Une journée à Shinjuku : VR zone et parc

Le 18 octobre – Nous avons un dilemme : tenter ou non d’aller voir le Mont Fuji, sachant que la météo n’était définitivement pas de notre côté. Victor tranche : on laisse tomber. Pourtant, quand on se met en route, le ciel est limpide. J’hésite à proposer de faire un tour vers le Sky Tree, la Tour la plus haute de Tokyo (celle que je confondais au départ avec la Tour de Tokyo). Mais je laisse la main à Victor qui, lui, n’a qu’un seul but : la VR Zone Shinjuku. Lors de nos différentes soirées à trouver que faire, il avait repéré différentes zones VR à Tokyo, ce qui nous permet de nous occuper un long moment en intérieur  vu qu’on devait avoir de la pluie. Ok, et bien, allons-y.

Tokyo, quartier de Shinjuku

Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps : c’était génial. Vous pouvez acheter un pack de 4 tickets + l’admission, chaque ticket de couleur vous donnant accès à un jeu parmi trois proposés. Pour le ticket jaune, aucune tergiversation : c’est parti pour Mario Kart VR. Le gros avantage du casque VR utilisé ici (le Vive), c’est qu’il te permet de jouer avec tes lunettes, la myope que je suis a fortement apprécié. Donc Mario Kart, je disais. Assis dans une sorte de baquet, un volant, deux pédales, on doit attraper les objets avec les mains (sur lesquelles on a des capteurs) et c’est parti. Ok, c’est ultra cool même si le premier vol (on arrive sur un saut et on se retrouve avec des ailes de deltaplane*) est légèrement flippant. On joue 4 mn mais ça passe hyper vite et je termine 3e ou 4e (sur 4. Je vous préviens que le résumé de ce petit passage dans le monde virtuel sera vraiment “je suis une quiche”). En tout cas, Mario Kart VR a un goût de reviens-y de ouf.

Shinjuku VR zone

Les toilettes de la Shinjuku VR Zone avec ses bonhommes qui ont l'air un peu flippants

Les toilettes de la Shinjuku VR Zone avec ses bonhommes qui ont l’air un peu flippants. Non ?

Mario Kart VR

Deuxième attraction : Evangelion. Il faut savoir que j’adore cette série (la série, pas le film qui est tout nul) et comme j’ai découvert qu’ils avaient sorti une nouvelle série (j’arrêtais pas de voir des illus avec une child que je ne connaissais pas du tout), je sais ce que je vais mater à mon retour. Le but du jeu : tuer un ange. Je serai Asuka, Victor, Shinji. Le set up est ultra cool parce qu’on commence dans les locaux de la NERV avec mise en route des EVA,a arrivée du liquide amniotique et propulsion de la ville et après… grosse merde. Le jeu est ultra dur, je ne parviens pas à changer d’arme malgré les instructions que j’avais lues et l’Ange tire de façon aléatoire donc à un moment, je fais ma bonne vieille technique de jeux vidéos : je bourrine. On finit donc mangés par l’ange (bon, pour le coup, Victor a bien galéré aussi, ça me rassure). Petite pause hydratation avec des boissons “fantôme de Pac Man” (pourquoi pas), on mate des gens sur des murs d’escalade pour une simulation de canyoning mais on ne tente pas l’aventure.

Evangelion VR

Espace canyoning Shinjuku VR Zone

Une fois l’escalade réussi, on avait le droit de faire un toboggan vénère pour atterrir là.

On a encore deux tickets, on va faire un peu de sport , genre du vélo. On embarque donc sur un ride sur vélo volant et attention, ça envoie. Le but est de s’envoler vers un château en pédalant. Donc moi, je pédale  sauf qu’en fait, il y a un parcours à suivre et je ne comprends rien à ce que me dit la femme qui gère l’attraction (j’ai eu pas mal de soucis de communication au Japon, nos anglais ne matchent pas), surtout que je n’avais pas du tout compris cette histoire de parcours et je ne voyais pas pourquoi elle s’entêtait à me faire passer par une grotte en bas alors que je voulais aller en haut. Les décors sont magnifiques, l’expérience hyper plaisante. On devrait installer ça dans les salles de sport, ça marcherait mieux que tous les mangerbouger du monde !

Shinjuku VR zone

J’ai pas de photos du vélo donc une attraction qu’on n’a pas faite, un shoot them up, je crois

Et voici la dernière attraction : le ski. On pouvait aussi choisir “pêche”  mais, curieusement, ça me motivait moyen. Donc on monte sur un appareil “ski” avec bâtons et skis, donc, le mec nous fait tester, ça marche très bien. Go ! Ca va vite. Ca va trop vite. J’essaie de slalomer comme je peux pour réduire la vitesse  mais je tombe dans la falaise… et je me recroqueville un peu sur moi-même. Une autre fois, je finis dans un mur, je ferme les yeux juste avant l’impact.C’est hyperprenant. Bon, j’ai même pas réussi à faire 200 mètres (Victor non plus pour le coup, il a voulu slalomer comme moi et a fini dans la falaise, pareil).

Shinjuku VR zone : Halloween

Shinjuku VR zone : tilt brush

Bien, il est temps de sortir, le temps s’est couvert. On traverse Shinjuku, quartier que nous avions découvert de nuit  et qui est beaucoup plus calme en journée. Alors sachez que dans certains restos, quand vous commandez un soda (au melon car la curiosité)(oui, j’en avais déjà bu à Takayama mais chut), on vous sert un demi-litre… Evidemment, j’ai pas réussi à le finir. Prochaine étape : le jardin “Shinjuku Goen”. Assez sympa : des petits lacs, des petits ponts, des jardins d’inspiration japonaise, française et anglaise avec une pelouse toute fluffy hyper agréable pour se promener même si nous n’avons pas pu nous mettre pieds nus car il pleuvait. Oui, on s’est pris des amplitudes thermiques en 3 semaines, on est passés du temps “il fait trop chaud, mon jean a déteint sur ma culotte tellement j’ai transpiré” (vraie histoire) à “mes deux pulls ne me suffisent plus, je vais mourir ici, adieu”. Et d’ailleurs ce jour là, j’avais laissé mon cuir à l’appartement car il faisait beau et chaud quand on l’a quitté, j’ai tellement regretté.

