Quand tes amis deviennent nos amis

Au début, nous ne sommes que deux. A s’aimer sous les draps, à traîner au lit peu vêtu à se mater des conneries entre deux parties de jambes en l’air. On se voit à deux dans les bars ou à domicile, parfois au cinéma mais c’est lui, c’est elle, et c’est vous. Mais quand la relation devient un petit peu plus sérieuse, ils commencent à apparaître dans les conversations avant ce moment fatidique de la rencontre. Les parents ? Non les amis de votre significant one !

Soirée avec nos amis

Les amis, c’est potentiellement compliqué. On se dit “mais s’ils sont amis avec mon roudoudou, ce sont forcément des gens bien avec qui je vais être super ami.e, c’est l’évidence !”. Et bien non. Prenez votre tissu amical et observez le. Est-il uni comme une toile de coton ou coloré qu’un morceau de wax (je dois vraiment ressortir ma machine à coudre pour me faire des petites tenues en wax, je suis encore une fois victime de la mode) ? Pour ma part, j’ai un tissu amical bien bariolé pour cause de “j’ai rencontré des amis à différents moments de ma vie” et j’ai bien changé, durant toutes ces années. De Anne, rencontrée en maternelle, à Anaïs, Isa et Joy rencontrées à la plongée (enfin, Joy est à la base la moitié d’Isa mais je la considère comme une amie à part entière, notez pour la suite), en passant par Amy, Enzo et Zénobie rencontrée dans les premières années de ma vie parisienne,en ajoutant tous mes anciens collègues que je revois régulièrement, non plus en tant que collègue mais en tant qu’amis, certains de mes collègues actuels, des fantômes du passé qui repassent une tête de temps en temps… Bref, j’ai des amis différents les uns des autres, des que je vois avec grand plaisir, d’autres plus par nostalgie, d’autres parce qu’ils sont potes de potes et que j’ai pas super le choix. Et donc, parmi mes amis, je sais qui va accrocher directement avec mon doux et qui aurait moins d’atomes crochus… Parce que oui, nous sommes multiples donc mes amis ne sont pas toujours en grande affinité entre eux et peuvent donc ne pas accrocher avec mon adoré. Cf le pote de pote que vous avez du mal à saquer.

Ami gênant

La présentation aux potes, c’est crucial. Surtout les meilleurs potes, ceux avec qui on a intérêt à bien s’entendre parce qu’on risque de les voir souvent. Quand j’étais avec Guillaume 1er, un de ses meilleurs amis était un pote d’enfance… débile. Franchement, il était pas méchant mais c’était un enfant (et je vous dis ça, j’avais 20-24 ans à l’époque) et ça me fatiguait de le voir parce que je savais que j’allais devoir sourire toute la soirée et éviter de lever les yeux au ciel quand il nous déclarait en criant au resto “l’autre jour, j’ai pété et j’ai fait croire que c’était le frigo qui puait le fromage, héhé !”. Je vous jure que cette scène est réellement arrivée, j’exagère même pas.

Femme gênée

Mais il arrive aussi que les potes de l’un et de l’autre deviennent des amis mutuels. Il m’arrive par exemple de papoter en one to one avec la meilleure amie de Victor parce que c’est mon amie aussi, maintenant, on n’a plus besoin de ce lien “Victor” entre nous, j’ai gardé contact avec quelques amis d’ex avec qui je m’entendais bien et que même si on se voit plus beaucoup, on reste liés. Mais du coup, quand tu es en couple et que ses amis deviennent vos amis, ça double le nombre d’amis… et donc le gymkhana pour faire rentrer tous ces gens que nous avons envie de voir dans notre emploi du temps.

Emploi du temps surchargé

Parce que quand je dis qu’être en couple, c’est multiplier les amis par deux, c’est vraiment ça. Ces moments où, affalés sur le canapé, on se fait la liste de tous ceux que l’on doit voir et où les caser en fonction de leurs situations géographiques (proches du boulot ou de chez nous : en semaine, plus loin : le week-end).

Carte de la bataille tempête du désert

Et je vous dis pas comme le jeu se complique quand les amis se décident à faire un mini eux. Tiens, la semaine prochaine, je vous parlerai du fait que, depuis que je suis en couple, mon utérus est beaucoup trop un sujet de conversation pour personnes que ça ne regarde pas.

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L’amour et le patrimoine

Depuis que je suis en couple monogame, je suis assez friande des histoires de rencontre des autres vu que moi, je n’en ai plus et que mes récits croustillants nécessiteraient de rentrer beaucoup trop dans mon intimité, ce que mes amis ne goûteraient pas forcément. Non mais c’est vrai, moi, j’ai une imagination très visuelle par exemple donc si tu me racontes par le détails une partie de jambe en l’air et que je connais les protagonistes impliqués… Ben c’est comme si j’avais fait ma scopophile… Donc je suis désormais les aventures d’une copine, que nous appellerons Katel (parce que j’ai envie) sur les sites de rencontres. Et au bout de quelques rendez-vous, Katel en a déjà marre d’un truc : de la drague par le patrimoine.

homme_argent_exhibition_patrimoine

Katel a décidé de passer la 2nde pour trouver un homme, pour une nuit ou pour la vie, c’est selon. ne suivant pas mes conseils, elle squatte Adopte Un Mec, site que je méprise assez car j’ai énormément de mal avec la vision ultra machiste du truc : “homme : balance ton salaire et tes possessions, femme : balance ta culotte et tes pratiques sexuelles”. Et ça veut se faire passer pour “féministe” après, laisse-moi me marrer ! On dirait que ça a été conçu par Hugh Hefner mais passons. Elle cale quelques rencards à des hommes et c’est festival : entre les fachos assumés (!!) et les “salut, je m’appelle Antoine et je viens d’acheter un 70m² dans le Marais et toi ?”, les bonnes soirées sont rares. Oui parce que curieusement, elle s’est tapée un bon paquet de “salut, je viens d’acheter un appart” alors qu’elle ne demandait rien sur le sujet vu qu’elle s’en fout. Du coup, je me pose la question : est-ce que draguer avec son patrimoine, ça marche vraiment ?

