Quand la pub est la pire ennemie de la musique

Je suis une téléauditrice. En gros, la télé, je ne la regarde que peu, je l’écoute plus (quoi qu’écoute, écoute, je devrais plutôt dire entendre mais bon…). Et donc forcément, j’entends les pubs qui se répètent, encore et encore, avec toujours la même musique, vient le moment où j’en viens à détester ladite musique, même celle que j’aimais pourtant au départ.



Pour choisir une bonne musique de film, faut un thème marquant, répétitif, quelque chose qui reste en tête. Contrairement aux reportages (qui soit dit en passant recyclent quand même régulièrement les mêmes thèmes) la pub peut choisir des musiques  à paroles, souvent des chansons étant ou ayant été un succès populaire, à part certaines marques qui trouvent un petit groupe inconnu pour le propulser au sommet comme Levis, par exemple. On récupère le refrain avec l’intro au besoin pour la partie parlée et c’est parti. Ainsi, dès que je vous dis Alice, vous répondez : « houhou ! ». Chanson que j’aimais bien au départ mais qui a fini par me gonfler, même si choisir une chanson qui répète « you’re not the one for me », je trouve ça assez grandiose. Et il me semble avoir entendu « Fuck you » de Lily Allen dans une autre mais je me trompe peut-être, Lily Allen faisant régulièrement la même chanson. Des fois, on a même droit à plusieurs chansons pour une même marque. Alors que le crédit mutuel tourne depuis plusieurs années avec la fille qui chantait le rêve bleu d’Aladin, le crédit agricole change à chaque pub, laissant ses conseillers faire un mauvais playback sur des chansons ultra connues, sans doute un hommage foireux à On connaît la chanson. Quand je dis hommage, je veux dire « ça a super trop bien marché pour ce film, on le reprend, on ne pourra pas se planter ». Mouais, mouais, mouais…


Encore que quand le pubeux se contente de reprendre la chanson originale, on évite le pire. Le pire ? Alors il y a deux catégories de pire. En un les reprises de chansons connues par d’obscurs groupes ou chanteurs globalement mauvais. C’est particulièrement le cas pour des pubs Eaux jeunes, je me souviens d’une reprise agaçante de Gloria, il y en a eu tant d’autres depuis, je ne m’en souviens même pas. Mais bon sang, pourquoi ces mauvaises reprises ? J’aime les reprises, globalement, je suis une fana des playlists de Paris Dernière mais là, non, ça fait un peu groupe de lycéens qui font leur première scène à la fête de l’école. Plus qu’une reprise, je préfère parler d’une copie tirée sur une photocopieuse plus vieille que moi.



Mais le pire du pire du pire, ce sont les chansons créées spécialement pour l’occasion, un peu comme en radio. Par exemple, on carglass répare carglass remplace qui a fait le saut radio/télé sans se casser le cul : on reprend le même texte, la même chanson insupportable, on colle un gogol et une nana extatique et voilà. D’ailleurs, vous avez remarqué qu’ils ont remplacé Olivier depuis quelques temps ? Mais il faut bien comprendre quelque chose : les chanteurs de pubs sont les plus mauvais du monde ou à peu près. Je vous ai déjà parlé de ma haine viscérale des pubs Velouté et de leur ritournelle insupportable, je n’achèterai pas ses yaourts tant qu’ils continueront (de toute façon, je préfère les Gervitas). Mais là, je crois que j’ai trouvé pire. Si, si. Une pub qui me rend hystérique dès qu’elle passe et qui me reste en tête tout le lendemain, j’ai bien nommé l’inaudible « Ange ou démon » avec une chanteuse au vilain filet qui me rappelle mes premiers cours de violoncelle, quand je devais travailler sur la corde du la que je n’aimais pas. Moi, j’aimais le do, plus puissant. Bref, je ne sais pas qui est la demoiselle à la voix de crécelle mais c’est affreux. De toute façon, toute cette pub est ratée, cheap… Pauvre Uma Thurman.



Mais le pire, dans tout ça, c’est que je suis un peu trop fan des pubs pour les zapper systématiquement… « Je suis ange ou démon et c’est là mon secreeeeeet ! »

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Je suis libertine, je suis une catin (ou pas)

(Je sais, les ou pas, c’est insupportable)

Il y a 4 ans, j’ai ouvert ce blog et un jour, j’ai reçu un mail d’un homme se disant impressionné par ma gestion du libertinage. Du quoi ? Je connais bien le mot libertinage, ce n’est pas un souci mais je n’ai pas l’impression qu’il me corresponde. Beaucoup plus récemment, je discutais avec Carolinecherry qui m’expliquait sa déception suite à l’émission de M6 sur les nouveaux comportements amoureux dont j’ai déjà parlé. « Pour une fois qu’on parle de filles comme nous, c’est caricaturé et ils ont pris des filles qui faisaient pitié ». Des filles comme nous ? Mais c’est quoi ?




Il est vrai qu’on aime faire rentrer les gens dans des cases, ça rassure, c’est un réflexe. Alors on me range dans la case libertinage mais j’avoue qu’elle ne me plaît pas, je préfère la case épicurienne. Pourquoi ? Ca semble un peu la même chose mais à mes yeux, non. Tout est question de point de vue je suppose, on peut jouer sur les définitions et interprétations mais je n’aime pas le titre de libertine. A ce que j’en lis/sais, j’ai parfois la sensation que le libertin est un addict au sexe, ne dit jamais non et court de façon limite maladive après les nouvelles expériences. Limite, au vu de la façon dont on vend l’image du libertin, je crois qu’il ne peut rien y avoir de pire pour lui que de faire du sexe à deux. Juste deux et sans accessoires en plus. Raaaaaah !


L’épicurienne que je suis (enfin, à mes yeux), par contre, est un peu plus détachée de toutes ces courses à la performance. Il y a des fois où j’ai la libido en folie, d’autres en berne, je respecte mon cycle du désir. Si je n’ai pas envie, je dis non et je le vis très bien. Je ne collectionne pas les gadgets pour pouvoir épicer ma vie sexuelle. Je suis ouverte aux nouvelles expériences, bien sûr, mais si au moment T, je n’en ai pas envie, je dis non et je me fous de passer pour une coincée. J’ai passé l’âge où fallait avoir l’air ouverte et un
peu dévergondée pour avoir l’air cool, comme quand j’avais 14 ans et que je faisais genre que je buvais de l’alcool alors que je ne buvais qu’une coupe de champagne par an. Mais les filles qui carburaient au coca et jus d’orange n’étaient pas marrantes alors fallait broder. Dire qu’à l’époque, je disais même que mon cocktail préféré était le whisky coca parce que c’était le seul que je connaissais. Depuis, j’ai découvert que j’aimais pas le whisky.



Finalement, je place la différence essentiellement dans l’ordre de domination des instincts. Je maîtrise mes envies et désirs, épicurienne, je suis guidée par eux, libertine.  Bon, j’ai tout à fait conscience que ma dichotomie est surtout basée sur l’image un peu pathétique (euphémisme) que donnent les médias de ce genre de pratiques, des mecs et nanas drogués du sexe qui courent les boîtes à partouze et passent dans Paris Dernière et devisent de la pluie et du beau temps tandis qu’un mec les besogne avec ardeur. Perso, ça me vexerait un peu mais soit. Mais j’aime la notion d’épicurisme où on profite des choses comme elles viennent sans forcément courir après. Parce que j’aime bien les surprises aussi, j’aime me dire que certains fantasmes se réaliseront et d’autres pas. Parce que si à 29 ans, j’avais tout fait, tout vu, tout tenté (bien que ce soit particulièrement prétentieux de le penser), je pense que le reste de ma vie serait assez ennuyeux. Et, à priori, je n’en suis même pas à la moitié de ma vie. Sauf crashs d’avion, de bus ou grippe A…


(c) Tripalbum

Bref, vivre les choses plutôt que de leur courir après, je crois que c’est le plus reposant, exaltant… Et surtout garanti 0% frustration.

