Je suis au chômage et alors ?

A l’époque où j’étais au chômage et que j’en pouvais plus, mon amie Anne me dit : « Ce qui est chiant quand t’es au chômage, c’est qu’on ne te parle plus que de ça alors
que quand tu sors, c’est justement pour te changer les idées ». Le chômage, c’est une maladie sociale, les gens se préoccupent de votre état. Ca part d’une bonne intention mais c’est vite étouffant.

undefined

Quand tu es au chômage, on te demande toujours « alors, tu as trouvé du boulot ? ». Ce à quoi, tu as toujours envie de répondre : « bah, bien sûr, ça fait deux mois que je bosse mais j’avais envie de garder ça pour moi, tu comprends… ». C’est un peu la question du « t’es allé chez le coiffeur » quand t’as coupé 10 cm de cheveux. Surtout que je disais à l’époque que le jour où je trouverais du boulot, la Terre entière serait mise au courant. J’ai d’ailleurs envoyé un texto aussi sec à tout mon répertoire puis j’ai fait trop ma maline sur mon blog.

En général, les gens sont bourrés de conseils parfois assez hallucinants. J’ai parlé du « pourquoi tu crées pas ta boîte ? », des « tu réponds à des annonces ? », les « tu envoies des candidatures spontanées ? ». Des fois, j’avais l’impression d’être une petite fille qui découvre le monde et à qui on apprend l’évidence. Mais j’avais saisi dès le départ qu’un recruteur ne viendra jamais sonner chez moi pour me proposer un boulot. C’est pas comme les agents immobiliers qui garnissent ma boîte aux
lettres de proposition de vente (alors que je suis locataire). Tout le monde y va de son petit conseil, y compris et surtout ceux qui n’ont jamais connu le chômage. Parfois, on a des trucs assez hallucinants du genre : « Ben, tu te pointes au journal et tu montres ton book au rédac chef ! ». Quand je lui ai fait remarquer qu’un journal n’était pas forcément un moulin et que le rédac chef ne passe pas sa journée à attendre dans son bureau de potentiels candidats, le gars m’a expliqué le plus sérieusement du monde que j’avais qu’à me pointer en inventant un prétexte et une fois dans la place, je vais l’air de rien dans le bureau du rédac chef. Mais bien sûr. La plupart des grands groupes de presse sont équipés d’accueil et de portiques et si t’as pas rendez-vous avec une personne précise qu’on appelle pour prévenir de ton arrivée, ben tu rentres pas. Et puis je suis pas sûre que rentrer dans le bureau du rédac chef sans rien demander à personne soit très bon pour mon image…

Vous avez aussi les gens circonspects, ceux qui vous soupçonnent de ne pas chercher vraiment. C’est vrai, le chômage, j’ai adoré, passer la journée chez moi à guetter l’annonce, à envoyer 150 CV partout pour me prendre des refus, c’est tellement bon pour mon ego ! Des fois, j’ai envie de démissionner juste pour revivre cette période magique où je me sentais à peu près aussi estimable qu’une crotte de souris, une mini crotte, quoi. Et ça rend parano, le chômage, la sollicitude des autres semblent devenir des accusations à mots couverts, on part au quart de tour. « Tu réponds à des annonces ? » « Tu sous-entends quoi, que je cherche pas vraiment ? Tu crois que c’est facile de trouver du boulot (ducon) ? Tu les connais les stats ? Tu sais combien y a de chômeurs en France ? ». Oui parce que bon, je suis pas tout à fait la seule dans ce cas là et d’après l’APEC, un jeune diplômé met en moyenne un an et demi à trouver du boulot et passe en moyenne 7 entretiens avant d’être embauché. Le jour où ma sœur m’a parlé des 7 entretiens, dans le but de dire « hé mais tu te rapproches, regarde les entretiens que tu passes, ne panique pas ! », j’ai eu envie de pleurer. Parce que 7 entretiens, ça veut dire que 6 fois, on aura trouvé quelqu’un plus compétent que vous. Alors, c’est vrai que des fois, on passe des entretiens en étant des erreurs de casting. Je me souviens d’un entretien notamment avec un mec que j’avais déjà croisé mais je n’ai pas percuté au moment de l’entretien, légèrement perturbée par le fait qu’il ressemblait à un de mes exs. Le poste n’avait rien de junior et les gars ont surestimé une de mes expériences. Parce que bon, un premier job rémunérée en tant que chef éditorial d’un site web avec gestion de pigistes, ça fait rêver mais soyons un peu réaliste.

Bref, le chômage, c’est pas la joyeuse glande, c’est plus vexation, culpabilité et déprime. Sans parler du fait que vivre avec le RMI ou les assedics pour ceux qui y ont
droit, ce n’est techniquement pas possible, surtout sur Paris. Donc soupçonner quelqu’un de ne pas faire l’effort de se sortir de la situation, c’est vraiment méconnaître la situation. Il y a trois mois, quand Guillaume 1er a décroché un contrat, il m’a dit « tu peux pas savoir comme je suis content de me lever le matin ! ». Et si, je sais, j’ai ressenti la même chose la première fois que mon réveil a sonné pour que j’aille bosser. Bon, depuis, je suis beaucoup moins heureuse sur ce sujet mais c’est fou comme mon amour propre est remonté depuis que je ne suis plus obligée de répondre que je suis au chômage à la question « et toi, tu fais quoi dans la vie ? »

Mon propre patron

(Article écrit il y a donc un an, il me semble que je parle d’un magazine qui n’existe plus, en fait…)

 Il y a un an, j’étais donc une chômeuse, pour ceux qui seraient pas au courant. Alors ce qui est bien dans ce cas-là, c’est que tout le monde vous regarde d’un air navré, un
peu gêné. Cancéreux en phase terminale ou chômeur, même panier. Mais ce qui est bien, c’est que chômeur, on peut toujours guérir et tout le monde va vous dire comment. Bon, c’est gentil mais oui, des CV, j’en ai envoyés (tu me prends pour une idiote ou quoi ?). Oui, je lis les annonces (tu me prends pour une idiote ou quoi ?). Mais la suggestion qui m’agace le plus, c’est sans nul doute : « et pourquoi tu crées pas ton propre journal ? ». Ah ben oui, et moi qui ne savais pas quoi faire des lingots d’or cachés sous mon lit, ça tombe
bien !


