Où je vais rentrer en résistance

Terme un peu grandiloquent, je l’admets mais j’annonce la couleur. A l’heure où j’écris cet article, il est 22h07 jeudi 20 avril, une fusillade a eu lieu sur les Champs et je ne sais pas encore qui quoi qu’est-ce (on commence à parler d’un cambriolage qui aurait mal tourné). Quelle que soit l’histoire (et au-delà bien sûr du drame humain), je ne vois qu’une conséquence : un second tour Fillon-Le Pen.

Affiche pour le second tour des élections présidentielles

Alors soyons un peu clairs : je sais qu’un Président sans majorité parlementaire n’a pour ainsi dire aucun pouvoir donc on a une deuxième chance en juin mais honnêtement, je suis pas très optimiste. Alors, en mon âme et conscience, j’ai décidé de “rentrer en résistance”.

Résistance

“Et tu vas rentrer en résistance derrière ton clavier ? Bouffonne, va !” (oui, j’imagine un contradicteur un peu énervé). Alors déjà je pense que oui parce que ça ne fait jamais de mal de prendre la parole, tu ne sais jamais à qui tu vas apporter un peu de lumière. Et au pire, ça fait toujours du bien de voir qu’on n’est pas tout seuls. Mais surtout, je vais bouger mon cul sur le terrain. Etant salariée, j’ai un peu trop laissé les syndicats, étudiants, chômeurs, ceux qui pouvaient aller manifester à ma place. Je dois désormais assumer mes opinions et je ne laisserai rien passer.

Manifestation contre la loi Travail

Cependant, finalement, peu importe qui sera au second tour, peu importe si le candidat que j’ai choisi portera l’écharpe tricolore, je ne donne pas de chèque en blanc, sorry. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, je le sais. Je vote pour une vision de la société et si je suis trahie, je continuerai à vociférer pour obtenir cette société là. Je ne suis militante de rien, aucun parti. Si je ne suis pas contente, peu importe qui aura lancé une réforme dégueulasse, je m’y opposerai.

Manifestation féministe contre Trump aux Etats-Unis

En fait, cet article est un peu un appel au réveil citoyen. Je sais pas vous mais là, niveau naïveté démocratique, j’ai épuisé mon stock. J’aimerais être optimiste, j’aimerais y croire encore parce qu’on est vivant tant qu’on est fort (je comprends même pas ce que ça veut dire), me dire qu’on va pas systématiquement se faire baiser la gueule, voir nos droits grignotés chaque jour un peu plus, notre bien être, notre environnement… Mais vraiment, je n’y crois plus. Limite, j’en viens à me demander pourquoi je vote encore… Alors c’est fini, je me laisserai plus faire.

Bulletin de vote nul

J’avais écrit quelques articles qui devaient être publiés cette semaine et je me suis un peu loupée mais je les publierai semaine prochaine, peu importe le résultat du second tour (et je vous parlerai de Séville, aussi !)

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Les assistés t’emmerdent

L’un des avantages de ma convalescence chez mes parents (oui, le drame familial est terminé, j’ai plus envie d’en parler), c’est que j’ai accès à des news mag que je n’aurais pas l’idée/l’envie d’acheter à savoir : Le Figaro magazine. Au début, je trouvais ça pas mal sympa vu que ça ne parlait pas trop politique mais plus trucs de riches que je ne connais pas. D’ailleurs, j’hésite à me mettre au golf. Non que je pense avoir un quelconque talent mais les golfs sont magnifiques, un petit tour du monde des parcours de golf, ça peut être sympa. Sauf que j’ai déjà la plongée et que j’ai très envie de me mettre à la rando, je peux pas tout faire.


Donc globalement, ça allait jusqu’à ce numéro de juin que j’ai repêché par accident de la pile des magazines à jeter, un numéro consacré à la France des assistés. Numéro qui suit les déclarations de Wauquiez sur le RSA. Alors j’ai lu et j’ai remercié le ciel ou Dieu seul sait qui de ne plus être au chômage au moment de la lecture tellement cet article m’a rendue furieuse. Je vous résume le topo même si je suppose que votre sagacité vous a permis de comprendre de quoi il retournait : le RSA et autres allocations encouragent les chômeurs, les « assistés », à ne pas bouger leur cul de leur canapé, une dizaine d’exemple à l’appui. Oui, le chômeur est une race d’une paresse crasse. Pourquoi bouger son cul quand tu reçois 467 € par mois sans rien faire ? Alors je ne peux pas parler au nom de tous les assistés mais prenons quelques points.


– 467 € par mois. Ca ne paie même pas mon loyer. Même si on y ajoute les ALS, je pense qu’une fois mon loyer payé, il ne me resterait rien. Alors c’est vrai que ne pas bouger de son canapé ne coûte pas très cher mais…

– Le chômeur, comme n’importe quel humain, est un être social qui finit par haïr profondément ce fameux canapé qu’il n’est censé ne plus vouloir quitter. Or avec 467 € par mois, à part marcher dans la rue, il lui reste bien peu de loisirs. Si profiter de la vie, c’est mater la télé à longueur de journée, effectivement, je comprends que toute la France envie les assistés.

– Pour beaucoup, être chômeur est dur à vivre. C’est pénible de répondre qu’on est en recherche d’emploi quand on nous demande notre métier, de sentir justement toute la suspicion dans le regard de l’autre, ce soupçon hélas légitime : tu cherches vraiment du boulot ou tu te complais dans cet assistanat maudit ? 

