Meet the parents

Par Jane

Aujourd’hui, on fait un saut dans le temps. Après avoir eu votre lot de liaisons foireuses (si si, c’est pour ça que vous venez, regardez bien le titre du blog) monté votre homme idéal en kit, trouvé un toute option, vécu de parfaits débuts « tout le monde il est beau même la vie elle est belle » et s’être dit que celui-là, on ne le lâche plus avant de l’avoir traîné devant le combo maire-curé (ou seulement le maire pour les non-croyants) et lui avoir fait une bonne dizaine d’enfants pour sceller votre amour et des revenus corrects avec les allocations familiales, arrive le grand moment : « Chéri d’Amour que j’aime de tout mon cœur, mes parents nous invitent le week-end prochain » ou si c’est lui qui attaque « Mon petit chou en sucre adoré, mes parents veulent te rencontrer »

Voilà, c’est dit, on ne peut plus reculer. Il va falloir rencontrer la belle-famille. Et accessoirement faire bonne impression. Ou que l’élu de votre cœur fasse bonne impression. Et merde.

J’ai été officiellement présentée deux fois à une hypothétique belle-famille. Non non, je ne me suis pas retrouvée célibataire suite à cela.

– Première présentation : Après 6 mois de parfait amour, on m’annonce que je suis invitée le week-end suivant. Ah bon, c’est obligatoire ? Ah, ok, oui, ils veulent me connaître. Si je dis que moi pas, ça fait trop malpoli ? Si je me casse accidentellement la jambe, ça va paraître suspect ? 1h de trajet et 10 clopes plus tard, je fais de la résistance :

« Je suis trop morte de trouille pour sortir de la voiture, vas-y sans moi, je chope un bus jusqu’à la gare »

« Ne sois pas ridicule, ils savent qu’on est là, ils ont vu la voiture, ils savent que tu viens, alors maintenant t’arrête et tu descends. Tout de suite. »

« Si je viens, tu feras ma vaisselle pendant une semaine pour me féliciter de l’exploit ? »

« Maintenant tu sors de cette voiture »

Me voilà donc face à la belle-famille, avec le frangin chiant qui est venu spécialement pour voir l’animal étrange que je suis : « Alors comme ça, tu redoubles ton année, tu comptes la valider cette fois-ci ? » Ne rien répondre, il a 2 de QI de toute façon, ça ne sert à rien… Un an et demi plus tard, j’étais toujours aussi silencieuse et discrète quand je me retrouvais là-bas, toujours peur de dire quelque chose de travers et que frangin chiant me tombe dessus. Du coup, tout le monde m’aimait bien, vu que je n’étais pas chiante.

– Seconde présentation : Toujours aux alentours des 6 mois (ça me porte la poisse) je suis invitée à passer 10 jours (ouai, carrément, soyons fous !) dans la nouvelle belle-famille. Après un trop long trajet en voiture, encore rallongé par le fait qu’on se perd royalement à quelques kilomètres de l’arrivée. Je fume en conduisant, je râle en fumant, et je conduis lentement histoire de reculer le moment tant redouté. A l’arrivée, belle-maman me serre dans ses bras et éclate de rire tellement je tremble. Je ne trouve pas ça drôle du tout, alors je continue à trembler en fumant une clope. Un an plus tard, je suis officiellement adoptée par la tribu. Mais comme je me fais larguer méchamment, ça ne sert à rien. Ex-belle-maman m’a appelé dernièrement pour prendre de mes nouvelles et me dire que son fils n’est qu’un con, que je lui manque et qu’elle ne veut même pas rencontrer la nouvelle. J’étais totalement d’accord avec elle. Et j’avoue qu’elle me manque un peu mon ex-belle-famille, encore plus folle que la mienne !

Donc, je passe bien avec les beaux parents, vu que je suis polie, gentille, que j’aide à mettre le couvert et débarrasser la table, et que je trouve que leur fils est toujours le plus merveilleux du monde. En plus, j’évite de mettre des mini-jupes et des décolletés. Et je souris même aux blagues pas drôles (un an et demi à supporter le frangin tyrannique, ça aide à relativiser) Mais le moment le plus difficile, c’est la rencontre avec ma famille.

Ma famille, ce sont des gens fabuleux, mais un peu à la masse. Mon père considère que j’aurais dû rester avec mon premier ex parce que c’était quelqu’un de bien. Ma mère considère que personne ne sera jamais assez bien pour sa fille. Mon frère s’en fout mais adore venir asticoter le nouveau venu. Et malgré le fait que je ne leur ai présenté que 2 personnes, on a réussi à me demander « Tu vas tous nous les présenter ou quoi ? » Ca met à l’aise.

