Le réseau

Une piste intéressante pour le chômeur,c’est le réseau. Je dirais même que c’est la carte la plus intéressante dans le jeu de la recherche d’emploi. Regardez, vous, par exemple,
vous cherchez un nouveau médecin, dentiste, coiffeur ou ce que vous voulez, quel est votre premier réflexe ? Regarder dans votre entourage et demander à vos amis. Imaginons qu’un rédac chef cherche une pigiste et que je sois dans ses relations, il pensera à moi. Normalement.

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Parce que le réseau, c’est magique, c’est un peu la multiplication des petits pains : si on part du principe qu’une personne connaît au moins dix personnes, chacun de vos
contacts connaît lui-même dix personnes, chaque contact de vos contacts connaît au moins dix personnes… C’est exponentiel. Maintenant, sur viadeo, quand je cherche quelqu’un, il est toujours dans mon réseau éloigné mais ça me permet de le contacter en rebondissant de contact en contact, vu que je n’ai plus de crédit de mise en relation directe.

 

Aujourd’hui, il n’est plus besoin de vanter les qualités d’un réseau, tout le monde sait à quel point c’est important. Surtout dans des métiers de l’info et de la comm comme le
mien. Ainsi, certains y ont vu un filon et ont commencé à exploiter ça. Sur Internet, plusieurs sites vous proposent de vous constituer un réseau de façon gratuite ou payante. Je ne les connais pas tous, je cite les plus connus (enfin, ceux que j’ai déjà utilisé).

– Linked in mais l’interface m’a tellement déplue que je me suis contentée de remplir mon CV et basta. Je ne suis certes pas bilingue anglais/français mais quand même, je comprends pas mal et là, je l’ai pas trouvé intuitif du tout ce site, j’ai donc laissé tomber.

– Ziki qui permet de faire pas mal de choses. Perso, je m’en sers pour faire un miroir à mon ancien blog de chercheuse d’emploi (tué depuis, pas la peine de le chercher) puisque le
flux RSS est dessus, on peut aller sur mon CV, mon profil mybuzz et ma fiche viadeo.

– viadeo, donc. Je découvre ça et je m’amuse comme une petite folle, je linke les gens que je connais. 4 contacts, wouhou ! Vite, ça monte, je retrouve des anciens potes de
facs, je linke même des blogueurs chez qui je commente. Maintenant, va falloir que je linke les collègues. Seul défaut et de taille : viadeo est payant. Et vous payez d’un coup s’il vous
plaît. Du coup, je suis allée sur le forum suggestion gueuler un coup et j’ai gagné 6 mois gratuits. J’adore !

Donc le réseau, c’est important, la preuve. Si je m’en réfère à mon expérience personnelle, c’est mon réseau qui m’a permis indirectement d’avoir du travail, une amie qui m’a fait
suivre une annonce et voilà ! Mais surtout, le réseau permet de vous crédibiliser et assurer un bouche à oreilles favorable… Si vous avez fait les choses correctement. Par exemple, sur
viadeo, j’ai envoyé des invitation à mon tuteur de stage en presse rugby et à DRH choupinou mais ils ont pas répondu (bouh !). Non parce que j’aurais apprécié de me faire recommander. Si un mec arrive sur ma fiche et voit que mes derniers employeurs se portent garants pour moi, c’est quand même un sacré plus. « Nina, testée et approuvée par des gens qui l’ont payée ! ». Hum, ça fait un peu prostituée ce slogan, va falloir que je m’en trouve un autre. Mais l’idée, c’est ça.

Mais alors, comment se constituer un réseau ? Bon, premier cercle, la famille. Ma sœur travaille en marketing, un contact intéressant. Son ancienne coloc, une ancienne copine
à elle, je les connais, ça peut être intéressant. Tiens, mon cousin aussi est sur viadeo. Hop, je le rajoute. On n’est pas dans la même branche d’activité mais il a des contacts et ça peut
toujours me rapprocher de quelqu’un. C’est un peu ça, le jeu du réseau, on ne sait jamais qui, à l’arrivée, va nous aider. Je me souviens d’un camarade de classe qui voulait être journaliste sportif. Lors d’un rendez-vous chez le dentiste, il parla de ses visées professionnelles à ce dernier qui, what a miracle, connaissait un journaliste à l’Equipe ce qui permit à mon pote de faire un stage là-bas. Donc il vaut mieux réseauter large car on ne sait jamais qui connaît qui et qui va ouvrir la bonne porte au bon moment. Bref, il ne faut négliger personne même si, sur le coup, avoir dans son réseau un plombier ou un menuisier, ça vous paraît pas hyper pertinent pour trouver du boulot. Erreur ! Bon, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de plombiers sur viadeo et co mais je pense par contre qu’un plombier a beaucoup de clients dans divers milieux…

Alors réseautez. In fine, c’est peut-être votre amoureux ou amoureuse de maternelle qui vous mettra en contact avec la personne qu’il fallait !

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Nina qui rit, Nina qui pleure

C’est la fin de l’hiver, la période que j’aime le moins dans l’année. Chaque année, en mars, je serre les fesses et je croise les doigts : cette année, ça ira. Je me souviens, l’an dernier : un vendredi, fin février. Toujours aucune nouvelle de mon stage, panique à bord. Je prends mon téléphone et j’appelle mon peut-être futur tuteur de stage : il est en ligne, il peut pas me prendre au téléphone. Je vais donc boire un verre avec une copine mais je suis guère optimiste. 16h30, on quitte le bar et je me rends compte que j’ai un message. Tiens. J’écoute : « Bonjour, Guillaume Dulac, je vous appelle pour confirmer le stage ». Ivre de joie, je saute partout, au bord des larmes. Mars 2005 fut plutôt un bon mois : j’ai trouvé un appart en deux jours en RP, j’ai commencé mon stage, une expérience agréable qui m’a permis de rencontrer une amie proche, aujourd’hui, Zoé.
 
Un an plus tard, mars arrive et j’ai peur. Pas de boulot et pas d’entretiens de prévu, je me décide à refaire un tour des rédactions, on ne sait jamais. Mais en ce moment, ce n’est pas le pied. Concrètement, ma vie est au point mort depuis le début de l’année. Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir. Les jours se suivent, tranquillement, sans que rien ne vienne perturber l’ordre des choses. Moins de lose, certes, il ne m’est rien arrivé de négatif depuis une semaine, mais après… Pas de raison de déprimer, pas de raison de se réjouir.
 
Comme tous les gens dans mon cas, je me sens lunatique : un après-midi en bonne compagnie et je me sens bien. Une discussion houleuse et je suis au fond du trou. Des fois, j’ai l’impression que personne ne se rend compte que je vais pas bien, sans doute parce que je fais des efforts pour prétendre le contraire. Je suis pas du genre à me plaindre et quand je le fais, on me jette donc autant continuer sur ma lancée. Sauf que des fois, la coupe est pleine et j’aimerais qu’on comprenne qu’il y a des jours où ça va pas et j’ai pas envie de faire semblant. Marre des gens bien pensants qui me disent : « mais arrête de te plaindre, tu vas voir que ça va aller. » Mais je m’en fous, ça ira forcément mieux un jour mais ça fait trois mois qu’on me sort le même refrain et trois mois que ça va pas mieux donc les discours positifs à deux balles, j’en peux plus. Merde, ça va pas, j’ai le droit de le dire et si les personnes ne m’aiment pas comme ça, qu’elles ne me parlent plus. Je n’y peux rien si j’ai du mal à voir la vie en rose par moment.
 