Quand on regarde mon CV, on peut constater que j’étais certes assez expérimentée pour mon âge… Mais assez expérimentée ne veut pas dire que je peux créer mon journal demain. Moi, je sais écrire. Mais je ne sais pas gérer un budget (je suis à découvert presque tous les mois), je bidouille en comm, je peux manager une équipe mais une petite équipe. Je n’y connais rien en matière de publicité ou de distribution, je n’ai aucune idée du prix d’un journal, d’une page de pub, du nombre de salariés à embaucher pour un journal lambda, sans parler des frais d’impression. Et puis j’ai pas les moyens de faire des études de marché vraiment poussées.

Pourtant, des idées de journaux, j’en ai. Mais bon, je suis un peu une usine à idées, ça ne veut pas dire qu’elles soient bonnes. Ma première idée, c’était de faire un journal
d’éditoriaux de droite ET de gauche. Partant du constat que les gens ne lisent qu’un quotidien (de droite ou de gauche, aucun journal n’est apolitique, soyons sérieux !), offrons-leur deux lectures de l’actualité. Parce que là, selon que vous lisez le Figaro ou Libé, vous n’aurez pas les mêmes articles. Cet été, je faisais des revues de presse et c’était marrant la différence de traitement, notamment sur le CPE. Donc mon journal proposerait des analyses de l’actu par des éditorialistes de droite et de gauche, histoire de travailler l’esprit critique !

Sinon, j’avais eu une idée de journal féminin axé culture et actualité. Comme toutes les femmes, je lis la presse féminine, je ne m’en cache absolument pas. Mais des fois, je suis
un peu agacée par le manque d’article d’actualité ou de culture approfondie. Les femmes ne sont pas des idiotes, elles lisent aussi le Nouvel Obs ou L’Express. Pourquoi n’aurait-on pas droit à un deux en un ? Y a des féminins qui tendent vers ça, genre Jasmin. Sauf que Jasmin, il s’adresse aux trentenaires +, moi, je n’y suis pas encore. J’ai envie d’un journal qui me parle de futilités, d’articles psycho-socio à base de « faites votre propre bonheur » ou je ne sais mais qui me parle aussi du Darfour ou de la situation des femmes au Kirghizstan. Déjà, rien que la condition des femmes dans le monde, on pourrait en faire un mag à part entière. Mais bon, c’est vrai que ça peut choquer de lire un article sur les femmes traitées comme des moins que rien et ensuite, un article où on nous présente des sacs à 1500 euros. Peut-être que des études de marché démontreraient que les femmes préfèrent dissocier lecture plaisir et lecture culture, je ne sais pas… Comme quoi, mon idée de génie est peut-être une idée totalement stupide.

Bref, créer un journal, ce n’est pas un jeu ! Alors le prochain qui me sort cet argument, je lui demande de me faire une présentation détaillée d’un journal qu’il créerait, avec concept général, sommaire prévisionnel, public visé, argument ventes, annonceurs potentiellement intéressés… Ca le calmera.

Quand c’est non, ben, c’est non

Souvenons-nous, l’entretien et l’angoisse de la réponse. Bah la réponse, la voilà et c’est non. Comme je le disais, la moyenne est de 7 entretiens pour un premier job donc potentiellement 6 non de la part d’un employeur. Et faut savoir le vivre.

undefined

Au début, on ne le prend pas mal, vu qu’on a le nez dans sa recherche. Un de perdu, 10 de retrouvés. D’ailleurs, on n’a pas que cet entretien dans la vie, on continue à candidater.,Mais au bout d’un moment, les non s’enchaînent et on commence à mal le prendre : mais c’est quoi mon problème. En tant que fille sensible, je les prenais de plus en plus mal. D’ailleurs, j’angoissais à attendre la réponse et une fois qu’elle était négative, j’allais me coucher en ressassant l’éternel refrain : « je suis une merde, une sous merde, une crotte de souris et encore, c’est prétentieux de ma part ! Personne ne veut de moi car je ne vaux rien. Y a que mon chat qui veut de moi et encore parce que je lui donne des croquettes ! ». J’exagère à peine.

Evidemment, la chouinerie, ça occupe pas son temps non plus et après les larmes ou la déprime, il faut se remettre à bosser. Oui mais comment ? Il faut tirer une leçon de cet échec, non ? Certains peuvent déjà objecter que ce n’est pas un échec en soi car on ne peut rien contre les autres candidats, y en avait qui avaient un meilleur CV. Peut-être mais l’expérience doit nous servir, sinon, on fait tout ça en vain. Pour ma part, chaque entretien permettait de m’aguerrir, de voir ce qui plaisait et ce qui faisait tiquer, les bonnes attitudes, tout ça. Une candidate professionnelle, voilà ce qu’il faut tendre à devenir. Seulement pour bien apprendre, il faut demander à la personne concernée : le recruteur. Ben oui, c’est quand même la personne la plus à même de vous dire ce qui a marché ou non. Parfois, le recruteur, s’il a eu de la sympathie pour vous, vous le dit d’emblée. Je me souviendrai toute ma vie du « je n’ai rien à redire à votre candidature, elle est parfaite ». Ca devrait faire plaisir mais à l’époque, ça m’avait démontée. Bon alors je suis parfaite et je trouve pas de job, le problème est donc insoluble. Mais là, j’avais eu de la chance car tous les recruteurs n’assurent pas le service après vente : le recrutement est terminé, vient pas demander en plus des explications ! Pourtant, ça aide grandement. Comment savoir si on a fait un faux pas si on ne nous le dit pas ? On a peut-être un tic insupportable, des gestes qui trahissent trop notre anxiété, des choses qu’on aurait dû taire. Mais dites-nous ! Si on vous pose la question, c’est que la réponse nous intéresse vraiment.

