La liberté sexuelle pour les femmes : le grand leurre

Elle s’appelle Isabelle. 44 ans, divorcée, “pas mal pour son âge”; comme on dit. Pourtant le matin, quand elle se regarde dans la glace, ce n’est pas ce qu’elle voit. Elle ne voit que la peau qui perd un peu de sa tonicité, quelques taches discrètes qui commencent à apparaître, du gras sur le ventre qui refuse de partir. Ce matin, encore un nouveau cheveu blanc. Une sensation que ses belles années sont désormais derrière elle et qu’elle ne les retrouvera plus. Ainsi, elle n’a pas cru sa chance quand ce jeune homme croisé quelques fois à la machine à café est rentré dans son jeu de séduction. Après quelques verres et beaucoup de rires, il l’a ramené chez lui, ils ont fait l’amour, une fois, deux fois . Quelle fougue, ces jeunes hommes, elle avait oublié. Elle repart le lendemain, la confiance en elle remontée, le sourire aux lèvres.

Femme quadragénaire sourit à la vie, confiance en elle, New York

Elle s’appelle Axelle et c’est une femme libre. Elle aime les hommes, beaucoup, elle en rencontre souvent, elle se donne sans calcul et avec délectation. Ce soir, elle prend un verre avec Tiago, un beau garçon croisé sur Tinder. Ils se cherchent, ils se séduisent. Le contrat est clair : juste du cul, pas d’attaches. C’est donc sans surprise qu’ils finissent ensemble au lit pour une nuit torride. Axelle jouit, Axelle est heureuse : elle prend son plaisir avec un beau garçon après une bonne soirée.

une femme nue dans la forêt adossée à un loup, femme sauvage et libre, liberté sexuelle

Elle s’appelle Daria. Depuis quelques temps, elle flirte avec ce garçon, Charles, qui est en cours d’éco avec elle. Il est drôle et prévenant. Un soir, il l’invite à prendre un verre ailleurs qu’à la fac. Soirée délicieuse mais elle ne cède pas, elle veut être sûre. Ce ne sera qu’au bout du 3e rendez-vous qu’elle se donnera à ce garçon qui a conquis son coeur.

Un jeune couple flirte en buvant un verre en terrasse

Le point commun entre Isabelle, Axelle et Daria ? C’est qu’elles sont tombées sur des connards… Mais des connards puissance 10 000 qui les ont photographiées et balancé des photos d’elles nues ou presque prises à leur insu avec des commentaires pas forcément sympa sur leur âge, leur plastique ou leurs performances. Oui, en 2017, ça existe et pour une page Facebook trouvée, celle de Babylone 2.0, il en existe encore beaucoup pas encore débusquées parce que vous vous doutez bien que, nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenus dans ce type de groupe fermé.

Un jeune homme prend une photo avec son smartphone

Quels torts ont eu nos trois demoiselles ? D’avoir une activité sexuelle. Point. Et d’avoir mal jugé une personne, pensant être dans un environnement safe avec lui. Et franchement, l’addition est très salée pour juste une erreur d’appréciation. Alors, oui, il est possible qu’elles ne sachent jamais qu’elles ont été exhibées là mais la situation reste dramatique. Des centaines ou milliers d’individus ont pu voir leur corps, allez savoir ce qu’ils ont pu faire sur ces photos. Et rappelez-vous qu’on ne parle que d’un seul cas, là… 

Un homme regarde des photos de jeunes femmes sur un ordinateur

Parce que la femme sexuée est systématiquement brimée. Quand j’écrivais mes aventures sexuelles ici (sans photos, sans vrai prénom ni détails permettant de reconnaître le mec impliqué, des fois qu’un mec ait envie de m’expliquer que je faisais pareil), qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme seau d’insultes et de messages de type “va te faire gang banger* connasse” et autres joyeusetés. Dès que j’ouvrais la bouche, j’étais rabaissée par un “ta gueule, restes-en à tes histoires de cul”. Oui parce que le fait que je vive une sexualité épanouie semble me disqualifier pour parler de tout autre sujet… On me renvoyait systématiquement à ça, tout le temps. Mais quel est le rapport entre mon activité sexuelle et ma culture gé ou mes opinions ? Je cherche encore.

Une artiste de burlesque lit le journal avant de monter sur scène

Pourtant, on nous l’a vendue cette liberté sexuelle féminine. On regardait Samantha dans Sex and the city mener de front une carrière réussie (enfin, sa carrière, on la voyait que rarement dans la série) et une vie sexuelle débridée, se tapant les plus beaux mecs de Manhattan, dans la joie et la bonne humeur. Idem pour Miranda qui trouva l’amour en se tapant un barman random dans un bar, Charlotte qui finit avec un avocat qui avait pour seul intérêt au départ de la faire grimper aux rideaux et Carrie… Je sais plus. Sauf que non, dans la vraie vie, une femme qui couche est indigne selon les hommes (pourtant ravis de coucher), on peut l’insulter, la dégrader, l’humilier, elle l’a bien cherché. En 2017, on en est encore là et le pire, c’est que je suis moi-même un petit rouage de ce système. Je veux dire pourquoi j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog ? De peur qu’un employeur tombe dessus et ne m’embauche pas alors que… ben ce que je fais de mon cul n’a aucun rapport avec mon professionnalisme (vu que j’ai jamais eu de coït sur la photocopieuse en plein open space donc je ne perturbe personne). Alors je dirais bien que je vais vous reparler de mes histoires de fesses mais vu que je suis désormais monogame, le suspense est un peu limité. Mais on mesure une nouvelle fois à quel point le féminisme est nécessaire aujourd’hui, plus que jamais, car nous sommes de plus en plus opprimées, jusque dans nos libertés de jouir.

scène de sexe sur le piano dans Pretty Woman avec Richard Gere et Julia Roberts

J’ai publié un tweet sur le sujet vendredi et j’ai reçu des réactions assez diverses. J’ai passé beaucoup trop de temps à expliquer des concepts féministes de base comme le “not all men” et mansplaining donc je prévois pas mal d’articles à caractère féministe dans les prochaines semaines donc si ça vous ennuie… Ben arrêtez de lire mon blog car je passe en mode poing levé.

Logo féministe poing levé

* Je l’ai vraiment eu, celui là…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Racolons un peu, parlons cul !

Article que j’aurais dû écrire cet été comme des milliards d’autres articles mais la vie fait que je ne l’écris que maintenant.

Espagne-une-pub-torride-pour-l-immobilier

Un matin d’été comme un autre, je chemine mollement vers mon boulot, passant devant le kiosque à journaux. Distraitement, je mate les titres : du cul, du cul et encore du cul. Je lève un peu les yeux au ciel : oh les mecs, vous vous êtes foulé sur ce coup là, que d’originalité ! Parler de cul en été, c’est si… si… si je vais pas acheter ça merci. Parce que j’aime pas trop trop quand le subtexte “on va réinventer l’eau chaude pour t’extorquer du fric” est à ce point visible.

Je ne connais même pas ce magazine :/

Je ne connais même pas ce magazine

Comprenez-moi : je trouve sain que nous parlions de sexe. On construit tellement de tabous autour de ça alors que ce n’est rien que de très naturel qu’il faut en parler pour a) permettre à chacun de vivre sa sexualité comme il l’entend b) entre adultes consentants et c) avec les bonnes protections. Oui, on peut baiser autant qu’on veut mais on n’oublie pas le petit capuchon, on ne le répétera jamais assez. Certains ont besoin de se rassurer, savoir que leurs tendances ne sont ni anormales ni perverses. Jusque là, oui, je trouve bien et même sain de parler sexe.

