J’aime pas mon métier, en fait.

Il y a 10 ans, j’arrivais, fringante et un peu excitée dans une petite SSII dans le XVe arrondissement de Paris pour débuter mon premier CDI. Le 16 avril 2007 (oui, y a un an et 2 jours mais j’allais pas publier un article sur le travail un jour où on en travaille pas, justement). 10 ans plus tard, j’ai progressé, doublé mon salaire et je parle comme une sale marketeuse. 10 ans que j’essaie d’évoluer car j’aime pas mon métier.

démotivation pour aller au travail, j’aime pas mon métier

Absolument tout à fait ça

Pour ceux qui tomberaient ici sans me connaître, je suis marketeuse dans les réseaux sociaux : community manager, social media manager, social paid media manager, stratégiste, consultante et même responsable social intelligence dans les prés’ pour faire genre qu’on est beaucoup et qu’on a tous beaucoup d’importance. Bref, l’intitulé change, les missions aussi : j’ai fait du SAV, j’ai vendu des billets sponsorisés, j’ai animé des forums, blogs, réseaux sociaux, j’ai écrit des articles, des statuts, j’ai raconté que tout ça, c’était important. Je le raconte toujours d’ailleurs car je fais aussi de la formation

Sourire désabusé à la dernière du grand journal

Je l’ai déjà dit sur les trendhacks, j’ai toujours l’impression qu’on s’incruste dans la vie des gens qui n’ont rien demandé, on propose des statuts sans histoire où les gens vont répondre car ils résolvent toujours (mal) les équations, qu’ils sont prêts à vendre père et mère pour un goodie, qu’ils sont là à nous hurler dessus des fois qu’on pourrait résoudre leurs problèmes alors que certains sont de mauvaise foi… 

Paon bleu qui fait la roue

Je n’ai pas choisi cette voie, je n’ai pas fait d’études pour ça. Je m’en sors parce que je suis intelligente, bosseuse. Mais j’échoue parce que je ne suis pas politique. Ma carrière, c’est des tas de gens qui viennent me taper sur l’épaule en me disant que je suis brillante, “une pépite”, mais jamais de promotion à la clé, j’étais trop occupée à travailler, pas assez à me faire voir. Et honnêtement, ça ne m’intéresse pas. J’en ai marre de ces boîtes où le copinage et le brossage dans le sens du poil poussent vers le haut des gens moins compétents mais qui ont fait croire qu’ils étaient fiables et reconnaissants. Je suis fiable mais je suis indifférente. Et surtout, ceux qui jouent ce jeu là, on le sait qu’ils ont un talent inné pour poignarder dans le dos. Ce doit être la génération Macron… Oui, j’en refous une couche mais ça me rend malade que des gens votent pour un projet de société qui représente absolument tout ce que je déteste… Ce qui fait que j’aime pas mon métier.

Démotivation au travail

Je l’aime pas parce que je n’apporte rien à personne, parce que je ne fais que brasser de l’air, parce que je devrais me compromettre pour arriver à un niveau correspondant à mes compétences. C’est vain. Si je m’arrêtais de bosser demain voire même si mon métier disparaissait dans son intégralité, personne ne s’en rendrait compte. Je m’amuse juste quand je fais de l’analyse ou du social listening et que je dois trouver des leviers pour raconter mon histoire et que ça me fait un (tout petit peu) de socio.

Graphiques et statistiques

Alors évidemment, je cherche un échappatoire, vous imaginez bien. Depuis presque trois ans, je cherche une épiphanie car je me rends compte que de voler de boîte en boîte en grattant un peu plus d’argent et un titre de plus en plus ronflant ne me rend pas satisfaite pour autant. J’ai fait un premier stage de yoga pour essayer de déclencher une révélation, j’ai chopé des courbature et une humiliation.J’ai persévéré : yoga (avec d’autres profs beaucoup plus bienveillantes)(surtout, je suis in love du vinyasa), sophrologie, parcours Perspectives de l’APEC (que je conseille même si j’ai pas eu mon épiphanie mais ça fait sacrément du bien quand même). Et puis un jour, c’est venu, ça m’a frappée, la révélation tant attendue…

Coucher de soleil, derniers rayons

Je vous raconte demain

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On se fait une réu ?