Mais le plus dur après ce non, c’est de retrouver l’énergie de repartir. Pour ma part, j’ai eu la chance de ne pas être seule dans le chômage, j’avais ma famille et mes amis. Côté famille, ma sœur ne m’a pas toujours épargnée, m’engueulant salement quand j’étais dans mon trip « je suis une merde, j’abandonne tout et je rentre à la maison ». Argument choc : « et tu vas faire quoi dans le sud, hein ? Tu crois que c’est là-bas que tu vas trouver du boulot ? ». Oui mais pas dans ma branche…

Parlons en de ma branche, tiens. Au fond, si je me ramasse, c’est peut-être que je me suis trompée de voie, que je suis pas faite pour le journalisme. Vers la fin de mon chômage, je m’étais ouverte à la comm et, presque un an après, je peux dire Dieu merci ! Parce que je n’aurais pas forcément postulé au taf que j’ai décroché si j’étais restée strictement sur le journalisme et dieu seul sait où je serais aujourd’hui. Mais bon, le chômage est un investissement en terme de temps et renoncer à ses ambitions, là est le vrai échec. Si j’étais rentrée chez moi, la queue entre les jambes, là, oui, j’aurais échoué. Car il ne faut pas voir un refus comme un échec. C’est ce que j’ai eu du mal à  comprendre. Une candidature qui n’aboutit pas, c’est juste une porte qui se ferme mais il en existe des tas d’autres à ouvrir. Seulement, quand on n’y arrive pas, on a parfois tendance à prendre le problème par le mauvais bout et à chercher des solutions qui ne sont finalement pas les bonnes : prendre un stage ou reprendre des études.

Mais ça, nous en parlerons une prochaine fois.

Bonus : La gestion de l’échec

(article écrit il y a de cela un an, quand j’étais en recherche d’emploi sur un blog que j’avais crée à cet effet. S’il ne répond pas tout à fait à la problématique que j’aborde aujourd’hui, je le trouve intéressant car écrit à chaud et très révélateur de mes tourments à l’époque).
 
Il y a un truc pénible quand on cherche un emploi : les désillusions. Ce mois-ci, j’en ai eu pas mal, entre l’entretien qui se passe à la perfection et le boulot qui me passe sous le nez d’un rien, un entretien bidon qui n’a servi qu’à me faire perdre un après-midi. La semaine dernière, j’ai été contactée par le Journal de l’Internaute qui était intéressé par ma candidature mais fallait que j’écrive un article pour qu’ils voient. J’ai donc envoyé. J’ai pas été prise.
 undefined

Lundi, 11h30, la nouvelle tombe. Un coup de fil de 2 minutes 30 maxi. Ce ne sera pas moi mais un(e) autre. Encore. Là, j’avoue que j’ai pas pu m’empêcher de repenser au film Le Couperet de Costa Gavras. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, je résume : un chômeur (José Garcia), tue tous ceux qui ont un niveau équivalent au sien et pourraient lui subtiliser le poste qu’il vise. N’étant pas psychopathe, je ne tuerai personne mais des fois, se dire qu’on était deux sur un poste et que c’est l’autre qui l’a eu, ça déprime. Premier réflexe : retourner sous la couette voir si j’y suis et entamer la traditionnelle « pourquoi mais pourquoi ? Je suis une sombre m****, la lie de la race humaine, personne ne m’aime, même pas mon chat ».

Bon, rassurez-vous, c’est bon, j’ai fini ma déprime, j’ai pas non plus que ça à faire. C’est vrai que plus les refus s’accumulent, plus j’ai tendance à me demander pourquoi je
persiste, me persuadant de façon ridicule et stérile que non, je trouverai jamais de boulot dans ce milieu. Parce qu’à ce niveau là, autant plier boutique et chercher dans une autre branche.

Mais comment gérer ces non à répétition sans perdre confiance en soi et en ses compétences ? Bon, moi, j’ai ma cellule « t’arrêtes de râler, oui ? » composée de ma sœur et de mes amies et de lecteurs de mon autre blog, toujours en pleine expansion (pas trop compris ce qu’il s’est passé la semaine dernière, un média a dû en parler sans que je sache) qui me trouvent si brillante, talentueuse, drôle et tout ça. Oui, là, c’est le paragraphe où j’ai oublié ma modestie. Bref, tout le monde me dit « qu’il n’y a pas de raisons » que je trouve pas de boulot parce que je le vaux bien. Moi, j’ai des doutes quand même des fois. Mais je continue.

Parce que si je fais pas journaliste, je vais faire quoi ? Je ne sais faire que ça et je ne veux faire que ça. Ou de la comm à la limite mais ça va de pair, pour moi. Mais
pour le reste… Je peux faire des jobs alimentaires comme caissière, guichetière à la Poste (déjà fait), téléprospectrice ou serveuse (quoi que non, je casserais trop d’assiettes). Mais sans vouloir me montrer méprisante, j’aurais du mal à avaler le fait que j’ai fait 7 ans d’études pour finir par faire un boulot où seul le niveau bac est exigé. Cette année, en juin, je fêterai les 9 ans de mon bac, me dire que j’ai passé 9 ans à étudier et galérer pour rien… Non, ça ne passerait pas. Et puis, il y a tellement d’investissement que je ne peux pas tout laisser tomber du jour au lendemain. Mes parents qui m’ont toujours laissé faire ce que je voulais, mes amis et ma sœur qui me reboostent quand je suis en bas de la pente. Sans parler de MON investissement personnel, les kilos d’articles rédigés de ma jolie plume qui s’accumulent dans mon press book. Tout ça pour rien ? Hors de question.