Parler-de-sexe-pour-séduire

Le problème, c’est que là, on ne parle pas de sexe mais de baise un peu trash en mode “on est anticonformistes, fuck la morale !” et c’est là que je commence à tiquer. C’est super de parler échangisme, sodomie, shibari ou gang bang mais, outre le fait que ça n’apporte pas grand chose aux gens vu qu’on reste souvent dans le domaine de l’anecdote (on suit généralement les aventures d’Aurélie et Sofiane en boîte échangiste au Cap d’Agde ou les doutes amoureux de Virginie qui se questionne sur une nouvelle pratique sexuelle, ou encore Steeve qui va venir se déclarer aromantique ou skoliosexuel ou autre terme un peu compliqué histoire de se coller une étiquette supplémentaire), ça finit par singulariser des pratiques qui ne le sont pas tant que ça et les rendre subversives. Donc potentiellement taboues.

hymenoplastie-tunisie

Prenons un exemple non sexuel pour le coup mais qui illustre un peu ce que je veux dire : le naturisme. A la base, le naturisme est une démarche plus écologique, une volonté de vivre nu dans un esprit de communion avec l’environnement et le respect d’autrui. Une démarche plutôt positive. Mais voilà, là où je vois une façon intéressante de vivre en communion, les médias, ils voient quoi ? CUL !!! CHATTE !!! NICHONS !!! BIIIIIIIIIITE ! Et Cap d’Agde, tiens. Ce qui peut donner une image sulfureuse du naturisme alors qu’à la base, c’est tout sauf sulfureux. “Tu vas en village naturiste, toi ? AH OUAIS OK, je vois !” Clin d’oeil et coup de coude bien lourd en prime. Non, tu ne vois pas, non…

naturisme

Et c’est là tout le problème : sous prétexte de brasser toutes les sexualités, on finit par “extrémiser” des pratiques qui n’en sont pas. Parce que chacun son curseur en fait. Si pour certain-e-s, la fellation, c’est le must, d’autres s’ennuient dans la monogamie, sont à la recherche d’expériences, cherchent leurs limites… Aucun n’a tort ou raison. Sauf dans les médias qui posent une norme (qu’est-ce qu’un bon coup, qu’est-ce que le bon sexe) et posent autour les “hors normes”, ceux qui ne sont pas juste hétéros, bi ou homos, ceux qui utilisent d’ailleurs cette sexualité “hors normes” pour s’inventer une cause, un combat, un besoin de reconnaissance, un droit d’exister que la majorité leur accorde déjà. Ah bah alors, du coup, explorer sa sexualité, sortir du schéma, c’est mal ? C’est tabou ?

la-matriarcat

Je déteste quand les médias parlent de cul parce qu’au lieu d’ouvrir nos écoutilles, ils classent les gens à l’extrême, rétrécissant la définition d’une sexualité « normale » pour faire de tout le reste quelque chose d’extrême, de subversif… Et donc de honteux ? Quand je vois la réaction de certaines personnes de mon entourage (lointain) sur le shibari (mot que je dois leur expliquer) et le regard qu’ils m’adressent pour quelque chose qui relève tellement du jeu érotique et en aucun cas d’une perversité (au sens négatif du terme), je me dis que plus on parle de cul, moins on se libère du regard des autres.

Et ça, bordel, ça m’énerve.

(Et je ne vous parlerai même pas de cette tendance de nous sortir des « modes » en matière de sexe parce que je trouve ça encore plus ridicule)

Rendez-vous sur Hellocoton !

Soyez explicites les mecs

Par PinkLady

Je sais pas si je vous ai dit mais je suis officiellement célibataire depuis un petit moment déjà, Wannabe John-John s’en est allé. Après la période de deuil obligatoire puis la période de célibat festif, me voici back dans les tracks pour tenter de trouver un nouvel amour, un wannabe K-P (dire key-pi). Comme Karl-Philip de Suède que voici :


Mais Karl-Philip, c’est unsex au possible donc Key-Pi. Parce que c’est pas tout ça mais le célibat festif, ça me prend beaucoup de temps et j’aimerais trouver mon wannabe K-P (WKP) avant les premiers frimas car un mec, c’est plus grand qu’une bouillotte. Faudrait juste qu’il soit pas trop chaud parce que WJJ, tout adorable qu’il soit devait avoir une température corporelle proche des 60° et ça me faisait un peu chaud dans mon corps. La phrase précédente ne parlait pas de sexe. Oui je sais, je critique les magazines qui nous poussent à une surconsommation sexuelle l’été pour trouver un doudou l’hiver mais je dis pas que mon envie est universelle non plus.


Bref, je veux un WKP rien qu’à moi et j’ai une liste de prétendants. Enfin, eux ne prétendent à rien (à ce que j’en sais) mais je les trouve très hiiiiiii, tu ferais tellement bien dans mon lit et autour de la table familiale. Alors du coup, telle une bachelorette occulte, je jauge mes prétendants. Sauf qu’aucune prod ne me paie de tête à tête à Venise ou New-York et ça, je trouve que ça craint un peu. Bref, je jauge et j’essaie d’interpréter les signes.

– me regarder fixement pendant 30 secondes, c’est un signe ?

– me parler de sexe en me regardant direct in the eyes, c’est un signe ou c’est juste parce que je suis en face ?

– m’envoyer des images trop lol, c’est un signe ?

– draguer une autre fille sous mes yeux, c’est pour me rendre jalouse ? (non, celui-là, je rigole… Quoique…)


Des fois tu te dis que oui et tu fais la roue en chantant Love is in the air. Puis après, tu remarques que ce long regard appuyé ne voulait peut-être rien dire, que sa taquinerie vis à vis de toi est la même qu’il utilise avec les autres filles et que, bordel, tout ça manque cruellement de clarté.


Alors j’envisage de mettre au point une love machine qui permettrait de décrypter le comportement masculin histoire de voir lequel de mes prétendants qui ne prétend à rien a follement envie de faire de moi sa princesse de Suède et lequel est juste super cordial. Ou un truc qui mesure les phéromones. Je suis pas sure que la machine va déterminer s’il veut faire de moi sa princesse ou la petite catin que l’on butine sur les bottes de foin mais après tout, la bachelorette a aussi le droit de coucher sans transformer.

Ah, j’entends que les hommes aimeraient une machine similaire pour les femmes ? Mais messieurs, j’ai déjà du mal à être cohérente dans mes comportements, comment voulez-vous que j’en fasse une machine ? Aaaaah, c’est pareil pour vous ? Bon, alors je crois que je vais faire une machine « tu veux ou tu veux pas ? ». Un gain de temps magique.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pas de vertu, pas de viol

A présent que cette histoire DSK ne fait plus la une des journaux, j’aimerais revenir sur un point qui m’a rendue dingue : le lien entre la vertu supposée d’une victime de viol et la probabilité qu’elle soit réellement victime.

vierge-marie.JPG

Parce que Nafissatou Diallo a des relations troubles, elle passe du statut de victime à celui de pute, littéralement. Oui, la présomption d’innocence est une donnée aléatoire, ça s’applique plus facilement à un ex futur Président de la République qu’à une femme de ménage noire et musulmane. Oui Nafissatou a un passé trouble, elle n’est pas irréprochable. Est-ce pour autant qu’elle est protégée de toute tentative de viol ? De la même façon, un de mes contacts Facebook a diffusé une photo de Tristane Banon avec des amis dont un qui lui touche les seins. Et donc ? C’est une chaudasse ? Ça disculpe automatiquement son présumé agresseur ?

chaudasse.jpg

En 2011, on n’avance pas. Une victime de viol ne peut etre crédible que si elle a un comportement chaste avant et après l’agression. Avant, on le sait tous, une mini-jupe est forcément un appel au viol. Qu’une femme ait envie d’être jolie est un droit, de même que celui de dire non quelles que soient les circonstances et les personnes en présence. Le corps d’une femme (mais aussi d’un homme, ne les oublions pas) n’appartient qu’à elle et elle en dispose comme bon lui souhaite. Si elle souhaite en exhiber une partie, est-ce une raison pour nier l’horreur dont elle a été victime ? Une femme violée, quelles que soient les circonstances, ressent toujours une culpabilité : pourquoi me suis-je habillée ainsi ? Pourquoi n’ai-je pas plus résisté ? Elle n’a pas besoin des regards réprobateurs à la limite du « tu l’as bien cherché ».

