Pourquoi la drague de rue fait chier

Et que vous seriez fort aimables d’arrêter de nous faire subir ça, bordel à queue. J’en ai déjà parlé sur mon blog quelques fois par le passé mais c’était y a longtemps et j’aime à me répéter parfois car comme disait une ancienne collègue commerciale “répéter, c’est convaincre”. Donc on note : la drague de rue, c’est chiant. Et non, ça ne fait pas plaisir, désolée de vous l’apprendre.

Drague de rue

En 37 ans d’existence donc 25 avec des seins, j’ai réalisé un truc, mmmm, intéressant. Je ne me fais draguer que quand je dégage une certaine vulnérabilité. C’est quand je suis en jogging, quand je suis rêveuse et que j’ai baissé mes défenses. Et du coup, maintenant, quand un mec m’adresse la parole pour me draguer, je flippe “merde, j’ai l’air vulnérable”. Alors ouverture des épaules, technique de sophrologie du tigre et on repart. Car la drague de rue se caractérise par son manque de sincérité neuf fois sur dix.

Un homme importune une femme dans la rue pour la draguer

Reprenons. Je suis dans la rue et un mec vient m’aborder. Que sait-il de moi ? Je suis dans cette rue à ce moment donné et à priori, il doit me trouver un peu jolie (ou cherche juste à me rappeler à qui appartient la rue). Point. Et je trouve ça insultant autant pour moi que pour lui. Moi parce que manifestement, l’emballage est suffisant, on s’en fout du reste. Lui parce qu’il ne s’intéresse qu’à l’emballage. Si j’inverse les rôles, pourquoi j’irais draguer un inconnu. Il y a cet homme, bien joli, avec sa petite barbe, ses lunettes, son joli nez, tout ce que j’aime. Mais après ? D’abord, il peut être en couple donc soit il est fidèle et je l’ai juste dérangé pour rien, soit il a une meuf mais j’ai pas forcément prévu d’être sa maîtresse (dans l’hypothèse où il serait réceptif à ma demande). Mais ça, ce n’est qu’une donnée parmi tant d’autres. Peut-être que je vais lui parler à un moment où il est anxieux car il va à un entretien et se le répète dans sa tête. Peut-être est-il en colère. Peut-être est-il en train de tisser une jolie histoire dans sa tête dans laquelle je n’ai rien à faire, peut-être qu’il est triste car il a appris une mauvaise nouvelle… Je ne connais pas son état psychique et peut-être que je vais tomber au pire moment et qu’il n’a juste pas envie de subir ça juste parce qu’il est sorti de chez lui et que je l’ai trouvé fort appétissant. Mais ce n’est pas tout. Peut-être qu’il est raciste et/ou homophobe, peut-être qu’il est violent, peut-être qu’il est macho, peut-être qu’il a des passions dans la vie qui ne me parlent pas du tout, peut-être qu’il adore Hanouna et les anges de la téléréalité, peut-être qu’il écoute Jul en boucle chez lui, peut-être qu’il ne boit pas d’alcool… (c’est pas un défaut ça mais on risque d’avoir un léger souci de compatibilité). Ce que j’aime chez un homme, c’est pas juste sa jolie frimousse et son petit cul frétillant, non. C’est un tout. Alors ce joli garçon, au pire, je le prends en photo mentale et je m’en servirai pour l’un ou l’autre de mes romans. Ou je l’oublierai parce que ce n’est pas très important.

Hernano Fuentes Sense 8 Alfonso Herrera

Ensuite, la drague dans la rue, ça me rappelle ma vulnérabilité, comme je disais. Ça me rappelle ma période de journaliste en plein micro-trottoir. Lors de mon premier micro-trottoir, je me jetais à la tête de tout le monde avec un taux de réussite très bas. Alors j’ai changé mon fusil d’épaule et j’ai pris des gens immobiles : ceux qui attendent, ceux qui rêvent, ceux qui traînent… Bref, ceux qui sont peu attentifs et n’oseront me dire non car ils ne sont pas en action. Une femme l’avait souligné lors de la vidéo indigne de Guillaume Pley en mode PUA “abuser de la confiance des femmes pour les embrasser de force”, vous savez, le “je peux te poser trois questions ?”, cette femme avait relevé que les femmes abordées étaient soient assises soit au distributeur automatique donc pas en position de s’enfuir… donc en position de vulnérabilité.

Draguer dans la rue

Et puis, ça me rappelle assez méchamment que dans la rue, je suis pas dans mon espace, j’en ai déjà parlé. En gros, je pénètre un univers masculin, je suis priée d’être disponible, souriante et polie sinon, j’aurai droit à ma petite insulte.

Des hommes matent une femme qui passe

Mais surtout, le point chiant de la drague de rue, c’est le non. Jean-Michel dragueur décide de m’aborder, je lui indique que je suis pas intéressée (quand j’entends, je suis devenue une ninja du j’entends pas…) mais pas de bol, je suis tombée sur la version lourde qui veut savoir pourquoi je ne veux pas aller boire un café avec lui. T’as déjà un mec ? Pas grave, je suis pas jaloux, mouarfffff ! Tu vas bosser ? Ben donne ton numéro, je t’appelle et on se voit après ! Je vous jure, c’est insupportable. Parce que le coup du petit copain, ça m’est arrivé de le sortir en période de célibat par politesse. Parce que oui, j’ai pas forcément envie de dire cash au mec que sa gueule me revient pas et que j’ai pas envie de prolonger cette conversation, merci, au revoir. C’est quand même pas dur à piger, il me semble. “Oui mais si le mec était beau, tu dirais pas ça…”. Non, un mec qui me colle et me saoule, je vois pas trop comment je pourrais le trouver autrement que flippant, en fait…

