La télé, c’est moche, vilain, beurk…

Hier, j’ai donc parlé télé, je vais continuer, histoire d’énerver les gens, un peu. Ben oui, maintenant que Lucas est parti, je suppose que je dois prendre le rôle de poil à gratter (de toute façon, quoi que je dise, y a toujours un con qui finit par m’insulter, je suis blasée). Alors je parle télé, cet objet honnis par tous ceux qui veulent faire les intellos.

tele-lavage-cerveau.jpg


Posture de départ : la télé, c’est le mal, c’est l’abêtissement donc crier haut et fort qu’on ne regarde ou qu’on ne possède pas de télé passe déjà pour un intellectualisme. Vois-tu, moi, je suis un peu trop intelligent pour regarder ce genre d’appareil du démon. Et si on ose dire que nous, non seulement on a une télé mais qu’en plus, on la regarde, on perd de suite 10 points dans leur estime. Même si, comme moi, on a encore une télé à tube cathodique. Donc postulat de départ : j’ai pas la télé, je suis une personne intelligente. C’est tellement Glucksmannien comme réflexion. Glucksmannien de André Glucksmann, s’entend.  Pour résumer un postulat de Glucksmann sur le 11 septembre, par exemple, il estime qu’il ne faut surtout pas chercher à comprendre les motivations d’Al Qaïda car les comprendre, c’est commencer à les légitimer. En tirant l’exemple (un peu par les cheveux, certes), c’est un peu pareil avec la télé : je préfère ne pas la regarder de peur de constater que ce n’est pas si merdique que ça.

television-grossir.jpg

Nos intellectualistes anti télé par principe nous expliquent donc qu’ils préfèrent lire le journal ou écouter la radio (il semblerait que la télé empêche tout ça comme lire les magazines féminins empêchent de lire Courrier International). La radio ? Tiens, tiens… Petit cours d’histoire en forme de point Godwin : la radio n’était-elle pas l’outil d’asservissement du peuple préféré d’Hitler ? Mais oui, mais oui… Ca voudrait dire que ce n’est pas un média en particulier qui est le diable mais la capacité des gens à recevoir le message diffusé ? Parce que ça aussi, ça me fait rire « les gens, ils croient tout ce qu’ils voient à la télé ! ». Mais c’est qui, ces gens ? Toi ? Moi ? Les voisins ? Ceux qu’on ne connaît pas du tout mais qu’on sait intellectuellement, socialement et tout ce qu’on veut inférieurs à nous ? Que l’on protège les enfants, cible fragile et impressionnable, de certains programmes du fait que leur intellect est en pleine construction, je comprends. Mais pourquoi les autres, ces gens, ne seraient-ils pas, comme moi, capable de faire la part des choses ? Je veux bien croire que j’ai une intelligence supérieure (un peu de pommade ne fait jamais de mal) mais puis-je sérieusement penser que les gens sont tous plus cons que moi et ne sont pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes ?

television_ecrans.jpg

Bien sûr, je suis parfois interpellée par le niveau de certaines émissions, je ne comprends pas pourquoi des tas de gens se précipitent dans des émissions du genre Super Nanny, Confessions Intimes, On a échangés nos mamans ou regardent des Attention à la marche, La roue de la fortune ou Tournez manège. Ceci étant, je fais ma Glucksmann, je ne connais de ces émissions que ce qui passe au zapping puisque je suis au boulot quand ils passent (et en vacances, je ne regarde pas la télé. Pas par intellectualisme mais parce que j’ai pas envie). Ceci étant, la télé est comme n’importe quel média, elle est ce qu’on en fait. Savez-vous qu’il existe des documentaires super biens, très enrichissants et super bien foutus ? Qu’on peut aussi apprendre des choses si on en a envie en regardant la télé ?


apocalypse.jpg


Alors j’entends déjà les commentaires d’ici : toi, tu dis ça alors que tu regardais Secret Story 3, tu te fous du monde. Bon, de un, je ne vois pas en quoi le fait de regarder Secret Story m’empêcherait de regarder aussi des documentaires, par exemple. Ensuite, il est vrai que je suis globalement une mauvaise spectatrice puisque même quand elle est allumée, j’oublie parfois de regarder ce qu’il s’y passe, ce qui fait que je ne comprends pas les intrigues policières ou je réalise au bout de 10 mn que je me suis arrêtée sur la chaîne bande-annonce. Et que dire du soir où j’éteins la télé, je pars dans la salle de bain et je me rends compte que j’ai juste aucune idée de ce que j’étais en train de regarder. Normal, la télé est allumée quand j’écris car elle me déconcentre moins que la musique (j’ai tendance à vite me mettre à chanter).

Et sinon, commencez à affûter vos armes pour descendre Internet en flèche, c’est le futur média du diable (enfin, ça a déjà bien commencé).

La lose, une fois que tu l’as, elle te lâche plus

De façon générale, je me vois comme quelqu’un de plutôt chanceux, malgré quelques périodes noires. Mais j’ai quand même une solide poisse et ça continue encore et toujours et non, ce n’est pas une vue de l’esprit, c’est un fait ! Non mais vous en connaissez beaucoup de personnes qui partent en Martinique et se prennent le déluge du siècle ? Ou qui se retrouve avec une fuite d’eau massive alors que sa chaudière ne marche plus et qu’on est bien sûr au coeur de l’hiver ? Mais là où j’accumule, c’est dans ma relation avec la SNCF.

sncf

Jeudi, neige donc. Malgré ma joie enfantine, je pressens le drame : je dois rentrer samedi dans mon pays en train et forcément, je sens que ça va être drôle. Déjà, le vendredi soir, alors que je quittais le boulot bien tard suite au rush d’avant vacances, je me pointe à la gare pour rentrer chez moi. Prochain train à « retardé ». Ce qui en général, en langage transilien veut dire : « en fait ton train est annulé, attends le suivant mais on n’ose pas le dire ». Sauf qu’au bout de 10 mn, j’ai froid jusqu’au tréfond donc je pars prendre le métro. Du coup, une fois chez moi, j’appelle un taxi pour le lendemain matin, sentant que me rendre à Austerlitz s’annonçait périlleux.

