Une journée détente en catamaran

Le 14 mars – Journée farniente en catamaran ! Je suis moyen motivée à l’idée de passer la journée en plein soleil mais la promesse de snorkeling me convainc d’y aller. Réveil à 6h50 pour m’offrir le lever de soleil. Raté, il fait encore bien nuit, à peine une petite touche plus claire au fond. Je m’habille et y retourne… Toujours pas. Finalement, j’aurai droit à un petit résidu en allant au bus, pas si mal…

Lever de soleil à Guajimico, Cuba Lever de soleil à Guajimico, Cuba

Nous prenons donc le bus, rendez-vous à 8h mais ça traînasse un peu. La vie de groupe est parfois un peu compliquée… On se rend à la marina de Trinidad pour prendre un catamaran. Nous sommes vingt-et nous récupérons un groupe d’une quinzaine de personnes. Bon, ça rentre car le filet central est sursquatté. Je choisis une place en dur, papote un peu, lis aussi. On a dit journée détente, j’applique.

Journée catamaran à Cuba Journée catamaran à Cuba

Première étape, le snorkeling. J’aime cette activité, ça crée une sensation de flotter encore plus forte qu’en plongée et j’ai même vu un poisson flûte. Il y avait des sergents majors (bagnards), des demoiselles bijoux, poissons papillons et surtout un très beau corail. A peine remontés sur le bateau, on file sur l’île avec des iguanes un peu partout… Dégueu. Des crustacés plein la plage aussi. Le lieu est très sympa ! Un léger micro-climat au vu des nuages alentours, une paella pas mal, une plage agréable. Une petite baignade, un paressage sur un transat… et évidemment des coups de soleil en pagaille. Un jour, j’apprendrai à me crémer correctement un jour en arrêtant d’oublier des zones. Et je vais arrêter la crème en spray aussi, c’est de la merde. En plus, je crame de partout mais mon visage reste pâle… Je veux du doré ! Quoi qu’il en soit, cette petite journée sur un îlot perdu avec une heure rien qu’à moi sur mon transat me fait un bien fou. Non parce que partir en groupe a certains avantages, le premier étant de ne me préoccuper de rien, mais il n’y a jamais de réelle solitude. Je voulais écrire, je n’ai tenu que ce journal (et encore, là, je suis dans l’avion du retour) et je n’ai même pas beaucoup lu : un roman terminé, quatre magazines épuisés… C’est aussi pour ça que j’aime la plongée : pendant une heure, personne ne me parle, je suis seule avec moi-même, n’adressant que quelque gestes à mes camarades pour dire que ça va (ou pas, parfois…), que j’ai encore plein d’air et que je ne sais pas où est le bateau. En fait, la plongée n’est pas loin de la méditation, j’aime laisser filer ma pensée… et graver dans ma mémoire ces paysages incroyables. Il faut que j’en fasse quelque chose… C’est marrant comme je n’ai jamais intégré la plongée à l’un de mes récits… Mais j’ai une idée d’une histoire d’un royaume fantastique qui est assez proche de la Cité et que j’ai bien envie d’écrire en ce moment (six mois plus tard, j’ai pas écrit une ligne là-dessus mais j’ai bien avancé sur Uchronia que je n’avais pas du tout imaginé à l’époque)… Surtout que mes lectures de vacances m’ont déverrouillé un point d’intrigue que je n’arrivais pas à passer (six mois plus tard, je n’ai aucune idée de quoi il s’agissait). Bref, je digresse sur papier comme j’ai laissé divaguer mon esprit sur cette plage.

Une plage à Cuba Un iguane à Cuba Un îlot à Cuba Décor pour snorkeling à Cuba

De retour au bateau, je continue de lire, ma coloc est assise à côté de moi mais elle ne dit rien, elle ne fait rien. Elle est enfermée dans son introversion et je n’ai pas la clé. C’est drôle que malgré sa très grande timidité, elle m’ait propose spontanément de partager la chambre… Un peu comme Anaïs au club de plongée quelques années plus tôt. Y a peut-être un truc à creuser.

Catamaran amarré à Cuba

Retour à l’hôtel, je me douche et file au bar pour écrire mon carnet de plongée, ce journal, trois pages d’Augura, trois pages de Kleo (ah, oui, ce truc totalement abandonné depuis) et peut-être un peu de Technopolis. Arrivée sur place, les grumeaux sont là, je m’installe à part. Mais le couple sympa arrive rapidement et je les rejoins. Je les aime trop, ils sont vraiment supers. Le groupe s’étend, on redescend faire signer nos carnets de plongée, on rit, on picole un peu, je vexe le beau gosse de service en lui disant qu’il a une tête de dessin-animé. Mais comme il est bourré, il aura certainement oublié.

Des nuages se reflétant dans les marais Des nuages se reflétant dans les marais Epave de bateau à Cuba Boire et écrire

Et voici la soirée de l’improbable, la soirée langouste. Je rigole beaucoup avec mon petit gang. Le repas est joyeux, la fin de soirée va être anthologique. Me voilà sur une piste de danse avec de (très) jeunes hommes à virevolter dans tous les sens en riant un peu niaisement, ne comprenant pas trop ce qu’il se passe. Faudrait que je me mette à la salsa, même si je crains un peu des dragueurs… Là, c’est hyper respectueux même s’il y en a un qui a jeté son dévolu sur une fille du groupe qui lui répète qu’elle a un mec mais comme ce petit jeu lui plaît, elle cultive l’ambiguïté. On danse en riant, on picole et on finit par rentrer à 1h du matin. La danseur dragueur nous rattrape rapidement et on l’abandonne avec la fille qui lui plaît (je n’aurai jamais le fin mot de cette histoire). On discute avec les filles qui me font part de leur aversion pour les grumeaux. Moi, à part une qui m’insupporte vraiment, il y a quelques “moments de grâce” où je peux échanger avec eux… mais voilà, à trop vouloir attirer l’attention, ils attirent l’aversion, surtout une qui glousse tout le temps et nous critique à portée d’oreille. Ah, les voyages en groupe…

Coucher de soleil à Cuba

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Demain, tous philanthropes

Bonjour, ceci est un article sans base concrète mais une petite utopie pondue au débotté parce que des fois, ça fait du bien de croire en des lendemains meilleurs. Et je n’ai bien que mon imagination pour envisager encore un futur riant. Alors je rêve. Je rêve de revenu universel et que nous deviendrons tous philanthropes si nous n’avions plus à travailler pour survivre.

