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La malchance n’existe pas…

Il y a des jours où je suis exaspérée, où j’ai juste envie de me planquer sous la couette et attendre que ça passe. Sauf que, pas de chance, paraît que je suis une adulte et que j’ai pas le choix, faut rester droite dans les tempêtes. Être adulte, c’est vraiment la merde.

Sauf que parfois, la tempête te donne juste envie de hurler, de fracasser des verres contre des murs. Parce que quand tu racontes ce qui t’arrive, tu récoltes des « c’est dégueulasse ! », « c’est injuste ! ». Bref, pour te consoler, on t’explique en toute sincérité que tu n’es pas en tort et que t’as juste pas eu de chance. Sauf que moi, ça me rend encore plus en colère. Je veux dire quand tu agis mal, que tu commets des erreurs, tu as moyen de rectifier le tir. Mais quand ton tort est, encore une fois, de pas avoir eu de chance, d’avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, qu’est-ce que tu fais ? Tu te contentes de pleurer ? Heu… Non, ça ne me convient pas !

Je n’aime pas m’en remettre à la fatalité, ça me rend dingue. Oh oui, ok, je suis pas la plus à plaindre du monde : j’ai un boulot, la santé, un toit au dessus de la tête, des amis, la famille… Même la Nina 2012 devrait avoir honte de dire quoi que ce soit par rapport à la Nina 2011. Sauf qu’il y a toujours une goutte d’eau qui fait déborder le vase. Pas forcément la plus grosse, juste celle qui te fait demander ce que tu as bien pu faire pour mériter ça. Celle qui fait que tu peux pas admettre que le coup de malchance se répète et que tu n’as pas de leçon à tirer de tout ça. Peut-être ai-je été trop gentille, pas assez pugnace… Mais non, si la conclusion reste la même, l’histoire diffère en tout point. Mais pourquoi ça me tombe toujours dessus ?

Pourtant, jeune, j’ai eu du bol, je tombais souvent sur les sujets que je maitrisais le mieux en interrogation. Je sais plus vraiment quand j’ai eu ce premier sentiment d’injustice, peut-être en 2003 pour mon concours d’entrée de journalisme. Pour être admis, il fallait avoir 12, j’ai eu 11.70… Avec un 10 en entretien de motivation qui était coeff 4. Un de mes potes admis m’a raconté son entretien, on lui a demandé pourquoi il voulait être journaliste. Moi, on m’a demandé si la taille de la balle de Ping pong était une question politique. Pour de vrai. J’étais dans les dernières à passer, je suppose qu’ils avaient déjà choisi leurs candidats tant cet entretien n’était qu’une farce. 11.70. Sans ce putain d’entretien, j’étais prise. Après, en vrac, on a des tas d’histoires comme le taxi qui se perd et me fait arriver très en retard à un entretien, l’histoire du boulot où on m’a pas prise alors que maa candidature était parfaite mais qu’il fallait faire un choix entre 2 personnes et que j’ai pas eu de chance… Des fois, je me raisonne en me disant qu’une porte qui se ferme, c’est une autre qui s’ouvre mais au bout d’un moment ça saoule.

Et je vous parle pas de ma vie amoureuse, là, c’est juste ridicule. Vous connaissez ma spécialité ? Je suis « la fille juste après », la fille pansement qui débarque après une rupture, qui répare le petit coeur et qu’on jette à la poubelle après guérison avec une petite tape sur la tête : « Non mais t’es une fille bien, tu trouveras quelqu’un qui te mérite vraiment. » Comment te dire… Ta gueule. Je tombe toujours dans un mauvais timing. Épuisant.

Alors, c’est quoi la morale de l’histoire ? Que des fois, t’as pas de chance et qu’il faut l’accepter ? Que tu auras beau tout faire pour que tout fonctionne, des fois, tu es juste monté dans le mauvais train, celui qui tombe en panne en pleine voie ? Que tout le monde va te faire des sourires désolés en t’expliquant que c’est pas toi, c’est juste la vie ? Et que rien ne garantit que ça se reproduira pas alors même que tu te blindes à mort ? Mais t’inquiète pas, hein, tu seras forcément heureuse puisque tu as toutes les qualités pour être heureuse. Paraît-il.

Bon, ben, je vais me recoucher. Ah non, c’est vrai, je suis adulte. Je dois affronter la tempête. Rien de grave, je vais faire la gueule pendant 15 jours puis ça ira mieux.  Ou alors je trouve une façon productive d’utiliser ma colère. Je pensais à minima aller faire du sport histoire d’évacuer. Oui, c’est peut-être ça la morale du truc : en cas de lose collante, sers-t-en pour… Hmmmmm… la transformer en énergie positive.

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This is a bad, bad timing

Faut que j’arrête les titres pourris, je suis sûre que ça nuit à mon karma.

L’amour, aaaaah, l’amour, que ne lit-on pas sur lui. L’amour, voyez-vous, c’est une question de feeling. Un jour, vous êtes là, sereins, et il vient vous percuter, tel une révélation divine que vous n’attendiez pas ou plus. Braoum l’amour, c’est comme l’éclair, tu sais pas où ça va tomber, c’est pas pour rien qu’on parle de coup de foudre. Et ben pardon mais tout ça, ce sont des conneries.


Perso, je ne crois pas au coup de foudre mais passons, c’est pas le sujet de l’article. Non, moi, je veux parler de timing. Parce que oui, l’amour est une question de timing selon moi et autant vous dire que j’ai la palme de la lose en la matière.


