Beautiful bastard de Christina Lauren

Vous l’avez peut-être remarqué, ces derniers temps, j’ai un petit peu parlé de cul sur ce blog et de passion amoureuse merdique. Et bien figurez-vous que tout était calculé, je l’ai fait exprès pour en venir à  2 chroniques de livres. Ouais, on dirait pas mais ce blog a une logique éditoriale!*

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L’été dernier, lors de mon périple tunisien, Anaïs avait amené avec elle un roman “Beautiful Bastard” de Christina Lauren. Elle avait lu précédemment la trilogie Fifty shades et suite à l’avis d’une camarade de séjour qui a dit “Han, je bosse dans le marketing, ce livre, c’est trop ma vie”, je me suis dit qu’après tout, autant le lire, ça m’évitera de mourir idiote. Donc sans trop rentrer dans les détails : 1) comme je m’y attendais, c’était mauvais et 2) la fille de la phrase précédente est une mytho.

Doit-on-excuser-les-mythomanes

L’histoire : Chloé, jeune stagiaire dans une grosse boîte de comm, est une fille qui en veut. Tout se passe bien sauf qu’elle a hérité d’un nouveau boss : Bennett, beau gosse trentenaire fils du big boss et absolument insupportable. Les deux se détestent jusqu’au soir où les choses dérapent…

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En fait, quand je dis que les choses dérapent, ça veut dire “ils restent seuls un soir dans une salle de réunion, son boss lui colle une main au cul, lui arrache la culotte et tout va bien”. Ok, très bien, je vois un énorme problème de consentement dès le départ sans parler d’abus de pouvoir mais on va passer, on est dans ce genre de livres où on nous fait croire que l’amour est plus fort que la haine et les plaintes pour harcèlement sexuel.

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Suite à ça, ça va donner (à peu près) : une engueulade, une culotte arrachée, une scène de baise. Durant TOUT le roman, je vous le jure. La fille a un budget culotte juste hallucinant et le pire, c’est que l’autrice a pensé à nous expliquer pourquoi sur tout un chapitre particulièrement inintéressant : les ventes privées. Voilà, Chloé a plein de culottes car elle a un excel avec toutes les ventes privées Aubade et Agent provocateur. Un an après voir lu ce livre (réactivité mon amour), je ne sais toujours pas quoi faire de cette info.

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Ces culottes déchirées sont symptomatiques du grave problème de ce livre : rien n’y est jamais surprenant. les scènes de cul sont hyper convenues et prévisibles (après la dispute et démarre toujours par un arrachage de culotte) et ne sont jamais excitantes. Et c’est ce pourquoi je déteste ce genre de bouquins qui ne sont finalement que les dignes héritiers des collections Harlequin : à force d’osciller entre le romantico-cucul et l’érotique pour ménagère frustrée, on tombe quelque part au milieu. La tension érotique est réduite à portion congrue, il n’y a pas d’enjeu. Pire : on s’en fout de leurs scènes de baise. Ca ressemble purement et simplement à une longue checklist : dans le bureau, la salle de réunion, l’ascenseur, l’escalier, à l’hôtel, dans le cul

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Les pages se suivent et se ressemblent, on ne ressent aucun intérêt pour l’histoire, encore moins pour les personnages terriblement irrationnels donc pas du tout attachants, ça finit de façon extrêmement prévisible, le style est celui d’un blog lambda et j’ai perdu quelques heures de ma vie. J’espère que vous ne commettrez pas la même erreur que moi, même pour vous faire un avis.

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Mais je n’en avais pas fini avec la littérature « érotique » car pour mon anniversaire, je reçus… After… en 4 volumes (des pavés gigantesques).

Ah mais y en a 5 en fait

Ah mais y en a 5 en fait

On me veut du mal.

* Là, j’oscille entre mauvaise foi et méthode Coué…

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La pire semaine de l’année

En fait, il y a en a 2. Traditionnellement, la semaine pré vacances, quel que soit sa date, est toujours dense vu qu’il faut boucler tous les dossiers en cours. Pas possible de se dire « bof, je finirai lundi » vu que lundi, vous ne serez pas là pour terminer votre truc peinard. Vendredi, c’est la deadline ultime, aucun délai supplémentaire.

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Et puis vous avez la semaine du 20 décembre qui n’a comme équivalent que celle du 30 juin car là, c’est la double combo : toi, tu pars et tes correspondants aussi. En gros, faut tout boucler avant les vacances de Noël ou d’été, ces parenthèses enchantées du monde du travail où il ne se passe plus rien. Période où j’adore bosser car on est tranquille et que les journées peuvent vraiment faire les 7h30 qu’elles sont censées faire. Non parce que là, quand je remplis mon timesheet, je me rends compte qu’une journée normale pour moi (9h30-19h à peu près) dépasse les 7,50 de travail effectif. Je devrais me casser à 17h30 tous les jours. Bref, je m’égare. Donc nous voici dans la pire semaine de l’année, celle où l’on court comme des petits fous maniaco-dépressifs pour cocher tous les points de notre to do list, créature fantastique qui, telle l’hydre, voit ses membres repousser au fur et à mesure que tu les coupes. En somme, tu coches fièrement une tâche accomplie, tu en ramasses deux de plus. Raaaaaaaaaah, laissez-moi !

