La la land, ce film que j’avais pas envie de voir

Et j’avais tort. Il est de ces films, comme ça, dont on te fait tout un foin, dont on te dit que tu DOIS le voir, tellement que, peut-être par pur esprit de contradiction, tu te dis que non, merci, ça ne m’intéresse pas. Surtout qu’à trop t’en dire, tu seras forcément déçu : j’ai été blasée puissance mille par Amélie Poulain (que j’ai plus apprécié en deuxième visionnage, faudra que je vous en parle, un jour), Black Swan et sans doute d’autres. Et là, voilà, La la land en mode “la critique est unanime” et j’ai déjà plus envie de me pencher sur la question. Puis les comédies musicales, moyen, la nostalgie de l’âge d’or d’Hollywood, j’en ai rien à faire. Jusqu’à ce que Victor me propose un ciné dimanche soir et que je me dise qu’après tout, pourquoi pas.

Affiche de La la land avec Ryan Gosling et Emma Stone

Et franchement, j’en suis ressortie enchantée… Sans mauvais jeu de mot. Alors l’histoire… non, en fait, on s’en fout un peu de l’histoire, c’est juste une histoire d’amour ni plus fabuleuse ni plus calamiteuse qu’une autre, un an de vie de Mia (Emma Stone) et Sebastian(Ryan Gosling). En fait, on s’en fout royalement de l’histoire d’amour, c’est pas tant ça qui m’a plu dans le film. Un instant cependant sur le couple phare du film. J’ai une certaine passion pour Emma Stone, dès que je la vois, je suis de bonne humeur. Je crois que ce doit être une des actrices que j’ai le plus vu dans des films (moi pas cinéphile), je l’ai vu dans Spiderman (film nul au demeurant), Gangster Squad, Crazy Stupid love et Birdman que j’avais adoré. Et dans ces cinq films, elle partageait deux fois l’affiche avec Ryan Gosling, un mec qui me laisse totalement indifférente dans l’absolu mais j’avoue que si un jour, ces deux là se mettent à la colle, ben ça me fera plaisir. Alors que bon, dans les faits, les couples people, je m’en fous et vu que je lis même plus le Voici de ma mère, je n’ai plus du tout idée de qui est avec qui, j’en suis restée au divorce des Brangelina. Bref, c’est un couple qui fonctionne bien, ils s’en sortent très bien au chant et à la danse, passons.

Emma Stone dans La la land

Ce film, c’est avant tout un appel pour prendre sa vie en main et si vous me lisez un peu régulièrement, vous savez à quel point c’est mon obsession, ça. Au début du film, Mia et Sebastian sont quand même des ratés, ils galèrent dans leur carrière en se rêvant des lendemains meilleurs mais ce n’est finalement que leur rencontre qui leur servira de moteur pour se sortir les doigts du cul avec plus ou moins de succès (je vais pas tout vous raconter, allez voir le film). Alors forcément, ça me parle, ça fait écho en moi, je lève mentalement le poing et je me dis que je dois faire pareil, tenter même si finalement, ça ne marche pas…

motivation

Parce que le film n’est pas tellement un feel good movie. Les images sont sublimes, j’ai rajouté Los Angeles à ma (beaucoup trop) longue liste de destinations à faire alors que ça ne m’avait jamais parlé jusque là, la mélodie est simple donc je la chante encore une semaine plus tard et sans vous mentir, le lundi matin, on s’est levés de très bonne humeur avec Victor. Bon, moi, je suis dans ma nouvelle routine de Morning miracle (debout 6h) donc je suis pleine d’énergie mais même lui qui émerge à 7h30, il était bien. Mais ce n’est pas un feel good movie parce que l’histoire n’est pas si belle, ni plus ni moins qu’une autre, un souffle dans une vie.

Sebastian et Mia dans La la land

Mais y a la fin. Je dois vous en parler donc si vous n’avez pas vu le film et que vous avez envie d’aller le voir, vous arrêtez de lire ici, vous reviendrez quand vous aurez vu. Donc SPOILER (oui, on pourra pas dire que j’ai pas prévenu) : l’histoire de Mia et Sebastian prend l’eau mais ils se recroisent quelques années plus tard et pendant ce qui est, pour moi, la plus belle scène du film, un plan séquence de folie, ils imaginent leur vie s’ils avaient fait certains choix, comment ils auraient pu finir ensemble… et je crois que rien que pour cette scène, le film doit être vu. Parce que finalement, ce que nous sommes aujourd’hui, ce que je suis aujourd’hui, n’est que la résultante de nos décisions passées. Et ça, ça me fait vraiment penser. C’est un peu bouleversant, un peu vertigineux, cette histoire qui n’a jamais eu lieu, même si les personnages ne sont pas particulièrement malheureux dans leur vie in fine et que les choix les ont juste amenés là où ils en sont. L’idée de vie alternative me fait tellement carburer l’imagination.

