Ma vocation : l’écriture

Un vendredi midi, je suis en sophrologie et nous voici en visualisation à nous imaginer dans une forêt où l’on rencontre un sage (qui est Colin Firth pour moi, je me demande bien pourquoi je l’ai pris lui) à qui on pose une question. Moi : “quelle est ma voie”. Il va nous répondre. Sur le coup, je suis un peu sceptique : c’est moi qui joue la scène, je vais pas avoir ma réponse… “Ecrire”. Ah, si putain. Et en même temps, c’est tellement évident. Des années que je cherche ma vocation alors que je l’ai toujours su.

cahier d'écriture ma vocation

Quand tu écris lors d’un week-end yoga sur les bords de Loire

J’ai 8 ans, peut-être 9. J’ai trouvé une vieille machine à écrire dans le cellier (qui était en fait une sorte de débarras avec quelques bouteilles au fond) et je tape des histoires navrantes sur ma vieille Olivetti qui coince des fois les doigts (oui, je sais plus pourquoi mais il semble que j’ai mis mes doigts là dedans un jour… ou alors je les ai coincés entre deux touches ?). Je suis une enfant, j’écris des phrases sujet-verbe-complément, les gentils sont trop gentils et les méchants vraiment trop méchants mais j’aime déjà ça. J’ai donc 8 ou 9 ans, je suis en centre aéré et la nouvelle monitrice (je faisais mi-juillet, fin août avec gros turn over au milieu) nous demande ce qu’on veut faire plus grand. Crânement, je réponds “écrivain” (oui sans e, j’étais pas très féministe à l’époque). Parce que j’aimais écrire. Parce que j’ai passé mon adolescence à écrire. Parce que j’ai un peu arrêté adulte parce que les études puis le travail. Sauf ce blog.

Machine à écrire Olivetti

Retour à la forêt du sage. “Le sage vous demande ce que vous feriez si vous étiez sûre de ne pas échouer”. J’écrirai. Tellement évident. Qu’est-ce que j’ai foutu ces dix dernières années, qu’est-ce que je suis allée faire dans cette voie qui ne me correspond pas ? Gagner des sous, youpi… Oui parce qu’on va pas se mentir, c’est à peu près ma seule carotte et vu que c’est pas la politique de la maison d’augmenter (j’ai eu 2% en 2 ans et demi, youhou… mais une de mes collègues a eu une fois 3% en 5 ans… pendant ce temps, d’autres se font des plus +10 000 en un an, peinardos), faudrait que je bouge encore et encore mais pffff. La flemme. Surtout que depuis ma révélation, je cogite, je réfléchis à un plan. Etape 1 : lancer des blogs un peu plus rentables que celui-ci (vu que j’ai pas de pub ici, ce sera pas dur de faire plus rentable, ça le sera dès 5 cts gagnés)… Etape 2: continuer et finir le roman de Maja pour l’envoyer à des éditeurs (123 pages à l’heure où j’écris cet article, hihi). Et puis aussi finir de retaper Technopolis si ce n’est fait (je ne me souviens plus) et le balancer en auto édition pour avoir un peu d’argent de poche. En clair : lancer une petite activité autour de l’écriture et voir ce que ça donne. Si ça marche un peu, passer à un ⅘, voire un ⅗… voire en totale indépendante si ça marche TRES très bien, retourner vers le journalisme. Parce que ça paie peut-être moins mais j’aime un peu mieux. Mais sans précipitation ni obligation, le but n’est pas de finir dans la rédaction d’un journal people à pisser des news sur des gens que je ne connais même pas histoire de générer du trafic non plus. Peut-être forcer à mort dans ma boîte pour partir vers la data et les études pour devenir data journaliste… Un truc dont j’ai rêvé l’autre nuit, justement, amusant…

data journalisme

Bref, maintenant que je sais, je comprends ma lassitude au sujet du travail, ma procrastination crasse (qui n’est rien d’autre qu’un manque de motivation et d’envie, quel que soit le nom qu’on lui donne), ma non envie de jouer le jeu de la politique même si je suis blessée dans mon orgueil de voir les petits jeunes aux dents longues me passer devant mais je le sais : le mérite n’est rien, il faut savoir se placer avant tout. Je joue pas le jeu, je devrais en accepter les conséquences. Mais justement, inversons le paradigme : mon taf, là, redonnons lui le sens qu’il a vraiment : c’est de l’alimentaire. Stressant (pour rien), fatigant mais au fond bien payé et un boulot de caissier est tout aussi fatigant (je déteste le bruit) et stressant avec tous les clients qui viennent te prendre la tête… Moi au moins, les clients qui me prenaient la tête quand je faisais du CM, ils étaient derrière un écran, je risquais rien. Alors on va faire ça : du 9h45-18h45, apprécier l’argent gagné pour la liberté de créer qu’il m’offre et s’en foutre. En attendant de, peut-être, réussir dans ma vocation de coeur.

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Game of thrones : une saga bavarde

Quand j’écris, je me pose parfois la question : est-ce que je suis pas en train de trop parler ? Est-ce que cette scène où mes personnages font la révolution en sirotant un café ou débattent des limites de leur activisme, est-ce que vraiment c’est nécessaire ? Oui, ok, c’est le coeur du sujet mais n’est-ce pas too much, là ? Ne serait-je pas victime du syndrome Game of thrones, cette saga bavarde ?

Meera, bran et Benjen Stark dans la saison 6 de Game of thrones

Alors j’ai lu toute la saga, les 5 intégrales et j’attends la 6e de pied ferme, prête à la lire en anglais. Même si ok, j’ai vu la saison 6 donc j’ai été pas mal spoilée mais j’avais déjà deviné pour les deux gros rebondissements de la saison (enfin, ceux sur Jon Snow, pas celui à King’s Landing de l’épisode 9). Mais je dois avouer que la lecture était souvent looooooooongue, presque pénible. Bon, déjà, la version française est agaçante, j’avoue, très ampoulée. Mais surtout, Game of thrones, c’est quoi ? Des gens qui boivent du vin et caressent des putes en parlant de la guerre juste là dehors, de leurs complots et de l’amour. Oui, oui, vous allez me dire que j’exagère, qu’il y a quelques scènes d’action quand même, il se passe des trucs. Oui… entre deux bavardages. Non mais la preuve : qui est le héros de la saga ? Bon ok, y en a plusieurs, je vous parle de Tyrion. Le mec, il fait quoi ? Il parle. C’est tout. Oui, des fois, il baise mais sinon, il parle. On a aussi Arya qui passe son temps à réciter une infinie liste et Daenerys qui a 35 noms qu’elle balance à chaque rencontre. Pia pia pia.

