Melania, la cinquième colonne

[titre soufflé par  Marie Schafferr] Bonjour, ceci n’est pas un article sérieux. J’aime bien Melania Trump. Non, plutôt : j’aime les histoires qui se tissent autour de Melania Trump et les histoires que je dessine autour. Depuis l’élection, je vois fleurir ici et là de (rares) articles sur la désapprobation de Melania vis-à-vis de son mari et ses discrets signes de résistance. Melania est-elle en train de phagocyter le système Trump de l’intérieur ?

Melania Trump réapparaît publiquement

Je ne connais pas grand-chose de la vie de Melania en vérité, j’ai juste lu un portrait d’elle dans Society. J’avais beau feuilleter le Voici de ma mère, j’avais raté l’existence de la dame, j’en étais restée à « Donald a été marié à Ivana avec qui il a eu Ivanka puis il s’est marié à Marla ». J’avoue ne me passionner que très peu pour la vie des socialites américains, je cligne toujours un peu des yeux quand on me parle de la nouvelle it girl à la mode, fille d’un magnat d’un truc.  J’ai donc découvert Melania durant la campagne présidentielle et je n’en ai pas eu grand avis.

Melania Trump en costume

J’adore tellement ce type de tenue pour une femme



Puis après l’élection, la nouvelle première dame a suscité quelques fantasmes… non, pas ceux là, non. Enfin, si, peut-être mais c’est pas mon sujet. On a eu Melania qui déteste Donald, Melania a été remplacée mais surtout, mon chouchou absolu : Melania la résistante qui utilise sa garde-robe pour s’opposer à la politique de son mari. Est-ce que j’y crois ? Non. Est-ce que j’ai envie d’y croire ? Oh que oui.

Melania Trump déteste son mari
J’ai toujours aimé imaginer des intentions aux personnes en apparence inoffensives voire un peu sottes. A une époque, j’avais une chouchoute dans la catégorie « bimbo qui vous la met bien à l’envers : Nabilla. Oui, Nabilla. Bon, depuis, elle a manqué d’assassiner son compagnon donc je l’ai oubliée mais à l’époque du allo ?, je me plaisais à imaginer une femme qui savait qu’on la considérerait comme une idiote et qui surjouait le truc pour empocher l’argent de tous ces connards  condescendants qui regardaient son émission pour se moquer d’elle. C’est le principe même de la téléréalité d’ailleurs : on vous offre le spectacle de gens que vous méprisez et que vous regardez pour ça pour transformer votre mépris en argent. Les candidats connaissent les bails, ils étaient coachés à une époque par le paparazzo Elfassi qui montait des couples pour des paparazzades. Tout est scénarisé, n’en doutez pas. Vous pensez choisir le gagnant de telle ou telle émission ? Hell no ! C’est le montage qui le fait.

Les anges de la téléréalité

Le bateau sur lequel tu veux pas monter



Du coup, cette histoire de Melania stimule mon imagination. Comme à peu près tout, il est vrai. Alors je me dis que vu que je vous parle d’écriture tout le temps, je vais écrire cette histoire ici, ou peut-être dans un blog lié, je ne sais pas encore, histoire qu’on s’amuse un peu ensemble. Ca me fera du matos pour parler écriture en plus. Du coup, faudra que je vois comment je l’appelle, ma Melania… à suivre !

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Ma nouvelle ambition : le diorama

Article qui aurait eu plus sa place sur le blog Nina feels good mais je l’ai toujours pas lancé (en fait, je l’ai même pas créé) donc voilà. Ladies et gentlemen, voici un énième article sur ce qui me plairait de faire de mes dix doigts. Et je vous parle de diorama maintenant parce que jeudi, je suis allée à l’expo Dioramas du Palais de Tokyo qui se termine le jour de la publication l’écriture de cet article. Je vous conseillerais donc d’y aller mais il est certainement déjà trop tard.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Alors commençons par le commencement, c’est quoi donc un diorama ? Ou plutôt qu’est-ce que je pensais que c’était. Pour moi, c’était une vitrine dans laquelle on composait une scène, soit avec du papier découpé, soit en mettant en place des miniatures. Le sujet m’intéressait tant que j’avais acheté des livres et tout. Mais comme d’hab, entre ce que je rêve de faire et ce que je fais réellement, il y a juste un fossé énorme genre faille de San Andrea. Donc quand je vois que le Palais de Tokyo réalise une expo sur le sujet, je prends mon Victor, qui a fait de la maquette plus jeune, sous le bras et on y va.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Et je découvre un univers insoupçonné. Oui, il y a de la vitrine comme je disais dans le paragraphe précédent mais tellement plus que ça, en réalité. Les dioramas, on en a tous vus. Si, si. Dans les musées d’histoire naturelle où des taxidermies sont mises en scène dans des décors peints pour mettre en scène ces animaux dans leur habitat naturel. Vous voyez ? Ca, c’est un diorama, une représentation figée d’une réalité. Mais ce n’est pas que ça. A l’origine, ce sont des jeux de lumière qui vont permettre de faire apparaître ou disparaître des éléments d’un décor, faire revivre un événement juste en jouant sur la lumière sur une toile peinte. C’est fascinant.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Le diorama, c’est politique, aussi. C’est une vision figée de quelque chose. Par exemple, au temps des colonies, beaucoup de vitrines représentaient la vie des bons sauvages, à peine civilisés, des femmes noire peu vêtues avec un ou deux bambins accrochées à leur jupe allant vendre des fruits au marché… C’était aussi une façon de montrer tous les produits disponibles dans les colonies et qui allaient profiter au plus grand nombre. Le diorama, télé d’hier pour présenter une certaine vision du monde ? Oui, on peut dire ça. Aujourd’hui, encore, pas mal d’artistes reprennent le diorama comme format pour dénoncer ou exacerber certains traits de notre société, je pense notamment à Paris Streetscape de Mark Dion qui met en scène des animaux dans les rues de Paris en train de piller nos poubelles ou les dioramas que j’ai bien aimés de Tatiana Trouvé avec un empilement qui perturbe dans un premier temps car on ne comprend pas l’enchevêtrement ou la scène apparemment bucolique de Fiona Tan où l’on peine à voir le train accidenté, par exemple. Des oeuvres qu’on doit prendre du temps pour comprendre, noter les détails, refaire l’histoire…Une oeuvre d’art qui en cache une autre.

