Avance rapide

C’est lundi et comme tous les lundis, je souffle. Je souffle en pensant que c’est parti pour cinq jours. Je souffle en pensant à ma to do list de la semaine. Je souffle en me disant que je n’ai aucune surprise à attendre de cette semaine. Parfois une petite soirée en phare dans la nuit et encore… parfois, j’ai la flemme. C’est officiel : je suis dans le spleen de novembre et parfois, j’aimerais faire une petite avance rapide sur ma vie.

Spleen automnal

Je suis souvent insupportable. Pressée de vivre des trucs cools. La routine m’ennuie au possible. Me lever sans perspective d’un truc un peu cool (un ciné, un verre entre gens de bonne compagnie, peu importe) me donne juste envie de rester roulée en boule sous la couette, collée au corps chaud de mon cher et tendre. Cinq jours avant le week-end. 26 jours ouvrés avant Noël. Heureusement ce week-end, petite escapade chez mes parents et début décembre, petit tour à Bruxelles. S’accrocher à ces petites parenthèses, ces bulles d’oxygène ++ en attendant le regain. Déjà les week-ends sont accueillis comme le Messie mais deux jours pour tenter de faire autre chose, s’extirper du métro-boulot-dodo, c’est si court…

Un couple heureux enlassé sur un canapé avec un chat

C’est en général dans ses périodes là que je tombe dans le “à quoi bon ?”. Je suis une fille à projets, moi. Des projets de romans, de blogs, de loisirs créatifs. Je veux me mettre au tricot, à la couture, au paper art, écrire, colorier, tenter le montage vidéo, m’engager, lire aussi. Me cultiver, apprendre, savoir. Je veux, je veux. Et faire du sport parce qu’un corps sain booste les neurones fatigués. Mais voilà, la fatigue, justement. Le soir, après une journée à faire ce qu’on peut pendant 8h (au moins…) avec juste une pause entre midi et deux pour se souvenir qu’on peut rigoler aussi, 1h de trajet avant, 1h de trajet après, mon cerveau ne veut pas, ne veut plus. Une série ou des vidéos Youtube qui “prennent pas la tête” ou vulgarisent comme il faut pour que je puisse avoir ma petite dose de savoir sans trop mobiliser ma matière grise. Je n’allume pas mon pc, je n’ai plus touché mon journal intime depuis avril (alors qu’il s’en est passé des choses depuis genre j’ai changé de taf et compris qu’en fait, c’était le travail que je n’aimais pas et pas les gens autour… Même si certains, je vis mieux sans qu’avec, c’est vrai), même mon coloriage avance peu voire pas. Non le soir, je furète entre Twitter lire des mots qui m’indiffèrent de plus en plus, et Instagram avec des gens qui feignent des vies parfaites et tripotent du slime (je suis allée tellement loin sur Instagram que j’ai fini par tomber sur une vidéo tirée d’un film X ou érotique japonais… je fus perplexe). Je découvre certes de jolis endroits mais les photos ne sont-elles pas trop retouchées ? Ce lieu existe-t-il vraiment ?

Décor fantasmé

Je sais qu’en ce moment, il n’est pas prévu qu’il arrive un truc cool. J’ai commencé l’année en cherchant un nouveau taf, je l’ai trouvé. Je ne cherche pas à faire d’enfants, je n’attends pas une demande en mariage (“je n’attends pas” dans le genre le mariage ne me parle pas du tout donc je suis pas sûre que ça me ferait plaisir), on ne cherche pas encore notre appart à acheter (ce sera l’an prochain). Alors évidemment, je mise un peu sur les événements heureux de mes copains et copines, on a un mariage et un bébé en approche, peut-être un changement de vie… Mais à part ça, le calme plat.

Eaux calmes à Hambourg

Oui, il est vrai que parfois, le calme plat, ça fait du bien aussi surtout que l’année fut intense et c’est peut-être pour ça que je suis un peu fatiguée, aussi. Sans doute devrais-je rester “recroquevillée sur le bord de la vie et j’attends qu’elle passe”, comme dit Anna Gavalda dans La vie en mieux. Et quand j’ai débuté cet article y a une semaine, j’étais un peu résignée à ça, à attendre que ça passe…

Avance rapide

Mais depuis, j’ai pété un câble et je repars en recherche d’un nouvel emploi, en espérant ne pas tomber sur un.e N+1 toxique parce que je commence à avoir une jolie collection et je commence à être un peu lassée, là. Je vous raconte semaine prochaine.

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Une nouvelle ère arrive

10 ans de blog, c’est pas rien. C’est la première fois que je tiens un projet aussi longtemps même si je ne suis pas sûre que le terme projet soit vraiment bien choisi vu qu’il n’y a ni but ni objectif. Ce blog a grandi avec moi, il m’a accompagnée dans une décennie importante pour moi, peut-être la plus essentielle de ma (courte) vie. Celle où j’ai définitivement coupé le cordon, celle où je suis devenue totalement indépendante, celle où j’ai débuté ma carrière. Celle aussi où j’ai fait des (petites) conneries, où je buvais un peu trop facilement pour oublier le vide de ma vie. Avec le recul, certains articles me sont pénibles à lire mais c’est pas mal d’avoir un petit rappel de cette période moisie histoire de pas retomber tête la première dans certains travers.

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Ce blog, c’est un peu un compagnon discret, il m’a suivie durant 10 ans, a évolué avec moi mais parfois, je me questionne : est-ce que ça sert de continuer ? Est-ce que je pourrais pas mieux utiliser le temps que j’y consacre pour quelque chose de constructif ? Mon éternel à quoi bon. Parce que s’il m’a ouvert des portes à l’époque où je cherchais du taf, je l’ai ensuite un peu maltraité, laissé mourir la communauté qui s’était développée autour parce que je n’ai plus le temps d’aller commenter partout, tisser des liens d’amitié (somme toute relatifs), de faire grossir mes réseaux… Pourtant, si je retravaillais un peu tout ça, je pourrais faire repartir le feu (d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux), j’ai chopé quelques notions de SEO, je suis quand même consultante senior social media* donc je repimpe un peu tout ça et je reprends les portes ouvertes, je pourrais même faire un peu de pub dessus histoire de remplir ma cagnotte à voyages et…