Hier, j’ai appelé ma mère, je venais de pleurer à cause d’une dispute, je faisais semblant que tout allait bien et là, ma mère se met à pleurer parce qu’elle sait que je ne vais pas bien, parce qu’elle sait que ma sœur ne va pas bien non plus et elle en peut plus de ne pas pouvoir nous aider. Elle en peut plus de savoir que quand on pleure, elle n’est pas là. Des fois, j’aimerais retourner en enfance, à l’époque où les chagrins sont si vite oubliés qu’une heure plus tard, on ne se souvient même pas d’avoir pleuré. Mais bon, à l’époque, tout était plus simple, nos grands chagrins étaient liés à un genou écorché ou un jouet cassé… De vrais drames en soit pour des enfants de moins de dix ans mais ça se réglait vite. Adulte, rien n’est moins simple.
 
Hier, j’ai parlé à ma sœur sur Internet, elle savait que ça allait pas à cause de mon pseudo MSN plus que clair. Elle aussi ne va pas bien, son boulot ne lui plaît pas mais elle culpabilise de se plaindre : elle a du boulot, moi pas. Elle recommence à chercher et se rend compte que rien n’est moins simple mais comment peut-elle oser s’en plaindre à moi ? Alors que je suis la personne la plus apte à la comprendre, justement. C’est toujours le problème, on ne sait jamais à qui se confier, à qui faire partager notre mal être. Parce qu’oser dire que ça ne va pas, c’est passer pour une emmerdeuse de la pire espèce. C’est se prendre : « te plains pas, y a pire que toi ». Oui, y a pire que moi, je n’ai jamais dit le contraire mais ce n’est pas pour autant qu’il faut m’envoyer promener les jours où j’ai pas envie de faire semblant.
 
Je suis une fille qui se veut forte, qui fait semblant de l’être. Je ne pleure jamais devant les gens ou rarement, j’essaie toujours de me retenir. Pleurer, c’est être faible. Mais je crois qu’en ce moment, je bats mon record de larmes. Je pleure devant un film, je pleure quand on comprend pas pourquoi je vais pas bien, je pleure parce que ma mère pleure, je pleure parce que j’arrive pas à étendre mon linge. Mais ça, je ne le fais que quand je suis seule. En public, quand on me demande si ça va, je réponds toujours avec un grand sourire que oui. Il n’est pas forcément hypocrite, ce sourire, ça me fait plaisir de sortir, de voir des gens, d’arrêter de passer mes journées à constater qu’il n’y a aucune annonce me correspondant (j’ai jamais fait d’économie ou de science, désolée), surfant en pyjama devant mon écran. Mais y a des jours où ça va pas et je donne l’illusion du contraire. A tort. Après tout, si les gens ne m’aiment pas quand je vais pas bien, c’est que ce ne sont pas mes amis.
 
Aujourd’hui, je passe la journée avec Lucie qui est venue sur Paris pour deux jours. J’espère que ça m’aidera à me remonter le moral et à me faire repartir. J’espère que comme a dit M. marc de café, « les larmes, c’est fini ». J’espère que je pourrai bientôt appeler ma mère pour lui donner une bonne nouvelle. J’espère que le printemps qui arrive va me ramener ma bonne humeur permanente et de bonnes nouvelles aussi. On verra. En attendant, j’en ai marre de m’en prendre plein la gueule pour pas un rond parce que je fais semblant d’aller bien et que je suis censée tout supporter.
 
Ca ira mieux demain, sans doute. Peut-être que pour une fois, le mois de mars sera le meilleur de l’année. Un jour, je n’aurai plus besoin de mon masque de Nina qui rit parce que je serai heureuse et que je sourirai sans faire semblant et quand je dirai que « ça va », ça ne sera pas par pure politesse. J’espère que ce sera bientôt mais y a des jours où j’y crois plus. Parce que pour la première fois de ma vie, rien ne va comme je l’entends. Vie professionnelle, vie privée, rien de neuf, rien d’exaltant, rien qui ne me donne envie de me lever le matin. Même la santé commence à me lâcher, je ne mange plus, tant j’ai une boule dans la gorge à peu près tout le temps. J’ai intérêt à récupérer un ou deux kilos avant de retourner dans la famiglia sinon ma mère va encore croire que je mange pas comme il faut (oui, bon, elle a raison mais on va pas l’inquiéter plus que ça).
 
Demain, on repartira sur des articles plus joyeux. Mais la vie, c’est ça aussi, des moments moins drôles que d’autres…
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L’’homme que j’’aime

Comme je suis un peu exhibitionniste, j’ai décidé de faire une déclaration d’amour sur mon blog. Bien sûr, j’aurais pu aller chez Bataille et Fontaine demander au monsieur s’il veut ouvrir le rideau ou pas mais faut pas déconner non plus ! Manquerait plus que j’aille faire le guignol chez Arthur avec son jeu de boîtes que j’ai quand même du mal à saisir (enfin, j’ai pigé le concept, je comprends pas pourquoi y a des gens qui restent là longtemps et pourquoi ils pleurent tout le temps). Bref, il faut savoir dire aux gens qu’on les aime et moi, je le fais en public, en plus, mais avec classe.
 
J’aime, donc. Mais pas comme vous le pensez : juste un amour pur et chaste, une amitié très forte car l’amitié, c’est de l’amour. Hé oui, car l’homme de ma vie, c’est Gauthier.
 
Gauthier, je l’aime quand on parle politique étrangère
Gauthier, il m’énerve à trop boire et à conduire après
Gauthier, je l’aime quand on est sur la même longueur d’onde et qu’on dit les choses en même temps
Gauthier, il m’énerve quand il est en retard
Gauthier, je l’aime quand il prend des délires avec moi
Gauthier, il m’énerve quand il gâche ses possibilités en faisant l’andouille
Gauthier, je l’aime quand on passe des soirées à se vider la tête devant des conneries qui ne font rire que nous ou à peu près
Gauthier, il m’énerve quand il me dit que je vais me prendre un mur alors que je le sais très bien et que je fais semblant de pas voir. Et puis il m’énerve à avoir raison quand il me dit que je vais me prendre un mur.
Gauthier, je l’aime parce qu’on peut parler de tout sans tabou.
 
Mais surtout, Gauthier, je l’aime parce que quand je l’appelle à minuit et demi en larmes, il m’écoute, il me réconforte et même il m’engueule quand je tombe dans le trop mélodramatique. Oui parce qu’il faut le savoir, le Gauthier est équipé d’une fonction « coup de pied au cul ». Exemple, discussion que nous avons eu l’autre soir.
Nina, mode « je chiale » : « Bouhouhou, j’en ai marre, y a rien qui va, je vais rentrer chez mes parents !
Pourquoi ?
Mais je leur coûte trop cher !
Mais enfin, tu vas pas rentrer chez toi ! Tu vas faire quoi, là-bas ? En partant, tu vas juste donner raison à ceux qui attendent que tu te plantes ».
Oui, pour la petite histoire (pourquoi je voulais rentrer), mon proprio refuse de me rembourser ma facture de plombier (800 euros), quand même, sous prétexte qu’il fallait que je fasse juste faire le devis, lui demander et après, faire les travaux. C’est vrai, après tout, qu’est-ce que je fais chier à chouiner pour une fuite dans la salle de bain ? Comme a dit la secrétaire du proprio : « mais une fois que le réservoir aurait été vide, y aurait plus eu d’eau ». Oui, c’est vrai, j’aurais pu patauger une semaine de plus dans ma salle de bain, ce que je suis exigeante, quand même… Donc voilà, mes sous de Noël sont partis chez M. le plombier, mes parents vont sans doute m’aider mais j’en ai marre de leur coûter du fric. Au passage, si un lecteur s’y connaît un peu en droit des locataires, qu’il me fasse signe.
 