– Et les chômeurs, comme la plupart d’entre nous, sont avides de trouver une place dans la société, d’avoir la sensation de servir à quelque chose, d’avoir une bonne raison de se lever le matin pour enfiler une tenue pour aller bosser. Le peignoir, ça saoule vite.

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Ceci étant, les allocataires sont des assistés et comme punition, M. Wauquiez a trouvé une idée, une parade : forcer ces parasites de la société à faire quelques travaux d’intérêts généraux. Oui, dans le monde magique de l’UMP, le travail est une punition. Heu… Je suis pas sûre d’avoir tout suivi, là ! Vois-tu mon petit Laurent, j’ai été au chômage et j’étais motivée pour bien faire. Quand je suis allée à feu ANPE, aujourd’hui Pôle Emploi, j’espérais de tout mon cœur trouver quelque chose m’aidant à aller de l’avant. Je ne te parle pas des ateliers CV ou lettres de motivation ou encore recherche d’emploi, ça, ça ne m’aurait servi à rien mais des formations pour m’aider à trouver un emploi, justement. Tu vois, une formation en anglais voire même, si ça avait été nécessaire, préparer une reconversion. Non. On dit juste que les gens ne font rien et que ce sont des feignants. Comme si c’était pas assez dur d’être en marge de la société car on n’a pas d’activité professionnelle, faut encore qu’on vienne nous montrer du doigt.


Oh oui, je sais, y a toujours un cas qui vient démontrer que Machin, tu vois, il touche le RMI ou le RSA et du coup, il bosse volontairement pas ou il bosse au noir, c’est dégueulasse. Oui, c’est vrai, ça l’est, dégueulasse. Mais perso, à choisir entre le mec qui détourne au max 1000 € (et encore, ça sous entend qu’il a des bouches à nourrir, je suis très généreuse, là) par mois et les grands patrons qui gagnent des millions sans quasi rien payer comme impôts grâce aux niches, boucliers et autres paradis fiscaux, je sais pas, y en a un que ça me démange plus de pourrir que l’autre. Tu vois, Laurent, au lieu de t’exciter sur le robinet qui fuit, colmate la brèche qui coupe le tuyau, tu feras vachement plus d’économies.


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Oui, j’avoue, je suis un peu fatiguée par le sempiternel « salauds de pauvres »
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Je suis un aimant à tarés

Je ne raconte plus trop ma vie sentimentale (ou presque) du fait que je ne vois plus trop l’intérêt de la raconter. Je préfère généraliser sur l’amour plutôt que de prouver par une liste de conquêtes que, ouais, je suis trop bonne. Mais hier soir, je suis virtuellement tombée sur un tel cas que je me dois de partager ça avec vous.

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Histoire : après un article intéressant sur meetic, je décide d’y refaire un tour. Je reçois un mail d’un mec sans photos : « si tu étais un meuble ikéa, tu serais lequel ? ». Bon, allez, c’est rigolo, je réponds. Je regarde un peu la fiche du mec : libraire, rien de particulièrement notable en dehors de ça. Mais libraire, c’est sympa… Bon, il me renvoie d’autres mails, il est un peu « excité » (pas dans le sens sexuel du terme, dans le sens nerveux) mais on va dire qu’il est peut-être un peu nerveux. ON passe sur MSN et il me sort de beaux discours quant à l’importance de respecter les femmes, qu’il est très doux, très respectueux. Mais déjà, y aurait comme un léger hic : il vit encore chez ses parents car il est chômeur, il cherche un job de téléprospecteur. Il est où le libraire ?

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Son discours m’interpelle un peu mais le mieux, c’est quand je lui demande ce qu’il entend par « sa spiritualité ». Et là, il commence à me sortir un discours un peu étrange sur le fait qu’il est sur terre pour apporter la lumière, qu’il a proposé un siège à une vieille dame dans une pharmacie ou qu’il avait aidé une ex à ne pas se suicider. Heu… Parce que sa religion lui dit que venir en aide à une personne, c’est aider toute l’humanité (ou un truc comme ça, je me souviens plus bien). Ah, elle a l’air sympa sa religion mais il sort d’une secte, non ? Ah non… Après, il me parle de son tatouage féminin parce que tu comprends, ça représente sa féminité, son imagination, sa spiritualité… Je sais plus très bien après. Il me raconte qu’il écrit et compose des poèmes mais je sais pas, je suis pas très confiante, je trouve qu’il en fait un peu trop dans le « je suis vertueux ». Mais comme une conne, je lui file mon numéro de téléphone en me disant qu’il en fait peut-être des caisses juste par nervosité.

