Serpenter dans les Alpes japonaises

Le 14 octobre – Petit journée puisqu’on a un peu plus de trois heures de trajet l’après-midi pour rejoindre Takayama. Au programme : musée du manga de Kyoto… après un petit passage à la laverie ! Oui parce que notre AirBnB avait beau être équipé d’une machine à laver, point de sèche linge et faire sécher le linge sur le balcon un jour de pluie, ça marche moyen, moyen… Donc petite pause de 20 mn à la laverie pour faire sécher, le temps qu’une petite mamie nous offre un Fanta Raisin  sans raison (ou on n’a pas compris laquelle).

Borne travaux à Takayama Train à Kyoto

On repart et en chemin, on croise Ibuki Munde (orthographe non contractuelle). Qui donc ? Ibuki Munde. Moi aussi, vingt quatre heures plus tôt, je n’avais aucune idée de l’existence de ce monsieur mais en ce moment, il y a une campagne électorale. Alors comment se passe une campagne électorale au Japon ? Pas de tractage mais mais des voitures sillonnant la ville en hurlant des slogans dans un mégaphone. Donc pendant que nous cherchions un bar la veille, nous avons eu le droit à une dame qui déclamait en japonais “Ibuki Munde ! Ibuki Munde [japonais]. Ibuki Munde. Ibuki Munde…” Il y a aussi les meetings ambulants, on en a également croisé un la veille avec des gens coiffés de chapeaux d’Halloween (?). Ce matin, qui retrouve-t-on devant le Seven Eleven, ses assistants décorant le carrefour de banderoles (je ne comprends que “10%” sur la dite banderole mais de quoi ? Un député acheté, un assistant parlementaire offert ?). Bon, ce doit être la version japonaise de nos marchés, après tout. Par contre, la voiture qui braille les slogans en boucle, priez pour que ça n’arrive jamais chez nous.

Elections législatives au Japon Elections législatives au Japon

Donc le musée du manga. En fait, c’est juste une bibliothèque avec des mangas dans toutes les langues. Je me suis plongée dans le premier volume de Naruto puis je suis passée au n°1 de Monster Hunter mais que j’ai lâché vu que c’était peu ou prou la même histoire (le héros tête brulée, son side kick très sérieux et incroyablement doué, la fille niaise qui ne sert pas à grand chose (le personnage de Sakura dans Naruto crispe légèrement la féministe en moi… enfin, l’écriture du personnage, je veux dire). Bon bref, le musée n’est pas très intéressant en soi, je pique un peu du nez mais j’adorerais avoir la même chose en France (avec mangas, comics et BD, j’entends).

Musée du manga à Kyoto

Et nous revoici dans le train. Après 45 mn de Shinkanzen, nous voici à bord d’un Limited Express et là, je peux vous dire que c’est pas la même histoire. Le train secoue tellement que je galère à écrire, toutes mes tentatives de photo ruinées par les soubresauts. Des photos ? Ou parce que la route est superbe. On circule dans les Alpes japonaises, le long de gorges, l’eau est caressée par une brume basse qui confère au paysage une ambiance quasi surnaturelle. J’avais adoré mon trajet en Renfe pour la beauté des paysages. Là, c’est encore plus grandiose.

Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express Vues sur les Alpes japonaises par la fenêtre du Limited Express

Arrivée enfin à Takayama avec cinq minutes de retard. Il fait nuit mais on sent bien qu’on est en montagne, ça pique un peu. Cette fois-ci, on s’offre deux nuits à l’Hôtel. La chambre est petite, la salle de bain toujours en plastique mais bien assez grande pour ne pas être en contact avec le rideau de douche et le lit, le lit… un bonheur ! Mais surtout, dans cet hôtel, il y a une zone bain au dernier étage avec même une partie extérieure ! L’hôtel nous fournit un pyjama et un petit gilet matelassé, trop chou. Bon, par contre, c’est du modèle unique et ils ont dû prendre pour modèle un Américain Texan, apparemment. Vous avez déjà piqué les fringues de votre papa, enfant ? Et bien, ça donne à peu près la même sensation, je surflotte.

Takayama de nuit

hotel spa Alpina Takayama

Photo non prise par moi 😉

Alors petite histoire de comment qu’on va au bain. Vous prenez votre pyjama, vous allez dans les vestiaires et hop, à poil ! Les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Donc après un repas de boeuf Hida cuit à l’étouffée avec plein de plantes sauvages, on se précipite aux bains.

Plat de boeuf Hida

Donc j’avais expliqué un peu crânement à Victor que, si, si, les bains, ça se prend à poil. Sauf qu’en arrivant à l’entrée, je constate qu’il y a plein de chaussons donc plein de gens. Le doute m’assaille… On se baigne bien nus, hein ? Je me rends dans la zone pour me changer, tout le monde est déjà rhabillé… Bon, lançons-nous. Je vire mon pyjama, personne ne moufte. Je rentre dans le bain… Ouf, c’est bon, tout le monde est nu. Je me glisse donc avec délectation dans l’eau chaude, après m’être rincée une première fois. Dès que j’ai trop chaud, je file à la douche. Ici, vous avez le choix entre douche classique debout et douche assise. Face à un miroir. Ok… Je me lève, tranquillou puis je vais profiter des bains dehors. Je plonge dans un bain rond façon grosse bassine, j’admire le ciel (enfin, il fait nuit et nuageux donc l’expérience est un peu limitée). Je suis bien. Je retourne à l’intérieur, petit barbotage, dernière douche puis je file attendre Victor dans la zone repos où l’on peut s’allonger face aux montagnes… qu’on ne voit pas parce que c’est la nuit mais j’imagine. Je me sens bien, j’ai les jambes en coton, je pique un peu du nez mais mon amoureux arrive déjà. La nuit s’annonce paisible.

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Kyoto, jusqu’à bout de force : forêt de bambou, Arashiyama et jardin impérial

Kyoto, dernière journée et il va falloir faire des choix car nous ne pourrons pas tout voir. Priorité à Arashiyama et sa célèbre bambouseraie, prise d’assaut par les touristes. Cependant, il pleut et j’espère que ça en découragera plus d’un.

Bambouseraie de Kyoto

Notre gare étant située sur la bonne ligne, on est sur place très rapidement, on trouve la bambouseraie. On y entre, on déambule… et ça ne marche pas. C’est bien joli, je ne dis pas, mais j’ai préféré la bambouseraie minuscule du kokoen à Himeji. La balade est plutôt courte, je m’attendais à quelque chose de plus grand. On reste globalement sur une route assez large à part un endroit aménagé pour qu’on puisse approcher d’un peu plus près mais je ne suis pas du tout gagnée par l’atmosphère censément quasi mystique du lieu.