La-gare-d-Austerlitz

Arrivée à Austerliz : 7h10, Kenya a encore fait caca dans sa panière donc après avoir récupéré mon billet, je fonce aux toilettes pour nettoyer tout ça. Oh ben y a du monde ! C’est le froid qui rend les vessies sensibles ? Bref, je fais mes affaires (je crois que j’ai au passage bouché les toilettes), je vais faire mes emplettes au relais H (les magazines féminins ont toujours un goût de vacances), un petit passage à la brioche dorée pour un petit déjeuner et voilà. Je zieute le panneau d’affichage : train à 7h40. Ouf, j’ai eu chaud, j’avais oublié qu’il ne part pas à 54 comme d’hab mais là, j’ai encore 15 mn de marge… Mais tiens, pourquoi le train n’est pas affiché… et que celui de 6h58 n’est pas encore parti ? Pas de panique, je savais bien qu’il y aurait du retard.

retard-train.jpg

Sauf qu’Austerlitz est une gare ouverte, il n’y a pas vraiment d’endroit pour attendre au chaud, sauf le café qui est bondé. 8h15, je finis par me déplacer en espérant trouver un coin plus chaud. 8h35, quasi une heure après le départ prévu, on a enfin une voie annoncée. Ouais, je vais enfin pouvoir me mettre au chaud, j’ai mal aux pieds. Je marche vite jusqu’à mon wagon, je grimpe dedans et avance, un peu étonnée : ils nous donnent des couvertures maintenant ? J’avise ma place, à côté d’une jeune fille à l’accent bien de chez moi. Je lui demande pourquoi on a des couvertures. « Parce que le chauffage est en panne dans ce wagon! ». Non… non ! Je vais pas passer les 6 prochaines heures (et même 7 en fait, entre le départ qui n’a pas eu lieu de suite et les trois arrêts supplémentaires que nous avons fait pour remplacer des TER annulés). Et bien si. Je m’enroule comme je peux dans la couverture. IL y a une ambiance un peu étrange, on se croirait dans un film catastrophe où l’on serait des sinistrés sous couverture de survie. Sauf qu’on n’a pas de couverture de survie et ça pèle.

couverture-metallisee-survie.jpg

Me voici donc partie pour 7h de froid intense, impossible de dormir tellement j’ai froid, je me demande si je ne vais pas perdre un orteil dans l’opération. Je vérifie épisodiquement que Kenya qui ne moufte pas est toujours en vie. J’ai froid que j’en ai mal, j’ai même une cicatrice au niveau des chevilles, là où ma chaussure s’arrêtait, tellement ma peau était sensible. Pourtant, les gens ne s’indignent pas. On fait contre mauvaise fortune bon coeur même si ça m’agace de constater que la SNCF nous parque dans ce wagon sans chauffage (avec la mention passage interdit sur les portes des wagons qui communiquent avec nous, histoire qu’on se sente encore plus pestiférés) sans rien faire de plus. Moi, je dis pas, mais il y avait quelques enfants dans le wagon, ça aurait été bien d’essayer de les replacer ailleurs, quand même. Heureusement, vers 14h, la vente ambulante arrive et nous offre gracieusement un café. Du coup, on commence à papoter avec ma voisine. C’est le seul truc que j’aime bien dans ce genre de galère, je me fais toujours une pote dans l’affaire. A la fin, on comptait limite les minutes qui nous séparaient de la gare d’arrivée en se désolant de ne plus voir de neige. On en a eu tout le trajet, jusqu’à 10 mn de l’arrivée, pfff.

fenetre-givre.jpg

Sortie du train, Kenya se remanifeste et vomit (je crois qu’elle essaie de me faire comprendre que les voyages ne lui plaisent pas), mes parents me récupèrent et me ramènent à la maison où la cheminée est en route. Un bon repas, une décoration de sapin et une lecture de magazine interrompue par une sieste plus tard, mes 10 orteils sont toujours là. 24h plus tard, mon nez reste sec et ma température normale. J’ai passé 8h dans le froid, sans bouger et même pas j’ai la crève ? Si je chope rien les prochains jours, je me ferai surnommer wonder woman, je vous préviens !
wonder-woman.jpg

En tout cas, après avoir testé le train sans clim en été (et même deux fois), j’ai fait le train sans chauffage en hiver. Je vais bientôt pouvoir écrire un livre sur les loses de voyage.

T’es pas célibataire, t’es en transition

Hier, en rédigeant mon article, j’ai eu une idée d’un autre sujet, comme ça, tout à coup. J’aime bien m’auto inspirer. Donc hier je parlais de magazines féminins et du fait qu’ils ne me donnent pas de bons plans pour vivre ma vie de single woman sans que ça me coûte un bras. Et là, vlan, j’ai percuté : évidemment qu’ils ne me conseillent pas puisque dans le monde du magazine féminin, la femme est toujours en quête de la vie à deux. Le célibat ? Juste une transition entre deux histoires !



Techniquement, c’est vrai. De la même façon, on peut considérer qu’une histoire amoureuse n’est qu’une transition entre deux périodes de célibat, tout dépend de quel point de vue on se place. Ah non parce que pour m’expliquer comment me guérir d’une peine de cœur, de me faire rêver avec des histoires de rencontre de type « l’amour était au pas de ma porte », là, y a du monde. Mais pour les choses concrètes de la vie, y a plus personne. Parce que oui, je suis célibataire, ce depuis officiellement deux ans. Ca veut dire que depuis deux ans, je ne vis pas vraiment car je suis en transition. Permettez moi de rire un peu et de me taper sur les cuisses.  Imaginez un peu l’handicap que ça représente : tant que t’as pas un homme, tu ne vis pas, tu attends. Ouais… Quelqu’un a une corde pour que je me pende ? Merci.



Faut avouer que parfois, je suis une vraie quiche. Un homme me serait de grand secours. Par exemple, je suis une bille intégrale en bricolage. Je peux monter une étagère Billy Ikéa ou des meubles, je peux planter un clou dans un mur ou changer une ampoule. Mais en dehors de ça… Prenons des cas concrets qui tournent toujours autour de ma machine à laver (je la déteste). Quand je suis partie de mon ancien appart, j’ai découvert que la vanne d’entrée d’eau de la machine ne fermait pas bien donc eau qui fuit donc crade. Nina la bricoleuse est toute désespérée et demande l’avis de son conseiller bricolage, Anthony, son futur beau-frère. « Ben tu vas à Bricorama acheter un bouchon ». Ah ben oui, suis-je sotte. Arrivée sur place, je demande de l’aide, je vais pas non plus trop chercher à être indépendante. Le mec commence à me répondre un peu agressivement quand je lui dis que je ne sais pas trop en quoi est mon tuyau mais un autre monsieur me prend en main (de façon tout à fait correcte, bien entendu) et me vend le bon truc avec un espèce de scotch argenté pour faire joint. A l’arrivée, j’ai mis tout le scotch argenté, le bouchon et du chatterton et ça ne gouttait presque plus du tout. Autre exemple avec cette machine des enfers : le tuyau s’était plié et la machine n’évacuait plus, conférant à mon linge une douce odeur de vase. Je pensais donc changer le tuyau parce que j’arrivais pas à le déplier, Anthony est arrivé et m’a réglé ça en 30 secondes. Alors oui, ok, je suis une tâche monumentale en matière de bricolage mais est-ce qu’un seul de mes féminins m’a appris à faire de la plomberie. La cuisine, les démarches pour inscrire les enfants à la crèche, ça, je sais (c’est pas pour autant que je le fais) mais les trucs pratiques normalement dévoyés aux hommes, non, j’ai qu’à m’en trouver un.