Lors de ma vie chez Pubilon, il y avait un truc par dessus tout qui me rendait hystérique, qui me faisait me redresser les poils, frissonner, mes boyaux se tordaient et mon rythme cardiaque s’emballait soudain. Il suffisait d’une phrase, d’une simple phrase et l’écume me montait au bord des lèvres “On se fait une réu ?”.

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Je hais les réunions. Je les hais viscéralement et surtout depuis cette triste expérience chez Pubilon. Pourquoi ? Parce qu’au-delà de 15 mn de concertation, je considère qu’on perd du temps. Chez Pubilon, elle durait deux heures, deux putain d’heures, durant laquelle notre manager nous racontait sa vie. Je vous promets, c’était du genre :

“Oui sur le dossier machin, on en est là.

– Ben moi, dans mon ancien travail, on procédait comme ci et comme ça et puis quand j’étais petite…”.

Je vous jure que j’exagère à peine. J’ai donc logiquement beaucoup progressé en dessin, n’osant amener mon smartphone en réunion (on était entre 4 et 6). Et je n’étais pas la seule à trépigner, ces longues discussions stériles, mélange de reproches injustifiés (nombre de conversations se déroulaient comme suit “Non mais ça, t’as traîné à l’envoyer!” “Non, je ne crois pas non” “Si, je te le dis!” “Tu peux me ressortir le mail pour voir ?” “On verra ça après”. Et on ne voyait jamais rien), de confidences pour se faire mousser dont on se moquait, de questions sans intérêt masquant mal une maîtrise inexistante du projet. Sur 2h, si on avait 10 mn de productives, c’était bien le bout du monde.

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Dans mon nouveau taf, on n’est pas trop réunion. On fait des brainstormings pour le lancement d’un nouveau projet, quelques points projet de ci de là, rien n’excédant les 20 mn parce qu’au delà, je suis formelle, on perd du temps. Et je vais aller plus loin : on ne fait pas plus parce qu’on a franchement autre chose à faire. Donc dois-je conclure que la réunionite aiguë est une bonne façon de masquer sa non activité ? De brasser de l’air pour faire croire qu’on est top utile ? Non parce qu’à l’époque, entre les réunions hebdomadaires, les kick off meetings pour les lancements d’opération, les workshops pour parler de stratégie et co… Ben, il ne restait guère de temps pour être pro actif. Et après, on s’étonnait de finir à pas d’heure et de n’avoir pas eu le temps de tout faire. Perte de temps, perte de temps, perte de temps !


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J’ai la sensation que la réunionite aiguë est la maladie des mauvais managers. Je le répète : si ta réunion dépasse les 20 mn, c’est que tu gères mal. Surtout quand tu ne présentes aucun powerpoint et qu’il s’agit uniquement de réunions pour se dire où on en est, ce qu’on fait, ce qu’on doit faire. Ces petits points sont importants pour un bon suivi, je ne
le conteste pas du tout.  Sauf qu’à un moment, faire des réunions trop longues et trop souvent me fait douter : tu ne sais pas lire tes mails ? Tu préfères que je te répète ce que j’ai déjà écrit de ma voix suave ? Et ce plusieurs fois ? Tu crois que de me faire répéter les mêmes choses te donne du pouvoir sur mon travail ? Tu crois qu’en cas de crise, je vais attendre la réunion 
pour en parler ? Tu crois pas que si tu lisais mes mails, tu verrais si c’est la merde ou pas sur un dossier ? Moi, je dis ça, je dis rien…


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Mais non, malgré la perte de temps flagrante et la relative inefficacité du procédé, on se réunit, encore et encore, histoire de brasser de l’air en soupirant car on est débordés. On dit qu’on va faire ceci ou cela mais pendant qu’on le dit, on ne le fait pas puisque hé, on est en réunion. Le dossier urgent attendra, le téléphone sonnera en vain, les mails s’accumuleront dans nos boîtes. Do no disturb, on est en réunion, steuplé. Réunion qui n’aboutira à rien de contructif puisque ce n’est qu’une incessante litanie de no to do list, sans même de solutions en cas de problèmes les trois quarts du temps. Et je n’évoquerai même pas les “je t’envoie ci” que l’on te promet pendant ces instants de joyeuses communions, des fichiers que tu réclames inlassablement mais qui ne viennent jamais. Et puis parlons de cette tendance jouissive du manager à t’épingler en collectivité “quoi, t’as pas fait ça ?” “J’ai comme qui dirait pas eu le temps” “Mais c’est un scandaaaale!”. Ca t’excite, hein, manager pervers ? Sauf qu’une fois, et ce fut assez drôle, une collègue a pris ma défense alors que je m’en foutais un peu (arrive un moment où on fait la part des choses) “Non mais t’as vu tout ce qu’on a à faire aussi ?”. Ouais et c’est encore 15 minutes de perdues en parlote inutile.

