Le recrutement, ça te fait tourner en rond

Fin d’année oblige, les cabinets de recrutement s’agitent dans ma boîte mail “Hé salut, j’ai un poste de social media manager à te proposer, rappelle-moi !”. Je décline poliment par mail (quand j’ai moyen de le faire parce que la meuf que j’ai essayé d’appeler 10 fois et qui est jamais dispo, j’ai laissé tomber). Pourquoi je voudrais un poste de social media manager alors que je le suis déjà ?

canard en plastique pêche

Bon, depuis un mois, j’ai changé d’intitulé vu que justement, je ne suis plus social media manager mais j’ai omis de remettre à jour tous mes CV éparpillés sur la toile (surtout quand tu reçois un mail t’informant que ton CV a été supprimé et qu’un recruteur t’appelle deux mois plus tard car il a vu ton CV sur ledit site… Noeud de cerveau). Donc pour beaucoup de CV sur la toile, je reste social media manager… et donc, on cherche à me débaucher pour me faire faire la même chose ailleurs. Gniiii ?

citation d'albert einstein "la folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent"

En 2014, je suis en recherche très très active : j’ai bien compris que mon horizon était bouché dans ma boîte et le couperet des licenciements économiques se rapprochait. Et puis, je m’ennuyais, surtout : c’est bon, le community management, je maîtrise vraiment trop, le paid, c’est acquis, la stratégie… J’aime ça, peut-on me consacrer à ça ? Non. Ok, bah je me casse. C’est pile à ce moment là que je suis contacté par Oliver, directeur social media d’une big agency qui veut me rencontrer pour me proposer un poste de social media manager, il a eu mon nom par Isadora, mon ex collègue de chez Pubilon (ah que le monde est petit !). Je décline. Non merci, Monsieur, mais ce que tu me proposes, c’est ce que je fais déjà donc bof, quoi. Mais il insiste et ma soeur, qui a bossé dans ladite big agency (ah que le monde est petit !) me pousse à aller passer l’entretien. Entretien top, je passe un 2e entretien avec le directeur de l’entité dont dépend le social et il me dit que je suis trop chère, dommage. Je fais donc une croix sur ce poste et vais de l’avant. 15 jours plus tard, coup de fil d’Oliver qui m’annonce mon embauche. 3 mois plus tard, je débarque là-bas et 2 ans et 2 mois plus tard (record), j’y suis encore et j’ai même pas démissionné. Pourtant, les premiers mois furent ceux de l’ennui, au point que j’ai hésité à faire prolonger ma période d’essai mais grâce au plan d’Oliver, j’ai glissé petit à petit vers le social data et les études, me révélant ainsi à moi-même (et regrettant désormais de ne pas avoir fait des études de maths et surtout stats après le bac). Mais sur le coup, je me suis dit “ouais ok, je suis mieux payée et je fais un peu plus de stratégie mais à ce rythme là, j’avancerai jamais”.

homme de dos écrit sur le mur une stratégie marketing - recrutement réussi

Tiens, c’est « drôle », j’ai pas trouvé de photos similaires avec une femme

Et c’est là que je m’interroge. J’attends d’un poste qu’il me fasse progresser, que j’apprenne, que je sois motivée. A quel moment me proposer de faire ce que je fais déjà, pour un salaire pas forcément beaucoup plus élevé, est censé me donner envie de postuler ? On touche ici au coeur du problème selon moi :

  • le recruteur veut quelqu’un d’immédiatement opérationnel (même pour les stages et alternances, parfois), il ne va pas me recruter sur ce que je pourrais être mais bien sur ce que je suis déjà car un recrutement raté, ça coûte cher.
  • Mais quel candidat quittera son poste actuel pour faire la même chose ailleurs avec à peine 2 ou 3k de plus sur le contrat (je suis experte, les experts, ils gagnent pas des millions non plus) ? Bon, évidemment, il y a les cas où tu en crèves de ta boite actuelle et tu es ravi d’aller voir ailleurs (je l’ai fait, de partir d’une boîte avec quasi le même salaire dans la nouvelle tellement j’en pétais) ou le cas éventuel d’être débauché par une boîte qui nous fait briller les yeux, mais sinon…

dessin manga jeune fille cheveux roses et étoiles dans les yeux

Du coup, quand j’ai reçu une énième proposition pour un poste de social media manager, j’ai hésité à répondre un peu sèchement “c’est déjà ce que je fais, laissez-moi tranquille, je veux évoluer” mais j’ai remis un peu tout ça en perspective. Le recruteur, son métier, c’est pas de prendre des risques. Eventuellement, j’ai déjà été la candidate surprise de certains cabinets, la meuf au parcours un peu différent de ce que peut attendre le client et j’ai bien performé en entretien mais, curieusement, à l’arrivée, entre ma candidature où il manque une ou deux compétences et une autre qui a tous les éléments requis, je n’étais jamais la personne retenue. Parce que pas le temps de niaiser, faut quelqu’un d’opérationnel tout de suite.

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Mais du coup, comment on progresse ? Evidemment, évoluer en interne est la voie royale : on te connaît, on sait ce que tu vaux. Sauf qu’à un moment, ça bouchonne un peu : si les gens au-dessus de toi ne partent pas, tu vas pas aller t’asseoir sur leurs genoux non plus. Et dans mon cas très spécifique de réorientation professionnelle, c’est encore pire : d’un côté, les recruteurs ne me veulent que pour mes compétences passées (laissez moi, je ne veux pluuuuuuuuus), de l’autre, la marche cassée devant moi dans ma boîte : j’ai tout appris par moi-même sur le social data et les études et personne ne peut me faire progresser là où je suis vu que je suis la seule à maîtriser.

artisanat

Alors entre de potentiels recruteurs qui ne veulent pas de moi car je ne suis pas assez et ma boîte actuelle où je suis déjà trop par rapport à mon poste… L’impasse. Et je parle ici de mon cas mais je pense que nous sommes nombreux à soupirer quand on voit arriver une proposition de poste pour un job identique au nôtre mais juste dans d’autres locaux. Ah oui, bien sûr, on nous promet toujours de belles perspectives d’évolution dans cet ailleurs mais dans les faits…

Tiens, toujours pas de femmes sur ce genre de photos... N'aurions-nous donc aucune ambition ?