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Samedi soir, 1h du mat, alors que je suis en train de m’endormir, il m’envoie un texto érotique que j’ai même pas lu en entier car j’étais en train de m’endormir et qu’il m’a fait louper un cycle de sommeil, ce qui m’énerve légèrement. Je suis claquée en ce moment et je vais pas trop pouvoir me reposer les prochaines semaines donc cette heure et demi de sommeil perdue m’était précieuse. Bref, hier, je suis sur msn pour parler à quelqu’un et l’autre vient me parler. Bon, je lui répondrai plus tard. Quand je me décide à lui répondre, il est parti. Bon. Je me mets en absente et vaque à mes occupations. Paf message : « la moindre des politesses serait de dire BONJOUR et MERCI pour les sms avant de te mettre en absente.. « . Bon, ok, là, je vais faire un truc moche : plus j’y pense, moins je le sens ce mec donc on va profiter de cette introduction pour mettre fin à l’histoire. Je réponds donc : « Bonjour. Alors en 1, tout à l’heure, je n’étais pas là, je suis revenue mais tu étais parti. Pardon de ne pas te parler quand tu n’es pas là, je me suis mise en absente ensuite
car je repartais du pc. En 2, la moindre des politesses c’est de ne pas envoyer des textos à 1h du mat quand on n’est pas sûr que la personne ne dort pas. J’étais en train de m’endormir, je me suis relevée en pensant que ça devait être important, je me suis rendormir 1h30 plus tard pas vraiment ravie… Et de 3, je n’aime pas trop ce ton ».

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Et là, je me prends le pire flot d’insultes de ma vie, je me fais traiter à peu près 36 fois de pute et de paumée, de cas social et de vilaine moche « à la façade refaite », ce qui est assez drôle quand on connaît ma difficulté de compréhension face à la chirurgie esthétique non réparatrice. Il crache même sur mes goûts musicaux dont je ne lui ai pas parlés. Bref, un joli névrosé qui a des soucis avec les femmes et qui les règlent en passant par moi. Encore un.

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Parce que c’est un peu récurent. Vous n’avez pas idée du nombre d’insultes que je me prends ici par tous ces mecs qui ont des comptes à régler avec les femmes et manifestement, je suis la cible rêvée. Je ne sais pas pourquoi. 

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Alors moralité de l’histoire ? Je suppose que je soulage malgré moi un flot d’aigreur mais j’en ai un peu marre. Le pire c’est que dans cette histoire, j’ai essayé d’être gentille au départ, je n’ai pas fait ma superficielle en lui demandant une photo alors que je pressentais un mec un peu bizarre et je ne l’ai pas jeté de suite, me disant que sa bizarrerie allait s’estomper, j’ai voulu laisser une chance, merci le résultat. On me traite de pute, connasse et tutti quanti mais c’est justement parce que je ne le suis pas qu’il m’arrive ce genre de conneries. Pourtant, j’ai pas envie de devenir la parfaite garce sur le mode « les mecs m’ont fait chier dans le passé, ils vont payer maintenant » et autres conneries du genre. Alors du coup, j’ai une idée. Si tu es psy, on s’associe et je te ramène de la clientèle, j’ai un gros potentiel de détection d’associaux aigris et frustrés qui doivent avoir des paquets de nœuds à défaire.

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Demain, je vous explique ce que je faisais sur Meetic.

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C’est quand qu’on va où ?

Allez, les amis, c’est parti, on a décidé que cette année, on partait en vacances, youpi ! Mais là, faut répondre à trois questions essentielles :

– où

– quand

– comment 

Aujourd’hui, penchons nous sur le quand qui semble être la question la plus facile à résoudre mais ERREUR ! A partir du moment où tu quittes les études, le choix des vacances devient une lutte de tous les instants. Et quand t’es chômeur, tu pars pas ou avec l’angoisse de partir au mauvais moment.

Juillet et août : un butin de 9 semaines à se partager et personne ne va se faire de cadeaux, autant le dire. Pour te ramener du café de la machine, t’aider à réparer l’imprimante qui ne marche jamais, répondre à ton téléphone, il y aura toujours quelqu’un (enfin, normalement) mais pour céder un jour de vacances, là, il ne faut pas y compter. L’attribution des vacances se fait selon une logique de priorité, un peu comme les places dans le bus : plus t’es jeune, valide et pas enceinte, moins tu as de chances de t’asseoir. Et bien
les vacances, c’est pareil : moins t’as d’ancienneté et d’enfants, moins t’as ton mot à dire dans le partage des congés. D’ailleurs, si tu n’as ni enfant ni mari, tes vacances, tu les prends en septembre ce qui, depuis quelques années, est quand même le mois le plus agréable de l’année, même s’il fait nuit plus tôt qu’en juillet. 

Cette année, je devais combattre avec Simon et Ioulia. Dans l’ordre hiérarchique : Simon puis Ioulia et moi à égalité. En fait, comme j’ai le statut cadre, normalement, je suis avant Ioulia mais mon statut, il ne sert pas à grand-chose, juste à faire joli. Simon posant la semaine de fin juillet et la première d’août, Ioulia et moi devons nous partager la fin du butin. Je prends les semaines du 07 et 14 juillet, Ioulia du 21 et du 28. Donc si t’as bien suivi, y en a une qui se retrouve seule la semaine du 28 au taf… Heureusement
qu’on a une stagiaire, ça va être drôle à deux. Mais à l’arrivée, tout le monde a les vacances qu’il voulait, youpi ! 

Mais si j’ai de la chance, ce n’est pas le cas de tout le monde. En général, dès que vous ouvrez la bouche sur le sujet, ça fuse : « non mais avec mes enfants, tu comprends… », « on veut réserver à tel endroit et c’est vraiment cette semaine qui coûte le moins cher… », « oui mais on va chez ses parents et c’est le seul moment où toute la famille peut y être, surtout que c’est l’anniversaire de pépé ». Pour peu que certains aient la bonne idée de se marier, ce qui arrive souvent en été ou, pire, d’accoucher, c’est carrément un casse tête chinois. Alors on peut jouer au « m’en fous, je ne ferai aucune concession » mais vu qu’on continue à travailler avec ces personnes le reste
de l’année, mieux vaut faire quelques concessions. Sinon, pour Noël, vous pouvez vous brosser. 

