La femme sur le net : injonction à l’invisibilité

Alors que les élections approchent à grand pas, l’ambiance devient salement toxiques pour tous ceux qui ne font pas partie de la classe dominante, c’est racisme, homophobie et sexisme à tous les étages. D’autant que les fachos désoeuvrés et violents (du moins avec leur clavier) prennent de plus en plus de place sur les réseaux sociaux, forums ou sites d’actu. Et quand tu es une femme sur le net, tu en prends salement plein la gueule quoi que tu dises. Même quand tu fais un innocent article sur les poches de jeans.

La femme sur le net

En 12 ans (!!) de visibilité sur les Internet, je dois avouer que je me suis pris mon lot d’insultes, de menaces, d’essayer de me faire peur pour que j’arrête de parler… alors que je ne dis quand même rien de bien problématique. Ah oui, je vomis la drague de rue, j’aime le sexe mais j’aime aussi choisir mes partenaires… Pendant longtemps, un oppresseur errait dans les commentaires en m’insultant régulièrement car je couchais sans me poser, honteux ! Répréhensible ! Curieusement, depuis que je suis entrée en monogamie, il a disparu. Sans doute parce qu’à ses yeux, je suis “rentrée dans le rang”. Vous allez me dire “non mais c’est qu’un troll, exagère pas non plus”. Non, il n’est juste qu’un maillon d’un système bien plus large.

machinerie rouages

Cette semaine, deux femmes journalistes spécialistes du jeu vidéo ont vécu l’horreur : Kayane d’un côté, harcelée par un fou depuis de longs mois, qui parvient enfin à le faire arrêter… en vain. La fille raconte cette histoire vraiment épouvantable et réaction d’un gros site de merde “ah bé fallait pas poster de photos en ligne, aussi”. En gros : si tu veux pas attirer l’attention d’harceleurs déséquilibrés, disparais. Vous allez me dire que le conseil vaut pour les hommes sauf que les hommes n’ont pas ce souci de harcèlement, voyez-vous. Eux, ils distribuent leurs photos de bite en érection à qui en veut (ou à qui n’en veut pas, d’ailleurs). Une femme paraît un peu coquine, un peu exhib sur les réseaux sociaux : avalanche de dick pics non sollicitées. Donc pardon, mais le discours “han mais ce sont les hommes et les femmes qui doivent se protéger”, c’est juste une immense hypocrisie. Oh hé, rappel : ce n’est JAMAIS la victime qu’il faut blâmer. L’autre journaliste, c’est Carole Quintaine qui a craqué cette semaine et montré ce qu’elle subissait au quotidien, des gentils “ta gueule grosse pute” dès qu’elle émet un avis sur un jeu vidéo, par exemple. Alors oui, vous allez me dire “han mais l’univers jeux vidéos, c’est un peu macho quand même, c’est pour ça”. Oui mais ta gueule en fait.

Silence tais toi

Parce que ce que subit Marie Kirschen, Kayane ou Carole Quintaine, c’est ce qu’on subit tout le temps et à notre petit niveau. Même moi, j’ai dû porter plainte dans le temps alors que j’ai même pas le 100e de la communauté de ces filles là. Dès qu’un tweet un tant soit peu féministe est repris, y a toujours un connard qui vient m’agresser, se contentant d’une insulte stupide dans le meilleur des cas, de menaces de viol, de violence voire carrément de meurtre ou injonction au suicide dans le pire. “Ouais mais roh, tu sais bien que les mecs, ils feront rien en vrai”. Alors déjà, non, je ne sais pas. Relire l’histoire de Kayane. Relire celle de Christina Grimmie, assassinée à 22 ans par un fan… Mais même si la personne qui menace de me défoncer n’en fera rien, faut arrêter de parler de troll à un moment : c’est trop souvent, jamais la même personne, on est au delà de la simple taquinerie. Surtout que vous, vous ne voyez pas trop le souci de recevoir des dizaines et des dizaines de messages violents mais quand vous êtes la destinataire,je vous jure que même si vous êtes solide, y a un moment où vous ne pouvez plus.

Femme épuisée

Les hommes pensent pouvoir distribuer la parole, ils montent des raids pour empêcher les féministes de parler. On cherche à nous remettre à notre place : à la maison, mutiques et à disposition. Et le pire ? C’est la complicité ou le silence d’autres hommes qui viennent nous expliquer alors qu’on vient de se prendre un violence symbolique inimaginable dans la tête qu’on exagère, que ce n’est que du troll et que ça vaut pas la peine de réagir, de laisser faire, que tous les hommes ne sont pas comme ça. Ca ne leur vient jamais à l’idée d’expliquer au “troll” qu’il ne doit pas agir comme ça non, c’est à nous, les victimes, de prendre sur nous et de, une nouvelle fois, fermer nos gueules. Et c’est là toute la magie de l’oppression masculine : assumée ou insidieuse, quand tu es une femme et que tu oses parler d’un sujet qui est soit réservé aux hommes soit qui dérange leur suprématie (des poches de jeans, on en est là), tu t’en prends plein la gueule mais s’il te plaît, fais le en silence pour ne pas heurter les mâles qui ne comprennent pas bien pourquoi tu vis mal des menaces de sodomie…

Femmes manifestent baillonnées

Du coup, la prochaine fois que vous aurez envie de dire à une femme de ne pas relever les attaques des “trolls”, réfléchissez bien. D’ailleurs, la prochaine fois que vous voudrez utiliser le mot “troll”, réfléchissez bien aussi… On est maintenant très loin de la fonction poil à gratter mais dans une réelle oppression.

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T’as quoi dans le pipe ?