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Et bien non. Le défi est intéressant, ça me rajouterait une petite pierre à mon CV comme à l’époque mais je n’ai juste pas envie. Parce qu’en fait, les vingtenaires, c’est mon antre et j’ai pas envie de le saloper avec un esprit mercantile, en fait. Puis c’est un peu mon petit cocon où je m’amuse à écrire ce que je veux quand je veux, mon labo de production en quelques sortes. Et puis les soirées blogueurs, j’en ai fait quelques unes à l’époque et quand tout le monde a commencé à se prendre un peu au sérieux, c’était tellement la guerre d’ego que ça m’a bien blasée. Vous n’imaginez pas le niveau de saloperies balancées dans le dos des uns et des autres, tout sexe, âge et thématique de blogs confondus. Ce que toi, tu prends pour un jeu, un loisir sympa le soir, certains le prennent comme une question de vie ou de mort. Alors bien sûr, certains en ont fait leur vrai métier (d’ailleurs, ce sont rarement ceux qui crachent dans le dos vu qu’ils ont intégré le fait qu’on n’était plus au lycée) mais d’autres se prennent tellement pour des demi Dieux dès qu’ils dépassent 500 lecteurs par jour (ce qui n’est franchement pas ouf non plus). Alors entre ça et les “si t’es copine avec Bidule, on va pas être copains”, bof non. Puis j’ai besoin de mes soirées pour voir Victor, mes amis, faire du sport ou juste glander. Donc pour un produit que j’aimerais découvrir de temps en temps, le jeu n’en vaut pas la chandelle (puis en fait, moi, je voudrais juste partir en voyage mais avec mes amis ou mon copain, pas avec des gens qui me fatiiiiiiiiiguent). J’ai cependant l’ambition de lancer un blog plus calibré là dessus avec un thème spécifique mais pas ici.

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A quoi bon le garder alors ? Et bien tester, m’amuser, organiser un peu ma pensée. Là, par exemple, je me dis que je dois me mettre au flat design, infographies et vidéos, ça m’intrigue. Quoi de mieux que mon petit espace virtuel pour m’y amuser sans pression ? Si je fais un truc foiré, c’est pas trop grave, je perdrai au pire un lecteur ou deux ici agressé par la laideur de mon rendu MAIS ça ne fâchera aucun de mes clients et ne mettra pas en péril ma carrière. Au mieux, j’arrive à faire des trucs bien sympas et finir par les intégrer dans mes recos ou animations.

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Et puis, en ce moment, je brûle d’envie de raconter des histoires. J’ai déjà pris un peu ce chemin là par le passé sans le suivre bien loin comme avec la série quasi morte née “une histoire d’amour” et les aventures d’Audrey. Alors pour cette dernière, je la mets en stand by pour le moment car j’ai plein d’idées et je dois travailler dessus mais je sais pas si je vais pas relancer la première. Et réaliser quelques mini strips dans le style des illustrations d’Audrey pour m’entraîner à utiliser Photoshop et progresser là dessus. Même si, pour le coup, ça me prend bien plus de temps qu’écrire un article, activité à laquelle je peux parfois m’adonner au bureau quand je mange devant mon écran alors que faire du photoshop, non, vu que j’ai pas le logiciel.

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Bref, Vingtenaires version 10, c’est parti : plus d’histoires, d’expérimentations en tout genre et, je l’espère, de voyages !

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* J’avoue que ce titre très sérieux me fait un peu rigoler, d’autant que je ne m’en sers jamais dans la vraie vie hors signature de mes mails pro

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Je t’écrirai les mots bleus

Ceux qu’on aimerait dire avec les yeux mais on le fera avec le clavier car pas le choix.

Sur les sites de rencontre, les chats sont souvent blasants tant la conversation est creuse. Parce qu’on veut aller vite et conclure l’affaire, parce qu’on parle à plusieurs personnes en même temps, parce que personne n’a jamais trouvé que le chat était un medium adapté pour disséquer la dialectique d’Hegel. Donc vous vous sentez à peu près aussi à l’aise dans la séduction sur un chat de site de rencontre que dans les toilettes d’un parking option néon qui clignote. Bref, c’est pas la gagne. Pas de panique, vous allez pouvoir user de votre plus belle plume grâce à l’option mail et déclarer ainsi votre flamme à votre proie.
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Envoyer un mail, ok, mais comment débuter ? On s’adresse à une personne qu’on ne connaît absolument pas, on a à peine les quelques éléments renseignés sur sa fiche. Et non, ça lance difficilement une conversation un « hé salut, alors comme ça, tu mesures 1m71 et tu bosses dans la pub ? Moi, je culmine à 1m86 et je suis prof. » Oui et la marmotte… Un mail, ça se travaille. En un, on bannit les mails de 3 mots. On n’est pas sur le chat, souvenons nous. Un « salut ça va » en mail, c’est l’ennui. Et tant qu’on y est, salut ne s’écrit pas slt et bonjour ne s’écrit pas bjr. Pardon mais si tu fais même pas l’effort d’écrire un mot de 5 à 7 lettres en entier, j’ai de légères craintes quant à la suite possible de notre relation.
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Alors on dit quoi ? En général, choper deux ou trois éléments de la fiche est une bonne idée, ça prouve que vous avez au moins fait l’effort de la lire. Selon le réseau, vous aurez quelques infos sur les goûts littéraires, musicaux ou cinématographiques de votre proie, ses loisirs. Essayez de taper là dessus. « Oh, tu fais de la plongée ? Moi aussi ! » « Ah enfin quelqu’un qui connaît ce groupe fort peu connu et pourtant tellement génial », voyez l’idée. Ca n’enclenchera pas forcément une réponse car, ne l’oublions pas, pour 95% des échanges, c’est la photo et non le contenu du mail qui encouragera votre proie à cliquer sur le bouton « répondre » mais au moins, vous pourrez sortir du lot.
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Devant cette incertitude, la tentation de jouer la carte du copier/coller est grande. Reprenons ma comparaison favorite : « la recherche de l’amour, c’est comme la recherche du travail » : en recherche d’emploi, on a souvent la tentation de balancer à tout le monde la même lettre de motivation, à peine personnalisée, surtout une fois qu’on a réussi à en pondre une correcte. Quand je dis on, je dois plaider moi même coupable… Et après tout, pourquoi pas ? On sait bien combien ces mails restent souvent sans réponse, autant se la jouer stakhanoviste du mail. Envoi, envoi, envoi… Un message un peu enlevé, humoristique mais qui n’oublie pas l’autre personne, ça peut marcher.
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Car oui, il ne faut pas oublier que vous vous adressez à quelqu’un. Ouvrons une parenthèse personnelle : sur le site de rencontre que je fréquente parfois, un homme m’envoie régulièrement des mails, confondant manifestement ma BAL et son blog. Il me raconte sa vie « ah, enfin, le week-end, je l’attendais avec impatience, ma semaine fut dure. Du coup, demain, ciné avec mon fils ». Mais que me voulez-vous monsieur ? Le pire, c’est qu’il a dû m’envoyer une demi douzaine de messages et je me demande à chaque fois s’il se souvient qu’il a déjà essayé de me contacter. Et le encore plus pire, c’es que comme j’ai donné l’adresse de ce site à quelques unes de mes copines, je sais qu’il leur envoie régulièrement le même message. Ecoute, mec, je te répondrai le jour où ton narcissisme sera moins flagrant.
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Et voilà qu’enfin, on vous signale un nouveau message ! Un poisson a mordu à l’un de vos hameçons. Et maintenant, comment on gère la suite ?

