Ces livres qui nous prennent pour des lapereaux

Parce que les lapereaux, c’est trop mignon, j’y ferai référence régulièrement, le tout accompagné de la photo idoine, même quand je parle littérature.

Petit lapereau absolument trop mignon

(je mettrai des loutres et des pandas roux aussi)

Des pandas roux jouent dans la neige

Une loutre très mignonne

Samedi, 17h, 2 jeunes fous décident de se rendre à la FNAC pour quelques achats de Noël. Lui doit trouver des cadeaux pour sa soeur, son beau-frère, ses neveux et sa cousine de 18 ans dont il ne sait à peu près rien, je dois trouver un cadeau pour Anne. Et d’ailleurs, j’ouvre une parenthèse : Victor m’avait suggéré d’offrir à mon amie mes deux films de Wes Anderson préférés (on est en pleine période Anderson) (La vie aquatique et Grand Budapest Hotel si vous vous posiez la question) mais je me suis retrouvée un peu con entre le rayon DVD et le rayon Blue-ray : je sais pas du tout ce que possède ma pote comme appareil, si tant est qu’elle soit équipée (moi, je le suis pas, par exemple). Mais je m’égare.

J'ai moins aimé la famille Tenenbaum même si ce film m'a totalement réconciliée avec Gwyneth Paltrow et c'était franchement pas gagné

J’ai moins aimé la famille Tenenbaum même si ce film m’a totalement réconciliée avec Gwyneth Paltrow et c’était franchement pas gagné

Je remplis donc mes bras de livres… pour moi, comme d’habitude. Mais bon, est-ce ma faute si la FNAC met sous mon nez des livres que j’avais pile sur ma liste d’ouvrages à lire en 2016 ? Puis suis-je vraiment censée résister au plaisir de lire les nouvelles aventures du Prof Moustache qui me permettent de rire et d’apprendre des trucs ? Déjà, j’ai rien pris dans le rayon loisirs créatifs, le rayon que je devrais rebaptiser “achète un livre cher que tu n’ouvriras jamais parce que tu n’as jamais le temps pour ça”, alors hein… Bref. Parmi les ouvrages étalés partout, j’en repère un qui commence à me faire monter la moutarde au nez : “les perles du bon coin”. Pardon ? Tu veux dire qu’une maison d’édition et des “auteurs” peu scrupuleux ont passé des heures à trouver des annonces drôles ou ridicules et se font du fric sur le dos des pauvres personnes ayant posté leur petite prose? Mais plus loin, je trouve l’exemple le plus ultime de foutage de gueule : des hommes et des chatons, le livre. Heu… pardon mais niveau droits photos, ça s’est passé comment ? Non parce que bon, j’ai trouvé le tumblr rigolo 5 mn mais de là à en faire un livre… Respectez-vous, un peu.lapereau adorable

Jon Kortajarena

Moi je vous ai fait « un Jon Kortajarena, un lapereau »

 

Déjà, à l’époque des VDM les livres/BD, j’avais salement tiqué. Sans aller jusqu’à pleurer sur les arbres morts et cracher à la gueule du monde de l’édition, il y a quand même une malhonnêteté intellectuelle qui a du mal à passer. Oui, l’idée d’un site comme VDM ou les perles de ce que vous voulez se fassent du beurre sans avoir écrit une seule ligne de texte, ça me défrise légèrement. Oui, l’idée du site était bonne, ça, je nie pas du tout mais contente toi de mettre de la pub sur ton site plutôt que de récupérer des écrits d’autres personnes pour te faire du fric. Bon, après, moi, j’ai jamais publié sur VDM (oui, le site me fait rire mais non, je ressens pas le besoin de jeter mes mésaventures en pâture pour 3 secondes de gloire et, in fine, beaucoup de bashing) donc je me sens pas spoliée à ce niveau là mais….

littérature au rabais

Au moins, ça fait bosser des illustrateurs, c’est toujours ça de pris

Mais il est possible qu’un ami ou membre de ma famille ne sachant trop que m’offrir se dise “ah ben Nina, elle est souvent sur Internet, ça pourrait lui plaire ce livre” ou “Nina, elle aime les animaux mignons et les mecs sexy, ce livre est fait pour elle”. Parce que oui, c’est un cadeau facile pour les gens qu’on connaît moyennement mais ça ne se fait pas de zapper un cadeau parce que “oh bah je savais pas ce que tu voulais alors j’ai rien pris”. Au pire, achète moi une pochette de jeux à gratter, ça me permettra de me rendre compte que j’ai pas de chance au jeu.

jeux_a_gratter

Mais n’entretenons pas ce système. On gueule sur les livres de piètre qualité édités mais eux, au moins, sont écrits par leur auteur (ou un nègre mais au moins par quelqu’un qui sait quand il écrit qu’il va y avoir une vente dessus), il y a un effort créatif, même s’il est raté à l’arrivée. Et si vous ne savez pas quoi offrir, allez plutôt traîner au rayon photo, il y a toujours un joli livre qui fera un cadeau parfait.

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Ode à ma liseuse

Article non sponsorisé

Chaque année*, ma boîte nous offre une petite prime de Noël sous forme de chèque cadeau, un petit pécule à dépenser sans des boutiques partenaires dont la FNAC. Janvier (ou février) 2015, me voici bien embêtée : je dois finir la 5e intégrale de Game of Thrones avant sa diffusion télé mais le truc est énorme et ne rentre pas dans mon sac. J’avais donc mon tote bag exprès pour mon roman, youpi. Un jour, une collègue me dit “si tu veux, je l’ai en version numérique et en français** en plus !” Une version, numérique… Mmmm… Et c’est ainsi que j’ai acquis une sublime liseuse (marque Kobo, rétroéclairée si vous voulez tout savoir, j’ai choisi ça parce que ça lit tous les formats contrairement à la Kindle et le rétroéclairage me sert dans le bus quand je rentre de chez Victor et qu’il fait déjà nuit)(j’ai pas d’action chez Kobo, achetez la liseuse que vous voulez).

