Les cartes ciné tuent-elles les films petit public ?

Je rappelle que je suis pas cinéphile mais… Mais je prends le métro et je croise régulièrement des affiches exhalant le fumet du navet. Juste ciel, qui peut aller voir un film qui a l’air aussi nul ? Réponse : plein de gens.

J’ai dans mon entourage des gens qui ont des cartes ciné. Régulièrement, ils passent donc leur soirée dans une grande salle sombre pour mater un film, histoire de rentabiliser leur carte. Or quand on a vu les films qui nous plaisaient, sur quoi se rabat-on ? Sur les gros nanards bien juteux.

Je ne juge personne. Après tout, quand j’allume la télé le soir, j’ai pas toujours le courage de me mater un film art et essai, j’ai plus envie de me vider la tête et de reposer le cerveau. De toute façon, je ne regarde la télé que d’un œil, évitons donc les histoires qui m’obligent à être attentive. Alors forcément, je ne peux que comprendre ceux qui, au cinéma, préfèrent rentabiliser leur carte en s’offrant un jacuzzi du cerveau.

Pourtant, ça m’ennuie, au fond. Quand je vois les affiches de films crétins, c’est un peu comme quand j’entends une musique commerciale de mauvaise facture qui cartonne : on nous prend pour des demeurés et c’est trop facile. Je rêve que ce genre de bouse se plantent, que les gens réclament du lyrisme, de la poésie, du rêve. Que les artistes nous donnent leurs tripes et arrêtent d’appliquer une recette commerciale calibrée pour marcher. Qu’on arrête avec cette sensation qu’ils sont là pour cachetonner.

Et pourtant… Et pourtant, moi, il y a des projets professionnels que je dois exécuter pour faire marcher la machine à monnaie, celle là même qui édite mon salaire à la fin du mois. Honnêtement, qui prendrait le risque de n’investir que dans des films condamnés à ne toucher qu’une portion infime du public sans gros blockbuster pour avaler des dollars en parallèle ? Nul n’est philanthrope.

En fait, la question n’est-elle pas plus « pourquoi les producteurs ne se lancent-ils pas plus dans des projets moins accessibles pour tous alors qu’ils engrangent des millions avec des films navets n’ayant pas coûté grand chose ? ». La crise ou la volonté des spectateurs de pas se prendre la tête ?

Trouble jeu de John Polson



Ce qui est intéressant avec les films d’horreur ou assimilés, c’est qu’ils ont tendance à produire 9 fois sur 10 un bon nanard bien juteux. Les films catastrophe aussi. Alors quand jeudi, j’ai découvert Trouble jeu, je me suis laissée aller à le regarder. Et j’ai pas été déçue.

Je vous résume l’histoire : en rentrant de soirée, la maman d’Emily se suicide dans son bain. Son papa (Robert de Niro) et la fillette partent vivre dans une maison au milieu de la forêt pour tenter de se reconstruire mais la fillette, guidée par son ami imaginaire Charlie, devient de plus en plus bizarre. David, le père, essaie de l’aider mais ne sait plus quoi faire face à la fillette qui commence à devenir bien flippante.

On a là tous les atouts du film angoissant : une gamine aux gros yeux cernés qui fait peur (comme la gamine des enfers de mon article, là, tout sarkozysme exclu, bien sûr), une vieille maison isolée dans les bois, un chat qui se fait tuer (pourquoi les chats se font toujours tuer ?), un voisin bizarre, un psy qui suit de loin le drame et se dit que ça pue, une belle qui courtise le jeune veuf… bref, y a un léger côté Simetierre dans ce film (film qui m’a traumatisée étant gosse mais je pense que je serais très déçue en le revoyant). En résumé, ce film ne propose rien de nouveau en soi. Attention, je spoile maintenant. On découvre qu’il n’y a pas de fantômes ou autres mais que le méchant, c’est la double personnalité de De Niro qui a tué sa femme et l’a placée dans le bain, qui a tué le chat et la charmante jeune fille qui draguait sa version « saine ».  Une ficelle grosse comme un camion déjà utilisée moult fois, notamment dansmy bloody valentine ou un téléfilm avec Rebecca de Mornay (comme la majorité des téléfilms ou la femme doit montrer ses nibards) où elle était la proie d’un taré qui tuait son chat (mais merde, arrêtez de tuer les chats !) mais en fait, le taré, c’était son autre moi, youpi. Exactement la même histoire sauf que ça se passait à New York ou Los Angeles et qu’il y avait du sexe avec Antonio Banderas contre un grillage.