Diorama à l'Exposition Dioramas au Palais de Tokyo

Du coup, en sortant de là, j’étais forcément résolue à me mettre à ce projet là sauf que je comprends mieux l’histoire, les enjeux, presque, du diorama. En assemblant des pièces, on ne fait pas juste quelque chose de joli, on raconte une histoire, on expose une vision du monde. On rappelle la brutalité de la nature, la douceur de la vie d’antan, on apaise ou on angoisse, on glisse des détails qui éclairent l’histoire tout à fait différemment. Excitant…

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Et si on faisait des activités à deux ?

J’ai une passion dans la vie : apprendre des trucs. J’ai toujours envie de me lancer dans de nouvelles activités et si je m’écoutais (et que j’avais les moyens parce que ça coûte à un moment), mes soirées ressembleraient un peu à ça : lundi : yoga, mardi : comédie musicale, mercredi : plongée, jeudi : batucada, vendredi : yoga. Et pourquoi pas le week-end faire des ateliers de ci, de ça. Ma soif d’apprendre est inextinguible. Mais le souci dans mon équation, vous l’avez noté, c’est qu’il manque Victor. Alors comment tout concilier ? En trouvant des activités à deux. Et non, cet article ne parlera pas de sexe.

Idée d' activités à deux : le vélo

Sauf que, héhé, ce n’est pas si simple. Pour le coup, le point de départ du couple peut avoir une importance cruciale dans cette affaire. Prenons le cas de Mélanie et Ludovic, sympathique couple qui s’est rencontré au club de [insérez activité extraprofessionnelle de votre choix]. Dans la mesure où ils se sont trouvés dans une activité précise, la question ne se posera pas. Pour tous les autres couples, le problème peut être un peu plus épineux. Pour ma part, ça fait deux ans que je propose une nouvelle activité toutes les semaines à Victor “ça te dirait pas de faire du yoga ? Ca te ferait du bien, tu sais… La plongée, toujours pas ? Tu voulais faire du Taï chi, j’ai trouvé tous ces cours là, on pourrait y aller ensemble (il n’a jamais regardé mes liens)… Oh, tiens, j’ai bien envie de faire ça, l’an prochain, ça te dit pas ?”. Reloue la meuf ? Un peu.

Faire du tai chi en couple

Mais il faut me comprendre. Je sais que l’un des pires ennemis du couple, c’est le manque de moments complices. Si je suis absente deux soirs par semaine (c’est ce qui se dessine de mon côté), pour peu que j’ai un verre ou un pot de départ qui tombe en plus, je le vois quand, mon amoureux ? Donc déjà, y a ce souci là surtout qu’en parallèle, on a décidé d’instaurer le mercredi dodo tôt donc il nous reste les lundis et vendredi pour bien profiter (et les week-ends bien entendu). Et puis partager une activité à deux, c’est un truc en plus, une attache de plus. On se lance déjà dans un groupe politique tous les deux, certes, mais j’aime l’idée qu’on partage des trucs. Alors du coup, on a peut-être une idée, on verra…

couple en auto tamponneuse

Parce que faire une activité à deux, c’est aussi se faire des amis à deux… Les amis, tiens, parlons en la semaine prochaine.

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Travailler dans sa passion, ce n’est jamais vraiment travailler

Proverbe à la con ou à peu près certainement croisé trente fois sur LinkedIn. On a quand même un rapport bizarre au travail si on y réfléchit bien. Parlez autour de vous, tout le monde va trouver à se plaindre de ce quotidien répétitif, peu épanouissant et souvent humiliant. Pourtant, notre métier, pour certains, on l’a choisi, non ? Alors pourquoi travailler dans sa passion, ce n’est pas tant le paradis que ça ?

Endroit parfait pour travailler - travailler dans sa passion

Il y a quelques années, j’avais cotoyé rapidement un mec qui, tout mytho qu’il soit, m’avait posé une question intéressante : “pourquoi tu passerais pas ton rescue diving ? Comme ça après, tu pars vivre en Thaïlande pour devenir prof de plongée là-bas !”. Mmmm, vivre toute l’année au soleil et une bonne partie sous l’eau, j’avoue que ça fait rêver. J’ai d’ailleurs un ancien camarade de mon club de plongée qui vient de tout plaquer à 40 ans et quelques pour devenir encadrant dans le sud… Bon, un peu poussé par une rupture, certes, mais quand même. Alors allons demander son avis à Laurent, notre encadrant pendant notre voyage aux Philippines “Tu vois, j’ai pas le droit de me dire un jour “non, je plonge pas, j’ai pas envie”, je dois y aller tous les jours et là, j’en ai marre !”. Parce que la plongée, c’est en général très sympa mais parfois, ça peut juste être horrible : tu peux plonger avec des boulets qui vont gâcher la sortie de tout le monde, il y a les conditions météo qui ne sont pas toujours au top, le courant, le froid, la fatigue… La première chose que tu apprends en plongée, c’est de ne pas y aller si tu le sens pas. Sauf quand tu encadres.

