Renoncer à l’humour oppressif n’est pas une régression

Un pas en avant, deux pas en arrière. C’est un peu comme ça que je vois la société française (et je parle de société française parce que c’est celle que je maîtrise le mieux mais en la matière, je me doute que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs) au sujet des oppressions des minorités. Alors que l’humour raciste, sexiste, homophobe… commençait à être remis en question, voilà qu’il revient à fond les ballons avec des chantres du “on peut rire de touuuuut” citant Desproges à tour de bras. Même qu’arrêter de rire des minorités, ce serait une régression…

Pierre Desproges et le cochon

Alors on va évacuer ce point Desproges* très vite : vous ne connaissez pas le sens de cette citation, arrêtez de l’utiliser. Sans parler du corollaire “non mais tu as vu son sketch sur l’antisémite ? Ca ne passerait plus aujourd’hui, ohlala.” Sauf que non. Parce que le sketch est sur l’antisémite et pas sur les juifs. Le but de Desproges n’est pas de dire des horreurs sur les Juifs mais de poser l’antisémite en crétin fini. La nuance est importante. Idem pour Coluche et la violence faite aux femmes : quand Coluche sort ce genre de vannes, il joue l’ultra beauf alcoolique que tout le monde méprise. Quand Tex sort une vanne sur les femmes battue en sachant en plus que c’était limite, c’est lui qui l’énonce, il ne joue aucun personnage. Vous voyez la nuance, un peu ? Si vous la voyez pas, c’est inquiétant.

Le bingo de l'humour oppressif

(c) Maelle Diction

Mais revenons en au point de départ : on ne peut plus rire de ce qu’on veut. Et… bien excusez-moi de le dire mais c’est un progrès, en fait. Faut vraiment être un gros con ne subissant pas la moindre oppression pour croire qu’on peut se torcher les pieds sur la gueule d’une minorité quelle qu’elle soit pour “faire rire”. L’humour est une arme, je l’ai dit je ne sais combien de fois mais je vais le répéter encore et encore. L’humour, perso, j’adore ça, hein… sauf quand il s’agit de perpétrer des clichés de merde. Surtout proférés en public. Si dans votre cercle privé, vous avez envie de faire des blagues racistes ou misogynes, faites. Soit vous les faites au 2nd degré et vos potes sont parfaitement au courant, soit vous les faites au 1er degré… et je vous juge. La situation est déjà plus gênante quand vous perpétuez ce discours en public laissant penser que c’est ok. Non. Rire des femmes battues, ce n’est pas dédramatiser le sujet (130 mortes en 2017 sous les coups de leurs compagnons, qu’est-ce qu’on se marre), c ‘est laisser penser que ce n’est pas si grave, au fond, de molester sa femme. Si toi, tu ne sais pas pourquoi tu la frappes, elle, elle sait *rire gras de connard*. Faire des blagues sur les Arabes qui volent ou les Noirs qui sont feignants, c’est perpétuer ce cliché. Imiter l’accent africain ou asiatique, déjà, c’est nier les disparités entre les différents peuples africains et asiatiques mais surtout, c’est les poser en personnes qu’on peut moquer, placer dans des stéréotypes… Et ce qui est drôle, c’est que ceux qui hurlent au “on peut rire de tout” sont les premiers à péter les plombs dès qu’on sort une généralité sur les hommes ou les Français… En gros, on peut rire de tout sauf de moi.

Homme énervé

Donc je trouve que c’est un progrès d’un peu plus respecter l’autre, de ne plus faire de blagues sur les blondes, les folles, les Arabes voleurs et les Noirs feignants ou les Asiats qui mangent plein de riz (je ne vois même pas ce qui est drôle, à y penser). Un vrai progrès et un défi : aujourd’hui, l’humour nous impose d’être intelligents et fins, de jouer sur d’autres ressorts que ceux tellement éculés que je m’étonne encore qu’on s’en resserve (Tex a quand même placé dans un sketch une blague qui devait exister bien avant ma naissance, comment pouvez-vous applaudir ce genre d’”humoristes”). Et il y en a pléthore. Regardez Raymond Devos, regardez les sketchs de nos humoristes français piqués aux stand upeurs américains. Vous voulez faire rire ? Et bien, faites rires de vous, pour commencer. Caricaturez le raciste (cf le Noir de Muriel Robin où le rire vient du malaise de la mère qui prétend ne pas avoir de soucis à ce que sa fille épouse un Noir mais qui s’en étouffe ou la Coiffeuse qui, sous prétexte d’être ouverte d’esprit, se prend un peu les pieds dans sa bien pensance sur les enfants adoptés ou son employé gay) et non le Noir. Caricaturez l’antisémite et non le Juif (cf Rabbi Jacob, arrêtez de ne pas comprendre ce film, tant qu’on y est) Caricaturez le beauf misogyne plutôt que de faire un sketch sur les salopes. Jouez sur les situations du quotidien, moquez vous de vous… Mais laissez tomber les brimades sur votre voisin qui s’en prend naturellement plein la gueule surtout que bon, reprendre de vieux clichés moisis ne vous donnera qu’une image de médiocre sans imagination.

Michel Leeb, humoriste raciste

Bref, non, ce n’était pas mieux avant, on a enfin l’occasion de faire reluire notre intelligence, faudrait être stupide pour refuser de relever le défi, non ?

 

* Et au passage, Desproges lui-même a regretté certains textes car ils faisaient rire des gens qu’il vomissait (cf le fameux « On peut rire de tout mais pas avec tout le monde » jeté à la figure de Le Pen) donc bon…

 

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Fahrenheit 451 : ne réfléchis plus

Classe de 4e, 1994, la prof de français nous propose de choisir entre 4 dystopies, je choisis Fahrenheit 451 de Ray Bradbury un peu par hasard. Parce que les autres s’étaient majoritairement tourné vers Le Meilleur des mondes et j’avais pas envie de faire pareil et, dans un cours, il avait été question des chroniques martiennes et comme j’étais dans ma période X-files et passion pour tout ce qui était extraterrestre, ce M. Ray Bradbury me paraissait par conséquent un homme bien.

Fahrenheit 451

Alors l’histoire, un peu rapidement. Montag est un pompier mais sa mission n’est pas d’éteindre le feu mais de l’allumer afin de brûler les livres, ceci étant accusés de niveler les gens par le bas par son contenu creux et est facteur d’inégalité sociale. Les citoyens passent donc leur temps libre devant un écran, s’abrutissant de plus en plus. Montag rencontre un soir Clarisse, sa voisine de 17 ans qui vit chez son oncle et qui, par une série de questions, va lui faire découvrir le monde tel qu’il est : un peuple malheureux et abruti qui n’a plus la force de penser, des gens qui n’observent plus et, surtout, ne se parlent plus. En rentrant chez lui, Montag découvre sa femme Mildred inconsciente, elle a tenté de se suicider mais deux personnes viennent la ranimer et elle ne se souvient plus de l’incident. Montag réalisé alors qu’ils ne s’aiment pas, aucun ne pouvant même se souvenir de leur rencontre dix ans plus tôt. Lors de l’incendie d’une maison plein de livres où la propriétaire préfère mourir brûlée vive que de vivre sans ses livres, Montag va voler un livre. Et commencer à lire.

Fahrenheit 451, la propriétaire brûle avec ses livres

Selon les interprétations, ce livre est une métaphore du maccarthysme avec notamment la chasse aux intellectuels suite à une simple délation (la maison de Montag sera brûlée suite à la dénonciation de sa femme et de ses amies qui ont vu Montag lire). De façon un peu plus large, j’y vois cette dystopie de l’abrutissement des masses pour les rendre plus dociles. Comme 1984, le discours ici est le symbole même de la régression des masses puisque les discours des leaders (exemple le chef pompier de Montag) n’a pas de réel sens mais Montag ne découvre tout ça qu’en se posant des questions, ce qu’il n’était pas encouragé à faire jusqu’à ce qu’il rencontre Clarisse. Se réveille alors chez lui une envie de tout changer, il rejoint les hommes livres (il lit un livre et le retient pour pouvoir le transmettre), la société s’écroule (la guerre est imminente, la population se suicide par paquet comme on l’apprend dès le début du roman quand des infirmiers viennent retaper Mildred en mode “on en a de plus en plus des comme ça”). Le bonheur par l’oisiveté mène à la catastrophe, le manque de réflexion tue les hommes.