Donc, Gauthier (désolé pour la digression moumour). On passe plus de temps à rire qu’à pleurer, quand on est ensemble, mais de savoir que je peux l’appeler au milieu de la nuit et qu’il m’écoutera, j’avoue qu’il y a peu de mecs qui feraient ça pour moi. Et c’est le seul que je peux écouter au milieu de la nuit parce que même si j’aime pas qu’il m’appelle 36 fois par jour, quand c’est grave, j’écoute. Tous les deux, on conchie la terre entière, on emmerde nos concierges et nos proprios, nos profs incompétents et nos tuteurs de stages esclavagistes. On dit du mal des gens qu’on n’aime pas et qu’est-ce que c’est bon ! On va manger des fois au McDo ou alors dans notre chère cantine du Marais, on fume, on rit. Gauthier, c’est le seul mec avec qui je peux délirer sur la vie sexuelle des huîtres. Oui, en fait, la semaine dernière ou celle d’avant (peu importe), je fais : « Pfffff, j’ai la libido d’une huître en ce moment… Quoi que je ne connais rien à la vie sexuelle d’une huître.
Mais attends, les huîtres, ça passe son temps à partouzer sur des poteaux et puis c’est SM, une huître, ça passe sa vie accrochée à un filet. »
Ben voilà, y a que Gauthier pour me répondre ça et me faire rire avec la vie sexuelle des huîtres. Parce que même quand je pleure, il arrive à me faire rire. Hé oui, un Gauthier, c’est magique.
 
Laissez-moi vous raconter notre rencontre (de toute façon, c’est moi la chef du blog, je fais ce que je veux). Tout commence en 1999, fin janvier ou début février, je ne suis plus très sûre. Ce jour-là, il faisait gris et froid et je me gerçais les fesses sur le banc en béton devant l’UFR d’histoire. Je discutais avec Sandrine, notre amie nymphomane amatrice de 106 verte, et Rachel, mon ex meilleure amie frustrée et aigrie. J’avoue que je me souviens pas du tout de quoi on discute quand Sandrine nous ramène soudain un grand gars en faisant : « Ben, voilà les filles, moi je vous ramène un mec ! Gauthier, Nina, Rachel. »
 
J’avoue que je l’avais déjà croisé deux, trois fois, sans lui parler, mais il était difficile de pas le repérer : 1m94, un peu rond (mais pas plus que ça, ça faisait plus rondeurs de la fin de l’enfance qu’autre chose) mais surtout, une doudoune bleu EDF avec deux bandes jaunes fluo sur les manches. Moumour, je suis sûre qu’à l’heure actuelle, tu me détestes d’avoir révélé ce détail. Donc, on commence à discuter, je ne me souviens pas du tout de quoi. On sympathise bien et le lundi suivant, au lieu d’aller en cours de géographie, on va à la cafétéria avec Sandrine et Silvia, une amie andorrane. On retrouve sur place Guillaume, un ami du lycée de Gaugau et on parle de cul, de cul, puis de cul. Petit à petit, je me dis qu’il est plutôt mignon, Gaugau et on dirait bien qu’il me drague, à m’appeler « amour » et à me regarder droit dans le seins. Puis un jour, il découvre mon intérêt pour lui grâce à la finesse de Sandrine et il m’explique : « non mais là, je veux pas de relation sérieuse alors…heu… non. » Ce n’est que six mois plus tard que j’ai appris la vérité : le problème n’était pas tant qu’il ne voulait pas une relation sérieuse, le problème était que j’étais une femme. J’avoue que le jour où j’ai su ça, le râteau que je m’étais pris devint soudain le plus facile à digérer de toute ma vie amoureuse ! Evidemment, certains argueront qu’il aurait pu me le dire avant mais à cette époque, Gauthier était encore officiellement hétéro donc ne le lui reprochons pas.
 
Curieusement, ce vent nous a rapproché et nous sommes devenus inséparables. Ce qui a quand même pas mal aidés fut Internet : à l’époque, on était les seuls à l’avoir et on passait nos week-ends (oui, je ne l’avais que le week-end, chez mes parents, à l’époque) à s’envoyer des mails. Curieusement, notre amitié a dérangé Rachel. En très gros, cette fille était ma meilleure amie mais je pense qu’au fond, elle me détestait. Dès qu’un mec semblait s’intéresser à moi, elle en tombait amoureuse pour mieux me reprocher après le fait qu’il s’intéresse à moi et pas à elle. Nous étions tous trois en cours ensemble et Gauthier et moi nous passions des mots genre : « bite, couille, je te prendrai nue la tête dans le micro-ondes » et autres joyeusetés du genre. Le problème, c’est que Rachel ne supportait pas qu’on parle de sexe donc on ne la faisait pas participer et elle faisait la gueule, persuadée qu’on disait du mal d’elle. Du coup, en cours, elle se mettait entre nous et se penchait en avant pour qu’on puisse pas se passer les mots (qui passaient quand même dans son dos). Je veux pas dire mais je serai jamais assez garce pour écrire des mots méchants sur une fille qui est à côté de moi. Et forcément, elle tombe amoureuse de Gauthier et me voilà à nouveau la rivale. Sauf qu’à l’époque, j’étais maquée avec Pierre le pervers (enfin, façon de parler) et Gauthier était devenu mon meilleur ami. Brouetter avec lui ? Mais ça va pas, c’est limite de l’inceste !
 
Dans les premiers temps, Gauthier m’a apporté une chose précieuse : il m’a appris à jouer à la belote. C’est idiot mais quand je repense à ma première année, ce qui me revient avant tout, ce sont les parties de belote sur la pelouse du Mirail, mon petit pense bête à côté (alors, les atouts c’est valet, 9, as, dix, ça faut tant de points…) et notre merveilleuse façon de jouer, pas du tout à la parlante. Genre : « tu prends ? » Gros raclement de gorge qui veut dire : « si tu prends, connasse, je te pends avec tes propres tripes ». « Heu… non, ça ira ». N’empêche que ça me manque, la belote…
 
Mais notre amitié n’a pas toujours plu mais au fond, on s’en fout : je ne regrette aucune des personnes qui nous a tourné le dos. Hé oui, parler de cul, ça nous fait rire, jouer les pintades, ça nous fait rire. Mais bon, on va pas jouer les sérieux et sages rien que pour plaire. On est comme on est et puis c’est tout.
 
Bien sûr, nous eûmes des orages, 7 ans d’amour, c’est l’amour fol. Mille fois tu pris ton bagage, mille fois, je pris mon envol… Il n’empêche qu’un amour de 7 ans, c’est plus que toutes nos histoires d’amour cumulées (j’ai comme la sensation que cette phrase nous fait passer pour des loosers de l’amour). Même quand on se dispute (généralement, les causes sont oubliées et digérées dès le lendemain), même quand il m’écoute pas, même quand je l’écoute pas, même quand il m’impose Priscilla et Lorie, même quand je veux pas aller voir une daube au cinéma, on s’aime et puis c’est tout. Si un mec n’accepte pas Gauthier, il peut aller se faire voir.
 
En bref : moumour, je t’aime !
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Stage ta mère !