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La quête effrénée du plaisir annihile-t-elle la jouissance ?

(ou comment être sûre en un titre de perdre tous les lecteurs qui pourraient être blogueurs sur la plate forme sur laquelle je bosse)

Il y a peu de temps, j’ai lu Les particules élémentaires de Michel Houellebecq. Oui, je lis du Houellebecq moi maintenant, alors que je déteste le personnage mais avant de cracher sur un roman, autant le lire. Et en plus, j’ai trouvé ça pas si mal que ça, finalement, bien mieux qu’un puant Easton Ellis (là, je suis en plein American Psycho et y a de quoi devenir psychopathe, en effet). Bref, dans ce roman, un des héros partouze joyeusement en boîte échangiste et explique, en gros, que trop de plaisir tue le plaisir. Je réfléchis : ouais, je suis d’accord.

partouze-chaussettes

Je suis une personne qui considère que le sexe est un raffinement. J’aime quand c’est bien fait, en gros. Même un coup vite fait entre deux portes doit être fait avec application sinon, je n’en vois pas la peine, je peux très bien me démerder tout seule pour un orgasme vite fait bien fait. Je me suis toujours interrogée sur les partouzes ou autre (enfin, toujours, depuis que je connais, quoi). Aimerais-je ça ? Au jour d’aujourd’hui, je réponds non. Déjà, les clubs échangistes, le truc qui me bloque, c’est l’odeur. Non mais imaginez une salle en sous-sol surchauffée (les gens sont quand même à poil) avec plein d’hommes qui éjaculent et de femmes qui mouillent. Oui, ça doit puer et pas qu’un peu. Bon, grâce à Michel, je sais qu’il est très aisé de refuser mes entrées à un monsieur qui me plaît pas mais je suis pas sûre que monsieur-qui-me-plaît-pas qui se tire sur le spaghetti pendant que j’autorise un monsieur à visiter mon
intimité, non, non…

Bon, ça, c’est mon opinion sur ce genre d’expérience donc, pour l’heure, ça m’intéresse pas. Parce que, souvent, je me demande comment des gens en arrivent à pratiquer ce genre de sexualité. Non pas que je condamne ça, chacun fait ce qu’il veut, je m’en fous, mais sont-ils à ce point blasé du cul qu’ils ne savent plus quoi faire pour prendre leur pied (ou égayer leurs soirées) ? Trop de sexe ne tue-t-il pas le plaisir et donc la jouissance ? Ou est-ce peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? Ou alors, est-ce une addiction comme une autre tel que l’alcool où on boit toujours plus parce qu’un verre ça suffit plus ? Et pourquoi le bleu marine, ça va pas avec le noir ? Que de questions lecteur ! T’as trois heures.

Parce que, souvent, dans les récits de partouze et co, ce qui me semble prévaloir, c’est l’ennui. On baise mais on s’emmerde, fascinant. Triste mais fascinant. Je sais pas mais il me semble que rien qu’à deux, y a déjà tant de choses à faire, de voies à explorer (ce n’est pas un mauvais jeu de mot !), de jeux à pratiquer, tout ça, tout ça. Bref, quand on intègre plein de gens en plus, n’est-ce pas que l’ennui sexuel a gagné le couple ? Tout me paraît faux là-dedans. Par exemple, quand je regarde Paris Dernière où y a toujours ce genre de sexe, j’ai l’impression que les gens surjouent leur plaisir. Evidemment, y a des caméras donc les gens font les malins devant mais tout me donne une impression de toc, le plaisir, la joue d’être là, les performances sexuelles. Alors, ouais, ça fait rebelle du sexe de partouzer mais si le plaisir n’est pas au rendez-vous, quel est l’intérêt ? Tiens, encore une question.

Bref, tout ça pour dire que je m’interroge. Peut-être que je mets tout le monde dans le même sac, à tort et qu’il y a un réel plaisir et même une jouissance, une vraie qu’il y a des trucs vraiment kiffant. Mais tout ce qui est orgiaque me paraît écoeurant, dans le sens on s’en lasse vite ? J’aime les bonnes choses comme le foie gras par exemple, mais je me contente d’une tranche. Je m’en enfilerais pas un entier sans vomir. Oui, je sais, c’est pas la première fois que je compare le sexe au foie gras mais mon cerveau est down après les journées que je passe
donc hein !

En conclusion, petite question : plutôt que d’aller toujours plus dans le trash, les gens ne devraient-ils pas réapprendre à savourer plutôt que de consommer à tout prix ? Finalement, Houellebecq, il est pas si mal que ça, il m’a inspiré un article ! Comme quoi, des fois, c’est bien de tester avant de condamner (comme ça, vous pourrez dire en comm « mais pourquoi tu dis que les partouzes c’est nul alors que t’as jamais essayéééééééé ? »)

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Xavier, ta voix me met en émoi

(version audio en fin d’article)Non, aujourd’hui, je parlerai pas politique car je n’ai rien à rajouter. Ou si, beaucoup, mais ce blog ne se prête pas à une analyse politique, poussée ou non. Donc, plutôt que de parler de la victoire de Sarko ou la défaite de Ségo ou leurs discours ou du débat bisounours d’hier, parlons de choses qui me mettent en transe.

Vendredi soir, comatant devant ma télé, je tombe sur Paris Dernière que j’ai pas vu depuis X temps, vu le bien que je pense de cette émission. Là, c’est la dernière version avec Xavier Desmoulins. J’écoute et là, je ruine mon string. Cette voix, mon Dieu ! La machine à fantasme se met en branle (sans mauvais jeu de mots), je l’imagine me murmurer des mots particulièrement salaces dans l’oreille pendant qu’il me levrette avec ardeur. Heure de décès de mon string : 1h28. Et comme j’aime ça, je regarde la rediffusion de l’émission le lendemain soir, initiant pour le coup Vicky qui a bien craqué aussi. Après négociations, nous avons décidé que j’avais entendu Xavier la première donc il était à moi mais qu’il avait le droit de lui faire l’amour par téléphone. Je suis parfois très généreuse avec mes objets de fantasmes. Xavier, c’est une voix grave, une voix qui souffle beaucoup, on dirait toujours qu’il est en train de vous confier un secret. Mais Xavier, avec une voix comme ça, fais de la radio, surtout le matin entre 8h et 9h, que ma journée commence bien. D’ailleurs, j’ai décidé de faire un montage de sa voix pour écouter ça pour rythmer mes séances avec Jack !

Car la voix, dans la séduction, ça joue énormément, y a pas à dire. Je sais que j’y suis sensible, une voix sexy fera remonter la côté d’un mec moyen comme une voix pourrie fera,baisser la côte d’un mec pas mal. J’ai reparlé récemment de Benoît, maître nageur au corps super miam miam… à la voix de Pokémon. C’était limite : « baise moi et ferme-là », avec lui. Alors qu’un Xavier, il a intérêt à me parler, même pour me dire les pires saloperies. Et même que s’il me parle dans une langue que je connais pas, j’aurai un orgasme avant même qu’il ne me touche.