Déjà je souhaite atomiser le concept d’âme soeur. Âme soeur au singulier, je crois plutôt à des âmes soeurs. Et je ne crois pas que l’âme soeur corresponde uniquement au domaine amoureux, on peut aussi parler d’âme soeur en terme d’amitié ou de création artistique, par exemple. Deux individus complémentaires qui se rencontrent et partagent une affinité particulière. En terme d’amour, je pense donc qu’il n’y a pas qu’une seule personne qui puisse me correspondre à la perfection mais une multitude. Déjà je ne pense pas que mon âme soeur d’il y a dix ans soit la même qu’aujourd’hui car j’ai changé et pas dit que mon âme soeur ait suivi le même chemin. Puis pardon mais sur 7 milliards d’individus, ça vous déprime pas de penser qu’il y en a qu’une pour vous ? Et si on passe à côté, on sera passés à côté de sa vie privée ? Youhou, il est où le pont le plus proche que j’aille direct m’y jeter ? Bref, le concept d’âme soeur au singulier pue, fin de la démonstration.


Donc il y a plusieurs personnes qui nous correspondent et même que certaines sont célibataires. Mais ça ne veut pas forcement dire qu’elles sont disponibles. En gros, si t’as pas le timing, t’es mort et moi, je l’avoue, je l’ai jamais. Par exemple, j’ai rencontré un gars fort chouette avec moult qualités tant physiques que morales, une personnalité un peu originale… Bref, ça aurait pu être le coup de foudre mais j’ai vite freiné des 4 fers car je ne peux ignorer l’énorme obstacle dans cette relation : SON EX. En majuscule, oui. Parce qu’en gros, ils ont passé 5 ans ensemble, ont acheté un appart ensemble et après la rupture, ont tenté une colocation. Or vu toutes les affaires de la jeune fille qui traîne dans l’appart, tu sens la rupture plus que fraîche. Ça plus d’autres histoires assez difficiles qui font passer ma propre année 2011 pour une petite promenade de santé. Donc autant dire que je n’ai pas de place dans sa vie (et son global manque de réactivité à mes invitations me le confirment).


Et parlons de cette sublime âme soeur que l’on croise un beau matin d’été (ou un pluvieux matin froid d’automne), c’est lui ou elle, c’est toi, c’est nous, love at the first sight comme on dit sauf que, voilà, l’amour, il te frappe toi mais trop pas de chance, il l’a frappé(e) la semaine dernière avec une autre âme soeur. Donc il est en pleine lune de miel métaphorique et même si vous êtes faits l’un pour l’autre, là, de suite, il/elle est fait pour quelqu’un d’autre. Alors, oui, on peut mettre son mal en patience mais rien ne dit qu’il/elle reviendra sur le marché des célibataires. Lose ultime.


Mais de l’autre côté, un homme pourrait-il en avoir une dans la mienne actuellement ? Si on considère que le lundi, c’est chorale, mardi plongée, jeudi sport avec les coupines, re plongée le vendredi même si j’arrive pas à me motiver (c’est plus loin et l’eau est froide). Le week-end, je ménage du temps pour mes cercles d’amis hors plongée, je dois faire le ménage, avancer dans mon tricot… Et encore, j’ai plus de contrats annexes. Ajouté à ça la folie furieuse qu’est mon boulot actuellement (tête dans le guidon jusqu’en 2012), je le mets où le mec de l’histoire ? Non, pas là… (enfin, je dis pas non de façon absolue hein mais c’est pas le sujet !). Oui je chouine sur le timing mais je l’ai pas non plus. De toute façon, 2011 m’a épuisée, je vais finir l’année tout doux et on reprendra un rythme plus serein en 2012.

Tout ça pour dire qu’avoir le feeling, c’est bien mais si t’as pas le timing, tu pourras rien faire. Et là, tu pourras soupirer comme moi et dire que, de toute façon, la vie est une pute.

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Rentabilisons la lose

Ces derniers temps, on ne peut pas dire que ma vie a été un long fleuve tranquille. C’est pas compliqué, en quelques mois, tout mon univers s’est écroulé, tout s’est accumulé à une vitesse hallucinante. A un moment, tu regardes le désastre autour de toi en te demandant ce qui a bien pu se passer et tu te dis que la seule chose à faire, c’est de hurler en s’arrachant les cheveux. Ou essayer de fabriquer quelque chose de toutes ces ruines fumantes. Après tout, comme on dit, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

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J’aime bien dire parfois que la vie est une pute. Ah ça, elle a su bien me faire perdre tous mes repères, me tendant d’un air compatissant mon tube de lexomil. Tiens, ma fille, drogue-toi, tu oublieras. Je dis non. Car la vie est en fait une perverse narcissique qui te gifle et te caresse en même temps, pour que tu la détestes autant que tu l’aimes. Tiens, je te retire ton boulot. Mais allez, pleure pas, je t’en donne un autre. Je suis quand même dans une situation assez folle où après un an et demi de déprime professionnelle, c’est aujourd’hui ma bouée, ce qui fait que justement, je ne touche pas (trop) à mon Lexomil. Faudra que je vous raconte ma soirée corpo d’ailleurs, seul truc sympa de la semaine dernière. Côté vie perso, par contre, ça vire au n’importe quoi. J’ai dû écouler mon stock de larmes de l’année, déjà. Hurler ? Non, rentabiliser.

