Existe-t-il de mauvais romans ?

La semaine dernière, j’étais donc en masterclass avec Bernard Werber qui, entre autres conseils, nous enjoignait à lire des livres, les bons comme les mauvais. Ca tombait bien, j’étais en train de lire un livre épouvantable que j’ai détesté dans à peu près tous ses aspects, de la forme au fond. Et depuis, je me questionne : existe-t-il de mauvais romans ?

Mauvais romans pilonnés

Balayons tout d’abord un poncif : oui, la perception d’une oeuvre est subjective et si je m’en réfère aux avis Amazon collés à ce livre honni, il est plutôt apprécié (mais c’est une auto édition Amazon alors je suis pas sûre…) même si j’ai vu quelques commentaires de type “mais c’est complètement nul, je comprends pas les avis positifs”. J’y reviendrai une autre fois sur le livre en lui-même, je voulais pas trop le charger cause auto édition, ne pas tirer sur l’ambulance mais puisqu’il est bien noté sur Amazon, après tout… Mais ok, j’ai détesté ce livre mais est-il objectivement mauvais ? Ca implique de fait une autre question : c’est quoi un mauvais roman ?

Le grumphy cat

Je serais du même avis que Karim Debbache qui, lui, traite de films : un mauvais film est un film qui naît d’une mauvaise intention. Et on peut apprendre d’une mauvaise oeuvre autant que d’une bonne. Précisément le point de Werber : lire un livre qui nous déplaît nous force à réfléchir à comment nous aurions fait, nous, pour faire mieux. Alors attention, je parle ici d’une démarche humble : repérer ce qui nous dérange et voir comment on aurait pu faire pour que ça ne nous dérange pas. Ca ne veut pas dire que vous ferez forcément mieux mais que vous avez identifié un problème que vous essaierez de ne pas reproduire dans vos écrits.

Corriger un texte

En fait, je me demande dans quelle mesure un mauvais livre n’est pas plus stimulant pour l’écriture qu’un bon. Par exemple, quand je lis un bon roman, ça a tendance un peu à m’inhiber, je me dis que je ne pourrai jamais faire aussi bien. Alors qu’un mauvais, pour peu qu’il réveille une frustration, une envie de mieux faire, ça te booste dans tes projets littéraires.

Ecrire

Mais du coup, revenons en à l’histoire de l’intention. Quand j’ai lu ce roman en me disant que c’était de l’essence pure de merde, j’ai hésité à en parler comme je disais plus haut car il ne me semble pas que l’autrice avait de mauvaises intentions en publiant ce roman. Elle a écrit une histoire qui aurait pu être intéressante mais avec des défauts d’écriture et de construction de l’histoire réellement gênants. Mais quel était son but au fond ? Se faire plaisir à elle en se donnant un rôle à la fois central et complètement ridicule mais il n’y a pas d’intentions mauvaises de type écrire un roman hyper formaté juste pour se faire de la tune en oubliant la personne essentielle dans l’histoire : le lecteur. Du coup, peut-on réellement lui reprocher ce roman alors qu’elle a respecté la règle n°1 de l’écriture : se faire plaisir ? Même si moi, je n’en ai eu aucun en la lisant. Ecrit-on pour soi ou pour ceux qui pourraient nous lire ? Si elle a choisi l’auto édition, c’était bien pour être lue…

Ecrire pour être lue

L’ÉCRITURE DE PRESSE Écrire pour être lu

Du coup, faut-il remercier les mauvais auteurs ? Heu ben si on considère que j’ai perdu une semaine à le lire au lieu de passer au roman de ma pile à lire suivant, je doute…

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L’écrito-thérapie par Bernard Werber

Ou comment je dois vraiment trouver un moyen de vivre de l’écriture. A l’heure où je vous écris, je suis fatiguée. Faaaaatiguée parce que j’ai eu un week-end chargé entre politique (oui, je suis militante maintenant et direct au coeur du truc) et surtout, dimanche, masterclass écrito-thérapie avec Bernard Werber. Une journée éprouvante (de 9 à 18h45 à peu près) mais tellement inspirante et stimulante.

Masterclass écrito-thérapie de Bernard Werber

Bon, est-il vraiment utile que je vous présente Bernard Werber ? J’ai mis un lien wikipedia au cas où mais je pense qu’on peut s’en passer. Personnellement, j’ai découvert Bernard Werber quand j’étais en 4e, la prof de français nous avait demandé de lire Les Fourmis. Je l’ai lu en une nuit et demie, à peu près. J’ai lu pas mal d’autres romans de lui, ses thématiques de prédilection étant assez proches des miennes. Bref, un nom qui m’était plus que connu et quand Garyas me propose d’assister une masterclass sur l’écriture, je ne peux que dire oui. Après tout, ça fait partie de mon projet de vie et je suis bien trop proche du début du chemin pour me permettre de faire ma snob qui n’a rien à apprendre. D’autant que je pense que rien n’est moins faux que ça.

Des legos et des cahiers Moleskine

Alors j’ai noté what milliards de thèmes dont je vais reparler ici (oui, ma série carnet d’une écrivaine est relancée puissance 1000, là), je vais donc me contenter de vous parler de mon ressenti, du pourquoi je suis rentrée chez moi épuisée mais exaltée… et légèrement frustrée.

Excitation

D’abord exaltée. J’ai beaucoup aimé le contact avec Werber. Je sais que le personnage divise mais je vous cache pas que, là, de suite, je vous laisse à vos opinions respectives, moi, j’ai passé un bon moment. Une conférence pas trop descendante, très participative, enrichissante. Werber a encouragé les gens à partager leurs écrits, avec bienveillance et sans jugements et ce n’est pas si facile de partager ses écrits en public, je vous le garantis.

Timidité

Du coup, je voulais rentrer chez moi et écrire, écrire, écrire. Après avoir dormi cependant car j’étais un poilou fatiguée.