Ma déception, j’essaie de la transformer en énergie. Tu n’as pas voulu de moi ? Et bien, c’est pas grave, tu sais pas ce que tu rates. Je deviendrai une grande journaliste et
je te rirai au nez. Bon, c’est pas tout ça mais je dois candidater, moi.

On vous rappellera

Voilà, vous avez donc passé l’entretien et voici qu’on vous annonce que vous aurez la réponse dans quelques jours, le temps que tous les candidats passent. Avec de la chance, on vous donne une date fixe, avec pas de chance, on vous dit vraiment « dans quelques jours », ce qui est vague. Et là, en fait, c’est la pire des tortures mentales.

undefined

Sortie de l’entretien, en général, j’appelle ma mère pour un débriefing à chaud. En général, je suis enthousiaste, je doute rarement de ma prestation. En général, quand je
foire un entretien, je le sais de suite. Je rentre chez moi et me repose un peu, contente de l’avoir fait. Pendant deux jours, je m’occupe, je fais mes comptes de chômeuse, je continue à candidater. Mais voilà, passé ce délai de 48h, je commence à me faire des films noirs. Je reviens sur mon entretien et ça part en vrille « mince, j’aurais pas dû dire ça, j’ai dû paraître trop niaise/incompétence/paresseuse/à côté de ses pompes/exaspérante/beaucoup trop prétentieuse… ». Rayez la mention inutile. Pour peu que je sois un peu en période déprime (ce qui arrive quand on est chômeuse), ça vire carrément au « de toute façon, je n’y arriverai jamais, je suis trop nulle, blablabla ».

A partir de ce délai raisonnable de 48h, on ne quitte plus son téléphone des yeux pour être sûre de ne rater aucun coup de fil, on a sa boîte mail ouverte en permanence et on
bousille le bouton F5 à force d’appuyer dessus toutes les 38 secondes en moyenne. A 19h, on se raisonne : les gens sont partis du bureau, ils me contacteront plus. Et c’est repartie pour une nuit de déprime. Les amis vous proposent de sortir mais hors de question. Sortir, c’est ne pas consulter sa boîte mail pendant plusieurs heures, sortir, c’est risquer de recevoir le coup de fil tant attendu dans un bar donc soit on n’entend pas le téléphone sonner, soit on n’entend pas ce que le monsieur au bout du fil vous dit. Et quand c’est votre sœur qui vous appelle de son téléphone du bureau qui commence en 01, vous êtes partagée entre un amour fraternel débordant devant tant de sollicitude et une envie violente de l’étriper pour cette fausse joie. Depuis, le numéro de bureau de ma sœur, je le connais par cœur et le reconnais de suite. Bref, dès que le téléphone sonne, votre cœur saute hors de votre poitrine. Quant au mail, la nanoseconde de rechargement vous paraît une éternité d’autant que vous savez très bien ce que dira ce mail. Si vous étiez engagée, la personne vous appellerait directement pour régler les détails techniques du genre proposition de salaire, signature de contrat et date de début. Un mail, on sait forcément qu’il nous dira que « malgré la qualité de votre candidature, nous ne vous avons pas retenu ».

Alors, évidemment, tout le monde vous dit d’appeler l’employeur pour avoir des nouvelles et montrer sa motivation. Au pire, envoyer un mail. De ce point de vue là, c’est tout à fait vrai même si certaines entreprises vous précisent de suite qu’il ne sert à rien d’appeler, merci. Donc, voilà, j’ai pas de nouvelles, il est temps que je passe de la passivité de l’attente à l’action. Mais quel est le délai correct avant de relancer l’employeur ? Non parce que l’appeler tous les jours en commençant deux heures après l’entretien, je ne suis pas convaincue que ce soit bien vu. Motivée, oui, déraisonnable, non. Avec de la chance, le recruteur vous a informé du nombre de candidats encore à voir, ce qui permet d’évaluer à peu près dans combien de temps ils seront tous passés. Mais si le recruteur ne vous dit rien, je pense que c’est assez mal vu de poser la question, il peut considérer (à juste titre) que ça ne nous regarde pas. Mais bon, 48 heures, c’est le temps d’appeler. Sauf que ça fait peur. Oui car il peut se passer deux choses :

– « Nous n’avons pas encore pris notre décision, nous vous rappellerons ». Là, c’est tout bon, j’ai montré que j’étais motivée, peut-être même qu’il a retenu mon nom, du
coup.

– « Nous avons pris notre décision, nous allions vous envoyer un mail pour vous informer que nous avions choisi un autre candidat ». Et ça, se prendre ce genre de
nouvelles par téléphone, ça fait quand même mal car faut garder une voix dynamique et enjouée alors qu’on a juste envie de pleurer.

Quand on sait qu’un chômeur passe en moyenne 7 entretiens avant de décrocher son premier emploi, je vous laisse imaginer l’état de ses nerfs au bout d’un moment. Surtout que chaque entretien fait naître un espoir quoi qu’on en dise. Et chaque refus est vu comme un échec. Et forcément, au bout d’un moment, la confiance en soi est réduit à néant.