pretty woman, l'histoire d'amour entre un mec riche et une prostituée

Oui, bon, des fois, ça a l’air de marcher mais c’est un FILM

Jeudi soir, Katel a donc rencontré Rémi. Elle m’en parle un peu avant en mode “il a l’air intéressant, il va à des conférences d’économie et tout”. Moi, en bonne gauchiste, je comprends “il va à des conférences sur Marx, l’économie collaborative, partagée, les alternatives économiques…”. Je m’imaginais déjà des sorties à 4 avec des “débats” enflammés autour d’un verre de vin sur comment on devrait révolutionner l’économie pour permettre un meilleur partage du gâteau… Sauf que non. Rémi va sans doute à des conférences “quels meilleurs placements pour votre argent en trop” et le mec lui a parlé d’argent toute la soirée, ennui total. Bye bye Rémi et nos soirées à 4… On garde notre vin pour un meilleur candidat.

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En fait, je ne comprends pas. Evidemment, le site en lui-même semble faire SUBTILEMENT comprendre que tu choperas plus facilement une femme avec un écran plat et un lit king size (spoiler : NON) mais franchement, tu crois que ça marche comme ça, Jean-Pognon ? Tu as du fric, tu pourrais offrir de belles choses à l’élue de ton coeur… Heu ok mais du coup, est-ce que tu as vraiment envie de mettre ça dans la balance, limite de ne mettre QUE ça dans la balance, dès le départ ? Non parce que s’il le faut, Rémi est un sportif accompli, un musicien de talent, un dessinateur remarquable ou un poète exceptionnel… Mais ça, on ne le saura jamais, on saura juste qu’il est propriétaire de 3 apparts… Du coup, une vraie question s’impose : la femme qui sortira avec Rémi le fera-t-elle pour ce qu’il est ou pour ce qu’il a ? Rémi semble croire que les femmes sont vénales et paraît s’en accommoder… Sauf que peut-il réellement être heureux si sa moitié s’intéresse plus à son compte en banque qu’à lui ? Sérieusement ?

femme vénale

Alors peut-être que j’évolue trop au milieu des gauchistes mais, messieurs, arrêtez de lire des conneries de sites de drague car je vous le dis de suite : parler de fric, c’est chiant. Penser que c’est votre meilleure carte en matière de séduction vous élimine automatiquement. Parce que, clairement, le message que vous nous envoyez est problématique :

  • je n’ai rien d’autres à t’offrir que de l’argent, je suis le mec le plus intéressant du monde
  • De toute façon, les femmes, c’est bien tout ce qui vous intéresse, non ?
lèvres en diamant

Chercher « bling bling » sur Google images est toujours une expérience… étrange

Rémi, le conseil a voté, vous êtes éliminé.

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Le sexe n’est pas une arme

Fiers d’eux, ils s’affichent dans les médias, inventent des termes pour se singulariser. Eux sont différents et le clament sans honte : ils ont une sexualité hors norme. Vomissant le concept de partenaire unique, ils avancent fleur au fusil pour défendre leur cause. Laquelle ? À part l’énormité de leur ego, nul ne le sait.

Ils revendiquent le droit d’exister. Ok, super, personne ne les en empêche. En France, les lois régissant la sexualité sont plutôt lâches : du moment que tout se passe entre adultes consentants, pénétrez qui vous voulez où vous voulez. Enfin quand je dis où, je parlais d’orifices, vous etes priés de pas baiser dans des lieux où les gens n’ont aucune envie d’assister à vos ébats. Et je vous jure que globalement, vos parties de jambe en l’air n’intéressent que peu de monde…

Pourtant, tous les jours, des inconnus clament avec fierté qu’ils baisent. Des hommes, des femmes, des transsexuels et que s’ils tombaient sur des hermaphrodites, ça les gêneraient pas. Puissante déclaration s’il en est, c’est comme si je disais que si j’avais l’occasion de sauter en parachute, ça ne me dérangerait pas. Alors que rien que de voir la vidéo du saut de mon beau-frère, j’ai crié et me suis cachée dans mon pull. Ok, c’est bien mon petit, tu couches donc avec tout le monde sans t’arrêter au genre de tes conquêtes. Et ? Tu as une revendication ? Ah non, aucune ? Alors pourquoi tu nous racontes ça ?

Passons sur le fait qu’on se demande si la multiplicité des genres des conquêtes n’est pas lié à cette volonté d’être « différent ». Le problème de la prise de parole sur la sexualité, c’est que d’un sujet intéressant à la base, on se vautre rapidement dans le racolage. La sexualité de Jean ou Jeanne n’a en soi aucun intérêt, ce n’est que de l’anecdote graveleuse. Je suis bien placée pour dire ça au vu des origines de ce blog. En relisant mes articles purement cul des premières années, je me suis demandée pourquoi les gens s’intéressaient au récit de ma nuit avec Paul ou Jacques. Réclamer une certaine liberté sexuelle ? Mais personne ne me l’a niée. Prouver qu’on peut aimer le sexe sans être salope. Moui, léger. En fait mon processus était simple : après 4 ans et demi en couple, je me trouvais à nouveau sur les chemins de la conquête et oh wouaaaaah ! Ça marchait pas mal pour moi, dis donc. J’ai vécu ces expériences les yeux grands ouverts, persuadée que je réinventais la poudre. Comme on dit sur l’Internet : lol.

Car le sexe n’est pas une arme. Je peux écarter les cuisses et m’en vanter tant que je veux, le monde sera le même le lendemain, je ne fais avancer aucune cause. Serais-je un exemple pour de jeunes filles timorées qui n’osent céder aux tentations de la chair ? Ahah non. Nombreuses sont les séries qui ont dédramatisé le sexe pour le plaisir, crier que oh oui, on fornique quand on en a envie n’est qu’une goutte dans l’océan.