Bambouseraie de Kyoto

Bambouseraie de Kyoto

Un petit temple dédié aux amoureux, comme une bonne partie des temples ici, est situé dans la forêt avec, comme curiosité, un “jardin de mousses”, dixit mon guide. Moi, j’appelle ça un simple bout de terre, re déception. On croise, lors de la balade, un petit train rouge au toit en plexiglas, le train pour Sagano “le trip le plus romantique”. Dans l’absolu, la balade doit être chouette mais il pleut donc ce sera sans nous. D’ailleurs, la bambouseraie est divisée en deux par une voie de chemin de fer, j’espérais y voir ce fameux train rouge qui m’évoquait le petit train jaune des Pyrénées mais non, c’est la ligne régulière… Et je crois que c’est là que s’explique ma déception. Oui, le manque de luminosité a pu jouer ainsi que l’image que je m’en faisais, cf le jardin de mousses. Mais non, en fait, ce qui m’a décontenancée, c’est l’impossible quiétude. Il y avait déjà pas mal de monde malgré la pluie mais ça, on fait avec. Non, le problème, ce sont  les taxis qui passent sur la route qui traverse la forêt que nous devions subir toutes les deux minutes. Non mais imaginez : vous essayez de vous imprégner de la sérénité de la nature et vous devez vous coller au bord de la route pour laisser passer une voiture. Ou entendre le ding dong annonçant le passage d’un train. Même si, ça, j’aime bien parce que c’est le même dans les mangas (forcément) et c’est un peu une petite madeleine de Proust pour moi.

Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama Temple des amoureux d'Arashiyama : jardin de mousses

Bambouseraie d'Arashiyama à Kyoto : foule de touristes

Forêt de bambous de Kyoto : au milieu, passe le train

 

Un peu dépités, on sort de là pour faire un tour dans ce que nous appellerons Gogoland, la zone marchande pleine de souvenirs trop chers. Tu peux même payer en euros si tu veux ! On fait un tour du côté de la rivière pour s’offrir une jolie vue sur la montagne puis retour Kyoto.

Montagne d'Arashiyama Montagne d'Arashiyama

Retour à la gare centrale, plus précisément. Il faut savoir que la gare de Kyoto est monumentale. Littéralement. Un peu curieuse, j’ai envie de monter tout en haut des escalators et nous découvrons une superbe vue panoramique de la ville, limite plus belle que celle qu’on a eu au temple Inari, ne laissant qu’entrevoir la ville à travers la brume.  Même si cette highway centrale dans une ville rendue fantomatique m’active l’imagination puissance 1000 ! Un petit coucou à la tour de Kyoto franchement laide mais hyper pratique pour se repérer. Je remarque également un gros temple à côté… Initialement, j’avais prévu de faire un tour à l’est de la ville dans le quartier des temples mais Victor en avait un peu assez des temples (moi-même, j’avoue…) donc nouveau plan : on va visiter ce temple là puis on trace au Palais impérial pour flâner dans les jardins.

Gare centrale de Kyoto Locomotive en gare d'Arashiyama

Tour de Kyoto Kyoto, vue du temple Higashi Honganji Kyoto, panorama du haut de la gare

Le temple Higashi Honganji est un temple bouddhiste plutôt colossal avec le plus grand toit en bois du monde. On retire nos chaussures pour entrer dans un lieu au sol recouvert de tatamis, c’est assez agréable de marcher dessus. La salle est divisée en deux parties : les deux-tiers où vous pouvez vous asseoir pour prier et une dédiée aux autels et petites mises en scène. Note pour moi-même : me remettre à jour sur les pratiques bouddhistes… Entre les deux bâtiments, une petite histoire du temple qui a évidemment brûlé et été reconstruit (une constante dans la plupart des monuments que nous avons visité), on a aussi droit à une petite maquette nous montrant des travailleurs descendant une énorme tronc de la montagne enneigée avec un glissement de tronc et des pauvres ouvriers enfoncés dans la neige avec juste les jambes qui dépassent. J’ai de légers doutes quant à leur survie…

Temple Higashi Honganji à Kyoto

A présent, on fonce vers le Palais impérial. On marche, on marche, on marche… et on finit par prendre le métro. C’est là qu’on mesure toute la différence entre nos tous premiers jours de voyage et notre état au deux-tiers du séjour : au début, on faisait tout à pied et quand on prenait le train ou le métro, on était genre “ok ok, on va pas s’asseoir pour deux stations !”. Là, on en est à prendre et à s’asseoir pour une seule station. Bref,on arrive afin dans le jardin impérial, un jardin aux très grandes allées un peu austères, rien à voir avec celui de Tokyo… Les jours de beau temps, ça doit être fort charmant, surtout qu les pelouses ne sont pas interdites.

Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto Jardin impérial de Kyoto

Pour se remettre un peu de nos émotions et nous reposer les pieds, nous décidons d’aller boire un verre. Encore une grande aventure ! Manifestement, les Japonais, ils sont moyen branchés bar ou alors nous étions dans le mauvais quartier mais on a marché bien une demi-heure avant de trouver… un pub. Oui, on se retrouve donc dans un pub au Japon, qu’est-ce qu’il y a ? En fait, les gens ont l’air de boire et de manger au même endroit mais on ne veut pas manger, nous ! Bref, je me prends un petit daiquiri des familles qui me donne bien chaud aux joues, on mate distraitement un championnat de fléchettes à la télé. On retourne enfin à la gare de Kyoto à pied en suivant la Tour. Enfin l’appart, on déguste des noodles lyophilisées (en vrai, j’adore) et des desserts bizarres genre du pain au melon (farce bonne mais contour beaucoup trop pâteuse), une crème de potiron (bonne mais pas autant que la mienne) et un espèce de loukoum complètement gluant au thé matcha… dégueu.

Loukoum japonais au thé matcha

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D’Hiroshima à Kyoto

Le 10 octobre – Petite journée entre deux villes, Hiroshima et Kyoto. Levés un peu tard (08h40, une belle grasse mat’), on prend le temps, rien ne presse. Au menu du jour : aller jeter un oeil au château d’Hiroshima, jeter nos valises à la gare, faire le tour du Memorial Park puis retourner à la gare prendre un train pour Kyoto.