Outre des soucis de bricolage, jamais on ne me conseille sur la vie en solo, sur des bons plans voyage (ça coûte extrêmement cher quand on est seuls), des menus pour une personne ou n’importe quoi. Par exemple, on ne me dira jamais « sois toujours épilée parce que ça fait du bien au moral d’être bien entretenue », on m’expliquera qu’il faut toujours que je sois épilée, des fois que l’amour viendrait frapper à ma porte. Mais dans mon immeuble, la moyenne d’âge est de 70 ans, rigolo, si ça frappe à la porte, ce sera au mieux le grand-père de l’amour et je ne pense pas qu’il contrôle ma pilosité… Notons quand même l’exception d’un article que j’avais croisé dans le temps dans Isa sur les célibattantes, terme qui me gonfle au possible m’expliquant que ouais, youpi, je suis célib, je peux faire plein de trucs genre m’acheter des choses hors de prix, m’inscrire à un cours de poterie à 800 € l’année ou je ne sais plus quoi. Toutes les solutions pour bien vivre son célibat se chiffrait à minima à 500 €. Sans doute car il est inconcevable de cumuler les tares. Célibataire et pauvre ? Et t’as pas encore mis la tête dans le four ?

De la perpétuelle insatisfaction

Durant mon week-end à Marseille, je me suis adonnée à l’un de mes vices préférés : la lecture de magazines féminins. J’en lis certes moins depuis quelques temps (je plaide coupable, j’ai jamais racheté Grazia), sans doute par lassitude mais dans le train, c’est une tradition : je lis du féminin.



ET dans l’un d’entre eux (Biba ou Marie-Claire ?), je découvre un article sur l’insatisfaction chronique : ma vie n’est jamais assez parfaite. Oh bah tiens, ça parle de moi, pour une fois. Oui parce qu’entre les articles sur la durabilité de mon couple et l’éducation de mes enfants, j’ai parfois l’impression qu’on m’oublie un peu. Les articles pour célibataires traitent en général de la quête de l’amour. Moi, je ne quête pas et j’aimerais plus qu’on me donne des bons plans pour voyager seule et pas cher, par exemple. Enfin bref, un article qui me correspond, je plonge dans sa lecture puis je réfléchis.



Eternelle insatisfaite ? Oui. Je rêve en permanence des lendemains meilleurs. Non que mes aujourd’hui soient mauvais. Maintenant que ma mini déprime automnale est passée, je suis bien dans ma vie mais voilà, y a toujours cette envie de mieux. Et je me demande si cette envie n’est pas quelque peu surréaliste. Posons les choses : côté boulot, je ne cherche pas à bouger, je me pose quelques temps au même poste, normal, j’ai déjà pas mal bougé dans le passé et j’ai encore beaucoup à apprendre ici. Côté amour, en ce moment, pas envie, pas le temps. J’y reviendrai dans un autre article, peut-être. Là où je veux m’améliorer, c’est sur l’à côté. Parce que je ne veux pas que ma journée se résume à : « je me suis levée, je suis allée travaillée, je suis rentrée, j’ai mangé en jouant à yahoo ! jeux (foutue addiction, surtout qu’ils ont un jeu de Uno en ligne) puis je me suis couchée après la petite douche qui fait du bien et qui me fait sentir bon. » Affreusement métro-boulot-dodo, yerk ! Si on considère que je quitte le boulot entre 19h et 20h et que je me couche entre 1h et 3h, ça me fait quand même quelques heures pour faire des choses. Ecrire (et autre chose que du blog), apprendre le russe, faire du sport, apprendre des tas de choses en fait. Sauf qu’il est vrai que le soir, je rentre, je suis passablement vidée.


Et si finalement, je voulais trop ? L’autre soir, dans le métro (ou c’était un matin, je sais plus bien mais ce n’est pas très important. Quoi que je ne prends pas le métro le matin donc c’était le soir mais où allais-je alors ?), je me demandais quelle utilité j’avais d’apprendre le russe, par exemple. Professionnellement, ça ne me servira à rien (sauf si je reviens vers le journalisme mais être journaliste en Russie, c’est parfois un peu mortel) si ce n’est à me cultiver. J’ai envie d’apprendre à tricoter (plus que ce que je fais) et à coudre mais me ferai-je réellement des fringues ou même des trucs ? Non, je me connais, je m’y mettrai deux heures et après, plus du tout. Pourtant, y aurait moyen de faire des trucs sympas… Puis j’ai envie d’apprendre sérieusement à utiliser illustrator, photoshop… Toujours pas pour le boulot, aucune compétence de graphiste ne m’est demandé mais pour moi.



(c) Studio Poana

En somme, j’aimerais être moi en mieux, une fille qui ferait du sport tous les jours (bon, j’en fais, hein, mais j’ai tendance à vite sécher pour rien genre « non, là, je vais aller dormir plutôt) donc plus ferme, plus cultivée car je lirais tous les newsmag ainsi que des romans, qui parlerait un peu le russe, saurait faire des vêtements et des illus de folie sur ordinateur, tout en ayant le temps d’écrire. Bref, j’aimerais être plusieurs personnes. D’un autre côté, je me connais, j’aurai encore envie de faire d’autres trucs si tant est que je puisse faire tout ça, je voudrais me remettre au violoncelle… Eternelle insatisfaite.



Alors du coup, faut-il baisser un peu les ambitions ? Parce que bon, vouloir, c’est bien mais en plus, je ne supporte pas d’être faible, de ne pas savoir. Exemple type : je veux savoir dessiner mais genre on me donne un crayon et je vous fais un truc de folie. Finalement, je me dis que pour rendre ma vie plus belle, faudrait pas forcément que je m’améliore, juste que j’accepte mes imperfections et que je fasse les jours par plaisir et pas « pour devenir meilleure ».


Приходите завтра, я начинаю Русский




NB : La phrase précédente est du google translation donc il y a de fortes chances que ça ne veuille rien dire du tout.

Courrier des cœurs, réponse à Candice

Cette semaine, Candice nous a posé la question suivante :

« J’ai rencontré un garçon depuis peu, nous ne sommes pas encore amoureux donc pour l’instant c’est une jolie relation, avec de
la complicité, des rires, du partage, du sexe aussi ! mais voilà, en bon individu masculin, monsieur a un peu de mal à s exprimer, et j’ai eu droit à des mots – paroles, textos, petits post-its..- de sa part comme quoi il est heureux que l’on se soient rencontrés, que nous avons passé des moments/instants très agréables.. je m’exprime au passé car nous sommes à présent dans des villes différentes pour une courte période avant de se retrouver dans la meme ville d’ici peu.. ma question est donc de savoir si pour lui je suis réduite à des  » moments agréables » alors meme que nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale – à savoir s’engager ensemble – durant le temps où nous serons géographiquement éloignés.. J’en appelle donc aux vingtenaires – hommes essentiellement ! et les filles aussi si ça vous est déjà arrivé – afin de comprendre ce q un homme entend lorsqu’il s’exprime de la sorte – et de manière récurente – car pour ma part, cela me semble un peu réducteur et ca manque un peu de romantisme ! »


 

La cellule Love and sex s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Jane : Ça tombe bien que ce soit pour les hommes, je ne suis pas sûre de comprendre la question…

Tatiana : je pense que s’il t’a donné l’exclusivité déjà c’est que tu comptes pour lui. Tout le monde n’exprime pas ses sentiments de la même manière, sachant que les hommes ont une préférence pour les paroles monosyllabiques (oui, non, grumph…). Oui messieurs je sais, maintenant vous me détestez et c’est pas grave.  Moi je crois qu’en bonne fille que tu es tu te torture le cerveau pour pas grand chose. La réponse est dans ta question

Lucas : Je suis désolé, je suis un homme mais je n’ai aucune réponse adéquate.