Bref, pour un film qui réunit à l’écran Robert de Niro, Famke Jensen (la nana qui me rend lesbienne quand elle veut), Dakota Flemming, la petite prodige d’Hollywood, Elisabeth Shue et Amy Irving, on pouvait s’attendre à quelque chose qui dépote et pas un mauvais copier/coller de films du genre parce que là, ça ne volait pas plus haut que la plupart des téléfilms fantastiques que passe parfois M6 avec des baignoires pleines de sang, tiens, j’avais aussi oublié ce détail récurent des films d’angoisse. Quand je vois ce genre de film, ça me fait toujours un peu mal au cœur de voir que les légendes du cinéma doivent aussi tourner leur lot de merde pour payer les impôts. Quoi qu’en matière de merde, De Niro avait fait tellement fort avec Mon beau-père et moi qu’on pourrait presque voir une rédemption dans Trouble jeu. Ceci étant, la présence de Famke Jensen aurait dû me mettre la puce à l’oreille, elle a quand même une filmographie impressionnante niveau navet comme le très mauvais the faculty où on trouve en deux minutes le nœud de l’intrigue. Par contre, la petite Dakota est impressionnante, elle m’a réellement foutu la trouille… Non, toutes les petites filles de 6 ans ne me font pas peur ! Bref, la petite pourrait aller très loin, si elle ne la joue pas étoile filante à la Macaulay Culkin (quoi qu’il redevient célèbre depuis qu’une rumeur affirme qu’il est le père biologique de Blanket, un des gosses Jackson) ou Haley Joel Osment qui n’est plus un mignon petit garçon mais un post ado particulièrement banal.

Le témoin amoureux


Depuis le temps que F nous en parlait, Vicky et moi avons donc décidé de poursuivre notre marathon du nanard par Le témoin amoureux. Oui, je suis une meilleure amie de rêve, je vous impose mes lubies, adoptez moi comme copine.  Bref, lancez le Témoin amoureux, c’est parti !


Alors en fait, ce film, je l’avais dans le collimateur depuis sa sortie, j’avais vu la bande-annonce et je m’étais dit « oh mon Dieu, un mélange du mariage de mon meilleur ami et de Mon beau-père et moi qui est le film le plus lamentable qu’il m’ait été donné de regarder ». Tellement que j’hésite sérieusement à le revoir parce que ça ferait certes un article sympa pour cette rubrique mais c’est une torture pour tout esprit clair. Ou relativement éloigné du coma éthylique ou médicamenteux. Parce que dans la bande-annonce du témoin amoureux, on voyait Patrick Dempsey qui me fait à peu près aucun effet être supra lourd parce que comme tous les boulets cinématographiques, il se rend compte qu’il est amoureux d’une femme quand celle-ci lui annonce qu’elle en aime un autre. Ceci étant, y en a des comme ça dans la vie aussi.


Bon, je vous résume : Patrick est amoureux d’Anna mais en fait, il met 10 ans à s’en rendre compte (boulet, donc) et justement, quand il veut lui dire, cette nigaude rencontre un Ecossais et décide de se marier avec lui au bout de 2 mois. Oui, ils avaient pas le budget pour une trilogie. Donc Patrick il fait « oh non, bouh ! Il faut que je lui dise ». Sauf que Anna, comme elle l’aime fort son Patounet, elle le prend comme témoin avec trois autres nanas dont une blonde ex de Patounet qui est joué par toujours la même nana vue dans Urgences ou Dawson. Vous savez, celle qui s’habille en 34 alors qu’elle fait du 38 et à chaque fois que je la vois, je m’arrête automatiquement de respirer tellement j’ai l’impression que toutes ses fringues vont exploser. Bref, voilà donc Pat’ qui doit organiser le mariage de sa chère Anna tout en la dégoûtant de son futur mari de façon un minimum subtile et de supporter la blonde qui va péter son chemisier. Les deux autres demoiselles d’honneur ne servent à rien à part la grosse qui prétend pouvoir rentrer dans du 36 le jour du mariage en ne se nourrissant que de milk shakes diététiques. Ceci étant, ayant travaillé sur des forums féminins, je peux vous garantir que chaque mariage engendre son lot de « je fais du 44, il faut que je perde 3 tailles en 15 jours pour le mariage pour être sublime sur les photos ».


