Les politiques ne sont pas Julien Courbet

Je le confesse : j’ai des penchants masochistes. De type lire encore des commentaires sur des articles d’actualité. Quand bien même je ne le ferai pas, j’ai droit aux fulgurances de mec contacts Facebook ou Twitter. Et des fois, je lève les yeux au ciel et je me pince le haut du nez. C’est pas possible d’être aussi cons… Parce que, mesdames, messieurs, le politique n’a pas pour mission de régler vos petits problèmes particuliers.

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Mise en situation : prenez un gouvernement lambda, de droite ou de gauche, on s’en fout. Comme tout gouvernement, il va faire des lois, c’est son rôle. Gouvernement annonce donc sa nouvelle loi et forcément, forcément, quelque part dans l’Hexagone, un Français se sent lésé. Sortez les violons, c’est parti pour une longue litanie « gouvernement de merde, moi, cette loi me va pas. Ce gouvernement fait tout pour [choisir la catégorie socio-demo adéquate]. Et moi, il fait quoi pour moi ? ». Rien. Parce que le gouvernement, son taf, c’est pas de régler les problèmes particuliers de chaque citoyens mais tenter de préserver le bien commun (vision certes très idyllique de la politique mais je vais pas commencer à nuancer ça ici sous peine de vous pondre un article de 10 pages qui fera chier tout le monde).

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Je suis toujours amusée de constater que dans chaque débat (pseudo) politique, chacun débute son argumentation par un « oui mais moi… ». Donc parce que toi, tu n’y trouves pas ton compte, tu souhaiterais que personne ne bénéficie d’une loi qui pourrait améliorer le quotidien d’autres personnes (au pluriel) ? Reprenons le « débat » sur l’autoentreprise menée par un exilé fiscal qui n’est même pas autoentrepreneur. Disons le franchement : ce statut est merdique. On fout sous le même intitulé des gens générant un chiffre d’affaires inférieur à 1000 € et des gens ramassant jusqu’à 32000 € de CA. Bref d’un revenu argent de poche à une véritable source de revenus. L’autoentreprise n’est pas un cadeau pour les petits revenus qui pourraient faire de leur marotte un métier. Non, c’est un cadeau aux entreprises qui se retrouvent avec une masse salariale disponible sur laquelle il n’aura à payer aucune charge sociale, celle-ci incombant désormais au salarié précaire. Mais l’autoentreprise, c’est génial ! Je suis mon propre chef et j’ai dégagé un bénéfice net de 2000 € en un an, hihihi. Bon, pour terminer sur ce paragraphe (je suis hors sujet), je trouve ce système pratique pour se faire un peu d’argent de poche quand on décide de vendre le fruit de ses travaux manuels ou de son écriture mais ça manque salement de garde-fous et faudra bien un jour se pencher sur cette usine à gaz pour discipliner un peu tout ça (et envisager une sorte de statut où l’on peut monter un petit truc pour gagner un peu d’argent de poche sans appeler ça crânement et faussement « entreprise »). Bref, quand le gouvernement a souhaité donner un coup de pied dans la fourmilière, énorme levée de boucliers chez les autoentrepreneurs de mes réseaux sociaux à base de « moi, ça me,permet de gagner de l’argent », « moi, je veux pas passer en SARL »…. À la fin, tu avais l’impression de lire les complaintes des rois du Pétrole et qu’on allait ruiner la France à les empêcher de gagner leurs quelques milliers d’euros. Peu importe l’intérêt global, passer en SARL les faisait chier, fin du débat.

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Mais le gouvernement, c’est pas Julien Courbet. Jean-Marc Ayrault va pas appeler la petite PME à côté de chez toi pour que tu trouves du boulot, Arnaud Montebourg n’appellera pas le promoteur immobilier véreux qui ne t’a pas livré la maison de tes rêves et Benoît Hamon ne viendra pas voir ton voisin pour tenter de vous réconcilier. Quoi que ça, y a Stéphane Plaza et Karine Lemarchand qui le faisaient à une époque (ils méritaient un césar pour leur prestation de personne impliquée dans un conflit dont ils n’avaient, de fait, rien à foutre). Le gouvernement a pour mission de faire voter des lois pour atteindre un équilibre entre les citoyens, lutter contre les inégalités, les discriminations. À l’occasion, ils aideront un citoyen qui a publiquement fait appel à eux pour la beauté du geste (et surtout de l’image) mais ce n’est pas leur rôle. Alors oui, Citoyen, toi, t’es pas content parce que, toi, tu te sens lésé ou tu considères qu’il y a une loi plus importante que celle actuellement votée et qui ne te concerne pas (« argument » lu 30 fois durant le débat pour le mariage pour tous. J’ai surtout aimé les gens de droite conspuant le temps gaspillé sur ce débat, oubliant que ça a été si long grâce à la pluie d’amendements et de rappels au règlement des députes… De droite justement). Au moins, le citoyen lésé fera la joie du JT de 13h qui fera un petit reportage sur lui…

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Remplacer le besoin par l’envie

Est-ce le mauvais temps ? Cette pluie incessante qui nous rince depuis des mois et des mois, ne nous offrant que quelques jours de répit ? Toujours est-il que je ressens comme une tension, une grande envie de rupture entre les salariés et les entreprises. Entre les sphères dirigeantes et les sphères salariales, ça passe plus très bien. Je vous propose donc une petite trilogie d’article sur le sujet, histoire de.

Quand on était petit, on nous demandait toujours quel métier on avait envie de faire plus tard. Moi, selon les jours, je répondais écrivain, architecte, archéologue, prof, coiffeuse ou assistante sociale (mais je savais pas trop ce que ça voulait dire). J’ai même caressé l’idée pendant une dizaine de jours de devenir opticienne parce que les illusions d’optique, c’est ultra cool… Bref, petits, si on nous présente le travail comme un passage obligé (je n’ai jamais entendu un enfant répondre « rien, je veux pas travailler), il était associé à une envie.

25 ans plus tard, je fais un métier qui n’existait pas à l’époque où on me posait ce type de questions et je me rends compte que les enfants qui répondaient hier avec enthousiasme sont complètement blasés. Écoutez vos collègues, vos amis, lisez les forums ou les blogs. Écoutez la longue litanie des soupirs, des « j’en ai marre de ce taf/de cette boîte », « j’ai pas envie d’aller bosser » qui ne tiennent pas du caprice mais bien d’une lassitude. Entendez ceux qui n’en peuvent plus, prêts à démissionner sans avoir de nouveau contrat derrière, les « s’ils me refusent les vacances, je démissionne ! ». On ne travaille plus par envie mais par besoin, pour gagner sa croûte. Faites ce simple test « si tu gagnes au loto, tu t’arrêtes de bosser ? ». Qui vous répondra non sans nuance ? La nuance étant « non mais je vais monter ma boîte » ou « je vais bosser dans une ONG ».

Oh évidemment, ça n’a rien de neuf, mais j’ai la sensation qu’avec la crise, c’est pire qu’avant. Ça m’agresse. Non parce qu’en tant qu’empathique, les manques d’élans me contaminent. Partout, l’envie a trépassé. A-t-elle seulement existé ? Les joyeux salariés ne sont-ils pas une utopie ? Un mensonge institutionnalisé pour qu’on fasse la roue à la signature de notre premier CDI, qu’on accepte sans broncher de passer 10h de notre journée à trimer ? Et encore, moi, ça va, j’ai le cul posé sur une chaise toute la journée, seuls les yeux ont morflé pour le moment. Quelqu’un croit-il encore à cette mascarade ? Les salariés sourient-ils en dehors des soirées corporate abondamment arrosées, séminaires et photos institutionnelles ? Les RH sont-ils réellement convaincus de nous donner les clés du paradis quand ils nous offrent un contrat ? La seule façon d’être heureux au boulot est-il de créer sa propre boîte ou d’abandonner la moindre ambition, d’exécuter mécaniquement ses tâches en pensant avec envie à nos activités annexes ?

En attendant, salariés et patrons se livrent une guerre insidieuse, multipliant fourberies et coups bas. Parce que oui, autant le dire, y’a des coupables dans les deux camps. Je vous parlerai de ça jeudi et vendredi (parce que mercredi, c’est encore et toujours mariage).

PS : cette trilogie est une facétie de ma part : je la publie pile pour ma dernière semaine de vacances ! Oui, j’aime prendre mes vacances pendant que vous retournez au boulot, tout déprimés.

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Le collectif « toutes des salopes »

On m’a fait remarqué récemment que ce blog taillait des costard aux hommes, tout le temps et c’est dur pour nos amis pénissalement équipés. Alors, messieurs, cet
article vous est dédié, fondons ensemble le collectif toutes tes salopes.
 