Couverture de Fahrenheit 451

Mais quand j’ai lu Fahrenheit 451, j’ai pas vu tout ça et j’en viens à un nouveau point sur les dystopies : peut-on lire les dystopies comme une simple histoire ou ne peut-on que les apprécier qu’à partir du moment où on a un solide bagage culturel ? Quand j’ai lu Fahrenheit du haut de mes 13 ou 14 ans, je ne connaissais pas les autodafés, alors même que j’avais vu Indiana Jones et la dernière croisade plusieurs fois mais je sais pas, la scène de l’autodafé devait pas me parler, et en lisant le livre, j’étais là “mais pourquoi ils font ça, je comprends pas…”. Je n’ai cependant pas un mauvais souvenir du livre, je l’ai dévoré (essentiellement parce que je voulais savoir ce que devenait Clarisse qui disparaît dans le roman) et la scène finale de la ville bombardée m’a tellement marquée que je m’en étais inspirée pour la scène finale de Technopolis. D’ailleurs, à bien y réfléchir, Technopolis emprunte énormément à Fahrenheit, tiens… Oceany étant in fine une très bonne Clarisse. J’ai écrit ce roman y a 17 ans et je me rends compte aujourd’hui de cette énorme influence. Parce que peut-être qu’à 13 ou 14 ans, j’avais pas tous les outils pour tout comprendre (autant vous dire que le Maccarthysme à ce moment là de mon histoire perso, j’avais juste aucune idée de ce que c’était).

Affiche Maccarthysme : le communisme arrive

Mais pour en revenir à ma question initiale : peut-on lire un dystopie sans le contexte ? Aurais-je dû d’abord me renseigner sur le Maccarthysme et/ou les autodafés avant de rentrer dans ce roman ou dois-je entrer dans une dystopie avec une certaine candeur, quitte à rechercher ensuite des explications ? Et quand on écrit une dystopie, doit-on donner direct le trousseau de grosses clés ou les glisser discrètement sous le matelas (je suis un peu traumatisée des escape games, aussi) et laisser le lecteur les chercher s’il en a envie ?

Bibliothèque universitaire

Et bien… j’ai pas du tout les réponses, en fait. Mais il est clair qu’en tant que lectrice adulte, j’adore les différents degrés de lecture. Mais peut-être que faire lire des dystopies à des ados sans leur donner un minimum de clés, c’est risquer de les dégoûter du genre… Heureusement, depuis, y a eu Hunger games… dont je ne vous parlerai pas la semaine prochaine car je n’ai ni vu, ni lu mais je vous garantis que c’est sur ma liste. Ah et pour ceux qui sont un peu intéressés par Fahrenheit mais moyen chaud pour le lire,  y a le film de Truffaut, super fidèle (avec une esthétique que j’adore).

Le film Fahrenheit 451

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J’ai testé pour vous la naturopathe

Les plus attentifs d’entre vous auront noté que j’ai pas eu une patate d’enfer le mois dernier. Pour tout vous dire, après 3 mois d’une relation idyllique à base de pioupiou les petits oiseaux, l’oiseau s’est retrouvé un bon matin sans ailes. Le pourquoi reste un peu fumeux mais après quelques mois à collectionner les grosses baffes avec élan dans ma gueule, je me suis sentie un peu démoralisée. Le Tiger va avoir besoin d’aide.

J’ai d’abord pensé aller voir un psy, j’ai demandé le numéro à une amie et… Rien. Je n’avais rien à lui dire au psy, je savais même pas pourquoi l’appeler, ma seule récrimination étant que « putain bordel de merde, j’en ai marre d’avoir la lose » mais à part me dire que tout est question d’éclairage (ce que je sais déjà) y avait rien de plus à dire. Donc payer pour des choses que je suis déjà capable de dire, bof…

Et puis Anais a agi. Lors de la Parisienne, elle m’avait parlé d’une naturopathe que consultaient deux de ses amies et je lui avais répondu que j’étais potentiellement intéressée. Alors que j’étais en plein week-end « je ne veux voir ni parler à personne », elle m’envoie donc les coordonnées de la naturopathe. Action, réaction, je prends rendez-vous.

1er rendez-vous. Elle me fait asseoir à son bureau et me demande pourquoi je suis là. Je lui résume les marasmes 2011 et 2012 (oui, finalement, 2012 est une année bien pourrie aussi). Elle me pose des tas de questions sur ma famille, les morts qu’il y a eues, les suicides… Elle est étonnée par ma lucidité sur moi-même, sur le fait que je sais mettre des mots sur mes maux. Bref, je sors de là avec une violente envie de pleurer tant ma vie, c’est de la merde.

2ème rendez-vous, je suis enrhumée, j’ai rendez-vous pour une « thérapie identitaire ». En somme, beaucoup de mes angoisses ne sont pas les miennes et je dois m’en débarrasser. De ça et de ma superstition qui m’empoisonne. Du genre celle qui dit que je peux pas être amoureuse en amour et au travail en même temps. Mais c’est pas ma faute si chaque embellie professionnelle se déclenche relativement en même temps qu’une rupture. À la limite, l’inverse, on peut se dire qu’en période « pioupiou les oiseaux, ce mec est top ! », l’amour peut entraîner des étourderies au boulot donc une (relative) crise professionnelle. Bon, bref, stop la superstition, donc. Elle me fait des massages du ventre et de la tête. On définit sur quoi je dois travailler, elle écrit ça sur un bout de papier et me malaxe. « Le corps accepte le message mais pas votre tête ». Elle fait chier ma tête. Mais à force de manipulation , ma tête a arrêtée de faire sa maline. « Ah Ben je suis contente, vous avez très bien réagi en fait ». Oui…euh… Je sais pas, j’avais jamais tenté alors bon… »

3ème séance, j’ai enfin repris les rênes de ma vie et je vais mieux « bon, on reprend pas rendez-vous, vous n’en avez plus besoin là ». Le Tiger is back ! Je reste toujours la première étonnée de ma faculté à rebondir et à me relever. Je suis la femme-ressort.

Que retenir ? Que je suis faite pour être heureuse, c’est ma nature. Que je dois arrêter les mecs dépressifs et/ou déséquilibrés (mais le dernier, il m’avait pas prévenue !). Qu’il ne faut pas donner à ses enfants des prénoms ayant appartenus à des gens de ma famille… Ce qui est un peu dommage parce que dans le roman que je lis, y a un Vitia, prénom que je trouve super mais c’est le diminutif russe de Victor… Prénom de mon grand-père. Et surtout, surtout… Que je dois arrêter d’être superstitieuse. Moi aussi, je peux être heureuse en amour et au travail.

Est-ce que ça m’a fait du bien ? Oui, carrément. L’histoire ne dira pas si je suis sortie de ma sale déprime par ses soins ou parce que j’ai fait ce que je sais faire de mieux (me bouger les fesses). Néanmoins, je ne sais pas si c’est lié, mais l’eczéma qui me rongeait le pied depuis 2 ans est en pleine régression. Puis ça m’a donné beaucoup matière à réflexion, des tas d’idées d’articles, donc.

Ça tombe bien, ma plume est revenue !

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Mais qui vole mon temps ?

 Ce week-end, avec Vicky qui a fini par quitter mon nid, nous avons eu une conversation passionnante à base de « mais qui a volé notre mois de février » ? Entre nos folles vies respectives, la coloc de 1 mois est passée comme une lettre à la Poste mais j’avoue que j’ai l’impression qu’elle n’est arrivée qu’hier !

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J’ai donc décidé que 2010 serait mon année, souvenez-vous, et c’est vrai que 2 mois plus tard, je me dis qu’il s’en est passé des choses quand même, même si j’en ai pas l’impression : la pige chez Closer, d’autres propositions de boulot annexes, la coloc donc qui fut un parfait test (réussi) pour mon amitié avec Vicky, un nouveau partenaire de jeu 4 étoiles, la découverte de la plongée… Bref, je trouve qu’en deux mois, j’ai dépoté mais d’un autre côté, je me sens pas encore en 2010, en fait, même si le réveillon (et donc mes dernières vacances) me paraît s’être passé y a une éternité.

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La distorsion du temps m’angoisse toujours un peu et ça ne rate pas : je rêve que je passe des exams. La nuit de samedi à dimanche, je devais préparer des exams en préparant un mémoire (réminiscence de ma maîtrise de sciences politiques, je pense) et je manquais cruellement de temps. C’est mon cauchemar récurent quand je suis angoissée ça : dans mon rêve, je réalise que le bac ou tout autre examen est dans très peu de temps et que je n’ai pas encore commencé le travail donc je vais avoir du mal à réussir ma mission (soit passer l’examen). Il y a toujours une forme de renoncement dans ces rêves car à un moment, je percute que j’ai déjà le bac ou que ce diplôme supplémentaire ne me servira à rien vu que j’ai déjà un travail et je finis par laisser tomber. Psychologiquement, c’est pas joyeux, je trouve. Moi qui suis toujours, au contraire, dans la fuite en avant… Peut-être une façon qu’a mon cerveau de me
dire de lever le pied ?