Oui, la voix est un atout séduction et aussi un bon indicateur de l’esprit de la personne qui vous parle. Plus on est troublé par le désir, plus elle se fait rauque, empreinte de souffle. Je sais que je joue beaucoup de ma voix, selon mon interlocuteur (ou trice), ce que j’attends de lui/elle, de nos relations… En général, il me semble que plus je déconne, plus ma voix part dans les aigus. Dès que je veux faire la sérieuse, je pars plus dans les graves. Il est amusant de voir, quand vous avez cours de radio, que tout le monde ânonne son texte un ton plus bas que sa voix habituelle. Pour se donner un vernis de sérieux. Alors que dès qu’on veut faire les cons,on part plus facilement dans les aigus, voire suraigus. Bref, comme les animaux modulent leurs cris pour appeler le mâle ou la femelle, nous adoptons une voix de velours pour séduire, nous aussi. Après, c’est pas parce qu’on a une voix super sex qu’il faut dire des conneries parce que même Xavier, s’il dit trop de conneries, ça va plus trop m’exciter.

Je sais qu’en lisant cet article, beaucoup d’entre vous diront « ouais, elle a raison ». Normal, j’ai toujours raison, hein ! Plus sérieusement, il est étonnant que tout le monde reconnaisse l’importance de la voix dans la séduction et pourtant, on en parle rarement. Quand on décrit l’homme ou la femme idéale, on parle du visage, de la couleur des yeux et des cheveux, du corps mais rarement de la voix. Peut-être parce qu’il s’agit là d’une séduction plus insidieuse, qu’on entend la personne après l’avoir vue en général. Qu’une voix n’est pas forcément quelque chose de rhédibitoire. Pourtant, une voix sexy, avouez que ça vous fait frémir jusqu’au tréfond, qu’on l’imagine facilement en train de nous susurrer des mots d’amour. Xavier, physiquement, il me
fait pas particulièrement d’effets. Il est pas trop mal mais c’est pas ce que je préfère de lui. Mais cette voix, ça me donne envie de regarder Paris Dernière, c’est pour dire (quoi que j’aime mieux la nouvelle version, j’avoue) ! Cette voix, elle peut tout me demander, je crois que je suis incapable de lui refuser quoi que ce soit.

PS : Si tu t’appelles Xavier Desmoulins et que tu présentes Paris Dernière, envoie moi un mail à nina.bartoldi’at’hotmail.fr, je te donnerai mon numéro de téléphone !

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Vous n’’y échapperez pas

En ce moment, c’est partout, tout le temps. Sur les couvertures de mes magazines et dedans, à la télé, à la radio et même sur les blogs. Y a plus moyen d’y échapper et ça me rend dingue. Ca m’a tellement saoulée que moi, je boycotte et c’est tout. Mais de quoi je parle ? Non, pas des présidentielles parce que même si y a des jours où ça me saoule qu’on ait déjà le nom du vainqueur « car les sondages ont dit ». Non, je parle du film d’Olivier Dahan, La Môme, et de l’omniprésente Marion Cotillard.

la_mome 

Maintenant, je sais. Je sais ce que Marion mange au petit déjeuner, qu’elle a a-do-ré le tournage avec Burton et aimerait bien recommencé, qu’elle pense que la planète est en danger et si je fouille bien dans les articles, je trouverai même la marque de sa culotte. Honnêtement, jusqu’à présent, je n’avais pas vraiment d’envie sur Marion Cotillard, je trouvais qu’elle avait l’air sympa et voilà. Mais en fait, elle est conne. Pas méchante, hein, mais conne. Par exemple, dans Paris Dernière qui lui est consacré, c’est un festival. Xavier Desmoulins, le présentateur à la voix qui ruine les strings (enfin, à mon avis), la suit dans des cuisine où elle fait la popote et lui fait : « mais tu cuisines, toi ? » « Ouais, j’adore ça, tu vois et… Et machin, une pincée de sel, c’est ça ? ». Ok, alors moi qui ne cuisine pas, je sais ce que ça représente une pincée de sel alors Marion, je la crois pas trop… Bon, passons sur ses considérations écologiques (à la limite, je suis un peu d’accord sur le fond) pour passer sur le chapitre Marion n’est pas crédule. Non, Marion, en fait, elle est super intelligente, elle cherche plein de trucs sur le net et elle nous explique que le 11 septembre, c’était que de la manipulation. Non mais en Espagne, des tours ont brûlées et elles se sont pas effondrées alors que le WTC s’est écroulé, c’est trop un complot, ils l’ont détruit parce que ça coûtait moins cher de tout reconstruire que de tout réparer. Il est vrai que n’importe quel immeuble se mangeant un Boeing résiste et tous les pompiers étaient des kamikazes avec des bombes et ciao le WTC ! Elle nous explique aussi qu’en fait, s’il le faut, l’homme, il est jamais allé sur la Lune et que c’était que de la désinformation. « J’ai de la doc dessus, si tu veux », dit-elle à Xavier. Mais c’est pas sa faute, à Marion, ses parents l’ont jamais fait croire au Père Noël donc, voilà, elle est pas crédule et c’est tout.

 

Bon, Marion, elle est tellement partout que je finis par croire que je la connais, que c’est ma voisine. Et évidemment, on s’extasie sur le film trop bien de la mort qui tue sur Piaf qui était trop une super chanteuse et son amour pour Marcel Cerdan et tout le monde qui témoigne et tout ça. Sa nounou, sa voisine, le vétérinaire de son chat. Tout le monde a connu Piaf, tout le monde a quelque chose à dire. Ah, c’était une grande dame, oui, oui, oui. Ce qui est bien avec les gens morts, c’est que ça leur rachète de suite une virginité. Bon, moi, Edith, j’ai pas d’opinion dessus puisque je suis née, elle était déjà morte donc elle était déjà parfaite et merveilleuse.

 

Après, il y a Olivier Dahan, le génie du cinéma, le nouveau Godard, Lelouch, Besson, Chabat… Oui, les artistes sont toujours des nouveaux quelque chose, c’est particulièrement gonflant, ça aussi. Bref, Dahan, rappelons que sa dernière réalisation, c’était les Rivières Pourpres 2. Je ne dirai pas du mal de ce film tellement c’est trop facile. Sans doute Olivier a-t-il progressé, je ne dis pas que La môme est un mauvais film. Je dis juste que c’est comme Amélie Poulain ou le Da Vinci Code, on en parle tellement qu’on en a marre dès le départ. Et encore, moi, le Da Vinci, je l’ai lu au tout début donc j’ai pas été saoulée. Mais là, en plus, ce qui m’énerve, c’est que ce film est estampillé culte alors même que personne ne l’a vu ! C’est une belle performance pour M. Dahan de voir son film classé culte avant d’être sorti mais moi, j’aime pas qu’on m’impose ce que je suis censée aimer ou pas. Alors tant pis si ce film est vraiment génial, que Cotillard est vraiment époustouflante dans le rôle de Piaf, que c’est le film de toute une génération (mais laquelle ??). Encore un film que je ne verrai pas.

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Les jeunes, rebelles du sexe

Il y a des jours, j’aime bien lire des magazines. Oui, d’abord, c’est mon métier mais en plus, c’est fascinant comme on a le sentiment qu’ils sont à côté de la plaque, des fois. Parmi les thèmes qui plaisent et qui font vendre : le sexe. Jusque là, rien de nouveau, j’ai déjà parlé du sexe dans les magazines. Non, moi, ce qui me plaît, c’est la notion de « nouveau » en matière de sexe.

 

Cet été, dans un élan de sérieux, j’ai lu un essai, Génération 69, ou la complainte incessante des trentenaires qui en veulent aux soixante-huitards d’avoir eu une plus belle vie qu’eux. Ouais, moi aussi, ça me fait chier de pas avoir de boulot, de pas être considérée et tout ça mais dans la génération 68, y a notamment mon papa (bon, lui, il a pas manifesté, il était à la plage) qui est ma principale source de revenus donc j’ai un peu de mal à lui reprocher quoi que ce soit. Alors, oui, si on veut, y a conflit des générations mais c’est pas le sujet de l’article, de toute façon. Donc, dans ce livre, arrive un chapitre un peu surréaliste genre « ahah, vous les soixante huitards, vous avez le pouvoir, l’argent et les avantages sociaux garantis mais nous, on a le sexe ! ». Bon alors, messieurs les trentenaires, sachez que si vous avez écrit ce livre, c’est que vous existez et si vous existez, c’est que votre papa a mis son pénis dans votre maman et puis le reste, vous connaissez. Y a que ma sœur et moi qui sommes nées de l’immaculée conception (ah et Jésus, aussi pardon !). Soyons sérieux trente secondes : en matière de sexe, on n’a carrément rien inventé.