Le château étant à deux pas du AirBnB, nous partons avec nos gros sacs sur le dos. On traverse et là, on tombe sur un groupe de piétons qui attend patiemment le feu vert pour traverser la rue perpendiculaire… qui était coupée ! Ok… Je n’avais pas vu grand chose sur ce château et on s’attendait à un truc un peu pourri mais il était tout à fait charmant. Evidemment, c’est une reconstruction, le vrai ayant été rasé lors du bombardement…

Hiroshima - Le château

Hiroshima est une ville que je trouve très agréable, essentiellement parce que ses trottoirs sont très larges, j’avais comme un sentiment d’espace que je n’avais pas ressenti à Tokyo ou Osaka. Un peu plus de respect pour leur cours d’eau, aussi, il n’était pas enterré sous une route ou une autre. Mais l’Histoire est omniprésente, Hiroshima est un symbole de paix à elle seule. Et il y a évidemment le Memorial Peace Park, juste à côté du A Bomb Dome, les restes de la préfecture détruite par le souffle de la bombe qui a éclaté 600 mètres plus haut.

A bomb dome à Hiroshima

Un peu plus loin, des classes d’enfants se succèdent devant un monument à la mémoire des enfants d’Hiroshima tués par la bombe. On continue pour arriver au memorial en lui-même avec sa flamme qui ne sera éteinte que le jour où toutes le armes auront été éradiquées. C’est pas demain, quoi…

Memorial Peace Park à Hiroshima

Forcément, en se baladant dans la relative quiétude du parc (beaucoup d’enfants dont certains sont venus nous parler en anglais), on se sent un peu écrasés par le drame qui s’est joué ici, sa violente inutilité, aussi. Mais l’actualité nous rappelle assez régulièrement que l’Homme a tendance à ne pas trop apprendre de ses erreurs…

Le Péage Memorial Park d’Hiroshima #japan #hiroshima #memorialpark #peace

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Chat à Hiroshima

On finit ce petit tour d’Hiroshima par un déjeuner à base de soba, des nouilles au sésame, encore une jolie découverte ! On se balade dans quelques passages marchands, une des grandes spécialités des villes japonaises. Enfin, nous n’en avons pas croisé à Tokyo mais à Osaka et Hiroshima, ça pullule. On admire les chaussettes (j’adore les chaussettes japonaises), on traînasse dans un magasins de produits dérivés d’animés (avec un joli rayon manga… Je crois que je vais me mettre à en relire à mon retour). Un peu cher, forcément, mais bien sympa.

Soba

Jouir de bijou, boutique japonaise à Hiroshima

Hihihi

Retour à la gare pour un voyage Hiroshima-Kyoto avec petit pic de stress à la gare Shin Osaka avec cinq petites minutes pour notre changement de train. Moi qui suis du genre à totalement stresser pour les transports, imaginez ma sérénité. Mais on a assuré, mission accomplie. 12 minutes plus tard, nous voici à Kyoto. On se précipite dans notre AirBnB bien confortable malgré l’éternelle salle de bain en plastique honnie par Victor (moi, je n’aime juste pas que le rideau de douche se colle à moi car le bac de douche est souvent très étroit. On s’étale sur le lit pendant deux bonnes heures, harassés. Un petit bento et au lit, Kyoto nous attend.

Bento acheté à la gare de Kyoto

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Traîner à Tokyo en attendant le train : Ebisu et Meguro

03 octobre. Voici le plan : on doit quitter Tokyo à 16h15 pour Otsuki. Huit heures du mat, on déguste un petit dej à Akihabara en mettant au point notre planning du jour : aller à la gare pour gérer cette histoire de billet puis on file au Tokyo Dome Center pour faire des montagnes russes, en jetant nos sacs en consigne.

Tokyo Dome Center

Cette photo n’est pas de moi

On parvient enfin à réserver nos places et trouver une consigne et on fuit la gare qui nous épuise tant. Victor n’ayant plus envie de faire des roller coasters, préférant se préserver jusqu’à la fin du voyage “des fois que”, nous décidons d’aller nous promener du côté d’Ebisu. Suivant les conseils du Lonely Planet, pour ne pas le dénoncer, on choisit de prendre la skyline à la sortie de la gare d’Ebisu… à savoir une succession de tapis roulants avec vitres floutées. Donc on ne voit rien, zéro intérêt. Je me demande si le Lonely Planet Paris mentionne aussi l’existence des tapis roulants de Châtelet , une folle expérience s’il en est… Mais on se retrouve sur une place qui représente bien ce que j’aime à Tokyo : l’empilement désordonné d’architectures. En fait, Tokyo, c’est un peu une ville Playmobil où un enfant va poser un château et une maison de ville côte à côte sans trembler. Métaphore qui marche aussi avec les Legos mais moi, j’ai toujours été team Playmo. Donc là, on a sur notre droite et notre gauche des bâtiments en briques rouges furieusement british et en face, un château très français. Respectivement le musée de la bière et le resto local de Joël Robuchon (nom croisé assez régulièrement à Tokyo).

Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo Place Ebisu Tokyo

Bien, partons pour une promenade… après un stop au Seven Eleven pour acheter quelques curiosités comme le chocolat à la fraise et le gâteau au goût indéfini mais bien bourratif. On ne croise pas trop de monde dans ce coin là, quelques petites curiosités mais surtout, on chemine vers notre but : le canal de Meguro, recommandé par le guide car bordé de cerisiers. Alors oui, ok, mais pourquoi il n’y a quasi pas d’eau ? Nous, on s’était imaginé un Canal façon Canal St Martin ou Canal de l’Ourcq, quoi… La balade est néanmoins agréable même s’il fait chaud, on voit quelques tortues dans l’eau. On croise même un château… Toujours cette démesure architecturale. Pour se reposer de cette bonne heure et demie de marche, on se pose déguster un café pour Victor, un matcha pour moi… Ok, en rentrant, je vais apprendre à m’en faire pour ma boisson doudou de l’hiver.