Krysten Ritter - Jessica Jones

Bref, vous trouvez une femme bien mignonne dans la rue et vous pensez que c’est la mère de vos futurs enfants ? C’est votre droit. Elle vous envoie quelques regards invitant à la conversation ? Vous pouvez lui répondre. Sinon, foutez-nous la paix. Parce que si vous avez le droit de nous trouver jolie, nous avons le droit de ne pas être intéressées et de ne pas prendre d’insultes pour ça ou de devoir se justifier pendant dix bonnes minutes alors qu’on a franchement autre chose à faire. Même si on n’a rien à faire, d’ailleurs, ce sera quoi qu’il en soit plus sympa que de commencer à flipper parce qu’un mec nous colle et qu’on ne sait pas s’il va pas finir par nous agresser parce qu’on n’a pas envie de lui.

Femme agressée dans la rue

Et pour les chouineurs qui comprennent pas la différence entre jeu de séduction et harcèlement, le projet crocodile vous expliquera ça très bien, hop !

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Nostalgie du désir

Certaines de mes copines cherchent l’amour, de Katel à Mélanie en passant par plein de gens qui sont plus ou moins fondus dans les deux entités nommées ci-dessus. Or en tant que meuf en couple stable et qui a trouvé son doux sur un site de rencontre, forcément, je suis la vieille briscarde de service à qui on demande conseil et à qui on raconte les petites anecdotes croustillantes… jusqu’à réveiller une certaine nostalgie du désir.

Rêve érotique féminin

Est-ce que ça ne vous le fait pas, à vous, quand on vous raconte une première soirée, un premier date, ces quelques secondes de tension entre les saluts et, peut-être, le premier baiser ? Cette petite excitation avant le rendez-vous, cette envie de croire que celui-là, ça pourrait être le bon parce qu’il a l’air joli et a plein de trucs en commun ? Cette petite exaltation quand on se prépare le matin pour ce rencard ? La petite appréhension quand on a ramené l’autre chez soi : est-ce que ça sera bien ? La douce sensation de la découverte d’un nouveau corps, mmm…

nostalgie du désir

Sauf qu’en fait, tout ça, c’est un peu du bullshit. Mon paragraphe précédent n’est qu’une nostalgie et vous savez ce qu’elle fait la nostalgie ? Elle nimbe tout d’or et de lumière, répand dans l’atmosphère une suave odeur de fleurs d’oranger… Alors que pardon mais tout ça, c’est un putain de mytho. Je veux dire pour un date cool (je parle même pas de conclure ou quoi), combien de moments d’ennui, de panique dans le cerveau en mode “comment je me tire de là maintenant ?”, combien de “mais c’était qui sur la photo, du coup ?”. Et encore quand l’emballage est à la hauteur, vaut voir ce qu’il sort de sa bouche, y a des moments où tu te demandes si tu es en date ou en entretien d’embauche pour le Klux Klux Klan…

rencard raté, ennui

Et le sexe. Parlons-en du sexe. La découverte du corps de l’autre, pia pia pia. Là, encore une belle histoire… qui n’est que mensonge ! Sincèrement, combien d’entre vous ont trouvé leur première fois avec leur tendre moitié absolument géniale ? Sincèrement, ma première nuit avec Victor fut très plaisante mais mes meilleurs souvenirs sexuels avec lui, ce n’était pas cette nuit là. Combien de moments un peu gênants avez-vous passé à vous rendre compte que non, là, y avait pas compatibilité ? A regarder un plafond ou un oreiller en espérant que ça allait vite se terminer ?

Couple qui s'ennuie au lit

Alors oui, je dis pas, le jeu de la séduction, ça reste toujours un truc plaisant… quand ça fonctionne. Ah parce qu’ultime mensonge de la nostalgie du désir : l’attente. Une fois que t’as chopé l’objet de ton désir, tu racontes à tes ami-e-s célibataires comme l’attente et l’incertitude avant le premier baiser était un moment doux et délectable. Mais arrête de mentir ! C’est l’horreur ce passage là, quand tu sais pas si l’autre a envie de toi ou s’il-elle est trop poli-e pour te jeter sans ménagement, que tu te regardes dans la glace en te trouvant tellement moche que tu ne comprends pas comment l’objet de ton désir pourrait avoir envie de ramener ça chez lui-elle… Le doute, l’agacement. Il n’y a vraiment que quand t’es sûr-e de toi que ce moment là est parfait, cette petite tension juste avant ce premier baiser que tu sais inévitable, le coeur qui s’accèlère, les poils qui se hérissent, le ventre qui chauffe…

Tension amoureuse

“Ouais ok, tu nous racontes un article juste pour te la péter en mode “moi je suis en couple et votre quête d’un-e partenaire potable, c’est vraiment l’horreur”, c’est ça ?”. Bien sûr que non. D’abord parce que ce serait tellement hypocrite au vu de mon propre parcours (et du fait qu’à des moments, j’aimais bien être une séductrice collectionneuse) mais c’est surtout de cette nostalgie qui patine tout dont je voulais vous parler. Parce qu’en fait, c’est un matériel franchement pas mal… pour écrire.

Femme tape sur une machine à écrire rose

Mon Dieu, si je me crée des réseaux sociaux d’écrivaine, j’ai mon avatar, là…

Je vous explique ça très vite !

