Aide toi et le net t’aidera

 

Quand on est en recherche d’emploi, nous avons à notre disposition un outil drôlement pratique tout de même : le net. Seulement, Internet, c’est un peu la jungle, le joyeux fouillis, le tout et le n’importe quoi. Et les perles cachées, les sites super précieux qu’on trouve soudain et qui nous font réaliser tout le temps qu’on a perdu jusque là.

Pendant nos études, on apprend à faire notre métier mais personne n’a la bonne idée de nous faire des cours de recherche d’emploi. Evidemment, il ne faut pas dire qu’il est possible que tu ne trouves pas un emploi à la sortie de tes études, ça ferait désordre. Il n’empêche que moi, ça m’aurait bien aidé parce que le jour où il a été évident que je devais chercher un emploi (car il ne me trouverait pas tout seul), j’ai un peu paniqué.

Donc, le chômeur du XXIe siècle n’a plus à se battre pour arracher le journal des annonces au petit matin, courir d’agences ANPE en agences interim pour lire les annonces exposées… Non, le chômeur surfe de site d’emploi en site d’emploi. Evidemment, premier réflexe : ANPE. Même sur le net. Le site propose de mettre son CV en ligne, de classer les annonces en ligne dans son classeur… Sauf que les annonces ne sont pas mises sur le net immédiatement et certaines sont posées car l’entreprise y est obligée mais il n’y a pas de poste derrière. Par exemple, une annonce est posée le lundi, je postule le mardi. Le jeudi, j’appelle l’entreprise (que j’ai cherché pendant une bonne heure sur le net, l’employeur étant rarement indiqué) : le poste a déjà été pourvu. Deux jours pour réceptionner les CV, convoquer les candidats en entretien et faire son choix ? C’est pas un peu une blague ?

Se contenter de l’ANPE est plutôt une énorme erreur stratégique, surtout dans des branches comme la mienne où il n’y a que peu d’annonce. Autre piste à laquelle on pense assez spontanément : les agences interim. Youpi, maintenant, elles proposent des CDI mais j’en parlerai plus en détail plus tard. Mais là encore, c’est pas l’idéal pour ma branche.  Alors maintenant, je fais quoi ? Heureusement, si j’ose dire, je ne suis pas la seule chômeuse et les sites de type monster ou keljob ne lésinent pas sur la pub donc forcément, j’en entends
parler, je me rue dessus pour y poser mon CV. Google me donne plein de sites où déposer mon CV, j’y vais franchement. Mieux vaut 10 CV en ligne qu’aucun, on ne sait jamais.

Comme j’ai fait une formation « professionnalisante » (ahahah), j’ai eu besoin de faire des stages donc j’ai déjà eu l’occasion de faire connaissance avec des sites d’annonce journalistiques. En premier lieu categorynet et talents.fr, idéal pour le journalisme et la comm. Mais là encore, faudrait devancer les annonces (collectées partout sur le net pour categorynet). Tous les étudiants en journalisme ou presque connaissent ce site donc dès qu’une annonce tombe, les CV pleuvent. A la fin, j’avais le truc : pour répondre à une annonce, categorynet mettait le lien vers le site où avait paru l’annonce. J’allais donc dessus et clic, dans mes favoris. Categorynet mettant en général les annonces dans l’après-midi, le but était de faire le tour de leurs sites de référence avant eux pour repérer les annonces avant tout le monde. Quand on sait que les recruteurs ne prennent pas le temps de regarder tous les CV, c’est bien de répondre le plus tôt possible. Et, non, ça ne fait pas désespéré de répondre à peine l’annonce postée : quand on est en recherche d’emploi, on est à l’affût des opportunités.

Evidemment, on découvre que certains sites ne sont pas toujours très adaptés. Monster passait son temps à m’envoyer des annonces pour rédactrice juridique… heu… Ouais mais non. Mais il ne s’agit pas de rester « prisonnier » de ces sites, il faut faire preuve de volonté, se mettre sur tous les sites utiles, poster son CV partout (ne pas négliger les sites de réseautage, surtout pas). Certains
recruteurs font un tour sur les CV online avant de passer une annonce. D’ailleurs, la semaine prochaine, nous parlerons ensemble de l’utilité d’un site ou blog pro.

Edit en forme de NB : si t’en as marre de la chômagie et que tu as envie d’un peu de légèreté, aujourd’hui, j’écris aussi sur Futiles

Un nouveau diplôme pour un job ?

Quand on est en recherche d’emploi, le problème, c’est qu’on a quand même pas mal de temps libre pour cogiter et plus le temps passe, plus le sujet de l’emploi prend une place prépondérante dans les pensées. Mais au lieu de se demander comment faire pour trouver un boulot, on passe à « mais que me manque-t-il, bon sang ? ». Et là, on se dit qu’un nouveau diplôme, ça règlerait peut-être tous les soucis.

Octobre 2005, me voici titulaire d’un master professionnel de journalisme, un bac+5, quoi. Dans ma vision naïve et optimiste du monde, je crois sincèrement que ça va m’ouvrir des portes. Résultat : pas du tout. D’abord parce que des bac+5, y en a des wagons entiers, y compris dans le journalisme. Ensuite, ayant fait mes études sur Toulouse, j’ai un gros problème de réseau. Alors un jour de déprime, je me suis dit : « pourquoi ne pas reprendre mes études ? ». L’idée : faire un diplôme reconnu de journalisme ce qui
m’apporterait prestige ou à peu près et surtout
réseau. Je fouille un peu sur le net et je trouve un diplôme pas mal : un master professionnel de journalisme à l’IPJ, reconnu donc par la profession et qui se fait sur Paris, youpi. Alors sur le papier, l’idée est bonne mais dans les faits, les preuves que c’est une fausse bonne idée s’accumulent :

– la rentrée est en octobre donc en attendant, je peux trouver un boulot. J’espère trouver un boulot. Me dire que je vais rester encore 6 mois désoeuvrée me donne envie d’aller me recoucher.