Daenerys et Tyrion, héros d'une saga bavarde

Seulement, faire parler les personnages, ça permet deux choses : balancer tranquillou mémère quelques petites idées et vues sur la société, nos petites opinions l’air de rien (surtout quand tu écris un roman qui a pour base l’activisme) mais aussi donner quelques infos supplémentaires sur ce qu’il se passe, raconter de façon plus dynamique un point de récit, une connaissance qu’un personnage apporte à un autre. Les dialogues ne sont pas nécessairement inutiles mais ils donnent parfois le sentiment de remplissage. Surtout dans Game of thrones où les mecs sont tranquilles à picoler sous une tente pendant leur armée se fait étriller trois mètres plus loin (à peu près).

Activité n°1 de Tyrion : parler en buvant du vin

Et surtout les dialogues cassent parfois le rythme, terriblement. Alors qu’on veut savoir ce qu’il va se passer, que l’action monte et va atteindre son paroxysme… retrouvons Tyrion qui parle de baiser des prostituées en buvant du vin, une scène qui ne servira à rien, jamais. Et c’est peut-être là la clé : pour jauger l’intérêt d’un dialogue, je crois qu’il faut voir si le récit pourrait progresser tout aussi bien sans lui. Est-ce que cette petite brique que tu viens de poser, elle va un jour être utile ou c’est juste parce que tu veux que ta maison soit plus colossale ?

Art work de King's Landing par Charles Lee

Alors vous allez me demander pourquoi je continue à lire si je trouve ça chiant ? Parce que Georges R.R. Martin a été scénariste par le passé et ça se sent dans la construction de son récit et nous entraîne dans une relation quasi perverse : je te donne ce que tu veux, je te le reprends, je te donne, je te reprends… Mais en semant suffisamment d’éléments intéressants pour que tu aies envie d’aller plus loin. On pourrait presque comparer ça à un soap opera où tu as un cliffhanger à chaque fin d’épisode et tu es obligé de revenir le lendemain pour connaître la suite. Si je compare à la saga de l’Epée de Vérité, par exemple, la fin est la fin, on a une histoire majeure par roman et assez peu de “revenez pour la suite, c’est pas fini” (sauf entre le 4 et le 5, pour le coup). G.R.R Martin, c’est le mec qui t’assomme pendant les ¾ du roman pour réveiller ton intérêt à la fin et tu ne veux plus qu’une chose… Lire la suite. En anglais parce que la traduction française arrivera trop tard. Enfin, si l’intégrale 6 vient un jour…

Georges R. R. Martin et la sortie du prochain Game of thrones

Oui bah quitte à être à la bourre, autant en faire un meme

Mais j’en ai pas fini avec Game Of thrones car je trouve cette oeuvre extrêmement intéressante à étudier en tant que “écrivaine”. Même si ma saga à moi en est toujours à la page 2.

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Sale temps pour le pays de Michaël Mention

 

Je ne vais pas parler de ce livre. Enfin, si, un tout petit peu mais je veux surtout vous parler du rôle qu’il a occupé dans ma vie et comment ceci est un moteur. Parce que sur mon exemplaire de Sale temps pour le pays, y a une dédicace. Parce que oui, Michaël Mention, je l’eus connu, à une époque où il était pion pour gagner un peu d’argent le temps que sa carrière décolle. Depuis, il a publié 7 autres romans, gagné 4 prix et a sa propre page Wikipedia. Ouais, rien que ça.

Sale le temps pour le pays de Michael Mention

Pour en revenir au roman, “sale temps pour le pays”, je vous le conseille, c’est un très bon polar basé sur des faits réels et très prenant. Ce bouquin a une résonance particulière pour moi. Pas juste parce que j’ai fréquenté le même club de plongée que le gars qui l’a écrit mais parce que je l’ai lu à un moment où j’avais perdu le goût de la lecture. Oui, à un moment dans ma vie, genre ça devait être en 2011-2012, cette histoire, à cause de ces smartphones de merde, je passais ma dernière heure de la journée à consulter mes réseaux sociaux plutôt qu’à lire. C’était précisément pour ça que je ne voulais pas de smartphone, parce que je savais ce qui allait se passer et j’avais raison. Donc suite à une séance de dédicace où Anaïs m’a récupéré mon exemplaire car j’étais en vacances. Je ne suis pas toujours très fana des policiers parce que j’ai toujours peur de trouver le tueur avant la fin alors que je le cherche même pas forcément. Mais je me laisse prendre et grâce à ce livre, je reprends mes habitudes de lecture. Rien que pour ça, ce livre a son importance.

Lire au lit

Mais surtout, l’exemple de Michaël me motive. Je veux dire, le mec a réussi son rêve, je dois essayer d’en faire autant. Alors, attendez, lisez les choses comme je souhaite les exprimer :

– Je ne me considère pas meilleure, je ne veux pas dire “bah si lui l’a fait, moi aussi, je peux le faire”. Non, je dis que je dois vraiment me bouger pour essayer.

– Je ne suis pas non plus dans la jalousie ou la compétition.