plan séquence de fin de La la land

Bref, allez voir ce film si ce n’est déjà fait, parce qu’il est beau, parce qu’on ré entendra parler de Damien Chazelle et que ça tombe un peu bien parce que Xavier Dolan nous a un peu saoulé à se la jouer “école de la vie” avec Léa Seydoux alors qu’ils sont juste totalement du sérail, parce que ça met vraiment de belle humeur et qu’Emma Stone en robe jaune, c’est une des choses les plus adorables que vous verrez cette semaine.

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Quand l’acteur te gâche le film

Sous titre : J’aime pas Audrey Tautou.

Samedi 19h40, deux femmes errent, un peu perdues, devant le Gaumont Opéra. Au programme : matage d’une comédie romantique, Happy New Year. Sauf que, pas de bol, y a plus de place. Que faire ? Prohibons les films déprimants car c’est l’hiver et nos coeurs ne chantent pas vraiment la vie en ce moment. Alors nous avons le choix entre Une vie meilleure (je crois) et La délicatesse. Heu… Tu veux pas aller boire un verre plutôt ?

Ayant vu les acteurs de Une vie meilleure chez Drucker, j’ai l’impression que ce film sera chiant (comme tout ce qui passe chez Drucker, cette émission rend n’importe quoi chiant, le canapé rouge de Michel provoque irrémédiablement une distorsion du temps, t’as l’impression qu’il s’est arrêté. Mais pas comme dans mes rêves les plus fous où je pourrais arrêter le temps pour pioncer un coup, non, le temps s’écoule lentement pour rendre ton ennui interminable), j’opte donc à contre coeur pour La délicatesse. A contre coeur ? Oui, j’ai lu le livre que j’avais trouvé vraiment charmant mais de 1) je n’aime que très rarement les adaptations de livre au cinéma et surtout, de 2)… j’aime pas Audrey Tautou.

Est-ce que ce n’est pas un peu curieux de ne pas aimer un acteur quand on y pense ? Un acteur, à la base, c’est quoi ? Un individu qui offre son corps à un personnage, qui l’incarne. Un bon acteur, on ne devrait pas le voir lui, ou elle, mais ne voir que son personnage. Quand je regardais La délicatesse, ce n’est pas Audrey Tautou que j’aurais dû voir mais Nathalie, le personnage qu’elle incarne. Mais non, on ne voit que la Tautou et sa tête de poussin grognon d’avoir été réveillé trop tôt, sa maigreur, sa bouche boudeuse, ses grands yeux de Caliméro, ses (beaux) pulls Chanel. En regardant ce film, que j’ai apprécié au demeurant, je ne voyais pas Nathalie mais Audrey, je me sentais un peu trahie car la Nathalie du roman, je ne l’imaginais pas comme ça. Nathalie, c’est la douceur et la bonté, quelque chose de doux et d’irrésistible. Audrey nous l’a rendue agressive et capricieuse. Non, non, non, sors de ce corps Nathalie, va investir celui d’une autre actrice !

Le corps, justement, parlons en. Quand je lis un roman, je prête un corps aux personnages selon les caractéristiques physiques énoncées. Forcément, une adaptation ciné ne pourra jamais rendre fidèlement ce que j’avais en tête et on grince parfois un peu des dents. Dans Millenium version suédoise, le Michael Blomkvist m’a fait un peu tiquer, Daniel Craig correspond plus à ce que j’imaginais, déjà. Je me souviens avoir été traumatisée par la bande annonce de L’ennui avec Berling (aaaaaah Berling) et surtout Sophie Guillemin (sans parler de la présence d’Arielle Dombasle mais c’est une autre histoire). Je la trouvais atrocement nulle, molle et physiquement à l’opposé de Cecilia, le personnage du roman. C’est à dire que Cecilia est décrite comme une femme au corps d’enfant, dont les formes ne se dévoilent qu’une fois nue. Sophie, elle a un corps ultra féminin, nue ou habillée. Et puis finalement, j’ai vu le film et replacé Sophie/Cecilia dans le film et là, ça passe carrément, on retrouve la langueur lascive de Cecilia. Comme quoi.

