Travailler, c’est gagner de l’argent ?

Vous l’aurez remarqué, la question du travail m’interpelle énormément. A l’occasion des présidentielles et de la question du revenu universel se pose la question de ce qu’est le travail précisément. Il paraît que tout travail mérite salaire donc si je ne gagne pas d’argent sur une tâche, ce n’est pas du travail. Mmm, pas si simple.

Tout travail mérite salaire

Je vous parlais l’autre jour de ce blog que j’écris plus ou moins régulièrement depuis 13 ans. Environ 2850 articles pondus sur des sujets divers et variés, parfois pondus à l’arrache, parfois un peu plus référencés. Ce que je fais sur ce blog, est-ce du travail ? Si je prends en considération ce que ça m’a rapporté pécunièrement parlant, non. Si je considère que c’est ce qui m’a aidé à décrocher un ou deux postes, ça se discute. Quant à l’investissement…

Femme travaille sur ordinateur

C’est toujours un peu le problème du travail tel qu’on l’entend : tout ce qui ne rapporte pas salaire ne compte pas. Si je prends mon petit cas personnel, mon travail de coeur se passe justement dans les moments où je ne suis pas payée : dans le métro, à la pause dej, dans le métro encore, dans les réunions qui m’emmènent au bout de l’ennui, le soir, le week-end. J’écris. Ecrire, c’est pas que coucher des mots sur un support en espérant que ça fera une histoire pas trop bancale, y a un peu de recherche aussi, histoire de ne pas sortir une énormité qui ferait sortir ceux qui savent s’ils lisaient ce récit… Si jamais un jour je me sors les doigts du cul pour relire mon manuscrit terminé et l’envoyer à quelques éditeurs. Mais voilà, si écrire ne me rapporte pas un kopek (essentiellement parce que je n’essaie pas, ok), ça n’en reste pas moins du temps investi.

Joli bujo

Et je pense que vous avez tous un exemple de ce type. Je pourrais parler de ma maman qui passe des heures à peindre un tableau pour nous les offrir ou juste pour le plaisir. Vous-mêmes, vous partez peut-être à l’assaut de Paris ou d’ailleurs, un sténopé à la main ou votre reflex flambant neuf, pour réaliser de belles photos, peut-être que vous écrivez, vous dessinez, produisez de la musique, cuisinez avec soin, toutes ces choses… pour le plaisir mais avec rigueur. C’est du travail mais ça n’en est pas. Parce que vous aimeriez y consacrer plus de temps, voire tout votre temps, mais que la société n’y voit aucune utilité. Du moins, pas autant que les émissions débiles où des gens qui n’ont rien à dire s’épanchent pendant des heures, par exemple. Ou que ce cadre de votre boîte entré par copinage et qui passe ses journées à lire le journal, par exemple.

Lire son journal au bureau

Si le revenu universel permettrait de régler une partie du problème, ce n’est pas tellement mon sujet aujourd’hui. Je me posais juste la question : est-ce que tous ces mots que je tisse ici, en attendant un ailleurs, sont du travail vain ? Est-ce que ça aboutira un jour quelque part ? Est-ce qu’il faudrait que je trouve une façon de gagner un peu d’argent pour atteindre, au maximum, de quoi passer en mi-temps ? Ou juste admettre que c’est un travail pour le plaisir. Comme faire du jogging qui entretient la forme, qui permet de se satisfaire de faire mieux mais qui n’entraînera jamais le gain d’aucune médaille… et au fond, ce n’est pas bien grave..

Courir pour le plaisir

En attendant, faut que je “travaille” sur mes nouveaux blogs… j’arrive déjà pas à trouver un thème qui me plaise, on est mal barrés !

 

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Vingtenaires : clap de fin

Alors que ce blog va fêter ses 13 ans aujourd’hui ou jeudi ou par là, je siffle la fin de la récré. Non, ce titre n’est pas une vanne. Et non, je ne vais pas me taire, j’ai encore plein de choses à écrire. Mais différemment.

Clap de fin

Ca fait quelques temps que je suis un peu gênée sur ce blog, abordant un peu les sujets divers et variés, sans trop de rapport avec la choucroute initiale. Ce blog, au départ, c’était l’histoire des amours d’une bande de potes et puis, ben, il a évolué avec moi. D’un truc léger et sans conséquence, c’est devenu ma tribune sur tout et n’importe quoi. Et puis j’ai plus 20 ans depuis un petit moment.

Mamie stylée

Et puis, y a les autres idées, les autres projets. Je dois penser à un concept de blog toutes les semaines à peu près. Et dans ma vie rêvée, je serais payée pour produire toute cette prose, vous parlant tour à tour d’actu, de bien-être, de lecture, d’écriture, de DIY, de voyage, de séries télé… tous les trucs que j’aime et dont j’aime parler. Un blog sur Paris aussi. Puis, je ferais des vidéos, tout ça, tout ça. J’ai cherché comment concilier un peu tout ça et aujourd’hui, j’en viens à la conclusion que je dois splitter. Je tue les vingtenaires pour revenir sous la forme de deux blogs.

Mitose

Le premier, ce sera mon blog “douce vie”, on va dire. Le fameux Nina feels good dont je parle depuis deux ou trois ans facile. J’arrive à un âge (ahem) où j’essaie de trouver le bonheur, le vrai. Enfin, la sérénité, plutôt. Je m’en sors pas mal sur plusieurs plans mais en gros, me reste à régler le problème de la vocation (je la connais ma vocation mais comment en faire un truc rentable, comment équilibrer ma vie entre besoin de manger et envie de faire… j’ai déjà le bouquin sur le Ikigai, je vais le lire), de la procrastination, du lâcher prise et de la cyclothymie, en gros. Ah et d’une hygiène de vie un peu correcte, cet hiver fut le festival du grand n’importe quoi. Bref, une quête du bien dans mes baskets, bien dans ma tête. Une sorte de blog initiatique.