Poissons clown dans leur anémone

Il y a l’écriture. Mon rêve de chichounette, le truc que je rêvais de faire petite en tapant à deux doigts sur la vieille Olivetti de mes parents. Sauf que… l’écriture est un loisir pour moi, une petite escapade hors de mon quotidien comme le serait une balade en forêt par exemple. Et j’ai peur qu’à partir du moment où ça devient une obligation, mon “petit tour en forêt” devienne une tannée de type “balade avec de la boue jusqu’au genoux, tout ça pour servir de buffet aux moustiques”. Ca fait de suite moins envie. Voyez si je prends en exemple ce blog qui n’est pas du tout mon travail vu qu’il me rapporte pas un cent, il fut un temps où je me forçais à écrire juste pour publier régulièrement… et plus je me force plus j’écris mal. Parce que des fois, j’ai pas envie. Parce que des fois, je suis fatiguée. C’est même pas forcément que j’ai rien à dire, juste que ce que j’ai à dire, ça sort pas. Si vous saviez le nombre d’articles abandonnés que je tente de reprendre parfois en me demandant ce que je cherchais à dire au moment où je l’avais débuté.

forêt sur le versant de la Soufrière Guadeloupe

Alors, oui, vous allez me dire que ce que je vous dis sur mes passions comme travail, c’est finalement comme n’importe quel job : y a des jours avec et des jours sans. Y a des jours où je vais pondre 3 recos avant le déjeuner et d’autres où, sur la même plage horaire, j’aurai juste écrit le titre de la première slide. Sauf que mon travail n’est pas ma passion : je le fais par hasard, y a des jours où j’aime ce que je fais, d’autres où je passe ma journée à chercher quelle formation je pourrais faire pour me tirer de là (ou des recettes de cuisine ou des cours de sport… ou n’importe quoi parce que j’ai pas envie). Peut-être que c’est juste moi qui ai une vision merdique du travail, un truc où tu dois t’y coller tous les jours, peu importe si c’est un jour plus ou un jour moins… En tout cas, depuis que j’ai mon rituel d’écrire dans le métro, j’écris un peu tous les jours, c’est facile, ça coule tout seul. Mais il est vrai qu’avoir ce métier à côté qui me ramène suffisamment de sous pour préparer actuellement mon projet voyage au Japon, peut-être ne suis-je pas prête à lâcher ça pour faire ce travail que j’aimerais tellement que j’aurais pas l’impression de travailler.

Le bonheur au travail

Peut-être ai-je choisi la mauvaise stratégie ?

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La première phrase

La semaine dernière, je vous ai partagé la première phrase de mon roman sans titre, nom de code : Maja Sweden. Je vous parlerai titre une autre fois. Je la trouvais un peu plate, un peu nase à la relecture, je vous la repartage, pour le plaisir masochiste :

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire”

Il est souvent difficile de savoir où commence une histoire - écriture manuscrite - première phrase

Définitivement, à réécrire. Voyons voir celle d’un autre roman sans titre, nom de code “Ezialis”

“La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale”

La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale - écriture manuscrite

Déjà mieux, pas le temps de niaiser, on est direct dans l’action et dans un véhicule qui va vite. Une dernière pour le plaisir, voyons… Roman toujours sans titre, nom de code : “pour son sourire” (si vous cliquez, vous aurez la chanson de Jorane quasi du même nom, il y a d’ailleurs de fortes chances que cet embryon de roman ait hérité de ce titre car au moment où je nommais le fichier, j’écoutais Jorane. )

“Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter.”

Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter - écriture manuscrite

Ah tiens, on passe à la première personne du singulier. Ah, faudra que j’en parle, ça aussi, du je ou du “il/elle”. C’est fantastique, je viens d’écrire 20 lignes qui ne contiennent à peu près que du vide et des promesses. Je suis tellement faite pour la politique en fait.

Casting baron Noir canal plus Kad Merah, Anna Mouglalis, Niels aRESTRUP

J’ai bien aimé Baron Noir, au passage

Je n’ai jamais su commencer. Quand j’étais en terminale, la plupart de mes disserts de philo commençaient par “de tout temps, l’homme” pia pia pia… Jusqu’à ce que j’arrive à la fac et qu’un prof nous dise que c’était ri-di-cu-le et qu’il fallait éviter à tout prix. Ce même professeur, qui a ruiné ma culotte en disant qu’il se souviendrait longtemps de moi, m’avait filé un conseil qui me servira jusqu’à la fin de mes études : “Commencez votre dissert par une anecdote ou une citation”. Ah oui, oui, merci, Monsieur ! C’est ainsi que j’ai débuté la rédaction de mes mémoires… avant d’abandonner l’écriture de l’introduction pour le faire en dernier (conseil d’un autre professeur mais moins sexy (le prof, pas le conseil)).

cupcake topping marché de Belfast

Finalement, l’introduction, c’est comme le topping d’un cupcake : tu fignoles à mort car c’est ce qui va être mangé en premier

Parce que débuter, c’est difficile. Ca marche pour tout, hein, pas que pour l’écriture d’un roman. Pour l’écriture d’un article déjà, vous remarquerez que mes phrases d’attaque sont rarement le point fort du propos (je commence généralement par un “la semaine dernière”, “hier”, “il y a quelques temps”). Mais aussi pour des activités manuelles genre la couture ou le tricot, mes petites marottes du moment. Oui, c’est cyclique chez moi : j’attends avec impatience mon matos mais une fois que j’ai tout, je traîîîîne à commencer, je ne sais pas par quel bout prendre. Le pire, c’est quand je me prends d’une passion soudaine sans socle préexistant genre : le paper art. Ca me fait surkiffer, je vois plein de photos, je me dis “oui, je veux faire ça”. Et voilà. Par quel bout je prends le truc ? Par quoi je commence ? Parce qu’un mauvais départ, c’est la voie royale pour vite laisser tomber. Dans l’absolu, sur le paper art, c’est pas dramatique vu que je comptais pas en faire mon métier, mais sur un roman ça génère de la frustration. Parce que j’ai toutes ces histoires dans ma tête dont je ne fais rien, ces scènes tricotées au fur et à mesure de mes marches pour aller bosser (ce qui m’arrive beaucoup moins vu que je ne marche plus beaucoup, snif) qui n’attendent qu’à être couchées sur papier. Mais si le départ est mauvais, je n’arrive plus à rattraper le fil.