En route vers l'utopie

Imaginez, imaginez. Demain, l’état nous donne à tous un millier d’euros pour vivre. Bien sûr, certains (la majorité je suppose) va continuer à travailler pour compléter ce premier salaire mais on ne bosse pas autant pour gagner 1000 euros que pour en gagner 2000, etc. Ou alors on peut partir sur l’idée de la semaine de 32h, aussi. On bosse 8h par jour 4 jours par semaine et hop, à nous le week-end de trois jours. En fait, choisissez le scénario que vous voulez. J’avais pour ma part démarré une utopie où chacun était à mi-temps : la moitié du temps passé au travail, l’autre moitié à faire ce que l’on veut.

Salarié à temps partiel : la liberté ?

Et justement, c’est quoi qu’on veut ? Imaginez. Alors on va tous se dire “se reposer”, “voyager”, s’adonner à une passion quelconque… En tout cas, moi, si ça arrivait demain, je commencerais par ça. Mais après ? Je veux dire, on parle de toute une vie comme ça. Une fois qu’on s’est reposé, qu’on a voyagé et pris l’habitude de lire, écrire, faire du paper art, des perles hama ou je ne sais quoi, on fait quoi ? Et c’est là que je m’avance à mort mais je crois sincèrement que tous autant qu’on est, ce temps gagné, on le donnerait.

Lara Croft en perles hama

Oui, c’est moi qui l’ai faite et j’en suis très fière

Pour ma part, je m’imagine sans soucis donner des cours pour les enfants. Peut-être des cours d’écriture collective avec eux où l’on créérait une histoire avec toute la classe et on ferait des dessins pour l’illustrer (eux, pas moi, je dessine vraiment très mal, pire qu’un enfant de 8 ans, oui). Bon, moi, je me projette là-dessus parce que c’est mon petit talent. Peut-être aussi que je m’impliquerais dans les cours de français qui sont donnés aux migrants (vu que j’aurais le temps de me former correctement pour donner ce type d’enseignement), sans doute un peu dans la politique locale sur certains sujets, m’impliquer dans l’écologie, notamment. Et ne croyez pas que je me la joue meuf coeur sur la main parce que je suis vraiment persuadée que ce serait un élan général.

Demain tous philanthropes  : tendre la main aux autres

D’où me vient cet incroyable espoir ? D’abord de mon envie d’y croire. Ensuite, d’une sensation, d’une intuition. Aujourd’hui, j’ai envie de m’engager plus. Non mais c’est vrai, j’ai un avis sur tout mais je fais pas grand chose pour faire bouger les choses. En ce moment, mon militantisme se limite à une vidéo tournée un dimanche après-midi (j’étais derrière la caméra, si jamais…) et une petite manif. Alors il y a des raisons politiques à ce léger ras-le-bol (je déteste les politiques, en vrai) mais aussi un manque d’énergie. La semaine, je rentre chez moi un peu vidée et le week-end, j’essaie de récupérer l’énergie perdue dans la semaine dans un espèce de grand cycle merdeux. Le week-end, j’essaie aussi de faire ce que je n’ai pas pu faire pendant la semaine : éventuellement les courses, le ménage, écrire mon blog, écrire tout court, prendre le temps. Déjà rien que ça, prendre le temps. Quand je faisais de la sophrologie, la prof nous avait dit un jour “vous voyez, quand vous êtes en vacances, tout ce que vous avez de changer dans votre vie… c’est parce que vous avez le temps et l’énergie”. Ou alors je l’ai lu dans Flow mais voyez l’idée.

Prendre le temps

Or ici, avec notre temps gagné, on peut s’occuper non seulement de soi et de nos proches mais éventuellement du reste. Bien sûr, ce ne serait pas unanime mais j’y crois pour une majorité. Evidemment, dans un cadre où le revenu universel ou la semaine de 32h nous permet de vivre tous à minima correctement, supprimant du même coup une bonne part de notre charge mentale. Oui parce que la charge mentale, c’est pas uniquement les femmes qui s’occupent des tâches ménagères, ça marche aussi sur tout ce qui est préoccupation vous empêchant de fonctionner correctement et les problèmes d’argent arrivent assez haut dans la pile. Si en même temps on arrive à un peu calmer le jeu de l’hyperconsommation, on partirait sur une société beaucoup plus jolie.

Stop le béton, pour une ville verte

Vous pourriez dire que je suis une rêveuse et… bah oui. Vous me direz que plus de congés n’a jamais rimé avec philanthropie ou alors juste à la marge et ce n’est pas faux. Mais je m’en fous. J’ai envie de croire en cet avenir là. Ce qui ne coûte pas grand chose vu qu’on crèvera tous du réchauffement climatique. Bonne semaine !

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Passion Shinkansen

Et voici mon dernier article sur le Japon (je parlerai de matcha dans un cadre plus général). Quasi un an après être partie mais j’avoue que je ne me lasse pas d’allonger la sauce. Next step : l’album photo et la vidéo. Mais avant, j’ai envie de vous parler d’un des points forts de ce voyage : le Shinkansen, le TGV local. Ce train magique qui m’a fait rêver quelques heures de vivre ma vie dans les trains.

