Quand tes amis deviennent nos amis

Au début, nous ne sommes que deux. A s’aimer sous les draps, à traîner au lit peu vêtu à se mater des conneries entre deux parties de jambes en l’air. On se voit à deux dans les bars ou à domicile, parfois au cinéma mais c’est lui, c’est elle, et c’est vous. Mais quand la relation devient un petit peu plus sérieuse, ils commencent à apparaître dans les conversations avant ce moment fatidique de la rencontre. Les parents ? Non les amis de votre significant one !

Soirée avec nos amis

Les amis, c’est potentiellement compliqué. On se dit “mais s’ils sont amis avec mon roudoudou, ce sont forcément des gens bien avec qui je vais être super ami.e, c’est l’évidence !”. Et bien non. Prenez votre tissu amical et observez le. Est-il uni comme une toile de coton ou coloré qu’un morceau de wax (je dois vraiment ressortir ma machine à coudre pour me faire des petites tenues en wax, je suis encore une fois victime de la mode) ? Pour ma part, j’ai un tissu amical bien bariolé pour cause de “j’ai rencontré des amis à différents moments de ma vie” et j’ai bien changé, durant toutes ces années. De Anne, rencontrée en maternelle, à Anaïs, Isa et Joy rencontrées à la plongée (enfin, Joy est à la base la moitié d’Isa mais je la considère comme une amie à part entière, notez pour la suite), en passant par Amy, Enzo et Zénobie rencontrée dans les premières années de ma vie parisienne,en ajoutant tous mes anciens collègues que je revois régulièrement, non plus en tant que collègue mais en tant qu’amis, certains de mes collègues actuels, des fantômes du passé qui repassent une tête de temps en temps… Bref, j’ai des amis différents les uns des autres, des que je vois avec grand plaisir, d’autres plus par nostalgie, d’autres parce qu’ils sont potes de potes et que j’ai pas super le choix. Et donc, parmi mes amis, je sais qui va accrocher directement avec mon doux et qui aurait moins d’atomes crochus… Parce que oui, nous sommes multiples donc mes amis ne sont pas toujours en grande affinité entre eux et peuvent donc ne pas accrocher avec mon adoré. Cf le pote de pote que vous avez du mal à saquer.

Ami gênant

La présentation aux potes, c’est crucial. Surtout les meilleurs potes, ceux avec qui on a intérêt à bien s’entendre parce qu’on risque de les voir souvent. Quand j’étais avec Guillaume 1er, un de ses meilleurs amis était un pote d’enfance… débile. Franchement, il était pas méchant mais c’était un enfant (et je vous dis ça, j’avais 20-24 ans à l’époque) et ça me fatiguait de le voir parce que je savais que j’allais devoir sourire toute la soirée et éviter de lever les yeux au ciel quand il nous déclarait en criant au resto “l’autre jour, j’ai pété et j’ai fait croire que c’était le frigo qui puait le fromage, héhé !”. Je vous jure que cette scène est réellement arrivée, j’exagère même pas.

Femme gênée

Mais il arrive aussi que les potes de l’un et de l’autre deviennent des amis mutuels. Il m’arrive par exemple de papoter en one to one avec la meilleure amie de Victor parce que c’est mon amie aussi, maintenant, on n’a plus besoin de ce lien “Victor” entre nous, j’ai gardé contact avec quelques amis d’ex avec qui je m’entendais bien et que même si on se voit plus beaucoup, on reste liés. Mais du coup, quand tu es en couple et que ses amis deviennent vos amis, ça double le nombre d’amis… et donc le gymkhana pour faire rentrer tous ces gens que nous avons envie de voir dans notre emploi du temps.

Emploi du temps surchargé

Parce que quand je dis qu’être en couple, c’est multiplier les amis par deux, c’est vraiment ça. Ces moments où, affalés sur le canapé, on se fait la liste de tous ceux que l’on doit voir et où les caser en fonction de leurs situations géographiques (proches du boulot ou de chez nous : en semaine, plus loin : le week-end).

Carte de la bataille tempête du désert

Et je vous dis pas comme le jeu se complique quand les amis se décident à faire un mini eux. Tiens, la semaine prochaine, je vous parlerai du fait que, depuis que je suis en couple, mon utérus est beaucoup trop un sujet de conversation pour personnes que ça ne regarde pas.

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Tit mec et Meetic

Par Lucas


Voici un article que je trouve assez « Nina Grande Epoque », le sexe en moins. Par Nina Grande Epoque, chère nouvelle lectrice, cher nouveau lecteur, j’évoque un temps que les moins de 3 ans ne peuvent pas connaître : une période ou j’ai découvert les Vingtenaires et où j’ai tripé en me rendant compte que Nina nous inondait de toutes ces petites choses  qui font notre essence même de djeunz cool.