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La liberté sexuelle pour les femmes : le grand leurre

Elle s’appelle Isabelle. 44 ans, divorcée, “pas mal pour son âge”; comme on dit. Pourtant le matin, quand elle se regarde dans la glace, ce n’est pas ce qu’elle voit. Elle ne voit que la peau qui perd un peu de sa tonicité, quelques taches discrètes qui commencent à apparaître, du gras sur le ventre qui refuse de partir. Ce matin, encore un nouveau cheveu blanc. Une sensation que ses belles années sont désormais derrière elle et qu’elle ne les retrouvera plus. Ainsi, elle n’a pas cru sa chance quand ce jeune homme croisé quelques fois à la machine à café est rentré dans son jeu de séduction. Après quelques verres et beaucoup de rires, il l’a ramené chez lui, ils ont fait l’amour, une fois, deux fois . Quelle fougue, ces jeunes hommes, elle avait oublié. Elle repart le lendemain, la confiance en elle remontée, le sourire aux lèvres.

Femme quadragénaire sourit à la vie, confiance en elle, New York

Elle s’appelle Axelle et c’est une femme libre. Elle aime les hommes, beaucoup, elle en rencontre souvent, elle se donne sans calcul et avec délectation. Ce soir, elle prend un verre avec Tiago, un beau garçon croisé sur Tinder. Ils se cherchent, ils se séduisent. Le contrat est clair : juste du cul, pas d’attaches. C’est donc sans surprise qu’ils finissent ensemble au lit pour une nuit torride. Axelle jouit, Axelle est heureuse : elle prend son plaisir avec un beau garçon après une bonne soirée.

une femme nue dans la forêt adossée à un loup, femme sauvage et libre, liberté sexuelle

Elle s’appelle Daria. Depuis quelques temps, elle flirte avec ce garçon, Charles, qui est en cours d’éco avec elle. Il est drôle et prévenant. Un soir, il l’invite à prendre un verre ailleurs qu’à la fac. Soirée délicieuse mais elle ne cède pas, elle veut être sûre. Ce ne sera qu’au bout du 3e rendez-vous qu’elle se donnera à ce garçon qui a conquis son coeur.

Un jeune couple flirte en buvant un verre en terrasse

Le point commun entre Isabelle, Axelle et Daria ? C’est qu’elles sont tombées sur des connards… Mais des connards puissance 10 000 qui les ont photographiées et balancé des photos d’elles nues ou presque prises à leur insu avec des commentaires pas forcément sympa sur leur âge, leur plastique ou leurs performances. Oui, en 2017, ça existe et pour une page Facebook trouvée, celle de Babylone 2.0, il en existe encore beaucoup pas encore débusquées parce que vous vous doutez bien que, nous, les femmes, ne sommes pas les bienvenus dans ce type de groupe fermé.

Un jeune homme prend une photo avec son smartphone

Quels torts ont eu nos trois demoiselles ? D’avoir une activité sexuelle. Point. Et d’avoir mal jugé une personne, pensant être dans un environnement safe avec lui. Et franchement, l’addition est très salée pour juste une erreur d’appréciation. Alors, oui, il est possible qu’elles ne sachent jamais qu’elles ont été exhibées là mais la situation reste dramatique. Des centaines ou milliers d’individus ont pu voir leur corps, allez savoir ce qu’ils ont pu faire sur ces photos. Et rappelez-vous qu’on ne parle que d’un seul cas, là… 

Un homme regarde des photos de jeunes femmes sur un ordinateur

Parce que la femme sexuée est systématiquement brimée. Quand j’écrivais mes aventures sexuelles ici (sans photos, sans vrai prénom ni détails permettant de reconnaître le mec impliqué, des fois qu’un mec ait envie de m’expliquer que je faisais pareil), qu’est-ce que j’ai pu me prendre comme seau d’insultes et de messages de type “va te faire gang banger* connasse” et autres joyeusetés. Dès que j’ouvrais la bouche, j’étais rabaissée par un “ta gueule, restes-en à tes histoires de cul”. Oui parce que le fait que je vive une sexualité épanouie semble me disqualifier pour parler de tout autre sujet… On me renvoyait systématiquement à ça, tout le temps. Mais quel est le rapport entre mon activité sexuelle et ma culture gé ou mes opinions ? Je cherche encore.

Une artiste de burlesque lit le journal avant de monter sur scène

Pourtant, on nous l’a vendue cette liberté sexuelle féminine. On regardait Samantha dans Sex and the city mener de front une carrière réussie (enfin, sa carrière, on la voyait que rarement dans la série) et une vie sexuelle débridée, se tapant les plus beaux mecs de Manhattan, dans la joie et la bonne humeur. Idem pour Miranda qui trouva l’amour en se tapant un barman random dans un bar, Charlotte qui finit avec un avocat qui avait pour seul intérêt au départ de la faire grimper aux rideaux et Carrie… Je sais plus. Sauf que non, dans la vraie vie, une femme qui couche est indigne selon les hommes (pourtant ravis de coucher), on peut l’insulter, la dégrader, l’humilier, elle l’a bien cherché. En 2017, on en est encore là et le pire, c’est que je suis moi-même un petit rouage de ce système. Je veux dire pourquoi j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog ? De peur qu’un employeur tombe dessus et ne m’embauche pas alors que… ben ce que je fais de mon cul n’a aucun rapport avec mon professionnalisme (vu que j’ai jamais eu de coït sur la photocopieuse en plein open space donc je ne perturbe personne). Alors je dirais bien que je vais vous reparler de mes histoires de fesses mais vu que je suis désormais monogame, le suspense est un peu limité. Mais on mesure une nouvelle fois à quel point le féminisme est nécessaire aujourd’hui, plus que jamais, car nous sommes de plus en plus opprimées, jusque dans nos libertés de jouir.

scène de sexe sur le piano dans Pretty Woman avec Richard Gere et Julia Roberts

J’ai publié un tweet sur le sujet vendredi et j’ai reçu des réactions assez diverses. J’ai passé beaucoup trop de temps à expliquer des concepts féministes de base comme le “not all men” et mansplaining donc je prévois pas mal d’articles à caractère féministe dans les prochaines semaines donc si ça vous ennuie… Ben arrêtez de lire mon blog car je passe en mode poing levé.

