Les surprises de la réécriture

19h30, je me jette sur un siège, je dégaine mon carnet désormais jaune citron (merci Snapchat), mon stylo et c’est parti pour continuer à narrer les aventures de Maja, Luka, Svea et leurs amis à Stockholm. Couvrir les pages blanches, tisser la suite dans ma tête pendant que je marche, rentrer et recopier. En profiter pour faire un peu de réécriture, lâcher ses notes et taper une phrase… pour constater que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit.

Carnet d'écriture

Quand j’ai décidé de me lancer dans ce processus d’écriture manuscrite pour retaper ensuite, c’était pour m’offrir une relecture immédiate et donc une éventuelle réécriture pour rendre le récit plus dynamique et les phrases plus mélodiques, plus travaillées. Parfois, je reste accrochée à mon cahier, machinalement, je retape sans y penser. Mais d’autres, je me sens pousser des ailes, je commence à taper ce qui me vient. Puis je relis… et je constate que c’est exactement ce que j’avais déjà écrit. Mince alors ! Etais-je déjà à mon optimum dès la première tentative ?

Ecriture

Il y a sans doute une question de délais. Il y a 10 ans (wow !), j’avais réécrit Technopolis que j’avais écrit en 2000, 2001 de mémoire, soit 5 ans de décalage et en effet, j’avais pas mal retapé des phrases qui me paraissaient faiblardes ou bancales. Parce que la Nina de 2005 n’était plus la Nina de 2006 : j’avais mûri, beaucoup lu entre temps et écrit à peu près quotidiennement… Oui, sur ce blog, on est très loin d’une écriture romanesque mais quand même, l’idée est là. Alors que quelle est la différence entre Nina 9 mars 2017 à 19h43 et Nina 10 mars 2017 à 06h47 ? Une nuit, certes, et nous savons tous que la nuit porte conseil mais après ? Donc forcément, je réécris la même chose… sauf qu’il se passe un étrange phénomène… J’ai parfois l’impression que ce n’est pas tout à fait moi qui ai écrit ces lignes.

Machine à écrire Shining

Ouais, c’est comme si la Nina du 09 mars 2017 lançait un cri et que la Nina du 10 mars 2017 y répondait. Je suis parfois surprise de voir ce que j’ai écrit. Pas le fond, je connais mon histoire mais la forme. Il y a une scène en particulier… Dans le roman de Maja, il y a un professeur qui est un peu un agitateur (enfin, un peu…) et qui, à un moment, fait un discours pour appeler à la désobéissance civile. Je me souviens l’avoir écrit avec frénésie, limite à m’en faire mal à la main. Quand je l’ai retapé, genre un mois plus tard (j’ai eu beaucoup de retard à un moment), j’étais limite à me lever de mon fauteuil en brandissant mon poing vers le ciel “OUI, OUI ! Mec, tu m’as conquise”. Alors que bon, c’est légèrement moi qui ai écrit ça en fait, à la base. Et sur ce passage, pardon mais je manque totalement de modestie, tellement que j’ai hésité à en faire un article ici, copié/collé (mais c’est un peu long).

Tatouage lion sur le doigt

Et je me pose une question : les mots nous appartiennent-t-ils toujours une fois sortis de nous ? Ca peut me le faire parfois, quand je relis des anciens articles oubliés en mode “tiens, j’ai écrit ça, moi ?”. Un peu comme une graine semée par le vent, une fois partie de moi, elle vit sa vie et je la retrouve parfois avec étonnement…

Réécriture

Mais surtout la réécriture, c’est aussi se rendre compte qu’on a pris la mauvaise piste… On voit ça ensemble une prochaine fois.

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Courrier des cœurs, réponse à Isa la Belle

Cette semaine (enfin, à quelques près), Isa la Belle nous a posé la question suivante : « Si les beaux mecs sortent toujours avec des moches, moi, je suis belle et les mecs ne sortent jamais avec moi car ils préfèrent les moches. Comment les séduire? »

La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous en avons pensé.

Summer : Essaie la modestie, ca peut marcher!

Jane : Je peux pas répondre, j’suis moche.

Lucas : Teu teu teu. Je vais encore me faire taxer de suffisance et de prétention et de vanité mais je m’en contrefous…
Ma belle, le pb c’est que nous les mecs devant une nana canon on est perplexe : Pourquoi est-elle célibataire ? Serait-ce une grosse teubé ? Quid Juris ?
Au delà de cette question, on a aussi besoin d’être en confiance et face à une beauté on se demande si on sera à la hauteur. Alors on ne cherche pas à draguer en se disant qu’elle est necessairement exigeante et/ou en couple.
Et puis c’est à toi aussi de trouver l’équilibre entre aguicheuse et timorée, image de salope et de saint nitouche.
Sinon, rappelle-toi ce que chantait Dominique Walter.. (lien Daily Motion)
« C’est facile et ça n’engage à rien, les petits boudins.
Ca ne sait pas dire non, c’est ça qu’j’aime bien, chez les p’tits boudins »

Keira : Mmmh, en voilà une question digne d’un personnage de Gossip Girl.

Que dire ? Agis moins en nenette pleine de prétention et peut-être que ça t’aidera !

Les mecs ne sont pas cons non plus, s’ils voient une nana super belle qui regarde tout le monde de haut et une autre nana moyenne qui est sympa, le choix est vite fait. Après si tu veux juste un plan cul tu m’as l’air d’avoir l’attitude parfaite pour les décrocher à volonté, mais ne t’étonne pas si on ne te rappelle pas.

Enzo : Je ne sais pas si je peux dire que je suis d’accord avec Lucas car je ne vois pas vraiment sa position. En tout cas je
pense ne jamais m’être posé la question « pourquoi est-elle célibataire ? ».

Je serais plutôt de l’avis de Summer. Tu poses des hypothèses comme des faits. Je serais plutôt tenté par l’hypothèse « les mecs ne sortent jamais avec toi car ils préfèrent les filles intelligentes ». La question n’est pas moche/beau. La question possible serait « est ce que ta beauté (annoncée) est-elle largement contre-balancée par ta connerie ? » 

Tatiana : Je peux pas répondre j’ai le même problème…

Diane : Mmmh pour ma part, j’ai tendance à trouver beaux les gens qui ne disent/savent pas l’être, donc bon, ça renverse et règle même le problème: tu te dis belle, donc tu es moche, donc les mecs vont te courir après. Problème résolu.