Alors voilà, vous avez pris un mur avec une personne vaginalement équipée, vous avez le nez en sang, vous crachez vos dents et votre cœur ressemble à du steack
haché, vous l’avez donc mauvaise. Là, vous appelez vos potes et vous déclenchez le programme toutes des salopes, c’est-à-dire que tout le monde crie en cœur cette petite litanie.
Exemples :

« Elle m’a quittée
– Toutes des salopes !
– Elle m’a trompée avec Jacques-Hortense
– Toutes des salopes
– Ahahahah, je lui ai pété la rondelle
– Ahahahah, toutes des salopes ! »
 

Ah non, le dernier exemple ne rentre pas dans notre collectif, pardon. Il est cependant intéressant de remarquer qu’une fille, dès qu’elle n’est pas bien, on remet en cause sa vertu en la traitant de salope alors qu’une fille peut être garce sans coucher avec la terre entière (ni être sodomite). Une fille peut même être garce en étant vierge, j’en eus connu ! D’ailleurs, l’autre jour, je réfléchissais à ce collectif et j’étais emmerdée : moi, j’ai jamais été salope/garce, comment illustrer mon article ? Puis il m’est revenu une anecdote qui remonte à l’époque où j’étais vierge. Ca prouve bien qu’on peut être salope et pucelle. Bon, bref, je vous raconte l’anecdote.

 

C’était en septembre 96, jour de la rentrée des classes, je rentrais donc en 1ère L dans mon petit lycée privé de Saillie-sur-Ginette, ma ville natale. Je me baladais en ville (mais qu’est-ce que je foutais là, je m’en souviens plus) quand je croise un mec que je connaissais de vue puisqu’il m’avait plusieurs fois fait des compliments sur mes yeux. Oui, tu ne le sais pas lecteur mais j’ai de très beaux yeux, bleus comme le ciel azuré ou un truc du genre, on pourrait s’y noyer dedans… Bon, en fait, je dis ça pour gagner des points dans ton échelle de valeur car je vais prouver dans deux secondes que j’ai pu être garce, aussi. Donc il m’aborde et me demande mon prénom. « Nina. » Merde, j’ai oublié de donner un faux prénom ! Oui parce que je le fais, ça, des fois… Bref, il commence à me baratiner, à me dire que chuis trop belle et si on pouvait aller boire un verre. Mais je peux pas mon cher, j’ai cours dans peu de temps. Du coup, il me demande à quelle heure je finis les cours pour venir m’attendre à la sortie du lycée, je lui donne une heure. Sauf que je suis sortie avant et que je me suis barrée. C’est ce qu’on appelle un lapin, non ?

J’ai refait le coup du lapin l’année suivante à un autre mec. J’étais à la terrasse d’un café avec Johanne la nymphomane quand un mec nous aborde, elle l’invite,
ravie, à s’asseoir à notre table (fais chier, j’aime pas ça). Le mec s’asseoit, on discute, il s’appelle Nino, moi Nina, comme c’est rigolo (tu parles !). Et là, je remarque que le monsieur me dévisage d’un air bovin, limite la bave au coin de la bouche et c’est reparti pour un « comme t’es trop belle, tu veux pas sortir avec moi ? » Heu… Il file son numéro à Johanne, j’avais pas de papier. « Tu me rappelles, hein ? » « Oui, oui… ». Bon, je l’ai jamais fait. Quelques temps plus tard, je le recroise dans la rue, re-regard bovin. « Dis, faut qu’on parle ! » « Je peux pas, là, j’ai cours ! », ce qui était vrai mais l’éclat de rire de mes copines, ça a pas aidé…Mais bon, c’est pas ma faute s’il
était relou, qu’il arrêtait pas de répéter qu’il se trouvait beau (comme quoi, on a pas tous les mêmes goûts) et que ma mère s’est étranglée quand elle a vu que je parlais à ce mec qu’elle avait trouvé un jour errer dans notre ancien immeuble alors qu’il n’avait rien à y faire. Mais bon, rassure-toi, lecteur, vu son rendement en matière de drague, il m’a très vite oubliée.

Sinon, il m’arrive de me moquer de mes prétendants, mais que quand ils le font exprès. Du genre : « t’es célibataire en ce moment ? Non ? T’as pas une copine à me présenter alors ? ». Bon alors j’ai peut-être un ego mal placé mais ils méritent pas que je me montre très clémente avec eux donc je leur casse le coup auprès de
toutes mes copines genre « y a un moche relou qui cherche une copine, intéressée ? Nan ? Ca m’étonne pas ! »

 

Bon, moi, je suis une petite joueuse niveau garce comparée à certaines. Mon côté St Bernard fait que ça m’émeut toujours les mecs tombés sur des égocentriques sans
cœur qui les ont trompés et/ou largués comme une sale paire de chaussette odorante et trouée. Il y aussi les allumeuses, les accros de l’affect qui draguent un mec mais dès que la passion retombe, ben ciao ! Tu m’aimes ? Ah mais moi non et puis Paolo, mon nouveau collègue, il est trop choupi et il m’a invitée à prendre un verre alors tu comprends…Ou les allumeuses vrai de vrai qui draguent un mec et le jettent avant consommation et vont se foutre de sa gueule avec leurs copines. Bref, on m’en a conté des vertes et des pas mûres qui m’ont limite filé la honte d’être une femme. Et je suis sûre, lecteur, que tu en as connu aussi, des garces finies qui ont dansé la lambada sur les miettes de ton cœur.

 

A y regarder de près, dans la guerre des sexes (beurk, j’aime pas cette idée), il n’y a pas un camp plus clean que l’autre, les coups bas sont universels… Un partout, balle au centre.

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Toujours pas d’’amour

Ici, nous sommes sur un blog de gens hautement cultivés donc je cite du Priscilla, même pas peur. Mais cet article ne concerne pas cette mini-chanteuse qui file tout droit sur les traces d’Alyzée. Puis un petit clin d’oeil à Emma rapport à cette chanson. 

 

Bon, résumons la situation. Il y a trois mois, je décidais de me racheter une virginité, espérant que mon gentil voyant avait raison en disant que sur le plan amoureux « ça allait évoluer sur les trois prochains mois ». Oui, bon, techniquement, il n’a pas eu tort, il y a eu évolution mais ça s’est soldé par un rien. Bon, rassurez-vous, je suis pas en train de pleurer sur ces trois derniers mois que je ne considère pas comme perdus, quelque part, j’y ai gagné. En très résumé : j’ai rencontré quelqu’un que je trouvais trop bien pour moi mais finalement, non, nous étions à égalité.  Donc, au moins, ça a regonflé mon ego même s’il ne s’est rien passé pour des raisons que je ne détaillerai pas ici.

Mais bon voilà, ma nouvelle virginité ne m’a rien apporté, finalement. Dimanche soir, je réfléchissais en faisant mon sudoku (oui, je fais du sudoku pour rêvasser, je suis bizarre) et je me demandais ce que je devais faire. La situation est simple : je n’ai pas de petit ami potentiel et je sais pas vraiment où en trouver. Sur meetic ? Non, déjà donné. Dans les camarades de promo de Gauthier ? Heu ben non plus, le seul à peu près potentiellement baisable, y a une fille qui a fait pipi dessus pour marquer son territoire (métaphore) et elle jette des glaçons sur la première femelle qui s’en approche. Là, c’est pas une métaphore, c’est véridique.

Alors que faire ? Trouver un plan D (comme dérivatif) en attendant ? Dans ma besace à mec, il ne me reste que Laurent dit l’obsédé. Bon, alors, certes, il était très mignon et j’ai un bon souvenir de nos brouettes mais vu comme il m’a saoulée, je ne suis pas sûre que ce soit très bon pour mon ego de me retrouver entre ses pattes. Car le souci majeur, c’est que je sais déjà pas où je pourrais trouver un plan L (comme Love) alors un plan D… Enfin, si, un plan D, je peux en trouver en boîte, par exemple mais bon, en boîte, j’y vois rien donc si c’est pour repartir avec un gars qui ne me plaît pas, autant laisser tomber.

Bon, alors, aucune perspective d’avenir amoureux ? Bah, techniquement, si : avec Zoé, on a prévu une soirée plan M. Elle invite chez elle le petit Ludovic et Bastien plus un couple d’amis et on voit ce que ça donne. Bon, a priori, j’hériterais de Bastien mais rien n’est moins sûr. Enfin, ce n’est pas forcément pour me déplaire : beau petit brun journaliste rugbalistique, y a quand même pire. Mais bon, autant ne pas capitaliser là-dessus, on ne sait jamais… Enfin, quoi qu’il en soit, Zoé m’a promis de s’occuper de moi, vu que M. Zoé fait un retour remarqué. Cool.