Donc, si vous avez une date de vacances très précise à prendre, commencer à en parler dès janvier pour être sûr de l’avoir. Après, chacun ses préférences. Je suis juillettiste depuis ma plus tendre enfance, sans doute parce qu’en août, il y a décidément trop de monde et le monde, j’en mange suffisamment à Paris pour pas en plus le retrouver à la plage. A moins bien sûr de choisir une destination peu prisée en été. 

Demain, on verra donc où on peut partir en vacances.

PS : N’oublie pas de m’envoyer ta lose de vacances à nina.bartoldi(a)gmail.com !

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Les vacances du chômeur

  

Aussi incroyable que ça puisse paraître, le chômeur peut partir en vacances également. En gros, ils retournent passer quelques jours chez leurs parents. Dans la recherche d’emploi, le moral est essentiel : plus il est haut, plus on a la motivation, les bonnes idées… Et parfois, un changement d’air de quelques jours s’impose. Sinon, les bonnes idées se sclérosent.

L’avantage du séjour parental (ou amical ou amoureux, au choix), c’est que ça ne coûte pas très cher. L’inconvénient, c’est qu’on se sent indisponible et là, c’est un peu la panique. Quand je passais des vacances chez mes parents, je continuais à passer mes journées sur les sites d’emploi, des fois que… La recherche d’emploi est une question de chance et de timing, je ne peux pas laisser passer l’annonce idéale, on ne sait jamais.

Mais le problème des vacances, ce n’est pas tant une connexion Internet, c’est surtout la distance. Postuler, on peut le faire de n’importe où, ce n’est pas un souci. Le problème, c’est que les entretiens ne se planifient pas toujours très à l’avance. Je me souviens de ce fameux jour aux deux entretiens dont un fut le bon : quand j’ai eu les deux rendez-vous, j’étais en province donc j’ai du programmer un retour en urgence.

Cependant, il n’est pas toujours possible de passer sa journée sur ses mails, à répondre aux annonces quand on n’est pas chez soi. Tous les foyers ne sont pas connectés puis en vacances, on n’a pas forcément le temps de passer la journée sur un écran. Si on n’a pas de candidature en cours, tant pis : peut-être que l’annonce qui nous convenait va passer à ce moment là mais trouver un emploi étant aussi un concours de circonstance, c’est donc que les circonstances n’étaient pas favorables. Mais si on attend une réponse, s’éloigner de la civilisation est carrément inconcevable. Dieu bénisse le portable. Mais il faut toujours être prêt à repartir, même en été, ne sait-on jamais. En effet, ça ne fait pas vraiment sérieux de repousser un entretien à la semaine suivante sous prétexte qu’on est en congés et qu’on n’a pas prévu de rentrer avant. Si on décrochait un entretien à chaque annonce répondue ou à chaque candidature spontanée envoyée, ça se saurait. Cependant ça arrive et des fois, tout se joue par mail. Par exemple, pour mon premier taf, j’avais un entretien avec Claude, tout s’est fait par mail. Du coup, quand je suis arrivée dans la boîte pour l’entretien, je ne savais pas si je devais demander monsieur ou madame. Surtout que vu son nom et prénom, en googlisant, je trouve 150 personnes différentes. Heu…

Finalement, ça peut paraître curieux mais avoir du travail, c’est avoir le droit à des vacances, des vraies, des sans complexes. Maintenant, quand je rentre chez mes parents, j’ai pas à me lever tôt pour fouiller le net à la recherche de l’annonce qu’il me faut, je n’ai pas à m’inquiéter de rater un entretien parce que je ne suis pas là, je peux glander en toute sérénité, laissant mon travail à sa place, au bureau. Et glander sans culpabilité, c’est vraiment bon. Comme quoi, l’inactivité, c’est pas de tout repos.

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Aide toi et le net t’aidera

 

Quand on est en recherche d’emploi, nous avons à notre disposition un outil drôlement pratique tout de même : le net. Seulement, Internet, c’est un peu la jungle, le joyeux fouillis, le tout et le n’importe quoi. Et les perles cachées, les sites super précieux qu’on trouve soudain et qui nous font réaliser tout le temps qu’on a perdu jusque là.

Pendant nos études, on apprend à faire notre métier mais personne n’a la bonne idée de nous faire des cours de recherche d’emploi. Evidemment, il ne faut pas dire qu’il est possible que tu ne trouves pas un emploi à la sortie de tes études, ça ferait désordre. Il n’empêche que moi, ça m’aurait bien aidé parce que le jour où il a été évident que je devais chercher un emploi (car il ne me trouverait pas tout seul), j’ai un peu paniqué.

Donc, le chômeur du XXIe siècle n’a plus à se battre pour arracher le journal des annonces au petit matin, courir d’agences ANPE en agences interim pour lire les annonces exposées… Non, le chômeur surfe de site d’emploi en site d’emploi. Evidemment, premier réflexe : ANPE. Même sur le net. Le site propose de mettre son CV en ligne, de classer les annonces en ligne dans son classeur… Sauf que les annonces ne sont pas mises sur le net immédiatement et certaines sont posées car l’entreprise y est obligée mais il n’y a pas de poste derrière. Par exemple, une annonce est posée le lundi, je postule le mardi. Le jeudi, j’appelle l’entreprise (que j’ai cherché pendant une bonne heure sur le net, l’employeur étant rarement indiqué) : le poste a déjà été pourvu. Deux jours pour réceptionner les CV, convoquer les candidats en entretien et faire son choix ? C’est pas un peu une blague ?