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Quand je raconte mes péripéties, j’observe souvent les mêmes réactions : la mâchoire qui se décroche avec des commentaires du type « non ma pauvre ! ». Je comprends, hein… Je n’aurais pas moi même vécu tout ça, je n’y croirais même pas. Un vrai roman… Et là, tu me sens venir petit lecteur. Vendredi, dans un accès de grand ras le bol, je décide de
retourner la situation. Fini de pleurer, de me demander pourquoi. Le pourquoi, ça console pas de toute façon. Alors mon pourquoi, je me l’invente. Non, je ne subis pas tout ce bordel par hasard. La vie m’offre une occasion unique de rire de tout ce souk, de rentabiliser la lose. Je suis une héroïne de roman girly. J’ai beau ne pas les aimer, c’est un fait. Alors je prends ma meilleure arme : mon clavier. Et je commence à écrire. Sur mon iPhone pendant que je navigais un peu partout dans Paris car mon week-end fut chargé. Je suis à l’aube d’une nouvelle vie, d’une nouvelle construction. Ca fout la trouille mais c’est pas comme si j’avais le choix. Surtout que me lamenter planquée sous la couette en avalant des litres de glace au chocolat m’a toujours ennuyée. Et j’aime pas trop la glace au chocolat. Il faut bien vivre, se lever tous les matins pour aller travailler dans la joie et la bonne humeur donc faisons en sorte de transformer les choses en un truc
positif. Et si je m’en réfère à ma connaissance relative des comédies romantiques et autres séries gnan gnan, plus c’est la lose dans ta vie, plus il va t’arriver un truc cool, un truc de ouf qui va te faire sourire à la vie. Ca a beau être une garce sado-masochiste, des fois, elle peut te faire un cadeau sympa. Genre un boulot qui te réconcilie avec le monde du travail. Donc logiquement, si dans le milieu professionnel, on peut passer de galères en galères à un boulot qui nous va enfin bien, on peut légitimement penser que ça sera pareil dans d’autres domaines.

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Sauf que l’happy end, c’est pas pour demain non plus. Alors en attendant, je vais écrire. Un roman (semi?) autobiographique à la sauce cynico-rigolote parce qu’un pur roman girly, j’aurais pas envie de le lire alors l’écrire… Je vais tenter. Peut-être que ça me saoulera vite. Mais l’autre roman que j’avais entamé (4 pages…) était trop noir pour que je m’y repenche. C’est mathématique : quand t’as pas la moral, tu vas pas t’enfermer dans le noir pour aller mieux, tu vas au soleil. Ben là, pareil. Après tout, personne n’est mort, sourions à la vie tant qu’on peut. Ce sera plus agréable pour tout le monde, je suis chiante quand je passe en mode « la vie est une pute ». Mes pauvres confidentes en savent quelque chose.

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La lose, une fois que tu l’as, elle te lâche plus

De façon générale, je me vois comme quelqu’un de plutôt chanceux, malgré quelques périodes noires. Mais j’ai quand même une solide poisse et ça continue encore et toujours et non, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est un fait ! Non mais vous en connaissez beaucoup de personnes qui partent en Martinique et se prennent le déluge du siècle ? Ou qui se retrouve avec une fuite d’eau massive alors que sa chaudière ne marche plus et qu’on est bien sûr au coeur de l’hiver ? Mais là où j’accumule, c’est dans ma relation avec la SNCF.

sncf

Jeudi, neige donc. Malgré ma joie enfantine, je pressens le drame : je dois rentrer samedi dans mon pays en train et forcément, je sens que ça va être drôle. Déjà, le vendredi soir, alors que je quittais le boulot bien tard suite au rush d’avant vacances, je me pointe à la gare pour rentrer chez moi. Prochain train à « retardé ». Ce qui en général, en langage transilien veut dire : « en fait ton train est annulé, attends le suivant mais on n’ose pas le dire ». Sauf qu’au bout de 10 mn, j’ai froid jusqu’au tréfond donc je pars prendre le métro. Du coup, une fois chez moi, j’appelle un taxi pour le lendemain matin, sentant que me rendre à Austerlitz s’annonçait périlleux.

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Arrivée à Austerliz : 7h10, Kenya a encore fait caca dans sa panière donc après avoir récupéré mon billet, je fonce aux toilettes pour nettoyer tout ça. Oh ben y a du monde ! C’est le froid qui rend les vessies sensibles ? Bref, je fais mes affaires (je crois que j’ai au passage bouché les toilettes), je vais faire mes emplettes au relais H (les magazines féminins ont toujours un goût de vacances), un petit passage à la brioche dorée pour un petit déjeuner et voilà. Je zieute le panneau d’affichage : train à 7h40. Ouf, j’ai eu chaud, j’avais oublié qu’il ne part pas à 54 comme d’hab mais là, j’ai encore 15 mn de marge… Mais tiens, pourquoi le train n’est pas affiché… et que celui de 6h58 n’est pas encore parti ? Pas de panique, je savais bien qu’il y aurait du retard.


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Sauf qu’Austerlitz est une gare ouverte, il n’y a pas vraiment d’endroit pour attendre au chaud, sauf le café qui est bondé. 8h15, je finis par me déplacer en espérant trouver un coin plus chaud. 8h35, quasi une heure après le départ prévu, on a enfin une voie annoncée. Ouais, je vais enfin pouvoir me mettre au chaud, j’ai mal aux pieds. Je marche vite jusqu’à mon wagon, je grimpe dedans et avance, un peu étonnée : ils nous donnent des couvertures maintenant ? J’avise ma place, à côté d’une jeune fille à l’accent bien de chez moi. Je lui demande pourquoi on a des couvertures. « Parce que le chauffage est en panne dans ce wagon! ». Non… non ! Je vais pas passer les 6 prochaines heures (et même 7 en fait, entre le départ qui n’a pas eu lieu de suite et les trois arrêts supplémentaires que nous avons fait pour remplacer des TER annulés). Et bien si. Je m’enroule comme je peux dans la couverture. IL y a une ambiance un peu étrange, on se croirait dans un film catastrophe où l’on serait des sinistrés sous couverture de survie. Sauf qu’on n’a pas de couverture de survie et ça pèle.