chat pelote noeud jeu mignon

Quand tu renonces à rattraper le fil

Du coup, reprenons les conseils du Pr “j’aurais tant aimé te montrer ma culotte” et voyons si nous pouvons les appliquer :

  • Une citation : alors non, direct. Le conseil est bon, ne nous méprenons pas mais vous savez qui commence ses romans ou chapitre par une citation ? Marc Lévy, Guillaume Musso, Dan Brown… Pas des gens que j’ai envie de suivre (no offense, c’est juste pas ma came). Et de façon générale, je trouve que les gens qui usent de citations dans la vie réelle genre sur leur Facebook ou Twitter sont des médiocres qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.
  • Une anecdote : et mais pourquoi pas en fait. Sauf que voyons… Maja, je raconte quoi comme anecdote sur elle ? Là, la phrase sert juste à enchaîner direct sur Maja et l’éveil de sa conscience politique, on s‘en fout un peu de ce qu’elle a pu faire avant, rien ne la rattache à cette histoire là. Mais le coup de l’anecdote, ça peut servir pour plus tard.

deux femmes se chuchotent un secret

Et pourquoi ça me saoule autant cette phase d’attaque ? Parce qu’avant, j’avais un vilain tic d’écriture qui lançait la première scène comme un film, littéralement : une description rapide d’un lieu, un personnage « pop » : ce sera lui ou elle le héros ou l’héroïne, certainement et quelques lignes plus tard, quelqu’un viendra lui parler pour qu’on ait le prénom de la personne. Ce qui donnait dans la version 1 d’Ezialis :

Le bois grinça, ajoutant une touche de lugubre dans l’obscurité nauséabonde. A l’odeur de sueur et de déjections se mêlaient celles, tenaces, de poisson séché et d’algues en putréfaction. L’ambiance pesante était entrecoupée de toux, de râles, quelques sanglots. Ils ne savaient pas précisément vers où ils naviguaient mais leur avenir s’annonçait sombre.”

C’est limite si vous ne voyez pas les noms des acteurs apparaître en surimpression, non ?

générique game of thrones

Le meilleur générique du monde

N’empêche… N’empêche qu’à tout relire, je me dis que c’est peut-être mieux. Et si “roman nom de code “Maja Sweden”” démarrait par “Le ciel lourd de ce matin d’automne donnait une allure lugubre à la salle de cours où on n’entendait que le professeur et les cliquetis des claviers sur lesquels les étudiants tapaient avec dextérité. Maja Lagerkvist ne se doutait pas que ce cours allait bouleverser sa vie”.

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Mmmm… C’est mieux non ?

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Pourquoi Pokemon Go, c’est bien

 

Retour de vacances, la tête dans le cul, tu reprends un peu ta petite routine. Lever, douche, café, métro, boulot, métro, dîner, dodo. Des bisous et des câlins pour faire passer la pilule. Un nez sur les réseaux sociaux, je commence à voir passer des conversations sur Pokemon go, je ne réagis pas. Puis mon intérêt est titillé : faudrait marcher pour jouer… Marcher, c’est mon truc.

Pokemon go

Je n’ai jamais joué aux Pokemon de ma vie, j’étais presque majeure quand le jeu est sorti, j’ai vaguement regardé quelques épisodes du dessin animé, passant du “oh, c’est trop mignon, Pikachu” à “mais il va fermer sa gueule, le Pika pika, là ??”. Je vois passer quelques vidéos sur Youtube sur le sujet mais vu que je n’y connais rien, je ne m’y arrête pas. Donc forcément, sur le coup, je n’y ai prêté aucune attention jusqu’à ce que je découvre un détail : le jeu marche sur la géolocalisation et la réalité augmentée : plus tu marches, plus ça marche. Marcher ? Ma passion !

pokemon go réalité augmentée chasser dans la rue

Couplé à mon bracelet traqueur d’activité, là, mes 10 000 pas, j’allais les faire, easy ! Et là, je découvre la cerise sur le gâteau : les pokestops. Pour ceux qui n’ont pas joué, j’explique : vous avez régulièrement des Pokestops qui vous permettent de vous ravitailler (notamment en pokeball pour attraper les Pokemons, donc). Or les Pokestops sont placés sur des bâtiments remarquables, des tags… Et c’est ainsi que je redécouvre mon environnement, à coup de petite statue ou curiosité cachée. Alors parfois, il arrive que le tag ou l’hôtel à insecte ait disparu (oui, un nid d’insecte), il peut arriver qu’un Pokestop soit posé sur le logo d’un resto japonais indiqué comme “fresque murale” alors que tu as une énorme oeuvre d’art juste en face mais globalement, j’ai réellement découvert de petites curiosités dans mes quartiers.