Se contenter de l’ANPE est plutôt une énorme erreur stratégique, surtout dans des branches comme la mienne où il n’y a que peu d’annonce. Autre piste à laquelle on pense assez spontanément : les agences interim. Youpi, maintenant, elles proposent des CDI mais j’en parlerai plus en détail plus tard. Mais là encore, c’est pas l’idéal pour ma branche.  Alors maintenant, je fais quoi ? Heureusement, si j’ose dire, je ne suis pas la seule chômeuse et les sites de type monster ou keljob ne lésinent pas sur la pub donc forcément, j’en entends
parler, je me rue dessus pour y poser mon CV. Google me donne plein de sites où déposer mon CV, j’y vais franchement. Mieux vaut 10 CV en ligne qu’aucun, on ne sait jamais.

Comme j’ai fait une formation « professionnalisante » (ahahah), j’ai eu besoin de faire des stages donc j’ai déjà eu l’occasion de faire connaissance avec des sites d’annonce journalistiques. En premier lieu categorynet et talents.fr, idéal pour le journalisme et la comm. Mais là encore, faudrait devancer les annonces (collectées partout sur le net pour categorynet). Tous les étudiants en journalisme ou presque connaissent ce site donc dès qu’une annonce tombe, les CV pleuvent. A la fin, j’avais le truc : pour répondre à une annonce, categorynet mettait le lien vers le site où avait paru l’annonce. J’allais donc dessus et clic, dans mes favoris. Categorynet mettant en général les annonces dans l’après-midi, le but était de faire le tour de leurs sites de référence avant eux pour repérer les annonces avant tout le monde. Quand on sait que les recruteurs ne prennent pas le temps de regarder tous les CV, c’est bien de répondre le plus tôt possible. Et, non, ça ne fait pas désespéré de répondre à peine l’annonce postée : quand on est en recherche d’emploi, on est à l’affût des opportunités.

Evidemment, on découvre que certains sites ne sont pas toujours très adaptés. Monster passait son temps à m’envoyer des annonces pour rédactrice juridique… heu… Ouais mais non. Mais il ne s’agit pas de rester « prisonnier » de ces sites, il faut faire preuve de volonté, se mettre sur tous les sites utiles, poster son CV partout (ne pas négliger les sites de réseautage, surtout pas). Certains
recruteurs font un tour sur les CV online avant de passer une annonce. D’ailleurs, la semaine prochaine, nous parlerons ensemble de l’utilité d’un site ou blog pro.

Edit en forme de NB : si t’en as marre de la chômagie et que tu as envie d’un peu de légèreté, aujourd’hui, j’écris aussi sur Futiles

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Le planning du chômeur

Révélation : être chômeur, c’est chiant. Si, je vous jure. Les journées s’étirent indéfiniment, on s’occupe en candidatant mais que le temps est long entre deux réactualisation de la boîte mail, vérification qu’on n’a pas raté un coup de fil, des fois qu’on aurait mis le téléphone sur silencieux… Mais surtout le chômage, c’est se déphaser de la société.

 

Je suis d’un naturel couche-tard, lève-tard. Quoi que je fasse, quel que soit mon état de fatigue, je n’arrive pas à me coucher tôt. C’est très rare que j’éteigne les feux avant
minuit malgré les bonnes résolutions. Alors imaginez le cauchemar quand on n’a pas d’horaires à respecter. Dans mon chômage idéal, je souhaitais me lever à 9h. Les recruteurs n’arrivent jamais au boulot avant et, tant qu’à faire, autant envoyer un CV quand ils sont au bureau, histoire qu’il ne soit pas noyé dans la masse. Et être sur le pont dès le matin, ça veut aussi dire sauter sur les annonces dès qu’elles paraissent et répondre. Oui, il faut être réactif. J’ai passé un entretien où le recruteur m’a avoué n’avoir regardé que les 40 premiers CV reçus. J’aurais répondu plus tard, ça aurait peut-être été mort pour moi. Je pensais que le chômage, ce serait levée tôt, recherche de boulot avec mon mug de café et tout ça. Sauf que la motivation, elle finit par disparaître.

Au tout début, le chômage, on se dit que ça va pas durer donc les 15 premiers jours, voire le premier mois, ça ressemble plus à des vacances qu’autre chose. Puis on finit par s’y
mettre, faire des plans d’attaque, des plannings. Sauf qu’on se rend compte que le chômage, on en sort pas forcément comme ça. Plus nos candidatures sont sans réponses (ou pire, réponses négatives), moins on est motivés. On ne se lève plus à 9 mais à 10h. On n’est pas à une heure près. Puis finalement, ce sera 11h. Puis midi, on a toute l’après-midi pour envoyer des CV, ça laisse le temps. Plus on se lève tard, plus on se couche tard, forcément. On se dit bien que quand on retrouvera un boulot, le rythme sera un peu dur à reprendre mais ce que je ne fais pas de jour, faut bien que je le fasse à un moment.