Il y a pourtant des causes à défendre vis à vis de la sexualité comme tout ce qui touche à la prévention, le droit des femmes à disposer de leur corps et de leur fertilité, le droit de dire non… Et plus loin toute la question du droit des homosexuels en terme de mariage et d’adoption. Des combats, il y en a. Dire qu’on baise hors des conventions petites bourgeoises n’en est pas un, c’est juste une posture. Et si on considère que dans les Mystères de l’amour, y a un club libertin et un couple à 3, c’est limite ringard comme posture.

Je terminerai par cette éternelle phrase tellement originale et inconnue de notre ami Epicure : pour vivre heureux, vivons cachés. Car n’oublions pas une chose : notre vie amoureuse et/ou sexuelle n’a d’intérêt que si on ne la vit que pour nous, pas pour se la raconter dans les médias.

Et je finis par un article hilarant qui m’avait inspiré cet article : L’arène 69, parlons cru puisqu’elle est nue.

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Où trouver l’homme ? Episode 12 : il ne faut jurer de rien


A la recherche du prince charmant

(Je rappelle à mon nouveau lectorat qui débarquerait ici pour la première fois que tout ceci n’est qu’une fiction, qu’en vrai, je cherche pas un homme et que celui qui va être décrit dans l’épisode suivant n’existe pas. Toute ressemblance avec une personne existante ne serait donc que fortuite, comme on dit en début des épisodes de Cas de divorce).

Ce qui est dur quand on cherche son futur mari ou équivalent, c’est de le trouver. Parce que trouver un mec comme ça, pour une nuit ou plus, c’est pas si difficile mais là, il s’agit de trouver l’homme qui va partager un long moment de ma vie, que je vais présenter à ma famille donc il a intérêt à assurer. Dieu merci, ma mère ayant souffert de la discrimination « nous ne sommes pas du même milieu social », pour ma part, ce ne sera pas trop un souci. Du moment qu’il est bien élevé et qu’il a de l’ambition dans son métier, tout est valable. Mais bon, il faut quand même qu’il me plaise à moi pour commencer car ma mère peut accepter un mec qui fait n’importe quelle profession mais pas un mec qui me rend pas heureuse. Logique.


J’ai donc décidé de donner une deuxième chance au monsieur du smirting, estimant qu’il avait peut-être été intimidé la première fois, même si j’estime être la fille la moins impressionnante du monde. Me voici donc devant le domicile du jeune homme, espérant qu’en terrain connu, il soit plus liant. J’y crois, j’y crois, j’y crois. Je sonne, il me fait rentrer, je lui fais la bise et de suite, je sens la tension monter d’un cran. Que nous sommes à l’aise, c’est un bonheur. Il me sert un café, on se donne des nouvelles depuis notre
dernière entrevue. Et à nouveau, le blanc. Mais cette fois ci, nouvelle donnée : je suis chez lui donc en scannant le coin, je vais bien trouver quelque chose qui m’accroche. Aucun livre ne traîne, des magazines, peut-être? Un programme télé… Bon, ben, allons y gaiement, parlons télé. « Et alors, tu regardes quoi à la télé? » Et voilà qu’il me propose de mater un DVD… J’ai pas dû bien m’exprimer.

Au bout de 2 épisodes et demi de Lost je sens que je pique furieusement du nez. Est-il de bon ton de s’endormir au deuxième rendez-vous? Je ne suis pas sûre. A la limite, après une partie de jambe en l’air, ça marche mais sinon, je vais passer pour une vilaine malpolie. Déjà que… Bon, essaie de te concentrer sur Sawyer, ça va te maintenir éveillée. Oui, de toute façon, j’ai toujours fantasmé sur Sawyer alors le fait d’avoir un mec ne changera rien à l’affaire. Autant qu’il s’habitue de suite à ce que je bave devant les beaux mecs de la télé. Comme s’il se rinçait pas l’œil sur Kate, lui.

Je lui demande où sont les toilettes à la fin d’un épisode, espérant mettre fin au visionnage. Dans les toilettes, je me rassemble et je fais un point. J’aime bien réfléchir aux toilettes, c’est un endroit calme. Alors techniquement, ce garçon est serviable, mignon, gentil. De l’autre, on vit réellement sur deux planètes différentes, j’ai pas encore réussi à trouver un sujet en commun et la tension entre nous ne cesse d’augmenter mais elle n’a rien de sexuelle. Durée d’une relation à vue de nez : quelques jours. Durée de la relation que je cherche : à vie (enfin, à peu près, quoi). Bien, à présent, il va falloir sortir des toilettes et annoncer à ce pauvre jeune homme que c’est fini entre nous, même si ça n’a pas commencé.

De retour au salon, je récupère ma place et plonge mon nez dans ma tasse de thé. Silence. Bon, allez, on va en finir, je crois qu’il n’attend que ça de toute façon. A moins qu’il ait une réelle passion pour la contemplation mais j’en doute, j’ai l’impression que la tension dans cette pièce est à couper au couteau. Bon, j’ouvre la bouche et lui dis que je vais y aller. Il me demande quand on se revoit. Alors là, deux options : l’hypocrite « on s’appelle » qui veut clairement dire qu’on ne le fera pas mais qu’on a la politesse (ou la
lâcheté) de pas envoyer dans la figure de l’autre qu’on n’a plus envie de le revoir : soit l’honnêteté. Bon, comme tout ceci n’est qu’une fiction, je peux me permettre d’être couillue. « Ecoute, je crois qu’on n’a pas grand-chose à faire ensemble. Tu es très sympa et tout mais on n’a pas du tout d’atomes crochus alors je crois qu’on va arrêter de faire semblant. Je suis désolée ». Il me regarde puis me répond froidement : « je me faisais la même réflexion mais j’osais pas le dire. Bon ben ciao, je te dis pas à la prochaine ».