(Un récit d’attente vécue par ma personne ici)

Le prix du chômage

Un entretien, ce n’est pas rien quand on est au chômage : c’est une lueur d’espoir. Alors je l’ai déjà dit, on le prépare pour être au top. Mais ce dont on ne parle pas forcément, c’est de son coût. Parfois, ça peut coûter cher. Illustrations (au pluriel, oui, oui).

undefined

Avril 2007, le 11 précisément. J’ai décroché deux entretiens dans la journée, si, si. Le premier au fin fond du XVe à 11 heures et le second au fin fond de la ligne A du RER à 15
heures. Oui, je suis un peu une warrior quand je m’y mets. Alors je vais à mon premier entretien, je sors vers midi alors autant vous dire que je n’ai pas le temps de rentrer chez moi pour déjeuner donc je m’arrête vers Montparnasse manger un repas sur le pouce. 10 euros. Ajouté aux 9 euros de RER puisque je dois aller péter en zone 5 plus encore 3 euros de bus pour atteindre ma destination finale. 22 euros. Et je me vois mal aller à l’ANPE pour réclamer le remboursement de mes trajets pour de si petites distances. J’aurais pu avoir le même problème quand j’étais allée passer un entretien au fin fond des Yvelines mais j’ai grugé le bus, j’ai juste dû payer mon aller-retour zone 5. Autre exemple : mon entretien chez TGGP. Souvenons-nous, à l’époque, comme j’étais un tout petit peu intimidée à l’idée de travailler pour le site du mag féminin de grand standing. Du coup, pour passer l’entretien, je me devais d’être hype. Je me suis donc achetée une tenue pour l’occasion.

Il est vrai que la recherche d’emploi, ça coûte quand même de l’argent. Quand on a un accès illimité à Internet, ça va, on peut candidater à moindre frais. Parfois, il faut envoyer
des CV par courrier, comme demandé sur les annonces. Sans compter le book, ça s’imprime, ça se relie… Et les fringues pour les entretiens. Et encore, moi, je suis une fille, je peux trouver un tailleur à pas trop cher alors qu’un homme… Et tous ces frais là, on nous les rembourse pas. Déjà pour les transports, accrochez-vous alors aller à l’ANPE pour se faire son budget fringue, on va vous rire au nez. Or nous n’avons déjà pas de pouvoir d’achat car pour pouvoir vivre décemment avec le RMI, faut déjà pas vivre à Paris vu qu’un loyer moyen dépasse largement ce petit pécule. C’est mieux que rien, ok mais aujourd’hui, j’ai parfaitement conscience que si mon père ne gagnait pas aussi bien sa vie, je n’aurai jamais pu rester vivre en région parisienne. Et dans ma ville natale, niveau médias, c’est un peu pauvre…

Alors évidemment, la solution en attendant, c’est le boulot alimentaire. A un moment, j’ai envisagé de postuler au Starbucks parce que ça sent meilleur que le McDo et y a pas mal
d’étrangers, ce qui m’aurait permis de parler anglais. Je n’aurais pas vraiment pu le mettre sur mon CV, c’est pas tip top cohérent avec mon parcours. De plus, le travail alimentaire, même s’il permet de vivre en attendant, ça prend du temps et ça ne facilite pas les choses pour candidater correctement et surtout passer des entretiens. J’ai toujours eu peur du travail alimentaire, pas tellement dans sa dimension travail, hein, mais peur d’une situation qui perdure. Quand je bossais à la Poste, par exemple, je faisais mes 35 heures réglementaires et si j’aurais pu envoyer des candidatures le soir, pour caser des entretiens, bon courage. Surtout que je pense qu’un employeur doit être ravi de voir qu’une de ses employées prend des RTT pour passer des entretiens ailleurs. Et puis on sait ce que c’est : on gagne un salaire, on rentre fatiguée le soir et la situation s’étale dans le temps. Un mois, deux mois, trois mois… Mince, ça fait déjà un an. Dois-je renoncer à mes rêves ? Non parce que si je voulais faire un boulot alimentaire à vie, j’aurais pas fait d’études et j’aurais gagné quelques années. Là, j’en serais déjà à 10 ans de carrière presque, je serais plus en bas de l’échelle…

En attendant, on peut toujours accepter des stages rémunérés mais pour ça, il faut des conventions et vaut mieux s’inscrire à la fac vu que l’ANPE n’en délivre quasiment pas. Sauf
que la fac, c’est pas gratuit non plus. A mon époque, c’était en moyenne 300 euros pour les premières années, 800 pour le master pro. Plus que mon loyer. On se moque souvent de la génération Tanguy qui vit aux crochets de leurs parents mais franchement, j’ai beau poser l’équation dans tous les sens, un chômeur, c’est un gouffre financier. Quand je vois combien je coûtais à mes parents, je suis quand même gênée. Plusieurs fois, j’ai envisagé de rentrer dans mon sud natal pour ne plus leur coûter si cher. Plusieurs fois, on m’a répondu que c’était pas là-bas que je trouverais du boulot dans ma branche. Certes mais si mes parents n’avaient pas eu les moyens, je n’en serais pas où j’en suis aujourd’hui.

Entretien : et si je te disais vraiment qui je suis

Je parlais la semaine dernière et la semaine d’avant des entretiens. La question récurrente est « quelles sont vos qualités et vos défauts », histoire de cerner a) notre capacité à cerner les qualités indispensables au poste à pourvoir et b) notre art de la diplomatie… Ou de l’hypocrisie, plutôt. Alors forcément, on s’y plie en se disant qu’un jour, on sera peut-être de l’autre côté et qu’on posera une question aussi navrante parce que je ne sais qui a décidé que tout entretien passait par cette question.

« Alors Mlle Bartoldi, quelles sont, à votre avis, vos principales qualités ?