Comme je l’ai dit dans un autre article, j’ai fait une histoire de la sexualité et du genre et j’avoue que ça me passionne. Oui, le sexe, c’est pas juste pour  jouir, c’est un sujet follement passionnant. Je pense que les mœurs sexuelles d’une société sont un excellent indicatif de sa santé. Alors regardons un peu l’histoire, la Grèce, par exemple. Alors, là, ça s’enfilait dans tous les sens. Au gymnase, les jeunes éphèbes étaient initiés à toutes sortes de sport. Et encore, se limiter à la Grèce comme exemple, c’est une erreur : allez dans n’importe quel musée antique, vous trouverez forcément un vase, une amphore ou une assiette avec le kama sutra dessiné dessus. Le Kama Sutra, parlons en ! Ca a été écrit au IV ou Ve siècle après JC et ça reste THE référence absolue en matière de sexe. Sinon, on a Sade, aussi, dans le genre « sexe méga pervers » où l’on découvre que les partouzes ne sont pas un concept des tenanciers des clubs échangistes parisiens. Je suis pas une mère la vertu mais je vous avoue qu’à la fin de « La philosophie dans le boudoir », j’avais limite
la nausée. Bon, je vais pas étaler ma culture 107 ans sur le sujet, vous avez compris l’idée.

Et pourtant, chaque génération se croit inventrice d’une sexualité plus débridée que la précédente. Bon, évidemment, on a du mal à imaginer nos parents et leurs amis en train de joyeusement forniquer (mon Dieu, quelle horreur, je me traumatise toute seule, là) mais on n’est pas la première génération à pratiquer un sexe relativement libre (ça dépend des personnes) et, rassurez-vous, on n’est pas la dernière non plus. Quand on étudie l’histoire avec l’impératif de la virginité, faut pas se leurrer, ce sont des normes bourgeoises. Autrement dit, chez les paysans, lors des bals populaires, les garçons et les filles ne se privaient pas pour cafouniter (spéciale dédicace à ma mère qui me lit pas) dans le foin. Bon, les filles mères, c’était la honte mais voilà, à part ça, on pouvait s’ébattre dans les prés sans créer un scandale.

Alors pourquoi ce besoin que chaque génération a de se sentir créatrice d’un sexe débridé ? Non parce que c’est pas nouveau, regardez 68, puisque j’en parlais tout à l’heure,les « faites l’amour pas la guerre » et la réclamation de cités universitaires mixtes… Bon, outre le fait qu’on a du mal à concevoir que les parents aient du sexe, je suppose que quelque part, affirmer sa sexualité et la vivre pleinement, c’est un peu s’affranchir de l’enfance. « J’ai du sexe, je suis adulte ». C’est rompre avec la génération précédente, rejetant ses valeurs morales et tout ça. Evidemment, de nos jours, c’est peut-être plus facile de se trouver des partenaires sexuels, on allume son ordinateur, un coup sur meetic ou assimilé et hop, en une heure,on peut se retrouver avec quelqu’un dans son lit. Enfin quoi qu’à y réfléchir, je pense que chaque génération a eu son « meetic », ses boîtes échangistes où on rentre dans qui on veut, ses soirées privées qui dérivent en partouze, comme toutes les soirées où sont invités les gens de Paris Dernière.

Alors, non, le « nouveau sexe » n’existe pas, nous n’avons rien inventé, tout a déjà été fait, nous ne faisons que redécouvrir, ré expérimenter. Les hommes forniquent depuis que le monde est monde, avec plus ou moins de raffinement. Alors « libéré(e) », oui, « novateur », non. 

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Paris Dernière

Dans le paysage audiovisuel français, on a de tout (et n’importe quoi). Des émissions racoleuses, des émissions intellectuelles, des émissions musicales… Et puis il y a Paris Dernière, émission ô combien étrange qui ne ressemble absolument à rien de connu. Ca pourrait être un compliment mais non, ça ne l’est pas.
paris-derniere 

Cette émission existe depuis X années puisque j’en avais entendu parler dans Perso, à l’époque, quand j’étais en première année de fac, donc il y a 6 ou 7 ans. Le concept me paraissait intéressant : un gars se promène dans Paris, caméra au poing, et nous livre la vie de la capitale by night. Car s’il y a bien une chose que j’ai appris depuis que je vis ici, c’est que Paris ne dort jamais tout à fait. Le gars, c’est Frédéric Taddéï que j’avais vu dans Nulle Part Ailleurs aux côtés de Jérôme Bonaldi, soit. Mais bon, dans mon studio d’étudiante, j’avais pas le câble ni la freebox donc je ne pouvais voir ce soit-disant petit bijou d’originalité.

 

Il y a quelques temps, je suis passée chez free et là, j’ai découvert ce petit bijou… Ben ça pue la tocaille achetée aux vendeurs ambulants de la Tour Eiffel. En gros, l’émission a deux temps : d’abord, on nous présente les artistes underground de Paris, toujours « délicieusement subversifs », que les bobos snobs adooooorent tant. Genre on va à une soirée où un artiste vous cuisine du foie humain et tout le monde gobe ça avec délectation en s’extasiant sur l’esprit créatif dudit artiste. Je veux pas dire mais Hannibal Lecter a fait mieux. Et puis le foie d’animal, c’est déjà suffisamment dégueulasse pour pas que j’aille manger du foie humain. Donc voilà, M. Taddéï se promène dans la rue et rencontre des artistes parfois inconnus, parfois connus. Et M. Taddéï est profondément crétin. Nous avons tous dans notre entourage un mec (ou une nana) qui se la joue culturée genre je connais tout sur tout. Vous lui parlez d’un truc et il fait : « ah oui, je vois tout à fait. Moi, tu vois, je pense que… ». Sauf qu’il tombe complètement à côté de la plaque et vous le regardez d’un air navré : « Non, c’est pas ça du tout. » Je me souviens notamment d’une fois où il coince Michel Boujenah dans un resto. L’autre, il vient de se taper une représentation théâtrale, il veut bouffer tranquille et voilà Taddéï et ses caméras (oui parce qu’il a pas qu’une DV, il est suivi par une équipe) qui viennent s’installer à sa table. Bon, pour ceux qui ne connaissent pas Boujenah, ce monsieur est juif et il a fait une pièce sur le sujet et là, il tient un discours sur les origines, je ne sais plus quoi mais bon, en gros, c’est l’homme est homme avant d’avoir une nationalité.

Taddéï : ouais, ouais, t’as raison !
Boujenah : Et Taddéï, c’est quoi ? Italien
Taddéï : Ah non, c’est florentin ! »

Ah t’as tout compris à l’universalisme de l’homme que l’autre a mis trois plombes à t’expliquer, c’est bien.