Le maximum que j’ai tenu avec une nana c’est deux mois ( mais j’ai triché, j’étais partie en Erasmus à Milan au bout de deux semaines alors ça compte pas) Je n’ai donc jamais connu de moments où  j’ai eu à dire « tu me manques ». Attend d’être dans la même ville que lui, attend de pouvoir le comprendre au delà des mots : un jour tu vas ressentir de toi même s’il est vraiment sincère ou si tu n’est qu’un outil pour des bons moments. Ce qui me saoule, c’est que vous, les filles, vous nous voyez comme des utilisateurs de joujoux qui procurent des moments agreables et seulement comme ça. Comme si ds l’inconscient collectif féminin y avait une crainte inhérente d’être chosifiée et d’être uniquement un numéro. S’il s’exprime de la sorte, même si c’est un garçon cultivé, c’est simplement qu’il ne sait pas comment transmettre ce qu’il a en lui, qu’il ne sait pas comment évoquer avec des mots justes ce qu’il ressent, qu’il ne sait pas comment faire pour ne pas être trop dithyrambique ni trop distant, qu’il a comme tous les mecs peur de lui et peur de trop en dire. Derrière ce phrasé apparemment médiocre, téléphoné et standard, peut-être y a t-il une grande faiblesse de celui qui commence à ressentir un attachement mais qui refuse de le clamer par pudeur ou par crainte. A toi d’avoir la finesse d’esprit pour estimer ce qu’il en est. La copine de mon p’tit frère l’a largué au bout de 2 ans. Elle lui a donné une Sde chance au bout de 3 mois. 3 mois plus tard c’était zi end, biouti for friend. Alors ne nous pose pas de question, trouve les mots, les intonations,  qu’il faut pour les poser à lui et ressentir dans tous les non-dits de sa réponse ce qu’il voudrait te dire.

Keira : « Tarzan aimer Jane ». Bon, bah alors Jane, sois contente

Petite Cervoise : c’est assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité, donc profite ! Tout va bien, comme
dirait Anny Duperey dans 98% de ses films.

Enzo : En lisant ta première et dernière phrase, la boucle est bouclée. Vous n’êtes pas amoureux pour l’instant ? Comme « ça manque de romantisme » ! Je suis désolé de te l’apprendre mais si vous ne vous considérez même pas comme amoureux dès le départ, c’est mal parti. Au début (quelques mois), ton corps est dopé aux hormones, troublant ton jugement. On ne ressent pas cette drogue dans ta missive. Soit tu essayes de rationnaliser pour te protéger, soit… Soit rien en fait. Sur le papier, il y a les ingrédients (sexe, complicité, …) mais ça n’est pas pour ça que la recette prend. Tu le dis toi-même. Une « jolie relation ». Comme on dit c’est un « gentil garçon », mais il y a toujours le « mais » qui vient à un moment. J’aime beaucoup les termes, « nous avons pris la décision de se donner l’exclusivité sentimentale » (alors que socialement, c’est le cas admis par défaut sans qu’il soit nécessaire de prendre une décision, quoiqu’en dise les articles racoleurs des magazines féminins, ce qui explique sûrement pourquoi c’est « assez rare qu’un homme te dise de facto qu’il te donne l’exclusivité »), « s’engager ensemble » pour un garçon que tu vois « depuis peu », alors que simplement vous allez être dans des villes différentes pour « une courte période ». Cette surenchère cache quelquechose, j’en mettrais la main de Lucas à couper (je suis prudent).
Si je résume. Tu es séparé de ton récent mec pour une courte durée. Il te rappelle de manière récurente son attachement (paroles, textos, post-its, …), qu’il est « heureux que vous vous soyez rencontrés ». Il rappelle* que la distance temporaire ne remet pas en cause sa fidélité. C’est plutôt positif ! (mais malgré ça mademoiselle n’est pas contente) Ah oui sauf que tu trouves que vous n’êtes pas ENCORE amoureux. Donc c’est mort. Soyez honnêtes envers vous-même et tirez-en les conclusions. S’il n’y aucune étincelle dès le début, que penses-tu que ça va être au bout d’un an, deux ?
* Il serait intéressant de savoir l’origine réelle de cette discussion, si c’est vraiment de sa propre initiative comme le comprend Petite Cervoise ou si c’est commun ou si c’est seulement toi.

Jane : Je vous admire les gens, je relis la question, et je ne la comprends toujours pas (en gros, le problème, c’est qu’elle est avec un mec, pas sûre d’être amoureuse, qu’il lui dit qu’il tient à elle et lui sera fidèle, et qu’elle trouve ça réducteur, ou j’ai vraiment rien compris? Parce que si c’est ça, j’ai envie de répondre « mais c’est quoi le problème? » (ce qui prouverait définitivement que je n’ai rien compris))

Enzo : Tu as très bien compris.

Nina : Je suis assez perplexe sur cette affaire. Si je résume l’affaire, le monsieur veut l’exclusivité pendant votre courte période de séparation. Bref, il veut une relation amoureuse monogame. Il ne l’exprime peut-être pas de façon grandiloquente mais voilà, c’est bien ce qu’il veut. Je crois que dans cette histoire, le problème ne vient pas du manque de romantisme mais de ce que tu dis dans la première phrase : « nous ne sommes pas encore amoureux ». Lui, si. Et si, finalement, ce qui te dérangeait, c’est que tu as peur de t’engager avec lui ? Tout simplement ?

Voilà ! Si toi aussi, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite plus, commente, maile (nina.bartoldi’a’gmail.com),
facebooke, twitte, ce que tu veux.

Les trolls sont nos amis

(il faut les aimer aussi… Naaaaaaaaaaan !)

Cette semaine, j’ai reçu un mail pour le moins étrange que, dans ma grande générosité, j’ai fait suivre à quelques personnes tellement il était fin et spirituel. Enzo, dans un élan que je qualifierais de psychanalytique, a décidé pour nous de décrypter le message de ce monsieur. Découvrons ceci ensemble. (Enzo est en bleu)

————————————————————————————————-
J’avais le choix entre trois sujets, deux dissertations (« Est-ce que le blog n’est qu’un prisme déformant de la vie ? » et «  ») ou une étude de texte. J’ai choisi cette dernière, avec un beau commentaire d’une personne célèbre à propos de l’article sulfureux « Les femmes préfèrent les connards » adressé à son auteur Nina. Je vous retranscris l’étude en insertion dans le texte, pour une meilleure compréhension.

