Tout le monde déteste le travail

Sincèrement, j’exagère à peine. Je vous annonçais donc que j’allais quitter mon job, peu importe que je trouve quelque chose ou non. Ma période d’essai se termine le 09 mars (enfin, j’ai un doute sur le sujet, la précédente devait se terminer le 08 novembre puis le 09 puis le 12 car j’ai pris 4 jours de congés mais sur ma lettre de renouvellement, antidatée la lettre au passage, on était revenus au 09. Restons donc sur la date inscrite sur cette lettre). J’ai jusqu’au 05 février pour trouver un autre job sinon, j’irai toquer à la porte de la DRH. Je vous raconterai une autre fois mes différents scénarii car ma décision de lâcher l’affaire et les réactions autour de moi me semblent symptomatiques. Je crois que tout le monde déteste le travail.

Tout le monde déteste le travail

J’en ai parlé à quelques personnes, j’ai pas placardé non plus la nouvelle en 4 par 3 dans les rues de la ville. Non que ça m’ennuierait que mes employeurs finissent par l’apprendre, je souhaite ardemment que EUX mettent fin à ma période d’essai. Des anciens collègues, des amis, des nouveaux collègues… et j’ai eu une unanimité pour dire que je prenais la bonne décision. Victor était limite à me jeter des confettis quand je lui ai annoncé ma décision, il ne supportait plus de me voir au fond, d’être énervée, éreintée, désespérée, même. Mais surtout, j’ai eu plusieurs “t’as de la chance de pouvoir”. A peu près ce que j’ai dit à d’anciens collègues tombés au combat et qui avaient arraché une rupture conventionnelle et qui avaient la possibilité de prendre le temps de réfléchir au prochain coup, de souffler avant de repartir. J’ai parfois un peu de jalousie pour cette copine en arrêt longue durée car burnout (pas celle dont je parlais dans l’article précédent), celle qui a perdu son job suite à un licenciement économique (elle s’en est ramassée deux en deux ou trois ans) et qui a profité pour tenter une nouvelle carrière. A quel moment on envie ou jalouse ceux qui perdent leur job ? Je parle bien sûr du secteur tertiaire, hein et de personnes encore jeunes, je n’aurais pas l’audace de raconter la même histoire pour les licenciés de Goodyear ou France Telecom.

Le travail m'a tuer - Vuillemin

Peut-être d’ailleurs que nous sommes des enfants gâtés, que nous considérons que nous n’avons plus à sacrifier notre vie, notre santé, pour gagner de quoi vivre. Peut-être que dans mon secteur, on a bien conscience que nos métiers ne servent à rien, le fameux bullshit jobs dont parle David Graeber (je suis en pleine lecture) qui nous pompent l’air et épuisent notre énergie pour rien. Peut-être que l’état du marché du travail nous met aussi dans un état de tension permanent, un système qui nous met à la merci d’individus toxiques et nuisibles ? Parce que j’entends que ça chiale dur sur le fait qu’on peut plus licencier les gens (lol comme disaient les jeunes de la décennie dernière) mais nous sommes nous-mêmes retenus en otage. Les ruptures conventionnelles ? Des Pokemon rares : dans mon ancienne boîte, un collègue a gueulé pendant 6 mois pour en obtenir une. Moi,ma chef m’a dit texto “y a plus rien pour toi ici” mais a attendu patiemment que je démissionne en me foutant des coups de pression sans le moindre sens. Parce que y a un quota de ruptures conventionnelles apparemment. Démissionner ? Encore faut-il pouvoir se le permettre. Moi par exemple, ça fait quasi 12 ans que je cotise mais pas le droit de toucher un kopek si c’est moi qui pars. “Ah mais oui mais non mais si on fait ça, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres, tout le monde va démissionner tout le temps, aussi !”. Ce qui nous laisse donc sous la coupe de tortionnaires qui savent qu’on ne pourra pas claquer la porte tant qu’on n’a pas trouvé de nouveaux plans. Et des fois, c’est long.

Mon chef est horrible

Bref, les réactions de mes amis vis à vis de ma démission me le confirment : tout le monde déteste le travail. Enfin… le monde du travail.

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Illusions et Réalité

Par Lucas

Suite et fin de mes pensées stériles amorcées il y a quelques années et dont le dernier épisode était Donner un sens à sa vie. Promis, j’arrête de vous saouler avec ce sujet mais j’ai besoin de croire que des gens sont comme moi. Merci de jouer les bons samaritains ou de m’envoyer chier honnêtement, ami(e)s lecteurs (trices)

Ce soir je suis allé avec mes parents chez mon p’tit frère, 23 ans, en 4ème année de médecine, installé en coloc à Paname dans un immeuble de 32 étages pas loin de Montparnasse avec piscine tout en haut : le truc bien sympa. Financé par le paternel…  (bah oui c’est pas avec ses gardes à l’hosto que mon breuzeur va payer ça)

On en est venu à discuter de l’existence et je dois dire que ça m’a permis d’assoir une réalité : je suis à des années lumière d’avoir compris comment marche la vie.


Mon père a parlé de copains à lui qui prennent 1500€ l’opération de la rétine, d’autres qui sont  à 300 € la consultation en cabinet. Il a évoqué la fille d’un de ses amis, (Dauphine, 2007), qui, à mon âge, quasi 30 ans, gagne déjà 80000€ par an dans une SSII. Ou le fils de son meilleur ami (HEC, 1995) qui après une dizaine d’années chez Estin & Co a voulu calmer le jeu, bosser moins, profiter de ses gosses et qui, de fait, ne gagne « que 300K€ » (trois cent mille) par an. Voire sa petite soeur qui après Normale Sup a enseigné quelques années avant d’être embauchée par une maison d’édition de DVD à un salaire loin, trèèèèès loin du professorat…
Et ce discours toute la soirée.
Et ce discours toutes les soirées, plutôt

Car ce discours on me le sert depuis que je suis arrivé chez mes parents à l’age de 11 ans.
Car les exemples sont légion de personnes qui ont eu des trajectoires comme celle là dans leur environnement amical.
Alors j’avoue,

Je suis perdu.

Ces parcours sont peut-être le fait d’individus brillants mais en bossant comme un chien on peut arriver à de grandes choses.
L’argent ne fait pas le bonheur?
Face à ce poncif j’ai toujours eu un sourire amusé.
Je reste persuadé que ceux qui se vautrent dans cette affirmation sont des gens qui n’ont pas compris le système ou qui n’ont pas eu la chance d’avoir un environnement familial adéquat et qui sont aigris comme je le suis aujourd’hui. Oui, déjà, à même pas 30 ans.

L’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue.

Un boulot où on est payé 300K€ par an est nécessairement un boulot où il faut s’agiter du bocal donc un boulot  gratifiant en termes intellectuels.Ici, on va m’avancer qu’un physicien fonctionnaire-chercheur, lui aussi, a un boulot stimulant pour la réflexion et ce pour un salaire médiocre. Mais ce n’est pas pour rien que de nombreux chercheurs partent dans le privé…

Et au-delà,
Un smicard gagne 1300 € par mois s’il est à 39h.
Loyer, pass Navigo, bouffe, gosses, frais divers, taxe d’hab,etc…  quess qui lui reste à la fin ?