Esprit de compétition

Mais ça me fait réagir. D’abord il y a une différence entre Michaël et moi : lui a toujours considéré qu’écrire était son métier et il s’est organisé en fonction avec un job alimentaire alors que moi, de mon côté, j’ai toujours considéré ça comme une sorte de bonus, je n’ai jamais capitalisé dessus. Etait-ce une erreur de ma part ? Là de suite, je dirais que non vu que mon métier m’a quand même apporté des choses dans la vie, des connaissances… Pas forcément utiles pour mon écriture mais apprendre est toujours une chose bénéfique. Bref, l’idée n’est pas de remettre en question ce que j’ai bâti ces dix dernières années mais de me dire que jusqu’à présent, j’ai pas cherché non plus à créer l’occasion. Mais ma volonté de ne pas mettre tous mes oeufs dans le même panier, est-ce que ça ne démontre pas, in fine, un manque total de confiance en moi ? Est-ce qu’en sous-texte, il n’y a pas un “bon, c’est joli écrire mais c’est pas sûr comme voie, je vais plutôt chercher un CDI, on verra plus tard”. Peut-être. Mais en même temps, je préfère pour le moment continuer sur cette lancée car faire de sa passion, son travail, ça me convainc toujours pas (même si l’idée d’aller écrire all over the world me plaît bien).

Le plus beau bureau du monde

La semaine dernière, j’ai donc reçu la newsletter des Editions 10/18 consacrées à Michaël et son nouveau roman. Décision 1 : l’acheter. Décision 2 : voir dans ce petit clin d’oeil de la vie… un immense coup de pied au cul. C’est bien joli de se la jouer écrivaine de métro et tout mais faudrait voir à concrétiser un peu tout ça quand même.

Ceci étant, j’atteins la page 70 en retapé et j’ai entamé la partie 2 sur mon cahier… On dirait que pour une fois, ça roule. Grâce à mon idée d’écrire dans le métro. Un peu mais je crois avoir trouvé une autre raison… Je vous dis ça semaine prochaine.

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Inspiration : ces gens qui vivent en dehors du travail

Mercredi soir, j’ai fait un truc que je ne fais que trop peu souvent : je suis allée au théâtre. Un tout petit théâtre de 50 places en se serrant bien. Sur scène : deux femmes qui jouent un mi – one woman show dont l’une, Allison, n’est rien de moins que ma collègue. Grosse source d’inspiration : moi aussi, je dois vivre en dehors du travail.

Théâtre Le Bout à Paris Pigalle

Laissez-moi vous présenter birèvement Allison : quand j’arrive le matin (9h30-10h), elle est déjà là. Quand je repars à 19h, elle est toujours là. Et un jour, tu découvres au hasard d’une conversation qu’elle fait de temps en temps un peu de one woman show. Alors évidemment, je me renseigne : pour le moment, elle n’a que trois sketches mais bon, ça ne fait qu’un an et demi qu’elle fait ça. Moi, je la regarde des étoiles dans les yeux : enfin une qui a compris que la vie, ce n’était pas juste le travail (même si elle y passe quand même beaucoup de temps, plus que moi).

vivre en dehors du travail

En fait, je dois arriver à la crise des 10 ans mais je trouve que je m’investis trop dans le travail sans en retirer finalement grand chose à part de gentilles tapes sur le dos et des tonnes de compliments dans le couloir qui ne se concrétisent malheureusement pas en promotion ou en augmentation significative… Sauf qu’en fait, je m’en fous un peu. Je veux dire, c’est quoi mon métier aujourd’hui… Alors très bonne question dans l’absolu vu que je suis dans le flou total mais dans l’absolu, c’est raconter à des marques comment parler sur les réseaux sociaux pour avoir plus de clients et voir ce qu’on dit déjà sur eux. Vous savez ce qu’il se passerait demain si mon métier disparaissait ? Absolument rien. Je peux même pas faire genre que Facebook et co. couleraient, ils n’ont pas besoin de pages de marque pour vendre leurs espaces pub finalement, y a qu’à voir comment Google se porte plus malgré l’échec total de Google+. Du coup, pourquoi je continuerais à placer toutes mes billes là-dedans ?

Femme travaille trop

 

Je veux faire comme Allison, moi, avoir une autre vie. Le travail, c’est juste pour s’acheter à manger et des voyages finalement (oui parce que je reste privilégiée par mon salaire) mais j’aime l’idée de multiplier nos vies… En gros, je ne suis pas juste cadre dans un groupe media mais aussi aspirante écrivaine, blogueuse prolixe, quoi d’autre demain ? Parce que voilà, c’est peut-être la crise des 10 ans de carrière, allez savoir, mais j’aime imaginer que je n’ai pas qu’une seule casquette et que je dois tendre vers ça, vers un moi multiple. Si Allison et ses journées de 12h y arrive, je n’ai pas d’excuse. Et surtout ma situation relativise l’échec : si personne ne veut publier mes romans, je n’aurai juste rien à perdre : j’aurai toujours un salaire, un confort de vie, ce sera juste un rêve qui ne se sera pas réalisé. La blessure ne sera qu’égotique, rien dans ma vie ne sera bouleversé par ça.

les vies multiples d'Amory Clay de William Boyd, couverture

Quelqu’un a-t-il lu ce livre ? Il est bien ?

Mais peut-être aussi que ce manque total de risque est un mauvais calcul, peut-être que mon travail fagocite trop ma “carrière rêvée”… On s’en reparle !

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La feuille de route de l’écrivaine

Sur un tableau ardoise aimanté, une forêt de post it avec parfois un seul mot écrit dessus. Quelques photos accrochées par des magnets et des gribouillages à la craie avec des flèches un peu partout. L’écrivaine admire ce cadre qui n’a de sens pour personne d’autre qu’elle. Sous ses yeux s’étale la feuille de route de son roman, son ossature.

tableau en ardoise avec applique dans un bureau, Maisons du Monde

Je rêve de ce tableau, pour de vrai

Et cette écrivaine, ce n’est pas moi. Quand je débute l’écriture, la seule feuille de route qui m’accompagne, c’est une feuille volante avec le nom des personnages.  Oui parce que pardon mais quand votre héroïne principale s’appelle Maja Lagerkvist, vous appréciez d’avoir son nom sous les yeux.