Un article Ninesque alors ? A vous de juger !

C‘était un soir, à table, il y a une dizaine d’années. Un des rares dîners en famille avec mon père, un bûcheur infatigable qui abat sans sommation ces 35 heures en 3 jours. C’était un dîner sans pitié pour les croissants les enfants, comme d’habitude, un diner où mes parents étaient fidèles à eux même,

Cinglants (« tu t’habilles comme un sac« ),
Intransigeants (« tiens-toi droit! »),
Diététiques (« t’as pas pris d’salade ! »), et
Caustiques (« Mais attend, t’es allé chez le coiffeur ou tu t’es coiffé ? »).

Oui, un diner parental chez les d’Amore, c’est la misssssssioooooon…

Ce soir là, on avait parlé des sites de rencontres et mon père emptoire avait asséné que seuls les losers pouvaient y aller, que c’était tellement facile de se serrer une nana non mais vraiment j’espère que vous n’y allez pas les enfants…

A l’époque je n’avais pas relevé. Mais tout inféodé aux préceptes paternels j’avais renoncé à Meetic et tous les sites de rencontres. Je dis renoncer car j’avais caressé l’idée… Bah oui.
Allez les mecs ! Regardez-moi dans les yeux et répondez franchement à Papy Lucas : mis à part les lovers sûrs d’eux je suis persuadé que tous les garçons ont un jour pensé à (ou au moins envisagé l’hypothèse de) s’inscrire sur un site de rencontre…
Pas vous ?
Vraiment ?
Même avec un prétexte fallacieux du style « non mais c’est juste pour voir » ???
Donc là, Nina, on a nos 643621 lecteurs quotidiens qui ont un sourire gêné et nos 418934 lectrices qui ont un sourire goguenard… (Oui, on tire à un million d’exemplaires, oui on est trèèèès fort, vous en doutiez ?)

Et pour revenir au sujet, j’ai envie de dire,

Ptolémée, (oui parce que j’appelle mon père par son prénom, oui c’est un pseudo…)
Ptolémée, ton fils est un loser qui s’est inscrit sur un site de rencontres (bouh! La honte sur la famille pendant 5 générations ! Bouh! ).

Des explications ?

Red-Roses-too-copy.jpg


Deux ans après ce dîner, alors que j’étais à la fac, je m’étais inscrit sur Lycos. J’avais passé 3 mois à tchater avec une nana et on s’était rendu compte qu’on était dans le même bâtiment de droit avec un  an d’écart. Bref, on s’était rencontré : dîner, pot, bisous and so on. Le soir même, elle m’avouait être tombée amoureuse pendant nos 3 mois sur MSN ! Et ensuite ? Notre histoire n’a duré qu’une semaine… Comme quoi, IRL je suis vraiment en dessous de tout. Comme quoi en virtuel on se fait des films sur la personnalité de l’autre.

Ma dernière expérience, c’était il y a un an et demi sur un site qui à l’époque était gratuit. Un site un peu original où on est censé présenter ce qui fait l’essence de son bagage culturel (bouquins préférés, musique préférée, films, etc) et on cherche des nanas qui ont des goûts en communs. J’y suis retourné ce matin et c’est devenu payant. Pour autant j’ai retrouvé une nana sur qui j’avais méga trippé il y a 1 an. Laurie 76 si tu passes par ici, fais moi un bisouuuu s’il te plait…(tien un jour je vous ferai un article sur les mecs qui sortent  avec des nanas plus agées…)

Néanmoins…
A posteriori je me dis que m’inscrire sur ce site c’était débiiiiiiile.

Un couple peut tres bien évoluer ensemble sans avoir d’atomes crochus en terme culturel mais une conception de la vie identique, un regard partagé…  

D’un autre coté, la culture peut être un indice pour la nana qui passe…
Tiens s’il aime Camus et Carson Mc Cullers, c’est qu’il aime bien l’absurde et la mélancolie.
Tiens s’il aime Quick & Flupke, c’est que c’est vraiment un esthète,
Tiens il écoute FIP & Nova comme moi, donc il n’est pas foncièrement mauvais,
Tiens il a aimé les Belles Endormies, il a donc un peu de sensibilité, etc.

