Etre une femme sur le web : la curée

Semaine dernière, je traînasse mollement sur Twitter entre deux dossiers quand je vois fleurir un article “une Youtubeuse quitte momentanément Twitter après des menaces de meurtre et de viol”. Whaaaaaat ? Alors la Youtubeuse en question, je la connais très bien puisque je suis ses oeuvres vidéo, il s’agit de Ginger, une féministe assumée qui n’hésite pas à monter au créneau. Ici, elle avait expliqué en une demi douzaine de tweets qu’une miniature de vidéos de Squeezie posait problème dans le message qu’il délivrait à son audience (plutôt très jeune) et vlan, des kilotonnes de merdes déversées sur sa gueule. Car oui, être une femme sur le web, c’est souvent s’en prendre plein la gueule pour pas un rond.

ginger_force_adaptation_ être une femme sur le web

Je vis évacuer la dimension “féministe” pour aujourd’hui, j’y reviendrai à l’occase mais là n’est pas mon propos. Je vais juste parler des femmes qui ont l’outrecuidance de s’exprimer publiquement. Commençons par les blogueuses et vlogueuses mode et beauté, exemple ô combien parlant car elle s’en prennent systématiquement plein la gueule. “Idiotes”, “superficielles” et sans parler des attaques sur leur physique, le summum de l’intelligence. Alors je ne dis pas qu’elles sont toujours irréprochables mais sérieusement, arrêtons trente secondes. Une femme qui se maquille peut aussi avoir une culture G bien plus étendue que la vôtre. Quant aux attaques sur le physique… Là, ça touche carrément toutes les femmes. Regardez n’importe quelle vidéo de Youtubeuse et checker les comms, y aura toujours des commentaires sur le physique, soit pour dénigrer, soit des élégantes expression d’un désir brusque de faire des choses sales à la pauvre demoiselle qui n’a rien demandé. Vous avez le droit de ne pas être sensible au charme d’une personne, de là à le lui balancer… Même moi, alors que je n’ai jamais montré ma trombine en ses lieux, je m’en suis pris plein la gueule sur mon physique. Wokééééé…

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

Voilà, si vous arrivez à juger là dessus, faites-moi signe

A ce niveau, vous allez me dire que c’est pas grave, qu’il faut pas écouter les cons. Oui mais déjà, à un moment, si tu tapes sur le cuir à répétition, ça finit par l’attaquer. Est-ce que vous imaginez la force de caractère qu’il faut avoir pour réussir à ne pas être blessée par ces attaques incessantes ? Les gros cons limités qui s’attaquent au physique ont-ils seulement conscience du mal qu’ils peuvent faire ? Ont-ils seulement envisagé que la demoiselle qui s’exprime a pu souffrir de complexes physiques graves par le passé, que s’exposer est pour elle une véritable épreuve et que leurs attaques “pour le LOL” peuvent lui faire mal plus que de raison ? Et puis sérieusement, attaquer sur le physique, passé un certain âge, faut passer à autre chose les enfants. Vous n’avez rien d’intelligent à dire sur le fond ? Bah taisez-vous. Et tant qu’on est sur le physique, les remarques sur nos seins, nos formes qui vous mettent en appétit ou sur le fait que ça vous colle la trique et autre joyeusetés, ça ne fait pas plaisir non plus.

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Mais le pire, ce sont les menaces. Parce qu’une femme dit quelque chose qui déplaît, elle se prend des menaces de claques dans la bouche ou pire, de viol. Parce que si on n’est pas d’accord avec l’Homme, c’est souvent qu’on est mal baisées et qu’une bite bien placée nous ferait voir la vérité ou du moins nous dissuaderait de continuer à expliquer en quoi la personne a tort.

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Le problème, in fine, c’est qu’en 2016, on essaie encore et toujours de confisquer la parole aux femmes. Vous allez me dire “oh mais les mecs aussi, ils s’en prennent plein la gueule”. Sincèrement pas autant : ils ne sont pas systématiquement attaqués sur leur physique, sur la profondeur de leurs propos (je suis pas sûre qu’on reproche avec un tel systémisme la superficialité des blogueurs et vlogueurs geeks ou jeux vidéo), sur leur façon de s’exprimer, ils se prennent bien moins de menaces de violence ou de viol dès qu’ils ouvrent un peu leur gueule. La parole de la femme est bien trop souvent dénigrée. Et pourquoi ? Parce qu’une fois de plus, certains refusent à la femme d’occuper une place égale à celle de l’homme sur la place publique (souvent inconsciemment), parce qu’une femme n’aura jamais rien d’intéressant à dire, parce qu’elle sera forcément taxée “d’hystérique”, de “pas pédagogue”, de “mal baisée” et qu’évidemment, elle n’a pas d’humour… C’est fou cette propension d’une classe dominante à toujours vouloir imposer un humour oppressif en refusant de voir ce qu’est le problème.

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Etre une femme engagée sur le web, c’est dur. Même quand on n’est pas engagées, d’ailleurs. Parfois, on se dit qu’on va juste remballer et partir sur la pointe des pieds, revenir dans la vraie vie ou personne ne nous insulte ou nous menace juste parce qu’on a eu l’audace de partager son avis, de le défendre, de s’affirmer, de souligner qu’un propos de dominant est problématique. Puis on pense aux autres, à celles qui n’osent rien dire, à celles qui se défendent d’être féministes parce que les féministes, ce sont des misandres hystériques (révélation : non). Alors on va laisser Ginger se reposer, profiter des gens de la vraie vie et on va continuer à faire du bruit en attendant. Parce que si ton seul contre argument, c’est attaquer mon physique ou mon sens de l’humour, c’est bien que mon raisonnement est difficilement démontable.

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Body shop love etc. (etc.)

Bon, j’ai bien été mignonne de vous raconter mon week-end marseillais mais j’ai quand même oublié le cœur du truc, Body shop et surtout son parfum. Alors en ce jour d’automne pluvieux (du moins dans le sud. J’ai un bol avec la météo, moi…), je vais un peu jouer les beauty queens et revenir sur quelques produits que j’ai acheté lors de mon week-end à Marseille ou qu’on m’a donné, comme le parfum love etc.