Shinjuku, vitrine de restaurant

shinjuku salle d'arcade

Shinjuku Goen Shinjuku Goen Shinjuku Goen Shinjuku Goen

Shinjuku Goen

La nuit tombe, on retrouve Shinjuku qui s’agite bien désormais. Ca clignote, les écrans crient,on repasse devant le petit restaurant de brochettes du 1er soir… J’ai l’impression que c’était il y a une éternité. Après un petit café, dernière destination de la journée : Odaïba. Qu’on a déjà fait, oui, mais de jour et on avait envie de voir le Rainbow Bridge de nuit. On monte dans le Yurikamome et on chope les places devant pour profiter du spectacle. Et Odaiba, de nuit, ça mérite l’aller-retour, oui. Même si pour le coup, le rainbow Bridge n’était pas du tout rainbow ce soir-là, contrairement au building de la Fuji TV. On hésite à faire un tour à Joypolis, la salle d’arcade vénère de Sega mais le temps passe et finalement, on renonce. Après un petit détour dans les couloirs de la station Shimbashi où on a du mal à retrouver notre chemin, retour à l’appart pour notre dernière nuit Tokyoïde… et japonaise.

YurikamomeOdaiba : rainbow bridge Odaiba : rainbow bridge Odaiba Fuji TV Odaiba de nuit Odaiba : rainbow bridge

* Au moment où j’ai écrit ce récit, je n’avais pas joué à Mario Kart depuis 10 ans. J’ai rejoué depuis avec la Switch et j’ai bien le côté “deltaplane”, je ne sais juste pas depuis quand ça existe donc pardon si j’explique une évidence)

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Traîner à Tokyo en attendant le train : Ebisu et Meguro

03 octobre. Voici le plan : on doit quitter Tokyo à 16h15 pour Otsuki. Huit heures du mat, on déguste un petit dej à Akihabara en mettant au point notre planning du jour : aller à la gare pour gérer cette histoire de billet puis on file au Tokyo Dome Center pour faire des montagnes russes, en jetant nos sacs en consigne.

Tokyo Dome Center

Cette photo n’est pas de moi

On parvient enfin à réserver nos places et trouver une consigne et on fuit la gare qui nous épuise tant. Victor n’ayant plus envie de faire des roller coasters, préférant se préserver jusqu’à la fin du voyage “des fois que”, nous décidons d’aller nous promener du côté d’Ebisu. Suivant les conseils du Lonely Planet, pour ne pas le dénoncer, on choisit de prendre la skyline à la sortie de la gare d’Ebisu… à savoir une succession de tapis roulants avec vitres floutées. Donc on ne voit rien, zéro intérêt. Je me demande si le Lonely Planet Paris mentionne aussi l’existence des tapis roulants de Châtelet , une folle expérience s’il en est… Mais on se retrouve sur une place qui représente bien ce que j’aime à Tokyo : l’empilement désordonné d’architectures. En fait, Tokyo, c’est un peu une ville Playmobil où un enfant va poser un château et une maison de ville côte à côte sans trembler. Métaphore qui marche aussi avec les Legos mais moi, j’ai toujours été team Playmo. Donc là, on a sur notre droite et notre gauche des bâtiments en briques rouges furieusement british et en face, un château très français. Respectivement le musée de la bière et le resto local de Joël Robuchon (nom croisé assez régulièrement à Tokyo).

Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo

Bien, partons pour une promenade… après un stop au Seven Eleven pour acheter quelques curiosités comme le chocolat à la fraise et le gâteau au goût indéfini mais bien bourratif. On ne croise pas trop de monde dans ce coin là, quelques petites curiosités mais surtout, on chemine vers notre but : le canal de Meguro, recommandé par le guide car bordé de cerisiers. Alors oui, ok, mais pourquoi il n’y a quasi pas d’eau ? Nous, on s’était imaginé un Canal façon Canal St Martin ou Canal de l’Ourcq, quoi… La balade est néanmoins agréable même s’il fait chaud, on voit quelques tortues dans l’eau. On croise même un château… Toujours cette démesure architecturale. Pour se reposer de cette bonne heure et demie de marche, on se pose déguster un café pour Victor, un matcha pour moi… Ok, en rentrant, je vais apprendre à m’en faire pour ma boisson doudou de l’hiver.

Petite peinture murale #tokyo #japan #ebisu #samourai #streetart

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Après un petit passage au Family Mart pour s’offrir une boisson frappée (vanille cookie pour lui, matcha pour moi. Oui, j’adore le matcha), on repart vers la gare pour aller zieuter le Pont Nihom avec ses lions et ses dragons. On met deux heures à le trouver car mon guide a décidé que les noms de rues, ça servait à rien, mais nous voici enfin devant ce Pont assez fascinant. Il n’est pas exceptionnel en soi, c’est un pet de mouche par rapport à notre Alexandre III, par exemple, mais c’est sa situation qui me fascine. J’avais noté ça dès le premier jour : il n’y a pas de volonté de faire respirer les points d’eau dans la ville. A côté de chez nous, à Akihabara, il y avait une sorte de canal pas loin mais qu’on a cherché une bonne heure pour se repérer… et qui était littéralement coincé entre deux immeubles. Avec des mecs qui font du jet ski dessus. Là, c’est pareil : le fleuve est littéralement enterré sous les différentes voies de circulation. A Paris ou Toulouse, les voies d’eau sont des voies de circulation avec péniches, bateaux mouches et même Sea Bubbles [quand j’ai écrit mon carnet, les Sea Bubbles devaient arriver de façon imminente] . Là, on a l’impression que l’eau fait chier donc on l’enterre.

Tokyo rivière Akihabara Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom

Retour à la gare, très en avance pour prendre notre train, on est un peu contents de quitter la frénésie Tokyoïde. La ville est surprenante, j’adore les délires architecturaux  en tout genre mais avec Victor, on est d’accord : Tokyo ne passera pas devant New York mais surtout Athènes, notre ville préférée du monde. Le train file vers les montagnes, destination Otsuki  puis Kasei pour se préparer à affronter le Mont Fuji

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Plot twist et motivation des personnages : la grande incrédibilité

On parle toujours de mon roman horribilus, bonjour. Heureusement que j’avais pris des notes, c’est fou comme un roman de 160 pages très mal écrit peut susciter comme réaction. C’est un peu mon Uwe Boll à moi (sauf que je cesserai l’expérience à un seul livre, je privilégie la bonne came… et j’ai déjà à peine le temps de lire des livres qui me tentent alors bon…)(c’est pour ça que j’ai jamais fini After, d’ailleurs). Donc après le choix du ton, le personnage débile et l’auto spoiler, on revient sur le suspense avec le plot twist de fin et la motivation des personnages… Parce que j’ai toujours pas compris, en fait.

