Les mauvaises excuses

J’ai tendance à croire que le plus dur dans la vie, c’est le premier pas. Je ne parle pas forcément de séduction mais de cette impulsion initiale : se lever le matin, aller au sport, écrire. Ce qui coûte le plus, ce n’est pas l’effort en tant que tel mais de se lancer. Typiquement pour le sport, parfois, j’ai pas envie d’y aller, je me force un peu et après, je suis ravie de m’être bougée le cul. Mais y a toujours de mauvaises excuses.

C'est marrant, moi, quand je fais du sport, je suis rouge et décoiffée

C’est marrant, moi, quand je fais du sport, je suis rouge et décoiffée

On en a toujours une pelletée. En matière d’écriture, les miennes sont légion :

– je suis fatiguée, je vais écrire de la merde. Alors oui, c’est fort possible mais qui dit écriture dit relecture et correction : avance, tu reviendras plus tard que ce chapitre, c’est pas grave.

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– je dois me coucher tôt : bien belle excuse sauf que je sais parfaitement que commencer un coucher à 23h ne veut pas dire que je vais éteindre avant 1 ou 2h du matin, le temps que je consulte Twitter, Facebook, Instagram, re Twitter, que je joue un peu (trop) à 94%, que je lise… Voilà, là, j’aurais pu écrire mes 3 pages.

les mauvaises excuses pour ne pas écrire

– j’ai autre chose à faire… Mais 9 chances sur 10 que je le fasse pas car j’aurai fait des escape rooms à la place.

– je passe la soirée en amoureux : oui parfois, on se mate un film et ça fait du bien de se consacrer du temps mais vu qu’être avec Victor ne m’empêche pas de jouer à Zelda, bon…

Ya ! Ah !

Ya ! Ah !

– j’ai pas l’inspiration. Ça, c’est plus problématique mais vu que je suis censée avoir plusieurs projets sur la table, étonnant qu’aucun d’entre eux ne me donne envie…

– J’ai pas le temps. Ok, c’est pas faux avec mes longues journées de taf mais je peux quand même trouver une heure. Organisation !

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Bref, je vous passe les « mais je suis mal installée » et autres très mauvaises excuses, on va finir par me croire de mauvaise foi…

Et c’est pas tout à fait faux. Par exemple, là, j’écris ces lignes sur mon iPhone, juchée sur le vélo de la salle de sport. Paie ton confort d’écriture ! Donc pourquoi c’est si dur ? Deux ennemis potentiels : la motivation et la peur de la réalité. Le premier, je me sens pas concernée, j’ai réellement envie d’écrire mais… J’ai peur.

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Quand j’avais 8 ans et qu’on le demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais crânement écrivaine. Et j’ai beaucoup écrit mais c’était facile car… Y avait pas d’enjeu. J’écrivais par plaisir, pour moi. Là, j’ai 35 ans et je veux me lancer mais… Et si j’echouais ? J’ai confiance en ma plume mais mes histoires sont peut-être très mauvaises, je ne sais pas. Si on me dit non, c’est mon rêve de gosse que je vais assassiner.

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Mais si je réussissais ?

Pages écrites : c’est aussi vexant comme question que de me demander mon poids post fête de Noël

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Veux-tu m’épouser ?

Un mariage débute en général par une demande censée être la plus romantique possible, comme on le voit dans les séries et les comédies romantiques.

Pour débuter cette saga de l’été, posons le décor : il y a l’homme, que nous appellerons Jon, en hommage à mon nouveau fantasme Jon Kortajarena. Oui ok, il est peut-être gay mais on s’en fout, c’est un fantasme. Et même s’il était hétéro, je pense que mes chances de terminer un jour avec un mannequin international de 24 ans se calculent en négatif, n’est pas Madonna qui veut. Oui je vous ai pas dit, la saga de l’été ne fera pas l’impasse sur mes digressions habituelles. Bref donc y a Jon, l’homme et Nina, la femme. À l’heure où j’écris ces lignes (16 juin), le mariage homo n’est pas encore légalisé puis je suis toujours pas lesbienne donc on part en version hétéro.