Bon, des fois, y a des endroits sympas genre des petits bars, des petits restos ou des galeries mais bon, les trois quarts du temps, c’est atrocement bobo. De toute façon, faut pas se leurrer, Paris Dernière, c’est surtout fait pour montrer du cul. En effet, la deuxième partie montre en général du cul. Des anonymes qui baisent dans la rue ou des chauds du sexe qui croisent comme par hasard la route de M. Taddéï. Non parce que le Frédéric, lui, il se balade et hop, il croise un couple qui se rend chez le roi de la capote (véridique) donc il les accompagne. Curieusement, moi, quand je me promène dans la rue, à Paris, la nuit, la seule chose qu’on me demande, ce sont des clopes (ou des fois mes faveurs mais je réponds pas). Une fois aussi, M. Taddéï a croisé des gens en plein acte sexuel appuyés sur une Megan Scenic en pleine rue pour un « porno amateur qu’on mettra en ligne ». Il y a donc une bonne femme en pleine levrette et là,

interview :

« Vous faites quoi, là ?
– On baise (t’es con ou quoi ?)
– Ah mais vous faites quoi dans la vie ?
– Je suis comptable.

– Et dans votre entreprise, ils le savent que vous faites ça ?

– Mmmm, peut-être ! »

Oui, je la vois tout à fait, la Sylvie, arriver le lundi et expliquer à la machine à café qu’elle s’est faite troncher dans la rue par plein de gens très excités par la présence de caméras qui ne sont pas les leurs puisqu’en pleine interview, une bonne femme est venue lui lécher la tronche. Mais le plus merveilleux, c’est que la bonne femme parlait avec une voix tout à fait normale… Vous remplacez « je baise » par « je viens d’acheter mon pain » et la conversation n’aurait pas été différente. Curieusement, moi, en pleine levrette, j’ai du mal à soutenir une conversation… Enfin, j’ai jamais essayé mais je pense que ça aurait donné un « hmmmm oh oui, ahah, je baise, ahah, oh oui ! ». De la même façon, on a assisté à un strip tease intégral d’une pauvre fille en boîte, genre « je suis torride, je suis exhib », sauf que personne ne la regardait, c’est triste, hein ?

 

Une fois, aussi, scène très amusante, à mon goût. M. Taddéï tombe sur une écrivaine dans une boîte échangiste, je n’ai pas vu son nom à la fille (Eliette Abecassis ?). A un moment, il l’entraîne dans la backroom, on voit des gens qui baisent et la fille qui se la joue trop rebelle, elle se met à caresser une statue en exaltant les formes de la dite sculpture. Ah ouais, c’est sûr, j’irais dans une backroom, je m’extasierais sur la déco, moi aussi. Je suis une écrivaine subversive folle de sexe, je vais dans les backrooms et je caresse des statues,
mmm ! Donc, voilà, moi, je trouve ça très drôle. Autre grand moment : la scène dans la boîte SM avec une bonne femme d’au moins 60 balais torse nue qui balade son soumis avec une laisse avant de l’enfermer dans une cage pour qu’il lui lèche les bottes. Et bien une femme de 60 balais torse nue, ça fait peur. Sinon, nous avons eu aussi droit à une scène de partouze dans un appart,
j’ai pas compris comment on est arrivés là mais ce fut assez curieux de voir cinq ou six mecs totalement à poil ou juste le froc baissé (pas ridicule du tout, tiens), ramper sur une nana.

 

La semaine dernière, l’émission s’est finie par un « spectacle » trash donc hypra top tendance mais franchement, j’ai pas compris l’intérêt. Un mec à poil hurle des insanités et saute sur scène une poupée gonflable avec une bite en latex (la sienne sort de son carcan de temps en temps et il bande pas donc faut accessoiriser la chose). Bon au début, le mec, il a une sorte de couche. A un moment, il se frotte le bout, renifle ses doigts et se met à hurler dans un micro : « mon prépuce sent le fromage de chèvre ! ». Bon après, il décapite sa poupée gonflable qui meurt pas donc il la sodomise mais beurk, y a des défections et il fait manger ça à la tête de la poupée. Et là, on saisit toute l’essence de Paris
Dernière : sous prétexte d’être subversif et trash, on nous fait bouffer de la merde.

 

Ceci étant, y a quand même une chose de bien dans cette émission : la musique. Bon, ça fait très compil lounge mais c’est précisément ce que j’aime. Il existe des compils, d’ailleurs, je vous les conseille. La musique est gérée par Béatrice Ardisson, surtout connue pour être l’épouse de Thierry qui apparaît parfois dans 93, faubourg St Honoré. Globalement, je la trouve chiante, trop « mon mari est fantastique », mais elle arrive à sauver une émission du marasme complet. Bravo, Béatrice ! 

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Notre société se pornoïse-t-elle ?

Titrer un article avec un néologisme, voilà un travers que les journalistes adorent. Il y a quelques semaines, je lisais Courrier International
histoire de faire mon intelligente. Après la revue de presse du monde, voici le dossier : les jeunes filles dans le monde. Le premier article retient particulièrement mon attention : la « dérive » des jeunes filles américaines. En gros, la société américaine a totalement absorbé les normes des films pornos et les jeunes filles de 15-25 ans se comportent comme si elles passaient un casting permanent pour ce genre de production. En vrac : on fait claquer le string (c’est d’une classe folle…), on montre ses seins, ses fesses, voire son sexe à tout va, on boit et après, on fait des « concours de poses suggestives ». En gros, on simule l’acte sexuel lesbien entre copines. Les gamines de 15 ans se promènent très court vêtues et les mamans trouvent ça hilarant de vêtir leurs filles avec le t-shirt Playboy. Une journaliste, Ariel Lévy, a écrit un livre sur le sujet, faudra que je voie s’il est disponible en France… En gros, elle observe et dénonce un peu ces comportements, arguant que ces femmes s’enferment dans un rôle que les hommes attendent d’elle. Il faut être chaude, même si on n’a pas envie de coucher. Face à ça, il y a les groupes de chastes : « moi, je serai vierge jusqu’au mariage ». La société américaine est fascinante dans ses paradoxes.
 
Et en France, où en est-on ? Il me semble que nous glissons peu à peu vers ce modèle-là, même si nous en sommes loin. Concrètement, si je compare les adolescentes actuelles à ce que nous étions il y a dix ans, il est manifeste que la mode a changé : mes fesses ont connu leur premier string à 20 ans et encore, à l’époque, ce n’était pas hyper répandu. Quoique ça s’est vite démocratisé ensuite puisque Rachel, sainte prude, m’avoua un jour en rougissant : « Tu sais, moi, je mets des strings ! ». Cinq ans plus tard, cette grande confession a de quoi faire sourire. Donc à mon époque, je me souviens, c’était jean pas tellement taille basse et grand T-shirt, le pull attaché autour des
hanches (pratique pour masquer les fesses disgracieuses). Les piercings étaient limite une marque de rébellion, à l’époque, personne n’en avait. Aujourd’hui, les gamines font toutes monter leur strings jusqu’au milieu du dos pour être sûre qu’on le voit, certaines ont déjà des piercings. Je ne veux pas jouer les mères la vertu (c’est vachement mon genre, tiens) mais le comportement de certaines de ses gamines m’horripile au plus haut point : elles offrent aux autres, et surtout aux hommes, une sensualité et des promesses coquines qu’elles ne mesurent pas. Si j’ai une fille, elle portera un string le jour où elle mesurera le genre de message qu’elle envoie en exhibant ce petit bout de tissu. Et après un cours maternel sur les MST et la contraception (qu’est-ce que je vais être chiante comme mère).
 
Ceci étant, il me paraît que cette pornoïsation se limite à un changement de mode vestimentaire plus qu’autre chose. Forcément, nous, dans Beverly
Hills, y avait pas de strings apparents et de soutien-gorge apparent sous le débardeur. Je ne connais pas trop les nouvelles références ado mais si on s’arrête à la Star Academy, je suis sûre que la plupart des spectateurs masculins de 14-18 ans se souviennent plus des couleurs des strings des candidates que de leur prénom. Pour le reste, les Français ne me paraissent pas aussi
exhibitionnistes qu’aux Etats-Unis, du moins, c’est plus discret. A part dans Paris Dernière, je n’ai jamais vu de nanas se foutre à poil juste pour attirer l’attention. Il n’y a pas (encore ?) de surenchère à ce niveau-là, pas de programmes télés bas de gamme où des étudiantes saoules montre tout ou partie de leur anatomie (bien que dans Paris Dernière, parfois…). Et je
crois que c’est une bonne chose.
 