hydre

Je cours, je cours. La semaine du 20 décembre a ça de particulier qu’en plus, on est en fin d’année donc passablement claqués et je vous parle même pas de la météo, irrémédiablement dégueulasse. J’arrive le matin, la tronche en biais et la coiffure alternative, encore prisonnière des vapeurs du sommeil, j’ouvre ma boîte mail et là… avalanche de messages dans ma gueule, c’est le bal des points d’exclamation rouges. « Nina, peux-tu faire ça, c’est urgent ? ». Oui mais un peu comme tout ce qui a dans ma to do list. On se frotte les yeux, on checke tout ce qu’on a à faire, on priorise et on se lance dans l’arène. Par le pouvoir ancestral du powerpoint et excel, je vais te massacrer, tâche ingrate ! J’aligne les préz’, les bilans, statistiques de ci ou de ça, planning édito. Mes doigts s’agitent frénétiquement sur le clavier, une goutte de sueur se forme sur ma tempe. J-5, J-4, J-3, J-2… et ne traîne pas car le client ne se tapera pas une nocturne la veille de ses vacances pour te valider un truc. Les horaires s’étirent, tu ne voies plus le jour. De toute façon, la vie privée, ça sert à rien.

fatigue-lutter

Le téléphone sonne, les mails pleurent, tu sens tes nerfs en pelote, tu sens que ça va sortir, que tu vas répondre agressivement à quelqu’un qui va te demander un énième truc urgent de façon un peu sèche parce que là, quand même, tu manques un peu de réactivité…Là, tu lèves les yeux et vois loin, très loin au dessus de toi la surface de l’eau. T’irais bien donner un coup de pied pour la rejoindre mais tu as dans les bras une enclume qui t’entraîne toujours plus profond.A un moment, c’est la panique, le manque d’air, le ras le bol. Tu es envahi par la sensation que tu n’y arriveras jamais. Et la tentation de tout laisser tomber et d’envoyer quelques personnes aller se faire foutre cordialement te saisit. Après tout, eux aussi seront en vacances vendredi, on devrait tous se faire des bisous et s’envoyer nos voeux pour cette douce trêve plutôt que de se hurler dessus parce qu’il faut boucler les dossiers. Après tout, ils seront toujours là le 2 janvier, ces foutus dossiers.

Female Office Worker

Vendredi soir, vers le 20 décembre, tu mets le point final à ton dernier dossier que tu envoies avec fierté et soulagement. Après avoir perdu 2 ans d’espérance de vie dû à une forte tension et l’absorption de substances en tout genre pour pas péter un plomb (café, alcool, tabac, shit, lexomil… choisis ton camp camarade… Mais prends pas tout ça, petit conseil de tatie Nina), enfin, tu atterris en douceur, tu trônes fièrement sur l’amas des cadavres des tâches accomplies. Tu as gagné. Et tu pars en vacances, les vacances les plus épuisantes de l’année.

Tu dormiras l’an prochain.

En attendant, moi, je pars pour un long week-end de Noël dans mon sud, bisous bisous !

ciao-pingouin

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T’as pris ta pilule, mon chéri ?

Aujourd’hui, dans le cadre de l’éternel débat sur l’égalité homme-femme, je vous propose une réflexion sur la nouvelle pilule contraceptive masculine en cours de création. Une fois de plus, je suis sidérante de réactivité.

Topo : des scientifiques ont trouvé une molécule qui bloque la fabrication de sperme chez le rat sans que ça n’inhibe la production des hormones mâles. Une fois le traitement arrêté, il retrouve sa fertilité au bout d’une petite poignée de mois. Wahou, me dis-je, la contraception ne sera plus simplement une affaire de femmes.

Naïve moi. Ces messieurs sont un peu gênés parce que bon, ça marche chez les rats, ok, mais est-ce que ça va pas avoir d’autres effets sur l’homme. Du genre quand même nuire à la production de testostérone et donc leur faire perdre poils et voix grave. On attenterait pas un peu à leur virilité ?

Laissez-moi rire. J’ai pris la pilule pendant 4 ans et demi, une micro dosée. Durant cette période, j’étais plus gorgée d’eau qu’une éponge et ma libido en dessous de zéro. Tu veux qu’on s’envoie en l’air ? Oui boah, si tu veux, fais-toi plaiz… Et encore, moi, j’ai pas trop à me plaindre, les effets secondaires étaient plutôt limités. Je suppose que la femme est destinée à souffrir, on se tape bien des crampes de bide tous les mois, on va pas pleurer sur quelques effets secondaires, hein…

Et puis après tout, c’est dans notre ventre que ça se passe, c’est à nous de faire attention. Dans tu invites des gens chez toi, c’est à toi de leur imposer quelques règles pour que tout reste en l’état et si y a de la casse, c’est à toi de gérer. Fallait pas l’inviter comme qui disait…

Oui mais non, c’est trop facile. A la base, un foetus, c’est la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule (les vingtenaires, le blog premier sur les cours de reproduction), y a donc 50% toi, 50% moi. Alors oui, la magie de la vie se déroule dans mon ventre mais ça ne concerne pas que moi, on était deux dans l’histoire, non ? Facile de s’en laver les mains d’un “mais elle disait prendre la pilule!”. Et toi, mon ami, qu’as-tu fait pour empêcher le petit spermato de se lancer dans une chevauchée fantastique ? Hein ? Hein ? Mais bon, tu t’en fous. Pour peu que tu sois un peu connard, il te suffit de ne plus répondre aux mails ou coups de fils et tu es débarrassé de cette histoire.