On va commencer par lui, tiens, le parfum. A l’intérieur, on y trouve des notes de jasmin, muguet, vanille, bois de santal, musc crémeux avec une pointe de poire. Sur le coup, j’ai tiqué sur vanille (je hais la vanille synthétique, amie de mes nausées), le muguet qui sent mauvais, je trouve et le crémeux de musc. J’imaginais un parfum trop sucré et capiteux. Malgré le jasmin que j’aime.  On nous donne des petites lamelles de papier sur lesquelles on a vaporisé le parfum, je l’approche de mon nez avec une certaine appréhension (je suis très facilement migraineuse) et… oh ben dis donc, ça sent bon cette affaire là. L’odeur est agréable même si ce n’est pas précisément le parfum que je cherche. Je le trouve un peu trop jeune et sucré dans ce qu’il dégage, je l’aurais mis bien plus facilement en début de vingtenariat qu’en fin. Sans pour autant que ça fasse Eau jeune, il ne faut pas exagérer non plus (j’en ai mis pourtant étant jeune, comme toutes les filles).

Bon, vu que nous avions le magasin rien que pour nous, j’ai joué à ouvrir plein de pots pour les renifler. J’aime les odeurs de crème, j’aime les sentir (et encore, je me suis retenue d’en tester la texture). Une demoiselle de chez Body Shop m’explique qu’au vu de la sensibilité de ma peau, il valait mieux que j’évite la vitamine E pour plus me concentrer sur l’aloe vera. Ok mademoiselle mais je vais quand même continuer à renifler. Surtout que pendant mon périple olfactif, une autre employée m’a demandé si j’étais déjà passée à la maquilleuse, je lui réponds que non et elle me complimente sur mon maquillage. A 29 ans, je maîtrise ENFIN l’art du maquillage, yesss !




Bon, comme le magasin n’était qu’à nous, que nous avions 10% à la caisse avec la carte de fidélité et que c’est pure folie de me mettre dans un magasin de cosmétique, j’ai virevolté, remplissant mon panier mais j’ai été relativement sage. Petite liste de mes trouvailles :

– L’indispensable masque chauffant ou refroidissant, l’ennemi redouté des migraines et douleurs musculaires que j’aime d’amour. Le dernier a péri dans mon micro-ondes car ça se chauffe sous un jet d’eau chaude et pas au four. Oups. Mais c’est magique ce truc, j’adore et il fallait que je le remplace (ok, deux ans que j’avais éclaté l’autre mais en ce moment, j’ai besoin de confort).


– Des gants gommage pour le bain. L’hiver, je prends en moyenne un bain par semaine, même si c’est pas écologique donc l’idée de ces petits gants est de mettre le savon dessus, de me laver avec et hop, ça fait gommage en même temps. Génial !




– Un baume à la cerise qui marche aussi bien sur mes lèvres que sur mon coude gauche et qui est tellement divin que j’ai toujours envie de le manger.




– Un masque aux céréales qui fait aussi gommage pour le dimanche soir, histoire de commencer la semaine avec une peau resplendissante.

Alors certains vont me dire que c’est de l’argent jeté par les fenêtres toute cette cosméto mais je rétorquerai en toute bonne foi que la vie est déjà assez chiante comme ça et que si je peux au moins me pomponner et avoir la peau douce, ce sera toujours ça de pris. D’ailleurs, j’ai la peau des joues tellement douce que je passe mon temps à la caresser.

Je vous laisse, je vais me mettre du baume à la cerise.

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Où trouver l’homme ? Episode 33 : chez l’opticien

(Lecteur, je te rappelle que ce qui suit est une fiction bien qu’il serait plus que temps que je me bouge le popotin pour que ça devienne une réalité, mes lunettes sont tordues)

A la recherche du prince charmant

L’inconvénient quand on cherche l’homme et qu’on est myope, c’est qu’on a du mal à identifier des cibles potentielles. Il était donc temps de me prendre en main et de changer mes lunettes. Quitte à mettre quelque chose sur mon visage, autant que ça m’embellisse. Après avoir fait révisé mes yeux par l’ophtalmo qui a dit que je devrais venir un peu plus
souvent qu’une fois tous les 4 ans (ahem), me voici chez un opticien pour choisir quelle paire m’ira à ravir.


La première fois que j’ai acheté des lunettes, c’était terrible, je ne savais pas quoi prendre. Là, je sais déjà ce que je ne veux plus mais pas pour autant ce dont j’ai vraiment envie. Ceci étant dit, il vaut mieux car parfois, je pars faire du shopping avec une idée tellement précise que je ne veux rien d’autre et qu’in fine, je n’achète rien ou par dépit car mon idée précise n’existe pas dans la tête des créateurs de boutiques de fringues à pas très grand prix. A la limite, je peux trouver pile ce qui me fait rêver dans certaines vitrines mais le logo Chanel ou autres marques hors de prix me fait partir en pleurant.


Me voici dans la boutique, je suis posée devant le portant à lunettes, l’air dubitatif. Y a pas foule en ce petit matin. Un vendeur finit par s’approcher de moi et me demande s’il peut m’aider, je lui fais un petit topo de la situation. Me sentant un peu obligée de prendre une décision, je montre une paire de lunettes que j’aimerais essayer. Le vendeur s’en saisit et, me faisant face, la pose délicatement sur mon nez, rangeant au passage mes cheveux derrière mes oreilles tout en me regardant intensément. Troublée, je suis. Surtout qu’il est mignonnet le petit opticien avec ses lunettes montures fines et son rasage de pas très près.


Tiens, je vais finalement essayer d’autres montures, celles là ne me vont pas tip top. Et c’est reparti pour le contact capillaire. J’adore qu’un homme me touche les cheveux, ils sont si beaux, si soyeux en plus (faut dire que j’en prends très grand soin). Non, celles là non plus. Celles-ci ? Non, non, j’hésite, j’hésite. A la 6e paire, il finit par prendre les choses en main et se la jouant visagiste me propose des montures qui ne peuvent que me séduire.