Y a un an, j’en étais au même point : « bouhou, mais où trouver un homme ? » Bon, la différence majeure entre l’an dernier et cette année, c’est qu’avant, j’étais limite désespérée (d’où mon inscription meetique). Là, ça fait un an que je suis à Paris, j’ai un réseau d’amis non négligeable et donc des potentialités de rencontres infinies. Par ailleurs, cette petite année m’a montré que j’étais pas le vilain petit boudin que je croyais être et comme je suis en phase de régime, je me sens mieux dans ma tête. Rien ne me stimule plus que
ma petite demi-heure de rameur quotidienne, je transpire, j’écoute la musique, je sens mes muscles qui travaillent et je suis même pas mâchée donc aucune raison de s’arrêter en si bon chemin.

Mais bon, même si le célibat en lui-même ne me pèse pas, le fait de ne pas avoir de perspective amoureuse est un peu ennuyeux. Oui, je m’ennuie, je n’ai rien pour rêvasser le soir, pas de carotte au bout du bâton pour être encore plus motivée pour ramer et ne pas aller au McDo du coin me substanter. Heureusement pour moi, je fais confiance à la vie, je sais bien qu’elle va me mettre dans les pattes un charmant jeune homme au moment où je m’y attendrai pas. Déjà, la semaine prochaine, je vais commencer un nouveau boulot, y aura peut-être un choupinou rien que pour moi. Bon, certes, il y a le DRH qui est très mignon mais bon, un supérieur hiérarchique, c’est pas l’idée du siècle, il me semble. Mais bon, y a un millier d’individus dans cette foutue entreprise, ça multiplie les contacts.

Après, il y a toujours des moyens de multiplier les rencontres. Je pourrais, comme Anne, me mettre à la danse, c’est très bon pour rencontrer des hommes mais je sais pas si je suis particulièrement douée pour cet exercice. Je suis pas sûre que bousiller les pieds de mon partenaire soit une merveilleuse idée pour le convaincre de venir boire un verre chez moi (ou aller en boire un chez lui, je suis pas sectaire). De plus, nous sommes en avril, ce genre d’activités se termine en juin et j’ai un peu raté les six derniers mois de cours donc je ne pense vraiment pas que ce soit une bonne idée.

L’an dernier, alors que je sortais ma litanie : « bouh, personne il m’aime et je sais même pas où trouver un homme ! », Gauthier m’avait suggéré de faire du caritatif : un bel homme généreux, c’est le pied. Oui, certes, sauf que donner de mon temps pour une mauvaise raison (trouver un homme, pas aider mon prochain), je ne sais pas si c’est vraiment une bonne idée. Très honnêtement, ça fait quelques temps qu’un engagement social me titille : quitte à avoir du temps libre, autant que ça serve à quelqu’un qui n’est pas moi. Mais je peux pas faire ça dans une optique de drague, ce n’est pas honnête. Quelque part, ce serait exploiter le malheur d’autrui pour mon propre bonheur donc même si un gars engagé me paraît être un bon parti, je ne rejoindrai jamais une ONG ou association dans cette optique-là. Mais merci de m’aider à remédier à ma solitude, mon moumour.

Le problème en amour, c’est que moins on le cherche, plus on le trouve et vice-versa. Alors que faire ? Attendre patiemment que ça nous tombe dessus ? Attendre et patiemment ne faisant pas particulièrement partie de mon vocabulaire, je me vois mal rester le cul posé sur une chaise et voir ce qu’il se passe. D’un autre côté, mes expériences passées m’ont montré que plus je cherchais, plus je me fourvoyais. Et l’amour avec un petit ou un grand a est toujours arrivé par la petite porte, celle que je n’avais même pas vue. Seulement, pour ne pas la voir, il ne faut pas la fixer. Et pour ne pas la fixer, faut avoir un plan D pour nous divertir. Mais où le trouver mon plan D ? Hop, on en revient au point de départ.

Donc, voilà, ma vie sentimentale ressemble à un rubik cube et je suis aussi nulle en amour qu’en géométrie spatiale. En attendant de réussir ce foutu casse-tête et décider quel chemin emprunter, je rêvasserai à Brad Pitt, ça m’occupera

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J’aime pas l’hiver

17h, il fait nuit, mon thermomètre m’indique que les températures sont passées en dessous de zéro. Hop, je jette sur les épaules ma super couverture en mohair de mémé et je me fais une infusion : l’hiver sera long.
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Mercredi 22 décembre, 16h, ma mère et moi sommes dans la voiture, on fait les courses de Noël… Et on n’y voit rien. « C’est pas possible, doit y avoir un incendie ! » clame ma mère. Faux, c’est le brouillard. A 16h30, c’est comme s’il faisait nuit, je répète ma charmante litanie : « Berk, j’aime pas ça, c’est sinistre, ce temps ! ». Effectivement, on n’a pas revu le soleil avant le samedi, le thermomètre n’atteignait même pas le zéro en journée, les stalagmites formées par la canalisation pétée dans le jardin restent là, les toiles d’araignées sont détruites par le givre, trop lourd pour elles. Je me plante devant la cheminée, une couverture sur les épaules (c’est mon truc, ça), avec juste une envie : roupiller un coup. Ou alors ne rien faire, bouquiner tranquillement. Mettre le nez dehors ? Je suis obligée ? Parce que l’hiver, j’hiberne. Je ne sors que contrainte et forcée, j’essaie de faire un maximum de trucs à partir de chez moi. Quelle déprime !
 
L’année commence en plein hiver. Passé les premiers jours pleins de motivation (une nouvelle année, une nouvelle vie !), la déprime revient : il fait froid, il fait gris. Le seul avantage de l’hiver, c’est que je me promène dans la rue sans me faire draguer par quiconque. Faut dire qu’il faut être en manque pour avoir envie de moi dans ma tenue anti-froid : une immense doudoune qui me fait ressembler à une chenille informe, un chapeau enfoncé jusqu’aux yeux, une écharpe qui me cache le cou… En gros, on ne voit que deux choses : mon nez rouge qui a tendance à couler dès que je rentre dans un lieu chauffé et mes lèvres craquelées par le froid ou barbouillées de baume hydratant. Sexy au possible, en somme. Ce qui est particulièrement pénible, en hiver, ce sont les changements de températures. Outre le nez qui coule, on se prend des suées insupportables. Quand j’habitais à Toulouse, j’avais dix à quinze minutes de marche pour attraper le métro donc je traçais dans la rue pour me réchauffer et une fois que j’entrais dans le métro, je devais virer toutes mes épaisseurs sous peine de me mettre à dégouliner… Evidemment, je chopais un rhume, de temps en temps. Je me souviens particulièrement de l’hiver 2000 où je ratais une semaine sur deux de cours à cause de foutues crèves qui me clouaient au lit (j’ai quand même eu ma licence, n’ayez pas peur). En plus, les rhumes, c’est mauvais pour mon nez. Par exemple, si vous regardez les photos familiales de Noël 2004, vous ne m’y verrez pas : j’étais malade et j’avais la tronche écorchée à force de me moucher.
 
Outre ces petits problèmes de santé soignés à coup de grog qui m’assomment littéralement, il y a une baisse de forme indéniable sur tous les plans. Par exemple, en hiver, j’ai la libido d’un poisson : je ne cours pas après les brouettes, j’ai plus envie de chastes câlins pour se réchauffer à deux… De toute façon, l’hiver, je ressemble à rien : outre ma tenue anti-froid, l’électricité statique me fait de drôles de coiffures. A propos d’électricité statique, cette dernière m’en veut particulièrement. Je me prends des pignes en permanence. Quand je rentre chez moi, j’enlève mon manteau et quoi que je touche, paf ! Je me prends une décharge. Ouvrir ou fermer la porte d’une voiture ? Paf ! Avant de faire un câlin à Kenya, je me décharge en prenant une pigne pour pas lui faire mal. Mais l’autre soir, alors qu’elle me faisait un câlin, clac ! Même en me peignant, je prends le jus ! Quand je me déshabille, le soir, je jette mon pull le plus loin possible, il atterrit dans un tonnerre de claquements, j’attends cinq minutes pour le ramasser. Je me souviens, plus jeune, ma mère m’avait offert un pull en polaire que je mettais tout le temps quand je rentrais chez moi, le soir. Une nuit, je l’enlève puis j’éteins la lumière. Et là, le voilà qui me fait des éclairs verts ! Bonjour l’angoisse…
 
Les journées sont plus courtes et notre activité s’en ressent : se lever alors qu’il fait encore nuit, il n’y a pas pire à mon sens. Je me souviens, l’an dernier, je partais de mon appartement à 7h30 le matin pour aller en cours, l’ambiance dans les rues était glauques : pas un passant, peu de voitures et surtout ce froid atroce… Je me souviens, une fois, j’étais partie travailler à 7h à la Poste, j’avais dû traverser le Pont neuf qui enjambe la Garonne à pied car le métro était en panne et je devais rejoindre mon bus au Capitole. Durant la traversée du Pont, j’ai cru mourir, le froid me mordait tellement que j’ai cru un instant que mes oreilles allaient tomber. Parfois, on commence les cours, il fait encore nuit, c’est tout de même étrange… De la même façon, le soir, il fait nuit à 17h et on n’a qu’une envie : une soupe et au dodo. En ce moment, comme je suis au chômage, je n’ai pas d’horaires particulières et quand la nuit tombe, j’ai l’impression que la journée est finie et que je n’ai rien fait. Faux, il n’est que 17h, j’ai encore le temps de faire des tas de choses. Mais sortir une fois que la nuit est tombée, ça ne me séduit que peu. Quand j’étais au lycée, c’était ma litanie préférée : « c’est horrible, on passe notre journée à l’école : on arrive, il fait nuit, on repart, il fait nuit ! ». Il est vrai que quand je compare mon emploi du temps en hiver et celui en été, ça n’a rien à voir. Même mon temps de sommeil n’est pas le même, je dors beaucoup plus en hiver qu’en été. Parfois, je me dis que je ferais mieux d’hiberner, ça irait plus vite !
 