Je vous sens, avides, derrière votre écran, à guetter une mise à jour par ici (je rêve ma vie, oui, je sais). Et ce titre d’article aurait pu suggérer que j’allais vous parler de sexe, comme au bon vieux temps. Mais point du tout ! Dans notre jargon de pubard qui anglicise tout et surtout n’importe quoi, ce qu’on a dans le pipe (prononcez païpe), c’est juste ce qu’on a dans les tuyaux. Et moi, mes tuyaux ils débordent parce que j’ai :

Dans le pipe

  • du boulot (plein, des trucs qui me motivent à mort, je barbote dans les chiffres et leur analyse)
  • des formations dont une offerte par le boulot (une 2e formation Powerpoint qui m’a été offerte car je donne des cours en interne) et un MOOC sur l’outil de statistiques R et, on va pas se mentir, j’entrave rien. Surtout parce qu’en fait, j’y connais pas grand chose en statistiques. Du genre quand on me dit ça : « Les bornes inférieures et supérieures de la première et dernière classe seront naturellement les valeurs minimale et maximale observées pour la variable age. À l’exception de la première classe dont les deux bornes d’intervalle seront fermées (c’est-à-dire que les bornes seront inclues dans l’intervalle), les bornes inférieures des classes suivantes (2 à 4) seront ouvertes, et les bornes supérieures fermées. Indiquer l’effectif associé à la 3ème classe ainsi constituée », ma première réaction est à peu près : « meeeeeh ? » (mais j’ai découvert les boîtes à moustache et rien que le nom, je veux en faire tout le temps maintenant)
  • des recherches juridiques parce que ça commence à sérieusement dégénérer avec la voisine du dessus (ceux qui me suivent sur Twitter savent. Pour les autres, en résumé : le moindre de nos bruits la rend folle, elle nous engueule parce qu’on ferme les volets trop tard, parce qu’on parle sur le balcon, parce qu’on reçoit une copine le samedi après-midi, parce qu’on perce le samedi après-midi, conformément aux heures de travaux correspondant au règlement de la copropriété affiché dans l’ascenseur. En conséquence, si on ferme trop tard les volets le vendredi, genre 23h30, elle va taper dans les tuyaux et sur son sol de 7 à 10h du matin pour nous faire chier.)
  • du rangement parce que l’appart est en bordel
  • du sport parce que là, j’ai sérieusement besoin d’évacuer rapport à l’histoire de la voisine. Et j’ai découvert la sophrologie, je vous en reparlerai.
  • des projets genre écrire (ahahah, faut que j’arrête de le dire, j’ai plus aucune crédibilité), lancer mon nouveau blog Nina feels good, faire du powerpoint art, etc. etc.
  • aller chez le coiffeur (ok, ça m’a pris qu’1h45 samedi mais quand même… D’ailleurs, contrairement à tout ce que j’ai toujours imaginé, j’ai osé, j’ai les cheveux courts maintenant, c’est… un tout nouveau monde qui s’ouvre à moi, un monde sans élastique déformé à mon poignet, par exemple)

 

Oui bon, je sais, y a encore du progrès à faire, c'est le avant-après du coiffeur

Oui bon, je sais, y a encore du progrès à faire, c’est le avant-après du coiffeur

cheveux garçonne

Sinon ça ressemble plus à ça, en vrai

Plus une vie sociale avec moult pots de départ (dont le mec avec qui j’avais fait mon pot de départ dans ma précédente boîte, histoire de bien imprimer le « bravo, tu as dépassé les 2 ans ici, tu es une Dinosaure maintenant), Joy et Isa qui reviennent du Canada (hiiiiiiiii!), des amis à voir que je néglige que trop, j’ai pris des cours de couture en octobre aussi…

Du coup, ben comme j’ai pas encore pris le coup d’écrire sur le chemin du travail parce que je lis, ce blog fait la gueule alors que j’ai tant à dire. Mais au moins, retenons le positif : mon silence est l’illustration parfaite du « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! »

Bisous les jeunes et les moins jeunes !

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Le débat a-t-il pour réel objectif de faire changer d’avis l’autre ?

De temps en temps, je me lance dans un débat sur Twitter : des échanges d’arguments ponctués d’attaques sur mon ouverture d’esprit et quelques noms d’oiseaux en prime. J’en ressors parfois lessivée et certains me disent “non mais tu ne le feras pas changer d’avis, laisse tomber”. Non. Parce que c’est pas forcément elle ou lui que je vise mais ceux qui lisent l’échange en silence et pourraient être touchés par certains arguments.

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Un soir de 2012, deux hommes engoncés dans un costume débattent sous l’oeil torve d’un homme et d’une femme qui balancent aléatoirement des timings. A droite, Nicolas Sarkozy, à “gauche”, François Hollande. Les deux se balancent chiffres, promesses et punchlines sur des sujets lancés par les deux arbitres qui ne servent pas qu’à donner l’heure. Nous voici au coeur du débat d’idées de la Ve République, le fameux débat présidentiel d’entre deux tours qu’on regarde pour… se laisser convaincre ? J’aimerais avoir une étude précise sur la réelle influence du débat d’entre deux tours sur le résultat final… J’en étais restée à environ 10% de l’électorat qui est indécis et qui peut être conquis lors de cette grande cérémonie mais est-ce toujours le cas ? Bref, ça échange, ça débat, ça s’indigne et à la fin, chacun reste campé sur ses positions… Ca vous étonne ? Bien sûr que non, imaginez la scène “Mais… mais vous avez raison en fait. Mais oui, vous venez de m’ouvrir les yeux ! Bah écoutez, vu que vous êtes dans le vrai, j’invite tout le monde à voter pour vous.” Non, non, soyons sérieux deux minutes. Mais alors du coup, pourquoi débattre vu que personne ne lâchera le morceau ?

le débat télévisé de la présidentielle

Parce qu’on ne cherche pas à convaincre son contradicteur direct mais bien l’audience passive. Déjà, admettons assez facilement qu’il est difficile de faire admettre à quelqu’un ses torts en public. Je pense pouvoir plaider coupable, ce moment où tu sais que l’autre a raison mais ça t’arrache la gueule de l’admettre. Mais il y a aussi les autres, ceux qui te répètent en boucle les trois mêmes arguments foireux que tu entreprends de démonter à grand coup d’articles (écrits par d’autres) ou de vidéos qui expliquent en long, large et travers les quelques notions que tu balances de ci de là genre, au hasard, l’humour oppressif (humour oppressif, humour oppressif, humour oppressif, voici mes références habituelles, n’hésitez pas à m’en balancer d’autres au besoin). T’as beau expliquer, gentiment ou plus “énergiquement” le pourquoi de ta colère, tu butes systématiquement sur un mur de “mais je dis ce que je veux”, “j’ai encore le droit d’avoir mon opinion”, “mais moi, je connais quelqu’un qui prouve le contraire de ce que tu dis” (selon la grande loi qui dit qu’une seule exception dans ton entourage nique l’ensemble du travail des statisticiens et sociologues, t’séééé), “moi ça me fait rire, donc c’est drôle”, “ah Coluche et Desproges seraient bien malheureux aujourd’hui”, “on ne peut plus rire de rien” “oh, ça va les minorités, hein !”, “t’es qui pour me juger d’abord ?”, « c’est la liberté d’expression ! » « t’es pas Charlie, toi ! ». Bref, vous avez beau tenter différentes techniques, c’est le bide.