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Bref, je sais pas trop si ça se ressent dans mon article mais je vomis les réunions, dans le sens lourd et protocolaire du terme. Je trouve ça profondément contre-productif. Et si mon manager ne sait pas quoi faire de son temps, je peux lui filer une liste de blogs à lire. Ou des vidéos à mater… Mais qu’il ne me fasse pas perdre une demi-journée en “réu”. Merci.

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L’écran de résolutions

Par Lucas
(n°1 sur les jeux de mots foireux)

Vous vous rappelez la chanson de Rose ?
« Aller à un concert,
Repeindre ma chambre en vert,
Boire de la vodka,
Aller chez Ikea… »

« La Liste ».
J’y repense chaque année au moment du nouvel an, période, s’il en est, des bonnes résolutions. Pour un nouveau départ, une année toute neuve, comme une nouvelle vie, qu’il vente ou qu’il pleuve. Game over, insert coin : same player shoot again !

http://emma.indoril.free.fr/dotclear/images/sisyphe.png
Mais chaque année je me refuse à prendre de bonnes résolutions.
Je me dis que je ne vais jamais les tenir alors à quoi bon faire un listing de velléités.
Exactement ce que chante la Grande Sophie dans sa chanson « Les Bonnes résolutions ».

Quand vient le mois de Janvier, je nage
Même au mois de Février, je nage
Et d’année en année
Je n’ai fais que passer
A côté de mes promesses

Quand arrive l’été, j’enrage
Je n’ai fait que brasser, dommage
Brasser de l’air
Jusqu’au prochain hiver
D’autres résolutions…

Les lecteurs intègres vont me dire que, Sophie et moi, on manque simplement de volonté,  que si on avait vraiment envie d’appliquer un programme on le ferait…  Ce n’est pas faux. Mon petit frère a décidé l’an dernier d’arrêter la clope : un an après il n’a pas rechuté. Idem pour la beuh. Chapeau bas, p’tit frère.

Je n’en suis pas fier mais la raison pour laquelle je n’ai jamais pris de résolutions, au nouvel an, c’est tout simplement que j’ai toujours eu  peur de ne pas aller au-delà de la déclaration d’intentions. Peut-être que c’est l’intérêt de rendre publique une liste de bonnes résolutions ; comme on a des témoins qui ne manqueront pas de nous questionner quelques semaines plus tard quant à l’application du programme, c’est la fierté qui incite à se tenir aux prévisions annoncées.
C’est un peu sournois comme logique.
Je ne le fais pas pour moi je le fais pour ne pas être stigmatisé par les autres.
C’est lâche, c’est  débile (à tous les sens du mot), c’est nimp…

Les résolutions, normalement, ça doit être une manifestation d’énergie et ensuite d’opiniâtreté.
D’ailleurs, en pratique, mieux vaut-il en avoir une kyrielle et n’en faire que quelques-unes ou en choisir trois ou quatre et les faire toutes ?
Pour une question de fierté je préfèrerais la deuxieme solution… mais ya toujours un problème de volonté initiale, une lâcheté implicite que je dois mettre au placard.

Résolutions de Lucas
–    Trouver un taff, même merdique
–    Courir plus souvent sur les bords de Seine
–    Mieux ranger chez moi, être plus rigoureux
–    Me remettre au piano et acheter des anches pour mon xaphoon.

http://www.swisscastles.ch/cinemascotte/films/images98/anges1.jpg
En écrivant ces phrases,
Je repense à ce film magnifique, « La vie rêvée des anges« ,  avec Elodie Bouchez (qui se bouge les fesses) et Natacha Regnier (qui se berce d’illusions).