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Pourtant, je suis assez ravie de voir l’hiver s’éloigner petit à petit même si on entre au mois de mars, mois que je déteste car il ne me porte pas toujours chance. Des fois si mais rarement. C’est sans doute la fin du blues de l’hiver où tout prend des proportions gigantesques et où le moindre cassement d’ongle devient un véritable drame existentiel. Et après, avril, tout va mieux même si je me demande à quoi va pouvoir ressembler ma crise de la trentaine. Je pense déjà à une régression, déjà un peu présente. On ne va pas pleurer quand je vais y arriver pour de vrai surtout qu’au bureau, la petite nouvelle y passe même pas un mois après, y en a une à la plongée qui y passe début mai aussi. Ca va me faire des copines de lamentation… ou de fête. Ouais de fête, en ce moment, je suis plutôt d’humeur à me dandiner sur le dance-floor en chantant à tue-tête plutôt que de me morfondre sur mon canapé car je suis vieiiiiiiiiiiiiiille. Non, je suis pas vieille, j’en suis même pas à la moitié de ma vie et j’ai de grands espoirs sur cette trentaine, j’en parlerai au moment, mon discours changera peut-être dans un mois.

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Tout ça pour dire quoi, au fait ? Rien. En ce moment, j’ai la tête tellement pleine de choses que je néglige un peu ce blog, mon style s’en ressent mais pas de panique, je vais bien, merci et je reviens, petit à petit. Et je vais reprendre le déménagement pour un nouveau blog tout beau tout propre… Pile pour mes 30 ans ?

 

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Stage ou chômage, mon cœur balance

 

Lors de mes recherches d’emploi, on m’a proposé des stages. Souci majeur dans mon cas : je n’étais plus étudiante donc pas de convention. Du coup, j’ai envisagé de me réinscrire à la fac juste pour faire des stages. Mais est-ce bien utile ?

Octobre 2005, me voici officiellement diplômée d’un master professionnel de journalisme. Soyons honnête, ce diplôme ne vaut pas grand-chose mais deux expériences peuvent être mises en valeur : la création d’un journal de la promo (conception, écriture, réalisation, mise en page…) mais surtout mon stage. Pendant deux mois et demi, me voici rédactrice stagiaire spécialisée dans le rugby. J’avais enchaîné sur un autre stage mais tellement vide et inutile que je l’ai même pas mis sur mon CV. Ce stage n’était bien sûr pas le premier. En tant qu’étudiante, j’apprécie l’intérêt des stages : on est certes mal payés (voire pas payé du tout) mais au moins, on fait le métier comme n’importe quel employé, on grossit le pressbook, on apprend. Je ne le dirai jamais assez, on apprend 100 fois plus de choses en stage que dans un amphi comme par exemple : suis-je faite pour le métier que je vise ? L’histoire de Tatiana est très éclairante sur la question.

Mais une fois diplômée, dois-je encore postuler pour des stages ? Enfin, postuler également pour des stages, cela va sans dire. Au début de ma recherche d’emploi, j’avais une position très claire : je suis une grande fille à la recherche de son premier emploi, les stages, c’est fini. Sauf que le temps passe et on se rend compte qu’on ne décroche pas de job. Et là, le stage devient soudain un peu plus tentant : ok, ça paie pas le loyer mais ça comble les trous sur le CV, ça fait une expérience en plus et éventuellement le réseau qu’il nous faut. Evidemment, on hésite car ça représente quand même une régression par rapport à ce que l’on vise et surtout une crainte : pendant notre stage, on va chercher moins activement (voire plus du tout) vu qu’on est occupé. Est-ce une bonne idée de se retirer temporairement du marché du travail ?

Par ailleurs, les stages sont vite un cercle infernal. J’en avais déjà parlé à l’époque où j’avais rencontré Emilie Maume dont le livre Profession stagiaire m’avait limite donné envie de vomir. Des gens de 30 ans, surdiplômés, sont toujours en stage car ils ne trouvent pas d’emploi. Quand je lis dans ce même livre un mec du Nouvel Obs dire « les stagiaires, j’ai honte de ce qu’on les paie alors qu’ils arrivent avant nous et finissent toujours à pas d’heure ». Quand je lis aussi que les grandes entreprises tournent à 25% de stagiaires toute l’année, main d’œuvre pas chère… C’est dans ces moments là que j’avais envie de tout laisser tomber.

Et pourtant, le stage m’a semblé parfois une solution provisoire intéressante. Expérience, réseau mais surtout vie active. J’ai déjà expliqué le planning du chômeur alors à l’idée d’avoir des horaires, de quoi faire pendant mes journées… Ben ouais, arrive un moment où on accepte de rentrer dans le cercle vicieux. Ce qui fait que pendant une poignée de mois, on ne passe plus pour le branleur de service qui est suspect à force de ne pas trouver, la larve en jogging. Même si dire « je suis stagiaire », ça fait pas toujours rêver, on a enfin de quoi raconter en soirées, des anecdotes de bureau qui ne datent pas d’il y a un an. Alors certains diront que, forcément, l’Etat va pas se pencher sur cet épineux problème des stages, qu’un stage, ce n’est pas un vrai boulot. C’est vrai. Mais franchement, quand tu as le choix entre passer tes journées chez toi à prospecter en ramassant un RMI et exercer ton métier pour une somme à peu près équivalente, tu finis par ne plus hésiter. C’est certes reculer pour mieux sauter puisqu’il faudra bien chercher à nouveau mais on ne sait jamais : lors du stage, il est possible de rencontrer les bonnes personnes. Et ça fait toujours une ligne de plus au CV, un argument de plus pour séduire ton futur employeur.

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Dressing room

Par Tatiana

L'enfer de la mode
 

04 avril…

Aujourd’hui je tente ma chance et j’essaie de savoir l’air de rien si y a moyen d’avoir des vêtements gratuits. Réponse : pas moyen. Enfin ça c’est la réponse pour les stagiaires car les autres (journalistes, RP…) elles peuvent. Faire les books est un calvaire (et ça fait seulement deux jours), mais ça donne un avantage : celui de se
faire oublier. Ainsi je peux facilement écouter les conversations de ces demoiselles sans qu’elles s’en aperçoivent de trop. Et c’est édifiant croyez moi. Parler n’est pas vraiment le mot qui convient. J’aurais tendance à dire au choix : médire, raconter des ragots… Du langue de putage en bonne et due forme. Une des filles de l’agence s’absente et elle en prend pour son grade toute la journée. Bienvenue dans le monde des filles ma chère Tatiana. Moi qui déteste l’hypocrisie je suis servie copieusement. Et puis il y a aussi le défilé des journalistes : galerie de monstres et bizarreries en tous genres. Ceci dit pas de panique, pour elles aussi je suis transparente (ben oui elles ne tirent aucun intérêt d’être gentille avec moi donc pourquoi se forcer). Aujourd’hui il faut que je vous parle d’une personne en particulier qui travaille dans le pendant féminin d’un grand quotidien. Elle fait partie de celles que j’ai appelées les triplettes car elle a deux clones qui viennent aussi de temps en temps avec elle (oui ce genre de personne n’est malheureusement pas unique). Le chef des triplettes est donc conne (ça vous l’auriez compris) et adore hurler dans tout le showroom en sortant les pires stupidité que son cerveau est capable d’engendrer. Niveau look, forcément elle s’habille un peu fashion avec la
coupe du moment et les racines noires avec le reste des cheveux blonds (quand même elle doit bien gagner assez pour pouvoir aller chez le coiffeur). Les ¾ du temps les journalistes viennent pour prendre des vêtements ou accessoires pour les shootings photos mais aussi (et surtout) pour repérer les fringues qu’elles vont piquer ou acheter aux soldes de presse. Elles me font penser à des vautours.

Le 05 avril

Ouf ! Bientôt le WE ! Je suis déjà lasse de l’éternel découpage collage que je fais toute la journée. Il faudrait que je fasse le compte de tous les horoscopes que j’ai lu : y en a même que je dois connaitre par cœur. Je vais me transformer en madame soleil. J’ai l’impression d’être revenue à la maternelle. J’avais déjà ce sentiment en étant à l’IUT mais là c’est officiel : les études avant le bac c’est pour nous rendre intelligent mais post bac on nous fait régresser. Heureusement il y a toujours une distraction dans mon labeur quotidien. Aujourd’hui visite de la nièce de Big Boss. Une gamine pourrie gâtée. D’un coup retentit la douce voix (complètement éraillée par une surconsommation de cigarette et d’alcool) : « oh ma princesse ! Tu m’as emmenée ma princesse !!!! » C’est La reine mère qui glousse auprès de sa fille. « Regardez comme elle est belle ma poupounette ! »… La gamine est non seulement pourrie gâtée mais en plus elle va finir stupide à force qu’on parle d’elle comme ça. Elle a seulement 6 ans pour info, mais je crois qu’elle a du potentiel pour faire l’émission sweet sixteen sur MTV plus tard.