A l’inverse, certains acteurs vont aller nous faire voir un film quoi qu’il arrive. Mais qu’est-ce qu’on aime (ou on déteste) chez un acteur ? Un corps, une voix, une attitude ? Un jeu bien sûr, on sent que certains acteurs ne viennent que cachetonner dans certains films, ils balancent leur texte comme d’autres balancent leurs ordures pendant une séance de ménage, c’est limite si on les entend pas soupirer à la fin de chaque scène : “au moins, ça, c’est fait”. D’autres à l’inverse incarnent leur personnage avec passion, ferveur. Parfois, ils ne font plus qu’un avec un personnage et on a du mal à les voir différemment. Genre Tautou, pour en revenir à elle, j’ai du mal à la voir autrement qu’en Amélie Poulain, petit être fragile et relativement asexué. Du coup, la pub Chanel sensée être sensuelle, non, j’y arrive pas.

Et puis finalement, est-ce parce qu’on starise trop ces acteurs, qu’on sait trop de choses sur eux, sur leur vie, qu’on n’arrive pas à oublier leur réelle identité pour leur donner celle de leur personnage ? Ou leur donner une identité différente de celle de leur plus fameux rôle ? Ou est-ce un défaut d’imagination, une incapacité à lâcher prise, à oublier que c’est Machin dans la peau d’un personnage. Je ne sais pas…

Mais toujours est-il qu’Audrey Tautou, je l’aime PAS. Mais certains acteurs ou actrices arrivent parfois à me faire changer d’avis.

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Parodie littéraire

Après la parodie au cinéma, voici la parodie littéraire ! Ouais, bon, ok, ce n’est pas nouveau mais comme je viens de lire « Et si c’était niais » de Pascal Fioretto, je vous en parle. Pour ceux qui n’en ont pas entendu parler, petit résumé : ce bref roman nous livre une parodie de nos plus grands auteurs contemporains. Grands en terme de chiffre de vente, hein ! Donc à travers 11 chapitres, on suit la même histoire, chaque chapitre reprenant le style littéraire de 11 auteurs français. L’histoire ? Les meilleures plumes de l’éditeur Chiflon sont kidnappées ! Le commissaire Adam Seberg enquête, entre deux crises avec sa bien aimée Clara. 

Dans ce roman, on retrouve les parodies de Bernard Henry Lévi, Christine Angiot, Fred Vargas, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson, Pascal Sevran, Bernard Werber,
Jean-Christophe Grangé, Frédéric Beigbeder et Anna Gavalda. Et franchement, je me suis bien marrée même si je n’ai pas lu tous ces auteurs. Perso, j’en ai lu 5 sur les 11 mais j’ai plus du tout envie de lire ceux qui me manquent puisque si la parodie est hilarante, ça souligne bien la lourdeur de l’écriture originale. Donc, je lis, je ris mais quand même, ça m’interpelle : pourquoi ? Je veux dire, pourquoi ce livre ? Car il apparaît vite que la motivation du kidnappeur est de faire disparaître ces gens qui ne savent pas écrire et piquent la place de ceux qui, eux, savent.