JOUR-JUGEMENT.jpg

Et après ? Et après Dieu Merci la vie continue. Il y a un traumatisme à surmonter, avec ou sans aide. Seulement une victime de viol a aussi le droit d’avoir une vie sexuelle. Même si son corps a été pris de force, il lui appartient toujours et le fait qu’elle reprenne une vie sexuelle, qu’elle parle de sexe de façon badine ne signifie pas qu’il n’y a pas eu agression par le passé.

plastie_abdominale_longue_cicatrice.jpg

J’ai dans mon entourage des femmes qui on été victimes et qui porteront toujours une blessure dans leur chair, une cicatrice. J’en ai connu aussi (enfin une) qui m’ont inventé une histoire de viol pour gagner mon affection (raté, j’ai un détecteur à mythos et je ne me trompe jamais). De prime abord, les victimes sont des filles comme moi avec leurs histoires de cul et de cœur. La page n’est jamais totalement tournée mais elles vont de l’avant.

livre-corne.jpg

Alors dans la mesure où rien n’est prouvé ni dans un sens ni dans un autre, un peu de décence serait la bienvenue. Il y a des douleurs suffisamment fortes pour ne pas y rajouter un manque de tact renforcé par un machisme primaire vomitif.

Rendez-vous sur Hellocoton !

J’te lèche ta chatte

Dans la vie, on a tous nos petites malédictions. Si des fées se sont penchées sur mon berceau, la vilaine carabosse m’a fait un bien étrange cadeau, outre ma grande distraction : la langue maudite.



La langue maudite est un phénomène étrange qui me pousse à dire assez forts des termes sexuels au moment où je vais me payer une affiche. J’avais raconté dans le temps l’affaire anulingus (ça va faire plaisir à mon petit troll chéri) : au resto avec Emma et Gauthier, on parlait de l’épisode de Sex and the city sur le sujet et au moment où je dis « anulingus » de façon forte et distincte, un silence se fait et tout le monde m’a entendue. Un malheur n’arrivant jamais seul, deux ans plus tard, je raconte l’histoire à Gabriel et pile au moment où je dis « anulingus », je vois apparaître sous mes yeux ébahis la main de la serveuse me tendant mon dessert. Mais pourquoi ce mot jaillit-il toujours de ma bouche au mauvais moment ? Non parce qu’autant ça a fait marrer Gabriel, autant la dame qui nous servait, je suis moins sûre.


Alors en mon âme et conscience, j’avais décidé de ne plus dire anulingus en public. Sauf qu’en fait, la langue maudite marche sur d’autres mots. Mise en situation : mercredi soir, je vais prendre un verre au Brebant avec Perséphone. C’est marrant comme je me retrouve souvent au Brebant, malgré moi vu que ce n’est pas une volonté de ma part (mais j’ai rien contre non plus). A noter que je rencontrais la demoiselle pour la première fois. On s’attable, on commande, on boit et on papote. Je lui raconte ma folle histoire passionnante de plombiers pour ma machine à laver et là, elle me dit « non mais tu vas pas être toute seule chez toi quand il viendra ? ». Heu… Pourquoi, tu crois que c’est potentiellement dangereux ? Non parce que j’ai beau avoir vécu des histoires qui sont pas toujours sympa sympa du genre la bagarre dans le métro, donc, le mec qui me touche les fesses dans le train, le psychopathe qui m’a menacée de mort ici même et le fameux voyeur de la fenêtre. Donc je  rappelle les faits : avant, j’habitais au rez de chaussée côté rue et un soir, je me baladais à poil chez moi avec les volets à peine entrouverts pour laisser passer un filet d’air, fenêtre ouverte. Je me couche et là, j’entends des espèces de sifflements dans la rue donc je commence à pas me sentir super à l’aise, je remonte les draps jusqu’au menton, j’éteins la lumière et là, j’entends « j’te lèche ta chatte ».



Donc, EVIDEMMENT, pile au moment où je prononce « je te lèche ta chatte », avec force de gestes car je parle avec les mains (je suis une fille du sud), le serveur passait à côté de notre table. Oh la tête ! Le mec s’est figé et m’a regardée ne sachant trop comment réagir avant de me voir piquer un fard. Mais pourquoi, POURQUOI ça m’arrive systématiquement ? Alors qu’en plus, on ne parlait pas de sexe, finalement, je ne faisais pas de propositions salaces à la jeune demoiselle. Surtout que les propositions salaces, je les fais
à voix basse.  Mais bon, voilà : langue maudite.





Du coup, je vais définitivement arrêter de parler sexe ou n’importe quoi approchant au bar. Et boire aussi parce qu’une goutte d’alcool et je m’anime comme un sapin de noël surchargé de guirlandes lumineuses.


Un jour, j’apprendrai la discrétion.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Freestyle

Il est tard, je viens de me prendre 6h de route dans les pattes après un week-end dans le sud qui fait du bien, il fait froid, mon chaton (qui en fait n’a rien fait de sale dans sa cage) me fait des ronrons dans l’oreille donc autant vous dire que là, je suis pas du tout parée pour vous faire un article digne de ce nom. L’article racontant mon week-end, c’est demain, c’est prévu.

Des idées d’articles, j’en ai des tas ! Vie pro, vie privée, amours et amitiés et chats, j’en ai plein. Mais là, j’ai ni la force ni le courage de développer, je veux juste prendre une douche (très) chaude et me coucher avec mon chat qui fait des ronrons et ma bouillote qui m’a chauffé les draps. Cependant, en tant que bonne bloggeuse, je ne vous oublie pas, lecteur, je pense à toi, devant ton écran, à moitié endormi avec ta tasse de café. Non, je peux pas t’abandonner quand même. En même temps, tu noteras que ça fait dix lignes que je dis rien mais
que je fais genre que c’est un vrai article. Parce que tu vois, je pourrais faire une liste mais non, la liste, c’est le samedi, je dois pas user mes cartouches. Je pourrais te faire une BD mais je sais que t’aimes pas ça parce que je dessine mal. Je pourrais jongler avec 3 balles mais tu t’en fous, tu vois pas, la magie du net a ses limites

Je pourrais aussi faire du teasing genre je vais te dire que prochainement sur ces pages, je compte te parler de mon week-end sudiste, une nouvelle comparaison amour/amitié, quelques articles sur le métro, d’autres sur le chômage, d’autres encore sur les blogs. Je te parlerai de mes bloggeurs crétins aussi, quelques perles. En fait, si t’es sociopathe tendance obsessionnel paranoïaque, je suis sûre que t’as un blog sur les plateformes que je gère ! Un jour aussi, je te parlerai masturbation parce que je ne l’ai jamais fait et qu’au bout de 2 ans
et demi ça craint. Mais bon, je parle plus trop de sexe histoire qu’on me prenne pas que pour un vagin ambulant, c’est tellement réducteur, bouh. Je te parlerai d’amour, aussi, d’ocytocine, peut-être d’alcoolémie. Bref, tu vois, des choses à dire, il y en a ! Mais ce soir, je veux juste aller me coucher donc je le ferai une autre fois, tout ça. Mais maintenant, t’as déjà une idée de ce que tu vas lire dans les prochains jours ici. Sachant que les prochains jours, ça peut être dans 3 mois, je peux être très versatile avec ce blog. Genre un truc qui m’énerve ou
m’inspire va être écrit en 10 mn et passer en priorité.