A la dixième paire, j’ai compris que je suis allée trop loin. Quand ai-je dépassé la ligne blanche exactement, je ne sais mais là, l’opticien, je le sens plus du tout impliqué dans le caressage de mes cheveux soyeux. Limite, si j’essaie une paire de plus, je sens qu’il va me les tirer pour m’apprendre la vie. Bon, ok, je vais donc prendre la paire qui me sied le plus dans toutes celles que j’ai essayées soit à peu près les premières. C’est moi ou il y a eu comme un éclair d’énervement dans les yeux de mon beau brun binoclard quand je suis revenu à mes premiers choix. Attention ma fille, tu t’es savonnée la planche toute seule, il va falloir rattraper le coup.


Je reviens quelques jours plus tard pour récupérer mes lunettes. J’ai maquillé mes yeux avec grand soin pour bien qu’il remarque à quel point ils sont bleus, grands et profonds. J’ai aussi fait tous les masques et gommages de rigueur vu qu’il va voir mon visage de près. Nous voici face à face à nouveau, je tends le visage pour qu’il y pose la paire de lunettes désormais à ma vue pour régler les branches. J’entrouve légèrement les lèvres pour faire la fille jeune et désirable, je le laisse tripoter mes cheveux avec délectation. Ca va ? Oui ? Bon, ça vous fera 158 euros, merci de régler en caisse.


A peine ai-je eu le temps de dégainer ma carte bleue qu’il est déjà en train de faire le coup des lunettes à une autre femme qui a au moins 20 ans de plus que moi. Pffff. Non mais passer ma vie avec un mec qui passe sa journée à glisser des mèches féminines derrière les oreilles, ce n’est pas possible. Dommage, un opticien, c’est pratique pour  les ristournes sur les lunettes.

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Où trouver l’homme ? Episode 30 : à la laverie

(Lecteurs, bonjour, je rappelle que ces articles sont des fictions et ce que je raconte dedans n’est pas vrai. Dans cette histoire, je
vais à la laverie parce que ma machine est en panne alors qu’en vérité, j’y suis allée parce que j’ai pas de machine à laver pour le moment)

Dimanche, c’est le jour rêvé pour aller laver mes affaires à la laverie vu que je n’ai rien de plus intéressant à faire et que je n’ai plus rien de décent à me mettre. Après avoir blindé ma valise à roulettes, c’est parti.



En arrivant à la laverie, surprise, y a plein de gens et que des hommes en plus. Je trouve ça mignon des hommes qui font leur linge surtout que ceux là, ce sont des racailloux made in chez moi donc en gros, ils parlent en wesh et zyva mais ils disent poliment bonsoir quand je les salue et ils sont bien fringués; Alors que moi, j’ai mon jean avec la braguette cassée qui tient avec un élastique et un pull informe avec capuche intégrée [ce détail est vrai, par contre]. Après avoir cherché comment marchait la machine et finalement demandé à mes compagnons de machine à laver, c’est parti. 50 minutes, je vais mourir.

Après avoir fumé une clope, je me pose et me plonge dans un bouquin, les gens entrent et sortent. Tiens, il semblerait que je sois la seule à dire bonsoir, réflexe de provinciale ? Bon, alors, retournons à mon roman, que se passe-t-il déjà ? Pffff, c’est long, je m’emmerde. Soudain entre un jeune homme, beau gosse. Ici, c’est encore mieux que le supermarché, il est certain que les gens habitent le quartier, il est impossible qu’ils fassent des kilomètres pour une laverie, y en a partout. Et les hommes présents savent faire des machines, ce sont des hommes indépendants des années 2000. Sous entendu, si un jour cet homme est mien, il sera obligé de participer à l’opération machine à laver. De plus, nous voilà condamnés à rester de longues minutes dans la même pièce, en voilà une occasion rêvée pour discuter !

Mais la drague à la laverie comporte des pièges. En un, je ne suis pas du tout au top de ma séduction au vu de ma tenue vestimentaire et en plus, je n’ai pas pris la peine de me maquiller et si je me suis coiffée, ça a plus tenu du coup de peigne pour démêler et discipliner un minimum. Bon, essayons de relativiser : si un jour, cet homme est mien, il saura de suite à quoi je ressemble sans artifices et ne sera pas déçu de la version naturelle. Même s’il paraît que je suis aussi bien sans maquillage, me dit un jour un ex.


Deuxième piège et là, ça peut être dramatique : le contenu du tambour. Comme je lave mes dessous à la main parce que c’est fou comme ça se salit vite ces petites choses et que je refuse toujours de désaccorder le soutien gorge et la culotte. Donc dans mon méli mélo de vêtements, je sais qu’il n’y a aucune culotte dossier genre ma culotte rouge petit bateau spécial week-end, quand je ne sors pas et que je ne mets pas de soutien gorge. Mais en révisant mentalement la liste de mes affaires en train de laver, je frémis. Au milieu de mes pantalons tailleur et tops fantaisie jolis, il y a THE chemise de nuit. Vous voyez, la chemise de nuit de célibataire d’hiver quand il fait trop froid pour dormir toute seule ? La mienne est déformée de partout, elle a des nounours dessus et elle se marie à merveille avec mes jambes non épilées de célibataire qui ne met pas des jupes en hiver car il faut être malade ou insensible au froid pour oser une telle tenue. Je vais la brûler en rentrant chez moi.


Bon, il se plonge lui aussi dans un bouquin, c’est mal barré. Ah, ma machine se termine, avant la sienne vu qu’il est arrivé après. Ma mission si je l’accepte : attraper mes fringues de telle façon que ma chemise de nuit soit cachée par tout le reste. Et évidemment, en me compliquant la vie, je fais tomber mon linge propre sur le sol douteux. Mission échouée.

Je balance tout dans le sèche linge et replonge le nez dans mon bouquin, penaude. De toute façon, la laverie, c’est trop moche pour y draguer, na !

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Où trouver l’homme ? Episode 25 : Fabien

(Cher lecteur, souviens toi que tout ceci n’est qu’une fiction. Et sinon, ça va chez toi?)

 Après le mariage, j’avais donc récupéré le numéro de Fabien, charmant jeune homme qui me plaît au dedans et au dehors. Après avoir laissé passer deux jours, j’appelle, l’air de rien. On discute un peu genre j’appelle de façon anodine puis on en vient à l’essentiel : quand se voit-on ?


