Courrier des cœurs : réponse à Tulipe

Cette semaine, Tulipe nous a posé la question suivante : « J’ai rencontré un mec y a quelques temps, on est un peu sortis ensemble mais là, ça fait 15 jours que j’ai plus de nouvelles. Il n’est pas branché téléphone mais là, quand même… Du coup, je me demande si je peux ou dois lui envoyer un ultime message ou si je dois attendre qu’il revienne vers moi car j’ai peur que si je lui renvois des messages, je l’effraie, ça fasse trop fille accro. Votre avis? »



La cellule love and sex s’est réunie et voici ce qu’on en pense

Marine : Donc non seulement tu n’attends plus de nouvelles, mais surtout tu ne lui écris pas. Non, ça fera pas « fille accro », ça fera « boulet », celle qui comprend pas l’évidence, à savoir que le mec a lâché l’affaire et a même pas pris la peine de le signaler. Par ailleurs, inutile de le réprimander, le plan « dignité offensée », il n’y a
que les filles qui y croient, lui, ça ne l’atteindra pas. Donc pour ton bien-être, n’attends plus rien de lui, lâche l’affaire e basta cosi.

Summer : Ben ça dépend si tu lui as déjà envoyé 160 messages et que tu n’as aucune réponse dans ce cas oui vaut mieux laisser tomber, si tu ne lui as laissé qu’un ou deux messages un petit dernier pourquoi pas, mais entre nous comme dirait Miranda, s’il rappelle pas c’est que tu ne l’intéresses pas vraiment (enfin elle le dit pas comme ça Miranda mais en substance c’est presque ça!)

Enzo : Tu as raison, un homme est un petit animal fragile qui s’effraie rapidement et facilement. D’ailleurs il faut beaucoup de tact pour l’apprivoiser. Et si tu es forte tu pourras le baguer (pour le reconnaitre parmi les autres).
Hum non ca colle pas, je la refais :
Mais bien sur tu as raison, c’est dur de franchir le cap et d’aller à l’encontre des lois de la nature : c’est à l’homme d’appeler, biologiquement, c’est dans les gènes. Ne joue pas avec la nature, sinon la nature se vengera !
Ca colle pas non plus…
Bon oui tu peux lui envoyer un message (d’ailleurs tu aurais pu et du le faire plus tôt, je ne te félicite pas) mais 15 jours sans nouvelles, c’est plutot mauvaise signe (pour tous les êtres humains, que ce soit homme ou femme).

Diane : Sache, petit scarabé, que la lacheté masculine a su développer de nombreuses techniques d’évitement à travers les ages. Il semblerait ainsi ici que nous soyons en présence de la fameuse et merveilleuse technique du: « je t »ignore et je ne réponds pas à tes appels ni à tes messages afin de te montrer que tu ne m’intéresses plus parce que je n’ai pas l’honnêteté ou le courage de te le dire carrément et clairement »

Donc, mon conseil: lui envoyer un ultime message pour célébrer ta liberté (plus ou moins ironique, hein: « bon bah puisque tu réponds pas, j’annule le plan à trois avec ma copine Carmen electra »), ou tout simplement on efface son numéro. Errare humanum est, perseverare connardum.

Nina : Ahem. Bon, sur le papier, ça semble mal barré mais bon, il a peut-être une bonne excuse genre une appendicite…Dans ce cas là, je suggère la technique du ultime SMS du genre : « le silence radio, c’est pas classe » ou assimilé. Là, deux choses : soit son orgueil de mâle est piqué et il te répond, soit il répond pas. Comme tu auras activé l’accusé de réception pour le SMS et qu’il répond pas, c’est définitivement un connard. Tu peux aussi faire un SMS d’insulte si tu as besoin de te défouler mais bon…Comme dit Marine, ça ne servira pas à grand-chose. Au moins, tu auras fait une dernière tentative et tu pourras passer à un autre mec, certainement plus classe.

Voilà, si toi aussi, tu as une question vitale à nous poser ou une question à la con pour nous amuser, n’hésite plus, laisse un comm, écris un mail
(nina.bartoldi’at’gmail.com), facebooke-moi (Nina Bartoldi, aussi), manifeeeeeeeeste toi !

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Le planning du chômeur

Révélation : être chômeur, c’est chiant. Si, je vous jure. Les journées s’étirent indéfiniment, on s’occupe en candidatant mais que le temps est long entre deux réactualisation de la boîte mail, vérification qu’on n’a pas raté un coup de fil, des fois qu’on aurait mis le téléphone sur silencieux… Mais surtout le chômage, c’est se déphaser de la société.