« Bonjour Nina,
Le plus intéressant, dans ton article, sont les commentaires et, surtout, ta manière d’y répondre. Très révélatrice cette agressivité dont tu fais preuve envers les hommes aigris, les frustrés, les bande-mou, les moches et autres premiers de la classe boutonneux à lunettes qui ne méritent que ton dédain et leur main droite pour seules compagnes. »
La première phase me donne immédiatement le sourire car apparait tout de suite les réflexes flagrants que l’on découvre souvent dans ce genre de missive. On y retrouve la posture du psychologue : tout est intéressant, révélateur. Une position médicale qui permet d’amener une certaine supériorité, comme une sagesse et un recul intrinsèques à cette position. Un détail à noter : l’auteur signe « Dr House », ce qui, en dehors d’un indice d’une grande originalité et imagination, renforce cette posture médicale. Un gentil sage qui s’occupe -bénévolement- du cas de Nina par amour de l’humanité et respect du serment d’hypocrate.

« Sans évoquer le cas extrême de ceux qui furent brisés dès la naissance par une nature injuste ou une mère harpie (ou les deux, pour les parfaits boulets), t’es-tu seulement demandé la raison pour laquelle des hommes, au départ sains et dignes, sont devenus ces larves immondes et soumises qui implorent en rampant qu’une ultime belle salope telle que toi les achève pour de bon et en public ?
Pourquoi viennent-ils ici répandre leur impuissance et se faire humilier par une princesse de pacotille ? »

La suite post-introduction démontre la connaissance de la psychanalyse en mettant en avant les concepts de mère abusive et de l’importance des évènements apparaissant « dès la naissance ». La verve employée peut l’être pour rentabiliser au maximum ses cours de français, soit pour vouloir instaurer une forme de supériorité intellectuelle. Dans le doute, je m’abstiendrais de trancher. Mais l’on peut remarquer que parmi ces nombreux adjectifs, on y retrouve la première insulte « ultime belle salope telle que toi », bien que l’on sentait déjà une légère agressivité dès le début j’en conviens aisément.

Puis Enzo trouve son analyse trop longue donc il poursuit par des commentaires brefs et concis.

Sans doute parce que ce sont eux les vrais gentils dont tu nous parles avec mépris ; ils n’ont toujours pas compris que les filles dans ton genre – comme la plupart de celles qui dévorent ces magazines féminins débilisants pour lesquels tu sembles vouer une passion malsaine qui suinte à travers ton style d’écriture très « pétasse assumée » (mais il se situe peut-être là l’objectif ultime de notre petite carriériste : rédac en chef chez Cosmo…) , ces filles donc, n’éprouvent aucune pitié pour les pauvres bougres qui recherchent désespérément le grand amour et se font systématiquement larguer au profit d’un gros connard en Porsche Cayenne, voire en Mini décapotable – la marque et le modèle de l’attrape-gonzesses mobile pouvant varier en fonction de l’âge, et donc de l’ambition, de la pétasse assumée et de son gros connard
[le commentateur s’introduit en se positionnant en tant que psy bénévole]
[le commentateur veut amener l’auteur à un questionnement profond qu’on peut résumer ainsi (sans les insultes) « est-ce qu’elle se demande pourquoi les gens sont comme ça avant de les taper injustement ? »]
[le commentateur en mode « robin des bois », avec la terrible introduction « ce sont eux les vrais gentils dont tu nous parles avec mépris », entrecoupé d’un pavé mysogyne sur l’idée que se fait le commentateur de certaines femmes]

Oui, je sais, je suis aigri et incapable de « pécho », comme tu dis. Mais cela n’a pas toujours été le cas.
[paragraphe court, je ne le résume pas : « Oui, je sais, je suis aigri et incapable de « pécho », comme tu dis. Mais cela n’a pas toujours été le cas. » la dernière phrase annonce une rétrospective de la vie du commentateur, façon « la cité de la peur »]

Je me suis tapé des bombes sexuelles auxquelles même Brad Pitt, dans ses rêves les plus fous, n’aurait pas osé adresser la parole de peur de se prendre un râteau. Je ne suis pourtant pas spécialement beau : pour être honnête, je suis encore plus moche que lui. En revanche, il paraît que je suis une « rock star » (à mon avis, bien plus star que rock, mais passons…). Et ça, mon petit, c’est l’arme ultime du connard triomphant.
[le commentateur raconte qu’il est une rock star en fait et qu’il se tapait toutes les plus belles filles]

Ma carrière artistique débuta de bonne heure, et le succès fut immédiat. Je n’ai donc pas eu le loisir de connaître ni de pleurer mon premier amour d’adolescent. Dès le début, rien que du cul, pur et dur. J’étais un gros connard-né, en quelque sorte, et l’exemple de mes grands-parents (une romance exceptionnelle qui dura soixante ans et s’acheva à la mort de mon grand-père) ne parvenait pas
à me servir de repère étant donné qu’ils appartenaient tout deux à une époque révolue, conjointement assassinée par la révolution sexuelle des seventies et l’accession au pouvoir de ces connes de féministes. Bref, durant de nombreuses années, question nanas, j’ai lâchement profité de mon statut de vedette pour passer à la caisse devant tout le monde et sans payer. Mais, de ces dizaines de
filles jeunes et belles qui m’offrirent sans retenue leur corps magnifique – hélas plus souvent allongé sur un flight-case, à l’arrière d’un camion, que dans les draps de soie d’un palace -, parmi toutes ces filles, disais-je, aucune ne m’a inspiré la moindre composition, pas même instrumentale. Ça situe le niveau. Rien que des détraquées ou des salopes qui, pour les plus perverses, poussaient le vice jusqu’à dévoiler après-coup à leur petit ami le récit de nos ébats (hé oui, Michel, elle adorait la sodomie…). Il y a bien sûr eu quelques histoires presque durables – avec les plus cochonnes, cela va de soi -, mais rien qui vaille la peine d’être gravé sur le tronc d’un chêne millénaire.
[rétrospective de la carrière de rock star du commentateur, enfin surtout la facette sexe pour coller au thème, c’est un peu génant, on a l’impression de déranger le commentateur dans sa masturbation]

Puis, un jour, après avoir lu dans une revue animalière que des chercheurs canadiens étaient parvenus à établir une sorte de dialogue avec des orques, et que certains spécimens auraient même témoigné de sentiments quasi-humains, il me vint à l’esprit une question d’une étrangeté choquante pour toute personne sensée : puisque des hommes ont réussi à communiquer avec des cétacés,
pourquoi ne parviendrais-je pas à en faire de même avec une femme ? J’en parlai aussitôt à mon dentiste (la revue provenait de sa salle d’attente), lequel conforta mon intuition délirante en affirmant que j’obtiendrais sans nul doute un résultat comparable à celui des canadiens. Selon lui, il suffirait pour cela que j’empêche le sujet de se déshabiller tout de suite et que je l’emmène au restaurant. Je décidai donc de tenter l’expérience et me métamorphosa en… crétin amoureux.
[le commentateur découvre que les femmes ne sont pas des animaux à la lecture d’une revue animalière parlant de communications entre des orques et des humains, il se décide à devenir un « crétin amoureux »]

La première hyène qui flaira l’odeur allèchante de la proie sans défense s’appelait Julie. Elle détruisit ma vie en l’espace de deux ans. Elle ne mérite donc pas que je lui consacre plus de deux lignes.
[le commentateur rock star a vu sa vie détruite par une fille, suite à ce changement de mentalité (en plus pas de bol, ça lui est arrivé dès la première rencontrée)]