Les présentations chez mes parents, c’est toujours de la science-fiction : je stresse tellement que c’est contagieux, donc si le jeune homme était zen, ben c’est foutu. Ensuite je fais le tour des sujets à aborder et à ne pas aborder (on ne sait jamais, un qui voudrait parler de politique, il est peut-être suicidaire) un rappel des bonnes manières à table (il y a des trucs qui ne passent pas à la maison, mais il est fortement conseillé de couper la parole si on veut en placer une) et un rapide relooking (« Chéri d’amouuuuuuuuuuuuuuur j’adore ton look, mais sois wild aujourd’hui, mets une chemise à la place de ton t-shirt à trous, je te promets de t’offrir une nuit inoubliable en remerciement de ce petit sacrifice ») Au final, mon père se sert 2 whisky et devient un moulin à parole, ma mère est muette comme une carpe et se ferme comme une huître (ça met à l’aise, c’est dingue !) et mon frère teste l’humour par quelques petits cassages bien choisis. La routine.

Alors je me demande : Faut-il s’obstiner à présenter qui que ce soit à ma famille de cas irrécupérables ? Ai-je vraiment besoin de leur approbation pour vivre ma vie ? (jusque là, la réponse est non) Est-il possible d’en trouver un bien, de le garder, et de s’arranger pour qu’il ne croise jamais mes parents sans que ça paraisse suspect ? Suis-je la seule dans ce cas ???

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13 réflexions sur “Meet the parents

  1. que dire suite à cet article…
    je suis de ceux qui ont une famille insortable, pour différentes raisons… pour moi, ma famille c’est mes freres et sours de coeur, mes vrais amis, et celle que je me créerait un jour… a ces gens, il est important que je présente la fille qui fait battre mon coeur, meme si c’est a sens unique… a ma famille de sang, non… ils pourraient bien faire connaissance juste avant mon mariage, ou direct a la maternité… ca m’est egal.

  2. moi, j’ai un souci (qui ne me pose aucun pb, en fait !!): mon copain est venu chez moi 3 jours. Quand il est arrivé on sortait pas ensemble mais 3h après oui. Il a donc forcement rencontré mes parents…
    Mais sa mère ne veux pas me rencontrer… et on sait pas pkoi !!

  3. C’est là où « être vieux » est un avantage !!!! Il en reste si peu….
    C’est insoluble. Moi, j’ai eu de la chance – je suis tombée dans une famille d’une autre culture (juive ashkenaze non pratiquante) que la mienne (chrétienne, tolérante pour la pratique) – des gens adorables et chaleureux. Je venais APRES une « méchante » et je m’occupais bien de la petite fille issue du premier mariage…
    Je ne me suis jamais mariée et je n’ai jamais voulu d’enfants, c’est aussi un avantage…. Quant à « ma famille », elle était tellement réduite que ça s’est bien passé mais le frère de Jane me rappelle le mien (sans arrêt à « asticoter », provoquer, …. c’est invivable). Heureusement, il a fait sa carrière à l’étranger.
    Gide disait « Familles, je vous hais » ! Quelques générations plus tard, tout est toujours comme avant….. Heureusement, il y a les exceptions. Ton article est très intéressant, Jane !

  4. J’ai bien rigolé avec ton article. Moi ce qui a déjà posé problème ce n’est pas ma famille mais sa famille. J’avais beau être comme tu dis serviable, gentille et silencieuse, le problème est que je n’tais pas enfant d’artisan (eux sont boulanger), qu eje vivais à 80 km et que leur fils a du venir habiter avec moi (donc à 80 km de chez eux)…Pleins de trucs comme cela. Au final, ils ont réussi à le monter contre moi et on a rompu. C’est sympas les belles familler. Du coup je refuse systématiquement de les rencontrer dès qu’on me le propose.

  5. Ma première rencontre avec les parents de Guillaume, ça me stressait car il m’avait dépeint son père comme qq’un de très caractériel… Effectivement, père et fils ne s’entendaient pas et sa mère et moi nous sommes souvent retrouvées entre les deux, à arbitrer. Le pire, c’est la fois où son père expliquait que tous les pédés étaient des pédophiles potentiels et Guillaume qui me fait : « toi qui connais des pédés, explique-lui que c pas vrai? ». Heu…

    Sinon, je pense que mes parents sont très cools et accueillants. Le seul truc c de surtout pas parler politique sinon ma mère a vite fait de déballer ses opinions et là, c atroce.