Street art Gregos Paris

Alors pour le coup, pas celui là, je l’avais pris en photo il y a longtemps

“Ouais mais ça rend les gens autistes, tout le monde regarde son téléphone et ne regarde plus autour de lui”. Alors déjà, j’aimerais savoir d’où vient toujours ce fantasme d’une société où on se parlerait tous spontanément, entre inconnus, pour le plaisir. Ca n’existe pas. Déjà, je vois pas en quoi Pokemon nous rendrait plus fermé à notre entourage que le simple smartphone. Au contraire, même ! Allez jouer à Pokemon dans le métro, vous… Avec la géoloc, ça ne marche pas, vous allez trop vite pour déclencher quoi que ce soit (sans parler de la légendaire 4G dans le métro). Et pour le coup, moi, j’ai vu l’inverse. Dimanche, on va se balader dans le parc voisin avec Victor : officiellement pour prendre l’air, officiellement aussi pour attraper des Pokemons (mais ma batterie est morte hyper vite donc j’ai pas fait grand chose). Déjà, je suis contente : on sort de l’appart pour se dégourdir les pattes, what a good idea ! Et puis sur le chemin,on croise pas mal de petits groupes en train de jouer, soit assis sur la pelouse, soit en courant partout dans le parc en criant “y a un Bulbizarre, y a un Bulbizarre” (ok, si t’es pas au courant du jeu, tu te demandes ce que font ces gens) et je souris : tous ces gens réunis autour d’un jeu, c’est cool…

jouer pokemon go

Alors pourquoi tant d’indignation ? Facile : parce que c’est nouveau, parce que c’est tendance et écrire/parler dessus, ça fait le buzz. En gros. Dimanche, au parc, j’ai vu des gens passer du temps ensemble : certains jouaient au Pokemons, d’autres aux cartes, d’autres encore au foot, certains font de la capoeira.  Tout le monde passe un bon moment en commentant ce qu’il fait, c’est mal ? “Ah mais les gens ne parlent que de ça, c’est chiant”. Moi, je trouve chiant que les gens parlent d’émissions de merde qu’ils regardent en mode hate watching mais qu’est-ce que j’en ai faire de votre amour de la bêtise humaine (non mais allo quoi !) ? Alors oui, un abruti va aller provoquer un accident de voiture (alors qu’avec les téléphones portables, on n’avait jamais eu ce souci), d’autres vont chasser au Memorial de la Shoah (n’a-t-on jamais eu là-bas des gamins mal élevés qui plantent leurs écouteurs dans les oreilles en attendant que la visite passent ?). Ce n’est pas Pokemon Go qui rend les gens cons, imprudents ou irrespectueux : ceux là l’étaient déjà avant ! “Ouais mais le jeu, il pique les données Google !” Ah tiens, ça vous préoccupe maintenant les connexions entre vos comptes sociaux et une appli quelconque ?

Pokemon dans la réalité

Bref, pour le coup, j’avoue avoir été attrapée par le jeu et je sais que dans un mois max, je serai passée à autre chose. En attendant, je marche, je vais me balader avec mon mec et je croise plein de gens avec qui nous partageons un regard de connivence… Et puis, au vu de l’actualité, parler de Pikachu, ça nous fait respirer 5 mn pendant que le monde s’écroule. Est-ce si criminel que ça ?

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Tu n’es pas d’accord avec moi : tu n’as aucune ouverture d’esprit

Depuis le temps que je zone sur les réseaux sociaux, il s’est passé deux choses : je me suis “radicalisée” sur de nombreux sujets (genre le féminisme où je mords de plus en plus facilement) et par conséquent, je me suis retrouvée à “débattre” avec des gens aux avis radicalement opposés au mien. Ce qui entraîne en général deux réactions :

  • tu n’as vraiment pas d’humour (non, l’humour oppressif ne me fera jamais rire, sorry)
  • tu n’es pas ouverte d’esprit.

Ben tiens…

ouverture d'esprit

M’étant déjà énervée sur le sujet de l’humour, passons donc directement à l’autre sujet : l’ouverture d’esprit. Je peux affirmer sans rougir que je suis ouverte d’esprit : de nature curieuse, j’aime bien découvrir de nouveaux sujets, me passionner pour ceci ou cela, butiner tel un colibri un peu de connaissance à droite, à gauche. Il suffit que je lise un livre ou un article sur quelque chose qui attire mon attention pour que j’entame une boulimie d’infos sur le sujet. Ce qui crée une légère frustration au vu du temps libre dont je dispose actuellement… Parfois, je lis un article ou mate un reportage qui me laisse froide, ça arrive aussi. Bref, j’essaie de m’intéresser et de me cultiver dans la mesure du possible mais au vu de mon temps libre disponible, je vais me consacrer aux sujets qui ont allumé l’étincelle de mon intérêt. C’est ainsi que je ne vais pas lire 50 nuances de Grey juste “par ouverture d’esprit”. Ca va, je me suis déjà tapé 2 volumes de l’infect After, ça me suffit en terme de “tomber amoureuse d’un pervers narcissique qui va te faire chialer tous les 2 matins, c’est ça, l’amour, le vrai !”.

femme-relation-abusive-amour

Non mais à un moment, comment on a réussi à faire croire que l’amour, le vrai, saigne forcément ?

Parfois, je m’indigne sur certains sujets ou propos. J’ai ma sensibilité et certaines choses, je ne veux plus les entendre. Je vomis le sexisme donc quand je vois une remarque gratuite et déplacée sur les femmes, je ne vais pas hésiter à mordre. Idem, en ces temps troublés, je ne supporte plus le racisme ou la xénophobie et je ne vais pas hésiter à rentrer dans la mêlée. Et c’est là que le bât blesse : “han, tu ne tolères pas mon opinion [dégueulasse], t’es pas ouverte d’esprit”. Ou en sous texte : “tu veux pas être d’accord avec moi alors que je t’explique, t’es pas ouverte d’esprit”. Alors non, ceci n’est pas de l’ouverture d’esprit. Par exemple, un mec m’a fait chier dimanche sur une conversation autour de Ivan Rioufol, le mec néo réac qui recycle sans trembler le choc des civilisations d’Huntington et qui crache en toute occasion sur le multiculturalisme (“le cheval de Troie de l’islamisme”. Je cite, oui). Donc je trouve que, déjà, connaître les propos de ce monsieur, c’est déjà beaucoup. Mais quand je m’érige contre de tels propos et qu’on m’explique que les pays musulmans ne sont pas plus ouverts au multiculturalisme (pas du tout le sujet) et que je refuse de cautionner, voilà “je suis pas ouverte d’esprit”.