Les plus attentifs d’entre vous auront noté une passion certaine pour le train chez moi. C’est vraiment mon moyen de transport préféré et je rêverais de faire un tour du monde en train, si cela était possible (pas trop en fait, pas mal de pays n’ont pas un réseau ferré très développé). Je trouve le train plus confortable que l’avion (deux sièges côte à côte vs 3 dans l’avion, plus de place au global, seul bémol : le carré de quatre et le fait de devoir caser ses bagages comme on peut à droite, à gauche), on voit les paysages défiler et si j’ai quelques jolis souvenirs de vues à travers le hublot, c’est le plus souvent au décollage ou à l’atterrissage puis on disparaît derrière les nuages, merci, au revoir. Bon, il est vrai que dans l’avion, dans les longs courriers, on a des films, c’est pas mal ça. Mais le train, les gares sont toujours en centre-ville (sauf la gare TGV d’Aix qui fait chier tout le monde, il me semble), on n’est pas obligés d’arriver trois heures à l’avance et si on arrive trop en avance, on peut aller prendre un café à proximité pour tuer le temps. Et puis c’est plus écologique. Alors oui, on ne peut pas traverser la planète en à peine 19h de trajet (pour aller au Japon par exemple) mais le train m’offre, plus que n’importe quel autre transport, une bulle à moi : je peux lire, écrire, dormir, mater des films sur ma tablette ou mon ordi dans une ambiance relativement calme. Sans devoir tout remballer avant la fin parce qu’on va atterrir par exemple. Bref, j’aime le train et je ne cesserai jamais de rêver qu’on parvienne à pousser ce moyen de transport partout dans le monde pour me permettre de réaliser ce rêve absolu de tour du monde en train (durant les trajets, j’écrirai des romans)(je rêve tellement ma vie des fois)(j’ai un souci pour l’Islande et la Nouvelle Zélande, par contre, je sais vraiment pas comment la relier. Le Japon ou l’Australie, on pourrait peut-être faire de grands ponts qui les relient au continent mais avec les séismes…)(je suis au-delà du hors sujet, là).

Et de tous les trains que j’ai pris, le Shinkansen arrive en tête niveau confort. Tout est pensé pour que vous passiez un bon moment : largeur des sièges et surtout vous pouvez poser vos bagages à vos pieds car ils ont laissé de la place exprès et la tablette vient jusqu’à vous. Je vous jure, quasi un an après ce voyage, j’ai un souvenir très fort de notre premier trajet Tokyo – Osaka : regardant à travers le hublot du train (oui, c’est un hublot, ça crée un effet sympa mais pour le coup, je donne l’avantage aux larges baies vitrées du TGV) si j’apercevais ce foutu Mont Fuji, écrivant dans mon journal le récit de ce voyage tout en dégustant un bento de bonne facture. A ce moment précis, j’étais juste bien, je m’imaginais tellement dans la peau d’une écrivaine des trains : passer ma journée dans les trains pour écrire parce que lever le nez quand on sèche sur une phrase et se perdre dans la contemplation de paysages défilant à toute vitesse, je ne connais pas grand chose de plus stimulant.

Ecrire dans le shinkansen

Bento mangé dans le Shinkansen Bento mangé dans le Shinkansen Mont Fuji vu du Shinkansen

Les trains japonais sont spacieux

Bon, ça, c’était même pas le Shinkansen, pour vous donner une idée de la place qu’on avait.

Ce qui est formidable avec les Shinkansen, et avec les trains japonais en général, c’est leur look. On sent bien que c’est un mode de transport important pour eux : ils sont parfois customisés à certaines couleurs (j’avais vu la pub pour le Shinkansen aux couleurs d’Evangelion, j’ai vu des photos d’un aux couleurs d’Hello Kitty), je crois que je n’ai pas vu une seule gare où, quand il entrait en gare, personne ne dégainait son téléphone pour le prendre en photo… Bon, ok, les trois-quarts du temps, c’était moi mais bon… Ce train a un look… On dirait qu’il a été conçu pour crier au monde entier “regardez comme je suis conçu pour aller vite”.

Le shinkansen Hello Kitty Le shinkansen Evangelion

Et je vous parle des Shinkansen mais on a eu quelques autres petites surprises dans d’autres trains. Le premier point, ce sont les dossiers à bascules, un pur génie : dans pas mal de wagons, vous pouvez faire basculer les dossiers, donc, pour vous mettre dans le sens de la marche ou vous constituer un club 4. C’est pas du pur génie, ça ? Plus de gens qui essaient d’échanger leur place avec vous parce qu’ils sont malades s’ils ne sont pas dans le bon sens ou ces longs face à face gênant avec cet.te inconnu.e parce que vous avez hérité d’une place dans le club 4 et que vous allez en plus passer le trajet à vous battre pour les 2 cm² disponibles pour les jambes. Je hais tellement ces places , le pire étant le Club 6 du Teoz où vous pouvez carrément vous retrouver sans tablette. On a également vu un train bizarre avec un aménagement rétro pour un voyage à thème. En résumé ? Lors de notre retour à Kyoto, j’irai visiter le musée de la locomotive. Parce que vraiment, ce pays aime les trains.  

Train Japon Train rétro Japon Train multicolore Japon Train Mont Fuji Japon

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En 2018, je m’accomplis

Ouiiiiiiiiiii ! Vous savez pourquoi j’aime faire des bonnes résolutions (et j’aime vous saouler avec) ? Parce que les bonnes résolutions sont pour moi un signe d’espoir, une volonté que demain soit mieux qu’aujourd’hui, que ma vie soit plus belle (même entre 9 et 19h) et surtout, c’est cette idée obstinée qu’en changeant deux ou trois paramètres, je serai la plus heureuse du monde. Donc voilà, en 2018, je m’accomplis.

Je m'accomplis

Alors déjà, regardons ce que j’avais décidé l’an dernier, ce moment que j’adore parce que je me rends compte que j’en avais oublié la moitié :

    • Développer les loisirs créatifs : et bah du coup, si vous avez lu mon article d’hier sur le bilan et d’avant hier sur la charge mentale, vous avez compris que c’est non, rien fait. Mais alors rien du tout, j’ai remplacé le tricot par candy crush (ce truc me lobotomise, j’en ai eu besoin mais va falloir arrêter de “pas penser”, à un moment)
    • Expérimenter en cuisine : moyen. J’ai adopté une recette de porridge à la banane le matin qui est délicieusement décadent, quelques expériences en veganie mais rien de probant.