Tiens, toujours pas de femmes sur ce genre de photos… N’aurions-nous donc aucune ambition ?

Finalement, c’est peut-être moi qui lis mal les trucs. Peut-être que je suis enfermée dans une voie, comme tant d’autres, et que l’évolution ne se fera que sur un coup de chance, le coup d’être au bon moment au bon endroit. Ce qui vient déjà de m’arriver, in fine. Au fond, le recruteur, il fait juste que son travail : trouver le candidat qui remplit les critères. A moi de lui prouver que je suis celle qui lui faut.

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Week end yoga : mange ton humilité

Plus jeune, j’étais ce qu’on appelle une bonne élève : grâce à des facilités (ma bonne mémoire), j’ai toujours été dans les meilleures élèves de ma classe. Ces facilités naturelles m’ont donné un travers : la flemme. Ainsi, je suis naturellement portée vers des sports où je suis naturellement bonne comme tout ce qui nécessite de la souplesse grâce à mon hyperlaxité. Sauf qu’un jour, tu te manges une vilaine tape dans la tronche : t’es peut-être hyperlaxe mais tu es mauvaiiiiiiiiiise.

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Il y a un mois et demi, je cherchais un plan pour l’un des deux week-ends de juin, Victor ayant des plans de son côté. Je cherchais un plan thalasso mais en solo, c’est un peu trop cher pour moi. En rebondissant de lien en lien, je finis par tomber sur un week-end yoga à Guéthary. Ah ben en voilà une bonne idée : ça va tout bien me détendre et en plus, c’est en bord de mer. 4h de cours le matin en moyenne, rien l’après-midi, une petite pratique d’une heure, une heure et demie… Finger in the nose. Ahahah… Ben pas du tout.

Ashtanga-Yoga

J’arrive sur place, je suis accueillie par une sympathique dame blonde qui me fait visiter les lieux. Une baraque de dingue avec du bois partout et une terrasse avec une vue… Genre :

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Elle me questionne sur ma pratique, je lui réponds que j’ai fait un peu de hata yoga et un peu de yoga de l’énergie… Ouhla, le sourire est parti aux oubliettes…Lors du dîner, je comprends que j’ai à faire à des gens limite drogués du yoga qui pratiquent beaucoup, ont fait plein de stages… Je plonge le nez dans mon potage au fenouil (très bon au demeurant), je comprends bien que je suis pas aussi assidue, loin de là. Si on cumule mes différentes expériences, j’ai dû pratiquer 6 mois de yoga… sur 5 ans. Oh mazette !

Mais pas de panique, on commence par 2h de méditation, je vais finir ma nuit. Ah non, on doit faire des trucs dont expulser l’air très fort par les narines. Je tue jusqu’à un paquet de mouchoirs par jour en ce moment, c’est gai… Après une petite tisane, on passe à une séance de 1h d’alignement puis 1h30 de yoga ashtanga. OH PUTAIN ! Alors le prochain qui me dit que le yoga, c’est pas physique, je le gifle. On se tort, on se plie avec des sangles, on fait des planches et des pompes. ON FAIT DES PLANCHES ET DES POMPES ! Je suis en souffrance, j’arrête pas de me faire gronder parce que je fais pas bien, que je suis pas alignée, que je suis pas en conscience, que mon ventre est pas serré… Bon, au début, j’avais pas compris qu’on me parlait vu que j’étais rebaptisée “Audrey”. A la fin du cours, je suis chiffon : je suis pas habituée à être la plus nulle, moi. Même quand je suis la moins expérimentée, je m’en sors toujours. Par exemple, aux Maldives, je gérais pas super le courant au départ mais vu que je consomme pas d’air, ça compensait. Là, j’ai bien mon hyperlaxité qui me sauve un peu la mise mais ça fait pas tout.

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Bref, pendant 3 jours, je rumine : de toute façon, j’aime même pas ça le yoga, j’aime le stretching, moi, et les abdos fessiers. Parce que là, je comprends, on me dit de serrer les fesses, je serre les fesses, c’est plus clair qu’un “propulsez le vagin en avant”. Mais mon vagin est très bien où il est d’abord ! Puis d’abord y a une des assistantes qui dit que je fais très bien alors faut arrêter de me martyriser, hein… Puis j’ai des courbatures partout, j’ai mal, je souffre, raaaaah ! En mode sale gosse, dites-vous ? Si peu.

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Puis le 3e jour : alors que j’en chie des ronds de chapeau, je suis à 2 doigts de lâcher mais je m’accroche et j’arrive finalement à la fin du cours. Je me sens bien. Le soir, je gère tranquille les 1h30 de salutation à la lune. Le dimanche matin, je me lève, je n’ai plus mal, je suis juste posée, bien. La prof me tape sur les cuisses “tu vois, en 3 jours, ton corps a déjà changé. Tu as été courageuse, tu as bien tenu, bravo !” Oui parce que même si j’étais pas super dans l’axe, j’ai fait tous les exercices et tous les cours alors que y en avait plein qui avaient beau être des super yogi en devenir, ils passaient quand même un peu la séance à faire pipi pour échapper à 2 ou 3 exercices alors que moi, j’ai RIEN lâché.

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Moralité : mon orgueil reste mon meilleur allié et évidemment, dès mon retour de vacances mi juillet, je vais m’inscrire dans un centre de yoga ashtanga. Ca tombe bien, y en a un à 50 mètres de mes nouveaux bureaux (on a déménagé, j’ai pas changé de taf). Et la prochaine fois, je fais un stage d’une semaine !