Logo féministe poing levé

* Je l’ai vraiment eu, celui là…

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La drague,c’est nul

Entre deux dossiers, j’aime à glander sur YouTube histoire de me détendre un peu. Tiens, que me propose-t-on ? Petit ours brun… Ah oui, j’ai gardé Saturnin récemment et j’ai dû lui céder mon mobile. What else ? Ah tiens une vidéo de Norman feat Natoo et Andy sur la drague. Ahah oui, c’est drôle mais cette conclusion m’interpelle « j’aime pas draguer, la drague c’est nul ». Tiens…
drague

Alors oui, je suis d’accord. Pour moi, la drague n’est un truc cool que dans 2 cas : celui où tu sais avec certitude que ton petit jeu aboutira à quelque chose (ce qui n’arrive à peu près jamais même quand la metacommunication est sibylline) et celui où tu te remémores le petit jeu de séduction qui t’a permis de choper. Sinon la drague, c’est nul et ce pour plusieurs raisons.

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D’abord, la drague est une question de confiance en soi ou plutôt une remise en question de confiance en soi. Je ne vais pas parler ici des dragueurs de rue miteux qui n’ont pas pour but de conquérir une belle mais de prouver leur virilité en rappelant aux femmes que l’espace public ne leur appartient pas. Je parle de la drague de type « je trouve cette personne bien intéressante et jolie, j’aimerais bien partager une intimité avec elle », la drague à enjeu quoi. Souvent, le premier réflexe, c’est de se dire « il/elle est trop bien pour moi, laisse tomber« . Ce qui est d’une subjectivité totale, la personne en face se dit peut-être la même chose.  Mais voilà, draguer, c’est mettre son ego en jeu. Rien de grave dans l’absolu mais il y a des blessures d’ego qui peuvent finir par faire mal et nous pousser à arrêter le game. On passera donc en mode « tous et toutes des connards/connasses« . Alors qu’une personne peut refuser vos avances sans pour autant être associée automatiquement à la lie de l’humanité.

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Minute culturelle : la jonquille veut dire « je te désire ». Cette photo a un symbolisme surpuissant !

Et puis quand on drague, on manque parfois de subtilité. On cherche tellement à plaire qu’on se trouve très vite ridicule. Non mais qui n’a jamais vécu cette scène où on entre en interaction avec l’objet de son affection et à la fin de la conversation, on a envie de se donner des baffes tellement on s’est trouvé lourd-e, tarte… Cette sensation agaçante d’avoir ruiné toutes ses chances avec un rire forcé qui ferait passer le pire des psychopathes pour une personne tout à fait charmante, un humour aussi fin qu’un parpaing et d’ailleurs, la vanne, là, elle faisait pas un peu raciste ? La drague, c’est aussi ce moment terrible où tu as l’impression que l’autre ne te rend pas l’attirance mais que, par contre, il est allé parler à cette sale pétasse d’Anne-Laure… Forcément, quand on déballe la marchandise, hein… Oui, accessoirement la drague peut vite rendre agressif-ve

trop-jalousie

Mais surtout, la drague, c’est nul parce que ce n’est pas l’histoire que l’on nous vend. Norman le dit « Je trouve ça nul de devoir forcer les choses ». Dans la plupart des contes de fées et comédies romantiques, l’amour cueille nos protagonistes, le sentiment est évident de  base. L’histoire ne sera jamais celle d’un mec ou d’une nana qui galère pour conquérir l’objet de son affection. La conquête consiste plus à surmonter quelques épreuves de type différences sociales, sorcière, dragon ou proie un peu lente à la détente mais jamais notre héros/héroïne ne dit non à la déclaration. Du coup, ne pas voir l’autre vous rendre immédiatement votre crush paraît difficilement concevable, une anomalie. Et ça rend l’histoire à raconter un peu moins intéressante…

“Dis Papa, comment tu l’as rencontrée maman ?

– Oh bah, c’était à une soirée où nous étions invités tous les deux. Dès qu’on s’est vus, on a su”.

Non, dès qu’on s’est vus, j’ai su mais elle non car elle était un peu bourrée et, accessoirement, elle était venue avec un mec qu’elle avait envie de butiner mais elle comprit un peu plus tard que ledit garçon s’intéressait plus au joli Aurélien qu’il ne lâcha plus de la soirée. Dépitée, elle se servit un autre mojito et fuma quelques cigarettes, beaucoup, parce qu’elle s’ennuyait. A un moment, elle a commencé à se sentir nauséeuse et après avoir fait des politesses à un garçon qui lui proposait de lui donner un cours photo, elle lui lâcha son mail pour pouvoir sortir de cet appartement avant de vomir. Ce n’est qu’au bout de quelques “cours photo” qu’elle se rendit compte que ce garçon était intéressant et qu’elle appréciait son amitié… Et qu’il fallait peut-être lui donner une chance. Lui ramait comme un fou, passait des nuits sur le web à trouver une idée géniale de lieu pour son prochain “cours photo”, il s’est cru friendzoné plusieurs fois mais il s’accrocha, on ne savait jamais. Un peu loser mais finalement, à la fin, il obtint enfin sa belle. Un peu plus long comme histoire et pas forcément valorisant, surtout avec tous les doutes qui assaillent en permanence. Et si, au fond, elle ne voulait pas de moi ?

