Le devoir d’exemplarité : toutes coupables ?

Semaine dernière, gros coup de tonnerre : Asia Argento, une des (UNE DES) figures de proue du mouvement #metoo est dans la tourmente : un jeune homme, Jimmy Bennett, l’accuse d’avoir abusé de lui alors qu’il n’était qu’un mineur. L’occasion rêvée pour tous les mâles qui ont chouiné sur le #metoo de montrer du doigt l’actrice en mode “toutes des menteuses”. L’occasion pour nous de nous pencher deux secondes sur le deux poids, deux mesures et sur le devoir d’exemplarité.

Asia Argento accusée d'agression sexuelle

Alors au cas où ça vous intéresserait : j’ai zéro avis sur cette affaire donc on ne parlera pas de ça. De façon générale, je me place du côté des victimes car comme qui dirait “je préfère défendre un.e éventuel.le mytho qu’un.e éventuel.le violeur.se” et ne vous inquiétez pas : dans ce genre d’affaires, le puissant s’en sort généralement bien. Non mais sérieusement, regardez Polansky, regardez DSK, regardez Besson qui n’est même pas dérangé par les accusations de viol et agressions sexuelles (au pluriel). Le #metoo a permis de faire tomber Weinstein mais après ? Bref, on passe, là n’est pas le coeur de ce que je veux dire.

Metoo

Parlons d’abord de la réaction, assez dégueulasse, des hommes. Ah, vous ne nous décevez jamais, c’est dingue. Pas un pour compatir avec la victime, pas un pour brandir la présomption d’innocence que vous crachez pourtant dès qu’un homme est incriminé. Vous n’avez pas questionné deux secondes l’attitude de la victime… ce qui est bien, ce serait bien de le faire A CHAQUE FOIS. Hé non, la seule chose que vous retenez, c’est  “ah ben les femmes, c’est pas mieux, heiiiiiiiiiiin”. Peu importe que ce soit le ratio hommes/femmes accusés soit totalement déséquilibré : une femme semble, pour vous, décrédibiliser l’ensemble de la parole féminine, peu importe son émettrice…

Devoir d'exemplarité, quel droit à l'erreur pour les minorités ?

Et j’en arrive à mon devoir d’exemplarité qui pèse sur chaque minorité. Vous vous souvenez quand Mélenchon a débarqué dans le 18e lors de la campagne législative et engueule les gamins qui font les zouaves devant les caméras en mode “arrêtez, on va encore vous traiter de sauvages après”. Un truc du genre, j’ai la flemme de chercher la citation exacte. C’est précisément un exemple de ce devoir d’exemplarité : des gamins bien blancs auraient été tous fous devant la caméra, ça n’aurait pas fait hausser un sourcil (sauf s’il interpelle le président par un sobriquet). Idem sur une femme qui se met en colère, remember Ségolène. Parce que chaque minorité a sa “tare” soulignée en permanence par les dominants pour les rabaisser : les racisés sont des sauvages, mal éduqués… les femmes sont hystériques, ce qui les disqualifie automatiquement du moindre débat. J’exagère pas, hein, renseignez-vous sur l’étymologie du mot, hein… Sur les homos, aussi, ils vont avoir droit à une référence sur leur excentricité ou leur faiblesse supposée (vs l’homme alpha blanc cishet) pour les décrédibiliser. Du coup, si je prends mon cas, je ne dois jamais ô grand jamais perdre mon sang froid sinon, je confirme “ah mais t‘es hystérique, on ne peut pas débattre avec toi”. Ah bah peut-être qu’à force d’expliquer 10 fois la même chose et voir que tu fais exprès de ne pas comprendre (ou que tu es complètement con, je sais pas), ça finit par me faire perdre mon calme, curieusement. Sans parler de ceux qui commencent la conversation en te crachant direct leur condescendance à la gueule et ne comprennent pas que tu leur répondes pas avec des arc en ciel et des petits coeurs. Mais je suis une femme, je dois rester calme, exemplaire… parce que paraît que sinon, je dessers ma cause. En vrai : mon cul sur la commode. Vous avez décidé dès le départ que j’avais tort donc à un moment, suffit que je mette un espace avant la virgule plutôt qu’après pour que vous y voyiez une raison de me disqualifier du débat, hein (oui, je blogue depuis 13 ans (…), j’en ai vu des arguments délirants, le mieux étant ceux qui hurlent à l’imposture car j’ai fait une faute… dans des comms qui sont à peine français).

Femme énervée

Bref, le devoir d’exemplarité n’est finalement qu’une manifestation supplémentaire d’une domination : si tu es une femme, tu dois pas t’énerver (et ne pas t’habiller trop sexy, faire croire à un homme que tu vas coucher avec lui parce que tu discutes avec lui, que tu acceptes de boire un verre avec lui, que tu le laisses payer l’addition… je m’y connais un peu mieux en oppressions subies par les femmes, notez), si tu as la peau colorée, tu dois rester discret en toutes circonstances et excessivement bien élevé… Bref, en tant que minorité, sache que la moindre de tes conneries retombera sur l’ensemble de ton groupe. “Ah mais oui mais lol, c’est toi qui dit ça avec ton #notallmen et même que t’as dit plus haut dans l’article “vous les hommes”. C’est vrai, je le dis… et je le redis. Parce que vous représentez le système dominant qui n’a conscience ni de ses privilèges (par exemple, ici, la présomption d’innocence dont ne bénéficie pas Asia Argento), ni des clichés qu’il a avalés durant toute sa vie sur ces minorités et qu’il recrache sans se questionner deux secondes.

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Tu veux pas débattre avec moi ? Nazi.e !