La motivation des méchants

Donc petit récapitulatif : notre héroïne Mickey et son pyjama troué Hello Kitty (non mais j’en peux plus rien que d’écrire cette phrase) a été embarquée dans un faux camp de concentration par son ex avec fausse exécution et tout. Ca, on le sait parce qu’elle nous le dit, dès le départ. On va donc avoir un plot twist et on le sait… Alors pourquoi pas, dans l’absolu, on est drogués à ça depuis 6e sens, Sex crimes ou je ne sais quoi mais quand on te prépare à un mindfuck, ça ne marche pas. Non mais imaginez, vous allez voir un film au ciné et le mec d’à côté n’arrête pas de vous dire “c’est pas ce que tu crois, c’est pas ce que tu crois”. Du coup, inévitablement, vous ne suivez l’histoire que d’un oeil tout en guettant le moindre indice et quand la vérité explose… ben on avait deviné (sauf si c’est vraiment bien mené mais en général…).

Last Child plot twist bodies for babies

(Hihi)

Concernant notre roman horribilus, j’avais bien vu venir le plot twist genre avec panneaux de néons… mais j’ai toujours pas compris en fait. Pour faire bref : Mickey se retrouve chez la nouvelle Présidente de la République, Ruby Labenne (je suis si fatiguée par tant de subtilité), pour un week-end chasse. Comme notre super autrice nous a bien prévenu que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être et nous fait bien comprendre que les comédiens du camp de concentration sont tous là, on sent le climax final arriver. Bon, en gros, Mickey se retrouve à assister à l’exécution de la Présidente sous l’oeil de caméras. Pourquoi ? Et c’est là qu’on se met à salement pédaler dans la choucroute.

Témoin muet d'Agatha Christie

Toute cette histoire a donc été organisée par l’ex de Mickey, Esmerald, qui a monté tout un truc très complexe juste pour que Mickey se retrouve au week-end de chasse pour être témoin et écrire ce qu’il s’est passé. Pourquoi ? Parce que “tu es la meuf la plus égocentrique du monde, je savais que tu serais en train d’écrire ton nouveau livre et que tu ne suivrais pas l’actu donc je pourrai monter tout ce traquenard pour te faire venir ici et que tu écrives ensuite sur la mort de ma tante”. Je… hein ? On va juste un peu récapituler : au début du roman, on nous explique qu’à l’élection de la Labenne, des manifestations ont lieu donc on peut supposer qu’il y a un peu plus de 3 opposants… Du coup pourquoi prendre la meuf qui s’en fout le plus au monde (et qui écrit affreusement mal) pour écrire un témoignage sur cette nuit sanglante ? Parce qu’elle avait déjà écrit un roman pour dénoncer le Bloc National (un roman de vengeance de gamine) ? La meuf s’en fout, tout le roman tourne autour du fait qu’elle s’en fout, qu’elle ne pense qu’à elle, qu’elle est réellement stupide et inculte, peut-on imaginer pire comme témoin de l’histoire ?

Egocentrisme

Cette photo est problématique

Bref, déjà que je ne suis pas convaincue de la nécessité d’un plot twist à tout prix car c’est quelque chose de difficile à manier, le faire reposer sur un raisonnement totalement illogique des personnages, ma foi… A la limite, le roman aurait pu avoir de profondeur si le camp de concentration était réel et que Mickey se battait pour sa survie mais même si elle ne sait pas que tout est faux, elle s’en branle. Elle.s’en.branle. Je pourrais aimer l’idée que l’Histoire t’appelle, par exemple. Mais non, là, rien n’a de sens.

Nombril de femmes

Mais je ne vous ai pas encore parlé de la méchante de l’Histoire, la Sorcière au sens propre du terme, à bien y penser : Rubis Labenne. Je vous en parlerai une prochaine fois parce que niveau subtilité, sans surprise, on repassera.

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Comment se déconstruire ?

Bonne année tout le monde ! On continue 2018 comme j’avais fini 2017 : en étant la reloue qui disserte sur les oppressions et plus spécifiquement sur le féminisme. Seulement, je me rends compte que peu importe comment j’emballe le paquet, c’est souvent ressenti comme une agression, t’as beau écrire en toutes lettres “arrêtez avec vos not all men”, des hommes débarquent à CHAQUE fois m’expliquer que eux ne sont pas comme ça, pia pia pia. On finit même par me dire que je suis extrême… Je pense que vous ne savez pas ce que c’est l’extrême (comme quand vous placez Mélenchon à  l’extrême gauche, par exemple…). Mais j’ai eu moi même ces réticences et je me demande : qu’est-ce qui m’a fait évoluer ? Comment se déconstruire ?

Se déconstruire

L’éducation nous apprend à rentrer dans un cadre, à ne pas faire de vagues parce que “ça sert à rien”. C’est curieusement très ancré ça alors que les preuves du contraire pullulent, des preuves qui ont même parfois eu lieu de notre vivant. Vous vous souvenez le CPE, par exemple. Le souci est que Hollande nous a bien fait le coup de la grenouille dans l’eau qui bout au fur et à mesure : son étiquette “gauche” fièrement brocardé sur sa poitrine, il a commencé à nous faire une politique de droite ni vu ni connu, nous envoyant défiler pour le mariage pour tous. Une jolie cause sans nul doute mais quand on voit comment ils ont dégainé du 49.3 pour éviter tout débat “houleux”, ça fait un peu mal au cul pour nos camarades LGBT de s’être faits insulter pendant quasi un an pour une mesure qui aurait pu passer beaucoup plus vite… Bref, désormais, la mythologie veut que les manifestations ne servent à rien, que la rue n’a jamais rien obtenu. Même les congés payés de 1936, on te raconte que c’est arrivé comme ça mais on oublie la grève générale qui les a précédé pour inciter le Front Populaire à tenir sa promesse…

Grève générale de mai à juin 36 pour les congés payés

Bref, on apprend toute notre vie qu’on n’obtient rien par la force ou la violence, qu’il faut demander poliment. J’aime beaucoup la politesse, vraiment, tout comme le savoir-vivre MAIS ça ne fonctionne pas quand il s’agit de rééquilibrer une balance. Parce que personne ne veut lâcher ses mini privilèges. Un truc qui m’a toujours choquée par exemple, c’est tout ce qui touche les allocs. J’ai remarqué que ceux qui crachaient le plus sur les allocataires sont ceux qui le sont, justement. Je me souviens d’une discussion où une nana nous sortait le discours merdeux classique “non mais les étrangers, ils viennent pour prendre nos allocs alors que nous, on a rien !” et son mec de lui rappeler qu’il était lui-même au RSA alors qu’il bossait au black. C’est fou cette mythologie de “ils ont tout, nous n’avons rien” quand on sait que le RSA s’élève aujourd’hui à 545 €/mois, bon courage pour vivre avec ça. Du coup, comment on renonce à ses petits privilèges acquis soit-disant de haute lutte pour mieux partager le gâteau ?