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Me voici donc partie pour 7h de froid intense, impossible de dormir tellement j’ai froid, je me demande si je ne vais pas perdre un orteil dans l’opération. Je vérifie épisodiquement que Kenya qui ne moufte pas est toujours en vie. J’ai froid que j’en ai mal, j’ai même une cicatrice au niveau des chevilles, là où ma chaussure s’arrêtait, tellement ma peau était sensible. Pourtant, les gens ne s’indignent pas. On fait contre mauvaise fortune bon coeur même si ça m’agace de constater que la SNCF nous parque dans ce wagon sans chauffage (avec la mention passage interdit sur les portes des wagons qui communiquent avec nous, histoire qu’on se sente encore plus pestiférés) sans rien faire de plus. Moi, je dis pas, mais il y avait quelques enfants dans le wagon, ça aurait été bien d’essayer de les replacer ailleurs, quand même. Heureusement, vers 14h, la vente ambulante arrive et nous offre gracieusement un café. Du coup, on commence à papoter avec ma voisine. C’est le seul truc que j’aime bien dans ce genre de galère, je me fais toujours une pote dans l’affaire. A la fin, on comptait limite les minutes qui nous séparaient de la gare d’arrivée en se désolant de ne plus voir de neige. On en a eu tout le trajet, jusqu’à 10 mn de l’arrivée, pfff.


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Sortie du train, Kenya se remanifeste et vomit (je crois qu’elle essaie de me faire comprendre que les voyages ne lui plaisent pas), mes parents me récupèrent et me ramènent à la maison où la cheminée est en route. Un bon repas, une décoration de sapin et une lecture de magazine interrompue par une sieste plus tard, mes 10 orteils sont toujours là. 24h plus tard, mon nez reste sec et ma température normale. J’ai passé 8h dans le froid, sans bouger et même pas j’ai la crève ? Si je chope rien les prochains jours, je me ferai surnommer wonder woman, je vous préviens !
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En tout cas, après avoir testé le train sans clim en été (et même deux fois), j’ai fait le train sans chauffage en hiver. Je vais bientôt pouvoir écrire un livre sur les loses de voyage.

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Où trouver l’homme ? Episode 34 : sur un tournage

(Lecteur tombé ici par hasard, je te rappelle que tout ceci est une fiction. En vrai, je n’ai pas assisté au tournage dont je vais
parler mais Pink Lady. Et pour ceux qui cherchent de quoi est morte Chardonnay, c’est d’anorexie.  Je vois que ça en travaille beaucoup en ce moment)


A la recherche du prince charmant
Recommandé par des Influenceurs

En tant que blogueuse influente, je suis invitée à plein de super opés dont une participation au tournage de Plus Belle la vie. Ne sachant pas exactement de quoi il retourne, j’y vais, curieuse. Je ne suis pas une fana de la série (en vrai, je ne l’ai jamais vue) mais un tournage, c’est toujours une expérience sympa. Arrivée sur place, je rejoins le gang des blogueurs, on va rigoler, hihihi ! Une fois enfouis dans la foule, le réalisateur explique le but de la scène : on doit jouer l’amour et la paix et embrasser les gens qui nous entourent. Plaît-il ? C’est pas que je sois farouche mais embrasser des tas de gens comme ça, ça me paraît un peu curieux. Est-ce que tout le monde a un certificat médical attestant de leur bonne santé buccale ? Non parce que choper une mononucléose à 28 ans ¾, ce serait la lose.



Mais je me suis un peu emballée, les bisous, on peut se les faire sur les joues et s’étreindre pudiquement. Ah bon, voilà une base plein plus intéressante pour faire connaissance. Non parce que si on joue le roulage de pelle dès les premières minutes, bon courage pour attiser le désir ensuite, on a déjà donné une bonne partie de soi. Même si le baiser permet de détecter les mauvais amants.

Un, deux, trois, c’est parti, ça tourne, action ! Alors je fais des câlins à mes voisins et mes voisines, je claque des bises, je rigole, je m’amuse. Deuxième prise, on recommence, les câlins, les bisous, les éclats de rire. Ah, il faut se tourner de l’autre côté et se refaire des bisous et des câlins. Forcément, je repère un peu à qui je dois faire des câlins, histoire de rentabiliser l’expérience. Ah, tiens, j’ai un contact visuel avec un mec pas trop mal… Bon, jouons la fine, approchons nous du monsieur en profitant des différents câlins pour se déplacer, l’air de rien. En deux scènes, c’est fait et j’ai même droit à une bise. Léger mais le réalisateur veut encore faire des prises donc la perspective de câlins m’enchante.




Et ça tombe bien car le tournage commence à se faire long. Rester deux heures sans bouger et dans le froid, ça commence à lasser un tout petit peu. Les sourires se font crispés, les étreintes mollassonnes et les bises, seuls ceux qui ont leur tube de dermophyl indien continuent de pratiquer. On commence à se demander combien d’orteils cette petite aventure va nous coûter, le tout petit de mon pied droit ne répond plus. Ok, il est totalement microscopique et ridicule mais à priori, s’il est là, c’est qu’il doit un tout petit peu servir à mon équilibre. Déjà qu’avec tous mes orteils, il m’arrive de tomber, avec un en moins, je sens que ma démarche féline ne sera plus qu’un vague souvenir.

Avec le jeune homme, on se retrouve partenaire de câlin attitré surtout quand le caméraman passe dans la foule caméra à l’épaule pour filmer les gens en gros plan. Avantage du câlinou : on ne verra pas ma tête. Non que je n’assume pas de participer à Plus Belle la vie mais j’ai une réputation à tenir… Une réputation de quoi, je sais pas, tiens, bonne question.