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Bref, la drague c’est nul car on nous raconte que l’amour, c’est un truc magique qui vous tombe dessus. Alors que,  non, c’est faux…

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T’as pris ta bouée ?

Par Audrey

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C’est cliché mais dans mon cas, ce fut vrai : une fois installée en couple, je me suis un peu négligée. Je n’avais pas remarqué jusqu’à ce matin, quand j’ai décidé que la déprime post rupture, ça suffisait et que j’allais mettre mon plus beau slim pour me sentir jolie. Quand j’ai pas réussi à passer la barrière des cuisses, autant dire que l’estime de moi avait pris un sacré coup dans la tronche.

« Si j’ai grossi, c’est la faute de mon ex »

Face à la prise de conscience de cette délicate brioche enrubannant mon ventre et de tout ce moelleux épanoui sur mes hanches, je tire une conclusion indiscutable. Tout ça, c’est la faute de mon ex. Oui, parfaitement ! Lui et son foutu métabolisme rapide qui lui permet de s’avaler des kilos de pizzas, pâtes, fromages, frites… sans prendre un gramme. Inconsciente, je l’ai suivie. Aujourd’hui, je passe à la caisse et je regarde mon slim d’un air navré. Adieu petit bout de tissu, mon cul et toi n’êtes plus compatibles.

Non, je refuse de jeter Rufus. Oui, Rufus devient désormais le symbole de mon corps perdu et que je dois retrouver. Je vais le ranger soigneusement, pas trop caché, histoire de le ré essayer de temps en temps, histoire de mesurer où j’en suis. Oui, je sais que les hommes aiment les rondeurs mais celles-ci ne sont pas à moi, je ne sais qu’en faire. Et puis, à présent que j’ai aménagé mon petit chez moi et que j’ai pris un chat, je manque de projet de vie pour bien laisser mon ex et sa nouvelle copine loin de mes pensées. Un régime, c’est parfait : je vais pouvoir remplacer mon obsession pour mon ex par une obsession pour la nourriture.

A moi salades, tomates, quinoa et huile en spray pour ne pas trop en mettre. De l’eau en litres, du thé vert et des brocolis vapeur. Et du sport, oh oui ! Je suis motivée ! Mais surtout, mon inconscient a trouvé la plus belle excuse pour ne pas réellement se lancer à la conquête d’un nouvel homme : mon corps n’est pas à son top, je dois d’abord gérer ça, tu comprends… Je ne dupe sans doute pas grand monde mais je gagne un peu de temps. Reprendre le jeu de la séduction après une longue relation, ça fait bien plus peur qu’un saut en parachute. On est plus proche d’une Sandra Bullock qui se balance dans l’espace pour tenter d’attraper une navette spatiale…

« Le problème avec les régimes, c’est que la faim remplace vite la motivation »

Résolue à mincir, je l’étais, sincèrement. Mais le problème avec les régimes, c’est que la motivation est vite remplacée par la faim. Et y a frites à la cantine. Bon, Rufus, je crois que toi et moi, on va faire une longue pause, on se retrouve dans 3 mois.

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Rends-toi disponible

En grande prêtresse de la séduction que je suis (au moins), je n’aime rien de moins qu’observer les situations et venir ensuite vous parler de ce que j’ai observé. Ces derniers temps, je me suis plusieurs fois retrouvée au coeur de grandes assemblées avec des hommes, des femmes, des jeux de séduction et un carnet de note pour tout garder en tête. Car la séduction, c’est bien mais encore faut-il donner envie aux autres de nous inviter au jeu.

jeu-de-seduction

J’aime parfois me promener sur certains forums observer les tourments de mes congénères en matière d’amour et séduction (et travail aussi mais ça n’a aucun intérêt pour cet article), déformation professionnelle de mes années de community management sur des forums. Parfois, certaines femmes envoient un cri de détresse “au secours, je ne me fais jamais draguer!”. Pourtant, la drague (vulgaire séduction) est une interaction sociale à laquelle toute femme a droit, peu importe son physique. Je ne connais que peu de femmes n’ayant pas eu droit à leur lot de petites phrases, sifflements et co de la part des lourdauds de la rue. Mais récemment, j’ai découvert un truc intéressant : pour se faire draguer, encore faut-il se rendre disponible.

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Mise en situation : un garçon que nous appellerons Jules. Jules, il vous plaît bien et vous vous dites que vous allez lancer une subtile tentative de rapprochement, pour voir. Sauf que voilà, un obstacle immense se dresse devant vous : la bande de potes de Jules. Ou son/sa meilleur-e pote toujours accroché à ses basques. Or je sais pas vous mais moi, dans mes tentatives subtiles de séduction, je tente d’abord d’isoler ma proie puis de badiner, mes yeux plantés dans les siens en tentant de démontrer l’air de rien que je suis brillante, cultivée et que j’ai envie de lui mordre les fesses. Or Jules se balade toujours avec sa petite meute. Pire, ils ne parlent quasi qu’entre eux, se mêlant peu aux autres. Donc à moi. Moralité : je finis par laisser tomber alors que s’il le faut, Jules et moi, ça aurait été du tonnerre.

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Alors évidemment, peut-être que Jules reste avec ses potes car il n’en a juste rien à faire du reste du monde (dont moi). Qu’il a une moitié qui est juste absente de la soirée et qu’il n’a en aucun cas envie d’être disponible. Mais si je me mets moi-même sous la loupe, je me rends compte que je suis pas la reine de la disponibilité… Exemple flagrant : lors de la dernière soirée célibataire, alors que je discutais avec le fumeur qui me plaisait bien, j’ai intégré Anaïs à la conversation pour pas qu’elle reste en rade. Quel message ai-je envoyé au mec ? Tu m’ennuies ? Voici ma copine, drague la ? Un plan à 3 ça te dit ? Et si finalement, en matière de séduction, notre non solitude était notre pire ennemie ?