De toute façon, il est prouvé qu’en hiver, on déprime, c’est scientifique : on voit moins le soleil, ça joue sur l’humeur ! Quand je suis allée voir Yohann en Suède, j’ai pu mesurer l’effet des longues nuits sur nos vies. Yohann est un lève-tôt : pour lui, se lever à 9h, c’est une fantastique grasse matinée. Pourtant, quand je suis allée le voir, on se levait jamais avant 11h. De toute façon, on passait plus de temps dans les cafés qu’ailleurs. Le premier jour, on va au centre commercial voisin et quand on ressort, il fait nuit.
« Tu veux faire quoi ? me demande-t-il.
Ben, il est tard, on va peut-être rentrer.
Nina, c’est 16 heures… »
Oh Seigneur ! Du coup, il y a des tas de choses qu’on ne peut faire, genre aller se promener en forêt… Enfin, si, nous l’avons fait, mais on s’est perdus et on a manqué de se retrouver dans la forêt en pleine nuit, seuls et abandonnés de tous… Heureusement, on a fini par s’en sortir, pas du tout là où on pensait… Et on fumait ! On allait de cafés en cafés (quand il fait nuit, traîner dans les rues, ça tente moins) donc on fumait. D’ailleurs, après ce voyage, j’ai arrêté quelques temps…
 
Bref, l’hiver est une saison qui me semble morte, où rien de positif ne peut vraiment se passer. Pourtant, j’ai rencontré Guillaume mon ex fin janvier, par exemple, il s’en passe des choses pendant ce temps-là. Mais c’est vrai que mon humeur est extrêmement cyclique : charmante le matin, irascible l’après-midi, une crise de fou rire peut succéder à une crise de larme (ou vice et versa). Oui, parce qu’en hiver, je pleure tout ce que je n’ai pas pleuré tout le reste de l’année et je pleure pour un rien. Je pleure devant un film, parce que je suis fatiguée, parce que je sais même pas… Et puis je ris pour rien aussi. L’hiver, je suis totalement paradoxale : je ne veux voir personne et je ne supporte pas la solitude. Par exemple, dimanche, je rentre de chez ma sœur chez qui j’ai déjeuné, mes parents sont repartis pour notre sud natal. Je m’étale sur mon lit et Gauthier m’appelle. « Tu veux aller au cinéma ? » Grande question : oui… et non. Oui, j’ai bien envie de me bouger un peu, de voir Gauthier. Mais non, j’ai pas envie de sortir et ai-je envie de voir quelqu’un ? Bon, finalement, j’accepte, on va voir un navet américain mais ça fait du bien, finalement, on discute un peu après et ça me fait du bien. En hiver, je recherche le maximum d’activités à l’extérieur mais sur le coup, ça m’emmerde de sortir… C’est où Sainte Anne, déjà ?
 
Enfin, bref, vivement le retour du printemps, du soleil, du jour quand je me lève, des températures normales, des bonnes humeurs permanentes…Plus que trois mois, courage !
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Jean

Internet est un outil fantastique qui permet de faire connaissance avec des gens et…hum… plus si affinités. Il y a quelques temps, je reçois un mail d’un jeune homme que je « connais » : je suis son blog et je l’apprécie beaucoup. Donc quand il me donne son identifiant MSN, je m’empresse de lui donner le mien (qui n’est pas nina.bartoldi, je le rappelle !).
 
On discute innocemment, je ne sais plus comment on en vient à parler de meetic et autres et je dis : « tu sais, moi, j’ai besoin de parler un minimum avec la personne avant de coucher.
Bon, ben on a parlé, c’est bon ! »
Hein ? Il est sérieux, là ? Je ne le percevais pas comme un séducteur forcené mais du coup, je ne sais plus. Je coupe court à la conversation : ce n’est pas qu’il m’ennuie, c’est juste que j’ai rendez-vous avec Banana et Gauthier (pour changer).
 
Le lendemain soir, on discute à nouveau, il me chauffe un peu, tout en restant tout à fait correct, je rentre un peu dans son jeu. A un moment, il m’annonce qu’il descend sur Paris pour la soirée : « je peux finir la nuit chez toi ! ». Je ris et je rentre dans son jeu. Oui, lecteur, comme tu sais, je suis TRES joueuse. Donc forcément, je ne peux pas ne pas relever et je réponds : « chiche ! ». Je lui file donc le nom de ma banlieue à moi et mon numéro de téléphone, persuadée qu’il ne s’en servira pas. Je me fais donc une super soirée télé-ordi-feignasse.
 
Virée nocturne
En plein épisode de « Sex and the city », celui précisément avec l’anulingus que je n’avais jamais vu (merci M6 de diffuser les séries n’importe comment !), voilà-t-il pas que mon téléphone sonne. Je regarde le nom « Jean ». Ah ben tiens, il l’a fait ! Donc, polie, je réponds. « Ça te dit de venir boire un verre ?
Ok mais tu viens me chercher : y a plus de métro et j’ai pas de voitures.
Y a rien par chez toi ?
Ahahahah ! »
Pour ceux qui ne connaissent pas mon bled, il faut savoir qu’après 21h, c’est plus possible de boire un verre, seuls les restaurants sont ouverts. Pour preuve : quand je suis arrivée là, j’avais croisé totalement par hasard un camarade de promo et nous avions décidé d’aller boire un verre un soir. Résultat, on s’est retrouvé au kebab du coin boire un demi (à 2€50, c’est pas cher, ceci étant dit). Donc Jean propose de venir me chercher pour boire un verre et me pose la question fatidique : « on fait comment pour venir chez toi ? ». Et bien, au bout de huit mois donc un en compagnie d’un motard qui m’a beaucoup baladée, je suis toujours incapable d’indiquer comment on vient chez moi à partir de Paris. Une fois qu’on est dans ma banlieue, je sais, mais avant… En gros : débrouille-toi.
 
Pendant qu’il cherche, je me douche et m’habille bien car comme j’avais prévu de passer la soirée seule, j’étais en jogging, so sexy. Hop, je me fais belle, un peu de maquillage, un peu de parfum, un pull (trop ?) décolleté et je retourne sur mon pc en attendant qu’il arrive, ce qui ne tarde pas trop. Je lui dis de m’attendre à un stop pas loin car ma rue est en sens unique et c’est pénible de faire le tour juste pour atterrir devant ma porte. Donc je saute dans sa voiture. Oui, je sais, c’est pas bien de monter dans la voiture d’un inconnu, c’est mal, c’est mal ! Mais je le fais quand même. C’est une vieille voiture très grande (me demandez pas la marque, je suis nulle en voiture), à la taille du monsieur mais j’ai un peu de mal à me faire une idée : il fait sombre, j’ai pas mes lunettes (pour changer). En tout cas, il sent bon, j’aime bien son parfum.
 
On se fait la bise et départ direction Paris. Et voilà une scène hautement érotique : lui ne sachant pas où on est, moi le nez écrasé contre le pare-brise pour essayer de lire le flou qui se dessine sur les panneaux en face et qui est censé représenter un mot. Oui parce que par coquetterie, non seulement je ne les mets pas, mais je ne les range même pas dans mon sac, au cas où… Bon, après s’être perdus deux ou trois fois, on se retrouve sur les Champs-Elysées et là, que voit-on ? Une place. Elle nous attend, elle était là pour nous. Bon on se gare et on part à la quête d’un distributeur car je n’ai pas un rond sur moi (je ne présume jamais qu’on homme va payer ma consommation). Et bien figure-toi, lecteur, qu’un distributeur sur les Champs, ça n’existe pas. Et il y a une explication simple à ça : chaque mètre carré de cette belle avenue coûte bonbon et toutes les enseignes un tant soit peu réputées se doivent d’avoir leur coin de trottoir. Donc les banques ont qu’à aller s’installer ailleurs. Donc y a pas de distributeurs. Heureusement, j’en connais un pas trop loin, dans une rue annexe que je ne retrouve pas au premier coup (« c’est loin encore ? » « Non, non, c’est la prochaine… Ah non, tiens ! Ça doit être celle d’après ! »). Enfin, on trouve mon distributeur et on va s’installer à la terrasse du pub en face. Je suis un peu impressionnée par le monsieur : il est grand ! Bon, c’est sûr que tout homme dépassant le mètre soixante-quinze me paraît grand mais lui, il flirte avec le mètre quatre-vingt-dix !
 