Le débat, ah, le débat… Sacralisé, c’est, paraît-il, le summum de l’ouverture d’esprit, le “je suis tellement mature pour un échange d’idées”, alors que je déteste le débat, en fait. D’abord parce qu’il ne sert à rien dans l’absolu, les impliqués ne changeront jamais d’avis, par conviction ou par ego. Après, ça peut toucher ceux qui écoutent mais surtout, cette sacralisation du débat fait qu’aujourd’hui, on se sent obligés d’opposer deux camps d’égal à égal alors que non. Mais surtout, refuser de débattre serait une preuve de faiblesse, un reproche légitime à faire. Oh vraiment ?

refuser de débattre

Revenons d’abord sur le problématique débat d’égal à égal évoqué plus haut mais que j’évacue en paragraphe deux pour ne pas perdre tout le monde. Je peux tout à fait comprendre le débat politique où l’on va tenter d’équilibrer les couleurs des intervenants, je n’ai, sur ce point, aucun souci. Même en étant quelqu’un de très fermement positionnée sur l’échiquier, ça peut m’apporter une certaine culture. Le problème du débat politique est surtout le manque de modération de la part des journalistes qui ont l’air de pioncer les ¾ du temps et on va se retrouver avec un débat où A accuse B de mentir sur des chiffres… et personne ne valide (ou pas) cette affirmation. Alors que ce serait justement le travail journalistique. Autant il est difficile de trancher sur les idées, sur les faits, y a peut-être du fact checking à faire et en direct, s’il vous plaît, tout le monde ne se rue pas sur Twitter pour voir ce que disent les comptes de fact checking, voyez… Mais le pire, ce sont les débats “pseudo” scientifiques où on donne la parole d’égal à égal à des personnes qui n’ont pas la même légitimité. Un exemple ? L’homéopathie. Alors oui, je suis fille de médecin donc je ne suis pas rigoureusement objective mais à quel moment des billes de sucre sont censé guérir quoi que ce soit en fait ? Non parce que des études cliniques ont été menées, l’histoire de la mémoire de l’eau complètement démontée et je suis à peu près persuadée que la moitié des gens qui prennent de l’oscillococcinum n’ont aucune idée que c’est censé contenir des cellules de foie et de coeur de canard de Barbarie. Je suis quelqu’un qui évite dans la mesure du possible de prendre des médocs à la moindre occasion mais mettre sur un pied d’égalité un médecin qui prescrit des médicaments qui ont subi des études concluantes et un homéopathe qui défend une médecine qui est scientifiquement reconnue comme inefficace, pardon mais non. A la limite, moi, si les gens sont rassurés par un placebo pour un rhume, ça me pose aucun souci mais quand on commence à se passer de certaines vaccinations parce qu’on prend des billes de sucre ou qu’on croit que ça marchera mieux que la chimio (comme l’ananas fut un temps ou le fruit du jacquier aujourd’hui), s’il vous plaît… Enfin, c’est étrange parce que sur le cancer, on a aussi des articles de merde te disant qu’il disparaîtra si t’arrêtes de manger du sucre… ce qui me paraît un peu antinomique avec l’homéopathie mais passons*.

Homéopathie

C’est rigolo parce que je trouve plein de photos avec des petites fleurs mais aucune avec un canard…

Passons maintenant sur l’obligation de débat. Ben pardon mais non. La semaine dernière, quelques hommes se sont indignés d’avoir été placé sur une liste Twitter référençant les comptes problématiques. Cette liste, on en fait ce que l’on veut, notez. Je peux m’en servir pour bloquer des comptes en préventif parce que j’ai pas forcément envie de m’attirer des mascus malsains dès que j’ouvre la bouche ou recevoir des dick pics non sollicitées. A dire vrai, j’ai déjà bloqué des comptes qui venaient me suivre et qui puaient les embrouilles genre le mec bien macho qui vient me suivre moi, le genre de compte où tu sais que son seul but sera de te faire fermer ta gueule dès que tu diras quelque chose d’un tout petit peu féministe. Donc oui, je me protège un peu et je ne comprends pas le scandale.

Le scandale

D’abord, Twitter, comme n’importe lequel de mes réseaux sociaux, c’est un espace personnel et j’y suis/lis qui j’ai envie de suivre/lire. Je n’ai aucune obligation de RIEN. Non mais déjà que dans la vraie vie, je suis obligée de me coltiner beaucoup de gens dont l’avis me file vite la nausée, les commentaires dignes des meilleurs PMU dans le métro entre deux personnes qui ont décidé de partager leur conversation à tout le monde… Voilà, dans la vie, on n’a pas toujours le choix d’entendre certains avis moisis, c’est pas pour me les récupérer aussi sur mes réseaux sociaux. “Mais tu m’as bloqué alors que je t’avais rien dit, ma liberté d’expression, blablabla”. Alors le fait que je te bloque peut signifier deux choses : je n’ai pas envie de te lire mais aussi je n’ai pas envie que tu me lises, des fois que tu décides de me casser les ovaires, comme déjà expliqué. Mais même en te bloquant, je ne nuis pas à ta liberté d’expression : tous les 12 millions d’utilisateurs actifs mensuels Twitter peuvent te lire sauf une… Je trouve que niveau censure, c’est ultra léger.

L'homme qui pleure

Bref, va falloir un peu désacraliser le débat, surtout pour les quidams qui n’ont aucune obligation à le faire, rien à vendre, pas d’élections à gagner… Par exemple. Je n’ai pas envie de répondre ou même de voir quelqu’un parler, c’est mon droit le plus absolu. “Mais t’es pas ouverte d’esprit”. Si par “pas ouverte d’esprit” tu veux dire que je n’ai pas envie de perdre du temps avec des gens aux idées nauséabondes (j’ai bloqué Boutin) ou ceux qui guettent mes mots juste pour tenter de me rabaisser le caquet… heu ben ok, pas de soucis. Par contre, si tu trouves à ce point intolérable une personne qui ne voit pas l’intérêt de rentrer en connexion avec toi, demande-toi ce qui te motive vraiment : défendre une cause ou consolider ta posture ? D’ailleurs, j’en parle souvent de posture, va falloir que j’écrive dessus, tiens.