Petite Cervoise : Bon, d’abord la beauté est toute relative.
Moi je trouve que Michel Denisot est beau et tout le monde ne semble pas de mon avis, donc je te conseillerais d’abord de relativiser (oui, ta mamie te trouvera toujours la plus jolie).
Ensuite, pour ces messieurs, il m’est déjà arrivé de me demander, en voyant passer un couple d’inconnus dans la rue, pourquoi un type aussi beau était avec le tromblon qui l’accompagnait.
La réponse de mauvaise foi est que le mec en question est ainsi sûr d’être LE beau du couple.
La réponse de bonne foi est que la fille doit être très sympa, intelligente (voir bonne sous la couette).
Mais ce qui m’interpelle dans ta question, c’est un peu le coté cour d’école : pourquoi tu veux absolument sortir avec un mec beau ?
Est-ce ton premier critère avant l’humour, le charisme, l’intelligence, la richesse, la belle voiture, l’appartement de 150 m²… bref tous ces critères autrement plus importants ?

Nina : Oh mon petit, il ne faut pas toujours pleurer sur la vie et son injustice, il faut agir. En un, tu vas au coiffeur et tu te fais massacrer la tignasse. En deux, tu oublies toute notion d’hygiène et d’épilation, une douche par semaine pour pas attraper trop de saloperies et ça ira très bien. En trois, revend toute ta garde robe et va zieuter la Redoute, page tablier. Ne porte que ça et toi aussi, tu seras une moche qui peut sortir avec tous les beaux mecs. Pense à mettre des crocs, aussi, aux pieds, un peu à la Roselyne Bachelot. Là, tu seras parée à faire tomber les mecs.

Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite plus, on répond vraiment à tout ! Mail me (nina.bartoldi(a)gmail.com) ou commente !

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Arme de séduction massive

Amis lecteurs, c’est la rentrée et nombre d’entre nous sont célibataires, soit que leurs amours de vacances soient terminées, soit que leur couple n’ait pas survécu à l’été. Je sais pas vous mais j’ai entendu parler d’un nombre de rupture pas possible durant les deux derniers mois, c’est incroyable. Donc,c’est la rentrée et on peut repartir sur de bonnes bases pour trouver une moitié qui nous réchauffera cet hiver.

 

Alors pour séduire, il faut être séduisant(e), jusque là, tout va bien, je pense que tout le monde suit. Seulement voilà, qu’est-ce qu’être séduisant ? On le sait, la beauté est une donnée subjective. Y a des gens qui trouvent George Clooney ou Angelina Jolie moches, par exemple, si, si. Moi, je ne comprends pas ce qu’on trouve à Scarlett Johansson, par exemple, et Daniel Craig ne me fait pas rêver, mêmes tous pectoraux et abdos dehors. Inutile d’en débattre, c’est indébattable, je dirais. Donc me voici devant mon miroir et force est de constater que je ne peux plaire à tout le monde vu qu’Angelina elle-même n’y arrive pas. Alors quoi ? Je me contente d’espérer que l’homme sur lequel je vais jeter mon dévolu aura l’amabilité de me rendre la politesse ? Non mais et puis quoi encore ? Il faut comprendre que la séduction est un mélange subtil de tas de qualités et en premier lieu, la confiance en soi.


Question : qu’est-ce qui fait craquer un garçon ou une fille ? Réponse : rien de précis. Merci d’avoir posé la question. Ceci étant, constatons ensemble qu’il existe un ingrédient indispensable qui fait toute la différence : la confiance en soi. Comme je l’ai dit 4 lignes plus haut. Un personne qui ne doute pas de sa séduction saura nous convaincre que, oui, elle est séduisante, intéressante et que, tiens, on la prendrait bien pour nous réchauffer cet hiver. Si je regarde dans le catalogue de mes conquêtes, il y a eu des beaux, des moins beaux, des intelligents, des moins intelligents… Et aussi des « à première vue, je n’étais pas du tout attirée mais y a eu le truc ». Le pouvoir de la confiance en soi. L’idée est la suivante : je suis persuadée que je suis une partenaire idéale et que j’ai toutes les qualités pour rendre un homme heureux. Donc si je le pense, il sera facile de convaincre l’autre que c’est également le cas. De plus, quand je me sens irresistibeul, comme dirait Liv Tyler, ça se sent, ça se voit, je marche la tête bien haute, la démarche sûre et féline. Je suis au top de moi-même.

Evidemment, il ne faut pas tomber dans le travers inverse. Quelqu’un de trop sûr de soi, c’est insupportable. Imaginons qu’une personne vienne vous draguer version « de toute façon, tu ne peux pas me résister, personne ne le peux. ». Ben, dans un espèce d’esprit de contradiction, je vais forcément lui répondre que, si, quelqu’un peut lui résister et coucou, c’est moi ! Non mais ce n’est pas parce que le mec a confiance en lui que, moi, j’en ai perdu mon libre arbitre. Etre sûr de soi, c’est bien et en grandissant (hum), je me rends compte que la modestie ne sert finalement pas toujours, tout dépend du  domaine. Par exemple, pour le boulot, la modestie, on l’oublie. Mais ce serait bien que l’autre ait le temps de découvrir nos qualités sans qu’on lui en fasse une liste exhaustive. En plus, trop vendre le produit risque de faire des déçu(e)s. Par exemple, se vanter d’être le mec le plus romantique du monde et ne pas faire le moindre effort une fois la fille conquise, c’est prendre le risque que l’oiseau s’en vole trèèèèèèèèès rapidement.


Mais il n’en reste pas moins que si on ne se sent pas désirable, on ne sera pas désirés. Il ne faut pas attendre que l’autre nous rassure sur notre pouvoir de séduction, c’est pas dans cet ordre là que ça marche. On ne sort pas avec quelqu’un pour se rassurer sur notre séduction mais parce que lui n’a aucun doute sur le sujet. Alors profitons de la rentrée pour travailler la confiance en nous. Faisons du sport, cultivons-nous, allons chez le coiffeur ou je ne sais quoi mais pour se trouver une moitié, faut travailler.

 

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Prétention et Modestie

Par Lucas


Je sais bien. Ca vous fait penser à Orgueil et Préjugés un tel titre. Je ne fais rien qu’à copier. Bouh, pas bien. Jane Austen va sortir de son caveau et venir me donner une malédiction.