Nina et Jon disais-je. De 1, comment demande-t-on quelqu’un en mariage ? La tradition voudrait que ce soit l’homme qui fasse le grand saut, à coup de belle bague, d’étoiles dans les yeux et de très fines bulles de champagne. Vu mon intérêt personnel actuel pour le mariage, c’est sur que ça risque pas de venir de moi. Bref, comment Jon pourrait-il me demander en mariage en mêlant romantisme et originalité. Non parce que le coup de la bague dans le champagne, c’est hyper éculé et faudra m’expliquer comment on ne peut pas voir une bague dans du champagne… À la limite, dans un verre de vin rouge… Et je ne parle même pas de l’idée saugrenue de planquer la bague dans un gâteau ! On ne joue pas avec la nourriture, la demande risque de se terminer aux urgences et je n’ai pas envie de porter une bague ayant trempé dans un gâteau… Ou pire en cas d’ingestion involontaire…

Quand je parle aux jeunes mariés du XXIe siècle, je constate que la demande tient plus de la négociation aujourd’hui. Du type : »tu sais, je crois que ce serait mieux de se marier ». Que ce soit pour les impôts ou pour faire plaisir à une famille traditionaliste, au choix. Évidemment, ça peut juste être par amour. Après tout, on peut décider des tas de choses par amour : vivre ensemble, faire un enfant, partir à deux faire un tour du monde, que sais-je encore ? Finalement, le mariage s’inscrit bien dans cette logique.

Sauf que la demande en mariage fait partie de la mythologie du couple. En général, quand vous annoncez la nouvelle, après les félicitations, hiiiii et quelques larmes d’emotions selon la sensibilité de vos interlocuteurs, vient la question : « comment il a fait sa demande ? » (il, toujours). « Oh bah, on se brossait les dents, il n’y avait plus de dentifrice donc je lui en ai sorti un du placard et là, il m’a dit « chérie, je t’aime, marions-nous ! ».

Manque de romantisme ? Je vous rappelle que le Jon et la Nina de cette histoire s’aiment donc à qui sert ce romantisme ? À l’auditoire en manque de belles histoires ? Car là est la vérité : on nous parle de belles déclaration, de bague cachée pour une surprise merveilleuse. Sauf que je connais un couple, le mec s’était amusé à cacher la bague sous l’oreiller… Ils ont passé une heure à la retrouver.

Non, les demandes en mariage de mon entourage ont rarement été d’un romantisme niais. La plus belle que j’ai entendue ? Celle spontanée après une bonne soirée en amoureux où cette union paraissait soudain comme une évidence. Une demande sans bague, sans calcul. Au fond, n’est-ce pas la plus magique ?

Quoi que celle de Monica et Chandler n’était pas mal non plus mais une question me taraude : pourquoi les Américains ont toujours 30 kilos de bougies chez eux ?

Ah et pour ceux qui ne connaissent pas Jon, une petite vidéo :

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La St Valentin, ça pue des pieds d’abord !

Cher lecteur, au cas où tu ne travaillerais pas dans le milieu de la presse féminine comme moi, je vais peut-être t’apprendre un truc. Samedi, on sera le 14 février, c’est ce qu’on appelle communément la St Valentin. Alors choisis : tu es soit un célibataire déprimé d’être seul à cette occasion et qui cherche avec angoisse et frénésie une moitié de façon frénétique, soit un mec maqué qui doit à tout prix faire plaisir à ta chérie, soit une chérie qui angoisse à l’idée que son mec se plante ou oublie cette date. Ou alors tu t’en fous.




Donc voilà, les vitrines dégueulent de coeurs rouges et de roses de la même couleur et en réaction, l’anti St Valentinisme se radicalise. C’est quoi ? C’est cette attitude étrange qui pousse des gens à se réunir en groupe pour aller se moquer des amoureux ce soir là en allant dans les mêmes restos qu’eux. Pour ma part, des gens qui se forcent à sortir ce soir là et payer un repas une trentaine d’euros juste pour se moquer, je trouve que ça frôle le masochisme. Si je peux rester peinarde chez moi un 14 février, j’en suis plus que ravie.

Aujourd’hui, la St Valentin n’a plus aucune valeur pour moi et je ne suis même pas sûre que je réaliserais si je ne bossais pas dans la presse féminine où il faut parler d’amuuuuuuur à nos lectrices. Ado, c’était un jour plein d’un fol espoir d’une déclaration soudaine et inattendue de la part d’un jeune homme qui profiterait de cette fête de l’amour pour se déclarer. Evidemment, quand le soir venait, je déprimais sévère. A l’heure du coucher, je me sentais la fille la plus moche du lycée. 15 ans plus tard, je me fais rire toute seule avec mon romantisme adolescent exacerbé.


En grandissant, j’ai oublié la valeur de la St Valentin, ça n’avait plus d’intérêt. Pendant les 5 St Valentin que j’ai passé avec Guillaume 1er, on ne l’a jamais fêté et quand au matin, il me faisait un câlinou pour me souhaiter une bonne saint valentin, je répondais : « pffff, c’est débile ce truc ». Mais je ne le repoussais pas parce que j’aime trop les câlins. L’avantage de ne pas fêter la St Valentin en couple, c’est que si on se retrouve célibataire, on peut dire qu’on s’en fiche sans passer pour l’aigrie et frustrée de service.