Je repense surtout à ce mail de Nina, qui est venu dans la droite ligne de celui de Maud et de Fabian.
Des mails d’engueulade légitimes devant ma passivité lymphatique et mon incapacité à aller de l’avant, à prendre le taureau par les cornes et à me bouger le cul. Tiraillé que j’étais entre mon envie de trouver un « bon » taff (comprenez un taff payé 2 fois le smic…) associé au fait que mes copains me disaient guéris,  mais avec, en face, des parents médecins qui refusaient de l’admettre et me disaient que mes efforts ne servaient à rien.
Le tout au sein d’une crise  économique (chais pas si vous etiez  au courant) qui a rendu encore plus légitimes les 300 réponses négatives ou silences pusillanimes que les DRH m’ont assénés depuis 15 mois (bande de crevards)

Donc, les déclarations d’intentions, ca suffit.
Je repense au titre d’un film (oui, encore un) et je l’associe au titre d’un bouquin.
Le livre c’est « Et que le vaste monde poursuive sa course folle » (meilleur bouquin de l’année selon la rédaction de « Lire ») très joli titre, un peu fataliste, auquel j’oppose un « Va, Vis, et Deviens » nettement plus volontaire.
Parce que,

Je repense à la belle Tatiana qui est partie, son amour et son baluchon sous le bras, pour refaire sa vie en Amerique du Sud.
Je repense à Nina qui a galéré comme une crevarde pour trouver un taff.
Je repense à Bobby qui mène plein de projets de front
Je repense à tous mes copains qui ont maintenant des salaires annuels à pleurer et dont certains sont vraiment heureux (mais certains seulement)
Et je suis un peu frustré mais pas aigri ni jaloux.
Au contraire.
Léger,
En mode Super Constellation,
Vous savez cet avion magnifique, dont on a l’impression qu’il est toujours prêt à bondir…

Te regarder dormir
Me regarder guérir
Faire du vélo à deux
Se dire qu’on est heureux
Emmerder les envieux.

Et vous, vous vous y tenez à vos résolutions ?
Je laisse le mot de la fin à Calvin & Hobbes :
« it’s a magical world, Hobbes, ol’ buddy. Let’s go exploring ! »
Je vous souhaite à tous, complices lectrices, complices lecteurs, pour 2010, tout plein d’bonheurs.

 

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A la rencontre des journalistes

Aujourd’hui, on fait un peu d’anthropologie et nous nous allons découvrir une peuplade intéressante : les journalistes. Une journaliste est-elle la meilleure personne pour parler de ses congénères ? Pas nécessairement mais peu importe, c’est pas une thèse d’anthropologie que je compte faire !

Commençons par la base. Beaucoup prétendent qu’un journaliste est un écrivain raté. Dans mon cas, c’est tout à fait vrai. Beaucoup de journalistes ont sur leur ordi un fichier ultra confidentiel de la mort qui tue : leur premier roman. Ils ont déjà écrit cinq pages word, ça déconne plus ! Si Françoise Giroud ou PPDA l’ont fait, on peut le faire aussi !
En fait, il faut savoir qu’un journaliste est un individu qui brasse de l’air en faisant semblant d’être débordé. Je n’ai pas fréquenté mille et unes rédactions mais j’en ai connu quelques unes et mes camarades de galère (heu…de master, pardon), également.

 
Journée harassante

Voilà la journée type d’un journaliste : arrivée entre 9h et 10h. Enfin, plutôt 10h… voire après. De toute façon, les gens dorment le matin, c’est pas la peine pour les interviews et puis le bouclage est loin, rien ne presse. Le matin, le journaliste lit la presse : faut bien se tenir au courant de l’actualité. Le faire chez soi ? Et puis quoi encore,
vous commencez à bosser dès le petit déjeuner ? Ben nous non plus ! Donc première partie de journée : arrivé au boulot à 10 heures, lecture des journaux entrecoupés de pause café et de discussions avec les collègues. Parce que les journalistes ne sont pas différents des autres : on passe notre temps à casser du sucre sur le dos des absents (« non mais Monique, elle sait pas écrire… Si elle mettait autant d’application dans ses articles que dans son maquillage, on n’en serait pas là ! »).