On verra ça la semaine prochaine (je devrais arriver à l’écrire d’ici là)

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Sérieuse tentative d’evasion chez Pubilon


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Comme je le disais dans mon précédent article, je me la coulais un peu douce aux abords de Noël. Chercher du travail ? C’est plus le moment, tout le monde est en vacances, moi la première. Mais la recherche d’emploi ne te laisse pas de répit et après le SIG, le sort allait encore frapper.

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Juste avant Noël, je descends donc chez mes parents. Un soir, je papote avec Gabriel sur msn, il m’explique qu’il a été approché par un nouvel employeur et qu’il risque donc de changer de taf. Le lendemain, on m’avertit que j’ai un message sur viadeo où je réseaute comme une folle. Sceptique (le nom de mon interlocutrice était écrit tout en majuscule), je vais tout de même lire, pensant à un énième « salut, rejoins mon groupe » ou un « salut, je cherche du taf, t’en as ? ». Et là, énorme surprise : « Bonjour, nous recherchons un responsable marketing, ça vous intéresse ? ». Oh ben merde alors ! C’est sérieux ? Je googlise rapidement le nom de la boîte, ça n’a pas l’air trop mal. Je recontacte la fille, Khadija. Le poste est à pourvoir très vite, il faudrait que je vienne en entretien très vite. Rendez-vous est pris au 30 décembre (oui, c’est urgent donc).

Urgent

Je refais mon « je vais en entretien en cachette » mais en plus relax vu que la seule autre personne à ne pas être en vacances dans la boîte, c’est Isadora. Entretien idyllique, je rencontre Khadija, donc, ainsi que Raphaël, le directeur marketing qui a la particularité d’avoir une casquette sur la tête. Après une première partie de l’entretien, Raphaël nous quitte et Khadija me dit de but en blanc : « bon, il a l’air très intéressé, on va vous faire une proposition. Vous pouvez démissionner quand ? ». Heu mais je… doucement fillette, je ne suis pas celle que tu crois ! Je lui explique que oui, ok, super mais moi, je démissionne pas sans papier officiel. Même si elle a tenté de m’appâter avec un coin cuisine avec frigo (le truc qu’on réclamait à corps et à cri chez Pubilon) et machine à café. Et l’ambiance jeune sans parler du quartier, extrêmement pratique (Bourse, à quelques mètres du premier bureau de Pubilon).

salle-detente

Quelques jours plus tard (je ne me souviens guère de la chronologie, en fait), sans nouvelles, je rappelle Khadija : « Oui, oui, on va te prendre, il faudrait que tu demandes à ton boss combien il te laisse de préavis. » Ouiiiiiii mais moi, je démissionne pas comme ça non plus, hein, il me faut un papier officialisant le truc. Bref, quelques jours plus tard, Khadija me rappelle pour m’expliquer qu’il faudrait que je passe un nouvel entretien avec le PDG de la boîte, ce qui me paraît logique. Rendez-vous est donc pris entre midi et deux (les
entretiens les plus stressants de tous rapport au fait que j’étais priée de ne prendre qu’une heure de pause déj, pas une minute de plus. Ce qui, en pause déj entretien n’est pas gérable). Je rencontre le PDG en compagnie de Raphaël (qui est drôlement mignon sans sa casquette, tiens) et Khadija qui me regarde comme une maman regarderait son enfant faire ses premiers pas. Touchant. L’entretien se passe tout aussi bien.

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Puis j’attends. Tous les dimanche soirs (enfin, y en a eu deux ou trois), je me fais belle à coup de masques et de gommages car, s’il le faut, « cette semaine, je démissionne » et que je voulais être canon pour le faire. Mais un jour, le rêve se brise. Coup de fil de Khadija : « ouais, en fait, on n’ouvre pas le poste, désolée! ». Cruelle déception car j’y ai cru, vraiment, tous les signaux étaient au vert. Mais en même temps, un sentiment pervers de soulagement car la démission m’angoissait profondément. Mais cette histoire m’aura confirmé un truc essentiel : ne jamais poser sa démission sans papier officiel de l’autre boîte !

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Après un instant de chouinage, j’ai repris mes recherches. Il fallait que je me barre, ma santé mentale en dépendait.

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Warhol avait presque tort

Depuis maintenant trois ans (Ciel!), je bosse sur les communautés du web. Blogs, forums et même Facebook, Twitter, Youtube… J’ai juste raté le train myspace même si j’ai dû créer un compte pour un client, un jour. Et ce qui est fascinant dans tous ces microcosmes, c’est le sentiment de starification et la vitesse à laquelle on chope le melon. Attention, je suis influente, parle moi correct !


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(c) largentula

Avant même de travailler en lien direct avec les blogueurs, je connaissais le phénomène de blogueur influent et m’en amusais follement. Influent de quoi, de qui ? En tant que lectrice adulte et dotée d’un libre arbitre, je ne vais pas consommer tout ce que me conseille un blogueur surtout quand il est rémunéré pour (oui, je suis en train de lamentablement cracher dans la soupe). Ca peut permettre de découvrir un produit ou un service, bien entendu, mais quand j’entends certains blogueurs influents expliquer qu’ils peuvent faire ou démonter une marque, je me gausse. Par exemple, la blogosphère influente s’est passionnée pour « La personne aux deux personnes », film avec Chabat. Résultat : le film fut un bide. Quelques uns sortent leur épingle du jeu comme Pénélope, Boulet, Margaux Motin pour les dessineux, quelques blogueuses mode ont pu travailler sur une collection de mode comme les chaussures André. C’est bien. Mais cette micro célébrité en rend certains parfaitement imbuvables. Persuadés limite d’avoir le droit de vie ou de mort sur une marque, une agence de comm ou même ta carrière, ils dénigrent en permanence. Comme disait Pink, un champagne tiède servi dans un gobelet en plastique et c’est tout un drame. Dans mon ancien taf, j’avais parfois la sensation qu’on avait créé des monstres. Non mais c’est vrai, concrètement, qui sont les blogueurs ? Des gens qui bossent dans le marketing ou la comm, des
étudiants, des journalistes et des inactifs, pour l’essentiel. Pour les étudiants et les inactifs, cette microcélébrité leur permet soudain d’exister, d’être quelqu’un, les marketeux prennent leur revanche sur des marques trop exigeantes en profitant du système et les journalistes se la jouent vigie moralisatrice parce que eux, c’est leur métier d’écrire et pas les autres. Ok, je caricature mais on n’est pas si loin de la vérité. Ah, j’oubliais les graphistes-illustrateurs mais la blogo-BD est un peu différente dans la mesure où ils ne courent pas après les marques, juste après un contrat d’édition et des piges ce que je trouve bien plus noble, pour ma part.