couple-dispute-debat

A se demander si on ne prend pas les autres pour de sombres idiots. En somme : moi seul-e est le savoir et je te le confie. Tu refuses de me suivre ? Alors tu es borné-é, tu n’es pas ouvert-e. Mais quoi ? L’ouverture d’esprit, ce n’est pas adopter l’avis du dernier qui a parlé. Tu as exposé tes arguments et je ne suis toujours pas convaincue mais c’est moi qui ai un problème d’ouverture ? Pourquoi, toi, tu ne te remets pas en question ? En général, quand je l’ouvre sur un sujet, c’est que je me suis un minimum renseignée dessus, je ne contredis pas juste pour faire chier. Ca ne veut pas dire que je refuse toute conversation sur le sujet, mes opinions ont aussi évolué (heureusement), mais à un moment si tu n’arrives pas à me faire changer d’avis, pose toi la question : soit tu n’as pas su trouver les arguments, soit nous avons des vues totalement opposées sur le sujet et il est difficilement imaginable que nous trouvions un consensus. Et à la limite, ce n’est pas grave. Pour ma part, quand je débats, je sais très bien qu’à un moment, l’orgueil entre en jeu donc même si j’arrivais à convaincre la personne en face, je me doute que 9 fois sur 10, celle-ci ne l’avouera jamais. Et je m’en fous de ça, je veux juste que la personne réfléchisse, se dise qu’effectivement, y a peut-être une autre vision des choses, que oui, les propos tenus sont problématiques… ou peut-être que quelqu’un lisant le débat sera touché par les arguments.

le débat d'entre deux tours

Mais arrêtez de décréter qu’une personne qui n’adopte pas vos opinions manque d’ouverture d’esprit. Surtout quand elles puent bien fort la xénophobie.

 

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J’invoque le droit à me foutre du foot

Ce soir, l’équipe de France de football rencontrera l’équipe du Portugal pour une finale inédite…. enfin, je crois. Celui qui gagne sera sacré champion d’Europe, youhou ! Youhou ? Alors, non, excusez-moi mais j’en ai rien à faiiiiiiiiiiire. Et ceci n’est pas une posture condescendante de pseudo intellectuelle qui considère que le foot, c’est que pour les beaufs illettrés, non… C’est juste que je ne ressens strictement aucun intérêt pour cette compétition.

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Et je dois avouer que j’ai du mal à saisir la force de l’euphorie entourant ce sport. Oui, je sais qu’un beau match peut être haletant et que ça peut être un spectacle tout à fait plaisant à regarder, j’ai déjà eu l’occasion de mater des matchs (quand même) mais le point reste : pourquoi ça rend la nation folle à ce point ? Déjà, je trouve fantastique que le peuple dans le sens très large du terme revendique une telle victoire. Le “on a gagné” légèrement abusé : ce n’est pas “on” qui a gagné mais une vingtaine de joueurs et leur staff technique. “Et le public, tu l’oublies, le 12e homme et tout ?”. Alors, je veux bien mais ça me fait doucement rire quand je vois comment, en France, on maîtrise à mort la critique ultra violente des joueurs s’ils ont le malheur de ne pas marquer. J’ai beau ne pas m’intéresser au foot, je connais les histoires de poids de Gignac, les critiques sur Giroud et puis, hop, il marque et c’est devenu l’idole de la nation. Ah woké… Est-ce que vous pourriez changer d’avis un peu moins vite que je puisse suivre ? Le cas le plus manifeste reste Aimé Jacquet, le mec sur lequel on a craché pendant tout son mandat d’entraîneur jusqu’à ce qu’il gagne la Coupe du Monde. Bref, un peu boîteux ce 12e homme mais on dira qu’on ne parle que des supporters du Stade.

public match de foot

Mais la vraie question est : pourquoi le foot ? Je pourrais comprendre cette légère préférence par rapport au rugby où nous n’avons jamais été champions du Monde malgré quelques finales disputées, nos frêles joueurs ne semblant pas à la hauteur des mastodontes de l’hémisphère sud. Mais il y a pas mal de sports où on domine largement la discipline comme le handball où on a accumulé pas mal de titres, la natation, le biathlon, le saut à la perche, même le basket, je crois qu’on est bons. Et niveau spectacle et tension, le handball me paraît largement au dessus par rapport à des matchs de foot qui semblent régulièrement vous amener au bout de l’ennui. Donc pourquoi le foot ? Je pense qu’il y a là quelque chose d’historique que je ne situe pas bien, très peu de pays semblant exclus de ce délire footballistique (mention spéciale au Canada cependant, le pays où tout est merveilleux).

canada-foot

On voit que ça attire du monde, là bas

Mais surtout, ce qui m’agace, c’est que j’ai l’impression qu’on me refuse le droit de m’en foutre. Je ne parle pas de ne pas aimer, ce n’est même pas ça : c’est juste un truc qui ne fait pas du tout partie de ma vie. Déjà, là, sur cette compétition en particulier: je n’ai plus la télé, j’ai été en vadrouille durant la moitié de la compétition (ce qui ne m’a pas empêchée de me retrouver noyée dans une marée de supporters hongrois lors de notre premier soir à Budapest et franchement, ça m’a donné une première impression horrible de la ville : c’est à celui qui gueulera le plus fort dans une espèce de compétition de voix viriles à la con, les bouteilles de bière volent, ça pisse dans tous les coins… waouh, la belle fête… Et évidemment, on a fini par se réfugier dans notre appartement avec des vivres achetées en urgence au supermarché, top la première soirée) et je ne sais même pas qui joue à part ceux qui marquent les buts car je vois leurs noms passer sur Twitter. Et une victoire de la France (ou sa défaite) ne changera strictement rien à ma vie : je ne vivrai ni mieux ni mal, j’aurai juste du mal à accéder aux autres nouvelles pendant quelques jours et je pesterai quand je verrai que Hollande et Valls sortiront des abysses des sondages avec quelques points en plus juste parce que quelques gars qui courent sur une pelouse ont gagné.