Je parle du SMICARD parce que je sais bien que de nombreux lecteurs vont me fusiller et me dire de fermer ma gueule avec mes velléités.
Bah non, vous pouvez aller vous faire foutre.
Je refuse ce schéma facile du » ya toujours pire que soi ».

Quand j’étais gamin et que ma mère était encore vivante, on finissait souvent le mois avec des pâtes et des sardines. Arrivé chez mon oncle devenu mon « père », j’ai changé de vie.

Je refuse de me contenter de peu et d’en être heureux.
L’accident, le coma, les 9 mois à Garches m’ont mis de coté un an mais j’ai qu’une envie c’est revenir à la vie normale. Le pb c’est que je suis trop con pour comprendre comment sortir de mon existence vulgaire et insipide, comment faire un effort parfaitement légitime pour qui a de l’ambition (cf Nina), un effort qui soit utile pour être efficace et sortir de cette merde. Par où prendre cette putain de réalité scabreuse pour en faire un quotidien où je puisse me défoncer afin de faire mes preuves et à terme me lever le matin heureux de la journée que je vais passer au boulot.

Et ce n’est pas parce qu’il y a seulement une personne sur 100000 sur Terre qui arrive à faire ce qu’elle aime que je dois baisser les bras. La question essentielle c’est « où dois-je aller pour retrousser mes manches et porter le poids d’une fonction lourde mais motivante ». Voire d’une fonction qui puisse me donner en quelques années un boulot où je sois à 100% responsable de mes rendus,
invité à toujours faire mieux, y trouver une envie d’aller de l’avant….

« The only thing that kept me going was that I love what I did »
Cette phrase de Steve Jobs est en moi à jamais…
« Spéciale dédicace à la flaque où on nage où on se noie… »

Ce qui m’agace et qui contribue à mon aigritude et ma honte quotidienne, ce n’est pas le fait d’être sur le bord de la route c’est le fait d’avoir eu, à un moment donné, tous les tenants et aboutissants, c’est à dire tous les éléments pour comprendre ce système et ne pas avoir eu l’intelligence assez vive pour aller au bout de ses logiques tout rebelle que j’étais à ces schémas à mes yeux stériles alorsqu’en fait on y apprend plein de choses (auditer des comptes chez PrixMoulinàeauTonnelier, par exemple : pas glamour mais motivant car formateur…).

Quand je suis rentré à Sup de Co Reims on m’a fait miroiter 34K€ par an de salaire moyen brut, 41 au bout de 3 ans.
Je n’y croyais pas une seconde et je me disais que 24K€ brut serait déjà très bien pour commencer. Pourtant j’ai des copains qui ont été embauché à ce niveau de 34K€ pour des jobs où ils ont appris plein de choses.
Je prends l’exemple d’un camarade de cours. On va l’appeler Chacal. Un mec très intelligent, Chacal.
Après un apprentissage chez France Télécom qui lui a payé Sup de Co Reims, il est rentré consultant chez Iwaille et il
est maintenant chez Younailletide Technolodgizes où il affute ses savoir faire en matière de M&A.
De ses débuts à 33,5 K€ il y a 3 ans, il est maintenant à 47.
Et il apprend tous les jours d’un boulot qui exige de lui une reflexion quotidienne et une rigueur des plus humaines…
C’est mon idole, quoi.

J’ai fait la connerie de ne pas comprendre que le stage de 2A était hyper important et je m’en mords les doigts. Aujourd’hui,  ca fait un an que je cherche un boulot sans succès parce que je n’ai pas de savoir faire.
Là où Nina pouvait écrire et écrire pour maintenir et son style et son sens critique et ses capacités de synthèse, en un mot ses savoir faire acquis avec les études et l’experience, je n’ai rien trouvé pour me maintenir en éveil. De toute façons je n’avais pas de techniques et de compétences. Mes copains hurlent que c’est faux mais ils ne sont pas à ma place devant le sourire gêné du recruteur. Non, même pas gêné le sourire vu que je n’ai même pas le droit à un entretien. Le recruteur doit prendre 30s pour mater mon CV, se bidonner tout seul derrière son bureau ou soupirer en se disant qu’il perd son temps et passer au CV suivant.

J’en ai tellement marre de trainer chez moi que depuis 10 jours je me dis que je vais prendre le premier emploi au SMIC que je vais trouver. Mais encore faut-il le trouver.

Je suis perdu. Eperdu. Une demoiselle m’a dit : « Je viens de lire ton CV. Mais, qu’est-ce que tu fous au chomâge ? » C’est une très bonne question, Soledad. Une question qui appelle des réponses. « Ohéééé, les réponses ! »
Je ne sais pas où je dois aller,ce n’est pas que je ne sais pas ce que je veux c’est que je ne sais pas ce que je peux… Avec tous ces DRH qui m’envoient chier j’ai l’impression d’être un moins que rien. Alors quid…?

Choisir une voie et s’y tenir ?
Je veux bien.
Mais même en commençant au smic pour faire mes preuves, emmagasiner des savoir faire et assoir ma légitimité (le mot  clef à mes yeux) encore faut-il trouver qq’un qui me donne ma chance.

Me reinscrire à la fac pour être stagiaire ?

Une copine qui bosse dans un groupe de presse m’a dit que son assistante stagiaire avait passé un entretien avec la DRH, puis avec elle, puis avec son N+1.
3 entretiens…
Trois entretiens pour adouber une demoiselle qui va être exploitée pendant un stage, payée 330 € par mois sans même être sure d’emmagasiner de l’expérience et des compétences qu’elle pourrait faire valoir par la suite… Moralité de l’histoire ? Pas de morale dans l’histoire.

Pfff, allez autant finir en musique…
Je cherche un doute, un ton, une boite et son adequate dimension

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J’ai trouvé pire que la SNCF-RATP : free

Vous le savez, la SNCF-RATP et moi, on est pas potes. Mais j’ai trouvé pire et finalement, là, je me dis que la SNCF, c’est pas si mal. Même que mercredi soir, je suis arrivée à Paris à l’heure. Contrairement à Anthony qui, la veille, est arrivé avec une heure et demie de retard. Donc pour que je trouve que free est encore plus lamentable, imaginez le niveau qu’ils peuvent atteindre.
 

Souvenons-nous, cet été, la freebox était morte et j’avais souffert un calvaire pendant 3 semaines à attendre désespérément un putain de bloc alimentation de mes fesses. Depuis, j’avoue que mon adsl ne galope pas. Le wifi ? Un vieux souvenir. Mais depuis trois semaines, ce (putain) boîtier (de mes fesses, toujours) a décidé que c’était rigolo de se réinitialiser et plusieurs fois par soirées, histoire de me faire criser. L’autre soir, je discute avec un pote sur mon canapé, donc j’utilise pas ma free et là, je remarque qu’à la place de l’heure, j’ai le serpentin. Ah, en fait, elle bugue même quand je m’en sers pas, intéressant. Bon, à mon retour de vacances, j’agis.

Retour de vacances. Mercredi soir, je rentre, je trafique puis je m’assois à mon ordinateur. Ma freebox dit qu’il est 8h56 (alors qu’en vrai, c’est 23h48, je viens de le voir sur mon réveil). Ok… Je débranche, rebranche mais là, je sais que ma freebox arrive en fin de vie, je dois agir. Jeudi, avant de partir du boulot, j’appelle donc free et je leur raconte mes soucis.