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C’est bien joli tout ça mais prenons conscience d’un truc : la blogosphère est un microcosme protéiforme où ta célébrité est complètement relative. Je vais prendre mon cas en tant qu’internaute vu que c’est celui que je connais le mieux. Quand j’ai commencé mon blog, en 2005 (ouais, je suis pionnière presque, t’as vu ?), j’en connaissais que très peu et essentiellement dans mon univers, soit les blogs journaux extimes ou « chroniques de vie », comme j’aime dire. Puis alors que je cherchais du travail, ma soeur m’a appris la notion de buzz et je me suis ouverte aux blogs marketing, j’ai commencé à lire des mecs célèbres sur la blogo dont je n’avais jusque là jamais entendu parler et qui n’étaient pour moi que des blogueurs au même niveau que moi. Crime de lèse-majesté s’il en est, je me comparais, moi et mon millier de lecteurs, à des blogs avoisinant les 4000 lecteurs par jour. Vilaine fille, tu seras flagellée en place
publique. Mais calculons un peu : 4000*30 (je suis gentille, je ne tiens pas compte des baisses du week-end), ça nous fait 120 000. Considérant qu’il y a en France (on va dire que les lecteurs sont tous Français même si rien n’est plus faux) environ 65 millions d’habitants, on va dire que la moitié d’entre eux a le web, soit 30 millions en arrondissant vers le bas. Donc 120 000 sur 30
millions, ça nous fait… 0.4%. Paie ton influence. Alors évidemment, on va me dire que ce qui fait le buzz (je refuse d’utiliser le mot ramdam, je trouve ridicule tous les sites qui changent de vocable du jour au lendemain parce que les mots anglais, c’est plus possible. Alors on a pris un mot arabe à la place), c’est la multiplicité des sites qui en parlent. C’est vrai. Et il est vrai aussi que les médias « traditionnels », surtout ceux en mal d’actu, vont se précipiter sur ces buzz pour remplir leurs colonnes. Sauf que ça n’intéresse que nous. Je suis au bord de la jouissance quand je parle à des gens qui ne connaissent pas le blogueur influent dont je leur parle. Et y en a beaucoup. Parce que oui, la blogosphère n’intéresse majoritairement que les blogueurs et les annonceurs évangélisés. Et encore, tout blogueur ne connaît pas la noblesse influente qui se croit au sommet car elle a fait une soirée avec des VIP genre des acteurs qui passent à la télé et tout. Le blogueur est un formidable pique-assiette. Puis il ne faut pas oublier que l’audience de ces blogs vient en immense majorité (jusqu’à 80%) de Google. Je ne sais pas vous mais quand je cherche un truc sur google et que je tombe sur un blog, je n’en retiens pas forcément le nom, je prends l’info et je le quitte. Influent mes fesses, oui.

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Autre phénomène qui me fascine, c’est Twitter. J’adore Twitter, j’adore lire les conversations, observer mes congénères et bitcher ensuite avec Vicky. Parce que, là, pour le coup, c’est comme un immense lycée avec les populaires qui pètent très haut au dessus de leur cul (je suis suivie par 4589 personnes mais moi, j’en suis que 13, des very very VIP) et dont on cherche à attirer l’attention à coup d’insertion de leur pseudo dans nos tweets. Oui, pour ceux qui ne connaissent pas Twitter, quand je veux interpeller une personne, je mets un @ devant son pseudo. Exemple pour me parler, c’est @ninabartoldi. Si la personne me suit, elle verra mon message dans sa timeline mais si tel n’est pas le cas, elle peut cliquer sur le lien « @sonpseudo » de la colonne de droite et voir tous les messages lui étant adressés. Perso, j’ai tendance à ne pas causer à ceux qui ne me suivent pas, je n’ai pas besoin de l’attention de ceux qui ne souhaitent pas me la porter. Ces populaires, stars d’un jour, snobent donc l’ensemble des petits comptes. Beaucoup usent de la technique de l’abonnement massif. Ils vont suivre plusieurs centaines de comptes et quand ils ont leur petit public, ils virent tout le monde pour avoir un ratio d’abonnés largement supérieur à celui de comptes suivis, pseudo gage de qualité. Sauf que perso, comme déjà dit, si la personne se désabonne de mes tweets, je pars du principe que je ne l’intéresse pas donc je ne vois pas l’intérêt de continuer à la suivre puisque tout dialogue l’ennuiera. Puis j’aime pas parler dans le vide. Sans parler du fait que j’ai des amis dans la vraie vie donc je ne
suis pas à un follower près (j’ai tendance à ne pas savoir combien j’en ai, je passe par un client twitter qui ne me l’affiche pas). 

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Autre cas qui me fascine : l’attention whore ou les aspirants populaires. Le but est de faire un max de bruit, de faire parler de soi pour faire péter le nombres d’abonnés. Chez les femmes, ça se manifeste par la nana qui va allumer toute la timeline en ne parlant quasi que de sa vie sexuelle (souvent fantasmée, j’ai du mal à croire que les hyperactives sexuelles passent toutes leurs soirées chez elles à twitter), du fait qu’elle est plus bonne que la plus bonne de tes copines, à sauter sur tout ce qui est sexuellement comestible (hommes comme femmes, la salope est forcément bisexuelle, ça suscite plus) en promettant mille fellations et levrettes… Au point qu’elle en devient sexuellement agressive et pénible. Surtout quand vous avez le malheur de suivre ce compte et celui de sa proie et de suivre une parade pré-coïtale qui n’a quasi aucune chance d’aboutir, l’attention whore étant souvent une simple allumeuse qui ne couche
pas. Si tant est que ce soit bien une femme derrière, j’ai des doutes. Bien entendu, certaines attention whore sont à prendre au 2nd degré et sont de fait très drôles mais souvent, on sent bien qu’elle a beau revendiquer un second degré, le fait est qu’elle cherche le follower et l’attention. Son slogan pourrait être : « Pitié aimez moi! ». 