En même temps que cette désynchronisation, il y a un réel enfermement. Sortir ? Oui mais pour quoi faire ? Nos amis travaillent en journée et n’ont pas forcément envie de
sortir tous les soirs, ils sont un peu fatigués. On les comprend puis toutes ces sorties, ce n’est pas donné non plus. Alors les jours où on ne sort pas, on ne fait pas l’effort de s’habiller vraiment, on enfile une tenue d’intérieur, histoire de dire qu’on n’est pas resté en pyjama toute la journée, on se peigne histoire d’éviter les nœuds. Le maquillage ? Mais quelle idée ! Je vois pas bien à quoi ça sert de se maquiller si on sort pas. Ou si on sort juste faire ses courses.

Evidemment, à force de se désociabiliser, le chômeur déprime. Cercle vicieux. Passer sa journée à candidater, à essayer de se sortir de là, trouver des idées, des pistes, ça
fatigue, surtout quand ça n’aboutit pas. On se sent un peu nul et quand on se regarde dans la glace, ce n’est pas mieux. Négligée, c’est le mot. Du coup, dès qu’on a l’occasion de sortir, de voir du monde, ça nous fait un vrai bol d’air même si on a, du coup, tendance à culpabiliser : le temps que je prends à prendre un verre avec une amie dans la journée, je le prends pas à chercher du boulot. Sauf que ce qu’il faut comprendre, c’est que si on relâche pas la pression, on explose. On ne supporte plus de vivre entre ces 4 murs qui nous servent d’appart, à voir plus souvent Ashley et Victor des Feux de l’Amour que des vrais humains. Réaliser en se couchant que la seule fois de la journée où on a utilisé notre voix, c’est quand on a dit au chat d’arrêter ses conneries. Que quand on vous appelle, on vous demande systématiquement si on vous réveille, vu votre voix enrouée. Se rendre compte qu’on n’a même pas pensé à regarder ce qu’il y avait dans la
boîte aux lettres. Se dire que demain, ça va être tout pareil. C’est métro-boulot-dodo, sans métro et sans boulot. S’ensuit un ennui qui annihile tout. Plus envie d’écrire, de faire des projets autres que professionnels. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire.

Parfois, on a des entretiens et là, on se pomponne à mort, on se bichonne, on est même heureux d’être convoqué aux aurores : ciel, enfin une raison de se lever, une horaire à
respecter. Une occasion de s’habiller, de se maquiller. Peut-être que grâce à cet entretien, bientôt, je pourrai enfin pester tous les jours après mon réveil, m’habiller et me maquiller tous les matins… Voir des gens en vrai, leur parler.

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Bonus : La gestion de l’échec

(article écrit il y a de cela un an, quand j’étais en recherche d’emploi sur un blog que j’avais crée à cet effet. S’il ne répond pas tout à fait à la problématique que j’aborde aujourd’hui, je le trouve intéressant car écrit à chaud et très révélateur de mes tourments à l’époque).
 
Il y a un truc pénible quand on cherche un emploi : les désillusions. Ce mois-ci, j’en ai eu pas mal, entre l’entretien qui se passe à la perfection et le boulot qui me passe sous le nez d’un rien, un entretien bidon qui n’a servi qu’à me faire perdre un après-midi. La semaine dernière, j’ai été contactée par le Journal de l’Internaute qui était intéressé par ma candidature mais fallait que j’écrive un article pour qu’ils voient. J’ai donc envoyé. J’ai pas été prise.
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Lundi, 11h30, la nouvelle tombe. Un coup de fil de 2 minutes 30 maxi. Ce ne sera pas moi mais un(e) autre. Encore. Là, j’avoue que j’ai pas pu m’empêcher de repenser au film Le Couperet de Costa Gavras. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je résume : un chômeur (José Garcia), tue tous ceux qui ont un niveau équivalent au sien et pourraient lui subtiliser le poste qu’il vise. N’étant pas psychopathe, je ne tuerai personne mais des fois, se dire qu’on était deux sur un poste et que c’est l’autre qui l’a eu, ça déprime. Premier réflexe : retourner sous la couette voir si j’y suis et entamer la traditionnelle « pourquoi mais pourquoi ? Je suis une sombre m****, la lie de la race humaine, personne ne m’aime, même pas mon chat ».

Bon, rassurez-vous, c’est bon, j’ai fini ma déprime, j’ai pas non plus que ça à faire. C’est vrai que plus les refus s’accumulent, plus j’ai tendance à me demander pourquoi je
persiste, me persuadant de façon ridicule et stérile que non, je trouverai jamais de boulot dans ce milieu. Parce qu’à ce niveau là, autant plier boutique et chercher dans une autre branche.

Mais comment gérer ces non à répétition sans perdre confiance en soi et en ses compétences ? Bon, moi, j’ai ma cellule « t’arrêtes de râler, oui ? » composée de ma sœur et de mes amies et de lecteurs de mon autre blog, toujours en pleine expansion (pas trop compris ce qu’il s’est passé la semaine dernière, un média a dû en parler sans que je sache) qui me trouvent si brillante, talentueuse, drôle et tout ça. Oui, là, c’est le paragraphe où j’ai oublié ma modestie. Bref, tout le monde me dit « qu’il n’y a pas de raisons » que je trouve pas de boulot parce que je le vaux bien. Moi, j’ai des doutes quand même des fois. Mais je continue.