« Ok, votre freebox est éteinte là.
– Heu… C’est pas normal, elle marchait quand je suis partie ce matin.
– Et là, elle affiche quoi ?
– Je sais pas, je suis pas chez moi.
– Mais elle affiche l’heure ?
– JE SAIS PAS, JE SUIS PAS CHEZ MOI ! »

Ouais, ok, je m’énerve. Donc il veut me refiler un nouveau bloc alimentation donc je lui raconte que ça ne sert à rien vu que la dernière fois, ça n’a pas vraiment réglé le problème mais si, le mec m’en envoie un quand même. Mais moi, je veux un nouveau boîtier ! Ah oui mais non mais faut envoyer un technicien. Je demande le créneau entre 8 et 10h parce que je travaille quand même, aussi et je vais pas prendre un RTT pour ça non plus. Je m’énerve un peu vu que le mec comprend rien à ce que je lui dis et ça finit par un « un technicien va vous appeler pour prendre rendez-vous, au revoir ». Ouais, c’est ça, envoie moi chier l’air de rien, on te dira rien, du con.

Je rentre chez moi, freebox en train de faire le serpentin, comme je l’avais pressenti. Je débranche et rebranche. A chaque fois, j’attends le moment où ça va claquer pour de bon. 20h30, téléphone. Ouais, j’ai des amis. Un numéro en 01 que je connais pas. Huuu ?

« Allo ?
– Marc de free, je vous appelle pour qu’on prenne un rendez-vous. Alors je peux vous proposer le 09 janvier entre 10 et 12 heures.
– Non, je travaille, j’ai dit à votre collègue que c’était avant 10h. Après, je travaille.
– Ah oui mais dans votre secteur, c’est entre 10 et 18 heures.
– Non mais je travaille, j’ai pas de jours de congés, c’est pas possible.
– Et personne ne peut être chez vous à votre place ?
– Ben, non, mes amis travaillent aussi ?
– Un voisin, une concierge ?
– Non, je connais pas mes voisins et y a pas de concierge dans l’immeuble.
– Très bien alors je note que nous n’avons pas pu prendre rendez-vous, au revoir. »

Non mais je rêve là ! J’ai beau expliquer que ma box est morte et qu’il faut la changer mais parle à mon cul, ma tête est malade. Surtout qu’on les connaît, ils disent entre 10 et 12h, ils viennent l’après-midi. Et le pire, c’est que c’est limite si je me fais pas engueuler parce que je n’ai pas de créneau disponible aux heures de bureau (c’est dingue, non ?) et que j’ai personne pour me rendre ce service. Ben ouais, on a tous des amis inactifs et voisins dans la vie. Les seuls amis inactifs que je connais, ils habitent à l’autre bout de la petite
couronne, je vais pas leur demander de venir, ce ne serait pas correct. Alors oui, j’ai des RTT, 9 par an, et ça me fait chier d’en cramer un pour ça. Et encore j’ai de la chance, j’ai des RTT, là, parce que dans mon ancien boulot, j’en avais carrément pas.

Donc maintenant, je fais quoi ? Ben, je vais devoir prendre un RTT pour ça, je n’ai pas le choix. Même chez France Telecom, ils proposaient des visites entre 8 et 10 heures ! Moralité : quand je déménagerai (si, si, ça arrivera un jour), je changerai d’opérateur. Vicky est chez neuf et elle en est très contente, je pense que je vais l’imiter, sur le coup. Du coup, lecteur, si tu comptais aller chez free, sache que tant que ça marche, tout va bien. Mais à la première merde ben débrouille toi tout seul parce qu’avoir un rendez-vous avant le taf ou même après, c’est carrément mission impossible. Finalement, les modems 56k, c’était lent mais au moins, ça marchait.

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Ma famille de tarés

Des fois, vous me lisez et vous vous dites que je suis quand même un peu bizarre, y a un boulon mal serré dans mon petit cerveau… Et bien je vais vous raconter quelques épisodes de mon week-end familial, vous allez comprendre.

famile-dingue

 

Bon, je les retrouve hier soir au resto à 21h30 au lieu de 20h30 car le rendez-vous que j’avais avec l’asso a été décalé de 18 à 19h30. En gros, je suis en train de me faire baiser et pas comme j’aimerais, je vais récupérer 200 euros et basta parce que « tu comprends, maintenant que tu nous as envoyé un recommandé, on est obligé de te déclarer et faut payer les cotisations sociales ». Franchement, je suis épuisée, bravo, ils m’ont eu à l’usure, bravo. Je les ai virés de mon CV, tant pis. Je veux récupérer ma tune (parce que c’est toujours pas fait) et oublier cette expérience. Donc, j’arrive au resto, je dois expliquer tout ça, prendre la colère de ma mère (contre eux, pas contre moi). Bon, le repas est très bon, la serveuse vient de la même ville que nous donc de suite, ça rapproche. Je m’en fous plein la panse, on discute, on rigole. Ma mère craque sur le petit seau en fer dans lequel est insérée l’addition, c’est vrai que c’est mignon, ma sœur voit déjà un seau de ce genre accroché aux crochets qu’il y a sous son tableau (pour écrire avec de la craie, pas un tableau de peinture) dans l’entrée.

 

Ce matin, on se retrouve sur Paris et on décide d’aller traîner à la butte aux cailles. Dans le bus, ma sœur commence à me raconter les exploits de ma mère. « Non mais hier soir, on l’a laissé partir devant et évidemment, elle se plantait tout le temps mais le pire, c’est quand on est rentrés dans l’immeuble, elle est partie à droite et s’est planté devant la porte du voisin ! Et puis c’est pas tout. Tu sais ce que j’ai trouvé ce matin dans l’entrée ? Le seau d’hier ! » Oui, ma mère adore piquer des trucs dans les restos, les hôtels (et même quelques fois dans des magasins) mais bon, ça fait 26 ans qu’elle est ma mère, il est temps d’assumer. Bon, on se balade et vers 13h, on va au resto et là, c’est du n’importe quoi : les gens renvoient tous leurs plats en cuisine car c’est trop ou pas assez cuit donc nous, on commence à baliser. Finalement, on a pas de soucis, on assiste un peu à la scène de ménage du couple derrière. En gros, la nana voulait déjà pas manger là et pour en rajouter, y a un pichet de vin de 15 euros qui apparaît sur leur addition alors qu’ils n’en ont pas bu. Alors que nous, de notre côté, on a eu une bouteille à 30 facturée 15 !

 

De là, on part au centre commercial de la Place d’Italie et c’est parti, la famille Bartoldi en représentation. Déjà, mon père veut voir le match de rugby pendant qu’on shoppingue donc on cherche un bar avec télé mais raté donc on va à Darty mais aucune télé n’est sur la bonne chaîne. Ni un ni deux, ma sœur met la deux, personne ne réagit mais mon père n’est pas à l’aise donc on repart et finalement, il regarde le match dans la boutique France Telecom (je sais pas pourquoi ils diffusaient ça mais on s’en fout). Bon, finalement, y a trop de monde et ça nous saoule donc on récupère mon père et on repart prendre le bus où ma mère se fait une nouvelle copine. Oui, dans la famille, c’est génétique : dès que quelqu’un a envie de parler, c’est sur nous que ça tombe. Donc la dame raconte sa vie à ma mère, lui expliquant qu’avec son mari, ils sont venus vivre sur Paris car là où elle vivait avant, les hommes mourraient dans des accidents de la route à cause de l’alcoolisme et les veuves avaient tellement le « feu au cul » qu’elles tournaient autour de son mari. Ma sœur rigolait comme une bossue en regardant la scène, je me cachais dans mon plan de bus pour pas que la dame voit que je me marrais, c’est pas poli.