– D’abord, je suis souvent de bonne humeur, c’est quand même agréable. Bavarde aussi, ce qui est une qualité, si, si. Pourquoi ? Mais parce que ça met de l’ambiance au boulot. C’est peut-être pas bon pour le rendement mais des pauses papote, ça donne du baume au cœur. En plus, j’ai un rire super communicatif et je ris très souvent parce que je suis super bon public. Je suis aussi très douée pour faire semblant de travailler quand je n’ai rien à faire, histoire qu’on me file pas le boulot d’un autre. Parce que je veux bien être solidaire mais c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! On a tous nos spécialités, je ne peux pas faire correctement le boulot d’un autre. Oui, je sais rester à ma place, c’est une qualité aussi. Ah, sinon, je suis généreuse, je veux bien partager mes gâteaux. Enfin, je suis respectueuse de l’espace des autres, j’écoute toujours la musique au casque. Oui, la musique adoucit les mœurs et taffer en écoutant Britney, ça motive, ça réveille !Ah et puis y a un truc bien, quand même, c’est que je déteste le gaspillage donc je passe mon temps à éteindre les lumières allumées pour rien. Ca fait quand même une sacrée économie. Que vous pourrez reporter sur mon salaire si vous voulez, hihi !

– Heu… Autre chose ?

– J’aime bien regarder des daubes à la télé pour les raconter en grossissant le trait. Je suis la spécialiste par exemple de l’histoire de Maria dans Sunset Beach, je vous le raconte, si vous voulez, j’adoooooooooooore.

– Non, non, ça ira.

– Vous préférez les vacances de l’amour ? Premiers baisers ? Amour gloire et beauté ?

– Bon, on va passer à vos défauts, alors.

– Ok alors il faut savoir que je suis super perfectionniste. En gros, je ne délègue à personne parce que personne ne peut faire précisément ce que j’ai en tête et que je me dis qu’on n’est jamais mieux servi que par soi même. J’ai aussi un problème génétique, je ne suis pas capable de me lever le matin. Je nourris un amour sans borne pour mon lit et en plus, quand je décide de me lever, mon chat vient me faire des câlins. Vous comprenez, je vais l’abandonner toute la journée alors elle a bien droit à un câlin au réveil. Donc si vous avez besoin de moi avant 10h, si c’est exceptionnel, ok mais ça va être dur sinon. Surtout si j’ai pas passé la nuit toute seule ! Quoi que ça, c’est une qualité parce que même si je suis pas à mon optimum le lendemain mais d’un autre côté, s’il travaille tôt, je serai là avant 10h alors c’est pas si mal, hein ! Bon après, je sais pas faire le café en grande quantité vu que je le fais en général que pour moi et j’ai une nespresso en plus donc moi, ça me gêne pas de le faire mais il sera probablement pas bon. Ah, et enfin, j’ai des sonneries de portable que tous mes collègues détestent, ils m’en parlent tout le temps.

– Ah…et c’est tout ?

– Ben, je fais pas mal de pauses dans la journée. En fait, le matin, j’arrive, je bois un mug de café donc après, faut que j’aille faire pipi et je fume des fois aussi et puis je dois me refaire du café et je refais pipi. Et de temps en temps, je fais des pauses blog mais ça, c’est plutôt une qualité, ça me permet d’être au courant de tous les buzz et tout. J’ai même les flux RSS du Monde sur mon netvibes qui me permettent d’être au courant des dernières news. C’est important d’être à la pointe de l’actu.

– Ok. Une dernière couche ?
– Non, je crois que j’ai tout dit.
– Ok ben on vous donne une réponse bientôt… »
 
Ben quoi ? L’honnêteté n’est-elle pas une qualité ?

Entretien, acte 2

Souvenez-vous, la semaine dernière, nous étions en entretien. Après avoir tout préparé, nous voici devant M. le recruteur, prêt à démarrer cette joute orale qui nous donnera un emploi… Ou pas.


En général, ça se passe toujours de la même façon : le recruteur pose notre CV sous son nez et nous demande de nous présenter. Et c’est parti pour un récit de vie non exhaustif, allons à l’essentiel. Les vacances chez mamie en 1990, par exemple, on va s’en passer, bien sûr. Comme je suis une fille organisée dans ma tête, je fais par étape. D’abord les études. Le recruteur a beau avoir mon CV sous son nez, faut que je détaille. Pourquoi donc ai-je ce parcours, pourquoi ai-je choisi de faire histoire pour commencer ? Bon, je parle pas de mon choix de la série au bac parce que c’est un peu dépassé et qu’expliquer que le journalisme, c’est la voie depuis mes 15 ans, ça fait un peu « non mais c’est un choix de vie, vous savez, je voulais faire ça avant même de marcher ! ». Bon, inutile de trop rentrer dans les détails, expliquer que les cours sur l’Orient hellénistique dans la période antique, c’était bien sympa, ça ne fait pas avancer le schmiblick.

Après les diplômes, parlons des expériences professionnelles. Evidemment, en début de carrière, les expériences professionnelles, ça veut dire les stages, pour l’essentiel. Le but, là, est de tout valoriser. Je décris mes missions, book à l’appui pour montrer un peu ce que j’ai fait. Pour ma part, les stages pourris genre celui que j’ai fait en été 2005 dans une cave où j’ai quasi rien écrit, je l’ai même pas mis dans le CV pour éviter d’avoir à en parler. De toute façon, à cette période là, j’étais déjà pigiste pour un webzine pour lequel j’ai écrit deux ans donc inutile de tendre un bâton pour se faire battre. Donc voilà, on passe sous silence les côtés négatifs sauf s’ils peuvent servir à notre cause. Par exemple, si vous avez un un dossier sensible à traiter durant votre stage parce qu’on sait jamais, ça peut arriver, ne pas hésiter à le mettre en avant « oui, ça n’a pas été facile, j’ai dû prendre sur moi mais à l’arrivée, j’ai triomphé ». Blablabla. Oui, il faut comprendre que l’entretien, c’est comme un premier rendez-vous amoureux,on évite de trop parler de ses défauts.