C’est la misère : je cherche du travail mais je n’en trouve pas. Décidée à ne pas quitter le journalisme de vue, je décide de chercher un stage mais, là, il est difficile de ne pas se faire piéger. Mon dernier stage, narré ici, fut une pure catastrophe, il faut bien le dire : pas rémunéré, exploitée, peu considérée, je devais amener mon propre ordi… C’était limite si je ne devais pas amener mon propre café ! Pour éviter tout ça, j’ai décidé d’être plus exigeante.

stagiaire

Le mois dernier, j’ai donc passé un entretien dans la mairie où travaillait Bouki. A la gare, en attendant que notre train parte, nous discutons avec Helmut et, je ne sais plus pourquoi, le sujet dérive sur les stages. C’est fou le nombre de gens prêts à accepter un stage non rémunéré… De toute façon, si on est payés, c’est, au mieux un tiers du SMIC. Mais pour ma part, il est hors de question de ne pas avoir un petit pécule pour mon prochain stage.

 

Pour moi, il y a différentes catégories de stages : ceux que l’on sollicite et ceux que l’on trouve par annonce. Dans la première catégorie, quasiment tous les stages que j’ai fait. Dans ces cas-là, il me paraît assez légitime que l’entreprise refuse de me payer : ils n’avaient pas forcément besoin de moi, c’est moi qui veut aller chez eux. Ceci étant, dans le journal local où j’ai travaillé et lors de mon premier stage parisien, j’ai eu des compensations. Pour le premier, j’ai eu droit à 210 euros (150 euros pour mes écrits plus 60 euros pour les photos) de gratification. Pour le second, outre les tickets resto et 50% de la carte orange, j’ai eu un aller-retour pour ma ville natale où j’allais couvrir un match (et passer le week-end chez papa et maman), un aller-retour et nuit à l’hôtel à Clermont et un aller en avion pour Toulouse (après, j’étais en vacances donc je suis revenue plus tard).

Dans la deuxième catégorie de stages, où je postule actuellement, il est hors de question de se passer d’un minimum de rétribution : s’ils mettent une annonce, c’est qu’ils ont besoin de quelqu’un, qu’ils y mettent le prix. J’avais trouvé mon deuxième stage catastrophique sur le net, une annonce : le mec avait besoin de gens pour travailler, les stagiaires, c’est le pied, c’est de la main d’œuvre gratuite. Moi, je dis non. Je ne réponds qu’aux annonces qui donnent dès le départ le salaire car les « à négocier », ça veut dire qu’il n’y en aura pas mais on peut vous filer une prime, on ne sait jamais… Donc non. Après tout, je fais le travail d’une personne, je fais mes 35 heures, voire plus. Souvent, au bout de trois jours, on est totalement autonomes donc il ne faut pas déconner, on mérite un salaire !

Mais les entreprises savent très bien qu’on n’a pas le choix, beaucoup de formations se terminent par un stage obligatoire. Du coup, on voit des annonces hallucinantes genre un grand éditeur qui propose un stage de 6 mois à un an à 300 euros par mois ! J’appelle ça tout simplement de l’exploitation. Un an, y a des CDD plus courts que ça ! Et le pire, c’est qu’ils savent très bien qu’ils trouveront quelqu’un. On voit de ses annonces, des fois ! Y en a une qui a été dénoncé moult fois : une entreprise qui recherche un stagiaire photographe
non rémunéré mais la personne doit avoir un appareil photo numérique dernier cri, un mac et des logiciels de retouche particulier… Comme plusieurs personnes ont dit, manquerait plus qu’on paye pour avoir un stage 

Pourtant, je ne nie pas l’utilité des stages. J’ai appris plus au cours de mes stages qu’au cours de mes études. Dans mon master, j’ai appris (vaguement) à me servir du matériel mais rien ne nous apprend à affronter la vie au sein d’une rédaction. De fait, j’ai fait un stage dans une radio nationale d’une semaine. En gros, je posais mon cul sur une chaise à agresser les journalistes pour qu’il me donne quelque chose à faire (« silvouplé une brève a écrir, silvouplé ! »). Et bien, ce fut bien instructif que les cours de radio que j’ai eu cette année, par une journaliste de ladite radio. Ce n’est pas la journaliste qu’on doit remettre en question, je l’ai trouvée bonne enseignante mais le journalisme, ça ne s’apprend pas en théorie, ça se vit sur le terrain, y a que comme ça qu’on apprend. Le journaliste n’a pas d’horaire : on a la journée pour écrire notre ou nos papiers, à nous de gérer. Pas mal de métiers sont comme ça. Par exemple : prof. On peut croire que c’est réglé comme du papier à musique : le lundi, 2h avec la 6ème 1, le mardi, une heure avec la 5ème 3… Mais après, faut gérer la préparation des cours, la recherche des documents, la correction des copies. Ma tante est prof, Lucie et Guillaume mon ex aussi, je vois comment ils procèdent. Ça, aucun cours ne nous apprend à faire, à nous de démerder. En plus, la position de stagiaire est assez rassurante : on fait le travail d’un journaliste mais si pépin il y a, la responsabilité tombe sur le tuteur de stage, jamais directement sur nous. Ce n’est pas pour autant qu’il faut en profiter…

Donc je ne suis pas contre les stages, bien au contraire, je suis même en train d’en chercher un si je ne trouve pas d’emplois mais le système est en train de se corrompre : chaque formation professionnalisante (et il y en a) ne peut s’achever qu’ainsi et on ne peut pas remettre en cause ça. Le problème ne vient pas des écoles (quoi qu’il faudrait qu’il y ait plus de suivis à ce niveau-là, ma sœur est partie trois mois à Londres pour faire… des photocopies !) mais surtout des entreprises qui savent que cette main d’œuvre très bon marché voire gratuite existe. Pourquoi créer un poste alors qu’il y aura toujours un stagiaire pour faire le boulot ? Depuis le temps que je consulte les annonces, je vois que certaines entreprises recrutent régulièrement des stagiaires : même texte, même poste, même rémunération, quand il y en a. J’ai même vu que mon tuteur de stage de cet été recherchait un nouveau stagiaire. Et il est toujours marqué : « gestion de la culture dans les collectivités » et « rémunération à négocier ».

Y a-t-il cependant une solution ? Est-il possible de demander aux entreprises de limiter le nombre de stagiaires et la durée du stage ? Pourquoi pas mais comment le prendra-t-on quand on nous répondra : « ah ben non, on peut pas vous prendre, on a atteint notre quota ! ». Non, le problème est plus au niveau de la rémunération : si on veut quelqu’un pour faire un travail, il est normal qu’il soit rémunéré. Parce que l’expérience, ça ne nourrit pas son homme… Après tout, on fait notre travail comme les autres, il n’y a pas de raison… Et puis si ça pouvait nous permettre de cotiser, ce ne serait pas plus mal…

Enfin, le débat naît, je ne sais pas trop ce que ça va donner, je ne suis guère optimiste. Je pense que le débat va faire long feu mais les entreprises apprécient trop les avantages des stages pour y renoncer sans lutter. En attendant, moi, je cherche toujours…

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Bi l’an

Chaque année, nous voici face à un terrible moment, en ce mois de décembre : le bilan de l’année. Personnellement, j’en fais toujours deux par an (d’où le titre, je suis en forme pour les jeux de mots à la con, en ce moment) : un en juin, lors des vacances et un en décembre, à la fin de l’année. Mes rêves pour 2005 se sont-ils réalisés ? Heu…
 
La santé
Rien de particulier à signaler, j’ai toujours mon appendice et mes amygdales, je ne me suis pas encore reproduite. Aucune maladie particulière ne s’est manifestée, si ce n’est mon mal de cou chronique en été qui me bloque. Sinon, je suis toujours en parfait état de marche, merci.
 