Là, j’en suis à la 33e ligne, selon word, 33 lignes de merde intégrale et de vide absolu, il faudrait peut-être que je m’arrête à moins que je ne lance une blague… Non, j’en ai pas. Je pourrais te parler du fait que grâce à ma Vicky chérie, je suis redevenue parfaitement brune mais bof aussi. Je suis juste un peu plus belle qu’avant. Oui, je me dis que je suis belle parce que si je le fais pas… Si, des gens me le disent mais c’est pas une raison pour faire son avare d’auto-compliments. C’est un peu de la méthode Couet : « je suis belle, belle, belle, même sans Affibel ». Parce que bon, là, j’ai un peu décidé de rentrer en période d’abstinence choisie car 2007 n’est qu’une longue suite de déceptions, de « c’est pas toi, c’est moi », de connards alzheimériques… Donc comme 2007 a décidé que j’avais déjà un (ouais et même 2) CDI dans l’année, faudrait voir à pas trop en demander non plus. Donc, en mon âme et conscience, j’ai bousillé ma fiche meetic et en plus, je l’annonce haut et fort : cet hiver, quand je sortirai pas avec les cops, ce sera tricotage devant la télé. Hé oui, même pas peur.

Bon, là, je crois qu’il est temps d’arrêter, il fait peur mon article…

Rendez-vous sur Hellocoton !

La sexualité au microscope

Mesdames et messieurs, ladies and gentlemen, oyez oyez ! L’INSERM a fait une nouvelle étude sur la sexualité. La dernier datait d’il y a 15 ans, quand même, il était temps de
planquer micros et caméras dans les chambres à coucher pour savoir comment les Français baisent. Toi aussi, attire les pervers de google !
sexualite-couple

Moi,j’aime bien ce genre de grande enquête de société car elle atomise pas mal de préjugés. Par exemple, il était de bon aloi de s’indigner sur le fait que les jeunes ont une
sexualité de plus en plus jeune, damned ! Finalement, la perte de virginité est statistiquement toujours à 17 ans. Quand on sait qu’il y a 50 ans, l’âge moyen de ce déflorage était de 20 ans. 3 ans en 50 ans, c’est limite anecdotique. Hé oui, les ados, ils se la racontent mais finalement, rien n’a changé ! Par contre, on se rend compte que les hommes sont de sacrés fanfarons : alors que les femmes annoncent 4 à 5 partenaires dans une vie, les hommes sont autour de 11 à 12. Alors soit les coïts entre hommes sont beaucoup plus répandus qu’on ne le croit, soit y en a qui mentent. Les statisticiens aiment nous expliquer que les femmes baissent un peu le nombre de leurs partenaires alors que les hommes le gonflent.

 

Bon, je m’abstiendrai de commenter les chiffres car, finalement, je trouve qu’il n’y a pas grand-chose à en dire si ce n’est que peu de changement en 15 ans. Et je trouve que ça
referme une fracture que l’on pose systématiquement entre ados et adultes. On a l’impression que nos jeunes sont plus dépravés de nous, qu’ils parlent sexe comme nous de la météo. Mais c’est sans doute qu’on a la mémoire courte. Moi, quand j’avais 12 ans et durant une grosse part de mon adolescence, j’écoutais Love in Fun, je connaissais le sens des mots fellations, masturbation ou sodomie avant même d’avoir roulé ma première pelle. Pourtant, aujourd’hui, je suis une femme équilibrée à la sexualité épanouie et assumée. Ce n’est pas parce que j’ai grandi en écoutant tous ces discours sur le sexe que je suis une dépravée. Bien au contraire : oui, c’était sans doute trash mais à force d’entendre tous les soirs « tu fais ce que tu veux tant que tout le monde est consentant et surtout mets un préservatif ! », j’ai appris la base du safe sex. Aujourd’hui, j’ai même l’impression que les jeunes n’ont plus d’espace de discussion sur le sexe. Ils en parlent entre eux mais quand on a 16 ans et qu’on n’a pas ou peu expérimenté la chose, il est difficile de conseiller ses amis. Alors, il y a Internet, les blogs et les forums mais on ne sait pas quelle info ils vont trouver. Je pense que certains conseils peuvent faire plus de dégâts qu’autre chose…

Quelque part, c’est hallucinant de voir qu’en 15 ans, le changement majeur, c’est la sexualité plus importante des 50 ans et + (un message d’espoir pour nous, les enfants). Le fait que l’âge du premier rapport ne baisse pas ne m’étonne pas en soit. Déjà, j’ai l’impression que quand j’étais ado, tout le monde baisait sauf moi mais finalement, aujourd’hui, quand je parle aux gens, c’est fou le nombre de personne qui avait atteint la majorité puceau ou pucelle. Je pense que malgré la pornoïsation, réelle ou fantasmée, de la société, il n’en reste pas moins que les ados ne se mettent pas à baiser à peine leur puberté arrivée. Sauf exceptions certes mais c’est pas nouveau non plus.
 

Enfin, « les femmes avouent avoir 4 partenaires dans leur vie ». 4.4 exactement. Une blogueuse m’a fait remarquer que ça ne voulait rien dire en soi et elle a parfaitement raison. Si aujourd’hui, tu me demandes combien de partenaires j’ai eu dans ma vie, dans la mesure où je n’ai que 26 ans et que je suis célibataire (enfin, je suppose), sûr qu’il y en aura au moins un de plus. Même que la voyante de l’autre jour, elle m’a dit que j’aurai d’autreS relationS après celle que j’avais mais qui apparemment est terminée donc ça suppose que… Parce qu’évidemment, vous interrogez une petite jeune de 17 ans qui vient de perdre sa petite fleur, elle vous répondra un. Y a les chanceuses ou pas (gros débat) qui sont toujours avec leur amoureux de leurs 17 ans et qui n’ont donc connu qu’un amant. Et puis, la réponse, la vraie,on ne peut la donner que sur son lit de mort. « Alors, mémé, combien d’hommes as-tu connu ? Houuuuuuuuuuuuuuuuu… Je sais plus ! ». Damned ! Par ailleurs, doit-on compter tous les partenaires ou ceux qui ont un tant soit peu compté ? Non parce que si on ne compte que ceux-là, ben, je suis beaucoup plus proche de la moyenne ! D’un autre côté, un nombre élevé de partenaire ne veut pas nécessairement dire que je suis une fille facile ou une salope. Ca veut juste dire que j’ai pas trouvé mon only one. Si jamais je le trouve.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Du sexe dans mon blog

En ce moment, je lis beaucoup. Je sais pas pourquoi, l’été, moi, ça m’inspire. Bref, je viens d’entamer (enfin, je l’ai fini, déjà…) « la vie sexuelle des magazines » d’Anne Steiger, un livre hautement passionnant, à mon goût. On y découvre un peu les coulisses des rubriques sexo de pas mal de journaux, les bidonnages et tout ça. De là, j’en viens à étendre la réflexion au blog.

