Quand les comédies romantiques torpillent la notion de consentement

Je l’ai dit et répété moult fois : je n’aime pas les comédies romantiques. Parce que j’aime être surprise par un film et que là, c’est rarement le cas (à part dans La cité des anges avec Meg Ryan et Nicolas Cage, un film plutôt hilarant malgré lui en fait). Mais surtout, à y regarder de plus près, les comédies romantiques envoient un message très problématique : accroche-toi, il (mais en fait toujours elle) finira par céder. Et tant pis pour la notion de consentement.

Amour et amnésie

On dirait l’affiche d’un film où le mec a kidnappé la fille et lui fait un trip romantique alors qu’elle a peur pour sa vie

C’est l’histoire d’une jeune femme qui reçoit un technicien Orange chez elle pour une intervention quelconque et qui reçoit quelques heures plus tard un SMS du dit technicien qui la trouve bien jolie et a décidé de tenter sa chance. C’est l’histoire d’une jeune femme qui, quelques jours après être allée chez le médecin, se retrouve à tchatter sur Facebook avec un inconnu qui se révèle être l’assistant du dit médecin. Ca ferait sans doute un bon pitch de comédie romantique, le mec qui a un coup de foudre et donne un petit coup de pouce au destin pour conquérir sa belle. Sauf que non. Non, non, non, non. Parce que déjà, le coup de pouce au destin, c’est juste un acte un petit peu illégal de récupérer les données personnelles surtout que vous savez ce qu’il y a dans nos données personnelles ? Notre adresse ! Donc en résumé : un homme à qui on a à peine parlé a pris la liberté de prendre notre numéro ou notre nom sur un dossier juste pour nous dire qu’on est très jolies et il sait où on habite… On lui a même ouvert la porte la première fois car il devait intervenir chez nous dans le cas de la 1ère. Vous commencez à percevoir le malaise ou pas ?

affiche Anna M

Oui, ça me fait penser à Anna M, j’assume

“Ah mais oui mais si on se lance pas, on va peut-être rater une belle histoire !” Et alors ? Des embryons de belles histoires, on peut en croiser au quotidien si on s’excite un peu l’imagination. La belle personne du métro, celle de l’ascenseur, celle qui nous a souri en nous tenant la porte, celle à la table à côté de nous au café… Sauf que peut-être, cette belle personne ne vous a pas calculé ou pire, a été gênée par vos regards insistants qu’elle s’est bien appliquée à ignorer. Parce que oui, dans votre imagination débordante et légèrement érotomane, vous oubliez juste un point : le désir de l’autre. On ne rentre pas dans l’intimité d’une personne en volant son numéro de téléphone ou son nom… Vous vous croyez romantiques en vous battant contre le destin ? Non, vous êtes juste méga flippants.

Stalker

“Ouais mais je peux pas savoir si je lui plais ou pas si je demande pas !”. Et si, il y a truc fantastique qui s’appelle le body language. Si vous matez une belle personne et qu’elle fuit vos regards, c’est mauvais signe. Si elle ne fait pas particulièrement attention à vous, ce n’est pas bon signe non plus. Non parce que si je considère mon cas personnel, quand je suis pas en recherche d’un mâle pour égayer mes nuits, je souris poliment mais effectivement, je ne suis pas attentive aux hommes autour de moi car je ne suis pas en recherche. A l’inverse, si une belle personne m’attire l’oeil, je vais lui envoyer quelques oeillades ouvrant la porte pour une discussion.

La femme qui séduit d'un regard

Le problème des comédies romantiques, point de départ de ma réflexion, c’est qu’on nous fait toujours croire que le mec a raison de s’accrocher, d’aller au delà des convenance ou, in fine, du consentement de la fille car il sait, lui, que c’est là le bonheur de la demoiselle. Sauf que non, juste, arrête. Comment tu peux prétendre qu’une femme sera plus heureuse avec toi que sans toi ? Je suis pas hyper calée en comédie romantique mais si on prend Patrick Dempsey dans le témoin amoureux ou Andy McDowell dans 4 mariages, un enterrement (voilà, un de chaque), on a quand même une personne qui, au nom de l’amour qu’elle porte à l’autre, va bousiller tranquillement ce qui devait être le plus beau jour de la vie de leur proie. “Ouais mais c’est elle/lui qu’elle/lui aimait vraiment…”. And so what ? A chaque fois, ils ont eu des années pour se bouger le cul et faire avancer les choses dans le bon sens. Tu t’es réveillé-e trop tard, tant pis pour toi, Buddy, laisse la vivre sa vie, merde. Et puis merci l’exemple que ça donne, imaginez qu’un mec vous fasse ça en vrai…

La notion de consentement dans les comédies romantiques

Bref, il serait temps de réécrire les comédies romantiques avec de jolies histoires où il n’est pas question de “se battre pour conquérir sa belle”, surtout si celle-ci n’a pas l’air intéressée. Fou-tez-lui-la-paix. Si une femme (ou un homme, ça marche dans tous les sens quelle que soit vos préférences sexuelles) est intéressée par vous, elle vous enverra des signes, elle ne vous laissera pas sur le côté de la route. Mais arrêtez de nous faire peur, de nous mettre mal à l’aise… Vraiment.

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Humiliation et humour oppressif à l’apéro ?

Il y a quelques semaines, je vous parlais vaguement de notre chère télé au détour d’un article sur Idiocracy mais j’ai envie d’y revenir parce qu’il y a vraiment quelque chose de pourri au Royaume du PAF. En fait, ce n’est pas tant de la télé en soi que je veux parler mais de ce qu’elle légitime, qu’elle fait passer pour cool et normal alors qu’on devrait crier d’effroi. Bienvenue dans un monde où on vous sert l’humiliation et l’ humour oppressif sur un plateau… télé.

Dora Tillier humilie Nicolas Bedos sur le plateau du grand journal

Comme je l’ai dit ça et là, je n’ai plus la télé depuis 2 ans et demi  donc forcément, les bouts d’émission télé qui arrivent jusqu’à moi sont certainement les pires. Mais ça met parfaitement en lumière un travers de la société que je ne supporte pas : l’humour oppressif. Deux exemples ici me viennent en tête : le vomitif Touche pas à mon poste et la téléréalité.