Ah et en bonus, une vidéo tournée sur le deck de la maison de Guéthary (c’est la prof qu’on a eue qui fait la vidéo)

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Couper les fils

Ce week-end, je suis partie en week-end yoga, faudra que je vous raconte, j’ai souffert. Non, pas souffert mais souffeeeeeeeert. Mais j’en ai recueilli une certaine sagesse et des résolutions que j’ai immédiatement appliquées : j’ai cassé certains fils.

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Nous sommes la génération connectée. Connectée à la toile mais connectés entre nous aussi, si bien qu’il devient difficile de réellement rompre tout contact. Il y a environ un mois, après un petit dîner à 4, je rentre avec Victor qui me fait remarquer que c’est bizarre que j’ai toujours mon ex à qui je ne parle plus dans mes contacts Facebook (ceci n’était pas du tout une scène de jalousie, juste un constat). Du coup, j’ai un peu réfléchi à tout ça. Pourquoi tu gardes ce mec dans tes contacts ? Raison 1 : parce que tu ne veux pas être celle qui rompt tout contact (même s’il n’y en a plus). Raison 2 : parce que j’ai une curiosité mesquine. Vous savez, ce côté “sa vie est moins bien que la mienne”, le match des exs en un sens. Et raison 3, aussi : voir ses défauts m’exploser à la figure à chaque statut. Mais là, ça vire limite au masochisme, quand on lit une énième fulgurance en se demandant “mais je lui trouvais quoi à lui, déjà ?”

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Donc 3 mauvaises raison de rester en “contact”. Suite à mon stage, une séance de lecture avec l’océan pour seul compagnon et un massage ayurvédique, ma décision fut prise. Ciao ex. Ciao un autre d’ailleurs. Un autre sautera bientôt (seule la raison 1 m’a empêché de le faire). Ciao les 2 ex manageuses que j’ai détestées et que j’espère ne jamais recroiser. Ciao une ex amie qui m’a un peu foutu hors de sa vie sans que je sache pourquoi tout en continuant à suivre la mienne et à la raconter à des gens. C’est ainsi qu’après quasi un an sans se causer, je l’ai croisée à une soirée et elle me présentait comme Nina “tu sais la fille dont je t’ai parlée par rapport à [événement assez récent]. D’ailleurs, ça va mieux ta jambe cassée ?” Freakyyyyyyyy ! Donc on enlève. Puis passons sur Twitter couper les ponts avec une ex amie qui me disait le lundi qu’aucun homme n’arriverait jamais à nous séparer pour me virer dès le mardi parce que monsieur ne m’aimait pas. Sans doute parce que je n’étais dupe d’aucun de ses mensonges… En même temps, je n’y suis pour rien s’ils étaient dramatiquement énormes ! C’est depuis ce temps là que je suis très énervée sur la question des pervers narcissiques d’ailleurs.

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Bien sûr, ça ne se fait pas comme ça, ça réveille forcément des souvenirs, des regrets. Pas pour mes exs, eux, c’était bel et bien terminé et le fait que je les laisse désormais glisser peu à peu dans l’oubli me laisse indifférente. Oui, il y en a un qui m’a rendue marteau, qui m’a permis de voir certaines de mes limites, où je me suis rendue compte que j’avais fait de la merde sur pas mal de points mais aujourd’hui, il ne représente plus rien. L’idée de ne plus jamais parler avec lui ne suscite plus rien en moi. Par contre, les amitiés, ça fait un peu plus chier. Elles ont été remplacées depuis, il n’est pas dit que mon moi d’aujourd’hui se serait entendu avec leur Elles du jour. Une, je suis même sûre qu’on était arrivées au bout de toute façon, l’autre… Je ne sais pas mais après tout, si les choses sont telles qu’elles, c’est sans doute qu’il n’y avait pas d’autres alternatives. Tant pis, tant mieux. Alors au lieu de soupirer de la voir s’enfoncer dans son déni et sa fuite en avant, tournons la page.

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De temps en temps, il me prend une frénésie de vide. Je suis une fille qui accumule. Trop, tout le temps, qui garde des bouts de ficelles “parce que ça pourrait me servir”. J’ai gardé des magazines plusieurs années parce que je voulais découper les jolies images et m’en servir pour des tableaux ou des bijoux. Je garde des vieilles fringues que “si, si, je vais remettre” et que je ne renfile jamais. Alors parfois, je pète un plomb et je remplis les sacs poubelles. Au fur et à mesure que je les évacue, je me sens mieux, je me sens renaître. En ce moment, je liste les choses à revendre/jeter, mon Victor en fait autant, on s’encourage à faire de la place. Mais la place, ce n’est pas que dans l’appart qu’il faut la faire…

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Je coupe les fils. Bye gens qui n’avez plus de place dans ma vie, je vous laisse filer. Au fond, on ne partageait plus rien. Je laisse désormais la place libre pour qui voudra la prendre, pour qui je voudrai la donner.

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C’est pas parce que je tiens pas mes résolutions que j’en fais pas

Tadaaaa, la meilleure tradition que Noël, mieux que la dinde que je ne mange jamais ou que le film de Noël que je ne regarde pas : les résolutions ! Ce truc magique qui me fait croire que ma vie sera meilleure demain. Evidemment, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire mais laissez-moi rêver deux minutes que j’en tiendrai quelques unes.