 En-amour-les-femmes-ont-elles-change

Depuis le départ, ce blog parle de sexe et puis aussi d’amour mais bon, faut être honnête : en un an, j’ai eu beaucoup plus de sexe que d’amour. Je ne me plains pas, il y a une époque où je me sentais pas d’humeur amoureuse. A nouveau, je me sens pas prête à parler d’un « nous » hypothétique parce que mon pauvre petit cœur a besoin de se soigner mais là n’est pas le sujet de l’article. Donc on a parlé de pas mal de choses, ici, des préliminaires à la brouette. Ceci étant, suis-je prête à tester des trucs rien que pour remplir mon blog ? Vais-je écumer les annonces pour trouver des partenaires de triolisme ou me rendre dans une boîte échangiste juste pour remplir mon blog ? Niet.

 

Dans le livre, Anne dresse plusieurs portraits des journalistes sexo, certains se contentant d’explorer pour faire un article commandé par le rédac’ chef, d’autres militant
ardemment pour un sexe libéré. Par exemple Agnès, journaliste SM revendicatrice, qui crache au passage sur la gueule des Catherine Millet ou Breillat qui véhiculent une sale image de la femme (suis rassurée de voir que je suis pas la seule à penser ça). Moi, je suis pas payée pour écrire mon blog (hélas) donc je ne vois pas l’intérêt de franchir une quelconque ligne de conduite juste pour attraper des lecteurs de plus. Pour les lecteurs les plus anciens et les plus fidèles, vous aurez constaté que si je parle des hommes que je côtoie, je ne parle que rarement des brouettes en elles-mêmes. Et, d’ailleurs, plus je tiens à un mec, moins j’en dis. Non pas qu’il y ait rien à raconter (hihihi !) mais j’ai pas envie de partager ces moments-là avec une autre personne que le jeune homme en question. Ce n’est pas tant une question de pudeur qu’une question de respect, je crois. Et puis même, je suis pas sûre que les lecteurs soient ravis de savoir qu’on a fait l’amour de 15h17 à 15h49 et qu’après des préliminaires riches en jouissance, on a entamé le coït par un sage amazone avant de se retrouver on ne sait trop comment en levrette… Bon, à part les trois du fond qui se paluchent en fantasmant sur Nina, on s’en fout. Et puis d’abord, on se paluche pas en pensant à moi sans autorisation, non mais !

 

Bref, en lisant ce livre, je me suis demandée où était ma ligne rouge. En tant que personne puis en tant que blogueuse. Vais-je aller dans une boîte à partouze juste pour dire
« ouais, moi, je suis une femme libérée, j’ai couché avec plus de 5 mecs en même temps ! ». Bon, je vois pas ce que ça pourrait m’apporter sur le plan humain. Si un jour, l’envie m’en prend, why not ? Mais bon, pour l’heure, c’est pas à l’ordre du jour. Et faire les choses juste pour me donner une image de nana libérée trashy, bof. Mais vraiment bof, j’en vois pas l’intérêt. Je m’en fiche pas mal de pas faire comme les icônes trashs de la littérature ou autre. L’échangisme est à la mode ? Je l’ai jamais suivie, moi, la mode, je vois pas pourquoi ça changerait aujourd’hui. Je ne fais les choses que parce que j’en ai envie, ça me permet de me regarder dans la glace sans rougir.

 

Voilà pour la personne. Maintenant pour le blog. Bon, ici, on parle clairement de sexe et parfois de façon assez « poussée » mais toujours en respectant une certaine
limite. Y a des fois où je me demande : « mais si tu faisais ça, en parlerais-tu ? ». Je crois que tout dépend du ça et avec qui, si ça a changé quelque chose dans ma vie ou pas. Comme tout le monde, j’ai des fantasmes, j’en parle parfois sur le blog. J’ai parlé par exemple du triolisme, mais c’est aussi parce que c’est un fantasme assez partagé et qu’il est intéressant de voir ce que les gens en pensent et, s’ils l’ont vécu, ce qu’ils en retirent. Ceci étant, si j’avais une telle expérience, est-ce que j’en parlerais ici ? Et pourquoi ? Pour faire ma nana libérée qui va au bout de ses fantasmes ? Tant que ce n’est pas fait (si tant est qu’un jour ça se fasse), je ne sais pas. Je crois que si je le fais avec un mec auquel je tiens beaucoup, j’en parlerai pas. Parce que quand j’aime, je partage pas, surtout pas les souvenirs communs. Et puis même, comment en parler ? Comment ouvrir une porte sur mon intimité sans faire dans le racolage gênant ? Tout dépend la façon dont on en parle, certes. Rien ne m’oblige à faire dans le graveleux, j’aime pas ça, de toute façon. Mais si c’est juste pour la ramener, je trouve ça à la limite du pathétique. Ma vie ne se limite pas à mes expériences sexuelles, j’ai beaucoup d’autres centres d’intérêt, il se passe pas mal de choses dans ma vie, même si je n’en parle pas ici. Par exemple, en ce moment, je m’investis beaucoup dans le boulot mais j’en parle pas tous les jours car c’est un peu monotone mes journées, le « lever-petit déjeuner-boulot-déjeuner-boulot-dîner-boulot (ou pas) », les réunions et tout le tralala. Je pense que ça ne passionnerait personne, c’est le genre de petits trucs dont je parle à mes amis mais de là à faire un article, bof.

 

Des fois, j’ai l’impression qu’on est autant dans la surenchère sur les blogs que dans les médias. Ce sera à celui ou celle qui ira le plus loin, qui sera le plus trash, le plus
subversif… Bof, ça m’intéresse pas. Je vous raconte pas mes séances de masturbation, ce que je peux bien faire d’Ernest le gode dans ses moments-là, si tant est que je l’utilise (ça, vous saurez pas)… Parler de masturbation en général est un sujet intéressant (j’en parlerai un jour). Un article « hier soir, je me suis masturbée comme ça et comme ça », je sais pas trop à quoi ça m’avance. Comme si j’étais la seule à me masturber, tiens ! Après, on peut parler des expériences que l’on fait en toute pudeur comme Emma l’a fait avec les boules de geisha. C’est pas pour flatter ma copine que je dis ça mais son article est un modèle du genre : elle raconte de façon claire sans pour autant tomber dans le vulgaire et bêtement racoleur. Il me semble que de tous les articles que j’ai écrit ici, le plus excitant (enfin, au vu des comms) fut celui sur le baiser. Tout simplement. Un truc que tout le monde partage, les plus prudes comme les plus chauds. Je me refuse à aller très loin dans le sexe juste pour en parler sur mon blog. Il y a même des sujets que je ne peux pas aborder. Par exemple, un jour, je parlais à Gauthier de ma première fois et il m’a dit : « non, ça, tu peux pas en parler sur le blog ». Effectivement, je peux pas sans tomber dans le trash et puis, depuis le temps, c’est digéré, je vois pas ce que ça m’apporterait. Et ce que ça t’apporterait à toi, lecteur.

 

Oui, lecteur, c’est aussi à toi que je pense dans ses moments-là. Un an que j’existe sur la blogosphère et je pense que ce que tu aimes chez Nina, c’est pas son côté aventurière du sexe (pas très présent, surtout en ce moment de non vie sexuelle) mais plus le côté « tentative d’analyse des relations hommes/femmes et de la vie des vingtenaires en général ». Je crois, et tu me dis si je me trompe, que tu t’en fous de savoir que j’ai baisé la nuit dernière et dans quelle position (je précise, j’ai baisé avec personne, cette nuit). Et je m’en fous de te le raconter, ça tombe bien. Ce que tu aimes, ce sont les histoires, les « comment on s’est rencontré », « comment ça s’est terminé » (oui, hélas pour moi, ça se termine, des fois), le « ce que ça m’a apporté et pourquoi c’était bien à ce moment-là ». Je crois, lecteur, que ce que tu aimes, c’est l’histoire de deux personnes qui se rencontrent pas juste un pénis et un vagin qui se mêlent (ou autre configuration selon les personnes impliquées).