Je trouve que les quelques indices qu’on distille offrent une première impression beaucoup plus intense et beaucoup plus riche d’évocations que les présentations débiles en 10 lignes. Vous savez, ces présentations neutres, diplomates, main stream, ou le mec donne une image sans anicroches, chiante à mourir… Illustration :

« Bujur, je m’appelle Reudeulphe et je me suis inscrit un peu par hasard  (mon cuuuuuuuul. Et tes 15 € d’abonnement par mois, tu les payes par hasard, gros con ?).
Je recherche une fille gentille
(traduisez : une nana boooonne… à tout faire, si possible)
avec qui je pourrais avoir de bons délires
(traduisez : des plans culs de qualité)

et plus si affinités
(traduisez : des sorties ciné parce que les expos, heu, merci bien).

N’hésite pas à me contacter !
(ou à te tirer une balle, tu gagneras du temps)
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Non mais vraiment, ya des coups de pied au cul qui se perdent ! Sans déconner, je suis persuadé que 99,99% des annonces de mecs ressemblent à ça… Avec parfois des trucs du style : « J’ai une culture de merde mais je te glisse deux trois références ds mon profil pour t’impressionner » ou « je fais de l’humour parce que « Femme qui rit, à moitié dans mon lit ». »

Et là j’avoue…

Je suis assez partagé sur les motivations de la gente masculine et je ne crois pas pouvoir assener de grands principes en la matière. Certains soirs où je suis en manque de sexe, de câlins, de douceurs, je me dis qu’effectivement je pourrais m’inscrire sur Meetic pour assouvir tout ça. Mais d’un autre coté je me dis que c’est seulement la concupiscence, le manque d’attentions et d’amour qui m’y poussent…

Bah justement !

Invariablement,  le lendemain matin je me félicite de ne pas m’être inscrit. Mais pour autant, je me vilipende de n’avoir rien fait pour sortir de mon désarroi. De ne pas être sorti,  de  ne pas avoir accosté une nana, armé de mon sweat shirt de drague, celui ou ya écrit dessus :  » OK, je suis en rut mais si ça se trouve une fois le coït fini on va découvrir qu’on est vaaaaachement proches. »(oui, je porte des tee shirts X-elle…)

Perso, j’assimile les boites de nuit aux sit’de’rencont. On est là pour un prétexte (danser, s’amuser/ rencontrer des gens) mais dans les deux cas on a le même objectif, plus ou moins déguisé, plus ou moins implicite : trouver une meuf/un mec pour la nuit ou pour la vie… Oui je sais, j’enfonce des portes ouvertes mais je le fais avec une telle classe que vous pourriez hocher de la tête et lâcher le facile : « C’est pas faux ».


Alors, certes : les sit’de’rencont’ sont une bonne chose pour les timides ou les gens qui n’ont pas « un physique facile ». D’ailleurs, je suis sûr qu’un mec pourrait tomber amoureux d’une nana via Internet sans voir de photos, seulement au travers des échanges sur MSN, du rythme et du style des phrases ; comme mon ex l’avait fait il y a quelques années.

Mais la question essentielle est : lors de la première rencontre, si la nana est boudinesque, le mec sera-t-il toujours autant amoureux ?

On touche là une question essentielle !

Pour ma part,  et quite à me faire lyncher par nos 2 956 742 lectrices, je l’avoue : je serais foncièrement calmé…

A dire le vrai je ne sais pas si j’arriverais à faire la part des choses mais je me connais : je serais singulièrement blasé… Et je ne sais pas non plus si les sentiments naissants m’inciteraient à fermer mes yeux et à ouvrir mon cœur. (ah le lyrisme à deux balles, avouez, vous
en  voulez encore…)

Bon, d’un autre coté, tomber amoureux n’est pas un truc qui m’arrive tous les 4 matins.
 Me réveiller, et avoir une nana en tête, ça m’est arrivé deux fois. En 28 ans. CQFD.

Pour conclure, je crois que cette rechercher de l’idéal sur un site de rencontre est sans fin… Un couple, c’est deux personnes qui n’ont pas nécessairement un coup de foudre puis une pensée commune sur tout. Ce serait abrutissant sinon ! Un couple c’est une complicité, une compréhension des regards de l’autre, tout un langage de non dits très forts… Je viens de m’acheter un bouquin au titre évocateur et si vous voulez je vous fais une fiche de lecture des que j’aurai fini. Ce bouquin est une étude scientifique, il est écrit par Mlle (ou Mme) Lucy Vincent et s’intitule : « Comment devient-on amoureux ?« . Tout un programme…

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Oublie que t’as aucune chance et fonce…

On sait jamais sur un malentendu tu peux toujours conclure.