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Avant tout, payons nous gentiment la honte en reprenant la liste de l’an dernier pour constater que j’en ai tenues aucune ou à peu près… Bon, j’avais dit que 2014 serait l’année de la réussite, je m’y suis plutôt bien tenue même si j’avais autre chose en tête à ce moment là (j’avais prévu d’évoluer dans ma boîte, pas d’en changer mais bon, je m’en sors mieux in fine). Pour le reste :

  • remettre de l’ordre dans mon intérieur : fait dans mon appart, un peu moins dans mon estomac (ça dépend des moments). Aucune capacité à me préparer à bouffer en avance (et pourtant, il le faut)
  • reprendre le yoga : oui mais par accident (proposé par ma boîte mais je sens que ça va pas durer)
  • mise en place d’un suivi dépenses pécuniaires/calorifères + mots écrits. Jamais fait, j’ai à peu près pas du tout tenu ma résolution de ne pas dépenser un budget hebdo de 150 €, j”ai parfois fait les 7 km de nage, jamais écrit 1500 mots/jour (je suis même pas sûre d’avoir écrit quoi que ce soit de littéraire cette année)
  • trouver un mec : ça dépend de ce qu’on met derrière le mot “mec” mais j’ai eu des petites scénettes sympa et une histoire d’amitié poussée bien sympa alors c’est pas tout à fait ça mais c’est pas tout à fait raté non plus.
  • devenir la queen du digital : être la boss de la social intelligence, ça marche un peu quand même…

 

Bilan moins catastrophique que prévu, ouf.

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Alors, en 2015, je fais quoi ? Je reprends mon idée de chi va piano va sano mais en priorité :

  • devenir une psychorigide de la to do list car ça marche bien. En gros, je m’achète un agenda dans lequel je liste tout ce que je m’impose de faire dans la journée (pro et perso), ce que je dépense (en calories et en sous), ce que j’écris… Ca fait complètement meuf folle dis comme ça mais j’ai teeeeeellement tendance à m’autoflageller pour rien qu’en cochant les cases, les choses seront faites
  • M’instaurer un samedi ou dimanche glande. Quitte à me mener la vie dure 6 jours sur 7, le 7e (samedi ou dimanche), je fous rien et je culpabilise pas 30 secondes
  • Me préparer une gamelle pour le midi, ça coûte trop cher à la longue les sandwiches et ça fait grossir. Me constituer une tirelire où je mets ce que j’ai économisé en fin de semaine pour me payer des escapades, des stages et des massages
  • Me trouver un vrai cours de yoga, je sens que ceux du bureau vont s’arrêter (et la prof parle trop). Prendre des cartes de 10 cours de yoga, gym suédoise si je trouve une salle cool (y en a une à côté de chez moi mais les cours sont trop tôt) et de danse. En 2015, je transpire. Et la piscine, on y retourne et on arrête de chouiner parce qu’il fait froid
  • Choper des stages : photo, trucs manuels, danse, pilotage, tout ce qui me permettra de m’amuser et d’apprendre des trucs
  • Ecrire pour de vrai
  • Changer de style vestimentaire, ça casse un peu ma jolie ascension qu’on me prenne toujours pour l’alternante de service (j’ai 34 ans bordeyl)
  • M’acheter des plantes

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Et… et puis voilà. Trouver un mec, on verra ce que me réserve la vie, apprendre une langue, oui, non, pas en ce moment (mais renforcer l’anglais même si je suis pas si mauvaise). Trouver mes voies, oui mais rester sur la mienne pour le moment, tant que ça marche. Parce que je suis certes bonne dans le rebond mais ça finit par fatiguer un peu. 2015, année de la consolidation (de la psychorigidité, du touche à tout, de la chlorophylle et de la glande donc… ).

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Mais surtout, surtout, ma vraie résolution, celle que je ne sais pas du tout comment je vais tenir, c’est arrêter le snoozing d’être un boulet. Non parce qu’entre mes différentes cascades dans la rue ou dans un escalator où mon adresse géniale qui fait valdinguer mon verre de rouge direct sur le pantalon et la chemise du mec de la régie qui nous payait le déj, sans parler de tous les objets que je brise, j’en ai putain de marre. (si idées, je suis preneuse).

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Demain, je vous parle de mes résolutions spéciales réseaux sociaux (et blogs)

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Le projet Audrey

Veux-tu jouer avec moi ?

Reprenons l’histoire : il y a presque 9 ans, quelque part en mai 2005. En plein stage, je vais me griller une petite clopinette sur un balcon du 9e arrondissement. Alors que j’observe nonchalamment les passants en bas, une idée me frappe. Les idées me frappent souvent et j’aime ça. Et si je créais un blog un peu à la Sex and the city avec à la place des personnages, mes amis et moi. Même que ça s’appelerait les Vingtenaires parce que y’en a marre des galères amoureuses des trentenaires ! Nous aussi, on en chie parfois. Souvent. Ca tombe bien, en plus : nouvelle dans la grande ville, je découvre les joies de Meetic et l’incroyable univers du plan cul. Oui, moi, je fais les choses à l’envers : je me suis mise en couple toute jeune pour m’éclater à 25 ans.
rihanna
Puis comme je le disais, ça a évolué. En bien, en mal, à chacun de voir. Ma vie sentimentale est passé d’essentielle à accessoire. Les hommes qui étaient le coeur de mes histoires, de nos histoires, ne sont aujourd’hui que des personnages secondaires qui passent et n’ont même plus droit à des prénoms. Je ne m’en étais pas rendue compte avant d’écrire cette phrase mais je suppose que c’est assez symptomatique. Mais peu importe, on n’est pas là pour me psychanalyser, hop ! Des fois, ça me plairait bien de raconter des petites anecdotes mais j’avoue avoir fermé ces chapitres à force de me faire traiter de sale pute et compagnie par les trolls. Oui, c’est triste mais y a des choses qu’on n’a pas envie de se prendre dans les dents, même si ce n’est pas forcément justifié. Non non, pas d’énième chapitre sur les trolls, j’en ai assez parlé par le passé.

troll_ego01Maintenant, le problème se pose autrement : mon blog est (relativement) connu par mes collègues certes adorés à qui je sors de la vanne de cul à la moindre occasion mais on ne sait jamais qui peut obtenir le lien et je n’ai pas forcément envie que tous mes collègues curieux soient au courant de mes folles nuits. Alors que faire si je me censure ? Quelle est ma porte de sortie ?