Vivre heureux

Le second, forcément, ce sera mon blog “militant”. Entre guillemets car je ne veux pas y mettre d’étiquette politique. Je fais partie d’un mouvement politique et je pense que je parlerai de la petite vie de modeste militante parce que ça peut être intéressant sur certains aspects MAIS arborer une étiquette, c’est immédiatement se faire déqualifier du débat parce qu’on ne serait pas objectif. Alors je parlerai d’objectivité peut-être un autre jour mais un parti ou mouvement politique n’est, à priori, pas une secte, j’ai mes propres opinions, il m’arrive d’ailleurs de ne pas être d’accord avec ce que peuvent dire nos leaders et je peux l’exprimer sans trembler. Enfin, sur ce blog, je parlerai de politique, actu, féminisme, ce genre de choses. Je vais essayer d’un peu plus chiader mes articles, faire quelques billets d’humeur mais aussi des “dossiers”.

Ecrire au café

Voilà en très gros, on aura le blog “petits papillons, ma vie est jolie” et le “raaaaah, ça m’énerve”, parce que ce sont vraiment les deux facettes de ma personne et que je ne suis pas sûre que le tout soit un cocktail qui ne file pas mal à la tête.  Maintenant, faut que je me mette au travail. Et ici, ça va devenir quoi ? Ca va disparaître. C’est un peu quelque chose pour moi. Ca fait 13 ans que j’écris ici, c’est le projet le plus long de ma vie. C’est mon vieux doudou qui pue, je l’aime même si je m’en occupe mal, j’aime écrire et m’exprimer, passer mon dimanche à tout écrire et programmer pour la semaine, marcher en formant des mots dans ma tête (oui, je fais ça)… Mais la plupart des vieux articles, je n’en fais plus rien, j’oublie parfois qu’ils existent… Du coup, je vais récupérer certains d’entre eux pour les publier là où ils sont les plus pertinents (notamment les séries), le reste, je téléchargerai une archive et bye.

Serre livre rouge

Bref, je vais travailler à ces nouveaux blogs, je vous tiens au courant (parce que je suis persuadée que vous êtes absolument intéressés par la nouvelle).

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Ton personnage, j’ai pas d’empathie pour lui

L’avantage de ne pas avoir trop le temps d’écrire, c’est que ça me permet d’avoir quelques livres d’avance à chroniquer. Ou pas, il y a certains bouquins sur lesquels je n’ai rien à dire. Depuis que j’ai abandonné « Je suis Pilgrim », j’ai avalé la promesse de l’ange de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, Piégée de Lilja Sigurdardottir et Un monde après l’autre de Jodi Taylor. Et autant vous dire que réussir à créer un personnage suscitant un minimum d’ empathie, c’est vraiment un sacré challenge.

La promesse de l'ange de Frederic Lenoir et Violette Cabesos Piégée de Lilja Sigurdardottir Un monde après l'autre de Jodi Taylor

Sur ces 3 romans sus-nommes, nous avons 3 héroïnes : Johanna, Sonja et Maxwell. Et bien autant vous dire que je n’ai eu de sympathie et donc d’empathie que pour la 2e. Je ne sais pas encore si j’écrirais un jour un article sur ce roman donc à tout hasard : je vous le conseille. Alors pourquoi Johanna, Maxwell et ce bon vieux Pilgrim, qui n’a jamais été appelé ainsi pendant les 400 pages que je me suis cognées mais j’ai oublié son nom, ne m’ont pas émue ? C’est un peu difficile à lister mais en gros :

 

Leurs réactions sont illogiques

Alors ça, ça me rend hystérique aussi dans les séries Ou au cinéma, quand un personnage fait un truc débile alors que s’ouvrait devant lui un autre chemin tellement plus joli et évident. C’est souvent le signe d’un scénario mal maîtrisé, un peu un « Merde, je dois déclencher un nouvel événement, comment faire… ah ben tiens, mon héros/héroïne va sauter de l’immeuble en parachute. Oui, ok, il aurait pu prendre l’ascenseur mais c’est pas badass ». Un peu ce genre. Alors je sais qu’au naturel, je suis pas la fille la plus aventurière du monde, je suis à -17 sur l’échelle du trépidant (je ne cours pas pour descendre les escaliers car j’ai peur de tomber… monter en courant, je peux par contre) mais y a des moments où les personnages prennent des risques TOTALEMENT inutiles juste parce qu’ils raisonnent n’importe comment. Du coup, qualité de m’inquiéter pour eux, je m’agace de leur manque de jugeotte.

Les réactions illogiques des personnages : prometheus

Ils sont débiles

Le suspense est quelque chose de difficile à installer, notamment dans l’univers polar/thriller. On suit donc le personnage dans sa perception de l’énigme à résoudre, on dispose du même faisceau d’indices qu’eux. Or il arrive parfois que nous trouvions qui est le coupable avant la résolution de l’énigme… parce que c’est évident. Mais l’écrivain.e a choisi de ne pas arrêter son récit là et pendant les 100 pages restantes, on a envie de leur hurler qu’ils sont cons. Parfois, c’est juste qu’ils se noient dans un verre d’eau, qu’ils cherchent une solution et partent dans des pensées complexes alors que la solution est ultra simple et tu passes une partie du roman à soupirer devant les fausses difficultés du personnage.

Pretty little liars

« Mais comment elle sait tout, A. ? » Et jamais vous cherchez des micros, par hasard ?

