Birdman d’Alejandro Iñarritu

D’ordinaire, je suis la fille à lever un sourcil voire deux quand on me propose d’aller voir un film primé aux Oscars/Césars. Ces cérémonies étant plus un bal de faux culs occupés à masturber leurs voisins pour tenter de choper une statuette (ou une compression). Bon, ok, les Oscars, c’est pas les pires, j’admets. Mais là, la bande-annonce m’avait enthousiasmée et on m’avait dit que c’était un peu comme Mulholland Drive, l’un de mes films préférés. Donc avec Victor, nous voici pop corn* en main et c’est parti.

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L’histoire : Riggan Thomson, ancienne gloire hollywoodienne surtout connu pour son rôle dans Birdman, les aventures d’un super Héros à moitié oiseau. Après avoir refusé Birdman 4, Riggan tombe peu à peu dans l’oubli. Pour rebondir et gagner enfin ses galons d’acteur, il décide d’adapter au théâtre un roman de Raymond Carver. Au casting : Lesley, une actrice qui réalise enfin son rêve de jouer à Broadway, la jeune et éthérée Laura, maîtresse de Riggah et Ralph, un acteur poussif qui surjoue en permanence. Autour de Riggan gravite sa fille, Sam, sortie tout juste de sa rehab et nommée assistante de Riggan, son meilleur ami, producteur et avocat Brandon et son ex femme, Sylvia.

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Alors que l’on assiste aux répétitions, un accident survient, Ralph se prend un projecteur dans la figure et va donc avoir du mal à assurer les générales qui doivent avoir lieu le lendemain. Rebondissement : Lesley propose de contacter son ami Mike Shiner, un acteur génial. Bonds de joie, tout le monde y croit. Mais Shiner va se révéler absolument ingérable et au fur et à mesure de ses fraques, l’aspect noir de Riggan ressort : une voix gutturale (qui n’est pas sans évoquer le Batman de Nolan) l’accable, essaie de le faire péter les plombs, Riggan s’adonne de plus en plus à la télékynésie. Est-il réellement Birdman ?

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Au fur et à mesure des générales de la pièce qui se déroulent toutes mal, la colère grandissante de Riggan rythmée par une batterie de jazz incroyable nous amène petit à petit jusqu’au jour de la première, vrai climax du film.

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Alors que penser de Birdman ? Je ne prétendrai pas à l’objectivité : j’ai vraiment adoré et j’ai envie de vous pousser à aller le voir. La musique est complètement incroyable, prenante. La caméra sur épaule qui suit les personnages dans un décor sombre et un peu étouffant. Le rythme est hyper enlevé, parfaitement souligné par la batterie jazz donc, tu restes collé à ton siège pendant tout le film, tu veux voir la suite, vite. Petit effet intéressant (mais je ne sais pas si c’est volontaire) : la bande annonce raconte une histoire tellement différente que tu attends un rebondissement qui ne viendra jamais, tu le comprends quand soudain, une scène apparaît et que tu réalises que ce n’est pas ce que tu croyais. La surprise est d’autant plus grande. Et agréable. Les acteurs sont impeccables, je suis d’ailleurs un peu déçue que Keaton n’ait pas obtenu l’Oscar. J’espère qu’il est bon Eddie Redmayne et qu’il n’a pas chopé la statuette juste grâce à la “prime du biopic”. J’ai bien aimé la mise en abyme d’ailleurs : Michael Keaton, le génial Batman de Burton (mon côté Burton fan girl m’oblige à dire qu’on n’a jamais fait mieux que les 2 Batman avec Keaton)

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Par contre, je suis perplexe quand on me parle de Mulholland Drive. Alors oui, ok, ça parle d’acteurs et y a Naomi Watts dedans qui roule une pelle à une brune. Scène qui me semble d’ailleurs une sorte de clin d’oeil au film de Lynch. Oui, quelques scènes interrogent notre logique, jouent la carte du surréalisme, oui, on essaie de démêler le vrai du faux. Mais après, rien à voir. J’ai aussi vu des comparaisons avec Black Swan. Alors éventuellement oui sur le questionnement sur la gloire, sur l’orgueil, ce besoin maladif d’être aimé et l’envie de réussir et un personnage antinomique mais après…

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Et puis, gros plus produit, ce film m’a fait réfléchir. Avant d’aller au cinéma, on avait discuté, avec Victor, du monde du travail, de travailler par passion ou pour gagner de l’argent en acceptant d’avaler pas mal de couleuvres pour pouvoir “se payer des vacances”. Quand Riggan cherche un nouvel acteur pour remplacer Ralph et qu’il constate que tous ses collègues sont allés se fourvoyer dans des films “franchise” qui leur permet d’avoir du succès alors que lui, qui essaie de faire une performance qui a un sens pour lui, flirte dangereusement avec l’échec.

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Bref, en résumé : allez-y.

 

* En vrai,non, on ne mange pas de pop corn au ciné parce que vu le prix, faudrait que je crève de faim pour m’offrir des grains de maïs soufflés à prix d’or

 

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