On se fait poliment la bise et me voilà sur le palier de son appartement, légèrement décontenancée. C’est ce que je voulais, certes mais c’est toujours bizarre de partir en sachant qu’on ne se reverra pas. Et mon ego a un peu de mal à digérer. Enfin, c’est reparti pour la recherche. La semaine prochaine, je vais au musée.

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Reste digne, ma fille

Dans la vie, on a tous nos limites. Selon notre vécu, nos croyances, notre éducation et que sais-je encore, elles sont plus ou moins loin mais restent rarement figées. Si à 20 ans, on m’avait expliqué que je pratiquerais un jour le plan cul, je ne l’aurais pas cru. Elle est pourrie mon intro, non ?

Donc des fois, on fait des choses qu’on ne pensait pas faire un jour. Je vais pas vous détailler mon cas perso parce qu’on s’en fout de savoir ce que j’ai fait, ce que j’aimerais faire, ce que je me refuse à faire… Mais l’idée générale est la suivante : mes limites sont celles de ma dignité. En gros, m’amuser, ok. Mais encore faut-il que je puisse me regarder dans la glace le lendemain matin sans rougir. Bah oui, tu vois, être wild, péter les plombs, se lâcher, c’est bon. Par exemple ma soirée des vœux de la boîte où j’étais bien déchirée (et où j’ai même demandé à un mec que je ne connaissais pas du tout s’il était pédé) mais je n’ai pas regretté parce que je me suis beaucoup amusée.

Tout est question de contexte bien sûr. Plus on est bien dans ses baskets, plus il est facile de rester digne. Par exemple, en ce moment, je me sens légère comme une bulle donc j’ai pas besoin de péter les plombs tous les samedis soirs, de me bourrer la gueule pour oublier pendant 2 heures que je suis une loseuse et que je suis malheureuse avant de vomir les tripes. Histoire de cercle vicieux et de cercle vertueux, je vais pas développer. Et pourtant, à y réfléchir, je ne vois pas ce qui mérite que je m’assois sur ma dignité.

Prenons la question du sexe. Je parlais avec Vicky d’histoires de fesses et elle me dit « oh, c’est glauque ! Je crois que je deviens prude ». Et bien non. L’histoire en question (qui n’implique ni l’auteur de cet article ni Vicky) est totalement glauque et c’est pas tellement une
histoire de pudibonderie, à mon avis. En gros, cette histoire me fait penser à un accident de voiture : une femme se détruit en faisant n’importe quoi avec n’importe qui dans le mépris total de sa propre personne et quand on me raconte cette histoire, j’ai la sensation de voir son corps démantibulé sur la chaussée. C’est gore. N’allez pas croire que l’on juge cette personne. Je dirais que chacun fait ce qu’il veut de son cul mais tant que ça se fait dans le respect des uns et des autres et à commencer par le sien propre. Dans ma grande période de n’importe quoi, Lucie aka la copine qui n’a pas sa langue dans sa poche m’avait dit : « mais bordel, arrête ces conneries, t’es un fille bien ! ». Ben, elle avait raison. Evidemment, c’est plus facile d’être une fille bien quand on est bien dans ses baskets.

Mais voilà, il y a des choses qui ne méritent pas que je m’assois sur mes principes. Accepter de se rabaisser pour une partie de jambes en l’air ou pour oublier pendant une paire d’heures que ça va pas, ça n’en vaut pas le coup. Maintenant, chacun fait ce qu’il veut de ses fesses ou de son foie, bien sûr. On peut tendre la main vers quelqu’un qui ne va pas bien, lui faire remarquer que oui, super, il a repoussé ses limites mais le jeu en valait-il la chandelle ? Non. La trashitude, ce n’est pas si drôle si on fait les choses en dépit du
bon sens et que le lendemain matin, on a envie de vomir quand on se voit dans la glace.

Dans ma vie, j’ai fait des conneries et avec le recul, je les assume complètement. Pas de regrets, ça ne servirait à rien de toute façon. Sans doute qu’il aurait été mieux que je découvre ce que j’acceptais ou refusais de faire sans faire mes conneries mais je suppose que c’est aussi une question de maturité et de connaissance de soi.

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Les règles du jeu ont changé

Par Jane

Non, je ne vais pas vous faire l’apologie de Meetic et de sa nouvelle campagne de pub que je trouve assez affligeante. Oui, je regarde parfois un postérieur masculin dans la rue, mais jamais en meute organisée. Non, je ne me suis jamais plantée de nom au moment de dire au revoir à un partenaire de jambes en l’air (en cas de doute, mieux vaut se taire !) Non, je ne demande pas des capotes à mes collègues de boulot, ma vie sexuelle ne les regarde absolument pas, tout comme je ne veux rien savoir de la leur. Ce qui me fait rire, c’est que cette pub reprend tous les clichés machistes de base et est très fière de nous prouver que nous les femmes, nous pouvons nous conduire comme des hommes. En fait, notre lutte pour l’égalité des sexes, vous ne le saviez peut-être pas, mais ce n’était pas pour avoir des chances ou un salaire égal, non non, c’était juste pour pouvoir nous comporter comme… des connards. En jupe et avec des talons. Remarquez, le côté cyber-marché de la baise est enfin assumé!

 Par contre, le slogan, je l’aime bien.

Depuis toujours, on nous place dans le rôle des petites choses fragiles auxquelles on fait la cour. Enfin ça, c’est pour la bourgeoisie. Dans les campagnes, la cour se faisait jusqu’à la meule de foin la plus proche (et le mariage aux premiers signes visibles du rapprochement champêtre) Nous, petits êtres patients, attendions donc que l’élu de notre cœur nous remarque, tombe sous notre charme, nous tourne autour durant un temps défini par le protocole (et notre degré de sadisme) fasse sa demande en bonne et due forme, et nous rende heureuse pour le reste de nos jours (dans ce scénario, avoir un compte d’épargne bien rempli peut largement aider) Sauf que bon, certaines – genre moi –  avec la chance qu’elles traînent, le méga canon qu’elles reluquent, il ne va jamais tourner ne serait-ce qu’un cil vers elles. Sommes-nous alors condamnées à attendre
1/ Qu’il nous remarque
2/ Qu’il soit intéressé
3/ Qu’il se dise qu’il y a possibilité
4/ Qu’il passe à l’offensive
5/ Qu’il ne se lasse pas trop vite parce qu’on ne s’est pas assez fait désirer
Tout ça pour respecter le protocole? Les règles du jeu sont-elles immuables?