Par Tatiana

Récemment j’ai expérimenté un truc tout nouveau : j’ai couché avec un mec avec qui de prime abord je ne serais jamais sortie. Il ne me plaît pas ni physiquement, ni mentalement. Aucun point communs ni atome crochus en tous genres. En fait même, il se trouve que quand ça s’est passé je voulais sortir avec un autre garçon. J’étais à une soirée chez le boulet, je me suis trouvée seule avec lui sans même avoir le temps de réagir. Je pense que l’alcool que j’avais bu m’a sûrement rendue moins sauvage et c’est sans doute pour cela que je ne l’ai pas repoussé quand il m’a embrassée. Une chose en entraînant une autre me voilà à dormir à côté de lui. Enfin, je dirais plutôt essayer de dormir. Ce con il ronfle et puis j’aime pas cet endroit ça m’angoisse. Du coup je prends mes affaires et je me casse en lui disant que je partais quand même, histoire de ne pas faire ma sauvage jusqu’au bout.

Une semaine plus tard me voilà à un repas entre amis chez ce mec. Et là c’est moi qui ai déconné car je décide, de mon plein gré, de rester. A ma décharge faut dire que niveau sexe c’est assez cool alors j’aurais tort de me priver. Seulement voilà, deux nuits avec lui et il se croit le droit de m’inviter à boire des verres et à des soirées avec des amis à lui. A m’appeler tous les jours ou m’envoyer des textos. J’ai donc essayé de lui faire comprendre que c’était pas la peine de m’inviter à des soirées, que je ne voulais pas de relation, ni de sortie… Mais rien à faire il persiste. Même après que je lui ai dit cela, il me repropose d’aller boire un verre. Je lui redis donc que je ne préfère pas et que moi je suis ok pour finir des soirées ensemble à l’occas’ mais rien de plus. Là je me dis que quand même c’est plutôt clair. Ben non, il insiste en me disant qu’il a compris mais que lui aime bien sortir de temps en temps et parler et qu’on se donner la possibilité de sortir sans se prendre la tête. En fait je crois qu’il pense que j’ai peur de m’engager. Mais moi je ne me prends pas la tête, je ne veux juste pas sortir avec lui.

Là, le pauvre il a signé son arrêt de mort. Je déteste qu’on me dise ce que je dois faire où qu’on me juge. Car clairement dans sa dernière réponse il me jugeait. En plus il insiste lourdement. On lui offre une opportunité d’avoir juste du sexe sans rien de plus et lui il en veut même pas. Le lourd… C’est dingue la nature humaine. Plus quelqu’un nous rejette et plus on en redemande. Je me posais des questions vis-à-vis de lui. Je me disais « merde est-ce que je devrais pas lui donner une chance même si à la base il me plaît pas. Si ça se passe bien sexuellement après tout. Je suis peut être trop fermée (on en revient à tes questionnements Nina). Mais là, c’est bon mes idées sont revenues en place. Hors de question que je me « force » à sortir avec lui si j’en ai pas envie à la base. Un rdv ça ne dois pas être une corvée.

Le pire c’est que je suis sûre que je vais avoir encore des nouvelles de lui. Il va pas se décourager comme ça. Mais il devrait savoir pourtant que quelqu’un de coulant y a pas pire pour faire fuir l’autre. Ce principe a été vérifier tellement de fois « fuis moi je te suis suis moi je te fuis ». Bon en l’occurrence là, même s’il me fuis je ne le suivrais pas.

En ce moment, comme je disais à Cynthia, ma vie c’est ça : j’ai un boulot et un mec, mais c’est ni le boulot que je veux ni le mec que je veux.

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Où trouver l’homme ? Episode 12 : il ne faut jurer de rien


A la recherche du prince charmant

(Je rappelle à mon nouveau lectorat qui débarquerait ici pour la première fois que tout ceci n’est qu’une fiction, qu’en vrai, je cherche pas un homme et que celui qui va être décrit dans l’épisode suivant n’existe pas. Toute ressemblance avec une personne existante ne serait donc que fortuite, comme on dit en début des épisodes de Cas de divorce).

Ce qui est dur quand on cherche son futur mari ou équivalent, c’est de le trouver. Parce que trouver un mec comme ça, pour une nuit ou plus, c’est pas si difficile mais là, il s’agit de trouver l’homme qui va partager un long moment de ma vie, que je vais présenter à ma famille donc il a intérêt à assurer. Dieu merci, ma mère ayant souffert de la discrimination « nous ne sommes pas du même milieu social », pour ma part, ce ne sera pas trop un souci. Du moment qu’il est bien élevé et qu’il a de l’ambition dans son métier, tout est valable. Mais bon, il faut quand même qu’il me plaise à moi pour commencer car ma mère peut accepter un mec qui fait n’importe quelle profession mais pas un mec qui me rend pas heureuse. Logique.