 

Parfois, le matin, il y a les conférences de rédaction, haut moment de la vie journalistique : chacun veut vendre son papier parce que c’est le meilleur, le plus intéressant et qu’on préfère avoir son nom sur la page Une que sur la page 5 parce que rien ne garantit que les lecteurs aillent jusque là. En général, les gens sont mesurés mais on sent les tensions qui ressortent (« si cette connasse de Monique croit pouvoir caser son article sur la politique de reboisement de la forêt voisine, elle rêve ! »). Quand on est stagiaire, ces séances sont hautement enrichissantes : on n’a pas son mot à dire puisqu’on traite des sujets inévitables dont les journalistes titulaires ne veulent pas. Mais on voit très bien qui s’entend avec qui et qui est en bisbille avec qui, toujours une source d’information. De toute façon, en tant que stagiaire, j’ai toujours fermé ma gueule : critiquer mes collègues, bien mauvaise idée. Ces petites séances sont utiles car on se rend compte que le rédacteur en chef sert à quelque chose. Assis sur son fauteuil, trônant, observant ses journalistes d’un air intéressé, il jauge et tranche. Oui, le rédacteur en chef, ça sert à ça : séparer les journalistes qui se disputent et déjeuner avec les personnalités du coin. Des fois, ça écrit des éditos mais faut pas trop en demander non plus.

Arrive l’heure du déjeuner, une occasion souvent de revoir nos « amis » et glaner quelques infos, s’en foutre plein la panse aux frais de la princesse. L’été dernier, j’ai œuvré pour un quotidien régional, j’ai eu droit à un délicieux déjeuner dans l’hôtel luxueux voisin pour un bilan des stagiaires. Sûr qu’au bout de 15 jours, j’étais apte à faire un bilan,
tiens ! Le déjeuner doit s’étendre de 12h à 14h, voire un peu plus. Un cerveau ne fonctionne qu’avec un estomac plein après tout.

A 15h, il est temps de s’y mettre… ou pas. De toute façon, on est là jusqu’à 19 heures, ne nous stressons pas. On part en reportage ou on passe quelques coups de fils, on interviewe les gens qui se déplacent à la rédaction pour nous soumettre une idée d’article et à 18 heures, on se met à rédiger. A 19 heures (dans le meilleur des cas), on peut quitter le boulot
en soupirant : comment avoir une vie de famille en terminant si tard ?
 

Quand j’ai commencé mon stage l’été dernier, j’ai été d’une efficacité incroyable : arrivée à 9h, ayant déjà lu le journal at home, je rédigeais mes articles, prenais des rendez-vous, calait quelques interviews. Résultat, à 17 heures, je quittais la rédaction avec tous mes articles écrits et quelques uns en avance. Une fois, je suis rentrée d’interview à 18h, le
rédacteur en chef remplaçant panique : « Nina, tu dois avoir fini à 18h30 ! » Je le regarde, un peu étonnée : faire un article de taille moyenne en une demi-heure, c’est plus que faisable. 18h25, j’éteins mon ordi : article écrit, corrigé, illustré, prêt à imprimer. Un jour, j’avais même terminé de mettre en page tous mes articles du jour à… 9h30 !

Avec mon master, j’ai appris à simuler le boulot. Dans mon avant dernier stage (qui était très intéressant au demeurant), j’avais un ou deux articles à écrire par semaine, plus quelques brèves, parfois, des statistiques à rentrer sur le logiciel, rien de bien compliqué. Donc j’avais le temps d’écrire des mails, de glander sur des forums, sur des blogs… Et de créer le
mien, d’ailleurs.

C’est beau, ça brille…

Outre le fait que les journalistes sont très doués pour brasser de l’air, ils ont d’autres particularités. Les journalistes sont des forniqueurs. Franchement, plus je côtoie des journalistes, plus le qualificatif « fidèle » me paraît irréel. Il faut voir que le journaliste n’a pas d’horaires (comme expliqué plus haut). Quoi de plus facile de s’organiser un 5 à 7 ! En plus, en tant que journaliste, on rencontre des tas et des tas de personnes toutes plus différentes les unes que les autres. De plus, il semblerait que les journalistes sont attirés par tout ce qui brille comme les papillons par la lumière de la bougie. Regardez le nombre de journalistes qui ont eu des aventures avec des hommes politiques ! Récemment, encore, un de nos éminents Ministres a fricoté avec une journaliste qui a eu la décence de démissionner de son poste (elle était journaliste politique).