Bref, les levers de boucliers face à ce contraceptif masculin nous rappellent encore et toujours que la contraception et les douleurs de la reproduction restent typiquement féminines. S’est-on déjà indigné des effets des hormones féminines sur la femme ? Non mais c’est normal, elle avait qu’à pas avoir d’utérus pour commencer…

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L’open Space m’a trépaner

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Oh mais bosser jusqu’à 65 ans, c’est rien !

Deux ans plus tard, je réagis un peu à la question des retraites, j’aurai un jour la prime de la réactivité, je vous promets. Evidemment, on peut se demander si la question des retraites a une réelle légitimité sur un blog s’appelant les vingtenaires mais je pense que oui car le problème nous touche au premier plan. 


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Principe de base : va falloir travailler plus longtemps pour payer les retraites de tout le monde, solidarité, tout ça. Moi, je dis pourquoi pas. Après tout, les 30 glorieuses, c’est fini et la solidarité, ça me plaît, tous la main à la pâte (et au porte-monnaie). Ouais, je suis le genre de meuf à payer les impôts sans trop s’indigner, essentiellement parce qu’on me prélève un peu tous les mois et que ça me fait pas trop mal au cul. Sauf la redevance télé, ça me saoule de payer pour une télé regardée par les + 70 ans… Mais j’écoute la radio publique alors je dis trop rien (et y a des trucs bien sur France 4 et 5 aussi). Alors ok, cotisons ce qu’il faut. 42,5 ans pour partir avec la retraite à taux plein. Oui alors si on considère que j’ai eu mon premier CDI à 27 ans et que j’ai pas mal bossé à droite à gauche avant, on va dire 26 ans, 26+42,5 ans = 68, 5 ans. Youpi les amis, pas de panique, il me reste quasi 15 ans de retraite si je suis conforme à l’espérance de vie moyenne, youhou !

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Sauf que. Mon calcul (simpliste) est bien joli mais je vois un souci en amont et en aval qu’on appelle communément le chômage. Prenons le problème sous un autre angle : les gens vivent plus vieux donc faut cotiser plus longtemps pour permettre aux vieux de ne pas crouler sous la misère. Ce qui reste assez relatif, ma grand-mère avait environ 300 € de
retraite… Léger mais bon, soit. Moi, je veux bien cotiser longtemps mais d’abord, mon métier, faut des bac++ pour l’exercer donc par souci de calcul, on se retrouve diplômés à 25 ans. Mais là, drame, même pas on a du boulot à la sortie et notre diplôme marron douteux sert juste à orner les toilettes (c’est marrant comme la couleur du diplôme va parfaitement dans ce lieu magique, c’est pour en illustrer la couleur). Selon les statistiques, un jeune diplômé met un an et demi à trouver son premier emploi donc 26,5 ans + 42,5 = 69. Certains verront dans ce chiffre hautement érotique une allégorie de la baise monumentale que nous inflige le système mais je ne suis pas là pour dénoncer, moi, je calcule. Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ?

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Je vois la vie professionnelle ainsi, vision toute personnelle certes mais je pense que la plupart sera d’accord : début de carrière, on se défonce puis plus on avance, plus nos priorités changent. Surtout que l’ingratitude de certains patrons n’aide pas à se défoncer soirs et week-ends en sus.   Au début, on avance, on apprend, on progresse. Puis un jour, on trouve que notre vie privée en a pâti et on rééquilibre. On laisse tomber les dossiers à ramener à la maison. De toute façon, je trouve ça assez stupide avec le recul, arrive un moment où 12h de boulot dans la journée ne peut pas être synonyme d’efficacité, le cerveau fait pshhhttt ! Peu importe, la vie et l’âge font qu’on baisse en performance et en ambition. Or imaginons que par un drame épouvantable, on se retrouve au chômage à 55 ans. Selon mon calcul, il nous reste 14 ans à cotiser, le tiers ! On fait quoi ? On postule bien sûr mais qui voudra de quelqu’un plus proche de la retraite que du début de son activité et qui n’a plus grand-chose à apprendre de la vie professionnelle. Car là est tout le drame de ma démonstration. Travailler plus longtemps, ok, mais au vu de la précarité de nos emplois, qui pourra vraiment cotiser à taux plein ? Plus j’avance dans ma vie professionnelle et plus je vois des employés jetés à la poubelle à la première crise. La rupture conventionnelle, c’est sympa mais pas que pour les employés, en fait… Si je prends mon cas, il y a 6 mois, je bossais dans une boîte ayant 11 employés à temps plein sur Paris. Aujourd’hui, ils sont 3 et nous n’avons été que 3 à partir volontairement… Oui, si tu comptes, 5 ont sauté du jour au lendemain à cause de la crise… Bon, par la magie de
l’interchangeabilité des employés, 2 d’entre eux sont à nouveau en poste, 1 en pleine création d’entreprise et les 2 autres, je sais pas. Dans ma nouvelle boîte, ça rentre et ça sort dans tous les sens, je ne comprends pas bien. Mais en somme, si t’es pas content, tu pars, on ne te retient pas. Nul n’est irremplaçable. Alors quand on arrivera à l’âge de la baisse de régime, qui va nous garder, franchement ? 