Parce que si je fais pas journaliste, je vais faire quoi ? Je ne sais faire que ça et je ne veux faire que ça. Ou de la comm à la limite mais ça va de pair, pour moi. Mais
pour le reste… Je peux faire des jobs alimentaires comme caissière, guichetière à la Poste (déjà fait), téléprospectrice ou serveuse (quoi que non, je casserais trop d’assiettes). Mais sans vouloir me montrer méprisante, j’aurais du mal à avaler le fait que j’ai fait 7 ans d’études pour finir par faire un boulot où seul le niveau bac est exigé. Cette année, en juin, je fêterai les 9 ans de mon bac, me dire que j’ai passé 9 ans à étudier et galérer pour rien… Non, ça ne passerait pas. Et puis, il y a tellement d’investissement que je ne peux pas tout laisser tomber du jour au lendemain. Mes parents qui m’ont toujours laissé faire ce que je voulais, mes amis et ma sœur qui me reboostent quand je suis en bas de la pente. Sans parler de MON investissement personnel, les kilos d’articles rédigés de ma jolie plume qui s’accumulent dans mon press book. Tout ça pour rien ? Hors de question.

Ma déception, j’essaie de la transformer en énergie. Tu n’as pas voulu de moi ? Et bien, c’est pas grave, tu sais pas ce que tu rates. Je deviendrai une grande journaliste et
je te rirai au nez. Bon, c’est pas tout ça mais je dois candidater, moi.

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Le réseau

Une piste intéressante pour le chômeur,c’est le réseau. Je dirais même que c’est la carte la plus intéressante dans le jeu de la recherche d’emploi. Regardez, vous, par exemple,
vous cherchez un nouveau médecin, dentiste, coiffeur ou ce que vous voulez, quel est votre premier réflexe ? Regarder dans votre entourage et demander à vos amis. Imaginons qu’un rédac chef cherche une pigiste et que je sois dans ses relations, il pensera à moi. Normalement.

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Parce que le réseau, c’est magique, c’est un peu la multiplication des petits pains : si on part du principe qu’une personne connaît au moins dix personnes, chacun de vos
contacts connaît lui-même dix personnes, chaque contact de vos contacts connaît au moins dix personnes… C’est exponentiel. Maintenant, sur viadeo, quand je cherche quelqu’un, il est toujours dans mon réseau éloigné mais ça me permet de le contacter en rebondissant de contact en contact, vu que je n’ai plus de crédit de mise en relation directe.

 

Aujourd’hui, il n’est plus besoin de vanter les qualités d’un réseau, tout le monde sait à quel point c’est important. Surtout dans des métiers de l’info et de la comm comme le
mien. Ainsi, certains y ont vu un filon et ont commencé à exploiter ça. Sur Internet, plusieurs sites vous proposent de vous constituer un réseau de façon gratuite ou payante. Je ne les connais pas tous, je cite les plus connus (enfin, ceux que j’ai déjà utilisé).

– Linked in mais l’interface m’a tellement déplue que je me suis contentée de remplir mon CV et basta. Je ne suis certes pas bilingue anglais/français mais quand même, je comprends pas mal et là, je l’ai pas trouvé intuitif du tout ce site, j’ai donc laissé tomber.

– Ziki qui permet de faire pas mal de choses. Perso, je m’en sers pour faire un miroir à mon ancien blog de chercheuse d’emploi (tué depuis, pas la peine de le chercher) puisque le
flux RSS est dessus, on peut aller sur mon CV, mon profil mybuzz et ma fiche viadeo.

– viadeo, donc. Je découvre ça et je m’amuse comme une petite folle, je linke les gens que je connais. 4 contacts, wouhou ! Vite, ça monte, je retrouve des anciens potes de
facs, je linke même des blogueurs chez qui je commente. Maintenant, va falloir que je linke les collègues. Seul défaut et de taille : viadeo est payant. Et vous payez d’un coup s’il vous
plaît. Du coup, je suis allée sur le forum suggestion gueuler un coup et j’ai gagné 6 mois gratuits. J’adore !

Donc le réseau, c’est important, la preuve. Si je m’en réfère à mon expérience personnelle, c’est mon réseau qui m’a permis indirectement d’avoir du travail, une amie qui m’a fait
suivre une annonce et voilà ! Mais surtout, le réseau permet de vous crédibiliser et assurer un bouche à oreilles favorable… Si vous avez fait les choses correctement. Par exemple, sur
viadeo, j’ai envoyé des invitation à mon tuteur de stage en presse rugby et à DRH choupinou mais ils ont pas répondu (bouh !). Non parce que j’aurais apprécié de me faire recommander. Si un mec arrive sur ma fiche et voit que mes derniers employeurs se portent garants pour moi, c’est quand même un sacré plus. « Nina, testée et approuvée par des gens qui l’ont payée ! ». Hum, ça fait un peu prostituée ce slogan, va falloir que je m’en trouve un autre. Mais l’idée, c’est ça.