Sauf que ça n’en finit plus et le jeune homme finit par nous saluer pour partir travailler. De toute façon, à force de froid, je sens mon nez se liquéfier légèrement et se frotter la morve à l’écharpe d’un quasi inconnu, non vraiment, ce n’est pas du tout un bon plan drague…

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Retournement de situation

JF ch F2

Cruelle désillusion : l’appart que je voulais n’est plus en location apparemment, ce qui veut sans doute dire que je n’en serai pas l’heureuse locataire vu que je n’ai reçu aucun coup de fil à ce sujet. Or après mes histoires de lose avec ma carte bleue et autres déceptions de petit ordre, je suis assez déprimée. Je revis un peu les heures noires du chômage, quand les entretiens n’aboutissaient à rien. Même si l’enjeu n’est pas aussi important, ça me rappelle quand même ces mauvais souvenirs et je m’en serais bien passée.

Une semaine après la disparition de l’annonce, je me lève et me dis qu’il faut que je reprenne mes recherches. Des apparts bien, j’en trouverais d’autres. Et puis j’ai découvert un parc sympa dans ma ville, ce n’est pas parce que je n’ai pas l’appart à 3 mètres de là que le quartier m’est interdit. Puis il me semble avoir vu un panneau à louer sur l’immeuble voisin, je peux toujours me renseigner…

Forte de ma nouvelle volonté de trouver un appart, même si je commence à douter de mon dossier, j’arrive au boulot, salue Ioulia, pose mon fessier sur mon siège et à peine ai-je posé mon fessier sur ma chaise que mon poste sonne. « Et allez, ça commence… Allo ?

- Mlle Bartoldi ?

- Oui.

- Bonjour, agence immobilière Machin, donc pour l’appartement à Plume sur Berges, il faut qu’on décide d’une date d’entrée dans les lieux, votre dossier est bon. »

Hein ? Quoi ? Je ne comprends pas… C’est quoi ce délire ? J’avais déposé mon dossier 10 jours plus tôt, il me paraît impossible qu’on me rappelle 10 jours après… Hé bé si, l’appart est à moi à partir du 20.


Après la joie, je réalise l’engrenage administratif qui s’annonce. Etape 1, envoyer le préavis pour mon appart actuel. Comme je n’ai toujours pas de carte bleue, je dois emprunter des sous à Simon pour payer mon recommandé avec accusé de réception (la honte, quand même). Ca, c’est fait. Ensuite ? Me rendre à l’agence pour signer les papiers et donner plein de sous. Problème : l’agence n’est pas la même que celle où j’ai déposé mon dossier donc les possibilités que je me perde encore sont élevées. La veille de la signature, Vicky me demande si j’ai déjà une attestation d’assurance pour mon nouvel appart. Comment dire… non. Ah, encore un truc à régler.


Mais chaque chose en son temps, revenons en à la signature du bail. Ca n’a pas raté, je me suis perdue, je connais mal le quartier. Ah tiens, c’est là où j’ai eu mon premier rendez-vous avec Gabriel. En fait, c’est sur une station de la ligne 6, on était sortis chacun d’un côté, on était au téléphone sans se trouver puis à un moment, il me dit « avance jusqu’au parking » et là, on avance et tout à coup, on surgit chacun d’un côté de la station, eye contact… Mais j’ai pas le temps de jouer la nostalgie, je suis en retard et perdue. Je finis par trouver l’agence. Je signe tous les papiers, fais un chèque à 4 chiffres et voilà. L’appart est officiellement ma location. Maintenant, l’agent immobilier doit m’appeler pour l’état des lieux.

A peine repartie, coup de fil dudit agent qui se la joue mielleux : « félicitations pour l’appart, hihi » alors qu’il n’avait pas été des plus
agréables pendant la visite. Sans doute que  j’ai pas la tête à avoir les moyens de louer un studio seule… L’état des lieux est donc fixé le lundi suivant, à 12h. Youpi !


Et voilà, Plume sur Berges, je reste chez toi. Et là, je suis contente. Non seulement je dépends d’une autre gare donc niveau problèmes, ça va être beaucoup plus léger vu que plusieurs lignes passent par ma gare, il y a aussi des bus. Mais la super bonne nouvelle de l’histoire, c’est que nos futurs bureaux de Lavande sur Seine sont à un quart d’heure, vingt minutes à pied de mon chez moi. Te souviens-tu du temps béni de ma vie toulousaine où j’allais à la fac à pied ? Ca va recommencer, yeah ! Plus de mauvaise humeur matinale pour cause de train annulé. Ca n’a pas de prix.

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En pleine loi de Murphy

Mercredi 27 août, 10h30. Là, je me dis que si 2008 avait été globalement clémente jusqu’à présent (enfin, rien d’extraordinaire mais rien de vraiment gênant, un lac, quoi), là, j’étais en plein œil du cyclone. Petit résumé de ce début de semaine pour comprendre.

 

Lundi : Je visite un appart plutôt bien, je décide de déposer le dossier. Mes parents me suivent, tout va bien.