Petite peinture murale #tokyo #japan #ebisu #samourai #streetart

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Après un petit passage au Family Mart pour s’offrir une boisson frappée (vanille cookie pour lui, matcha pour moi. Oui, j’adore le matcha), on repart vers la gare pour aller zieuter le Pont Nihom avec ses lions et ses dragons. On met deux heures à le trouver car mon guide a décidé que les noms de rues, ça servait à rien, mais nous voici enfin devant ce Pont assez fascinant. Il n’est pas exceptionnel en soi, c’est un pet de mouche par rapport à notre Alexandre III, par exemple, mais c’est sa situation qui me fascine. J’avais noté ça dès le premier jour : il n’y a pas de volonté de faire respirer les points d’eau dans la ville. A côté de chez nous, à Akihabara, il y avait une sorte de canal pas loin mais qu’on a cherché une bonne heure pour se repérer… et qui était littéralement coincé entre deux immeubles. Avec des mecs qui font du jet ski dessus. Là, c’est pareil : le fleuve est littéralement enterré sous les différentes voies de circulation. A Paris ou Toulouse, les voies d’eau sont des voies de circulation avec péniches, bateaux mouches et même Sea Bubbles [quand j’ai écrit mon carnet, les Sea Bubbles devaient arriver de façon imminente] . Là, on a l’impression que l’eau fait chier donc on l’enterre.

Tokyo rivière Akihabara Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom Tokyo Pont Nihom

Retour à la gare, très en avance pour prendre notre train, on est un peu contents de quitter la frénésie Tokyoïde. La ville est surprenante, j’adore les délires architecturaux  en tout genre mais avec Victor, on est d’accord : Tokyo ne passera pas devant New York mais surtout Athènes, notre ville préférée du monde. Le train file vers les montagnes, destination Otsuki  puis Kasei pour se préparer à affronter le Mont Fuji

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Dernier train pour Busan : les zombies version coréenne

Après notre cycle Wes Anderson, on se cherchait une petite idée de cycle à se faire et on s’est dit : pourquoi pas le cinéma coréen ? Après avoir bâti une liste de un nom, nous voici donc posés au calme devant Dernier train pour Busan de Yeon Sang-Ho. Bon, en vrai, on aimerait se faire un cycle coréen mais on s’est pas penchés sur la question et comme on avait beaucoup entendu parler de Dernier train pour Busan, on s’est lancés.

Affiche Dernier train pour Busan de Sang-Ho Yeon

Alors si vous avez les mêmes références que moi, quand on vous parle de train, vous imaginez un road trip initiatique du type A bord du Darjeeling Limited de toujours Wes Anderson… Et bien pas du tout ! On est ici bien plus proche d’un 28 jours plus tard ou The Walking dead, voyez. Oui, c’est un film de zombies. Je vous raconte un peu quand même : c’est l’histoire du père busy busy qui s’occupe de sa fille Soo-Ahn quand il arrive à raccrocher son téléphone, à peu près. Tous deux doivent prendre le train pour Busan où vit la mère de Soo-Ahn. Ils montent donc dans le train non sans avoir croisé une pelletée de pompiers et policiers, un incendie fait rage au loin. Alors que le train va partir, une jeune fille parvient à sauter dedans sans se faire remarquer. Les portes se ferment, le train se met en branle… Et Soo-Ahn a juste le temps de voir des gens sauter sur le chef de quai sans comprendre. Le voyage commence paisiblement jusqu’à ce que la jeune fille qui a sauté au dernier moment et qui semble blessée meure… et revient à la vie, s’attaquant à l’hôtesse de bord. La contamination commence.

Attaque de zombie dans dernier train pour Busan

Ce film est hyper prenant, on ne va pas se mentir. D’autant que même si les trains coréens ont la télé à bord (hé ouais), la situation est confuse, on ne sait pas ce qu’il se passe, s’il reste des gens non contaminés, des infrastructures. On a quelques news de l’extérieur via le conducteur du train qui parle avec les gares… Jusqu’à ce que plus personne ne lui réponde. Le papa est aussi en contact avec un de ses collaborateurs qui lui fait de temps en temps un point sur la situation. La grande force de ce film est son rythme : on alterne les phases de calme et les phases de panique totale. C’est vraiment grosse tension – asseyez vous pour respirer – on repart, de vraies montagnes russes bien dosées. Ce rythme est bien facilitée par l’ignorance des personnages. Un peu comme dans 28 jours plus tard et The walking dead, quand Jim/Rick sort du coma et part errer dans la ville sans avoir conscience du danger. Et tout à coup, ça tombe. Ici, c’est pareil : dans le train, quand l’attaque commence, beaucoup de passagers ne sont pas au courant et ceux qui fuient arrivent à semer les zombies, trop occupés à grignoter ceux restés à l’arrière. Idem quand ils s’arrêtent en gare, ils ne savent pas du tout ce qu’ils se passent, ils sont seuls et aucune menace ne semble planer…

Dernier train pour Busan

J’ai également bien aimé la version très nerveuse de ces zombies. Contrairement à the Walking dead où ils se traînent (surtout maintenant qu’ils sont de plus en plus décomposés), ils courent très vite, semblent comme possédés avec des corps désarticulés et sont surtout extrêmement acharnés. Par contre, je ne comprends pas ce qu’ils veulent. Dans The walking dead et 28 jours plus tard, ils se nourrissent de leurs proies, là…ils mordent la personne et se barrent. Woké…

Les zombies dans Dernier train pour Busan

Mais ce film a quelques défauts structurels un peu gonflants. D’abord les transformations. Selon les personnages, ça peut durer cinq bonnes minutes (genre la fille au tout début même si, ok, elle s’était fait un garrot) et pour d’autres, ça se fait en à peine 10 secondes… Mais surtout, surtout, comme dans tous ces films : certains personnages sont super cons et tu te retrouves à gueuler sur ton canapé “mais putain pourquoi tu fais ça ?” ou pourquoi tu ne le fais pas ou pourquoi tu te laisses mourir alors que tu avais deux très larges minutes pour te mettre à l’abri ? La plus agaçante sur le sujet étant Soo-Ahn qui a un peu tendance à rester plantée là où elle est, y compris quand une horde de zombies lui fonce dessus. Je veux bien croire qu’elle soit sidérée mais à un moment, est-ce que ça existe vraiment des êtres humains qui n’ont pas le réflexe de se barrer quand un truc mortel leur fonce dessus ?