– j’ai déjà un master professionnel de journalisme et forcément, ça va plus plomber mon dossier de candidature « mais mademoiselle, pourquoi vous voulez présenter ce diplôme alors que vous en avez un équivalent ? ». Même si je sors mon argumentaire réseau et tout ça, je me doute qu’entre une candidate qui a déjà son bac +5 et un qui ne l’a pas encore, je suis forcément éliminée.

– je peux « omettre » d’indiquer mon bac+5 mais il faut justifier les trous dans le CV. Il y a bien mon stage de rugby mais vu que le stage suivant était une vaste blague, ça fait quand même des trous à combler. Sans compter l’année suivante de recherche d’emploi. C’est mal parti.

Donc déjà, je pars avec un mauvais dossier. Mais surtout, je n’ai pas la bonne démarche. Arrive un moment où le diplôme n’est plus si utile mais il vaut mieux mettre l’accent sur l’expérience. Oui, évidemment, ça aide pour le réseau mais il existe d’autres façons de le peaufiner. D’autant qu’un diplôme supplémentaire, c’est un peu reculer pour mieux sauter : 9 mois de cours donc 3 de stages. Ca repose au niveau de la recherche d’emploi mais une fois qu’on est lancé, est-il intelligent de s’arrêter tout ce temps ? Je n’en suis pas certaine. Rien ne dit qu’à la fin de cette année scolaire là, j’ai du travail mais à un moment, il faut arrêter de marcher sur le côté. Surtout que faire deux fois la même chose ne me paraît pas vraiment l’idée la plus pertinente du monde.

Arrive un moment où il faut se jeter dans le bain. Alors reprendre ses études, finalement, ce n’est pas une bonne idée.

Où trouver l’homme ? Episode 12 : il ne faut jurer de rien


A la recherche du prince charmant

(Je rappelle à mon nouveau lectorat qui débarquerait ici pour la première fois que tout ceci n’est qu’une fiction, qu’en vrai, je cherche pas un homme et que celui qui va être décrit dans l’épisode suivant n’existe pas. Toute ressemblance avec une personne existante ne serait donc que fortuite, comme on dit en début des épisodes de Cas de divorce).

Ce qui est dur quand on cherche son futur mari ou équivalent, c’est de le trouver. Parce que trouver un mec comme ça, pour une nuit ou plus, c’est pas si difficile mais là, il s’agit de trouver l’homme qui va partager un long moment de ma vie, que je vais présenter à ma famille donc il a intérêt à assurer. Dieu merci, ma mère ayant souffert de la discrimination « nous ne sommes pas du même milieu social », pour ma part, ce ne sera pas trop un souci. Du moment qu’il est bien élevé et qu’il a de l’ambition dans son métier, tout est valable. Mais bon, il faut quand même qu’il me plaise à moi pour commencer car ma mère peut accepter un mec qui fait n’importe quelle profession mais pas un mec qui me rend pas heureuse. Logique.


J’ai donc décidé de donner une deuxième chance au monsieur du smirting, estimant qu’il avait peut-être été intimidé la première fois, même si j’estime être la fille la moins impressionnante du monde. Me voici donc devant le domicile du jeune homme, espérant qu’en terrain connu, il soit plus liant. J’y crois, j’y crois, j’y crois. Je sonne, il me fait rentrer, je lui fais la bise et de suite, je sens la tension monter d’un cran. Que nous sommes à l’aise, c’est un bonheur. Il me sert un café, on se donne des nouvelles depuis notre
dernière entrevue. Et à nouveau, le blanc. Mais cette fois ci, nouvelle donnée : je suis chez lui donc en scannant le coin, je vais bien trouver quelque chose qui m’accroche. Aucun livre ne traîne, des magazines, peut-être? Un programme télé… Bon, ben, allons y gaiement, parlons télé. « Et alors, tu regardes quoi à la télé? » Et voilà qu’il me propose de mater un DVD… J’ai pas dû bien m’exprimer.

Au bout de 2 épisodes et demi de Lost je sens que je pique furieusement du nez. Est-il de bon ton de s’endormir au deuxième rendez-vous? Je ne suis pas sûre. A la limite, après une partie de jambe en l’air, ça marche mais sinon, je vais passer pour une vilaine malpolie. Déjà que… Bon, essaie de te concentrer sur Sawyer, ça va te maintenir éveillée. Oui, de toute façon, j’ai toujours fantasmé sur Sawyer alors le fait d’avoir un mec ne changera rien à l’affaire. Autant qu’il s’habitue de suite à ce que je bave devant les beaux mecs de la télé. Comme s’il se rinçait pas l’œil sur Kate, lui.

