Pompéi,  l’éternelle endormie

Quand nous avons choisi nos vacances avec Victor, on a cherché à se concocter un petit cocktail « soleil et vieilles pierres ». Parce que, oui, je kiffe les vieilles pierres, j’aime me perdre dans les vestiges d’une vieille civilisation, essayer de m’imaginer en ces temps reculés, déambulant sur le site. Et niveau imagination, on fera difficilement mieux que Pompéi comme site archéologique.

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J’avoue que Pompéi était un des points phare de notre programme, j’étais follement excitée… et un peu stressée aussi. Ca fait des années que j’ai envie d’y aller et forcément, je m’étais créé des images dans ma tête (je fais souvent ça) et je craignais d’être in fine déçue. Et bien… pas du tout.
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Pourtant, les conditions n’étaient pas super idéales, il faisait une chaleur torride. Alors premier point positif à Pompéi : y a des points d’eau absolument partout. Ca tombe plutôt bien vu qu’on avait vidé nos bouteilles en même pas une heure et qu’il faut bien une demi journée pour faire un tour même pas exhaustif du site.

pompei_3Je ne reviendrai pas en détail sur tous les éléments à voir, les guides le feront bien mieux que moi. L’avantage d’un tel site, c’est que c’est immense donc on peut se balader facilement sans trop être dérangé par d’autres personnes. On a cependant noté qu’on croisait régulièrement des groupes par paquets : ils doivent avoir les mêmes horaires de départ ou à peu près donc on était assez contents de pouvoir se balader tous seuls dans notre coin.

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Ce qui est fantastique à Pompéi, c’est vraiment cette facilité à flâner. On est allés un peu au hasard, se perdant pas mal, tombant de ci de là sur un temple, une belle maison aux fresques murales, un charmant jardin, des lauriers fuschia magnifiques. C’est une expérience assez incroyable de pouvoir se promener dans cette ville antique, de fouler les mêmes pavés que les romains, retrouver quelques signes des tuyaux de l’époque, nous rappelant un peu Bulla Regia (l’histoire est somme toute assez similaire). Et puis, en sortant le plan de notre poche, retrouver le forum, l’amphithéâtre ou les arènes.

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Si le travail de reconstruction reste assez visible dans les « rues », l’impression de majesté demeure. Chaque coin de rue est une surprise, une petite maison où l’on devine les escaliers, le péristyle, un bout de chambre… On se balade dans les poumons économiques et sociaux de la ville. Une expérience assez étrange et émouvante, on sent dans cette ville où le temps s’est arrêté tout le drame qui l’a frappée de plein fouet. On lève le nez vers le calme Vésuve… La même vue que les Romains de l’époque.
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Galvanisée par cette visite, je lus plus tard le roman « les derniers jours de Pompéi » dont je vous parlerai demain. En attendant, je vous renvoie vers ma chronique du film Pompéi… ou quand Hollywood a tué les Pompéiens une deuxième fois (et salement)

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Bulla Regia, quand les Romains vivaient en Tunisie

J’ai une certaine passion pour les vieilles pierres, j’avais tellement adoré la Sicile pour ça. Du coup, forcément, quand on me propose de me lever aux aurores pour aller se balader dans de splendides ruines romaines en Tunisie, je crie “ouiiiiiiiiiii”

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2h30 (à dormir la bouche ouverte) de route plus tard, le petit groupe de motivés que nous étions arrivons enfin à destination, fièrement guidés par “le professeur”, personnage pittoresque passionné d’histoire et d’archéologie (mais prof de physique, pourquoi pas). Le site est un peu situé au milieu de nulle part, entre deux montagnes sur le bord d’une route peu fréquentée. Limite, tu as l’impression de le découvrir toi-même, le site. Mais approchez et laissez moi vous conter l’histoire de Bulla Regia

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Il était une fois une cité romaine appelée Bulla Regia, située sur la route de Carthage. La ville n’avait pas toujours été romaine, elle a connue différentes cultures, grecques, byzantines ou puniques, qui lui donnent un aspect si particulier. Car cette ville présente une caractéristique très peu répandue. A dire vrai, à part à Pompéi, aucune ville ne possède cette configuration : les villas possèdent toutes un étage souterrain orné de magnifiques mosaïques. Là, un tremblement de terre fit fuir les habitants de la ville et Bulla Regia s’éteignit aux alentours du VIIe siècle ap JC. Ou plus tard, c’est pas bien clair encore aujourd’hui. Pendant des siècles, la ville a été oubliée, donc préservée, jusqu’à être à nouveau découverte vers la moitié du XIXe siècle. Depuis, ils dégagent petit à petit le site, le professeur estime que seuls 25% (!) ont été découverts pour l’heure.

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Mais dans ces 25%, il y a du remarquable. D’abord, le système de ventilation. Les moins bons en géographie d’entre nous auront noté que la Tunisie est un pays chaud, surtout dans les terres. Mais pas de soucis pour les habitants de Bulla Regia qui, en plus d’enterrer tout un étage, truffaient leurs murs de tuyaux en terre cuite afin de rafraîchir l’atmosphère. Pour rendre la vie toujours plus agréable, de larges ouvertures et péristyles permettaient de faire passer des courants d’air. Hé oui, la clim version Antique.