La lecture de cet article m’a fait réfléchir : est-ce que je glisse moi aussi vers la pornoïsation dans mon comportement ? Bon, déjà, je ne mets pas de mini jupe, je suis toujours habillée soft et si mon string dépasse de mon pantalon, c’est plus un accident vestimentaire qu’une provocation (si j’arrêtais de mettre de vieux pantalons trop grands, aussi, ils ne tomberaient pas…). Je n’ai pas de piercing (le seul que j’ai eu s’est infecté et il était au nez) et en boîte, je ne simule l’acte sexuel avec personne, je n’embrasse que Gauthier et Mister Big… Et encore, quand je dis « embrasser », ce ne sont que des smacks, nos langues restent dans leur bouche respective. Je ne me déshabille pas en public, surtout
à cette période de l’année. Bref, je suis sage comme une image. Evidemment, après, il y a mes écrits, parfois un peu sulfureux mais je ne pense pas encourager cette pornoïsation. Ce sont plus des réflexions à partager entre adultes consentants qu’un manifeste. Voilà comment je vis et je pense, êtes-vous d’accord avec moi ou pas ? Et accessoirement pourquoi ?
 
Je me refuse à virer pétasse en chaleur pour deux raisons : tout d’abord, j’ai un certain respect pour l’érotisme, je trouve ça trop sophistiqué pour en faire l’étalage n’importe comment et tomber dans la vulgarité. A quoi ça me sert de montrer mes fesses à tout le monde ? Je préfère les réserver pour mes amants (de toute façon, je pense que les gens se foutent bien de voir mes fesses). Simuler l’acte sexuel entre copines ? A part exciter les mâles en chaleur qui vont essayer de me serrer aux toilettes de la boîte, je ne vois pas du tout l’intérêt. Il y a des choses qui doivent rester réservées à la douce pénombre d’une chambre à coucher.
 
Par ailleurs, je partage entièrement l’avis d’Ariel Lévy : la liberté sexuelle de femme ne peut passer par là. En se sapant comme la dernière des traînées, je ne vois pas en quoi je clame ma liberté sexuelle. Bien au contraire, je me plie à l’esthétique des films pornos, faits généralement par et pour les hommes (même s’il y a une exception). 60 ans de féminisme pour en arriver à se transformer en objet sexuel ambulant ? Ben y en a quelques unes qui doivent se retourner dans leur tombe. Pour moi, la liberté sexuelle n’a rien à voir avec le fait de montrer son cul ou ses seins. Pour moi, la liberté sexuelle se résume plutôt à pouvoir faire l’amour avec qui j’ai envie, quand j’en ai envie, mais aussi le droit
de dire non si je ne veux pas. Et sans avoir à sortir la bonne vieille excuse : « j’ai mes règles ». Ma liberté sexuelle, c’est aussi pouvoir parler de sexe librement sans qu’on me prenne pour une salope. Ma liberté sexuelle, c’est pouvoir avoir autant de partenaires que je veux sans qu’on me prenne pour une salope…
Alors, certain(e)s vont me rétorquer : « oui mais si tu t’habilles pas de façon provocante, personne ne te verra et tu ne pourras pas choper. » Oui ben c’est pas grave parce que moi, je chope pas. Honnêtement, être rejetée par un homme qui n’a pour valeurs sexuelles que ce qu’il voit dans les pornos ne me traumatise pas plus que ça. Et puis très franchement, je serais tellement à l’aise en mini-jupe et mini top que je passerais ma soirée scotchée sur une banquette donc pour la drague, on repassera. Je me souviens, une fois, j’avais mis une robe très sympa et pas tellement sexy à la base sauf que j’avais pris quelques petits kilos entre l’achat et mon défilé avec en ville (je l’avais mise plusieurs fois avant, rassurons-nous). Donc me voici vêtue d’un T-shirt blanc, ma robe par dessus et des bottes chaussettes aux pieds. Sauf qu’en marchant, mes fesses faisaient remonter petit à petit ma robe. J’ai jamais été aussi mal à l’aise de ma vie, je suis rentrée fissa chez moi, attirant la convoitise de sales pervers. Par le passé, j’ai eu droit à des hommes qui cherchaient avant tout du sexe plutôt qu’une partenaire et j’ai retenu la leçon : aucun intérêt. J’ai plus envie d’un partenaire avec qui je développe une certaine complicité et qui partage mon goût de l’érotisme. Et pour moi, érotisme et vulgarité, ça ne va pas de pair du tout. De plus, je pense que la plupart des hommes, passés les affres de l’adolescence, ne sont pas particulièrement attirés par ses pétasses qui montrent tellement tout qu’il n’y a plus rien à découvrir. Je me souviens d’une discussion avec Jean qui m’expliquait que ce qui l’excitait, entre autres, c’était de passernla soirée avec une femme et découvrir au moment de l’effeuillage qu’elle n’avait pas de sous-vêtements. Aucune provocation apparente, juste un secret entre deux amants. Moi aussi, je préfère ça.
 
En somme, je crois que nous sommes encore loin du haut degré de pornoïsation de la société américaine mais on se dirige vers le même modèle, lentement mais sûrement. Arrivera-t-on à un tel degré de vulgarité ? Je n’en suis pas convaincue, je pense que cette provoc bête et irréfléchie se limitera à certaines catégories de personnes. Du moins, je l’espère.
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Mon vibromasseur et moi

Hé non, cet article ne parlera pas de ma relation avec Ernest même si je ferai un article rigolo sur le sujet, un jour. Non, cet article parlera de racolage actif. Avec ce titre, je risque d’attirer de nouveaux lecteurs qui ne resteront pas longtemps, vu qu’il n’y a pas de photo du vibro, ni de mon sexe, de mes seins, pas même de mes pieds.
 
Hier, Archi m’a gentiment proposé de m’offrir le numéro de décembre de Jalouse. Pourquoi allez-vous demander. Tout simplement parce que ce mois-ci, en couverture, y a une pastille à gratter pour voir le zizi d’un monsieur mais surtout, est offert avec ce numéro un vibromasseur argenté ! Bon, vu la taille du magazine, je suppose que le gode, c’était un ladyfinger et j’en ai déjà un. Alors, certes, Ernest souffre parfois de solitude mais bon, à choisir, je veux un vibromasseur avec gratte-clito. Mais là n’est pas le sujet de l’article.
 
Hier, donc, suite à cette remarque, Sechev a répondu « y en a qui ne savent pas quoi faire pour vendre » et ça m’a donné l’idée de faire un article sur le
racolage.
 
Comme tu le sais, lecteur, je suis journaliste… au chômage, certes, mais journaliste quand même. Et en journalisme, la vocation première est… de vendre. Hé oui, on pourrait croire que c’est d’informer mais ça, c’était avant. Faites un test, allez chez votre kiosquier habituel et regardez le nombre de magazines étalés : impressionnant, non ? Et encore, pensez au nombre de titres qui ne sont pas arrivés chez votre kiosquiers… Ceux qui disparaissent et apparaissent sans cesse… Bon, voilà, il y a beaucoup (trop) de choix dans n’importe quel style de journal, faut donc sortir du lot. Comment ? En faisant du racolage ! Par exemple, vous êtes le rédacteur en chef de Journal TV Magazine zapping, vous avez le choix pour la couverture : une pouffe de la Star Ac ou le gentil présentateur de Thalassa. Bon et bien vous choisirez forcément la première car le créneau « journal télé intellectuel » est déjà pris par Télérama.
 