Mardi : C’est là que ça se corse. Pour déposer un dossier, faut le faire vite donc j’entame le marathon administratif puis je décide
de consacrer ma pause déjeuner au dépôt du dossier dans l’agence à l’autre bout de Paris. Là, encore, ça va. Sauf qu’il me faut un RIB. Ca tombe bien, les distributeurs automatiques de ma banque et de sa filiale en donnent ! Et qui a un distributeur de la filiale juste à côté du boulot ? Ben moi, évidemment, sinon cette histoire n’a aucun intérêt. Je vais au DAB (le distributeur automatique), confiante et là, la fonction RIB ne marche pas. Je rentre dans la banque, la guichetière essaie de me dépanner mais rien à faire. Pas de soucis, il y a une autre filiale pas loin de l’agence. Je prends le métro, confiante en la vie et en l’avenir mais nouvelle claque : la filiale est en plein déménagement, y a plus de DAB. Je repars donc deux stations plus hauts, je trouve ENFIN un DAB qui marche, je retire trois RIB, je cours à l’agence. 15h30, me voici de retour dans mes quartiers (heureusement que j’ai des horaires souples), je vais pour m’acheter à manger dans une sandwicherie mais au moment de payer, je me liquéfie : je ne trouve plus ma carte bleue. Je réfléchis et mon sang se glace : j’ai bien imprimé 3 RIB, je les ai bien mis dans mon sac… Et j’ai bien laissé la carte dans le DAB. Je cours donc au bureau pour vite faire opposition, tremblante. De 1, la banque où j’ai fait mon retrait n’existe pas sur les pages jaunes, impossible de les contacter. De 2, sur le site Internet de ma banque, aucun numéro n’apparaît. De 3, sur les pages jaunes, il n’y a pas le numéro de mon agence bancaire, seulement le fax. « Heureusement », j’avais échangé quelques mails avec ma conseillère financière il y a 6 mois et je ne jette jamais mes mails, j’arrive enfin à joindre ma banque qui me donne le numéro du centre d’opposition. Une heure après ma boulette, l’opposition est faite et comme j’ai une assurance, je serai remboursée s’il y a eu un retrait depuis ma dernière opération
(j’avais l’heure affichée sur mes RIB). Simon me rassure en m’expliquant que ma carte a été automatiquement avalée au bout de quelques minutes de toute façon, il n’y avait personne derrière moi. Sauf que mon chéquier est toujours à Toulouse (je l’avais demandé la veille donc il doit arriver d’ici la fin de la semaine) donc pas de chéquier ni carte bleue, c’est la merde. « Heureusement », j’ai une gentille sœur qui m’a avancé 60 euros en liquide. La soirée se passe bien, je dîne chez ma sœur avec mon cousin et son mec, super soirée.

Mercredi : 2h du mat, je suis sur le net (oui, je me couche toujours tard, malgré mes efforts) et là, la freebox plante. Vu que ça
arrive hebdomadairement, je ne m’inquiète pas outre mesure. Sauf qu’elle ne redémarre pas. Bon, je vais me coucher. Je me lève le lendemain (enfin, 6h plus tard) et ça tourne toujours. Graaaaaaaa ! Bon, ça faisait 6 mois qu’elle agonisait, s’amusant à se réinitialiser toute seule, la taquine. Légèrement excédée, j’appelle le service technique et c’est parti pour une engueulade géante « non, madame, je n’ai aucune raison de vous envoyer un technicien.

- VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ? Ca fait un an que ça déconne, que vous m’envoyez des prises électriques et que ça ne résout pas le problème, ma carte wifi ne marche plus, je veux une nouvelle freebox.

- Très bien, je vous envoie un technicien mais si le problème ne vient pas de la box, faudra payer 49 euros.

- Non mais je refuse de payer, ça fait un an que ça ne marche plus et que vous êtes incapable de régler le problème, ça suffimaintenant !

- Faudra payer 49 euros si c’est pas ça.

- Mais je ne paierai pas !

- Alors j’enverrai pas le technicien.

- Si ! Je verrai ça avec lui ! ».

Du coup, poussée à bout, je me suis mise à pleurer en raccrochant, consolée par la pauvre Ioulia qui n’a pas du comprendre ce qui me prenait (enfin, si, elle avait suivi l’histoire de la carte bleue, déjà). J’ai fait un résumé de la situation ensuite à Simon qui n’était pas là au moment des faits qui m’a dit : « Bah, de toute façon, tu n’as ni carte ni chéquier, tu ne pourras pas payer ! ». Comme quoi, parfois, dans toute chose malheur est bon.

Le monsieur de la freebox doit donc passer aujourd’hui entre 10 et 12h, il est peut-être chez moi à l’heure où vous lisez ses lignes. Que
va-t-il se passer ? Vais-je récupérer un accès Internet qui marche avec le wifi en prime, me permettant de surfer en direct de mon lit ? Vais-je avoir l’appartement pour lequel j’ai déposé un dossier ? Vais-je encore avoir une lose (ne jamais dire « ça peut pas être pire », la dernière fois que j’ai dit ça, ma grand-mère a eu un accident cérébral) ? Vous le saurez en suivant le blog des vingtenaires ! (à dire à la façon Capital, siouplé)

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Où trouver l’homme ? Episode 20 : au Starbucks

(Lecteur, je te rappelle que ceci est une fiction. Ceci étant, cette semaine, ça l’est un peu moins, tu verras en fin d’article pourquoi je dis ça. Ohlala, ce suspense de folie !)

A la recherche du prince charmant

Un dimanche de pluie comme il en existe tant au mois d’août. Avec une amie que nous appellerons Tatiana, nous décidons d’aller se faire un Starbucks histoire de se raconter nos vies. Après une attente interminable, nous arrivons enfin à attraper une banquette, face à deux inconnus. Alors que nous sommes en train de nous délecter de nos boissons, nos fesses posées sur nos sièges acquis de haute lutte, les personnes face à nous s’en vont. Un jeune homme qui faisait le plancton depuis un bon quart d’heure se précipite sur un des sièges mais dans la manœuvre, il renverse une bonne partie de son cappucino supplément caramel sur le sol. Le Starbucks et sa foule permanente est un lieu où ce genre de lose est courante [d'ailleurs, ça m'est déjà arrivé].