    • La vidéo. Non, non et non. Avec le bide le plus retentissant de l’année : avoir raté les inscriptions aux ateliers de Paris pour des ateliers de réalisation de films d’animation (d’ailleurs, si vous avez un atelier à me conseiller sur le sujet…)
    • Reprendre duolingo : pas du tout
    • les voyages dans le corps  : pas mal de yoga cette année mais après… Pas de caisson d’isolation sensorielle, pas de soufflerie pour faire comme du parachute.

En 2017, je dois absolument tester ça ! #ifly #fly #sensation #todolist #fear

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Bon ben voilà : en 2017, je m’étais prévue une année “moi, moi, moi”, foirée pour l’ensemble des trucs. Parce que le boulot mais pas que.

Donc en 2018, c’est quoi donc mes résolutions :

  • Ecrire. Tout, tout le temps, partout. Reprendre et terminer Ofelia, auto publier ma première version de Technopolis (la version 2000… Pour de vrai, en fait), réécrire Technopolis, écrire Augura, écrire Ezialis, écrire Les requins, écrire, écrire. Mais pas que de la fiction ! Ce bon vieux blog, mes idées de blogs zen et un autre engagé, écrire sur l’univers du travail (mais sous mon vrai nom pour me faire un peu de visibilité, personal branding tout ça). Un journal intime aussi et, plus difficile mais qui serait vraiment cool, un journal de mes rêves. Pourquoi difficile ? Ben je dors pas seule, quoi, je suis pas sûre que mon adoré aime être réveillé au coeur de la nuit par de la lumière. Mais j’ai repéré une minuscule loupiotte qu’on met sur les livres, là, ça devrait faire l’affaire.

Lampe à clipser sur les livres

  • Lire. Plus. Là, je suis en vacances chez mes parents et je lis, c’est bon, si bon. En plus, j’ai eu une bonne pioche sur mon roman (“Silo” de Hugh Howey, je vous en reparlerai quand j’aurai fini).
  • Candy crush : arrêter et remplacer par de l’écriture sur mon mobile (après tout…)
  • Loisirs créatifs : reprendre mais ça irait de pair avec mon blog zen et bien-être donc ça rentre un peu dans la partie écrire : expérimenter pour raconter.
  • Une meilleure organisation au quotidien. Genre acheter les légumes de la semaine le week-end et tout préparer pour qu’il n’y ait qu’à réchauffer le soir. Un peu chiant quand on n’est pas là le week-end mais faut vraiment passer la seconde sur notre organisation au quotidien (et c’est une résolution à deux même si j’en ai pas parlé à Victor)
  • Me prévoir des plages de rien. Genre le dimanche après-midi, je ne prévois rien. Si je veux écrire, j’écris, si je veux lire, je lis, si je veux dormir, je dors…
  • Dormir : ah oui, ça peut paraître con mais le sommeil devenant de plus en plus un luxe, je dis non à cette société qui nous impose de moins dormir pour mieux réussir. Mon heure rien qu’à moi du morning miracle, je la volerai au travail (surtout vu les heures supp que je me tape régulièrement, totalement legit).

My morning routine

Bref, à quoi ressemblerait ma vie 2018 dans mes rêves les plus fous : une alimentation plus saine car moins improvisée, un peu de yoga et de méditation tous les jours, de l’encre plein les doigts à force de tout écrire tout le temps. Et une ambiance de boulot moins toxique. Car oui, en vrai, ma première résolution 2018 va être de me battre. Même si, dans le fond, ça me fait chier mais ne jamais oublier que le combat, ce n’est pas toujours que pour soi qu’on le mène.

Bras de fer, lutter pour ses droits

Ca ne veut rien dire mais nous concluerons là-dessus. Bonne fin d’année les gens !

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Fahrenheit 451 : ne réfléchis plus

Classe de 4e, 1994, la prof de français nous propose de choisir entre 4 dystopies, je choisis Fahrenheit 451 de Ray Bradbury un peu par hasard. Parce que les autres s’étaient majoritairement tourné vers Le Meilleur des mondes et j’avais pas envie de faire pareil et, dans un cours, il avait été question des chroniques martiennes et comme j’étais dans ma période X-files et passion pour tout ce qui était extraterrestre, ce M. Ray Bradbury me paraissait par conséquent un homme bien.

Fahrenheit 451

Alors l’histoire, un peu rapidement. Montag est un pompier mais sa mission n’est pas d’éteindre le feu mais de l’allumer afin de brûler les livres, ceci étant accusés de niveler les gens par le bas par son contenu creux et est facteur d’inégalité sociale. Les citoyens passent donc leur temps libre devant un écran, s’abrutissant de plus en plus. Montag rencontre un soir Clarisse, sa voisine de 17 ans qui vit chez son oncle et qui, par une série de questions, va lui faire découvrir le monde tel qu’il est : un peuple malheureux et abruti qui n’a plus la force de penser, des gens qui n’observent plus et, surtout, ne se parlent plus. En rentrant chez lui, Montag découvre sa femme Mildred inconsciente, elle a tenté de se suicider mais deux personnes viennent la ranimer et elle ne se souvient plus de l’incident. Montag réalisé alors qu’ils ne s’aiment pas, aucun ne pouvant même se souvenir de leur rencontre dix ans plus tôt. Lors de l’incendie d’une maison plein de livres où la propriétaire préfère mourir brûlée vive que de vivre sans ses livres, Montag va voler un livre. Et commencer à lire.