Je ne les connais pas

Et là, on touche au cœur du problème. Je sors de mes romans pour parler du docufiction Mars qui est extrêmement révélateur du problème. Dans le 1er épisode, un astronaute, Ben, est salement blessé et tout ce 1er épisode va s’organisée autour de la survie du groupe en général et de la sienne en particulier. Sauf que j’ai vu ce mec 5 mn en cumulé et suivre son agonie et celle de ses camarades qui se mettent en péril pour le sauver… ben je m’en fous, en fait. Surtout qu’on avait en parallèle un laïus en mode « oui, on peut mourir mais c’est pour la science donc on est en paix avec ça ». Alors pourquoi vous êtes tous prêts à crever pour un mec qui a 9 chances sur 10 d’y passer ?

Le docu fiction Mars

Autre problème : le nom. Dans Pilgrim, le mec a plein de nom parce que espion, tout ça… du coup, j’avais du mal à vraiment m’intéresser à lui. Mais le pire, c’est Un monde après l’autre. Les personnages s’appelaient par leur nom de famille et donc notre héroïne était Maxwell voire Max. Pourquoi pas. Par contre, je n’ai pas compris si son prénom était Madeleine ou Lucy vu qu’elle a eu droit aux 2. Pareil, un autre personnage est soudain appelé par son prénom au bout de 200 pages, prénom qui avait dû apparaître dans une phrase de type « Je te présente Baptiste Tartempion qui fait ci, ça et ça et pia pia pia ». Le mec sera appelé alternativement chef et chef tartempion (à ne pas confondre avec Boss, c’est un autre personnage, ça). Du coup, quand y a un Baptiste qui pop tout à coup, je perds quelques secondes à comprendre de qui on me parle. Le nom est important, un personnage peut être nommé différemment selon qui s’adresse à lui… du coup, autant je peux admettre que je ne suis pas toujours 100% attentive quand je lis, autant un roman où j’identifie mal plusieurs personnages, le souci ne vient pas forcément de moi.

Halle Berry dans Catwoman de Pitof

Leurs motivations sont pétées

Là, c’est surtout le cas de la promesse de l’ange où la psychologie du personnage est un peu… surréaliste, dirons nous. Pendant tout le roman, je secouais la tête dès qu’elle justifiait un acte en mode « non, meuf, tu n’as pas le droit de piller une tombe parce que tu as fait un rêve chelou quand tu avais 8 ans » (c’est le vrai pitch du roman). Son obsession la rend d’ailleurs absolument insupportable.

Avoir de l'empathie pour un personnage

Ils sont insupportables

Justement. Que ce soit Johanna, Lucy-Madeleine ou le Pilgrim, ce sont des gens que je n’aurais aucun plaisir à rencontrer dans la vraie vie. Johanna et Pilgrim sont très imbus d’eux-mêmes, Lucy-Madeleine est lourde… mais très en fait. Elle m’a fait penser à plusieurs reprises à la Mickey du roman horribilus… en mieux écrit néanmoins. Ouf.

Leila Bekhti dans jour polaire

Construire un personnage qui va plaire aux gens est un défi… colossal. Peut-être qu’il est même impossible de créer un personnage faisant l’unanimité, ça doit dépendre de notre sensibilité, je suppose…

Peut-on avoir de l'empathie pour Ted Mosby

Mais s’ils pouvaient arrêter d’être cons, ça me faciliterait l’empathie.

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Travailler moins pour vivre heureux

Je n’aime pas le monde du travail. Premièrement parce que c’est un monde particulièrement injuste et j’ai l’impression qu’aucun milieu n’est épargné. Il n’y a pas besoin d’être bon dans ton métier si tu es maître dans l’art des ficelles à tirer. Parfois, les usurpateurs finissent par tomber mais parfois pas… On en prend pour 40 ans d’humiliation, de torchage de pied sur notre ego qui n’avait rien demandé, de magouilles et manipulations sans intérêt… Chaque jour chômé quel qu’il soit devient pour moi une véritable fête, une bouffée d’air frais. Parce que mon bonheur, c’est travailler moins.

Le bonheur de se reposer

Je n’ai rien contre la notion de travail. J’écris ce blog depuis bientôt 13 ans (wow !), ce qui représente 2800 articles (re wow), j’écris des romans, j’écris, j’écris, j’écris. Ce qui n’est certes pas rémunéré maiiiiiiiiiis ça reste du travail, surtout certains articles où je dois faire deux ou trois recherches pour étayer mes propos. Ces articles que je produis gratuitement peuvent servir au pire à divertir ou passer le temps, au mieux à éveiller quelques consciences ou aider dans une argumentation future, au plus parfait vous faire découvrir des choses. Il n’est certes pas essentiel à la société mais… mon taf non plus en fait. Mais y en a un pour lequel je suis payée, l’autre non.

Travailler moins pour son patron et plus pour soi

On a une notion très ROIste du travail (retour sur investissement pour les chanceux qui ne bossent pas dans le marketing) : le travail, c’est ce qui me rapporte des sous, qui me fait payer des impôts et consommer des trucs dont je n’ai pas besoin la plupart du temps. Le truc qui me permet de vivre mais pas de m’épanouir. En fait, dans la start-up nation, on te fait croire que le bonheur au travail, c’est monter sa start-up dans un secteur que t’aimes trop car quand tu bosses dans ta passion, tu n’auras pas l’impression de bosser une seule journée, hihi. Bullshit, hein, près de 9 startups sur 10 ne passent pas les 5 ans et ça reste un rêve réservé aux CSP+ avec une bonne famille en back up quand surviendra la faillite… Pour les autres, ça va être “baisse la tête et bosse pour mériter ton salaire, tu vas pas finir comme ces feignasses de chômeurs qui vivent grassement grâce aux allocs, nan ?”. J’essaie de comprendre comment on peut vivre grassement des allocs mais j’ai beau envisager tous les calculs, j’y arrive pas et quand je demande à ceux qui vocifèrent ça de m’expliquer, ils ne répondent jamais. Bref, pour (sur)vivre, il faut travailler dur, longuement et ne pas être trop difficile non plus. Tu prends ce qu’il y a et si ça te va pas, t’as qu’à lancer ta start-up, donc.