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La célébrité sur twitter est encore plus éphémère que sur les blogs. On va s’enflammer sur votre cas pendant quelques heures avant qu’un autre prenne la place. Je lisais ce matin un article intéressant sur le sujet, un mec, qui n’a même pas d’avatar, s’est retrouvé star de Twitter car il est le seul compte suivi par Kanye West. Du coup, le gars n’ose plus twitter, scruté par des milliers de gens. Ce que je peux comprendre. Twitter est un formidable outil pour se divertir, s’informer un peu, lire des plumes particulièrement percutantes et acérées (vas-y toi être intéressant en 140 caractères), jouer un rôle. Bien maîtrisé, il est également un bon outil pour les marques qui peuvent discuter avec leurs clients (ce que beaucoup n’ont pas compris, elles se contentent de poster du lien, je ne les suis jamais dans ce cas). Mais la pseudo célébrité sur Twitter, sérieux ? Bon, évidemment, je ne twitte que sous mon nom de blogueuse donc d’un point de vue perso, ça ne m’aidera pas à me faire connaître mon e reputation est ailleurs (cette semaine, un site spécialisé média a annoncé mon arrivée chez mon nouvel employeur, je deviens une community manager célèbre presque… Ca fout la pression !). Pire, je serais emmerdée d’être plus connue sous Nina que sous mon vrai nom… 

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Je suppose que bosser sur le web permet de relativiser cette micro-célébrité. Je vois aussi le phénomène sur les forums où les populaires font la pluie et le beau temps, au point que les nouvelles commencent à être terrorisées à l’idée de poster un message et d’être rembarrées par les stars. Si nos forums explosent littéralement les blogs en terme d’audience, chaque sous section reste finalement une petite place du village. Mais voilà, grâce au web, on a la sensation d’avoir droit à notre quart d’heure de célébrité, voire même plus. Pour ma part, j’ai été citée plusieurs fois dans des journaux et même dans un livre de sociologie (sex@mour de Kauffmann qu’il faudrait quand même que je lise, je ne lis que très peu en ce moment, c’est mal) alors je pourrais un peu me sentir une sorte de « référence ». Une référence de quoi, là est toute la question… (alors que j’ai été publiée sous mon vrai nom dans une revue d’histoire
à l’époque, ça compte bien plus à mes yeux).

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Le Gamin de ma Nana

Par Lucas

Bon OK,  j’avoue.
Il y a 15 jours je comptais vous faire une bafouille « moi je « . Un truc mâtiné de vérités faciles et ternes, de clichés putrides et stériles… Tout ça parce que le 3 août j’ai passé la barre fatidique : mon âge commence maintenant par un 3 ! Sur ce sujet, Enzo nous avait gratifié d’un article bien sympa que vous trouverez sur cette page, et j’ai senti  venir l’article doublon. Sauf que moi j’aurais mis plein de phrases à la con ! Et des tas de conseils de vieux schnock ! Ouui, des conseils de vieux con à l’attention des jeunes vingtenaires nécessairement niaiseux car jeunes. Strange paradox : pour les romains l’adolescence allait jusqu’à 30 ans et aujourd’hui j’ai l’impression qu’un gamin de 10 ans est plus mature que moi quand j’en avais 16… Bon allez passons ; je préfère évoquer un autre sujet.

Comme vous le savez, depuis septeumbeur twenty ho eight, je suis diplômé. Bien sûr je n’ai pas attendu le papelard pour chercher un taff mais sans succès. Depuis avril 2008, je virevolte toute la journée sur les sites d’emploi, de l’ANPE à Candremploi en passant par UK Job et même la Craig List…  De fait, une fois que les annonces ont été sélectionnées, les lettres personnalisées écrites, les mails envoyés, je vais hurler un grand coup sur mon balcon et, avant d’aller courir pour oublier tout ça, je vais me balader sur d’autres pages, notamment les sites dits de rencontre. Je vous ai déjà parlé de Adopte Un Mec. J’y ai fait quelques séjours de 3 semaines, de ci de là, blasé à chaque fois par la médiocrité fulgurante des nanas (c’est bien simple : les plus mieux étaient happées/submergées par les mecs qui avaient un abonnement ou alors elles quittaient le site au bout de 3 jours ou bien c’était moi qui n’était pas à la hauteur,  hypeeeeeeer vexant…) Bref, l’épisode Adopte passé, un beau jour de juillet, sur FB, j’ai cliqué comme un benêt sur une pub pour AW qui proposait un mois gratuit histoire qu’on devienne accroc (et qu’un bot nous interpelle juste avant la fin de la période d’essai histoire qu’on prenne un abonnement…) D’ailleurs cette bande de nases fait comme Facebook : lorsque tu te désinscris, ton compte reste quand même et il faut envoyer une requête par mail pour que son profil soit viré. Ya vraiment des coups de pied au cul qui se perdent. Surtout quand on te prend pour un abruti en te faisant croire que ton profil doit être validé par les membres pour que tu sois accepté par la commiounity.

Bref…
Je râle, je râle,
Toujours est-il que j’ai rencontré un soir une nana IRL.
Petit diner sympa, on discute, ca colle bien, on rigole et les anges passent. De fait, on sort du resto, elle regarde sa montre et elle me propose de passer chez elle.
On vous l’a déjà fait le coup du dernier verre ??
Je précise qu’on avait parlé de plein de choses, elle m’avait posé des questions, j’en avais eues moi aussi. Je la savais divorcée ou séparée après une longue relation. J’aurais ptete dû aller plus loin…
On arrive à son étage, elle ouvre son verrou d’un coup sec, la porte s’ouvre en grand et là…

Un p’tit bou’d’chou de 4-5 ans galope vers nous avec sa baby sitter blasée « Rosalyn represent ». Arrêt net en voyant le Louka et là ça fuse, cinglant :
 « Téki !? »
Temps de réflexion : 1 seconde (et je vous promet : ca parait super long dans ces cas là une seconde)
Je me suis mis sur les genoux, gros sourire : « Salut moi c’est Lucas ! Chuis un copain de ta maman (regard vers la maman, un peu inquiète et qui s’attend au pire). Comment tu t’appelles ?
Oscar…Pfff, chuis trop jaloux, j’ai toujours rêvé d’m’appeler comme ça…. Et ton nounours ? Il a l’air trop sympa ! Mais non j’vais pas t’le piquer… »
En 5 minutes j’avais Oscar de mon coté (j’ai fait un DESS Management des Gnomes).
Encore dix minutes de jeux et il était couché (j’ai eu mention assez bien). Une demi-heure et il dormait.
En refermant la porte, sa maman m’a regardé avec un joli sourire. Et puis elle est venue me faire un bisou. Et puis…
Rideau.

Bon, dites-moi, ya combien de mères célibataires sur Paname ?
Ouep, de celles qui doivent tout assumer.
Le gamin à emmener à la crèche, puis quelques années plus tard à l’école, le boulot toute la journée, le gamin à récupérer à l’étude à 6h00, les courses à Monoprix, les lessives, l’éducation, la garde partagée, les vacances, prendre du temps pour soi et être là pour son gosse, bosser assez pour elle et son gamin mais être suffisamment là pour lui…

Le Monde et des magazines dans le genre nouvel obs (sans majuscule parce que ce torchon m’agace) avaient surfé il y a quelques années sur les familles recomposées, style un papa, une maman, la quarantaine et 2 gosses chacun : deux monoparents dans leurs vies qui se rencontrent un beau jour (ou peut-être une nuiiiiiiiiiit) et ensuite tout le monde vit ensemble. Céboooooooooo.