Donc qu’est-ce qui fait vendre ? Le sexe, l’argent, le scandale. Récemment, ils ont sorti un pur torchon, Closer. Sur le coup, je me suis demandée qui allait lire ce truc : c’est pas tout à fait un journal télé, pas tout à fait un journal people (mais complètement une merde). Bref, j’étais persuadé que ça allait se vautrer mais j’ai eu tort. Après tout, un peu de photo de paparazzi, de la télé, des histoires soit disant vraies, le tout réhaussé par une couverture rose fluo. Closer est l’inverse même du journalisme : tout n’est que rumeur, calomnie, aucune rigueur journalistique là-dedans… Et ça marche !
 
Pour les blogs, c’est pareil. Ça me fatigue de voir que certains sont à tel point obsédés par les stats qu’ils sont prêts à publier n’importe quoi pour avoir trois lecteurs de plus. Le cul fait vendre ? Bon, parlons cul. Fellation, sodomie, cunnilingus, aisselles velues, peu importe le sujet, pourvu qu’on ait la trique. Vous allez me rétorquer : « et toi, alors, tu fais pas ça ? » Et bien, non. Je ne parle que de sujets qui s’imposent dans ma vie, ce sont plus des réactions que des réflexions. Exemple : l’article sur la révolution clitoridienne qui est né grâce à une chronique sur le sujet dans les Maternelles. Les articles sont aussi souvent nés de mes discussions avec mes camarades. Mais je vais pas parler de
sexe pour parler sexe et faire venir des lecteurs. Exemple, je ne vais pas faire un article sur les copulations dans les pièces relativement intimes des discothèques (les toilettes, pas les backrooms) dans la mesure où je n’ai jamais pratiqué et que, surtout, je m’en fous. Ah, c’est sûr, un article intitulé : « je me suis faite sauter dans les toilettes du Macumba », ça me ramènerait des lecteurs mais quel intérêt ? Je préfère la qualité à la quantité, des lecteurs qui reviennent parce que ce que je dis les intéresse et pas des âmes en peine qui sont
tombées là en espérant trouver des tuyaux pour baiser confortablement dans les toilettes d’une boîte. De la même façon, je ferai pas d’article sur la Star Ac que je regarde pas (je me demande d’ailleurs ce que je pourrais en dire), sur l’élection de Miss France parce que je m’en tape ou sur la vie sexuelle de M. Sarkozy parce qu’au fond, je n’en sais rien. Je pourrais mettre une photo
de mes fesses ou de mes seins mais qui s’en soucie, au fond ?
 
Bref, mon but n’est pas de faire du chiffre mais de vous livrer des réflexions que j’ai, des conversations que j’ai eues. Comme je suis une vingtenaire comme les autres, je pense que nous avons tous discuté sexe entre amis, réfléchi à la question. Mais après, je vais pas aller dans une boîte échangiste juste pour faire un article. Si j’y vais, c’est parce que j’aurai ressenti le besoin de découvrir ce monde que je ne connais que par Paris Dernière. Quelque part, un blog est un acte militant, je veux voir le mien tel quel, du moins la partie « considérations générales » et « cul-ture ». Mon but n’est pas de vous apprendre le sexe (qu’est ce que ce serait prétentieux) mais plus de militer pour le droit de faire ce
qu’on veut de son corps, du moment que notre (ou nos) partenaires sont consentants. De montrer qu’on peut assumer sa sexualité sans pour autant être une salope. Oui, j’aime le sexe, je n’en fais pas pour autant un argument de vente, c’est comme ça et c’est tout. Après, je veux écrire des articles qui ne seront pas « vendeurs » mais quelle importance ? Si j’ai envie de
parler de mon auteur préféré, je le fais. C’est un engagement culturel, ça. Je pourrais prétendre que mon auteur préféré est le Marquis de Sade, histoire d’attirer quelques lecteurs sadiques mais ce n’est pas le cas.
 
En somme, vaut-il mieux courir après la quantité que la qualité ? Pour ma part, j’ai choisi mon camp. Mais promis, après les joyeux commentaires sur l’article de Gauthier, je ferai un petit article sur la sodomie !   
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L’’amour fait souffrir, pas le sexe

L’autre soir, je glandais devant une émission qui m’exaspère : Paris Dernière. Je lui consacrerai un article du
dimanche plus tard. En gros, le principe de l’émission : le présentateur, Frédéric Taddéï, filme les nuits parisiennes avec sa caméra numérique, c’est brut, à peine monté, à peine intelligible, aussi. Il erre dans les hauts lieux de la nuit parisienne et retrouve plein de « stars ». Curieusement, je l’ai jamais vu entrer dans le PMU du coin mais passons.

 
Un soir, M. Taddéï entre dans un café et trouve une femme de type hispanique dont je n’ai pas vu le nom et c’est bien dommage car je l’ai trouvée très intéressante. Cette femme est écrivaine et vient d’Argentine ou de Colombie, je ne sais plus trop, elle est très belle et parle beaucoup de sexe dans ses ouvrages si j’ai bien compris. D’ailleurs, lecteur, si tu vois de qui je parle, merci de me le dire, ça me fera plaisir. Donc au début, je souris : encore une de ses écrivains pseudo libertins que Tadéï fréquente et qui vont finir par se montrer ridicule. Et bien pas du tout. D’abord, je suis charmée par son accent et sa voix très douce, son discours est assez amusant. Puis Taddéï l’entraîne dans la rue, ils vont voir des artistes de rue au pied de Beaubourg puis à un moment, elle dit : « Tu vois, on ne peut jamais souffrir par le sexe alors qu’on souffre toujours par l’amour ». Pour une fois, cette émission aura produit une phrase intelligente.
 
Que de cœurs brisés
En ce moment, je rencontre surtout des hommes qui ont beaucoup souffert à cause d’une (ou plusieurs) femme(s). J’ai toujours du mal avec les gens qui souffrent, j’ai toujours envie de les sortir de là mais je ne sais pas forcément comment m’y prendre… Mais dès que je vois un petit cœur abîmé, c’est plus fort que moi, faut que j’agisse. Et je ne console pas que les hommes. Je me souviens avoir passé une demi-heure sur un banc de ma future ville (ouais, j’étais encore Toulousaine, en transit) à consoler Anne et à la persuader que ce connard qui la fait pleurer ne mérite pas tant de peine. Non parce que c’était vraiment un connard, un du genre égoïste qui ne peut pas vous aimer puisqu’il n’aime que lui, de toute façon. Actuellement, pendant que je rédige cet article, je discute avec Guillaume (mon ex) de ses peines de cœur et j’en apprends de belle, d’ailleurs ! Et moi de lui dire que ça va aller, de profiter de la vie… Après tout, je dois être à peu près la seule personne de ma connaissance à ne pas avoir vécu une rupture très difficile…
 
J’ai vu ma sœur Alice perdre 13 kilos en un mois quand Anthony l’a quittée il y a trois ans. Je crois que ce fut la période de ma vie où je fus le plus proche de ma sœur, on s’appelait quotidiennement, elle voulait mon avis sur Anthony et sa nouvelle pouffe (non mais qu’est-ce qu’elle était fade, il avait vraiment pété un boulon, quitter ma sœur pour cet espèce
d’engin anorexique, beurk !). Sauf que moi, je ne suis pas du tout experte en « je veux récupérer mon ex » puisque je n’ai jamais voulu en récupérer un. Quand c’est fini, c’est fini. Il faut savoir tourner la page et je m’arrange pour le faire assez vite mais d’autres ont du mal, la douleur reste vive. Et plus les gens se sont investis dans la relation et plus ça fait
mal. Chaque fois, je me dis qu’ils n’ont pas mérité ça, qu’ils sont tombés sur des connards (ou connasses) qui ne les méritaient pas. Des fois, je leur dis, ils me croient ou pas mais ça console pas. Et quelque part, ça m’énerve de les voir pleurer pour des gens qui ne le méritent pas mais c’est toujours facile à dire quand on est hors de l’histoire.
 