Exemple de bullet journal

En fait, quand je commence l’écriture,j’ai le début et la fin… et c’est tout. Quelques lignes qui m’amènent du point A (début) au point B (fin), mais guère plus, les quelques personnages principaux que je griffonne donc sur mon papier. J’admire quelque part les gens qui sont capables d’avoir une vision très claire de ce qu’ils vont écrire… Parce que cette relative improvisation, elle me complique des fois un peu la vie.

feuille de route

D’abord parce que je sais pas du tout où j’en suis. Prenons mon désormais célèbre pour les gens qui me lisent roman de Maja (en fait, c’est que je me dis qu’à force d’en parler, y a au moins trois personnes qui vont vraiment avoir envie de le lire et si le résultat est nul, la déception va être violente)(oui parce que là, je suis en phase de doute total, je la trouve chiante Maja, en fait). Je sais déjà qu’il y aura quatre grandes parties centrées sur les péripéties d’un personnage (Maja sur deux d’entre eux, son frère sur un autre et son love interest sur un quatrième)… Mais je n’anticipe pas du tout la taille des dites parties. A l’heure actuelle, j’en suis à 35 pages recopiées sur la seule première partie… Je vais écrire un annuaire, mon Dieu (en tout, je dois en être à 70 mais j’arrive presque sur la fin de cette partie là). Donc j’écris, j’écris, j’écris. Parfois, j’ai l’impression d’en voir le bout, d’autres de n’en être qu’aux prémisses. Et il y a un truc que je n’aime pas trop trop dans la vie, c’est de ne pas savoir où j’en suis. Je suis sûre que ça vous l’a déjà fait : quand vous faites un trajet un peu pentu la première fois, par exemple, vous avez l’impression que c’est long, dur… mais une fois que vous connaissez le trajet, que vous savez que tiens, à cet arbre, on a fait plus de la moitié, ah tiens, cette maison, c’est quasi le bout, ce même trajet pénible devient soudain beaucoup plus facile. Moi ça me fait ça en tout cas, sans doute le côté “mince, je ne sais pas si je me suis ménagée assez de forces, je vais peut-être pas y arriver”. L’écriture, c’est un peu pareil et je pense que c’est pour ça que je m’arrête souvent aux débuts prometteurs : parce que je donne trop à ce moment là et que je tiens plus la distance.

Femme fatiguée

En fait, quand je dis que je n’ai que le début et la fin, ce n’est pas tout à fait vrai : j’ai des scènes. Par exemple, pour le roman de Maja, il y a des scènes qui sont déjà parfaitement construites dans ma tête alors que certaines n’arriveront pas avant la quatrième partie. Mais la plupart du temps, je construis vraiment au fur et à mesure et sincèrement, le fait d’écrire dans les transports m’aide énormément, qui l’eut cru. Parce que j’écris et soudain “gare de Trivelin”, aaaaaaaah, je finis vite ma phrase ! Puis en cheminant vers chez moi (10 minutes environ), je continue de dérouler ma petite histoire dans ma tête et là, l’idée ! Mais oui, il va lui dire ça, elle va faire ça et ça va déclencher ça… Double effet kiss kool : non seulement j’avance dans mon plan mais en plus, je laisse définitivement le boulot derrière moi en pensant à autre chose. Et c’est ainsi que j’arrive à relier les quelques scènes du milieu que j’avais de ci de là à mon récit global.

Une main glisse une pièce de puzzle dans le ciel

Le problème, c’est que ces scènes, je les imagine précisément, presque comme un film… et à retranscrire, c’est chaud.

Je vous raconte ça semaine prochaine.

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Quand j’avais des bonnes résolutions pour ce blog

En préparant mon article sur les bonnes résolutions, j’ai réalisé que j’avais consacré tout un article à ce que je comptais faire sur ce blog en 2016. Ciel, j’avais des ambitions pour ce pauvre vieux blog ? Non parce qu’on va pas se mentir, les Vingtenaires, c’est un peu mon vieux doudou qui pue : je m’en occupe pas bien, je l’oublie régulièrement sous le lit mais je n’envisage pas ma vie sans lui. Même si, contrairement à mes débuts en ces lieux, il n’a plus vraiment d’incidence dans ma vie, il me sert juste à vider du trop plein.

Bonnes résolutions, liste sur un cahier

Bon bref, qu’ambitionnais-je l’an dernier à la même heure ?

  • Ecrire des histoires, celle d’Audrey pour commencer et autres trucs… Bide, bide, bide, j’ai pas écrit une ligne. Je pense reprendre Audrey mais pas ici, en fait. Pas très clair dans ma tête mais clairement, ça ne colle pas avec ce que le blog est aujourd’hui donc soit j’en fais un blog à part, soit j’en fais autre chose. Idem pour les autres histoires. En fait, j’ai envie d’écrire des histoires mais je trouve qu’ici, c’est pas le lieu. Je vais peut-être créer un blog “d’écrivaine” à part entière. On verra.
  • Les séries : aka la guide du savoir vivre du plan cul. Et ben gros bide aussi. Je sais pas, je ne trouve plus grand chose à dire sur le sujet ou plutôt, je n’en ai pas forcément envie. En fait, j’avais lancé cette série juste pour une histoire de vieille culotte que je voulais écrire (en somme : est-ce qu’on peut mettre une vieille culotte quand on reçoit son plan cul) mais pfffff… Donc je pense que cette série ne revivra que si une de mes potes se lance dans un plan cul, que je lui donne des conseils et que je me dise “et mais ça ferait un bon article, ça !”.
  • Guide de défense à destination des gauchistes : je ne me souvenais même pas avoir envisagé ça… Mais c’est assez cool comme idée, en fait (la fille qui s’envoie des fleurs toute seule). Je vais m’y pencher même si ça prend un peu plus de temps mais ça me permettra de débuter mon voyage au pays des idées.
  • la mise en scène du soi sur les réseaux sociaux : ah, ça, je dois reprendre, c’est presque mon coeur de métier, en plus.
  • la chômagie : je ne me souvenais pas du tout avoir prévu de réécrire là dessus…
  • Culture : j’ai toujours 10 livres de retard à chroniquer, je ne vois toujours pas trop de films mais faudrait que je vous parle séries par contre. Et Youtube, aussi, ma télé à moi.
  • Carnet d’une aspirante écrivaine : ah, ça, je tiens… ok sur la fin de l’année mais on s’en fout, à l’heure du bilan, ça marche.
carnet de note pour roman

La photo la plus méta du blog avec l’article que vous êtes en train de lire dessus

Et du coup, en 2017… Je compartimente. Ici, on garde ma vie pour ce que j’en raconte, mes coups de sang, mes histoires de réseaux sociaux et de guide de défense du gauchiste, là, la culture et l’écriture. Et je dégage sur un autre blog la vie de Nina et son voyage intérieur, ça s’appellera “Nina feels good” (ça fait juste 3 mois que j’en parle) et je parlerai sport, cuisine et trucs que je teste ou découvre. Avec peut-être des petits résonances par ici, je dis pas, mais j’ai un peu envie de partager mes expérimentations.