Lancer sa start-up

Sauf que je ne comprends pas qu’on poursuive sur cette voie. D’abord, du taf, il y en a de moins en moins, le CDI devient une chimère, les stagiaires occupent des postes à part entière tout en étant payés une misère. Et puis tiens, le salaire, parlons-en. Dès que tu demandes une augmentation, t’as l’impression de demander à tes interlocuteurs de s’arracher un bras pour te le donner, on te fait chialer dans les chaumières en mode “la conjoncture”, “mais t’es déjà la mieux payée”, “ok, on te file une augmentation mais chut, le dis pas, tu es la seule à en avoir une”. Alors de 1: on se parle entre collègues donc arrêtez de mentir. Et de 2 : je ne suis responsable ni de la conjoncture ou d’éventuels mauvais choix de ma boîte ni du salaire de mes collègues… Mais par contre, je constate que mon loyer et mes frais augmentent et que du coup, plus je reste dans une boîte, moins je vis bien… Mais bon, qui suis-je pour me plaindre, j’ai un CDI, je devrais m’estimer heureuse.

Une salariée et des post-its

Et c’est vrai que je gagne bien ma vie et que la boule au ventre que j’ai le matin en me levant n’est pas liée à mon avenir. Cependant, une société qui sacralise à ce point le travail et les sacrifices qui sont censés y être liés, qui glorifient les gros bosseurs, ceux qui dorment peu, qui font beaucoup, dans un pays où l’on souffre de burn out, bored out, brown out, où le chômage a du mal à baisser… Est-ce qu’il n’y a pas une petite erreur de calcul ? Pourquoi toujours bosser plus alors que ça va, in fine, nous coûter toujours plus, à minima notre santé (et pas que physique). Est-ce qu’il ne serait pas temps d’entamer une décroissance du temps de travail pour nous offrir plus de temps pour nous, pour notre bonheur et, soyons fous, pour être réellement utiles à la société ? Les 32h, utopie ou conclusion logique ? Pour moi, la réponse est évidente : donnons-nous plus de temps pour vivre, créons des emplois en réduisant notre emploi du temps, arrêtons de nous obséder avec le chiffre d’affaires et payons correctement tous les collaborateurs, y compris les stagiaires. Rendons le travail moins pénible, moins vide de sens en rendant de la vie aux travailleurs.

Etre heureux au travail... en travaillant moins ?

Est-ce que je rêve d’une vie aux 32h ? Carrément. Et vous savez ce qui me fait frémir d’envie aussi ? Le revenu universel. Je vous en parle la semaine prochaine.

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Une plume décalée… mais gonflante

Leçon d’écriture n°3 de ce roman si horrible. Quand j’ai fini ce roman, je suis quand même allée jeter un coup d’oeil sur les avis et globalement, ils sont assez bons (sauf certains qui ont manifestement ressenti exactement la même chose que moi) et beaucoup évoquaient une “plume décalée”. Aaaaah, la plume décalée, cette façon différente et innovante d’écrire. Mais c’est pas parce que la forme est différente que c’est forcément suffisant pour faire un roman acceptable.

Plume décalée

Je ne suis pas forcément attachée au style. J’aime certains auteurs pour la force de leur plume, oui, c’est le cas notamment de Moravia, mais pas mal d’autres romans ne se distinguent pas par un style soigné, plus par leur intrigue, et ça peut me suffire. En fait, je demande grosso modo à un roman de m’embarquer dans son histoire. Un roman, c’est une personne qui vous raconte quelque chose et si la personne a une façon insupportable de s’exprimer, elle va vite gagner mon antipathie et je n’aurai plus envie de l’écouter. Je n’avais par exemple pas aimé le style de Katarina Mazetti dans Le mec de la tombe d’à côté ou dans mon doudou divin (et je réalise que j’ai peu aimé l’héroïne de celui là, faudra que je revienne dessus rapport à mes leçons d’écriture tirées de l’épouvantable roman sans nom dont je suis en train de parler parce que y a lien), j’ai exécré le style de La petite fêlée aux allumettes de Nadine Monfils qui m’a fait sortir du roman toutes les 3 pages… et là, encore, dans le roman horribilus, une petite voix dans ma tête lisait en hurlant “mais ta gueule, ta gueule, ta gueuuuuuuuule !!”.

Silence !

Avoir une plume “décalée” dans l’absolu, pourquoi pas. La volonté de proposer quelque chose de neuf est toujours une démarche intéressante dans l’absolu sauf que… faut pas que le fait de faire différent masque un manque de talents. Plaf,oui. Là, l’autrice parle en hashtag et en phrases barrées. Oui en hashtags et en phrases barrées, comme sur un blog (enfin comme sur un réseau social d’un côté et blog de l’autre). Arrêtons nous là-dessus : on pourrait voir dans cette écriture déstructurée la volonté de faire djeuns et pourquoi pas dans l’absolu. Sauf que personne ne parle ou n’écrit comme ça dans le cadre d’une narration. Par exemple, quand est-ce que j’utilise un hashtag ? Sur un réseau social, éventuellement lors d’une conversation pour appuyer quelque chose dans un contexte très précis (et généralement dans le cadre du travail) et toujours dans l’ironie. Pour le texte barré, on est plus dans le “je le pense mais faut pas que je le dise”. Sauf qu’on suit un récit narré à la première personne censément écrit après les faits, ça n’a donc aucun sens ! Le texte barré, c’est vraiment du “oups, j’aurais pas dû dire ça” alors que le livre est censé être un témoignage livré à posteriori et contenant une certain drame, genre l’assassinat de la Présidente de la République, au hasard…

Monk

Mais le pire, c’est que pour nous prouver à quel point l’héroïne est sans filtre, l’autrice transforme les pensées en ligne de dialogue ni vu ni connu. Genre l’héroïne pense un truc et son ex lui répond direct pour bien nous faire comprendre qu’elle prononce ses pensées. Alors déjà, comment tu veux que j’ai une quelconque empathie pour un personnage qui a la maturité d’un enfant de trois ans mais surtout… c’est incompréhensible. Ce moment où l’héroïne pense, que ça m’est présenté comme ça, et que son ex lui répond, j’étais un peu en PLS, cherchant à comprendre comment j’étais censée différencier une pensée d’une ligne de dialogue. On en est là, oui.