Liseuse Cybook Odyssey, livre electronique developpe par Virgin en partenariat avec la societe francaise Booken

Et bon sang, ça a changé ma vie ! Vous n’imaginez pas le bonheur que c’est d’avoir une cinquantaine de livres sur soi pour un truc qui pèse rien et se glisse tranquille dans votre sac. Fini l’angoisse de finir un livre avant la fin de votre trajet***, fini la moue quand un livre que tu as très envie de lire est un gros pavé de 700 pages jamais édité en poche qui t’oblige à prendre un sac supplémentaire, fini la honte parce que tu lis un livre pourri (quoi que j’assume tellement pas de lire After (en papier) que même en format numérique, j’aurais peur qu’un oeil indiscret par dessus mon épaule crame que je suis en train de lire ce parfait étron). Alors pour vous chanter mon amour de ce format, je vais développer mon avis en quelques points

liseuse numérique

“Oui mais moi, j’aime le papier”

Mais moi aussi et en fait, depuis que j’ai ma tablette, je lis deux livres en même temps : un bouquin sur la tablette dans les transports, un en papier dans mon lit. Pourquoi ? D’abord parce que j’ai pas fini de lire tous les livres papiers achetés au cours de ma vie ni ceux de ma maman et ensuite, même si je sais que la liseuse ne sollicite pas les yeux comme un ordinateur car il n’y a pas de lumière bleue et que ça ne va pas nuire à mon sommeil, j’aime quand même l’idée de couper tous les écrans quelques temps avant d’éteindre la lumière. Puis y a les magazines que je n’aime pas lire en format numérique.

lire dans la pelouse en été

Compliqué de lire deux livres en même temps ? Non, au contraire, je trouve que ça me pousse à tout finir. Par exemple, quand je me forçais à lire After parce que c’est un cadeau, je lisais d’autres bouquins sur ma liseuse et ça ne me “gâchait” qu’un moment lecture au lieu de tout me pourrir. Après, certains comme Amy lisent le même livre en papier et sur tablette. Bon évidemment, y a que moi pour réussir à lire deux livres très différents dont 2 des personnages principaux ont le même nom (Fitz dans La saga L’assassin royal de Robin Hobb et La chute des géants de Ken Follett) et à me faire spoiler par le livre papier (After) le bouquin numérique que je suis en train de lire (Orgueil et Préjugés). Et à ce propos…

Keira Knightley et Rosamund Pike dans Orgueil et Préjugés

A la découverte des grands classiques

Quand vous achetez une tablette, vous avez accès à tout un tas de livres gratuits. Alors attention, beaucoup ne sont que des extraits donc peu intéressants et les livres très contemporains que j’ai téléchargés ne m’ont pas intéressée du tout. Par contre, sur les classiques, j’ai pu enfin combler quelques lacunes, mais il en reste. Donc je sais désormais que je préfère Tolstoï (Anna Karénine, j’avais déjà lu Guerre et Paix) à Dostoïevski (Crime et Châtiment), que quelque soit sa nationalité, la noblesse a des journées très chargées en mondanités mais basta et que si certaines ne savent résister à un homme (toujours Anna Karénine, Lydia dans Orgueil et Préjugés), d’autres préfèrent fuir pour ne pas céder à la tentation (la Princesse de Clèves). On rajoute à ca du Gogol et du Kafka, j’ai encore du Proust et du Stendhal en attente, quelques autres Dostoïevski, aussi, je crois) mais aussi du Philip K. Dick, Stephen King etc. et me voici ultra cultivée. Et avec 1h30 de transports par jour à partir du moment où je serai installée chez Victor, des livres, je vais en avaler un bon paquet.

La bibliothèque idéale de Bernard Pivot

Oui mais ça coûte aussi cher qu’un livre papier

Oui alors là, c’est le gros côté négatif, je trouve, et je me dois de l’aborder parce que ça me rend pas de bonne humeur. Le livre électronique est, selon moi, un format pratique qui permet d’accéder gratuitement aux monuments de la littérature et de lire partout et facilement (il est beaucoup plus facile de lire sur sa tablette dans un métro bondé qu’un livre). Bon par contre, je pensais que c’était plus écologique mais pas vraiment, le plus écologique étant le livre recyclé (mais je ne le vois pas beaucoup vendu) . Mais ça me gonfle qu’on soit obligés de payer le prix fort pour un support dématérialisé (idem pour les films ou musiques achetés sur Apple Store et co). Du coup, je l’avoue, on se fait du troc entre potes de livre numériques… Bah comme les vrais livres en fait.

Petits livres qui tiennent dans la main

Mais surtout, surtout… Ben je sais plus où ranger mes livres et mon prochain emménagement dans notre cocon d’amour ne va pas aider… Du coup, je me bride plus en terme de livres à lire mais j’ai plus aucun problème de stockage… Et ça, c’est, je crois, le meilleur argument en faveur de la tablette.

Comment-ranger-ses-livres-Quelques-idees-avec-la-bibliotheque-animee

Voilà, nous sommes le 22 décembre et si vous n’avez pas d’idées de cadeau pour un grand lecteur et envie de dépenser de l’argent parce que ça coûte un peu, ça peut être une bonne idée. Moi, j’avoue que je pourrais plus me passer de la mienne.

Ma jolie liseuse

* Dit la fille embauchée depuis septembre 2014.

** Oui parce que l’intégrale 5 n’était dispo qu’en anglais à ce moment là de l’histoire, je sais pas où on en est. Mais le style anglais est limite bien plus abordable que le style français, très ampoulo-médiéval, si vous voyez ce que je veux dire (si je mettais “arrêter d’inventer des mots” en résolution 2016 ?)

*** Depuis l’arrivée de la 4G, je sais pas vous mais moi, je peux plus utiliser mon smartphone dans le métro, il mouline mais m’affiche rien. Puis faut savoir déconnecter parfois, zut !

 

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L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine de Ruwen Ogien

Je me pique parfois de philosophie, comme ça, pour le plaisir. Ainsi, j’aime errer dans les rayons dédiés de la FNAC, laissant mes yeux glisser sur les couvertures en quête d’un ouvrage qui me ravirait les neurones. C’est ainsi qu’en mai ou juin (peu importe), je tombe sur un livre au titre étrange “l’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine”. Etant dans une recherche perpétuelle de bonté humaine, je le pousse dans mon panier.

croissants-chauds

Je ne vais pas jouer le suspense. Il FAUT lire ce livre. Je l’ai dévorée comme j’aurais avalé un délicieux croissant chaud au beurre sorti tout juste du four : avec plaisir et délectation. Ce livre pose la question des comportements humains au regard de la morale et de l’éthique : que doit-on faire ? De part cette question essentielle, au coeur notamment de l’oeuvre de Spinoza, nous nous retrouvons face à d’incroyables dilemmes qui feront les belles heures de vos dîners en ville. Ma mère a beaucoup réfléchi au dilemme du tramway que je lui ai raconté alors que je lisais ce livre lors de mes vacances à l’Ile de Ré (oui, je suis très en retard dans mes comptes rendus de livre, lalala). En voici quelques uns de fascinant :
– à propos du végétarisme : ne pas manger de viande pour protester contre le traitement inhumain des animaux, ok. Sauf que si nous devenons tous végétariens, que vont devenir les boeufs ? C’est vrai, ça sert à quoi un boeuf à part faire de la viande ? Peut-on militer pour la cause animale alors que nous risquons, de fait, de nuire à la diversité animale sachant que ces espèces ne pourront survivre hors domestication ?
– à propos de l’avortement. Principe de base : l’avortement est mal car le foetus est une vie autonome de celle de la mère sur laquelle elle n’a de fait aucun droit. Ogien nous propose alors l’exercice suivant : imaginez que vous vous réveilliez un beau matin recouverts d’appareils médicaux au bout desquels se trouve un brillant violoniste. Ce dernier est très malade et doit rester connecté à vous pendant 9 mois pour survivre. Trouvez-vous normal d’être ainsi appareillé pendant 9 mois pour sauver une autre vie sans pouvoir donner votre avis ?