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l'adresse du crétin qui s'entête pour aller lui en donner une

Hé oui, des fois, ça démange un peu de choper l’adresse du crétin qui s’entête pour aller lui en donner une

Et ce n’est pas grave. Parce que pendant que vous croisez fermement le fer avec Jean Connard (ou Jeanne Connasse), il y a Jean Naïf (Jeanne Naïve) ou Jean-ne “je n’avais pas d’opinion sur le sujet mais à présent que je te lis, j’ouvre les yeux” qui suit l’échange en silence. Et si vous avez bien argumenté, c’est celui là que vous allez convaincre. Si j’en reviens à mon cas personnel, j’ai appris énormément de choses en suivant des débats dans lesquels je n’étais pas impliquée, parfois par manque d’opinion, parfois parce que j’arrivais deux heures après la bataille. Prenons, au hasard, le débat sur le “mademoiselle” que les féministes ont souhaité supprimer des formulaires. Ma première réaction fut à peu près : “mouiiiiiiii ?”. Soit “heu ben appelez moi madame ou mademoiselle, peut me chaut”. Puis j’ai lu des échanges, parfois acerbes, entre celleux qui défendaient cette proposition et ceux qui s’indignaient parce que… ben, c’était soit par coquetterie (“hihi, j’aime qu’on m’appelle mademoiselle, c’est une façon subtile de me draguer, hihi”) et les “mais y a plus important comme combat, putain !” J’ai donc aussi réalisé à quel point les gens qui se foutaient des combats féministes étaient par contre très préoccupé par leur liste des priorités… Parce que c’est bien connu que les féministes sont un bloc monolithe qui ne peut prendre les problèmes que les uns à la suite des autres. Bref, d’un sujet sur lequel je n’avais pas grand avis, je me suis mise à défendre la suppression du “mademoiselle” dans les formulaires car j’ai compris en lisant des argumentaires qui ne m’étaient pas adressés en quoi, effectivement, c’était problématique. Je prends cet exemple mais je pense que ma conscience féministo-gauchiste (et surtout le fait que j’assume l’être, nous en reparlerons) s’est construite grâce à ses débats qui fleurissaient sur ma timeline, sur Twitter ou Facebook.

jeune fille lit sur un écran portable

Alors échange avec Jean-Connard, balance des arguments et tes liens et une fois que tu as bien tout étayé, pars la tête haute, un petit coup pour balancer tes cheveux avec classe par dessus l’épaule (comme c’est virtuel, tu peux le faire même si tu n’as pas de cheveux) et adresse un clin d’oeil complice à celui ou celle qui te lit sans savoir et qui sera convaincu. Limite, sois un troll et quitte Jean-Connard en le remerciant de t’avoir permis d’argumenter et de gagner de nouvelles personnes à ta cause.

Rihanna double doigt d'honneur clip we found love

PO PO PO !!!

Ah oui, je vais faire ça la prochaine fois. Délicieux !

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Réunionite aiguë

Il y a quelques années, j’avais poussé ce grand cri du coeur : je hais les réunions. A l’époque, je sortais d’une expérience professionnelle effroyable et m’apprêtais à entrer dans une autre (pas beaucoup mieux) où la réunionite aiguë régnait. Le but ? Masquer son incompétence en brassant du vent pendant 1h ou 2 dans une pièce qui finit par sentir le fauve.

Réunions le grand cauchemar

Je ne suis pas opposée en soi aux réunions, j’en programme et réclame même parfois. Mais il y a réunion et réunion. En gros : une réunion pour avancer sur un dossier à rendre : oui. Une réunion où je passe plus de temps  à faire des dessins sur mon carnet en luttant contre l’incroyable lourdeur de mes paupières, non. J’ai tendance à mesurer la compétence des gens à leur façon d’organiser des réunions. Une réunion bien bornée dans le temps, avec les bons interlocuteurs et qui se termine par une répartition des tâches et un plan de travail clair et précis avec des échéances : réunion parfaite. Une réunion où la moitié des interlocuteurs se demandent pourquoi ils sont là, se pincent discrètement le gras de la cuisse pour ne pas s’endormir ou se rejouent le film de la veille dans leur tête en se murant dans un silence malaisant, un blabla inutile où tu sors au bout d’une heure sans comprendre ce que tu es censé faire…Mauvaise réunion. Le pire étant les réunions d’équipe qui ne servent souvent qu’à donner au manager l’illusion qu’il maîtrise le travail de son équipe alors que la plupart du temps, on se contente d’ânonner notre to do list devant le dit manager qui hoche la tête mais n’aura aucune solution en cas de soucis. En résumé, t’as juste perdu une heure.

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Et les réunions, putain que ça stresse. Laissez-moi vous raconter mon mardi matin. Dans mon agenda : une réunion de 10h à 10h30, une de 10h30 à 11h30 et une de 11h à 12h. Bon, voyons : une sur un énorme dossier à rendre, une organisée par le DG et une où ma présence n’est pas nécessaire… Ok, donc toi, tu dégages, déjà. Ensuite, reprenons. J’arrive au boulot à 9h50 (pas de jugement, le gros des équipes arrive entre 10het 10h30), ma réunion de 10h commence à 10h15, je me fais harceler par téléphone à 10h45 pour ramener mes fesses à la réunion suivante… où je fais littéralement figuration, pensant au gros dossier que je dois rendre. Sachant que la veille, j’ai eu une réunion de 14h30 à 15h pour remplir un excel à la con (alors que je l’aurais fait seule, j’en aurais eu pour 10 mn max mais on aime se tenir la main et s’inventer des problèmes sur le remplissage d’une feuille de calcul), de 16h30 à 17h30 sur mon gros dossier, de 17h30 à 18h30 sur une prise de brief où je sers strictement à rien tout en me faisant harceler parce que y a un call à 17h30 et que faut vraiment que je sois dispo. Où j’en suis du gros dossier ? Bah toujours au même point*