Prenons un cas concret. Blondinet. Blondinet est canon. Blondinet est charmant. Blondinet est… Oui, bon, vous avez compris, j’aime bien Blondinet. Sauf que malgré le moment très agréable passé en sa compagnie, je ne sais pas ce qu’il cherche, ni ce qu’il pense de moi. J’ai donc deux solutions:
Attendre de voir si éventuellement ya possibilité de… En gros, ne rien faire et attendre qu’il vienne en rampant à mes pieds. Bizarrement, je ne fais pas partie de ces filles qui ont une foule de prétendants qui se languissent en espérant secrètement mériter ne serait-ce qu’un regard. Je suis plutôt classée dans la catégorie « filles insignifiantes » dont le seul espoir de se faire remarquer réside dans un humour alternatif.
Changer les règles du jeu, et tenter de prendre un peu les devants. Oui mais non, et si je ne lui plaisais pas? Non mais parce qu’après des millénaires à faire baver le mâle afin de lui faire mériter sa descendance, il y a un certain conditionnement. Et surtout un certain confort. Les mâles courent, les femelles sélectionnent. Nous n’avons donc pas le blindage nécessaire aux râteaux en série. Nous sommes donc subtiles quand il s’agit de tenter une approche. Mais la subtilité, des fois, c’est un peu trop… subtil pour qu’un homme comprenne!

Concrètement, c’est donc le point mort. Il est trop occupé pour donner des nouvelles dignes de ce nom. Ou alors en plus d’être occupé, il ne veut plus me donner de nouvelles (mode paranoïaque dépressive, mais bon, il y a bien un moment où il a du temps libre, par exemple au boulot!) Je ne veux pas passer pour la harceleuse de service, donc j’espace les mails et je ne vais pas lui parler quand je le vois en ligne (vive la messagerie magique qui indique le statut des gens à qui on a envoyé un mail! Ca torture encore plus) Bon, ok, de temps en temps, je craque (avec la bonne excuse du « tiens, ça fait comme un vide quand je ne reçois pas ma tartine de 2 pages de la journée! ») mais rien d’indécent, ni de particulièrement explicite (sauf quand on me connaît et qu’on sait que ma paresse naturelle est rarement troublée par un représentant du sexe masculin à conquérir, je suis plutôt résignée à les laisser passer, et tant pis s’ils ne me remarquent pas)

Et puis pour me torturer un peu plus, je tente de pénétrer son esprit. Parce qu’on ne s’est pas rencontré virtuellement via Meetic (logique vu mon point de vue sur la chose) donc que ce n’était pas forcément un rapport de séduction dès le début. Voire même pas du tout. Donc quelles sont les chances qu’il voit en moi la future femme de sa vie qui ne lui donnera pas les enfants qu’il n’est pas sûr de vouloir? (Oui, là je me projette un peu beaucoup, mais bon, il faut voir grand!) Et quels sont les risques que je sois juste… euh… une connaissance?

Les règles du jeu ont changé, mais ça serait vraiment sympathique de nous les expliquer! (j’accepte tous les conseils et je vouerais un culte éternel à toute personne qui contribuera à un rapprochement moi-même/Blondinet)

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Le sexe après lui

Rupture. L’un s’en va, l’autre reste. Fini la vie à deux, les habitudes, les « mon chéri, ma puce », les réveils câlins, les petits bisous et les petits mots doux. La rupture, quoi. Elle survient rapidement ou non, au bout de 10 jours ou au bout de 10 ans. Mais curieusement, il y a un sujet donc personne ne parle lors de ruptures : le sexe. Par décence ou par tabou ?

Un couple, c’est beaucoup de choses, un mélange bien compliqué d’un tas d’ingrédients. Il n’y a même pas de recette type, c’est chaque couple qui doit faire ses propres dosages. A l’arrivée, soit un superbe gâteau (à voir ensuite s’il est comestible ou non) ou un immonde tas de pâte. Non, jamais je ne renoncerai à mes métaphores foireuses, faut te faire une raison, lecteur. Parmi ces ingrédients, il y en a un qui reste quand même essentiel quoi qu’on en dise : le sexe. C’est triste à dire mais je me vois mal faire ma vie avec un mec qui ne me permet pas de m’épanouir sexuellement. Ce n’est pas le seul critère de choix mais ça en est un, soyons honnête. Bon, je ne fous pas le mec dehors si la première tentative a été foireuse, rassure-toi, mais si au bout d’un moment, ça ne passe toujours pas, ça va commencer à me travailler et pas qu’un peu. D’ailleurs, quand ça commence à sentir le roussi dans un couple, c’est l’activité sexuelle qui en pâtit la première. Avec Guillaume 1er, sur la fin, on dormait chastement l’un à côté de l’autre, on avait des gestes de tendresse mais plus de sexe. Pendant six mois, nous avons cohabité sans nous toucher. Ce n’est pas que nous étions du genre à le faire cinq fois par jour mais on le faisait quand même beaucoup plus régulièrement qu’une fois tous les six mois… Mine de rien, c’est dur à vivre, cette perte de désir. Si même l’homme qui m’aime ne me désire plus, qui peut encore avoir envie de moi ?