Une-perfusion-inquietante

Ces dilemmes ne servent pas juste à poser des questions pas évidentes, ils démontrent que l’éthique chez l’homme n’est pas si logique et évidente que ça. Prenons par exemple le fameux dilemme du tramway qui a été décliné plusieurs fois depuis et qui fait limite office de philosophie à lui tout seul. Imaginez : un tramway fou est lancé, il arrive à une intersection : sur la voie principale, 5 ouvriers travaillent, ils n’entendent pas le tram arriver. Sur une voie annexe, seul un ouvrier travaille. Dériverez-vous le tram vers la voie annexe car mieux vaut un seul mort que 5. La plupart agiraient de la sorte. Par contre, le même dilemme : le tramway fou, 5 ouvriers. Vous êtes sur un pont et assistez à la scène. A côté de vous, un gros monsieur qui est penché pour regarder : si vous le poussez, il bloquera le tram : une vie contre 5. Là, personne ne veut pousser l’homme. Redéclinons cet exemple : en tuant un homme en bonne santé pour donner ses organes à 5 malades, vous sacrifiez une vie pour en sauver 5. Là, personne ne veut en entendre parler. Sauf si l’homme sain est un tueur en série, la question se pose différemment…

Bruxelles 406

Bref, le contexte influe sur la décision « morale » selon ce que l’on regarde. Sacrifier une vie, oui, mais comment ? Sauver tous les animaux en en sacrifier pour assurer la dignité à d’autres ? Ogien nous rajoute de nouveaux dilemmes et éléments dont un que j’adore par dessus tout :
– imaginez qu’on vienne vous voir et qu’on vous propose d’abandonner votre vie actuelle pour vous brancher sur une machine qui vous créérait l’illusion d’une vie parfaite. Accepteriez-vous ? La plupart des gens refusent. Par contre, si on vient vous voir demain pour vous expliquer que votre vie n’est qu’une fiction créée par une machine et qu’on vous propose de vous débrancher pour découvrir votre vraie vie, accepteriez-vous ? La pilule rouge ou la pilule bleue ? Là, la majorité refuse le débranchage. Ce n’est pas l’illusion ou non qui les dérange mais le changement.

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Enfin, les éléments extérieurs jouent naturellement sur la bonté, nous en revenons au titre. Selon des études sociologiques, une bonne odeur de croissant chaud rend les personnes exposées naturellement plus affables et de bonne humeur, plus enclines alors à aider leur prochain. Et ça, j’y crois à mort. Prenons une polémique qui date d’il y a 6 mois ou un an, je ne sais plus. La SNCF était accusée de vouloir diffuser de la musique classique dans les gare de banlieue car ça fait baisser la délinquance. Sous entendu, ça fait fuir les racailloux. Vraiment ? Personne n’a imaginé trente secondes que c’était surtout que ça apaisait un peu les âmes. Perso, rien ne me plaît plus que d’entendre des notes de piano s’élever gare St Lazare ou Gare de Lyon grâce aux pianos posés en libre service. Et je crois que je ne suis jamais passée sans que quelqu’un en joue.

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C’est ce qui est finalement fascinant dans ce livre, c’est qu’on réalise que la morale et l’éthique ne sont pas innés et que beaucoup d’éléments peuvent influer sur le comportement humain. Et comme c’est écrit simplement, c’est facile à comprendre.

Mais la vraie question, reste : vous auriez poussé le gros monsieur sur les rails du tram, vous ?`

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Le front russe de Jean-Claude Lalumière

Errant au milieu des rayons de la FNAC, mes yeux traînent joyeusement sur les livres. Oui, je suis en pleine fièvre acheteuse, j’ai besoin de nouveaux livres. Besoin, non, envie. Oh tiens, un titre m’accroche l’oeil : le front russe. Et hop, direct dans mon panier.

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Le front russe ne parle pas vraiment de Russie, en fait. Non. C’est l’histoire d’un jeune fonctionnaire qui se retrouve nommé au Quai d’Orsay. Mais comble de malchance, il fait chuter une huile du service qui l’envoie direct dans le pire bureau parisien, celui des pays en voie de création / Section Europe de l’Est et Sibérie. Le placard miteux. Notre héros se retrouve donc dans une cellule de 6 personnes avec un chef se croyant toujours en guerre, une secrétaire fabriquant (mal) ses vêtements elle-même, une autre plutôt jolie, un collègue très appliqué mais très limité et un informaticien s’inventant des voyages à travers le monde.

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A peine arrivé, notre protagoniste décide de remuer un peu les choses. Il ramasse la jolie secrétaire et commence à bien se faire voir du Quai d’Orsay, obtient quelques missions qui ne se passent pas toujours très bien mais il passe entre les gouttes. Jusqu’à une mission en Georgie. Là, je commence à grimacer. Le roman était bien sympathique jusque là mais cette histoire de Géorgie me fait furieusement penser à”Nos amis les journalistes” de François Reynaert, livre que j’ai adoré. Mais la mission en Georgie ne dure que quelques dizaines de pages et notre ami retourne en France où la voie royale s’ouvre à lui… jusqu’à la chute.