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Alors que faire ? Pointez vous seule dans un bar, pour sûr qu’on vous draguera mais faut voir qui… Je veux dire que le but n’est pas de choper le premier audacieux venu mais bien une personne avec qui nous avons quelques affinités. Sauf que pour ressentir une éventuelle affinité, encore faudrait-il laisser un espace pour permettre à l’autre de venir discuter avec nous et voir si ça accroche ou non. Or nous évoluons de plus en plus en troupeaux urbains, nous débarquons en gang quelque part et impossible de nous désolidariser. Il y a quelques années, je discutais avec un mec m’expliquant que pour draguer, il fallait aller vers un groupe et taper le maillon le plus faible pour y entrer (“jamais j’irais vers toi” me dit-il pas très sympathiquement). Ben j’avoue que ça me saoule en général quand ça arrive. D’abord parce que je suis occupée à papoter avec mes amis et ensuite, je ne trouve ça guère poli. Et que quand ça nous arrive avec Anaïs, c’est souvent du cas social hautement alcoolisé. Ouais, en fait, je suis comme Jules…

Disponible, moi ? Apparemment, c’est pas si évident.

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L’intimité de la première nuit

La première fois avec cette personne que vous convoitiez, ce n’est pas seulement une découverte physique, des corps qui se touchent, se caressent, se pénètrent. Il y a aussi naissance d’une bulle, une sphère dorée propre aux amants : l’intimité.

Souvenez-vous de votre première nuit avec cet autre. Repus d’amour, allongés dans le même lit l’un contre l’autre, dans la pénombre, voilà que les langues se délient. Mais la conversation prend un tour et une profondeur différents. On ne parle plus à l’objet de notre convoitise mais notre nouvel amour. Il est certes ambitieux de parler d’amour des la première nuit mais on est dans le cadre d’une histoire d’amour, je rappelle.

Dormir ensemble crée une nouvelle proximité. Entendre l’autre sombrer dans le sommeil, le regarder alors qu’on s’éveille avant lui abandonné dans les bras de Morphée. Plus de jeux de séduction, d’œillades torrides et complices, il/elle est là, brut(e).

Et puis il y a le premier matin. On n’est jamais sexy au petit matin avec la figure chiffonnée, les cheveux en bataille, l’haleine alternative et le mascara au niveau des joues pour celles qui n’auront pas osé briser cette bulle dorée de la première nuit pour aller se démaquiller. Déjà aller faire pipi, c’était limite… Les gens sont parfois différents au réveil. Il y a les hyperactifs volubiles qui font le café, le jus d’orange pressé et les toasts en même temps tout en vous racontant mille choses et ceux qui ne réalisent pas tout à fait qu’ils sont levés et que la journée est déjà commencée et qui n’aspirent qu’au calme et au silence (genre : moi). Ou encore ceux qui répètent un étrange mantra en boucle : café… Café… Café… Forcément, si un volubile s’accouple avec un adepte du silence, ce premier réveil risque d’être… Violent.

Fin du petit dej, embrassades sur le pas de la porte ou sur le quai du métro. « On se revoit bientôt ? » « Oui… »

PS : J’adore tellement ce gif… J’aimerais l’utiliser tout le temps

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Les Italiens, ces dragueurs

Dernier article sur la Sicile sur ce blog.

On caricature souvent les Italiens comme des hommes à femmes, d’incorrigibles séducteurs. Et bien je vous le dis : c’est archi vrai. Du moins en Sicile. Faut dire que je peux pas comparer à Venise : quand on y est allées, y avait que des Français dans la rue (note pour moi même : retourner à Venise juste après le carnaval pour y voir des Italiens).


J’avoue que je trouve les Italiens plutôt pas mal. Je vous ai déjà touché un mot du bel Andrea, j’ai vu quelques spécimens qui me ravissent le cœur et les yeux, comme ces jeunes éphèbes musclés jouant au Beach volley. Ils réveilleraient mes instincts cougar ! Quoi qu’il parait qu’à moins de 40 ans, on est puma. Ça me fatigue cette histoire de dénomination.


Bref, on prétend les Italiens dragueurs et… Et ben, c’est vrai. Des le premier soir, on ramasse un numéro de téléphone (je le garde en souvenir). Dans la rue, les mecs te dévisagent, certains, qui pourraient avoir l’âge de ton grand-père, te déclament leur plaisir de te regarder dans la rue, gratos, comme ça. Il te croise, il s’extasie sur ta beauté et se barre… Heu oui ? Même quand tu achètes un granité à la menthe (tellement orgasmique quand tu es écrasée par la chaleur), les vendeurs se moquent de toi car tu dis « manta » et pas « minta » donc tu leur expliques qu’en français, on dit menthe donc ils te demandent comment on dit « mangue » puis « belle », histoire de te faire un compliment en français dans le texte. Bon, ils m’ont aussi demandé comment on dit « laid » car les hommes italiens aiment se traiter de la sorte mais je crois que j’ai mal répondu et je leur ai appris « lait ». Je viens du sud, moi, j’ai du mal avec les sons é et è. Je lui ai appris lèèèè, c’est laid ou lait ?