Gâteau en billet de banque

Le bon goût <3

Ah oui, parce qu’il y a ça, aussi : le mérite et la galère. Je sais pas pourquoi mais dès qu’on parle des difficultés structurelles d’un groupe dominé, t’as toujours un membre du groupe dominant qui va chialer pour dire qu’il en a chié aussi. Tenez, sur mon article sur les privilèges, un petit blanc est venu chialer parce qu’il n’a pas de meuf ni d’amis. On a beau sortir toutes les études, stats et co, le petit Blanc a pas de copine alors tu n’as pas le droit de dire qu’il est privilégié. En tant que femme, tu risques l’agression sexuelle chez toi, dans la rue, au travail mais lui, une fille lui a dit non alors ça va, hein, ce sont les femmes qui mènent le jeu. Sauf que parler de groupes privilégiés vs groupes oppressés, ce n’est pas nier la galère des uns et des autres. J’ai mis un an et demi à trouver un emploi en CDI après mon bac+5 (certes pas acheté dans une école info-comm-marketing) malgré ma blanchité, issue d’un milieu aisé et bourgeois, ma bonne éducation et ma validité. Mais je sais pertinemment que j’ai quand même eu des atouts pour mettre facilement mon premier pied à l’étrier et depuis, je ne galère pas vraiment dans ma carrière. Finalement, mes principaux obstacles ont été dus à de mauvais choix imputables uniquement à ma personne.

Le mauvais choix

Alors ok mais comment je me suis déconstruite, moi ? Si tant est que mon expérience puisse servir, bien sûr. Parce que y a beaucoup de hasards de la vie dans mon histoire : je suis allée dans une fac rouge qui m’a permis de fréquenter des gens très différents, donc des syndicalistes étudiants, les gens de gauche que j’ai fréquentés, des gens de gauche radicale, mon Victor, le “Politburo” (c’est comme ça que j’appelle mon groupe d’action dans mes conversations, personne ne comprend jamais)… et Twitter, plus que n’importe quel réseau social avec tous les threads des concernés que j’ai pu lire, les débats auxquels je ne participais pas… en écoutant les gens. Ecouter… tiens, voilà un élément intéressant, on s’y arrêtera une prochaine fois (parce que cet article est déjà trop long)

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Va falloir que je dézingue ma charge mentale

A l’heure où vous lisez cet article, je serai peut-être encore en congés à faire des bulles chez mes parents. Ces vacances, je les ai voulues, je les ai désirées, je les ai attendues parce que depuis que je suis rentrée du Japon, je souffre. De 9h à 19h, à peu près. Et j’ai réalisé : ma charge mentale explose.

Charge mentale, quand le travail tue

Depuis mon retour du Japon, tout est “meeh”. Je suis fatiguée de tout et motivée par rien. Je n’ai pas entamé la relecture du roman de Maja, j’ai calé sur Ofelia, j’ai quasi pas écrit une ligne de fiction depuis la fin octobre. Je voulais m’inscrire à la batucada, je ne l’ai pas fait, je voulais adhérer à une association qui travaille avec les tout petits, je ne l’ai pas fait, je voulais m’inscrire au monopalme dans mon ancien club de plongée, je ne l’ai pas fait . Je ne vais plus au yoga depuis un mois, j’ai troqué mon heure de lecture dans le métro par une heure de candy crush. Je me traîne, je soupire, je dors, aussi. Pour chaque pas en avant, je dois me faire violence. Alors oui, c’est vrai que les mois de novembre et surtout décembre sont ceux qui ne me réussissent pas mais là, je suis empoisonnée… par ma charge mentale.

Déprime saisonnière

Mais c’est quoi la charge mentale, allez vous me demander. J’ai découvert ce terme chez Emma, artiste BD de talent qui l’évoquait chez les femmes qui enchaînent les doubles journées : le travail en journée, tout gérer à la maison le soir. Sauf qu’allons plus loin, c’est pas de ça dont je veux me plaindre, Victor m’ayant au contraire beaucoup aidée ses derniers mois, ne serait-ce que par sa présence. J’ai recroisé la charge mentale dans les Utopies réalistes de Rutger Bregman dont j’ai omis de vous parler, je vais réparer ça vite parce que ce livre est génial. Ici, Bregman l’évoquait par rapport aux personnes précaires, expliquant que le manque d’argent pouvait devenir une obsession qui empêche d’obtenir de bonnes performances. Pour preuve une expérience qui annonçait à des personnes qu’elles devaient payer une somme dérisoire pour une réparation puis leur faisait faire des équations simples : résultats satisfaisants. Mais dès que la somme des réparations s’élevait, la personne devenait stressée par le besoin de trouver l’argent et échouait car obnubilé par son problème matériel. Voilà, moi, j’en suis là mais remplacez “problème d’argent” par “problème de travail” et voilà.

Mon travail me tue, enquête sur le burn out

Tiens, faut que je me l’achète celui-là

Je n’avais pas réalisé jusqu’à ce samedi 16 au matin où je devais tracter avec des camarades et où j’ai débarqué à l’arrache. Et là, j’ai senti la colère monter en moi. La bonne colère, celle qui me sauve les miches à chaque fois. Ca suffit. Ma vie vaut mieux que ça. Alors on fait quoi ? Dire stop, c’est bien mais ça ne résout pas le problème. Je vais donc tout mettre en branle pour me sortir du guêpier dans lequel je me suis retrouvée, actionner les bons leviers, frapper aux bonnes portes. Me souvenir que je suis forte, me souvenir que la vie, c’est pas mon taf, réinvestir mes projets, me battre pour reprendre le dessus car faudrait pas oublier que j’ai des armes. Le début 2018 va être intense. Mais il faudra en passer par là pour se débarrasser de cette foutue charge mentale.

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Leave my uterus alone !

Selon une loi sociale commune, un couple suit les étapes suivantes : rencontre, consommation, consolidation, installation commune, signature d’un pacte quel qu’il soit, enfants. Plutôt au pluriel, oui. Donc si vous venez souvent par ici, vous aurez noté que je suis à l’étape post signature de pacte et donc, cette question de plus en plus récurrente dans ma vie “alors, le bébé, c’est pour quand ?” Mais leave my uterus alone, bordel !