Je viens d’apprendre que les filles de l’agence se sont commandé des chaussures d’une marque qu’on représente sans même me demander si ça m’aurait
intéressé : pétasses !

Le 08 avril

Quelle joie de revenir dans ce temple dédié à la bêtise humaine et à l’hypocrisie. Dommage que je n’ai pas vraiment le choix. Cela dit aujourd’hui c’était journée sexo car on a eu droit à la vie sexuelle de Bettina. Cette dernière est partie en Inde pour voir son mec. Apparemment il est marié et a des enfants (elle-même ayant une fille aussi). Donc elle nous raconte comment c’était super trop bien et qu’elle est super bien intégrée dans la famille (attends elle loge dans la famille alors que le mec il est marié ?! putain je connais des mecs qui seraient heureux de vivre comme ça en France). Je ne vous ai pas encore décrit plus précisément Bettina. Cette fille est assez dure à cerner. Elle ressemble à une ex soixante huitarde (d’où le trip indien sûrement). Elle fait 40/50 ans mais croit qu’elle en a encore 20 (quelqu’un devrait vraiment lui dire). On se jamais trop ce qu’elle pense des gens. Je crois qu’elle a compris comment ça marche dans le milieu et qu’elle sait jouer en se servant des règles du jeu.  

Aujourd’hui on a eu 2 journalistes hommes : un mec qui ressemble à Jean Paul Rouve qui se serait déguisé pour un sketch des Robins des Bois et un dandy qui
se croit dans Liaisons dangereuses version cage aux folles.

Le 09 avril 

J’ai toujours le nez dans les books (j’en peux plus je craque !). Mais dans l’après midi la journée a pris une tournure intéressante…On m’a confié une autre tâche : ranger les vêtements dans le showroom (même chez moi je range pas mes tiroirs et il faut que je le fasse au travail). Mais l’info la plus croustillante de la journée c’est ça : j’ai appris que quand la saison est finie et qu’ils doivent rendre les collections on peut les acheter à petits prix (oui je sais je viens de découvrir le principe des soldes de
presse mais j’ai même pas 20 ans faut me pardonner). Aujourd’hui il y a eu un nouvel épisode de la guerre entre les filles et la Reine mère. Les deux clans ne peuvent pas se voir en peinture. Il faut dire que la Reine mère ne sert pas à grand-chose dans le showroom à part espionner les filles pour voir si elles font bien leur travail. Elle médit sur elles auprès de Big boss et c’est à peu près tout. Demain j’ai un entretien dans une école (l’ISCOM) donc ce sera une journée courte.

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Comment composer votre homme parfait personnel

Par Jane
L’homme parfait n’existe pas

Oui, là je sais que, au choix:

– Je casse un mythe, la version prince charmant, cheval blanc, mariage heureux, beaucoup d’enfants, et on finit nos jours vieux et ensemble enlacés à bord du Titanic qui coule (oui, j’ai été traumatisée par cette scène du film) Vous allez me détester à vie après cette révélation.

– J’ai enfin découvert la vie, la vraie, celle où les Bisounours n’existent pas non plus et où les méchants sont bien réels. Il était temps que je rejoigne le vrai monde.

J’avais déjà un doute sur le sujet. Surtout depuis la démocratisation de la voiture, du train et des transports en commun. Un prince charmant sans son cheval blanc, ça a tout de suite moins de gueule, ça pue l’arnaque. Et l’armure n’est plus tellement d’actualité dans les défilés automne-hiver 2007. Mais il restait encore le mythe de l’homme parfait pour faire rêver dans les chaumières et fantasmer les célibataires.

L’homme parfait, c’est quoi?
 

Pas la même chose pour tout le monde. Celles qui veulent un macho de base qui leur apporte le petit déj’ au lit en déblatérant de la poésie post-apocalyptique, je n’irai pas le leur piquer. Donc dans la théorie, plusieurs types d’hommes parfaits existent. Bonne nouvelle, on ne va pas devoir se battre (parce que je peux devenir très mauvaise quand on touche à mes jouets, non mais!) Mais est-ce pour autant que la perle va être facile à trouver?

Etant un peu refroidie sur le côté « amour = toujours », je me suis dit qu’il existait peut-être une possibilité de créer un homme parfait en kit. Comme je ne suis pas totalement barbare, pas de découpage à la Frankenstein, mais une distribution des tâches.

– Un premier pour les moments légers, ceux où on peut se vautrer sur un canapé avec la zapette à portée de main et se goinfrer de tout ce qui passe (solide ou liquide) en critiquant tout et rien, sans se soucier de l’image totalement anti-glamour qu’on projette. Et qui tente de vérifier si on est vraiment chatouilleuse à des endroits aussi improbables que le cou ou la plante des pieds (on a vu plus improbables, je vous l’accorde) Accessoirement, qui en vous prend pas pour une attardée mentale en voyant la tronche de vos sous-vêtements lors du passage en pyjama (H&M fait de très jolies collections totalement régressives, et on a bien le droit d’abandonner le satin et la dentelle de temps en temps!)

– Un second pour les grandes discussions philosophiques (ou pas) avec qui on se réunit autour d’une assiette de bonnes choses pour parler de tout et de rien, de la pluie, du beau temps, des avantages et inconvénients du jogging par rapport à la natation, de comment on se voit dans 10 ans, et du prix de l’immobilier. Et qui laisse son frigo en libre service dans les moments de grande faim.

– Un troisième pour les moments plus intimes. Concrètement, quand on a une furieuse envie de se prouver qu’on peut encore plaire, et que les hormones menacent de nous transformer en violeuse en série. Toujours prêt à se sacrifier pour la sécurité du reste de la population masculine (c’est beau ce sens du dévouement quand même) Et assez doué pour vous faire oublier les petits soucis du quotidien pendant quelques heures et arriver au boulot le lendemain avec une tronche de raton laveur (cf les cernes) et un look de prostituée des pays de l’Est.

Le seul souci est l’éloignement géographique

Il peut par exemple être assez épique de commencer la soirée par un verre affalée sur le canapé en rentrant du boulot, puis de discuter de l’insécurité au Brésil en dégustant un bon petit plat, avant de finir la nuit assommée par les endorphines et un sourire niais collé au visage. Même avec un Navigo 3 zones.

Il serait nettement plus simple de trouver une version tout en un, je vous l’accorde. Le seul problème étant de trouver quelqu’un qui réunit tous ces critères. C’est là que ça se corse. Et en plus il faut lui plaire. C’est presque digne de Mission Impossible (avec Tom Cruise en moins, hélas…) Ou alors transformer l’un des hommes en kit en homme parfait.

Oui mais là, ça pose problème. Parce que n°1 est tout d’abord un super pote, et que ça c’est précieux. Parce que n°2 pourrait être parfait (ou presque) mais on ne l’intéresse pas plus que ça (tant pis pour lui, il ne sait pas ce qu’il rate) Parce que n°3 jongle avec encore plus de numéros, et que si on était the one, on serait éventuellement au courant (il ne sait pas ce qu’il rate bis, soyons modeste)

N°3 me demandait l’autre jour (oui, on peut aussi accessoirement parler avec le n°3, on n’est pas non plus des animaux, n°3 est malgré tout un être humain, pas seulement une bête de sexe) « Et toi, tu vois d’autres personnes? » Ce à quoi je répondais en toute honnêteté « Non » Parce que par « voir », je pense qu’il fallait comprendre « coucher » et que je suis trop fainéante pour me prendre la tête avec un planning plus que serré, et les inévitables gaffes qui en résultent: inversion de prénoms « Dis Truc… euh… Bidule, elle fonctionne comment ta douche? », fouilles archéologiques révélant des sous-vêtements étrangers enfouis depuis le dernier effeuillage torride, trous de mémoire divers « Et au fait, le boulot, ça se passe bien? » « Euh… Oui, depuis avant-hier, je ne me suis pas fait virer une deuxième fois, je te remercie, on va dire que ça va » et autres moments de solitude « Allô Machin? J’ai envie de toi là tout de suite, je t’attends en porte jarretelle sur mon lit » « Ca me fait plaisir de l’apprendre, mais moi c’est Bidule… » Donc non, je ne vois personne d’autre dans le sens « enlevage du string avec les dents » Dans le sens soirées télé imbibées et soirées princesse affamée, ok, je suis polygame.

Le but à long terme?

Ouh la… Réussir un jour à me dire que toutes les histoires d’amour ne finissent pas mal. Et que je peux éventuellement envisager de ne plus fragmenter ce qui me sert de paysage « affectif ». Je vois déjà arriver les critiques sur le côté [remplir avec l’adjectif péjoratif de votre choix] de la situation. Je le vis bien, étant donné que j’ai pas mal des avantages d’un homme parfait, sans devoir jouer à la fille parfaite 24h/24 (les craquages et régressions avec n°1, l’activation du cerveau social et de l’estomac avec n°2, les parties de jambes en l’air avec n°3)

Le seul risque?