Je lui demande où sont les toilettes à la fin d’un épisode, espérant mettre fin au visionnage. Dans les toilettes, je me rassemble et je fais un point. J’aime bien réfléchir aux toilettes, c’est un endroit calme. Alors techniquement, ce garçon est serviable, mignon, gentil. De l’autre, on vit réellement sur deux planètes différentes, j’ai pas encore réussi à trouver un sujet en commun et la tension entre nous ne cesse d’augmenter mais elle n’a rien de sexuelle. Durée d’une relation à vue de nez : quelques jours. Durée de la relation que je cherche : à vie (enfin, à peu près, quoi). Bien, à présent, il va falloir sortir des toilettes et annoncer à ce pauvre jeune homme que c’est fini entre nous, même si ça n’a pas commencé.

De retour au salon, je récupère ma place et plonge mon nez dans ma tasse de thé. Silence. Bon, allez, on va en finir, je crois qu’il n’attend que ça de toute façon. A moins qu’il ait une réelle passion pour la contemplation mais j’en doute, j’ai l’impression que la tension dans cette pièce est à couper au couteau. Bon, j’ouvre la bouche et lui dis que je vais y aller. Il me demande quand on se revoit. Alors là, deux options : l’hypocrite « on s’appelle » qui veut clairement dire qu’on ne le fera pas mais qu’on a la politesse (ou la
lâcheté) de pas envoyer dans la figure de l’autre qu’on n’a plus envie de le revoir : soit l’honnêteté. Bon, comme tout ceci n’est qu’une fiction, je peux me permettre d’être couillue. « Ecoute, je crois qu’on n’a pas grand-chose à faire ensemble. Tu es très sympa et tout mais on n’a pas du tout d’atomes crochus alors je crois qu’on va arrêter de faire semblant. Je suis désolée ». Il me regarde puis me répond froidement : « je me faisais la même réflexion mais j’osais pas le dire. Bon ben ciao, je te dis pas à la prochaine ».

On se fait poliment la bise et me voilà sur le palier de son appartement, légèrement décontenancée. C’est ce que je voulais, certes mais c’est toujours bizarre de partir en sachant qu’on ne se reverra pas. Et mon ego a un peu de mal à digérer. Enfin, c’est reparti pour la recherche. La semaine prochaine, je vais au musée.

Stage ou chômage, mon cœur balance

 

Lors de mes recherches d’emploi, on m’a proposé des stages. Souci majeur dans mon cas : je n’étais plus étudiante donc pas de convention. Du coup, j’ai envisagé de me réinscrire à la fac juste pour faire des stages. Mais est-ce bien utile ?

Octobre 2005, me voici officiellement diplômée d’un master professionnel de journalisme. Soyons honnête, ce diplôme ne vaut pas grand-chose mais deux expériences peuvent être mises en valeur : la création d’un journal de la promo (conception, écriture, réalisation, mise en page…) mais surtout mon stage. Pendant deux mois et demi, me voici rédactrice stagiaire spécialisée dans le rugby. J’avais enchaîné sur un autre stage mais tellement vide et inutile que je l’ai même pas mis sur mon CV. Ce stage n’était bien sûr pas le premier. En tant qu’étudiante, j’apprécie l’intérêt des stages : on est certes mal payés (voire pas payé du tout) mais au moins, on fait le métier comme n’importe quel employé, on grossit le pressbook, on apprend. Je ne le dirai jamais assez, on apprend 100 fois plus de choses en stage que dans un amphi comme par exemple : suis-je faite pour le métier que je vise ? L’histoire de Tatiana est très éclairante sur la question.

Mais une fois diplômée, dois-je encore postuler pour des stages ? Enfin, postuler également pour des stages, cela va sans dire. Au début de ma recherche d’emploi, j’avais une position très claire : je suis une grande fille à la recherche de son premier emploi, les stages, c’est fini. Sauf que le temps passe et on se rend compte qu’on ne décroche pas de job. Et là, le stage devient soudain un peu plus tentant : ok, ça paie pas le loyer mais ça comble les trous sur le CV, ça fait une expérience en plus et éventuellement le réseau qu’il nous faut. Evidemment, on hésite car ça représente quand même une régression par rapport à ce que l’on vise et surtout une crainte : pendant notre stage, on va chercher moins activement (voire plus du tout) vu qu’on est occupé. Est-ce une bonne idée de se retirer temporairement du marché du travail ?

Par ailleurs, les stages sont vite un cercle infernal. J’en avais déjà parlé à l’époque où j’avais rencontré Emilie Maume dont le livre Profession stagiaire m’avait limite donné envie de vomir. Des gens de 30 ans, surdiplômés, sont toujours en stage car ils ne trouvent pas d’emploi. Quand je lis dans ce même livre un mec du Nouvel Obs dire « les stagiaires, j’ai honte de ce qu’on les paie alors qu’ils arrivent avant nous et finissent toujours à pas d’heure ». Quand je lis aussi que les grandes entreprises tournent à 25% de stagiaires toute l’année, main d’œuvre pas chère… C’est dans ces moments là que j’avais envie de tout laisser tomber.

Et pourtant, le stage m’a semblé parfois une solution provisoire intéressante. Expérience, réseau mais surtout vie active. J’ai déjà expliqué le planning du chômeur alors à l’idée d’avoir des horaires, de quoi faire pendant mes journées… Ben ouais, arrive un moment où on accepte de rentrer dans le cercle vicieux. Ce qui fait que pendant une poignée de mois, on ne passe plus pour le branleur de service qui est suspect à force de ne pas trouver, la larve en jogging. Même si dire « je suis stagiaire », ça fait pas toujours rêver, on a enfin de quoi raconter en soirées, des anecdotes de bureau qui ne datent pas d’il y a un an. Alors certains diront que, forcément, l’Etat va pas se pencher sur cet épineux problème des stages, qu’un stage, ce n’est pas un vrai boulot. C’est vrai. Mais franchement, quand tu as le choix entre passer tes journées chez toi à prospecter en ramassant un RMI et exercer ton métier pour une somme à peu près équivalente, tu finis par ne plus hésiter. C’est certes reculer pour mieux sauter puisqu’il faudra bien chercher à nouveau mais on ne sait jamais : lors du stage, il est possible de rencontrer les bonnes personnes. Et ça fait toujours une ligne de plus au CV, un argument de plus pour séduire ton futur employeur.