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Mais ça, personne n’en parle, on préfère se dire que les gens sont juste paresseux et ne rêvent que d’une vie oisive. Mais bien sûr…

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Livré avec indignation

Avant, je lisais  les journaux et débattait de l’actu avec mes amis. Aujourd’hui, plus produit : je travaille sur des forums et là, je lis les
considérations politiques des uns et des autres, de tous bords et milieux, toutes opinions politiques et c’est enrichissant… ou fatigant. Quoi qu’il en soit, le Français (mais sans doute pas que) a une capacité d’indignation assez épatante. Surtout quand les médias poussent à ça.

Récemment la France s’est émue et indignée : les JO vont avoir lieu à Pékin, quel scandale, ce pays ne respecte pas les droits de l’homme, c’est ignoble. Bon, alors, déjà, j’ai une question : pourquoi personne ne s’est indigné y a 6 ans ? J’ai l’impression que soudain, les gens atterrissent : de quo-a ?? C’est la Chine qui organise les JO d’été ? Mais c’est un scandale ! Bravo, je pense qu’on a là la palme de la réactivité. Félicitations. Bon, il y a des gens qui n’ont pas attendu que la cause devienne médiatique donc populaire, je me souviens que mon cousin avait une bannière contre ces JO sur son site dès le début des années 2000, quelques autres aussi. Mais quand même, j’ai un peu l’impression qu’il y a eu un gros atterrissage depuis 3 ou 4 mois et ça me fait lever les yeux au ciel. On mélange joyeusement tout : et les droits de l’homme, les gens exploités, le Tibet. D’ailleurs, il faut l’indépendance du Tibet et le dalaï lama, il est trop cool. Comme disait Jean-Luc Mélenchon : « les gens ne se rendent pas compte que l’indépendance du Tibet est réclamée par des
prêtres extrémistes. Vous voudriez être gouvernés par eux ? ». Alors soyons bien clairs : je ne remets pas en cause ce qu’il se passe en Chine en matière de non respect des droits de l’homme et compagnie. Ce qui me désespère, c’est que les gens attendent que les journaux parlent d’un sujet pour, soudain, s’indigner, sans forcément chercher plus loin que les infos qu’on leur donne. Ceci étant dit, je pense qu’on a été « victime » du même procédé en Chine avec leur Jeanne d’Arc = prostituée et « free corsica »

Je parle de cet exemple là car c’est le plus récent mais c’est pas vraiment nouveau. Souvenez vous, le tsunami. Quand le drame s’est déroulé, les dons ont été particulièrement massifs, l’émotion très vive. Jusque là, tout va bien. Mais une fois l’événement dé médiatisé, plus personne ne s’est préoccupé des pays dévastés par le tsunami. On a parfois quelques reportages sur le sujet mais si on faisait un appel au don aujourd’hui, ça ne donnerait pas grand-chose, à moins d’une grande soirée avec les stars, celles où on appelle à notre générosité.

Je suis toujours assez admirative de cette capacité à s’indigner sur commande. D’un côté, c’est rassurant, ça veut dire que les gens ne sont pas encore assez blasés pour réagir sur certains sujets. Mais de l’autre, j’ai de plus en plus la sensation de moutons qui vont là où les caméras tournent. La Chine a eu les JO vers 2000 ou 2001, ça n’a pas choqué les foules. De même, c’est pas vraiment nouveau les violations des droits de l’homme. Sans doute que le fait que la Chine fasse partie du G20 et qu’on signe des accords commerciaux avec eux a calmé les envies de dénoncer ce genre de choses, on préférait parler des progrès de la Chine et de son développement économique. Peu importe, à la limite. Mais ce qui me plaît moins, ce sont ces mobilisations qui ne sont que ponctuelles et superficielles. Par exemple, le SIDA : à une époque, on avait droit à de nombreuses campagnes sur le sujet, de la prévention en veux-tu, en voilà. Puis les campagnes se sont un peu espacées, les gens ont compris que la trithérapie était un vaccin qui guérit du SIDA et du coup, ça n’a pas raté : recrudescence du nombre de contaminés et des maladies vénériennes en général.

Alors que faire ? On peut accuser les médias de tous les maux mais arrive aussi un moment où les médias ne peuvent pas être responsables de nous, de nos opinions, de nos comportements. Quand les campagnes sont trop récurrentes, on se plaint du battage. C’est bon, on le sait, arrêtez de nous materner. Mais dès que la prévention se relâche, les gens aussi. Le sida, c’est pour les autres, on va se passer de capotes. Et la chaude-pisse, hein ? On n’en meurt pas mais c’est pas très agréable, à ce que j’ai cru comprendre. Peut-être
qu’il faudrait éduquer les gens à voir au-delà de leur écran de télé et à faire fonctionner leur neurone plutôt qu’on leur donne les préconisations d’une vie saine.

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Le planning du chômeur

Révélation : être chômeur, c’est chiant. Si, je vous jure. Les journées s’étirent indéfiniment, on s’occupe en candidatant mais que le temps est long entre deux réactualisation de la boîte mail, vérification qu’on n’a pas raté un coup de fil, des fois qu’on aurait mis le téléphone sur silencieux… Mais surtout le chômage, c’est se déphaser de la société.