Le mardi suivant, on se retrouve du côté de Mouffetard pour boire un verre. Je suis toute émoustillée, je dois me préparer comme il se doit pour ce rendez-vous. Jolie tenue qui met bien en valeur mes arguments anatomiques, Je me maquille avec soin, un peu de paillettes, du gloss… Des dessous affriolants et une éradication du poil. Il faut tout prévoir. Rater un homme à peu près parfait pour des aisselles velues, ça m’ennuierait tout de même.


Arrive le jour J, je suis en avance, je me compose donc un air nonchalant pour ne pas lui donner l’impression que je joue ma vie sur ce rendez-vous, ça fait fuir les mecs en général. Intéressée, oui, désespérée, non. Ah le voici, je lui adresse mon plus grand sourire et on va se poser dans un bar. On discute de tout et de rien, on refait le monde plusieurs fois, on aborde aussi le sujet de nos amours. Nous sommes tous deux célibataires et disponibles, ça tombe plutôt bien. Je roucoule, je me pâme, je me secoue les cheveux l’air de rien,
je ris à gorge déployée, je rentre le ventre et sors les seins. Bref, je suis en pleine parade nuptiale.


Sauf qu’à force de parader, on ne voit pas l’heure passer et le dernier métro est passé depuis quelques temps. Que faiiiiiiiiire , me désespère-je. Il me rassure : y a une station de taxi pas loin. Ok, ce n’était pas vraiment la réponse que j’attendais mais restons souriante. On se pose devant la station de taxi, en voici un au loin.

« Bon, ben, bonsoir alors…

– Non, non, je te ramène jusqu’à chez toi. »

Hein ? Il s’invite chez moi, là ? C’est un peu curieux comme façon de procéder mais quitte à être épilée, autant rentabiliser. Surtout que j’avais aussi fait le ménage au cas où. La femmes des années 2000 ne doit jamais être prise au dépourvu.


Nous voici dans le taxi, comme tout ceci est romantique, on discute en regardant Paris by night. Je prends rarement le taxi pour cause de prix mais j’aime m’offrir ce petit luxe de temps en temps, c’est agréable de contempler la ville de nuit. J’ai gardé une âme de touriste. On discute, on se frôle un peu, l’air de rien. Dans mon for intérieur, je suis toute émoustillée… En fait, c’est carrément un volcan, j’ai envie de lui sauter dessus, là, dans le taxi mais je suis une fille polie et le chauffeur n’a pas l’air super sympa en plus. Ah nous voici dans la partie délicate du trajet, j’indique au chauffeur en laissant ma cuisse frotter négligemment celle de mon compagnon. Mise en température enclenchée.


Nous voici devant ma porte, autant vous dire que j’ai très très chaud dans mes vêtements.

« Attendez moi, j’arrive », dit Fabien au chauffeur.

Hein ? Quoi ? Quel est ce malentendu ? Il compte me déshonorer et sauter dans son taxi la minute qui suit ? Le fait qu’il demande au taxi de l’attendre est-il un indicateur de ses prouesses sexuelles ? Et je fais quoi, moi ? Je ne lui propose pas d’entrer, je refuse de me mettre toute nue devant un mec qui pense que nos ébats dureront suffisamment peu de temps pour se permettre de demander au taxi de l’attendre.

« C’était sympa comme soirée, faudra remettre ça vite.

– Oui, heu… oui.

– Bonne nuit. »

Quoi il s’en va maintenant ? Mais pourquoi il m’a raccompagnée alors ? Il se penche vers moi et m’embrasse doucement sur les lèvres puis me laisse planter sur mon trottoir pour partir dans le taxi. Je le vois me faire un signe de main et la voiture disparaît au premier virage.


Je rentre chez moi, le sourire aux lèvres. Yes, je suis tombée sur un gentleman. Je me précipite sur mon téléphone pour lui envoyer un texto : « j’ai passé une soirée délicieuse, j’ai hâte de remettre ça. ». Sa réponse ne tarde pas : « Pourquoi pas vendredi ? ».

3 jours, ça va être long.


A suivre ! (quelle garce je fais)

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Le planning du chômeur

Révélation : être chômeur, c’est chiant. Si, je vous jure. Les journées s’étirent indéfiniment, on s’occupe en candidatant mais que le temps est long entre deux réactualisation de la boîte mail, vérification qu’on n’a pas raté un coup de fil, des fois qu’on aurait mis le téléphone sur silencieux… Mais surtout le chômage, c’est se déphaser de la société.

 

Je suis d’un naturel couche-tard, lève-tard. Quoi que je fasse, quel que soit mon état de fatigue, je n’arrive pas à me coucher tôt. C’est très rare que j’éteigne les feux avant
minuit malgré les bonnes résolutions. Alors imaginez le cauchemar quand on n’a pas d’horaires à respecter. Dans mon chômage idéal, je souhaitais me lever à 9h. Les recruteurs n’arrivent jamais au boulot avant et, tant qu’à faire, autant envoyer un CV quand ils sont au bureau, histoire qu’il ne soit pas noyé dans la masse. Et être sur le pont dès le matin, ça veut aussi dire sauter sur les annonces dès qu’elles paraissent et répondre. Oui, il faut être réactif. J’ai passé un entretien où le recruteur m’a avoué n’avoir regardé que les 40 premiers CV reçus. J’aurais répondu plus tard, ça aurait peut-être été mort pour moi. Je pensais que le chômage, ce serait levée tôt, recherche de boulot avec mon mug de café et tout ça. Sauf que la motivation, elle finit par disparaître.

Au tout début, le chômage, on se dit que ça va pas durer donc les 15 premiers jours, voire le premier mois, ça ressemble plus à des vacances qu’autre chose. Puis on finit par s’y
mettre, faire des plans d’attaque, des plannings. Sauf qu’on se rend compte que le chômage, on en sort pas forcément comme ça. Plus nos candidatures sont sans réponses (ou pire, réponses négatives), moins on est motivés. On ne se lève plus à 9 mais à 10h. On n’est pas à une heure près. Puis finalement, ce sera 11h. Puis midi, on a toute l’après-midi pour envoyer des CV, ça laisse le temps. Plus on se lève tard, plus on se couche tard, forcément. On se dit bien que quand on retrouvera un boulot, le rythme sera un peu dur à reprendre mais ce que je ne fais pas de jour, faut bien que je le fasse à un moment.