Les anges de la téléréalité

Je vais d’abord m’attarder sur cette dernière. Qu’est-ce que la téléréalité : des gens que l’on filme H22 (je crois) dans des contextes donnés. On nous les présente facilement comme un peu cons, pas très cultivés, sans grand talent et qui n’ont finalement que ça comme voie de sortie. Alors on les filme, on les filme et on file au public leurs pires moments. Alors je ne dis pas, certains sont manifestement sous-cultivés (je ne me suis jamais remise de l’histoire des lunes et des satellites) mais au fond, a-t-on réellement le contexte de la conversation ? Ce que je sais des émissions de téléréalité, c’est qu’il n’est pas rare que les candidats soient “légèrement” alcoolisés. Bon après, y en a qui sont certainement pas futés mais quand même… Je suis une personne plutôt cultivée et lettrée, on va dire, j’ai du vocabulaire. Mais si tu me filmes 22h/24, fatalement, y a un moment où je vais dire une connerie, que je vais faire une faute de français. Surtout si on considère que ces personnes là dorment assez peu (faut bien montrer des choses à la télé et encore, je crois qu’ils ne font plus les chaînes en continu) et qu’ils ont souvent pas mal d’alcool… Mais ça, on s’en fout. Il faut montrer leur bêtise crasse, rassurer le spectateur : “regarde, y a plus con que toi, tu vois !”, lui faire oublier que sa vie, c’est de la merde en lui montrant des vies encore plus vides et méprisables. On voit des candidats se faire maltraiter, humilier H24 et on en redemande. Ahahah, la jolie bimbo rejetée, ça nous venge de la meuf populaire du lycée qui ne nous a jamais adressé la parole. Elles sont belles mais connes, que du plastique et du vent ces pauvres filles. Et les mecs : vite faits beaux gosses mais y a que de l’eau gazeuse entre leurs deux oreilles. Quoi que pour les hommes, y a toujours le beau connard un peu manipulateur qui va séduire toutes les belles filles de service. Donc en résumé, la téléréalité, ce sont des gens bêtes et vides, un peu jolis mais pas toujours, vaguement télégéniques, souvent vulgaires, les femmes n’ont qu’un corps, les mecs qu’une bite qu’ils vont essayer de planter dans les dites demoiselles et si tu les traites mal, elles voudront coucher avec toi. Vomi dans ma bouche. Ah oui, des fois, il y a des moins jolis (éliminés au premier tour, à peu près), des un peu moins cons (que tu ne verras à peu près jamais à l’image), des gays (qui servent limite de voix off et les lesbiennes auront droit à leurs love stories mais pas les hommes, il me semble).

candidats de téléréalité en couple

(je ne sais pas du tout qui sont ces gens)

Et puis y a Touche pas à Mon poste et ses avatars. Je m’étais dit la dernière fois que les Coucou c’est nous et Cauet de ma jeunesse devaient pas être forcément mieux mais j’avoue que je n’ai ni le temps, ni le courage et surtout pas l’envie de tout remater/écouter pour être la plus objective possible. Il me semble cependant que Hanouna pousse le concept de l’humiliation, de l’humour oppressif plus loin. Je ne reviendrai pas sur son traitement des gays, des femmes, ça a déjà été dit en long, large et travers, je vous laisse cliquer pour en savoir plus si ça vous intéresse. Des « dérapages » avec toujours la même réponse “mais non, on est une famille, c’est pour de rire, roooooooh !”. Alors j’avoue que dans ma famille, on n’a pas trop l’habitude d’aller toucher la bite du cousin ou de l’oncle pour rigoler ni se garnir le slip de nouilles mais je ne juge pas, hein (un peu quand même). Mais cette émission légitime ce qui ne devrait pas l’être en donnant un arme terrible à tous les connards racistes/homophobes/misogynes qui, sous couvert d’humour, vont nous asséner leurs vérités malaisantes à longueur de journée. Et vous savez, chez les esprits les plus jeunes, entendre toute la journée qu’un gay est une “folle” ou que les femmes, ça dit non pour dire oui, qu’on peut insulter les gens parce que “c’est de l’humour”, y a un moment où ça devient dangereux. Qu’Hanouna ait une passion pour exhiber son sexe, ok, rien à foutre. Qu’il le fasse sous le nez ou sur l’épaule de ses employées déjà, gros malaise, ça s’appelle du harcèlement sexuel et c’est puni par la loi (mais comme souvent, aucune plainte…). Qu’il pratique l’humour lourd dans l’intimité de son foyer, auprès de ses potes, ok, on s’en fout. Mais quand il le fait devant des caméras, il légitime. Je passe parfois pour une pisse-froid car je prends mal certaines remarques, je ne ris pas de l’humour oppressif (que je ne trouve que très rarement drôle, déjà, à la base…) mais quand j’essaie d’expliquer, c’est toujours “roh ça va, c’est pour rire !”. Le fait que la personne ait pu blesser quelqu’un avec sa vanne de merde ? Non mais c’est de l’humour, faut rire de tout, comme dirait Desproges. Des excuses ? Ahah, tu rêves. C’est toi qui as pas d’humour, ce serait limite à toi d’en faire…

Humour oppressif

Même les enfants comprennent, pourtant…

Mais surtout, ce qui me choque le plus, c’est la relation très malsaine entre l’employeur et ses employés qui sont obligés de déballer leur vie privée pour un peu d’audience. On se retrouve avec des scènes ahurissantes de demandes en mariage devant “la France entière” avec une femme qui semble plus gênée que ravie (je te comprends, meuf, j’aurais pété un plomb à ta place), des confidences en veux-tu, en voilà, tout est exhibé, donné, disséqué. Mais remettez ça dans le contexte de votre propre emploi. Imaginez que votre patron vous demande de vendre vos intimité, dévoiler vos souvenirs, exposer votre couple juste pour toucher votre salaire à la fin du mois. Vous le voyez, là, le malaise ?

Plateau de TPMP

Et je ne sais pas comment on peut arrêter tout ça. Je parle d’Hanouna et sachez que ce mec me met profondément mal à l’aise car je ressens que c’est quelqu’un de foncièrement mauvais mais c’est juste de l’air du temps. Dans 3 ans max, il sera fini, on en aura un autre à la place. Idem pour la téléréalité, on trouvera toujours des gens prêts à vendre leur âme pour quelques biftons, pour caresser du doigt leur rêve de célébrité. Alors on fait comment pour arrêter ça ? Comment on arrête la télé de merde ? Comment on apprend aux gens que se vider la tête, c’est pas juste regarder du vide nauséabond ? Comment faire comprendre que mater des gens que vous jugez plus misérables que vous ne vous rendra pas meilleurs (au contraire…) ? Et encore, je parle de télé, faudrait aussi voir du côté des comédies françaises et leur humour bien réac et oppressif, aussi…
Y a des jours où je suis un peu fatiguée, en fait.

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Une bonne gauche est-elle une gauche d’opposition ?

Hier, des gens dont je ne fais finalement pas partie ont désigné le candidat PS aux élections présidentielles. Comme j’écris cet article le samedi, je n’ai aucune idée de l’heureux élu, Hamon était certes en tête au dernier virage mais on n’est jamais à l’abri de magouilles tricheries mauvaises surprises quoi… Oui, je déteste Valls du plus profond de mon âme et je pense qu’il faut manquer particulièrement de jugeotte pour élire comme champion le mec à la tête du gouvernement le plus impopulaire de la Ve République, qui s’est bien torché le cul avec la notion de démocratie grâce au 49-3… mais bon, quand j’entends que des gens veulent voter Macron, j’ai quand même l’impression que le peuple souffre d’un syndrome de Stockholm très poussé (ou de masochisme, je sais pas… mais si vous pouviez le garder dans le secret de votre intimité, ça nous arrangerait). Bref, je digresse mais voilà la question clé : une bonne gauche peut-elle gouverner ou est-elle condamnée à l’opposition ?