Pas de pénis ou de vagins brisés (ou c’est vraiment pas de chance)
L’avantage avec les histoires purement sexuelles, c’est qu’on ne donne à l’autre que tendresse et affection (ce qui est déjà pas mal, me diras-tu). Au vu de mes deux dernières relations de ce type, je sais qu’on peut avoir une réelle complicité au-delà du sexe mais ce n’est pas pour autant que je vais donner mon cœur si facilement. Comme j’expliquais l’autre jour sur MSN à quelqu’un, je m’emballe vite mais je mets du temps à aimer. Exemple : Arnaud, je me suis vite emballée mais, Dieu Merci, je ne suis pas tombée amoureuse. Le plan brouette, quand il se passe bien, permet d’avoir ma dose de tendresse et d’affection, je peux m’endormir dans les bras chaleureux d’un homme sans me poser les terribles questions : « M’aime-t-il ? Ets-il sincère avec moi ou ne suis-je qu’un vagin ambulant ? Plaira-t-il à mes parents ? Est-ce qu’il va arrêter de ronfler avant que je lui file un coup de pied ? ». Non, je m’endors juste avec la dernière question en tête parce que pas mal d’hommes ronflent, quand même… Et puis quand on voit les quelques connards que j’ai croisés sur ma route récemment, on se dit que j’ai bien fait de pas tomber amoureuse d’eux. Sinon Gauthier aurait eu beaucoup de travail pour rafistoler mon petit cœur.
 
Pourquoi faut-il être deux pour être heureux ?
Pourquoi ne pas contenter de ces relations sexuelles puisque elles sont non seulement agréables mais qu’elles nous permettent d’avoir notre dose de câlins plus ou moins coquins ? Pourquoi faut-il qu’on soit accro à l’amour ? D’où vient cette nécessité de construire quelque chose à deux ? Et si j’arrêtais mes questions rhétoriques ?
 
Hé oui, l’amour est une drogue : on est dans un état euphorique tant qu’on en prend mais si on doit se sevrer, c’est particulièrement difficile. Si je repense à mes belles années avec Guillaume, quand tout allait merveilleusement bien entre nous, on ne pouvait pas se passer l’un de l’autre. En fait, Guillaume, il m’a trouvée à la fac (car il faut dire ce qui est,
c’est lui qui m’a trouvée, moi, je ne l’avais pas vu. Le seul mec que j’ai jamais repéré au RU, c’était un beau brun aux yeux verts sans doute gay, on aurait dit un ange) et on passait nos journées ensemble. Du matin 8h30 (dire que je me levais si tôt à l’époque !) au soir 17h30, main dans la main, séparés uniquement par mes cours que j’ai beaucoup séchés, avouons-le. Au bout d’un an, nous avons dû affronter l’hostilités de pétasses malveillantes qui ne supportaient pas notre bonheur : « ah mais Nina et Guillaume, quand ils s’embrassent, ça nuit à ma liberté » (ça, c’est véridique, y en a une qui a vraiment dit ça, la même qui, l’année suivante, se faisait lécher la pilule par un mec devant les amphis d’histoire). Puis il y a eu l’épisode Fabien dont je parlerai bientôt qui a un peu menacé notre couple avant qu’on se retrouve. Quand j’étais avec lui, j’étais belle. Tout le monde me le disait, filles comme garçons et ça me faisait un peu bizarre, je suis pas habituée… On ne vivait pas ensemble mais presque, il passait tout son temps chez moi et je ne supportais pas qu’il s’en aille.
 
C’était agréable de ne jamais être seule, dans les bons et les mauvais moments. Je crois que Guillaume est le seul à m’avoir vue pleurer sans la moindre retenue, ce que j’ai beaucoup de mal à faire en temps normal. Pour moi, pleurer est une marque de faiblesse et je ne veux pas me montrer sous ce jour-là. Je sais, c’est con mais je ne pleure en public que pour les enterrements et encore. Avec Guillaume, c’était facile, je pouvais me laisser aller. C’est le seul à avoir réussi à me faire pleurer de joie, véritablement, dans un restaurant (je lui ai foutu la honte au passage). Premier anniversaire de notre relation, on se fait un resto. Il ne va pas bien du tout car on évolue dans une ambiance pourrie et son meilleur ami lui a mis les points sur les i à cause d’une histoire ridicule qui m’a profondément énervée (en gros, la copine du meilleur ami a léché l’oreille de Guillaume et le meilleur ami en question en a voulu à Guillaume d’avoir dit : « Hé, elle m’a léché l’oreille ! ». Mais mon avis dans l’histoire, tout le monde s’en foutait parce qu’il me semble que la personne qui devait être outrée là-dedans, c’était moi). Bref, j’aurais eu le meilleur ami en face de moi, je lui en aurais collée une pour avoir choisi pile le jour de notre anniversaire pour faire son caca mou. Donc ambiance un peu morose, j’essaie de lui remonter le moral en taillant un costard pas possible à son pote que je n’ai jamais beaucoup aimé, de toute façon… Il faut savoir qu’après la rupture, alors que je pleurais toutes les larmes de mon corps, une brusque illumination m’a soudain consolée : je ne verrai plus certains de ses potes. Je m’égare ! Donc, on parle et puis tout à coup, il commence à me sortir des circonvolutions alambiquées. Oui, il faut savoir que Guillaume est le genre de mec incapable d’aller à l’essentiel. Donc, il parle, il parle, je fronce les sourcils en me demandant où il voulait bien en venir et là, je comprends (enfin) qu’il est en train de m’expliquer qu’il m’aime et comment il s’en est rendu compte. Donc, il me lâche « je t’aime ». Ma réponse : « Mais je le savais, c’est pas parce que tu le disais pas que… bouhouhou ! » ET me voilà à pleurer comme une fontaine sans trop comprendre pourquoi, les gens nous regardent bizarres et Guillaume me demande gentiment d’arrêter parce que nos voisins pensent qu’il vient de me plaquer.
 
Bref quatre ans et demi de sourires et de larmes, de haut et de bas, de discussions au beau milieu de la nuit pour savoir comment on appellerait nos enfants. A envisager notre avenir à deux. Puis j’ai évolué, lui non et c’est peut-être là que le bât a blessé, je ne sais pas. De « je te suivrai où tu iras », il m’a dit : « je n’ai pas envie de partir vivre à Lille ou à Strasbourg ». En gros, la seule ville où il me suivait, c’était Toulouse, là où nous étions déjà. Bref, à force de s’éloigner l’un de l’autre, on a fini par se perdre. Mais Guillaume sera toujours le premier, le seul pour l’instant, que j’ai aimé et à qui j’ai dit je t’aime en le pensant.
 
Franchement, être en couple, c’est dur, et je ne me sens pas actuellement le courage de relever le défi. C’est très exaltant de construire quelque chose à deux, j’en conviens, de faire confiance en un autre au point de se livrer à lui sans masque ni artifice. Mais ma dernière tentative a été à tel point infructueuse (je parle d’Arnaud, là) que, pour l’heure, je préfère me contenter de mes sympathiques brouettes. Au moins, là, je ne souffre pas et, je l’espère, je ne fais souffrir personne. Et puis comme ça, je multiplie les expériences pour ne rien regretter plus tard. Moi je dis : « vive la brouette ! »
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