 

Donc, lecteur, aujourd’hui, je te le dis. Je n’irai pas dans un club échangiste juste pour te le raconter. Je ne coucherai pas avec une fille juste pour te le raconter. Je baiserai pas avec Sagamore Stévenin juste pour te le raconter. Ceci étant, si ça arrive, je vais pas bouder mon plaisir, hein ! Mais je ne franchirai jamais la ligne rouge juste pour attraper deux lecteurs de plus. Je ne vis pas ma vie en fonction de mon blog et je ne vais pas faire des trucs qui ne m’attirent pas juste parce que j’ai rien trouvé de mieux que le sexe pour me mettre en avant. Au fond, je ne suis qu’une fille comme les autres. Et c’est précisément pour ça que tous les jours, tu viens prendre des nouvelles de Nina, lecteur. Me trompe-je ?

Rendez-vous sur Hellocoton !

Notre société se pornoïse-t-elle ?

Titrer un article avec un néologisme, voilà un travers que les journalistes adorent. Il y a quelques semaines, je lisais Courrier International
histoire de faire mon intelligente. Après la revue de presse du monde, voici le dossier : les jeunes filles dans le monde. Le premier article retient particulièrement mon attention : la « dérive » des jeunes filles américaines. En gros, la société américaine a totalement absorbé les normes des films pornos et les jeunes filles de 15-25 ans se comportent comme si elles passaient un casting permanent pour ce genre de production. En vrac : on fait claquer le string (c’est d’une classe folle…), on montre ses seins, ses fesses, voire son sexe à tout va, on boit et après, on fait des « concours de poses suggestives ». En gros, on simule l’acte sexuel lesbien entre copines. Les gamines de 15 ans se promènent très court vêtues et les mamans trouvent ça hilarant de vêtir leurs filles avec le t-shirt Playboy. Une journaliste, Ariel Lévy, a écrit un livre sur le sujet, faudra que je voie s’il est disponible en France… En gros, elle observe et dénonce un peu ces comportements, arguant que ces femmes s’enferment dans un rôle que les hommes attendent d’elle. Il faut être chaude, même si on n’a pas envie de coucher. Face à ça, il y a les groupes de chastes : « moi, je serai vierge jusqu’au mariage ». La société américaine est fascinante dans ses paradoxes.
 
Et en France, où en est-on ? Il me semble que nous glissons peu à peu vers ce modèle-là, même si nous en sommes loin. Concrètement, si je compare les adolescentes actuelles à ce que nous étions il y a dix ans, il est manifeste que la mode a changé : mes fesses ont connu leur premier string à 20 ans et encore, à l’époque, ce n’était pas hyper répandu. Quoique ça s’est vite démocratisé ensuite puisque Rachel, sainte prude, m’avoua un jour en rougissant : « Tu sais, moi, je mets des strings ! ». Cinq ans plus tard, cette grande confession a de quoi faire sourire. Donc à mon époque, je me souviens, c’était jean pas tellement taille basse et grand T-shirt, le pull attaché autour des
hanches (pratique pour masquer les fesses disgracieuses). Les piercings étaient limite une marque de rébellion, à l’époque, personne n’en avait. Aujourd’hui, les gamines font toutes monter leur strings jusqu’au milieu du dos pour être sûre qu’on le voit, certaines ont déjà des piercings. Je ne veux pas jouer les mères la vertu (c’est vachement mon genre, tiens) mais le comportement de certaines de ses gamines m’horripile au plus haut point : elles offrent aux autres, et surtout aux hommes, une sensualité et des promesses coquines qu’elles ne mesurent pas. Si j’ai une fille, elle portera un string le jour où elle mesurera le genre de message qu’elle envoie en exhibant ce petit bout de tissu. Et après un cours maternel sur les MST et la contraception (qu’est-ce que je vais être chiante comme mère).
 
Ceci étant, il me paraît que cette pornoïsation se limite à un changement de mode vestimentaire plus qu’autre chose. Forcément, nous, dans Beverly
Hills, y avait pas de strings apparents et de soutien-gorge apparent sous le débardeur. Je ne connais pas trop les nouvelles références ado mais si on s’arrête à la Star Academy, je suis sûre que la plupart des spectateurs masculins de 14-18 ans se souviennent plus des couleurs des strings des candidates que de leur prénom. Pour le reste, les Français ne me paraissent pas aussi
exhibitionnistes qu’aux Etats-Unis, du moins, c’est plus discret. A part dans Paris Dernière, je n’ai jamais vu de nanas se foutre à poil juste pour attirer l’attention. Il n’y a pas (encore ?) de surenchère à ce niveau-là, pas de programmes télés bas de gamme où des étudiantes saoules montre tout ou partie de leur anatomie (bien que dans Paris Dernière, parfois…). Et je
crois que c’est une bonne chose.
 
La lecture de cet article m’a fait réfléchir : est-ce que je glisse moi aussi vers la pornoïsation dans mon comportement ? Bon, déjà, je ne mets pas de mini jupe, je suis toujours habillée soft et si mon string dépasse de mon pantalon, c’est plus un accident vestimentaire qu’une provocation (si j’arrêtais de mettre de vieux pantalons trop grands, aussi, ils ne tomberaient pas…). Je n’ai pas de piercing (le seul que j’ai eu s’est infecté et il était au nez) et en boîte, je ne simule l’acte sexuel avec personne, je n’embrasse que Gauthier et Mister Big… Et encore, quand je dis « embrasser », ce ne sont que des smacks, nos langues restent dans leur bouche respective. Je ne me déshabille pas en public, surtout
à cette période de l’année. Bref, je suis sage comme une image. Evidemment, après, il y a mes écrits, parfois un peu sulfureux mais je ne pense pas encourager cette pornoïsation. Ce sont plus des réflexions à partager entre adultes consentants qu’un manifeste. Voilà comment je vis et je pense, êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? Et accessoirement pourquoi ?
 
Je me refuse à virer pétasse en chaleur pour deux raisons : tout d’abord, j’ai un certain respect pour l’érotisme, je trouve ça trop sophistiqué pour en faire l’étalage n’importe comment et tomber dans la vulgarité. A quoi ça me sert de montrer mes fesses à tout le monde ? Je préfère les réserver pour mes amants (de toute façon, je pense que les gens se foutent bien de voir mes fesses). Simuler l’acte sexuel entre copines ? A part exciter les mâles en chaleur qui vont essayer de me serrer aux toilettes de la boîte, je ne vois pas du tout l’intérêt. Il y a des choses qui doivent rester réservées à la douce pénombre d’une chambre à coucher.
 