Bon,  Prétention et Modestie parce que j’ai été taxé ces jours ci de prétention et ça m’énerve. Non pas parce que c’est faux ; je suis surement prétentieux,
m’enfin ce n’est pas avec mes études de merde et le fait qu’à 29 ans je n’bosse toujours pas que je peux me la raconter. Mais bon ce genre de pseudo débat stérile avec moi-même n’a aucun intérêt : revenons au sujet.

Ca me fait râler, mais il s’avère qu’en Douce France, on voue un culte à la médiocrité.

Alors là bien sûr, vous allez dire :

 « Mais il est pas bien Lucas, il nous prend tous pour des demeurés ou quoi ? Elle a raison la nana qui dit qu’il est prétentieux. Faut qu’il se soigne !« 

Alors, oui,  je sais bien : les magazines nous abreuvent d’exemples de gens qui ont réussi, de Challenge à Capital en passant même par Le Monde. Pour autant,
certaines lectrices, certains lecteurs reconnaitront qu’en France il ne faut pas avouer qu’on est doué, efficace,  ou au dessus de la moyenne dans un domaine donné sinon on est tout de suite 
taxé de vaniteux, d’orgueilleux, de mec qui se sent plus péter. Parce que reconnaitre soi même son talent en France, et bah c’est pas bien. Attention ! Je ne dis pas le clamer et s’en gargariser.

Je dis : simplement le reconnaître.

Culture de la médiocrité où personne ne doit sortir du rang, égalité portée aux nues…

 Cette culture, c’était celle qui dominait en France et elle en train de changer grâce notamment à des média agressifs (l’Entreprise qui invite ses lecteurs à se lancer, par exemple, et qui a senti qu’il y avait une place à occuper, un marché pour les publications dédiées à l’entrepreneuriat).

Avant, il ne fallait pas chercher à aller plus loin à faire progresser ou changer les choses. Paye ton cours « Comment lutter contre la résistance au changement ? »

Si les autres disent du bien de vous il ne faut pas les encenser. A la rigueur, on peut rester silencieux. Mais il faut mieux les contredire avec un p’tit sourire de mauvaise foi. Assumer qu’on est bon dans un domaine donné c’est mal.  En France, il faut rentrer dans le rang personne ne doit dépasser

Et je suis persuadé que la religion catholique a eu un rôle là dedans.
Sinon, pourquoi les pays de culture protestante voire anglicane ont un rapport différent à la réussite, qu’elle soit financière ou plus largement sociale ?
Comment expliquer que ce soit en Angleterre qu’il y ait eu en premier la révolution industrielle ?
Wiki nous propose 3 éléments de réponse :
– l’empire colonial,
– la spécialisation industrielle précoce,
– la puissance financière.

J’en rajouterai un 4eme qui me parait prépondérant : l’anglicanisme, religion qui ne reniait pas l’enrichissement personnel. Cette volonté de réussite, on la retrouve aux Zetats Zunis mais là ils ont d’autres arguments : un peuple d’aventuriers, de preneurs de risques au départ. Ca vous façonne une culture cet état
d’esprit…

Donc je résume. La religion catholique est responsable de tous les vices de la terre et elle a trouvé un ferment utile dans la culture française qui a mis en avant le coté égalité plus que la liberté et a transformé la fraternité en assistanat. Plus prosaïquement on retombe sur le bon vieux dilemme entre égalitarisme et élitisme. Je sens que ce genre de paragraphe va susciter des réactions à foison…

Voila c’était mon dernier article sur les Vingtenaires. Depuis mon coma/accident, je ne me sens plus en phase avec les lecteurs (mais l’ai-je jamais été ?) et un peu trop enclin aux délires perso là où la ligne éditoriale est plus carrée.  Je ne me sens pas vraiment dans le trip 20’s et vos comm sur les  derniers articles voire vos silences le
montrent. Ca tombe bien Nina veut recruter de jeunes plumes. Ca tombe encore mieux, je vais avoir 29 ans, le 3 août. Vieux vingtenaire, vieux vingtenaire lève ton verre…

Je vais donc sombrer dans l’égoïsme vaniteux et essayer d’écrire une histoire. Une vraie.  Ca fait bien dix ans que mes amis me pressent de le faire : il est grand temps de leur faire lire un truc afin qu’ils se rendent compte qu’écrire des articles c’est bien joli mais avoir le talent et la culture d’une McCullers ou d’un Auster, d’un Aragon ou d’un Labro, voire plus récemment d’une Barbery  (L’élégance du hérisson) ce n’est pas donné à tout le monde. Je sais ce que vous allez dire : je pourrais très bien mettre en suspens ma participation le temps de barbouiller qq pages. Mais là encore, je me découvre vide. Les idées d’articles qui me viennent n’ont pas grand intérêt.

Merci pour tous vos messages, vos commentaires, dithyrambiques ou non, et surtout merci pour votre honnêteté intellectuelle.

Je repasse coté lecteur pour apprécier pleinement les phrases ciselées de Nina et son jugement, son abnégation et son allant qui suscitent encore et toujours mon
admiration.

Merci à tous les Vingtenaires pour leur accueil, leur gentillesse, virtuelle ou IRL dans les rares moments où on s’est vu. J’espère que je vous laisserai un souvenir pas trop mauvais.


Je vous laisse tous avec une chanson.  Découverte sur Nova. De la Soul bien zen.

Une chanson dont le titre pourrait faire croire que je veux rester dans vos esprits mais c’est simplement que la musique est fort plaisante. Dédicace à Mlle Myers
au passage… Et petit sourire triste de circonstance : Lucas tire sa révérence.



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Il jouait du pipeau debout

par Lucas

C’est l’histoire d’un plongeon du haut d’une fadaise…

Chers lectrices, chers lecteurs, aujourd’hui vous avez droit à un Lucas en mode Simplet et Naïf.
A quoi se reconnait le Lucas ainsi transformé me demanderez-vous en arborant un sourire inquiet ?
Oh c’est bien simple, le bon Lucas croit qu’un job va lui tomber tout cru sur le nez parce que vous comprenez il a fait une Maîtrise de Droit des Affaires puis une école de Commerce  dans la riante patrie du champagne (Reims Management’s Cool)… Ouhai même que.
Comme le godelureau a orné son CV de quelques stages épars justifiant d’une expérience de ouf gueudin, il arrive la gueule enfarinée chez les recruteurs pour demander plein de kilo-euros. Recruteurs qui le remettent vite fait à sa place une fois qu’il a avoué que son pire défaut est d’être un peu trop perfectionniste et autres réparties sempiternelles…

Du coup, Lucas postule via Internet. Il reçoit même des mails de son école pour des offres. Voire pire. Pour le… Salon des Hauts Potentiels. (là dans un Walt Disney ou un Tim Burton, c’est le moment où un éclair traverse la scène et fait un grand bruit terrifiant)

Le Salon des Hauts Potentiels (éclair/bruit terrifiant), je vous l’ai déjà  évoqué en 3 lignes dans un article intitulé L’Etre d’embauche publié le 3 août 2007… Allons bon, Hauts Potentiels… C’est quoi ce truc ! ?