Leave my uterus alone, révolte d'une nullipare

Alors on va pas se mentir, ce sujet commence à légèrement m’agacer parce que… on piétine allègrement mon choix et mes ressentis sur la question. Dès que je dis que je ne l’envisage pas pour le moment (notez que je ne suis même pas définitive là-dessus), j’ai droit à une réaction d’effroi (“quoiiii ? Tu ne veux pas d’enfants ? Mais quelle est cette hérésie ?”)… puis à une négation pure et simple de mes sentiments sur le sujet “non mais tu dis ça maintenant mais tu changeras d’avis, tu verras !” ou “mais tu ne peux pas passer à côté de ça, tu n’imagines pas ce que que c’est.” C’est vrai… Mais pour le moment, ça ne me manque pas, comme expérience. J’ai tout à fait conscience que je peux changer d’avis, comme j’ai déjà changé d’avis sur certains trucs mais… 37 ans, l’horloge biologique ne vient toujours pas me titiller, j’admets tout à fait que ça puisse ne jamais arriver. Alors pourquoi les autres insistent ?

Horloge biologique

En plus, je trouve ces conversations hyper intrusives. Personne n’imagine que si je n’ai pas d’enfants, c’est peut-être aussi parce que je ne peux pas en avoir… L’enfer que ça doit être quand c’est le cas “alors, c’est pour quand le bébé ?” “Ben, écoute, ça fait deux ans qu’on essaie et que ça prend pas, à croire que l’un de nous est stérile, à ton avis, lequel ?”. Non mais sérieusement, on touche au médical, là. Est-ce que je vous demande votre taux de cholestérol ou comment se portent vos globules blancs tous les trois matins, moi ? Non. Mais comme je suis une jeune pacsée (bon, on va pas tarder à arriver aux un an de PACS) et moins jeune femme, la question semble naturelle. Alors que pardon mais c’est totalement déplacé, surtout quand on te lâche un “ouais, enfin, faudrait pas trop tarder quand même, hein…”. Ah, t’as passé ton diplôme de gynéco pendant les vacances ? Non ? Alors ton avis sur ma fertilité, je te suggère d’en faire une mini boulette et de te la fourrer où je pense, merci, bisous.

Ton opinion dans ton cul

Tant que j’étais célibataire ou non engagée par un papier, j’étais relativement tranquille, surtout que ma bouille trompe toujours sur mon âge. Mais là, depuis que je me suis pacsée, je subis une pression de PARTOUT. Tout le monde veut que je fasse un enfant pour que le leur joue avec le mien (alors que s’il le faut, mon rejeton sera un connard tyrannique, on sait pas), pour que je connaisse ce que ça fait. Et le pire, c’est que quand j’explique pourquoi je n’ai pas envie, mes arguments ne comptent pas genre “ouais, ok, mais quand même, avoir un enfant, tu sais pas ce que c’est”. Non, comme beaucoup de choses en ce bas monde et ça m’empêche pas de dormir la nuit.

Bien dormir avec une peluche

Ces derniers temps, j’avais une bonne excuse : voyage de trois semaines à l’autre bout du monde en itinérance, pas bonne idée d’être enceinte. Ca marche. Mais le voyage approche. On sera de retour en France fin octobre. Et après ? Soit je m’énerve, soit je parle de la stérilité de notre couple (dont je ne sais rien, hein, notre principale cause de stérilité aujourd’hui, c’est mon stérilet, le bien nommé). Parce que je ne doute pas que l’amour maternel et paternel, c’est ouffissime mais… pour le moment, j’ai du mal à passer outre certains éléments. Et j’aimerais ne pas passer ma vie à me justifier de ça.

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Idiocracy : la dystopie version comique

Comme je suis une originale, j’ai maté Idiocracy la semaine dernière comme tous mes petits camarades qui en parlaient sur Twitter (magie des réseaux sociaux)…bon pas le même jour certes. Un petit film marrant avec Luke -oh ouiiiii- Wilson et Maya Rudolph que je ne connaissais pas.

Affiche du film idiocracy de Luke Wilson

Pour ceux qui seraient passé à côté, je vous refais le pitch. Joe, un militaire moyen, remarquablement moyen, est choisi pour participer à une expérience avec Rita, une prostituée moyenne. Tous les deux vont être endormis pendant un an. Sauf que suite à quelques péripéties, ils se sont pas réveillés en 2006 comme prévu mais  cinq siècles plus tard. Les hommes sont devenus d’une stupidité crasse et Joe devient l’homme le plus intelligent du monde. Le film part en effet du postulat que les moins bien dotés niveau QI sont les plus prompts à se reproduire et que leur majorité numérique entraîne peu à peu le QI vers le bas.

Un Detroit futuriste et en ruine dans Idiocracy

Ce n’est pas la première dystopie à prendre comme point de départ un monde rendu plus bête, il y a aussi… Captain Harlock aka Albator. Oui, Albator est une dystopie si on considère que l’univers prend soin de décrire la société humaine telle que l’auteur l’imagine en 2977, à savoir se baignant dans l’opulence et asservie par “l’abrutisseur mondio-visuel” (qu’on appelle par chez nous la télé). Les hommes sont devenus idiots et couards et le gouvernement se retrouve incapable de réagir face à une nouvelle menace. Il y a évidemment Farenheit 451. Mais la différence majeure entre Idiocracy et mes deux autres exemples, c’est que dans ces deux derniers, le traitement est sombre et il y a surtout une volonté d’un gouvernement d’abrutir les populations en leur coupant la possibilité de réfléchir, de remettre en cause. Dans Idiocracy, c’est le peuple même qui a choisi de s’abrutir, d’après ce que l’on comprend, bien aidé en cela par les médias (l’émission phare s’appelle “Oh ! my balls” et on voit un mec se faire réduire les parties tout du long… alors que nous, en France, l’émission phare fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur, c’est beaucoup mieux…) et le marketing. L’eau a en effet été remplacée par une sorte de boisson énergétique enrichie en électrolyte, le truc que personne ne sait définir. Alors que nous, on boit de l’Actimel enrichi en  “L Casei Defensis” (un ferment lactique utilisé comme probiotique, en fait), une révolution… ou pas. D’ailleurs, ça a bien perdu la côte les alicaments, non ?