Là, la parodie, je dirais même plus la satire (avec un i, pas un y, heiiiiin !), prend tout son sens. Il est vrai que ce petit roman souligne de façon très drôle les travers littéraires de nos écrivains français gros vendeurs. Et c’est vrai qu’on ne peut que reconnaître le talent de Fioretto pour souligner les tics de nos auteurs. Entre Werber et ses pléonasmes et redondances, Amélie Nothomb qui truffe ses bouquins de termes de figures linguistiques, Jean-Christophe Grangé et son écriture « crade » à base de cadavres énuclées ou autres, Marc Lévy et sa niaiserie, Gavalda et ses personnages Amélipoulainesques… Bref, j’ai adoré les chapitres d’auteurs que j’avais lu car ça m’a vraiment fait rire. Mais quand même, me
vient en tête le fameux « la critique est facile, l’art difficile ». Ici, l’intérêt du livre n’est pas l’intrigue, globalement très mince, mais la parodie en tant que telle, tout
comme les précédents ouvrages de Fioretto. Scribouillard raté, aigri et jaloux ? Personnellement, des auteurs que j’ai lus, j’avoue que je ne comprends effectivement pas ce qui vaut leur succès. Je trouve les écritures de Gavalda, Werber et Lévy plates, les intrigues ennuyeuses, les dénouements trop prévisibles. Beigbeder, un style génial pour du blogging, pas mieux. Amélie Nothomb, autant j’aime bien ses autofictions, comme on dit, autant ses romans sont trop similaires et ça m’a particulièrement gonflée pour Acide Sulfurique, resucée d’Attentat que j’avais pas aimé. En gros, la beauté et l’intelligence contre la mocheté et la laideur. Alors en faire un roman, c’était déjà beaucoup alors plusieurs… Ca m’a déçue. Surtout que souvent, ses romans, c’est « on s’assoit et on discute ». Et ça, Fioretto l’a bien saisi ! Après, je ne m’érige pas en juge de ce qui mérite d’être publié ou pas, vu que je suis pas éditrice. Moi, je suis lectrice alors je décide juste de ce qui est lisible ou pas et c’est vrai que la rentrée littéraire s’est faite sans moi ou presque ! Si les chiffres des ventes ne sont pas forcément proportionnels à la qualité d’écriture, on en revient toujours au même débat : oui mais lui, il a été édité parce que c’est le fils de, parce qu’il passe à la télé et qu’il vend beaucoup. Finalement, le milieu littéraire n’est pas bien différent des autres milieux artistiques type ciné ou musique : oui, il y a des héritiers et quand on est le fils de, ça aide. Oui, certains tombent en littérature sans qu’on comprenne bien ce qu’ils foutent là, que les autobiographies de Loana ou Lorie sont de vastes fumisteries. Alors, forcément, comme ces milieux artistiques, il est normal que le milieu littéraire ait aussi ses parodies et je dirais même que c’est sain, ça évite la sclérose par manque de recul et d’auto dérision.

Bref, certains diront que ce livre n’est que le reflet de l’aigreur de son auteur qui n’arrive pas à être publié autrement qu’en parodiant. Moi, je m’en fous, je vais pas bouder mon plaisir face à ce bouquin vraiment hilarant. Mais une question me taraude depuis quelques temps concernant le milieu littéraire : quand est-ce que ça sortir le premier remake ou reprise d’un livre déjà existant ? Je parle pas de plagiat, hein, je parle de vraie reprise proclamée ! Après tout, ça me paraît une suite logique…

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Vous n’’y échapperez pas

En ce moment, c’est partout, tout le temps. Sur les couvertures de mes magazines et dedans, à la télé, à la radio et même sur les blogs. Y a plus moyen d’y échapper et ça me rend dingue. Ca m’a tellement saoulée que moi, je boycotte et c’est tout. Mais de quoi je parle ? Non, pas des présidentielles parce que même si y a des jours où ça me saoule qu’on ait déjà le nom du vainqueur « car les sondages ont dit ». Non, je parle du film d’Olivier Dahan, La Môme, et de l’omniprésente Marion Cotillard.

la_mome 

Maintenant, je sais. Je sais ce que Marion mange au petit déjeuner, qu’elle a a-do-ré le tournage avec Burton et aimerait bien recommencé, qu’elle pense que la planète est en danger et si je fouille bien dans les articles, je trouverai même la marque de sa culotte. Honnêtement, jusqu’à présent, je n’avais pas vraiment d’envie sur Marion Cotillard, je trouvais qu’elle avait l’air sympa et voilà. Mais en fait, elle est conne. Pas méchante, hein, mais conne. Par exemple, dans Paris Dernière qui lui est consacré, c’est un festival. Xavier Desmoulins, le présentateur à la voix qui ruine les strings (enfin, à mon avis), la suit dans des cuisine où elle fait la popote et lui fait : « mais tu cuisines, toi ? » « Ouais, j’adore ça, tu vois et… Et machin, une pincée de sel, c’est ça ? ». Ok, alors moi qui ne cuisine pas, je sais ce que ça représente une pincée de sel alors Marion, je la crois pas trop… Bon, passons sur ses considérations écologiques (à la limite, je suis un peu d’accord sur le fond) pour passer sur le chapitre Marion n’est pas crédule. Non, Marion, en fait, elle est super intelligente, elle cherche plein de trucs sur le net et elle nous explique que le 11 septembre, c’était que de la manipulation. Non mais en Espagne, des tours ont brûlées et elles se sont pas effondrées alors que le WTC s’est écroulé, c’est trop un complot, ils l’ont détruit parce que ça coûtait moins cher de tout reconstruire que de tout réparer. Il est vrai que n’importe quel immeuble se mangeant un Boeing résiste et tous les pompiers étaient des kamikazes avec des bombes et ciao le WTC ! Elle nous explique aussi qu’en fait, s’il le faut, l’homme, il est jamais allé sur la Lune et que c’était que de la désinformation. « J’ai de la doc dessus, si tu veux », dit-elle à Xavier. Mais c’est pas sa faute, à Marion, ses parents l’ont jamais fait croire au Père Noël donc, voilà, elle est pas crédule et c’est tout.