Femme scientifique tient une pipette avec une plante à l'intérieur

Bref en 2017… Je continue à jouer avec mon doudou.

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee

Je me suis demandée s’il était pertinent de présenter sur ces modestes pages un classique de la littérature américaine mais vu que dans mon entourage, personne ne connaissait et que *spoil* c’est mon coup de coeur de l’été, voici donc “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur” d’Harper Lee.

Couverture du livre "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Si vous lisez tous les articles de ce blog (ohé, ça va,  y en a moins qu’avant et ils sont plus courts qu’à la grande époque), vous aurez noté que je lis assez régulièrement Society, magazine dans lequel je trouve un peu de tout dont un article sur Harper Lee, écrivaine one shot amie de Truman Capote et, apparemment, génie littéraire. Comme j’aime juger par moi-même et que je trouve le livre comme de par hasard chez Cultura quelques jours après avoir lu l’article, j’y vois un signe et hop, dans ma besace.

Harper Lee lors de sa remise de la médaille d'honneur

C’était trop une mamie Malice, je suis sûre

L’histoire : on suit la jeune Scout, 6 ans, qui vit une enfance plutôt heureuse et insouciante à Maycomb, Alabama, avec son frère Jem et son père, Atticus. Un été, les deux enfants se lient d’amitié avec Dill et font les 400 coups, se créant notamment un scénario sur leur mystérieux voisin, Boo. Bref, ça sent bon le cookie maison trempé dans le verre de lait.

des cookies et un verre de lait

L’enfance va, doucement. Nos jeunes héros sont parfois un peu turbulents, leur père bienveillant jusqu’au basculement. Un jour, Scout se bat à la récréation avec un petit garçon qui lui dit que son père “est l’ami des négros”. Même si elle ne comprend pas ce que ça veut dire, elle se fâche et le frappe. Son père la gronde et on apprend qu’Atticus a été commis pour défendre un jeune Noir accusé de viol. A partir de là, on va assister à la violence raciste ordinaire, le village de Maycomb dans tous ses états puis le procès, le tout raconté par Scout.

Gregory Peck est Atticus dans le film tiré du roman "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" d'Harper Lee

Et ce livre est une pépite. D’abord pour le portrait de cette Amérique blanche et raciste mais surtout pour la finesse d’écriture. Il y a souvent un énorme problème d’écriture sur les enfants à savoir qu’on sent que ce sont des adultes qui écrivent sur des comportements qu’ils pensent que des enfants pourraient avoir. Ca m’avait particulièrement fait grincer des dents dans les romans de Camilla Lackberg où la fille d’Erica et Patrick marche et parle normalement dès son premier anniversaire. Alors je veux bien admettre que niveau puériculture, je suis pas la reine mais si je me base sur mes petits amours de neveux et nièces ainsi que des enfants qui m’entourent, à un an, la notion de cadeau leur est très étrangère et leur vocabulaire se limite à peu près à “maman” et “papa” et éventuellement “bibi” (mon neveu disait Tata mais je crois que c’était un hasard surtout que moi, c’est tatiiiiiiie). Et si mes deux monstrous marchaient bien à leur premier anniversaire, ça restait un peu hésitant (quoi que Pivoine moins mais elle est carrément plus téméraire que son frère et… ciel, que j’ai violemment rippé dans du hors sujet, là). Vous voyez de quoi je parle ? Ces films, séries ou romans où un gamin de 6 ans va te faire preuve d’une maturité qu’un adulte normalement constitué pourrait lui envier, avec un sens du bien et du mal et celui de l’abnégation et du sacrifice incroyablement développés.

Extrait du film ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Et bien Harper Lee, elle tombe pas dans ce piège là. Je me suis sincèrement attachée à Scout pendant la lecture qui est juste une petite fille de 6 ans qui essaie de comprendre le monde qui l’entoure avec les difficultés que ça représente pour une enfant de 6 ans qui ne comprend pas trop pourquoi les gens n’aiment pas les Noirs et qui s’en fiche un peu car elle est plus intéressée par ses histoires d’enfant. C’est doux-amer, c’est brillant, c’est le livre qui m’a le plus marqué ces derniers temps et que vous devez lire si ce n’est déjà fait.

ne-tirez-pas-sur-l-oiseau_moqueur-harper-lee-les-enfants

Alors, dois-je parler de grands classiques de la littérature sur ces pages ? Quand c’est un tel coup de coeur, c’est oui, trois fois oui. On ne sait jamais, vous êtes peut-être, comme moi, passé à côté de ce petit bijou.