Après Guillaume, j’ai eu peur d’un retour à la sexualité. Pourquoi ? Parce que ça faisait quatre ans et demi que je ne faisais l’amour qu’à un seul homme. Oh, d’un point de vue statistique, j’ai de l’expérience, j’ai dû faire l’amour bien plus souvent en quatre ans que pas mal de gens de mon âge.  Mais pendant 4 ans, je n’ai fait l’amour qu’avec un seul homme, que je connaissais et qui me connaissait. Qu’allait-il se passer ?  Surtout que, suite à la rupture, j’ai eu une sacrée période d’abstinence. 4 ans de sexe avec un seul homme puis quasiment un an d’abstinence, allais-je retrouver mes marques ? Et des questions cons qui m’assaillent : est-il de bon ton de pratiquer la fellation lors de la première brouette ou faut-il attendre ?  Vais-je savoir stimuler un corps que je ne connais pas ? Mais aussi : va-t-il savoir me stimuler ? Finalement, je finis par me jeter dans le bain avec Louis, que je n’aimais pas et avec qui il n’y aurait aucune relation suivie. Comme ça, si je suis pas à la hauteur, ça sera sans conséquence. A l’arrivée, j’ai vite retrouvé mes habitudes. Le sexe, c’est comme le vélo, on n’oublie jamais.

Autre question que je me pose : est-ce que le prochain fera aussi bien que le précédent ? Voilà, imaginons. Avec Brad, c’était un feu d’artifice permanent, un aller direct et garanti pour le pays de l’orgasme, des parties de jambe en l’air anthologique qui me retournaient la tête. Rien que d’y repenser, j’ai chaud dans le ventre. Mais Brad et moi, ça n’a pas duré.  Ça arrive. Arrive Sagamore dans ma vie. Beau, intelligent, drôle, raffiné et compagnie… Oui, je sors pas avec n’importe qui, moi. La stimulation intellectuelle est là, la tendresse aussi (oui, on va pas parler d’amour de suite, faut pas déconner non plus). Il semble évident qu’entre lui et moi, il va se passer quelque chose. Et là, je me pose la question : est-ce que ça sera aussi bien d’un point de vue sexuel qu’avec Brad ?

Plusieurs fois, dans ma vie, après une rupture, dans mes moments de cafard, je repensais à ma relation passée et quand je pensais au sexe, je me disais : « je ne retrouverai jamais aussi bien. » Dieu merci, jusqu’à présent, la vie m’a donné tort. Car chaque homme est différent, aucun ne fait l’amour de la même façon (Dieu merci) donc je ne retrouve pas « aussi bien », je trouve autre chose de tout aussi jouissif. Mais cette crainte persiste. C’est sans doute lié à la nostalgie de ce couple passé puisque je n’ai jamais ressenti ça pour un simple plan brouette. Heureusement, je connais mon corps, je sais ce qui me plaît ou non et j’ai passé l’âge de la fausse pudeur. Ce qui me plaît, je le dis, ce dont j’ai envie, aussi. Je n’impose pas à un homme de me faire des choses, je lui indique juste que ça, ça me plaît beaucoup. Mais bon, c’est pas toujours évident de tout balancer de but en blanc, comme ça…

A l’inverse, comment assurer avec un mec qu’on ne connaît pas ? Après une relation suivie, on découvre vite ce qui plaît au monsieur et ce qui ne lui plaît pas. Mais bon, quand on se retrouve pour la première fois dans un lit avec un monsieur, c’est pas évident de trouver les clés de son plaisir. Bon, il y a de grands classiques mais figure-toi, lecteur, qu’il y a des mecs qui n’aiment pas qu’on leur mordille l’oreille. Si ! Alors que moi, j’adore ça et j’attaque toujours rapidement l’appendice auriculaire d’un homme… C’est super doux, j’adore ! Oui, je suis une fétichiste de l’oreille, j’adore. Enfin, l’avantage de passer plusieurs nuits avec mon mec attitré, c’est que je peux titiller tout son corps et voir ce qui lui plaît ou non. Or son plaisir participant au mien, c’est quand même mieux de taper juste.

Bref, à chaque rupture, j’ai cette angoisse, peur que mon dernier mec reste le meilleur amant que j’aurai dans toute ma vie et ne jamais plus atteindre le 7e ciel de façon aussi systématique. Heureusement, à chaque fois, je me suis rendue compte que c’était faux. Non pas que mes mecs successifs soient meilleurs que le précédent, juste parce que quand on s’entend bien, la jouissance est au rendez-vous.

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Julien

Meetic a cela d’étrange qu’en quelques mails, on peut se planifier une nuit particulièrement chaude avec un quasi inconnu dont on connaît toutes les caractéristiques physiques, ou presque, sans même savoir son nom de famille.

Tout est mentionné sur la fiche de présentation : âge, signe astrologique, religion, tabagisme, poids, taille… Ne manque que la taille du sexe, le tour de poitrine et la position préférée. Ensuite, à nous de faire le tri dans les milliers de fiches présentes.

Pour ma part, je prends rarement les devants mais je n’en ai pas vraiment besoin : j’ai 25 ans et je vis dans une région surpeuplée, les flashs pleuvent sans que j’ai à lever le petit doigt (et je ne suis pas la seule dans ce cas).

A côté de ça, il y a les mails que l’on reçoit, parfois directs (ta fiche me plaît, je veux te rencontrer), parfois plus originaux (j’ai reçu d’un jeune homme un merveilleux exemple de « marketing direct » où le monsieur vantait ses propres mérites, très drôle et bien tourné), je ne réponds que rarement, j’avoue. Certains me jetteront la pierre en me traitant de vilaine bêcheuse mais soyez honnêtes, messieurs : combien de demoiselles ont reçu le même mail que moi ?