« Oh non, mince alors ! »

Que faire face à ce pauvre garçon aux mains pleines et à la boisson en partie répandue au sol ? Qui nous regarde un peu les yeux plein de désespoir et d’appel à l’aide ? Comme nous ne sommes pas bégueules, nous allons gentiment chercher des serviettes et on aide le jeune homme à éponger. Ceci est une excellente façon de lier connaissance. Hé, voici que son ami arrive et s’assoit en face de nous. Avec Tatiana, on reprend notre discussion mais il est difficile d’ignorer deux personnes face à vous, surtout quand le contact a été pris.
Alors on commence à discuter. Qui es-tu, qui suis-je, et tu fais quoi dans la vie ? Heu… C’est quoi exactement community manager ? Oui, j’ai arrêté de dire « responsable de communauté », ça fait toujours peur aux gens genre Raël est mon maître. Mais non mon seul Dieu est le web 2.0, ce qui n’est pas toujours une
sinécure. Donc nous voici à papoter gentiment de nos vies, du fait que les Starbucks sont toujours plein et que les gens pourraient partir quand ils ont fini leur conso et qu’il y a du monde qui attend en les fusillant du regard. Oui, c’est ma technique pour faire partir les gens mais force est de constater que ça ne marche pas. Pourtant, je les regardais très très méchamment. Mais ah, nous extasions nous, le hasard est bien fait, la foule nous a finalement rapproché. Si le Starbucks avait
été vide, ils ne se seraient pas assis en face de nous et nous n’aurions pas parlé, hihi, ahah.

Bon, c’est pas tout ça mais voilà qu’il est déjà 19h30 et il n’est plus l’heure de siroter un café. Et là, la proposition attendue et prévisible tombe : « et si on allait dîner ensemble ». Là, nous sommes dans le cas délicat où il faut savoir parler entre les yeux à son amie. On se regarde pour prendre une décision, aucun mot n’est permis donc faut faire passer le bon message rien qu’avec les yeux et ce n’est pas toujours évident. En l’occurrence, les mecs sont plutôt sympas donc on va dire oui. Nous voici donc partis tous les 4 pour le restaurant. Mais la partie n’est pas gagnée pour autant…

PS : Cette scène s’est vraiment passée dimanche au Starbucks Opéra sauf que Tatiana et moi n’étions pas impliquées, nous étions justes observatrices de la scène. Si ce dimanche, tu as vécu une telle histoire, on aimerait bien savoir la suite, en fait.

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A nous de vous faire préférer le train

Apparté personnelle : mouahahah

Le train et moi, c’est une longue histoire d’amour, ça fait trois ans que j’écris ici mes loses en la matière et Dieu sait qu’il y a à dire. Là, encore, pour rentrer chez mes parents, je n’ai eu que 10 mn de retard mais le jeu n’était pas là. Normalement, sur cette ligne, on a droit à un corail Teoz magnifique, ach’ment mieux qu’un TGV mais quand j’arrive sur le quai, je constate qu’il s’agit d’un corail tout pourri. Bon, c’est pas dramatique, je compte dormir de toute façon. Mais la SNCF  est joueuse : mon numéro de place sur le billet n’est pas le bon et faut regarder sur un tableau à quelle place je dois m’asseoir finalement. Mais comme personne ne nous le dit, tout passager qui rentre n’est pas au courant et on s’amuse à tous se renvoyer d’une place à une autre parce que « non, ça a changé, il faut regarder le tableau! » sauf que personne ne comprenait dans quel sens ça marchait (enfin, si, c’était simple mais encore faut-il savoir lire un tableau et c’est pas donné à tout le monde, apparemment).

 

Le train, y a des trucs que j’aime bien et essentiellement deux : quand je regarde par la fenêtre, je vois autre chose que des nuages et j’arrive direct en centre ville donc je ne perds pas trop de temps. Et puis dans le train, même si y a des fois des mecs qui passent pour nous vendre à boire et à manger, ils ne nous réveillent pas pour ça alors que dans l’avion, si. Ceci étant dit, dans le train, on est réveillé par les contrôleurs vérifiant nos billets, c’est pas forcément mieux, c’est vrai. En plus, si le train berce bien plus que l’avion, on s’arrête aussi plus souvent, ce qui casse un peu le rythme du sommeil.

Mais surtout, ce qui est problématique en train, ce sont les bagages. Il n’y a pas d’espace pour les ranger, du moins pas assez. Dès que je pars avec ma grosse valise, c’est la prise de tête. Impossible de la mettre dans les porte bagages au dessus de la tête : elle est déjà trop lourde puis en plus trop large : elle va forcément tomber et ça peut faire très mal. Quant aux espaces bagages à l’entrée du wagon, ils sont saturés sauf l’étage du haut mais on en revient au problème premier : trop lourd pour moi. Une fois sur deux, je suis obligée de
l’abandonner dans un espace libre et là, c’est parti pour la parano : et si on me piquait ma valise pendant un arrêt ? Parce que si tant est que ça arrive, je suis mal : la SNCF a clairement spéculé sur mon billet qu’elle n’est pas responsable de ma valise. Donc si une personne décide de descendre avec MA valise, je n’aurai plus que mes yeux pour pleurer. C’est vraiment le problème majeur du train : on a quand même moins de place individuellement que l’avion, on est encombrés par les bagages, je n’aime pas du tout ce côté là.