Mais alors, comment se constituer un réseau ? Bon, premier cercle, la famille. Ma sœur travaille en marketing, un contact intéressant. Son ancienne coloc, une ancienne copine
à elle, je les connais, ça peut être intéressant. Tiens, mon cousin aussi est sur viadeo. Hop, je le rajoute. On n’est pas dans la même branche d’activité mais il a des contacts et ça peut
toujours me rapprocher de quelqu’un. C’est un peu ça, le jeu du réseau, on ne sait jamais qui, à l’arrivée, va nous aider. Je me souviens d’un camarade de classe qui voulait être journaliste sportif. Lors d’un rendez-vous chez le dentiste, il parla de ses visées professionnelles à ce dernier qui, what a miracle, connaissait un journaliste à l’Equipe ce qui permit à mon pote de faire un stage là-bas. Donc il vaut mieux réseauter large car on ne sait jamais qui connaît qui et qui va ouvrir la bonne porte au bon moment. Bref, il ne faut négliger personne même si, sur le coup, avoir dans son réseau un plombier ou un menuisier, ça vous paraît pas hyper pertinent pour trouver du boulot. Erreur ! Bon, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de plombiers sur viadeo et co mais je pense par contre qu’un plombier a beaucoup de clients dans divers milieux…

Alors réseautez. In fine, c’est peut-être votre amoureux ou amoureuse de maternelle qui vous mettra en contact avec la personne qu’il fallait !

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Bienvenue en Chômagie

(je débute une série sur le chômage, c’est-à-dire que je recycle de vieux articles écrits pour un autre blog aujourd’hui mort et je complète la série. Mais rassurez
vous, j’ai pas été virée !)

C’est l’histoire d’une fille, moi, qui avait tout prévu dans la vie : elle aurait de bonnes notes, étudierait à la fac, décrocherait des diplômes et aurait un emploi. Tout se déroulait comme prévu jusqu’à la partie emploi. Cette histoire est la mienne mais elle n’a rien d’extraordinaire, elle est même d’une banalité affligeante pour pas mal d’entre nous. Petits, on nous disait « travaille bien à l’école, c’est important », c’est fait. « Passe ton bac et décroche une mention, c’est important », c’est fait. « Les diplômes, c’est essentiel dans la vie ». J’ai deux maîtrises et un master professionnel. « Pars à Paris, c’est là-bas que ça se passe ! », c’est fait. Et pourtant, malgré mes diplômes (avec mention, je croyais que ça avait une importance, avant), mon déménagement, mes stages, mon pres book… La terrible vérité fond sur moi : me voici au chômage. Citoyenne de la chômagie, le pays où personne ne veut aller alors que nous sommes à peu près 2 millions à y résider (juste à l’échelle française), selon les chiffres officiels. Enfin, on dit pas chômeur, on dit chercheur d’emploi, c’est plus encourageant, moins dégradant.
 

On apprend toujours du regard des autres. Quand vous êtes étudiants (en bac++ sinon, ça ne marche pas), on vous regarde avec une certaine admiration. Quand vous dites que vous êtes chômeur, on vous regarde avec un regard soit compatissant, soit méprisant, voire les deux. Oui, ce n’est pas glamour, je sais, mais je fais ce que je peux pour m’en sortir, quoi qu’on en dise. Dans l’esprit collectif, on a vite fait d’associer chômeur (aka celui qui fout rien) et parasite. Je pense que ces gens là n’ont jamais vécu au RMI. Car qui veut vivre avec moins de 500 euros par mois ? Ca ne s’appelle pas vivre mais survivre, surtout dans la capitale. D’ailleurs, ça ne paie même pas mon loyer. Souvent, le chômeur est vite coupable : s’il ne travaille pas, c’est qu’il ne cherche pas. Il est bien connu que l’envoi d’une demi douzaine de CV engendre automatiquement un emploi, c’est Harry Potter à l’ANPE. Si je me penche sur mon cas personnel, l’équation
est la suivante : plusieurs centaines de CV envoyés (candidatures spontanées et réponses aux annonces) = une demi-douzaine d’entretiens = in fine un emploi. Oui car pour moi, l’histoire finit bien, je ne dirais pas par chance car ce n’est que l’aboutissement de ma recherche. Ceci étant, il ne faut pas nier non plus qu’il existe une part de chance parce que quand une centaine de candidats envoient un CV pour un même poste, il faut pas se leurrer, les 100 CV ne seront pas consultés, les premiers arrivés seront les premiers servis.

Etre au chômage est un emploi à plein temps car il y a beaucoup de choses à faire. Et c’est souvent dur de sentir la suspicion de ceux qui ne savent pas, qui n’ont jamais vécu en Chômagie : « tu envoies des CV ? ». Non, j’attends que l’employeur vienne sonner à ma porte, j’ai écrit en gros dessus « jeune femme au chômage cherche emploi ». Les « tu as envoyé un CV là ? », aussi, qui partent d’une bonne intention mais qui, au final, sont agaçants. Je passe mes journées à envoyer des CV là, puis là et là aussi, même là où les chances d’être prises sont infimes, voire inexistantes. Parce que « on ne sait jamais ». Etre au chômage, ce n’est pas juste passer ses journées à dormir et à faire du sudoku. Il y a beaucoup de choses à faire et j’en parlerai dans les prochains articles. Curieusement, j’ai parfois l’impression que le chômage est un tabou qu’on évoque peu en dehors des chiffres, telle une maladie. On dit « mon fils est au chômage » limite comme on dirait qu’il a le sida. Pourtant, 2 millions de chômeurs, ce n’est pas rien, qu’en est-il de leur vie quotidienne ? Sans
tomber dans le misérabilisme ou la complainte, en parler ne fera de mal à personne.

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