* Si des pro homéopathie passent par là : le fait que vous, à un moment donné, ça vous a fait du bien ne démonte pas différentes études prouvant que ça ne sert à rien. Soignez-vous avec des billes de sucre en expliquant à qui vous voulez que les médicaments et les vaccins, c’est juste un truc de labos (sinon, l’oscillococcinum, c’est vendu par les laboratoires Boiron, bisous) mais perso, je m’en fiche donc épargnez moi vos complaintes, merci.

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Le meilleur des mondes, la fausse utopie scientifique

En général, quand on parle abrutissement des masses, on pense de suite à la télé ou tout du moins aux écrans, c’est le cas dans Albator, Fahrenheit 451 et 1984, on limite l’apprentissage d’un savoir par un écran supposant une passivité importante. Mais il existe une autre voix pour l’abrutissement des masses : les petites pilules ! Donc aujourd’hui, c’est le meilleur des mondes par Aldous Huxley.

Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

L’histoire en bref : dans une société parfaitement hiérarchisée où chaque individu est programmé dès sa conception dans un laboratoire pour appartenir à une caste, chacun vaque à ses petites occupations sans se sentir malheureux de son destin. Les castes vont de Alpha à Gamma, chaque membre est vêtu de façon à être reconnu, chacun a son rôle à jouer dans la société. Le sexe étant devenu inutile pour la procréation, il n’est plus que quelque chose de festif, chacun ayant plusieurs partenaires. Bernard et Lénina se fréquentent donc en toute légèreté. Mais Bernard n’est pas vraiment un citoyen modèle : plutôt petit pour un Alpha, il refuse de prendre le Soma, la pilule distribuée à tout le monde en fin de journée, sorte de drogue qui rend heureux. Il invite donc Lénina à visiter une “réserve” où vivent des “sauvages”, individus vivant selon les traditions tribales. Sur place, Bernard et Lénina rencontrent Linda, une femme s’étant perdue autrefois dans la réserve et qui a accouché sur place, à l’ancienne, avec accouchement et tout, ce qui choque Lénina. Bref, Linda et John, son fils, repartent avec Bernard et Lénina et sa naïveté et sa méconnaissance de la société va nous permettre d’en mesurer tout le grotesque.

Le meilleur des mondes, le film

Bon, il se passe beaucoup de choses par la suite, John ayant du mal à s’adapter à la société qu’on lui propose. Bernard, qui était limite à la marge de la société devient très populaire en organisant des soirées pour que les gens puissent voir le sauvage mais John ne joue pas le jeu, il devient violent quand personne ne comprend sa peine et ses larmes quand sa mère décède, il ne supporte que difficilement la proximité de Lenina. Il tentera de monter une rébellion en privant les Deltas de leur Soma mais ces derniers se révoltent et John est exilé.

Les Alphas du Meilleur des mondes

Alors pourquoi je range cette dystopie dans la catégorie “abrutissement des masses”. Comme dit dans l’intro, je m’intéresse surtout ici à la drogue, au Soma. Mais pas que puisque toute la société tient par l’endormissement des citoyens : dès leur conception, ils sont assignés à une caste et développés en fonction et une fois nés, ils ont droit à un enseignement “hypnopédique”  reçu pendant leur sommeil leur édictant la morale de la cité (gros tabou sur tout ce qui touche à la reproduction). L’Histoire, quant à elle, n’est plus enseignée car inutile… Bref, ils ne sont pas nés que déjà, les citoyens sont contrôlés pour ne pas réfléchir, suivre le chemin qu’on leur a assigné. Le personnage de Linda est intéressant car si elle vit longtemps loin de la société, dès qu’elle y retourne, elle reprend les normes de sa caste et est honteuse d’avoir eu un enfant de manière naturelle.

Le meilleur des mondes - Linda et John

Toute dérogation à la norme est sévèrement punie : les femmes doivent faire des exercices malthusiens pour ne pas tomber enceinte, la reproduction naturelle étant devenue totalement taboue pour éviter des naissances incontrôlées. D’ailleurs, quand Bernard oute le père de John (un Alpha haut placé), ce dernier est contraint de démissionner. Bref, cette société ne fonctionne que parce qu’absolument tout est sous contrôle, le moindre élément perturbateur étant envoyé en exil. Mais ici, la société ne s’effondre pas dans un grand fracas, rognée par sa faiblesse cultivée au fil des ans. Comme dans 1984, ceux qui ont voulu sortir du chemin sont, in fine, perdants. Plus d’amour, plus d’Histoire, juste le soma. Bienvenue dans le meilleur des mondes.

 

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Sois gentille, même si c’est pas toujours facile

 

Ce blog vire dangereusement rose guimauve, faudrait que je m’énerve un peu sur l’actu, on va finir par croire que j’ai perdu toute acidité. Mais tant qu’à parler de bien être et de gens gentils, poursuivons. Depuis mon retour du Canada, je ne supporte plus les Parisiens mais j’essaie tant bien que mal d’être charmante et polie. Sois gentille, c’est pour le bien commun.