Autre joie du train : les retards. Bon, il y en a aussi dans les avions mais la magie du train, c’est que même si tout ne fonctionne pas forcément, on lance le convoi, des fois que ça tienne. Du coup, on peut tomber en panne en pleine voie. Alors on en meurt pas mais dépanner un train, c’est long. Très long. De plus, pour une raison qui m’échappe totalement, la clim se bloque automatiquement dès qu’on dépasse les 35° à l’extérieur. Donc s’il fait très chaud dehors, vous serez cuits à la vapeur dedans, si c’est pas sympa ça quand même ! Hammam gratuit pour tout le monde.

Enfin, le train est un transport plus familial que l’avion même s’il n’est pas forcément moins cher in fine, surtout s’ils suppriment la carte famille nombreuse comme annoncé. Du coup, partir en train durant les vacances, c’est souvent prendre le risque d’avoir de charmants bambins qui assurent l’animation… Et c’est pas forcément sympa, surtout si l’animation en question se trouve sur le siège derrière et vous file un paquet de coups de pieds.

Bref, en fait, le train, c’est juste bien parce qu’on reste au sol, c’est moins polluant (mais des fois, ça fait des feux de broussailles) et on va de centre ville à centre ville. Mais allez savoir pourquoi, c’est toujours un peu plus la galère que l’avion.

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Mer ou montagne, là ou loin (3)

Les vacances des vingtenaires
Pour beaucoup, les vacances sont synonymes d’évasion et il est hors de question de rester en France. Bon, évidemment, chacun a sa propre vision de l’évasion : je n’ai jamais compris comment on pouvait partir à l’autre bout du monde dans un club med et ne pas sortir du club durant toute la durée du séjour. Si c’est pour ça, autant rester en France.

L’intérêt principal du loin, c’est de découvrir un patrimoine, une culture autre. Le problème, c’est qu’en été, certaines destinations sont pour le moins osées. Par exemple l’Italie. L’Italie, c’est beau, il y a des milliers de choses à voir. Le souci, c’est que vous n’êtes pas le seul à vouloir voir ces choses. Sans parler de la chaleur. En fait, l’été, le seul endroit où il semble malin de faire du tourisme, c’est Paris : y a personne. Enfin, en août parce que là, fin juin, c’était la Tour de Babel dans le métro, ça parlait toute les langues du monde.

Chaque saison a ses destinations à la mode : plus y a de la plage et du soleil, plus ça marche en été. Même si on a toujours tendance à oublier qu’en hémisphère sud, on n’a pas tout à fait les mêmes saisons. Mais l’été rime souvent avec exotisme et on aime se gausser au retour au bureau : « Oui alors moi, j’étais loiiiiiin, si tu savais… ». Perso, je trouve plus original de partir à l’autre bout de la Terre à un autre moment, celui où tout le monde trime dur au boulot. Genre en hiver, quand ils sont tous blancs comme des bidets et que vous revenez dorés comme un poulet tandori : « Ah, l’Indonésie, c’est ma-gni-fi-que. » Parce que le problème en été, c’est que tout le monde part loin donc la propension à faire rêver les autres en racontant vos vacances est quand même moindre, il faut le dire. « Oui alors tu vois, mouaaaaaaa, j’étais dans un ryad au Maroc », « oh, moi, j’ai fait une croisière sur le Nil. » Au moins, on peut se faire des soirées diapos chez les uns les autres, c’est sympaaaaaaa.

C’est vrai que, pour ma part, je ne suis pas fana des vacances « rôtisserie à la plage », surtout au vu de ma mélanine capricieuse. Même si l’idée de me reposer me plaît bien, j’aime en prendre plein les mirettes. J’ai envie de profiter de ce temps où je ne bosse pas pour voir des endroits que je ne connais pas, me frotter à de nouvelles cultures ou nouveaux lieux. Ceci étant dit, pour profiter pleinement d’un nouveau lieu, c’est quand même mieux quand c’est pas bondé, histoire de voir quelque chose. Pourtant, il y a des événements qu’on rêve de voir et qui sont forcément générateurs de foule comme la course de cheval à Sienne ou je ne sais quoi d’autre.

Finalement, le sel des voyages loin réside souvent dans les difficultés qui surgissent ça et là et qui font de bonnes anecdotes APRES. Qui n’a pas eu une lose à l’étranger, un truc bien chiant sur le coup mais qui nourrit après les fous rires dans les diners en ville ? Parce qu’en voyage, il semble y avoir une loi universelle : plus tu vas loin, plus il va t’arriver un pépin. On a beau tout planifier de la première à la dernière seconde, il faut forcément un petit caillou dans la machine. Par exemple, dans la famille Bartoldi, on a le choix : soit on a un souci de transport, soit on a une météo pourrie. Exemple ? Mon père part à San Francisco avec un collègue pour un congrès. Au retour, il y a une valise de trop dans la soute donc ils doivent toute revider pour trouver à qui appartient cette valise. Résultat : à Toulouse, le vol qui permettait à mon papa et ses collègues de rentrer de Paris où l’avion a atterri arrive et… personne. Voilà comment on frustre deux épouses et trois enfants. Mais où qu’ils sont nos papas ? Pour la météo, on provoque les moussons. En 95, on part à Madère : la saison des pluies est en retard et comme de par hasard, elle commence pile quand on arrive. Notons aussi la visite de mes parents dans un désert marocain. Ils arrivent dans le désert et ma mère faire « oh mais il fait lourd, on dirait qu’il va pleuvoir…

- Ahaha, ça fait 6 ans qu’il a pas plu ici! »

Le soir même, pluie diluvienne avec l’orage qui va avec. Quel talent !

Alors oui, le voyage à l’étranger ne se déroule jamais, mais alors jamais comme prévu. Et c’est justement cet imprévu qui rend le voyage inoubliable.

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