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Et là, ce livre justifie parfaitement mon credo : toujours finir un livre car la fin peut en changer la perception. Là, c’est la dernière phrase qui vous explose à la figure et transforme ce petit roman rieur en incroyable vision pessimiste de la vie et agite sous notre nez la vacuité de l’existence. Une phrase. Soudain, le livre gagne tant de profondeur qu’on a presque l’impression que ce qu’on a lu jusque là, les quelques 208 pages dévorées avec plaisir, n’étaient en fait qu’un prélude à cette phrase. Cette phrase que je ne vous dévoilerai pas, zavez qu’à lire le livre. Parce que les 208 premières pages mélangent une gentille satire du fonctionnariat (cf la lutte de notre héros pour faire évacuer le cadavre d’un pigeon échoué sous sa fenêtre), les portraits des personnages dignes d’un film de Chatilliez, quelques anecdotes amusantes. Parce que la dernière phrase est une véritable gifle qui te fait refermer le livre pour y réfléchir un peu. Et c’est assez rare pour un roman…

 

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Ces livres sans postérité

De temps en temps, j’aime fureter dans les allées d’une librairie et entendre mon moi démoniaque et mon moi angélique se foutre sur la figure à base de « han, je veux ce livre! » « mais t’en as plein déjà, arrête ! » « oui mais je le retrouverai peut-être jamais », « non, tu as trop de livres en attente et tu es dans le rouge à la banque ». Ma boulimie de livres est toujours présente mais je me soigne.

Je navigue de tête de gondole en tête de gondole, mes lunettes vissées sur le nez, je laisse mon regard bondir de couvertures flashies en couvertures flashies. En général de la chick litt à base de fille célibataire à qui il va arriver de folles choses et qui à la fin, trouve un mec trop cool qui est l’homme de sa vie, même qu’ils feront sans doute des bébés. Depuis les frères Grimm, on en revient toujours au même point. En prime, pour nous allécher, un petit dessin de Pénélope Bagieu ou Margaux Motin. Quoi que je pense qu’elles ont un peu passé la main mais comme je ne fais que survoler ces rayons, je ne suis pas très attentive.

Bref, je volète tel un colibri, je butine ci et là à la recherche des fleurs les plus gorgées en suc, celles qui me donneront entière satifsfaction. Et tandis que je picore, une réflexion s’impose à moi : mon Dieu, tous ces livres qui finiront au pilon dans deux mois. Et ça me rend triste.

Déjà, en temps que nouvelle accro au DIY (enfin, je do it myself surtout dans ma tête, faut vraiment que je passe le cap, ça commence à m’énerver cette petite trouille de pas me lancer. Au pire, je rate, c’est-pas-grave putain. Y a pas écrit couturière sur mon intitulé de poste), je zieute pas mal les livres pour apprendre à faire de la couture, des doudous rigolos, de la fimo aussi… Parfois j’achète avant de me dire que j’ai eu tort et envisager de les revendre (je suis pas chiante, pas du tout). Dans ces rayons, partout autour de moi, des petits livres sans postérité possible. Le pire, c’est en cuisine : un livre sur cuisiner le nutella, un autre le kiri, faire des muffins, des macarons, des ci, des là, avec les petits ustensiles qui vont bien. Une fois les recettes testées, on range le livre ou on le jette ?

Et que dire de ces livres d’actu hyper circonstanciels qu’on aura oublié dans un an ou deux ? Ca fera toujours le bonheur des historiens mais si je furète sur les rayons virtuels de la FNAC (parce que j’écris cet article à 23h10), que vois-je ? Une BD de Mathieu Sapin sur la présidentielle, un livre de Raphaëlle Bacqué sur les Strauss-Kahn, le livre de Bachelot… Dans la bibliothèque de mes parents, quelques brûlots anti Ségolène Royal et Martine Aubry. Intéressant de voir que mes parents achètent des livres critiquant des gens qu’ils n’aiment pas et rien sur les personnes qu’ils apprécient plus (enfin, je suppose). Ca mériterait un article… Bref, qui s’intéresse aujourd’hui aux livre parus sur Ségolène Royal en 2007 ? Quelqu’un qui veut réécrire un livre sur elle, un ou deux étudiants qui font un master sur elle, et ensuite ? Tout ça, c’est bon pour le pilon, c’est tout. Drame écologique, tous ces arbres coupés pour rien… Et que dire des espoirs de l’auteur publié qui espérait se faire un nom au Panthéon des auteurs, ses espoirs réduits en purée de papier. Quoi que plus je furète dans les rayons, plus j’ai la sensation qu’on peut publier tout et n’importe quoi. Sans en attendre une quelconque reconnaissance. J’avais vu une femme interviewée dans une émission, elle était interrogée en tant qu’auteur… d’un dictionnaire franco-chti. Tu m’étonnes que ça finisse au pilon.

Ce qui est drôle (ou pas), c’est que les livres pilonnés sont recyclés en papier…magazine. Quand le vide remplace le vide pour finir au même endroit : la poubelle.

Comme une vieille conne, je pourrais me dire qu’être édité, aujourd’hui, n’a plus de valeur en soi, qu’on peut écrire un livre qui n’a que 3 mois de durée de vie, le voir trôner quelques jours en tête de gondole avant de rebondir dans les rayonnages puis terminer sa triste vie au pilon. Pourtant, reste quelques pépites, quelques livres qu’on lit avec délectation, émotion, intérêt. Pas les livres éphémères, sans postérité. C’est vrai. Mais ils ont le mérite d’apporter de l’eau au moulin des éditeurs qui pourraient prendre le risque de lancer un jeune auteur. On peut toujours rêver…

Et pour votre culture, un article bien intéressant sur le pilon.

PS : Des fois que, pour être claire : je n’ai envoyé aucun roman à un éditeur donc non, cet article n’est bien que le fruit de mes errances en librairie et non d’une quelconque rancoeur.

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Tous des cons

L’autre jour, je me baladais dans la FNAC, avide et angoissée. Non parce que me lâcher dans la FNAC, c’est comme lâcher un boulimique dans une pâtisserie. Je veux tout, je consomme avec excès et après, je sais plus quoi faire de mes vieux livres. Et je me demande si je peux déontologiquement les ruiner pour construire soit un meuble, soit des trucs déco ou si c’est tuer l’âme du livre. Enfin, les bouquins type Chick litt, je peux les pulvériser, non ?

Bref c’est pas du tout mon sujet. En furetant, je découvre sur une table différents ouvrages dont le titre comportait le mot « con ». En somme plusieurs manuels pour nous apprendre à survivre au milieu de tous ces cons que sont nos collègues, nos voisins, notre famille (parents et enfants compris). En un mot : l’autre. Théorème : l’autre est un con. Or si je est un autre, je est con. Car oui mes petits, ne nous le voilons pas la face : on est toujours le con d’un autre.

De fait, le mot con recouvre pas mal de réalités :
– est con l’idiot qui ne comprend pas ce que tu lui expliques et qui a des capacités intellectuelles moindres (selon ta propre perception, notons que parfois, la vérité est une notion subjective donc nul n’a obligatoirement tort ou raison).
– est con l’inculte qui n’a pas connaissance de ce qui te paraît la base de la culture (là, encore, c’est subjectif)
– est con celui qui se comporte en dépit des règles élémentaires de courtoisie et de politesse. Du genre les gens que j’ai décrit dans mon article sur les passagers indélicats du métro.
– est con le goujat voire l’ordure finie qui descend les autres à tour de bras et se sert de leur cadavres pour grimper haut.