Businessman with stacks of paperwork, covering eyes

Dès que j’entends réunion, j’ai une giclée d’acides qui me rince l’estomac. Parce qu’ici, il faut savoir qu’une réunion qui débute à l’heure, c’est un mythe. En gros, au départ, je considérais que si on me dit que la réunion est à 10h, je me lève à 9h55 pour retrouver le lieu de la réunion. Ce que je faisais au départ. Mais à force de rester à bayer aux corneilles en attendant désespérément les participants de la réunion, j’ai compris : commence à te déplacer à l’heure pile de la réunion. Et encore, je dois encore poireauter. Aucune réunion ne démarre à l’heure donc si tu dois enchaîner, c’est la merde. Tu cours dans les étages, tu cherches tes collègues qui se rendent mollement à la salle de réunion “Ah, attends, il manque Jean-Claude… Putain mais il est où ?”. Mais sinon, vous n’avez pas du travail les gens ? Parce que là, on perd du temps pour rien, en fait et j’ai franchement autre chose à foutre… Même si je suis en période d’accalmie, j’ai toujours mieux à faire que d’attendre Jean-Claude et Patricia qui “finissent un mail et arrivent”. Je vous hais.

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Alors tu finis par refuser des réunions. Parce que tu en as marre de perdre du temps, parce que t’en as marre de t’inquiéter pour ta santé car tu t’endors à chaque fois ou presque, parce que tu en as marre de boire ton café froid car une réunion impromptue t’a empêché de le terminer, parce que t’en as marre d’attendre tous les Jean-Claude et Patricia de la planète, parce que ton gros dossier n’a pas avanc d’un millimètre et que tu vas devoir rester jusqu’à trop tard pour faire tout ce que tu n’as pas pu faire pendant ces réunions totalement improductives. Sauf que refuser une réunion, c’est se prendre coups de fil et mails en mode chantage affectif sur le fait qu’on a à tout prix besoin de toi… Parce qu’il fallait un joli pot de fleurs, sans doute.

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* Pour être tout à fait honnête, je voulais me taper une petite nocturne lundi soir pour bien avancer mais mon pc pro a décidé que non et une fois chez moi, j’ai préféré écrire et mater The walking dead (j’ai tout rattrapé mon retard, je suis en même temps que les gens, maintenant… et c’est terriblement frustrant)

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Saturnin est grand frère

[Ca ferait un super titre de film qui passe sur Arte, nan ?]

Il est des silences qui s’expliquent aisément. La vraie vie m’a prise dans son tourbillon et j’ai délaissé ces colonnes. Le bonheur n’attend pas, voyez-vous et je préfère savourer mon bonheur que d’en voler quelques miettes pour vous assommer de mes considérations générales. Car l’année 2015 est paradoxale : d’un côté, mon bonheur, incroyable et serein, de l’autre, le monde qui continue de s’effondrer dans la douleur et les cris.

Photo prise lors de la visite du Musée Montmartre avec ma maman. Je vous le conseille, il est super

Photo prise lors de la visite du Musée Montmartre avec ma maman. Je vous le conseille, il est super

Il y a 15 jours , mardi précisément, je m’agaçais, tournais et virais, vérifiant compulsivement mon mobile qui s’obstinait à rester silencieux. Est-ce qu’il marche bien au moins ? Je vais m’envoyer un sms de mon tel pro pour voir. Oui, ça marche. 13h45, n’en tenant plus, je finis par appeler mon père « bon, alors ? » « Non, toujours rien. Au rythme où ça va, ce sera cette nuit. » 17h ou presque, je discute avec ma chef et une collègue « non, ce sera pour cette nuit et (bip bip !)… Oh mon Dieu, elle est née ! ». Pivoine, 52 cm, 3,8 kg, une crevette par rapport à son frère. Un accouchement express qui a surpris son monde, la petite monstresse a bien failli naître dans un couloir de maternité. Une entrée dans le monde qui n’aurait pas manqué de panache, quelque part…

pivoine

Bref, me voici tatie à nouveau et je ne vous cache pas que j’avais hâte… car j’avais peur. En fait, quand ma soeur m’a annoncé sa grossesse, j’étais contente… mais un peu triste aussi. Parce que Saturnin. D’un côté, j’avais peur que ça lui fasse de la peine et puis surtout… En fait, je ne voyais pas comment je pouvais aimer cet enfant. Enfin, si, j’allais l’aimer mais pas autant que Saturnin, c’était évident. D’ailleurs, je fus fort soulagée de savoir que l’enfant à venir était une fille : comme ça, ils seraient bien différents (au moins physiquement), ce serait peut-être plus facile… Mes parents me rassurent : eux aussi ont pensé comme moi, eux aussi ont eu cette crainte mais tu verras, quand la petite sera là, tu penseras autrement.

Admirez mon talent en matière de PPT art

Admirez mon talent en matière de PPT art

L’amour se multiplie-t-il à l’infini ? Des gens que j’aime, il y en a : ma famille, mes amis, Victor, Saturnin. L’un n’éclipse pas l’autre. Le plus dur, finalement, c’est d’arriver à partager son temps pour ne léser personne. Alors Pivoine, elle pouvait avoir une petite place dans ma vie, ce n’était pas si dur alors pourquoi cette angoisse ? Peut-être parce que pour moi, Saturnin était l’Enfant parfait, le seul, l’unique, celui qui rigole comme un bossu à la moindre de mes facéties, un enfant beau (je suis très objective, notez), plein de malice et quelle intelligence ! L’autre jour, par exemple, on jouait à faire semblant de dormir et pour me cacher ses yeux grands ouverts, il a tourné la tête de l’autre côté. A même pas 3 ans, il est fûté ! Bon, il n’est pas parfait non plus, bien sûr : un peu réservé, je comprends pas toujours ce qu’il dit et il fait pas mal de caprices et colères (instant le saviez-vous : les enfants de 2 ans et quelques vivent ce qu’on appelle la “petite adolescence”). Pivoine, elle sera comment, elle ? Elle ne pourra pas être aussi géniale, c’est pas possible…

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15 septembre, donc. Je largue ordinateur et dossiers et je saute dans le 1er bus qui passe pour me rendre à l’hôpital de ma soeur. La petite merveille est là, rouge, les yeux collés, encore un peu de matière organique sur la tronche. Mmmm… Ma mère s’émerveille, je le mitraille avec mes super appareils photos. Oui, elle est mignonne, c’est vrai. Mais le déclic est plutôt arrivé le dimanche suivant quand je l’ai prise dans mes bras, chaude et calme. Saturnin à mes côtés pour que je lui lise une histoire, je me rends compte que, si, je l’aime cette petite fille. L’amour se multiplie, il ne s’annule pas.