Le Salon des Hauts Potentiels est tout bêtement un événement à la con au Palais Brongniart (La Bourse).
Un truc qui a lieu tous les ans à la mi-juin, qui dure deux jours et où des boites qui ne sont pas nécessairement dans le besoin recherchent des jeunes ayant moins de dix ans d’expérience. Des jeunes dont trouver un job est un besoin nécessaire (redondance folklorique) et qui sont donc pret à tout pour ça. Je n’arrive pas à piger si, pour les boites, ce salon sert à répondre à un besoin pressant de main d’œuvre qualifiée ou si c’est vraiment pour trouver des gens qui valent le coup et qui pourront être embauchés à un poste donné. Peut-être les deux…
En tout cas, le Salon des Hauts Potentiels, c’est moooooooortel (éclair/bruit terrifiant).

Vous allez au Palais Brongniart avec votre sourire 10000 watts et vos espoirs. Au préalable vous avez choppé une invitation sur le site du Salon. Ouhai l’invite c’est pour faire style on ne prend pas n’importe qui dans ce salon. Sauf que n’importe qui ayant Internet et une imprimante peut l’avoir son invite. Et le bac + 5 qui passe par là par hasard qui veut rentrer ? Ah bah non, il n’a pas d’invitatioooooons.
Déééééébile.
Salon des Hauts Potentiels : Le Salon des Cadres, Bac + 5 et MBA…
Super le sous titre.

Il y a deux ans, en revenant de Milan, j’n’avais pas pris de CV pour y aller mais seulement mon invite et une caméra.
Je m’étais posté à l’entrée du Palais Brongniart, en haut des escaliers et j’y étais allé au culot en interpellant les jeunes qui rentraient ou sortaient dudit Palais.

Bonjour, vous pouvez répondre à une interview qui sera diffusée sur le site GrandeZecolesPointCom ?
(note de Lucas : pipeau intégral…) Oui ? Vous êtes partante ? Bon on ne fera qu’une seule prise. Quel est votre prénom ? Ursuline ? Trop sexy. J’adoooooore. On peut se tutoyer ? (elle avait mon age mais c’était pour jouer mon personnage) Bon Ursuline, si tu le souhaites ton visage sera flouté et tu peux utiliser un pseudo ? Non ? C’est bon ? Tu es prête ? Allez c’est parti.
Trois, Quatre…

(voix de George Clooney en mode méga Lover)

Bonjour Ursuline, peux-tu nous expliquer en quoi tu es un Haut Potentiel ?

Et là, sans déconner, ce fut le Draaaaaame (éclair/bruit terrifiant).
Cinquante personnes questionnées et toutes ont été décontenancées.
Sauf un mec, qui m’a répondu du tac au tac :
« Parce que je suis moins con que la moyenne : d’autres questions ? »
Réponse canon. Le mec m’a remis à ma place sans pitié. Il a mon respect à vie et je vous parie qu’il sera patron d’une grosse boite dans les 20 prochaines années. Cette réponse, c’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Ça veut dire qu’il était libre, heureux d’être là malgré tout…

Et pour les autres ?
Le temps de réaction pour se remettre sur les rails variait de 2 à 20 secondes. Et la réponse était unanime :
Je suis un Haut Potentiel parce que j’ai un Bac + 5.
Authentique et Affligeant.
A croire que plus on étudie, plus on est abêti…
Et en originalité t’as un BEPC moins 15 ?

Pas un mec, pas une nana capable de me répondre franchement :
« Parce que je suis intelligent et que je suis graaaave motivé » (eh oui en France on ne se met pas en avant, c’est mal d’assumer son talent)
ou même une boutade du style :
« Parce que je le vaux bien« .

Des qu’on crée les aspects d’un cadre officiel (et encore c’était uniquement pour un soi disant site web) les gens ont tellement peur de donner une mauvaise image qu’ils sont tétanisés ! C’est le règne du recruteur lobotomiseur. Ça m’exaspère !

Hier je suis allé à un rdv d’embauche. A l’accueil, c’est une stagiaire qui m’a conduite jusqu’aux bureaux. Quand je lui ai dit mon prenom ds l’ascenseur elle a souri : « Ah c’est vous ! M. Raoul va vous recevoir dans 10 mns. Vous savez, il nous a tous forwardé votre lettre de motivation ! Il a adoré. Il a dit que c’était la première fois qu’il recevait une vraie lettre de motivation et pas un tissu de conneries » !
Le même Monsieur Raoul qui me dit une demi heure plus tard qu’il est d’accord pour m’embaucher mais que le conseil en stratégie en
Banque va me tuer et que vue ma LM j’ai mieux à faire que ça…
Surréaliste l’entretien…

Tout ça pour dire…

Cette année, j’irais bien au Palais Brongniart avec un CV bidon de chez bidon disant que j’ai un DESS en lettres classiques, que j’ai fait un mémoire sur le rôle des virgules dans l’œuvre de Stendhal,et qu’en préparant l’agrégation j’ai eu une illumination. Que j’ai envoyé tout balader pour passer 6 mois dans les bouquins de Manadgemeunte histoire de me farcir le pgm d’une école de commerce et que maintenant que j’ai tout assimilé je me lance sur le marché du travail et donc que je suis un haut potentiel…
Un vrai.
Rien que pour voir leurs gueules

« C’est une blague ? »
« Bah non pas du tout. Je vous donne l’impression de blaguer ? » Vous n’aimez pas les convertis ? Vous êtes intégristes ?
 » Je suis dubitatif. Comment calcule t-on la VAN d’une entreprise ? »
 » Dans un milieu avec impôt ou sans impôts ? Si c’est pour vous ressortir du Modigliani et Miller, on a ptete mieux à faire, non ? Si vous n’aimez pas les profils atypiques la queue derrière moi est encore longue et ya surement des tas de gens monocordes et malléables Manifestement, c’est ce que vous recherchez. Au revoir Mada…
« Non, c’est bon, restez… »

Comme je suis toujours à la recherche d’un boulot, si je vais au Salon dans 15 jours, il va falloir que je me retienne pour ne pas foutre des baffes à tout le monde. J’insiste comme un gros lourd mais un seul mot qualifie les gens dans ces moments là : pusillanime. Pourquoi ?