 

Je suis d’un naturel couche-tard, lève-tard. Quoi que je fasse, quel que soit mon état de fatigue, je n’arrive pas à me coucher tôt. C’est très rare que j’éteigne les feux avant
minuit malgré les bonnes résolutions. Alors imaginez le cauchemar quand on n’a pas d’horaires à respecter. Dans mon chômage idéal, je souhaitais me lever à 9h. Les recruteurs n’arrivent jamais au boulot avant et, tant qu’à faire, autant envoyer un CV quand ils sont au bureau, histoire qu’il ne soit pas noyé dans la masse. Et être sur le pont dès le matin, ça veut aussi dire sauter sur les annonces dès qu’elles paraissent et répondre. Oui, il faut être réactif. J’ai passé un entretien où le recruteur m’a avoué n’avoir regardé que les 40 premiers CV reçus. J’aurais répondu plus tard, ça aurait peut-être été mort pour moi. Je pensais que le chômage, ce serait levée tôt, recherche de boulot avec mon mug de café et tout ça. Sauf que la motivation, elle finit par disparaître.

Au tout début, le chômage, on se dit que ça va pas durer donc les 15 premiers jours, voire le premier mois, ça ressemble plus à des vacances qu’autre chose. Puis on finit par s’y
mettre, faire des plans d’attaque, des plannings. Sauf qu’on se rend compte que le chômage, on en sort pas forcément comme ça. Plus nos candidatures sont sans réponses (ou pire, réponses négatives), moins on est motivés. On ne se lève plus à 9 mais à 10h. On n’est pas à une heure près. Puis finalement, ce sera 11h. Puis midi, on a toute l’après-midi pour envoyer des CV, ça laisse le temps. Plus on se lève tard, plus on se couche tard, forcément. On se dit bien que quand on retrouvera un boulot, le rythme sera un peu dur à reprendre mais ce que je ne fais pas de jour, faut bien que je le fasse à un moment.

En même temps que cette désynchronisation, il y a un réel enfermement. Sortir ? Oui mais pour quoi faire ? Nos amis travaillent en journée et n’ont pas forcément envie de
sortir tous les soirs, ils sont un peu fatigués. On les comprend puis toutes ces sorties, ce n’est pas donné non plus. Alors les jours où on ne sort pas, on ne fait pas l’effort de s’habiller vraiment, on enfile une tenue d’intérieur, histoire de dire qu’on n’est pas resté en pyjama toute la journée, on se peigne histoire d’éviter les nœuds. Le maquillage ? Mais quelle idée ! Je vois pas bien à quoi ça sert de se maquiller si on sort pas. Ou si on sort juste faire ses courses.

Evidemment, à force de se désociabiliser, le chômeur déprime. Cercle vicieux. Passer sa journée à candidater, à essayer de se sortir de là, trouver des idées, des pistes, ça
fatigue, surtout quand ça n’aboutit pas. On se sent un peu nul et quand on se regarde dans la glace, ce n’est pas mieux. Négligée, c’est le mot. Du coup, dès qu’on a l’occasion de sortir, de voir du monde, ça nous fait un vrai bol d’air même si on a, du coup, tendance à culpabiliser : le temps que je prends à prendre un verre avec une amie dans la journée, je le prends pas à chercher du boulot. Sauf que ce qu’il faut comprendre, c’est que si on relâche pas la pression, on explose. On ne supporte plus de vivre entre ces 4 murs qui nous servent d’appart, à voir plus souvent Ashley et Victor des Feux de l’Amour que des vrais humains. Réaliser en se couchant que la seule fois de la journée où on a utilisé notre voix, c’est quand on a dit au chat d’arrêter ses conneries. Que quand on vous appelle, on vous demande systématiquement si on vous réveille, vu votre voix enrouée. Se rendre compte qu’on n’a même pas pensé à regarder ce qu’il y avait dans la
boîte aux lettres. Se dire que demain, ça va être tout pareil. C’est métro-boulot-dodo, sans métro et sans boulot. S’ensuit un ennui qui annihile tout. Plus envie d’écrire, de faire des projets autres que professionnels. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire.

Parfois, on a des entretiens et là, on se pomponne à mort, on se bichonne, on est même heureux d’être convoqué aux aurores : ciel, enfin une raison de se lever, une horaire à
respecter. Une occasion de s’habiller, de se maquiller. Peut-être que grâce à cet entretien, bientôt, je pourrai enfin pester tous les jours après mon réveil, m’habiller et me maquiller tous les matins… Voir des gens en vrai, leur parler.

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De l’’art de l’’entretien

La semaine dernière, je suis allée passer un entretien d’embauche à trou du cul du monde land. Selon ratp.fr, je mettais une heure à y aller. Ok, ils me disent de prendre le train de 14h33 donc je m’exécute sagement. Cette fois-ci, je n’oublie pas mon press book (on ne commet pas deux fois la même erreur), je ne rate pas mon train (on ne commet pas deux fois la même erreur). Après, j’enchaîne les transports : RER puis bus dans la campagne yvelinoises. Le dépaysement à une heure de chez vous, yeah !