J’ai donc décidé de donner une deuxième chance au monsieur du smirting, estimant qu’il avait peut-être été intimidé la première fois, même si j’estime être la fille la moins impressionnante du monde. Me voici donc devant le domicile du jeune homme, espérant qu’en terrain connu, il soit plus liant. J’y crois, j’y crois, j’y crois. Je sonne, il me fait rentrer, je lui fais la bise et de suite, je sens la tension monter d’un cran. Que nous sommes à l’aise, c’est un bonheur. Il me sert un café, on se donne des nouvelles depuis notre
dernière entrevue. Et à nouveau, le blanc. Mais cette fois ci, nouvelle donnée : je suis chez lui donc en scannant le coin, je vais bien trouver quelque chose qui m’accroche. Aucun livre ne traîne, des magazines, peut-être? Un programme télé… Bon, ben, allons y gaiement, parlons télé. « Et alors, tu regardes quoi à la télé? » Et voilà qu’il me propose de mater un DVD… J’ai pas dû bien m’exprimer.

Au bout de 2 épisodes et demi de Lost je sens que je pique furieusement du nez. Est-il de bon ton de s’endormir au deuxième rendez-vous? Je ne suis pas sûre. A la limite, après une partie de jambe en l’air, ça marche mais sinon, je vais passer pour une vilaine malpolie. Déjà que… Bon, essaie de te concentrer sur Sawyer, ça va te maintenir éveillée. Oui, de toute façon, j’ai toujours fantasmé sur Sawyer alors le fait d’avoir un mec ne changera rien à l’affaire. Autant qu’il s’habitue de suite à ce que je bave devant les beaux mecs de la télé. Comme s’il se rinçait pas l’œil sur Kate, lui.

Je lui demande où sont les toilettes à la fin d’un épisode, espérant mettre fin au visionnage. Dans les toilettes, je me rassemble et je fais un point. J’aime bien réfléchir aux toilettes, c’est un endroit calme. Alors techniquement, ce garçon est serviable, mignon, gentil. De l’autre, on vit réellement sur deux planètes différentes, j’ai pas encore réussi à trouver un sujet en commun et la tension entre nous ne cesse d’augmenter mais elle n’a rien de sexuelle. Durée d’une relation à vue de nez : quelques jours. Durée de la relation que je cherche : à vie (enfin, à peu près, quoi). Bien, à présent, il va falloir sortir des toilettes et annoncer à ce pauvre jeune homme que c’est fini entre nous, même si ça n’a pas commencé.

De retour au salon, je récupère ma place et plonge mon nez dans ma tasse de thé. Silence. Bon, allez, on va en finir, je crois qu’il n’attend que ça de toute façon. A moins qu’il ait une réelle passion pour la contemplation mais j’en doute, j’ai l’impression que la tension dans cette pièce est à couper au couteau. Bon, j’ouvre la bouche et lui dis que je vais y aller. Il me demande quand on se revoit. Alors là, deux options : l’hypocrite « on s’appelle » qui veut clairement dire qu’on ne le fera pas mais qu’on a la politesse (ou la
lâcheté) de pas envoyer dans la figure de l’autre qu’on n’a plus envie de le revoir : soit l’honnêteté. Bon, comme tout ceci n’est qu’une fiction, je peux me permettre d’être couillue. « Ecoute, je crois qu’on n’a pas grand-chose à faire ensemble. Tu es très sympa et tout mais on n’a pas du tout d’atomes crochus alors je crois qu’on va arrêter de faire semblant. Je suis désolée ». Il me regarde puis me répond froidement : « je me faisais la même réflexion mais j’osais pas le dire. Bon ben ciao, je te dis pas à la prochaine ».

On se fait poliment la bise et me voilà sur le palier de son appartement, légèrement décontenancée. C’est ce que je voulais, certes mais c’est toujours bizarre de partir en sachant qu’on ne se reverra pas. Et mon ego a un peu de mal à digérer. Enfin, c’est reparti pour la recherche. La semaine prochaine, je vais au musée.

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Rentrée amoureuse (Arnaud)

J’ai une théorie sur la vie : elle est bien faite. En janvier, je parlais avec mes amis de promo dont Clara et j’expliquais que je ne comprenais pas l’intérêt de sites comme meetic. En effet, l’amour vient quand on s’y attend le moins, pourquoi provoquer les choses ? Je reste sur cette ligne de conduite. Je me suis inscrite sur meetic, dans le temps, mais pas dans l’optique de trouver l’amour. Et la vie m’a prouvé que j’avais entièrement raison.
 