Pourquoi devient-on journaliste ? Par vocation ou par désir de côtoyer les plus grands ? Pour certains, je me pose vraiment la question. Tous ceux qui ont fréquenté une rédaction ont croisé ces personnages blasés qui ne supportent pas leur boulot mais qui reprennent vie dès qu’il est question d’un dîner avec un ministre, un député ou même quelqu’un d’un tant soit pu pourvu de pouvoir. Par exemple, vous êtes la stagiaire d’Anne-Marie Chaussefoin, journaliste qui n’a pour but que de lécher les bottes des grands de ce monde. A l’ordre du jour, deux missions : l’interview du sénateur Bidule et un portrait d’un artiste de rue aux cheveux emmêlés… Devinez ce que va choisir notre amie Chaussefoin ?

 De plus, un journaliste aime la nourriture et les boissons gratuites. Ainsi, les attachés de presse qui organisent une conférence ne vous invite pas à poser votre auguste fessier sur une chaise en fer pour écouter un monsieur déblatérer. Non ! Votre petit cul sera posé sur un fauteuil confortable devant un copieux petit déjeuner… ou en prémisse d’un succulent cocktail, au choix. Bref, pour bouger un journaliste, faut lui promettre à boire et à manger. Ainsi, j’ai pris un des meilleurs petits déjeuners de ma vie au Plaza Athénée lors d’une conférence de presse organisée par la FFR. Je crois n’avoir rien mangé de meilleur que cette délicieuse crème de framboise ! Bien sûr, on prend des notes, on pose des questions… Mais surtout, on bouffe gratos et on remplit notre agenda de numéros. Parfois, en plus de la bouffe, on peut avoir un petit cadeau. Quel beau métier, tout de même… Cette année, j’ai eu des cours de management avec un directeur de relations extérieures d’une grande chaîne de télé, son mépris pour les journalistes était assez impressionnant mais, en même temps, quand je vois le comportement de ces pique-assiettes, je comprends pourquoi…
 

Oui, journaliste, c’est quelques conférences et cocktails, c’est soirée en boîte avec les rugbymen champions de France avec open bar, en plus. Oui, ce sont des expos ou CD gratuits, selon le média pour lequel vous travaillez… Beaucoup de journalistes n’ont qu’un désir : vivre leur propre moment de gloire, soit en éditant leur premier roman, soit en présentant le JT, soit en épousant une célébrité. Donc beaucoup de journalistes sont frustrés. Il faut avouer que parmi tous les journalistes existant, peu ont l’occasion d’évoluer dans cet univers strassés qu’ils envient.

Puis y a les autres, ceux qui font ce métier par vocation… Mais il s’agit d’une frange tellement infime qu’il ne sert à rien d’en parler.

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Et si je faisais quelque chose de ma vie

Jeudi, 3h ou 4h du matin, je sais plus. Allongée à côté de Jean (mon amant dont j’ai pas encore parlé, cherchez pas l’article qui lui correspond, il viendra), nous discutons de nos vies respectives, j’essaie tant bien que mal (et plutôt mal, j’ai eu l’impression) de lui remonter le moral. A un moment, il me demande si je vais bien et je lui réponds :
« Ben oui, j’ai pas de raison de déprimer.
Je pourrais t’en trouver plein.
Non, ça ira. »
Je m’accroche à la certitude que tout va bien mais je suis autant à l’abri de la déprime que d’une tempête sur un radeau (j’espère que vous avez compris cette phrase obscure).
 
Techniquement, ma vie est au point mort : pas de raison d’être heureuse ni malheureuse. Rien ne vient illuminer ma journée à tel point que j’ai la banane pendant une semaine. Rien ne vient ternir mon humeur égale. De toute façon, au point où j’en suis, seul un décès m’affecterait profondément et j’espère très fort que ça n’arrivera pas. Même ma lose actuelle ne nuit que modérément à mon moral. Cependant, il est temps de réagir et de trouver des raisons de me réjouir.
 
Trouvons du travail !
En ce moment, je m’emmerde donc je lis. Saine activité. Donc après avoir dévoré Harry Potter, j’ai entamé et terminé le drôlissime « Blog de Max », l’histoire d’un mec qui raconte son boulot et son talent certain à brasser de l’air. A peine terminé, je me jette sur « Le diable s’habille en Prada », actuellement en cours de lecture et férocement hilarant. Dans le premier comme dans le second, les auteurs croquent avec cynisme et méchanceté subtile leur environnement de travail… Et curieusement, moi, ça me donne envie de bosser.
 