Mais là c’est pas pareil.
C’est notre génération.
D’un coté il y a un célibataire, de l’autre une jeune maman.
Pourquoi Sabrina ne m’avait rien dit au resto ?
Le gamin est-il un repoussoir aux yeux des mecs ?
Avait-elle peur de ma réaction ?
Elle a éludé quand je lui ai posé les questions…
Bon perso, je n’aurais JAMAIS présenté un coup d’un soir à mon gamin. Chais pas s’qu’il lui a pris (mais je suis peut-être un peu old school. Si un gamin est habitué à voir sa mère virevolter de mecs en mecs, faut-il y voir la déréliction de la société et doit-on conclure qu’il va reproduire le schéma ? )

J’ai l’impression que pour notre génération ca va devenir commun les couples avec enfant d’un premier mariage. La sœur d’un ami vit avec un kiné qui est papa depuis longtemps, il est des Vingtenaires qui pourront nous en dire autant, mon ex-coloc file le parfait amour avec un trentenaire papa d’un gamin de 5 ans… et cætera.
Est-ce propre à notre génération ?
Les mœurs ont évoluées, certes. Mais je pense quand même qu’il y a un problème. au delà du rapport enfant/parent.

Faire un gamin c’est quand même une responsabilité (« j’ai pas d’mandé à naître »)
J’ai jamais connu mon père et j’ai été élevé par une mère célibataire : je ne m’en tire pas plus mal.
Je pense que si le divorce a lieu avant deux trois ans c’est encore jouable pour l’évolution de l’enfant (je n’y connais rien, je suppute)
Mais le gamin qui voit son père quitter le foyer, puis qui va chez papa seulement un week end sur deux, comment fait-il ?
Ca me rappelle une triste VDM où un père divorcé recevait chez lui son fils qui pleurait et réclamait de rentrer chez maman…

Le fait de constater cette réalité, avec tous ces couples autour de moi, plus ou moins « installés, ca me rend encore plus circonspect sur le mariage. Je reste perplexe quand je vois des jeunes diplômés de mon école de commerce se marier à 23 ans sans même avoir vécu un an ensemble. Pire, je suis rassuré que ma sœurette ne se marie que dans un an, après avoir vécu 12 mois avec son namoureux. D’un autre coté, une copine de lycée  a passé quelques années avec son mec avant de se marier et en moins de 2 ans ils avaient divorcé…
La vérité est ailleurs ?
Une très bonne amie qui vit en couple depuis un an, nous a dit que son projet avec son mec c’était, avant tout, d’avoir un bébé, avant même de se marier.
Je trouve ça génial.
Beaucoup plus que le lien marital, je suis persuadé que ce qui contribue à l’unité d’un couple c’est d’avoir un enfant. D’abord parce qu’on est plus enclin à faire des efforts pour supporter les emmerdes de son conjoint car le divorce aura des répercussions sur les gosses… Ensuite parce que l’enfant permet de compenser les travers de l’autre, d’avoir un allié dans la place.
Le problème c’est que beaucoup de jeunes mariés qui ne trouvent plus en l’autre le « truc » initial pensent que le gamin va venir comme un pansement. Sur des plaies ouvertes… Attention, ça va brûler chérie… Faire un gamin pour résoudre leur problème…. Pfffff.

Et pour revenir à Sabrina, ca n’a pas duré longtemps. 15 jours tout au plus.
Je repense souvent à elle et à Oscar.
A Oscar surtout.
Comment juge-t-il tous les « amis » fugaces de sa maman ? J’avoue que je ne l’ai pas du tout pris en compte quand j’ai mis fin à cette relation. J’ai fait un passage éclair dans leur vie. En fait, je pense que le problème de la responsabilité se pose de facto quand un mec devient plus ou moins officiel ; « le nouvel amoureux de maman ». Pour ce qui est de donner des conseils et être cool, ça va. Mais comment trouver une légitimité pour engueuler le gamin et jouer un rôle de père quand il fait des conneries ? Comment éviter le « t’as pas à me dire ça, t’es pas mon père ! » ? Quand je vois que, d’ores et déjà, dans la rue, je me retiens de mettre des tartes aux sales gosses…

 C’est donc avec un p’tit sourire triste que je pense à Sabrina. Elle veut trouver quelqu’un qui la comprenne et qui accepte Oscar aussi. Je me dis que, si ça se trouve, ce soir, au fond de son lit un matcho s’endort, qui ne l’aimera pas plus loin que l’aurore…

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Bonjour, votre profil nous intéresse




La vie est un chaud-froid permanent, je l’ai déjà dit. Alors que je suis très fragilisée par le décès de ma grand-mère, le côté boulot qui m’avait fait approcher des limites de la dépression se redresse. Et même plus que ce que je n’en attendais. Alors que j’étais résolue à m’accrocher un peu plus, je suis appelée sur mon portable : « Bonjour, Fabienne Lesage du cabinet de recrutement Startofer. Votre profil nous intéresse, nous aimerions vous rencontrer, c’est possible ?». Oh waaaaah. On me courtise professionnellement pile au moment où je lâchais du lest. Quand je dis que boulot et amour, même combat.


Rendez vous est pris début janvier, juste après ma grippe qui m’a mise KO. Techniquement, il n’y a pas de poste à proposer mais je rentre dans leur base de données et la fille qui suit mon dossier veut me rencontrer pour pouvoir me mettre le plus rapidement en contact avec une entreprise si elle est intéressée par mon profil. En gros, c’est un entretien un peu pour de faux mais ça ne fait jamais de mal. Je raconte donc toujours l’histoire de ma vie, zappant le côté études (mon diplôme a presque 4 ans, qui s’en préoccupe encore ?) pour en arriver direct à mon arrivée de Paris. De toute façon, c’est un énorme virage dans ma vie.


Bref, je raconte mon parcours, mes fonctions, ce que j’ai appris, pourquoi j’ai envie de bouger (en minimisant bien sûr le côté vexatoire). Envie d’évoluer, perspectives bouchées chez TGGP, envie de plus de responsabilités, blablabla. Le salaire que je demande ? Je veux ça au minimum du minimum. Yes, la fourchette que je donne est validée. Ca peut servir pour les prochaines étapes et ça me prouve que j’ai pas eu tort lors du précédent entretien.

Et là, la question à laquelle je ne m’attendais pas : « idéalement, vous avez une idée de boîte chez qui vous aimeriez bosser ? ». Heu ? Comment dire ? Non ? Je réfléchis un instant, un peu prise au dépourvu. Je n’avais jamais envisagé cette question et pour cause : j’ai tellement galéré pendant un an et demi que l’idée même de « choisir » une entreprise ne fait plus partie de mon mode de pensées. « Heu…Heu… Canal plus… ? ».