Dormir sur le ventre

Et c’est là que vient la partie frustrante : j’ai pas le temps. J’arrive toujours à écrire dans le métro le soir, j’avance pas trop mal sur mon histoire d’Ofelia même si j’ai pas du tout le temps de retaper sauf que j’ai envie d’écrire plus encore. Alors je réfléchis, j’essaie de pousser un peu les murs de mon emploi du temps mais c’est chaud patate . J’ai envie d’écrire plus, tout le temps, partout, c’est viscéral. Parce que oui, mon rêve de vivre en écrivant se fait de plus en plus fort, de plus en plus évident. Mais combien d’appelés pour si peu d’élus ?

Combien d'appelés pour peu d'élus

Va falloir que je bosse ma routine. Je n’ai pas pu m’inscrire le mardi soir au cours de film d’animation (oui, j’ai des idées bizarres des fois). Du coup, peut-être pourrais-je imposer à la maison un mardi soir activités chacun de notre côté ? Peut-être…

Agenda des activités

En tout cas, je suis reboostée à mort pour l’écriture. Et ce masterclass m’a donné une nouvelle idée de roman que j’aime beaucoup.

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La cité de Stella Gemmell : parfait pour vos vacances

Comme j’ai l’impression que cette année, beaucoup de sans enfants partent en septembre et que j’ai juste fini ce roman la semaine dernière, laissez-moi vous parler de cette petite pépite. Vous aimez le médiéval fantastique, les intrigues de palais et Game of thrones ? Vous aimerez la Cité de Stella Gemmell (et l’avantage, c’est qu’à la fin de ce roman, vous avez la fin de l’histoire même si on pourrait facilement imaginer des suites*… mais bon, on n’attend pas 5 ans la suite, quoi).

La cité de Stella Gemmell

Dans la Cité, les égouts grouillent de démunis qui survivent là tandis que dans le Palais de la cité au dessus de leur tête, l’Empereur appelé l’Immortel entretien une guerre sans merci avec ses voisins, les “Peaux Bleues”. Une guerre qui dure depuis si longtemps qu’elle ne semble plus avoir de fin, les alentours de la cité sont ravagés par cette guerre. On va suivre les histoires croisées de différents personnages : Fell, commandant de l’armée et Indaro, une guerrière, d’Emly et Elijah, frère et soeur vivant dans les égouts, Bartellus, un vieil homme plein de secrets… Tous ces destins se croisent et n’ont qu’un seul but : sauver la cité.

Highlander, la mort de Duncan

Alors pour commencer, j’ignorais totalement qui était Stella Gemmell, je pensais qu’il s’agissait d’une jeune autrice mais absolument pas. Il s’agit en fait de l’épouse de David Gemmell, connu pour ses romans de Fantasy (mais que je ne connaissais pas, je dois avouer mon inculture) et qu’elle avait aidé pour sa trilogie Troie avant d’achever le dernier volume à la mort de David. Donc Stella est assez rompue à l’écriture de ce type de roman, ce qui explique la description très précise des combats. Parce que c’est la première chose qui m’a marquée en lisant : la très bonne description des combats, notamment sur la durée de vie des armes et l’habitude des combattants de récupérer celles des morts dès que les leurs laissaient à désirer.

Bataille médiévale

En fait, en lisant, j’ai ressenti une certaine jalousie, une frustration. Parce que j’étais en train de réfléchir à une histoire un peu similaire et que je me sens coiffée au poteau (sauf que moi, j’ai pas commencé à écrire). J’ai aimé la mise en place des jeux de pouvoir dans le Palais de la cité, l’ambiance claustrophobique des égouts qui me rappelait vaguement Metro 2033 ou encore l’omniprésence de l’eau comme menace (et qui fait une transition parfaite avec la fille de l’eau de Paula Hawkins que je viens de commencer). Alors oui, parfois, c’est un peu confus, le nombre élevé de personnages en finalement quelques centaines de pages fait un peu buguer par moment mais moins de Game of thrones, par exemple. L’enchaînement des chapitres est parfois un peu étrange avec des sauts dans le temps, passé ou présent, qui ne sont pas signalés immédiatement, ce qui crée parfois une sensation d’avoir loupé un chapitre…

Frise chronologique

Mais j’ai aimé. Je l’ai dévoré assez rapidement j’ai trouvé les personnages attachants et pas surpuissants… alors que les guerriers que l’on suit ont tendance à triompher, presque à être imbattables, on n’a pas la sensation de super chevalier tellement fort… et j’apprécie toujours cette nuance. Ici, les demoiselles ne sont guère en détresse, elles font jeu égal avec les hommes tant sur le terrain politique que sur le champ de guerre. Et forcément, j’apprécie.

Lagertha, Vikings

Bref, un livre parfait pour les vacances, pour peu que vous aimiez le médiéval fantastique.

* Effectivement, je viens de découvrir qu’il existe un tome 2

 

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La première phrase

La semaine dernière, je vous ai partagé la première phrase de mon roman sans titre, nom de code : Maja Sweden. Je vous parlerai titre une autre fois. Je la trouvais un peu plate, un peu nase à la relecture, je vous la repartage, pour le plaisir masochiste :

“Il est souvent difficile de savoir où commence réellement une histoire”

Il est souvent difficile de savoir où commence une histoire - écriture manuscrite - première phrase

Définitivement, à réécrire. Voyons voir celle d’un autre roman sans titre, nom de code “Ezialis”

“La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale”

La roue passa sur un gros caillou, secouant les passagers du carrosse fonçant droit vers la capitale - écriture manuscrite

Déjà mieux, pas le temps de niaiser, on est direct dans l’action et dans un véhicule qui va vite. Une dernière pour le plaisir, voyons… Roman toujours sans titre, nom de code : “pour son sourire” (si vous cliquez, vous aurez la chanson de Jorane quasi du même nom, il y a d’ailleurs de fortes chances que cet embryon de roman ait hérité de ce titre car au moment où je nommais le fichier, j’écoutais Jorane. )

“Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter.”