Où trouver l’homme ? Episode 9 : au bar lounge

(Hé, figure toi que cet article est une blagounette. En vrai, je cherche pas le prince charmant et je vais même plus au bar, en fait… J’ai la vie sociale d’une marmotte en plein hiver)

A la recherche du prince charmant

Après réflexion avec moi-même et avec toi, lecteur qui a plus de bon sens que moi, j’ai réglé le souci de ma compagnie, je débarque dans le bar avec deux copines maquées. Comme ça, à trois, on est pas assez nombreuse pour dissuader les charmeurs potentiels. Première mission : choisir une table en vue, histoire qu’on puisse un peu se faire remarquer. Ben oui, si on est dans un coin tout sombre, comment qu’un prince charmant pourrait me voir ? Bon, heureusement, une table sympa et en pleine lumière est libre, youpi.

Maintenant que nous sommes assises, va falloir choisir sa consommation. La bière, j’ai déjà expliqué que je n’aimais pas ça donc je vais prendre un cocktail plutôt mais là, va falloir pas trop se tromper. Je pourrais prendre du champagne mais ça fait pétassista… Un cocktail mais pas trop gros histoire de ne pas passer pour une alcoolique et pour ne pas parler trop fort après un verre. Déjà qu’avant, je suis pas toujours la plus discrète du monde. Oui, le but est certes de me faire repérer par un mec séduisant et tout mais si je parle
comme une pocharde avec la conversation qui va avec (exemple, lundi soir : « ohlala, ce mec, je lui aurais trop bouffé le cul ! » pile quand le serveur se penche à notre table), je pense que je peux me griller pas mal de coup. Bon, votons pour un cosmo, même si ça fait tragiquement Sex and the city.

Maintenant que le décor est posé, travaillons nos attitudes. Rire mais pas glousser ou s’esclaffer, avoir des gestes gracieux, envoyer ses cheveux dans tous les sens mais pas trop quand même pour ne pas passer pour une pintade finie. Soyons raffinée. Je regarde autour de moi pour voir un peu ce qu’il y a de bien, histoire de commencer à échanger quelques regards avec un beau jeune homme. Il paraît que c’est toujours la femme qui initie le jeu de séduction alors j’initie, j’initie. Enfin, si je trouve une cible, sachant qu’en plus, ma myopie ne me permet pas d’être hyper sélective non plus, vu que j’y vois rien. Bon, aucune cible verrouillée pour le moment, on va boire un peu entre copines en attendant de nouveaux arrivants.

Evidemment, les gens arrivent mais je vois pas toujours leur tête et je suis obligée de demander l’avis de mes amies « il est bien, lui ? –
Bof ! ». Ah mince, j’ai oublié un point capital dans mon choix d’amis : contrôler leur goût en matière de mecs. Je connais certes leur petit ami mais difficile de voir sur un mec si on a globalement les mêmes goûts. Non parce que s’il le faut, le mec « bof », moi, je l’aurais trouvé canonissime. Peut-être que c’était l’homme de ma vie mais suite à une différence de goût entre mes copines à bonne vue et moi, je l’ai laissé passer. Rah, faut penser à tout ! La prochaine fois, je leur montrerai les photos de tous mes exs officiels et officieux pour
qu’elles situent un peu ce qu’il me faut. Enfin, pour ceux dont j’ai la photo. Et pas la photo de leur pénis même si avec certains, je pourrais passer pour une petite chanceuse. Donc voilà, je montre les photos et surtout celles des plus beaux de mes exs histoire d’être sûre qu’elles ont bien compris. Alors le brun ténébreux, oui, avec les yeux verts, oui. La taille, je m’en fiche mais faut qu’il soit un peu bien habillé, quand même. Genre avec un pantalon à sa taille.

 

Le bar se remplit et il y a de plus en plus de brouhaha. On est obligés de parler plus fort et les tables voisines (où viendra peut-être ma cible quand j’en aurai trouvé une) sont susceptibles d’entendre ce que l’on dit donc amenons la conversation aux sommets pour passer pour une fille intelligente. Paraît que c’est pas forcément une bonne idée mais moi, je préfère. Donc on y va « vous en pensez quoi du parcours de la flamme olympique à Paris ? ». Hop, parlons actu, Tibet, droit de l’homme… Sauf qu’inévitablement, la conversation dérape et on finit toujours par parler sexe et fanfreluches diverses et variées. Ok, c’est jouissif ce genre de conversation mais pour la séduction, je suis pas sûre…

Bon, il ne se passe rien dans le bar et j’ai des fourmis dans les pâtes. Il va falloir bouger. La semaine prochaine, je pratiquerai donc le smirting pour draguer.

La psychopathie du chômeur

 

Il y a 15 jours, je vous parlais de ce regain de motivation qui nous bouge les fesses en période de chômage, les idées pullulent. Mais toutes les idées sont-elles saines ? A l’époque où je cherchais du taf, Gildas de Modo m’avait conseillé de regarder Le Couperet, le film de Costa-Gavras avec un José Garcia époustouflant. Le chômeur est-il condamné à la psychopathie ?