M’attacher à l’un d’entre eux un jour, ce qui remettrait en cause le fragile équilibre. Me connaissant, ça risque d’arriver. Donc de créer une situation encore plus difficile à gérer. Donc au final de me rendre encore plus malheureuse que si j’avais uniquement un « tous des connards » de base à disposition. Parce que je reste une fille, donc un truc muni d’une paire de seins et d’un incorrigible besoin d’être aimée (même si je me soigne) Si possible par une seule et même personne un jour…

Deuxième risque
 

(finalement il y en a deux)

Créer un vent de colère/revanche/haine suite à cet article. Parce que n°1 me lit, et que si je ne préviens pas n°3, quelqu’un va le faire à ma place. A priori, n°2 ne traîne pas dans le coin, mais on ne sait jamais!

Donc si toi, lecteur jeune beau riche et intelligent, veut prendre la relève pour l’un des postes cités ci-dessus dans le cas d’un désistement, j’examinerai toutes les candidatures.

 
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Au secours, v’là mon ex !

Non, rassurez-vous, aucun de mes ex ne m’ennuie, cet article est une réflexion générale sur les ex. Athéna avait déjà proposé sa version du problème, j’aimerais exposer la mienne (oui, je sais, trois mois plus tard, j’ai la palme de la réactivité).
 
Quand on rencontre un homme, arrive à un moment ou à un autre le problème délicat de(s) l’ex(s). Je vous le dis d’emblée : je déteste toujours les exs de mon mec, du moins tant que je les connais pas. Je ne suis pas quelqu’un de jaloux, Guillaume mon ex avait par exemple la fâcheuse habitude de laisser glisser son regard sur tout être équipé d’une poitrine mais je laissais faire. Tant qu’il regarde, je n’ai rien à dire, je vais pas faire une scène pour ça. De toute façon, je ne me sentais nullement menacée par ces donzelles qui ne faisaient que passer. Mais les exs, elle, je m’en méfie comme de la peste.
 
Peu de temps après le début de notre relation voici qu’arrive une de ses amies, Alice, belle brune aux yeux bleus. Or Guillaume a toujours fantasmé sur les brunes aux yeux bleus, ce que je ne suis pas, pour les trois du fond qui n’ont pas suivi. Ce jour-là, il n’a eu d’yeux que pour elle et pour la première fois de notre relation, il ne m’a pas payé de café. Quand il est reparti la raccompagner au métro, j’explose, sous les yeux de Gauthier, hilare.
« Non mais voilà, l’autre, elle débarque et j’existe plus ! Il ne m’a même pas payé de café, aujourd’hui, tu imagines ?
Tu crois pas que tu exagères un peu ?
Pffffff, grml grml »
Le pire, c’est que j’ai appris quelques mois plus tard que cette amie était bel et bien une ex, ce qu’il m’avait caché sur le coup, le bougre !

Comme je lui ai explosé à la figure quand je l’ai su. Mais il s’est justifié : « vu comme tu as réagi alors que tu ne savais pas qu’on était sortis ensemble, j’ai préféré te le cacher ». Hum, certes… Mais bon, quand même, j’aime pas qu’on me mente, même par omission !
 
Quelques temps plus tard, en discutant, il me parle d’une fille, Laure, qu’il avait embrassé sur le quai de la gare quelques années plus tôt et soudain, je percute : mais je la connais ! Cette fille était l’une des plus belles filles que j’ai jamais vues : brune, les yeux marrons clairs qui pétillent, un peu mate de peau, le sourire qui tue. Là, je lui dis : « j’arrive pas à croire que tu sois sorti avec elle !
– Quoi, je suis si moche que ça ?
Mais non mais je peux pas croire que tu aies pu sortir avec un canon pareil et que tu sortes avec moi, maintenant ! »
Ben, oui, je crois honnêtement que je lui arrive pas à la cheville de cette fille, belle, svelte, intelligente, bien fringuée et sympa, en plus. Et adorable avec moi, par dessus le marché ! Bon, elle, c’est pas du genre à en vouloir à son ex de sortir avec un vilain boudin après elle, je note.
 
Quand je regarde la liste de mes exs qui font toujours partie de mon paysage, je me dis que j’ai de la chance. Bon, en même temps, c’est vite compté : y a Guillaume premier du nom et Guillaume deuxième du nom, si on peut le qualifier d’ex. Avec Guillaume premier du nom, on a gardé de très bons contacts, on se parle de nos conquêtes respectives sans qu’aucune jalousie ne rejaillisse. Ce que j’aime avec lui, c’est qu’il n’y a aucun retour de flamme. Non parce qu’avec moi, quand c’est fini, c’est fini, je tourne la page et il n’y aura jamais de volume 2. C’est peut-être un tort, je n’ai qu’à regarder ma sœur pour me rendre compte que des retrouvailles peuvent merveilleusement bien se passer, mais pour moi, retourner avec un ex, c’est un peu régresser. Si ça n’a pas marché une première fois, pourquoi ça marcherait une seconde ? Il faut aller de l’avant. Avec Guillaume, du fait de notre rupture idyllique, il n’y a aucune tension entre nous, on peut parler de notre relation passée sans aucune gêne. En même temps, tant mieux, je pense qu’on ne peut pas occulter comme ça quatre ans et demi de vie de couple. Je me souviens la première fois qu’on s’est revus après la rupture, un mois après (on avait pris le temps de laisser nos blessure se cicatriser, excellente idée), j’étais un poil tendue à l’idée des retrouvailles. Là, on se voit, on se fait la bise le plus naturellement du monde et on papote deux heures dans un salon de thé sans aucune tension. Ce soir-là quand je suis rentrée chez moi, j’étais heureuse : mon ex était mon ami.
 
C’est un peu pareil avec Guillaume 2e du nom, on se parle de tout sans tabou et mine de rien, avoir un confident masculin hétérosexuel, c’est bien aussi, surtout quand j’ai besoin de son avis sur la conduite à tenir face à un mec (oui parce qu’à 25 ans, j’ai toujours pas compris). Mais si moi, j’ai de la chance, d’autres non. Dans mes folles histoires brouettiques, j’ai rencontré pas mal de mecs aux exs « vampires », des femmes qui ont rompu pour se compromettre dans les bras d’un autre mais qui ne supportent pas que leur ex en fassent autant. Moi j’ai le droit de refaire ma vie, pas toi. Tu devras vivre éternellement dans mon souvenir. L’une d’elles, par exemple, est revenue en courant dès qu’elle a su que je traînais dans les parages, et vas-y que je t’allume, et vas-y que je te drague à nouveau. Et oui, jeune homme, il est hors de question que tu m’oublies ! Et ça, franchement, ça me donne envie d’aller voir la fille et de lui coller une claque magistrale. Je trouve ça dégueulasse de jouer avec les sentiments de son ex uniquement parce que son ego est froissé de constater que monsieur s’est trouvé une jolie compagne (moi, hihihi !). Ah, ces ex !
 
Mais mes ex à moi sont-ils parfaits ? Faudra demander à mon prochain compagnon mais ne sont-ils pas trop présents ? Guillaume 2 m’a dit un jour qu’il était un peu jaloux que je passe la journée avec Guillaume 1 (pourquoi faut toujours que je fréquente des mecs qui ont le même prénom ?) mais je l’ai rassuré : aucun danger ! Mais il est vrai que l’opinion des deux Guillaume reste important pour moi. Lucie m’a avoué avoir lâché le morceau pour mon blog à Guillaume 1 (qui est prié de me rappeler s’il lit ses quelques lignes) et j’avoue avoir été emmerdée : il avait une image de moi plus virginale, on dira, je pense que toutes ces histoires de brouette ne lui plairont pas. Bon, maintenant,
c’est du passé, je me suis assagie mais tout de même… Et si les Guillaume n’aimait pas mon prochain compagnon, que va-t-il se passer ? Dans mon cas, je ne pense pas qu’il s’agisse de jalousie, s’ils ne l’aiment pas, c’est qu’il y aura une raison. C’est comme Gauthier, leur avis ne me laisse pas indifférente. Bon, certes, je suis têtue comme une mule et n’en ferai qu’à ma tête mais ça me chiffonnera un peu. Gauthier m’a dit récemment, aidé par l’alcool, qu’il n’avait pas du tout aimé Arnaud, Anne non plus d’ailleurs. Ben le fait qu’il me le dise, ça m’a consolée de la tournure minable de cette histoire : finalement, ce type était un connard et je ne m’en étais pas rendue compte, merci
Gaugau ! Bon, sur le coup, il n’avait pas osé me le dire parce que je semblais accro (re-merci Gaugau) mais là… Oui parce que je ne suis pas toujours apte à détecter les connards, je les attire plus qu’autre chose.
 