Je m’égare. Alors évidemment, tu te sens un peu la reine du monde, l’Aphrodite de l’île sauf que bon, même si les compliments sont gratuits ou presque (on a juste récupéré un numéro et décline une proposition de café à Catane aussi… Ah et y avait un autre mec qui a tenté de me refiler son numéro aussi mais il n’y est pas arrivé), cette drague est-elle plus sincère qu’en France ? N’est-ce pas juste un jeu, là-bas aussi ? L’exotisme ne nous fait-il pas oublier la relative goujaterie de la drague ? Non parce que le mec qui dit gratuitement qu’on est belle, c’est sympa, ça fait plaisir. Mais quand ils te reluquent comme un boulimique au régime devant une pâtisserie, est-ce que ça finit pas par être pesant ? Car lui, les mecs te matent en toute indiscrétion, tranquilles. Je veux bien mais à un moment, j’ai aussi le droit de circuler en short ou robe sans avoir l’impression que je suscite l’envie. Surtout qu’en vacances, je ne suis guère apprêtée.


Bref, quand on dit que les Italiens ont le sang chaud, oui, on va pas le nier. Mais excepté quelques audacieux, ça en est resté au matage et aux compliments gratuits. Petit joueurs les Siciliens ?

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Tu veux pas t’asseoir sur les genoux de mon mec tant qu’on y est ?

Par PinkLady

(Et on accueille ici PinkLady que certains connaissent déjà sur son autre blog. Et pour les autres, comme d’hab, on est gentils et polis)

Je ne suis pas du genre jalouse possessive mais il y a des limites à ne pas dépasser, celles notamment de la bienséance et de la courtoisie. En somme, si tu veux draguer mon mec car il est beau, je peux comprendre mais évite de le faire sous mon nez.

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Jeudi soir, petite réunion entre gens de bonne compagnie pour un projet web perso. Sont présents dans la salle : Wannabe John John (c’est le pseudo de mon mec, longue histoire), un autre garçon, trois autres filles et moi. Parmi ces filles, une que j’aime très beaucoup et la « rivale », celle qui passe son temps à parler à WJJ dès que j’ai le dos tourné.
Soit un peu souvent parce que j’ai autre chose à faire que de le surveiller et qu’il aimerait pas ça. Et moi non plus. Appelons là Bouche car elle a une bouche pulpeuse et fait plein d’effets avec. La soirée commence en fait sans WJJ arrivé en retard. Quand il arrive, il dit bonjour à tout le monde et me gratifie d’un baiser et d’une étreinte. Ok, peut-être qu’elle a pas vu mais elle pourrait un peu remarquer que pendant la soirée, nos mains se sont un peu posées sur le dos et le bas des reins de l’autre. Bon ok, peut-être qu’elle a besoin d’aller chez l’ophtalmo réviser ses lunettes. Faudra que j’y aille avec elle, tiens, les miennes sont à réviser, on aura un tarif de groupe.

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Pour bien saisir la tension dramatique de la scène : je suis sur un canapé entre WJJ et la fille que j’aime très beaucoup, elle est pile en face de lui. Et toute la soirée, ce sont oeillades et jeux de bouche en veux-tu en voilà, des « han mais si t’as perdu tous les textos qu’on t’a envoyés, je vais te renvoyer les miens, hihihi! ». D’un certain côté, j’admire sa volonté et son abnégation car il n’était pas de très bonne humeur mon WJJ. Bon, je ne comprends pas bien de quoi ils parlent, je suis en plein assaut de drague geek et je n’en suis pas une. Enfin pas de ce niveau là, je comprends rien à leurs histoires de gestion de bases de données, de langage plein-de-lettres. Moi j’ai fait « heu oui alors je vais m’occuper de Facebook » parce que ça, je sais faire, et basta. 

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Sur le coup, je ne vous cache pas que ce petit jeu de séduction m’a légèrement agacée mais j’ai pris sur moi car je sais qu’il ne se passera rien entre WJJ et elle (parce que je l’ai expressément demandé, ok). Puis j’ai observé. Et c’était fascinant ses appels du pied, ces regards direct dans les yeux, les effets de bouche genre je gonfle un peu mes lèvres, l’absence quasi totale de l’existence de son petit copain (car il existe). Un incroyable cas d’école, un exemple vivant pour la sociologie et l’anthropologie de la drague. Dommage qu’elle se soit coupé les cheveux, on a raté le passage L’Oréal de la séduction. Par exemple, moi, c’est ce que je maitrise le mieux, jouer du cheveux et des cils mascarés pour signifier au monsieur à qui je
parle que j’ai envie qu’on fasse connaissance plus en profondeur… Mais dans son comportement, tant d’invitations, de propositions non dites. Et le pire, c’est que je sais que WJJ va me dire « non mais tu rêves, elle m’a pas draguée ». Je crois que WJJ n’a conscience d’être dragué que quand la fille s’allonge langoureusement nue sur ses genoux (hors strip teaseuse évidemment)

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Mais comme je suis une garce mesquine, le meilleur fut quand même la conclusion de cette petite réunion-sauterie. On repart tous les 3 vers le métro et comme WJJ ne partait pas dans le même sens que nous, il lui fait la bise… et vient tout naturellement m’embrasser et de façon peu discrète, on s’échange quelques mots sur notre rendez-vous du lendemain et
on se sépare. Ah la tête ! C’est aussi jouissif que des Shokobons qui seraient sans calories. On descend sur le quai dans un silence absolu et là, elle me demande : « Mais vous deux… c’est officiel comme relation ? ». Hé ouais, meuf même si on reste discret pour éviter les ragots et autres messes basses dans le groupe. Et là, comme par magie, son petit ami reprend consistance : « moi, mon mec, j’ai bien fait de le trouver ailleurs alors, hihi! ». Oui, hihi. 