venezia
La fiction. Semi fiction, on dira. Un bougli bougla d’histoires qui me sont arrivées, qui sont arrivées à  mes potes ou aux potes des potes… On reprend la base : 4 personnages (au moins) mais une seule voix qui parle, celle d’Audrey, 27 ans ? Pourquoi Audrey ? Parce que j’aime bien ce prénom. Pourquoi 27 ? Parce qu’il fut un temps où j’avais la (vague) idée d’écrire un one woman show qui se serait appelée 27 ans, célibataire, vit seule avec son chat, sa mère pense qu’elle est lesbienne. Mais bon, c’est bien joli d’avoir de folles idées mais je sais pas jouer la comédie et je sais pas écrire pour la scène quoi qu’il en soit. Mais du coup, en remixant un peu tout ça, hop, voici Audrey. J’espère que vous l’adorerez. J’espère que je réussirai l’exercice. Ou je m’en lasserai aussi vite que mon projet One day one pic.

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Le bon plan chope de la rentrée : la plongée

(aurait pu faire partie des où trouver l’homme mais faut que je les reprenne de zéro, je m’étais trop éloignée de mon concept de départ)
Oyez oyez, braves gens, c’est bientôt la rentrée et qui dit rentrée dit choix des activités extraprofessionnelles. Comme à l’école, oui. Alors, que va-t-on choisir ? Moi, j’hésite très très fort, comme d’hab. Plongée, c’est sûr que je continue mais quoi d’autre ? Le russe ? les horaires sont chiantes et les cours individuels hors de prix (même déduction des
impôts). Le violoncelle ? Je répète quand ? Sans parler du prix toujours auquel il faut ajouter la location du violoncelle. Le dessin ? J’ai envie de dire « lolilol ». En fait, j’ai eu une idée d’enfer cet été : les stages. Le truc qui me va très bien puisque ça permet de s’initier à des tas de trucs, tout à fait pour moi. Par contre, ça manque de site clair (jemebouge est un peu
brouillon). Limite, j’aurais le temps, je lancerais un blog dédié… J’hésite. Mais là n’est pas le sujet. Je vais plutôt te parler du bon plan pour trouver l’amuuuur (pas forcément avec un grand a, à toi de mener ta vie aussi) : la plongée.
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En 7 mois de pratique, j’ai vu pas mal de couple se former. Au club où je vais, il doit y avoir une demi douzaine de couples officiels (je ne suis pas au courant de tout non plus). Oh, évidemment, dans notre club, après avoir plongé et respiré de l’air en bouteille pendant 2 heures, nous allons célébrer tout ça autour d’une ou plusieurs bières selon les personnes (je n’aime pas la bière, c’est socialement handicapant parfois) donc forcément air en boîte+alcool, ça peut éventuellement faire tomber les inhibitions et favoriser le rapprochement des corps. Bien qu’à ma connaissance, il n’y ait pas eu de réveils difficiles après une soirée plongée où l’un(e) se réveille à côté d’un(e) autre dont il/elle n’avait surtout pas envie. Une fois de plus, je ne suis pas au courant de tout.

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Pourtant, la chope en milieu aquatique n’est pas une exclu de mon club. Cet été, j’ai fréquenté rapidement un autre club pour faire ma plongée en Corse et sur 5 membres du club qui nous faisait plonger, 4 étaient en couple. Donc ce n’est pas propre à un club, c’est le pouvoir de la plongée. J’en ai parlé à une de mes collègue de plouf, Isabelle, qui a elle-même trouvé une moitié au club : « Nan mais c’est normal, on partage la même passion, la même vision d’un monde parce que tu comprends, la plongée, c’est un peu une philosophie de vie ». Un truc du genre. Parce que je vais vous faire un aveu : la plongée, ça vous rend pas sexy du tout. On pourrait le croire vu qu’on est tous à moitié nus à la piscine mais déjà, on a un bonnet de bain sur la tête, glamour – 10. Mais ça, c’est rien. Parce que la plongée en mer, la vraie, ça, c’est pas glam. Je vous situe un peu le truc : en un, on enfile des combi en néoprène et non, c’est pas sexy à la Catwoman, ça n’a rien à voir. Par exemple, si je prends mon propre cas, ma morphologie fait que je prends des combi qui me sont limite juste au niveau épaule-poitrine mais flotte partout ailleurs. Ce qui est, entre parenthèse très chiant parce que les espaces libres, ça veut dire eau qui rentre et brrrr. Ensuite, une fois équipés, on ne ressemble carrément plus à rien : y a-t-il quelque chose de moins sexy qu’un masque de plongée ? Sans parler des palmes, bouteilles et autres détendeurs. Mais comme on n’est pas censés se tripoter à 20 mètres de profondeur, vous allez me dire que c’est pas grave. Mais le pire est à venir. La sortie de l’eau ! Parce qu’on a passé entre 20 et 40 mn sous l’eau, à 20 mètres ou plus de profondeur avec des pressions différentes de celles que l’on connaît à se déplacer en 3D en respirant de l’air en bouteille. Résultat, quand on sort, on a le masque imprimé sur la tronche, le teint cadavérique et, mesdemoiselles, votre belle mise en pli n’est qu’un vieux souvenir. Je pense être rarement aussi sexy qu’à la remontée d’une plongée, surtout si le zodiac tangue.

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Et pourtant, ça marche. Alors si vous avez envie d’une grande passion marine, savez où vous inscrire maintenant. Sinon, paraît que la salsa, c’est un bon plan, aussi, j’hésite à tester (ce qui me serait surtout utile pour le mariage de ma soeur en 2011)
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Les coulisses, épisode n°1

Comme vous ne le savez pas, je suis actuellement en stage à sur une chaîne de télévision sportive.

Je ne sais pas si je peux me permettre de parler de cela sur internet, mais je le tente quand même.

Mon job est de rendre les présentateurs présentables et surtout moins luisants sur les plateaux.