Je commande un demi et lui un coca light (mince, je vais passer pour une alcoolique), on commence à discuter et là, il cherche un stylo. Il vide ses poches et pose le contenu sur la table dont 2 préservatifs. Là, je ris (très discrètement,  je suis très polie) : il est présomptueux, quand même ! Plus tard, il m’a avoué qu’il avait une nuit coquine de prévue mais elle s’était annulée. Bon, bref, cette histoire de capote détend l’ambiance même si je ne dis rien (il m’a aussi avoué plus tard qu’il l’avait fait exprès pour voir comment je réagirais). On parle beaucoup, de blog, de blogueurs, de nos parcours respectifs, le tout entrecoupé par les cris hystériques de pauvres saoulards dans le bar et par la pluie qui nous a forcé à nous déplacer à l’intérieur.
 
Il me drague ou quoi ?
On parle à un moment de meetic (où je ne suis plus, je le rappelle) et je lui décris la photo que j’avais mise, avec un dessin sur la joue. Et là, il tique : « attends, je l’ai vue, cette photo ! ». Là, sur le coup, je me dis : il me fait un plan drague à ne pas faire, là, le fameux  « mais, oui, on s’est déjà vus ! ». Oh non, il me semblait pourtant au-dessus de ça ! Mais il me dit : « on voyait surtout tes yeux, non, sur cette photo ? ». Ah, il l’a peut-être vraiment vue, finalement mais sa tête ne me dit vraiment rien, je suis un peu embêtée. Heureusement, Jean a l’art de mettre les gens à l’aise, je trouve. Quelque part, je suis un peu impressionnée car il a énormément de charisme mais il dégage aussi une impression de douceur. Franchement, il me fait penser à l’expression « la force tranquille » car c’est vraiment ça. Je me sens un peu nulle par rapport à lui mais je ne m’en laisse pas compter. Vers 4 heures, on finit par repartir et il me pose une question ambiguë : aurait-il envie de finir la nuit chez moi ? Je réponds de façon tout à fait détournée (oui, je suis lâche, par moment), à voir. On repart en voiture et on se reperd un peu, histoire de s’amuser encore un peu puis, une fois arrivés près de chez moi, je me lance : « Je te propose de te garer ou pas ? ». Curieusement, il accepte et nous voilà partis chez moi. On traîne un peu sur le net, je lui montre mes photos meetic et il confirme : il était passé sur ma fiche, à l’époque. Effectivement, son pseudo ne m’est pas inconnu mais je n’ai pas dû visiter sa fiche car je suis persuadée de ne l’avoir pas vu avant, même en photo.
 
On s’allonge sur le lit pour continuer à discuter, il doit être quelque chose comme 5 ou 6 heures, on se rapproche un peu puis il me demande pourquoi je ne fais pas le premier pas. « je ne le fais jamais. » Donc il glisse sa main sur ma hanche, on se rapproche et on finit par s’embrasser. Alors que les vêtements volent, je comprends soudain pourquoi il se promène avec ses préservatifs : les miens ne sont pas, mais alors pas du tout à sa taille. A côté, Laurent a un petit pénis (ou presque)… Durant la conversation précédente, il m’avait expliqué qu’il n’était pas habitué à recevoir de caresses mais plus à en donner et je suis un peu déstabilisée, je ne sais trop que faire, j’ai peur de le « gêner » mais finalement, la première brouette se passe bien. Il est effectivement très généreux avec les femmes, c’est plutôt très agréable, il faut bien l’avouer.
 
On finit par s’endormir (il était temps). Au réveil, on se retrouve, on se caresse délicieusement et, forcément, entre deux adultes consentants, on s’embrase une nouvelle fois. Durant les ébats, j’ai droit soudain à une étrange litanie : « Oh Nina, Nina ! ». Sauf que mon vrai prénom n’est pas Nina ! Après la brouette, on reprend peu à peu notre souffle, moi allongée sur lui (c’est bien pour ça un mec grand, on se sent vraiment en sécurité), je me laisse aller à un doux sentiment de plénitude et de détente quand soudain, j’entends un bruit suspect : Kenya gratte quelque chose dans la salle de bain… Elle gratte encore et toujours et soudain, une odeur suspecte envahit la pièce. Non, je rêve : elle s’est oubliée dans la salle de bain la garce ! Je vais réparer les dégâts et je reviens me coucher auprès de Jean, on passe un bonne heure à discuter cinéma dans les bras l’un de l’autre. A un moment, il m’avoue qu’il ne jouit pas à chaque fois avec une préservatif et, curieusement, je me sens assez flattée.  Mais il doit partir : il a rendez-vous avec une demoiselle, Benoît doit passer me voir. Le problème c’est qu’après avoir passé la nuit avec un mec qui pense aussi et surtout à mon plaisir, se retrouver face à un mec qui nous fait la bise après la fellation, ça fait mal.
 
On continue à discuter sur le net, il m’appelle assez régulièrement. Le truc en plus de Jean, c’est sa voix. Je suis assez sensible à ce genre de chose et il fut avouer que la sienne est particulièrement suave et sexy. Il revient peu à peu vers moi, on commence à parler de réaliser mon fantasme ultime ensemble et l’idée m’emballe mais il nous manque des partenaires pour le réaliser donc ça reste à l’état de projet. Ce qui n’empêche pas qu’on envisage de se revoir à deux. Un soir, il allume sa webcam « pour me faire un coucou » mais ça dérape assez rapidement. L’avantage c’est que, moi, je n’ai pas cet engin d’espion donc je vois sans être vue et, mine de rien, jouer les voyeuses, c’est très excitant. Il est donc temps de passer à l’acte deux.
 
Acte deux
On passe une soirée ensemble avec d’autres amis puis vers 1h, retour at home. En trajet, on discute, je babille sur je ne sais plus quoi quand il me dit : « tu as toujours la forme, toi ! ». En fait, ce n’est pas tant ça mais je suis quelqu’un de résolument optimiste et je n’aime pas ennuyer les gens avec mes petits bleus à l’âme. Pas la peine de s’appesantir dessus, ça finira par passer. Mais si je vais bien, ce n’est pas son cas. Finalement, une fois chez moi, on s’allonge sur le lit et on discute. J’ai l’impression qu’il est en train de se noyer et moi, je ne lui envoie pas la bouée au bon endroit. J’essaie désespérément de le réconforter mais échec, j’ai l’impression et je n’aime pas ça. C’est un garçon vraiment bien qui ne mérite pas les galères qu’il a connues mais c’est toujours pareil, j’ai l’impression. J’éteins la lumière, on se blottit l’un contre l’autre et on s’endort. Le lendemain, je bondis de mon lit à 8h pour faire mon sac, je le réveille une bonne grosse demi-heure plus tard : je dois partir à 9h au plus tard. Il se prépare vite en me demandant si ça allait : « on n’a pas beaucoup parlé de toi.
– Mais moi, j’ai pas de problèmes. »
On finit par partir, il me serre contre lui avant de partir et file. Moi, je rate mon premier train et arrive in extremis à Austerlitz, me faisant copieusement incendier par ma sœur qui a fait la queue pour moi à la borne…
 
Et depuis ? Il n’y a pas eu d’acte 2, finalement, mais on reste en contact, on se parle quotidiennement ou presque. Quoi qu’il en soit, je suis contente que ce garçon soit rentrée dans ma vie car il m’apporte beaucoup sur le plan humain et, ça, ce n’est pas le cas de tous mes partenaires de brouette.
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La visiophonie, c’’est le diable !

Cette semaine, comme tu sais, lecteur, je suis allée à France Telecom. Alors que j’attendais que le vieux devant moi ait fini son caca mou à cause d’un minitel qu’il fallait commander. Je me lance dans un exercice de respiration ventrale. Non, ne va pas crier sur le vieux en lui disant que France Telecom lui prête gracieusement un minitel donc il peut patienter quelques jours… Et puis le minitel, ils doivent être trois en France à l’utiliser encore.
Coucou!
 