Fahrenheit 451, la propriétaire brûle avec ses livres

Selon les interprétations, ce livre est une métaphore du maccarthysme avec notamment la chasse aux intellectuels suite à une simple délation (la maison de Montag sera brûlée suite à la dénonciation de sa femme et de ses amies qui ont vu Montag lire). De façon un peu plus large, j’y vois cette dystopie de l’abrutissement des masses pour les rendre plus dociles. Comme 1984, le discours ici est le symbole même de la régression des masses puisque les discours des leaders (exemple le chef pompier de Montag) n’a pas de réel sens mais Montag ne découvre tout ça qu’en se posant des questions, ce qu’il n’était pas encouragé à faire jusqu’à ce qu’il rencontre Clarisse. Se réveille alors chez lui une envie de tout changer, il rejoint les hommes livres (il lit un livre et le retient pour pouvoir le transmettre), la société s’écroule (la guerre est imminente, la population se suicide par paquet comme on l’apprend dès le début du roman quand des infirmiers viennent retaper Mildred en mode “on en a de plus en plus des comme ça”). Le bonheur par l’oisiveté mène à la catastrophe, le manque de réflexion tue les hommes.

Couverture de Fahrenheit 451

Mais quand j’ai lu Fahrenheit 451, j’ai pas vu tout ça et j’en viens à un nouveau point sur les dystopies : peut-on lire les dystopies comme une simple histoire ou ne peut-on que les apprécier qu’à partir du moment où on a un solide bagage culturel ? Quand j’ai lu Fahrenheit du haut de mes 13 ou 14 ans, je ne connaissais pas les autodafés, alors même que j’avais vu Indiana Jones et la dernière croisade plusieurs fois mais je sais pas, la scène de l’autodafé devait pas me parler, et en lisant le livre, j’étais là “mais pourquoi ils font ça, je comprends pas…”. Je n’ai cependant pas un mauvais souvenir du livre, je l’ai dévoré (essentiellement parce que je voulais savoir ce que devenait Clarisse qui disparaît dans le roman) et la scène finale de la ville bombardée m’a tellement marquée que je m’en étais inspirée pour la scène finale de Technopolis. D’ailleurs, à bien y réfléchir, Technopolis emprunte énormément à Fahrenheit, tiens… Oceany étant in fine une très bonne Clarisse. J’ai écrit ce roman y a 17 ans et je me rends compte aujourd’hui de cette énorme influence. Parce que peut-être qu’à 13 ou 14 ans, j’avais pas tous les outils pour tout comprendre (autant vous dire que le Maccarthysme à ce moment là de mon histoire perso, j’avais juste aucune idée de ce que c’était).

Affiche Maccarthysme : le communisme arrive

Mais pour en revenir à ma question initiale : peut-on lire un dystopie sans le contexte ? Aurais-je dû d’abord me renseigner sur le Maccarthysme et/ou les autodafés avant de rentrer dans ce roman ou dois-je entrer dans une dystopie avec une certaine candeur, quitte à rechercher ensuite des explications ? Et quand on écrit une dystopie, doit-on donner direct le trousseau de grosses clés ou les glisser discrètement sous le matelas (je suis un peu traumatisée des escape games, aussi) et laisser le lecteur les chercher s’il en a envie ?

Bibliothèque universitaire

Et bien… j’ai pas du tout les réponses, en fait. Mais il est clair qu’en tant que lectrice adulte, j’adore les différents degrés de lecture. Mais peut-être que faire lire des dystopies à des ados sans leur donner un minimum de clés, c’est risquer de les dégoûter du genre… Heureusement, depuis, y a eu Hunger games… dont je ne vous parlerai pas la semaine prochaine car je n’ai ni vu, ni lu mais je vous garantis que c’est sur ma liste. Ah et pour ceux qui sont un peu intéressés par Fahrenheit mais moyen chaud pour le lire,  y a le film de Truffaut, super fidèle (avec une esthétique que j’adore).

Le film Fahrenheit 451

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Quand t’es en couple…

C’est l’été et il fait trop chaud pour être tout le temps énervée donc j’ai décidé de mettre la pédale douce sur mes articles féministo-politico-réveillez-vous-putain et remettre un peu de douceur et de légèreté sur ce blog. En fait, c’est assez amusant de voir l’évolution de ce site, d’un truc léger de jeunes cons privilégiés à un truc de meuf toujours énervée. Mais là n’est pas le sujet. Aujourd’hui, je vais vous parler d’amour ou tout du moins de relations amoureuses. Quand t’es en couple, la vie n’est plus la même.

Quand t'es en couple

Je suis passée de longues années d’un célibat joyeux, entrecoupé certes de quelques épisodes de relations amoureuses parfois monogames, à une vie de couple peinarde. Je partage désormais mon foyer avec mon doux Victor et nos deux chats fous, ma vie est belle. Ca ne veut pas forcément dire que la vie de couple, c’est mieux que le célibat, c’est ma vie avec Victor qui est belle. Vous saisissez la nuance ? Mais être en couple, ça change la donne et pas qu’un peu, je m’en rends compte encore aujourd’hui. Déjà, on n’a plus le même sens des priorités : avant, je m’en foutais de finir tard pour terminer un dossier, je gérais mes horaires comme je voulais. Depuis que je suis en couple, j’essaie de limiter les nocturnes… mais j’arrive aussi globalement plus tôt (alors que paradoxalement, je vis beaucoup plus loin, j’ai troqué mes 25 minutes de marche heureuse contre 50 minutes de RER+métro… et encore, j’ai du bol, je n’ai qu’un changement mais si j’ai su rentabiliser au mieux ce trajet en lisant ou en écrivant, je pense que ça explique quand même pourquoi j’aime de moins en moins les gens. Je digresse). Je me rends compte que mon travail n’est pas ma priorité, surtout pour ce que ça me rapporte.

Un couple lèche une sucette

Alors je me dis “tiens, si je lançais une bonne vieille série des familles comme je faisais parfois sur mon blog sur le sujet “quand t’es en couple” et s’amuser à repérer les différences entre la vie d’avant et la vie de maintenant, en positif et aussi en négatif. On va parler travail, oui, mais pas que, parlons loisirs, relations avec les autres personnes, peut-être vacances… courses, ménage, nourriture… Plein de choses changent, en bien ou en mal. Heureusement, la réussite du bonheur n’est-elle pas dans l’adaptation ?

Le bonheur en amour

Je vous laisse méditer sur cette sentence sans sens.