Un garçon passa en courant à côté de moi, me faisant sursauter - écriture manuscrite

Ah tiens, on passe à la première personne du singulier. Ah, faudra que j’en parle, ça aussi, du je ou du “il/elle”. C’est fantastique, je viens d’écrire 20 lignes qui ne contiennent à peu près que du vide et des promesses. Je suis tellement faite pour la politique en fait.

Casting baron Noir canal plus Kad Merah, Anna Mouglalis, Niels aRESTRUP

J’ai bien aimé Baron Noir, au passage

Je n’ai jamais su commencer. Quand j’étais en terminale, la plupart de mes disserts de philo commençaient par “de tout temps, l’homme” pia pia pia… Jusqu’à ce que j’arrive à la fac et qu’un prof nous dise que c’était ri-di-cu-le et qu’il fallait éviter à tout prix. Ce même professeur, qui a ruiné ma culotte en disant qu’il se souviendrait longtemps de moi, m’avait filé un conseil qui me servira jusqu’à la fin de mes études : “Commencez votre dissert par une anecdote ou une citation”. Ah oui, oui, merci, Monsieur ! C’est ainsi que j’ai débuté la rédaction de mes mémoires… avant d’abandonner l’écriture de l’introduction pour le faire en dernier (conseil d’un autre professeur mais moins sexy (le prof, pas le conseil)).

cupcake topping marché de Belfast

Finalement, l’introduction, c’est comme le topping d’un cupcake : tu fignoles à mort car c’est ce qui va être mangé en premier

Parce que débuter, c’est difficile. Ca marche pour tout, hein, pas que pour l’écriture d’un roman. Pour l’écriture d’un article déjà, vous remarquerez que mes phrases d’attaque sont rarement le point fort du propos (je commence généralement par un “la semaine dernière”, “hier”, “il y a quelques temps”). Mais aussi pour des activités manuelles genre la couture ou le tricot, mes petites marottes du moment. Oui, c’est cyclique chez moi : j’attends avec impatience mon matos mais une fois que j’ai tout, je traîîîîne à commencer, je ne sais pas par quel bout prendre. Le pire, c’est quand je me prends d’une passion soudaine sans socle préexistant genre : le paper art. Ca me fait surkiffer, je vois plein de photos, je me dis “oui, je veux faire ça”. Et voilà. Par quel bout je prends le truc ? Par quoi je commence ? Parce qu’un mauvais départ, c’est la voie royale pour vite laisser tomber. Dans l’absolu, sur le paper art, c’est pas dramatique vu que je comptais pas en faire mon métier, mais sur un roman ça génère de la frustration. Parce que j’ai toutes ces histoires dans ma tête dont je ne fais rien, ces scènes tricotées au fur et à mesure de mes marches pour aller bosser (ce qui m’arrive beaucoup moins vu que je ne marche plus beaucoup, snif) qui n’attendent qu’à être couchées sur papier. Mais si le départ est mauvais, je n’arrive plus à rattraper le fil.

chat pelote noeud jeu mignon

Quand tu renonces à rattraper le fil

Du coup, reprenons les conseils du Pr “j’aurais tant aimé te montrer ma culotte” et voyons si nous pouvons les appliquer :

  • Une citation : alors non, direct. Le conseil est bon, ne nous méprenons pas mais vous savez qui commence ses romans ou chapitre par une citation ? Marc Lévy, Guillaume Musso, Dan Brown… Pas des gens que j’ai envie de suivre (no offense, c’est juste pas ma came). Et de façon générale, je trouve que les gens qui usent de citations dans la vie réelle genre sur leur Facebook ou Twitter sont des médiocres qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas.
  • Une anecdote : et mais pourquoi pas en fait. Sauf que voyons… Maja, je raconte quoi comme anecdote sur elle ? Là, la phrase sert juste à enchaîner direct sur Maja et l’éveil de sa conscience politique, on s‘en fout un peu de ce qu’elle a pu faire avant, rien ne la rattache à cette histoire là. Mais le coup de l’anecdote, ça peut servir pour plus tard.

deux femmes se chuchotent un secret

Et pourquoi ça me saoule autant cette phase d’attaque ? Parce qu’avant, j’avais un vilain tic d’écriture qui lançait la première scène comme un film, littéralement : une description rapide d’un lieu, un personnage « pop » : ce sera lui ou elle le héros ou l’héroïne, certainement et quelques lignes plus tard, quelqu’un viendra lui parler pour qu’on ait le prénom de la personne. Ce qui donnait dans la version 1 d’Ezialis :

Le bois grinça, ajoutant une touche de lugubre dans l’obscurité nauséabonde. A l’odeur de sueur et de déjections se mêlaient celles, tenaces, de poisson séché et d’algues en putréfaction. L’ambiance pesante était entrecoupée de toux, de râles, quelques sanglots. Ils ne savaient pas précisément vers où ils naviguaient mais leur avenir s’annonçait sombre.”

C’est limite si vous ne voyez pas les noms des acteurs apparaître en surimpression, non ?

générique game of thrones

Le meilleur générique du monde

N’empêche… N’empêche qu’à tout relire, je me dis que c’est peut-être mieux. Et si “roman nom de code “Maja Sweden”” démarrait par “Le ciel lourd de ce matin d’automne donnait une allure lugubre à la salle de cours où on n’entendait que le professeur et les cliquetis des claviers sur lesquels les étudiants tapaient avec dextérité. Maja Lagerkvist ne se doutait pas que ce cours allait bouleverser sa vie”.

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Mmmm… C’est mieux non ?

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36, c’est 18×2

Bonjour à tous !  Aujourd’hui, j’ai décidé de vous offrir un cours de maths ! Non, en fait, aujourd’hui, c’est mon anniversaire, j’ai donc 36 ans. Ouais, 36 ans, 18×2, donc. Et curieusement, je le vis pas forcément hyper bien.