En même temps que cette désynchronisation, il y a un réel enfermement. Sortir ? Oui mais pour quoi faire ? Nos amis travaillent en journée et n’ont pas forcément envie de
sortir tous les soirs, ils sont un peu fatigués. On les comprend puis toutes ces sorties, ce n’est pas donné non plus. Alors les jours où on ne sort pas, on ne fait pas l’effort de s’habiller vraiment, on enfile une tenue d’intérieur, histoire de dire qu’on n’est pas resté en pyjama toute la journée, on se peigne histoire d’éviter les nœuds. Le maquillage ? Mais quelle idée ! Je vois pas bien à quoi ça sert de se maquiller si on sort pas. Ou si on sort juste faire ses courses.

Evidemment, à force de se désociabiliser, le chômeur déprime. Cercle vicieux. Passer sa journée à candidater, à essayer de se sortir de là, trouver des idées, des pistes, ça
fatigue, surtout quand ça n’aboutit pas. On se sent un peu nul et quand on se regarde dans la glace, ce n’est pas mieux. Négligée, c’est le mot. Du coup, dès qu’on a l’occasion de sortir, de voir du monde, ça nous fait un vrai bol d’air même si on a, du coup, tendance à culpabiliser : le temps que je prends à prendre un verre avec une amie dans la journée, je le prends pas à chercher du boulot. Sauf que ce qu’il faut comprendre, c’est que si on relâche pas la pression, on explose. On ne supporte plus de vivre entre ces 4 murs qui nous servent d’appart, à voir plus souvent Ashley et Victor des Feux de l’Amour que des vrais humains. Réaliser en se couchant que la seule fois de la journée où on a utilisé notre voix, c’est quand on a dit au chat d’arrêter ses conneries. Que quand on vous appelle, on vous demande systématiquement si on vous réveille, vu votre voix enrouée. Se rendre compte qu’on n’a même pas pensé à regarder ce qu’il y avait dans la
boîte aux lettres. Se dire que demain, ça va être tout pareil. C’est métro-boulot-dodo, sans métro et sans boulot. S’ensuit un ennui qui annihile tout. Plus envie d’écrire, de faire des projets autres que professionnels. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire.

Parfois, on a des entretiens et là, on se pomponne à mort, on se bichonne, on est même heureux d’être convoqué aux aurores : ciel, enfin une raison de se lever, une horaire à
respecter. Une occasion de s’habiller, de se maquiller. Peut-être que grâce à cet entretien, bientôt, je pourrai enfin pester tous les jours après mon réveil, m’habiller et me maquiller tous les matins… Voir des gens en vrai, leur parler.

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Se pomponner pour un entretien

Voici un article qui paraîtra superficiel de prime abord mais je suis sûre que je vais vous convaincre. Le but d’un envoi massif de candidatures est d’obtenir un entretien. Mais quand celui-ci survient, il faut s’y préparer.

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Il y a donc 9 mois, j’ai deux entretiens pour la même boîte. Mercredi, 15h, je commence à me préparer. Quelle tenue ? Un tailleur, of course. J’avoue que j’aime bien les pantalons tailleurs déjà, à la base, là, suffit juste d’y adjoindre la veste et c’est parti. Alors devant ma penderie, je prends mon tailleur-pantalon fétiche noir à rayures blanches. Fétiche parce que j’y suis bien dedans, je peux bouger sans soucis. Avec ceci, que mettre ? Mon haut rose fuschia avec un peu de dentelle au col. Suicidaire ? Non, stratégique. Sans décolleté (pour pas qu’on croit que je joue sur mes atouts physiques pour réussir), il réhausse la sobriété de ma tenue tout en y mettant une touche de féminité. J’avoue que j’aime le rose et les hauts colorés, ça égaie et en plus, ça donne bonne mine. Ça montre que je ne suis pas du genre à me cacher, à être tellement discrète qu’on ne me voit même pas. Non, ce n’est pas le genre de la maison.


De toute façon, en entretien, je suis 100% naturelle : enthousiaste, souriante et dynamique. Et puis je postule à un poste de journaliste/rédactrice, pas pour être hôtesse d’accueil dans une entreprise de pompes funèbres. Un journaliste, c’est tout de même quelqu’un qui ose : ose interpeller des gens dans la rue pour des micro-trottoirs, ose décrocher son téléphone pour solliciter des entretiens, ose mobiliser son réseau pour trouver le bon interlocuteur… Quelqu’un qui ose mettre du rose fuschia, même quand elle ne passe pas d’entretien.

Je prends soin de choisir mes dessous aussi. Il faut être à l’aise des pieds à la tête. Des jolis dessous pour que je me sente bien. Idem pour les bas : il faut qu’ils soient entier, aucune maille filée ne sera acceptée. Enfin, les chaussures. Bon, là, je suis obligée de renoncer à mes chaussures si confortables (baskets ou bottes) pour mes chaussures à talons certes très jolies mais comme je les mets jamais, je souffre un peu. D’un autre côté, j’aime bien marcher avec pour le bruit que ça fait, un bruit de femme déterminée.

A présent que je suis vêtue, il est temps de se maquiller. Bon, je ne change rien à mon habitude : n’étant pas une star de la chanson pour ado, je ne me tartine pas la figure de trois kilos de maquillages. Un peu d’or dans mes cheveux, un peu de noir sous mes yeux… Je plaisante. Je me maquille les yeux avec soin, comme d’hab, un fond de teint qui me flatte les narines car il sent bon la poudre, un peu de gloss. Je me coiffe les cheveux avec soin mais ayant une coupe carrée, je ne les attache pas. Pour quoi faire ? Mes ongles sont parfaitement coupés, un petit pshit de parfum pour sentir bon.