 

Bon, on se balade tout ça puis le soir, on va au resto, à côté de chez ma sœur et là, ma mère se fait encore remarquer, ma sœur râle : « mais arrête, j’aimerais bien pouvoir revenir ! ». Genre à un moment : « Ouais, en fait, ils sont que deux à servir. Enfin, deux, un et demi, j’ai pas l’impression que le Paki, il… ». Là, elle a trois paires d’yeux qui la fusillent genre « taiiiiiiiiiiiis-toi ». Parce que le Paki en question, il est juste derrière. Dieu merci, à la fin, on a pu constater qu’il ne parlait pas français ou presque donc il n’a pas dû comprendre qu’elle parlait de lui mais quand même. Maman, fais attention, quoi !

 

Bref, on a passé une bonne journée, on s’est bien marrés. Entre le sens de l’orientation de ma mère, dont j’ai hérité, le culot de mon père genre je me mets à 10 mètres de la télé France Telecom, l’air de rien, alors que 10 personnes regardent le match et la recherche de la caserne d’Anthony (qui bosse ce week-end, d’où son absence), on s’est pas ennuyés. Ce genre de petits week-end, ça fait quand même du bien au moral !

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Au pays des cybercafés

Sous-titre : bienvenu à Puceau Land.
 
Samedi 7 janvier, 23h et des poussières. Je rentre chez moi après une journée en famille, je pose mon délicat fessier sur ma chaise de bureau, j’allume mon pc puis je remarque que l’affichage de ma freebox n’est plus le même : à la place de l’heure, le cadran me fait un joli serpentin. Ah, il y a dû y avoir une réinitialisation, ça arrive. Je l’éteins puis la rallume : toujours le serpentin. Ok, j’ai compris, à force de pas vouloir payer France Telecom, ils m’ont enlevé l’ADSL. Je compose fissa le 3000 et paie ma facture avec ma carte bleue : avec de la chance, en début de semaine, ce sera réglé.
 
Lundi, j’essaie de m’appeler pour voir si la ligne est rétablie : « le numéro que vous avez demandé n’est pas attribué… ». Oh ils
m’ont carrément supprimé la ligne ! Bon, résumons nous : j’ai plus de ligne donc impossible de se connecter d’une quelconque façon que ce soit… Pas de panique, j’ai plus d’un tour dans mon sac, comme par exemple, un modem wifi. Donc, je le branche. Youpi, le wifi que je piratais autrefois est revenu ! Mais impossible de se connecter dessus, le signal est trop faible. Bon, il ne me reste qu’une solution : le cybercafé.
 
La veille, j’avais fait preuve de lucidité (pour une fois), j’avais emprunté le net de ma sœur chez qui j’avais déjeuné. J’avais alors découvert qu’il y avait un cybercafé à deux minutes à pied de chez moi, tout va bien. Je m’y rends donc et, ô surprise, il est ouvert (oui parce qu’avec ma lose, j’en doutais). J’avais eu une mauvaise expérience de cybercafé en juin ou juillet : après que le wifi que j’empruntais m’ait lâché et avant que FT se décide à m’installer une ligne (oui parce que dès le départ, ça a été folklorique), je m’étais rendu dans un cyber du côté d’Opéra car je devais envoyer des documents à tout prix. J’arrive donc : un écran pourri qui m’a tué les yeux, un ordi à peu près aussi vieux que moi et c’était tenu par une Asiatique qui devait faire un jeu en ligne car il y avait une musique étrange, un peu style Castlevania époque NES. Au bout d’une demi heure, me rendant compte que je n’arrivais pas à envoyer les documents que j’avais mis sur disquette ET sur clé USB, je décide de partir : je ne supporte plus ni l’écran, ni la musique. Et la bonne femme m’annonce : 6 euros. Quoi, 6 euros la demi-heure ? Bon, alors, je vous le dis, n’allez surtout pas au cybercafé qu’il y a dans un passage près de l’Opéra, c’est l’arnaque totale.
 
Là, bonne surprise : 10 euros les 6h, ça me paraît raisonnable. Donc je m’installe dans un confortable siège en cuir, tout fonctionne (sauf qu’ils n’ont pas word mais l’éditeur de texte open office… Tiens, ça me rappelle mon dernier stage, comme c’est amusant…). J’arrive à 16h, je commence à trafiquer. 17h, arrivent des gamins genre 10-15 ans (enfin, 15 ans, c’est le max) avec leur sac à dos de cours, ils s’installent par ci par là dans la salle et ils commencent une partie de jeu en ligne où il faut se tirer dessus, le fameux Counter Strike, je suppose. Et là, c’est parti : « T’es où ? Oh, zyva, tu m’as tué bouffon ! » le tout prononcé avec la voix caractéristique des jeunes hommes de leur âge, c’est à dire en pleine mue… Un coup dans les grave, un coup dans les suraigus… Donc, j’espère que sur mes trois enfants supposés, j’aurai… hum… trois filles ! Et vas-y que ça court partout, que ça va regarder sur les écrans des copains. J’envoie un cri de détresse à mes correspondants MSN : « au secours, je suis à puceau land ! ».
 
Je finis par me déconnecter et par rentrer chez moi. Le lendemain, j’arrive à 16h30 et il y a déjà une bande d’ados (je sais pas si ce sont les mêmes). Non mais ils ont jamais cours ? Et quand bien même, ils n’ont jamais de devoirs ? A mon époque, après l’école, je rentrais directement chez moi… Certes, les cybercafés n’existaient pas à cette époque mais tout de même ! En plus, là, un des gamins (qui doit avoir dix ans à tout casser) n’arrête pas de changer de poste et squatte de temps en temps celui à côté du mien. Ce que je n’apprécie pas des masses car j’ai l’impression qu’il reluque ce que je fais et, ça, ça m’emmerde (surtout que je suis en train de réserver mon billet de train pour la Bretagne). De temps en temps, ses copains viennent le voir, s’appuyant sans vergogne sur mon siège… J’ai beau soupirer bruyamment et lancer des regards noirs, on dirait que je n’existe pas. Après, le petit gamin va jouer sur un nouvel écran et il parle à ses potes, c’est marrant. D’abord, un de ces copains lâche une belle salve d’insultes et il lui fait :
« Non mais Luc, fais attention, nous ne sommes pas dans un lieu privé mais dans un lieu public » (texto).
Mais j’avoue que là où j’ai manqué d’éclater de rire, c’est quand il fait : « Non, mais m’appelle pas comme ça, tu m’appelles Stéphane ou
alors « la salamandre ». ». Il s’y croit trop, le gamin, il exhorte ses copains à parler dans leur casque alors qu’ils sont côte à côte…
 
A un moment, il y a eu une dispute : « Non mais comment t’as fait pour avoir un revolver, toi ? 
– J’en ai pas.
– Mais si, bouffon !
– Non, j’ai un couteau et une mitraillette et un pistolet…enfin non ! ».
Faut apprendre à mentir, mon petit. A un moment, j’ai entendu qu’il était question d’avoir tué Sarkozy : l’univers des Geeks est vraiment bien étrange !
 