Pourtant, je peux aussi comprendre que des couples aient envie de la fêter. Après tout, c’est toujours l’occasion de passer une soirée en amoureux et au vu de nos vies trépidantes, si on ne nous les impose pas, on ne prend plus le temps d’être juste à deux, sans télé, enfants, portables, boulot, choisis ton camp. Mon côté cynique et agoraphobe option misanthrope me conseille de ne surtout pas sortir ce soir là et de ne pas suivre la tendance mais pourquoi ceux qui ne font pas comme moi sont à clouer au pilori ? Ils ne sont pas hors la loi et on ne leur sert pas des nourrissons farcis au chaton, que je sache.


De plus, cette attitude anti St Valentin me paraît envoyer le message contraire. C’est la seule fête qui déclenche de telles réactions, il me semble. Si on prend Noël, il y a toujours des cyniques pour souligner que le Père Noël est une invention de Coca Cola (ce qui est faux, c’est une adaptation de Santa Klaus), que c’est trop commercial. Mais que je sache, personne ne va dans les grands magasins ce jour là pour se moquer des acheteurs et aucun ne va crier sur les enfants : « Mais le Père Noël n’existe pas, du con! ». Moi, je ne
l’ai jamais dit à personne et j’espère ne jamais le faire parce que je refuse d’être la femme qui brise la magie de Noël.

Alors pourquoi tant de violence et de haine contre la St Valentin ? Ces anti qui se moquent ne souffrent-ils pas justement de l’amertume de leur solitude, du fait qu’une fois par an, on leur colle une fête dont ils sont exclus en temps que célibataire ? Pour ma part, je suis célibataire et qu’est-ce que je m’en fiche de l’être ce soir là comme les autres. J’aimerais à la limite qu’on fasse comme aux States avec des cartes à tous les gens qu’on aime. Bon ok, ça revient super cher mais des cartes, j’en donnerais et recevrais plein. J’ai pas de mec
officiel certes mais je ne suis pas en déficit d’amour pour autant donc peu importe.


De toute façon, moi, cette année, le 14 février, je serai en week-end avec mon épouse facebookienne alors vous pensez bien que l’anti St Valentinisme, j’aurais pas pu de toute façon.

NB : C’est fou, en écrivant cet article, je me suis dit que ce doit être super marrant de se poser dans un grand magasin juste avant Noël et d’observer. Je suis légèrement psychopathe, des fois.

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Les petits bonheurs

Il y a quelques temps repassait à la télé Amélie Poulain, film culte de notre génération, il paraît. Bon, honnêtement, moi, Amélie Poulain, je l’ai trouvé chiant la première fois que je l’ai vu, j’ai plus apprécié le deuxième visionnage. Quelque part, ce film, c’est une espèce de blog filmé : des petits riens collés bout à bout pour faire une histoire. Mais ce n’est pas le sujet de l’article. Ce que je retiens de ce film, c’est ce que j’appelle la philosophie des petits bonheurs.

Souvent, quand on demande aux gens une définition du bonheur, on a souvent le trio : amour, argent, travail. Voire la santé, ce qui nous fait donc un quatuor. Moi comme les autres, d’ailleurs, mon idéal de bonheur, c’est d’avoir un boulot qui me plaît et bien payé, avec un homme qui me comble pi peut-être un ou des enfants et un chat. Sauf que pour le moment, je n’ai que le chat. Ce n’est pas pour autant que je suis malheureuse. Bon, ça me lourde de pas avoir de boulot, c’est évident et vous le savez mais ça ne me rend pas malheureuse pour autant. Car rien ne vaut la philosophie des petits bonheurs.

Mais qu’est-ce que donc ? En fait, c’est très simple : c’est se réjouir à la moindre occasion. Par exemple, mes petits bonheurs à moi, c’est une discussion entre amis, un délire sur MSN avec
Gauthier, une discussion rapide avec un ou une inconnue dans la rue (quand il ne s’agit pas de drague), un truc à la télé qui me fait rire, lire mon magazine dans le bain, le bain tout court, une
soirée en amoureux. Manger des grenades, acheter un truc joli, faire un câlin à mon chat… Tout est source de bonheur quand on y pense, il suffit d’être attentif.

