sur un autre jury, elle aurait droit à une question de type : « pourquoi voulez-vous être journaliste » au lieu de « Pensez-vous que la taille de la balle de ping-pong est une question politique » (j’ai vraiment eu cette question). Nina fait donc une maîtrise de science politique puis elle intègre un master professionnel de journalisme. Bon, elle n’a pas pris le chemin le plus court mais au bout du compte, elle arrive au but.
 
Octobre, notre petite Nina est diplômée de journalisme, avec mention… Et là, plus rien. Une fois de plus, le beau plan établi déraille : et bien non, on ne trouve pas forcément du boulot à la sortie des études. Et Nina découvre l’univers joyeux du chômage.
 
A la fac, personne ne nous apprend à être chômeur. Comment cherche-t-on du boulot ? Je veux dire : comment chercher efficacement du boulot ? Envoyer des CV, je sais faire, éditer une liste des titres qui m’intéressent, je sais faire, lire les annonces, je sais faire. Mais comment être sûre que le CV que j’ai envoyé est bien arrivé entre les mains du rédacteur en chef et pas dans les mains d’une quelconque secrétaire qui m’a automatiquement envoyé un mail poli : « désolé, pas de poste » ? Ce serait illusoire de ma part de penser que les rédacteurs en chef ne trient pas leur courrier, je me demande concrètement combien de CV ils lisent vraiment… Moi, j’ai appris à être journaliste, pas à être chômeuse. Je me souviens des discours emphatiques de mon directeur de master qui nous voyait en stage à CNN à Atlanta… Qui nous expliquait avec sa tête de Tintin extatique (oui car il avait de faux airs de Tintin) que la réputation du diplôme, c’est nous qui allions la faire… Mais c’est pas pour autant qu’on va bénéficier du carnet d’adresse de l’IEP, faut pas déconner non plus. Depuis que j’ai reçu mon attestation de diplôme, je n’ai plus aucune nouvelle de ce cher institut politique… En somme : démerde-toi !
 
J’en parlais l’autre jour avec une copine : « Oui, ils nous préparent pas au chômage mais ça fait pas très vendeur de dire : bon alors, vous risquez de vous retrouver au chômage alors voilà ce que vous devez faire… ». Certes, mais c’est pourtant une réalité. L’autre jour, je discutais avec ma tante dont le fils a fait un DESS je-sais-pas-trop-quoi lui permettant de se retrouver journaliste à Milan Presse. Et elle me fait, très encourageante : « dans sa promo, tu sais, ils sont que 2 ou 3 à vraiment travailler dans le journalisme… ». C’est là que je pleure ?
 
Le souci quand on est au chômage, c’est que le cercle vicieux s’engage : pourquoi se lever tôt ? Pour chercher du boulot, certes mais ce matin, je peux m’accorder une petite grasse matinée, non ? Et on se lève tard, de plus en plus tard, on se déteste de rester au lit mais on a aucune motivation pour se lever : les journées sont longues, autant les raccourcir au maximum. Quand je me regarde dans la glace, je ne vois qu’une pauvre fille ratée. 25 ans, des diplômes à ne savoir qu’en faire et pas de boulot. Il y a des jours, je me demande pourquoi je reste sur Paris, autant retourner chez mes parents, ça leur coûtera moins cher…
 
Le problème essentiel dans cette histoire, c’est que j’étais persuadée plus jeune que je ne serais jamais au chômage : quand on veut du travail, on en trouve. Naïve, va ! Du coup, je vis cette inactivité comme un échec, j’ai l’impression de décevoir tout le monde, moi la première. Pourtant, personne ne me fait des reproches, au contraire. Pendant les vacances de Noël, ma carapace de fille forte a craqué et je me suis mise à pleurer devant mes parents et ma sœur : « je suis au chômage et j’ai l’impression que je déçois tout le monde ! » Et là, mon père m’a souri : « Mais Nina, on savait que tu avais choisi une voie difficile et que tu allais galérer. » Ma mère : « regarde ton cousin, tout le monde est content de lui quand il travaille et pourtant, il est au chômage, malgré son bac +5… ». Même Guillaume m’engueule quand je me mets à chouiner : « Mais le chômage, c’est pas un échec, arrête ! ». Certes, certes… Dans ma promo, personne n’a trouvé de boulot, une copine m’a dit qu’il fallait compter 6 mois pour trouver du boulot, soit vers avril… Bon, si je pouvais réduire ce délai, ce serait fantastique parce que je n’ai pas que ça à faire, moi, de chercher du travail, j’aimerais mieux construire ma carrière.
 
La seule chose qui me sauve, ce sont mes projets. J’ai des idées et j’œuvre pour les mettre en application. Ça ne me rapporte rien mais au moins, je ne reste pas inactive et, ça, pour un futur employeur, je sais que c’est un point positif : oui, j’ai été au chômage mais j’ai écrit, j’ai travaillé, regardez mon press book qui grossit de semaine en semaine ! Ça, de l’idée, j’en ai à revendre mais je me vois mal débarquer dans un journal et faire : « moi, j’ai un concept ! ». C’est pas du haut de mes 25 ans que je vais faire mieux que les génies du marketing qui passent leur temps à faire 50 000 enquêtes. Parfois, quand je m’amuse à « et si je gagnais au loto », je me vois en train de fonder mon propre journal, j’adore avoir des concepts à la con, genre « un journal politique de droite et de gauche » ou « un journal ado intelligent ». Pour le premier, l’idée m’ait venue de mes travaux en maîtrise où je comparais des journaux : selon le bord du journal, la vision des choses divergent… Des fois de façon imperceptible mais elles divergent. Enfin, bref, ça pourrait être marrant mais je ne sais pas s’il y aurait un lectorat. De toute façon, tout ça n’est qu’un rêve idiot…
 
Dans ma recherche effrénée du tout et n’importe quoi, la semaine dernière, téléphone : « bonjour, M. Machin de l’internaute magazine, un stage chez nous, ça vous intéresse ? » Oh oui ! Ce matin, je me rends à l’ANPE pour mon premier entretien professionnel, j’évoque mon stage et, là, réponse cinglante : « Non mais on ne finance que les stages aboutissant à un CDD d’au moins six mois. » Bon, très bien, je comprends que c’est mort. Effectivement, rentrée chez moi, j’appelle M. Machin qui me répond qu’il ne peut absolument pas promettre un CDD au bout du stage donc c’est non. Bon, alors, certes, je comprends que l’ANPE n’ait pas envie de filer de la tune à des entreprises qui marchent aux stagiaires mais il me semble qu’un stage est préférable à une bête recherche d’emploi chez moi (non parce que je comptais continuer à chercher tout en étant en stage)… Mais bon, voilà, me revoici plongée dans mon inactivité, plus de porte de sortie pour le moment. Et soudain, une grosse baisse de moral. Le chômage, c’est vraiment pas pour moi.
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