En tout cas, je vais faire le maximum pour régler rapidement ce problème d’Internet (c’est pas gagné, ça, non plus…)parce que passer deux heures à essayer de travailler alors que des gamins virevoltent autour de vous en hurlant : « bouffon, ta mère, t’es où ? Ah, connard, tu me tires dessus ! ». Même les filles s’y mettent : aujourd’hui, j’étais à côté d’une Geekette qui était tellement dans le jeu qu’elle n’entendait pas son portable sonner. Et c’était du genre sonnerie gonflante, c’était un mec qui parlait, il devait imiter le diable de Tazmanie parce que j’ai rien compris à ce qu’il a dit ! Mais comme je suis garce, je lui ai pas dit, à la fille, que ça sonnait…
 
Sinon, dans le côté, « faune du cybercafé », j’ai aussi croisé un étrange personnage : une vieille dame qui erre d’écran à écran et
qui est venue parler au petit cité plus haut (la salamandre, souvenez-vous !). « Et tu fais comment pour faire ça ? Et tu fais comment pour faire ça ? ». Moi, je fais semblant de ne rien entendre, le casque vissé sur la tête (alors qu’il ne me sert qu’à entendre le « toudoudou » de MSN).
 
Enfin, parlons du geek breton, enfin, le seul spécimen que j’ai vu. Je vais au cybercafé, donc, je travaille quand soudain, j’entends cette voix typique des garçons entre 13 et 16 ans débiter des conneries à vitesse hallucinante en parlant trèèèèès fort. Mais ce qui est impressionnant, c’est qu’il n’arrête pas ! Y a pas de bouton stop ? A un moment, je me lève pour partir et là, j vois le gars : la trentaine… Mais comment on peut avoir la voix qui mue à trente ans ? Ça me dépasse ça. Au passage, il me décoche un regard plein de sous-entendus, aaaaaaaah ! Mais il se prend pour qui, le trentenaire prépubère ? C’est pas avec la sublime manifestation de sa connerie à laquelle j’ai eu droit que je vais avoir envie de lui parler…
 
Il y a des jours où je me dis que je suis salement mysanthrope… Et d’autres où je me dis que j’ai hâte de retrouver mon net à la maison ! Dieu merci, l’école d’à côté a un wifi non sécurisé, net à volonté ! 
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Patte de lapin et fer à cheval

Il y a des moments où, dans la vie, les embrouilles s’accumulent sans qu’on comprenne bien ce qu’on a fait pour mériter ça. Personnellement, ça doit faire six mois que les petits tracas de la vie quotidienne s’accumulent. Certes, il n’y a pas mort d’homme mais parfois, on aimerait vraiment pouvoir s’en prendre à quelqu’un tellement ça fatigue.

Je vous avais déjà raconté mes loses. J’avoue que, jusque là, j’étais du genre chanceuse dans la vie : toujours au bon endroit au bon moment. C’est pour ça que je ne pensais pas connaître le chômage un jour : j’aurai forcément la bonne opportunité à la sortie de mon stage. Tout faux. Depuis, je suis devenue la postuleuse folle, je réponds à toutes les annonces qui correspondent à peu près à mon profil, je parle de mon chômage à tout le monde, au cas où la personne connaîtrait quelqu’un qui travaille dans la presse. Mais ma chance m’a abandonnée, on dirait.

Retour chez mes parents pour les vacances, youpi, un peu d’air pur et de vie en communauté. A peine rentrée, je peux mesurer la malchance familiale… Oui parce que la lose, c’est héréditaire, ça me vient de mes parents. Donc pour l’anniversaire de mon père, ma mère décide de lui offrir un GPS. Ma tante va donc en acheter un à Toulouse et nous le ramène. Mon père a hâte de l’essayer, il monte à l’ordinateur familial, il met le CD d’installation et…rien. Je fouille dans l’ordi, je clique sur le fichier « install », il veut pas partir, sous prétexte que ce n’est pas une application valide. Application valide toi même ! On tente l’installation manuelle, toujours rien. Bon, très bien, on va aller faire un tour à Toulouse pour leur signaler le problème. Donc c’est parti, trois quarts d’heure aller, trois quarts d’heure retour, tout va bien… Arrivée au magasin, je vais au SAV qui m’envoie gentiment bouler : je suis priée de me rendre au rayon correspondant. De toute façon, je suis une bonne femme, ils me prennent de haut genre : « t’es trop conne, tu peux pas comprendre un objet aussi évolué. » Un poil agacée, j’y vais et je tombe sur un gentil vendeur et je lui explique mon problème, il teste le CD et… ouf, ça lui fait pareil ! Il me propose donc de me filer le CD d’installation du modèle d’exposition mais, heureusement, avant de me le filer, il le teste : même souci. TOUT VA BIEN ! Il regarde la notice : « Ah mais regardez, y a un numéro au cas où le logiciel marcherait pas, ça doit arriver souvent… Il faut les appeler et ils vous enverront un nouveau CD.
– Ok… Et on a combien de temps pour changer le GPS ? »
C’est pas que je pressentais que ça allait arriver mais bon… Je rentre dans ma ville, de mauvaise humeur, j’arrive chez moi et je vois le chat du voisin jouer dans le jardin… Mais que sont ces étranges cristaux que j’aperçois ? Je sors, curieuse et là, c’est le drame : ces charmants cristaux sont de l’eau séchée : une canalisation a pété et pulvérise de l’eau partout ! Au secours !

Bon, on a coupé l’eau et une semaine plus tard, je retournais sur Toulouse changer le GPS puisque j’ai jamais pu joindre le constructeur du GPS… Quand j’appelais, une gentille dame m’explique que tous les correspondants sont en ligne mais on va me prendre, pas de panique. Au bout de 10 minutes à attendre le même refrain, je raccroche. Je réessaie, un quart d’heure à entendre toujours la même dame… Excédée, je décide donc de ramener le tout et je me suis jurée de ne jamais acheter de matériel informatique de cette marque là. Donc je me tape un nouvel aller-retour sur Toulouse, je me fais rembourser. Sauf que je m’étais garée dans un parking que je connaissais pas et que la porte que j’avais empruntée pour sortir ne permettait pas de rentrer dans le parking… J’erre, donc, et je finis par demander à un vigile :
« Bonjour, on fait comment pour entrer dans le parking ?
– Ah bé c’est pas compliqué, vous prenez l’ascenseur, là, et vous ouvrez la porte avec le ticket de parking.
– Mais j’ai pas de ticket, j’ai payé avec ma carte bleue… ».
Donc le vigile a gentiment demandé un ticket au pc sécurité pour me permettre de récupérer enfin ma voiture. Donc je suis rentrée chez moi de mauvais poil…