Soo-Ahn dans dernier train pour Busan

Oui, y a plein de gens qui courent autour de moi en hurlant mais je suis bien, là

Il faut aussi que je fasse deux spoilers donc ceux qui veulent voir le film sans tout savoir (et je conseille ce film), filez au paragraphe suivant. Deux points négatifs majeurs dans ce film, selon moi : en 1, le “méchant”. Ok, je comprends très bien le sous-texte sur la dénonciation du capitalisme dans le film, ok. Mais le mec, c’est le même que dans Avatar, il crève jamais, on a droit à plusieurs rebondissements sur ça et à la fin, t’as juste envie de dire “ok, il est pas mort, quelle surprise, ohlala”. Mais surtout, arrêtons nous sur les deux survivantes : une enfant et une femme enceinte, les plus faibles de la bande. Je me pose la question de la lecture de ça. Dans The walking dead, les plus faibles ont tendance à mourir, par exemple, plus dans la série que dans le comic d’ailleurs, mais parce que c’est devenu extrêmement dur de vivre dans ce monde là et les plus faibles (petite fille comme Sofia ou femme enceinte comme Lorie) n’y ont pas leur place. Mais peut-être que le sous-texte ici est que c’est grâce à la solidarité des forts et leur sacrifice que les plus faibles s’en sont sortis. Mais du coup, c’était presque attendu… On ne tue pas les enfants et les femmes enceintes (mais les autres, c’est bon).

Dernier train pour Busan

Alors est-ce que je conseille ce film ? Oui… et j’avoue que je suis pas sûre de savoir pourquoi : il ne réinvente pas le genre zombie, il est souvent convenu et prévisible, il ne fait pas peur et Soo-Ahn est insupportable comme tous les enfants au cinéma. On ne ressent pas une pâte coréenne particulière, on voit in fine assez peu d’images du pays… Mais j’ai aimé quand  même. Peut-être le rythme, peut-être l’ambiance, peut-être la version désarticulée des zombies, peut-être le jeu d’actrice de Kim Soo-an (qui joue Soo-Ahn parce que oui, son personnage est chiant mais l’actrice est juste bluffante), peut-être le personnage de Sang-hwa que j’ai vraiment apprécié. Bref, je ne saurais pas vous dire pourquoi mais ce film, je m’y suis laissée prendre. Et vous ?

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La fille du train de Paula Hawkins

Et non de Frank Thilliez comme j’ai cru au départ, j’ai dû mélanger deux affiches. Comme je l’annonçais il y a quelques temps, je voulais à tout prix lire La fille du train de Paula Hawkins, donc, avant la sortie du film avec Emily Blunt, histoire de savoir si j’allais dépenser 10 € pour le voir au cinéma ou non.

Couverture la fille du train de Paula Hawkins

L’histoire : Rachel est une pauvre fille : alcoolique invétérée, elle prend tous les jours le train pour Londres pour faire semblant d’aller travailler puisqu’elle n’a pas osé dire à sa coloc qu’elle avait été virée. Tous les jours, elle passe devant la maison d’un couple qu’elle ne connaît pas mais sur qui elle projette un vécu, maison mitoyenne de celle de Tom et Anna… à savoir son ancien mari et sa nouvelle compagne. Mais un jour, la femme du couple qu’elle observe à travers la fenêtre du train disparaît et Rachel croit savoir quelque chose…

selfie dans la vitre du train avec vue sur Paris et la Tour Eiffel

Oui, je voulais faire une photo du paysage, ça donne un autoportrait chelou (mais qui va bien pour l’article du coup)

Ce roman parle à trois voix, féminines : Rachel, donc, Anna, la nouvelle compagne de son mari et Megan, la femme qui disparaît. On navigue un peu dans le temps, on apprend l’histoire par bribes. Rachel, alcoolique dernier stade, sait qu’elle était sur place le soir de la disparition de Megan, elle sait qu’elle a vu quelque chose mais aucun souvenirs. On suit donc Rachel en quête de sa mémoire et qui part peu à peu sur le chemin de la rédemption, les aventures de Megan un an avant et les pensées de la desperate housewife en chef, Anna, qui n’est qu’amour pour son mari et donc haine pour l’ex femme alcoolique qui vient souvent les emmerder quand même.

intersections, rails qui se croisent, chemins de fer

Alors est-ce que j’ai aimé ce roman ? Oui, carrément. Paula Hawkins réussit un tour de force : elle me rend Rachel presque sympathique alors que je n’aime pas les héros faibles qui retombent dans leurs travers. Je veux dire, je supporte pas trop le côté “youpi, aujourd’hui, nouvelle vie, je fais des efforts, je me sors de mon alcoolisme (ou Dieu seul sait quoi) et… oh non, il pleut, je replonge, adieux !”. C’est sans doute parce que j’ai mes propres travers et que j’ai parfois du mal à être rigoureuse sur certains trucs (coucou les régimes) mais ça me saoule de lire ça, en fait. Là, pour le coup, l’alcoolisme de Rachel est un ressort narratif mais un ressort plutôt malin finalement, ça justifie pas mal de rebondissements mais la ficelle n’est pas trop épaisse même si je mentirai en disant que je suis tombée de ma chaise à l’heure des révélations…

Tag sur un vieux train "orgasme rarement simulé", street art

J’aime la plume de Paula Hawkins qui n’en fait pas trop. C’est peut-être parce que, moi-même, j’aime les trains et j’adore broder des histoires avec quelques fils attrapés à droite à gauche. J’aurais pu tout à fait être Rachel, la fille qui, chaque jour, essaie d’apercevoir ce couple inconnu dans une maison du bord de la voie pour m’inventer une histoire sur eux, collecter précieusement les pièces du puzzle de leur vie. Enfin, je pourrais être Rachel sans la canette de gin tonic (j’aime bien le gin tonic mais en canette, brrrr). Le seul reproche que je pourrais faire sur ce roman, c’est le parti-pris assez évident de l’autrice pour Rachel (même si elle est décrite comme quelqu’un d’assez destructeur) et, en contre-champ, une Anna hautaine et parfaitement détestable. Oui, ce personnage est le seul point raté du roman… et ça tombe bien, il n’est pas le plus important.