Assemblée Nationale France - Qu'est-ce que la bonne gauche ?

Ma réflexion va partir de là :

Alors je vais pas disséquer très longtemps cette pensée parce que “OUI”. je dirais presque “oui, putain, oui”, d’ailleurs mais je trouve que je suis trop vulgaire parfois. Ce qui m’intéresse dans ce laïus, c’est le paragraphe “si le PS avait été dans l’opposition…” parce que, très clairement, c’est le malaise que j’ai depuis 5 ans. Je n’attendais pas de Hollande une révolution, entendons-nous bien. Le mariage pour tous, la belle arnaque narrative du quinquennat, ok, c’est bien mais après ? Comment se fait-ce qu’un homme qui s’opposait à un autre sur les plateaux télé y a 5 ans poursuive une politique identique en allant même plus loin ? Parce qu’une loi travail proposée par un parti de droite, le pays aurait été (encore plus) à feu et à sang. Quand la droite a voulu instaurer plus de précarité (coucou le CPE), elle a dû reculer face à l’ire populaire. Et là ? Des yeux crevés par ci, un coma par là, une violence policière qui atteint des niveaux plus que préoccupants mais le storytelling médiatique fait passer ça crème. J’en pouvais plus de l’intolérance et du racisme d’Etat de droite, on a eu encore pire avec la gauche… Recul des droits les plus fondamentaux, précarité accrue, citoyens dévalorisés, accusés, acculés. C’est ça ma gauche ?

Manuel Valls et Emmanuel Macron

Alors ok, vous allez me dire que le PS, c’est pas la gauche, je vais avoir du mal à vous contredire. Mais si on peut légitimement se demander pourquoi cette politique des 5 dernières années à été appelée de “gauche” (Hell, no !), revenons sur la posture du parti. Quand celui-ci est dans l’opposition, il se targue de défendre les plus démunis, les minorités… et c’est toujours ça de pris. Vous me voyez donc venir : je vote quoi en mai ? Alors il existe des alternatives à gauche de type Mélenchon ou Jadot ou même l’extrême gauche. Mais imaginons que Mélenchon ou Jadot soient élus, est-ce qu’ils pourraient réellement faire une politique de gauche ? Est-ce qu’il n’y a pas un peu une fatalité du pouvoir ? Pour quelques concessions à la marge (ex le mariage pour tous), est-ce qu’on ne se retrouve pas condamnés à revivre sempiternellement la même histoire avec juste un casting différent. Si je regarde Tsipras, si je regarde Podemos, j’ai l’impression que les espoirs ont été sacrifiés sur l’autel d’un certain réalisme (discutable néanmoins), que finalement, après l’envie de changement, on repart au classique. Un peu comme un retour à la routine grise après des vacances magnifiques. Du coup, pour limiter les dégâts, ne vaut-il mieux pas laisser la gauche dans l’opposition ?

La gauche en Europe : Alexis Tsipras et Pablo Iglesias

Du coup, on fait quoi ? Pour moi, 2017 se résume à un vote Jadot au 1er tour et très certainement blanc au second (même si y a la mère Le Pen dans le lot, oui). Mais du coup, si je suis la logique de mon paragraphe précédent, je devrais m’assurer que la gauche se retrouvera dans l’opposition… et donc voter à droite ? Et c’est là qu’on touche (enfin) du doigt là où je voulais en venir : voter, c’est quoi au fond ? En presque 19 ans de citoyenneté (argh), j’ai eu différents types de votes : le vote utile, le vote de peur (2002), le vote de contestation, le vote du moins pire (ou le fameux vote “contre” que je finis par ne plus voir en peinture tellement ma citoyenneté me semble réduite à tenter de mettre des gens dehors) jusqu’au vote d’abandon, le vote blanc. Au fond, ça sert à quoi de voter ? A éviter le pire ou envoyer un message ? Finalement, est-ce que je n’ai pas été un peu trop victime des discours alarmistes pendant des années en votant systématiquement pour un candidat donné juste pour éliminer “la menace” ? Ai-je été trop naïve (oui) ? Du coup, ne dois-je pas redonner à mon vote sa réelle valeur, à savoir une occasion de dire ce que je veux, le modèle de société auquel j’aspire, même s’il n’a aucune chance de gagner, même si un modèle de société que j’exècre risque de repasser ? Je ne crois pas en une victoire du FN, très sincèrement, et finalement, quand les Républicains sont au pouvoir, malgré leur conservatisme dégueulasse sur pas mal de sujets, c’est finalement pas pire que le PS. En gros, je pense que quel que soit le gagnant des prochaines élections présidentielles ET législatives, ça ne changera rien. Alors aujourd’hui, je voterai en quoi je crois… quitte à voter blanc si rien ne me convient. Même si c’est un message que peu écoutent, au moins, je l’aurai envoyé… car aujourd’hui, je pense sincèrement que ce n’est plus en votant qu’on changera les choses. 

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Idiocracy : la dystopie version comique

Comme je suis une originale, j’ai maté Idiocracy la semaine dernière comme tous mes petits camarades qui en parlaient sur Twitter (magie des réseaux sociaux)…bon pas le même jour certes. Un petit film marrant avec Luke -oh ouiiiii- Wilson et Maya Rudolph que je ne connaissais pas.

Affiche du film idiocracy de Luke Wilson

Pour ceux qui seraient passé à côté, je vous refais le pitch. Joe, un militaire moyen, remarquablement moyen, est choisi pour participer à une expérience avec Rita, une prostituée moyenne. Tous les deux vont être endormis pendant un an. Sauf que suite à quelques péripéties, ils se sont pas réveillés en 2006 comme prévu mais  cinq siècles plus tard. Les hommes sont devenus d’une stupidité crasse et Joe devient l’homme le plus intelligent du monde. Le film part en effet du postulat que les moins bien dotés niveau QI sont les plus prompts à se reproduire et que leur majorité numérique entraîne peu à peu le QI vers le bas.