Je dis ce que je pense de Jul

Bref, ne pas pondre la même prose que les autres, dans l’absolu, c’est une démarche intéressante… mais encore faut-il maîtriser un minima sa technique. Et surtout permettre à la personne qui lit de comprendre ce qu’il se passe. Non parce que des livres incompréhensibles en première lecture, j’en ai eu un, hein, je fais partie des rares personnes qui sont allées au bout d’Ulysse de Joyce MAIS il y a des clés de lecture, complexes mais réelles. Là, c’est juste une enfant qui se retrouve au coeur d’une histoire qui la dépasse et qui raconte ça comme une ado attardée qui écrirait dans son journal en faisant des coeurs sur les i. Gênant.

Journal intime pour adolescente

La prochaine fois, je vous parlerai de l’héroïne, un calvaire.

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2017, cuvée… mouif

Ca y est, on arrive sur deux de mes articles préférés de l’année : le bilan de l’année et les résolutions pour l’an prochain. Ce sont mes petites traditions adorées ! Certains préfèreront le calendrier de l’avent, la dinde, croquer dans un marron glacé ou boire un petit pumpkin latte à la cannelle, moi c’est ça. Et on commence de suite par le bilan 2017, une année… un peu mouif, finalement.

Femme boudeuse - Mouif

J’avais de folles attentes pour 2017. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que j’aime me tisser des prédictions à base de chiffres, de cycles, tout ça. Donc qui dit année impaire dit année bénéfique pour moi et en plus, les années en 7, j’aime. Non mais en 2007, j’avais chopé non pas un mais deux CDI après près d’un an et demi de galères d’emploi. Alors forcément, j’avais des ambitions pour cette année, notamment au niveau de l’emploi justement… et bide. BIDE. J’ai voulu changer de voie et j’ai tenté la mobilité interne au sein de mon entreprise. Résultat : j’ai envoyé un message très positif à ma direction actuelle (“je voudrais aller bosser ailleurs, merci”) mais sans résultat aucun à cause d’histoire de salaires, de seniorité ou de poste finalement fermé. Poisse, poisse. Et depuis mon changement de manager, je ne vous raconte pas le cauchemar (peut-être plus tard, là, restons prudents).

Emily dans le diable s'habille en Prada

Bref, moins belle la vie de 9h à 19h (plus des fois le soir et le week-end parce que bon, le sous-effectif et la sous estimation de ta charge de travail malgré tes cris de protestation, on aime ça) mais le reste ? Côté vie privée, une jolie année ma foi. Pas d’emménagement ou de pacs cette année (on peut pas tout refaire non plus) mais des moments câlins, des fous-rires et de très jolis voyages dont je ne vous ai encore pas raconté grand chose mais ça va venir… Parce que ça fait du bien de raconter ses vacances, ça remet une petite pièce dans la machine. Un peu comme quand je continue de poster des photos du Japon plus de deux mois après mon retour sur Instagram, j’ai un petit sourire nostalgique à chaque fois. Le Japon, justement, un des grands moments de cette année 2017. Jamais je n’étais partie si longtemps, si loin, et en couple. Et bien, à part deux ou trois chamailleries inhérentes à tout voyage en couple, ce fut assez merveilleux, alors même que nous avons eu de la pluie 60% du temps. Je ne pense qu’à y retourner. Je crois que, justement, le côté “loin à deux” fait un bien fou même si le wifi n’aide plus tant à la déconnexion que ça. Mais le Japon en particulier et nos voyages en général, c’est clairement du côté “trucs cools de 2017”. Tout ce qui touche à notre couple, d’ailleurs. Tellement que c’est décidé : en 2019, on achète. Pas avant parce que les déménagements, c’est un peu chiant et je veux aller au bout du bail de notre appart actuel.

Déménager en couple

Et sinon, côté “projets annexes”… Je me suis un peu engagée en politique, pas tout à fait là où je pensais, j’ai plus choisi des individus qu’un parti (même si, vous vous en doutez, le changement de voie n’est pas du tout radical). En quelques mois, j’ai donc pris des cafés avec mon député, devenue co référente d’un groupe d’action local avec le directeur de campagne du dit député, été cadre de manif (je gérais l’installation avec vingt bénévoles sous mes ordres, hé oui) et me suis faite apparemment repérer par le national. J’ai pas mal d’envies de ce côté là… pas de politique en soi, je n’ai aucune envie de devenir députée, maire ou je ne sais quoi mais de tracter, de parler aux gens, je ressens le besoin de trouver une voie pour redonner l’envie aux citoyens de s’impliquer, d’aller plus loin que ce que certains entendent en écoutant BFM et co d’une oreille… Et justement, transition magique, j’avais pour projet de créer un blog engagé et… je l’ai créé. J’ai choisi le nom, j’ai choisi le thème, je lui ai donné vie sur une plateforme de blogs (pas envie de payer pour un blog wordpress avec nom de domaine et tout) eeeet… fin. Idem pour mon blog “Nina feels good”… Problème de temps, de charge mentale… Nous mettrons dans la catégorie des “j’eus aimé mais non…” : le paper art, ces blogs, donc, l’envie de se mettre aux vidéos, le sport tous les jours, la couture, l’équilibre alimentaire…

DIY

MAIS ! 2017 n’est pas que l’année du “j’ai pas fait parce que le boulot m’empoisonne”, c’est aussi l’année où j’ai repris l’écriture et bien. Un roman de 366 pages terminé, un autre entamé de 60 pages, plein d’idées, plein d’envies. Le plaisir d’écrire revenu. Et je vais vous teaser un peu mon article sur mes bonnes résolutions de 2018 : ce sera l’année où je vais noircir de la page.