Hollande joue au foot

« Ouais, j’ai presque 25% d’opinions favorables, vive le foot ! »

Et la fierté ? Mais fierté de quoi ? De partager la même nationalité de ces coureurs de pelouse ? Oh wouah, effectivement, je suis très fière de… Non, pardon, je vois pas. Je comprends limite plus ça dans les championnats club où tu supportes ton club tout au long de l’année et que tu t’investis un minimum mais là… Je veux dire, cette équipe, là, elle joue combien de fois dans l’année ? Une demi douzaine à une quinzaine de fois maximum ? Certains joueurs y jouent tellement peu qu’à ce niveau là, on est carrément dans le caméo. Donc bon, quitte à être fière de la France, j’aimerais que ce soit parce que nous avons fait une découverte majeure qui va révolutionner le monde, parce qu’on a mis en place un modèle de société égalitariste, social et écologique (la fille qui rêve sa vie, tsééé…). Mais être fière parce qu’une équipe de mon pays a gagné une compétition, pardon, mais vous m’en demandez trop là.

Equipe de France de foot Euro 2000

C’est marrant parce que la dernière fois où on a gagné l’Euro, on avait Deschamps dans l’équipe et là, il est entraîneur… C’est un signe ? (oui parce que j’ai beau ne pas m’intéresser au foot, je sais des trucs, quand même)

Bref, j’aimerais juste qu’on ne me parle pas de foot, qu’on ne me regarde pas comme une extraterrestre parce que je n’ai pas vu un seul match et que je n’en ai pas envie, que la ferveur nationale me laisse froide. Ce n’est pas parce qu’une bonne partie d’entre vous s’est soudain découvert une passion pour le foot (passion oubliée dans 3 semaines max) que je dois suivre le même chemin que vous. Et il n’y a rien de grave.

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L’épée de Darwin de Dan Simmons

J’aime varier les plaisirs et après Anna Karénine, j’avais envie d’un bon polar et l’épée de Darwin de Dan Simmons sonnait bien à mes oreilles. Surtout que le monsieur est l’auteur de “l’échiquier du mal” que je n’ai pas lu mais dont j’ai entendu beaucoup de bien donc vas-y, liseuse, on part à la conquête de ce nouveau polar.

l'épée de Darwin de Dan Simmons

L’histoire : Darwin Minor, docteur en physique spécialisé en accidentologie, intervient sur les accidents mortels pour une assurance afin de décider quelles sont les responsabilités des uns et des autres. Mais le voilà soudain pris en chasse par des tueurs à gage russes. En leur échappant, Darwin se retrouve désormais face à une mafia locale qui organise des tas d’arnaques à l’assurance avec des accidents provoqués. Il va s’associer à Sidney, une inspectrice de choc.

The Mentalist

Un consultant et une inspectrice, c’est vrai qu’on n’a jamais vu ça

Alors dis comme ça, avouez que c’est assez sexy… Et bien, c’est un leurre ! Le livre fait 463 pages, il aurait pu tenir en 150. Une souffrance.

Alerte mauvais livre

Alors reprenons, qu’est-ce qui ne va pas dans ce roman ? En premier lieu le héros principal. Mon Dieu que ce type est insupportable. En fait, Darwin Minor souffre de ce qu’on pourrait appeler le syndrome Robert Langdon, le héros de Dan Brown (Da Vinci Code, Inferno, Le symbole perdu…) : le mec sait tout sur tout, il sait tout faire et les femmes en tombent systématiquement amoureuses. Non mais bonjour l’ennui ! Du coup, notre ami Darwin te dit en 34 secondes ce qu’il s’est passé sur cet étrange accident, il va faire du planeur et joue à la guérilla dans la forêt avec des armes, te shootant un mec à au moins 10 km pépouse. Sa seule faille : il a perdu sa femme et son fils dans un crash d’avion auquel il a lui même survécu. Alors je sais pas vous mais moi, M. Parfait, j’ai toujours du mal à avoir de l’empathie pour lui…

Zodiac-de-David-Fincher

Mais encore, il n’y aurait que ça… L’écriture de Simmons est insupportable. Soit le mec veut nous partager toutes ses passions soit il veut nous montrer qu’il s’est bien documenté mais… la moitié des écrits sont juste inutiles. On a le droit à de trop longues listes d’armes et de voitures (ne m’y connaissant ni dans l’un ni dans l’autre, ça ne m’aide pas vraiment à rentrer dans le récit), tout une histoire de planeur qui ne sert strictement à rien (mais on a bien compris que Darwin était le meilleur pilote du monde), un flash back sur un épisode infiniment long de la guerre du Vietnam (spoil : Darwin est le seul militaire à s’en sortir) qui n’a pas la moindre incidence sur le récit. Mais bon sang, Simmons, à quoi tu joues ? Tu avais un nombre de signes trop élevé à respecter ou ?

long manuscrit - sur la route

Quant à l’intrigue. Bah, c’est un épisode des Experts, quoi, ni plus, ni moins. On a des crimes, on enquête, on te plie ça en 2*2, merci bisous. A la limite, pourquoi pas, j’ai pas mal regardé les Experts il y a 15 ans mais là, c’est même pas bien amené ! L’enquête avance un peu par la grâce du Saint Esprit, Darwin comprend des trucs tu ne sais même pas comment, la piste se remonte bien trop facilement… Et du coup, niveau rebondissement, tu repasseras.

Le cross over des Experts

Nyeeeeeeeeeeeeeeah !