Bref, le mot “con” est utilisé de façon très large, d’où ce marketing qui se développe autour du con, cet autre nuisible qui nous empêche de vivre au monde des Bisounours. Le con nuit à notre sérénité et notre petit plan bien établi. Le con, c’est celui qui t’appelle quand tu es débordé pour une demande urgente, celui qui n’a pas fait correctement la tâche que tu lui avais confié, soit par manque de compréhension soit par feignantise. Le con nous énerve, nous rend de mauvaise humeur mais le con étant partout, il faut composer avec lui. D’où la multiplication des ouvrages nous expliquant comme les niquer avec classe. Ou en gros “si tu veux composer avec des cons, sois plus con qu’eux !”. Parce qu’à côté de mes livres sur “composer avec les cons”, nous avons tous les bouquins de pseudo développement personnel à base de “manipule les codes pour être le plus fort”. Ainsi grâce au Mentalist, nous découvrons tous avec enthousiasme le PNL, cette méthode magique qui te permet de faire avaler des couleuvres à l’autre qui s’exécutera avec grand enthousiasme.

Car n’oublions pas : les autres sont toujours plus cons que toi, tu les baiseras tous grâce à ta connaissance de la connerie humaine et comment la modeler pour avoir ce que tu veux. Car l’autre est un mouton, il n’a ni capacité de réflexion ni libre arbitre. Alors, je vais te faire un révélation (houuuu) : le plus con, c’est bien celui qui achète ces bouquins en pensant que demain, il sera le roi de la manipulation donc du pétrole. Parce que ce n’est qu’un catalogue de ficelles plus grosses les unes que les autres et qui ne marcheront qu’une fois sur un public crédule. Les autres te verront arriver avec tes sabots 3 tonnes et sauront de suite ce que tu cherches à cacher. Un peu comme un powerpoint : plus tu mets d’effets, moins t’as de choses pertinentes et intelligentes à dire.

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C’est toi la rentrée littéraire

Par Lucas

Chaque année, c’est la même chose.
Chaque année, les libraires n’ont pas de vacances.
Chaque année, il faut qu’ils choisissent parmi 300 nouveautés à mettre en place en rayon (au delà des 20 titres phares qui seront bien markétés par les maisons d’éditions et que tout le monde voudra lire).
C’est dingue ce pseudo événement de merde.
Je suis blaszzzzzzé
Par plein de choses.

Le fait tout d’abord qu’il faut créer  un événement pour qu’on daigne s’intéresser à l’actualité éditoriale. On est soi disant dans un pays qui lit. Quand je vois que le chiffre d’affaire du jeu video est de 40 milliards dans le monde (Courrier international du 20 août) je me demande comment faire pour rendre aux bouquins une présence plus grande. D’ailleurs, dans un article du NYTimes, (toujours dans CI), un auteur explique comment il a écrit son roman de SF en pensant à son adaptation en jeu vidéo. On ne pourra avancer dans le jeu qu’en connaissant  des choses racontées dans le roman…

C’est marrant cet imbroglio des deux mondes.
Ça me rassure aussi.

Pour moi les seules passerelles qu’il y avait entre le texte et l’image (mais un jeu n’est pas qu’une image…) c’était l’adaptation de roman en film.
Je suis défait les rares fois où je vais voir un film tiré d’un bouquin. Le pouvoir des mots est tellement plus évocateur que les images ternes qu’on nous sert…
Bon d’accord,  vous allez dire que les temps changent, que « les gens » ne veulent plus lire, gnagnagna.
Je soupire dans mon coin.
Et je ne parle même pas des mères de famille qui lisent Elle et Madame Figaro puis qui vont acheter des bouquins une fois que la critique est tombée dans ces bouses magazines…
Premier point

Vient ensuite, le fait que certains auteurs nous sortent un bouquin chaque année à cette même période. Quand je dis ça, je pense évidemment à Amélie Nothomb.
Son Voyage d’hiver sorti il y a une semaine ne m’a pas emballé.
Le Fait du Prince
s’est révélé niais et sans relief, là où elle aurait pu développer plein de trucs intéressants (oui avec des conditionnels, la vie est simple)
Ni d’Eve ni d’Adam
était un énième Amélie au Japon,
Journal d’hirondelle
avec son tueur né était chiant à mourir et.. oh !

Bah voila : il faut remonter à Acide Sufurique pour avoir un bouquin qui tienne la route où elle évoque et développe une réflexion implicite au texte sur la téléréalité (ici je fais un p’tit salut à mon ami Stan. Si vous ne savez pas pourquoi, lui il le sait).
Un bouquin qui m’avait fait croire que l’auteur d’Attentat et de Mercure avaient retrouvé de l’allant après Antechrista et Robert des Noms Propres. Bah non, faut pas rêver…

Bon, OK,  je fais une pause pour recevoir dans la face les centaines de réponses des lectrices et lecteurs offusqué(e)s devant mes partis pris (Mais arrêêêêêêteeu, moi j’ai adoréééééééé).
Voila, je vous remercie d’avoir râlé, n’hésitez pas à en rajouter, pendant ce temps là je continue.

Quand je reprends la liste des bouquins, je suis perplexe.
Cette année, les éditeurs de Marc Lévaille et Guillaume Mussal ont cru que ça allait le faire de sortir les derniers étrons de leurs poulains avant les vacances. Vous me direz, c’est toujours ça de moins à évincer sur les rayonnages. Bien sûr, j’ai feuilleté un peu les pages et j’ai pris la 4eme de couv de Musso. Là, j’ai baaaadé : San Francisco, une histoire d’amour, un truc inexpliqué, bref, la recette habituelle. D’ailleurs le premier témoignage d’une lectrice sur le site de la Fnac (oui je fais des bafouillles documentées) ledit témoignage est donc éloquent :

 » J’aime lire ses livres car il me transporte loin du train-train quotidien, il me fait rêver, voyager et quand arrive la fin je me dis déjà et attend le prochain avec impatience… »

Alors je pose la question,suis-je un pseudo intello de façade qui se la raconte en stigmatisant ce genre de bouquins ?
Bon vous me direz que les derniers bouquins que j’ai achetés ou empruntés n’étaient pas non plus des essais : le dernier Paul Auster,  » Man In the dark« , un Zweig que j’avais jamais lu « La confusion des sentiments« , « Le Japon n’existe pas » que je vous conseille, et « Eloge de Rien » un mini bouquin publié aux Editions Allia, une maison qui a une ligne éditoriale terrible avec des formats minuscules.