Un Detroit futuriste et en ruine dans Idiocracy

Ce n’est pas la première dystopie à prendre comme point de départ un monde rendu plus bête, il y a aussi… Captain Harlock aka Albator. Oui, Albator est une dystopie si on considère que l’univers prend soin de décrire la société humaine telle que l’auteur l’imagine en 2977, à savoir se baignant dans l’opulence et asservie par “l’abrutisseur mondio-visuel” (qu’on appelle par chez nous la télé). Les hommes sont devenus idiots et couards et le gouvernement se retrouve incapable de réagir face à une nouvelle menace. Il y a évidemment Farenheit 451. Mais la différence majeure entre Idiocracy et mes deux autres exemples, c’est que dans ces deux derniers, le traitement est sombre et il y a surtout une volonté d’un gouvernement d’abrutir les populations en leur coupant la possibilité de réfléchir, de remettre en cause. Dans Idiocracy, c’est le peuple même qui a choisi de s’abrutir, d’après ce que l’on comprend, bien aidé en cela par les médias (l’émission phare s’appelle “Oh ! my balls” et on voit un mec se faire réduire les parties tout du long… alors que nous, en France, l’émission phare fout des nouilles dans le slip d’un chroniqueur, c’est beaucoup mieux…) et le marketing. L’eau a en effet été remplacée par une sorte de boisson énergétique enrichie en électrolyte, le truc que personne ne sait définir. Alors que nous, on boit de l’Actimel enrichi en  “L Casei Defensis” (un ferment lactique utilisé comme probiotique, en fait), une révolution… ou pas. D’ailleurs, ça a bien perdu la côte les alicaments, non ?

alicaments au rayon frais

En même temps, je critique mais j’ai toujours bien aimé ça, les Actimels

Idiocracy pose deux questions. La première, commune à toute dystopie : est-ce que c’est crédible ? Oui et non, de mon point de vue.Il est évident que la langue va considérablement évoluer en 5 siècles (cf cette excellente vidéo de Linguisticae qui vous expliquera toujours mieux que moi) et ce ne sera pas forcément un signe d’abrutissement sinon, hey, nous sommes déjà tellement plus con que nos ancêtres ! Pour le reste, le côté “y a que les cons qui se reproduisent” reste bien sûr à relativiser et je pense que, contrairement à ce qu’on nous répète à longueur de temps, les jeunes générations ne sont pas plus incultes et débiles que nous, elles ont souvent des savoirs différents, une maîtrise bien plus innée que nous de la technologie, par exemple. L’être humain est un animal qui s’adapte et prend donc en main ce qui l’aide de façon immédiate. Les jeunes générations ne sauront jamais utiliser un téléphone à cadran mais je ne sais pas faire de circuit électrique, moi (oui, j’avais pas techno au collège, j’avais “EMT”, j’apprenais à coudre et à faire des boîtes en carton). De même, grâce à la VOD avec possibilité ou non de regarder un film en VO, je pense que la génération qui arrive sera bien plus douée en anglais que nous, en moyenne.

Parler anglais

Je relativise donc cette donnée de l’idiotie congénitale qui envahit le monde… mais quand même, ça laisse songeur. Comme je n’ai plus la télé, je n’en ai désormais qu’une image floue constituée à partir de ce que je vois passer sur mes réseaux sociaux… Réseaux qui me ressemblent donc quand même assez à gauche, genre bobo-écolo. Donc je n’entends parler télé que pour des choses positives (le doc de France 5 sur la transsexualité, Devenir « il » ou « elle »,  par exemple) ou des films/séries que tout le monde regarde (genre les Harry Potter ou récemment Gone girl mais j’avais déjà vu, pour une fois). Mais je vois surtout beaucoup le négatif avec la dénonciation de la télé racoleuse et basse de plafond avec en tête… Cyril Hanouna. Ah ça, mes communautés le vomissent… et j’aurais du mal à ne pas partager leur avis vu le peu que j’en sais. Et je ne parle pas des cas de harcèlement, humiliation ou agression sexuelle mais du malaise que j’ai moi même en regardant l’émission quand j’avais la télé.Il ne s’est certes rien passé d’aussi grave que les exemples pré cités dans mes souvenirs (pas très nets vu que je laissais ça en faisant autre chose et que je ne suis pas sûre d’avoir vu une émission en entier) mais bon sang, c’était navrant de bêtise… Déjà, un mec qui rit de ses propres blagues, c’est non direct  mais c’était juste de la vanne, c’était confus et surtout, j’ai toujours pas compris ce que c’était censé apporter. Et des millions de gens regardent ça… Tu me diras que jeune, j’ai bien écouté Cauet à la radio et maté Coucou c’est nous, ce ne devait pas être mieux…

Coucou c'est nous, Christophe Dechavanne et Patrick Carmouze

Peut-être que finalement, la plus grande menace qui pèse sur l’humanité, ce n’est pas une idiotie congénitale mais une idiotie que l’on attrape en se marrant grassement devant un spectacle humiliant et oppressif…

 

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Journal extime… jusqu’à l’indécence

11 ans, 11 ans que je blogue. Je suis passée d’un journal extime populaire à une sorte de cahier de brouillon où j’écris sur tout ce qui me passe par la tête, sans chercher à en faire quelque chose. 11 ans durant lesquels j’ai été intégrée à la blogosphère avant de m’en sortir peu à peu. En gros, avant, j’étais au coeur du système, aujourd’hui, je gravite en dehors. Si je ne suis plus la blogosphère, certains éléments arrivent parfois jusqu’à moi arrivant encore à me choquer par leur indécence.

femme choquée par son ordinateur

A peu près comme ça, oui

Let me introduce Emily Meyers, une jolie blogueuse rousse, maman de 5 enfants, qui partage tous les éléments de sa vie en photo… Jusque là, rien de vraiment choquant, ça arrive partout même si, déjà, exposer à ce point ses enfants me dérange un peu pour eux. Mais là où le malaise est total (vraiment total), c’est quand notre blogueuse met en scène la maladie de sa compagnon… et son enterrement à travers les clichés d’un photographe professionnel. Alors déjà, question : qui paie un photographe pour immortaliser un enterrement mais surtout : est-ce qu’il n’y a pas un ENORME problème à poster sur son blog des photos de soi tirée à quatre épingles en train de montrer sa tristesse devant un cercueil ?

six feet under famille fisher

Oui bah rousse et enterrement, j’ai forcément pensé à Six feet Under

C’est là que je me pose la question des limites à ce qui est montrable ou pas. Chacun met le curseur où il veut, certes, et on me dira que je ne suis pas obligée de lire le blog d’Emily (à dire vrai, je ne connaissais pas son existence avant que la reine Zénobie commence à en parler sur Twitter). Je suis allée voir… et j’étais tellement mal à l’aise. Mais au delà de ce fait “divers”, ça pose la question des limites du journal extime. Et rassurez-vous, avant de distribuer les mauvais points, commençons par balayer devant ma porte.

blog journal extime

J’ai moi-même manqué de pudeur au tout début de ce blog. Parce que ça nous faisait marrer d’être trash, de raconter nos histoires de fesses parce que c’est léger, ça ne fait de mal à personne et que nous ne postions pas de photos intimes. Notez que je ne juge pas ceux qui posteraient des photos intimes, tant que toutes les personnes sur le cliché sont consentantes. Bref, des tas de gens venaient ici se repaître de nos (més)aventures sexuelles, certains espérant s’accrocher à nos tableaux de chasse puis la vie faisant, on a fermé les portes. Essentiellement au lancement de nos vies professionnelles : on peut nous retrouver si on se prend la peine de chercher, j’ai pas forcément envie que mes collègues soient au courant que je me suis adonnée à la levrette fessée la veille, c’est pas le lieu. Depuis, ma vie se dessine ici en filigrane : je parle parfois de boulot, parfois de ma vie perso tant sur mes amours (au singulier depuis bientôt deux ans, d’ailleurs), mes amitiés que sur ma famille avec mes deux amours Saturnin et Pivoine (qui est mobile maintenant, qu’est-il donc arrivé à ce tout petit bébé ?). Je parle pas mal de mes voyages aussi mais beaucoup de choses restent désormais hors de portée du lecteur. Auto censure ? Non, juste je ne ressens pas toujours la nécessité d’en parler. Il m’est arrivé d’écrire des articles sanglants sur des choses qui m’arrivaient mais une fois écrites, j’étais calmée et je n’avais pas envie de partager ça, mon fiel avait été essoré.