Objectivement, j’en ai marre de rien faire chez moi et je préfère que l’argent qui tombe sur mon compte soit versé par Cosmo que par ASSEDIC. Juste une question de fierté, j’ai pas envie d’être un poids pour la société (ni pour mes parents qui paient des impôts dont une partie-infime- revient à leur fi-fille). Et puis j’ai une vie passionnante en ce moment : lever 14 heures, un petit tour dans une pièce intime de ma maison, allumage de l’ordi et de la télé et ABRUTISSAGE. J’écris pour mon blog, je visite et commente ceux des autres. Parfois, je me dis que ce serait bien que je mange donc je le fais. D’autre fois, je me dis que ce serait bien d’arrêter de manger si je veux un jour pouvoir à nouveau quitter mon canapé. Bref, je ne fais pas grand-chose de constructif si ce n’est bosser sur ce blog pour votre plus grand bonheur.
 
Ceci étant, je viens d’intégrer, grâce au blog, justement, la rédaction de ce site, mes premiers articles bientôt. Hé oui, j’ai reçu ce mail, un jour : « votre blog est sympa, je dirige un site pour les demoiselles de 15 à 30 ans, ça vous intéresse une collaboration ? » Un peu, mon neveu ! Certes, c’est du bénévolat mais ça rajoute une corde à mon arc : du journalisme féminin, j’ai jamais fait. Ceci étant, j’aimerais aussi bosser dans un journal qui rémunère, ce serait bien. Ne serait-ce que pour me lever à 7h30, prendre les transports en commun tous les jours et rentabiliser ma carte orange (sur laquelle j’ai enfin mis une photo), faire semblant de bosser toute la journée en écrivant mon blog, en lisant ceux des autres, en buvant du café en faisant la revue des derniers ragots de la boîte. Bosser, quoi…Et puis gagner des sous pour me payer plein de choses (des fringues, un abonnement en salle de sport, les SIMS2…)
 
Tombons amoureuse !
Non, en fait, ça, j’en ai pas envie. Mais trouver une nouvelle cible à séduire, ça me plairait bien.
 
Actuellement, ma vie amou…heu…senti…heu… sexuelle est plutôt sympathique, j’ai rencontré en octobre deux garçons que j’apprécie énormément, Guillaume et Jean, donc. Ce sont un peu plus que de simples plans brouette puisqu’on passe autant (voire plus, beaucoup plus) de temps à discuter qu’à brouetter. Je qualifierais plus facilement ses relations « d’amitié ambiguë », surtout avec Guillaume, et  j’avoue que ça me plaît bien, ça m’apporte beaucoup sur le plan humain. Vais-je tomber amoureuse ? Ce n’est pas à l’ordre du jour, ni pour eux, ni pour moi, de toute façon.
 
Le truc, c’est que ça fait longtemps que je n’ai pas eu à séduire. Depuis Arnaud, mes relations « sentimentales » se limitent à deux anciens plans cul en manque et deux lecteurs de mon blog, charmés par ma personnalité et mon style unique (et certainement ainsi par ma folle modestie). Tous les deux m’ayant charmée pour différentes raisons… je vous laisse deviner la suite. C’est très flatteur pour mon ego mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. « M’attaquer » à des hommes déjà pris dans mes filets, c’est un peu facile. Bon, rien ne me garantissait ce succès, surtout avec Jean mais tout de même.
 
Repérer un homme, essayer de le séduire (et me manger un râteau), voilà qui m’occuperait… Et ça ferait des articles marrants pour toi, lecteur. Mais où rencontrer cette perle rare ? Dans le meilleur endroit pour draguer : au boulot. Je dois donc en trouver un.
 
Faisons du sport !
Bon, je fais du gras, là, ça va pas. Mais je ne fais rien de mes journées à part regarder la télé, papoter sur MSN et me dire que la journée passe vite et que j’ai rien foutu. Donc résolution à mon retour sur Paris : se lever plus tôt et ne plus allumer Internet avant au moins 17h, pareil pour la télé. Ca ira de suite mieux et ça m’encouragera à sortir. Sauf que la meilleure façon de faire du sport est encore d’aller en salle donc de payer un abonnement donc d’avoir des sous donc d’avoir du boulot.
 
Donc, à partir de maintenant, ma priorité, c’est de trouver du boulot puisque manifestement, c’est ce qui fera changer ma vie et me fera passer de l’état de larve dans lequel je suis actuellement à celui de merveilleux papillon épanoui et irrésistible. Je vous tiens au courant de l’évolution de la situation.
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