Ce qui est difficile puisque entrer sur un plateau équivaut à partir aux Bahamas en terme de température ambiante.

Aujourd’hui, ça fait trois semaines que mon stage à commencé.

Ca passe vraiment très vite.

Le premier jour j’étais hyper stressée. Normal me direz-vous… Oui mais non. Parce que lorsque je stresse, j’ai tendance à trembler, et trembler lorsqu’on maquille, ce n’est pas très pratique.

Heureusement pour moi la présentatrice du JT a été adorable et m’a donné pas mal de conseils qui m’ont permis de vite me mettre dans le bain.

Ici il y a deux catégories de personnes : les gens sympas qui parlent et s’intéressent à moi même si je ne reste qu’un mois et qu’ils ne me reverront pas avant longtemps, et heureusement, cette catégorie est une majorité. Et les autres qui pensent que je suis invisible. Mais quand je dis invisible c’est au sens premier du mot. Ils ne disent pas bonjour,
ne croisent jamais mon regard, font en sorte que je m’écarte dans les couloirs, ne disent pas un mot et disparaissent pour aller s’occuper à des tâches qui doivent être très importantes puisqu’ils n’ont pas le temps d’être polis.

Etrangement cette catégorie, même si minoritaire, est très féminine.

Le deuxième facteur stressant est arrivé la deuxième semaine de mon stage lorsque j’ai dû couvrir un shooting photo de TOUS les présentateurs de la chaîne. Et ça fait du monde… Mais j’ai survécu. Jusqu’à l’arrivée de mon premier invité célèbre. Du genre célèbre façon champion du monde de foot en 98. Et j’ai complètement foiré mon coup niveau maquillage.
Mais heureusement la caméra à cadré de façon à ce que cela ne se voit pas trop (merci cameraman !).

Du coup je me suis dit : ressaisis toi, t’es ridicule. Et le lendemain, deuxième gros invité, champion du monde de boxe cette fois. Et j’ai déchiré.

Je travaille de 16h à 23h-23h30 selon les jours. Et donc je m’occupe d’une émission du soir avec 4 personnes à maquiller. Et le présentateur principal est vraiment le mec le plus adorable du monde. Dès le départ, mise en confiance totale. Et il m’a même pardonné le coup d’éponge dans l’oeil ! (Oui… j’ai quand même réussi à me planter à ce point…).

Dans ce métier il faut être hyper observateur, tu traînes en régie pour voir si ça brille quelque part, tu cours poudrer, tu repars en courant, toujours. Il faut être hyper hygiénique, tu te laves les mains après chaque personnes, tu désinfectes le matériel. Et je dois dire que je deviens douée pour tout ça.

Le jour le plus agréable c’est lorsque deux des présentateurs de l’émission du soir m’ont dit que je maquillais très bien, là je dois le dire, j’ai littéralement implosé de joie.

Et j’enchaîne, cette semaine j’ai eu droit à un nouveau shooting photo, enchaîné avec une émission (4 personnes et un invité lui aussi champion du monde en 98), un enregistrement avec trois personnes, et l’émission du soir avec la bande habituelle. Aujourd’hui mardi, j’ai maquillé un célèbre ex-seléctionneur de l’équipe de France de Rugby et comme il y a
des matches de foot à 20h45, l’émission du soir commence plus tard, donc je partirai sûrement vers minuit parce qu’après eux, j’enchaîne avec le trio pour l’enregistrement. Jeudi je maquille un entraîneur de natation qui dit souvent « et pis c’est tout », pourvu qu’il ne le dise pas sinon je vais rire…

J’espère avoir des RER pour rentrer…

Heureusement j’ai aussi des longues pauses, passées en bas, à l’air libre, ou, comme en ce moment devant mon ordinateur à pianoter sur le clavier pour vous expliquer ma vie du moment.

Cet article était le côté paillette du travail. Je reviens dans un prochain épisode pour mieux développer le côté humain.

Dites-moi si ça vous intéresse dans les commentaires !

 

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J’ai décroché un entretien !



La blogosphère est un monde tout petit qui communique énormément, à tort et à travers souvent mais parfois, ça peut être utile. Vers la fin novembre, je vois passer sur mon twitter : « agence cherche blogueuse de talent ». Tiens donc… Je récupère les coordonnées de la fille qui a lancé en premier cette annonce et j’envoie ma candidature. Ohlala, je suis toute excitée !

Le lendemain, je reçois le mail d’une nana qui s’occupe du recrutement pour ce poste et qui est intéressée par mon profil, merci d’appeler pour prendre rendez-vous. Le rendez-vous est pris un jeudi soir à 18h30, je dois donc arriver au boulot sapée mais pas trop et partir une heure plus tôt que d’habitude. Plus flag tu meurs. Le week-end d’avant, je m’offre une séance shopping, sachant très précisément ce que je voulais : une robe pull avec une large ceinture, à mettre avec un collant épais voire un leggins et mes bottes à talons. Oui, en vrai, je suis férue de fringues et de mode mais je n’en parle jamais.


Jour J, me voici avec ma robe (alors que je n’en mets quasiment jamais), je vais jouer la carte du « je vous dis pas où je vais mais merci de penser que je vais à un rendez-vous galant ». Dans la journée, je retourne sur le site de l’agence en question prendre quelques notes, vérifier l’adresse en jetant un oeil sur le plan mappy. Super, c’est à deux pas du taf de ma soeur, je situe tout à fait, je ne vais pas me perdre. En surfant, je tombe sur l’annonce concernant le poste pour lequel je postule et là, je suis prise d’un vilain doute : « ce poste est aussi valable pour un stage ou freelance ». Un stage ? Le truc payé 300 euros au mieux ? Je sens d’emblée que ça ne va pas le faire, je n’ai plus trop envie d’y aller mais jouons quand même le jeu, on ne sait jamais.