Beau coucher de soleil un peu nuageux sur des fils électriques dans une gare

Du coup, va falloir que j’aille au cinéma, moi…

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La clé est dans la psychologie positive

Dans ma boîte, on a un truc magique : des bacs plein de magazines abandonnés par nos services presse. Avides, nous furetons à travers les Gala (non, je prends pas), Voici (non, je prends pas), Yoga magazine (moi, moi !!), Air France magazine (moi aussi !!)… Soudain, je découvre un magazine que je ne connais pas : “Psychologie positive”. Ah ben tiens, moi qui suis en pleine période “Nina feels good”, je prends.

psychologie positive

Dernier week-end d’août, petit aller-retour chez mes parents, 12h de train au menu (j’aime mes parents). Dans ma besace : un Society, un Néon, un Courrier International, un truc sur le cerveau que j’ai pas encore lu et donc Psychologie Positive. A l’aller, j’avale le Society et entame sérieusement le Néon, au retour, j’achève le Néon, le Courrier International et me lance dans la lecture de Psychologie Positive (que j’ai pas fini depuis parce que je dois finir le nouveau Society pour le passer à ma chef qui voulait lire l’article sur Elon Musk, ma vie est si folle) et là, je réalise : mais c’est génial, la psychologie positive.

bonheur

Je suis quelqu’un d’assez optimiste et volontaire de façon générale. Bon, faut dire qu’actuellement, tout va tellement dans le bon sens dans ma vie que le contraire serait étonnant : la vie de couple avec Victor se passe globalement bien, on adore notre appart, notre quartier, les chats s’entendent pas si mal (quelques disputes parfois parce que la sienne est moins joueuse que la mienne, globalement). Côté pro, je vais souffler mes deux bougies dans ma boîte, je trouve enfin ma voie (les études… ce qui est hyper logique quand on me connaît, en fait) et à part un gros soucis de bruits dans l’open space à cause d’un élément pertubateur (et aussi le fait d’être sous la clim, me forçant à prendre une veste que je ne mets que dans les locaux), tout va bien. Côté santé, grâce à mon régime, je mange beaucoup mieux et suis donc plus en forme (et allégée d’une demi-douzaine de kilos, ça aide). En fait, mon seul “vrai” souci actuellement (enfin, le plus gros) : ne pas arriver à installer ma routine. Donc oui, je suis quelqu’un de positif, ça vous étonne ? Mais il peut parfois arriver que les petits soucis de la vie vous contamine parce qu’il ne fait pas beau, que vous êtes fatiguée, que vous avez un petit bobo, que si, que ça… Oui, je suis un peu cyclothymique comme fille.

femme cyclothymique, visages changeants

Du coup, la psychologie positive nous invite à nous concentrer sur ce qui va dans notre vie plutôt que de nous laisser contaminer par ce qui ne va pas. Oui, ça paraît très con dit comme ça mais y a des moments où c’est pas mal de le répéter. Alors comprenez bien que c’est pas une formule magique non plus et que quand ça va vraiment mal, ça aide pas les “oui, bon, ok, l’amour de ta vie vient de te quitter après 10 ans de relation pour partir avec ta soeur mais regarde, ça te coupe l’appétit et tu vas pouvoir renfiler tes jeans de célibataire, hihi !”. Bon ok, je caricature à mort et pensez bien que les gens qui vous disent ça (je fais partie des gens qui essaient de toujours montrer le côté shiny de la vie) ont souvent de bonnes intentions mais bon, quand on est au fond du trou (vraiment au fond du trou), la lumière au bout du tunnel, on a vraiment du mal à la discerner donc pas la peine de ne parler que d’elle. Mais avouons que la plupart du temps, on se laisse contaminer par des bêtises.

femme réveil mauvaise humeur

Donc on inverse le paradigme : plutôt que de laisser le petit négatif empoisonner le positif, au lieu de griser le blanc, on grise le noir (puissance de la métaphore). On s’accroche à ce qui va bien, c’est notre bouée pour traverser les averses d’été : ça va vite passer, tout va vite sécher, rien de grave. Ce que j’aime dans la psychologie positive, c’est l’absence de jugement. Prenons par exemple, pour en revenir au magazine, le courrier des lecteurs et comparons le à celui de Psychologie magazine. Je lis rarement (jamais) Psychologie Magazine mais quand je récupère un numéro, je m’arrête sur une rubrique : le fameux courrier des lecteurs (alors que d’habitude, c’est typiquement ce que je saute tellement je m’en fous) parce que la psy qui répond est juste folle : elle insulte absolument tout le monde, tout est toujours de la faute de celui/celle qui écrit qui n’est qu’un-e sale ingrat-e égoïste et mentalement dérangé-e (à peu près). Dans Psychologie positive, les réponses sont toujours positives. Ca n’excuse pas l’auteur de la lettre (genre le mec qui avait femme et maîtresse et chouine car sa femme l’a quittée alors que finalement, il aurait bien gardé les deux) mais ça lui présente les choses sous un autre angle pour relativiser et travailler sur une résolution différente du problème (dans le cas du monsieur, faire le deuil de son mariage… mais on lui dit sans l’insulter).

tendre-la-main

Du coup, dans le cadre de mon programme “Nina feels good” (et du blog que j’aimerais associer à ça, d’ici 2020, je pense), je suis décidée à mettre en place un vrai programme “psychologie positive” à base de yoga, je vais tester la sophrologie,lire des bouquins sur le sujet… Parce que souvent, la vie est belle selon l’éclairage qu’on lui donne. A méditer… (je vais m’auto décerner une médaille des métaphores les plus… originales, pour commencer)

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Prague, bijou de Bohème

Prague, j’en rêvais depuis pas mal de temps. Ceux qui me suivent depuis l’origine de mon blog ou à peu près connaissent mon intérêt pour la Slavie ou plutôt l’ancien bloc communiste. Si on rajoute à ça toutes les belles images que j’avais pu voir de la capitale tchèque et ce qu’on m’en disait, j’étais chaud patate. Comme disent les jeunes… dans les années 80…

Statue dans le ciel de Prague

A chaque fois que je me rends enfin dans une destination qui me fait de l’oeil, j’ai toujours peur d’être in fine déçue, que ce soit pas à la hauteur de mes attentes… ou plutôt de mon imagination. Parce que déjà, il m’arrive de rêver de certaines villes où j’ai jamais vu les pieds genre New York ou Montréal (qui, dans mes rêves, constituaient souvent une seule et même ville), Venise (qui était un peu moins ouf que dans mes rêves mais magnifique quand même) voire Moscou que, pour le coup, je n’ai pas encore vue. Et puis je me construis des représentations mentales par rapport aux photos que je peux voir. Et de belles photos de Prague, j’en avais une petite collection. Alors Prague, à la hauteur de mes attentes ?

prague-panorama-3 prague-panorama-2 Panorama de Prague

Oui. Trois fois oui. Ca a été le coup de coeur de Victor, mon top 2 perso de nos vacances. Déjà, la ville est superbe. Tout autour de la Vtlava (je sais pas comment le prononcer), il y a des milliers de photos à faire, juste là. Le château bien sûr et sa cathédrale qui dominent la ville. Le quartier plus vivant et moderne Mustik… En fait, ce que j’aime dans Prague, c’est que tu peux aller n’importe où, t’auras toujours un beau bâtiment à admirer, un détail chouette, des façades certes très chargées mais bien travaillées, des couleurs chatoyantes. Et un tramway un peu vieux donc magnifiquement kitsch pour faire des photos cartes postales, un peu comme au Portugal.