L’histoire : un chômeur hypra spécialisé en chimie du papier décide de passer une fausse annonce pour éliminer les chômeurs qui ont le même profil que lui et terminer par assassiner le mec dont il convoite la place. Je vous dis pas s’il va jusqu’au bout du truc, il suffit de voir le film pour le savoir. J’ai vu ce film un peu avant le jour où je me suis retrouvée en phase finale d’entretiens avec juste une fille en face de moi. Et forcément, j’y ai pensé. Si elle n’avait pas été là, moi, j’aurais eu mon taf, ce n’est pas juste…

En délirant sur la question, je me suis amusée à imaginer dans la peau du personnage du film et dans ma filière, le travail est tel que j’aurais pas pu tuer tout le monde, il y a trop de candidats potentiels. Pas du tout déprimant comme pensée, ça, tiens, on est à peu près des milliers à avoir le même profil. Finalement, finir 2e, c’est un tout petit peu flatteur quand même. Mais la flatterie, on s’en fout, j’ai pas eu le boulot alors sur le coup, je l’ai détestée et je me dis qu’elle aurait pas existé, c’est moi qui aurais eu le job. Et c’est pas la première fois qu’il y avait juste une personne entre le poste pour lequel je postulais et moi.

Je connaissais son visage, à la fille. Malheureusement, j’ai eu l’entretien après elle. Sinon, j’aurais pu l’attendre à la sortie, la suivre discrètement et la pousser sous la première voiture venue. Puis je n’aurais qu’à attendre qu’on m’appelle pour me dire que j’ai le poste. Evidemment, au moment où je la pousse sous la voiture, je ne sais pas encore qui de nous deux a officiellement le poste, je vais peut-être commettre un homicide pour rien. Mais tant pis, j’en ai marre de mon chômage, faut ce qu’il faut. C’est la jungle, pas de règles.

Bien évidemment, même si j’avais passé l’entretien en premier, j’aurais été incapable de faire ça, vous vous en doutez. Seulement, en regardant le film, on se demande à quel moment on sera suffisamment désespéré pour commencer à envisager des méthodes peu orthodoxes. Bien sûr, Le Couperet est un film qui exagère forcément un peu le trait mais en le voyant, je ressentais la même angoisse que le personnage, ces entretiens qui se suivent et se ressemblent, se rendre compte qu’on n’est pas unique, loin de là. Je sais qu’à un moment, j’avais fait la stratégique erreur de traîner sur le forum du site categorynet qui m’a donné furieusement envie de me jeter
par la fenêtre. Bon évidemment, habitant au rez-de-chaussée, je risquais pas grand-chose. Mais quand je voyais des gens avoir fait les écoles reconnues expliquer que ça faisait 10 ans qu’ils couraient avec les piges pour tenter d’avoir de quoi vivre, ça me foutait vraiment l’estomac à l’envers. Moi, avec mon master de province qui vient juste d’être créé, je suis une sous-merde. Et encore, c’est généreux. La liste des gens ayant plus d’expérience et de diplômes prestigieux ne cesse de s’allonger, j’ai l’impression de voir le tsunami se former au loin et me foncer dessus. Comment se sortir du lot face à tous ces surdiplômés, surexpérimentés ? Ca veut dire que je dois attendre comme eux 10 ans de galère pour avoir enfin la chance de, peut-être, décrocher un emploi qui ressemble à quelque chose ?

Comment voulez-vous qu’on vire pas psychopathe quand on découvre ça ?

Envie de nouveauté dans votre rédaction ? Une journaliste-blogueuse à votre disposition

Comme promis la semaine dernière, voici ce que j’ai envoyé aux rédactions quand je cherchais du taf. Pour info, on m’a proposé un CDI grâce à cette approche mais comme j’avais trouvé du boulot entre temps, je l’ai finalement refusé.

Une place vient de se libérer au sein de votre rédaction ? Vous cherchez une nouvelle pigiste pleine de bonnes idées qui peut faire renaître une de vos rubriques ?

Je vous propose mes services.

  • Jeune mais expérimentée

Du haut de mes 26 ans, j’ai accumulé pas mal d’expérience. Etudiante, je traquais déjà la possibilité d’apprendre. Mais pour ne pas être en reste, j’ai passé un master 2 de journalisme à l’IEP de Toulouse.

Sur mon CV, vous constaterez des expériences aussi diverses que variées, du sportif au féminin, en passant par le géopolitique. Parce que ces domaines me plaisent, mes magazines féminins se mêlent à mes magazines d’actu.

J’ai, jusqu’à présent, refusé de me cantonner à un domaine, de peur de me fermer des portes. Je pense en effet que tout(e) bon(ne) journaliste doit être capable d’écrire sur n’importe quel sujet sans que le lecteur soit lésé. Car si je suis aujourd’hui journaliste, c’est essentiellement par curiosité et désir d’apprendre, encore et toujours. Chaque article est l’occasion pour moi d’apprendre quelque chose et de partager mon nouveau savoir aux lecteurs.

A 26 ans, j’ai quitté depuis un an les bancs de l’université et j’ai toutes les qualités de la jeunesse. J’ai des idées, de l’enthousiasme et je peux faire des nuits de 5h sans que ça se voit le lendemain. Motivée, je ne travaille pas en gardant un œil sur la montre : je ne pars que lorsque le travail est terminé.