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On se promène dans les vestiges de la cité disparue : ici était le forum, là l’amphithéâtre, nous voici dans les thermes… Le tout préservé de façon incroyable, il n’y a pas grand mal à deviner à quoi ressemblait la cité à l’époque où elle était habitée. C’est toujours un peu étrange de déambuler dans ce type de ruines, d’imaginer qu’avant, ça grouillait de vie et qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’une demi douzaine à nous balader dans les vestiges. Ca relativise ce que nous sommes et notre pérennité.

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Bref, un site magnifique qui a l’énorme avantage de ne drainer que peu de visiteurs, du moins à l’heure où nous étions. A part les personnes travaillant sur le site et nous surveillant de loin et deux bédouins, nous n’avons croisé âme qui vive et avons pu profiter pleinement du lieu. Une visite à faire si vous passez dans le coin et que vous avez une voiture sinon, c’est pas la peine de l’envisager.

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Stage ou chômage, mon cœur balance

 

Lors de mes recherches d’emploi, on m’a proposé des stages. Souci majeur dans mon cas : je n’étais plus étudiante donc pas de convention. Du coup, j’ai envisagé de me réinscrire à la fac juste pour faire des stages. Mais est-ce bien utile ?

Octobre 2005, me voici officiellement diplômée d’un master professionnel de journalisme. Soyons honnête, ce diplôme ne vaut pas grand-chose mais deux expériences peuvent être mises en valeur : la création d’un journal de la promo (conception, écriture, réalisation, mise en page…) mais surtout mon stage. Pendant deux mois et demi, me voici rédactrice stagiaire spécialisée dans le rugby. J’avais enchaîné sur un autre stage mais tellement vide et inutile que je l’ai même pas mis sur mon CV. Ce stage n’était bien sûr pas le premier. En tant qu’étudiante, j’apprécie l’intérêt des stages : on est certes mal payés (voire pas payé du tout) mais au moins, on fait le métier comme n’importe quel employé, on grossit le pressbook, on apprend. Je ne le dirai jamais assez, on apprend 100 fois plus de choses en stage que dans un amphi comme par exemple : suis-je faite pour le métier que je vise ? L’histoire de Tatiana est très éclairante sur la question.

Mais une fois diplômée, dois-je encore postuler pour des stages ? Enfin, postuler également pour des stages, cela va sans dire. Au début de ma recherche d’emploi, j’avais une position très claire : je suis une grande fille à la recherche de son premier emploi, les stages, c’est fini. Sauf que le temps passe et on se rend compte qu’on ne décroche pas de job. Et là, le stage devient soudain un peu plus tentant : ok, ça paie pas le loyer mais ça comble les trous sur le CV, ça fait une expérience en plus et éventuellement le réseau qu’il nous faut. Evidemment, on hésite car ça représente quand même une régression par rapport à ce que l’on vise et surtout une crainte : pendant notre stage, on va chercher moins activement (voire plus du tout) vu qu’on est occupé. Est-ce une bonne idée de se retirer temporairement du marché du travail ?

Par ailleurs, les stages sont vite un cercle infernal. J’en avais déjà parlé à l’époque où j’avais rencontré Emilie Maume dont le livre Profession stagiaire m’avait limite donné envie de vomir. Des gens de 30 ans, surdiplômés, sont toujours en stage car ils ne trouvent pas d’emploi. Quand je lis dans ce même livre un mec du Nouvel Obs dire « les stagiaires, j’ai honte de ce qu’on les paie alors qu’ils arrivent avant nous et finissent toujours à pas d’heure ». Quand je lis aussi que les grandes entreprises tournent à 25% de stagiaires toute l’année, main d’œuvre pas chère… C’est dans ces moments là que j’avais envie de tout laisser tomber.

Et pourtant, le stage m’a semblé parfois une solution provisoire intéressante. Expérience, réseau mais surtout vie active. J’ai déjà expliqué le planning du chômeur alors à l’idée d’avoir des horaires, de quoi faire pendant mes journées… Ben ouais, arrive un moment où on accepte de rentrer dans le cercle vicieux. Ce qui fait que pendant une poignée de mois, on ne passe plus pour le branleur de service qui est suspect à force de ne pas trouver, la larve en jogging. Même si dire « je suis stagiaire », ça fait pas toujours rêver, on a enfin de quoi raconter en soirées, des anecdotes de bureau qui ne datent pas d’il y a un an. Alors certains diront que, forcément, l’Etat va pas se pencher sur cet épineux problème des stages, qu’un stage, ce n’est pas un vrai boulot. C’est vrai. Mais franchement, quand tu as le choix entre passer tes journées chez toi à prospecter en ramassant un RMI et exercer ton métier pour une somme à peu près équivalente, tu finis par ne plus hésiter. C’est certes reculer pour mieux sauter puisqu’il faudra bien chercher à nouveau mais on ne sait jamais : lors du stage, il est possible de rencontrer les bonnes personnes. Et ça fait toujours une ligne de plus au CV, un argument de plus pour séduire ton futur employeur.

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