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Ecrire pour soi ou écrire pour vendre

Samedi soir, nous sommes posés sur le canapé, un petit verre de whisky sur la table, mes doigts faisant virevolter des aiguilles pour tricoter un snood pour le fils d’une collègue. Après avoir maté un épisode de Daredevil parce qu’on est furieusement à la bourre, on va traînasser sur Youtube pour mater quelques vidéos dont ce Séance infuse de Baf qui sort cette petite phrase sur Fifty Shades of grey “cette fanfic de Twilight avec juste du cul en plus vendu à des millions alors que ma compagne n’arrive pas à faire éditer son roman fantasy”. Hop, je bloque et je pars en réflexion : faut-il écrire pour soi ou écrire pour vendre ?

couverture du roman fifty shades of grey de E.L James en librairie - écrire pour vendre

Comme je l’ai dit tantôt, j’ai décidé de vivre l’aventure éditoriale et pour le moment, je planche sur un seul sujet, l’histoire de Maja de Suède et les activistes écolo (Maja et les activistes, votre nouvelle sitcom !). Grâce à ma technique d’écrire dans le métro, j’avoue que j’avance bien et c’est super de retrouver le plaisir d’écrire. Là, j’en suis à 13 pages word retapées mais sachant que je suis très à la bourre niveau recopiage, je dois en être au double. Sachant qu’un manuscrit correct doit faire 75 pages word en moyenne, j’ai dépassé le tiers et je ne me lasse pas ! Bref, j’écris donc mon histoire de Maja, délaissant, je l’admets, mes autres projets parce que j’ai pas le temps, surtout ces derniers temps où j’ai vraiment eu énormément de travail (là, de suite, j’écris cet article un dimanche, mon premier week-end depuis un mois où je ne bosse pas). Et puis parce que je crois que les échecs de mes précédentes tentatives ont été dû, justement, à cette grande dispersion. Bref, j’avance et quand j’aurai fini mon manuscrit et relu pour une ultime révision, je l’enverrai, très peu sûre de mon coup.

Pile de manuscrits prêts à être envoyé

Parce que moi, j’ai envie d’écrire cette histoire là mais les gens auront-ils envie de la lire ? Déjà, le fait même d’avoir choisi de dérouler l’action en Suède est-ce une erreur ? Je veux dire, imaginons que ce livre naisse, il serait distribué, à priori, en France et peut-être dans quelques pays ou régions francophones (je ne connais rien en politique de distribution de livres donc si je dis une grosse bêtise, n’hésitez pas à me corriger dans les comms). Est-ce que les personnes seraient intéressées par une histoire qui se passe en Suède, est-ce que ça casserait pas un peu l’identification ? Surtout que c’est écrit par une Française qui n’a jamais vécu là-bas (faudra que je fasse un article sur “pourquoi j’aime bien placer mes romans ailleurs”, tiens). Je n’en sais rien et…

vue de Stockholm, capitale de la Suède

En même temps, on va tous admettre sans trop de mal qu’il y a pire comme décor

En fait, je m’en fous un peu. La Suède est un choix cohérent au vu de leur politique nucléaire et de mon histoire, la Norvège aurait aussi été intéressante en changeant quelques trucs mais j’y suis jamais allée et ça me parle moins, tout simplement. Est-ce que l’activisme écologiste intéresse ? Très certainement non mais en même temps, c’est pas le coeur de l’histoire, j’aurais pu changer pour de l’activisme anti banque (d’ailleurs, maintenant que j’y pense, ce serait peut-être pas plus con…mais ça ferait très Mister Robot, du coup… Faut que je repense à ça, tiens…). En fait, le coeur de l’histoire, c’est vraiment “j’y vais, j’y vais pas, jusqu’où je vais, quelles sont mes motivations ?”. Mais peut-être que tout le monde s’en fout et que je pourrai mettre n’importe quelle cause au centre que ça ne fonctionnerait pas mieux.

Des activistes écologistes dénoncent la pollution au charbon en Allemagne

Ah tiens, j’aurais pu prendre l’Allemagne comme lieu de l’action, j’y avais pensé au début d’ailleurs mais pas sur le nucléaire

Et là, je réalise que je n’écris pas ce livre pour vendre mais pour coller dans une fiction mes propres interrogations, qui pointent sur ce blog épisodiquement depuis quelques années. Est-ce une perte de temps ? Pour moi, dans l’absolu, non, mais pour mon envie d’aventure éditoriale, peut-être. Et si j’accordais une heure de mon temps à écrire une bluette, une comédie romantique un peu neuneu, un peu coquine quand même, qui marcherait sans doute mieux ? Oui, j’éprouverais sans doute moins de plaisir à l’écrire mais ça marcherait mieux… Sauf que moi, mon vrai métier, c’est pas écrivaine, c’est… je sais plus trop quoi, mon intitulé de poste est très flou (je crois que ça va être social data manager ou social media analyst ou social data analyst alors que moi, je voulais responsable social data and insights mais je crois que le “responsable”, ma chef n’a pas aimé). Donc je perds rien à tenter mon histoire de green terroristes, là… Même si je vais peut-être changer mon histoire d’écologie, peut-être, je vais y réfléchir…

forêt mystérieuse, nuit

Ou alors, je tente l’aventure éditoriale sur les deux fronts, avec deux pseudos, et on verra ce que ça donne (j’aime bien me trouver des pseudos)…

 

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Le doute de l’écrivaine

Commencer un roman est exaltant, à tel point des fois que les mots vont plus vite que vos doigts et qu’il devient presque douloureux d’écrire tant vous avez à dire. Les premières pages se noircissent vitesse grand V, c’est facile, ça coule tout seul. Mais, noir comme l’encre, il vient soudain tâcher votre bel enthousiasme… Lui ? Oui, lui : le doute.

citation "le doute détruit beaucoup plus de rêves que l'échec", pied sur un rail

Allez, hop, une citation random, pour faire un peu lettré (va savoir qui a dit ça)

Quand je commence à écrire, c’est avant tout un exercice de “vidage”, ni plus, ni moins : ma tête est trop pleine d’histoires, je dois les coucher sur papier. Je suis souvent prise d’un violent désir d’écriture, surtout quand je ne suis pas trop censée le faire. Typiquement au boulot, quand je suis dans une tâche rébarbative et peu impliquante intellectuellement parlant. Il y a aussi des moments de lecture qui stimulent soudain mes neurones de l’écrivaine et il faudrait limite que je lâche tout séance tenante pour écrire. A bien y réfléchir, c’est un peu dommage que je ne cède pas plus souvent à cette pulsion, je serais moins en train de chouiner sur le manque d’avancement de mes projets… Mais plus sur l’avertissement que j’aurais pris au boulot pour baisse flagrante de productivité, allez savoir.