Les études
Terminées, donc, le point positif de l’année, je pense. J’ai plutôt bien réussi cette année de master, je suis assez contente du résultat si ce n’est que le directeur de master semble avoir une dent contre moi : il m’a foutu un 2,5/10 qui ne me semble pas justifié (si ce n’est par le fait que nous sommes en désaccord sur le sujet) et un 13 au rapport de stage là où les autres ont eu entre 16 et 19… Et une mention bien qui s’envole, du coup. Peu importe, comme m’a dit mon tuteur de stage, la mention, les employeurs s’en foutent. Moi moins mais je me console en voyant les excellentes notes que j’ai eues dans les autres matières : c’est pas compliqué, ma moins bonne note est 11, en droit (j’en avais jamais fait de ma vie) et je culmine à 16 ou 17 en module technique. Faut dire que j’ai bien bossé cette année, mon diplôme, je le méritais. Ceci étant, je me demande encore si j’ai fait la bonne formation, tant je n’ai rien appris, mais je crois que c’est pareil pour tous les DESS. Ce que je regrette surtout, c’est que personne ne nous a aidé durant l’année. A la réunion de rentrée, mon cher directeur de master s’extasiait : « oui, dans 6 mois, vous serez peut-être à Atlanta à faire un reportage sur CNN ! ». Waouh, ça fait rêver, que de perspectives ! Résultat, au moment de chercher des stages AUCUN coup de main mais vraiment aucun. Et quand on trouvait, c’était l’apothéose. Prenons notre amie Clara qui sue sang et eau pour se dégoter un stage d’observation de quinze jours à France 3 national. Elle annonce ça à notre directeur qui fait : « ah mais fallait me le dire que vous cherchiez à France 3, je connais M. Tartempion, là-bas ! » Alors, d’une part, pour lui dire, il aurait fallu qu’on le voit et puis forcément, il a beau jeu de dire ça APRES.
 
Je me suis démerdée toute seule pour mes stages avec plus ou moins de réussite (plus pour le premier, pas du tout pour le second). Et là, voici que je reçois au mois d’août une lettre de l’IEP me demandant de filer mes contacts pour constituer un fichier… Non mais ils rêvent les yeux ouverts ! Pendant 6 mois, nous n’avons eu aucun interlocuteur, nous nous sommes démerdés seuls pour tout et là, ils arrivent la bouche en cœur et osent nous demander ça. Curieusement, j’ai omis de répondre…
 
Enfin, retenons juste qu’après 7 ans d’études, me voici bardée d’un beau bac+5… qui ne me sert à rien pour l’heure mais patience…
 
Le boulot
Bon, on va mettre les stages dans cette catégorie, histoire de…
Premier stage, tout nickel : pas rémunéré, certes, mais des tickets repas à 8,60 € par jour et la carte orange à moitié remboursée, on ne s’en sort pas si mal ! Mais surtout, on travaillait dans une ambiance vraiment bon enfant, je ne me suis pas ennuyée pendant deux mois et demi. Puis là-bas, j’ai rencontré Zoé qui est une de mes grandes amies parisiennes… C’est là-bas que j’ai commencé mon blog. J’ai des souvenirs magiques de ce stage, des expériences inoubliables qui me serviront longtemps pour mon métier. Finalement, il aurait été rémunéré avec un boulot à la clé, ça aurait été parfait.
Deuxième stage, tout faux. Dès le départ, je ne le sentais pas, j’aurais jamais dû y aller. J’explique : je réponds à une annonce sur un site Internet, j’envoie des dizaines de candidature et c’est la première (seule) réponse positive, les autres postes ayant déjà été pourvus. Donc en rentrant de Clermont Ferrand où j’avais couvert un match, traînant ma valise et pestant après la pluie qui tombe alors que je suis en t-shirt et pantacourt, je vais à un entretien pour ce poste. J’erre dans un quartier très populaire, perdue, agacée, le pauvre Gauthier se prend mon énervement dans la tête (« fais chier, elle est où cette putain de rue ! Il est trop moche ce quartier ! »). Bon, finalement, je trouve, c’est dans un immeuble dont le porche est bloquée par de grosses grilles… Ambiance ambiance ! Je sonne et j’attends, un mec vient m’ouvrir (y a pas d’interphone ?), je rentre et, ô surprise, les bureaux sont en sous-sol : le rez-de-chaussée qui doit faire 2 m² ne sert strictement à rien. Je descends, donc, l’entretien se passe nickel. Rémunération ? Non, rien de rien. Ma mission ? Je dois travailler sur la culture dans les collectivités locales et territoriales. C’est plutôt positif : je n’ai jamais fait de journalisme culturel et se faire des contacts dans ces collectivités est un bon plan. Mais avant, j’explore quelques autres pistes dont RMC. Une heure de métro pour m’entendre dire : « vous n’êtes pas assez autonome en radio mais je mets un point d’honneur à rencontrer toutes les personnes dont le CV est passé en interne. » Ben j’aurais préféré que tu m’appelles pour me dire ça directement, une heure de métro aller, autant au retour, pour dix minutes d’entretien, j’ai autre chose à faire !
 
Donc me voici à mon stage. Le premier jour, j’arrive, on me présente mes costagiaires, un sympa et un autre que je trouve mignon sur le coup (Nina, tes lunettes, tu devrais les mettre…) mais glacial comme c’est pas permis.
« Tu…tu as un or… ordi p…p…portable ?  (oui, il bégaie mon tuteur de stage)
Oui mais chez moi, je savais pas que je devais l’amener…
Ben oui, c’est mieux… En attendant, travaille sur ce poste ».
Seigneur, j’allume, windows 95 ! C’est une blague ? Bon, je passe la journée à écrire un article sur open office dans un silence de mort mais comme je suis pas connectée à Internet, je bosse vite et bien. Le lendemain, j’arrive avec mon pc portable qui n’est plus tout jeune. Trois quart d’heure avec cette foutue sacoche, ça a de quoi vous foutre de mauvais poil. Le café lyophilisé, l’absence de lumière et les frais de bouffe aussi. Alors, quelles sont mes prochaines missions ? Réfléchir à la conception du site Internet de mon tuteur de stage, un dossier sur droit et e-administration. Ah, je dois aussi faire une interview de M. Tuteur pour son site Internet… Là, ça commence à puer l’arnaque : elle est où la culture ? Comment ça, je bosse que sur le site Internet de M. Tuteur et de son association ? A partir de là, je me suis mis en état de « démission mentale », comme dirait Max sur son blog. Moins j’en foutais, mieux c’était : je séchais un jour sur deux ou presque, prétextant des maux de tête (j’ai de nouvelles lunettes) à répétition ou des conneries du genre… Un jour, le monsieur m’a quand même demandé si j’avais des problèmes de santé : « non, non ! ». Quand je venais, je partageais mon temps entre : écriture de mon blog, réponse aux commentaires, fumer, fumer, boire du café, pisser, aller chercher à manger, partir à 16h, déjeuner pendant deux heures avec des copines, prendre mon après-midi… De toute façon, dès que M. Tuteur n’était pas là, il nous foutait dehors car il n’y avait qu’un jeu de clé… Il m’est ainsi arrivé un jour d’arriver à 9h45 et de repartir à 11h30… Me vriller l’épaule pour si peu, ça a de quoi agacer…
 