Pendant que monsieur fait un scandale parce que le vendeur veut pas lui montrer le seul modèle en réserve (« je veux voir la dimension ! » « Mais c’est la même que celui que je viens de vous montrer » « Mais je veux le voir quand même ! Ah depuis qu’il y a la concurrence… »), je jette un œil à droite, à gauche, et je tombe sur un objet bizarre : un mini ordinateur portable aux coins arrondis et tout blanc. Ah, j’ai compris, c’est le téléphone nouvelle génération : la visiophonie. Je fais la moue : je suis totalement contre la visiophonie et pourquoi ?
 
Il faut savoir que, dès le départ, j’aime pas le téléphone. Pourquoi ? Parce que contrairement à des conversations sur MSN, je peux rien faire d’autre et, ça, ça m’agace. Evidemment, on me répondra : et le téléphone sans fil ? C’est le pire des mouchards ! Par exemple, vous téléphonez et il est l’heure de faire la vaisselle, mettons. Vous faites couler l’eau et, là, immanquablement : « mais tu fais quoi ? C’est quoi ce bruit ? ». D’autant que sans fil ne veut pas dire sans mains : calez-le contre votre épaule et ça donnera : « alors, frtttt, frtttt, ça va ? frrrrt Oui, moi ça va, frrrrrrt et…. Bam ! ». Et je ne parle pas de ceux qu ont une irrépressible envie d’aller aux toilettes pendant que vous racontez votre vie (de là à dire que vous êtes chiants…). Non mais imaginez vous êtes en train de pleurer sur le fait que Jean-Robert a annulé votre repas pour la 150ème fois vu que vous avez déjà forniqué la veille, il ne va pas s’emmerder à dîner avec vous ce soir. Donc, en pleine : « bouhouhou, Jean-Robert est un salaud, bouhouhou… » le téléphone produit un « plouf ! » étrange. Bon, vous laissez à votre correspondant le bénéfice du doute quand un nouvel étrange son ponctue votre litanie sur Jean-Robert : ça s’appelle une chasse.
 
Comme si le téléphone n’était pas assez pénible, voici un nouvel engin de torture : le téléphone mobile. Hé oui, maintenant, vous êtes joignables partout !Déjà, j’ai une
théorie linguistique : je ne sais pas si vous avez remarqué mais quand vous décrochez votre portable, votre correspondant ne dit plus bonjour mais : « t’es où ? ». Donc je dis que dans quelques années, on dira : « t’es où ? » à la place de « allo ? ». Bref, le portable, c’est pénible : si vous répondez pas, vous avez droit à un message : « et bé, tu réponds pas à ton portable ? » Si, je réponds mais c’est plus marrant d’imiter le répondeur… Puis si on ne répond pas, les gens finissent par s’inquiéter : « Ça fait 10 fois que je t’appelle en trois minutes, pourquoi tu réponds pas ? ». Oui, des fois, il m’arrive d’oublier le portable chez moi…
 
Donc, voilà, déjà avec le téléphone, on n’est plus très libre. Mais imaginez avec la visiophonie. Déjà, elle est disponible depuis quelques temps sur les mobiles, Gauthier l’avait
mais il était à peu près le seul donc très utile… Je me souviens d’un jour où son super ex pote Damien l’avait appelé, on était au McDo et c’était encore plus pénible qu’une personne qui téléphone car, là, il était obligé de regarder son écran avec l’autre qui ne disait rien, en plus, super conversation… Mais la visiophonie, c’est génial, la visiophonie, c’est super, beurk ! Maintenant, au lieu d’entendre ce que l’on fait, notre correspondant va le voir. Et moi, je suis contre, je veux garder mon intimité.
 
Certains me répondront : « mais tu n’es pas obligé de l’allumer ». Ah oui, certes, mais si vous l’allumez pas, il y aura toujours quelqu’un pour vous demander pourquoi. Or personnellement, il m’arrive de répondre au téléphone :
– alors que je viens de me lever et que j’affirme le contraire
– en pyjama, pas peignée, pas maquillée
– en sortant de sous la douche, donc nue.
Donc, si vous n’allumez pas votre visiophone, votre correspondant vous sortira une de ces trois hypothèses :
« Ah, toi, tu viens de te lever.
– Non…
– Bah allume la visio alors. »
Sans parler des maris jaloux qui croiront que leur épouse n’allume pas le petit écran car elle est en galante compagnie. Je dis : la visiophonie, c’est la mort du couple.
De plus, la visio est un retour en arrière : finie la liberté de se promener en téléphonant, vous êtes obligés de rester devant et vous ne pouvez strictement rien faire, si ce n’est regarder bêtement votre correspondant. A ce niveau-là, autant se voir directement. Et puis on a déjà les webcams (moi, évidemment, je n’en ai pas), je pense que les personnes susceptibles de s’intéresser à cette technologie ont déjà le net. Et puis les webcams, ça ne me passionne pas non plus, voir la personne qui me fait un coucou et qui m’oblige à laisser sa fenêtre MSN en premier plan, bof…
 
Car le problème dans tout ça, finalement, c’est que les gens vont s’introduire chez nous sans forcément y avoir été invités car, comme pour le portable, ça va vite devenir malpoli de ne pas allumer notre écran, de ne pas nous montrer au réveil dans notre appart en bordel, de ne pas rester bêtement assis devant un écran pendant une demi heure pendant que votre interlocuteur vous fait coucou, vous montre son petit dernier, le chat, le magazine qu’il est en train de lire, les chaussettes qu’il vient d’acheter… La visiophonie, c’est l’enfer, la visiophonie, c’est la vieille copine collante qui débarque chez vous par surprise, qui décolle jamais alors que, vous, vous vouliez regarder une connerie devant la télé en mangeant une cochonnerie en pull XXL et jogging.
 
La visiophonie, c’est le mal.
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Pan dans les dents !

Aujourd’hui, je me suis pris une claque. Pas physiquement, personne ne m’a frappée, ce fut une claque symbolique.
 
La vie est parfois étrange. On se lève, le matin, de bonne humeur, le cœur allégé par la brouette de la veille, tout va bien. Je m’habille et je file à un rendez-vous en ville avec Sab et Gauthier. En chemin, la demoiselle m’avertit qu’elle ne pourra pas déjeuner avec nous mais elle nous rejoindra après. Soit. J’arrive au lieu de rendez-vous, je me pose contre la barrière de l’entrée du métro, j’allume négligemment une clope. Il  fait beau, la vie est belle ! Mais le drame est proche…
 
A un moment, un gars s’approche, il parle au mec à côté de moi puis il vient me voir. Polie, je l’écoute qui m’explique qu’il vend des briquets pour le bizutage de son école de commerce. Je lui explique que je connais le principe. « Ah, vous êtes étudiantes ?
– Non, j’ai fini. »
Et, là, c’est le douche : je ne suis plus étudiante. JE NE SUIS PLUS ETUDIANTE ! C’était la première fois que je l’énonçais verbalement et prononcer cette phrase m’a fait étrange. Du coup, je me suis retrouvée en tête à tête avec ma cigarette et j’ai réfléchi à ma nouvelle condition.
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Une fac couleur rouge
Qu’est-ce que c’était, être étudiante ? Heu… Me lever à 7h tous les matins pour aller m’abreuver à la source de la connaissance, je partageais mon temps entre les cours et les séance de révision à la bibliothèque, j’avais toujours trois livres sous le bras, des pages de cours couvertes d’une écriture précise et stylée… Bon, d’accord, j’avoue, je mens. A la fac, j’ai appris à jouer à la belote et au tarot ! J’ai passé un temps pas croyable à la cafétéria (pas du tout aussi belle que dans Hélène et les garçons), les serveuses nous connaissaient, on s’est même fait un bowling avec la plus sympa d’entre elles. Mais surtout, à la fac, y avait des personnages haut en couleur.
 
Il y a avait d’abord les syndicalistes. Je n’ai rien contre les syndicalistes en général, mais à ma fac, il y avait quelques spécimens pas piqués des vers dont le plus célèbre d’entre eux, Jésus, alias je sais plus quoi de son vrai nom. Naturellement, nous l’appelions Jésus en raison de sa longue chevelure et de sa barbe qui lui donnait un vague air de Jésus, donc. Il était petit, vraiment petit, un mètre 60 à tout casser. Sa chevelure était impressionnante, on y aurait perdu un peigne si on avait tenté de discipliner tout ça. Evidemment, il avait le keffieh, comme tous ses camarades. Outre son caractère anarchiste, il était également militant végétarien. Sur les murs de la fac, des petits autocollants ont fleuri : « celui qui se dit pacifiste et qui mange de la viande est un fumiste ». Du coup, des rigolos ont inventé un nouveau syndicat : « carnivore » avec un petit journal racontant l’agonie d’une carotte ébouillantée vivante sans que personne ne lui ai demandé son avis.
 