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En fait, un anniversaire, c’est toujours l’occasion de faire un peu un point sur sa situation… qu’on le fasse consciemment ou non d’ailleurs. Et le problème, c’est que je suis pas sûre d’être là où je devrais être à l’heure actuelle. En fait, je me sens un peu sur une fin de route et je n’ai aucune idée de quelle direction prendre par la suite. Et ça me saoule.

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Reprenons : bon, niveau privée, j’ai de quoi faire, le virage est amorcé et la direction claire mais… y a cet éternel problème de temps libre, d’envie de me réaliser dans certaines activités mais je n’y arrive juste pas et ça commence à vraiment me frustrer. Je veux vraiment tenter l’aventure éditoriale mais ma vie socialo-amoureuse d’un côté et surtout ma vie pro de l’autre m’en empêchent, j’ai pas de temps pour écrire quoi que je fasse et bordel, j’en ai un peu assez.

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Mais le vrai point de tension, c’est le professionnel. Au quotidien, ça va, les jours se suivent sans toujours se ressembler et si y a des matins, je me lève avec un goût de pas envie, c’est plus parce que je suis pas du matin, je pense. Mais voilà, force est de le constater : je suis arrivée au bout du chemin et j’arrive pas savoir vers quoi reprendre la route. En gros : le social media management, je gère, je suis même capable de passer pour une pro de Snapchat alors que je n’arrive toujours pas à m’en servir (enfin, je sais pas quoi poster dessus, les trucs que je partage, je le mets sur Twitter ou Instagram, les choses que j’ai envie de partager en petit comité… je les mets pas forcément sur les réseaux sociaux. Mais je suis quand même sur snap et je vais vraiment essayer de snapper des trucs, je vous mets le compte :

snap-nina-bartoldi). Bref, les réseaux sociaux sont mon terrain de jeu… mais un terrain de jeu où je peux un peu trop dire quelle balançoire grince et quel cheval à ressort secoue le plus… Déjà, à force de coups de pression, j’arrive à quitter le community management pour la strat pure, mais…

36 ans

Alors voilà, je réfléchis et j’étudie les différentes options. Le management, ça me fait pas triper mais ok, je suis prête à m’y lancer à présent parce que… ben parce que c’est la route la plus évidente, en fait. Les RP ? Non merci. Le paid ? Ca me plaisait bien y a un an et demi mais finalement, c’est pas tant mon trip que ça, même si j’aime vraiment bien le RTB. La data ? Ah oui, ça, vraiment, ça me plaît. Mais comment transformer l’essai ? J’ai pas mal cette dimension dans ma boîte actuelle mais ça reste du social media data, on est très loin du data mining ou data analyse, il me manque trop de cordes pour le moment. L’autre jour, pendant un massage shiatsu (oui), j’ai eu une révélation : je veux faire de l’économétrie. Alors j’ai pris mon clavier, j’ai regardé… Ok, j’en ai pour minimum deux ans de formation (continue) ou en formation à distance…. à 2500 € l’année. Pas du tout ce que j’avais prévu et gros coup au moral. Parce que ça fait 9 ans que je vais du community management, 5 ans que je fais des claquettes sur les réseaux sociaux et je n’arrive pas à dessiner de nouveaux ponts. Je m’y emploie, je m’agite, je m’épuise… Et j’ai la sensation de louper toutes les opportunités.

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Le problème, c’est qu’à vouloir tout faire, on ne fait rien. Je veux booster mes langues et maîtriser un minimum l’espagnol et le suédois, en plus de ré acquérir l’allemand. Je veux devenir une économétriste, faire du yoga, aller à la piscine et à la salle de sport, coudre et tricoter, faire des infographies et même des vidéos… Bref, je m’obsède sur l’obtention de nouvelles compétences et je n’avance pas.

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36 ans, c’est 18×2. 18 ans, l’âge où j’ai quitté le nid familial, le plus gros changement de ma vie. J’aimerais que mes 36 ans soient un peu une réédition même si ok, je vais déménager pour m’installer en couple et ça, c’est déjà un sacré changement mais j’aimerais enfin trouver ma place au sein du milieu professionnel. Parce que ça fait 9 ans que je suis une carrière que j’ai pas forcément choisi, que j’y suis bonne en plus mais… ben, il serait temps de passer à autre chose.

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Bloguer ou bosser: l’impossible alliance ?

J’ai un défaut: j’ai des idées, tout le temps. Des idées de livres à écrire, d’articles à vous faire… ou de blogs à créer. Et je vous parle même pas des 38 boutiques Etsy auxquelles j’ai pu penser. J’avais eu aussi l’idée y a 5 ans de faire des articles vidéo (des podcasts, quoi) avec des ponctuations issues de séries télé. Quand j’ai vu l’explosion des tumblr gavés de gifs animés exploser (et les articles qui utilisent encore ce type d’illustrations aujourd’hui), j’ai saisi à quel point j’avais trop eu la bonne intuition… et loupé le coche. Bon après, rendons à César ce qui lui appartient: “mon” idée géniale était directement inspirée de Dream On. Et en plus, j’ai une culture série de merde. Mais bloguer en travaillant, gérable ?

Bref, j’ai plein d’idées, des trucs où je me dis “tiens, je vais lancer ça pour me payer des vacances” (enfin, ça me paiera au mieux le café à l’aéroport) ou “tiens, je vais lancer ça, ça fera bien sur mon CV” voire “tiens, je vais lancer ça, ça me permettra d’acquérir telle compétence” (et ça fera bien sur mon CV)”. Oui, j’ai des idées mais pourquoi j’estime que c’est un défaut ? Facile: parce que si j’ai les idées, j’ai juste pas le temps de les appliquer donc je suis frustrée.

Bloguer en travaillant , le défi impossible ?

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Si je devais résumer ce blog, je dirais très grossièrement qu’il y a eu 2 périodes: la faste et la ronron.