alicaments au rayon frais

En même temps, je critique mais j’ai toujours bien aimé ça, les Actimels

Idiocracy pose deux questions. La première, commune à toute dystopie : est-ce que c’est crédible ? Oui et non, de mon point de vue.Il est évident que la langue va considérablement évoluer en 5 siècles (cf cette excellente vidéo de Linguisticae qui vous expliquera toujours mieux que moi) et ce ne sera pas forcément un signe d’abrutissement sinon, hey, nous sommes déjà tellement plus con que nos ancêtres ! Pour le reste, le côté “y a que les cons qui se reproduisent” reste bien sûr à relativiser et je pense que, contrairement à ce qu’on nous répète à longueur de temps, les jeunes générations ne sont pas plus incultes et débiles que nous, elles ont souvent des savoirs différents, une maîtrise bien plus innée que nous de la technologie, par exemple. L’être humain est un animal qui s’adapte et prend donc en main ce qui l’aide de façon immédiate. Les jeunes générations ne sauront jamais utiliser un téléphone à cadran mais je ne sais pas faire de circuit électrique, moi (oui, j’avais pas techno au collège, j’avais “EMT”, j’apprenais à coudre et à faire des boîtes en carton). De même, grâce à la VOD avec possibilité ou non de regarder un film en VO, je pense que la génération qui arrive sera bien plus douée en anglais que nous, en moyenne.

Parler anglais

Je relativise donc cette donnée de l’idiotie congénitale qui envahit le monde… mais quand même, ça laisse songeur. Comme je n’ai plus la télé, je n’en ai désormais qu’une image floue constituée à partir de ce que je vois passer sur mes réseaux sociaux… Réseaux qui me ressemblent donc quand même assez à gauche, genre bobo-écolo. Donc je n’entends parler télé que pour des choses positives (le doc de France 5 sur la transsexualité, Devenir « il » ou « elle »,  par exemple) ou des films/séries que tout le monde regarde (genre les Harry Potter ou récemment Gone girl mais j’avais déjà vu, pour une fois). Mais je vois surtout beaucoup le négatif avec la dénonciation de la télé racoleuse et basse de plafond avec en tête… Cyril Hanouna. Ah ça, mes communautés le vomissent… et j’aurais du mal à ne pas partager leur avis vu le peu que j’en sais. Et je ne parle pas des cas de harcèlement, humiliation ou agression sexuelle mais du malaise que j’ai moi même en regardant l’émission quand j’avais la télé.Il ne s’est certes rien passé d’aussi grave que les exemples pré cités dans mes souvenirs (pas très nets vu que je laissais ça en faisant autre chose et que je ne suis pas sûre d’avoir vu une émission en entier) mais bon sang, c’était navrant de bêtise… Déjà, un mec qui rit de ses propres blagues, c’est non direct  mais c’était juste de la vanne, c’était confus et surtout, j’ai toujours pas compris ce que c’était censé apporter. Et des millions de gens regardent ça… Tu me diras que jeune, j’ai bien écouté Cauet à la radio et maté Coucou c’est nous, ce ne devait pas être mieux…

Coucou c'est nous, Christophe Dechavanne et Patrick Carmouze

Peut-être que finalement, la plus grande menace qui pèse sur l’humanité, ce n’est pas une idiotie congénitale mais une idiotie que l’on attrape en se marrant grassement devant un spectacle humiliant et oppressif…

 

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C’est triste, les gens ne se parlent plus

Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. En ce temps là, dans les rues de Paris, tous se saluaient à coup de bonjour, bonjour, bonjour, le boulanger porte son plateau bien garni du bon vieux pain de son fournil, bonjour, bonjour, salue ta famille ! . Mais hélas, avec le temps va, tout s’en va et aujourd’hui, les gens ne se parlent plus.

La Belle et la bête de Disney, Belle traverse le village en lisant

“Dans le métro, les gens sont tous sur leurs smartphones et ne se parlent plus”, “Pokemon Go, c’est nul, les gens sont scotchés à leur jeu et ne se parlent plus”, “on peut plus draguer les meufs dans la rue, dès que tu leur adresses la parole, elles fuient. Comment tu veux que les gens se parlent, après.” Alors pour le dernier (vrai argument déjà entendu, je.vous.jure), j’ai envie de lui dire que “draguer” n’est pas synonyme de “parler”, je réponds très gentiment aux gens qui me demandent leur route, j’ignore les “hé mademoiselle”, par contre. Mais pourtant, ça pleure, ça chouine parce que plus personne ne se parle. Très bien. Mais c’était quand que les gens se parlaient spontanément comme ça ?

Une foule dans la rue, les gens ne se parlent plus

N’ayant vécu qu’une trentaine d’années et uniquement en France, mon expérience est certes limitée mais déjà enfant, je n’ai pas de souvenirs de gens commençant à deviser spontanément dans la rue, comme ça, pour le plaisir… Je me souviens même qu’à une époque, j’avais décidé, je ne sais plus pourquoi, de dire bonjour à ABSOLUMENT tout le monde dans la rue. Je vous parle de quelque chose qui a dû se dérouler en 85, max 86, donc bien avant les smartphones, Tinder et Pokemon Go, on avait déjà à peine des téléphones sans fil (je suis quasi sûre que j’avais encore un téléphone à écran, peut-être à touche à ce moment là, avec le gros fil qui s’emmêle) et déjà, quand je faisais ça, je sentais souvent de l’indifférence, parfois de la gêne… En fait, le seul endroit où je vois des inconnus se saluer spontanément, c’est dans les salles d’attente et sur les sentiers de promenade… Même dans mes cours de yoga où on est censés être tous zen et bienveillants, beaucoup entrent et sortent sans dire bonjour ou au revoir.

cours de yoga, position du chien tête en haut

L’ignorance de l’autre, un mal typique de la fin du XXe- début XXIe ? Et bien… non pas du tout. Je n’ai pas lu tous les romans qui existent mais il me semble que les gens inconnus qui viennent vous parler comme ça, dans la rue, ça n’a jamais été très bien tolérés, c’est plus vu comme un signe de folie que de politesse… ou alors, c’est quelqu’un qui veut vous vendre ou réclamer quelque chose. Bref, pas la grande conversation chaleureuse ou enthousiaste.

Un duo de jeunes mormons abordent une femme dans la rue pour lui parler

Bonjour, avez-vous rencontré Dieu ?