Je pars à l’heure dite, j’arrive à la rue de l’agence, c’est au numéro 28. Et là, je suis au numéro… 92 ! Hein ? Ok, mappy a encore dit des conneries. Pas de panique, je suis dans les temps, le numéro 28 doit être au niveau de la Fnac de cette rue. Je me presse donc, maudissant mes belles bottes qui me tuent la voûte plantaire qui n’a pourtant rien demandé. 80, 70, 60, ça n’avance pas…40, je ne suis plus très loin, j’ai la FNAC en point de mire. Numéro 30, je traverse la rue et le numéro 28…Ben c’est la FNAC justement. Je cherche une porte, quelque chose, rien. Y a un os. J’appelle la nana et là : « mais non, c’est pas au numéro 28 mais au numéro 92 ». Le numéro que j’ai vu, que j’ai regardé avant de partir en courant à l’autre bout de l’avenue. Et c’est reparti, pas rapide et légèrement claudicant, j’ai la sensation que mes pieds ont pris feu. J’arrive donc brillamment avec 15 à 20 minutes de retard, légèrement défaite et déssechée. Un homme m’accueille et m’explique que c’est avec lui que je vais passer l’entretien. Ah ben ok. Les locaux sont pas mal, en rez de jardin donnant sur une cour avec jardinets. Le monsieur me propose un verre d’eau que je m’empresse d’accepter.


Je me présente, raconte mon parcours en débutant par mon arrivée sur Paris (ciao le volet études). Le mec me présente le poste, y a environ une demi douzaine de blogs à tenir à jour quotidiennement même si la plupart n’existent pas encore. Je note tout ça avec sérieux, pose des questions, hoche la tête. Poste sympa me permettant de revenir à mes premières amours journalistiques, quelque part.

Concernant le salaire ? Si je m’en réfère à la masse de travail et à mon salaire actuel, je veux tant. Heu… Houston, on a un problème, là. Je sens que j’ai perdu le monsieur. Fin de l’entretien, on se serre la main, on vous recontacte.

En prenant le bus pour rentrer chez moi, je savais que je n’aurais pas le poste. J’ai demandé trop. Enfin, trop par rapport à ce qu’ils pensent donner car le salaire demandé est vraiment le minimum que je puisse demander compte tenu du fait que je ne suis plus un profil junior et que l’écriture de blog, je maîtrise. D’autant que je rédige de temps en temps des tas de blogs féminins sur Joséphine donc je peux écrire sur la mode, beauté, sexo ou people sans soucis.

Même pas 24h plus tard, je reçois un mail : merci mais non merci. Ah ben ça alors, si je m’attendais… Ceci étant, ce fut un bon exercice de révision d’entretien, c’est toujours ça de pris.

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Mon enfer

Par Ella Sykes

Il y a deux jours, j’ai reçu mes notes de la session. Le directeur de mon programme qui fut aussi mon professeur principal m’a gratifié d’une note incompréhensible. J’ai eu droit à un B+ pour la seule matière dont le coefficient compte pour plus du double, comparativement aux autres matières. La session fut difficile. Il a manifesté un intérêt privé et a entrepris un jeu de séduction auquel j’ai été réceptive pendant quelque temps avant de me raviser, privilégiant mon travail à la perspective d’une éventuelle liaison sans lendemain. Mais, l’homme est arrogant, égocentrique, intransigeant, charismatique, brillant et … Manipulateur. Lui dire « non » relève de l’exploit, il est la star de l’Université et de la province entière, dans son domaine d’expertise. On le craint et le hait, mais tous respectent son travail.

Les 5 mois ont été ponctué de compliments sur mon travail, de regards caressants, de sourires enjôleurs, et de conversations intimes où il recherchait mon approbation concernant sa méthode d’enseignement lorsque je me laissais charmer par son charisme. Dès lors que je tentais de rompre ce ballet, en adoptant une attitude distante, il devenait dur et m’accablait de reproches concernant mon comportement se résumant à ce qu’il qualifiait de « manque d’humilité ».

Il a bientôt 60 ans (alors que tout le monde lui en donne 45), a une femme et des enfants. J’ai fini par le savoir. Comment pouvait-il penser que je puisse réagir autrement ? J’ai fini par lui montrer, sans le vouloir, car je suis transparente et que faire semblant est compliqué pour moi, combien je méprisais son petit jeu. Je n’ai malencontreusement pas su cacher mon arrogance qu’il jugeait comme étant définitivement … Parisienne. Le pire, c’est qu’il a cru tout savoir de moi lorsqu’il a appris que j’avais habité l’Île Saint Louis. Je me résumais donc peu à peu dans son esprit, comme une fille à papa friquée mais brillante, arrogante et fière, qui a toujours eu ce qu’elle désirait sans jamais faire le moindre effort. Il a cependant tort.

Je sais en mon âme et conscience que le travail rendu est le meilleur de tout ce que j’ai pu produire durant ma scolarité universitaire. J’ai conscience d’être brillante dans ce domaine car je le fais avec passion, application et dévouement. Il m’a collé une des plus basses notes de la classe, alors que la semaine auparavant, il disait que ce travail était excellent, brillant et pourrait faire l’objet d’une proposition professionnelle à l’entreprise pour laquelle nous avions fait ce dossier. Deux semaines auparavant, il me disait que le travail de Lise, une de mes camarades, laissait vraiment à désirer et qu’elle était sur la mauvaise pente. Elle a eu A-. Plus que moi. Comment est-ce rationnellement possible ? C’est justement impossible.

Je sais ce qu’il s’est passé entre lui et moi : une passion amour/haine qui de toute manière tourne forcément en ma défaveur. Je n’ai aucun recours, faire réviser ma note déclenchera sa colère et ne me fera que me mettre encore plus en danger. C’est lui seul qui décidera, si mon projet de stage est suffisamment solide pour être réalisé, il peut rallonger la durée de mes études indéfiniment en m’obligeant à repasser des oraux de session en session, finalement c’est bien lui qui aura le dernier mot car il décidera de ma remise de diplôme ou non.