Sois gentille

Commençons par deux anecdotes :

  • Philippines, avril 2015 : au 3e hôtel, Anaïs et moi héritons d’une chambre avec vue directe sur le parking quand les autres filles ont des chambres installées autour de la piscine. En fait, les chambres étaient réparties avant notre arrivée et on a changé car Anaïs et moi voulions être ensemble donc du coup, nos colocs prévues respectives étant légèrement du style vindicatif, il devenait difficile de leur refiler la chambre du parking donc les gentilles en ont hérité, ce qui m’a bien BIEN saoulée sur le coup

piscine_philippines

  • Pays Basque, juin 2015 : stage de yoga, avant-dernier jour. Lors de ce stage, nous étions responsable de la propreté des lieux avec des consignes claires quant à la vaisselle notamment. Ce matin là, on se lève et catastrophe : lave-vaisselle pas lancé et évier plein, le propriétaire de la maison, un de ses invités et deux stagiaires ayant passé la soirée à picoler sur la terrasse (mon imagination a brodé 35 histoires au moins autour de ça). Pour éviter tout drame, je prends donc sur moi de faire la vaisselle. Jusque là tout va bien. Mais après le repas, la prof m’interpelle : “tiens, Nina, passe le balai dans la maison”. Heu ? C’est à dire que je me suis déjà tapé toute la vaisselle que je n’aurais jamais dû faire, est-ce vraiment nécessaire d’en remettre une couche ? “Imagine que tu chasses tes mauvaises pensées à chaque coup de balai”. Y en avait pas mal pour toi meuf*…

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Dans ces anecdotes, la conclusion semble être “trop bonne, trop conne”. Non mais c’est vrai, regardez le nombre de situations dans le quotidien où il faut rester ferme pour pas se laisser bouffer : dans le métro, par exemple. Je parle même pas d’avoir une place assise mais par exemple, combien de fois il faut lutter pour juste se tenir à la barre centrale vu qu’un-e gros-se boulet-te étale tranquillement son dos sur ladite barre. On se sent spolié dans son bon droit parce que, pardon mais cette barre n’est pas à toi, monsieur-madame et je vais enfoncer mes doigts dans ton dos, je m’en fous… Alors oui, on peut demander gentiment et même une fois sur deux, vous obtenez ce que vous voulez sans énervement aucun. Mais l’autre fois, vous ferez remarquer à une personne qu’elle pourrait lâcher le strapontin vu la foule et elle vous répondra par sa plus grande indifférence (au mieux…)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d'affluence (on comprend pourquoi)

Photo empruntée à Christophe Lhomme qui semble très énervé par les gens qui restent assis en cas d’affluence (on comprend pourquoi)

Quand je vois ce qui passe à la télé (ouais, ok, je vois plus rien, je l’ai plus mais faisons semblant), les émissions de téléréalité où on se met des quenelles, où on se la fait à l’envers, où les gentils sont vite éliminés, les séries télé ou les films où on kiffe le personnage bad boy/girl irrévérencieux, l’omniprésence de chroniqueurs “mordants”… et à l’inverse les “gentils” présentés comme des faibles, des victimes éternelles, des gens fades et sans intérêt…

Ok, je connais très peu Community

Ok, je connais très peu Community

Et pourtant… Pourtant, quand tu vois comme les gens sont plus détendus dans un pays où la politesse est la norme dans les relations, que tu vois comme ça te met de bonne humeur quand tu as une interaction agréable avec quelqu’un dans la rue, dans les transports. Ou alors, c’est moi qui suis Bisounours mais ça me rend de très bonne humeur, quand le caissier ou la caissière de ma supérette est poli, s’il est de bonne humeur et chantonne ou fait une blagounette… Ben, ouais, ça fait une différence. Vous n’imaginez pas quel niveau de bonheur j’atteignais au Québec, quand il était normal de saluer le chauffeur, que les serveurs te tapent gentiment la causette parce que c’est normal mais qu’ils s’imposent pas non plus. Tu oublies ton réflexe de jouer à la plus connasse pour pas te faire avoir.

Connasse est la parfaite illustration de "l'adoration" autour des personnages détestables (j'ai détesté le peu que j'ai vu)

Connasse est la parfaite illustration de « l’adoration » autour des personnages détestables (j’ai détesté le peu que j’ai vu)

Mais au fond, est-ce si grave ? Oui, parfois, c’est gonflant de voir un mec arriver en même temps que le bus et pousser tout le monde pour pouvoir s’asseoir alors que vous qui étiez là bien avant devez un peu pousser les gens pour avoir une mini place mais après… Après le trajet va durer quoi, 15 mn ? 20 mn ? Une goutte d’eau dans ma journée. Par contre, si je m’énerve, la tension va bien me durer une heure ou deux. Et vous aurez noté qu’en général, quand on est de mauvaise humeur, on peut causer mal à quelqu’un, tout prendre mal, c’est un cercle vicieux.

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Etre gentille… Résolution des 36 ans, tiens. Et franchement, ça va pas être si facile.

* Ce stage de yoga va finir par devenir “Cosette chez les yogi”, j’ai l’impression… Faut dire que je suis tellement retombée en amour avec le yoga depuis mon expérience marocaine que j’ai beaucoup de rancœur contre la prof qui a failli m’en dégoûter.

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Désinformations

Le pouvoir magique des réseaux sociaux. Vendredi dernier, je rentre aux petites heures de la nuit et fonce sur Internet pour me mettre au courant de l’accident de Brétigny. Je devais, le lendemain, prendre un Intercités Toulouse-Limoges-Paris et je me doutais bien que mon train serait annulé. Je finis par faire un tour sur Twitter et découvre cette histoire de caillassage des secours diffusé en boucles avec commentaires plus ou moins racistes à l’appui. Oui maintenant, quand on parle de caillassage, on assimile ça aux jeunes de cité donc aux Arabes. Classe, vraiment…

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Et puis on découvre que ahah, pas du tout. Y a bien eu un vol de portable et quelques badauds énervés de se faire refouler des lieux de l’accident mais personne n’a rapporté d’émeute telles que décrites sur Twitter. Sauf que la rumeur a grossi et que les démentis semblent peu écoutés. C’est la guerre civile, les sauvageons attaquent, raaaaah !! Cet épiphénomène me paraît intéressant à deux niveaux.