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Côté trucs à faire, bon, le Château bien évidemment -pas très cher, il en vaut la peine – le parc au dessus du château, accessible via funiculaire. Une magnifique roseraie vous attend en haut et en redescendant, vous pourrez vous perdre dans la “forêt”. Pour les plus courageux (pas nous), vous pourrez même monter en haut de la Tour Eiffel locale, 200 ou 300 et quelques marches pour une vue imprenable sur Prague. Et j’avoue que la ville, compacte, parsemée de petits clochers, c’est fabuleux.

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Evidemment, n’oubliez pas de traverser la Vtlava en passant par le pont historique de la ville. Magnifique même si très encombré de passants et de marchands ambulants.

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Il y a aussi la Place de la République qui est très sympa avec sa principale curiosité : l’horloge astrologique. Comment la trouver ? C’est très simple : allez y juste avant l’heure pile et cherchez un amas de personnes : c’est là ! En effet, l’horloge est agrémentée de marionnettes qui s’animent quand vient l’heure et j’avoue que c’est assez sympa. Même si nous, le premier soir, on a eu droit à un concert genre Fête de la Musique chez nous, vous savez, les concerts de France 2 avec des artistes random. Donc on a eu les Spice girls locales, notamment, c’était… un peu le festival de la fausse note, ne nous mentons pas. Mais surtout, ce qui était drôle, c’est que les chansons s’arrêtaient hyper brutalement à chaque fois, ça donnait un drôle d’effet…

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Côté bouffe, entrez et abandonnez ici toute velléité de régime : on mange quand même assez gras. Evidemment, il faut manger un goulash (c’est franchement pas mauvais) et ils adorent le canard… Ca tombe bien, moi aussi et je n’en mange jamais. La cuisine n’est pas toujours des plus raffinées mais c’est goûteux et ça tient bien au corps. On a aussi fait quelques sorts au Strüdels mais on n’a pas cédé aux sirènes des Trdelnik, spécialité locale que tu trouves à tous les coins de rue mais un peu cher pour ce que c’était. Alors évidemment, je pense que c’est une destination un peu plus compliquée pour les végétariens mais sinon, y a moyen de manger beaucoup pour peu d’argent. Côté boisson, Victor n’a pas été super fan des bières locales, moi, j’étais heureuse car tous les bars servaient du cidre (en bouteille). Petite mention spéciale au Somersby que j’ai bien aimé et que j’ai retrouvé à toutes les étapes de notre voyage (avec le Carling, pas mal).

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Mais Prague, c’est une ville de débauche, aussi. Enfin, potentiellement. Les saunas coquins et cabarets (traduisez “bars à strip tease) fleurissent un peu partout dans la ville. Rien que dans notre rue, on avait un cabaret, deux sex shops, un sauna coquin et un autre en travaux (avec un jacuzzi). Fait amusant : les passants de notre rue étaient interpellés gentiment par des rabatteurs de ces établissements… Enfin les hommes, uniquement. Nous, par exemple, en tant que couple, on nous a rien proposé du tout. Autre élément qui nous a super étonné : le cannabis. Dans les supérettes, il y avait énormément de produits autour du cannabis : boissons, pipes, sucettes et gâteaux. On se dit alors que ce serait sympa de se faire un coffee shop un soir mais non, la consommation n’est pas légalisée ! En gros, le cannabis, tu le bois ou tu le manges mais tu es prié de ne pas le fumer (mais tu peux acheter des pipes et bangs). Apparemment, il est assez facile de se procurer du cannabis à fumer si on demande un peu mais on n’a pas tenté l’expérience, on préférait ne pas prendre de risque.

Oui, bon, là, c'est plus un absinth shop mais j'ai pas de photos de cannabis shops (et puis y a marqué cannabis sur la devanture)

Oui, bon, là, c’est plus un absinth shop mais j’ai pas de photos de cannabis shops (et puis y a marqué cannabis sur la devanture)

Alors Prague ? C’est oui oui oui même si, en trois jours, on avait fait le tour des principaux centres d’intérêt. Ca reste une excellente destination de week-end et ce n’est franchement pas cher. On est d’ailleurs assez motivés pour y retourner en hiver, avec la neige, histoire de la revoir parée de blanc.

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Enchantés par cette expérience, nous prenons place dans le train qui va nous mener à Budapest : 5 ou 6h de train (un Paris-Toulouse quoi) avec un vrai bar restaurant où nous avons dégusté un goulash d’assez bonne facture en admirant la campagne slovaque. Pressés d’arriver à Budapest, la capitale hongroise chère au coeur de mon adoré et qui m’avait envoyé du rêve par paquet avec les photos… Mais nous allions droit à la catastrophe…
A suivre… (cliffhanger de merde, un peu)

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Road trip en Europe de l’Est

Hey salut ! Ceux qui me suivent sur Twitter ou Instagram le savent :  pendant 15 jours, Victor et moi sommes allés se promener un peu à l’Est pour voir ce qu’il y avait de nouveau. En Europe de l’est ! Au menu : Prague, Budapest, Dubrovnik et Kotor. Ambitieux ? Oui mais c’était sans compter mon arme ultime : le powerpoint des vacances !

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C’est à peu près à ce moment là que Victor a regretté de s’être installé avec moi, je pense.

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Oui, voilà. En fait, tout a démarré il y a quelques mois quand j’ai découvert le pass Interrail, je nous imaginais déjà voyager à travers l’Europe en train, découvrir toutes les villes et les capitales. J’ai donc commencé à dessiner différents trajets. Voyons, où ai-je envie d’aller ? Amsterdam, Prague, Vienne, Dubrovnik, Thessalonique ? Attends, non, en train, ça colle pas trop… Amsterdam, Berlin, Prague, Dubrovnik, Thessalonique ? Et si on faisait Amsterdam, Berlin, Venise, Dubrovnik et Thessalonique ? Non, ça ne marche pas car : le train en Croatie, c’est pas ça… Par exemple, moi, je m’imaginais faire un Venise-Dubrovnik en longeant la côte mais non, si je veux faire Venise-Dubrovnik, je dois descendre à Bari et prendre le ferry. Bon, bref, j’essaie de ré articuler. Puis le soir de mon anniversaire, j’en parle un peu et Victor m’annonce qu’il veut aller à Budapest donc je modifie mon menu et voilà la version définitive : Prague – Budapest – Dubrovnik et Kotor. Oui, le Monténégro est apparu comme une bonne solution : moins loin que la Grèce et y a la mer.