La faste: au début où nous avions trois ingrédients de succès: le cul (version sans filtre), la régularité (1 article par jour) et surtout le temps d’entretenir la communauté (pas étonnant que je passe ensuite par la case community manager) et d’avoir de nouveaux lecteurs en postant des comms de ci de là.

bouton-commentaire

La ronron: beaucoup moins de cul pour cause de “j’ai des collègues maintenant, on ne sait jamais”, une régularité plus que relative et surtout plus aucune gestion de la communauté pour cause de manque de temps. Comme qui dirait les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés.

Mes jambes pré opération du genou et pré trou dans la jambe parce que je suis tombée dans le métro

Mes jambes pré opération du genou et pré trou dans la jambe parce que je suis tombée dans le métro

Il est vrai que ce blog m’apporte juste un espace de prise de parole mais c’est bien tout désormais. Et je n’ai aucun regret en soi. Contrairement à mes autres projets de blogs (ceux qui ne voient pas le jour, j’entends), les vingtenaires ne nécessitent que rarement un travail de recherche, on est plus dans le fact checking qu’autre chose. Pourtant, j’aime ça, chercher, c’est toujours l’occasion d’apprendre quelque chose mais pas le temps. D’autant plus maintenant que je suis en couple et que je vis entre deux apparts.

(sac trouvé sur Claire Production mais en rupture de stock mais vous pouvez cliquer quand-même si d'autres trucs vous plaisent)

(sac trouvé sur Claire Production mais en rupture de stock mais vous pouvez cliquer quand-même si d’autres trucs vous plaisent)

Mais parfois, je soupire devant certaines occasions manquées. Non pas que je compte devenir millionnaire grâce à mon blog, je suis légèrement réaliste mais du coup, je perds l’aspect expérimentation sur certains réseaux ou sur l’écriture, le public reste modeste. Parfois, je me pique de vouloir relancer la machine, faire un peu de SEO, essayer de booster un peu les réseaux sociaux mais je laisse vite tomber… essentiellement par manque de temps. Et d’investissement aussi. Ce que j’aime, moi, c’est écrire. Le reste, ce serait bien que je sache faire mais la flemme… Ouais, la flemme. D’abord parce que la naturopathe avait dit que j’avais droit mais surtout… bah une fois un article écrit, j’ai pas le courage de faire “buzzer” en commentant ailleurs, en allant interpeller des gens qui parlent du sujet et surtout, surtout, j’ai la flemme ultime de fréquenter la blogosphère et ses soirées sponsos. Je crache pas sur les blogs en général, certains sont tops, mais alors le côté soirées de marque, c’est peut-être un peu trop proche de mon boulot pour que j’ai envie. Sans parler du fait que c’est un milieu assez puéril (et Machine elle a dit de truc que ci, que ça et lui, je l’aime pas, lui parle pas, et elle, c’est trop une michto, blablabla) donc un gros “pas envie”. Enfin, je dis ça des blogs, les Tweet apéros et co, c’est pas forcément mieux… En fait, c’est un peu partout pareil, je crois juste que je suis devenue associale et que j’ai juste envie de voir a) mon mec, b) mes potes. Les soirées pince-fesses, à part pour faire progresser ma carrière, non, non, non.

NON MERCI !

NON MERCI !

Mais reste la frustration. Celle de ne pas avoir le temps d’écrire comme je veux, celle de ne pas arriver à écrire une relative success story (le défi étant donc de “réussir” à monter un truc sans se taper les soirées sus-nommées. Et surtout de mener de front ma vraie carrière et ce petit projet, je n’ai pas envie de devenir “blogueuse pro”, voyez). Que si, parfois, le secret pourrait résider dans l’organisation, ces derniers temps, le travail me pleut dessus et il devient difficile (impossible?) de sauver quelques minutes d’écriture. Avec de la chance, une fois que Victor et moi serons installés ensemble, je pourrai écrire un peu le soir, mais rien n’est moins sûr. Mais il faudra car mine de rien, le blog, ça reste le meilleur truc pour rajouter du sens au métro, boulot, dodo.

 

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Elections régionales : Et ce qui devait arriver arriva

Warning : j’ai pas mal de choses à dire sur les élections régionales mais aussi sur la Cop21 et l’Etat d’urgence (pas de suite) donc si vous venez ici pour une dose de légèreté et bien… revenez à Noël. Bisous.

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Dimanche soir, je me connecte à Twitter pour découvrir les résultats des élections régionales. Oh, je ne m’attendais pas à un miracle et effectivement : le FN arrive en tête, à la consternation générale. Alors pardon mais vous avez suivi l ‘actualité politique ces dernières années ? Marine Le Pen est arrivée 3e aux Présidentielles, le parti est arrivé 1er aux Européennes puis aux Cantonales et là, c’est la suite logique. Certes, en 2007, le parti avait reculé, cédant sa 3e place à François Bayrou. Peut-être aviez-vous pensé que les attentats allaient changer la donne parce que bon, l’abstention, c’est la première alliée du FN. Alors de 1, ce n’est pas si simple et de 2… si en tant que Parisiens, on a vécu ces attentats dans notre chair, peut-être a-t-on surestimé ce moteur de vote, qui sait. Bref, comme à chaque élection, je suis un peu étonnée par votre étonnement. Peut-être suis-je trop cynique.

Bulletin FN aux élections régionales

Pourtant, on s’était mobilisés. On a diffusé, on a retweeté, partagé la moindre info anti FN, applaudi la Voix du Nord, dénoncé les dangers que représente le FN pour le droit des femmes, souligné tous les propos border voire franchement racistes des fantoches du Parti, on s’est gaussé de Ménard et Collard (c’est marrant, les deux riment avec…). C’est en voyant la Une de la Voix du Nord que j’ai commencé à sentir un truc, diffus…

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On a eu tort. Moi comme les autres. Se mobiliser et diffuser de l’information, c’est bien sauf que je me rends compte que j’ai surtout pissé dans le vent. Petit point rapide sur mon utilisation des réseaux sociaux : Facebook, c’est un peu “famille”, je ne poste quasi rien dessus et surtout pas de contenus politiques, je me contente de poster quelques commentaires salés (surtout féministes). J’ai ce réflexe d’éviter de parler politique en famille ou dans un cadre professionnel, j’ai les deux sur Facebook. Par contre, sur Twitter, je vitupère, je montre du doigt, j’interroge parfois. Sauf que… ben ma communauté Twitter me ressemble. Donc tweeter à longueur de temps qu’il ne faut pas voter FN car c’est la bête immonde, c’est vraiment useless. J’ai été coupable d’une politique un peu Bisounours, en fait, celle qui nous faisait dire ados devant une assistance acquise à notre cause “non mais le racisme, c’est trop nul, c’est débile !”. Mon “engagement” est un échec, mon “engagement” n’existe en fait pas, c’est presque plus de la complaisance qu’autre chose à ce niveau là. Je n’avais pas besoin de (re)diffuser l’abject, on savait déjà.