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Bref, cet article neuneu sert à vous expliquer qu’en ce moment, j’ai pas le temps d’écrire mais je vais m’y remettre dès que je peux, j’ai encore plein de mes vacances à vous raconter, les prochaines qui arrivent très vite (dans une semaine, en fait), des livres, des colères, des tas de choses…

 

Au moins, je m’ennuie pas.

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Et si tout n’était question que de chlore

Ceux qui me lisent ici et sur Twitter l’ont peut-être remarqué : depuis quelques temps, je suis assez agacée et cynique, notamment sur ma carrière qui me pose quelques questions (surtout quant à la prochaine branche, en fait). Dépressive ? Non, à côté de ça, je suis très heureuse dans ma vie privée, je profite des moments entre amis, avec ma famille ou avec mon Victor adoré, j’ai la banane avec eux.

BONHEUR-ASTUCES

J’en arrivais cependant à un point critique de démotivation, ce moment où quand ton réveil sonne, tu as envie de dire “non”. Ce point critique où tu prends tout mal, que le moindre mail t’exaspère, où tu arrives le matin en pensant au moment où tu pourras repartir le soir commencer ta “vraie vie”. J’en étais là, essayant de poser un peu les choses, réfléchissant à ce que je voulais faire vraiment. Et puis…

crise-existentielle-psychologie

Je suis retournée à la piscine.

piscine

Comme je le disais précédemment, nous avons changé de locaux et je me retrouve donc à moins de 10 minutes à pied de ma piscine prout prout, avec son eau fraîche et ses nageurs au niveau quand même très moyen. Non mais l’autre jour, j’ai réussi à doubler une nageuse alors que j’en étais à mes longueurs “bras uniquement”, celles où je me meus avec une lenteur assez exaspérante mais c’est bon pour mes bras, mes épaules, mes pectoraux et mon gainage. Alors que mes camarades se rendaient à la cantine, je prenais mon petit sac, résolue à tenter un 2 km crawl… Distance que j’ai avalée sans difficulté et avec une certaine fierté.

crawl

Et quand je suis revenue à mon taf, j’étais une autre. Une renaissance. Ma motivation était revenue, ma pêche aussi. J’y suis retournée le lendemain puis deux fois la semaine suivante et mon humeur remontait au Zénith, mon sens de l’initiative renaissait de ses cendres. Après un deal avec ma chef, il était donc décidé que je retournerais à la piscine deux à trois fois par semaine. Un détail qui change tout.

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Et c’est là que je me demande si ma crise existentielle n’était pas liée à mon manque de natation. Depuis mon arrivée à mon nouveau boulot, mes séances se distanciaient de plus en plus : je finissais trop tard le soir pour aller piquer une tête, mes week-ends étaient trop plein de Victor, de mes amis, de ma famille, de glande, aussi. Pourtant, je n’ai pas arrêté le sport pour autant, j’allais transpirer sur des machines de fitness, enchaînant les kilomètres de vélo elliptique, vélo, rameur et tapis, me fixant un objectif de 15 km en séance solo et 13 km en séance duo (c’est difficile de garder un bon rythme quand on vous parle). Mais la nage, c’est autre chose.

natation

La nage, c’est la sensation d’apesanteur, de fraîcheur alors que tu te dépenses, de relatif silence aussi. Comme je crawle avec un tuba, mon visage est sans cesse immergé, je retrouve l’état méditatif que j’ai en plongée, quand tu es littéralement dans ta bulle.

nager

Et si mon bonheur incluait finalement le chlore, les palmes, le tuba et les plaquettes (je suis super équipée) ? Si “se dépenser” ne m’avait juste pas suffi pendant ces mois sans piscine et qu’il suffisait juste de ça pour aller mieux, pour relever le poing et gérer les tâches sans faiblir. En 10 jours, j’ai établi une nouvelle stratégie de to do list, prévu quelques projets “persos” à vendre à ma boîte, eu 150 idées pour faire un peu de freelance, eu 13 idées de blogs “pour la visibilité”…

Young woman  planning  work at outdoor.

Young woman planning work at outdoor.

En 10 jours, je me suis retrouvée, j’ai aussi testé la vie commune avec Victor et nos chats (une grande aventure). Autant vous le dire : j’ai la patate.

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Enjoy the silence

Savez-vous ce que j’aime dans la plongée ? C’est le silence. Un silence certes relatif avec le bruit du détendeur mais putain, on est si bien loin du brouhaha. Le bruit me saoule, m’agresse. Le bruit virtuel aussi. Dans l’Internet 2.0, toutes les voix ont leur espace pour s’exprimer. Alors on parle, à tort et à travers. Réfléchir, c’est pour les faibles.