Par ailleurs, je partage entièrement l’avis d’Ariel Lévy : la liberté sexuelle de femme ne peut passer par là. En se sapant comme la dernière des traînées, je ne vois pas en quoi je clame ma liberté sexuelle. Bien au contraire, je me plie à l’esthétique des films pornos, faits généralement par et pour les hommes (même s’il y a une exception). 60 ans de féminisme pour en arriver à se transformer en objet sexuel ambulant ? Ben y en a quelques unes qui doivent se retourner dans leur tombe. Pour moi, la liberté sexuelle n’a rien à voir avec le fait de montrer son cul ou ses seins. Pour moi, la liberté sexuelle se résume plutôt à pouvoir faire l’amour avec qui j’ai envie, quand j’en ai envie, mais aussi le droit
de dire non si je ne veux pas. Et sans avoir à sortir la bonne vieille excuse : « j’ai mes règles ». Ma liberté sexuelle, c’est aussi pouvoir parler de sexe librement sans qu’on me prenne pour une salope. Ma liberté sexuelle, c’est pouvoir avoir autant de partenaires que je veux sans qu’on me prenne pour une salope…
Alors, certain(e)s vont me rétorquer : « oui mais si tu t’habilles pas de façon provocante, personne ne te verra et tu ne pourras pas choper. » Oui ben c’est pas grave parce que moi, je chope pas. Honnêtement, être rejetée par un homme qui n’a pour valeurs sexuelles que ce qu’il voit dans les pornos ne me traumatise pas plus que ça. Et puis très franchement, je serais tellement à l’aise en mini-jupe et mini top que je passerais ma soirée scotchée sur une banquette donc pour la drague, on repassera. Je me souviens, une fois, j’avais mis une robe très sympa et pas tellement sexy à la base sauf que j’avais pris quelques petits kilos entre l’achat et mon défilé avec en ville (je l’avais mise plusieurs fois avant, rassurons-nous). Donc me voici vêtue d’un T-shirt blanc, ma robe par dessus et des bottes chaussettes aux pieds. Sauf qu’en marchant, mes fesses faisaient remonter petit à petit ma robe. J’ai jamais été aussi mal à l’aise de ma vie, je suis rentrée fissa chez moi, attirant la convoitise de sales pervers. Par le passé, j’ai eu droit à des hommes qui cherchaient avant tout du sexe plutôt qu’une partenaire et j’ai retenu la leçon : aucun intérêt. J’ai plus envie d’un partenaire avec qui je développe une certaine complicité et qui partage mon goût de l’érotisme. Et pour moi, érotisme et vulgarité, ça ne va pas de pair du tout. De plus, je pense que la plupart des hommes, passés les affres de l’adolescence, ne sont pas particulièrement attirés par ses pétasses qui montrent tellement tout qu’il n’y a plus rien à découvrir. Je me souviens d’une discussion avec Jean qui m’expliquait que ce qui l’excitait, entre autres, c’était de passernla soirée avec une femme et découvrir au moment de l’effeuillage qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Aucune provocation apparente, juste un secret entre deux amants. Moi aussi, je préfère ça.
 
En somme, je crois que nous sommes encore loin du haut degré de pornoïsation de la société américaine mais on se dirige vers le même modèle, lentement mais sûrement. Arrivera-t-on à un tel degré de vulgarité ? Je n’en suis pas convaincue, je pense que cette provoc bête et irréfléchie se limitera à certaines catégories de personnes. Du moins, je l’espère.
Rendez-vous sur Hellocoton !

Sex and the city

Il y a parfois dans la vie certains paradoxes. Prenons par exemple un blog qui se veut un « sex and the city » à la française et qui n’a
pas publié un seul article sur la série… Donc voici ENFIN un article sur le sujet.
 
Automne 2000 (je crois), après avoir regardé Ally McBeal sous la pression de mes amis (oui, au début, j’arrivais pas à suivre). Après les aventures de l’avocate névrosée et anorexique, voici qu’apparaît sur mon écran un drôle de truc : une musique un peu jazzy et une nana à la gueule qui me revient pas qui se balade en tutu dans la rue. Qu’est-ce que c’est ? Curieusement, je survis à ce générique bizarre (je devais avoir la flemme de me lever éteindre la télé) et là, je découvre 4 New Yorkaises déjantées qui vont devenir un
sujet de conversation inextinguible avec mes amis : Carrie, Miranda, Charlotte et surtout la grandiose Samantha. Quatre femmes qui nous ressemblent un peu, si on excepte le compte en banque, la garde-robe et les professions. Elles sont avocate, attachée de presse, journaliste ou guide dans un musée, nous sommes étudiants, désespérément étudiants. Je crois que le jour où j’aurai les moyens de glisser mes fesses dans un pantalon Prada, mes premières rides seront apparues depuis longtemps.
 
Revenons donc à nos quatre amies, est-il la peine de les présenter ? Au cas où :
Carrie : la journaliste et narratrice de l’histoire. Fétichiste de la chaussure, elle n’est jamais habillée deux fois pareil et a des tenues
parfois… hum… curieuses. Durant la série, elle a deux grandes histoires d’amour : Hayden, le fabricant de meuble avec qui elle va jusqu’à se fiancer mais surtout Mister Big (aucun rapport avec le nôtre), l’homme de sa vie qui n’arrête pas de partir et de revenir. En amour, on peut dire que Carrie est chiante. Oui, vraiment. Du genre à faire des scènes pour tout et n’importe quoi, elle a, quelque part, le complexe de la petite fille gâtée. Et puis, en plus, dès qu’elle est avec un mec, Mister Big revient et la fidélité en prend un coup. A noter que Carrie parle souvent de sexe mais on voit très rarement des scènes olé olé avec elle. Il me semble même que des quatre, c’est elle qu’on voit le moins en action.
 
Miranda : LA carriériste de la racine des cheveux aux ongles des orteils. Cette femme est avocate et c’est franchement tout ce qui compte. Jolie rouquine, la coupe courte (pour gagner du temps le matin ?), elle s’habille chic, souvent en tailleurs ou tenues assez strictes. C’est, à mon avis, la plus intelligente et la plus cynique des quatre. Comme c’est la moins bombasse des quatre, c’est aussi celle qui connaît le plus les affres de la misère sexuelle… Personnellement, je la trouve bien jolie mais ce n’est que mon avis. Au niveau des relations amoureuses, y a un geek pas très beau qu’elle se tape de temps en temps… En gros quand le petit geek se trouve une copine, elle fait tout pour se le taper, histoire de vérifier son pouvoir d séduction. Mais surtout il y a Steve, le père de son bébé. Car Miranda est la seule à avoir un enfant des quatre et ça arrive assez tard. D’un point de vue scènes sexuelles, les siennes sont généralement assez savoureuses puisqu’elle tombe toujours sur des psychopathes aux mœurs bizarres.
 
Charlotte : Bon, elle est vaguement guide dans un musée mais elle est surtout blindée de tunes et ne fait rien, finalement. Elle a deux passions dans la vie : les chaussures et la recherche de son futur mari. Oui parce que, elle, c’est la romantique un peu prude du groupe, celle qui est choquée quand ses copines parlent sexe crûment et qui passe son temps à faire de super plans pour trouver un homme. Du coup, Charlotte est la première à se marier des quatre, avec Trey, un riche chirurgien chiant comme la pluie. Après une rencontre pour le moins spéciale (il a failli la renverser en taxi), ils passent très vite aux choses sérieuses mais leur mariage va très vite se consumer, car Charlotte ne peut pas avoir d’enfants, le drame de sa vie. Ensuite, elle garde leur luxueux appartement et aussi la belle-mère qui va l’ennuyer quelques temps. Puis elle va rencontrer un avocat juif, assez repoussant physiquement, mais elle va en tomber raide dingue, allant jusqu’à se convertir au judaïsme pour l’épouser. A la toute fin de la série, ils arrivent à adopter un enfant. Concernant les scènes sexuelles, RAS, si ce n’est que Charlotte fait toujours l’amour en sous-tif…
 