En repartant, l’idée de bosser pour Canal Plus ne me paraît pas si mal, surtout au vu des rémunérations qu’ils proposent. Un voisin de ma ville natale est passé de l’Equipe TV à Canal, il a quasi doublé son salaire. Paf. Même si leurs bureaux sont à Issy-les-Moulineaux soit pas du tout à l’endroit qui m’irait vu qu’en plus, j’ai emménagé pas loin des futurs locaux de  TGGP mais bon, ma vie est tellement taquine que ça ne m’étonnerait pas que j’y travaille un jour. Même si, après recherche, Canal + n’a aucune communauté donc s’ils ne souhaitent pas la développer, je peux oublier leur existence.

Enfin, la fille m’a expliqué qu’ils allaient proposer mon profils aux entreprises qui cherchent mais aussi aux autres, « au cas où ». En gros, j’ai désormais quelqu’un qui cherche du boulot pour moi. Ca tombe bien. Surtout qu’avec un gros voyage familial programmé en mai, plus rien ne presse de mon côté.

Mais ce n’est pas parce que des gens trouvent mon profil intéressant ailleurs que chez TMF, ça s’arrange…

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Comment ne pas déprimer face à la crise ?

Jeudi dernier ou par là, je m’éveille avec le doux ronron de mon réveil qui me raconte que le chômage a atteint son plus haut niveau depuis des lustres et que plein de gens cherchent du travail. Là, je me suis dit : « heureusement que je ne vis plus en chômagie, je crois que je me serais mis un sac sur la tête et la tête dans le four.

A l’époque de mon chômage, le phénomène était globalement inverse : le chômage ne cessait de baisser même si les syndicats dénonçaient la radiation de certains chômeurs de l’ANPE pour diminuer le chiffre. Toujours est -il que quelque soit le calcul, j’étais encore du mauvais côté de la barrière, même si on m’expliquait que les hauts diplômés (enfin, les bac++) mettaient en moyenne un an et demi à décrocher leur premier CDI. Je ne pense pas qu’être dans la norme m’ait consolée…

Mais là, c’est la criiiiiiiiise. Celle qui va tuer le capitalisme paraît-il. Je ne disserterai pas sur ce point. Ca licencie à tour de bras, les embauches sont gelées, c’est la merde. Comment continuer à y croire ? Surtout que même le gouvernement nous dit que ça va durer au moins jusqu’en 2010. Et y a même pas que Fillon qui le dit, ils le disent tous. Non parce que Fillon, je trouve que plus ça va, plus il ressemble au fossoyeur de Lucky Luke et il m’inquiète. Je ne crois pas qu’un premier ministre sous lexomil nous aide beaucoup pour cette satané crise. Mais alors que faire pour sortir de la chômagie dans ces temps difficiles ?


Et bien, il n’y a pas de solution miracle mais rien n’est joué, certains secteurs continuent leur vie pépère. Je sais de quoi je parle, je viens de changer de boulot. Evidemment, certains profitent de la crise pour geler salaires et embauches et réserver les bénéfices 2008 aux actionnaires mais même en période de gel des embauches, un CDD est toujours possible. Bref, en un mot : la crise ne doit pas servir de prétexte à baisser les bras, interdit ! On n’a pas dit que ce serait facile mais rien n’est impossible. Même s’il est vrai que dans certains secteurs, c’est franchement la cata.

En fait, en cas de criiiiiiiise, je crois que la seule solution pour ne pas se faire bouffer par l’alarmisme médiatique, c’est encore de le snober. On n’écoute plus ni télé ni radio, on ne lit plus que les articles concernant son métier, histoire de toujours être au courant des dernières évolutions mais pas plus. Bon, si vous travaillez dans le secteur de la banque, pas de chance… Mais le chômage est suffisamment pénible à vivre sans que les oiseaux de mauvaise augure viennent encore étouffer l’atmosphère. De toute façon, est-il réellement nécessaire de regarder un JT tous les jours ? Moi, je me contente des journaux en ligne, j’en peux plus de la télé de toute façon. Puis y a des jours, on a l’impression de revoir exactement les mêmes journaux que la veille. Quant à la crise, ils en parlent tous les jours sans rien dire de nouveau, super utile ! Et après, on s’étonne de l’aspect auto-réalisateur de la crise : plus on parle, moins les gens consomment, plus c’est la crise.


Bref, la seule façon de continuer à chercher efficacement en ce moment est de couper un peu ce brouhaha médiatique. Sauf pour ceux qui aiment les défis : trouver un job en temps de crise, la classe !

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Attention à ton Facebook !

La semaine dernière, j’ai parlé de la gentille manie des recruteurs à taper votre nom sur google pour voir un peu qui vous êtes. Or souvent, le problème, c’est qu’on ne maîtrise pas toutes les occurrences liées à notre nom. Notre pire ami étant Facebook et autres myspace.

Quand j’ai démarré ce blog, j’ai fait en sorte que mon vrai nom n’apparaisse nulle part. Surtout qu’au début, ici, ça parlait essentiellement sexe et rien d’autre et je ne crois pas que le fait d’avoir brouetté, comme on disait à l’époque, la veille soit le meilleur argument vente pour moi. Donc si un recruteur tapait mon vrai nom, il n’avait aucune chance de tomber ici.

Maintenant quand je tape mon nom sur google, je trouve essentiellement mes contributions à des webzines, la référence de mon article dans une revue d’histoire (et oui, j’écris pas que des conneries), mon profil Linkedin que je dois à tout prix remplir et… Facebook. Au début, j’ai eu une utilisation légère de Facebook, adhérant à tous les groupes à la con comme « j’ai couché avec au moins un de mes contacts facebook », « j’ai eu du sexe avec quelqu’un sur facebook » (j’insiste), « front de libération du cunnilingus » (mais j’y suis plus
avec mon vrai nom), « je parle mieux anglais quand je suis bourrée »… Alors évidemment, j’ai quitté la plupart de ses groupes et
mis mon profil en privé mais il y a toujours moyen d’y accéder. Déjà, les photos de soirée. Imaginons que je fasse une soirée hypra alcoolisée et qu’un des convives ait la bonne idée de me taguer sur l’album. Ben là, je suis à nouveau visible et pas de la façon la plus glorieuse qui soit… D’ailleurs, je trouve que les gens devraient demander l’autorisation avant de taguer parce que s’ils ont envie d’afficher leur pochtronnerie, pourquoi pas mais quand on cherche du boulot et qu’on sait que Facebook est devenu un réflexe, je dis non. Evidemment que j’ai le droit de faire la fête mais si sur toutes les photos de soirées, j’ai l’air décrépite, vraiment, ça ne va pas jouer en ma faveur.

On ne se rend pas souvent compte du danger du net et que tout anonymat est relatif. Evidemment,  un recruteur ne fait pas une recherche poussée sur chaque candidat, il n’a pas le temps de trouver un blog qui n’est pas écrit avec mon nom. De toute façon, je l’ai mis sur mon CV, Les vingtenaires, comme ça, je n’ai rien à craindre. Et ça m’évite de raconter un peu trop n’importe quoi, de me plaindre de mes employeurs ou de baver sur mes collègues (bien que j’ai pas forcément envie/besoin de le faire, c’est un exemple)… On ne sait jamais à quelles données a accès le service informatique donc on ne va pas jouer avec le feu.