En juillet, nous étions plusieurs stagiaires, un que je n’ai vu que deux ou trois fois (le glacial) et l’autre, autrement plus sympa qui ne supportait pas trop le stage non plus mais qui, lui, le faisait sérieusement. Sa mission : outre un dossier sur l’intranet (que M. Tuteur m’a demandé de relire pour corriger les fautes, me voilà secrétaire de rédaction !), il devait trouver des CV en ligne de personnes pouvant donner des cours d’informatique pour l’association… Donc on allait toujours fumer en même temps histoire de papoter deux minutes et se défouler un peu : stage de merde ! Puis vint le mois d’août où je n’allais plus travailler puisque le monsieur était en congés je sais plus où donc trois semaines à moisir chez moi en faisant semblant de travailler sur mes dossiers : droit et e-administration, mais aussi l’employabilité dans les TIC et, surtout, je devais réfléchir à comment promouvoir un magasin d’accessoires de boxe qui allait ouvrir pour un ami de M. Tuteur. Finalement, je n’ai rien foutu, j’ai terminé mon stage en ayant rien fait sur ces sujets-là et quand il a fallu rendre mon dossier sur l’e-administration en octobre, je l’ai pas fait, M. Tuteur ne m’a jamais relancée. Sur le coup, j’avoue que j’ai culpabilisé mais finalement, comment pouvait-il décemment vendre ce stage en promettant des sujets culturels ? Comment pouvais-je sortir de là la tête haute en disant que j’avais acquis une nouvelle expérience journalistique ? La cata.
 
Et depuis ? Rien. Quand tout se passe bien, le dernier stage est celui qui permet de trouver du boulot, raté ! Mais en ce moment, je suis en mode recherche activé, je regarde même les stages car je préfère un stage faiblement rémunéré que rien foutre chez moi. Je suis journaliste, pas testeuse de canapé.
 
Amitié
Là, encore, il y eut des hauts et des bas, des amitiés éphémères, certaines sont nées, d’autres sont mortes.
 
Commençons par mon ex meilleur ami, Yohann… Et bien ça fait maintenant un an que je n’ai plus de nouvelles de lui et je ne sais absolument pas pourquoi. La dernière fois que je l’ai vu, j’ai pressenti le malaise… En fait, je l’ai trouvé par hasard à une caisse à la FNAC l’hiver dernier. Oui il faut savoir qu’il vit depuis deux ans en Suède et ne rentre que pour Noël et en été… Donc là, surprise : le voilà en France ! On discute et on s’arrange en rendez-vous. J’ai la sensation curieuse qui si nous nous étions pas croisés ce jour-là, je ne l’aurais pas vu… On se retrouve donc le jour dit, on papote, je me dis que je me fais des idées, on se file un autre rendez-vous mais il m’appelle la veille pour me dire qu’il a pas le temps de me voir mais pour se faire pardonner, il me livre un scoop sur les Feux de l’Amour. Oui, avec Yohann, les Feux de l’Amour nous faisaient hurler de rire, on adorait quand Victor buvait avec insistance dans un verre vide et ce genre de trucs à la con. Alors voilà, près de 10 ans d’amitié et la seule chose qu’il a à me dire, c’est une connerie sur un soap opera ? Là, je ressens le malaise. Je pars sur Paris, j’envisage de lui envoyer un mail pour lui dire mais c’est bientôt mon anniversaire… il oublie. Et depuis ? Plus de nouvelles. Il ne m’a pas appelée cet été quand il était sur Toulouse (il ne sait pas que je vis sur Paris), il ne m’a pas appelée cet hiver pour dire qu’il était là, non plus… Certes, j’aurais pu appeler mais s’il a oublié mon anniversaire, ce n’est pas un hasard. Je sais pas, je reste persuadée que si je l’avais pas croisé à la fnac l’hiver dernier, on ne se serait pas vus des vacances.
 
Sinon, sur Paris, je me suis fait pas mal de relations assez éphémères, y a qu’à voir l’évolution des participants aux vingtenaires : une doit partir, une autre arriver, il me faudrait aussi un(e) autre remplaçant… Je me suis fait de bons copains ici, notamment Zoé que j’ai rencontré dès mon arrivée puis Tink, Sab, Banana, Agnès, Bouki et quelques autres. D’autres m’ont déçue mais c’est la vie.
 
Amours
Oh, le gros dossier, puisque comme dans les horoscopes, je vais tout mettre en vrac dans ce domaine à savoir les brouettes et le reste… Donc assoyez-vous bien confortablement, allez vous chercher un petit thé ou un café, Yome, tu peux allumer une clope (j’adore ta photo sur le sujet, au passage), c’est parti.
 
Je ne la jouerai pas chronologique, on s’en fout. Je vais pas revenir sur chaque histoire, on s’en fout aussi, juste faire un rapide bilan. Globalement, cette année a été plutôt riche en brouette mais relativement pauvre en belles histoires même si… Un rateau magistral avec Julien m’a un peu fait partir en vrille cet été mais globalement, je ne regrette rien, ce n’est pas mon genre. J’ai fait des rencontres plutôt agréables, il faut bien l’avouer : Louis avec qui je suis restée amie, Reno avec qui je papote de temps en temps et qui m’explique les dessous de son métier (auquel je ne connais rien donc chaque conversation est riche en enseignement). Il y a également Jean, un vrai ami avec qui on peut parler de sujets graves ou de sujets plus légers… Concernant Laurent, il est revenu d’Afrique et il y a peu et m’a sauté virtuellement dessus comme un chat sur ses croquettes mais je ne pense pas le revoir. Il est clair que ce monsieur n’en n’a que pour mon sex appeal alors je pense que je vais zapper. Quand les choses évoluent de cette façon, je trouve que la brouette est un moyen très agréable pour faire connaissance.
 
Evidemment, parfois, je tombe mal, c’est inévitable… Il faut dire qu’en général, je ne fais les choses à moitié mais là, je me suis dépassée… Entre le goujat égoïste qui prend sans donner et le névrosé paranoïaque bouffé par la haine, je ne sais lequel est le pire. Mais je crois que les deux m’ont donné une leçon : comme quoi, dans toutes choses, malheur est bon. Avec eux, j’ai pu mesurer l’étendue de ma naïveté : non, l’homme n’est pas bon par nature. Ceci étant, je pense que chacun a ses excuses : Benoît est encore jeune et a beaucoup à apprendre (quoi qu’à 24 ans, il serait temps…) pour se comporter correctement avec les femmes. Je pense que quand il se sera pris une bonne dizaine de râteaux, il aura compris. Quant à l’autre, je sais pas, je n’ai rien compris à cette histoire. J’ai une idée de la réelle raison de son comportement mais tout de même… Détester au point de vouloir faire souffrir une personne qu’on a vue une dizaine d’heures, ça ne me paraît pas très normal. Mais peu importe, au fond, ces deux histoires appartiennent au passé.
 
Côté « amoureux », il y eut Arnaud, donc, mon petit ami officiel de l’année et ce ne fut pas une réussite, finalement. Pourtant tout avait bien commencé et les trois semaines passées ensemble furent parfaites, on se voyait un soir sur deux, on passait de doux moments à deux… Mais voilà, un jour, il se dit qu’il était temps de mettre les voiles et il oublia de me prévenir. Dommage, mais en même temps, ça m’a permis de vivre LA belle histoire de l’année, mon idylle avec Guillaume, donc. Comme on se voit peu, on profite à fond de chaque moment sans se poser de questions. Et pour l’heure, ça me va parfaitement. C’est vrai que, parfois, j’aimerais qu’on vive plus près l’un de l’autre pour se voir quand on veut mais on peut déjà se parler tous les jours sur MSN ou par téléphone, c’est déjà pas si mal. Et, au moins, on ne peut pas dire que la routine nous menace.
 
Globalement, 2005 n’a pas rempli mes espérances, je pensais que ce serait mon année. J’espère que 2006 sera plus clémente… A suivre.
 