Kotor au Monténégro

Commençons par un trajet en avion pour gagner du temps, puis train de Prague à Budapest, ça va. Maintenant, organisons le voyage Budapest – Dubrovnik… Et c’est là que ça commence à chier un peu : en fait, la Croatie n’a pas de réseau ferré très développé (peut-être à cause de la guerre, j’ai pas trop investigué là dessus, j’avoue) donc on peut arriver à Split en train, faire ensuite du bus jusqu’à Dubrovnik puis du bus jusqu’à Kotor. Ok. Et du coup, je prends pas l’Interrail, sans intérêt.

prendre le train pour voyager dans l'Europe de l'Est

Cette jolie gare est située à Budapest, en Hongrie

Je dessine donc nos vacances, je sélectionne quelques AirBnB plutôt sympas et je présente le tout à mon adoré, rétroplanning et budget en fin de présentation. Vendu ? Vendu ! Et je dois vous dire, mesdames et messieurs, que j’ai réalisé une très belle offre, un très beau package (on en a eu pour moins de 1500 € chacun pour 15 jours), je ne me suis pas plantée dans les dates, tout a roulé. Par contre, à refaire, je modifierais deux ou trois trucs mais c’est bon, si demain, je n’en peux plus du marketing, je pourrai faire agente de voyage. Enfin, à un voyage en train de nuit épouvantable et une plage de cailloux près mais on y reviendra.

plage kotor monténégro

La plage qui fait mal…

Tout était prêt en amont… Puis le déménagement et pof, on est partis à l’arrache complet : pas un guide, rien, juste nos habits et nos maillots et on s’en est sortis comme des chefs. Aidés certes par le Dieu Internet porté par le Saint Wifi, Victor a même été contacté par Google car il mettait plein de notes partout. On a usé et abusé de Google map et de ses établissements notés, de Tripadvisor, du forum du routard… Finalement, avait-on besoin de dépenser 20 € dans un guide qui nous aurait duré 2 jours ? Ahahah, non. Par contre, la prochaine fois, j’espère avoir plus de temps pour réaliser un cahier avec phrases clés, monnaie, points d’intérêts du coin. Mais comme toujours, le temps me manque.

Mais où se situe donc cette horloge ?? Réponse dans le prochain article (ou le suivant)

Mais où se situe donc cette horloge ?? Réponse dans le prochain article (ou le suivant)

Bref, asseyez-vous, on va un peu vous parler de notre road trip en Europe de l’Est (mais sans doute pas tout d’un coup, je vais encore être inspirée par plein de trucs, vous allez voir… ou pas parce que je n’ai aucune idée de la teneur de mes prochains articles)

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Le cahier d’écrivaine

Dans mes plus jeunes années, quand je me voyais déjà écrivaine, je m’étais achetée un cahier d’écrivains dont la première qualité était d’être joli. J’y notais quelques idées, quelques nom de personnages à utiliser ci ou là parce que j’aimais bien. Mais dans les faits, ai-je vraiment besoin de ce cahier d’écrivaine ?

cahier d'écrivaine

Quand on imagine le bureau d’artiste, il doit toujours y avoir dans un coin un vieux cahier gribouillé et raturé, recueillant croquis ou mots, embryons d’une œuvre future. On a souvent cette image d’Epinal d’un écrivain noircissant les pages de son carnet au fond d’un bar ou en terrasse, judicieusement accompagné d’un petit noir ou d’un ballon de rouge, voire une bonne mousse. J’avoue que le concept me fait rêver. Curieusement, j’aime à penser que j’écrirais mieux dans un environnement propice, un café ou une bibliothèque. Alors que c’est un peu comme imaginer que sa vie serait différente si on était plus grand, mince, musclé… Rayez la mention inutile. Mais les amis, c’est un leurre.

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J’ai en ma possession un joli agenda avec un hibou à lunettes dessus parce que… Pourquoi pas. J’ai élu cet agenda « cahier de l’écrivaine » car il est joli. Je le regarde droit dans les pages (blanches) et… Rien. Qu’écrire dedans ? Le nom des personnages, oui, ce ne serait pas idiot mais ensuite ? Les grandes lignes de l’intrigue, oui, mais ensuite ? Parce que le souci est là : un cahier, c’est chouette mais… Je déteste écrire à la main.

carnet d'écrivaine
Sans dire que je suis née avec un clavier entre les mains, je suis à la croisée des générations X et Y et je tapais sur des machines à écrire dès mes 8 ans. Parce que ça va plus vite et que je peux me relire. Oh j’ai certes écrit pas mal de choses à la main : un roman, exercice de français en 4ème (j’ai eu 16, je me la pète un peu) ou quelques pages de roman quand je faisais semblant de réviser mon bac dans ma chambre (la machine à écrire m’aurait grillee). Quelques bouts épars lorsque je bossais à la Poste et qu’il n’y avait pas de clients (mieux vu que de sortir un roman ou, pire, un magazine) ou quelques phrases dans les réunions m’amenant au bout de l’ennui. Mais je n’y prends pas de plaisir : ça devient vite illisible et ma main se crispe. Je vous jure, j’ai attrapé une crampe aux Philippines suite à l’écriture d’une quinzaine de cartes postales. J’ai tellement plus vite fait d’écrire au clavier, pourquoi m’emmerder ?
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Parce que la réécriture. L’avantage d’écrire à la main, outre de rentabiliser certaines réunions, c’est que je vais revenir sur mon premier jet, forcément perfectible. Ça ne veut pas dire que le second sera parfait mais sera sans doute meilleur. En plus, je me mettrai moins la pression sur la qualité vu que ça devra être tapé. Plus de fond, moins de forme. Et surtout, ne pas écrire sur un ordinateur, ça veut dire ne pas glander sur les réseaux sociaux et perdre du temps. Tu sais, ce truc là… ah oui, procrastination !

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Mais le souci majeur de ce plan, c’est le temps. J’ai déjà du mal à trouver du temps pour taper sur un clavier alors écrire ? Oublions déjà le métro : déjà que j’écris mal, là, j’atteindrai le niveau hiéroglyphe… Dans le train peut-être…Mais pourquoi pas le soir ? Ça me coupera de l’écran encore plus tôt et je recopierai mes notes le week-end, comme quand j’étais à la fac. À tester !

Pages écrites : 8 lignes /21 pages.
Y a presque un peu de mieux !

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