En tout cas, ce B+ réduit considérablement voire même, ruine mes chances de rentrer à Harvard où je voulais faire un Ph.d en Histoire de l’art. Je suis frustrée et en colère. Il a décidé de me punir et il sait bien où appuyer pour m’humilier, car au fond, lui et moi nous nous ressemblons comme deux gouttes d’eau. C’est cela qui l’a attiré.

Je me sens violée mentalement, abusée, humiliée. Ces sentiments sont assez forts, à la hauteur des dialogues silencieux, et de la profonde déception qu’il m’a causé. Je n’aurais pas cru qu’il s’abaisserait à faire une chose pareille juste pour satisfaire son orgueil de mâle blessé de ne pas avoir obtenu ce qu’il désirait. Je bois en soirée depuis 3 jours, comme une sportive de marathon. J’essaie d’oublier mais les rêves me rattrapent, le fantôme de l’échec me tient serré dans ses bras. Je suis Ella, 29 ans, et à 16 ans j’ai connu ma toute première expérience sexuelle, un revolver
sur la tempe. L’inconnu me sodomisa violemment avec exaltation, passant d’une humeur agréable à une autre constamment. Avant cela, je me voyais comme une princesse qui connaîtrait l’amour physique seulement après avoir rencontré l’homme de sa vie. Lorsqu’il a ruiné mon rêve d’enfant, j’ai tout perdu, mes illusions, mes idéaux, mes espoirs et… Moi. Pendant une semaine, le goût de son sexe coulant de sperme a envahi, tapissé et habité ma bouche. Mes nuits sont devenues un enfer sans fin durant lesquelles je revivais l’acte, des nausées ont ensuite brouillé mes sensations, et mon corps devenait un étranger que j’ai appris à haïr au point de lui faire mal et le déformer, de façon à ce qu’il ne soit plus désirable. J’ai réussi. Pendant un temps. Puis, la réalité reprend ses
droits face à la plus aiguë des douleurs. Alors, je le modifie à nouveau pour qu’il soit désirable. Fuir au Canada faisait office de convalescence, même si il aura fallu 14 ans d’errance pour y parvenir.

Il a sali tous mes efforts, tous les espoirs que je nourrissais en arrivant sur cette autre Terre, à l’autre bout du monde que je connais et qui m’avait vu souffrir mille morts d’être esclave d’un corps et d’une entité que je parvenais plus à assumer.

On a raison de dire que, quoiqu’on fasse, le passé nous rattrape. Toujours.

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Un nouveau diplôme pour un job ?

Quand on est en recherche d’emploi, le problème, c’est qu’on a quand même pas mal de temps libre pour cogiter et plus le temps passe, plus le sujet de l’emploi prend une place prépondérante dans les pensées. Mais au lieu de se demander comment faire pour trouver un boulot, on passe à « mais que me manque-t-il, bon sang ? ». Et là, on se dit qu’un nouveau diplôme, ça règlerait peut-être tous les soucis.

Octobre 2005, me voici titulaire d’un master professionnel de journalisme, un bac+5, quoi. Dans ma vision naïve et optimiste du monde, je crois sincèrement que ça va m’ouvrir des portes. Résultat : pas du tout. D’abord parce que des bac+5, y en a des wagons entiers, y compris dans le journalisme. Ensuite, ayant fait mes études sur Toulouse, j’ai un gros problème de réseau. Alors un jour de déprime, je me suis dit : « pourquoi ne pas reprendre mes études ? ». L’idée : faire un diplôme reconnu de journalisme ce qui
m’apporterait prestige ou à peu près et surtout
réseau. Je fouille un peu sur le net et je trouve un diplôme pas mal : un master professionnel de journalisme à l’IPJ, reconnu donc par la profession et qui se fait sur Paris, youpi. Alors sur le papier, l’idée est bonne mais dans les faits, les preuves que c’est une fausse bonne idée s’accumulent :

– la rentrée est en octobre donc en attendant, je peux trouver un boulot. J’espère trouver un boulot. Me dire que je vais rester encore 6 mois désoeuvrée me donne envie d’aller me recoucher.

– j’ai déjà un master professionnel de journalisme et forcément, ça va plus plomber mon dossier de candidature « mais mademoiselle, pourquoi vous voulez présenter ce diplôme alors que vous en avez un équivalent ? ». Même si je sors mon argumentaire réseau et tout ça, je me doute qu’entre une candidate qui a déjà son bac +5 et un qui ne l’a pas encore, je suis forcément éliminée.

– je peux « omettre » d’indiquer mon bac+5 mais il faut justifier les trous dans le CV. Il y a bien mon stage de rugby mais vu que le stage suivant était une vaste blague, ça fait quand même des trous à combler. Sans compter l’année suivante de recherche d’emploi. C’est mal parti.

Donc déjà, je pars avec un mauvais dossier. Mais surtout, je n’ai pas la bonne démarche. Arrive un moment où le diplôme n’est plus si utile mais il vaut mieux mettre l’accent sur l’expérience. Oui, évidemment, ça aide pour le réseau mais il existe d’autres façons de le peaufiner. D’autant qu’un diplôme supplémentaire, c’est un peu reculer pour mieux sauter : 9 mois de cours donc 3 de stages. Ca repose au niveau de la recherche d’emploi mais une fois qu’on est lancé, est-il intelligent de s’arrêter tout ce temps ? Je n’en suis pas certaine. Rien ne dit qu’à la fin de cette année scolaire là, j’ai du travail mais à un moment, il faut arrêter de marcher sur le côté. Surtout que faire deux fois la même chose ne me paraît pas vraiment l’idée la plus pertinente du monde.

Arrive un moment où il faut se jeter dans le bain. Alors reprendre ses études, finalement, ce n’est pas une bonne idée.

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