 

Je suis d’un naturel couche-tard, lève-tard. Quoi que je fasse, quel que soit mon état de fatigue, je n’arrive pas à me coucher tôt. C’est très rare que j’éteigne les feux avant
minuit malgré les bonnes résolutions. Alors imaginez le cauchemar quand on n’a pas d’horaires à respecter. Dans mon chômage idéal, je souhaitais me lever à 9h. Les recruteurs n’arrivent jamais au boulot avant et, tant qu’à faire, autant envoyer un CV quand ils sont au bureau, histoire qu’il ne soit pas noyé dans la masse. Et être sur le pont dès le matin, ça veut aussi dire sauter sur les annonces dès qu’elles paraissent et répondre. Oui, il faut être réactif. J’ai passé un entretien où le recruteur m’a avoué n’avoir regardé que les 40 premiers CV reçus. J’aurais répondu plus tard, ça aurait peut-être été mort pour moi. Je pensais que le chômage, ce serait levée tôt, recherche de boulot avec mon mug de café et tout ça. Sauf que la motivation, elle finit par disparaître.

Au tout début, le chômage, on se dit que ça va pas durer donc les 15 premiers jours, voire le premier mois, ça ressemble plus à des vacances qu’autre chose. Puis on finit par s’y
mettre, faire des plans d’attaque, des plannings. Sauf qu’on se rend compte que le chômage, on en sort pas forcément comme ça. Plus nos candidatures sont sans réponses (ou pire, réponses négatives), moins on est motivés. On ne se lève plus à 9 mais à 10h. On n’est pas à une heure près. Puis finalement, ce sera 11h. Puis midi, on a toute l’après-midi pour envoyer des CV, ça laisse le temps. Plus on se lève tard, plus on se couche tard, forcément. On se dit bien que quand on retrouvera un boulot, le rythme sera un peu dur à reprendre mais ce que je ne fais pas de jour, faut bien que je le fasse à un moment.

En même temps que cette désynchronisation, il y a un réel enfermement. Sortir ? Oui mais pour quoi faire ? Nos amis travaillent en journée et n’ont pas forcément envie de
sortir tous les soirs, ils sont un peu fatigués. On les comprend puis toutes ces sorties, ce n’est pas donné non plus. Alors les jours où on ne sort pas, on ne fait pas l’effort de s’habiller vraiment, on enfile une tenue d’intérieur, histoire de dire qu’on n’est pas resté en pyjama toute la journée, on se peigne histoire d’éviter les nœuds. Le maquillage ? Mais quelle idée ! Je vois pas bien à quoi ça sert de se maquiller si on sort pas. Ou si on sort juste faire ses courses.

Evidemment, à force de se désociabiliser, le chômeur déprime. Cercle vicieux. Passer sa journée à candidater, à essayer de se sortir de là, trouver des idées, des pistes, ça
fatigue, surtout quand ça n’aboutit pas. On se sent un peu nul et quand on se regarde dans la glace, ce n’est pas mieux. Négligée, c’est le mot. Du coup, dès qu’on a l’occasion de sortir, de voir du monde, ça nous fait un vrai bol d’air même si on a, du coup, tendance à culpabiliser : le temps que je prends à prendre un verre avec une amie dans la journée, je le prends pas à chercher du boulot. Sauf que ce qu’il faut comprendre, c’est que si on relâche pas la pression, on explose. On ne supporte plus de vivre entre ces 4 murs qui nous servent d’appart, à voir plus souvent Ashley et Victor des Feux de l’Amour que des vrais humains. Réaliser en se couchant que la seule fois de la journée où on a utilisé notre voix, c’est quand on a dit au chat d’arrêter ses conneries. Que quand on vous appelle, on vous demande systématiquement si on vous réveille, vu votre voix enrouée. Se rendre compte qu’on n’a même pas pensé à regarder ce qu’il y avait dans la
boîte aux lettres. Se dire que demain, ça va être tout pareil. C’est métro-boulot-dodo, sans métro et sans boulot. S’ensuit un ennui qui annihile tout. Plus envie d’écrire, de faire des projets autres que professionnels. Moins on en fait, moins on a envie d’en faire.

Parfois, on a des entretiens et là, on se pomponne à mort, on se bichonne, on est même heureux d’être convoqué aux aurores : ciel, enfin une raison de se lever, une horaire à
respecter. Une occasion de s’habiller, de se maquiller. Peut-être que grâce à cet entretien, bientôt, je pourrai enfin pester tous les jours après mon réveil, m’habiller et me maquiller tous les matins… Voir des gens en vrai, leur parler.

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