Les défauts, parlons en. Les recruteurs sont joueurs, ils adorent nous poser des questions comme par exemple « quels sont, à votre avis, vos principales qualités et vos principaux défauts ? ». Pour les qualités, c’est facile, il suffit de reprendre les qualités demandées dans l’annonce et hop. Pour les défauts, par contre, bonjour la tarte à la crème. En général, on sort le lénifiant « perfectionniste ». Non mais sans déconner, ils attendent quoi « Bon, alors, moi, le matin, j’arrive pas à me lever alors m’attendez pas avant 10 heures, quoi ! » ou comme m’a dit un pote un jour « de temps en temps, je vais aux toilettes me fumer un joint ! ». J’avais envie de dire un jour « je fais mal le café » mais faut que le mec en fasse ait un humour solide… Et bon, quand on cherche un boulot, on préfère ne pas trop se griller.

Une fois que je lui ai raconté à quel point j’étais merveilleuse et compagnie, à lui de parler, de me présenter le poste. En bonne candidate que je suis, je prends des notes. Elles me serviront pas forcément mais c’est pour montrer que je suis vivement intéressée, que j’écoute bien ce qu’on me dit. Je n’hésite pas à prendre la parole au besoin, à bien faire remarquer que j’ai fait des recherches sur la boîte et que je sais tout à fait de quoi on parle. Oui, je préfère ne pas me la jouer passive, docile qui écoute, il faut de l’interactivité : poser des questions, s’intéresser, sans pour autant couper la parole, bien entendu ! Non parce que le recruteur, il n’a pas non plus envie de se répéter 150 fois, c’est normal.

Arrive le moment délicat que je déteste : les points pratiques et notamment le salaire. Parce que je ne sais jamais combien il est raisonnable de demander et comme une idiote que je suis, j’ai un peu tendance à demander bas, ce qui n’est pas forcément une bonne idée. Ca veut dire que j’ai une basse opinion de moi et que je n’ai pas forcément conscience de la réalité du marché. Demander trop haut n’est pas mieux non plus, même si c’est dans le but de négocier. Surtout qu’il y a tellement de facteurs à prendre en compte : mes diplômes, mes expériences professionnelles, même mon âge. C’est un vrai casse tête mathématique.

Maintenant, la sortie. Une fois l’entretien terminé, attendons un peu avant de se relâcher. Serrons la main du monsieur en souriant, en demandant quand on aura des nouvelles et on part digne. Une fois hors de vue du recruteur, là, on peut appeler sa maman, sa sœur, son chéri, n’importe qui pour tout raconter. Mais pas avant !

Les joies de l’entretien

Quand on cherche un travail, à force d’envoyer des CV partout, forcément, on finit par décrocher un entretien. J’ai déjà parlé de la préparation physique, passons directement à
l’entretien en lui-même, je ne suis pas encore en âge de radoter.

 undefined

L’histoire de l’entretien commence au moment où on reçoit le coup de fil tant attendu « Bonjour, je suis M. le recruteur, j’ai bien reçu votre CV et je serais intéressée pour
une rencontre ». Oh mon Dieu ! Je me souviens, quand j’étais au chômage et que je recevais un coup de fil d’un numéro en 01 ou « privé », mon cœur s’emballait. Mais c’est fou
le nombre de boîte de sondages qui ont des numéros cachés… Mais quand il s’agissait d’un coup de fil pour un entretien, il fallait vite tout intégrer : nom de l’entreprise, adresse… Une fois raccroché, il est temps de préparer cet entretien, on n’y va pas les mains dans les poches. Etape 1, vérifier son book et s’il n’est pas à jour, imprimer nos derniers articles pour les montrer à l’employeur. Une fois notre book à jour, il faut savoir qui on va voir. En général, la personne que vous rencontrez va vous expliquer le poste mais je vous jure que si à la question « vous connaissez notre entreprise », vous répondez « non, pas du tout », vous n’aurez pas le poste. Inutile d’en faire des caisses mais sachez au moins dans quel domaine d’activité vous allez travailler, essayer de noter les infos essentielles, ce sera déjà bien. Enfin, point essentiel, surtout pour les gens comme moi, repérer le trajet. Quand on me fixait l’entretien, je demandais toujours la station de métro la plus proche, histoire de me repérer au moins mentalement. Puis je vais sur le site de la ratp et j’apprends le trajet par cœur. Quand on n’est pas douée en orientation comme moi, le plus angoissant dans l’entretien, c’est l’idée d’arriver en retard parce qu’on s’est perdus.

 

Bon, vous êtes arrivés. Parfois, la personne ne vous prend pas de suite donc il faut s’asseoir et patienter. Dans ses cas là, j’ai toujours un livre un peu sérieux dans le sac (même si je peux aussi avoir un Cosmo dedans) au cas où je devrais attendre un peu. Faut pas se leurrer, si je lis « les aventures d’une pétasse », ça fait moins sérieux que
« essai sur l’être et le paraître », par exemple. Je prends un air détaché et détendu. Je suis zen, j’ai confiance en moi et mes capacités, tout va bien. Enfin, le recruteur arrive et
vous tend la main. Attention, une poignée de main est significative. Pour ma part, je déteste les poignée de mains ultra viriles genre « ah, je t’ai pas cassé un doigt ? J’ai essayé
pourtant ! » ou les mains molles genre je serre une éponge, tu les as mis où tes os ? Donc je tends une main ferme mais pas trop, je ne veux passer ni pour la nana prête à tout
écraser à commencer par les phalanges de mon interlocuteur ni pour une personne sans énergie. Une fois dans le bureau du recruteur, je sors le nécessaire de la parfaite candidate : book sur le bureau, un cahier pour prendre des notes et mon stylo, je me tiens droite. Et le sourire n’est en aucun cas une option. Durant tout l’entretien, je regarde mon interlocuteur dans les yeux.