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C’est quoi la réussite ?

Alors que la France est peut-être en train de faire un pas de plus dans l’ultralibéralisme si cher à mon système vomitif (j’écris mes articles le dimanche donc là, de suite, je sais pas qui est qualifié pour le second tour et s’il le faut, les poubelles brûlent dans la rue) et du coup, si on réfléchissait un peu à ce qu’est la réussite … Parce que j’aime pas trop la définition actuelle en fait.

gravir les échelons de la réussite

Suite à mon article sur le fait que j’aimais pas mon taf (en priant à mort pour que personne de ma boîte ne capte qui est l’autrice de cette prose), j’ai remarqué une sorte d’élan, de “ah mais moi aussi, pareil !”. Puis dans la semaine, en discutant avec un groupe d’amis sur Facebook, je balance nonchalamment, à propos du boulot”, “je laisse pisser, je ne gagnerai jamais”. Ce à quoi mon pote ultra positif me répond que je ne dois pas dire ça… Mais rassure-toi mon ami, ce que je disais n’était in fine pas négatif. C’est juste que je n’arrive pas à être politique, à me placer, à faire semblant. Et je n’y arrive pas aussi parce que mon métier me paraît pas utile à la société et qu’il est une dépense d’énergie bien trop importante pour 3 euros de plus et un titre ronflant.

Economies

Le titre ronflant, parlons-en. J’ai souvent l’impression que c’est le graal, la quête ultime, être “head of” pia pia. Quand je me balade sur LinkedIn, c’est de la poésie, tous ces intitulés ronflants sans le moindre sens qui me font de l’oeil juste parce que je trouverais drôle d’être “chef du bonheur au travail” ou autres. Après tout, si je veux, je suis directrice de publication [de mon blog] ou Founder/CEO [de mon autoentreprise que je devrais fermer vu qu’elle génère 0 revenus]. Quand je parlais l’autre jour du fait que j’avais pas de perspectives, une collègue n’arrêtait pas de parler de “briller”. Mais je m’en fous de briller en fait, c’est pas ça, mon moteur. Ma motivation, c’est…

Carottes pour motiver son équipe

Apprendre. Oui, je l’ai déjà dit donc je vais pas refaire l’histoire. Mais en fait, en réfléchissant à ce sujet de réussite, je me rends compte que j’ai tort de courir après la “réussite” telle qu’on la définit dans notre société de la start up de la win (on est mardi, là, je l’ai bien mangé le résultat du 1er tour). Je m’en fous d’être chef, boss, entrepreneuse, manager ou quoi que ce soit. Je veux juste avoir mon aventure et mieux, je veux essayer. Ma réussite, ce n’est pas avoir une promotion qui ne sera pas forcément liée à mes compétences mais à ma capacité à me placer. Ma réussite, c’est tenter des trucs, apprendre et faire honnêtement. Ma réussite, c’est arriver à travailler, à écrire sur ce blog et ailleurs (ah ben oui, j’ai dit que j’allais entrer en résistance, va falloir le faire, quoi), à écrire mon roman, à faire des vidéos, à coudre, cuisiner, faire du yoga, de la plongée, dormir, aussi. Bref, ma réussite, c’est pas social, c’est pas un titre sur une carte de visite. Ma réussite, c’est juste être quelqu’un que j’aime bien. Et j’aime pas trop trop les carriéristes arnaqueurs.

Les carriéristes

Alors on pourra dire de moi que je suis une ratée, que j’aurais dû être plus élevée dans la hiérarchie parce que j’ai du talent mais que j’ai pas montré assez d’ambition pour gratter un titre ronflant. Si vous voulez. Moi, je m’en fous. Si pour vous, la valeur ne se mesure qu’au titre écrit sur votre CV , soit, je ne réussis pas. Moi, je préfère oublier cette dimension là car je sais que ça n’a pas de grande valeur et me concentrer sur mon épanouissement. C’est pas forcément ce qui me fera mieux vivre sur le plan financier mais sur le reste… J’y gagne.

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Ma vocation : l’écriture

Un vendredi midi, je suis en sophrologie et nous voici en visualisation à nous imaginer dans une forêt où l’on rencontre un sage (qui est Colin Firth pour moi, je me demande bien pourquoi je l’ai pris lui) à qui on pose une question. Moi : “quelle est ma voie”. Il va nous répondre. Sur le coup, je suis un peu sceptique : c’est moi qui joue la scène, je vais pas avoir ma réponse… “Ecrire”. Ah, si putain. Et en même temps, c’est tellement évident. Des années que je cherche ma vocation alors que je l’ai toujours su.

cahier d'écriture ma vocation

Quand tu écris lors d’un week-end yoga sur les bords de Loire

J’ai 8 ans, peut-être 9. J’ai trouvé une vieille machine à écrire dans le cellier (qui était en fait une sorte de débarras avec quelques bouteilles au fond) et je tape des histoires navrantes sur ma vieille Olivetti qui coince des fois les doigts (oui, je sais plus pourquoi mais il semble que j’ai mis mes doigts là dedans un jour… ou alors je les ai coincés entre deux touches ?). Je suis une enfant, j’écris des phrases sujet-verbe-complément, les gentils sont trop gentils et les méchants vraiment trop méchants mais j’aime déjà ça. J’ai donc 8 ou 9 ans, je suis en centre aéré et la nouvelle monitrice (je faisais mi-juillet, fin août avec gros turn over au milieu) nous demande ce qu’on veut faire plus grand. Crânement, je réponds “écrivain” (oui sans e, j’étais pas très féministe à l’époque). Parce que j’aimais écrire. Parce que j’ai passé mon adolescence à écrire. Parce que j’ai un peu arrêté adulte parce que les études puis le travail. Sauf ce blog.