 Bref, je me prépare pour un entretien comme pour un rendez-vous galant. Futile ? Non. Oui, bien sûr, ce n’est pas mon physique que je vais vendre mais mes compétences. Après tout, on peut être un(e) bon(ne) journaliste et avoir le cheveu gras et le méchant look qui tue. C’est vrai, mais le débat n’est pas là, à mon sens. Pomponnée comme je suis, je me sens belle et conquérante, je dégaine mon sourire d’autant plus facilement. Je soigne ma démarche, déterminée, je me tiens droite, je vais attention à pas tripatouiller n’importe quoi. A partir du moment où je me sens jolie et avenante, la machine à confiance en moi se met en route. Je m’adresse à mon interlocuteur de façon polie et souriante. Je suis bien, je suis moi.
 

Certains vont me dire : « mais si tu tombes sur une femme, tu vas être mal ». Et bé non ! Je suis souvent tombée sur des recruteuses et ça s’est tout aussi bien
passé. A mon avant-dernier entretien, je suis tombée sur deux femmes. Je n’ai pas eu le job vu qu’elles ont préféré quelqu’un de plus expérimenté (je comprends), j’ai reçu un mail d’une des eux me félicitant de mon « excellente prestation ». Oui excellente ! C’est juste une question de confiance. Je me sens bien quand je sais que tout est parfait dans les moindres détails, j’ai ma petite chaîne en or avec mon ankh rapporté d’Egypte par mes parents, j’ai ma jolie écharpe verte, mes lunettes rouges (que je mets ou non), mon sac avec un livre sérieux dedans (alors que j’avoue que je lisais Cosmo dans le train pour y aller mais j’avais besoin de me détendre). Bien sûr, ce qui compte le plus, ce sont mes compétences et mon press book. Mais la phase de préparation, l’habillage et le maquillage sont des rituels qui me rassurent.

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C’est la listeeuuuh finaaaaaaaaale !

Nouvelle présidence, nouvelle France, nouvelle liste (mais sans rapport en fait)

– Dimanche, je suis allée voter et j’avais pris un livre (pas folle) vu que je votais toujours électroniquement (bordel). Résultat, y avait personne, 2 mn pour voter en tout et pour tout !

– Quand je parle future colocation avec ma mère, la voilà qui imagine qu’en fait, je m’installe en couple avec elle mais que j’ose pas lui dire. « Non mais ta coloc, là, c’est ta copine copine ou ta copine copine ? ». Ahahahahah, merci maman pour ce splendide fou rire !! Surtout que je venais de dire qu’on voulait une chambre chacune ! Si j’étais lesbienne et que je m’installais avec ma chérie, c’est pour dormir dans la même chambre qu’elle ! Mais c’est vrai qu’on fait un peu lesbienne à toujours partager nos desserts au resto. Et même nos plats aussi. Chérie, je crois que nous sommes découvertes !

– Mardi soir, grâce à un charmant contact MSNien, j’ai regardé un reportage sur les hommes et leur pénis. Ce qui est bien, c’est que mon contact répondait à toutes mes questions genre « hein, vous avez des érections dès l’enfance? » « Ca fait comme une envie de pipi quand vous allez jouir? ». Et puis là, la révélation : les mecs s’astiquent tout le temps Y COMPRIS au boulot, des fois. Donc maintenant, dès qu’un de mes collègues va aux toilettes, je chronomètre pour voir qui se fait un petit plaisir solitaire au boulot (et qui rabaisse pas la lunette, bordel, pensez à la fille du bureau quoi !)

– Mes collègues sont sympas, ils m’aident à trouver un appart. Enfin, je vous fais la conversation « Nina, tu cherches quoi comme appart? » « Un 3 pièces » « Ah non alors… » « Et moi, je t’en ai trouvé un, un peu au dessus de ton budget ». 1850 au lieu de 1200… Bon, future coloc, il va falloir que tu fasses don de ton corps pour compléter le budget ! Tu vois, je suis gentille, je t’aide à lutter contre notre lesbianisme refoulé.

– Ca me fait penser qu’il est temps que je trouve un mec à présenter à mes parents, histoire de leur montrer que j’aime toujours les individus pénissalement équipés, à mon plus grand regret par moment.

– Sébastien vient d’aller aux toilettes, 2mn à peine. Mais en sortant, il a chanté « quand je vois Fernande, je bande… ». A-t-il réellement fait pipi ou éjaculateur précoce? Ca me fait penser que Gonzague a émis des doutes quant à la propreté des torchons qui servent à s’essuyer les mains. Merci au jeune homme de MSN de m’avoir rendue parano sur ce qu’il se passe dans les chiottes (forcément mixte, il va pas y avoir un pipi room que pour moi) de ma boîte. En plus, y en a qu’un de WC.

– Et pourquoi le robinet à la sortie des chiottes du bureau, il était poisseux ?

– Le jeudi, c’est piscine, c’est un rituel quasi immuable sauf semaine prochaine pour cause d’ascension. Cette semaine fut instructive. D’abord,
j’aimerais savoir comment ça se fait que je me retrouve toujours avec le vieux et son caleçon blanc devant moi à un moment ou à un autre de mes longueurs ? Sinon, il n’est pas toujours facile d’être une fille un tant soit peu jolie face à une frustrée de la vie. Après avoir poireauté entre deux vieilles pour acheter un ticket, une qui a mis deux heures à savoir ce qu’elle voulait (un abonnement ? Des séances d’aquagym ? Une baguette pas trop cuite) et l’autre qui gueulait parce que ça avançait pas, je fais mon entrée triomphale dans les locaux, mon ticket à la main et mes talons aux pieds, mon pote maître-nageur m’adressant un large sourire. Et sa collègue de m’aboyer dessus « et les chaussures, on les enlève ! Et le ticket, on le donne ! ». Alors je précise qu’en trois semaines, c’est la première fois qu’on me demande et d’enlever mes chaussures (j’étais pas au bord du bassin, j’allais aux cabines) et de donner mon ticket. Mais mon poto m’a défendu. D’ailleurs au retour, il m’a fait plein de sourires aussi, m’a regardée me sécher les cheveux et me maquiller. C’est le pouvoir du bandeau.