Samantha : le meilleur pour la fin. Je dirais que le mot nymphomane est trop léger pour elle : un épisode, un amant. Les scénaristes se lâchent bien, ils lui font faire à peu près n’importe quoi. A mon avis, ils recyclent les films pornos qu’ils voient pour constituer les scènes avec Samantha. C’est le personnage le plus fun mais pas toujours le plus creusé : on ne sait pas grand chose de sa vie hors sexe. Je n’ai pas tous les épisodes en tête mais on n’apprend que sur le tard qu’elle est attachée de presse, à peu près quand elle tombe amoureuse de son patron. Côté cœur, trois histoires notables : Richard, son patron, Maria (je crois) et Smith. Pour le premier, elle fait tout pour nier ses sentiments mais une fois qu’elle les accepte, elle devient totalement névrosée, suit son mec et découvre qu’il n’est pas fidèle. La seconde, c’est une femme, pour les trois du fond qui n’auraient pas suivis, mais Samantha aime le pénis donc arrive un moment où ça ne passe plus, d’autant que Maria est jalouse de tous les anciens amants de Samantha (soit de tout Manhattan). Enfin, Smith, le super beau gosse de la pub d’Absolut Vodka dont elle tombera amoureuse et ça la rendra franchement gnangnan. Evidemment, les scènes sexuelles de Samantha sont de très loin les meilleures. Elle garde son sous-tif,des fois, aussi, ou se cache souvent les seins, je suppose qu’il y a un respect de la pudibonderie américaine, ici.
 
Bon, voilà, des portraits très caricaturaux, je suppose que j’oublie pas mal de choses. Ce qui est amusant, c’est que le trois amies de Carrie représentent chacune une partie de notre personnalité : notre carriérisme, notre romantisme et notre sexualité. La blonde, la brune et la rousse sont de parfaits faire-valoir pour Carrie, celle qui semble la plus équilibrée. Ni trop romantique ni trop obsédée sexuelle, carriériste mais pas trop (oui, enfin, y a des moments, sa carrière, ça la stresse pas plus que ça). Idéalement, Carrie est le profil type des femmes regardant cette série, fashionable au possible, femme forte qui se retrouve paumée dès qu’il s’agit des mecs. C’est moi, c’est toi, c’est elle. Bon, évidemment, nous, on vit pas dans un super appart à Manhattan en écrivant un article par mois de chez soi (non, je vous jure, ça paie pas !), on ne se déplace pas qu’en taxi, on n’a pas un placard complet dédié à nos chaussures et on n’a jamais mis les pieds chez Gucci (sauf pour faire nos malines)… Mais bon, Carrie, elle nous ressemble, quoi qu’il arrive.
 
Ce qui est bien avec cette série, c’est que les héroïnes grandissent au fur et à mesure. C’est pas comme dans Friends où ils ont 30 ans pendant 5 ou 6 saisons alors qu’ils fêtent trois fois Thanksgiving par an… Petit à petit, ces femmes légères et insouciantes découvrent la vie de couple, la maternité, les problèmes de santé, d’argent, de carrière… Rien n’est immuable dans la vie et ça, on le sent bien dans Sex and the City. Les héroïnes changent, chaque histoire compte et les construisent. On peut saluer là le travail des scénaristes qui ne commettent aucun illogisme (contrairement à Friends mais c’est pas le sujet de l’article). Les exs reviennent, on en parle des fois dans les conversations, ce genre de choses…
Comme dans la vie, quoi.
 
Nos quatre amies passent beaucoup (trop ?) de temps dans un resto branché et, pendant leurs déjeuner, elles parlent des hommes et de sexe. De sexe et d’hommes… Parfois d’autre chose mais rarement. Tout y passe : fellation, cunni, anulingus, poils ou pas, circoncis ou pas, sextoys, chlamydiae et morpions, même ménopause ! Le sujet le plus trash abordé ? Je me souviens d’un épisode où Charlotte parle toute excitée, des magazines de robes de mariées entre les mains, quand Samantha sort : « le jus de mon mec à un goût ! ». Et là, Charlotte s’en va en claquant la porte. J’avoue que cette scène m’a fait mourir de rire. Evidemment, ces conversations sont motivées par ce qu’il leur arrive. Exemple : Miranda tombe sur un mauvais amant et simule (scènes grandioses, au passage), ses copines lui conseille de ne pas continuer, grand débat, chacune y va de sa petite histoire « moi, une fois, ça m’est arrivé et alors… ». Je crois que les conversations les plus amusantes sont celles où les rôles sont inversés, comme celle sur l’anulingus. Toutes : « bah, c’est DE-GOU-TANT ! ». Et là, Charlotte qui fait : « Ah mais non, Trey et moi, on le fait souvent ! ». C’est marrant comme quoi, dès que Charlotte la prude avoue pratiquer un truc, les autres se disent : « bah, si Charlotte le fait… ».
 
L’épisode qui m’a le plus rire ? Je crois que c’est celui du vibromasseur, le modèle « chaud lapin » rose fluo donc Charlotte devient
tellement accro qu’elle ne veut plus sortir le soir avec ses copines. N’empêche qu’il serait temps que j’aille faire un tour au sexodrome pour avoir le même, vu la longue période de chasteté qui s’annonce (ben oui, je peux être chaste avec les hommes tout en m’éclatant avec un gode, non mais !).
 
Par contre, j’ai été déçue par la fin, comme la plupart des fins de série, dégoulinantes de bon sentiments. Déjà, il faudrait que les Américains arrêtent d’avoir des clichés pareils sur Paris : non, il n’y a pas que de vieilles rues, chez nous, on a découvert l’asphalte, aussi. Et on ne voit pas la Tour Eiffel de partout, il n’y a pas de boulangerie tous les deux pas ni une auberge rue St André des Arts. Bref, comme d’habitude, Paris se fait vieille pour voir Carrie retrouver (enfin) son Mister Big, non sans avoir rencontré avant Carole Bouquet et des fans qui a-do-raient son livre. Pendant ce temps, Charlotte et son mari arrivaient à adopter un enfant, Samantha dit « je t’aime » à Smith et retrouve sa libido et Miranda… ben, rien, elle est heureuse avec son mari et son petit. Bon, super, c’est cool, tout le monde est heureux mais dans la vie, tout n’est pas si simple.
 
Pourquoi cette série a aussi bien marché ? Je pense qu’aborder le sexe sans tabou et avec humour, ça ne peut que fonctionner. Mais parler sexe et plaire, c’est pas forcément évident, il y a toujours le risque de tomber dans le vulgaire et le superfétatoire. Voir une scène de sexe, oui. Faire une série avec UNIQUEMENT des scènes de sexe, non. Sex and the city est tiré des chroniques de Candace je-sais-pas-quoi, une journaliste américaine. Même si certains traits sont trop gros (genre leur compte en banque), je trouve que ces
femmes ont les mêmes préoccupations que nous et on peut regarder cette série sans se sentir déconnectées. Et puis, mine de rien, ça fait rêver toutes les sado-masochistes que nous sommes. Ben, oui, moi, l’histoire Mister Big/Carrie, elle me fait rêver. C’est une histoire d’amour absolu, passionnée, ils s’aiment tellement qu’ils n’arrivent pas à communiquer. Ils en chient, ils passent leur temps à s’engueuler, elle pleure, elle crie, elle s’arrache les cheveux, elle l’oublie juste au moment où il revient (connard, va) et pourtant, ils s’aiment. Moi aussi, j’aimerais un Mister Big, un mec avec qui je finirai forcément ma vie parce que c’est lui, parce que c’est moi. Et je pense que je ne suis pas la seule à vouloir ça ! Sauf que moi, je serai pas aussi chiante que Carrie (enfin, j’espère) comme ça, il me plaquera pas tous les trois matins !
Rendez-vous sur Hellocoton !