  • Une blogueuse reconnue

Je tiens plusieurs blogs qui ont un certain succès, le plus connu étant les vingtenaires (www.vingtenaires.com) lu en moyenne par 1500 visiteurs uniques par jour, soit l’équivalent d’un Olympia. Sociologue improvisée, j’analyse ma vie et celle des autres, j’observe mon entourage, les gens dans la rue et j’écris. Bien intégrée dans la blogosphère, je maîtrise parfaitement cet univers, vrai phénomène médiatique. Outre les articles et émissions qui y sont consacrés, les blogueurs sont aujourd’hui des références pour les journalistes. J’ai ainsi été interrogée plusieurs fois par des journaux comme Zurban ou Technik’art.

Ce blog illustre :
– ma capacité à avoir plein d’idées car un article par jour, ça n’est pas toujours évident
– ma capacité à gérer les autres rédacteurs, à édifier un calendrier des publications
– susciter l’intérêt de plus d’un millier de lecteurs qui viennent tous les jours à l’heure du café pour connaître ma vision de la vie.

Ecrits en une demi heure environ sans aucune documentation, ces articles pourraient être développés et faire de vrais dossiers pour vos journaux. Mais pour ne pas m’enfermer dans ce style, je viens de créer un nouveau blog qui me permet d’écrire sur tous les sujets qui me tiennent à cœur. Plutôt que d’attendre qu’on me laisse de l’espace dans un journal pour écrire, je me crée mon propre espace de communication.

  • Une démarche originale

Vous lisez mon plaidoyer pour ma personne et vous devez vous dire que ma démarche est inventive, peut-être risquée. Mais je sais que je dois être la trentième personne de la journée à vous envoyer une candidature spontanée et je vous épargnerai une lettre de motivation stéréotypée. J’ai donc choisi une démarche plus amusante afin d’attirer votre attention sur ma candidature, qui n’en demeure pas moins sérieuse.  Je suis idéalement à la recherche d’un poste fixe (CDD ou CDI) mais aussi de piges. Comme vous avez pu le constater en allant voir mes blogs, je ne manque pas d’idées.

Je joins à ce communiqué mon CV avec mes coordonnées, je me tiens à votre disposition pour tout entretien.

Je vous remercie de l’intérêt que vous porterez à ma candidature. Dans l’attente d’une réponse de votre part,

Cordialement

Nina Bartoldi

Quand la motivation revient

La semaine dernière, j’ai un peu fait l’article sinistre sur les bas du chômage. Mais il y a également des hauts et il est important d’en parler, ne serait ce que pour éviter la dépression de mes lecteurs chômeurs. Alors parlons de ce regain de motivation régulier qui nous attise.

Quand j’étais au chômage, ce qui m’a aidée, c’est l’orgueil d’un côté, mon entourage de l’autre. Des refus, j’en ai essuyé, des semaines sans qu’il ne se passe rien aussi. L’avantage quand on touche le fond, c’est qu’on peut donner un coup de pied pour remonter. A chaque non, je me laissais une demi-journée voire journée pour chouiner et faire chier mon monde. Puis ça repartait. Tu crois vraiment que je vais me laisser faire, la vie ? T’as pas compris que plus tu me rabaisses, plus j’ai envie de t’envoyer dans les dents que je suis plus forte que toi ?

Des idées, quand j’étais au chômage, j’en ai eu des milliers. D’abord, j’ai voulu faire un press book sous forme de magazine avec édito me présentant, un « Nina mag », en quelques sortes. Premier souci : je ne suis pas maquettiste et très peu à l’aise sur le logiciel quark Xpress que j’ai vaguement utilisé lors de mon DESS de journalisme. Disons que je sais la base mais je ne sais pas faire les feuilles de style, ce genre de truc. Bon, j’achète un bouquin. J’ai réussi à apprendre le html sur le tas et à me bricoler un site web à l’époque, je peux tout apprendre pour peu que je m’y mette sérieusement. J’en parle à Alex qui n’est pas très chaud, il a peur que ça fasse un peu trop égocentrique. Oui, je dois convaincre que je suis la meilleure, c’est pas le souci mais point trop n’en faut. Alors je trouve une autre idée, un espèce de communiqué de presse, je vous le montrerai la semaine prochaine.

Quand t’es au chômage, la moindre lueur fait du bien. Il est vrai que je n’ai pas été inactive pendant tout ce temps. Entre octobre 2005 et avril 2006, j’ai eu un CDD de 3 semaines enchaîné direct sur un stage de 4 mois mais ça laisse quand même pas mal de mois d’inactivité. Le but est de faire le max de choses pour ne pas laisser une
impression de creux dans le CV. Déjà, j’ai ma pige, certes non rémunérée, pour un site étudiant. L’ayant commencé en janvier 2005, quand je trouve un boulot, ça fait plus de deux ans que je suis chef de rubrique étranger, c’est quand même pas mal. Et puis y a d’autres occasions, des piges un peu à droite à gauche, mon travail pour Modo qui m’a quand même accompagnée un couple de mois. Il ne faut pas que ça prenne tout mon temps mais le matin, quand je me lève, j’ai de réelles choses à faire, des articles à écrire ou des dossiers de presse. Et puis ça fait grossir le press book et ça permet de garder la main. Tout ça n’est certes pas un travail rémunéré avec contrat mais on ne sait jamais quelles portes ça peut ouvrir. Avec modo, je travaille mon volet communication et ça fait plus sérieux quand on postule pour un poste d’attachée de presse. J’ai
même décroché un entretien dans une agence de comm. Bref, tout ceci n’est pas vain, bien au contraire.