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Il y a quelques années, je lisais en ricanant les commentaires des sites d’actualité en étant fascinée par la connerie de la plupart de ceux qui prennent leur clavier pour nous arroser sans pudeur ni pitié de leur mépris pour l’Autre (l’Autre : les homos, les Arabes, les Noirs, les pauvres, les riches, les gauchistes, les droitistes… Les cons, quoi qu’il en soit). Au début, c’est un peu comme les Confessions intimes et consort, ça fait toujours un peu marrer les abrutis qui viennent nous expliquer leur vision de la vie. Sauf que ça finit par agacer et à mettre franchement mal à l’aise. Parce que ça nous met face à une certaine réalité, une réalité que t’as pas trop envie de voir. Celle où la parole s’étale sans le filtre de la réflexion ou de la logique. Ca s’exprime, ça dégueule les mots même (et surtout) quand ça n’a pas lu l’article. Pour dire que ça les intéresse pas, pour dire qu’ils détestent la personne dont parle l’article, pour dire que les médias nous manipulent, les Illuminatis, les Francs-Maçons, les médias de gauche complices, les médias de droite complices… Eux, au moins, ils ne sont pas dupes.

no-pigeons

Parfois, bien sûr, certains commentaires valent vraiment la lecture, ils ajoutent une information, apportent un témoignage, donnent un nouvel éclairage à l’information. Mais pour un commentaire intéressant, combien de litres de merde fétide ? De « moi, moi, mon opinion et vos gueules, j’ai raison, vous avez donc tort, il n’y a pas d’alternative« . Mais la vraie question que je me pose c’est « pourquoi vous parlez ? ». En tant que lectrice et webzines, je ne commente pour ainsi dire plus, essentiellement parce que je n’ai rien d’intéressant à dire. Si un article me touche ou me paraît intéressant, je le partage, je ne poste pas un « c’était très intéressant », je trouve que ça n’apporte pas grand chose. Si j’ai rien à dire, je ne le dis pas, point. Mais manifestement, je suis un cas rare car quand je lis les comms, je hurle.

Macaulay_Culkin

Il y a d’abord les « ce sujet ne m’intéresse pas », « y a plus grave ». Messieurs dames, l’avantage d’un webzine, c’est que, contrairement à leur version papier, il n’y a pas de limite de place. Donc pendant que la rédaction monde va vous pondre un article sur la Syrie (ou pas), la rédaction politique vous parlera de la dernière loi en date, la rédaction économie de la baisse du chômage et la rédaction culture pourra se pencher sur le dernier film à la mode ou sur la fin du phénomène Nabilla. Tant qu’on reste dans les limites du raisonnable et qu’on arrive pas à l’hystérie de remplissage par le vide dont je parlais la semaine dernière, tout va bien. Mais la vraie question est : si ça t’intéresse pas (ce qui est ton droit le plus absolu), pourquoi as-tu perdu une minute de ta vie pour renseigner ton nom, ton mail et écrire un sublime “on s’en fout” ? Re regarde la vidéo de 2 mn pour convaincre qui t’explique que plus y a de comms, plus l’article a des chances d’être bien vu sur Google. Donc ton commentaire inutile pour le quidam moyen le sera par contre pour le journal. En somme, la meilleure façon de montrer qu’on s’en fout pour décourager ce type de sujets, c’est justement de ne poster aucun commentaire.

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Mais surtout, ce qui me paraît plus préoccupant, ce sont tous les dégueulis de haine sans le moindre filtre de réflexion qu’on se mange en permanence, y compris sur des articles qui n’ont rien à voir. Passons encore sur les stériles “Hollande démission” qui semble être “l’argument” ultime de certains droitistes qui le balancent en boucle. Mais là où je commence à avoir de l’urticaire, c’est quand on s’avale tous les « les homosexuels sont des malades », « les Arabes dehors » (ou les Roms, ça marche aussi), je vous sors la version la plus « polie ». A quel moment tu peux sérieusement écrire et poster ça ? Outre le fait que ça ne sert à rien pour le débat mais ça, on n’en est même plus là, je me demande à quel moment tu peux stigmatiser à ce point une population, quelle qu’elle soit, sans réfléchir 30 secondes. C’est quoi un Arabe ? C’est quoi un Rom ? C’est quoi un homo ? Ah oui, oui, on a certes des définitions mais je veux dire, concrètement, est-ce que le fait d’aimer une personne du même sexe que toi fait de toi quelqu’un d’identique à une autre personne aimant une personne du même sexe ? Le fait d’avoir des origines arabes ou roms fait-il forcément d’une personne un délinquant voire un criminel (puisque c’est ce qu’on leur reproche en général)? Les commentateurs te foutent tout le monde dans un même grand sac (poubelle) et hop, virez moi tout ça ! Et ça m’épuise. Vos gueules, par pitié. Si c’est pour taper vos slogans de merde, autant s’abstenir, hein. Toujours dans le négatif, toujours pour gueuler. Les politiques incapables, celui ci qui est con et moche, celle la qui est une vraie pute… Quel formidable crachoir que ces agoras virtuelles où vous vous cachez derrière un écran pour dégueuler votre rejet de l’autre. Pourquoi tant de haine ?

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Les commentaires de journaux en ligne se sont peu à peu transformés en café de commerce version haineuse où l’on énonce l’inaudible en toute impunité. Alors que des lois vous condamnent en cas de racisme ou d’homophobie, là, c’est open bar. Evidemment, on ne peut pas s’amuser à remonter les IP de tous les racistes/homophobes… des internautes qui se défoulent pour leur coller des amendes. Mais de temps en temps, j’avoue que ça me ferait gentiment rigoler et ça permettrait peut-être d’arrêter de polluer les commentaires d’articles où, parfois, sous les tombereaux de merde, se trouve une pépite. Mais perso, j’ai plus envie de chercher.

Le dernier mot sera laissé à Daniel Balavoine qui répondait (très intelligemment) à un raciste en 84-85. Comme quoi, rien ne change.

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L’intimité de la première nuit

La première fois avec cette personne que vous convoitiez, ce n’est pas seulement une découverte physique, des corps qui se touchent, se caressent, se pénètrent. Il y a aussi naissance d’une bulle, une sphère dorée propre aux amants : l’intimité.

Souvenez-vous de votre première nuit avec cet autre. Repus d’amour, allongés dans le même lit l’un contre l’autre, dans la pénombre, voilà que les langues se délient. Mais la conversation prend un tour et une profondeur différents. On ne parle plus à l’objet de notre convoitise mais notre nouvel amour. Il est certes ambitieux de parler d’amour des la première nuit mais on est dans le cadre d’une histoire d’amour, je rappelle.

Dormir ensemble crée une nouvelle proximité. Entendre l’autre sombrer dans le sommeil, le regarder alors qu’on s’éveille avant lui abandonné dans les bras de Morphée. Plus de jeux de séduction, d’œillades torrides et complices, il/elle est là, brut(e).