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Bref, tout est bien qui finit bien, elle m’a rajoutée en amie sur Facebook, je suppose donc qu’elle a désormais intégré le fait que WJJ et moi sommes en couple. Retenons donc la leçon : j’aurais pu, lors de la soirée, faire un esclandre… Non, en vrai, j’aurais pas pu, c’était pas du tout dans l’ambiance. Je n’aurais pas pu non plus la coincer dans un coin en lui expliquant que WJJ est un peu avec moi alors qu’elle calme ses ardeurs en ma présence car ce n’est pas très respectueux pour moi. Et là, j’aurais commis sans doute une grosse erreur. En pissant symboliquement sur le WJJ qui n’a rien demandé à personne dans cette histoire, j’en aurais fait une sorte de trophée, un mec à conquérir absolument car il a un énorme panneau « pas touche » sur le front. Un peu comme un panier de pâtes d’amande en période de régime (je suis actuellement à la diète, ça se sent un peu, non ?). Plus l’interdit est fort, plus la tentation est grande. Or je n’ai rien fait, rien dit, je ne me suis pas vautrée sur ces genoux en mettant ma langue dans sa gorge pour dire subtilement « hé mais c’est bon, je le pratique déjà, trouve-t-en un autre! ». J’ai été cool, essentiellement car j’ai un super atout dans mon jeu : je fais confiance au jeune homme. Même si le fait de sembler passer pour le dindon de la farce aka celle qui voit son mec se faire draguer sous son nez ne m’a pas super ravie. En restant cool, je suis donc passée pour la copine sereine, celle qui ne doute pas. Non pas une rivale. Du coup, je pense qu’elle va naturellement se trouver une nouvelle cible.

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Quoi que je dis ça, samedi, elle lui a quand même bien tenu la jambe… 

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Il n’y a pas d’âge pour les râteaux

Par Lucas

Aujourd’hui, j’ai eu un rendez vous médical avec une femme dont je suis un peu amoureux. Comme c’est l’une des dernières séances, je lui ai demandé si je pouvais « dire au revoir à Mademoiselle Through, dire bonjour à Célia » et l’inviter au resto. Elle m’a répondu que ce ne serait pas « déontologique ». Vie de Merde.

Pourquoi je dis ça ?
Parce que ça m’agace qu’on me réponde un truc pareil alors que j’ai attendu des semaines et des semaines pour lui proposer ce resto. Afin, justement, que nous ne soyons plus dans une relation de patient à thérapeute. Donc, en somme, ce qui me fait râler, c’est le fait qu’elle ne me dise pas clairement « non tu pues » ou « non, je n’ai pas d’atomes crochus avec toi ». Histoire que je sache à quoi m’en tenir. Qu’elle se camoufle derrière un paravent de conventions, ça me fait ronchonner… Surtout que, ce que j’adore chez elle, c’est son coté sincère. Et bah là, je tombe de haut…

Quelque part, se prendre un râteau, c’est se remettre en question… Sur sa place, sur ce qu’on est, sur ce qu’on veut. Je ne compte pas le nombre de râteaux pris de plein fouet où j’ai quand même cherché à aller plus loin et où ma ténacité a fonctionné. Petite pause dans cette bafouille, allez donc voir cet extrait de Manuale d’Amore : c’est tellement ça !!


Et pour revenir à la question de l’être, je me dis que ca rejoint toujours la dimension du paraître. Est-ce que le personnage public de Lucas, joué sur la scène du théâtre social correspond à ce qu’il  a, au plus profond de lui-même, ou bien est-on à 1000 milles de la vérité ? Bah oui ! Illustration….

J’ai trouvé récemment avec l’aide d’une super conseillère RH, ce que je voulais faire de ma vie. De la Communication Stratégique (purée comme c’est beau ces titres ronflants). Pour résumer, disons que c’est de la communication instrumentalisée pour conforter les interlocuteurs dans leur image de la boite et de ses valeurs (mais là les gens intègres vont me dire que la com n’est pas une fin
en soi et que c’est déjà un instrument, un outil, un moyen, certes, certes…).On est pas loin du lobbying et.. Bref.

En fouillant un peu ce marché histoire de mieux le comprendre, je suis tombé sur une phrase très vraie et qu’on peut surement extrapoler pour expliquer mon râteau, je cite

« Entre
Ce que je pense
Ce que je veux dire
Ce que je crois dire
Ce que je dis
Ce que vous avez envie d’entendre
Ce que vous entendez
Ce que vous avez envie de comprendre
Ce que vous comprenez,
Il y a 10 possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer.
Mais essayons quand même… »

Cela veut-il dire que dans la séduction il n’y a pas de place pour le parler vrai et la sincérité ?
Cela veut-il dire qu’il faut se conformer à des schémas convenus, ne pas sortir des sentiers battus ?

Je refuse cette sclérose plaquée par la force implicite du qu’en dira t-on et par la peur de donner une mauvaise image.
Sommes-nous en train de rentrer dans une société de façades où il faut montrer un paraitre idéel et fallacieux tout le temps ?
Les relations sociales sont-elles appelées à être encore plus consensuelles ?
Les esprits singuliers et iconoclastes vont-ils devenir des marginaux ?

Bon, heureusement pour moi, samedi soir j’ai vu la coloc d’un copain que j’avais entraperçue à Odéon le jour où elle passait son examen pour rentrer dans l’appart. Je vous parle d’elle parce quencette demoiselle est une bonne occasion pour renouer avec le jeu de la séduction plus ou moins implicite, plus ou moins volontaire. De l’art délicat d’être en intelligence avec la donzelle… Bon, si
ça se trouve un jour, en France, on va en arriver a cette scène mythique de « Mensonges et Trahisons »… Allez, tiens,  je vous laisse là-dessus…

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