  6. J’ai longtemps cru que ma famille était insortable, et que la sienne était super sympa.

    Et puis au bout de 3 ans, mes parents sont de plus en plus ouverts avec lui, moins méfiants (en fait c juste une famille de timides), quant à moi, je suis de plus en plus mal à l’aise chez lui, marre de sa mère qui a toujours l’air de faire la tronche et de son père qui fait des réfexions sans arrêt et est capable de péter un plomb sans prévenir, y compris envers moi.
    En revanche, je m’entends très bien avec ses soeurs.

    Bon par contre, je me demande toujours la combientième je suis, ça met à l’aise aussi, ça hein… MAis tant que maintenant il est sage, fidèle et posé, ça me gêne moins 😉 Puis du coup ses parents s’habituent à moi…

  7. J’aime bien rencontrer la belle-famille, j’ai jamais eu trop de problème pour m’adapter.
    Tu discutes sur les sujets qui intéressent le père (alcool, sport, etc.), et tu complimentes la mère ! 😉

    Les discussions politiques, j’adore aussi, je suis pass trop mauvais en dialectique, j’arrive à faire passer mes idées, en les enveloppant dans les valeurs et en utilisant les canaux de communication de mes interlocuteurs.

  8. Tu as deja le choix de presenter ou non ton namoureux a ta famille… dans certains cas, tu ne peux meme pas parler de la personne avec laquelle tu vis car ils desapprouvent totalement et ne veulent rien savoir de ta vie a deux….. meme si ce n’est pas la famille ideale au moins ils te permettent de venir chez eux accompagnee et non pas seule comme dans mon cas….. Bon courage tout de meme….Ah les parents…..ils nous donnent du soucis……

  9. Alors là, de mon côté je n’ai jamais eu vraiment le choix…avec le premier, on avait besoin de nos parents pour se voir n’ayant ni l’un ni l’autre la permis au début de notre relation…et le second, ben pareil pas le choix, pour se voir il devait venir passer l’été chez mes parents…Bref, j’aimerai bien pouvoir choisir de présenter ou non mon copain à ma famille, ce serait bien pour une fois!
    Et à chaque fois d’ailleurs ma famille les a apprécié mais pas longtemps…
    Par contre ma première belle famille m’adorait! Ma belle mère m’a bcp regretté…et ne voulait pas entendre parler de la nouvelle!!! La seconde ne m’a pas rencontré même si c’était prévu…

  10. La belle-famille c’est pas toujours facile… T’as beau être quelqu’un de bien cette conception est vachement subjective, au final. Je m’efforce d’être un mec bien, je crois en des valeurs comme la tolérance et la sincérité, je suis un gars patient et sociable, et pourtant je suis tombé sur une belle-doche qui a décifdé qu’elle m’aimait pas.
    A partir de là, durant plus de deux ans, à chaque fois que mon ex passait le week-end chez ses parents elle m’annonçait le dimanche soir que notre idylle était vouée à l’échec. Donc forcément je serai un peu méfiant à l’égard de la prochaine.

    La belle-famille fait malheureusement partie de l’histoire, pour le meilleur et pour le pire. Y’a de quoi foutre un beau bordel dans la relation, comme si c’était pas assez compliqué…

  11. je te comprend et j’ai la chance d’etre arrivée au stade suivant dans la loose.
    Ma chieuse de mère m’a fait un scandale ce week end parce que je ne lui ai toujours pas présenté mes beaux parents au bout de trois ans (ben ouais je veux pas leur faire peur). Soi disant que normalement c’est aux parents de la jeune fille de faire ça (bienvenue au 18eme siecle. et ma dote ??).

    Elle voulait les appeler sans mon accord j’ai cru revivre l’époque de mes 10 ans… Tout ça pour finir par beugler que j’ai honte d’elle (ce qui n’est pas totalement faux)

    rassurez moi, ma mere a un probleme hein ??

  12. Je déteste présenter mes amies à mes parents car mes parents ont alors tendance à transférer leur amour filial sur celle-ci. C’est elle qui devient l’enfant chéri, et moi, je n’ai plus qu’à fermer ma gueule, débarasser, servir le café, amener le sucre… pendant que ces messieurs dames discutent tranquillement avec leur « nouvelle fille » (c) mon papa

    Sinon, j’aime bien aller chez les beaux parents parce que je suis vu comme le gendre idéal. Et j’ai une grande qualité, la même que la tienne : je ferme ma gueule. Imparable.

    PS : comment dire… je t’adore, oui c’est ça…

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