Enfin, il y a le chat, que je déteste, mais c’est finalement là que j’ai discuté avec la grande majorité de mes meeticboys. Le chat n’est pas une mauvaise façon de faire connaissance, en soi, mais on se retrouve vite avec une bonne dizaine de mecs qui viennent vous harceler, je trouve ça assez lourd. En plus, chez moi, il ne marche qu’une fois sur deux ! Ceci étant, le chat est très amusant car certains gars n’y vont pas avec le dos de la cuillère, j’ai eu droit à : « est-ce que tu aimes les piercings ? », « je suis photographe, tu ne voudrais pas poser pour moi » (entre parenthèse, c’est très flatteur !!) ou mon préféré : « est-ce que tu aimes la fessée ? ». Chacun sa technique mais j’aimerais bien savoir combien de réponses il a eu, celui-là !

Bref, meetic est un immense supermarché de la drague où les gens jouent plus ou moins franc jeu, ça dépend des cas. Personnellement, je ne suis pas convaincue que je puisse trouver quelqu’un de sérieux sur ce site bien que de nombreux témoignages de personnes que je connais me démontrent que ça peut arriver…

Pour ma part, je préfère ne pas trop capitaliser dessus : si ça arrive, tant mieux pour moi mais ai-je seulement envie d’une relation amoureuse stable, en ce moment ? Je ne crois pas et c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, d’ailleurs.

Cela fait maintenant un mois que j’y suis (depuis le 23 avril, exactement) et je comptabilise 175 flashs, ce qui me semble plutôt flatteur. J’ai rencontré pour l’instant quatre personnes (aucun n’avait flashé sur moi, c’est amusant) et conclu avec deux. Mon dernier rendez-vous a eu lieu hier soir et c’est l’objet de l’article du jour.

Je vous resitue un peu le contexte actuel de ma folle vie amoureuse, histoire que vous compreniez : j’avais donc rencontré trois meeticboys jusqu’à hier soir, deux avec qui nous étions d’accord pour que ce ne soit que sexuel et un autre, lundi, où c’était purement amical. En toute honnêteté, j’ai trouvé ce garçon vraiment charmant, un sourire magnifique, mais rappelons-nous que je ne suis pas à la recherche du père de mes futurs enfants. De plus, j’ai rendez-vous ce soir avec l’un de mes meeticboys coquins.

Hier soir, j’avais donc rendez-vous avec Julien qui connaît parfaitement mes mœurs un peu débridées. Il a pris contact avec moi par mail, l’histoire peut prêter à sourire. En fait, sur meetic, vous avez en eux la photo des derniers meeticboys qui : vous ont envoyé un mail ; chatté avec vous ; visité votre page ; flashé sur vous. Donc, un soir, je me connecte, je jette un œil aux photos, rien de très remarquable et je laisse la page ouverte. C’est à cette occasion que vous allez pouvoir mesurer l’étendue de mon égocentrisme forcené. En effet, j’ai remarqué que plus je restais connectée à meetic, mieux j’étais classée dans les recherches ce qui me permet d’avoir plus de visiteurs sur ma page et, donc, plus de flashs. Mardi dernier, j’avais donc laissé ma fenêtre ouverte et, à un moment, je vois que la photo du dernier gars qui m’a envoyé un mail avait changé et que j’étais à présent en présence d’un beau gosse donc je me précipite pour lire le mail. Le jeune homme, prénommé Julien, donc, me demandait depuis quand j’étais dans la région (j’ai précisé dans mon annonce que je venais de débarquer) et je lui réponds très gentiment. Une demi-heure plus tard, je reçois un nouveau message de sa part où il me donne son adresse MSN donc je le rajoute à mes contacts et nous partons en chat.

Je ne peux pas dire que la conversation fut hautement érotique, nous avons parlé de l’amour et de nos expériences respectives, il me raconte que son ex-petite amie l’a quitté il y a peu, en prenant le chat, au passage. Dans ce genre de discussions arrive toujours la question fatidique : « que cherches-tu sur meetic ? ». Il me répond qu’il cherche une liaison sérieuse, je lui fais comprendre que ce n’est pas mon cas. C’est toujours amusant de voir à quelle vitesse les meeticboys sont corruptibles, il suffit de dire ça pour qu’ils répondent : « ah oui mais je n’ai rien contre un rendez-vous crapuleux ! ». Donc je conviens rapidement d’un rendez-vous avec le jeune homme pour le mardi suivant. De plus, nous travaillons à peu près dans le même quartier, le hasard fait bien les choses !

Dimanche soir, je recroise le monsieur sur Internet donc on rediscute un petit peu et je le sentais un peu bizarre. Il faut savoir que les webdragueurs demandent généralement un paquet de photos mais lui ne m’en a pas réclamé et ne m’a pas non plus demandé quelles étaient mes pratiques sexuelles. Intriguée, je finis par lui demander si ma vie trépidante ne le gênait pas mais il me répond que, au contraire, ça le fait « tripper » puis il me révèle qu’il a lui-même une petite amie. Je vous avoue qu’à ce moment-là, j’ai eu des doutes sur la suite de notre aventure mais il me rassure : il n’est avec elle que depuis une semaine et il est un grand garçon.

Donc hier, je me rendais confiante bien que mon amie Victoire m’ait prédit que je ne pratiquerais pas la brouette tonkinoise avec ce jeune homme le soir même.  Mais je ne l’ai pas écoutée, je n’en fais toujours qu’à ma tête.

Nous avions rendez-vous hier soir sur les marches de l’opéra, endroit où il n’y a jamais personne… Donc j’arrive et je vois un groupe assis sur les marches, je commence à paniquer : vais-je arriver à le retrouver dans cet endroit-là ? Heureusement, il mesure 1m89 donc je le repère assez facilement. Appuyé contre une colonne, les écouteurs glissés dans les oreilles, engoncé dans son costard, il attend, les yeux perdus dans le vide. De loin, je le trouve très séduisant mais je souffre de myopie et je n’avais pas mes lunettes donc je me rapproche avant de jubiler. De près, il est encore plus charmant.