Femme désespérée au travail, allongée sur son clavier, se prend la tête

Cependant, une fois que j’ai mis mon histoire sur les rails, arrive l’inévitable moment du doute, celui qui peut tuer en un coup mon embryon d’histoire. J’ai tissé tranquillou mon fil directeur, je sais où je commence et où je finis (j’ai toujours plus de mal avec le milieu, ça vient en cours d’histoire) mais soudain, l’évidence : elle est pourrie mon histoire. Je réagis souvent en comparaison. Typiquement, je lis n’importe quel livre de Moravia et je me sens une petite crotte au niveau de l’écriture, genre crotte de lapin, même pas un bel étron démoulé par un labrador, hein, non. Voire une crotte de souris, encore plus petit et insignifiant.

souris sortent d'une fissure dans le béton

Je me pose parfois l’intérêt que pourrait avoir les gens en lisant mon histoire. En général, c’est dans ma phase misanthrope, un truc style “qu’est-ce que je me fais chier à vouloir raconter une vraie histoire à messages alors que les gens, ils ne veulent que lire les histoires d’une meuf coincée du cul qui se fait cravacher une fois dans sa vie et en pond trois romans ?” Alors oui, il est vrai que la romance et l’érotisme soft, ça marche. Mais personne ne m’empêche d’en écrire et il n’est même pas dit que je réussisse quoi que ce soit en la matière. Et puis, ai-je envie d’écrire par réussite personnelle ou pour vendre de la merde dont je ne serais pas vraiment fière par millions. Pour être tout à fait honnête… Je ne serais pas contre l’idée d’en vivre parce que ça me permettrait de faire tous les voyages que j’ai envie de faire, par exemple.

Vue du hublot, la Méditerranée dorée par le soleil

Il y a ensuite la phase “de toute façon, elle est niquée, mon histoire”. J’ai parfois l’impression que j’avance avec des sabots en acier forgé d’une lourdeur incomparable, que tous mes personnages sont archi clichés, nuls et qu’on ne pourra jamais s’attacher à de tels archétypes. En gros, j’ai envie de faire de la dentelle, je tisse en réalité une infâme toile de jute.

sac en toile de jute

Arrive alors la phase finale, le “à quoi bon” qui te fait tout lâcher. Mon histoire est nulle, les personnages le sont aussi, personne ne voudra jamais lire ça. Ne t’acharne pas, ça ne sert à rien. J’essaie de m’accrocher en me disant qu’on s’en fout de l’avis des autres, que je dois écrire avant tout pour moi puisque je ne dépends pas de ça pour vivre mais ça finit toujours pareil : au bout de quelques pages, une trentaine pour les plus aboutis, le dernier point posé devient final.

Etait-ce une sorte d’appel au secours de la société qui rêvait d’un autre monde ? A moins qu’elle ne cherche à se rassurer sur le bien fondé de sa mission.”

Certains se finissent carrément au milieu d’une phrase, coupé en plein élan par le fatal accident qu’on appellera le doute de l’écrivain.

simulation accident route jouet06

Mais cette fois, je dois m’accrocher. Parce que les regrets à base de “ah gna gna si j’avais fait”, j’en ai marre, stop. Je FAIS. Si j’échoue j’aurais au moins une bonne raison de chouiner.

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Budapest, la ville aux bains… et aux marches

Quittant Prague qui nous avaient conquis, nous voici partis pour Budapest, ville adorée par Victor et que j’avais donc hâte de découvrir, malgré une légère appréhension : après le froid de Paris et la relative chaleur de Prague, on se dirigeait tout droit vers la capitale la plus chaude d’Europe. Température annoncée : 32° mais le truc de la rue, il indiquait 38…

Chaleur à Budapest fontaine_budapest fontaine_budapest_2

Oui, j’ai pris des photos de trucs rafraîchissants, ça m’inspirait

On arrive dans une gare moderne, on se fait un peu sauter dessus par des gens qui veulent nous proposer des apparts ou chambres à louer mais nous avons un AirBnB, prenons donc le bus pour le rejoindre… Bus sans clim (ou alors on l’a pas sentie), je me suis évaporée, littéralement. On récupère l’appart, on va se promener dans la rue, amusés par les Hongrois scotchés devant la télé pour voir le match Hongrie-Portugal. La rue crie, la rue vit et nous, on peut faire un premier tout peinard. Mais ça allait vite virer au cauchemar car : la Hongrie s’est qualifiée. On s’est retrouvés pris dans un raz-de-marée de supporters et on n’a rien pu faire de la soirée : les bars nous refusaient et Victor a été assez énervé de croiser un mec se balader avec un T-shirt white power/croix celtique tranquille dans la rue, comme si tout était normal. On a fini sur notre balcon à manger du fromage fumé acheté au supermarché et à boire de la palinka cerise en se disant que 4 jours, ça allait être long.

abricots cerises

On a goûté la Palinka Cerise et la Palinka abricot, on a préféré cette dernière. Et les photos ont été prises au marché couvert de Budapest donc ça marche

Mais j’ai une devise dans la vie : il faut savoir donner une 2e chance. Le lendemain, nous partions donc à la découverte de la ville, commençant par le marché couvert (super sympa) puis en allant se promener du côté du Buda dit le côté où ça grimpe. Surtout qu’en ce premier jour, nous avions commis une erreur fatale : nous avions oublié de prendre notre bouteille d’eau. Mais malgré tout, je découvrais avec plaisir les merveilles de la ville. Comme Prague, on retrouve le principe d’un fleuve (et pas n’importe lequel, le mythique Danube) qui coupe la ville en deux avec un côté plat et un autre vallonné, côté sur lequel il est plaisant de grimper pour avoir une vue de l’autre rive : une ville dense parsemée de nombreux clochers. Mais surtout, le bijou de la ville, le diamant de la couronne : le Parlement. C’est juste incroyablement beau, surtout quand il se dore au soleil couchant. Et autant vous dire que pour une apprentie écrivaine qui a notamment un manuscrit qui se déroule dans un univers médiéval (mais que je n’écrirai sans doute jamais), grosse dose d’inspiration. Par contre, on n’a pas pu rentrer à l’intérieur mais rien que de dehors, ça vaut le coup.