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Metro 2033 : une dystopie russe

Oui, je suis dans ma période dystopie, cherchez pas. Me promenant dans les allées d’une librairie, je vois apparaître devant moi une couverture noire et rouge et je m’en saisis, curieuse. Metro 2033, une dystopie écrite par un auteur Russe, Dmitry Gluckhovski. Comme j’ai souvent la gagne avec les auteurs slaves contemporains type Zygmunt Miloszewski ou Andreï Kourkov. Et petit spoiler : j’ai été bien inspirée.

Metro 2033 de Dmitry Glukhovsky

L’histoire : après une guerre qui a rendu la surface inhabitable, les Moscovites vivent terrés dans le réseau de leur ancien métros, organisés en micro états dans chaque station. Artyom, un jeune orphelin, vit dans une des dernières stations habitées, VDNKh, qui est de plus en plus victime des assauts des “Noirs”, des êtres mutants entièrement noirs et qui rendent fous les hommes. Un homme va demander à Artyom de se rendre dans la station Polis afin de prévenir un ami de ce qu’il se passe à VDNKh. Courageux, Artyom va donc traverser le métro et ses stations pour mener à bien sa mission.

La Station Vdnkh à Moscou

La Station Vdnkh, il a de la gueule le métro russe

Et c’est absolument prenant. D’abord, le fait que ça se passe dans le métro moscovite, ça m’excite l’imagination. Notez que j’ai jamais mis les pieds là-bas mais j’ai vu pas mal de photos qui avaient déjà titillé ma curiosité. Je trouve cette idée d’une société souterraine organisée en micro Etat plus que brillante. On découvre en même temps qu’Artyom les différentes stations, on évolue avec lui… et surtout on stresse avec lui.

Prospect Mira, station de métro à Moscou

Et la station Prospect Mira

Pourtant, ce roman peut paraître légèrement bordélique et un peu difficile à identifier. On a donc l’aspect dystopique d’une société redéployée avec organisations politiques et commerciales mais on a aussi un gros aspect science fiction avec des créatures nées des radiations, un peu de fantastique avec la sensation qu’il se passe des choses étranges dans les tunnels, on a des religions et croyances liées à chaque station,des légendes urbaines, des néo-nazis, des communistes, une organisation militaire, des monstres dans tous les sens, des protagonistes qui vont et viennent… Tout ça en à peine 800 pages au format poche donc y aurait vite moyen d’être saoulé.e, perdu.e ou les deux. Mais en fait non parce qu’on suit Artyom de A à Z, on découvre les choses avec lui, on ressent les événements et je vous jure que quand il se déplace dans un souterrain sombre et qu’il se passe un truc, vous n’êtes pas à l’aise…

Le métro moscovite

En fait, j’ai découvert que Metro 2033 était un phénomène en Russie, ils ont sorti un jeu vidéo et vu que sur mon exemplaire, y avait mention de la chaîne Sci Fi, m’étonnerait pas qu’on ait bientôt une série… et je serais très excitée de la voir. Parce que oui, j’ai tellement aimé ce roman que j’ai acheté la suite (Metro 2034, pas trop dur à suivre là, et Metro 2035 que j’achèterai quand il sera en poche) et un autre roman de Gluckhowski, Futu.re.

Dmitry Glukhovsky

Dmitry Glukhovsky prend le métro

En résumé : si vous cherchez de la bonne came pour lire cet été, je vous conseille Metro 2033, j’ai particulièrement aimé la fin que je ne vous raconterai pas, évidemment. Il faut légèrement s’accrocher sur le premier chapitre où les personnages discutent entre eux pour planter le décor qui est un peu confus pour nous qui ne connaissons pas le métro moscovite (et j’avoue que pour pas mal de stations se terminant en -skaya, j’ai un peu pédalé par moment) mais après, ça se dévore tout seul. Je vous dirai ce que j’ai pensé de Métro 2034.

Metro 2033 le jeu

Heureusement que je suis plus trop Metro 2033 depuis Duke Nukem sinon j’aurais pu dire adieu à ma productivité

PS : j’ai regardé du coup s’il y avait une série en préparation, j’ai vu qu’il s’agirait plutôt d’un film… Je suis pas convaincue par le choix du format.

PS bis : Oui évidemment, j’ai envie d’aller à Moscou pour visiter plein de stations, maintenant.

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La fatalité des héros lourds

Dans le cadre de l’opération : lisez pendant les ponts, j’ai quelques titres à vous conseiller comme par exemple Nuit de Bernard Minier ou Un fond de vérité de Zygmunt Miloszewski. Oui, pas un mais deux romans parce que je les trouve assez cools et que j’ai déjà parlé de ces auteurs. Car oui, ce sont des suites. Hé oui, je sais pas pourquoi mais quand on reprend un personnage, il semble victime de la fatalité des héros lourds

Nuit de Bernard Minier et Un fond de vérité de Zygmunt Miloszewski, vos polars de l'été

Mais les romans sont bien, je vous les conseille vraiment, surtout Miloszewski qui est mon petit chouchou même si j’ai du mal à retenir son nom. L’enquête est très prenante, vraiment bien foutue. Minier, on est un peu sur un autre registre, plus sur de la tension. Pas toujours de grandes surprises mais il se dévore tranquillou, comme une délicieuse omelette norvégienne (j’ai un souci avec les glaces). Alors que je viens donc de terminer Nuit et de m’acheter La rage de Milowszewski, je note quand même un fait troublant : ils sont gonflants, là, leurs héros ou c’est moi ? C’est amusant, je ne l’avais pas noté sur le premier roman mais Servaz (Minier) devient de plus en plus un vieux con réac à base d’Internet tue les gens, c’était mieux avant et tutti quanti et Szacki (Miloszewski) devient un espèce de gros connard aigri. Ce qui est un peu agaçant car les romans restent plaisants à lire mais je me suis surprise à lever parfois le regard au plafond en mode “mais resdescends mec, pleaaaaaaaaase”. Oui, comme ça, oui. Mais bon, relativisons, ils ne sont pas agaçants au point d’un Darwin Minor, Miles Lord ou Robert Langdon, quand même (même si à la réflexion, Bobby m’avait moins fatiguée dans Da Vinci Code avec son côté super héros qui sait tout et peut tout faire)