Et puis il y a le premier matin. On n’est jamais sexy au petit matin avec la figure chiffonnée, les cheveux en bataille, l’haleine alternative et le mascara au niveau des joues pour celles qui n’auront pas osé briser cette bulle dorée de la première nuit pour aller se démaquiller. Déjà aller faire pipi, c’était limite… Les gens sont parfois différents au réveil. Il y a les hyperactifs volubiles qui font le café, le jus d’orange pressé et les toasts en même temps tout en vous racontant mille choses et ceux qui ne réalisent pas tout à fait qu’ils sont levés et que la journée est déjà commencée et qui n’aspirent qu’au calme et au silence (genre : moi). Ou encore ceux qui répètent un étrange mantra en boucle : café… Café… Café… Forcément, si un volubile s’accouple avec un adepte du silence, ce premier réveil risque d’être… Violent.

Fin du petit dej, embrassades sur le pas de la porte ou sur le quai du métro. « On se revoit bientôt ? » « Oui… »

PS : J’adore tellement ce gif… J’aimerais l’utiliser tout le temps

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Va…..tout s’en va

Par Diane

Vingtenaires, vingtenairettes, jeunes, vieux, lecteurs chéris mon amour

Je vous écris car hier soir, j’ai eu le coeur qui a grincé. Voyez-vous, ce gros week end de Pâques, contrairement à mes habitudes, je l’ai passé en tête à tête avec moi-même, et en grande partie chez moi. Et Il m’est arrivé quelque chose d’inattendu. D’étrangement inattendu d’ailleurs pour une chose si banale.

Le silence.

Non pas le silence de quelques minutes qu’on expérimente tous au quotidien en rentrant chez soi. Ce silence là, il est factice, puisque très vite rempli par du son (télévision, musique, téléphone, lave vaisselle) ou de l’activité (copies à corriger, série télé à regarder, livre à lire…). C’est un petit silence, un silence occupé par l’esprit du quotidien, du présent, du tout de suite.
Le silence dont je parle est autre. C’est un silence oppressant, presque assourdissant. Qui appuie sur les oreilles et les épaules et vous force à vous écouter penser.
Il me rappelle cet été de mon adolescence où j’avais fait de la spéléologie. Le moniteur, une fois au fond de la grotte, nous avait invités à éteindre nos lumières et à nous taire, afin de pouvoir expérimenter ce qu’il appelait « le silence et le noir absolus ». Eh bien ce silence là ressemble à celui d’une grotte. Il enveloppe.

Et il m’éloigne du présent dans lequel je passe mes journées, ce présent sûrement trop rapide où, finalement, je ne prends pas le temps. Où je remplis les silences.

Au risque de paraître un peu mamie réac’, peut-être notre société moderne où règne le divertissement en tous genres n’est-elle au final pas aussi propice à la culture de l’esprit qu’on pourrait le penser. Cette surabondance de livres, de chaines de télé, de magazines, cette vertigineuse montagne de savoir qu’est internet…peut-être ne font -elles qu’occuper l’esprit. Qu’empiler des choses sur le bureau pour ne pas avoir à aller fureter au fond des tiroirs.

J’ai la désagréable sensation que tout ce remugle encyclopédique est là à la fois pour m’apprendre à penser et m’empêcher de le faire.

Quoi qu’il en soit je suis là, soumise à cet étourdissant silence, et je sens ce petit nuage gris trotter insidieusement jusqu’à mes circonvolutions neuronales. Oh je le connais celui-là. Il réapparait régulièrement dans les moments de silence, et dans les moments de parole aussi parfois. De vrai parole je veux dire, de celle qui a du sens, où l’on réfléchit à ce que l’on va dire avant d’ouvrir la bouche.
Je ne saurais dire si ce petit nuage est amical -c’est sans doute pour cela que je lui ai donné la couleur grise: car il n’est ni blanc ni noir.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été nostalgique. J’ai toujours aimé regarder les photos, les vidéos, écouter et évoquer les anecdotes de mon passé. Et je n’ai jamais su faire cela sans un petit grincement de cœur. Le grincement de la porte qui s’est refermée sur les choses perdues. Aujourd’hui même où je me sens bien dans tous les aspects de ma vie, je ne parviens pas à penser au passé sans sentir s’immiscer dans ces souvenirs une pesante mélancolie. Je n’ai jamais vraiment dissocié la nostalgie de la mélancolie d’ailleurs, il me semblent quasi-synonymes.

A quoi cela peut-il bien être dû? Est-ce inévitable? Y aurait-il un gène de la nostalgie auquel je serais irrémédiablement soumise? Est-ce de l’inné? De l’acquis? Puis-je y changer quelque chose?

Je me suis demandée si cela pouvait être un syndrome de la « petite dernière » trop couvée qui voit dans le passé l’insouciance qu’elle a dû petit à petit abandonner au profit des écrasantes responsabilités du monde adulte…. Un banal et pathétique syndrome « Peter Pan », en somme?

Peut-être. Et peut-être tout le monde pense t-il de même et n’ose pas le dire. ……non?

« Avec le temps va tout s’en va »: Comment peut-on ne pas voir qu’une année passée est une année de moins qu’il nous reste à vivre? Tous ces gens qui ont « Carpe diem » tatoué derrière la nuque ou dans le bas du dos parviennent-ils vraiment à faire fi de l’irrémédiable et à penser réellement « bon bah le passé c’est le passé on ne peut revenir en arrière donc on s’en fiche vivons l’instant présent sans songer à ce que nous avons perdu »?; ou alors ne seraient-ils qu’une bande de fieffés imposteurs?

Je crains de ne jamais être en paix avec le temps qui passe.

http://www.deezer.com/music/track/275069

« Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va

On oublie les passions et l’on oublie les voix

Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens

Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps…

Avec le temps, va, tout s’en va

Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu

Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard

Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard

Et l’on se sent floué par les années perdues

Alors vraiment

Avec le temps on n’aime plus. »

Léo Ferré

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Paranormal Activity 1 & 2 de Oren Peli

Lecteur, je ne sais pas si tu en as bien conscience mais des fois, je souffre exprès pour toi. Comme par exemple quand, dans l’avion, je regarde Paranormal Activity 1 et 2. Et si j’ai pas regardé le 3, c’est parce qu’il y était pas. Tout ça pour t’écrire un nouvel opus de l’art du nanard… Remercie moi.