Mais c’était quoi cet entretien ? Non parce que je commence même pas par le début, je suis trop une rebelle, moi. La semaine dernière, en plein trip « cherchons du boulot », je tombe sur un site qui cherche des lecteurs. C’est-à-dire qu’en gros, je suis payée pour faire des revues de presse. Quelques postes sont dispo : deux de 15h30 à minuit et deux de nuit. Bon alors, comme je ne peux pas faire la fine bouche sur les horaires, j’envoie CV et lettre de motivation. Deux jours plus tard, coup de fil : « Bonjour, je vous appelle de la part de la société Pouet Pouet, vous nous avez envoyé un CV et nous souhaiterions vous voir en entretien, vous êtes disponibles quand ? » « Quand vous voulez ! » « Bon, demain, 16h, vous devez vous rendre au siège social mais le Poste est à tel endroit, juste à côté de chez vous ». Bon, nickel chrome !

Me revoici dans mon bus. Le trajet en RER était facile, je posais mon cul et j’attendais le terminus. Mais dans le bus, c’est pas si simple : il n’y a pas de plan de ligne et je ne sais pas du tout où je vais, je connais juste l’arrêt où je dois descendre. Je me lance donc dans une surveillance attentive du petit texte défilant annonçant l’arrêt suivant. Sauf que, des fois, ça bugge. Non mais on vient de le passer l’arrêt Bidule, annonce le suivant ! Zut, on s’arrête à nouveau et il donne pas le nom de l’arrêt ! Ah, il se remet à jour… Bon, finalement, après 30 mn d’angoisse, je descends au bon arrêt, je regarde ma montre : 15h35. Le rendez-vous est donc à 16h. Et quand je dis que je suis à trou du cul land, j’exagère pas : l’entreprise est en pleine zone résidentielle (mais je crois que toute la ville est une zone résidentielle), pas un café où poser mon fessier, un marchand de journaux pour feuilleter les magazines en attendant, rien de rien ! Enfin, si, y a un bureau de poste… Donc, du coup, j’appelle Gauthier, je lui explique qu’il y a une maison avec un chat en plâtre incrusté dans le mur. Je vous jure, c’est vrai ! Bon, finalement, je me pointe à moins 10, en espérant que la dame avec qui j’ai rendez-vous soit en avance. Bon, j’arrive à l’accueil, je tombe sur deux bonnes femmes, la quarantaine bien tassée, elles m’indiquent un siège pour attendre. Il y a une revue de presse faite par la société sur la table, parfait, je vais lire ça. Quelques temps plus tard, une jeune fille, certainement plus jeune que moi, me reçoit pour l’entretien.

Bon elle attaque direct par un « bon, parlez moi de vous ! ». Je lui demande avant pour quel poste ils m’ont appelée, vu que j’ai postulé à plusieurs, histoire de cibler mon entretien, elle me répond lectrice dans elle ne sait quel domaine, le boulot étant le matin… de 5h30 à 13h. « Ouais, super ! Moi, je préfère comme ça, ça me laisse tout le reste de la journée pour faire des choses, c’est parfait ! ». Bon, je raconte ma vie : mes études, mes expériences pro, le pourquoi je vis à Paris et comment je les ai trouvés. Après, elle me demande qu’elles sont les qualités essentielles à avoir pour le boulot. « Ah ben la curiosité, déjà, faut tout lire… Ca tombe bien, moi, si j’ai voulu faire journaliste, c’est justement car je suis curieuse et ça me permet de toujours apprendre de nouvelles choses. Ensuite, faut être réactive, faut donner les infos de suite. Non parce que les entreprises qui vous commandent une revue de presse, elles veulent l’info immédiatement et pas trois semaines après. Et il faut être concentrée, aussi, car si on loupe une info, ça le fait pas ». Bon, je n’ai pas dit ça comme ça mais vous saisissez l’idée. La nana a l’air ravie par mes réponses, c’est limite si elle applaudit pas. Je glisse au passage que j’ai lu la revue de presse en bas, histoire de dire que je sais de quoi je parle. « Mais vous n’avez pas peur d’être frustrée de ne pas écrire ? » « Mais non puisque j’écris dans des webzines à côté ! » « Vous avez une voiture ? Parce qu’à 5h30… » « Non mais j’habite juste à côté ! Je crois qu’il y a des trains à cette heure là mais sinon, je me trouverai un vélo ». Elle me demande de commenter un fait d’actu, aussi, je lui parle de Ségo, expliquant que j’étais allée la voir en meeting « bien que je ne sois pas militante ».

Bref, je suis tout sourire quand le couperet fatidique tombe. « Vous avez du temps là ? » « Mais bien sûr ! » « Parfait, on va vous faire passer un test culture G ». Panique à bord ! Je ne savais pas qu’il y en avait un, je suis pas préparée ! Je sais, ça peut paraître stupide mais ce genre de surprise, j’aime pas du tout, un peu comme les interros surprise au lycée. C’est psychologique, je suis pas prête, je vais me planter. « C’est un QCM ou des questions ouvertes ? ». « Non, non, des questions ouvertes ». Elle me laisse seule dans une salle avec ordre de « rendre mon questionnaire à l’accueil en partant ». Bon, 44 questions. Je sais pas répondre à la moitié, mais vraiment pas. Pourtant, y a des trucs que je sais mais ça revient pas. Et d’autre que je sais pas. Y a beaucoup de questions de santé, un domaine où je ne connais rien. « Quel laboratoire a sorti le viagra ? » « Quels sont les concurrents du viagra ? » (c’est une boîte d’impuissants ou quoi ?) « Citez 5 laboratoires pharmaceutiques », « citez des maladies oncologiques » « que signifient les initiales j’ai même pas retenu », « que veulent dire les initiales de l’entreprise » (ça, c’est la lose de pas savoir). Bref, une hécatombe totale. Je repars toute penaude : si le questionnaire compte, je suis morte. Heureusement, au retour, j’ai été draguée par un jeune homme charmant mais en parlant, j’ai eu un doute : il doit avoir 20 ans à tout casser ! Bon, j’ai pris son numéro, on verra si je le rappelle ou pas.