Je te présente ma copine, tu me présentes ton copain
Mi-juillet, Clara arrive chez moi. Louis vient nous faire un coucou, officiellement pour me rendre le double des clés de mon appartement (que je lui avais donné pour qu’il nourrisse mon chat pendant un week-end en province), officieusement pour rencontrer ma colocataire provisoire. Le lendemain, il me parle sur MSN, me disant tout le bien qu’il pense de la miss. Il m’explique aussi qu’un de ses amis, Arnaud, est chez lui. Dans le délire (je te présente ma copine, tu me présentes ton copain), je lui demande une photo d’Arnaud, il me l’envoie et là, gros coup de cœur : il est très mignon, ce jeune homme ! Louis me donne aussitôt son numéro de téléphone mais je ne le prends pas : je me vois mal appeler un inconnu, comme ça ! Il me fil alors son MSN, avec l’autorisation d’Arnaud et me voilà partie à discuter avec un inconnu.
 
Dès le départ, il me fait bonne impression, je lui envoie quelques photos de ma personne pour le moins flatteuse. Je le trouve drôle et Louis m’avoue qu’Arnaud me trouve sympa. Chouette ! Quelques jours plus tard, Louis organise une soirée crêpe chez moi, j’y traîne Clara qui n’a aucun atome crochu avec son pauvre prétendant. On se rend chez lui (nous sommes presque voisins) et devant son immeuble, j’aperçois un motard qui enlève son casque. Je le reconnais de suite, c’est Arnaud ! Il m’adresse un sourire : il m’a aussi reconnue, et moi, je fonds.
 
La soirée se passe bien, Clara, fatiguée, somnole dans son coin tandis que je discute à bâtons rompus avec Arnaud et Louis, je suis totalement sous le charme des ses yeux verts et de son sourire, il me plaît mais je ne sais pas ce qu’il ressent pour moi. En repartant, je saute partout dans la rue en poussant des : « Seigneur, qu’il est beau, il me plaît, je le veux ! ».
 
Un peu de drague…
Le lendemain, on se retrouve à nouveau sur MSN, il m’explique qu’il a faim et je lui rétorque que j’ai de la pizza chez moi (elle m’a rendue malade, d’ailleurs), on joue à : « je-viens-non-Clara-dort ». Dans le jeu, je lui propose de passer faire un saut le week-end, je lui donne mon adresse. Le lundi, Clara étant partie, je retrouve mon cher Arnaud sur le net et je me mets à le taquiner :
« Ben alors, t’es pas passé ce week-end ! 
– Non car je n’ai pas de moyen de te joindre.
– Serait-ce une façon détournée de me demander mon numéro ?
– Peut-être. »
Comme je suis polie, je lui donne mon numéro et il me donne le sien. Suite de la conversation :
« Ça te dit qu’on mange ensemble, ce soir ?
– Sérieux ?
– Ben oui, pourquoi ? »
Parce qu’Arnaud est joueur et je ne sais jamais s’il fait de l’humour ou non. Une heure plus tard, il sonne à ma porte et nous voilà partis sur Paris en moto, j’adore la balade même si les pavés maltraitent mon pauvre fessier. Il faut savoir que j’ai un fantasme déjà assouvi avec les motards mais un mec qui arrive avec son cuir de motard, ça me rend toujours dingue. On dîne dans un petit resto, on discute beaucoup, son sourire me ravage à chaque fois et quel profil ! Il a un nez sublime, quelle bonheur. A minuit et demi, on se décide à partir, comprenant que le restaurant n’attendait que notre départ pour fermer. Retour en moto, je me colle un peu contre lui, j’adore ce moyen de transport ! Il me dépose chez moi, je lui fais la bise et je pars me coucher. En effet, il faut savoir que la veille, j’avais passé la nuit avec Laurent donc j’avais plutôt envie de dormir.
 