En fait, tout a commencé par accident, je me demandais quelle était cette étrange émission de téléréalité bidon que regardait la fille devant moi dans l’avion (au passage, pourquoi je me retrouve toujours derrière le connard ou la connasse qui allonge son siège dès le décollage ?). En guise de téléréalité, c’était en fait un film réalisé avec trois bouts de ficelles façon vidéo amateur pour faire plus vrai : Paranormal activity 1.

Katie et Micah sont de jeunes étudiants qui s’installent ensemble dans une belle maison mais suite à quelques événements étranges, Micah achète une caméra pour filmer tout ça. Et c’est vrai que ça fait peur : pendant la première nuit, les clés que Katie avaient posées sur le comptoir de la cuisine sont tombées au sol. OH PUTAIN C’EST LE DEMON ! A dire vrai, les premières nuits, ils ne se passent quasi rien : un lustre qui se balance, des lumières qui s’allument et s’éteignent. C’est du démon de compète… Y a la porte qui bouge un peu. Bref, je meurs de peur. Katie appelle un prêtre ou un exorciste et lui raconte qu’elle est poursuivie par un démon depuis qu’elle est toute petite, même qu’il a mis le feu à leur ancienne maison.

Bref, la caméra énerve un peu notre démonounet qui commence à se fâcher un peu. Katie passe une nuit debout, endormie, avant de partir dans le jardin, il prend possession d’un oui-ja, ça monte en pression. Un soir, Micah trouve dans le grenier et trouve une photo à moitié brûlée de Katie petite. Tout le monde flippe mais moi, pas trop, trop. En fait le suspense se base sur une technique de base : images sombres, silence, tu sais qu’il va se passer un truc (un truc = porte qui claque, un objet qui tombe…) et forcément, quand ça se passe, tu sursautes. Finalement, seule la fin est bien foutue, les deux dernières attaques sont sérieuses (c’est pas juste une lumière qui clignote mais j’en dis pas plus). Le premier opus se termine sur une scène “d’horreur” (on voit rien, t’as qu’à imaginer), sans explication.

On passe à l’opus 2 avec une petite famille américaine : le papa, la toute nouvelle maman avec un petit garçon et la fille du père (belle-fille de la mère). On a droit à des images absolument sans intérêt d’un bonheur familial jusqu’à ce que l’on frappe à la porte : oh mais c’est Katie de l’épisode 1. Katie est la soeur de la jeune maman ! Effectivement, elle avait parlé d’une jeune soeur… Bon, il me semble que dans l’épisode 1, la dite soeur devait s’appeler Cherry et là, elle devient Kristi mais comme j’ai eu la flemme de vérifier, on va dire que je me plante. Petite ellipse temporelle, on se retrouve un an plus tard et la maison de Kristie a été dévastée par des cambrioleurs qui n’ont rien emporté… Ohoh, dit Kirstie à Katie, ça me rappelle quand on était petites, tu sais ? “non, non, parle pas de ces choses là!”. Du coup, le mari de Kristie installe des caméras partout dans la maison et c’est reparti pour un tour : il se passe des trucs trop flippants genre le robot de la piscine qui sort tout seul de l’eau pendant la nuit. TERREUR ! Le démon semble en vouloir à Hunter, le bébé, il se passe des choses étranges la nuit dans sa chambre. Un soir, la bonne espagnole entend de drôles de bruits, elle flippe et veut exorciser la maison mais les parents rentrent à ce moment là et la virent.

Là encore, les événements deviennent de plus en plus violents, on passe de pas grand chose à un bébé qui vole jusqu’à l’attaque violente de la mère par le démon. On sait que l’histoire se passe juste avant le 1. Kristi révèle qu’elle est attaquée depuis toute petite et…. Non mais attendez, quoi ? Dans l’opus 1, c’est Katie la victime du monstre, pas Kristi… Et pourtant si. Le démon prenant possession du corps de Kristi,  la seule façon de s’en débarrasser est de le refiler à Kathy pendant un exorcisme (où la bonne espagnole revenue entre temps disparaît entre deux scènes, normal). Super les mecs, vous êtes en train de totalement vous contredire.

Bref, je vous raconte pas l’histoire plus avant. Dans le 3, de ce que j’ai vu de la bande annonce, ils relieraient le démon à la légende “Bloody Mary” (le truc où tu dis trois fois son nom dans le miroir pour l’invoquer). Là encore, le démon en a après Kristi. Sauf que dans le 2, la belle-fille de cette dernière semble trouver une raison liée à un ancêtre de la famille qui aurait vendu son âme au diable. Et dans le 1er, c’était Katie la victime du démon et non Kristi.

En fait, la “force” du 1 était qu’il n’y avait pas vraiment d’explication bien que Micah parle d’un cas similaire, une certaine Diane (prénom gravé par le démon sur le oui-ja), histoire qui disparaît complètement dans l’opus suivant. En donnant une explication dans le 2 (qui semble modifiée dans le 3), ça casse complètement finalement le peu de peur psychologique du film : Katie est victime sans raison, limite, ça peut nous arriver à tous. Le 2 est plus poussé en terme d’effets spéciaux , les attaques sont de fait plus violentes et le switch final peut être un bon lien entre les deux opus en fin de compte.

Le problème en fait, c’est le rythme. C’est long, très long, tu as des scènes où il ne se passe quasi rien, voire carrément rien et tu attends limite les attaques avec impatience histoire de voir un truc. Le suspense est gonflé de façon artificielle : tu vois les heures défiler au fur et à mesure et dès que le compteur repasse à vitesse normale, tu sais qu’il va se passer un truc. Pas forcément un truc de ouf mais un truc. Du coup, t’as la pression qui monte, tu flippes et quand un objet tombe, tu sursautes. Sauf qu’une fois le film fini, ben tu peux dormir seule chez toi dans le noir sans aucun stress. Parce que ça ne fait juste pas peur, du début à la fin, tu te dis “bon allez, c’est quand la prochaine attaque parce qu’on s’ennuie ferme, là…” Et tu espères qu’à la fin, tu n’auras pas perdu 1h30 pour rien. Et ben si.

Et dire qu’ils vont en faire un 4e…

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