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Niveau 1 : la force de la rumeur


Tout part d’Europe 1 qui tend son micro à une membre d’Alliance, syndicat policier d’extrême droite. Les chaînes d’info en continu diffusent l’info à tout va, les twittos commencent à retweeter en masse avec quelques commentaires charmants. Les instances sur place étant légèrement occupées à tenter de sauver des vies, personne ne vient démentir avant le lendemain, trop tard, le poison s’est distillé. Ce qui est intéressant ici, c’est de voir que personne n’a l’idée d’attendre un peu avant de répandre la rumeur. Cas de plus en plus classique sur Twitter ou tu peux tuer un people d’un simple “RIP people” repris en boucle ou par un tweet trop court pour préciser une vérité…

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Amusant de voir aussi que les gens qui fustigeaient les journalistes qui ne vérifient pas leurs informations sont très prompts à retweeter la moindre information sans même se questionner sur sa valeur. Un RT ne vaut pas un article ? Certes mais c’est précisément ce qui a emballé la rumeur, ce qui lui a donné vie. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on doute de la véracité des faits, on part un peu plus dans des délires sur un gouvernement dictatorial qui tait la vérité. Pourtant, j’aimerais savoir comment les « sauvageons » ont pu accéder au wagon pour piller les morts vu que, justement, les tensions étaient dues au périmètre de sécurité trop élargi. Donc d’un côté, il y a des échauffourées à cause de trop de précautions de sécurité mais de l’autre, on a des jeunes qui pillent les cadavres, peinards. Sans qu’aucune photo ne soit prise alors que les photographes amateurs surconnectés
ont tous partagé des clichés pris de loin de l’accident. Censure, censure, censuuuuuure sans doute. Bref, gros bullshit, la nana d’Alliance (qui n’était même pas sur les lieux) a finalement juste crié au loup… et vous avez tous rentrés vos moutons, effrayés.

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Niveau 2 : les mauvaises intentions gagnent toujours
L’un des premiers tweets que j’ai vu passer, c’est un mec de Brétigny ou des environs proposant son aide aux rescapés pour les héberger. Tellement perdu dans le flot de vos indignations que personne ou presque n’a relevé. Personne n’a parlé de l’élan spontané de certains habitants Brétignois venus proposer spontanément leur aide. Le délire va même jusqu’à prétendre que ces gens ont voulu aider pour en vrai piller les cadavres. Vous n’avez pas honte de ces discours de merde ? Bien sûr que la France va mal, on ne retient que ce qui ne va pas, même si ça n’existe pas. L’indignation sur commande. Faut dire qu’en un an, on en a remué de la merde : entre le racisme assumé lors des dernières élections et l’homophobie décomplexée, faut pas s’étonner que les gens ne doutent pas une seule seconde que les sauvageons de la cité ont forcément voulu piller des morts. C’est la guerre civile, on n’est plus chez nous, blablabla.

racisme

La circonspection n’est pas une faiblesse. Attendez de savoir avant de propager une rumeur. On y gagnerait tous. Et notons que les habitants de banlieue ne sont pas tous des charognards sans foi ni loi… On a encore raté l’occasion de démontrer que Brétigny, c’est pas le « Bronx ».

Notez aussi que vous n’êtes pas obligés d’avoir un avis sur tout. Renseignez-vous avant de réagir.

Un peu de lecture intéressante pour finir :

Brétigny et les pillards de l’apocalypse

Emballement à Brétigny (2)

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Les traditions ont la vie dure : faisons le bilan

Parmi mes très nombreux vices, j’ai celui de faire des bilans. C’est mon rituel à moi, plus chouette que de manger des chocolats belges gras et écœurants. Oui je n’aime pas trop les chocolats belges, je leur préfère ceux du chocolatier de ma ville natale, fins et croquants, un pur délice ! D’ailleurs, les choses se perdent, personne n’en a offert à mon père cette année… Bref, tout ça pour dire que je vais vous gratifier de mon traditionnel bilan de l’année parce que c’est mon kiff. Bilan 2012, go !

bilan-2012

Je m’étais souhaitée pour 2012 une année calme. On peut dire sans exagérer que je n’ai pas du tout été exaucée, j’ai plutôt pris place dans le Space mountain des aléas, quelques hauts de cœur et mal aux cervicales compris. En fait 2012 est passé à ÇA de se faire taxer de marasme (dans la digne continuité de 2011) mais la fin d’année, bien qu’épuisante, a un peu sauvé le tout. Puis en y réfléchissant bien, il y a une différence majeure entre ces 2 années : en 2011, des que je pensais sortir la tête de l’eau, je me prenais un nouveau coup me ramenant au fond. En 2012, je me prenais soudain une baffe sortie de nulle part MAIS juste après, un truc cool m’arrivait. Une alternance assez épuisante certes, de gros coups au moral m’amènent direct chez la naturopathe. Mais à la différence de 2011, en 2012, je me suis pas laissée malmener, j’ai relevé le poing à chaque fois, je me suis battue comme une tigresse et force est de constater que ce retour de Nina la tigresse, largement perdue de vue depuis la fin 2010, ça, c’est l’une des meilleures nouvelles de l’année.

tigresse

Alors ne listons que le cool, le reste est accessoire. En cool, cette année, j’ai voyagé. Thaïlande, Sicile, Pays Basque, Honfleur et Belgique (enfin Nemo). Bon, mon blog voyage est moribond mais j’avoue que j’ai du mal avec la notion de carnet de voyage, finalement, j’aime mieux narrer les impressions générales et anecdotes plutôt que de raconter par le menu dans des articles peu plaisants à écrire qui conviennent peu à mon style d’écriture, me semble-t-il. Je pense tout rapatrier ici et faire une section dédiée. Parlez qu’en 2013, j’ai prévu de bouger un peu même si j’ai pas la main sur tous les facteurs à l’heure actuelle.