Oui et je mets des photos de mes amours avec des pastilles sur la tronche aussi

Oui et je mets des photos de mes amours avec des pastilles sur la tronche aussi

Mais la question reste, finalement : pourquoi s’expose-t-on et quelle limite se mettre ? Quand je parlais de fesses, j’avais plein de lecteurs et nous étions dans une sorte de cercle… presque vicieux : plus ça parlait cul, plus l’audience grossissait, plus fallait en donner. Un peu grisant sauf que… ben à un moment, t’as envie de profiter de ta petite caisse de résonance pour parler d’autres choses, de sujets un peu plus sérieux… Et là, ça intéresse moins. Peut-être aussi parce que j’ai plus du tout joué les community managers de mon blog (pas envie de rapporter du travail à la maison, quelque part) : au chômage, je répondais à tous les comms en peu de temps. Une fois mon premier CDI décroché, forcément, mon temps libre s’est fortement réduit… Je pourrais reparler de cul en narrant mes expériences passées jamais racontées sur le blog pour voir si ça relancerait le machin mais… j’en vois juste pas l’intérêt. Puis je ne suis pas sûre qu’aujourd’hui, ce soit ce qui marche vraiment, les gens ont envie soit d’information (sur des produits culturels ou cosmétiques, selon vos centres d’intérêt), soit de blogueurs/blogueuses qui seraient un peu comme un grand frère ou grande soeur virtuelle.  Du coup, on expose quoi ? Faut-il en donner toujours plus pour rester “au top” ? Serais-je prête à exposer des moments si intimes pour gagner des lecteurs ?

femme en culotte dans le foin

Ca pose aussi la question de la mise en scène de soi : que veut montrer Emily ? Si je reprends mon cas, au début de ce blog, le but était de raconter la vie amoureuse et sexuelle d’une bande de potes, façon Sex and the city, on voulait montrer une jeunesse décomplexée et fêtarde (mais ça a sans doute sonné plus d’une fois “notre vie, c’est de la merde alors on boit et on baise pour oublier”). Aujourd’hui, c’est plus “jeune vieille conne qui ne comprend plus le monde dans lequel elle évolue et qui essaie de s’accrocher à l’espoir mince que le monde peut être plus beau demain” et aussi “j’essaie plein de trucs parce que j’adore découvrir”. C’est ce que j’expose, ni plus, ni moins. Ce qui ne rentre pas dans ce cadre là, je n’en parle pas parce que… ben rien ne m’y oblige.

Là par exemple, c'est le jour où j'ai appris à conduire une Jeep. J'ai fait la roue en l'air et tout

Là par exemple, c’est le jour où j’ai appris à conduire une Jeep. J’ai fait la roue en l’air et tout

Mais mon blog n’est pas le centre de ma vie. Ce n’est pas mon gagne-pain, je “travaille” dessus en dilettante, je ne fais rien pour en faire une machine de guerre parce que je n’ai juste pas envie d’en vivre, pas envie de me prendre la tête pour savoir quoi raconter histoire de garder mes vues et mes revenus. Et c’est peut-être là, la différence avec Emily : clairement, son blog lui sert à gagner de l’argent (elle a notamment relayé son kickstarter pour les aider, son mari et elle) donc il faut tout donner pour ne pas perdre son niveau de revenus. Et la question reste : qui est le plus coupable entre le blogueur qui se livre sans filtre et les lecteurs qui restent là à regarder ?

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On se retrouve au métro, j’ai un grand manteau bleu

Petit aparté dans ma série sur les sites de rencontre qui touche peu à peu à sa fin. Récemment, je me suis retrouvée plusieurs fois à attendre des amis au métro et le petit bal que j’ai observé (enfin, je crois) m’a donné envie d’écrire ce petite article sur le pré moment T : quand l’un des deux est bien arrivé et qu’il attend l’autre, plein d’interrogation : va-t-il/elle me plaire ? Est-ce que la soirée va bien se passer ? Mais surtout, la question majeure : va-t-on se reconnaître ?

Rendez-vous-a-Paris4

Un soir, il y a quelques jours, j’attends un pote sur la place St Michel. Alors que j’étais légèrement saoulée de devoir attendre entre deux groupes de hip hop et un mec qui jette en l’air des jouets fluorescents pour touristes (mais bon sang que ceux qui achètent ça se dénoncent), je vois un mec s’approcher de moi et me fixer, chercher mon regard, interrogatif… Non, jeune homme, je ne suis pas ton date, je sais qui j’attends, moi. Je continue d’attendre, je vois une paire de personnes se saluer, je ressens un étrange malaise entre eux : une bise faite de loin, une discussion où aucun n’ose se regarder, des corps qui gesticulent dans le malaise. Etrange. Mon pote finit par arriver et nous quittons la place alors que le garçon qui cherchait mon regard continue de tourner, de scruter et d’attendre.

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Alors tout ça n’est qu’interprétation, bien sûr. Un autre soir, j’attendais une copine que j’attendis longtemps essentiellement car a) nous n’étions pas en train de nous attendre à la même station de métro (ça complique de suite) et b) je n’avais pas son numéro, je devais passer par Victor qui transmettait les informations, un peu compliqué. En attendant, je bouquinais tranquille au dehors, jetant un oeil sur mes voisins d’attente. Je vois notamment un joli garçon et une idée folle me vient : et si je faisais genre d’attendre quelqu’un et que j’allais lui adresser la parole en mode “Heu… Jérôme ?”. Et alors, il tomberait fou d’amour, nous nous envolerions ensemble et tout et tout. Je pouffe un peu mais soyons sérieux : Jérôme, ou peu importe son prénom, attend une personne et moi, j’en attends même deux…

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Pour être honnête, ça m’est déjà arrivé d’aller voir une personne et de lui demander si elle était la personne que j’attendais. Je parle pas forcément de rencards, d’ailleurs, je croise aussi des gens avec qui j’ai échangé sur le web pour des raisons plus professionnelles et que je dois rencontrer de visu pour concrétiser quelque chose. Tu as toujours ce regard flottant, tu dévisages la foule à la recherche de la personne qui devrait être celle que tu attends, tu en vois une, seule, qui semble guetter alors tu te lances “Pardon, tu es Florence ?” “Heu…non”. Et, évidemment, là, t’as toujours l’air un peu con.