Robert Langdon ou la fatalité des héros lourds

En étendant ma réflexion, je me rends compte que j’ai souvent le même souci avec les sagas genre Fitz dans l’Assassin Royal de Robin Hobb ou Richard et Kahlan dans L’Epée de vérité de Terry Goodkin. Dans les sagas, d’ailleurs, y a toujours un moment où je suis fatiguée de voir que l’intrigue n’avance que parce que les personnages sont fondamentalement cons et réagissent un peu n’importe comment. Non mais je veux bien avoir un personnage principal orgueilleux ou susceptible mais là, faut pas exagérer non plus. Des fois, t’as l’impression que le ou la protagoniste principal.e est un enfant très jeune ou, pire, un chat : dans tout le roman, on leur dit “ne fais pas ça, ne fais pas ça” et devinez quoi ? ILS LE FONT. Canalisez-vous, merde à la fin !

Drink me, pendentif inspiré d'Alice au pays des merveilles

Si cette adorable petite chose vous plaît, clic sur l’image

Mais cette sorte d’antipathie glissante m’interroge : pourquoi les héros deviennent un peu lourds ? C’est moi ou c’est l’auteur ? Est-ce que c’est comme dans la vie où tu croises certaines personnes que tu aimes bien au départ mais plus tu les fréquentes, moins tu les apprécies parce que tu ne vois que leurs défauts et plus leurs qualités… Oui, mais ça, ce n’est pas systématique quand même… Ou alors, cette lassitude, elle ne serait pas entre l’auteur et ses personnages ? Ce qui m’inquiète un peu puisque parmi mes trente projets d’écriture, j’ai quand même une idée de deux sagas (une trilogie et une quadralogie à priori…). Est-ce que l’auteur continue à exploiter la poule aux oeufs d’or tant qu’elle est en vie, alors même qu’il développe une allergie au métal jaune ? D’ailleurs Minier avait écrit un roman entre N’éteins pas la lumière et Nuit qui ne mettait pas en scène Servaz (et que je n’ai pas lu). Finalement, un des seuls héros récurrents qui ne m’a jamais fatiguée, c’est… Hercule Poirot d’Agatha Christie… Et je crois que c’est parce qu”il n’est pas tant un héros qu’un personnage fonction, on sait assez peu de choses de sa vie privée, ce qui évite qu’on s’appesantisse de trop sur sa vision réac, surannée, progressiste ou carrément révolutionnaire de la société… Je ne dis que ça n’a aucun intérêt mais si ça ne fait pas avancer l’intrigue, ton avis sur tel ou tel phénomène de société, je m’en fous un peu, M ou Mme l’auteur.e .

L'auteur observe la société

Mais bon, malgré tout, je vous encourage à prendre Un fond de vérité puis Nuit (dans cet ordre là, oui) pour vos quelques jours de farniente à la plage ou sur la pelouse d’un parc près de chez vous (même si bon courage pour trouver une place) ou même sur votre canap’. Mais mon vrai coup de coeur de ce printemps, je vous en parle la semaine prochaine. Spoiler : c’est dystopique, c’est russe. Et je me suis totalement laissée prendre.

 

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Les surprises de la réécriture

19h30, je me jette sur un siège, je dégaine mon carnet désormais jaune citron (merci Snapchat), mon stylo et c’est parti pour continuer à narrer les aventures de Maja, Luka, Svea et leurs amis à Stockholm. Couvrir les pages blanches, tisser la suite dans ma tête pendant que je marche, rentrer et recopier. En profiter pour faire un peu de réécriture, lâcher ses notes et taper une phrase… pour constater que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit.

Carnet d'écriture

Quand j’ai décidé de me lancer dans ce processus d’écriture manuscrite pour retaper ensuite, c’était pour m’offrir une relecture immédiate et donc une éventuelle réécriture pour rendre le récit plus dynamique et les phrases plus mélodiques, plus travaillées. Parfois, je reste accrochée à mon cahier, machinalement, je retape sans y penser. Mais d’autres, je me sens pousser des ailes, je commence à taper ce qui me vient. Puis je relis… et je constate que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit. Mince alors ! Etais-je déjà à mon optimum dès la première tentative ?

Ecriture

Il y a sans doute une question de délais. Il y a 10 ans (wow !), j’avais réécrit Technopolis que j’avais écrit en 2000, 2001 de mémoire, soit 5 ans de décalage et en effet, j’avais pas mal retapé des phrases qui me paraissaient faiblardes ou bancales. Parce que la Nina de 2005 n’était plus la Nina de 2006 : j’avais mûri, beaucoup lu entre temps et écrit à peu près quotidiennement… Oui, sur ce blog, on est très loin d’une écriture romanesque mais quand même, l’idée est là. Alors que quelle est la différence entre Nina 9 mars 2017 à 19h43 et Nina 10 mars 2017 à 06h47 ? Une nuit, certes, et nous savons tous que la nuit porte conseil mais après ? Donc forcément, je réécris la même chose… sauf qu’il se passe un étrange phénomène… J’ai parfois l’impression que ce n’est pas tout à fait moi qui ai écrit ces lignes.

Machine à écrire Shining

Ouais, c’est comme si la Nina du 09 mars 2017 lançait un cri et que la Nina du 10 mars 2017 y répondait. Je suis parfois surprise de voir ce que j’ai écrit. Pas le fond, je connais mon histoire mais la forme. Il y a une scène en particulier… Dans le roman de Maja, il y a un professeur qui est un peu un agitateur (enfin, un peu…) et qui, à un moment, fait un discours pour appeler à la désobéissance civile. Je me souviens l’avoir écrit avec frénésie, limite à m’en faire mal à la main. Quand je l’ai retapé, genre un mois plus tard (j’ai eu beaucoup de retard à un moment), j’étais limite à me lever de mon fauteuil en brandissant mon poing vers le ciel “OUI, OUI ! Mec, tu m’as conquise”. Alors que bon, c’est légèrement moi qui ai écrit ça en fait, à la base. Et sur ce passage, pardon mais je manque totalement de modestie, tellement que j’ai hésité à en faire un article ici, copié/collé (mais c’est un peu long).

