Oh mais bosser jusqu’à 65 ans, c’est rien !

Deux ans plus tard, je réagis un peu à la question des retraites, j’aurai un jour la prime de la réactivité, je vous promets. Evidemment, on peut se demander si la question des retraites a une réelle légitimité sur un blog s’appelant les vingtenaires mais je pense que oui car le problème nous touche au premier plan. 


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Principe de base : va falloir travailler plus longtemps pour payer les retraites de tout le monde, solidarité, tout ça. Moi, je dis pourquoi pas. Après tout, les 30 glorieuses, c’est fini et la solidarité, ça me plaît, tous la main à la pâte (et au porte-monnaie). Ouais, je suis le genre de meuf à payer les impôts sans trop s’indigner, essentiellement parce qu’on me prélève un peu tous les mois et que ça me fait pas trop mal au cul. Sauf la redevance télé, ça me saoule de payer pour une télé regardée par les + 70 ans… Mais j’écoute la radio publique alors je dis trop rien (et y a des trucs bien sur France 4 et 5 aussi). Alors ok, cotisons ce qu’il faut. 42,5 ans pour partir avec la retraite à taux plein. Oui alors si on considère que j’ai eu mon premier CDI à 27 ans et que j’ai pas mal bossé à droite à gauche avant, on va dire 26 ans, 26+42,5 ans = 68, 5 ans. Youpi les amis, pas de panique, il me reste quasi 15 ans de retraite si je suis conforme à l’espérance de vie moyenne, youhou !

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Sauf que. Mon calcul (simpliste) est bien joli mais je vois un souci en amont et en aval qu’on appelle communément le chômage. Prenons le problème sous un autre angle : les gens vivent plus vieux donc faut cotiser plus longtemps pour permettre aux vieux de ne pas crouler sous la misère. Ce qui reste assez relatif, ma grand-mère avait environ 300 € de
retraite… Léger mais bon, soit. Moi, je veux bien cotiser longtemps mais d’abord, mon métier, faut des bac++ pour l’exercer donc par souci de calcul, on se retrouve diplômés à 25 ans. Mais là, drame, même pas on a du boulot à la sortie et notre diplôme marron douteux sert juste à orner les toilettes (c’est marrant comme la couleur du diplôme va parfaitement dans ce lieu magique, c’est pour en illustrer la couleur). Selon les statistiques, un jeune diplômé met un an et demi à trouver son premier emploi donc 26,5 ans + 42,5 = 69. Certains verront dans ce chiffre hautement érotique une allégorie de la baise monumentale que nous inflige le système mais je ne suis pas là pour dénoncer, moi, je calcule. Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ?

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Je vois la vie professionnelle ainsi, vision toute personnelle certes mais je pense que la plupart sera d’accord : début de carrière, on se défonce puis plus on avance, plus nos priorités changent. Surtout que l’ingratitude de certains patrons n’aide pas à se défoncer soirs et week-ends en sus.   Au début, on avance, on apprend, on progresse. Puis un jour, on trouve que notre vie privée en a pâti et on rééquilibre. On laisse tomber les dossiers à ramener à la maison. De toute façon, je trouve ça assez stupide avec le recul, arrive un moment où 12h de boulot dans la journée ne peut pas être synonyme d’efficacité, le cerveau fait pshhhttt ! Peu importe, la vie et l’âge font qu’on baisse en performance et en ambition. Or imaginons que par un drame épouvantable, on se retrouve au chômage à 55 ans. Selon mon calcul, il nous reste 14 ans à cotiser, le tiers ! On fait quoi ? On postule bien sûr mais qui voudra de quelqu’un plus proche de la retraite que du début de son activité et qui n’a plus grand-chose à apprendre de la vie professionnelle. Car là est tout le drame de ma démonstration. Travailler plus longtemps, ok, mais au vu de la précarité de nos emplois, qui pourra vraiment cotiser à taux plein ? Plus j’avance dans ma vie professionnelle et plus je vois des employés jetés à la poubelle à la première crise. La rupture conventionnelle, c’est sympa mais pas que pour les employés, en fait… Si je prends mon cas, il y a 6 mois, je bossais dans une boîte ayant 11 employés à temps plein sur Paris. Aujourd’hui, ils sont 3 et nous n’avons été que 3 à partir volontairement… Oui, si tu comptes, 5 ont sauté du jour au lendemain à cause de la crise… Bon, par la magie de
l’interchangeabilité des employés, 2 d’entre eux sont à nouveau en poste, 1 en pleine création d’entreprise et les 2 autres, je sais pas. Dans ma nouvelle boîte, ça rentre et ça sort dans tous les sens, je ne comprends pas bien. Mais en somme, si t’es pas content, tu pars, on ne te retient pas. Nul n’est irremplaçable. Alors quand on arrivera à l’âge de la baisse de régime, qui va nous garder, franchement ? 

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Mais ça, personne n’en parle, on préfère se dire que les gens sont juste paresseux et ne rêvent que d’une vie oisive. Mais bien sûr…

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5 réflexions sur “Oh mais bosser jusqu’à 65 ans, c’est rien !

  1. Nina, ma Nina, une de tes phrases résonne en moi !
    « Ok donc on va bosser jusqu’à 69 ans. Question : quelle entreprise voudra de nous à 69 ans ? »

    Parce que tous les jours à la CCIP, au CFE, je vois des gens de 55-60 ans qui se sont fait lourder par leur boite parce que trop chers. Et qui arrivent à la Chambre de Commerce pour créer leur entreprise « de conseil ». Mais pour conseiller qui ?
    Creer son emploi, ça fait chic et volontaire, mais comment trouver un truc qui réponde à une demande ?
    bon allez c’est les vacaciones, je te laisse ma Nina. Faut qu’on se prenne un p’tit café un d’ces jours avec Enzo !

  2. Bonjour Nina,
    C’est vrai que ce n’est pas vraiment l’age de sortie qui pose le plus de probleme mais plutot reussir a atteindre cette deadline. Je ne sais pas comment cela se passe dans ton entreprise, mais je constate que dans les divers milieux que j’ai frequentes, la moyenne d’age est relativement basse : 35 ans a tout casser. Quels sont les metiers des gens qui ont 50 ans ? Ou travaillent-ils ? A quel poste ?
    Par ailleurs, comment concilier travail et passion, travail et vie de famille dans une societe ou le travail devient tellement rare qu’on devient pret a tout pour le conserver ? On ne peut pas travailler « sur le feu » en permanence, sauf a se rendre compte au bout d’uin moment que le travail est notre seule vie.
    Bref, derriere la question de la retraite se cache surtout celle du chomage.
    Bonne journee,
    B

  3. La retraite, la réforme et tout ça, j’essaie de ne pas trop y penser… Rien que de voir ce que ma mère risque de toucher quand elle en aura fini du boulot, je flippe!

    Donc soit, on verra.

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