Machine à écrire Olivetti

Retour à la forêt du sage. “Le sage vous demande ce que vous feriez si vous étiez sûre de ne pas échouer”. J’écrirai. Tellement évident. Qu’est-ce que j’ai foutu ces dix dernières années, qu’est-ce que je suis allée faire dans cette voie qui ne me correspond pas ? Gagner des sous, youpi… Oui parce qu’on va pas se mentir, c’est à peu près ma seule carotte et vu que c’est pas la politique de la maison d’augmenter (j’ai eu 2% en 2 ans et demi, youhou… mais une de mes collègues a eu une fois 3% en 5 ans… pendant ce temps, d’autres se font des plus +10 000 en un an, peinardos), faudrait que je bouge encore et encore mais pffff. La flemme. Surtout que depuis ma révélation, je cogite, je réfléchis à un plan. Etape 1 : lancer des blogs un peu plus rentables que celui-ci (vu que j’ai pas de pub ici, ce sera pas dur de faire plus rentable, ça le sera dès 5 cts gagnés)… Etape 2: continuer et finir le roman de Maja pour l’envoyer à des éditeurs (123 pages à l’heure où j’écris cet article, hihi). Et puis aussi finir de retaper Technopolis si ce n’est fait (je ne me souviens plus) et le balancer en auto édition pour avoir un peu d’argent de poche. En clair : lancer une petite activité autour de l’écriture et voir ce que ça donne. Si ça marche un peu, passer à un ⅘, voire un ⅗… voire en totale indépendante si ça marche TRES très bien, retourner vers le journalisme. Parce que ça paie peut-être moins mais j’aime un peu mieux. Mais sans précipitation ni obligation, le but n’est pas de finir dans la rédaction d’un journal people à pisser des news sur des gens que je ne connais même pas histoire de générer du trafic non plus. Peut-être forcer à mort dans ma boîte pour partir vers la data et les études pour devenir data journaliste… Un truc dont j’ai rêvé l’autre nuit, justement, amusant…

data journalisme

Bref, maintenant que je sais, je comprends ma lassitude au sujet du travail, ma procrastination crasse (qui n’est rien d’autre qu’un manque de motivation et d’envie, quel que soit le nom qu’on lui donne), ma non envie de jouer le jeu de la politique même si je suis blessée dans mon orgueil de voir les petits jeunes aux dents longues me passer devant mais je le sais : le mérite n’est rien, il faut savoir se placer avant tout. Je joue pas le jeu, je devrais en accepter les conséquences. Mais justement, inversons le paradigme : mon taf, là, redonnons lui le sens qu’il a vraiment : c’est de l’alimentaire. Stressant (pour rien), fatigant mais au fond bien payé et un boulot de caissier est tout aussi fatigant (je déteste le bruit) et stressant avec tous les clients qui viennent te prendre la tête… Moi au moins, les clients qui me prenaient la tête quand je faisais du CM, ils étaient derrière un écran, je risquais rien. Alors on va faire ça : du 9h45-18h45, apprécier l’argent gagné pour la liberté de créer qu’il m’offre et s’en foutre. En attendant de, peut-être, réussir dans ma vocation de coeur.

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De l’art de choisir un titre

Là, par exemple, c’est nul. Quand j’étais étudiante en journalisme, il y avait déjà quelque chose que je ne maîtrisais que peu : le titre. Oh, on s’amusait bien à faire du “Libé style” dans certains devoirs et aujourd’hui, encore, sur ce blog, je pars souvent dans du grand n’importe quoi mais voilà, choisir un titre, c’est pas mon truc.

perles avec des lettres en vrac sur le sol

Je dois avouer que je ne suis pas très branchée cinéma français (ni cinéma tout court, d’ailleurs) mais y a un truc que j’aime bien dans ce cinéma, ce sont les titres de films :

Et soudain, tout le monde me manque

Belle comme la femme d’un autre

La prochaine fois, je viserai le coeur

Réparer les vivants

Ceux qui m’aiment prendront le train

(je n’en ai vu aucun)

Pareil en librairie, tous ces livres au noms alléchants

Blanche Neige doit mourir (pas si ouf, finalement)

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (je n’ai pas  aimé)

Le mec de la tombe d’à côté (au secours, j’ai détesté l’héroïne)

Pars vite et reviens tard (pas mal celui-là)

Bref des titres qui donnent envie… Et je suis bien incapable d’en produire d’aussi bons.

choisir un titre : sélection de romans

Pourtant, à la réflexion, est-ce que le bon titre fait le bon livre ? La liste précédente a l”air déjà de démontrer que pas vraiment et si je rajoute au dossier les titres de Moravia, mon auteur préféré, y a pas de quoi s’extasier “L’ennui”, “le mépris”, “les indifférents”, “Desideria” (ce roman, il vous faut vraiment le lire), “1934”, “Lui et moi” (un roman très étrange où un homme est dirigé par son énorme pénis). De la même façon, Nabokov n’est pas allé chercher midi à 14h pour Lolita. Par contre, son « Ada ou l’ardeur » était bien trouvé… mais je l’ai vraiment moins aimé (j’ai souffert à la lecture)

couverture du livre Ada ou l'ardeur de Vladimir Nabokov

Je suis complexée du titre, ce qui engendre deux conséquences :

  • je ne donne pas de titres à mes romans tant que je ne les ai pas terminés, à moins d’un éclair de génie, pour ne pas m’arrêter dès la première ligne, découragée de ne pas avoir trouvé un nom à mon œuvre
  • Je trouve un truc qui ferait un bon titre donc je cherche l’histoire qui pourrait aller avec.