2006 commence, ça ira forcément mieux… Grossière erreur. Lundi 2 janvier, mon père m’amène à la gare : je retourne sur Paris où je retrouverai Guillaume, youpi ! J’avais réservé mon billet sur le net une semaine avant, j’avais pris une place en 1ère vu que c’était le même prix qu’en seconde. Je retire mon billet et là, je m’énerve : je n’ai pas de place attitrée, « place assise dans la mesure des disponibilités ». Je commence à râler mais mon père me rassure : en première, y a toujours de la place. Je monte dans le train, je range mon sac comme je peux en me faisant un merveilleux bleu sur le bras gauche et je vais m’asseoir : c’est vrai, y a plein de place ! Mais à Bordeaux, c’est la ruée et je me retrouve… debout ! Folle de rage, j’appelle mon père pour me plaindre : « tu vois, je te l’avais dit ! ». Et là, le contrôleur passe et il se prend tout dans la gueule : « Non mais c’est scandaleux, j’ai payé 80 euros et je me retrouve debout !
Ah oui, ça arrive…
Mais quand j’ai réservé sur Internet, il était marqué « place assise garantie » et là, je n’en ai pas ! »
Bref, je fais une scène pas possible, une nana (assise) se fout limite de ma gueule, qu’elle m’énerve pas trop, celle-là aussi. Le contrôleur fait le tour et confirme qu’il n’y a plus de places assises (comme si j’avais pas pu le constater par moi-même, je le savais, déjà !) donc il m’explique comment faire les démarches pour me faire rembourser. Ainsi, me voici donc assise sur les marches à côté de la porte (oui, tous les strapontins étaient pris, aussi). Et bien figurez-vous que les portes d’un TGV sont mal isolées… Donc j’arrive sur Paris d’humeur massacrante, je me vrille le doigt avec ma valise à roulette qui a tendance à se retourner, je suis de mauvais poil, je vais mordre quelqu’un ! Heureusement, je retrouve Guillaume à la gare, ça va mieux mais les galères ne sont pas terminées. On arrive à ma maison, je prends mon courrier : j’ai reçu un colis le lendemain de mon départ de Paris, soit quinze jours auparavant… Or la poste ne garde les colis que 15 jours ! Je suis à nouveau furieuse : j’avais demandé à l’expéditeur de me prévenir s’il m’envoyait ce colis ! Mais ça, encore, c’est rien !

Guillaume entre dans la salle de bain et en ressort aussi sec : quelle odeur là-dedans ! On se croirait dans une grotte : affreusement humide et ça pue la moisissure. Effectivement, par terre, il y a une grosse flaque… Non, je n’avais pas oublié de couper un robinet, ça s’appelle une fuite. Là, tout ça cumulé, j’ai eu envie de pleurer… Le lendemain, je vais à la Poste : mon colis est reparti. Et pour finir dans la lose, France Telecom m’a coupé mon ADSL samedi, donc je n’ai plus le net… De plus, mes parents sont venus sur Paris, ce week-end, ce qui a donné : ma sœur et moi malades dans la nuit de vendredi à samedi, mon père malade samedi en fin de journée et ma mère malade dans la nuit de samedi à dimanche. Mais quelle famille !

Pourtant, peut-être que tout va s’arranger : jeudi, on m’a remplacé ma chaudière et le plombier a remplacé mon réservoir de WC qui fuyait… Maintenant, faut que j’envoie la facture à mon proprio qui me doit 800 euros, maintenant, youpi… Mais à présent, je peux prendre une super douche chaude (avec de la pression ! C’est nouveau, ça, pour moi, dans cet appart) et ma salle de bain ne sent plus mauvais, il n’y fait plus si froid. De plus, j’ai un déjeuner lundi avec de possibles futurs employeurs donc à suivre… Ma lose serait-elle en train de partir ? Les six derniers mois m’ont appris à ne pas crier victoire trop vite…
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La Bretagne, l’’autre pays de la brouette

Vendredi, 8h30, je bondis de mon lit. Les gens qui me connaissent applaudiront l’effort surhumain : moi, me lever si tôt en période de chômage, ouah ! Hop ! hop ! Valise faite ! Hop ! hop ! revue de presse imprimée pour bosser dans le train. Hop ! hop ! Croquettes et pâtés achetés pour Kenya. Je m’en vais !
brouette bretonne
 
Valise à la main, sandwich dans l’autre, je cours, je bondis dans mon TGV direction : la Bretagne ! Bon, il semblerait que j’ai couché sans le savoir avec le responsable du placement dans les trains : je n’ai personne à mes côtés durant les 3h et quelques que dure le trajet. Première heure, je me plonge avec délice dans la lecture de mon roman : « Le diable s’habille en Prada » (ça mérite un article du dimanche tellement ce roman est jouissif). Deuxième heure, je dors (je vous rappelle qu’il n’y a personne à côté de moi donc je m’étale). Troisième heure : re-lecture, entrecoupée de regards fréquents par la fenêtre : elle est où la mer ? Et bien le train passe trop à l’intérieur des terres pour la voir, bouh ! Evidemment à peine partie, le téléphone sonne : Alice, ma sœur. Comme je suis un peu tordue, j’ai omis de dire à ma famille que je partais en Bretagne ce week-end… Et, évidemment, elle veut à tout prix me voir ce week-end ! Donc je lui sors une histoire débile de week-end chez une copine dans les Yvelines…
 
Loin de la métropole
Arrivée dans une première gare, je saute dans une vieille micheline bien plus âgée que moi pour rejoindre Guillaume. Vingt minutes plus tard, on arrive au terminus et je le vois sur le quai de la gare. Après les embrassades de rigueur, nous fonçons à sa voiture pour… une petite balade (ceux qui ont pensé de suite à la brouette, vous n’êtes qu’une bande de pervers !). Il me montre un peu le coin et je vois enfin la mer (à marée basse, certes, mais quand même). Il faut savoir que j’ai une sainte adoration pour la Bretagne, là où mon grand-père maternel que je n’ai jamais connu est né. Bon, c’était pas dans ce coin-là mais faisons fi des détails. J’y avais passé des vacances magiques, adolescente, j’étais tombée folle amoureuse de ce pays aux falaises majestueuses. Plus tard, j’ai postulé pour un IUT tout proche de chez Guillaume (je ne le connaissais pas du tout, à l’époque) mais j’étais trop âgée, refusée. J’ai eu l’occasion de passer devant les bâtiments de l’IUT en question et…euh… j’ai très peu de regrets, finalement.
 
Il y a le ciel, le soleil et la mer, tout pour un week-end réussi. On se tient gentiment la main avec Guillaume, il me montre pas mal de choses, je suis aux anges. C’est beau la Bretagne, l’herbe est super verte, les maisons sont toutes jolies, avec leur toit en ardoise. Comme je me sens bien dans ce pays qui n’est pas le mien ! Bon, on arrive finalement chez lui, c’est une jolie ferme rénovée qui comporte trois appartements : le sien, un où vit une infirmière et le troisième, vide. Le problème, c’est qu’on entend tout ce qu’il se passe d’un appart à l’autre alors les brouettes risquent d’être compromises si l’infirmière reste là… Bref, je m’installe, bisous, bisous, le voilà qui repart travailler (oui, il avait pris une pause rien que pour venir me chercher). Du coup, je vais fumer dehors et là arrive un chien qui fonce vers moi en aboyant et qui grimpe les escaliers quatre à quatre. Il faut savoir que les chiens, c’est comme les enfants : je ne suis pas habituée. Sauf que les enfants, personne ne les a dressé pour être méchants alors que les chiens, on ne sait jamais… Mais non, celui-là est sympa, il me fait la fête. Bon, j’avoue, il n’était pas très effrayant : il était assez petit et pas bien plus jeune que moi. Puis quand je fais mine de rentrer dans l’appartement, il repart sans demander son reste.
 