VACANCES

En cool aussi, parlons un tout petit peu du boulot, j’ai fait tomber deux nouvelles compétences dans mon escarcelle (veille et gestion de campagnes de pub Facebook) et ça me fait toujours plaisir. Je commence à bien régler mon léger souci de syndrome de l’imposteur (faudra que je vous en parle plus longuement à l’occasion) et à moins douter de moi. Y a encore un peu de travail, je passe régulièrement par une crise de « non mais faudrait quand même que je chope un vrai diplôme en marketing » mais ça va mieux. Quoi que ce diplôme, c’est pas tant pour une histoire de légitimité que de salaire. Si je veux avoir les moyens de mes envies voyage, faut bien continuer à faire monter le chiffre qui tombe sur mon compte en banque à la fin du mois. Ça fera plaisir à ma conseillère financière (surtout si j’en dépose sur mes comptes épargne).

ECONOMIES

Côté amour, j’ai repris goût aux romances, à l’envie de vivre des choses à 2. Ça n’a été que du vent mais ça m’a donné envie de retenter l’aventure amoureuse. Maintenant, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, mon radar à connards est défectueux. Mais bon, souvenons nous du mantra de la naturopathe : je mérite ma part de bonheur. Vu l’état de mes amours depuis pfiou lala, ce serait sympa de pas m’oublier cette année, hein !

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Mais surtout, surtout, le plus cool de tout, le meilleur pour la fin, c’est forcément mon neveu, le nouvel amour de ma vie qui est tout doux, qui sent bon et qui s’endort sur moi en 2*2. C’est une chose curieuse un bébé, ça vous ramène à votre propre faiblesse. On a été de petits êtres, on finira tous petits et rabougris, l’inéluctable cycle de la vie qu’on a toujours un peu tendance à oublier. C’est fou comme c’est fascinant, on s’émerveille de la moindre mimique, j’ai fait 3000 photos. Oui vraiment, ça change tout.

mon-neveu

Bref en fin de compte, elle etait pas si pourrie cette année. Et en 2013, je me souhaite quoi ? Vu qu’en 2012, j’ai eu pile l’inverse de ce que je voulais, en 2013, je me souhaite une année agitée…

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C’est quand qu’on est vieille fille ?

Hier soir, comme sans doute nombre de jeunes femmes désoeuvrées et cafardeuses du dimanche soir, j’ai regardé Bridget Jones. Bon, ok, je n’étais pas vraiment cafardeuse mais c’est un peu pour grossir le trait (en vrai, je n’ai même pas mangé de glace à même le pot, pour dire). Je voyais donc les pérégrinations de Bridget et je me suis posée une question dramatique : « mais c’est à partir de quand qu’on devient vieille fille ? »


Alors résumons un peu. Suis-je déjà tombé le nez le premier dans un pot de Haagen dasz. Oui. Et même sans raison valable de type rupture amoureuse. Ai-je déjà noyé mon chagrin dans de la vodka ? Non, en général, c’est du rhum. Est-ce que je me remets au sport à la moindre petite déception amoureuse, pensant que mon gros cul est la cause de tous mes malheurs ? Carrément.

Oh merde, sur le papier, ça s’annonce déjà mal. Sauf que moi, je ne suis pas résolue à trouver LE mâle qui comblera tous mes désirs, tombant amoureuse du premier tocard venu, sachant très bien que ça ne va pas le faire parce que c’est objectivement un connard mais subjectivement, je suis sûre que je vais le changer. C’est cela ouiiiiiiiiiii…

Alors est-ce que le côté vieille fille est lié à un célibat mal assumé ? Et va-t-il de pair avec une horloge interne en plein boom qui ne comprend pas encore qu’on n’ait pas procréé ? Dans ce cas, youpi, je ne suis pas encore vieille fille, tout va bien. Et puis le côté vieille fille n’inclut-il pas une question d’âge aussi ? On ne saurait être vieille fille avant au moins 30 ans, sauf exceptions. Donc je considère que, non, je ne suis pas une exception et que ma mère ayant eu la bonne idée de m’accoucher en 1980, j’échappe pour l’heure au titre de vieille fille.

Mais si l’âge n’entre pas en ligne de compte et si la vieille fillerie est plus liée à une attitude ? Réfléchissons un peu. Pour moi, une vieille fille, c’est une nana qui fait « vieille » genre qui se tient recroquevillée avec un gilet sur les épaules, la nana qui envoie clairement un message « mon kiff dans la vie, c’est de boire ma tisane à 21h30. Sortir ? Pourquoi faire ? ». Ah non, de ce point de vue là, je ne suis pas vieille fille. Mais si on suit ce cliché, Bridget non plus… Et si vieille fille, c’est envoyer un message aux hommes comme quoi on n’a pas forcément envie de leur faire une place dans notre vie ? Dans le film (j’ai lu le livre il y a 10 ans, j’en ai un faible souvenir), Bridget se fait traiter de vieille fille après une discussion où elle semble tout faire pour dégoûter un mec. Il est vrai que ces derniers temps, j’ai pas vraiment le temps d’avoir un mec, à moins qu’il ait la gentillesse de m’attendre (ou de me rejoindre) tranquillement à la maison après une soirée se terminant plus ou moins tard. Il est sûr que de loin, je dois lancer un message « pas dispo, pas dispo, pas dispo » qui clignote en gros. Alors là, oui, je suis une vieille fille.

A moins que… Et c’est là que je crois tenir le truc, dans ma dernière hypothèse. Etre vieille fille n’est pas question d’âge, de disponibilité ou de tisane (en plus, pardon mais en hiver, ma petite tisane avant d’aller me coucher, je l’aime) mais de faiblesse face au célibat. Si on reprend cette scène ou Bridget passe pour une vieille fille, son problème saute aux yeux : elle a 32 ans et la présence d’un homme la rend nerveuse quoi qu’il arrive. Parce qu’elle a une pression, la sensation d’être à la limite de la date de péremption et ça la rend vulnérable, peu sûre d’elle et godiche. Et ça, oui, ça, c’est être vieille fille.