1) Parce que la crainte de faire mauvaise impression inhibe tout naturel. Et quand on cherche un job, chose vitale pour son existence, on ravale ses réflexes. Pourtant combien de recruteurs vus à des conf à l’école m’ont dit que c’est exactement ce qu’ils cherchaient…
2) Parce que la culture française taxe de fanfarons les gens qui se mettent en avant même s’ils ont toute légitimité pour le faire. C’est assimilé à de la vantardise et en France, là ou la religion reine c’est le culte de la Modestie voire de la Médiocrité, ce genre d’action est hérétique…
Je n’irai pas plus loin je suis trop blasé.

Je peux quand même avoir vos avis les gens ?

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Bonus : La gestion de l’échec

(article écrit il y a de cela un an, quand j’étais en recherche d’emploi sur un blog que j’avais crée à cet effet. S’il ne répond pas tout à fait à la problématique que j’aborde aujourd’hui, je le trouve intéressant car écrit à chaud et très révélateur de mes tourments à l’époque).
 
Il y a un truc pénible quand on cherche un emploi : les désillusions. Ce mois-ci, j’en ai eu pas mal, entre l’entretien qui se passe à la perfection et le boulot qui me passe sous le nez d’un rien, un entretien bidon qui n’a servi qu’à me faire perdre un après-midi. La semaine dernière, j’ai été contactée par le Journal de l’Internaute qui était intéressé par ma candidature mais fallait que j’écrive un article pour qu’ils voient. J’ai donc envoyé. J’ai pas été prise.
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Lundi, 11h30, la nouvelle tombe. Un coup de fil de 2 minutes 30 maxi. Ce ne sera pas moi mais un(e) autre. Encore. Là, j’avoue que j’ai pas pu m’empêcher de repenser au film Le Couperet de Costa Gavras. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je résume : un chômeur (José Garcia), tue tous ceux qui ont un niveau équivalent au sien et pourraient lui subtiliser le poste qu’il vise. N’étant pas psychopathe, je ne tuerai personne mais des fois, se dire qu’on était deux sur un poste et que c’est l’autre qui l’a eu, ça déprime. Premier réflexe : retourner sous la couette voir si j’y suis et entamer la traditionnelle « pourquoi mais pourquoi ? Je suis une sombre m****, la lie de la race humaine, personne ne m’aime, même pas mon chat ».

Bon, rassurez-vous, c’est bon, j’ai fini ma déprime, j’ai pas non plus que ça à faire. C’est vrai que plus les refus s’accumulent, plus j’ai tendance à me demander pourquoi je
persiste, me persuadant de façon ridicule et stérile que non, je trouverai jamais de boulot dans ce milieu. Parce qu’à ce niveau là, autant plier boutique et chercher dans une autre branche.

Mais comment gérer ces non à répétition sans perdre confiance en soi et en ses compétences ? Bon, moi, j’ai ma cellule « t’arrêtes de râler, oui ? » composée de ma sœur et de mes amies et de lecteurs de mon autre blog, toujours en pleine expansion (pas trop compris ce qu’il s’est passé la semaine dernière, un média a dû en parler sans que je sache) qui me trouvent si brillante, talentueuse, drôle et tout ça. Oui, là, c’est le paragraphe où j’ai oublié ma modestie. Bref, tout le monde me dit « qu’il n’y a pas de raisons » que je trouve pas de boulot parce que je le vaux bien. Moi, j’ai des doutes quand même des fois. Mais je continue.

Parce que si je fais pas journaliste, je vais faire quoi ? Je ne sais faire que ça et je ne veux faire que ça. Ou de la comm à la limite mais ça va de pair, pour moi. Mais
pour le reste… Je peux faire des jobs alimentaires comme caissière, guichetière à la Poste (déjà fait), téléprospectrice ou serveuse (quoi que non, je casserais trop d’assiettes). Mais sans vouloir me montrer méprisante, j’aurais du mal à avaler le fait que j’ai fait 7 ans d’études pour finir par faire un boulot où seul le niveau bac est exigé. Cette année, en juin, je fêterai les 9 ans de mon bac, me dire que j’ai passé 9 ans à étudier et galérer pour rien… Non, ça ne passerait pas. Et puis, il y a tellement d’investissement que je ne peux pas tout laisser tomber du jour au lendemain. Mes parents qui m’ont toujours laissé faire ce que je voulais, mes amis et ma sœur qui me reboostent quand je suis en bas de la pente. Sans parler de MON investissement personnel, les kilos d’articles rédigés de ma jolie plume qui s’accumulent dans mon press book. Tout ça pour rien ? Hors de question.

Ma déception, j’essaie de la transformer en énergie. Tu n’as pas voulu de moi ? Et bien, c’est pas grave, tu sais pas ce que tu rates. Je deviendrai une grande journaliste et
je te rirai au nez. Bon, c’est pas tout ça mais je dois candidater, moi.

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La rumeur, le meilleur des buzz ?

Le mois dernier, je lisais mon Technikart et y avait tout un dossier sur la rumeur, notamment politique. C’est assez marrant de voir certaines d’entre elles, genre les multiples amants de Ségolène (ouais, je sais, j’ai ajouté ma pierre à l’édifice hier), les rumeurs du contrat que Cécilia aurait signé pour continuer à figurer aux côtés de Nicolas, la liaison supposée entre Richard Gasquet et Arnaud Lagardère… Bref, la rumeur fait les choux gras d’une certaine presse. Et le bonheur des journalistes qui se savent être dans le secret des Dieux et connaissent le vrai du faux. Ou pas.