Sinon les syndicalistes extrémistes de ma fac avaient une particularité. Dès que nous n’étions pas d’accords avec eux, on se faisait traiter de fasciste. On est contre la grève, on est fasciste, on refuse de manifester avec eux, on est fasciste. Une fois, j’ai quitté une AG avant la fin, ça faisait quatre heures que j’y étais et j’en pouvais plus. Une nana m’est tombée dessus et m’a traitée de fasciste car je ne respectais pas la démocratie… Bon, quand j’ai commencé à lui répondre, elle s’est cassée, elle devait penser que j’allais me laisser insulter comme ça… Je sais pas comment c’est dans les autres facs mais dans la nôtre, ils étaient tellement agressifs avec leurs discours pré formatés qu’ils n’étaient franchement pas appréciés. Cependant, j’en côtoyais quelques uns et j’ai eu une conversation un jour avec l’un d’entre eux.
« Mais comment tu veux qu’on vous prenne au sérieux à force de revendiquer tout et n’importe quoi ?
Non, on ne fait pas ça !
Mais si, regarde : en 98, vous avez manifesté contre le projet Attali et, à l’arrivée, dans la liste des revendications, vous avez demandé le SMIC étudiant et le transport gratuit pour les étudiants, c’est ridicule !
Oui mais pour avoir ça (il montre sa main), il faut demander ça (il me montre son bras). »
Bon, sur le principe, ok, mais quand les revendications sont remontées au Ministère de l’Education Nationale, ils ont dû rire : bien sûr, il vont intervenir exprès auprès de la SEMVAT (qui gérait les transports toulousains à l’époque) pour nous assurer des tickets gratuits…
 
Quel bonheur d’être fous
Mais le mieux, à ma fac, c’était les fous. Et y en avait un paquet ! Tous localisés au resto universitaire (RU) et ayant une passion pour notre table. Il y avait d’abord Ginette, la sex symbol de service (humour). Outre le fait qu’elle était fringuée bizarrement avec sa banane et son sac en strass, elle était d’une lourdeur peu commune. La première fois que je l’ai vue, elle s’est installée à notre table, je l’ai prise pour une copine de Guillaume avec qui je sortais depuis quelques jours. J’étais en train de bosser sur je ne sais plus quoi (oui, je bossais au RU, ça va !). Et là, elle commence à me parler, à me raconter des trucs louches, qu’elle lit Raymond Aron pour passer son diplôme (équivalent bac pour intégrer un DEUG, j’ai oublié le nom). Pendant ce temps, Guillaume ne pipe mot, je me demande bien qui est cette fille avec qui j’ai un vrai dialogue de sourds et je finis par être très sèche, j’avais autre chose à faire que d’écouter ses délires. Ginette finit par partir (ouf !) et là Guillaume me révèle : c’est une grosse lourde qui le colle, il ne la supporte pas.
 
Pourtant, cette fille était fascinante : elle trouvait tout beau. Moi, ma trousse, mon livre, mon stylo encre, mon écriture (ahahah !), la carte de la Méditerranée de Gauthier (ahahahahah !), tout quoi. Elle arrivait, elle faisait : « salut les amis ! », personne ne lui répondait. Ou alors, son grand truc, elle nous attrapait quand on passait à côté d’elle et elle nous faisait : « salut-ça-va-et-toi ? ». Sinon, elle s’asseyait parmi nous si nous avions le malheur d’avoir une chaise vide et elle agissait par mimétisme. Du genre, un jour on jouait à la belote (pour changer) avec mes futures ex-amies et une fait : « allez Nina, pose ton valet ! » et l’autre : « allez Nina, pose ton valet ». Un autre tour, je fais un coup magistral (pour une fois que j’ai du jeu) et mes copines applaudissent. Trente secondes plus tard, l’autre nous imite… Avec elle, j’ai appris l’art d’ignorer les gens avec qui je n’ai pas envie de parler, tout un art.
 
Sinon, il y a « la vieille qui pue », qui hante tant la fac de sciences sociales que la fac de sciences humaines. Quand on passe près d’elle, il y a comme un étrange parfum d’égouts… A côté, le métro parisien sent bon le printemps. Bon, ce n’est pas tant ça, le problème. Elle est folle, mais d’une force. Déjà, quand elle marche dans la rue, ça fait : « pied droit-insulte-pied gauche-insulte… ». Donc, quand on la croisait, on avait droit à un charmant : « sale petite pute, pétasse, bande de cons ! ». Fallait pas le prendre pour soi, elle poursuivait cette litanie incessante à longueur de temps, indépendamment des gens qu’elle croisait. Un ami m’a raconté des trucs marrants à son sujet. En fait, cette femme passait sa journée à la bibliothèque, elle prenait les livres un par un et elle en recopiait l’index ou la table des matières, je me souviens pas… Si jamais il manquait un livre (ce qui arrive souvent dans une bibliothèque), elle pestait : « quelle bande de petits bâtards ! ».
 
Cette dame habitait à côté des parents d’un gars et elle était franchement TRES dérangée. Un soir, la voilà qui tape à la porte de ces gens-là.
« Oui ?
– Pourriez vous dire à votre mari d’arrêter de traverser les murs, ça me dérange ! »
 
Mais la plus belle, la plus forte, la plus merveilleuse de tous ces frappadingues, c’était Pascale ! Championne du monde de la folie ! Tout a commencé un jour où on jouait à la belote, il y avait Gauthier, Guillaume mon mien, Guillaume bis (un ami de lycée de Gauthier) et votre dévouée. On joue quand, tout à coup, une femme se penche sur Gauthier et lui dit : « pour la malle de la voiture, c’est d’accord ! ». Elle s’éloigne un peu, se retourne : « c’est d’accord, hein, c’est d’accord ! ». Forcément, on explose de rire, Gauthier ne comprend rien, on n’en peut plus. Arrive notre serveuse préférée qui se penche vers nous et fait : « elle est pas bien, elle, hein ? ». Et là, elle nous parle de Mme Pascale, la fille qui s’amuse à arracher les affiches des syndicalistes à peine il les ont collés… Ce n’est pas un acte politique, c’est juste qu’elle est tarée. Une fois, elle va voir une serveuse du RU et lui fait : « toi, tu t’appelles Djamila !
Non, pas du tout.
Si, si, tu t’appelles Djamila !
Mais non !
SI TU T’APPELLES DJAMILA !!
Oui, oui, ok, je m’appelle Djamila.
Avec un ou deux L ? »
Voilà, c’est Pascale ! Une fois, j’accompagnais un ami à un examen et là voilà qui s’assoit à côté de moi. Alors que je discutais avec mon ami, elle se penche vers moi et me fait : « j’ai pris mon chéquier au cas où ! » Oui, tu m’étonnes ! Je lui adresse un « oui » poli et je reprends ma conversation mais elle poursuit : « on dit fidiciaire ou fiduciaire ? ». Comprenant qu’elle parlai économie, je lui réponds fiduciaire mais le meilleur est à venir. Je reprends ma conversation et là, notre ami fait fort : « vous aussi, vous attendez pour le cours Bi fifty two ? (B52) ». Tout le monde se regarde atterré et là, un mec, trop fort, lui répond : « non, ça, c’est un avion, à la limite un groupe de musique mais pas un cours ! » « ah, d’accord ! ». Mon ami va pour passer son oral, je ne veux surtout pas lui parler donc je plonge le nez dans le seul bouquin que j’ai sous la main, à savoir un plan de Paris. Je l’entends qui parle, qui glousse, puis elle part passer son oral. Je regarde le mec qui était à côté d’elle.
« Tu la connais ? lui demande-je
Non.
Mais vous n’étiez pas en train de parler ?
Non, elle parlait toute seule… »
Seigneur Dieu !
 
Et voilà, je ne suis plus étudiante, je n’aurai plus l’occasion de fréquenter tous ces gens décalés, fous, d’un autre monde… Et je ne pourrai plus jouer à la belote tous les jours entre midi et deux.
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Arnaud a disparu

(Article écrit hier soir, achevé ce matin)
 
J’avais prévu d’écrire un article pétillant, enlevé, plein de sexe mais mon humeur est noire comme l’encre. Car il m’arrive quelque chose d’inquiétant : mon petit ami a disparu. Enfin, il est injoignable.
Samedi soir, le voilà qui se connecte sur MSN, je vais donc lui parler pour lui demander s’il est bien rentré de Corse, on discute rapidement mais je dois aller manger donc la conversation tourne court. Je reviens plus tard, j’essaie de lui parler mais pas de réponse. Soudain, le voilà qui reparle : « je me suis endormi devant la télé, je vais me coucher ! » Malicieuse, je lui réponds : « oui, soit en forme pour lundi ! », jour de mon retour sur Paris. Le dimanche, je le vois apparaître sur MSN mais je suis en hors-ligne donc nous ne discutons pas. Le soir,  je regarde la télé et quand je retourne sur le net, il n’est pas là. Normal, il travaille tôt, le lendemain.
 