Bon, et bien, je vais aller me faire ma tisane, moi.

NB : C’est moi ou l’affiche des JO de Moscou est terriblement phallique ?

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Apprendre à vider le vase

Hier soir, j’ai comaté devant des épisodes de série sur mon ordinateur. En fait, depuis le déménagement, j’ai une vie trop géniale : le soir, je rentre, je lance des séries sur mon pc, je dors sur mon canapé (j’ai pas encore reçu mon lit, je vous raconterai cette histoire plus tard)… Une vraie no life. Et hier soir, je me mets la saison 5 de Six Feet Under, les derniers épisodes. Je ne vais pas trop raconter pour ceux qui n’ont pas vu mais comme on peut s’y attendre, un des personnages principaux meurt. Et pendant l’épisode de son enterrement, comme une conne, j’ai pleuré, un peu. Et franchement, ça fait du bien.

Depuis quelques temps, je cumule les petites tracasseries et vexations en tout genre. Déjà, y a eu le déménagement, légèrement usant pour les nerfs et encore, tout s’est bien passé. Mais bon, le vase se remplit, tout doucement, imperceptiblement et là, je commence à frémir. Quand arrivera la goutte d’eau en trop ? Parce que parfois, y a des endroits où pleurer est plus qu’inconvenant… Genre au bureau. Ou alors faut être juste à côté des toilettes pour avoir le temps de se cacher pour pleurer.


Il y a quelques jours, un peu avant le déménagement, je crois, je flirtais avec la grosse fatigue, un peu un ras le bol général doublé du stress du « j’aurais jamais fini mes cartons à temps » (ai-je finalement réussi ? Teasing !). En gros, rien de trop grave pour pleurer mais une envie de vider le vase quand même. D’abord, pleurer un bon coup, ça fait mieux dormir ensuite. Mais voilà, comme je suis du genre « je suis forte, rien ne me touche », je suis plus du genre à bloquer mes larmes qu’à les provoquer.

D’ailleurs, pleurer n’est pas à la mode. On a bien les cours de rire ou en gros, on se met en cercle et on se bidonne pour se détendre. Ouais mais pourquoi personne ne fait pareil pour pleurer ? Un peu comme les saignées dans le temps pour vider les mauvaises humeurs mais en moins violent ? Non, pleurer, c’est le mal, c’est le malheur, on ne pleure pas. Pourtant, des fois, ça ferait du bien. Sans attendre un vrai malheur, juste pour vider le vase. Non mais c’est vrai, faut jamais pleurer, pleurer, c’est la faiblesse, le mal, gna gna gna et résultat, on bloque, on bloque, et on finit par pleurer parce qu’on a cassé son mug.

Quand j’étais en maîtrise de science po, on avait un cours de philosophie moderne et le prof nous parlait de Rousseau : « Et alors, là, Rousseau raconte qu’il a eu une espèce de révélation, il s’est assis sur un rocher et il s’est mis à pleurer. Oui, au XVIIIe siècle, on pleurait beaucoup ». D’ailleurs, le prof ressort cette phrase tous les ans. Et là, je me dis que les Lumières n’ont pas usurpé leur nom. Le XXe et à priori le XXIe sont trop des siècles de contrôle des émotions. Il ne faut pas pleurer en public, pas rire trop fort (enfin, c’est vrai que certains ont des gloussements insupportables), pas dévoiler ses sentiments amoureux pour ne pas effrayer l’autre, pas trop étaler son bonheur, son malheur, et blablabla. Sois neutre et indifférent, merci. Et bien, je trouve ça triste. Y a 15 jours, ma sœur m’a appelée en larmes car une de ses meilleures amies venait d’accoucher et elle était très heureuse
« Bouhouhou, j’arrive pas à m’arrêter !!

– Ben, profite, pleure un bon coup, pour une fois que c’est une bonne raison de pleurer ! ».

Bref, je me demande si on ne gagnerait pas à revenir à plus de sensibilité, à arrêter de se la jouer surhommes alors que nous ne sommes pas des robots. Quand le vase est plein, il faut le vider. Tout le monde pleure mais certains se cachent juste mieux que d’autre.

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TOUT VITE = TOUT BIEN?

Par DianeC’est les mains moites d’émotion et le coeur tout palpitonnant de solennelle fébrilité que je me mets à mon clavier. Ceux qui fréquentent les commentaires des vingtenaires m’auront peut-être vu sérieusement parasiter la chose ces derniers temps et, comme tout bon parasite qui se respecte, je passe au niveau supérieur et j’ai été cordialement invitée à venir parasiter par la grande porte.