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Alors, à force de rencontres avec des gens dont je ne connais pas le visage en vrai, j’ai développé quelques techniques :

  • choisir une station de métro où il n’y a qu’une sortie ou éventuellement une station dont vous connaissez les sorties. Non parce que si vous vous contentez d’un “on se retrouve au métro République”, je pense que vous allez passer la soirée à tenter de retrouver votre date (à Répu, on donne rendez-vous devant Habitat, déjà).
  • Ne pas trafiquer son téléphone. C’est ainsi que j’ai collé un petit vent à Victor la première fois qu’on s’est vus. Je jouais à un truc un peu con sur mon téléphone, un genre de casse-tête, je lève vaguement les yeux, vois un jeune homme qui me regarde un peu… et rebaisse les yeux. Deux minutes après, je percute… heu, le jeune homme, là, ce serait pas légèrement le gars que je dois voir ? Ah oui, tiens…A la limite, un livre, c’est mieux. Même si je peux coller des vents avec des livres aussi, je l’ai fait à Tatiana y a pas si longtemps
  • Porter une fringue visible. Un manteau, une écharpe, un sac, ce que vous voulez mais le look total noir, gris ou beige, c’est déjà compliquer la tâche, je vous le dis de suite.
  • Arriver en avance et envoyer un sms à l’autre pour lui dire où vous trouver. Comme ça, si y en a un qui doit avoir l’air con à interpeller des inconnus, ce ne sera pas vous.

 

Maintenant, quand vous attendrez quelqu’un devant une station de métro, vous saurez quoi faire : guetter ceux qui attendent peut-être leur premier date.

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Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne

Il est des films dont on se méfie doublement : de un parce que tout le monde a adoré et de deux parce qu’on a vu son acteur tellement partout qu’on a limite l’impression qu’on vit avec. Du coup, je ne me suis pas précipitée voir « Les garçons et Guillaume, à table » mais puisque ma mère l’avait en DVD et qu’il n’y avait rien d’autre à la télé, matons cet OVNI.

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Ca commence par une scène. L’artiste entre. Un one man show insolite où l’homme évolue dans un décor de chambre, on ne devine pas le public, il est seul. C’est l’histoire de Guillaume, petit garçon un peu différent persuadé d’être une fille. Et cette idée lui plaît. Il est flatté de danser la Sevillane comme une fille, il est passionné par les éventails et ne vit que dans le mimétisme de sa mère, une bourgeoise agacée et de mauvaise humeur au langage fleuri. Guillaume va donc grandir en se pensant fille puis en se pensant homosexuel vu que tout le monde en est persuadé. Même si lui ne se définit pas comme tel : une fille qui tombe amoureuse d’un garçon, on fait difficilement plus hétérosexuel, non ?

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Guillaume Galienne raconte son histoire. Sur le papier, cet exercice « légèrement » nombriliste fait peur. Oui, on ne parle jamais mieux que de ce qu’on connaît mais je suis pas sa mère, à ce garçon, j’aurais peur de me retrouver au milieu d’une sorte de règlement de compte mère-fils. Le lavage du linge sale en famille, ce n’est pas que pour préserver la dite famille, c’est aussi pour éviter de gêner les personnes tierces qui n’ont rien demandé et qui préfèrerait ne pas être là en ce moment, merci. Mais en fait, non, cette autobiographie, c’est autre chose. Une succession de sketches sur ce garçon qui se sent fille et qui va grandir avec ça. Des moments drôles, des moments touchants, des moments où on se demande un peu ce que ça fait là (j’ai pas compris le passage de la cure si ce n’est que ça permet de mater le cul parfait de Diane Kruger moulé dans une blouse d’infirmière et j’ai trouvé ce passage assez vulgaire et lourd). Les acteurs sont impeccables, le film se laisse voir dans la bonne humeur.

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Reste la question de fond : en posant le petit Guillaume comme un « hétéro refoulé », dirons-nous, ne plonge-t-on pas dans une sorte d’homophobie ? Pour moi, la réponse est clairement non même si on ne nous épargne aucun cliché sexiste : dans cette comédie, les hommes sont virils, aiment le sport et sont un peu brutasses, les femmes sont raffinées, comédiennes, elles aiment la danse, l’élégance et la compagnie d’autres femmes. Il en va ainsi pour Guillaume qui ne vit qu’à travers les femmes (les personnages masculins sont plus que secondaires) et les imite dans leur frivolité. Evidemment, les comédies reposent toujours sur ce type de clichés mais ça agace un peu. Un homme frivole est-il forcément gay ?
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Au-delà de ça, reste la question de l’identité, assez forte dans cette comédie : Guillaume est cet être fascinant qui est ce qu’on lui dit d’être, en fin de compte. Sa mère voulait une fille, il se comporte comme tel. Sa logeuse espagnole veut lui apprendre la danse, il ne se pose même pas la question de ses propres envies. Tout le monde pense qu’il est gay, il va donc tenter de coucher avec des hommes (et se retrouver dans des situations improbables. Vision négative de l’homosexualité ou volonté du cinéaste d’illustrer le malaise de son personnage face à une sexualité qu’il n’assume pas ?). Chez les psys, il se laisse balader et quand, enfin, il s’affirme par une crise de colère, il s’excuse platement quelques instants plus tard. Car dans ce film, le grand absent, c’est Guillaume. Il n’existe que par mimétisme. Qui est-il ? Une pâle copie de sa mère. Que veut-il ? Rester dans son ombre. Si, au début du film, il exprime clairement une envie (le voyage en Espagne), il subit les envies des autres tout le reste du film, navigant de pension en pension sans bien comprendre ce qu’il fait là, par exemple.
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Bref, je pense que l’erreur serait de prendre ce film pour ce qu’il n’est pas : un plaidoyer pour les troubles de l’identité, pour avoir le droit de ne pas être viril quand on n’est pas hétéro ou ce que vous voulez. Ca reste une comédie avec quelques bons mots. Et surtout, ce que j’en retiens… c’est que je dois aller m’acheter des éventails, c’est quand même un accessoire démentiel (je crois que depuis mon voyage à Barcelone, je suis branchée sur l’Espagne).
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J’ai testé pour vous la thalasso

Hop, petit crash test thalasso rien que pour vous. Tout à commencé en novembre quand mes parents m’ont annoncé qu’ils offraient une thalasso post natale à ma soeur et au pitchou et qu’ils y allaient aussi. Donc si je voulais me joindre à la tribu… Résumons : une semaine de vacances en famille avec le bébé, des soins et de l’eau… Mais pourquoi refuserais-je ?