En fait, dans la gestion de son nom sur le net, le pire, c’est souvent les autres, bien qu’ils ne cherchent pas forcément à vous nuire. De toute façon, si tel était le cas, vous pourriez porter plainte pour diffamation. Mais on ne se rend pas compte qu’un taguage sur une photo peut faire très mal pour notre image, que les messages qu’on laisse sur les wall des autres peuvent aussi donner une image négative, les groupes auxquels on appartient…Idem pour myspace où on accepte allègrement tous les friends, y compris les moins
« fréquentables », dirons nous. Evidemment, tout ça est du loisir, du fun… Mais quand on cherche du boulot, il faut maîtriser son image de bout en bout. Vous iriez à un entretien avec des confettis coincés dans votre col ? Ben, là, c’est pareil.

Alors certains diront que la solution, c’est de ne pas avoir de facebook, de se contenter des profils linkedin, viadeo et co… Mais tout dépend dans quel secteur on bosse. Par exemple, dans tout ce qui touche le web 2.0, de près ou de loin, c’est difficile de s’en passer.

PS : Zut en cherchant les liens des groupes dont je parle, j’en ai trouvé plein de trop fun mais j’ose pas y adhérer. Notamment le « j’ai couché avec au moins 5 de mes contacts facebook ou plus », histoire de rassurer Gabriel qui se croyait seul concerné par le « j’ai couché avec au moins un de mes contacts facebook » ou des « je parle aux toilettes quand je suis bourré« , « j’efface le numéro de mes exs pour ne pas les appeler quand je suis bourré« , « j’ai couché avec Estelle Denis« …

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Entretien, acte 2

Souvenez-vous, la semaine dernière, nous étions en entretien. Après avoir tout préparé, nous voici devant M. le recruteur, prêt à démarrer cette joute orale qui nous donnera un emploi… Ou pas.


En général, ça se passe toujours de la même façon : le recruteur pose notre CV sous son nez et nous demande de nous présenter. Et c’est parti pour un récit de vie non exhaustif, allons à l’essentiel. Les vacances chez mamie en 1990, par exemple, on va s’en passer, bien sûr. Comme je suis une fille organisée dans ma tête, je fais par étape. D’abord les études. Le recruteur a beau avoir mon CV sous son nez, faut que je détaille. Pourquoi donc ai-je ce parcours, pourquoi ai-je choisi de faire histoire pour commencer ? Bon, je parle pas de mon choix de la série au bac parce que c’est un peu dépassé et qu’expliquer que le journalisme, c’est la voie depuis mes 15 ans, ça fait un peu « non mais c’est un choix de vie, vous savez, je voulais faire ça avant même de marcher ! ». Bon, inutile de trop rentrer dans les détails, expliquer que les cours sur l’Orient hellénistique dans la période antique, c’était bien sympa, ça ne fait pas avancer le schmiblick.

Après les diplômes, parlons des expériences professionnelles. Evidemment, en début de carrière, les expériences professionnelles, ça veut dire les stages, pour l’essentiel. Le but, là, est de tout valoriser. Je décris mes missions, book à l’appui pour montrer un peu ce que j’ai fait. Pour ma part, les stages pourris genre celui que j’ai fait en été 2005 dans une cave où j’ai quasi rien écrit, je l’ai même pas mis dans le CV pour éviter d’avoir à en parler. De toute façon, à cette période là, j’étais déjà pigiste pour un webzine pour lequel j’ai écrit deux ans donc inutile de tendre un bâton pour se faire battre. Donc voilà, on passe sous silence les côtés négatifs sauf s’ils peuvent servir à notre cause. Par exemple, si vous avez un un dossier sensible à traiter durant votre stage parce qu’on sait jamais, ça peut arriver, ne pas hésiter à le mettre en avant « oui, ça n’a pas été facile, j’ai dû prendre sur moi mais à l’arrivée, j’ai triomphé ». Blablabla. Oui, il faut comprendre que l’entretien, c’est comme un premier rendez-vous amoureux,on évite de trop parler de ses défauts.

Les défauts, parlons en. Les recruteurs sont joueurs, ils adorent nous poser des questions comme par exemple « quels sont, à votre avis, vos principales qualités et vos principaux défauts ? ». Pour les qualités, c’est facile, il suffit de reprendre les qualités demandées dans l’annonce et hop. Pour les défauts, par contre, bonjour la tarte à la crème. En général, on sort le lénifiant « perfectionniste ». Non mais sans déconner, ils attendent quoi « Bon, alors, moi, le matin, j’arrive pas à me lever alors m’attendez pas avant 10 heures, quoi ! » ou comme m’a dit un pote un jour « de temps en temps, je vais aux toilettes me fumer un joint ! ». J’avais envie de dire un jour « je fais mal le café » mais faut que le mec en fasse ait un humour solide… Et bon, quand on cherche un boulot, on préfère ne pas trop se griller.

Une fois que je lui ai raconté à quel point j’étais merveilleuse et compagnie, à lui de parler, de me présenter le poste. En bonne candidate que je suis, je prends des notes. Elles me serviront pas forcément mais c’est pour montrer que je suis vivement intéressée, que j’écoute bien ce qu’on me dit. Je n’hésite pas à prendre la parole au besoin, à bien faire remarquer que j’ai fait des recherches sur la boîte et que je sais tout à fait de quoi on parle. Oui, je préfère ne pas me la jouer passive, docile qui écoute, il faut de l’interactivité : poser des questions, s’intéresser, sans pour autant couper la parole, bien entendu ! Non parce que le recruteur, il n’a pas non plus envie de se répéter 150 fois, c’est normal.

Arrive le moment délicat que je déteste : les points pratiques et notamment le salaire. Parce que je ne sais jamais combien il est raisonnable de demander et comme une idiote que je suis, j’ai un peu tendance à demander bas, ce qui n’est pas forcément une bonne idée. Ca veut dire que j’ai une basse opinion de moi et que je n’ai pas forcément conscience de la réalité du marché. Demander trop haut n’est pas mieux non plus, même si c’est dans le but de négocier. Surtout qu’il y a tellement de facteurs à prendre en compte : mes diplômes, mes expériences professionnelles, même mon âge. C’est un vrai casse tête mathématique.

Maintenant, la sortie. Une fois l’entretien terminé, attendons un peu avant de se relâcher. Serrons la main du monsieur en souriant, en demandant quand on aura des nouvelles et on part digne. Une fois hors de vue du recruteur, là, on peut appeler sa maman, sa sœur, son chéri, n’importe qui pour tout raconter. Mais pas avant !

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