Mais ça reste compliquée. Je me souviens d’un roman que j’ai écrit en 2003 ou 2004 et qui ne doit plus exister nulle part, maintenant. En vrai, ça aurait pu être une sorte de fanfic d’Angel sanctuary, un manga de Yuki Kaori que j’aimais vraiment bien, à quelques nuances près. Ouais, voilà, c’était le Fifty shades on grey d’Angel sanctuary et là, vous pouvez admirer à quel point je valorise mon travail.  Bref, j’écris l’histoire, environ 180 pages Word, de mémoire et après avoir écrit le mot « fin », je me creuse la tête : mais comment appeler ce roman ? Pas un truc avec des anges et des démons, c’est pas original puis c’est pas tant ça l’histoire, plus une question de destin qui destine plus. Je crois que le dernier titre fut “un caillou dans la machine”. C’est nul ? Oui.

rouages de montre

Tiens, faudrait que je réécrive ce truc en en faisant quelque chose d’un peu steampunk… Non. En fait non

Je me souviens à ce moment là de l’histoire avoir lu un article sur le film de Asia Argento, “Scarlet Diva”, la réalisatrice avait expliqué qu’elle avait choisi ça parce qu’elle aimait le prénom Scarlet et le côté Diva… Ca m’a pas aidé du coup. Mais j’étais jalouse, un peu, qu’elle ait réussi à trouver un nom qui claque.

Affiche du film Scarlet Diva d'Asia Argento

En attendant, moi, je laisse tomber. Mes romans ont des noms de code, souvent le prénom du héros ou de l’héroïne. Le titre, ce sera la touche finale, la cerise sur le gâteau, le topping du cupcake et… il va falloir que je renouvelle mon stock d’analogies, moi.

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T’écris toujours ? Panne d’écriture

Ah tiens, mon carnet d’écrivaine, voyons voir… Ouhla *keuf keuf* c’est bien poussiéreux, ce truc ! Bon voilà, on ne va pas se mentir : je n’écris toujours rien d’autre que ce blog depuis le début d’année. Une page de ci, de là, de temps en temps mais rien de plus. Je me déclare officiellement en panne d’écriture

Panne d'écriture

Alors j’ai mon éventail de mauvaises excuses :

  • j’ai du travail : bah oui, en journée, j’ai pas le temps d’écrire
  • Je lis dans le métro : je pourrais utiliser mon temps de trajet pour écrire un peu mais à l’aller, j’ai Victor avec moi sur les ⅔ du trajet et au retour, je lis. Et je refuse de sacrifier mon temps de lecture
  • je ne vais plus au sport entre midi et deux : je profitais de mes vingt minutes de vélo pour écrire quelques lignes mais j’ai arrêté pour des raisons de gestion du temps : oui,ça me fait un bien fou de me dépenser à la pause déj mais si on rajoute à l’heure de sport les 20 minutes de trajet et le temps de se doucher, se changer… Bon ben je me retrouvais à 14h à grignoter un sandwich devant mon écran. Et le sandwich, c’est pas top pour la ligne donc je perdais le bénéfice du sport et sur ma silhouette et sur ma zénitude vu que tout était mesuré à la minute près. Faut vraiment que j’arrive à convaincre le CE de nous faire une petite salle de sport…

salle-de-sport

  • j’ai déménagé : vous avez déjà écrit sur une pile de carton ? Moi non plus.
  • je vis en couple : on apprend un peu la vie commune et on a un peu de mal à faire les choses dans notre coin. En fait, on a encore beaucoup à faire pour être bien installés : fixer quelques étagères, déplacer quelques meubles… Bref, les week-ends passent très vite et on se retrouve souvent le dimanche soir sans avoir eu le temps d’écrire pour moi, de mixer pour lui.
  • je suis partie en vacances. Ben oui, ça prend du temps

Coucher de soleil à Budapest

Bref, j’ai un joli carnet d’excuses mais le constat reste sans appel : faut que j’arrête de me la raconter “non mais moi, j’écris dans mon temps libre et je vais essayer de me faire publier”, personne ne publiera des embryons de romans de 3-4 pages.

vieilles_archives

On arrive au point où il faut que je me pose réellement la question : qu’est-ce que je veux ? Me rêver être ou être réellement ? Quelles sont mes priorités ? Oui, j’ai envie de tenter l’aventure éditoriale, voir un peu comment ça marche et ce que je peux en retirer. Sauf qu’écrivain, c’est un métier à plein temps et… moi, mon plein temps, il se passe dans mon agence media à jouer avec les stats pour raconter des histoires. Et ça pose des questions sur mes ambitions, mes envies… En fait, clairement, je ne suis pas en crise professionnelle, c’est même carrément l’inverse : je suis à un mois et demi de souffler ma 2e bougie dans cette boîte (record) et ça évolue dans un sens très intéressant… alors que l’an dernier, j’allais toquer à la porte de l’APEC pour voir comment me reconvertir… Comme quoi.

reconversion professionnelle

Du coup, je laisse tomber en me disant que si je peux pas le faire sérieusement, autant ne pas le faire ? Pas si sûr. A présent que nous sommes installés dans notre appart du bonheur et qu’on va enfin pouvoir avoir une petite routine, y a quelque chose à tenter. Après tout, si on regarde le nombre d’articles ici, ça nous aurait fait une belle collection de romans !

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