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Nous voici donc en thalasso à l’Ile de Ré. On imagine souvent la thalasso comme un truc de vieux et, effectivement, les personnes de moins de 60 ans se comptaient sur les doigts de la main. Quoi que nous avons eu droit à toute une équipe de foot de 2ème division. Même que ma mère était toute émoustillée et m’a glissé « houla, t’as de quoi glisser un ou deux beaux mecs dans ton lit, là, hihi! ». Hashtag malaise. Il y a toujours une célébrité vieillissante en cure, cette semaine, c’était Claude Brasseur qui m’a d’ailleurs jeté un regard courroucé alors que je déambulais avec mes tongs qui couinent dans les couloirs du centre thalasso. Le décor est planté, petit détail des soins dans l’ordre inverse de mes préférences :

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L’enveloppement aux algues marines ou boue marine. Le topo : vous vous mettez à poil, on vous badigeonne d’algues ou de boue (sur les articulations, la boue), on vous emballe dans du cellophane puis une couverture chauffante et vous macérez 20 mn. Première séance, j’ai souffert : ça gratte mais tu es coincé dans ton truc. Tu as pris des lunettes réfrigérantes posées sur ton nez : elles te brûlent la peau les 10 premières minutes et te coulent ensuite sur le visage les 10 suivantes mais tu peux pas t’essuyer. Niveau détente : aucun. Heureusement, ma mère m’a filé une astuce : demander à laisser les bras hors de l’emballage. Effectivement, ça allait beaucoup mieux et j’ai réussi à me détendre, voire légèrement m’endormir… Mais la mixture continue de puer.

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Le jet tonique : une dame vous arrose avec un gros tuyau au jet surpuissant. Les jambes, le dos, les bras, le ventre… Et même les pieds. Et bon, moi, les pieds, j’aime pas trop trop qu’on me les touche. Mais le soin fait du bien, même le final à l’eau froide pour booster la circulation (la mienne est pourrie).

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L’aquagym marine : j’aime très beaucoup l’aquagym, je vais même m’inscrire à la rentrée. Mais je vous rappelle que la moyenne d’âge est plus proche des 70 que des 30 alors forcément, le niveau n’est pas des plus élevé. Ça reste néanmoins amusant même si un peu galère, deux ou trois participants faisant l’essuie glace (durant le cours, ils se déplacent vers leur droite, leur gauche, avancent et reculent, empêchant quiconque de prendre place dans leur sphère élargie). Une petite mise en bouche de ce qui m’attend l’an prochain et une petite vengeance par rapport à mes jeunes années où j’étais nulle en sport. Là, je me sentais habile, gracieuse, tonique, jeune, ferme, mince… Priceless.

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Le bain massant : vous entrez dans une baignoire qui fait des bulles pendant 15 mn. Des tas de petits jets directionnels vous massent la couane, on a jeté dans l’eau des cristaux marins (qui sentent hyper bon) ou des huiles essentielles aux vertus tonifiantes, relaxantes, amincissantes ou circulatoires. Seul bémol : si je ne me tenais pas très droite, un jet passait entre mon épaule et mon cou, sifflant sous mon oreille et allant s’écraser sur le mur d’en face. Les joies de mesurer moins d’un mètre 60…

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Attention, voici le podium de mes soins préférés !

– En troisième position : le modelage sous pluie marine. En gros, on vous allonge sur une table, sous des tuyaux qui font un peu ovni, on allume le tout et pendant que l’eau vous ruisselle dessus telle une douce pluie, une dame vous masse. 2 bémols à ce soin au top : l’eau peut vous couler dans les yeux et ça pique (eau de mer) et la cire utilisée pour le massage laisse un dépôt un peu gras. Mais c’est pour pinailler !

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– En 2ème position : le lit hydromassant. Je veux le même ! Vous vous allongez sur un matelas à eau et des jets passent par en dessous vous masser. Juste parfait. Sauf que ça dure que 15 minutes !

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– Et en premier : le modelage relaxant. Soit un massage somme toute assez classique mais j’aime ça, les massages ! Détente tellement assurée que je me suis légèrement endormie le premier jour et je me suis réveillée en sursaut (en criant légèrement) quand la dame à rebaissé la table de massage.

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Conclusion : j’ai surkiffé. Avec une aquagym plus dynamique, ça aurait été carrément parfait. Et ces petite plages de détente m’ont permis de penser à plein de choses. Les projets refourmillent, le signe que je vais bien. Reboostée la Nina !

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Radio potins

Je vous l’ai dit hier, y a 10 jours, j’étais en séminaire. Soirée dansante, on s’amuse, on rigole, ça se frotte un peu. Sauf qu’il y a frotti frotta mignon et frotti frotta “heu… Prenez une chambre, là…”. Alors forcément, quand les corps s’effleurent de façon suspecte, radio potins se met en marche.

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Déjà, vendredi soir, en retournant dans ma chambre à 2h30, je retrouve Caroline aka collègue chouchoute avec qui on analyse régulièrement ce qu’il se passe dans l’agence. Je prends une douche rapide puis on décortique. “Ohlala, X et Y, c’était chaud, t’as vu ? Et Z et W, ils sont ensemble, non ? Ils se cachent pas de toute façon !”. Lundi à la cantine, radio Potins repart à fond les ballons pour les absents du séminaire. Bilan : on a deux couples officiels dans l’agence, des suspicions d’attouchements dans le secret des chambres d’hôtel, quelques suspicions assez délirantes et très certainement fausses. Peu importe le vrai du faux, je vais pas investiguer non plus (surtout que ce ne sont pas des personnes particulièrement proches de moi. Voire des “heu… bidule ? Non, je vois pas du tout qui c’est… Aaaaah lui! Ah si, si, je pensais juste qu’il s’appelait Machin”. Je suis parfois un peu nulle au jeu du qui est qui). Si je ne suis pas directement impliquée, je me fiche un peu de ce qu’il se passe dans la chambre à coucher des employés de ma boîte. Mais il n’en reste pas moins que la rumeur, le potin, reste vraiment un liant social des plus intéressants.

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J’ai fréquenté plusieurs boîtes dans ma longue carrière (ouais, j’ai passé les 6 ans, pif paf !) et Dieu seul sait que les rumeurs sont un composant essentiel des relations entre collègues. Pas seulement pour les histoires de fesses, d’ailleurs, on aime se parler de qui a dit du mal de qui, qui est sur la sellette… Je me souviens de la terrible histoire de la gifle chez TGGP. Une femme arrivée peu de temps avant a été licenciée en période d’essai. Rien de bien incroyable en soi sauf qu’il se disait que son licenciement était lié à une altercation avec l’éditrice de TMF et qu’il y aurait même eu tentative de gifle sur l’employée désormais indésirable. Evidemment, la rumeur a gonflé, la baffe était devenue réelle. J’ai eu enfin le fin mot de l’histoire par l’éditrice censément agressée qui nia l’histoire de la baffe (mais l’altercation au sujet d’une place de parking était, elle, bien réelle. Un emploi tient parfois à peu de choses). On se partage les rumeurs échangés à voix basse à la cantine, à la pause clope ou à la machine à café, penchés les uns vers les autres tels des conspirateurs. Parce que savoir (ou penser savoir), c’est le pouvoir. C’est montrer qu’on est bien placés, qu’on connaît les bonnes personnes.