 
 
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Bonne période/mauvaise période

J’aime bien avoir des théories sur la vie. Quand je m’ennuie, je réfléchis et je bâtis des théories, ça m’occupe. J’ai donc tout un système de pensée sur les bonnes et mauvaises périodes et leur enchaînement. Le tout n’ayant aucun rapport avec le cycle menstruel, je vous rassure.
 
La théorie
J’ai remarqué que, dans ma vie, les bonnes nouvelles arrivent par lot, tout comme les mauvaises nouvelles, d’ailleurs. Il y a des moments dans la vie où tout ce que je touche se transforme en or, j’ai l’impression d’avoir des ailes. Et d’autres où tout se métamorphose en chardon, le gros boulet que j’ai au pied me tire bien vers le bas.
 
En général, les nouvelles, bonnes ou mauvaises, vont par trois. Actuellement, je suis en train de passer de la mauvaise à la bonne, petit bilan de ma vie qui va mieux.
 
Mauvaise période
Je crois que ma mauvaise période a débuté par mon dernier stage, pourri au possible. Pour résumer, je « bossais » dans un sous-sol, je devais me trimballer mon ordinateur portable dans les couloirs tentaculaires du métro… Trois-quarts d’heure, voire une heure, avec une sacoche passablement lourde sur l’épaule, j’ai connu des moments plus sympa. Tout ça pour rien, en plus, je n’en foutais pas une, je séchais un jour sur deux. En même temps, j’étais censée travailler sur la culture dans les collectivités locales… En réalité, le monsieur avait besoin de moi pour tenir son site perso à jour. Bref, une pure catastrophe, deux mois de perdus. J’étais censée rendre un article début octobre sur le droit et l’e-administration, je ne l’ai pas fait et je ne le ferai pas. Oui, ce n’est pas sérieux mais, en même temps, qui m’a vendu un stage fictif ?
 
Là où j’ai eu la peur de ma vie par rapport à ce stage. La semaine dernière, je déjeune avec Clara, on fait la queue pour prendre nos plats chinois. Et là, elle me fait : « Tiens, tu sais qui m’a appelée ?
– M. Machin, notre directeur de master.
– Oui ! Il m’appelait car il voulait le numéro du journal où j’ai fait mon stage. Tu sais quoi ? La remise des diplômes c’est vendredi prochain ! Alors, je lui ai dit : ça veut dire que j’ai mon diplôme ? Il m’a dit que oui, sauf si le journal me casse mais bon… Tout le monde l’a sauf une personne qui a un problème avec son stage. »
Panique à bord ! Ils ont appelé mon dernier stage, le mec m’a descendue, je suis finie ! Me voilà partie à dramatiser, je vois tout en noir, c’est fini, la fin du monde, quel drame ! Clara me rassure mais je suis folle d’inquiétude. Je rentre chez moi et trouve sur Zoé sur MSN, je lui raconte mon désarroi mais elle me rassure : « mais non, quelqu’un a appelé pour toi, ce matin, ton tuteur de stage a fait plein d’éloge sur ton travail ! »
 
Ouf, fin du psychodrame. Enfin, non, pas tout à fait ! Je croise une copine de master sur MSN, je lui demande si elle a eu des nouvelles de Clara dans la journée et, là, elle me fait : « Non mais j’ai reçu un mail de M. Machin, la remise des diplômes, c’est vendredi ! ». Et moi, je n’ai rien eu, la panique ! Mais elle me rassure : c’était une réponse à un mail privé. D’accord mais dans ma tête se joue le dernier film à l’affiche : « Nina s’est plantée comme une buse à son master ! »
 
Parallèlement, en amour, ça commence comme dans un film… Ça finit comme dans une série télé : l’acteur s’est barré entre les deux saisons, on le fait disparaître comme on peut… Les jours passent, je n’ai pas de nouvelles et je pleure pour la première fois depuis que je vis sur Paris. Plus rien ne va, j’ai pas de boulot, je traîne en pyjama toute la journée, mon mec a disparu de ma vie sans que j’ai pu comprendre pourquoi… C’est la lose.
 
Bonne période
Dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir Gauthier près de moi, il me sort, ça me change les idées. Mardi, je vais à une réunion à Bastille… Sauf qu’elle a été annulée et que personne n’a pensé à me prévenir. Donc après avoir avalé un coca à 4 euros 50, je file chez Gauthier pour une soirée anthologique : on a maté le DVD de Samantha ! (pour ceux qui ne connaissent pas, ce sera mon article de dimanche). Alors qu’on rigole comme des bossus, texto de mon amie de master qui m’informe : j’ai mon diplôme. J’AI MON DIPLOME ! Et là, la pression des derniers jours disparaît et une seule question m’obsède : j’ai quoi comme mention ? Oui, ça peut paraître prétentieux mais je sais ce que je vaux.
 
Du coup, je suis plus confiante sur mon avenir professionnel. Concernant ma vie sentimentale…  Le hasard fait bien les choses, j’en parlerai dans un autre article… Mais là aussi, la vie me sourit !
 
Prochaine étape : trouver du boulot ! Comme je suis dans ma bonne période, ça ne va pas tarder. D’ailleurs, lecteur, si tu es rédacteur en chef à la recherche d’une journaliste besogneuse quand on lui ment pas sur sa mission, écris-moi à nina.bartoldi@hotmail.fr . Je sais, c’est culotté, mais je suis dans une bonne période, j’ose !
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Arnaud a disparu

(Article écrit hier soir, achevé ce matin)
 
J’avais prévu d’écrire un article pétillant, enlevé, plein de sexe mais mon humeur est noire comme l’encre. Car il m’arrive quelque chose d’inquiétant : mon petit ami a disparu. Enfin, il est injoignable.
Samedi soir, le voilà qui se connecte sur MSN, je vais donc lui parler pour lui demander s’il est bien rentré de Corse, on discute rapidement mais je dois aller manger donc la conversation tourne court. Je reviens plus tard, j’essaie de lui parler mais pas de réponse. Soudain, le voilà qui reparle : « je me suis endormi devant la télé, je vais me coucher ! » Malicieuse, je lui réponds : « oui, soit en forme pour lundi ! », jour de mon retour sur Paris. Le dimanche, je le vois apparaître sur MSN mais je suis en hors-ligne donc nous ne discutons pas. Le soir,  je regarde la télé et quand je retourne sur le net, il n’est pas là. Normal, il travaille tôt, le lendemain.
 
Non retrouvailles sur le quai de la gare
Lundi après-midi, dans le train, j’éteins mon portable car je ne veux pas être jointe par mon ancien tuteur de stage : je devais impérativement lui rendre un travail, je ne l’ai pas fait. Je lui envoie donc un texto lui demandant s’il venait me chercher à la gare et je coupe mon téléphone : il ne me rappellera pas tant qu’il n’aura pas fini son boulot et puis, le répondeur, c’est pas fait pour les chiens. Je rallume régulièrement mon portable pour voir si je n’ai pas de messages. La méchante dame de SFR me répète inlassablement : « vous n’avez pas de nouveaux messages. » Bon, de deux choses l’une :
– soit il veut me faire une surprise et ne me prévient pas de sa présence à la gare
– soit il n’a pas fini son boulot.
Arrivée à la gare, toujours pas de nouvelles, je scrute les visages en remontant le quai mais je dois me rendre à l’évidence : Arnaud n’est pas là. Ma valise à roulettes dans une main, la panière à Kenya dans l’autre, je fulmine. C’est typiquement masculin, ça : on fait des efforts au départ mais dès que c’est acquis, on se relâche. Enfin, je le verrai plus tard.
 