Et puis il y a les petits projets perso. Mes romans mais aussi mon blog qui m’a beaucoup aidée, mine de rien, malgré deux ou trois crétins qui ont trouvé drôle d’essayer de m’enfoncer. J’ai aussi crée un autre blog de recherche d’emploi qui me permettait d’écrire autre chose, des articles un peu politiques, des critiques de films, de livres, une chronique CD. J’avais prévu d’y mettre mon press book en ligne, j’avais des idées de rubriques que je n’ai jamais développées vu que j’ai trouvé du boulot à peu près deux mois après l’avoir créé. Mais j’y écrivais tous les jours. Ce n’est pas forcément que j’espérais qu’un recruteur tombe sur mon CV et m’embauche mais en multipliant les entrées sur le web, on ne sait jamais. Mieux vaut ne négliger aucune piste.

Bref, le chômage n’est pas qu’une succession d’envois de CV et d’entretiens, il y a aussi les moments où on a de nouvelles choses à faire, de nouvelles idées… Et ça vous relance pour un bon moment.

Où trouver l’homme ? Episode 7 : au stade

(Je rappelle à mon lectorat adoré que tout ceci est une fiction, je ne suis pas blessée au poignet en vrai, c’est pour de rire)

Me voici donc blessée. Une entorse au poignet, c’est pas grave comme dirait le docteur mais c’est quand même un peu handicapant quand on passe sa journée à taper sur un clavier. Et encore, je me plains pas, c’est le gauche, ça aurait pu être pire. Mais j’ai retenu la leçon : les activités sportives pour la drague, c’est pas pour moi, ça ne me réussit pas. Quoi que… Pratiquer un sport ne me réussit pas, certes, mais le mater en collectivité ? Voyons voir un peu.

 undefined

Pour les 10 ans du Stade de France, il y avait des places bradées pour le match de rugby France-Italie. A l’époque où j’avais deux poignets valides, j’avais donc pris deux places. Au début, j’envisageais d’embarquer Vicky pour l’initier aux joies du rugby dans un vrai stade et pas sur un canapé avec ma mère qui hurle à côté. Mais la demoiselle étant partie la veille en Australie, je me trouve une autre comparse et pas des moindre : ma sœur. Deux créatures délicieusement plantureuses aux yeux clairs, la blondinette et la brune sauf aux racines (oui, je suis pas sûre de rester brune actuellement, je vais peut-être ré explorer le côté clair de ma chevelure) sont donc au stade. C’est pas la première fois qu’Alice et moi allons ensemble à un match, toutes les deux, et en général, ça plaît pas mal, les deux sœurs toutes seules. Déjà, on croise deux mecs tandis qu’on monte les marches pour rejoindre nos places : « hé, bon match les filles ! ».

Un stade plein de mâles qui aiment le rugby, la plupart venant du sud ouest et les beaux gosses du sud ouest, ça m’émeut toujours, sans doute parce que ça me rappelle mes origines toulousaines. Ou parce que ce sont les plus beaux, tout simplement. Le pourcentage de femmes célibataires me paraît pas bien élevé, il me semble que je suis plutôt bien barrée, sauf que j’ai quand même un handicap de taille, il fait même 1m56 (selon sa carte d’identité) : Alice. Non parce que les mâles en stade marchent par grappe et je ne vois pas trop comment draguer avec un binôme en couple et rigoureusement fidèle. Faut savoir qu’Alice, elle n’a qu’un style de mec : Anthony. En plus, draguer devant ma sœur, c’est un peu bizarre, même si je l’ai déjà fait. Je suis pas très pudique !

Le match commence. Bonne nouvelle, on mène. D’un autre côté, les Italiens auraient gagné, j’aurai ramené un supporter italien, ils sont beaux aussi même s’ils sont beaucoup moins nombreux. Alors, profitons d’un petit arrêt de jeu pour mater un peu mes entourages, histoire de verrouiller quelques cibles. Oui, je fais en gros, là, j’affinerai plus tard. Bon, là, dans mes entourages immédiats, c’est pas trop ça. On est un peu au milieu de familles, y a même un gosse qui nous a bien beuglé la Marseillaise dans les oreilles. On sent qu’il y connaît pas grand chose le petit, il crie un peu à contre temps. Bon, je mate un peu le père, ne sait-on jamais. Après tout, dans mon immeuble, le beau gosse de service, c’est le père des deux furies qui me réveillent tous les samedi matins à 9h30 en pleurant comme des malades devant ma porte. Mais là, non, c’est pas le cas. Bon, ils sont où les beaux gosses ? Ah, plus bas, ça s’agite bien, ça veut faire la ola en permanence, ça sent le jeune. Mais là, c’est loin. Bon, je vais attendre la fin du match et le bain de foule pour récupérer le métro.

Fin du match, Alice et moi ne nous pressons pas trop, on essaie de trouver le chemin le plus court. Comme je lui ai expliqué que quand je marche dans la foule, je peux pas m’empêcher de jouer la voiture et de faire « gniaaaaaaaan » dans ma tête quand je croise ou double des gens, on joue à ça. On double les gens en rigolant et à un moment, on se rentre dedans sans que ça soit calculé. Ca nous fait bien rire. Le côté barjot, ça doit être génétique. Bon, suite à un bain de foule, nous voici dans le métro. Pas de beaux mecs mais des joyeux drilles qui crient en racontant des blagues « et alors, jé lui démande ung cinquante et hein ! » . Ils ont plus que l’âge de mon père donc forcément, y a rien à emballer mais ça nous fait bien marrer, c’est toujours ça de pris.