Tatouage lion sur le doigt

Et je me pose une question : les mots nous appartiennent-t-ils toujours une fois sortis de nous ? Ca peut me le faire parfois, quand je relis des anciens articles oubliés en mode “tiens, j’ai écrit ça, moi ?”. Un peu comme une graine semée par le vent, une fois partie de moi, elle vit sa vie et je la retrouve parfois avec étonnement…

Réécriture

Mais surtout la réécriture, c’est aussi se rendre compte qu’on a pris la mauvaise piste… On voit ça ensemble une prochaine fois.

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Relisons les dystopies

Je lis. Beaucoup, souvent, partout. J’aime imprégner chacun de mes voyages d’un livre, me créer des lieux de lecture exceptionnels. Et en tant que bibliophage assumée, je ne suis guère difficile dans les genres : des grands classiques aux polars en passant par la fantasy, la science fiction ou le développement personnel… Je sors d’ici les essais que je lis plus par envie de savoir pour le coup. Pour ne pas m’enfermer dans un genre, je me suis créé une routine sur ma liseuse : un roman de saga (actuellement l’Epée de vérité), un Philip K. Dick, un classique de la littérature, un développement personnel et un polar (sur ma liseuse, je lis d’autres trucs à côté). Mais je me dis que dans ma jolie liste, il manque un genre que je vais devoir rajouter d’urgence : les dystopies.

Hunger games - Lire les dystopies

J’adore les dystopies, j’en écris d’ailleurs régulièrement. Enfin, j’en ai écrit une il y a quelques années, Technopolis, puis j’ai dû en débuter une demi-douzaine d’autres se déroulant dans un univers plus ou moins éloigné dans le temps parce que je trouve que c’est un formidable terrain de jeu. Déjà, comme je fus une tricheuse feignante, je trouvais plus simple d’aller installer mon histoire dans un univers alternatif comme ça, pas besoin de recherche… Non parce que là, pour mon roman de Maja, j’en suis à checker la topologie suédoise pour vérifier que ce que je raconte, ça marche un peu… Alors que bon soyons honnêtes, je doute que beaucoup de personnes susceptibles de lire un jour cette histoires connaissent vraiment Dyviksudd. Moi-même, avant de choisir un peu un endroit pour une partie de mon récit, je ne connaissais pas et autant vous dire que je n’y ai jamais mis les pieds (je me suis arrêtée à Göteborg)(faut vraiment que je me fasse un Scandinavian trip). Mais surtout, ça permet d’imaginer le pire… Et parfois, le pire, c’est pas si loin de la vérité.

escalade à Dyviksudd

Le saviez-vous ? Dyviksudd est un très beau spot d’escalade

D’après ce que j’ai vu passer dans mon flux Twitter, les ventes de 1984 ont explosé depuis l’élection de Trump, surtout rapport à ses alternative facts. Si vous n’avez pas lu 1984, il faut le lire parce que… en fait, je vais vous dire, je vais vous parler de dystopies. Plein, tout le temps. J’en ai lu quelques uns, les classiques de type 1984, bien sûr, Farenheit 451, le meilleur des mondes, Ravage (j’ai toujours eu une grande affection pour Barjavel malgré son côté résolument réac) ou même Globalia de Ruffin. Et je parle de livres mais y a aussi beaucoup à dire sur certains films. J’ai caressé du doigt la partie dystopique de Cloud Atlas, y a Divergente aussi (méééé), le Labyrinthe (mééééééé mais en fait, ça dépend, rapport au twist final), Hunger games que j’ai pas vu… Puis les séries de type Dark Angel, Trepalium et si on abuse un peu The walking dead (mais à partir de la saison 5 selon moi puisque la dystopie décrit plus un système sociétal et politique qu’un monde qui survit à une catastrophe).

The walking dead, Rick et Michonne

La dystopie est un outil idéologique dans la mesure où un auteur va tisser un monde noir autour de dérives possibles et qu’il souhaite dénoncer. On y retrouve en général un totalitarisme, assumé ou subtil, passant généralement par un contrôle total de la culture et du divertissement, un leader réel ou fantasmé despotique, une réécriture des faits et de l’histoire. On peut considérer qu’elles ne sont que peu crédibles mais elle nous alertent sur les dérives possibles, presque naturelles, de toute société ivre de pouvoir. C’est ce dont je parlais dans Idiocracy : si je ne crois pas forcément en une bêtise crasse congénitale, force est de constater que notre système médiatique actuel ne nous pousse pas à nous élever, loiiiiiin de là. Parce qu’on nous fait croire que la détente, c’est surtout ne pas réfléchir. Parce qu’on nous répète souvent que les études littéraires, c’est de la merde, que ça nous apprend pas un vrai métier… Pourtant, connaître notre histoire serait la meilleure façon de se garantir du “plus jamais ça” qu’on brandit avec morve à chaque commémoration de la Libération mais dont on nie les avant-signes pourtant de plus en plus flagrants (point Godwin ? La meilleure arme de ceux qui préfèrent ne pas voir, peut-être…). La culture est dévaluée et si on n’en est pas encore à l’étape de brûler des livres, on commence à titiller sans même s’en cacher la…mmmm… réinterprétation de l’histoire.

Portrait géant de Mao Zedong

Certains les ont cru fous quand ils racontaient leur avenir sombre, peut-être avaient-ils juste anticipé, juste compris que l’ivresse du pouvoir et du contrôle pouvait entraîner le pire. Et je vous parlerai de temps en temps de ces grands romans, films, séries, BD ou même, pourquoi pas, jeu vidéo… car peu importe le format, pourvu qu’on ait la dystopie

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