En grandissant, je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas attendre ce bonheur ultime pour être heureux. D’abord parce que rien ne me dit que j’arriverai à l’atteindre un jour et quand bien
même, il est toujours entaché de soucis. Exemple, mes parents : le boulot qui plaît, des sous pour vivre confortablement (sans pour autant payer l’ISF, je vous rassure), l’amour, les enfants et
même un chat à tête de clown (je l’adore la chatonne de mes parents). Ben mes parents essuient quand même des soucis : récemment, on a appris que ma mère développait une maladie dégénérative. Heureusement, ça peut se soigner mais c’est pas agréable comme nouvelle. Bon et puis trente ans qu’ils sont ensemble, ils en ont traversé des épreuves et des pas drôles. Mais bon, c’est la vie, on est tous logés à la même enseigne. La vie en rose, ça dure pas, c’est comme ça.

Donc plutôt que d’attendre ce GRAND bonheur, autant profiter des petits. Comme on est bien dans ses pompes après une soirée entre amis, comme on est rayonnant, vous ne trouvez pas ? C’est que du bonheur, comme dirait Arthur, je crois…. Ah non, c’est Castaldi, plutôt… Oh merdouille, je sais plus. Le tout, c’est de savoir le reconnaître. Le bonheur, ce n’est pas forcément gagner des mille et
des cents à la télé, il y a des choses tellement plus accessibles, tellement plus bêtes qu’on n’y pense même pas. Le bain, par exemple, mais quel délice ! Quand je me plonge dans l’eau et que j’ai
la sensation que mon corps se dissout dans le liquide parfumé (oui, je mets des sels dans mon bain, c’est encore meilleur). De sentir la vapeur d’eau qui tapisse ma peau, mes narines. Après une
bonne lecture, je me bichonne, petit gommage et compagnie, le peton. Je ressors de là comme après une mue : apaisée, heureuse, détendue. C’est le cas de le dire, tout baigne.

Le problème, c’est qu’on nous force à avoir la folie des grandeur, « on a soif d’idéal » comme dirait Souchon. On allume la télé, on est bombardés par des produits de luxe, on voit des gens gagner
de l’argent en ouvrant des boîtes… Trop facile. On ouvre nos magazines (y compris sérieux), nous revoilà avec nos produits de luxe, nos femmes tellement belles grâce à la retouche informatique, des concours faciles où on peut gagner jusqu’à 10 000 euros en envoyant par coupon réponse la réponse à la question : « qui présente telle émission tellement populaire que même dans ta grotte, t’en as entendu parler ». Mais jusqu’à quel point tout cela crée une frustration ? Par exemple : ce qui me rendrait heureuse, c’est de m’acheter ce petit gâteau tout joli. Non, je veux ressembler à une
Adriana Karembeu miniature donc hors de question de manger un truc de plus de 3 calories. En plus, là, c’est l’effet vicieux des régimes : à force de se priver n’importe comment, on craque et nous
voilà à dévorer un paquet de biscuits et à culpabiliser. De la même façon, on va économiser drastiquement pour s’acheter, mettons, une super télé. Du coup, plus de cinéma, plus de resto, plus de magazines, plus de livres, CD… Bon, à la fin, on arrivera peut-être à l’acheter la télé mais les programmes resteront toujours aussi merdiques. Economiser, oui, c’est bien, mais ne nous interdisons pas un petit plaisir de temps en temps. Quand un CD me plaît, je l’achète. Chaque mois, je me paie Cosmo. De temps en temps, je me fais un petit resto avec Gauthier ou un cinéma. Le tout est de ne pas abuser, ce n’est pas ce que je dis. Mais bordel, une soirée dans un petit resto à refaire le monde, ça me booste pour la semaine, ça !

Récemment, je suis allée dans le sud ouest pour un week-end coquin avec Olivier. Entre autres choses, nous sommes allés à la plage. Allongée sur le sable, les yeux face au ciel bleu (qui avait eu
la gentillesse de se découvrir peu après notre arrivée), bercée par le bruit des vagues, ça m’a frappée : j’étais heureuse. J’ai retenté l’expérience le 1er novembre. J’ai un peu fait chier mes
parents pour aller à Perpignan sur la tombe de mon grand-père puis on est allé manger en bord de mer (mon papa s’est d’ailleurs trouvé une cousine lointaine au restaurant), je me suis fait un
méli-mélo de poisson délicieux. Puis on s’est promenés au bord de la plage, j’ai plongé mon petit peton dans l’eau. Le soir, nous sommes rentrés, tous sourires : une journée parfaite. Toute simple
mais parfaite. En plus, en furetant chez un bouquiniste en bord de plage, j’ai trouvé un Moravia que j’avais pas ! Finalement, le bonheur, quand on y pense, c’est tout les jours qu’on peut
l’avoir.

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