Alors je sens déjà qu’on va me rétorquer “mais attends trop pas, dans tel roman, à un moment, y a un personnage qui est seul et on vient lui parler”. Sans doute mais ça, ça arrive dans la vraie vie. Je veux dire, soyons honnêtes trente secondes. Non, je ne parle pas aux gens spontanément dans la rue ou dans le métro parce que j’ai le nez sur ma liseuse ou que je suis en train d’écrire mais il arrive parfois quelque chose, un détail insignifiant qui va engager une conversation. Encore l’autre soir, je terminais une conversation téléphonique dans le bus (et je mérite le bûcher pour ça, je déteste entendre les discussions des autres) avec ma maman, je claque donc le traditionnel “bisous, mamoune!” puis raccroche. Là, une femme est venue vers moi “oh ben ma fille aussi, elle m’appelle Mamoune, je croyais que c’était la seule !” Hé non, Sud ouest power, qu’est-ce que tu crois ! Rien, juste ce petit rien, la dame est descendue après en me disant bonne soirée. C’était à la fois mignon et un peu flippant et j’ai compris pourquoi Victor me dit que je parle trop fort au téléphone.

Femme en petite tenue téléphone

Alors on va arrêter un peu avec ce “c’était mieux avant, les gens se parlaient” parce que désolée mais non. Pas plus que maintenant, en tout cas. Et ce n’est pas une histoire de smartphone, de malséance ou je ne sais pas quoi, juste que… pourquoi on irait parler spontanément à des gens à qui on n’a rien dire. C’est des fois galère de soutenir une conversation avec des connaissance, pourquoi tenter avec des gens qui ne nous demandent rien et ont peut-être juste envie de calme et de rester dans leurs pensées. Oui parce qu’on n’a pas attendu les smartphones pour ne pas avoir envie de causer tout le temps, partout, voyez… Des fois, on a juste besoin de… enjoy the silence

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Le jour où j’ai été photographe sur tapis rouge

Vous savez ce que j’aime dans la vie ? Les moments cocasses, what the fuck, ces moments où je vis un truc assez foufou et qu’une petite voix dans ma tête vient gentiment me demander si tout ça n’est pas un peu trop surréaliste. Genre quand je danse pour le réveillon sur un bateau entourée de dauphins, quand tu traverses l’Atlantique pour aller faire de la luge. Et puis un jour, tu te retrouves au bout d’un tapis rouge parmi des photographes qui hurlent les prénoms des acteurs qui passent… quand ils les connaissent.

Photographes sur le tapis rouge de Cannes

Mais depuis quand je suis photographe de stars ? Depuis un matin du mois de mai : “Nina, y a le client qui est partenaire d’un festival de film, il voudrait savoir si tu veux aller faire la CM là-bas”. Alors, voyons, un petit tour dans une ville que je n’ai pas encore la chance de connaître… Mais oui ! Bon, après, déménagement oblige, je m’en suis un peu mordu les doigts car ça nous faisait sauter un week-end d’installation dont nous avions cruellement besoin mais j’allais, sans le savoir, mettre à mon actif une nouvelle expérience… hmmm…intéressante.

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

Voilà, photo prise le dimanche soir avant le fameux week-end, ça vous situe le bordel

J’arrive sur place le vendredi après un trajet en train… où j’ai dormi du départ à l’arrivée, à peu près, 2 heures envolées. J’arrive sur le lieu des festivités en navette, véhicule qui me dépose pile devant le tapis rouge où se massent déjà quelques curieux. Des gens me sourient à travers les vitres teintées, je me demande si c’est ma cliente… Ah pas du tout, ce sont des badauds qui espéraient que je sois une star et quand ils ont vu que je n’étais personne, j’ai juste disparu de leur radar. Je rencontre mon contact qui m’envoie passer l’après-midi dans un lieu un peu isolé du festival pour une manifestation de la marque. A 17h, je retourne au coeur des événements, je spotte quelques personnalités en me faisant quelques réflexions sur la différence réel/à travers un écran (oh mais lui, en vrai, il a un vrai truc alors que je le trouve absolument dégueulasse à la télé… Elle par contre, j’ai un peu envie de lui donner mon shampoing…). Je reste un peu avec une de mes contacts puis on me donne une accréditation presse. Mais pourquoi faire donc ? Je traîne, je fais quelques photos (un peu pour moi, beaucoup pour le taf) puis ça commence à s’agiter sur le tapis rouge. Tiens, mais j’ai une accréditation, tentons le coup. Me voici donc au milieu d’une dizaine de photographes pro armés de leurs super appareils Reflex suréquipés de flashs qui te font passer de la nuit au jour en une seconde et d’objectifs plus long que leur… à peu près, voilà. Moi ? J’ai mon adorable hybride Olympus OM-D 5markII. Alors je l’adore cet appareil, sincèrement, il est hyper pratique mais surtout, sa fonction wifi me permet d’envoyer mes photos directement sur mon mobile, idéal pour poster le tapis rouge sur les réseaux sociaux de ma marque. Bon, par contre, par rapport aux vrais photographes, je me sens en léger décalage. Je me cale dans un coin, je ne bouge plus, affectant mon air “mais oui, j’ai tout à fait le droit d’être là”.

Tapis rouge

Le défilé commence, on a d’abord droit aux invités des marques partenaires, puis arrive une actrice que personne n’identifie, on sait juste que c’est une actrice car elle est très belle, très maquillée, très coiffée et très mince. J’appuie gentiment sur le bouton quand ça commence à devenir la folie furieuse autour de moi “Hé, mademoiselle, HE HE !!! A DROITE ! OH ! A DROITE, A DROIIIIIIITE !!” Qu’est-ce qui se passe ? Ah oui ok… Alors je ne sais pas si vous avez déjà regardé la cérémonie de clôture du festival de Cannes, le moment où le primé va faire coucou aux photographes, vous voyez ? On entend comme une rumeur chez les photographes… Car ils veulent avoir la star de face, qui les regardent, pour une photo au top.