Deux jours plus tard, je reçois un texto : « ça te dit qu’on se voit ce soir ? » Pas de chance, j’avais rendez-vous avec Raphaël donc je lui réponds : « Non, je ne suis pas libre ce soir mais on peut se voir un autre soir, si tu veux. » Réponse : « Bien sûr que je veux. » Moi : « Si je ne m’abuse, je suis libre demain soir. » « Ok mais n’abuse pas trop, je suis un garçon fragile. » Mercredi soir, rendez-vous avec Raph’ et brouette. Jeudi soir, Arnaud vient me chercher à nouveau en moto, on part dans un bar, il m’offre deux bières, on discute amour et couple, c’est fantastique. Il me ramène chez moi, on longe la Tour Eiffel qui scintille encore, j’hésite à l’embrasser mais je me contente de lui faire la bise, ne sachant trop ce qu’il pense de moi. Oui, comme je l’ai expliqué le lendemain à Clara qui venait de me traiter de triple buse (non, elle n’a pas dit ça, elle a dit : « Non mais Nina, attends, c’est clair qu’il veut sortir avec toi ! »), je ne savais pas s’il m’invitait en espérant mélanger sa langue avec la mienne ou si c’était juste parce que ses potes étaient en vacances et qu’il s’ennuyait. Pourtant, Athéna m’avait tiré les cartes quelques jours avant et m’avait dit qu’il ressentait des choses très positives pour moi, même si j’allais avoir une relation sexuelle avec un mec nettement moins correct. Avec le recul, j’ai l’impression qu’elle a eu totalement raison, certain comportements m’interpellent et m’agacent un peu mais peu importe.
 
Le lendemain, on papote sur MSN en tout bien tout honneur, on aborde le sujet ô combien érotique des chatouilles. A un moment, je lui indique que s’il me chatouillait les pieds, il s’exposerait à mes foudres puis la conversation retombe. Voici le dialogue, retranscris à peu près tel quel :
Moi : Tu boudes ?
Lui : Oui.
Moi : Oh, pourquoi ? 🙂
Lui : Parce que j’ai l’impression que tu joues avec moi et je ne sais pas ce que tu me veux.
Dieu merci, j’étais assise, sinon, je serais tombée et je me serais fait très mal. Que répondre ? Feindre l’indifférence ou exprimer mon attirance ? Je suis au pied du mur, je ne peux plus reculer mais je ne me lance pas franchement non plus. Courage, fuyons. Je lui demande donc pourquoi il pense que je joue avec lui et il m’explique que je lui envoie des signes contraires. Franchement, je ne sais pas ce que j’ai fait pour qu’il croit que je n’étais pas intéressée, il ne m’a pas expliqué mais je finis par me dévoiler : « j’allais pas sortir avec toi alors que tu pars trois semaines en vacances, il y a mieux comme début de relation. »
 
Loin des yeux, loin du cœur… ?
Durant ses vacances, il ne m’appelle pas et ça m’énerve, surtout qu’il m’avait demandé l’autorisation de le faire. A quoi ça sert de me dire des jolies choses s’il ne se passe rien derrière ? Un soir, je le retrouve sur MSN, on discute et je joue un peu ma chieuse : « puisque tu ne m’as pas appelée, tu me dois un cadeau ! Et j’espère que tu as pensé à la carte postale. » Bon, je suis un peu agacée par son comportement désinvolte, je comprends que l’adage : « loin des yeux, loin du cœur » se vérifie tant de son côté que du mien. De retour à Paris après une semaine de vacances en province, je trouve une carte postale de Bretagne dans ma boîte aux lettres, je la retourne et là, voici le texte, retranscris dans son intégralité pour toi, lecteur : « : – )) Arnaud ». Y aurait pas un peu du foutage de gueule, là ? Surtout que monsieur en remet une couche dans le côté provocation : deux jours avant, j’avais reçu un texto : « on est à côté de chez toi, t’es où ? lol On est presque arrivés, on va choper la crève tellement il fait beau ». Bon, de un, je lui avais demandé s’ils passaient près de chez moi pour qu’on se voit, donc la première partie du message est quelque peu agaçante. Certes, ils ne sont pas passés par ma ville mais ce n’est pas une raison pour tourner le couteau dans la plaie. Concernant la deuxième partie, je n’ai eu que la pluie durant mes vacances, façon subtile de me le rappeler. Comme je suis une peste, je réponds : « Je suis en string au bord de ma piscine, j’attends un charmant garçon ». La première partie est totalement fausse, il pleuvait des cordes, le thermomètre culminait à 15°… La deuxième partie est vraie, par contre, mais précisons : le charmant garçon, c’est Gauthier ! 
 