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Puis je suis pas dégueulasse en captage de trucs. En fait, je suis redoutable. Planquée derrière mon écran, isolée du monde par mes écouteurs, on ne se méfie pas de moi. Sauf que parfois, mes écouteurs ne diffusent aucune musique et mes lunettes me permettent de bien voir. Je remarque les malaises ou les regards de connivence. Je cerne les approximations dans les discours, les procrastinateurs agitant des bras pour mimer la suractivité, ceux qui utilisent l’agressivité ou une autorité excessive pour masquer un manque de confiance en leur capacité. Ceux qui sont curieusement très proches et ceux qui ne le sont soudainement plus.

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Et ça papote. Tu crois que… Noooooon ! Evidemment, ça tourne surtout autour des histoires de fesses qui font ricaner à la cantine. Parce que tu comprends, Bidule, il est peut-être marié mais t’as vu comment il reluque Machine ? T’as vu comme ils se sont pas quittés durant la soirée du CE ? Ca veut bien dire ce que ça veut dire hin hin hin ! Souvent, Radio Potin imagine des histoires qui n’existent pas et je dirais “heureusement”. Si toutes les coucheries supposées étaient bien réelles, on n’aurait plus le temps de bosser dans cette boîte !

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Le Annette Gate

Je ne pouvais passer sous silence le drame qui secoue ce petit univers dont je suis experte : les sitcom AB. Que se passe-t-il encore, allez vous me dire en soufflant par le nez ? Et bien accrochez-vous à vos slips, je vais péter votre adolescence : Annette et Roger couchent ensemble.

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Bon, pour ceux qui n’ont que des souvenirs brumeux de Premiers Baisers (ou qui s’en foutent), je fais un petit rappel du contexte. Au début, Annette est la meilleure amie de Justine, clairement amoureuse de M. Girard, père de la dite Justine, etce durant tous les épisodes, y compris une fois devenue adulte. Sauf que pendant ce temps là, Annette est venue s’installer chez les Girard et est finalement devenue un peu leur Xe fille (vu qu’ils ont aussi recueilli une paire de jumelles hystériques et une cousine niaise). Donc le mec, il a hébergé la demoiselle pendant 5 ans et là… il couche avec. IL COUCHE AVEC ! Malaise.

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La question est « pourquoi en est-on arrivé là ? ». Bon, vu qu’Hélène est censée se marier (oui!), fallait bien sortir Roger, la Marie (mère d’Hélène et Justine) ayant disparu en mer, hop, dégage la MILF. Et comme Azoulay nous sort tous les fantômes du placard (genre Chloé, la 3e soeur disparue des radars pendant 20 ans et qui revient l’air de rien. Par contre, tous les sales gosses que nos joyeux amis ont généré sont tous retournés dedans. Les sitcoms, c’est comme les soap operas, les gosses, ça fait chier), il décide d’en terminer avec la relation la plus incestuo-ambiguë de la télé française. Et voilà Annette et Roger dans le même pieu. Et je vous avoue avec une pointe de honte que voir les deux acteurs s’embrasser, ça m’a foutu un poil mal à l’aise. Et c’était pas lié à la vilaine tapisserie…

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Pourtant,en un sens, c’est logique. Pendant ses jeunes années, Annette s’est souvent posée en compagne asexuée de Roger, bien plus que Marie trop occupée à bosser et à flirter avec son patron, gratifiant son cher époux de baisers mais point de conversations. En fait, Roger et Marie, leur vie, c’est un peu « dès que nos 35 filles quittent la maison, on essaie de s’envoyer en l’air mais y en a toujours une qui revient alors on rigole en secouant la tête ». Alors qu’Annette s’occupait de Roger avec passion et autoritarisme. Même quand elle était en couple, M. Girard restait sa priorité absolue. Jusqu’au couple malsain qu’elle forme avec Paul : vivant toujours chez les Girard (tranquilles), la Annette continue de baver sur Roger tandis que son compagnon Paul n’est pas insensible aux charmes de Mme Girard. Imaginez un peu les partouzes que ça aurait pu donner… Puis Annette trouve un mec au détour d’une partie de poker et quitte Paris pour le suivre à Katmandou, non sans des adieux déchirants à M. Girard.

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Et là, 15 ans plus tard (… je me sens vieille), pof, la voilà qui se réveille dans le même lit qu’un M. Girard nu. Ils ont fait du sexe. ILS ONT FAIT DU SEXE BORDEL !! Mais comment c’est possible. Bon, elle, elle a jamais tout à fait résolu son Oedipe vis à vis de lui, okayyyy mais lui, il l’a élevée pour ainsi dire, il l’a vue tous les matins pendant 10 ans en train de deviser avec sa fille cadette des histoires de Jérôme, de Luc et de Joël…Mais au-delà de ça, je suis ébahie par le buzz que ça génère, tous les journaux peu sérieux font un petit article sur le sujet. Oh merde, quel coup de maître ! J’aurais jamais cru… Non parce que bon, c’est une série qui passe sur TMC et pas Joséphine Ange Gardien suivie par des millions de gens… Mais c’est un peu notre adolescence qui s’effondre. Je veux dire pendant toutes ces années, on nous a vendu un monde un peu niais et parfait où les gens s’aiment et où les méchants ne le sont pas tant que ça. Petit à petit, ce mignon petit monde s’est désagrégé. L’infidélité a toujours eu sa juste place, les coups de putes pardonnés au nom de l’amitié mais les méchants commençaient à être juste méchants tandis que les cuisses s’écartaient de plus en plus vite, les bonnes grosses séances de baises dans tous les sens, jusqu’à ouvrir la porte au saphisme (mais point de couple gay, faut pas déconner). Et là, là, l’innocent M. Girard profane la grotte d’Annette dans une chambre à la tapisserie immonde. Fin totale de l’enfance : même le gentil monsieur qui t’a élevée et écrit des séries niaises t’arrachera un jour ton string avec les dents.

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Jean-Luc Azoulay, c’est un peu le grand frère méchant qui te balance un jour dans la face que le Père Noël n’existe pas. En attendant, chapeau l’artiste, fallait trouver l’idée pour faire parler de la série (le mariage d’Hélène et la reprise de sa vie sexuelle après 10 ans d’abstinence n’intéressant que peu de monde).

 

PS : La dernière photo a été piquée aux sitcomologues, des gens bien. Même que tiens, si tu veux en savoir plus sur le Annette gate, clique donc !

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