Et depuis ? Rien. La nana m’a expliqué qu’elle transmettait les dossiers lundi au chef de service et que je serais contactée dans la semaine. Vendredi, toujours pas de news, je pense que c’est mort, je devrais recevoir une lettre pour m’avertir de mon échec (youpi !). En plus, mercredi, j’ai pas arrêté de recevoir des coups de fil : le proprio, l’entreprise qui gère ma chaudière, le scénariste de Modo (bon, c’était pour parler taff mais ça l’a aussi amusé de faire sonner mon tel, le méchant !). Donc un échec. Bon, je relativise : c’était pas le boulot de ma vie et de la veille média, je peux en faire ailleurs avec des horaires plus humaines. Enfin, avec tout ce que je balance comme CV en ce moment, je vais bien finir par trouver un boulot, un vrai, avec un salaire (qu’on me verse pour de vrai) et un bureau. Et, soyons folles, un ou deux collègues choupinous !

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Au secours, v’là mon ex !

Non, rassurez-vous, aucun de mes ex ne m’ennuie, cet article est une réflexion générale sur les ex. Athéna avait déjà proposé sa version du problème, j’aimerais exposer la mienne (oui, je sais, trois mois plus tard, j’ai la palme de la réactivité).
 
Quand on rencontre un homme, arrive à un moment ou à un autre le problème délicat de(s) l’ex(s). Je vous le dis d’emblée : je déteste toujours les exs de mon mec, du moins tant que je les connais pas. Je ne suis pas quelqu’un de jaloux, Guillaume mon ex avait par exemple la fâcheuse habitude de laisser glisser son regard sur tout être équipé d’une poitrine mais je laissais faire. Tant qu’il regarde, je n’ai rien à dire, je vais pas faire une scène pour ça. De toute façon, je ne me sentais nullement menacée par ces donzelles qui ne faisaient que passer. Mais les exs, elle, je m’en méfie comme de la peste.
 
Peu de temps après le début de notre relation voici qu’arrive une de ses amies, Alice, belle brune aux yeux bleus. Or Guillaume a toujours fantasmé sur les brunes aux yeux bleus, ce que je ne suis pas, pour les trois du fond qui n’ont pas suivi. Ce jour-là, il n’a eu d’yeux que pour elle et pour la première fois de notre relation, il ne m’a pas payé de café. Quand il est reparti la raccompagner au métro, j’explose, sous les yeux de Gauthier, hilare.
« Non mais voilà, l’autre, elle débarque et j’existe plus ! Il ne m’a même pas payé de café, aujourd’hui, tu imagines ?
Tu crois pas que tu exagères un peu ?
Pffffff, grml grml »
Le pire, c’est que j’ai appris quelques mois plus tard que cette amie était bel et bien une ex, ce qu’il m’avait caché sur le coup, le bougre !

Comme je lui ai explosé à la figure quand je l’ai su. Mais il s’est justifié : « vu comme tu as réagi alors que tu ne savais pas qu’on était sortis ensemble, j’ai préféré te le cacher ». Hum, certes… Mais bon, quand même, j’aime pas qu’on me mente, même par omission !
 
Quelques temps plus tard, en discutant, il me parle d’une fille, Laure, qu’il avait embrassé sur le quai de la gare quelques années plus tôt et soudain, je percute : mais je la connais ! Cette fille était l’une des plus belles filles que j’ai jamais vues : brune, les yeux marrons clairs qui pétillent, un peu mate de peau, le sourire qui tue. Là, je lui dis : « j’arrive pas à croire que tu sois sorti avec elle !
– Quoi, je suis si moche que ça ?
Mais non mais je peux pas croire que tu aies pu sortir avec un canon pareil et que tu sortes avec moi, maintenant ! »
Ben, oui, je crois honnêtement que je lui arrive pas à la cheville de cette fille, belle, svelte, intelligente, bien fringuée et sympa, en plus. Et adorable avec moi, par dessus le marché ! Bon, elle, c’est pas du genre à en vouloir à son ex de sortir avec un vilain boudin après elle, je note.
 
Quand je regarde la liste de mes exs qui font toujours partie de mon paysage, je me dis que j’ai de la chance. Bon, en même temps, c’est vite compté : y a Guillaume premier du nom et Guillaume deuxième du nom, si on peut le qualifier d’ex. Avec Guillaume premier du nom, on a gardé de très bons contacts, on se parle de nos conquêtes respectives sans qu’aucune jalousie ne rejaillisse. Ce que j’aime avec lui, c’est qu’il n’y a aucun retour de flamme. Non parce qu’avec moi, quand c’est fini, c’est fini, je tourne la page et il n’y aura jamais de volume 2. C’est peut-être un tort, je n’ai qu’à regarder ma sœur pour me rendre compte que des retrouvailles peuvent merveilleusement bien se passer, mais pour moi, retourner avec un ex, c’est un peu régresser. Si ça n’a pas marché une première fois, pourquoi ça marcherait une seconde ? Il faut aller de l’avant. Avec Guillaume, du fait de notre rupture idyllique, il n’y a aucune tension entre nous, on peut parler de notre relation passée sans aucune gêne. En même temps, tant mieux, je pense qu’on ne peut pas occulter comme ça quatre ans et demi de vie de couple. Je me souviens la première fois qu’on s’est revus après la rupture, un mois après (on avait pris le temps de laisser nos blessure se cicatriser, excellente idée), j’étais un poil tendue à l’idée des retrouvailles. Là, on se voit, on se fait la bise le plus naturellement du monde et on papote deux heures dans un salon de thé sans aucune tension. Ce soir-là quand je suis rentrée chez moi, j’étais heureuse : mon ex était mon ami.
 