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Alors du coup, c’est quoi la solution, à mon petit niveau ? Poster les mêmes articles sur Facebook, espérant avoir un peu de visibilité entre les dernières bêtises du jeune Evan et des mantras à la con de pages avides de likes ou encore ces foutus articles des mendiants du clic ?  Mais là encore, sur ce réseau, je ne vois passer aucun pro FN, j’ai rapidement nettoyé les “anti bougnoules” de ce réseau donc une nouvelle fois, ça ne me paraît pas super efficace. Balancer quelques arguments ici ? On est carrément dans la bouteille à la mer.

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Alors faut pas lâcher, bien sûr, mais à un moment, faudrait peut-être arrêter de croire que le seul problème est pédagogique. Quand j’ai vu la Une de la Voix du Nord, je me suis dit qu’il pouvait se passer globalement deux choses : soit ça allait marcher et Marine Le Pen allait ramasser ses dents, soit ça ne servirait à rien car les votants du FN sont trop déterminés pour aller lire un journal qui dénigre leur nouvelle championne… Malheureusement, ce que j’avais pressenti est arrivé. Donc les gens ne veulent pas savoir, ils veulent des solutions. On a souvent tendance à prendre les votants pro FN comme des dégénérés, lavons nous les mains de ça, on reviendra s’interroger aux prochaines élections. Non. D’abord, on admet que comprendre n’est pas cautionner mais que c’est facile de se dire que le con, c’est l’autre. Non, le con, c’est nous quand on refuse de comprendre pourquoi le vote FN continue de progresser malgré notre mignon angélisme. Même si je pense qu’une frange de cet électorat a bien été bercé trop près du mur (quelques indices : dès que vous ouvrez la bouche, ils vous traitent de gauchistes et de fragile, ils adorent vous balancer la mort de Clément Méric comme une bonne blague, ils vous menacent de violences physiques mais toujours derrière un écran quand même et surtout, surtout… ces exemples de patriotisme nationaliste extrême ne maîtrisent pas la grammaire et l’orthographe les plus élémentaires. Ah et attention : ils sont toujours en bande donc “débattre” avec un, c’est s’en prendre 10 sur le dos), d’autres ont un vote de colère. Ce n’est pas juste rejeter “l’UMPS” qui nous gouverne depuis 30 ans sans que rien ne change vraiment car il existe plusieurs offres politiques autres que les extrêmes, c’est tout un système, toute une classe qui est rejetée. Et ça ne peut pas se limiter à un “les arabes dehors”, c’est plus profond que ça. Ce n’est pas pour rien que le FN ramasse des voix en masse dans les milieux les plus populaires. Alors il y a certes du racisme, du “ils nous volent notre travail” (remember cette émission de Gildas avec Balavoine qui débat avec un raciste, on en est toujours là 30 ans après), du “ils ont des noms à coucher dehors, on les comprend pas”, de la part de personnes ne connaissant pas d’Arabes sinon ils ne seraient pas étonnés par leurs patronyme… Mais c’est un bougli bougla de colère, de frustration, de sentiment d’injustice et de manque de connaissance qu’il faut comprendre pour combattre.

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Alors on va arrêter de de dire “les gens qui votent FN y sont trop cons”, on va lire du Bourdieu, on va apprendre, on va réfléchir, on va essayer de comprendre comment parler à ce ventre mou du FN, celui qui ne voulait pas de Jean-Marie mais est rassuré par les blondes Marine et Marion. Parce que j’ai pas envie de relire les mêmes réactions indignées en 2017. Même si j’estime que la meilleure façon de combattre le FN, c’est de leur permettre enfin d’arriver au pouvoir pour démontrer qu’ils vont pas aider, bien au contraire… Mais je me dis surtout que 5 ans, c’est bien trop long pour ce coup de poker.

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The lobster de Yorgos Lanthimos

Je vous avais promis la semaine dernière de vous parler d’un bon film. Sauf que quand j’ai écrit cette phrase, je n’avais pas encore vu The lobster de Yorgos Lanthimos . Aujourd’hui, je vais donc vous parler d’un TRES bon film.

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L’histoire : David part dans un hôtel pour 45 jours. 45 jours pour trouver une nouvelle moitié (sa femme l’a quitté) ou sinon, il sera transformé en l’animal de son choix. Pour gagner des jours et augmenter ses chances, des chasses “aux solitaires” sont organisées : les pensionnaires de l’hôtel chassent des gens célibataires qui traînent dans la forêt et les capturent à l’aide de fléchettes anesthésiantes pour qu’ils soient transformés en animaux. David a choisi : s’il échoue, il sera un homard  (lobster). Il va croiser dans sa quête des hommes et des femmes prêts à tout pour trouver une moitié, quitte à mentir car, dans ce monde, seule la règle du qui se ressemble s’assemble prime.

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Je ne vous en raconterai pas plus pour pas vous spoiler mais… Bordel quelle claque. D’abord une claque visuelle, les images sont folles, l’ambiance est oppressante, c’est très bon. Particulièrement la scène de la première chasse avec le bois qui vole, la boue, les chutes, ça sent le humus et la mousse, c’est magnifique. A propos d’ambiance, la musique relève les moments de tension avec brio.