On se fait la bise, ce qui m’amuse toujours : sur MSN, nous avions convenu de faire l’amour toute la nuit mais nous nous faisons la bise comme deux amis, c’est toujours un moment surréaliste, pour moi. D’ailleurs, je lui en ai parlé un peu plus tard, ça l’a fait sourire mais, en même temps, on ne va pas commencer à s’embrasser dès le premier contact, restons corrects.

Il m’emmène dans un bar amusant où le prix des consommations varient comme à la bourse, selon l’offre et la demande… On s’assoit et il m’explique le principe puis me demande gentiment ce que je veux, je grimace en lui disant : « Je ne peux pas lire le panneau lumineux, je n’ai pas mes lunettes ». Je range mon ego et sort mes lunettes et consulte le menu. Je dois ici préciser que je n’ai mes lunettes que depuis deux mois, je ne les mets que rarement, surtout au boulot, mais ma coquetterie me pousse à m’en dispenser dans la rue et en rendez-vous galant (surtout en rendez-vous galant).

Donc je m’équipe et regarde le menu puis, une fois décidée, je range mes lunettes, ce qui amuse Julien qui me dit que ça me va pourtant très bien. Comme ce rendez-vous commence bien ! Il est vraiment charmant et je le dévore des yeux, je rêve de lui arracher sa cravate. La conversation s’oriente très vite sur des sujets coquins, on parle de meetic et des rencontres qu’il est possible de faire. C’est étrange car, en temps normal, dans ce genre de rencontre, on parle de tout sauf de ça, comme si on cherchait à occulter ce qui allait se passer quelques heures après… Il paie les consommations (appréciez la galanterie) puis on part dîner.

En chemin, on discute de vie de couple car nous avons tous les deux vécus une longue histoire qui nous a marqué, il me dit que son ex lui a appris à apprécier la vie de couple et il me révèle d’une voix tremblante : « Et, en fait, là, ce soir, je le sens pas ». Je fais fi de l’entaille qu’il vient d’infliger à mon ego démesuré, je souris et je réponds : « Ce n’est pas grave, je n’exige rien de toi ». Il se sent tout de même obligé de se justifier, il pensait être capable d’avoir une histoire juste comme ça, juste pour le fun, mais il s’est menti à lui-même.

Suite à cette terrible révélation, nous nous rendons quand même au restaurant et nous discutons beaucoup de choses et d’autres, il m’envoie de nombreuses piques sur mon accent et mes expressions particulières mais le courant passe très bien. En fait, il découvre que je ne suis pas une nymphomane insensible et que j’ai plus envie de moments câlins que d’inoubliables saltos thaïlandais, ce qui l’étonne beaucoup (quelle image je dois donner de moi, sur meetic !). Nous parlons aussi de nos anciennes relations amoureuses, je lui explique que je n’aime pas qu’on me fasse des cadeaux onéreux car cela me gêne et j’apprécie plus de trouver un petit mot sur un post-it que des bijoux ou des bouquets de fleurs. Ce côté charmant de ma personne le pousse à s’exclamer : « Mais tu es parfaite ! » et je lui réponds, de ma voix la plus suave : « Oui, il n’y a que toi pour en douter » et il me répond, penaud : « Ce n’est pas de toi que je doute mais de moi ».

La conversation s’éternise, on finit par quitter le restaurant vers 0h et nous reprenons le train. Arrivés à la gare, nous parlons encore sur le quai puis nous nous séparons, après qu’il se soit excusé plusieurs fois de ne pas respecter le programme préétabli mais je l’ai rassuré : je ne lui en veux pas (qui suis-je pour lui reprocher quoi que ce soit ?) et je suis tout à fait partante pour qu’on se revoit, en toute amitié. Chacun rentre chez soi, fin de l’histoire.

J’ai beaucoup réfléchi à ce qu’il s’est passé ce matin en attendant le train (la SNCF est joueuse, elle aime annuler le train de 9h30 donc poireauter une vingtaine de minutes, ça laisse du temps pour réfléchir) et je réalise que j’ai eu beaucoup de torts dans cette histoire. D’une part, j’ai essayé de le « corrompre » et de le détourner de son but initial (trouver une copine, pas une maîtresse) et j’ai été trop directe avec lui, ce qui l’a forcément mis mal à l’aise. Selon Victoire, il a eu peur de ne pas être à la hauteur, je pense que, d’une certaine façon, elle a raison. Mais je me dis que j’ai eu tort de partir sur de l’acquis et je me rends compte à quel point meetic fausse mes relations avec les hommes puisque je n’attends d’eux qu’une partie de jambes en l’air. Pourtant, malgré la fin plutôt inattendue de la soirée, j’avoue avoir passé un excellent moment avec Julien et je devrais apprécier plus ses moments-là et voir, ensuite, si la soirée doit se poursuivre dans l’ambiance feutrée d’une chambre à coucher ou non.

J’avoue que ce garçon m’a beaucoup touchée, j’avais très envie de l’inviter à venir dormir chez moi, sans qu’il se passe rien, mais je n’ai pas osé, en fin de compte. Je l’avais mis suffisamment mal à l’aise, il était inutile d’en rajouter. Mais j’avoue que j’avais envie de ce moment tendre avec lui…

A présent, j’essaie d’analyser le pourquoi de ce sentiment ? Est-ce une réaction orgueilleuse ? Il est évident que je ne suis pas amoureuse de lui, il est bien trop tôt pour qu’un tel sentiment apparaisse mais il m’a profondément touché, je suis déstabilisée. A l’heure actuelle, je n’ai plus très envie de poursuivre mes histoires de fesses sur meetic, même si, ce soir, je passe la soirée (et, a priori, la nuit, le jeu de Victoire me l’a prédit) avec un meeticboy que j’ai déjà rencontré. Ai-je déjà fait le tour de cette aventure-là ? Je ne sais pas encore. Quoiqu’il en soit, je me suis permise d’envoyer un mail à Julien pour le rassurer sur ses doutes d’hier et lui préciser que j’étais fautive, dans cette histoire.

A suivre…

 

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