Non retrouvailles sur le quai de la gare
Lundi après-midi, dans le train, j’éteins mon portable car je ne veux pas être jointe par mon ancien tuteur de stage : je devais impérativement lui rendre un travail, je ne l’ai pas fait. Je lui envoie donc un texto lui demandant s’il venait me chercher à la gare et je coupe mon téléphone : il ne me rappellera pas tant qu’il n’aura pas fini son boulot et puis, le répondeur, c’est pas fait pour les chiens. Je rallume régulièrement mon portable pour voir si je n’ai pas de messages. La méchante dame de SFR me répète inlassablement : « vous n’avez pas de nouveaux messages. » Bon, de deux choses l’une :
– soit il veut me faire une surprise et ne me prévient pas de sa présence à la gare
– soit il n’a pas fini son boulot.
Arrivée à la gare, toujours pas de nouvelles, je scrute les visages en remontant le quai mais je dois me rendre à l’évidence : Arnaud n’est pas là. Ma valise à roulettes dans une main, la panière à Kenya dans l’autre, je fulmine. C’est typiquement masculin, ça : on fait des efforts au départ mais dès que c’est acquis, on se relâche. Enfin, je le verrai plus tard.
 
J’arrive chez moi, constate avec désespoir que GDF a coupé mon gaz : j’ai une chaudière extrêmement capricieuse, je n’arrive jamais à la rallumer. Peu importe, Arnaud m’aidera à la rallumer. 20h, 20h30, 21h, 21h30. Bon, c’est mort. En passant devant chez lui en train, j’avais constaté que les lumières chez lui étaient éteintes. Soit, il a dû aller à son cours de volley plutôt que de me voir. Je fulmine. Du coup, je flirte au téléphone avec mon correspondant virtuel, ça lui fera les pieds.
 
Mardi, journée mauvais poil. Je râle sur MSN, j’explique à ma copine Zoé que c’est un connard « que s’il voulait, il m’appellerait », etc. Ce qui est amusant car, en temps normal, c’est Zoé qui se désespère de ne pas avoir de nouvelles de son prétendant et moi qui la rassure. Etrange inversion de situation. Tous les gens qui me parlent sur MSN ont droit à la même litanie. Victoire m’appelle en fin de journée (victime dans un premier temps de ma technique : « je coupe mon portable et je fais la morte »), je lui rejoue la pièce : « Je suis une princesse, Arnaud doit me traiter comme telle ! S’il croit qu’il est le seul à me désirer… ». Gentiment, elle me fait remarquer que lorsque nous sommes en inactivité, nous avons tendance à tout ruminer, tout grossir, force est de constater qu’elle a raison.
 
20h. Pas de nouvelles. La pression monte, ma résolution de ne pas l’appeler s’effrite au fur et à mesure des minutes, je discute distraitement avec mon correspondant virtuel qui s’efforce de me remonter le moral. 21 h : là, je n’en peux plus, il va voir ce qu’il va voir ! J’attrape mon téléphone portable, touche appel et c’est parti. Et là, je tombe sur le répondeur. A cette heure de la soirée, ce n’est pas normal.
 
Nina en mode « panique »
Bon, laissons lui un message. Voix tremblante : « Oui…euh…c’est moi. Ecoute, je voulais de tes nouvelles et je n’en ai pas, rappelle-moi dès que tu as ce message. » Je raccroche et je saute sur Louis qui traîne sur MSN. Lui non plus n’a pas de nouvelles depuis dimanche. Il appelle sur le numéro professionnel d’Arnaud, répondeur. Il appelle un gars qui bosse avec mon homme, le gars lui promet d’envoyer un mail en interne. Pour bien me rassurer, il me dit qu’il n’est pas allé sur leur forum de motard depuis dimanche. Là, c’est officiel, je panique.
 
Branle-bas de combat sur MSN, j’en parle à tous les malheureux qui passent par là : mon correspondant virtuel, Banana, Tink, Matt, ils y ont tous droit : mais où est Arnaud ? Tout le monde me suggère d’appeler sur son fixe mais il n’en a pas. Aller chez lui ? Le jour de la grève des transports, c’est mission impossible. Bref, je n’ai aucun moyen de savoir. Mon cerveau se met donc en marche et voici les hypothèses plus ou moins paranoïaques qui se sont imposées à moi.
– Il a eu un accident de moto. Bon, je pense sincèrement que si c’était le cas, Louis aurait été au courant car ils sont amis depuis 7 ans, sa mère le connaît, elle l’aurait prévenu. Donc ça me semble peu probable.
– Son portable est mort. Mais pourquoi ne se connecte-t-il pas sur le net ?
– Il me fuit, il ne veut plus me parler. Non, dans ce cas, il se contenterait de me bloquer sur MSN et il serait visible par les autres. De toute façon, je lui ai parlé au téléphone jeudi, tout allait bien, il n’y a aucune raison que ce soit ça. Arnaud n’est pas un sale connard qui fait du silence radio quand il ne veut plus d’une fille. Enfin, je ne sais pas mais je ne crois pas.
– Il est malade, mort de fatigue, ça fait deux ou trois jours qu’il roupille.
 
Honnêtement, la dernière hypothèse me paraît la plus vraisemblable : avec le temps qu’il fait, tout le monde est malade. Il aurait pu m’appeler mais bon… Comme m’a fait remarquer Banana, les hommes ne se rendent pas compte à quel point on peut s’inquiéter pour eux. En effet, Louis m’a limite engueulée parce que je me faisais du soucis. Je vais donc patienter en essayant de ne pas imaginer le pire. Ceci étant, il a intérêt d’avoir une bonne excuse pour son silence car il n’est pas le seul à en vouloir à ma vertu. Enfin, du coup, je m’inquiète et je culpabilise un peu d’avoir un peu poussé le flirt avec mon correspondant virtuel, à qui je ne reproche rien. Je crois que j’ai condamné un peu rapidement l’accusé.
 
Il faut savoir que je suis flippée de nature. Jeune, je râlais après ma mère, trouvant qu’elle me couvait trop (ce qui n’est pas le cas, rien d’excessif). Mais je ne suis pas mieux qu’elle. Fin août, je suis chez mes parents, je papote sur MSN, pour changer quand ma sœur appelle : « Ils ne sont pas rentrés papa et maman ? » Non. Ils étaient partis en week-end en Espagne avec des amis et devaient rentrer en fin de journée. Il est 19h, je m’inquiète pas. 19h15… Bon, on va les appeler, pour voir. Portable de mon père : répondeur. Panique à bord : en tant que médecin (et géniteur de ma sœur qui souffre de téléphonite aiguë), mon père n’éteint jamais son portable. J’essaie celui de ma mère, répondeur aussi mais là, c’est normal, elle ne s’en sert jamais. 19h30 : rien, rien et rien. Je commence à paniquer, je raconte mon désarroi à Victoire, j’essaie de me rassurer comme je peux, la prenant à témoin : « Non mais je suis sûre que c’est tout bête comme explication. Tu comprends, y aurait eu un accident, je le saurais, ils auraient appelé. Puis l’AFP parle pas de carambolage… Ils doivent être coincés dans un embouteillage dans une zone où ça ne capte pas. » Je « branche » mon instinct : je suis sûre qu’il ne s’est rien passé de grave, je l’aurais senti, sinon. On se rassure comme on peut. 20h et des brouettes : j’entends une voiture dans l’allée, je regarde : ce sont eux, alléluïa ! J’appelle ma sœur et je leur saute dessus : « Non mais ça vous arrive d’allumer vos portables ? On était mortes d’inquiétude ! ». Ma mère me regarde, effarée : « mais il est allumé ! ». En fait, explication idiote : en passant la frontière, leur opérateur n’a pas repris leur ligne donc ils étaient restés sur vodafone et étaient injoignables. Tout ça pour ça ! En fait, l’inquiétude est surtout née de ce portable éteint. Il y a cinq ans, ce retard ne m’aurait pas inquiétée mais là, le fait qu’ils ne soient pas joignables, les pires idées m’ont assaillies. Victoire m’a avoué plus tard que je lui avais refilé mon stress : elle sait malheureusement par expérience qu’en cas d’accident, la famille n’est pas prévenue dans la minute.  
 
Epilogue
Ce matin, 9h45, je reçois un texto de Louis : « Salut, Arnaud va bien, juste débordé ». Débordé au point de ne pas m’appeler ? Débordé au point de ne pas répondre à mes messages ? Et bien, la vie toute rose est terminée, j’atterris. Il a intérêt à se manifester rapidement sinon je ne répondrai plus de rien. En attendant, je ne culpabilise plus du tout d’avoir flirté avec mon correspondant virtuel. Lui, au moins, se préoccupe de moi.
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