On s’approche cependant de notre retour commun, je me décide à faire le premier pas en envoyant un texto hautement érotique : « tu rentres quand sur Paris ? Moi lundi soir ». Hou, c’est chaud ! S’ensuit un dialogue SMS particulièrement torride à base de : « si tu es à Paris lundi, viens me chercher à la gare ! ». Dimanche soir, alors que je suis honteusement avachie dans la voiture paternelle me ramenant de Perpignan où j’avais assisté à une cousinade, mon téléphone portable pousse son horrible chant. Je le saisis nonchalamment, persuadée que c’était Gauthier et, là, mon sang ne fait qu’un tour : Arnaud ! Je lui indique rapidement que je suis en voiture avec mes parents, je le rappellerai plus tard dans la soirée. Effectivement, après un repas rapidement expédié, me voilà à parler une heure avec le jeune homme au téléphone, c’est très agréable. Je retrouve un peu la complicité que j’avais avec lui lors de nos sorties nocturnes. Il propose de venir me chercher mais je lui explique qu’entre ma valise et mon chat, sur le moto, ça risque d’être serré mais il me dit qu’il essaiera quand même de venir me chercher en métro pour m’aider à porter mes valises.
 
Retour sur le lieu du (futur) crime
Lundi, jour J. Je monte dans le train avec ma valise et mon chat, je m’installe à une place qui n’est pas la mienne pour que Kenya et moi puissions avoir un peu d’espace (enfin, surtout moi, elle était dans sa panière, ça ne changeait rien pour elle). Mon téléphone sonne : Arnaud ! C’est bon, il finit tôt, il viendra me chercher ! Du coup, le voyage me paraît très long (surtout que c’est celui où j’ai dû supporter la monstresse blonde). Arrivée à destination, je vais un peu durer le plaisir en consommant une clope sur le quai de la gare mais je la jette alors qu’il restait trois bonnes bouffées dessus, trop impatiente. Je trace, je regarde partout, je n’ai pas mes lunettes donc la tâche est ardue. Enfin, il est là, en chemise bleue… Mon cœur bat la chamade, j’avais oublié à quel point il est séduisant. Il se charge de miss Kenya tandis que je fais rouler la valise. On rejoint une autre gare pour prendre mon train de banlieue mais celui-ci est annulé donc je lui propose d’aller boire un verre, en attendant. On discute une bonne heure puis retour (enfin) à demeure, je libère ma pauvre Kenya toute shootée qui va se baffrer de croquettes (quand même…). On boit un petit verre de vin puis on se rend au McDo (pas le choix) pour dîner, il me parle, je le regarde en admirant son merveilleux profil, j’ai hâte de me retrouver à nouveau seule avec lui, ce qui ne tarde pas trop (l’avantage du McDo).
 
De retour chez moi, on s’installe sur le canapé, je me colle bien à lui, cuisse contre cuisse, bras contre bras, je pose ma tête sur son épaule de temps en temps et…rien. Il s’occupe surtout de Kenya… A un moment, cependant, les choses s’accélèrent. Je portais ce jour-là un pantalon un peu original avec des cordons et il commence à s’amuser à les tirer, je me débats et voilà que je me retrouve la tête sur ses cuisses, allongée sur le dos, immobilisée car il me tenait les mains. Et enfin, il finit par m’embrasser. Puis il rigole et fait : « tu as dû trouver que j’étais long à me décider ! ». Oui, en effet ! Bon séance de pelotage puis il finit par rentrer chez lui sans brouette, malgré mes tentatives pour l’encourager à dormir chez moi. C’est bien la première fois qu’il ne se passe (presque) rien le premier soir !
 
Le lendemain, il va dîner chez sa mère, il revient sur MSN vers 21h30 et m’explique qu’il regarde Koh Lanta, ce qui me fait hurler mais il me répond : « y a rien d’autre à la télé ! ». Subtilement, je lui suggère de faire autre chose comme, par exemple, poser ses fesses sur sa moto et venir passer la soirée avec moi. Un quart d’heure plus tard, le voilà. Cette fois-ci nous finissons la nuit ensemble.
 
Et me voilà maquée !
Je suis étonnée à quel point il est facile de retrouver des réflexes de couple Je me rends compte que cette complicité entre deux personnes, cette tendance à être et non plus paraître avec un homme avec qui on se sent bien me manquait. Pour le moment, tout est rose, forcément, tout est neuf, les inconvénients du couple sont loin. Actuellement, le seul point négatif, c’est l’absence de câlins (même pas sexuels) le matin. A peine le réveil a-t-il sonné qu’il est levé et habillé, à peine un smack et le voilà parti.
 
Ce week-end, on va essayer de se croiser, une fois que j’aurai abandonné mes parents, en visite sur la capitale. Je suis officiellement célibataire mais vus les stigmates d’une vie sexuelle intense qui marquent mon cou (j’ai des suçons, en clair), ça m’étonnerait qu’ils ne comprennent pas.
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