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A Budapest, il y a une activité incontournable : les bains. J’étais ultra motivée pour les bains Széchenyi, Victor plus pour les Gellért donc je propose qu’on fasse ces derniers un jour puis les autres un autre jour. Les bains, ce sont donc des bassins d’eaux thermales à différentes température, des saunas, des bassins d’eau glacée à la sortie du sauna (j’ai pas fait, curieusement…). On commence donc par les Gellért : très propre, système de casier pas mal du tout (on avait une sorte de bracelet électronique qui déverrouillait la cabine ou casier) et malgré un prix un peu élevé, ils ont été honnêtes et nous on fait payer juste une cabine et un casier plutôt que deux entrées cabines. Mais bon, voilà, comptez 16 € chacun en moyenne. Vraiment sympas, surtout la partie extérieure, un petit bémol cependant : on n’avait pas le droit de nager dans la piscine intérieure sans bonnet de bain… Ah ben oui, suis-je donc sotte, j’ai oublié mon indispensable compagnon de voyage : le bonnet de bain ! Pour un truc touristique, je trouve ça un peu dommage (et j’étais un peu frustrée). Mais sinon, top. Quant aux bains Széchenyi, nous n’avons finalement pas testé.

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Autre point d’intérêt : le château de Buda, surtout du côté de l’église Saint Matthias, c’est juste magnifique : vous accédez par de petites rues qui fleurent bon la période médiévale… les voitures exceptées. Ah oui, parce que, tant qu’on est à Saint Matthias, il y a dans l’aire du château de Buda quelques soucis majeurs (pour les grands râleurs que nous sommes) : les voitures, donc, un bar en haut d’une des jolies tours autour de l’église et surtout, surtout : un putain de Hilton très moche qui gâche complètement le lieu. Une fois Saint Matthias visité, poussez jusqu’au château de Buda et flanez dans les jardins : nous, y avait personne.

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Le Hilton dégueu au fond à gauche…

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Le bar était en haut, dans la tour de droite. Le choc…

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Quand je vous dis qu’il n’y a personne…

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Sauf que ces havres de paix se méritent… étant planqués ça et là dans les collines de Buda, faut grimper, grimper, grimper pour y arriver. Et honnêtement, notre périple dans la colline Gellert pour atteindre la statue de la liberté locale nous a un peu dégoûté des escaliers de façon durable (surtout chaleur, soleil, raaaaaaaaaah). Mais on a tout grimpé, on a juste pris le funiculaire une fois (mais j’aime bien les funiculaires, surtout celui là).

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Petit instant bucolique au Château de Buda

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Budapest, en fait, c’est un petit peu la ville qui collectionne les havres de paix (contrairement à ce qu’on aurait pu croire le premier soir) : dans les collines de Buda (on est montés jusqu’à la Statue de la liberté totale par 35°, on a cru mourir mais il y a avait un marchand ambulant de glace en haut et surtout on a vu un écureuil en redescendant donc j’étais contente), dans le parc autour du château de Vajdahunyad (château plus vieux que celui de Buda, coin très sympa même si un concert ou karaoké lancé dans un resto voisin a fini par nous faire fuir) ou encore sur l’île Margit. Sur celle-ci, à noter une fontaine où on peut mettre les pieds dedans et qui propose quelques séances de fontaine musicale : les jets suivent le tempo ! Super sympa et surtout super rafraîchissant car tu ne ressors pas tout sec de l’expérience. Vu qu’il faisait à peu près 35°, on a grave apprécié.

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Côté bouffe, pas grand chose à dire, on s’est fait une belle orgie de fromages fumés (on avait un petit balcon aménagé, on a beaucoup mangé à l’appart le soir). Par contre, niveau boisson, c’est le pays de la citronnade, ce qui m’a rendu forcément heureuse. Après, citronnade n’a pas toujours la même définition : c’est soit “boisson à base de citron pressés et fruits marinés” soit “limonade dans laquelle on a mis plein de bouts d’agrumes qui macèrent là dedans”. Globalement, j’ai surtout eu le 2e mais c’est si rafraîchissant ! Mention spéciale à celle du marché couvert, faite maison et putain de délicieuse, je dois trouver la recette.

C'est le pays du Pepperoni mais j'en ai pas mangé, tiens...

C’est le pays du Pepperoni mais j’en ai pas mangé, tiens…

Evidemment, en Hongrie, on boit de la Palinka, liqueur aux fruits qui donne très chaud (au coeur et au corps). Alors petit avis : on a testé la Palinka cerise et la Palinka abricot, c’est cette dernière qui a remporté nos suffrages. Mais on vous laisse vous faire votre avis. D’ailleurs, à propos de boire, arrêtons nous 30 secondes sur les ruin bars, ces bars installé dans des immeubles délabrés, souvent avec des éléments récupérés, et qui animent les nuits hongroises. Suite au conseil d’un pote de Victor, nous jetons notre dévolu sur le red bar… Ruin bar à la déco totalement communiste avec des représentations de Lénine en punk ou les plus fameux dirigeants communistes vous invitant à “join the party”. Badoum tsss ! Bon, c’était cool mais je mourrais de chaud donc on n’est pas restés trop longtemps.

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A propos de communisme, j’ai été très étonnée de découvrir que pour eux, ce n’était pas du tout un sujet traumatique : on pouvait acheter casquettes, chapkas ou masques à gaz (?) avec la célèbre étoile rouge, des tas de T-shirts de type Lenine punk (j’en aurais bien pris un mais difficile à assumer au taf) ou celui qu’a acheté mon adoré : Marx & Spencer. Je ne vivais certes pas là en 1956 mais de ce que j’en sais, cette année là, ce ne fut pas vraiment la joie…

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Bref, je quittais Budapest réconciliée avec ce pays qui m’avait pourtant fait très peur le premier soir. Comme quoi, laisser une deuxième chance, parfois, c’est bien. Je recommande ? Oui, c’est beau et les prix sont vraiment raisonnables pour le coup.

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Allez, zou, en train, direction la Croatie… mon futur grand amour.

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