Restent quand même des poids lourds de l’édition. Bons ou mauvais.  Encore un Beigbeder, par exemple. Après99F, Nouvelles sous Extasy et l’Amour dure 3 ans (celui-là je l’ai adoré), j’ai essayé les autres mais j’ai décroché. La critique dit que c’est un roman très personnel. Mais ils le sont tous. Faut-il donc que je m’intéresse au dernier ?
Et puis quand on voit la flopée d’auteurs méconnus, on est perdu.
Comment choisir ? Sur quels critères juger ? La couleur flashy de la couverture qui attire l’oeil ? La 4eme de couv ? Le titre prometteur ?

Ma libraire nous fait des soirées tous les 6 mois pour nous présenter des coups de cœur qu’elle, son associé ou ses deux employés-etudiants ont pu avoir. En outre, elle met des petits cartons pastels sur les romans qu’elle a kiffé pour expliquer en quoi c’est un bouquin terrible.
Mais il y a en tellement…
J’ai adoré « Le Japon n’existe pas » et « Sur la Plage« . J’ai boucou aimé La formule préférée du professeur et « Fuck América« .
Entre autres.
Des centaines d’autres.
Pour les personnes qui n’ont pas une relation telle avec leur libraire et qui achètent leurs bouquins à la Fnac en s’arrêtant sur la tête de gondoles « nos meilleures ventes », quid juris?

Bon OK.  Ma libraire, est parfois complice.
Les auteurs connus à fort tirage sont mis en avant. Il faut bien qu’elle gagne sa vie. Quand je rentre chez ma libraire, juste devant l’entrée il y a un présentoir spécial, rempli des derniers Musso et Levy, ainsi que du dernier Kennedy, lequel a publié lui aussi un nouveau roman en mai : je n’ai lu aucunes critiques mais après la douche froide de « La femme du Vème », j’étais peu enclin à
me jeter sur le nouveau.
Vous allez me dire que Douglas a fait exactement comme Marc et Guillaume vu qu’il finit en queue de poisson en jouant la facilité avec un épilogue surnaturel…
Pour moi, c’est vraiment un coup de poignard dans le dos.

Ce qui était intéressant chez lui, c’est le fait qu’il prenne des faits de sociétés comme thème de roman : l’impératif de la réussite sociale dansl’Homme qui voulait vivre sa vie (j’ai adoré ce bouquin), le poids de l’image sociale dans Rien ne va plus, etc.
Là, c’est plus « un américain à Paris » mais sans le coté cinglant de l’humour anglais de « A Year in The Merde » ou romanesque de Hemingway et consorts.
Affligeant.

Je suis donc bien con de critiquer Mussal et Lévaille.
Pour autant, Mister Doug, peut-on esperer que l’opus sorti en mai est plus sympa ?
J’ai des doutes…

Je repense à Simenon et San Antonio, qui nous sortaient un roman tous les 6 mois (une fois, Simenon à mis 2 jours pour écrire un Maigret…).
Je pense à Mary Higgins Clark qui nous lâche des polars à la chaine.
Je pense à Higgins qui nous sort des épisodes de Sean Dillon tous les ans,
à Grisham qui nous pond un thriller juridique dans la même période.
S’il n’avait pas mourru si vite, est-ce que Stieg Larsson nous aurait sorti une nouvelle saga aussi efficace que celle qui peuple les tunnels de ma RATP ?

Vous allez surement me répondre que personne dans la vie ne choisit sa couleur, l’important c’est d’écouter son cœur. Les apparences et les préférences ont trop d’importance, acceptons les différences, c’est vrai, faut de tout tu sais, faut de tout c’est vrai, faut de tout pour faire un monde.
Oui.
Mais…
Ca m’agace quand même qu’on soit submergé à un moment « T « de bouquins en tout genre là où un livre génial sorti en mars aura plus de mal à se faire connaitre.
Bon c’est vrai que l’Elégance du Hérisson, avec tous ces passages reulou au-delà du sujet principal très prenant, ce bouquin donc était sorti en dehors des circuits et que ca n’a pas empêché un succès de masse. Comment l’expliquer ds ces cas là ? Le bouche à oreilles ? Le fait que l’auteur joue sur l’image des classes sociales ? Le fait que…
Peu importe…
J’aimerais bien avoir votre avis, tout de même !

Allez je vous laisse sur un test rigolo.
Lisez 10 pages d’un levaille ou d’un mussal puis allez lire un extrait des œuvres de JLB dans le roman La Petite Marchande de Prose de Daniel Pennac. Vous allez voir, ça va vous rappeler quelque chose…

Au fait, je ne regarde jamais la télé, mais est ce qu’il y a des pubs pour les bouquins ?

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J’ai décroché un entretien !



La blogosphère est un monde tout petit qui communique énormément, à tort et à travers souvent mais parfois, ça peut être utile. Vers la fin novembre, je vois passer sur mon twitter : « agence cherche blogueuse de talent ». Tiens donc… Je récupère les coordonnées de la fille qui a lancé en premier cette annonce et j’envoie ma candidature. Ohlala, je suis toute excitée !

Le lendemain, je reçois le mail d’une nana qui s’occupe du recrutement pour ce poste et qui est intéressée par mon profil, merci d’appeler pour prendre rendez-vous. Le rendez-vous est pris un jeudi soir à 18h30, je dois donc arriver au boulot sapée mais pas trop et partir une heure plus tôt que d’habitude. Plus flag tu meurs. Le week-end d’avant, je m’offre une séance shopping, sachant très précisément ce que je voulais : une robe pull avec une large ceinture, à mettre avec un collant épais voire un leggins et mes bottes à talons. Oui, en vrai, je suis férue de fringues et de mode mais je n’en parle jamais.


Jour J, me voici avec ma robe (alors que je n’en mets quasiment jamais), je vais jouer la carte du « je vous dis pas où je vais mais merci de penser que je vais à un rendez-vous galant ». Dans la journée, je retourne sur le site de l’agence en question prendre quelques notes, vérifier l’adresse en jetant un oeil sur le plan mappy. Super, c’est à deux pas du taf de ma soeur, je situe tout à fait, je ne vais pas me perdre. En surfant, je tombe sur l’annonce concernant le poste pour lequel je postule et là, je suis prise d’un vilain doute : « ce poste est aussi valable pour un stage ou freelance ». Un stage ? Le truc payé 300 euros au mieux ? Je sens d’emblée que ça ne va pas le faire, je n’ai plus trop envie d’y aller mais jouons quand même le jeu, on ne sait jamais.