Sur l’attitude, je dois me contrôler. J’ai la manie terrible de parler avec les mains et si celles-ci peuvent jouer avec le stylo qui traîne là, elles sont contentes. Mais en entretien, c’est rhédibitoire. Lors du premier entretien que j’ai passé, j’ai dû démonter et remonter trente fois mon stylo sans même le faire exprès. C’était 30 fois de trop. Donc quand je
parle, je pose sagement mon stylo sur mon cahier et je n’y touche plus. De la même façon, je ne me dandine pas, je reste calme. Moins je fais de gestes, moins j’envoies de messages
contradictoires.

Mais et l’entretien dans tout ça ? Que dire ? Comment se présenter ? Nous verrons ça la semaine prochaine !

Le réseau

Une piste intéressante pour le chômeur,c’est le réseau. Je dirais même que c’est la carte la plus intéressante dans le jeu de la recherche d’emploi. Regardez, vous, par exemple,
vous cherchez un nouveau médecin, dentiste, coiffeur ou ce que vous voulez, quel est votre premier réflexe ? Regarder dans votre entourage et demander à vos amis. Imaginons qu’un rédac chef cherche une pigiste et que je sois dans ses relations, il pensera à moi. Normalement.

 undefined

Parce que le réseau, c’est magique, c’est un peu la multiplication des petits pains : si on part du principe qu’une personne connaît au moins dix personnes, chacun de vos
contacts connaît lui-même dix personnes, chaque contact de vos contacts connaît au moins dix personnes… C’est exponentiel. Maintenant, sur viadeo, quand je cherche quelqu’un, il est toujours dans mon réseau éloigné mais ça me permet de le contacter en rebondissant de contact en contact, vu que je n’ai plus de crédit de mise en relation directe.

 

Aujourd’hui, il n’est plus besoin de vanter les qualités d’un réseau, tout le monde sait à quel point c’est important. Surtout dans des métiers de l’info et de la comm comme le
mien. Ainsi, certains y ont vu un filon et ont commencé à exploiter ça. Sur Internet, plusieurs sites vous proposent de vous constituer un réseau de façon gratuite ou payante. Je ne les connais pas tous, je cite les plus connus (enfin, ceux que j’ai déjà utilisé).

– Linked in mais l’interface m’a tellement déplue que je me suis contentée de remplir mon CV et basta. Je ne suis certes pas bilingue anglais/français mais quand même, je comprends pas mal et là, je l’ai pas trouvé intuitif du tout ce site, j’ai donc laissé tomber.

– Ziki qui permet de faire pas mal de choses. Perso, je m’en sers pour faire un miroir à mon ancien blog de chercheuse d’emploi (tué depuis, pas la peine de le chercher) puisque le
flux RSS est dessus, on peut aller sur mon CV, mon profil mybuzz et ma fiche viadeo.

– viadeo, donc. Je découvre ça et je m’amuse comme une petite folle, je linke les gens que je connais. 4 contacts, wouhou ! Vite, ça monte, je retrouve des anciens potes de
facs, je linke même des blogueurs chez qui je commente. Maintenant, va falloir que je linke les collègues. Seul défaut et de taille : viadeo est payant. Et vous payez d’un coup s’il vous
plaît. Du coup, je suis allée sur le forum suggestion gueuler un coup et j’ai gagné 6 mois gratuits. J’adore !

Donc le réseau, c’est important, la preuve. Si je m’en réfère à mon expérience personnelle, c’est mon réseau qui m’a permis indirectement d’avoir du travail, une amie qui m’a fait
suivre une annonce et voilà ! Mais surtout, le réseau permet de vous crédibiliser et assurer un bouche à oreilles favorable… Si vous avez fait les choses correctement. Par exemple, sur
viadeo, j’ai envoyé des invitation à mon tuteur de stage en presse rugby et à DRH choupinou mais ils ont pas répondu (bouh !). Non parce que j’aurais apprécié de me faire recommander. Si un mec arrive sur ma fiche et voit que mes derniers employeurs se portent garants pour moi, c’est quand même un sacré plus. « Nina, testée et approuvée par des gens qui l’ont payée ! ». Hum, ça fait un peu prostituée ce slogan, va falloir que je m’en trouve un autre. Mais l’idée, c’est ça.

Mais alors, comment se constituer un réseau ? Bon, premier cercle, la famille. Ma sœur travaille en marketing, un contact intéressant. Son ancienne coloc, une ancienne copine
à elle, je les connais, ça peut être intéressant. Tiens, mon cousin aussi est sur viadeo. Hop, je le rajoute. On n’est pas dans la même branche d’activité mais il a des contacts et ça peut
toujours me rapprocher de quelqu’un. C’est un peu ça, le jeu du réseau, on ne sait jamais qui, à l’arrivée, va nous aider. Je me souviens d’un camarade de classe qui voulait être journaliste sportif. Lors d’un rendez-vous chez le dentiste, il parla de ses visées professionnelles à ce dernier qui, what a miracle, connaissait un journaliste à l’Equipe ce qui permit à mon pote de faire un stage là-bas. Donc il vaut mieux réseauter large car on ne sait jamais qui connaît qui et qui va ouvrir la bonne porte au bon moment. Bref, il ne faut négliger personne même si, sur le coup, avoir dans son réseau un plombier ou un menuisier, ça vous paraît pas hyper pertinent pour trouver du boulot. Erreur ! Bon, je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup de plombiers sur viadeo et co mais je pense par contre qu’un plombier a beaucoup de clients dans divers milieux…

Alors réseautez. In fine, c’est peut-être votre amoureux ou amoureuse de maternelle qui vous mettra en contact avec la personne qu’il fallait !