 

Bon, Marion, elle est tellement partout que je finis par croire que je la connais, que c’est ma voisine. Et évidemment, on s’extasie sur le film trop bien de la mort qui tue sur Piaf qui était trop une super chanteuse et son amour pour Marcel Cerdan et tout le monde qui témoigne et tout ça. Sa nounou, sa voisine, le vétérinaire de son chat. Tout le monde a connu Piaf, tout le monde a quelque chose à dire. Ah, c’était une grande dame, oui, oui, oui. Ce qui est bien avec les gens morts, c’est que ça leur rachète de suite une virginité. Bon, moi, Edith, j’ai pas d’opinion dessus puisque je suis née, elle était déjà morte donc elle était déjà parfaite et merveilleuse.

 

Après, il y a Olivier Dahan, le génie du cinéma, le nouveau Godard, Lelouch, Besson, Chabat… Oui, les artistes sont toujours des nouveaux quelque chose, c’est particulièrement gonflant, ça aussi. Bref, Dahan, rappelons que sa dernière réalisation, c’était les Rivières Pourpres 2. Je ne dirai pas du mal de ce film tellement c’est trop facile. Sans doute Olivier a-t-il progressé, je ne dis pas que La môme est un mauvais film. Je dis juste que c’est comme Amélie Poulain ou le Da Vinci Code, on en parle tellement qu’on en a marre dès le départ. Et encore, moi, le Da Vinci, je l’ai lu au tout début donc j’ai pas été saoulée. Mais là, en plus, ce qui m’énerve, c’est que ce film est estampillé culte alors même que personne ne l’a vu ! C’est une belle performance pour M. Dahan de voir son film classé culte avant d’être sorti mais moi, j’aime pas qu’on m’impose ce que je suis censée aimer ou pas. Alors tant pis si ce film est vraiment génial, que Cotillard est vraiment époustouflante dans le rôle de Piaf, que c’est le film de toute une génération (mais laquelle ??). Encore un film que je ne verrai pas.

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Les petits bonheurs

Il y a quelques temps repassait à la télé Amélie Poulain, film culte de notre génération, il paraît. Bon, honnêtement, moi, Amélie Poulain, je l’ai trouvé chiant la première fois que je l’ai vu, j’ai plus apprécié le deuxième visionnage. Quelque part, ce film, c’est une espèce de blog filmé : des petits riens collés bout à bout pour faire une histoire. Mais ce n’est pas le sujet de l’article. Ce que je retiens de ce film, c’est ce que j’appelle la philosophie des petits bonheurs.

Souvent, quand on demande aux gens une définition du bonheur, on a souvent le trio : amour, argent, travail. Voire la santé, ce qui nous fait donc un quatuor. Moi comme les autres, d’ailleurs, mon idéal de bonheur, c’est d’avoir un boulot qui me plaît et bien payé, avec un homme qui me comble pi peut-être un ou des enfants et un chat. Sauf que pour le moment, je n’ai que le chat. Ce n’est pas pour autant que je suis malheureuse. Bon, ça me lourde de pas avoir de boulot, c’est évident et vous le savez mais ça ne me rend pas malheureuse pour autant. Car rien ne vaut la philosophie des petits bonheurs.

Mais qu’est-ce que donc ? En fait, c’est très simple : c’est se réjouir à la moindre occasion. Par exemple, mes petits bonheurs à moi, c’est une discussion entre amis, un délire sur MSN avec
Gauthier, une discussion rapide avec un ou une inconnue dans la rue (quand il ne s’agit pas de drague), un truc à la télé qui me fait rire, lire mon magazine dans le bain, le bain tout court, une
soirée en amoureux. Manger des grenades, acheter un truc joli, faire un câlin à mon chat… Tout est source de bonheur quand on y pense, il suffit d’être attentif.