– Je déteste qu’on me regarde me sécher les cheveux et me maquiller, y a que mon chéri (quand j’en ai un) qu’a droit.

– Future coloc est une garce. D’abord elle me traite de pétasse en mail parce que je la fais rigoler et puis quand je plante mon talon dans une bouche d’aération, elle me dit qu’elle va m’abandonner là après m’avoir piqué mon bandeau.

– Je me suis sentie bien mal aimée en fin de semaine au boulot. Pas par mes collègues (ils sont cools) mais par tous mes ados qui étaient super vénères car la nouvelle version de la plate forme plantait beaucoup un peu. Heureusement, mes petits chouchous m’ont soutenue. Mais je me suis fait traiter de connard (oui, je suis censé être un mec) par un gamin qui s’est excusé après.

– C’est rigolo, des blogueuses de la plate-forme adulte me drague. Putain, je vais vraiment finir lesbienne.

– Vendredi, j’ai joué aux fléchettes avec mes collègues, sans lunettes. A la première partie, j’ai même pas fini dernière et j’ai presque fait mieux que la première fois. La deuxième, par contre, j’ai losé mais j’ai pas fait fanny donc bon… Puis y a le gentil Philippe qui m’a expliqué les règles (bon, il me donnait les infos les unes après les autres, genre, je croyais que si je visais le 16, je faisais des points car je l’avais fermé mais les autres aussi alors c’était mort). Du coup, maintenant que je sais comment on joue, je me rends compte que je suis mauvaise.

– Les talons, ça fait de la corne sous les pieds. Mes petits pieds que j’avais poncé pour qu’ils soient tout doux ! Alors que personne n’a le droit d’y toucher.

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Petits coups bas entre amis

Par Jane

J’ai toujours pensé que les exs des copains-copines étaient un sujet tabou, des cibles interdites, du pas-touche intégral. Jusqu’à hier. Mais reprenons depuis le début.

Il y a des nouvelles qui se répandent comme une trainée de poudre. Ou des gens qui ont vraiment des antennes. Le célibat, par exemple.

Il y a quelques temps, je reçois un texto d’une connaissance. Cette connaissance est en fait l’ami de l’un de mes exs, qui prend des nouvelles une fois par an, pour le 1er janvier, ça donne bonne conscience. Cette connaissance est également celui qui avait balancé quelques gentillesses très peu flatteuses sur mon compte lors de la rupture. Nous soulignerons ici la délicatesse de l’ex qui m’avait gentiment rapporté que « de toute façon, mes potes m’ont dit que… » Messieurs, vous détestez qu’on vous dise « ma mère me l’avait dit » ou encore « j’aurais du écouter ma meilleure amie », alors ne nous faites pas vivre la même chose.

Recevoir un message en mars me semble donc un peu suspect. Le nouvel an est passé. Ce n’est pas encore mon anniversaire. J’ai eu des nouvelles de mon ex dernièrement donc je pense que ce n’est pas ça non plus. Bon, qu’est-ce qu’il me veut lui? Par curiosité, j’accepte de le voir. Ses textos sont parfois ambigüs, mais je me dis que je dois mal interpréter.

On réussit finalement à se trouver un créneau qui nous convient, le rendez-vous est fixé à samedi. « Je n’ai jamais vu ton appart' » Oui, mais moi non plus je n’ai jamais vu le tien, et je survis plutôt bien, donc on reste sur l’option rendez-vous en ville, ça m’évitera de devoir faire du ménage.

30 minutes avant l’heure de rendez-vous théorique, je suis affalée sur mon canapé à siroter de l’aspirine pour tenter de déloger le gros mal de tête qui menace de me flinguer mon samedi soir, en vieux t-shirt et jean informe. Mon téléphone sonne, et il m’annonce qu’il va être en retard. ca commence bien. J’en profite pour me maquiller (en vue de la soirée) et me coucher (en rattrapage d’un manque de sommeil chronique) Je suis réveillée toutes les 20 minutes par le téléphone, et finis par lui dire de passer chez moi, ça sera plus simple. J’émerge quand quelqu’un frappe à la porte.

L’entrevue est très civilisée, le café coule à flot, on échange les dernières nouvelles et celles plus anciennes, on parle boulot, quotidien parisien, célibat, banalités, sans aucun sous entendu glauque. Lui assis sur le canapé, moi sagement posée sur une chaise et agrippée à mon thé et mon aspirine.

A peine est-il parti que je retourne me coucher (toujours pour rattraper mon retard de sommeil) quand mon téléphone vibre. Pensant que ça concerne la soirée, je jette un oeil à l’écran.

« Ca m’a fait plaisir de te revoir, tu es de plus en plus belle. J’aurais aimé en revoir un peu plus de toi »

Petit conseil au passage: Quand on vous dit que vous allez servir de cadeau d’anniversaire, même en tout bien tout honneur, n’acceptez jamais, il semblerait que ça puisse traumatiser certaines âmes sensibles. Ou que certains aient une bonne mémoire.

Ouai, mais bien sûr; voilà que ça redevient ambigü, maintenant qu’il n’est plus là! Je réponds poliment mais sans encouragements. Dernier message reçu (et auquel je ne répondrai pas) « Sois sage ce soir » Non mais là, ya comme un bug, il se prend pour qui?

Hier soir, le téléphone sonne, je décroche machinalement.

« Alors, comment ça va? Tu as passé un bon week-end? »

« Euh… Oui… »

« Et tu as été sage? »

« Je ne pense pas que ça te regarde… »

« Ouille, ça doit vouloir dire non ça… Merde… »

« Je pense que tu t’en remettras! »

« Tu ne veux pas venir me voir [à Pétaouchnoc] jeudi? »

« Non, je bosse le lendemain, et c’est un peu loin. Et puis le recyclage, c’est pas mon truc. »

« Le recyclage? »

« Essayer de te taper une ex de l’un de tes potes, avec qui il est resté plus de deux ans, t’appelles ça comment? »

« Mais non, c’est de l’histoire ancienne! En tout cas, n’hésite pas à me rappeler! »

Après une telle déclaration, je m’interroge: pensait-il vraiment que le statut de pote de mon premier amour allait faire que j’allais tomber dans ses bras? La fin de mon histoire avec cet ex lui faisait-il penser que je n’avais absolument aucune moralité et que je sautais sur tout ce qui bouge? Etait-il si sûr de lui qu’il pensait que le fait de le revoir me ferait immédiatement tomber dans ses bras?