Je pars à l’heure dite, j’arrive à la rue de l’agence, c’est au numéro 28. Et là, je suis au numéro… 92 ! Hein ? Ok, mappy a encore dit des conneries. Pas de panique, je suis dans les temps, le numéro 28 doit être au niveau de la Fnac de cette rue. Je me presse donc, maudissant mes belles bottes qui me tuent la voûte plantaire qui n’a pourtant rien demandé. 80, 70, 60, ça n’avance pas…40, je ne suis plus très loin, j’ai la FNAC en point de mire. Numéro 30, je traverse la rue et le numéro 28…Ben c’est la FNAC justement. Je cherche une porte, quelque chose, rien. Y a un os. J’appelle la nana et là : « mais non, c’est pas au numéro 28 mais au numéro 92 ». Le numéro que j’ai vu, que j’ai regardé avant de partir en courant à l’autre bout de l’avenue. Et c’est reparti, pas rapide et légèrement claudicant, j’ai la sensation que mes pieds ont pris feu. J’arrive donc brillamment avec 15 à 20 minutes de retard, légèrement défaite et déssechée. Un homme m’accueille et m’explique que c’est avec lui que je vais passer l’entretien. Ah ben ok. Les locaux sont pas mal, en rez de jardin donnant sur une cour avec jardinets. Le monsieur me propose un verre d’eau que je m’empresse d’accepter.


Je me présente, raconte mon parcours en débutant par mon arrivée sur Paris (ciao le volet études). Le mec me présente le poste, y a environ une demi douzaine de blogs à tenir à jour quotidiennement même si la plupart n’existent pas encore. Je note tout ça avec sérieux, pose des questions, hoche la tête. Poste sympa me permettant de revenir à mes premières amours journalistiques, quelque part.

Concernant le salaire ? Si je m’en réfère à la masse de travail et à mon salaire actuel, je veux tant. Heu… Houston, on a un problème, là. Je sens que j’ai perdu le monsieur. Fin de l’entretien, on se serre la main, on vous recontacte.

En prenant le bus pour rentrer chez moi, je savais que je n’aurais pas le poste. J’ai demandé trop. Enfin, trop par rapport à ce qu’ils pensent donner car le salaire demandé est vraiment le minimum que je puisse demander compte tenu du fait que je ne suis plus un profil junior et que l’écriture de blog, je maîtrise. D’autant que je rédige de temps en temps des tas de blogs féminins sur Joséphine donc je peux écrire sur la mode, beauté, sexo ou people sans soucis.

Même pas 24h plus tard, je reçois un mail : merci mais non merci. Ah ben ça alors, si je m’attendais… Ceci étant, ce fut un bon exercice de révision d’entretien, c’est toujours ça de pris.

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J’ai connu le CD deux titres

Par Lucas

C’est un truc que je dirai à mes gamins et là ils iront se plaindre à leur mère :  » Maman ya papa qui fait son cacochyme !! » (oui, mes gosses auront un vocabulaire de ouf)

J’ai déménagé il y a un mois et, en rangeant, j’ai retrouvé tous les CD deux titres de mon adolescence.
Ouhai, trop funky trip, ça déchire graaaaaave.
Avec Zombie, Robert Miles, Bitter Sweet Symphony, etc.
J’ai aussi retrouvé mon CD fétiche tout élimé, la pochette à peine lisible tant la boite a vécue : Money For Nothing de Dire Strait avec ma chanson préférée de la vie de la Terre  : Walk Of Life.
J’ai même souri comme un benêt devant le dernier CD deux titres que j’ai acheté, à savoir Stardust – Miouzik Saounds Bitteur Ouiz Youuu.
Et je me rends compte qu’en dix ans ma conso de musique a évoluée… (si,si, truc de dingue)

Je suis un grand utilisateur d’Emule couplé aux radios : Nova, Jazzafip et quand je suis ds la caisse de mon p’tit frère, Oui FM.
Ya no comprendes ?
Je m’explique.
Avec l’exemple de Fip.

Tous les soirs pdt une 1h30 sur FIP il y a du Djaaaaaaaz.
Les 10 premières minutes le programmateur et la nana qui l’accompagnent, évoquent l’actualité du Jazz, et passent un titre du « CD de la semaine » tout en parlant des autres sorties, des concerts à ne pas louper, etc.
Bien entendu quand j’entends un truc qui me plait, illico presto je vais sur le site de Fip et je catche le titre… avant d’aller sur Imioule le chopper.

Ce qui est marrant c’est que ma consommation de CD n’a pas augmenté ou baissé. Il y a dix ans déjà je n’étais pas prompt à acheter un 2 titres sur un coup de tête. Emule m’a permis de maintenir la qualité et temperer les achats coup de cœur.
J’en suis toujours en moyenne à 1 CD par mois ce qui est déjà boucou je trouve. Simplement mon approche a  changée.
Emule est devenu mon acolyte. Illustration avec Dajla.

J’ai découvert Dajla avec son titre Remember Me (lien fenêtre pop up) sur Radio Nova ( » Soul Poetry« , meilleur album soul de l’année 2007 selon Soul Magazine)

Comme c’était une redif d’une émission de mix, un dimanche matin,  et que la playlist n’était pas sur le site de Nova, j’ai du galérer pour trouver le titre en tapant de mémoire les paroles du refrain dans Google et en les trouvant à la… 14eme page de réponses !
Ayant le titre j’ai eu l’album et Emule m’a donc donné le zip de Soul Poetry. Toutes les chansons ont donc tournées sur Winamp. Deux semaines plus tard, j’allais acheter la galette à la FNAC et je suis dorénavant leur actu concert pour savoir quand ils passeront à Paris (c’est un groupe nantais et la bassiste chanteuse éponyme est trop beeeeeeeeeelle).

A dire le vrai, je n’ai pas du tout le sentiment d’être un délinquant.
Et vous, vous en pensez quoi ?

Au-delà des radios, je pense que j’ai aussi un tribut à payer à Deezer et Radioblog. D’you remember Radioblog, ancêtre de Deezer ?