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Alors ça hurle, ça interpelle, ça vitupère… Ce qui est très drôle, c’est que la plupart des participants étant de jeunes pousses du cinéma ou des indépendants, il arrivait parfois qu’on ne connaisse pas le nom de la personne sur le tapis rouge (moi, j’en connaissais quasi aucun, vu ma grande cinéphilie mais ça m’a rassuré de voir que les autres, qui sont un peu plus dans le métier, ne s’en sortaient pas toujours bien non plus). Du coup, quand on connaissait, ça donnait “MELANIE !! RAPHAEL !!! FREDERIQUE !!!” et quand on ne connaissait pas… “MADEMOISELLE ! MONSIEUR ! AAAAA DROITE ! DROITE ! NON DROITE !” Moi, évidemment, avec mon petit Olympus, je fermais ma gueule et mitraillais, mi amusée mi gênée. Non parce que, ok, le tapis rouge fait partie du job mais on me gueulerait comme ça dans le cadre du travail, je ferais un procès pour harcèlement ! Mais les acteurs posent, goguenards, ils font un petit tour et s’en vont en faisant coucou, quelques uns signant des autographes de façon un peu random. Tout est normal dans le cirque Paillette.

leila-bekhti-au-festival-de-cannes

Et puis y avait une fille, la seule en dehors de moi (alors que j’étais un peu posée là par hasard, pour voir si on allait me laisser faire (oui)). Le lendemain, je croise le photographe officiel de la marque qui me dit ne pas m’avoir vue sur le tapis, je lui explique où j’étais posée “derrière une fille qui criait très fort, là…” “Ah oui, c’est Cyrielle, elle n’est pas commode… mais en même temps, c’est pas un milieu facile pour les meufs”. Ah. Alors avec moi, elle a été cool durant la mini interaction que nous avons eue (je lui ai pris son sac pour le poser derrière la bande de photographes, à peu près) mais elle a pourri la vie d’une autre CM de l’événement en lui foutant des coups de coude, se justifiant d’un “je bosse, moi, connasse !”. Alors, Cyrielle est-elle obligée de mettre ses balls sur la table, comme on dit, pour être respectée par ses collègues testostéronés ou réelle connasse ? Moi, en tout cas, elle m’a bien rendu service : vu qu’elle hurlait très fort, tous les people la regardaient… et moi, j’étais juste derrière. Clic ! Clic !

Un milieu très mixte, en effet... Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Un milieu très mixte, en effet… Jeu : sauras-tu trouver la seule femme de la photo ?

Moralité : c’était marrant… et je suis ravie que ce soit pas mon métier parce que j’aime pas me battre pour avoir la meilleure place, j’aime pas devoir montrer les dents pour me faire un peu respecter parce que je suis une femme, je déteste crier. Ou alors, je repère le plus fort en gueule pour me mettre pile derrière et je mets à profit ma souplesse naturelle (hyperlaxie mon amour) pour faire des photos sans avoir le flash ou l’objectif des photographes devant.

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

Oui, parfois, le photographe de devant te niquait un peu ton cliché

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J’ai testé pour vous l’Oculus Rift… y a deux ans

 

Parce que je suis la reine pour vous raconter ma vie en direct live (tiens, j’ai pas fini le Canada, d’ailleurs. Je crois que je vais vous épargner le récit de mon week-end à Londres), je voulais vous parler d’une expérience que j’ai faite… y a deux ans : j’ai testé l’Oculus Rift. Et réalisé au passage le rêve de mon moi ado.

J'ai testé l'oculus rift

Quelque part dans le passé, j’ai 11 ou 12  ans, je me livre un samedi à mon activité préférée : végéter sur le lit parental, une télécommande à la main et je zappe. Oui, le début de mon adolescence fut assez ingrat, on va pas se mentir. Je tombe sur une émission de Canal+ qui s’appelle l’Oeil du Cyclone qui était, je cite Wikipedia, dédiée aux arts alternatifs. Ce qui explique sans doute pourquoi j’en ai un souvenir un peu étrange… Bref, un jour, un épisode est consacré à la réalité virtuelle et OH MON DIEU, je veux ces trucs là. Alors pour rappel, pour ceux qui tomberaient sur ce blog pour la première fois, je suis née en 80 donc cette émission, je l’ai matée en 1991 ou 92. Je reste bouche bée devant ces casques que tu enfiles et qui te permettent de tout faire. Bon, j’avais un peu trop laissé mon imagination gambader, je croyais que ces casques projetaient en 3D ce que tu étais en train de penser et que, donc, tu pouvais naviguer dans les décors que tu créais toi même juste par la pensée… Ce serait géant… mais très flippant.

l-oeil-du-cyclone

Donc depuis 91-92, j’attends. Je lisais avec avidité les reportages de VSD et compagnie (la référence) annonçant que notre bon vieil écran cathodique aurait disparu de nos foyers en 2000, au profil des fameux casques de réalité virtuelle. Alors oui pour les écrans cathodiques mais non pour les casques de réalité virtuelle. Alors, j’attends, j’attends puis un jour, je reçois un mail dans ma boîte pro “venez tester l’Oculus Rift à la cafète”. Et j’ai testé la montagne russe. Donc ça a donné des “aaaaaaaaaah putain” et le mec qui finit par se mettre derrière moi parce que je bouge beaucoup trop pour ma propre sécurité. Au bout de 2 mn, je suis extatique et légèrement nauséeuse, aussi. Récemment, j’ai aussi eu l’occasion de tester le Samsung VR, les mecs avaient compris que j’avais pas lancé la vidéo qu’on m’avait proposée mais un jeu au vu de mes gestes.

gear-vr

Alors est-ce que c’est à la hauteur de ce que j’attendais. Alors évidemment, j’ai compris depuis bien longtemps que le casque VR ne lit pas dans mon esprit pour projeter les images que j’imagine mais j’avoue que ça reste bluffant. T’as beau être face à de l’imagerie 3D (et on sait que j’aime pas trop ça), tu es vite immergé dans l’univers qu’on te propose, tu esquives des images en polygone qui te foncent dessus, tu n’entends plus ce qui se dit autour de toi, tu découvres un nouvel univers… Alors oui je suis enthousiaste, surtout que je peux utiliser l’Oculus Rift ou le Samsung VR avec mes lunettes mais…

casque-vr-humour

Il reste quand même un gros point négatif. Oh je ne parle pas de vos camarades qui vous font des blagounettes pendant que vous jouez parce que pour certains, j’ai envie de dire… ben choisissez mieux vos amis…

oculus-rift-humour-merde

Non, je parle de la nausée. Ben oui, ça tourne, ça vire et ton cerveau commence à perdre un peu les pédales et donc… ben tu finis par avoir la gerbe au bord des lèvres. Donc oui, la VR, c’est génial et si j’avais pas prévu de a/déménager, b/ faire des voyages, c/me racheter un pc portable à l’occase et d/aller au Japon en 2017, je me serais précipitée sur l’Oculus Rift mais pour le moment, on va attendre…

tirelireavant

A moins qu’en tant que super professionnelle des réseaux sociaux, Facebook m’offre un casque… Non ? Et bah tu peux attendre pour que j’utilise la réalité virtuelle sur mes pages de marque, Mark !

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