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Trop canon la meuf !

Non, aujourd’hui, je ne parlerai pas d’un éventuel revirement de cuti de ma part, je suis toujours hétéro. Mais je veux te parler de beauté féminine ou plutôt celle de nos amies
les célébrités parce que, des fois, y a des trucs qui m’interpellent.

Cette semaine est sorti au cinéma le film « Le concile de Pierre », avec Monica Bellucci dans le rôle principal. D’ailleurs, sur l’affiche, on ne voit qu’elle. Et là, quel est l’argument marketing de ce film ? « Ouais, Monica a accepté de s’enlaidir ». Donc, s’enlaidir, c’est se couper les cheveux et se mettre de la boue sur la joue ? Bon, pour le coup des cheveux, je pourrais me vexer mais bon, y a plein de belles filles avec des cheveux courts comme Carole Bouquet et Cécile de France ou Miranda dans Sex and the city. Enfin, bref, c’est pas un article capillaire, reste lecteur ! Donc moi, je n’ai pas vu ce film mais j’ai vu la bande annonce en allant voir Prête moi ta main avec Gauthier l’autre jour. La bande annonce se termine sur un gros plan du visage pensif de Monica qui regarde par le hublot d’un avion. Non mais vous croyez vraiment qu’on aurait intégré un gros plan comme ça d’une fille moche ? Non mais rien que pour ça, j’ai pas envie de voir le film.

 

Dans l’industrie du cinéma, ils aiment ça l’argument « elle s’est enlaidie, quel courage ! ». On nous a fait le coup avec Nicole Kidman, Charlize Theron, Natalie
Portman et j’en oublie certainement. Donc, si je résume être une actrice belle et accepter de s’enlaidir, c’est une preuve de courage ? Elles ne font que leur travail ! Tous les rôles ne demandent pas aux actrices d’être juste belle, faut composer parfois un peu ! Va-t-on applaudir une infirmière qui nettoie un malade qui s’est fait dessus ? Non ! Alors pourquoi applaudir une comédienne qui ne fait que son boulot ? Ces actrices sont effectivement très belles (quoi que Charlize Theron, je la trouve un peu banale par rapport aux autres) et c’est sûr que quand on est belle, c’est pas toujours facile de s’enlaidir. Non mais c’est vrai mesdemoiselles, laquelle d’entre nous serait ravie de sortir de chez elle enlaidie ? Perso, moi, même pour aller au supermarché, je reste pas en jogging ! Bon, je me maquille pas, quand même, faut pas déconner (surtout que les beaux caissiers, c’est au McDo qu’ils sont) mais c’est vrai que je suis incapable de sortir chez moi avec les cheveux sales ou un t-shirt souillé, par exemple.

 

Mais il n’y a pas que ça. Avez-vous remarqué comme on a tendance à dire « elle a accepté de s’enlaidir, c’est une vraie actrice ». Sous-entendrait-on qu’en fait, l’actrice en question ne doit son métier et sa renommée qu’à sa beauté ? Bon, pour Monica ou Charlize, c’est vrai que leur carrière n’est pas particulièrement marquée par de grands rôles de composition, c’est plus « Sois belle et tais-toi ». Mais bon Nicole Kidman, elle a quand même su montrer qu’elle déchirait, belle ou pas ! Parce que si je comprends bien, une belle actrice ne peut être bonne (donc une bonne actrice est forcément laide ?). C’est la jalousie qui parle ou pas ? C’est intéressant de voir qu’une femme belle est toujours suspecte. Genre sans son physique, elle n’aurait pas réussi. Faut être honnête, pour faire actrice, faut quand même un physique. Pas forcément être une bonnasse intégrale à la Pamela Anderson (qui n’a pas un très joli visage et qui n’est pas une excellente actrice puisqu’elle joue plus avec ses seins qu’avec le reste de son corps), il y a des actrices qui ont un charme fou. Je parlais de Prête moi ta main plus haut : ben, moi, Charlotte Gainsbourg, je la trouve bourrée de charme. J’avoue que ses premières prestations cinématographiques ne m’ont pas vraiment convaincue mais là, on sent la femme sereine et sûre d’elle. Mais revenons-en à la beauté. Ne peut-on pas être belle ET douée ? Il est évident que certains films ne jouent que sur la plastique de la comédienne donc on s’en fout qu’elle soit douée, on lui demande juste d’être belle, de prendre des pauses interminables, des tenues sexy et tout ça. Bon, là, effectivement, on peut remettre en doute ses qualités d’actrice. C’est vrai que Monica n’a pas eu des rôles vraiment réfléchis, surtout dans Matrix où elle a un rôle de potiche intégrale. Peut-être ne lui propose-t-on pas d’autres rôles, j’en sais rien (j’avoue que je m’en fous un peu, en plus). Mais c’est hallucinant comme on attend toujours les belles actrices au tournant : « ah, là, elle va pas pouvoir jouer sur sa plastique, on va vraiment voir si elle vaut le coup ou pas ! ». Bon, en l’occurrence, je suis pas sûre que le Concile de Pierre soit un rôle totalement novateur pour miss Monica mais pourquoi on ne fait pas de même avec des actrices à la plastique moins irréprochable mais qui s’enferment toujours dans le même rôle ? Par exemple, Mimi Mathy, pourquoi personne ne l’attendrait au tournant si elle jouait un rôle dramatique ? Non parce que sorti des films comiques et de Joséphine, l’ange gardien, on sait pas de quoi elle est capable, Mimi.

 

En somme, je ne comprends pas pourquoi la beauté et le talent seraient forcément antinomiques. Certaines actrices sublimissimes sont capables de tout jouer, comme leur métier le leur demande. Alors ne nous enthousiasmons pas parce qu’elles ont accepté de s’enlaidir. Et arrêtons de guetter le faux pas ! Oui, on peut être belle et talentueuse, heureusement, d’ailleurs !

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