Et moi, comment suis-je comme ex ? Bon, dans la mesure où je ne pars pas dans des délires « je veux à tout prix récupérer mon ex car mon ego est blessé du fait qu’il ait retrouvé l’amour avec une greluche », je crois que je suis une ex assez agréable, si ce n’est mon envie de botter le cul quand mon ex déconne mais ce n’est que pour son bien !
 
Donc voilà, mon futur couple sera composé de lui, de moi et de nos ex respectifs. Et là, situation un peu cornélienne : je ne supporterai pas un
mec qui m’interdira de voir mes exs (ceci étant, vu où ils habitent, je les vois pas tous les jours) mais je n’accepterai que difficilement les siennes. Est-ce humain ? Sans doute. Parce que
si je n’ai pas peur des donzelles qui passent, les exs, c’est pas pareil. Les donzelles qui passent représente un futur possible, mais monsieur prendra-t-il le risque de me quitter pour une
chimère ? Pas sûr. Alors que l’ex est ce qui a été, les bons souvenirs, les brouettes au petit matin, les fous rires à deux… Bon, il l’aura avec moi aussi mais quand même… Mais je dois me
faire une raison : plus j’avance dans le temps et plus j’ai de chance que mon compagnon ait eu quelques aventures avant moi (à moins de faire la sortie des lycées), certaines ayant duré plus
que d’autres. Je me dois de l’accepter et de lui faire confiance : après tout, pourquoi retournerait-il chez son ex alors qu’il m’a moi ?
 
Bon, promis, mon prochain mec, je serai sympa avec son ex.
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Mystères

Week-end nostalgie, je suis de retour chez mes parents pour une courte période. Dans cette maison où j’ai débarqué un soir de juillet alors que j’avais 13 ans, abandonnant derrière
moi l’appartement de mon enfance, celui dont je rêve encore, parfois… Mais je m’égare.
 mysteres
Avec Gauthier et une copine, l’autre jour, on parlait de télé dans sa chambre : ado, je n’en ai pas eu. Quand je vois aujourd’hui que je la regarde jusqu’à 3 heures du matin
(quoi qu’ils ont enlevé Nikita, ces connards de Teva !), je remercie mes parents de m’avoir interdit d’en avoir une au pied de mon lit : j’aurais certainement raté mes brillantes études scolaires si l’écran lumineux avait pénétré mon espace. A la place, le soir, je lisais ou j’écrivais,c’était tellement mieux. De temps en temps, tout de même, je passais ma première partie de soirée devant la télé pour regarder des émissions comme X-files mais surtout Mystères.
 
Je sais pas si vous vous souvenez mais à la fin des années 80, début des années 90 sont apparues des émissions appelées « reality show ». On prenait des gens ordinaires à
qui il arrivait des choses extraordinaires, on les faisait (mal) jouer dans des reconstitutions particulièrement… réaliste ? Non, en fait, je voulais dire drôle. Tout a commencé avec « La nuit des héros » présentée par le mec de la météo (Laurent Cabrol, il me semble) puis TF1  a débauché le Cabrol pour faire sa propre « nuit des héros » donc on en avait deux pour le prix d’une. Mais ma préférée, celle que je ne ratais sous aucun prétexte, c’était Mystères, toujours sur TF1.
 
Cette émission était présentée par M. Alexandre Baloud, journaliste transfuge de je ne sais plus où et qui a totalement disparu après, peut-être enlevé par des extraterrestres… Moi, je dis, l’homme à la cigarette n’est pas loin. Ce monsieur était d’une sobriété par croyable mais avait dû être formé par Jean-Claude Bourret car il semblait croire fermement aux reportages qu’il présentait. Tout y est passé : fantômes, OVNI, envoûtement, sorcellerie, voyance, reconstitution de la vie de saints, Dieu, sa sœur… Enfin, bref, il y avait à boire et à manger. Le format est, si je me souviens bien, de quatre petits films par émission. Parfois, le 4ème, c’était une rediffusion. D’autres avaient été achetés à une chaîne américaine et pour faire plus vrai, on avait laissé les témoins en VO, une voix française couvrant leurs propos à contretemps comme si c’était de la traduction instantanée (vous savez, on laisse toujours le « well, you know… » avant d’entamer la traduction « vous savez… »). Je me souviens de quelques histoires que voici.
 
Le sang dans la maison
Beaucoup de gens se souviennent de cette histoire, diffusée lors de la première émission : les taches de sang qui apparaissent dans la maison, que ce soit sur les murs, sur
les meubles ou sur les vêtements. Je crois que ça se passait en Alsace, mettons chez Jeannine et Robert (je me souviens pas du tout de leur nom en vrai, mais on s’en fout). Jeannine est femme au foyer et, un jour, en faisant le ménage, elle trouve des traces de sang sur le mur. Bon, dans le film, on la voit troublée. A mon avis, sur le coup, elle s’est dit : « fais chier, Robert, je me casse le cul à faire le ménage toute la journée pour que ce soit nickel et l’autre, il me pastiche tout ! ». Bon, elle nettoie mais… les taches reviennent (musique angoissante) ! Donc ils appellent la police qui a un très bon réflexe : analyser le sang pour vérifier que c’est pas celui du chien. Je veux pas dire mais la seule fois où j’ai trouvé du sang chez moi, j’ai de suite pensé à Kenya et j’avais raison ! Oui parce qu’un chien, ça remue la queue donc s’il est blessé là, faut pas s’étonner de trouver des tâches de sang partout.
Mais non, c’est du sang… humain (musique qui fait trop peur) ! Bon, les flics pensent de suite qu’un voisin fait une mauvaise blague. Perso, j’aurais pensé que le Robert avait la main un peu lourde sur la Jeannine et qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour appeler au secours. Bon, dans la reconstitution, ils passent direct au détecteur de blagueur : ils nettoient la maison puis saupoudrent de la farine partout sur le sol : si y a un blagueur qui vient, il va laisser des traces, ahahah ! Et bien le lendemain, y avait toujours de la farine mais aussi du sang donc les flics vont creuser dans la cave (sous les ordres d’un exorciseur ou un médium, je sais plus) et ils trouvent plein de cadavres : charmant ! Enfin, ils enlèvent les cadavres et je sais plus si les taches de sang arrêtent d’apparaître ou pas.
 
Les OVNIS
Je groupe car y en a eu plein des histoires d’OVNIS. D’abord, Roswell. Hé oui, la première que j’en ai entendu parler, c’était là. Un reportage super bien fait, avec une belle reconstitution et tout, j’étais sciée. N’empêche que c’est moche, un alien…
Ensuite, il y avait les OVNIS en forme de triangle qu’on a vu partout, pourchassés par les avions belges et qui ont survolé toute la France, y compris Toulouse. Alors, là, j’ai été profondément dégoûtée : un OVNI  a daigné passé au-dessus de ma tête et je ne l’ai même pas vu ! Du coup, je passais des heures à scruter le ciel la nuit. Fallait me voir quand on allait dîner chez ma mamie paternelle (3/4 d’heures de voiture par l’autoroute), collée à la fenêtre le nez en l’air, le cœur battant au moindre avion qui passe… Et bien, raté ! Pourtant, l’autre soir, j’ai vu un truc, un lumière qui passait dans le ciel mais je l’ai vue par hasard et je m’en souviens juste maintenant parce que j’écris l’article. En fait, je pense que c’était un petit avion privé, Roissy n’est pas hyper loin.
Il y avait aussi l’histoire de l’OVNI tout rond tout mignon qui se pose devant un paysan du sud (je sais plus où exactement, en Provence, par là). Là, la scène était rejouée par le vrai paysan qui était médusant dans ce rôle : quand l’OVNI apparaissait, il bloquait. Hop, cerveau éteint, plus rien. On voyait le petit truc qui arrivait, se posait dans le jardin et repartait en laissant une trace ronde. On revoyait la scène une bonne dizaine de fois car l’action dure deux minutes au mieux, la petite fiction devait faire une vingtaine de minutes avec les témoignages des personnes concernées. Mais le mieux, c’était le paysan qui n’était pas né pour être acteur. Déjà, on le voit qui ratisse tranquille puis il regarde vers le ciel d’un air tout à fait naturel style : « je regarde en l’air car je pressens qu’un OVNI va arriver ». Hop, le v’la et l’autre n’a pas l’air étonné du tout. Il faut savoir que dans le sud, c’est courant, un OVNI qui se pose dans votre jardin. Et une fois qu’il est là, l’autre, il n’y a plus une seule lueur d’intelligence dans son regard, une statue de cire se serait montrée plus
expressive. Alors, forcément, vous imaginez les pauvres aliens, ils arrivent là et voient l’autre, ils repartent en informant la base qu’ils n’ont trouvé aucune trace d’intelligence sur notre planète.
 