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Nous avons tous été instigateurs, relais ou victimes d’une rumeur. Les « il paraît que… », on sait ce que c’est. Bon, évidemment, à notre niveau, on va pas monopoliser les conversations des dîners mondains ! « Et tu sais quoi ? Il paraît que Nina Bartoldi est une fausse brune ! » « Qui ça ?? ». Pourtant déjà, à notre
niveau, on se rend compte que le rumeur est une arme qui peut facilement se retourner contre nous. Oui, n’oublions pas le côté téléphone arabe d’une part et que certaines personnes qui nous,voient venir vont infirmer et balancer une contre-rumeur. Exemple : vous avez un mec en vue dans votre boîte genre le beau John des RH qui a toujours le costard impeccable, le sourire ravageur et le parfum qui sent bon. Vous commencez par lancer une OPA discrète sur John en signalant que, d’une part, vous êtes célibataires et que d’autre part, il vous plait. Et qu’en plus, vous êtes un coup fabuleux, votre dernier amant a manqué de se suicider quand vous êtes partie. Oui, bah, on n’a pas dit que la rumeur devait forcément être vraie et modeste. Donc l’info commence à circuler mais pas de bol, y a Geneviève du standard qui en a après John et voit la manœuvre. Du coup, elle va infirmer : « mais non, elle est pas célibataire, elle fréquente un mec
depuis 6 mois et elle est tellement in love que John, elle l’a même pas calculé ». Et comme Geneviève est au standard, elle a un pouvoir propagatoire de la rumeur plus forte que vous, c’est mort. Ca peut marcher pour le boulot. Arrive le moment de renégocier votre salaire et vous sentez que votre augmentation ne sera pas formidable donc vous commencez à fureter par du tout discrètement sur Viadeo, vous laissez traîner le numéro spécial de Capital sur « changez de boîte, comment faire ? », etc. Mais attention car votre collègue veut l’augmentation aussi et peut transformer ça en « non mais elle est pas fiable, elle va se casser à la première occasion ».

Mais revenons à nos amis les stars. Enfin, amis et stars, tout est relatif selon les cas. Bien utilisée, la rumeur peut être un fameux buzz qui crée l’envie. Par exemple : un chanteur has been va revenir sur le devant de la scène mais ses fans l’ont trompé avec un autre chanteur. Genre Calogero revient mais ses admiratrices se pâment devant Christophe Mae, aïe. Sortir un album dans l’indifférence générale ? Non mais ça va pas non ? Alors lançons la stratégie rumeurs and buzz. Commencez par annoncer de ci de là qu’en ce moment, le chanteur est en studio et qu’on l’a vu dîner avec grand producteur. Sur son site Internet, il commence à annoncer discrètement mais sûrement son retour. Petit à petit, l’info commence à circuler entre initiés et c’est forcément de plus en plus repris. Les blogs sont un formidable nid à rumeurs. Non parce que les bloggeurs sont égocentriques, c’est bien connus, et ils aiment péter plus haut que leur cul. Moi je sais, nananère ! Le must : « j’ai appris quelque chose sur tel chanteur mais je peux pas vous dire ce que c’est ». Là, la rumeur s’emballe et c’est le jackpot, si tout est bien maîtrisé. Mais la rumeur peut parfois toucher la vie privée et c’est pas forcément un mal pour eux. Non parce qu’une fois sur deux, les paparazzis sont prévenus par les stars eux-mêmes et leur entourage. Un exemple au hasard qui m’a toujours interpellée : en 2001 ou 2 ou je sais plus, sort « Astérix et Cléopâtre », réalisé par Alain Chabat, THE blockbuster

français. Comme de par hasard, une semaine avant la sortie, qui fait la une de Voici ? Chabat himself en train de fricoter avec Ophélie Winter à St Barth, l’endroit où y a jamaaaaaaais de paparazzis, comme à St Trop, par exemple. Un autre exemple de ma connaissance mais qui là, est avéré : Isabelle Adjani et Jean-Michel Jarre sont en couple mais ils se séparent et Isabelle en
profite pour squatter la une de Paris Match ou Gala et raconter sa douleur. Jean-Michel est parti avec une autre actrice et les rumeurs sur l’identité de cette dernière vont bon train. 15 jours plus tard, les photos sont dans Voici, Jean-Michel flirte outrageusement avec Anne Parillaud, le tout sous le regard des paparazzis. Quelques temps plus tard, on a appris que ça n’avait rien d’un
hasard, Jean-Michel ayant appelé lui-même les photographes.

Bref, la rumeur, bien maîtrisée, constitue le meilleur des buzz surtout que les gens aiment se sentir puissants en la partageant « tu savais pas, maintenant, grâce à moi, tu sais ». Mais bon, c’est à manier avec précaution.
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Complexée, moi ? Ben oui !

Aujourd’hui, au lieu de sonder nos âmes, sondons nos corps. Samedi, déjeuner familial entre mes parents et moi, on en vient à parler de ma sœur qui se drogue de sport en ce moment pour son super régime. Sauf qu’elle est tombée sur une diététicienne qui essaie de régler son problème psychologique : ma sœur hait son corps. Ainsi, quand la diététicienne l’a forcée à se regarder dans un miroir, elle a pleuré. Du coup, moi, ça m’interpelle.

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Comme la plupart des femmes, j’ai un rapport particulier avec mon corps. Des jours, je l’aime à peu près, des jours, je le déteste. Il y a des trucs contre lesquels je peux à peu
près lutter (cellulite, vilain bidou) et d’autres non (ossature forte, tendance génétique au ballonnement). Bon, m  a petite taille n’a jamais été source de complexe particulier : être une fille d’1m57, c’est plus mignon qu’effrayant, soyons honnêtes. Ma grosse poitrine, par contre, ça dépend. De suite, sur les photos, gros seins = grosse fille, si on a
qu’une photo de la tête et de la poitrine. Prenez par exemple Pamela Anderson, selon comment vous cadrez la photo, elle prend ou perd 10 kilos. Et puis j’en ai marre de jamais trouver de chemises qui ne baillent pas. Mais je m’égare, je vais pas vous faire la revue de ma personne, on s’en fout. Donc mon corps, je vis avec, pas le choix. Globalement, quand je le regarde (sans ma tête, elle, je la trouve très chouette à deux ou trois détails près mais l’ensemble me plaît, à la poubelle la modestie), c’est clair qu’il y a mieux mais c’est aussi clair qu’il y a pire. En général, les jours de mauvaise humeur, je l’aime pas, les jours de très mauvaise humeur, je le déteste (mais pas que lui, je déteste la terre entière), des jours, je me sens mal dans ma peau. Mais d’autres, ça va. Je passe beaucoup de temps à me regarder dans la glace, de face de profil, je rentre le ventre, j’adopte des positions. Jamais en public (quoi que les regards à peine discrets dans les vitrines qui renvoient mon image, je suis sûre que je suis pas la seule) mais en privé, c’est mon plaisir égoïste. Même que des soirs, je m’amuse à vider mon placard et à essayer plein de fringues, pour m’amuser.