Retour chez moi. Conclusion : la prochain fois que je veux draguer au stade, je prie très fort pour tomber au milieu d’un car de jeunes et beaux supporters, pas dans le carré familial. Puisque c’est ça, la semaine prochaine, je vais mater le match dans un pub.

Le planning du chômeur

Révélation : être chômeur, c’est chiant. Si, je vous jure. Les journées s’étirent indéfiniment, on s’occupe en candidatant mais que le temps est long entre deux réactualisation de la boîte mail, vérification qu’on n’a pas raté un coup de fil, des fois qu’on aurait mis le téléphone sur silencieux… Mais surtout le chômage, c’est se déphaser de la société.

 

Je suis d’un naturel couche-tard, lève-tard. Quoi que je fasse, quel que soit mon état de fatigue, je n’arrive pas à me coucher tôt. C’est très rare que j’éteigne les feux avant
minuit malgré les bonnes résolutions. Alors imaginez le cauchemar quand on n’a pas d’horaires à respecter. Dans mon chômage idéal, je souhaitais me lever à 9h. Les recruteurs n’arrivent jamais au boulot avant et, tant qu’à faire, autant envoyer un CV quand ils sont au bureau, histoire qu’il ne soit pas noyé dans la masse. Et être sur le pont dès le matin, ça veut aussi dire sauter sur les annonces dès qu’elles paraissent et répondre. Oui, il faut être réactif. J’ai passé un entretien où le recruteur m’a avoué n’avoir regardé que les 40 premiers CV reçus. J’aurais répondu plus tard, ça aurait peut-être été mort pour moi. Je pensais que le chômage, ce serait levée tôt, recherche de boulot avec mon mug de café et tout ça. Sauf que la motivation, elle finit par disparaître.

Au tout début, le chômage, on se dit que ça va pas durer donc les 15 premiers jours, voire le premier mois, ça ressemble plus à des vacances qu’autre chose. Puis on finit par s’y
mettre, faire des plans d’attaque, des plannings. Sauf qu’on se rend compte que le chômage, on en sort pas forcément comme ça. Plus nos candidatures sont sans réponses (ou pire, réponses négatives), moins on est motivés. On ne se lève plus à 9 mais à 10h. On n’est pas à une heure près. Puis finalement, ce sera 11h. Puis midi, on a toute l’après-midi pour envoyer des CV, ça laisse le temps. Plus on se lève tard, plus on se couche tard, forcément. On se dit bien que quand on retrouvera un boulot, le rythme sera un peu dur à reprendre mais ce que je ne fais pas de jour, faut bien que je le fasse à un moment.

En même temps que cette désynchronisation, il y a un réel enfermement. Sortir ? Oui mais pour quoi faire ? Nos amis travaillent en journée et n’ont pas forcément envie de
sortir tous les soirs, ils sont un peu fatigués. On les comprend puis toutes ces sorties, ce n’est pas donné non plus. Alors les jours où on ne sort pas, on ne fait pas l’effort de s’habiller vraiment, on enfile une tenue d’intérieur, histoire de dire qu’on n’est pas resté en pyjama toute la journée, on se peigne histoire d’éviter les nœuds. Le maquillage ? Mais quelle idée ! Je vois pas bien à quoi ça sert de se maquiller si on sort pas. Ou si on sort juste faire ses courses.

Evidemment, à force de se désociabiliser, le chômeur déprime. Cercle vicieux. Passer sa journée à candidater, à essayer de se sortir de là, trouver des idées, des pistes, ça
fatigue, surtout quand ça n’aboutit pas. On se sent un peu nul et quand on se regarde dans la glace, ce n’est pas mieux. Négligée, c’est le mot. Du coup, dès qu’on a l’occasion de sortir, de voir du monde, ça nous fait un vrai bol d’air même si on a, du coup, tendance à culpabiliser : le temps que je prends à prendre un verre avec une amie dans la journée, je le prends pas à chercher du boulot. Sauf que ce qu’il faut comprendre, c’est que si on relâche pas la pression, on explose. On ne supporte plus de vivre entre ces 4 murs qui nous servent d’appart, à voir plus souvent Ashley et Victor des Feux de l’Amour que des vrais humains. Réaliser en se couchant que la seule fois de la journée où on a utilisé notre voix, c’est quand on a dit au chat d’arrêter ses conneries. Que quand on vous appelle, on vous demande systématiquement si on vous réveille, vu votre voix enrouée. Se rendre compte qu’on n’a même pas pensé à regarder ce qu’il y avait dans la
boîte aux lettres. Se dire que demain, ça va être tout pareil. C’est métro-boulot-dodo, sans métro et sans boulot. S’ensuit un ennui qui annihile tout. Plus envie d’écrire, de faire des projets autres que professionnels. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire.

Parfois, on a des entretiens et là, on se pomponne à mort, on se bichonne, on est même heureux d’être convoqué aux aurores : ciel, enfin une raison de se lever, une horaire à
respecter. Une occasion de s’habiller, de se maquiller. Peut-être que grâce à cet entretien, bientôt, je pourrai enfin pester tous les jours après mon réveil, m’habiller et me maquiller tous les matins… Voir des gens en vrai, leur parler.