Tu dois te dire « Bien fait pour ta sale gueule, espèce de misogyne, tu as eu ce que tu mérites. ». Mais tu aurais tort de penser cela, car je n’ai pas mérité d’être puni. A l’exception de ma pauvre mère le jour de ma naissance, je n’ai jamais fait souffrir aucune femme. Il n’a jamais été question de sentiments dans nos relations, c’est différent. Tout était clair et sans mensonge, de mon côté en tout cas.
[le commentateur imagine la réaction de l’auteur, c’est toujours bien plus facile de parler tout seul]

Depuis lors, je suis incapable d’aimer. Dès qu’une femme m’approche, je fuis. J’ai des numéros de téléphone, mais je n’appelle jamais. Même le sexe ne m’intéresse plus : je me branle juste de temps en temps sur des vidéos pornos, pour évacuer la pression lorsque je rentre au petit matin, bourré et toujours seul. Après ça, je dors comme un bébé. Pathétique, n’est-ce pas ?
[le commentateur est triste et découvre qu’il est gynophobique maintenant (mais il arrive quand même à chopper des numéros de tél’), puis raconte sa vie onanique (apparemment il n’est plus rock star, ou alors la fille citée au dessus a détruit sa carrière, ou alors il a oublié ce qu’il avait dit avant]

Et toi, Nina, tu nous parles de tous ces mecs que tu te tapes (les connards, les gentils, les ceci, les cela…), depuis vingt-neuf ans, n’as-tu pas encore trouvé chaussure à ton pied ? On dirait bien que non. Peut-être n’es-tu pas une fille si formidable que ça après tout… Manquerait-il un vice caché ou, au contraire, y en aurait-il un peu trop ?

[ le commentateur imagine que l’auteur (qui a 29ans) se « tape des mecs » depuis sa naissance. puis applique la logique « si c’est comme ça, c’est que c’est ta faute » mais se garde de l’appliquer à soi-même]

Quoi qu’il en soit, gardons à l’esprit ces trois choses essentielles :

1. « Ne vous vengez pas d’une femme, le temps s’en charge pour vous. » (Claudel)
2. « Les féministes travaillent, picolent, conduisent comme des mecs et après elles s’étonnent qu’on les encule. » (Patrick Timsit)
3. « Les femmes équilibrées ne sont pas attirées par les connards et ne racontent pas leur vie sur des blogs : elles la vivent avec le gentil crétin qu’elles aiment. » (Moi)
[pour faire intelligent, le commentateur sort quelques citations en y glissant sournoisement la sienne avec le message classique dédié aux blogueurs « get a life! »]

Très tendrement,

Dr House.
[puis il finit par un « Très tendrement », ce qui est la moindre des choses après avoir traité l’auteur d' »ultime belle salope »]
————————————————————————————————————————–
La réaction d’Enzo m’ayant bien fait rire (plus que le message original,c’est dire), je me disais qu’il fallait partager ça avec vous. Mais pour finir, je ne pouvais partir sans vous faire partager l’ultime mail de ce monsieur qui aura bien égayé ma semaine quand même : « Nina ma douce,

Je me délecte de tes mots comme un chat habilement caressé.

« Ultime salope » n’était qu’un compliment, pas une insulte. Désolé de m’être mal exprimé envers une encore jeune fille (il paraît qu’aujourd’hui, on est une femme à partir de quarante ans). Mon approche était donc bien trop cavalière pour l’époque, j’en conviens. Fais-moi donc le plaisir de me relire dans dix ans, j’espère qu’alors tu en riras vraiment de bon coeur.

Ton style « pétasse assumée » ainsi que ton élégant revers slicé me manqueront, c’est certain. Mais je respecterai ton désir et ne t’importunerai plus. J’en suis navré, mais je comprends qu’une si noble relation doive se briser d’un coup, et non s’user dans un combat indigne d’elle.

Bien à toi

Le Batard. »
(le bâtard est lié à son adresse mail, je précise).

Avec de tels compliments, c’est vrai, si je suis célibataire, ça doit vraiment être de ma faute,j’ai qu’à accepter les avances de tous mes prétendants, moi aussi !

Si toi aussi, une fille t’a brisé le coeur, n’hésite pas à m’envoyer un mail d’insulte. Je ne sais pas bien pourquoi mais manifestement, ça doit être de ma faute, alors…

Comment se préparer à l’avion

(article écrit avant mon départ et qui devait être publié pendant mes vacances mais j’ai pas eu le temps de gérer ça avant mon départ.
Demain, je commence à raconter mes vacances)

Donc voilà, je vais devoir prendre l’avion pendant 9h. 9h dans ma conserve volante, tuez moi. C’est ce que j’appellerais l’épreuve du feu : si je survis, je pourrai aller partout dans le monde. Je peux le faire, je peux le faire. Mais voilà, comme toute épreuve, il faut se préparer un peu, j’ai prévu le coup.


D’abord, quelques magazines bien féminins qui ne nécessitent pas l’ombre d’une réflexion. Je me suis privée de leur lecture en avril pour pouvoir les consulter dans l’avion, découvrir quelles sont les dernières tendances, les derniers problèmes sexo à la mode (toujours les mêmes à l’arrivée), les dernières anecdotes inventées par les journalistes qui nous racontent que Chloé, 27 ans, a rencontré un homme en la personne de son nouveau voisin à qui elle allait demander du sel. D’ailleurs, je suis fascinée par le nombre de nanas qui rencontrent l’amour sur le palier de leur appart. Ca fait 6 mois que j’ai emménagé et je n’ai quasi jamais croisé personne. Ca m’apprendra à toujours avoir du sel. Temps estimé de lecture de magazine : 2 à 3h.


Ensuite, je ne vais pas dormir la veille ou presque. Parce que bon, c’est pas tout ça mais je peux pas m’occuper pendant 9 longues heures enfermée dans un appareil, il me faut d’autres idées et qui est le meilleur allié de mon ennui : le sommeil. Temps estimé : 3h au moins, j’espère.  Histoire d’arriver sur place à peu près fraîche et fringante.


Entre temps, nous avons une collation et un dîner, une heure de gagnée.

Pour le temps qu’il reste, j’ai d’autres trucs dans ma besace magique. En un, un livre de sudoku. C’est super le sudoku, ça occupe la tête. J’ai aussi mon petit ordinateur, mon netbook comme on dit : léger, facile à transporter et surtout je vais pouvoir écrire un peu. Peut-être que je vous ferai un « en direct de l’avion, j’ose pas aller faire pipi ». Parce que quitte à être dans la peur stupide et irrationnelle, j’ai toujours l’impression que si je bouge, ça va déséquilibrer l’appareil. Ridicule et surtout, ma vessie ne tiendra jamais 9h. Donc il est fort possible que ce voyage marque une première pour moi : j’ai marché dans un avion. J’en frissonne d’avance.



Enfin, j’ai choisi ma place : à côté d’Alice et Anthony. Outre le fait qu’Alice sera bien achalandée en magazines aussi, je serai surtout assise à côté du duo comique. En gros, Alice aime autant l’avion que moi et elle veut toujours prendre la main d’Anthony au décollage. Mais celui-ci ne veut pas lui donner et l’empêche de la prendre pendant toute la phase de décollage. Encore mieux que le film qu’on pourrait nous diffuser.