Mais globalement, en France, on a un rapport plutôt conflictuel avec notre corps et j’ai pas l’impression que ça soit le cas à l’étranger. Y a quelques temps, je discutais avec Vicky, elle me parlait de son voyage en Angleterre, le pays où le micro short est limite l’uniforme de la rue. Elle m’expliquait qu’en gros, les Anglaises n’avaient aucun complexe à exposer leur cellulite et que, du coup, là-bas, tu te prends à porter des fringues méga mini que t’oseras jamais ressortir en France. De la même façon, quand je regarde certaines émissions américaines avec des obèses à moitié à poil ou les Californiens toujours en maillot prenant soin de leur corps en permanence ou encore les Allemands qui n’ont pas du tout de pudeur et semblent très à l’aise avec leur corps, je me pose très sincèrement la question : pourquoi, nous, on complexe ? Non parce que la plupart des gens complexent sans avoir de réelles raisons. On est trop gros ou trop maigres, voire trop grands ou trop petits mais jamais parfaits. On pourrait penser à une fausse modestie genre « mais non, voyons, mon corps n’est pas parfait, hihihi ! ». Mais non, pour les gens que je connais, les complexes sont réels. Rarement, ils nous empêchent de vivre mais ils sont là.

A côté de ça, je connais quelques personnes terriblement à l’aise avec leur corps et je les envie. C’est pas forcément des gens super bien foutus, en plus, mais ils sont tellement
bien dans leur corps qu’on ne fait même pas attention à leurs imperfections. Je les envie ces gens là, vraiment. J’aimerais être capable de me trouver parfaite comme je suis, de pas loucher sur mon vilain bidou (oui, en ce moment, c’est lui qui me fait chier mais ça peut être rotatif les complexes), de me sentir so irresistible. Oh, ça arrive, ces jours de grâce que j’adore où je suis de tellement bonne humeur que je me sens même plus mignonne mais carrément belle. Que je marche dans la rue comme si j’étais dans un clip vidéo dont je suis la star. Ces jours où, forcément, les hommes me regardent et me sourient.

Bref, des fois, je me dis qu’on devrait nous apprendre à l’école à aimer notre corps et à en prendre soin. Je lisais y a pas très longtemps dans le magazine Psychologies (pas trop

ma tasse de thé, le magazine) que les femmes ont souvent du mal à accepter la futilité des soins du corps, qu’elles ne se sentent pas dignes d’être parfaites ou à peu près, d’où le très bon slogan L’Oréal « Parce que tu le vaux bien ». Moi aussi, je le vaux bien, après tout. Oui, c’est futile de se tartiner la figure avec une bouillie verte pour avoir bonne mine, de se
vernir les ongles, de faire du sport pour avoir le corps qui nous plaît, de s’épiler les orteils parce que c’est la seule partie de mon corps vraiment poilue et ça fait chier. Mais j’ai aussi le droit de pas avoir de muscle si ça me plaît pas, de pas aimer courir, de vouloir être jolie et bien dans ma peau sans forcément manger 3 radis par jour maximum. Bref, je crois qu’il y a toute une éducation d’acceptation de son corps à faire. Tant que la santé n’est pas en danger, pourquoi ne pas nous accepter tels que nous sommes ? Après tout, si on arrive pas à mincir ou à grossir (selon les cas), c’est peut-être aussi qu’on est à notre poids de forme et qu’on est génétiquement pas faits pour être plus gros ou plus minces ?

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La Drague a l’Hosto, Acte II

Par Lucas

Pour l’épisode mensuel de notre sitcom préféré, nous allons gentiment respecter les règles du théatre. Une seule journée, un seul lieu, une seule action.
Une seule journée donc : celle d’aujourd’hui,
un seul lieu : la cafète de l’hosto Raymond Poincaré,
une seule action : la drague frivole.

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Voila, ces préalables ayant été posés, j’ai désamorcé le pétage de câbles hebdomadaire de Notre Normalienne Préférée, que je ne nommerai pas pour susciter votre curiosité malsaine et ne pas nuire à sa proverbiale modestie, hein ma p’tite vierge effarouchée ? Naaaaaan, pas frapper.

Nous voila donc à la terrasse de la cafète, dans une ambiance fooor-mi-daaaa-ble, oui comme à Question pour un Champion les jours où Julien Lepers a la patate.
Une demi douzaine de djeunz cool sirotent leurs expressos, dans une ambiance futile, joyeuse et compressée vu que la table est minuscule. Certains, parmi eux, décochent des réparties pleines d’humour et, en conséquence, certaines demoiselles rigolent à outrance, avec un volume sonore indécent (hopital : silence ?)

Bref, la joyeuse bande est le centre de l’attention des gens honnêtes qui les entourent et qui voulaient simplement se boire un café pèpère en faisant, comme d’hab, des gueules d’enterrement.
Atmosphère délicieuse.

A deux metres de notre grappe de jeunes, trônant sur son fauteuil à roulettes, un monsieur trentenaire qui a perdu ses jambes et qui exhibe fierement ses moignons tout en regardant fixement une demoiselle, fort jolie, que nous appellerons Sally.

Bien sûr, Sally n’en a rien à battre du demi-monsieur. Elle préfère mater un minet gominé. Eh oui, c’est comme ça, c’est un principe élémentaire, un axiome de la séduction : les filles craquent TOUJOURS sur les minets qui empestent à 50 metres le Drakkar Noir.

Perso, les nabots, je leur fait des sourires gentils qui sous entendent« Ne veux-tu pas te faire pousser accidentellement sous un Metropolitain et de préference pas sur ma ligne ? » Bref, les nabots je ne peux pas les piffrer, ni même les sentir d’ailleurs. Moi je mets du Jaipur de Boucheron et, bizarrement, aucune nana ne me colle au cou (non, au cou…). Va comprendre.

Donc pour résumer
Pendant que Raoulette hurle, à tout va, son rire de femme libérée, tu sais c’est pas si facile, Gerard mate de manière indécente Sally qui scrute Nabot qui empeste les narines de Lucas bien obligé de sniffer son café pour faire couler le drakkar noir.

Bien sur Nabot a sa gourmette en argent au poignet droit avec écrit NABOT, un jean eau de javelisé, un tee shirt Vonedeutche, un gel effet mouillé et des Sparco.La star c’est lui.