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Sur le fond… c’est un film à multiples lectures et c’est ce qui nous a rendu fous avec Victor : on y a vu des critiques sur l’amour, la superficialité, le totalitarisme, le conformisme, tout es analysable, tu peux pas juste regarder le film et après, tu passes à autre chose, y a des possibilités de meta lectures qui vous occuperont un petit moment et je me sens frustrée, là, de pas tout vous raconter mais je ne peux pas en dire plus sinon je vous casse un twist. C’est un film qui suscite des émotions. Lors de sa critique, In the Panda (je vous balance du Youtubeur à mort en ce moment, j’ai limite envie d’en faire des articles) regrettait le rire des spectateurs alors que le film n’est pas une comédie. Et je vous confirme qu’il ne l’est pas. Mais certaines scènes prêtent à rire par leur incongruité, leur côté surprenant. Ce n’est pas un rire de moquerie ou de gamin attardé car la personne parle de fellation ou de sodomie, c’est juste un réflexe lié à une surprise, un clin d’oeil un peu complice. Parce que oui, il faut regarder l’arrière plan, parfois, on y revoit certaines références.

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Ca pourrait être un film d’amour, c’est une critique sociétale. Avec un Colin Farrell absolument grandiose, une Rachel Weisz lumineuse. Léger bémol sur Léa Seydoux qui est pas mal du tout en activiste acharnée mais manque parfois de justesse dans le ton, surtout dans les passages en français qui sonnent un peu bizarres.

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Bref, on a tellement aimé avec Victor qu’on va vite se choper Canine du même réal, chroniqué ici par In the Panda (alors par contre, léger avertissement : c’est dans son émission Unknow movies qui est tourné un peu comme un polar un peu dark, âmes sensibles s’abstenir. Mais sinon la critique est super). Et si j’aime : 1/ je vous en parlerai et 2/ je materai The Alps du même réalisateur.

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Il faudra que je vous parle prochainement de 2 bons films (oui, 2). Finalement, ma cinéphilie commence presque à se réveiller (il était temps).

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The art of the brick ou l’éternelle insatisfaction

Ou comment je vais vous parler d’une expo et de la réflexion qui en a découlé.

Samedi, Porte de Versailles. Entre deux gouttes de pluie, Anaïs et moi empruntons l’incroyablement lent tapis roulant du Parc des Expositions pour nous rendre à l’exposition “The art of the brick” de Nathan Sawaya. Il faut savoir que j’ai pas tout à fait guéri ma nostalgie de l’enfance et que tout ce qui est “un jouet détourné pour faire de l’art” me fait pétiller les yeux. C’est donc avec plaisir et impatience que je vais voir cette expo.

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Alors je vais pas tout vous raconter mais globalement, je l’ai trouvée très intéressante et pas vraiment faite pour les enfants, en fait. Au départ, on découvre des objets du quotidien réalisés en Lego par l’artiste genre ce superbe violoncelle :

Je me suis un peu trouée sur le cadrage de cette photo, désolée

Je me suis un peu trouée sur le cadrage de cette photo, désolée

Intéressant, l’oeuvre paraît plus un travail d’ingénierie (remettre à échelle, gérer le poids des éléments pour éviter qu’ils ne s’effondrent) mais au fur et à mesure que l’on avance dans l’expo, on découvre certaines oeuvres un peu torturées : un personnage brisé “c’est comme ça que je me sens tous les matins”, un autre qui pleure un enfant dans ses bras, une sorte d’autoportrait avec une case en moins… Bref, après les objets du quotidien et une section dédiée à la reproduction d’oeuvres d’arts (très réussi mais ne doit pas forcément parler aux enfants qui n’ont pas forcément la culture pour connaître les oeuvres originales), on rentre un peu dans la section psyché torturée de l’artiste. Intéressant. Mais du coup, je finis par me poser quelques questions…

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En intro de l’exposition, on voit Nathan Sawaya, tout sourire, expliquant qu’il a plaqué son métier d’avocat dans lequel il n’était pas heureux pour devenir artiste Lego et qu’il a la chance de faire ce qu’il aime. Oui, Nathan, c’est ultra cool, tu as eu des balls, mec, je t’admire pour ça, tu pourrais même devenir mon modèle…

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Mais tu n’es pas heureux, in fine ? Tu te sens toujours frustré, incomplet, perdu parfois. Alors je me doute bien que même quand tu fais un métier que tu adores du plus profond de ton coeur, que tu as réussi à devenir celui/celle que tu voulais être, tous les matins ne sont pas forcément chantants pour autant mais là, en sortant, je lâche à Anaïs un “ah, en fait, il est complètement dépressif” “Complètement !”.

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Est-on condamné à ne jamais être satisfaits ? Soigner une frustration en réveille-t-elle une autre ? Je ne connais pas bien la vie de Sawaya à part son histoire d’avocat qui a tout plaqué pour devenir artiste Lego et il a une compagne qui semble bien charmante pour les représentations que l’on a d’elles (oeuvres personnelles les plus gaies, d’ailleurs). Sur le papier, ça sonne donc plutôt pas mal alors pourquoi tant de frustration ? Si un mec qui a réussi à faire exactement ce qu’il aime se voit comme un Lego fêlé ou rêve de s’arracher la tête pour secouer le bordel dedans avant de la reposer vidée sur son cou*, est-ce que ça veut dire qu’on peut arrêter de courir pour atteindre un rêve qu’on atteindra in fine jamais ?

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En fait, dans le cas de Nathan, entre autre, la question ne me paraît pas être tellement celle ci mais plus : la vie a-t-elle encore un sens quand on arrête de courir après le lièvre ? Nathan n’était pas heureux dans sa vie d’avocat donc il a choisi une autre voie… et réussi. Et maintenant quoi ? Continuer à créer, oui, mais après ? Sommes-nous naturellement programmés à courir après des projets, encore et encore, ou est-ce la société qui nous exhorte tellement à nous sortir les doigts du cul pour réaliser nos rêves et entreprendre qu’on se sent vide une fois nos objectifs atteints ?