J’arrive chez moi, constate avec désespoir que GDF a coupé mon gaz : j’ai une chaudière extrêmement capricieuse, je n’arrive jamais à la rallumer. Peu importe, Arnaud m’aidera à la rallumer. 20h, 20h30, 21h, 21h30. Bon, c’est mort. En passant devant chez lui en train, j’avais constaté que les lumières chez lui étaient éteintes. Soit, il a dû aller à son cours de volley plutôt que de me voir. Je fulmine. Du coup, je flirte au téléphone avec mon correspondant virtuel, ça lui fera les pieds.
 
Mardi, journée mauvais poil. Je râle sur MSN, j’explique à ma copine Zoé que c’est un connard « que s’il voulait, il m’appellerait », etc. Ce qui est amusant car, en temps normal, c’est Zoé qui se désespère de ne pas avoir de nouvelles de son prétendant et moi qui la rassure. Etrange inversion de situation. Tous les gens qui me parlent sur MSN ont droit à la même litanie. Victoire m’appelle en fin de journée (victime dans un premier temps de ma technique : « je coupe mon portable et je fais la morte »), je lui rejoue la pièce : « Je suis une princesse, Arnaud doit me traiter comme telle ! S’il croit qu’il est le seul à me désirer… ». Gentiment, elle me fait remarquer que lorsque nous sommes en inactivité, nous avons tendance à tout ruminer, tout grossir, force est de constater qu’elle a raison.
 
20h. Pas de nouvelles. La pression monte, ma résolution de ne pas l’appeler s’effrite au fur et à mesure des minutes, je discute distraitement avec mon correspondant virtuel qui s’efforce de me remonter le moral. 21 h : là, je n’en peux plus, il va voir ce qu’il va voir ! J’attrape mon téléphone portable, touche appel et c’est parti. Et là, je tombe sur le répondeur. A cette heure de la soirée, ce n’est pas normal.
 
Nina en mode « panique »
Bon, laissons lui un message. Voix tremblante : « Oui…euh…c’est moi. Ecoute, je voulais de tes nouvelles et je n’en ai pas, rappelle-moi dès que tu as ce message. » Je raccroche et je saute sur Louis qui traîne sur MSN. Lui non plus n’a pas de nouvelles depuis dimanche. Il appelle sur le numéro professionnel d’Arnaud, répondeur. Il appelle un gars qui bosse avec mon homme, le gars lui promet d’envoyer un mail en interne. Pour bien me rassurer, il me dit qu’il n’est pas allé sur leur forum de motard depuis dimanche. Là, c’est officiel, je panique.
 
Branle-bas de combat sur MSN, j’en parle à tous les malheureux qui passent par là : mon correspondant virtuel, Banana, Tink, Matt, ils y ont tous droit : mais où est Arnaud ? Tout le monde me suggère d’appeler sur son fixe mais il n’en a pas. Aller chez lui ? Le jour de la grève des transports, c’est mission impossible. Bref, je n’ai aucun moyen de savoir. Mon cerveau se met donc en marche et voici les hypothèses plus ou moins paranoïaques qui se sont imposées à moi.
– Il a eu un accident de moto. Bon, je pense sincèrement que si c’était le cas, Louis aurait été au courant car ils sont amis depuis 7 ans, sa mère le connaît, elle l’aurait prévenu. Donc ça me semble peu probable.
– Son portable est mort. Mais pourquoi ne se connecte-t-il pas sur le net ?
– Il me fuit, il ne veut plus me parler. Non, dans ce cas, il se contenterait de me bloquer sur MSN et il serait visible par les autres. De toute façon, je lui ai parlé au téléphone jeudi, tout allait bien, il n’y a aucune raison que ce soit ça. Arnaud n’est pas un sale connard qui fait du silence radio quand il ne veut plus d’une fille. Enfin, je ne sais pas mais je ne crois pas.
– Il est malade, mort de fatigue, ça fait deux ou trois jours qu’il roupille.
 
Honnêtement, la dernière hypothèse me paraît la plus vraisemblable : avec le temps qu’il fait, tout le monde est malade. Il aurait pu m’appeler mais bon… Comme m’a fait remarquer Banana, les hommes ne se rendent pas compte à quel point on peut s’inquiéter pour eux. En effet, Louis m’a limite engueulée parce que je me faisais du soucis. Je vais donc patienter en essayant de ne pas imaginer le pire. Ceci étant, il a intérêt d’avoir une bonne excuse pour son silence car il n’est pas le seul à en vouloir à ma vertu. Enfin, du coup, je m’inquiète et je culpabilise un peu d’avoir un peu poussé le flirt avec mon correspondant virtuel, à qui je ne reproche rien. Je crois que j’ai condamné un peu rapidement l’accusé.
 
Il faut savoir que je suis flippée de nature. Jeune, je râlais après ma mère, trouvant qu’elle me couvait trop (ce qui n’est pas le cas, rien d’excessif). Mais je ne suis pas mieux qu’elle. Fin août, je suis chez mes parents, je papote sur MSN, pour changer quand ma sœur appelle : « Ils ne sont pas rentrés papa et maman ? » Non. Ils étaient partis en week-end en Espagne avec des amis et devaient rentrer en fin de journée. Il est 19h, je m’inquiète pas. 19h15… Bon, on va les appeler, pour voir. Portable de mon père : répondeur. Panique à bord : en tant que médecin (et géniteur de ma sœur qui souffre de téléphonite aiguë), mon père n’éteint jamais son portable. J’essaie celui de ma mère, répondeur aussi mais là, c’est normal, elle ne s’en sert jamais. 19h30 : rien, rien et rien. Je commence à paniquer, je raconte mon désarroi à Victoire, j’essaie de me rassurer comme je peux, la prenant à témoin : « Non mais je suis sûre que c’est tout bête comme explication. Tu comprends, y aurait eu un accident, je le saurais, ils auraient appelé. Puis l’AFP parle pas de carambolage… Ils doivent être coincés dans un embouteillage dans une zone où ça ne capte pas. » Je « branche » mon instinct : je suis sûre qu’il ne s’est rien passé de grave, je l’aurais senti, sinon. On se rassure comme on peut. 20h et des brouettes : j’entends une voiture dans l’allée, je regarde : ce sont eux, alléluïa ! J’appelle ma sœur et je leur saute dessus : « Non mais ça vous arrive d’allumer vos portables ? On était mortes d’inquiétude ! ». Ma mère me regarde, effarée : « mais il est allumé ! ». En fait, explication idiote : en passant la frontière, leur opérateur n’a pas repris leur ligne donc ils étaient restés sur vodafone et étaient injoignables. Tout ça pour ça ! En fait, l’inquiétude est surtout née de ce portable éteint. Il y a cinq ans, ce retard ne m’aurait pas inquiétée mais là, le fait qu’ils ne soient pas joignables, les pires idées m’ont assaillies. Victoire m’a avoué plus tard que je lui avais refilé mon stress : elle sait malheureusement par expérience qu’en cas d’accident, la famille n’est pas prévenue dans la minute.  
 
Epilogue
Ce matin, 9h45, je reçois un texto de Louis : « Salut, Arnaud va bien, juste débordé ». Débordé au point de ne pas m’appeler ? Débordé au point de ne pas répondre à mes messages ? Et bien, la vie toute rose est terminée, j’atterris. Il a intérêt à se manifester rapidement sinon je ne répondrai plus de rien. En attendant, je ne culpabilise plus du tout d’avoir flirté avec mon correspondant virtuel. Lui, au moins, se préoccupe de moi.
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