Bref, je me garde L’échiquier du mal pour plus tard, pour voir, mais je vous cache pas que je vais le lire un peu à reculons. J’ai fait une légère comparaison avec Dan Brown et on n’en est vraiment pas loin : héros bien trop parfait, héroïne simple faire valoir (même celle qui devient la descendante de Jésus), enquête qui se débarrasse du bon sens… mais je ne rends pas tout à fait justice à Brown : malgré ces gros défauts, son écriture est efficace et tu dévores le bouquin comme un paquet de Malteser. Alors que là, c’était plutôt grosse plâtrée d’haricots* verts en boîte… C’est assez dégueu et ça se digère pas très bien.

 

* Je reste fascinée par la différence radicale de goût entre les haricots verts en boîtes et les haricots verts frais.

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Le Annette Gate

Je ne pouvais passer sous silence le drame qui secoue ce petit univers dont je suis experte : les sitcom AB. Que se passe-t-il encore, allez vous me dire en soufflant par le nez ? Et bien accrochez-vous à vos slips, je vais péter votre adolescence : Annette et Roger couchent ensemble.

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Bon, pour ceux qui n’ont que des souvenirs brumeux de Premiers Baisers (ou qui s’en foutent), je fais un petit rappel du contexte. Au début, Annette est la meilleure amie de Justine, clairement amoureuse de M. Girard, père de la dite Justine, etce durant tous les épisodes, y compris une fois devenue adulte. Sauf que pendant ce temps là, Annette est venue s’installer chez les Girard et est finalement devenue un peu leur Xe fille (vu qu’ils ont aussi recueilli une paire de jumelles hystériques et une cousine niaise). Donc le mec, il a hébergé la demoiselle pendant 5 ans et là… il couche avec. IL COUCHE AVEC ! Malaise.

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La question est « pourquoi en est-on arrivé là ? ». Bon, vu qu’Hélène est censée se marier (oui!), fallait bien sortir Roger, la Marie (mère d’Hélène et Justine) ayant disparu en mer, hop, dégage la MILF. Et comme Azoulay nous sort tous les fantômes du placard (genre Chloé, la 3e soeur disparue des radars pendant 20 ans et qui revient l’air de rien. Par contre, tous les sales gosses que nos joyeux amis ont généré sont tous retournés dedans. Les sitcoms, c’est comme les soap operas, les gosses, ça fait chier), il décide d’en terminer avec la relation la plus incestuo-ambiguë de la télé française. Et voilà Annette et Roger dans le même pieu. Et je vous avoue avec une pointe de honte que voir les deux acteurs s’embrasser, ça m’a foutu un poil mal à l’aise. Et c’était pas lié à la vilaine tapisserie…

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Pourtant,en un sens, c’est logique. Pendant ses jeunes années, Annette s’est souvent posée en compagne asexuée de Roger, bien plus que Marie trop occupée à bosser et à flirter avec son patron, gratifiant son cher époux de baisers mais point de conversations. En fait, Roger et Marie, leur vie, c’est un peu « dès que nos 35 filles quittent la maison, on essaie de s’envoyer en l’air mais y en a toujours une qui revient alors on rigole en secouant la tête ». Alors qu’Annette s’occupait de Roger avec passion et autoritarisme. Même quand elle était en couple, M. Girard restait sa priorité absolue. Jusqu’au couple malsain qu’elle forme avec Paul : vivant toujours chez les Girard (tranquilles), la Annette continue de baver sur Roger tandis que son compagnon Paul n’est pas insensible aux charmes de Mme Girard. Imaginez un peu les partouzes que ça aurait pu donner… Puis Annette trouve un mec au détour d’une partie de poker et quitte Paris pour le suivre à Katmandou, non sans des adieux déchirants à M. Girard.

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Et là, 15 ans plus tard (… je me sens vieille), pof, la voilà qui se réveille dans le même lit qu’un M. Girard nu. Ils ont fait du sexe. ILS ONT FAIT DU SEXE BORDEL !! Mais comment c’est possible. Bon, elle, elle a jamais tout à fait résolu son Oedipe vis à vis de lui, okayyyy mais lui, il l’a élevée pour ainsi dire, il l’a vue tous les matins pendant 10 ans en train de deviser avec sa fille cadette des histoires de Jérôme, de Luc et de Joël…Mais au-delà de ça, je suis ébahie par le buzz que ça génère, tous les journaux peu sérieux font un petit article sur le sujet. Oh merde, quel coup de maître ! J’aurais jamais cru… Non parce que bon, c’est une série qui passe sur TMC et pas Joséphine Ange Gardien suivie par des millions de gens… Mais c’est un peu notre adolescence qui s’effondre. Je veux dire pendant toutes ces années, on nous a vendu un monde un peu niais et parfait où les gens s’aiment et où les méchants ne le sont pas tant que ça. Petit à petit, ce mignon petit monde s’est désagrégé. L’infidélité a toujours eu sa juste place, les coups de putes pardonnés au nom de l’amitié mais les méchants commençaient à être juste méchants tandis que les cuisses s’écartaient de plus en plus vite, les bonnes grosses séances de baises dans tous les sens, jusqu’à ouvrir la porte au saphisme (mais point de couple gay, faut pas déconner). Et là, là, l’innocent M. Girard profane la grotte d’Annette dans une chambre à la tapisserie immonde. Fin totale de l’enfance : même le gentil monsieur qui t’a élevée et écrit des séries niaises t’arrachera un jour ton string avec les dents.

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Jean-Luc Azoulay, c’est un peu le grand frère méchant qui te balance un jour dans la face que le Père Noël n’existe pas. En attendant, chapeau l’artiste, fallait trouver l’idée pour faire parler de la série (le mariage d’Hélène et la reprise de sa vie sexuelle après 10 ans d’abstinence n’intéressant que peu de monde).

 

PS : La dernière photo a été piquée aux sitcomologues, des gens bien. Même que tiens, si tu veux en savoir plus sur le Annette gate, clique donc !

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