Radioblog était bien agréable car on pouvait, en tapant un titre, obtenir la playlist complète d’un utilisateur. Playlist souvent cohérente : on pouvait ainsi découvrir des choses en rapport avec le titre initial qu’on voulait écouter. Mais aussi avoir de bonnes surprises car, selon moi, les playlists sont une manifestation de la personnalité du listeur et donc de la richesse de celui-ci. Sans déconner on pouvait avoir de trrrrès bonnes surprises.  C’est là bas que j’ai découvert Absynth Minded avec Pretty Horny Flow et
Alexis HK avec C’que T’es Belle quand J’ai Bu. Entre autres…


Récemment, j’ai fait une playlist sur Deezer mais le partage est moins intuitif je trouve… donc je triche.
Par exemple, ça fait un an que Diane et moi (à son initiative) on échange des morceaux.
Des émotions éparses qu’on a  eues sur tel ou tel titre, à l’écoute de la radio ou en trainant sur Deezer. Echange sans qu’il n’y ait nécessairement de cohérence dans l’enchainement des titres si ce n’est l’envie de partager un p’tit plaisir qu’on a eu sur une musique. Là-dessus, elle est sacrément plus douée que moi, avouons-le.
Il n’y a donc pas que les radios pour découvrir des trucs, et pourtant j’étais le premier à écouter les radios californiennes grâce à Winamp…

Je ne vais pas vous quitter sans vous donner quelques adresses que j’avais piquées à Arkius.
Le très complet et très utile Foxy Tunes, (tapez un groupe au hasard, vous allez avoir une masse d’info en tout genre…)
Last FM ds le même style que Deezer,  et Musicovery qui vous permet de découvrir des zik en adéquation avec votre humeur du moment !


Lectrice, lecteur, je serais tout de même curieux de savoir comment ta conso de musique a évoluée depuis 10 ans. CDs, Emule, MP3 sur FNAC.com ou Fnac reelle, etc. Tell me !

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Où es-tu, je reviens te saouler

Par Lucas

Bien sûr amies lectrices, amis lecteurs, vous n’allez pas manquer de lâcher un « Lucas il est jalouuuuux« . Je sais bien et j’avoue : je suis jaloux, effaré par le succès d’auteurs aussi merdiques que ces deux loustiques. Je n’ai même pas besoin de vous donner leurs noms ; ils trustent les deux premières places des ventes en France : Guillaume et Marc.

Ils ont trouvé un filon et ils l’exploitent jusqu’à la lie. J’en veux pour preuve les atermoiements des lecteurs (pardon, des lectrices…) qui ont donné un jugement sur FNAC.com.  Musso en prend plein la gueule avec son dernier roman Je reviens te chercher car selon les lectrices il joue la facilité. Il reprend, d’une part, un schéma stérile et facile, d’autre part le thème de la seconde vie, et il use tout ça jusqu’à la corde. Je ne vous parle pas de Levy avec Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites. Les copines à qui j’en ai parlé ont eu un petit sourire gêné, en avouant du bout des lèvres qu’elles étaient un peu déçues. Une sorte de Max Gallo spirit… Perso j’ai ouvert « Vous Revoir » qui trone sur la bibiyotek de ma p’tite sœur. J’ai tenu 50 pages…


Marc et Guillaume ressortent donc des schémas éprouvés et les copient-collent d’un roman à un autre.

C’est ce que faisait Paul-Loup Sulitzer avec le western financier,

c’est ce que fait Grisham avec le monde juridique américain,

c’est ce que fait Higgins avec la l’IRA et la Seconde Guerre Mondiale : c’est ce que font nombre d’auteurs de romans de gare. Musso et Levy en sont les dignes successeurs. Sauf qu’ils ont une machinerie marketing derrière eux, eux. Et le market, c’est ce qu’on nous a appris à faire en école de commerce. Ça me rend fou… De manière plus ou moins avouée, c’était en partie ce que Beigbeider critiquait dans 99 francs, même si ce n’était pas le sujet principal.

Ce qui est déplaisant là dedans c’est que ce mimétisme semble toucher bcp d’écrivains à succès. Je prends un exemple : Douglas Kennedy.

Kennedy  a écrit un de mes romans préférés, L’Homme qui voulait vivre sa vie.
Il y dépeint les travers de l’Amérique qui veut toujours réussir sur des schémas classiques (bonnes études, situation importante, travail acharné). Dans Les Désarrois de Ned Allen, il raconte cette vie à crédit où tout le monde court après un bonus, dans Rien ne va plus c’est le coté superficiel des relations humaines à Elaye, dans Les Charmes Discrets de la Vie Conjugale c’est le schéma de la vie de famille aux States et la main mise des média qui servent au public des infos markétées donc vendeuses, etc…

Je n’ai jamais été déçu… jusqu’à La Femme du Vème.

Là encore, tel un Musso ou un Levy, Kennedy s’embarque dans des explications surnaturelles ! Alors même que ce qui fait tout l’intérêt de ses romans précédents c’est justement de présenter des situations humaines au possible, sans force occulte ! Des situations qui prennent pied dans notre société avec ses travers et ses bonheurs. La vie, quoi !

Je pourrais aller loin comme ça. Vous parler des girlie books qui fleurissent à la FNAC. Dans la droite ligne de Bridget Jones et Le Diable s’habille en Prada. Les bouquins, pas les films qui en ont été tirés. Vous savez bien, tous ces bouquins avec des couvertures bien flashy, bien affligeants mais qui ciblent une population (les femmes dynamiques, vieilles vingtenaires, jeunes trentenaires) et ça marche. A se demander ce qu’il reste aux vrais auteurs. Bah parlons-en.

Le prochain roman d’Amélie Nothomb  sort, comme d’hab, en Septembre, pour la rentrée littéraire. Les premières pages proposées par le magazine Lire sont un peu décevantes. Je ne vais pas juger avant l’heure mais c’est vrai que Journal d’hirondelle m’avait un peu laissé sur ma faim. Amelaye avait heureusement rebondi avec Ni d’Eve ni d’Adam, grace à son fonds de commerce, Amélie au Japon. Mais il faut avouer qu’elle sait parfois centrer son roman sur des thèmes forts  (Attentat avec les normes de beauté, Mercure avec les apparences et les relations humaines, Acide Sulfurique et la télé réalité, entre autres). Pour autant, quid avec Le Fait Du Prince ?
Réponse à la rentrée…

Pour ma part ça fait des années que des copains me pressent d’écrire un roman. Mais il y a un océan entre vous baver des articles pamphlétaires à deux sous sur les Vingtenaires et avoir la rigueur d’écrire 100 pages intéressantes et intelligentes, captivantes et rythmées. C’est là-dessus et uniquement là-dessus que mon honnêteté intellectuelle doit saluer Levy et Musso. Ils savent (ou ils ont su) écrire des trucs qui tiennent en haleine. Encore une fois ça démontre bien à quel point, dans notre existence absurde (merci Albert Camus) on a besoin d petits moments d’émotions épars pour se sentir vivre. Ces petits moments de souffle court, c’est peut-être ça que les lectrices aiment chez Marc Musso…

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