Evidemment, vu qu’on part avec Air France, il est tout à fait possible qu’on ait des films diffusés dans l’avion mais mon père a émis un doute à ce sujet, rapport au fait qu’on partait dans un boeing. Il me semble que les Boeing ont également ce genre d’équipement. Avec de la chance, je pourrai donc m’occuper avec un délicieux nanard que je vous narrerai avec sarcasme et ironie dès mon retour.



En attendant, j’attends quand même avec impatience la fin de ces foutus trajets.

Accro à ta peau

La semaine dernière, j’étais en vacances et qui dit vacances dit lecture des magazines féminins. Ca aide à faire passer les 11 heures de train dans la semaine. Parmi mon petit tas, je trouve une phrase qui m’interpelle : « moi, les mecs, c’est une affaire de peau, ça colle ou pas ». Mais c’est qu’elle a carrément raison…


Dans mon entourage, le fameux Gabriel. Il y a entre nous une très bonne entente humaine, je le considère comme un confident et un bon conseiller. Niveau intimité, je suis raide dingue de sa peau. C’est pasz compliqué, c’est la première chose dont je parle quand on me demande comment il est. Il a une peau super soyeuse, c’est hyper agréable, j’adore l’embrasser dans le cou, là où il n’y a pas de poils, un peu avant la nuque. En plus, j’aime son parfum, ça ne gâche rien.

De mémoire, j’ai toujours aimé les zones douces chez les hommes, celles où mes doigts paressent après le sexe, cette partie que je caresse négligemment, que j’embrasse quand elle est à portée de lèvres. Ca varie d’un homme à l’autre mais quand je ne trouve pas ma zone douce, autant dire de suite que c’est mal barré.

Je n’avais jamais réfléchi à cet aspect des choses chez l’homme. Chez la femme si, vu le nombres de crèmes hydratantes que j’utilise mais ce n’est pas tellement pour eux que pour moi. J’aime bien sentir mes bras soyeux quand je remonte les manches de mon pull et puis la crème, ça sent si bon, miam ! Evidemment, ces messieurs en profitent aussi, j’ai même eu des compliments sur le sujet mais la peau toute douce et parfumée, c’est d’abord pour moi. Mais après tout, si je fais l’effort, pourquoi pas les hommes ? Evidemment, y a la question du poil et du rasage, y a des endroits où c’est dur de rester tout doux. Mais un peu d’effort ne ferait pas de mal.

Mais pour en revenir à cette histoire de peaux, y a-t-il des peaux qui ne nous conviennent pas, qui nous révulsent ? Peut-on réellement être éliminé pour cause de peau incompatible. Si on y réfléchit, quand on s’envoie en l’air, nos peaux sont en contact sur une surface plus ou moins importante, selon la position pratiquée. Si l’un ou l’autre des partenaires à du mal avec ce contact dermatologique, le reste de la relation risque d’être hautement compliqué. A moins de ne pratiquer que la levrette mais à force de manger tous les jours du même plat, on finit par en être dégoûté.

Superficialité? Je crois que là, on est plutôt dans l’instinct animal. Si ta peau ne me convient pas, ça va être difficile d’aller au delà. Jusqu’à présent, je n’y avais jamais songé mais il me paraît maintenant évident que la peau est un élément essentiel de l’alchimie d’un couple. Alors faut-il qu’on investisse tout dans un maxi pot de mixa bébé ? Hé non, je crois que ce n’est pas lié aux soins ou aux parfums qu’on y mettra dessus mais bien à sa texture et à son odeur de base, sans le moindre artifice. Ce qui prouve qu’en matière de séduction, on ne peut pas tout maîtriser… Et je trouve ça plutôt rassurant en fait.

Courrier des cœurs, réponse à Adeline

Cette semaine, Adeline nous a posé la question suivante : « Je suis avec mon chéri depuis 8 mois et depuis quelques temps,
niveau sexe, c’est de moins en moins souvent. On est passé à une fois par semaine puis une fois tous les 15 jours et là, c’est une fois par mois et encore, c’est pas le nirvana. Je me sens indésirable et je ne sais plus que faire, comment raviver la flamme ? Aidez-moi ! 
»

La cellule Love and sex des vingtenaires s’est réunie et voici ce que nous en pensons.

Enzo : Mes collègues s’occuperont sûrement des réponses et solutions classiques, je vais en profiter pour prendre la chose sous
un autre angle, celui du MLH (Mouvement de Libération des Hommes) :
– « Je me sens indésirable et je ne sais plus que faire » Te sens tu indésirable parce qu’il te repousse ou parce qu’il n’initie pas ? Si c’est le deuxième cas, il peut avoir le même sentiment :
« Quand je n’initie pas, ma copine ne fait pas le premier pas, j’ai l’impression de ne pas être désiré. Même au bout d’un mois, elle ne me saute pas dessus par envie. Je ne sais plus quoi faire, comment raviver la flamme ? Aidez-moi ! ». Tu ne sais plus quoi faire, mais qu’as tu fait (précision qui aurait pu être intéressante dans ta question mais le fait de passer cela sous silence est peut-être révélateur) ?
– « et encore, c’est pas le nirvana » Le sexe, ce n’est pas un sport solitaire (enfin l’entrainement si parfois). Si sexer est quelque chose que « ton mec te donnes et que tu reçois », cela peut-être la cause de sa baisse de régime. Mais peut-être est-ce la lecture biaisée d’un membre du MLH.
Il est vrai que sans précisions, je ne peux donner qu’un avis selon l’impression de la lecture de ta missive.
Mon conseil : viole-le ! (attention, ceci n’est pas une apologie du viol et de la violence, il s’agit juste qu’une exagération volontaire destinée à faire réagir l’interlocutrice)
Pour les conseils « achète toi une nouvelle nuisette », va voir les magazines féminins et/ou masculins.

Diane : Solution n°1: la DISCUSSION
Solution n°2: l’onanisme frénétique
Solution n°3: participer à un concours de Nina et gagner un petit canard keepsecret qui fait bbbbbrrrrrrrrrrrr
Solution n° 4: la méditation taoïste

Tatiana : Prends un amant. A tous les coups il va sentir que tu es distraite et ailleurs et il sera plus attentif à tes désirs. Et puis si ça change rien ben tu te sentiras désiré par un autre et tu seras plus en manque de sexe.

Keira : Mmmh, un problème embêtant.
Le problème ne vient peut-être pas forcément de toi mais de lui. Déjà est-ce que sa vie lui plaît actuellement ? Comment va t’il ?
Une baisse de régime en matière de sexe peut-être liée à son état d’esprit, à son moral. Ca peut-être liée à toi aussi, est-ce que tu tentes de l’approcher ? Si tu n’oses pas, et que lui en a marre de faire tout le boulot en matière de stimulation, bah forcément au bout d’un moment il va tout simplement t’ignorer. Si jamais c’est encore autre chose comme raison (c’est vrai que plus de précisions auraient été utiles) bah déjà faut parler. La communication ça aide, au lieu d’être démangée en permanence soit tu grattes un coup, soit tu vas voir ton copain et tu règles le problème. Et puis si jamais ça ne marche pas, la liste de solutions suggérées au-dessus est vraiment très pratique et intelligente.