Guillaume rentre enfin du boulot et nous fêtons dignement nos retrouvailles. Pour fêter ma présence, il m’emmène dans LE resto classe du coin, un manoir trois étoiles. Ambiance feutrée, le maître d’hôtel est tout sourire (et se brosse les dents avec Colgate, ça brille). A côté de nous, un couple d’un certain âge avec…un chien ! Youpi. Bon, on s’installe, petit apéritif et je sens une douce caresse contre mon pied. Oh, c’est trop mignon, Guillaume me fait du pied ! Ah, non, raté, c’est le chien de la table voisine ! Celui-ci, qui répond au doux nom de Kenny (si, chéri, je te jure que c’était ça !), est rapatrié sous la table de sa propriétaire mais non, il revient ! Du coup, sa maîtresse nous dit en souriant : « Il se met là  parce qu’il y a tellement d’amour entre vous ! ». Heu…
 
Bon, le couple s’en va, tout le monde s’en va, en fait, je me retourne de temps en temps regarder la lune se refléter dans la mer et découvrir petit à petit des rochers qui forment une petite crique au pied de l’hôtel. C’est magnifique, je suis aux anges. Les plats défilent à une vitesse hallucinante : nous sommes les derniers, je suppose que les cuistots n’avaient pas envie de passer la nuit à attendre que nous ayons fini. Au moment du dessert, le maître d’hôtel nous demande si nous sommes de la région, Guillaume lui répond qu’il vient de s’installer, j’indique que je suis une Toulousaine exilée à Paris. Du coup, le monsieur s’extasie (il faut avouer que, très aimable, ce monsieur fut extatique toute la soirée) : « Oh ! Et vous attendez qu’il soit installé pour le rejoindre ? » Heu… C’est pas trop ce qui est prévu mais c’est gentil de poser la question ! Retour à l’appartement, la voisine n’est pas là : hmmmmm ! Comme il fait froid, on se réchauffe.
 
Week-end chargé…
Le lendemain, programme chargé : courses, journée au forum « je-sais-plus-quoi » où y a une piscine, hammam, sauna… puis à 18 heures, rendez-vous dans un bar avec certains de ses amis. Bon, comme d’habitude, on traîne au lit : on ne se lève pas très tôt, on câline, on déjeune, on câline, on câline… Bon, il est trop tard pour aller au forum, il faut aller se doucher là, on va être en retard au rendez-vous… Du coup, comme on aime être en avance, on se re-câline un petit coup et hop, sous la douche ! Forcément, nous arrivons au café où nous avions rendez-vous avec une petite heure de retard… Hum ! Il y a une jolie blonde et deux garçons aux cheveux plus ou moins longs qui jouent dans un groupe où joue Guillaume. Ouais parce que Guillaume est musicien (et hop, un fantasme de plus réalisé !). Il m’a joué de la guitare et m’a interprété sa chanson que j’aime beaucoup c’est un futur tube (comme ça, s’il devient célèbre, ça fera un fantasme réalisé de plus : avoir partagé la couche d’une rock star). On discute, la demoiselle blonde est très sympathique, elle me demande un peu qui je suis, s’intéresse à ma vie et m’explique où nous allons nous rendre. Après avoir avalé un « Breizh cola » (c’est pas mauvais !), nous voici de retour dans la voiture, direction un bled dont j’ai oublié le nom mais c’est pas grave. Une heure de voiture plus tard pendant laquelle on se tripote indécemment les mains (oui, il conduisait). On arrive chez une gentille femme qui nous accueille dans sa demeure, on mange, on boit, on parle, charmante soirée. Mais on ne tarde pas trop, Guillaume est fatigué. Une heure de route plus tard, nous voici couchés l’un contre l’autre… Puis je sens quelque chose de dur poindre dans mon dos. Bien qu’il soit fatigué, le jeune homme a encore de la ressource.
 
Du coup, le lendemain, on voulait se lever tôt pour profiter de la journée et aller se promener sur une île voisine. Mais comme d’habitude, on traîne au lit. Finalement, on finit par se lever et après un bon petit déjeuner, on file à la plage. En chemin, je vois des brouettes partout : les Bretons, ils aiment ça ! Arrivée sur la côte : là, je suis comme une gamine, je marche sur le sable, j’ai envie d’enlever mes chaussures mais il fait trop froid, tant pis. On marche, je regarde discrètement les coquillages incrustés dans le sable en respirant à fond l’air empli d’iode. Je fantasme sur les maisons accrochées sur la falaise, expliquant à Guillaume que si j’avais des sous, j’aurais une maison, là, où j’écrirais mes romans, je marcherais tous les jours une demi-heure en bord de mer après le repas pour digérer et faire fonctionner à fond mon imagination. Il y a un psychanalyste qui a dit qu’on avait chacun notre élément de prédilection. Pour Descartes, c’était le feu, pour moi, c’est l’eau, définitivement. On s’embrasse devant l’immensité aquatique puis on se promène un peu main dans la main avant de retourner à la voiture. Une nouvelle mission nous attend : rejoindre une autre plage pour se poser à un café et voir le soleil se coucher. Boire un chocolat chaud devant un ciel rougeoyant se reflétant sur la mer, c’est quand même un moment franchement agréable. Une fois le soleil couché, on lève le camp : ce n’est pas qu’il fait froid mais si. Soirée calme, dimanche : la voisine est rentrée, on mange tranquillement puis on regarde le DVD d’Axelle Laffont qu’il m’a offert. Je rigole comme une bossue, la voisine doit m’adorer !
 
Une chômeuse en Bretagne
Le lundi, le jeune homme travaille donc je paresse au lit, écoutant malgré moi les bruits de la voisine (la voisine aux toilettes, la voisine téléphone, la voisine fait fonctionner le micro-ondes, hum !). Je profite du calme pour lire ma revue de presse en vue d’articles pour un webzine puis Guillaume rentre, on déjeune tranquillement puis après un chaste câlin de digestion, il repart au boulot. Je finis mon boulot, petite douche, délires sur les blogs puis Guillaume revient. Comme sa voisine n’est pas là… Puis il me joue de la guitare, quelques notes d’un morceau qu’il a composé pour moi. Alors, là, je dois avouer que je suis super flattée : on ne m’avait jamais encore écrit de chanson puis elle sonne bien. Moi qui rêvais d’être muse, me voilà exaucée ! Du coup, j’ai bien envie de le remercier mais souci : la voisine est-elle rentrée ou pas ? Alors, là, nouveau challenge : essayons de faire l’amour en silence. Ce n’est pas, mais alors pas du tout, ma spécialité, ça, mais testons. On commence, je tiens bien le coup et là, on entend la voisine qui rentre. Il faut savoir que quand elle ouvre et ferme sa porte, ça fait vibrer la nôtre, genre : « elle s’est trompée d’appart, elle rentre chez nous ». Et bien, de la savoir à deux mètres de là, pouvant entendre nos ébats, mine de rien, c’est excitant. Il n’empêche que je tiens à dire que j’ai été silencieuse jusqu’au bout (et ce n’étais pas facile) mais ça m’a épuisée comme si j’avais brouetté trois heures non stop. Il n’empêche que, du coup, ça réveille toutes les questions que j’avais sur les cris de jouissance.
 