En grandissant, je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas attendre ce bonheur ultime pour être heureux. D’abord parce que rien ne me dit que j’arriverai à l’atteindre un jour et quand bien
même, il est toujours entaché de soucis. Exemple, mes parents : le boulot qui plaît, des sous pour vivre confortablement (sans pour autant payer l’ISF, je vous rassure), l’amour, les enfants et
même un chat à tête de clown (je l’adore la chatonne de mes parents). Ben mes parents essuient quand même des soucis : récemment, on a appris que ma mère développait une maladie dégénérative. Heureusement, ça peut se soigner mais c’est pas agréable comme nouvelle. Bon et puis trente ans qu’ils sont ensemble, ils en ont traversé des épreuves et des pas drôles. Mais bon, c’est la vie, on est tous logés à la même enseigne. La vie en rose, ça dure pas, c’est comme ça.

Donc plutôt que d’attendre ce GRAND bonheur, autant profiter des petits. Comme on est bien dans ses pompes après une soirée entre amis, comme on est rayonnant, vous ne trouvez pas ? C’est que du bonheur, comme dirait Arthur, je crois…. Ah non, c’est Castaldi, plutôt… Oh merdouille, je sais plus. Le tout, c’est de savoir le reconnaître. Le bonheur, ce n’est pas forcément gagner des mille et
des cents à la télé, il y a des choses tellement plus accessibles, tellement plus bêtes qu’on n’y pense même pas. Le bain, par exemple, mais quel délice ! Quand je me plonge dans l’eau et que j’ai
la sensation que mon corps se dissout dans le liquide parfumé (oui, je mets des sels dans mon bain, c’est encore meilleur). De sentir la vapeur d’eau qui tapisse ma peau, mes narines. Après une
bonne lecture, je me bichonne, petit gommage et compagnie, le peton. Je ressors de là comme après une mue : apaisée, heureuse, détendue. C’est le cas de le dire, tout baigne.

Le problème, c’est qu’on nous force à avoir la folie des grandeur, « on a soif d’idéal » comme dirait Souchon. On allume la télé, on est bombardés par des produits de luxe, on voit des gens gagner
de l’argent en ouvrant des boîtes… Trop facile. On ouvre nos magazines (y compris sérieux), nous revoilà avec nos produits de luxe, nos femmes tellement belles grâce à la retouche informatique, des concours faciles où on peut gagner jusqu’à 10 000 euros en envoyant par coupon réponse la réponse à la question : « qui présente telle émission tellement populaire que même dans ta grotte, t’en as entendu parler ». Mais jusqu’à quel point tout cela crée une frustration ? Par exemple : ce qui me rendrait heureuse, c’est de m’acheter ce petit gâteau tout joli. Non, je veux ressembler à une
Adriana Karembeu miniature donc hors de question de manger un truc de plus de 3 calories. En plus, là, c’est l’effet vicieux des régimes : à force de se priver n’importe comment, on craque et nous
voilà à dévorer un paquet de biscuits et à culpabiliser. De la même façon, on va économiser drastiquement pour s’acheter, mettons, une super télé. Du coup, plus de cinéma, plus de resto, plus de magazines, plus de livres, CD… Bon, à la fin, on arrivera peut-être à l’acheter la télé mais les programmes resteront toujours aussi merdiques. Economiser, oui, c’est bien, mais ne nous interdisons pas un petit plaisir de temps en temps. Quand un CD me plaît, je l’achète. Chaque mois, je me paie Cosmo. De temps en temps, je me fais un petit resto avec Gauthier ou un cinéma. Le tout est de ne pas abuser, ce n’est pas ce que je dis. Mais bordel, une soirée dans un petit resto à refaire le monde, ça me booste pour la semaine, ça !

Récemment, je suis allée dans le sud ouest pour un week-end coquin avec Olivier. Entre autres choses, nous sommes allés à la plage. Allongée sur le sable, les yeux face au ciel bleu (qui avait eu
la gentillesse de se découvrir peu après notre arrivée), bercée par le bruit des vagues, ça m’a frappée : j’étais heureuse. J’ai retenté l’expérience le 1er novembre. J’ai un peu fait chier mes
parents pour aller à Perpignan sur la tombe de mon grand-père puis on est allé manger en bord de mer (mon papa s’est d’ailleurs trouvé une cousine lointaine au restaurant), je me suis fait un
méli-mélo de poisson délicieux. Puis on s’est promenés au bord de la plage, j’ai plongé mon petit peton dans l’eau. Le soir, nous sommes rentrés, tous sourires : une journée parfaite. Toute simple
mais parfaite. En plus, en furetant chez un bouquiniste en bord de plage, j’ai trouvé un Moravia que j’avais pas ! Finalement, le bonheur, quand on y pense, c’est tout les jours qu’on peut
l’avoir.

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