C’est un peu pareil avec Guillaume 2e du nom, on se parle de tout sans tabou et mine de rien, avoir un confident masculin hétérosexuel, c’est bien aussi, surtout quand j’ai besoin de son avis sur la conduite à tenir face à un mec (oui parce qu’à 25 ans, j’ai toujours pas compris). Mais si moi, j’ai de la chance, d’autres non. Dans mes folles histoires brouettiques, j’ai rencontré pas mal de mecs aux exs « vampires », des femmes qui ont rompu pour se compromettre dans les bras d’un autre mais qui ne supportent pas que leur ex en fassent autant. Moi j’ai le droit de refaire ma vie, pas toi. Tu devras vivre éternellement dans mon souvenir. L’une d’elles, par exemple, est revenue en courant dès qu’elle a su que je traînais dans les parages, et vas-y que je t’allume, et vas-y que je te drague à nouveau. Et oui, jeune homme, il est hors de question que tu m’oublies ! Et ça, franchement, ça me donne envie d’aller voir la fille et de lui coller une claque magistrale. Je trouve ça dégueulasse de jouer avec les sentiments de son ex uniquement parce que son ego est froissé de constater que monsieur s’est trouvé une jolie compagne (moi, hihihi !). Ah, ces ex !
 
Mais mes ex à moi sont-ils parfaits ? Faudra demander à mon prochain compagnon mais ne sont-ils pas trop présents ? Guillaume 2 m’a dit un jour qu’il était un peu jaloux que je passe la journée avec Guillaume 1 (pourquoi faut toujours que je fréquente des mecs qui ont le même prénom ?) mais je l’ai rassuré : aucun danger ! Mais il est vrai que l’opinion des deux Guillaume reste important pour moi. Lucie m’a avoué avoir lâché le morceau pour mon blog à Guillaume 1 (qui est prié de me rappeler s’il lit ses quelques lignes) et j’avoue avoir été emmerdée : il avait une image de moi plus virginale, on dira, je pense que toutes ces histoires de brouette ne lui plairont pas. Bon, maintenant,
c’est du passé, je me suis assagie mais tout de même… Et si les Guillaume n’aimait pas mon prochain compagnon, que va-t-il se passer ? Dans mon cas, je ne pense pas qu’il s’agisse de jalousie, s’ils ne l’aiment pas, c’est qu’il y aura une raison. C’est comme Gauthier, leur avis ne me laisse pas indifférente. Bon, certes, je suis têtue comme une mule et n’en ferai qu’à ma tête mais ça me chiffonnera un peu. Gauthier m’a dit récemment, aidé par l’alcool, qu’il n’avait pas du tout aimé Arnaud, Anne non plus d’ailleurs. Ben le fait qu’il me le dise, ça m’a consolée de la tournure minable de cette histoire : finalement, ce type était un connard et je ne m’en étais pas rendue compte, merci
Gaugau ! Bon, sur le coup, il n’avait pas osé me le dire parce que je semblais accro (re-merci Gaugau) mais là… Oui parce que je ne suis pas toujours apte à détecter les connards, je les attire plus qu’autre chose.
 
Et moi, comment suis-je comme ex ? Bon, dans la mesure où je ne pars pas dans des délires « je veux à tout prix récupérer mon ex car mon ego est blessé du fait qu’il ait retrouvé l’amour avec une greluche », je crois que je suis une ex assez agréable, si ce n’est mon envie de botter le cul quand mon ex déconne mais ce n’est que pour son bien !
 
Donc voilà, mon futur couple sera composé de lui, de moi et de nos ex respectifs. Et là, situation un peu cornélienne : je ne supporterai pas un
mec qui m’interdira de voir mes exs (ceci étant, vu où ils habitent, je les vois pas tous les jours) mais je n’accepterai que difficilement les siennes. Est-ce humain ? Sans doute. Parce que
si je n’ai pas peur des donzelles qui passent, les exs, c’est pas pareil. Les donzelles qui passent représente un futur possible, mais monsieur prendra-t-il le risque de me quitter pour une
chimère ? Pas sûr. Alors que l’ex est ce qui a été, les bons souvenirs, les brouettes au petit matin, les fous rires à deux… Bon, il l’aura avec moi aussi mais quand même… Mais je dois me
faire une raison : plus j’avance dans le temps et plus j’ai de chance que mon compagnon ait eu quelques aventures avant moi (à moins de faire la sortie des lycées), certaines ayant duré plus
que d’autres. Je me dois de l’accepter et de lui faire confiance : après tout, pourquoi retournerait-il chez son ex alors qu’il m’a moi ?
 
Bon, promis, mon prochain mec, je serai sympa avec son ex.
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