Les trucs religieux
Là, aussi, il y a eu du lourd, de la vie de Padre Pio à l’histoire de Fatima. Je dois cependant avouer que j’ai plus appris sur l’histoire religieuse du XXe siècle en regardant
Mystères qu’en allant au catéchisme. Bon, l’histoire qui m’a le plus marqué, c’est l’histoire de la petite Italienne, Graziella, je crois, qui avait une grave maladie et qui se mourrait dans son petit village d’Italie. Ses camarades, sympa, se sont cotisées pour lui payer un voyage à Lourdes (car la petite était pauvre) donc voici notre fillette qui part là-bas, on lui donne le bain, on lui fait boire de l’eau de Lourdes et tout mais sur le coup, elle garde sa maladie. Elle maigrit, elle peut plus marcher, c’est la fin. Elle rentre dans son petit village et sa maman continue à lui donner de l’eau de Lourdes parce qu’au prix du voyage, autant écouler le stock. Un jour, elle fait de la couture ou de la broderie dans la cuisine quand la petite Graziella arrive sur ses deux jambes et fait : « maman, j’ai faim ! ». Et bien oui, elle est guérie ! Bon, on la voit ensuite passer des examens à Lourdes pour qu’on authentifie son miracle puis le reportage se termine sur la jeune femme, aujourd’hui, en train de marcher dans l’église de Lourdes en passant sa main sur les messages de remerciements qu’il y a au mur d’un air qui se veut ému mais on sent bien qu’elle s’en fout.
Sinon, y avait aussi un reportage sur « Fatima », vous savez, les trois bergers portugais qui ont vu la Vierge pendant une guerre mondiale ! Même qu’elle a fait trois révélations, la dernière concerne la fin du monde et elle est consignée au Vatican. Jean-Paul II aurait dit ne pas vouloir la révéler au public tellement elle est terrifiante. Bon, il a bon dos de dire ça, il est mort, il la vivra pas avec nous, la fin du monde ! Je me souviens de ce reportage car, à un moment, il y avait un trucage tout pourri. La vierge fait des miracles je sais plus pourquoi. D’abord une aurore boréale, pas super courante au Portugal puis un jour, elle fait virer le ciel de couleur… Et là, le truqueur s’est contenté de passer des filtres de couleurs sur l’image du ciel, on aurait dit un clip pourri style années 80, manquaient plus que des « yo ! » inscrits en gros.
 
L’exorciste
Un de mes préférés, celui-là, même si on est très loin du film d’horreur du même nom. C’est l’histoire d’une dame, une bourgeoise vieillissante que l’on pressent chiante comme la pluie. Cette pauvre dame, il ne lui arrive que des malheurs, je ne sais plus trop quoi mais des choses horribles et elle va pas bien. Je ne sais plus précisément quels étaient ses malheurs mais un soir, on sonne à sa porte, elle regarde dans le judas et, horreur ! C’est un Noir à la mine peu joviale. Oh, elle a peur ! Elle re-regarde dans le judas et, là, le Noir a disparu. C’est sûr, quand un Noir sonne chez moi, je comprends de suite que j’ai été envoûtée…Mais bon, la dame, elle semble pas habituée à voir un homme de couleur dans son immeuble et elle a très peur. Autre scène, elle est couchée dans son lit et elle tourne et retourne, quelque chose la gêne. Elle se lève soudain, excédée et tire les draps de son lit et aaaaaaah, horreur : un ongle énorme, sale, traîne dans son lit. Bon, honnêtement, c’était mal filmé donc on la voit qui crie avec la musique qui fait peur mais j’avais pas compris le truc. Mais bon, puisqu’elle a peur d’un Noir, je me suis dit qu’il y avait un pli sur son drap et que ça la terrorisait. Non, en fait, y avait un ongle qui n’était même pas à elle. Bon, ça j’avoue, ça m’aurait fait froid dans le dos : un ongle même pas à moi dans mon lit, c’est dé-goû-tant. Bon, elle en peut plus, elle appelle une exorciseuse qui lui fait faire plein de trucs donc trois tours au dessus d’un seau rempli d’urine de fille vierge. Si j’avais su, je serais restée vierge, j’aurais vendu mon urine à prix d’or, vu comme cette qualité devient rare de nos jours. Bref, l’exorciseuse sort soudain une sculpture à la César de l’urine avec des trucs qui
sortent et qui ressemblent à des clous. Et bien voilà, quelqu’un a planté des clous dans un lieu stratégique de la maison pour lui porter malheur : sous la baignoire. Bon, voilà, la dame
paye et le malheur est enlevé, c’était son ex femme de ménage qui lui avait jeté un sort. Quand je vous dis qu’elle avait l’air chiante, la vieille…
 
L’écriture automatique
Il était une fois une dame qui avait perdu sa fille dans un accident, il me semble. Bon, elle est triste et c’est normal, elle se remet pas de la mort de sa petite. Sa chambre est restée en l’état. Puis, un jour, je ne sais plus comment, elle se demande si sa fille ne veut pas entrer en contact avec elle donc une amie voyante (ou pas loin) lui dit de guetter les signes. Un
soir, la dame lit et pif ! le portrait de sa fille tombe. Un signe ? Non, la dame a du mal à y croire donc elle décide de pas nettoyer le tabouret de piano de sa progéniture, pour voir. Un jour, swizzzz, la poussière s’est envolée ! Bon, là, c’est sûr, sa fille veut entrer en contact.
Donc tous les soirs à une heure précise, la dame s’assoit dans son salon, stylo à la main et elle attend… Rien…Rien… Puis un soir, le stylo agit ! Et voilà, sa fille lui écrit, elle lui raconte des trucs, je sais plus quoi. La dame est convaincue que c’est bien de sa fille qu’il s’agit : « elle fait des fautes d’orthographe alors que je n’en fais jamais ! ».
Du coup, après l’émission, qui a tenté l’expérience ? Moi, évidemment. Bon, et bien, j’ai dû rentrer en contact avec un gamin de 3 ans car j’ai fait de beaux gribouillis mais aucun mot n’est sorti de là…
 
La réincarnation
Je parle de cette histoire car elle m’a bien plu. C’est l’histoire d’une fille qui s’appelle Marie, je crois, mais même si c’est pas ça, on s’en fout. Toute petite, Marie dessine Big Ben, comme ça, just for fun. Sauf qu’elle ne sait pas ce que c’est Big Ben, elle vit en France, elle est toute petite et ses parents n’ont manifestement aucun moyen de communication vers l’extérieur vu que sa mère s’extasie sur le dessin de la petite qui est censée n’avoir jamais vu la tour avec la grosse horloge. Je veux pas dire mais Big Ben passe au moins une fois par semaine à la télé et s’incruste régulièrement dans nos journaux… Bon, c’est pas grave, la maman inscrit sa petiote aux cours d’anglais et elle est trop forte, la Marie : à peine elle commence qu’elle est déjà bilingue. Moi qui n’arrive pas à aligner trois mots en suivant sans faute dans cette foutue langue, du haut de mes 25 ans, je déteste cette gosse. Bon, la demoiselle grandit et va vivre à Londres, elle rencontre un bel Anglais du nom de James et s’éprend de lui mais James meurt je sais plus comment. Du coup, Marie décide de tenter la régression pour connaître sa vie antérieure (moi non plus, le lien de cause à effet ne me paraît pas flagrant mais bon). Marie retourne dans sa vie antérieure, elle était une aristocrate anglaise ou un truc du genre et elle connaissait déjà James, et tout. Bon, là, y a un super plan de la fille en robe d’époque qui traverse un tunnel (genre Marie part à la découverte de sa vie antérieure)… Ben, elle a eu de la chance, Marie : grâce à son histoire, elle a pu enfiler une belle robe de princesse. Bon, en fait, cette histoire me plaisait bien parce que je suis une adepte de la réincarnation (l’idée de l’éternité au Paradis, je trouve ça chiant, honnêtement). En fait, ado, j’étais très drôle et super bien dans ma peau, j’avais hâte de mourir pour commencer une nouvelle vie, vous pensez bien que ce petit film m’avait parlé…
 
Une maison hantée
J’ai peu de souvenirs de celui-là, l’histoire classique d’une famille qui emménage dans une maison qui, en fait, est hantée. Y a le papa, la maman et les deux petites filles. Au passage, je trouve ignoble d’avoir fait joué les vraies gamines dans la reconstitution, elles n’ont pas été assez traumatisées, remettons-en une couche ! Donc, la maison est hantée, bouh ! La scène dont je me souviens, c’est qu’à un moment, l’aînée des petites filles se retrouve possédée, elle a les yeux exorbités (super trucage, au passage, ça foutait les jetons) et jette tout ce qui se trouve à sa portée par terre, y compris une table. Bon, sa mère finit par la calmer et finalement, ils vont dans le cimetière d’en face et découvrent une tombe ouverte pile dans l’alignement de la maison, ils la referment et fin de l’histoire. En fait, cette histoire m’a surtout marquée avec la gamine aux yeux exorbités, j’ai trouvé ça trop horrible.
 