Mon premier article sera un article de vieille aigrie nostalgico-réactionnaire no future fuck le système. (chouette, hein?)
Parce que, voyez vous, je me disais l’autre fois lors d’une de ces brillantes et spirituelles réflexions existentielles qui enflamment régulièrement mon moi intérieur, que décidémment, nous vivons vraiment dans une ère du zapping. Il apparaît comme une impérieuse nécessité aujourd’hui d’avoir absolument tout, tout de suite, tout vite. (d’où le titre, vous suivez?) On a envie d’un truc, pouf internet, pouf je commande, pouf je reçois. (ce qui ne veut pas dire que j’ai commandé sur internet une péripatéticienne siliconnée pour autant, pervers libidineux que vous êtes). Tout ce qui concerne le processus d’attente de la chose que l’on désire et qui fait d’ailleurs qu’on va l’apprécier davantage une fois qu’on l’a, ça disparaît. Et ça nous crée une génération de frustrés, habitués à avoir tout tout de suite, et quand il s’avère que ce n’est pas possible criant au scandale international et devenant tout rouge colère comme un gamin à qui on a
dit qu’il fallait attendre noel avant d’avoir son costume de zorro.
D’ailleurs, en parlant de mourtards, je regardais dimanche dernier « Ripostes » qui avait pour sujet « l’école », et y’avait Finkelkraut qui tout énervé de pas pouvoir faire des phrases de plus de 5 minutes sans être interrompu par le présentateur, s’agitait sur sa chaise en arguant que la merdasse qui apparemment habite les écoles aujourd’hui est due en partie à une grosse et significative baisse de la capacité de concentration des susdits moutards. Baisse qui, selon lui (et que je trouve pertinente, comme explication, d’ailleurs) est due principalement à
cette frénésie du toutousuite, et notamment aux ordinateurs et à internet, qui il est bien vrai sont par excellence un lieu de zapping frénétique et constant. Sur internet, on reste rarement plus de 5 minutes sur un site à lire un article quelconque, on clique, on clique, on clique ,on reclique et on surclique en survolant 15478 infos au lieu d’en bien intégrer une. Après, ça a ses
avantages, mais quand même pas mal d’inconvénients. Ce pourquoi monsieur Finkelkraut (petite parenthèse récréative: vous avez jamais remarqué qu’ une notifiable quantité de philosophes avaient tous des noms à coucher dehors? Finkelkraut, comte-spomville, kierkegaard, heidegger, nietzsche… comme si, pour être « in » dans le milieu philosophique, fallait être imprononçable) nous
conseillait de virer les ordis des écoles et de revenir à nos bons vieux bouquins, où on se concentre sur un truc à la fois.
De plus, pour causer actualité, un ami encore plus réac que moi me disait récemment que ça l’énervait beaucoup ce nouveau principe qui faisait que, dès que quelque chose clochait dans un couple, beaucoup prenait le réflexe automatique du divorce. (bon, après, cécilia, on peut pas la blâmer, hein, quand même) « Qwwwwaaa?? tu n’es pas un être totalement parfait et cadrant
entièrement à mes critères d’exigence relationnelle?Puf, peu me chaut, je divorce et jvais chercher ailleurs, tiens. » En gros mon ami prenait le parti de dire que, choisir de se marier, c’est prendre une option sur un paquet d’emmerdes, certes, mais que c’est ça la vie, et que grimper sur les obstacles et leur niquer la gueule était quand même bien plus intéressant que les contourner par faiblesse et oisiveté. Comme disait ce même Finkerkraut (il est pas con ce mec), les gens ont tendance aujourd’hui à vouloir que des avantages en s’indignant profondément qu’on leur impose quelques inconvénients: les parents veulent plus d’autorité à l’école mais ne veulent pas le faire chez eux, les gens veulent plus de rigueur morale et d’intégrité pour les autres mais pas pour
eux (« ouiii je suis pouuuur , il faut absolument sauver la planèèète!….hein? ah nan, je trie pas mes déchets, j’ai pas la place de mettre deux poubelles chez moi »)
Et ce zapping, cette apothéose du superficiel se constate aussi bien sûr dans tout ce qui est « site de rencontres », où on fait littérallement son marché de viande humaine, on trie, on classe, on sélectionne et on zappe en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
Bref, tout ça pour dire que la technologie, ok c’est bien, c’est pratique, mais faudrait voir à pas oublier au passage cette chose molle et circonvolutionnée qui flotte béatement dans notre boite cranienne, que je trouve que ce principe de perpétuel zapping a tendance à scléroser sévère. En gros, trop de choix tue le choix, et surtout la réflexion et le cheminement intérieur qui mène au choix.Et  des fois, il faut bien l’avouer, ça me fout limite la nausée, pour ne pas dire la gerbe. Sic transit gloria mundi…..burps.
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Si la femme a toujours raison, l’homme a toujours tort

Par Enzo

Vive la parité, vive les féministes. Je me lasse de vivre dans un monde ultra-sexiste. Pourtant en étudiant dans un domaine ultra-féminin, je pensais être au bon endroit. Mais non, des fois je me dis que les femmes sont les pires machos. L’endoctrinement marche très bien. J’ai parfois l’impression d’être plus féministe que mes camarades. Enfin je dis camarades mais c’est partout autour de moi. C’est fatigant d’un certain coté.

Un exemple parmi tant d’autres. Le désir masculin.
Il doit être toujours prêt, toujours au garde à vous. Tout autre état est pris pour de la faiblesse, pour de la traîtrise. Une baisse de « tension » pendant l’acte amoureux lors d’une concentration sur les caresses manuelles (qui est ce qui milite pour les préliminaires ?) ? Réaction choquée « Mais ?! » puis blessante « Tu ne m’aimes plus… ». Bien sûr, j’aime avec ma bite. Les hommes sont comme cela il parait. S’ils ne bandent pas continuellement, ils ne désirent pas, ils n’aiment pas. Par contre quand une femme ne mouille pas, c’est simplement l’homme qui n’est pas doué ou ne fait pas ce qu’il faut. Logique. J’oublie toujours mes leçons sexistes que je n’arrive(rais ?) jamais à intégrer. Les femmes aiment les chaussures, les hommes les voitures. Enfin un truc comme cela je crois.

Je n’ai pas envie ? C’est ma faute. Je dois être coupable, je ne la désire plus, je ne l’aime plus.
Elle n’a pas envie ? C’est ma faute. Je ne dois pas l’exciter assez, je dois pas être assez doué.
Je viens trop vite ? C’est ma faute. Je ne me contrôle pas assez, je ne dois pas être un bon coup.
Je ne viens pas assez vite ? C’est ma faute. Je ne suis plus assez excité, je dois être lassé d’elle, je suis un monstre.

J’écris cela ? C’est ma faute. Je n’ai aucune pudeur, je ne pense pas aux sentiments des autres.

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