Hélas, les bonnes choses ont une fin, je dois rentrer. Curieusement, j’ai pris mon billet pour un train maintenu par la SNCF, ma lose serait-elle passée ? Je rentre pleine d’entrain dans mon appartement et je découvre que : France Telecom a re-suspendu ma ligne mais n’a pas oublié de m’envoyer sa facture. Ma chaudière menace d’exploser dès qu’elle se met en route, j’ai l’impression qu’un caillou est coincé dans le tuyau et ça racle, hmmmm ! A peine arrivée sur la capitale, ma sœur m’appelle pour les cadeaux de Noël. Ce soir, j’appelle ma mère (elle m’avait appelée hier soir pour râler car je ne l’avais pas fait…) et lui raconte mes malheurs et elle me dit : « Oui, j’ai essayé de t’appeler sur ton fixe, hier, t’as pas répondu ». Bon, très bien, ma mère sait que je n’étais pas chez moi ce week-end, elle ne m’appelle JAMAIS sur mon fixe. Ah ben elle qui me trouvait « étrangère » ces derniers temps, voilà que j’ai bien arrangé mon dossier.
 
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La visiophonie, c’’est le diable !

Cette semaine, comme tu sais, lecteur, je suis allée à France Telecom. Alors que j’attendais que le vieux devant moi ait fini son caca mou à cause d’un minitel qu’il fallait commander. Je me lance dans un exercice de respiration ventrale. Non, ne va pas crier sur le vieux en lui disant que France Telecom lui prête gracieusement un minitel donc il peut patienter quelques jours… Et puis le minitel, ils doivent être trois en France à l’utiliser encore.
Coucou!
 
Pendant que monsieur fait un scandale parce que le vendeur veut pas lui montrer le seul modèle en réserve (« je veux voir la dimension ! » « Mais c’est la même que celui que je viens de vous montrer » « Mais je veux le voir quand même ! Ah depuis qu’il y a la concurrence… »), je jette un œil à droite, à gauche, et je tombe sur un objet bizarre : un mini ordinateur portable aux coins arrondis et tout blanc. Ah, j’ai compris, c’est le téléphone nouvelle génération : la visiophonie. Je fais la moue : je suis totalement contre la visiophonie et pourquoi ?
 
Il faut savoir que, dès le départ, j’aime pas le téléphone. Pourquoi ? Parce que contrairement à des conversations sur MSN, je peux rien faire d’autre et, ça, ça m’agace. Evidemment, on me répondra : et le téléphone sans fil ? C’est le pire des mouchards ! Par exemple, vous téléphonez et il est l’heure de faire la vaisselle, mettons. Vous faites couler l’eau et, là, immanquablement : « mais tu fais quoi ? C’est quoi ce bruit ? ». D’autant que sans fil ne veut pas dire sans mains : calez-le contre votre épaule et ça donnera : « alors, frtttt, frtttt, ça va ? frrrrt Oui, moi ça va, frrrrrrt et…. Bam ! ». Et je ne parle pas de ceux qu ont une irrépressible envie d’aller aux toilettes pendant que vous racontez votre vie (de là à dire que vous êtes chiants…). Non mais imaginez vous êtes en train de pleurer sur le fait que Jean-Robert a annulé votre repas pour la 150ème fois vu que vous avez déjà forniqué la veille, il ne va pas s’emmerder à dîner avec vous ce soir. Donc, en pleine : « bouhouhou, Jean-Robert est un salaud, bouhouhou… » le téléphone produit un « plouf ! » étrange. Bon, vous laissez à votre correspondant le bénéfice du doute quand un nouvel étrange son ponctue votre litanie sur Jean-Robert : ça s’appelle une chasse.
 
Comme si le téléphone n’était pas assez pénible, voici un nouvel engin de torture : le téléphone mobile. Hé oui, maintenant, vous êtes joignables partout !Déjà, j’ai une
théorie linguistique : je ne sais pas si vous avez remarqué mais quand vous décrochez votre portable, votre correspondant ne dit plus bonjour mais : « t’es où ? ». Donc je dis que dans quelques années, on dira : « t’es où ? » à la place de « allo ? ». Bref, le portable, c’est pénible : si vous répondez pas, vous avez droit à un message : « et bé, tu réponds pas à ton portable ? » Si, je réponds mais c’est plus marrant d’imiter le répondeur… Puis si on ne répond pas, les gens finissent par s’inquiéter : « Ça fait 10 fois que je t’appelle en trois minutes, pourquoi tu réponds pas ? ». Oui, des fois, il m’arrive d’oublier le portable chez moi…
 
Donc, voilà, déjà avec le téléphone, on n’est plus très libre. Mais imaginez avec la visiophonie. Déjà, elle est disponible depuis quelques temps sur les mobiles, Gauthier l’avait
mais il était à peu près le seul donc très utile… Je me souviens d’un jour où son super ex pote Damien l’avait appelé, on était au McDo et c’était encore plus pénible qu’une personne qui téléphone car, là, il était obligé de regarder son écran avec l’autre qui ne disait rien, en plus, super conversation… Mais la visiophonie, c’est génial, la visiophonie, c’est super, beurk ! Maintenant, au lieu d’entendre ce que l’on fait, notre correspondant va le voir. Et moi, je suis contre, je veux garder mon intimité.
 
Certains me répondront : « mais tu n’es pas obligé de l’allumer ». Ah oui, certes, mais si vous l’allumez pas, il y aura toujours quelqu’un pour vous demander pourquoi. Or personnellement, il m’arrive de répondre au téléphone :
– alors que je viens de me lever et que j’affirme le contraire
– en pyjama, pas peignée, pas maquillée
– en sortant de sous la douche, donc nue.
Donc, si vous n’allumez pas votre visiophone, votre correspondant vous sortira une de ces trois hypothèses :
« Ah, toi, tu viens de te lever.
– Non…
– Bah allume la visio alors. »
Sans parler des maris jaloux qui croiront que leur épouse n’allume pas le petit écran car elle est en galante compagnie. Je dis : la visiophonie, c’est la mort du couple.
De plus, la visio est un retour en arrière : finie la liberté de se promener en téléphonant, vous êtes obligés de rester devant et vous ne pouvez strictement rien faire, si ce n’est regarder bêtement votre correspondant. A ce niveau-là, autant se voir directement. Et puis on a déjà les webcams (moi, évidemment, je n’en ai pas), je pense que les personnes susceptibles de s’intéresser à cette technologie ont déjà le net. Et puis les webcams, ça ne me passionne pas non plus, voir la personne qui me fait un coucou et qui m’oblige à laisser sa fenêtre MSN en premier plan, bof…
 
Car le problème dans tout ça, finalement, c’est que les gens vont s’introduire chez nous sans forcément y avoir été invités car, comme pour le portable, ça va vite devenir malpoli de ne pas allumer notre écran, de ne pas nous montrer au réveil dans notre appart en bordel, de ne pas rester bêtement assis devant un écran pendant une demi heure pendant que votre interlocuteur vous fait coucou, vous montre son petit dernier, le chat, le magazine qu’il est en train de lire, les chaussettes qu’il vient d’acheter… La visiophonie, c’est l’enfer, la visiophonie, c’est la vieille copine collante qui débarque chez vous par surprise, qui décolle jamais alors que, vous, vous vouliez regarder une connerie devant la télé en mangeant une cochonnerie en pull XXL et jogging.
 
La visiophonie, c’est le mal.
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