Les pommes volantes
L’histoire qui a marqué la population, celle-là ! L’histoire d’un couple sans histoire qui se fait attaquer par un fantôme plus ou moins hostile… Je ne sais plus comment ça a commencé mais un jour, leur commode se met à trembler comme une feuille, ils ont peur, aaaaaaah ! Et la commode s’écroule comme un simple jeu de carte dans un bruit effroyable. Quand on vous dit que c’est de la merde, IKEA ! Ah non, c’est un fantôme qui est très méchant, il soulève le lit et un jour, ô drame, des pommes qui étaient dans la cave traversent les murs (ben oui, une pomme, ça traverse un mur, tu savais pas ?) et bombardent les pauvres gens attablés qui ne demandaient qu’à bouffer tranquille. Panique !
Bon, finalement, ils en ont marre des pommes et des lits volants donc ils déménagent mais ses connards de fantômes les suivent et là, scène d’anthologie : on voit le fils de
la maison travailler en écoutant le vieux transistor et, là, effets spéciaux de la mort qui tue. Le cameraman prend le transistor et le place devant la caméra avant de foncer vers le gamin qui se
fait donc attaquer pas l’objet en question. Nous sommes donc en présence d’esprits frappeurs, dans le sens premier du terme… Bon, un petit coup d’exorciste et hop, ils sont partis les méchants fantômes !
 
Mystères a bercé mon adolescence et m’a pendant pas mal de temps déconnectée de la réalité. Je passais mes nuits à scruter le ciel, à déterminer si le bruit que j’entendais était une manifestation surnaturelle ou juste un de mes parents qui allait aux toilettes. Cette émission a cependant eu le mérite de m’ouvrir l’esprit, j’ai lu beaucoup de livres sur le surnaturel, y compris le magazine « Mystères » qui reprenait les reportages de l’émission. Aujourd’hui, je regarde le ciel pour voir les étoiles (ce qui est difficile à Paris), les bruits nocturnes sont automatiquement attribués à Kenya. J’ai juste gardé ma passion pour la cartomancie.
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Appelez-moi madame la Présidente !

Cette semaine, je suis en villégiature chez mes parents. A tous les repas, on regarde les infos, ce qui peut parfois être particulièrement pénible. En effet, chaque info est commentée par mes parents et surtout ma mère et nous n’avons absolument pas les mêmes idées politiques. Donc pendant une demi-heure, je m’abîme dans le respect d’un silence absolu : tu ne donneras point ton opinion sous peine de grosse engueulade.
 
L’autre jour, nous dînions donc devant la grande messe télévisuelle, comme on dit, et là, petit reportage sur la déclaration de Ségolène Royal : « oui, j’envisage la possibilité de me présenter à la Présidentielle. » Intérieurement, je barre son nom de la liste des « personnes non-candidates à la Présidentielle » sur laquelle il ne reste plus grand monde. En 2002, avec 16 ou 17 candidats, on avait atteint un record. Si ça continue comme ça, en 2007, on en aura 43. Et là, le journaliste explique que certaines personnes, y compris dans le camp de Mme Royal, s’était amusé de cette candidature : « il vaudrait mieux qu’elle s’occupe de ses enfants ! ».
 
« Occupe-toi de tes enfants d’abord ! »
Mon sang n’a fait qu’un tour : on est au XXIe siècle et on en est encore là ! Bon, je ne suis pas particulièrement fan de Ségolène mais je pense qu’elle a plus de chance que tous les vieux dinosaures mitterrandiens du PS car je suis sûre que l’attaque vient de par là, j’ai même des noms qui me viennent spontanément mais je les tairai. Un peu de sang neuf ne fera pas de mal. De plus, les vieux dinosaures, plus ça va, plus on les croirait sortis de l’UMP. Je ne sais plus qui m’a dit l’autre jour (Gauthier, il me semble) : « On m’a demandé pour
qui je voterais si je devais choisir entre Fabius et Borloo. Je t’avoue que c’est un choix super difficile ! ».
 
Ce qui me dérange dans l’histoire, c’est que ce n’est pas tant la personnalité de Mme Royal qui dérange que son sexe. Est-ce si aberrant de penser qu’une femme politique de premier plan puisse se présenter aux Présidentielles ? En 2002, nous avons eu quatre candidates : l’inoxydable Arlette Laguiller, Corinne Lepage, Christine Boutin et Christiane Taubira. Je n’ai voté pour aucune d’entre elles même si Taubira avait un programme intéressant. Force est de constater qu’aucun grand parti n’a présenté de candidates. On me répondra : « Et Boutin, elle vient de l’UDF, quand même ! » Certes, mais ce n’était pas la candidate officielle du parti donc ça ne compte pas.
 
Il y a 61 ans, les femmes avaient pour la première fois le droit de glisser un bulletin dans l’urne. Révolutionnaire ? Si on regarde l’histoire des femmes en Europe, absolument pas, c’est même proprement catastrophique. La plupart des pays européens ont accordé le droit de vote avant la Première Guerre Mondiale ou à la sortie de celle-ci. Evidemment, chaque cas est unique. En France, nous avions peur que le vote des femmes soit le vote de l’Eglise. En suivant un cours de « sociologie des femmes », j’ai pu me rendre compte qu’on n’était pas
super bien loties en France, encore aujourd’hui.
 
Que des hommes politiques osent balancer ça à la figure d’une des leurs, franchement, ça me met hors de moi ! Que font les chiennes de garde ? Au lieu de lutter contre un bout de sein dans une pub quelconque, elle ne pourraient pas réagir sur ce sujet ? Sans doute que notre condition de femme n’est pas brillante en France car nos féministes préfèrent partir en croisade sur des sujets futiles plutôt que sur de vrais problèmes. Je ne me définis par particulièrement comme féministe : je m’en fiche de voir des femmes à poil dans des pubs, tant que c’est justifié, certaines pubs pseudo-sexistes me font rire. Là où je m’énerve, c’est quand on sous-entend que les femmes ne sont pas capables de faire la même chose que les hommes.
 
« Un femme présidente ? Mais qui ? »
Pourquoi une femme ne pourrait pas être Présidente ? Je me souviens, en 95, un journal avait demandé à des voyants ce qu’ils voyaient pour la Présidentielle imminente et les suivantes : ils nous avaient donc sortis Balladur en 95, Martine Aubry en 2000 (oui, ils avaient vu le quinquennat, quand même) et Bernard Tapie en 2005. Bon, ils se sont royalement trompés ! Mais ils avaient entrevu la possibilité d’une femme présidente. Quand je faisais de la radio, nous avions fait un micro-trottoir sur le sujet des femmes, précisément, et nous
avions posé la question : « quelle femme voyez-vous présidente de la République ? »  Bzzzzzzzz ! On entendait les mouches voler. Avec ma collègue, on s’attendait à ce que tout le monde réponde Martine Aubry, quelle erreur ! En réponse nous avons eu : « Edith Cresson », « Bernadette Chirac », « je ne sais pas ». A la question : « quelle femme a marqué le XXe siècle ? », nous avons eu : « ma mère », « ma grand-mère », « Madonna ». J’ai failli embrasser la
personne qui a répondu : « Marie Curie ».
 
En France, nous sommes en retard dans le domaine de la condition féminine et on cherche parfois même à régresser : de temps en temps, des Ministres inspirés décident qu’on dit un Ministre, même quand ça a des seins. Il faudrait donc dire : « Madame LE ministre ». Mais bien sûr ! Au Québec, lieu merveilleux s’il en est, on ne dit pas auteur mais auteure, on ne dit pas écrivain mais écrivaine… Là-bas, tous les noms sont féminisées car on peut très bien avoir un vagin et être Ministre, voire même Premier Ministre, fonction suprême chez eux
(bon, d’accord, leur Première Ministre, elle a duré trois mois, mais bon…). En France, vous dites : « Je suis une femme, je veux être Présidente », on vous répond : « et tes gosses, connasse ! ».
 
Une femme Présidente, pourquoi pas ? Bien sûr, je ne voterai jamais pour une candidate uniquement parce que c’est une femme. Avec une connerie pareille, je pourrais me retrouver à voter pour Marine Le Pen, hors de question. Je ne vote pas tant pour un individu que pour un programme. Je ne milite pas pour qu’une femme puisse être Présidente. Juste pour qu’une femme issue d’un grand parti puisse se présenter sans essuyer le moindre quolibet. Et là, ce n’est pas gagné.
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