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Est-ce que je me prendrais pas un peu trop la tête sur une expo Lego ? Ah oui, ça, c’est fort possible. Mais je n’ai pas les réponses à mes questions précédentes et j’avoue qu’en ce moment, ça me rend un peu dingue.

* Ca me fait fantasmer ça, j’aimerais tant en faire tant.

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Les résolutions, c’est bon, mangez-en

Aaaaaah, vous l’attendiez, voici mon article sur mes résolutions 2014. Accrochez-vous à vos slips, j’ai de grandes ambitions pour ce nouveau millésime.

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Mais avant, reprenons ensemble mes résolutions 2013 pour rire ensemble du fait que je les tiens jamais (c’est pour ça que j’aime bien en faire, je les appelle mes voeux pieux). En 1 : faire n’importe quoi… Ah oui, si, ça je l’ai pas mal tenu, tiens. Par contre, dépenser des sous dans des cours qui me plaisent, pas tant que ça. En 2 : bosser sur des projets éditoriaux et me remettre à écrire : non pas du tout pour le 1er et pas assez sur le second. En 3 : travailler mon e réputation en cleanant tous mes CV : oui, ça, c’est bon ! Bon, en fait, j’ai été soft niveau résolution l’an dernier, je crois que j’ai bien fait. Rajoutons tout de même que j’ai arrêté de fumer depuis le 04 mars et qu’à part quelques clopes taxées en soirée, j’ai pas repris et ça, même si c’était pas dans mes résolutions, c’est la victoire suprême.

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Bon, puisque 2013 était l’année du repos, 2014 sera l’année de la réussite, ai-je décidé. J’ai avec moi ma petite liste de résolutions mais avant de vous l’exposer, laissez-moi vous présenter ma façon de réfléchir. D’abord, je dois admettre que je ne peux pas être parfaite. Donc pour aller vers celle que je veux être, je dois m’autoriser certains défauts. Donc je renonce à l’idée d’être une super cuisinière, je ne ferai jamais de jogging, j’aurai toujours une écriture manuscrite de cochon. Ah et j’admets que je serai jamais cinéphile et que je continuerai à regarder des merdes à la télé. Ah et résolution que j’abandonne d’ores et déjà car je SAIS que j’y arriverai pas : le snoozing. Tous les soirs, je me dis « demain, tu te lèves de suite » et tous les matins, j’échoue. Alors, oui, je sais, c’est mauvais pour moi mais oh, j’ai arrêté de fumer, je peux pas tout faire non plus.
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Autre point : j’ai souvent eu de la frustration car je me résolvais à trop de choses et, ne sachant dans quel ordre commencer, je ne commençais finalement rien et me disais que je n’étais qu’une grosse merde sans volonté. Alors je vais un peu hiérarchiser. Chaque chose en son temps. Dooooonc à présent, voici mes résolutions !

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Temps 1 : remettre de l’ordre dans mon intérieur. Estomac et appartement. Mon appart semble sortir tout droit d’un cambriolage en permanence, j’en ai marre. Donc en janvier, par ici étagères et rangements, on va vendre bureau et canapé sur le bon coin, c’est parti mon kiki. Parallèlement à ça, on va manger bien. Légumes, légumes et fruits. J’y ai déjà pensé : le dimanche, je découpe tout et je range mes bouts de légumes dans des petits sacs isothermes pour ne plus avoir qu’à les mixer pour me faire des soupes et la mixture (un truc inventé par mes soins à base de carotte, tomate, brocolis, banane, mangue, ananas, yaourt au soja et amandes. Si, c’est bon). De toute façon, vu la méga crise de foie que je viens de me taper (toi aussi, passe le 25 décembre enfermée dans les toilettes à gerber), le gras et moi, on s’aime plus trop. Evidemment, avec ça, faut que je reprenne le yoga car j’ai besoin de mon shoot de sérénité et toujours autant la piscine car je me sens jamais aussi bien qu’après deux ou trois heures de barbotage. Puis un peu de marche aussi, faut s’aérer. Bref, en temps 1, je deviens plus mince et ordonnée.

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Temps 2 : je mets en place un suivi précis de mes dépenses pécuniaires et caloriques ainsi qu’un compteur de mots écrits. Je m’explique : sur mon agenda iPhone, j’inscrirai tous les jours combien de temps j’ai marché, si j’ai nagé ou non, ce que j’ai dépensé par jour et combien de mots j’ai écrit pour mes romans (pour le blog, ça compte pas). Objectifs : 7 km de nage par semaine, 150 € dépensés par semaine, 1500 mots écrits par jour. Ca peut faire ultra psychorigide dis comme ça mais vu qu’au boulot, ma liste drastique a fait de moi une employée super organisée, je sens que c’est par là que je tiens le bon bout.
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Temps 3 : trouver un mec. Là, de suite, j’avoue que je suis pas ultra motivée, j’aime bien vivre de beaux instants, de super premiers baisers. J’ai vraiment eu de jolis moments cette année et, en un sens, ça me convient. De l’autre, quand la journée a été chargée et que je rentre chez moi avec l’envie de m’asseoir par terre et de pleurer pour sortir la fatigue de moi, des petits bras accueillants ne seraient pas de trop. Même si j’avoue que la reprise intensive de la piscine a pas mal réglé cette histoire de sortir la fatigue de moi. Tout se dissout dans l’eau chlorée, y compris la sale fatigue. La question est cependant : si je trouve un mec, pourrai-je garder la résolution 2 ? Non parce que si je nage 3,5 km par session, il me suffit d’en faire deux et là, je suis bonne. Mais pour les 1500 mots… Bah, on verra !

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Ah et évidemment, la vraie résolution mais qui va devoir se lancer très vite, c’est réussir mon nouveau projet professionnel me permettant de devenir la queen du digital… A suivre !

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Donc premier pas : acheter des étagères. Et bloquer le numéro de ma banquière !

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