Petite Cervoise : Oui, en parler serait bien.
Aguicher ton mec serait mieux.
Lui montrer que tu peux être désirable et aime être désirée serait top.
Mais, comme tu dois également lire Cosmo, Glam’s et compagnie, tu le sais déjà et ces concepts restent apparemment abstraits pour toi. Donc, conseil pratique, un soir (ou un matin, as you want) tu commences à te faire du bien toute seule, sans faire appel à un « objet d’aide extérieure ». Normalement, l’homme devrait s’intéresser à ce que tu fais, donc te regarder les yeux dans la boutique à bonbons, pour changer.  Toutefois, si l’homme ne détourne pas son attention de L’Express, tu appliques la même technique expliquée précédemment sur lui.  C’est dur de refuser dans ces cas.

Lucas : J’avoue que cette question de l »habitudine » me ronge avant l’heure vu que je n’ai pas encore poussé de relations aussi
longtemps; d’un autre coté je me dis qu’un mec normal a une envie constante de sexer et que si le bonhomme ne veut plus avec toi c’est soit qu’il a un problème de santé, qu’il est crevé qu’il bosse trop, soit que tu ne l’excites plus; Ah bon ça a déjà été dit ? Bon. Donc au lieu de maugréer dans ton coin prend ton courage à deux mains et dis lui clairement que tu veux plus d’attentions plus de sexe, plus de douceurs, tout ça. Et s’il ne fait pas un mea culpa et une opération reconquête, tu le largues. C’est vraiment qu’il ne te mérite pas puisqu’il est pas foutu de faire un effort pour toi.

Nina : Comme mes camarades, je préconiserais la discussion. Tu penses que le problème vient de toi mais pas forcément. As-tu
pensé au fait que ton compagnon avait peut-être des soucis au travail, par exemple ? Les hommes sont comme nous, ce sont des êtres sensibles et pas juste des bêtes de sexe. Par ailleurs, un peu de piment change tout de suite le goût d’un plat, n’hésite pas à lui préparer un petit numéro avec lingerie coquine ou petits jeux qui sortent de l’ordinaire.

Si toi aussi, lecteur, tu as une question love and sex à nous poser, n’hésite pas à utiliser les commentaires, le mail, le facebook, le twitter, comme tu veux !

Où trouver l’homme ? Episode 17 : à la plage

(Je rappelle à mon aimable lectorat que tout ceci n’est qu’une fiction. Moi, à la plage, je drague pas et pour cause : je suis écrevisse. Et en plus, au bout d’un moment, je pèle)


A la recherche du prince charmant

Force est de constater que les intellectuels ne me réussissent pas. Entre le dandy morvophobe du musée et les pas causants de la bibliothèque, je fais chou blanc. Alors puisque c’est l’été et qu’il fait beau, je pars draguer à la plage, logique.

[Générique alerte à Malibu : ‘Cause I’m always there, I won’t let you out of my sight. I’ll be there–never you fear, I’ll be there–forever and always, I’m always here.]

La plage, c’est le lieu romantique par excellence, souvenons nous de nos premiers émois adolescents quand Roch Voisine nous chantait les amours à la plage, tout comme Niagara mais pas de la même façon. Si vous lisez les magazines féminins, vous savez pourquoi les vacances sont propices à l’amour. Pour les autres, je résume : en vacances, on est plus détendus, pas de conventions sociales, blabla, personne ne nous connaît blabla. Si on rajoute à tout ça le facteur « tous nus et tous bronzés » de la plage (enfin, le nu, moi, je mets un maillot quand même, je trouverais ridicule d’avoir les fesses carbonisées), ça fait des étincelles.

Le problème majeur de la plage, c’est la concurrence déloyale. D’un côté, les naîades locales : bronzées, foutues comme des déesses grecques avec des muscles saillants, très douées en beach volley, beach foot, beach ce que tu veux et en bandes bruyantes : on ne voit qu’elles. De l’autre moi : blanche comme un bidet, les chairs molles vu que la drague au sport n’a rien donné, a du mal à tenir sur le sable avec ses tongs et le sable ça brûle et seule. Dès le départ, y a comme un déséquilibre. Même ma poitrine Pamela Andersonienne ne fait pas s’agiter les foules. Peut-être devrais-je acheter un maillot rouge ? Quoi que moi, quand je cours, mes seins ballottent, ce qui est normal pour des vrais.

Nous voici donc avec un sacré handicap dès le départ mais on va dire que je suis audacieuse et que je tente quand même ma drague. Quitte à être au bord de la mer, autant rentabiliser. Seulement, il y a quelques obstacles. D’abord, comment être sûre de trouver du beau gosse de mon âge à la plage. Parce que là, je regarde, y a du père de famille, du papy avec le maillot remonté jusqu’à la taille, du jeune ado prometteur mais là, faut pas pousser… Ah, un  beau gosse de mon âge, là ! Mais c’est quoi cet appendice étrange et chevelu tout tortillé autour de lui ? Ah, c’est sa copine… Bon, c’est bon, elle va le lâcher maintenant… Elle veut pas lui pisser dessus pour marquer son territoire tant qu’elle y est ? Cette jeunesse alors, aucune pudeur.

Ah, j’en repère un autre. Seul. Cool. Bon, il lit, je suis censée en faire autant (pour éviter qu’on voit que je mate outrageusement). Comment lancer le dialogue ? Je peux lui demander le classique « tu voudrais me mettre de la pommade dans le dos ? » mais sa serviette est légèrement loin. Bon je me lève, secoue la mienne et la ré étale plus proche. Bon, va lui demander pour la crème maintenant… Oui mais là, il lit et il va pas apprécier d’avoir les mains toutes grasses après. Il n’a pas un jeu de raquette ? Non. Moi non plus… Faut dire que prendre un jeu de raquette quand on est seul est passablement ridicule. Je lui demande ce qu’il lit ? Totalement nase comme abordage mais si j’étais douée, ça fait longtemps que cette saga serait finie. Alors que je tergiverse, il se lève et commence à plier ses affaires. Bon, je fais ma poseuse, je prends un air alangui, cheveux détachés qui roulent sur mon dos au gré du vent (dos un peu rouge mais passons), du sable doré est collé sur ma peau, je suis au top de ma séduction. Le but ? Qu’il me repère. Demain, on passe aux choses sérieuses.

Sauf que la plage est grande. Et qu’évidemment, je ne l’ai jamais revu. Par contre la vieille fille avec son gros chien qui se secoue à un mètre de ma serviette, oui [le passage sur le chien n’est pas fictionnel et si vous pensez que sa connasse de maîtresse s’est excusée, c’est que vous êtes aussi naîf que moi quand j’ai cru que le mec qu’on a croisé en bas de l’immeuble de vacances et qui nous a vu avec nos sacs allait nous attendre avec l’ascenseur ou au moins nous le renvoyer.].