Jusqu’ici, rien que de très normal.

Mais moi je mate tout le monde de maniere discrète et furtive, un petit carnet posé devant mon capuccino, comme si je calculais le PIB du San Marin alors que je vous raconte tout ce que je vois, tout ce que j’entends, tel un salooooo d’espion.

Et je voudrais m’apesantir sur le désarroi de Sally.

Sally qui va, un beau jour ou peut-être une nuit, susciter la curiosité de Nabot mais qui n’en fait rien pour l’instant. Elle est trop discrete,Sally, trop translucide, trop « pas assez ».

C’est bien simple, elle ne prononce pas un mot et fait des sourires de façade pour cacher sa détresse interieure.

Je voudrais ici rendre hommage aux millions de demoiselles qui par le monde et les époques ont connu cette situation horrible.
Et je compatis.
Mais revenon à Sally.

De la voir, malheureuse comme ça, ça me donne envie de lui écrire sur un discret panneau de 50 cms sur 80:

« Tu veux pas faire un week end à Santorin avec moi au lieu de mater ce louuuuzeur » ??

Mais non elle a les yeux fixés sur Nabot.
Et, quand tout le monde se leve pour retourner bosser, je lui jette un regard rempli de questions. Elle me sourit et moi ça me donne envie de chanter du Oasis:

 And sooooooo, Sally can wait,
She knows it’s too late,
As she’s walking on by…

Her soul slides away
But dont look back in anger
I heard you say…

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Demain, le grand exil (mais bien sûr)

(version audio en fin d’article)

Aujourd’hui, il faut aller voter, c’est important. Vous savez pour qui je voterai donc je vais pas vous faire de prosélytisme. Déjà, je n’ai pas la prétention de changer vos votes, restons modestes bordel. Donc, moi, je ne dirai qu’une chose : votez. Ségo, Sarko ou blanc si le cœur vous en dit mais votez. C’était le petit message citoyen de Nina.

paris_hilton-vote

Revenons un peu sur la campagne. Cette année encore, nous avons eu droit à propagande et coup bas, Internet ayant bien aidé à la propagation de blagounettes ridicules ou pas, de rumeurs débiles, d’argumentaires discutables… Le week-end dernier, je me suis énervée devant la vidéo présentant un Sarko en héros sauvant un enfant de l’école maternelle de Neuilly. Musique à la film de Bruce Willis qui sauve le monde, témoignages, tout ça. Bon, les pompiers et les flics qui étaient là, eux, ils ne faisaient que de la figuration, c’est Nico qu’a tout fait. Bref, j’ai trouvé cette vidéo nauséabonde, beaucoup trop Georges-W-Bushesque à mon goût. Je n’ai pas aimé certains propos de M. Sarkozy pendant la campagne et même avant, surtout l’histoire des gênes mais
passons. Ce qu’a dit Ségo ne m’a pas toujours plu non plus.

Ce qui m’amuse le plus dans ces élections, ce sont tous les gens qui annoncent le plus sérieusement du monde « Si tel(le) candidat(e) passe, je quitte la France ». Au moins ! D’ailleurs, si j’écoute bien, demain, quoi qu’il arrive, une bonne partie de nos citoyens quitteront l’hexagone car l’infâme est au pouvoir. Le Diable ou la Succube, au choix. Là, je lève les yeux au ciel et je soupire très fort. Non mais vous allez vous calmer oui ? Ceci étant, ça a inspiré une chronique très drôle à mon idole journalistique François Reynaerts dans l’Obs de cette
semaine donc c’est pas tout à fait inutile. Mais hormis ça, ce psychodrame de l’exil me saoule un peu, pour être honnête. Non parce que moi, qu’est-ce que je vois ? Deux candidats issus des deux plus grandes formations démocrates de France, l’un d’entre eux accèdera au pouvoir de façon démocratique aussi demain. Un coup d’Etat perpétré par au moins la moitié des citoyens français, waouh !

Bien sûr, rien de bien neuf sous le soleil, chaque fois, c’est pareil. Pourtant, quand Mitterrand a été élu en 1981, les chars soviétiques ne sont pas entrés dans Paris, comme quoi… Les délires politiques, y a des jours où ça me fatigue, surtout que la plupart des gens vous disent « non mais moi, je sais, j’ai bien écouté son programme et tout ça ». Mais bien sûr, et la marmotte… Je me souviens en 2002, ça a été du grand n’importe quoi, du genre « merde, mon arrière grand-père est porturgais, si Le Pen passe, je vais me faire expulser ». Politique, ton univers impitoyaaaaable-euh ! Non mais ça va, on vit pas dans un film, non plus. Je trouve grave qu’on traite Sarkozy de fasciste voire pire, quand on sait ce qu’est réellement le fascisme. Je trouve grave qu’on dise que Ségolène est stupide. Je vous rappelle juste qu’elle a fait l’ENA, je pense pas qu’il y en ait un ici qui soit capable d’en dire autant. Elle ne savait pas combien il
y avait de sous-marins nucléaires. Moi non plus et pour être complètement honnête, je pense qu’il y a des dossiers plus importants à gérer. Quand je lis les sobriquets genre « le nain » ou « la bécassine », je trouve ça minable, tout simplement, quel que soit le camp auquel on appartient.

Enfin, vous êtes à ce point incultes que vous êtes pas foutus de faire de vrais débats sur le fond des programmes et sur les visions de la société que nous présentent ces candidats ? Votre seul argument, c’est « c’est un facho » ou « elle est bête » ? Et ben, moi, quand j’entends ça, c’est vrai que j’ai vraiment peur pour l’avenir du pays, voter en fonction d’une image que des petites propagandes bien orchestrées vous ont mise en tête, oui, ça fout la trouille. Merde, soyez intelligents un peu et réfléchissez avant de raconter n’importe quoi. Sarkozy ne s’octroiera pas les pleins pouvoirs s’il est élu (constitutionnellement impossible, déjà), Ségolène n’est pas une ravissante idiote hystérique. Je vais vous dire en toute honnêteté : quel que soit le gagnant
ce soir, je sais que ma vie n’en sera pas complètement changée. On partira vers la droite ou vers la gauche certes mais dans 5 ans, la France sera toujours une démocratie et on n’aura enregistré que quelques lois supplémentaires.

Voilà, maintenant que j’ai dédramatisé, votez. Et faites vos valises, des fois que !

PS : Je sais que l’image n’a aucun rapport avec l’article mais elle me fait plaisir.

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