Donc au vu de ce pitch, je m’attendais à de la merde en barre d’autant que le film reposait sur le charme de Patrick Dempsey qui, pour moi, n’en n’a pas une once. Même dans « Il était une fois » que j’ai trop adoré, je le trouvais moche. Donc, voilà, je n’aime pas les comédies romantiques et le prince de service ne me plaît pas, me voilà mal barrée.


Et j’ai été déçue. Je m’attendais à dégainer ma plume la plus acide et acérée et en fait, je vous le confesse : j’ai relativement bien aimé. Evidemment que le scénario est convenu, les rebondissements visibles 15 mn avant facile mais y a quelque chose de sympa dans le film, finalement. Un petit côté qui fait dire que l’équipe ne s’est pas trop prise au sérieux, que le but est de divertir, pas de faire vendre des kleenex aux nanas hypra romantiques. Donc même si ça ne restera pas mon film préféré de la vie et que j’en ai déjà oublié pas mal de passages, finalement, si une de vos amies vous harcèle pour une soirée comédie romantique, choisissez ce film là. Vous vous en tirerez drôlement mieux qu’avec n’importe quelle comédie romantique avec Meg Ryan dedans.

Comment se préparer à l’avion

(article écrit avant mon départ et qui devait être publié pendant mes vacances mais j’ai pas eu le temps de gérer ça avant mon départ.
Demain, je commence à raconter mes vacances)

Donc voilà, je vais devoir prendre l’avion pendant 9h. 9h dans ma conserve volante, tuez moi. C’est ce que j’appellerais l’épreuve du feu : si je survis, je pourrai aller partout dans le monde. Je peux le faire, je peux le faire. Mais voilà, comme toute épreuve, il faut se préparer un peu, j’ai prévu le coup.


D’abord, quelques magazines bien féminins qui ne nécessitent pas l’ombre d’une réflexion. Je me suis privée de leur lecture en avril pour pouvoir les consulter dans l’avion, découvrir quelles sont les dernières tendances, les derniers problèmes sexo à la mode (toujours les mêmes à l’arrivée), les dernières anecdotes inventées par les journalistes qui nous racontent que Chloé, 27 ans, a rencontré un homme en la personne de son nouveau voisin à qui elle allait demander du sel. D’ailleurs, je suis fascinée par le nombre de nanas qui rencontrent l’amour sur le palier de leur appart. Ca fait 6 mois que j’ai emménagé et je n’ai quasi jamais croisé personne. Ca m’apprendra à toujours avoir du sel. Temps estimé de lecture de magazine : 2 à 3h.


Ensuite, je ne vais pas dormir la veille ou presque. Parce que bon, c’est pas tout ça mais je peux pas m’occuper pendant 9 longues heures enfermée dans un appareil, il me faut d’autres idées et qui est le meilleur allié de mon ennui : le sommeil. Temps estimé : 3h au moins, j’espère.  Histoire d’arriver sur place à peu près fraîche et fringante.


Entre temps, nous avons une collation et un dîner, une heure de gagnée.

Pour le temps qu’il reste, j’ai d’autres trucs dans ma besace magique. En un, un livre de sudoku. C’est super le sudoku, ça occupe la tête. J’ai aussi mon petit ordinateur, mon netbook comme on dit : léger, facile à transporter et surtout je vais pouvoir écrire un peu. Peut-être que je vous ferai un « en direct de l’avion, j’ose pas aller faire pipi ». Parce que quitte à être dans la peur stupide et irrationnelle, j’ai toujours l’impression que si je bouge, ça va déséquilibrer l’appareil. Ridicule et surtout, ma vessie ne tiendra jamais 9h. Donc il est fort possible que ce voyage marque une première pour moi : j’ai marché dans un avion. J’en frissonne d’avance.



Enfin, j’ai choisi ma place : à côté d’Alice et Anthony. Outre le fait qu’Alice sera bien achalandée en magazines aussi, je serai surtout assise à côté du duo comique. En gros, Alice aime autant l’avion que moi et elle veut toujours prendre la main d’Anthony au décollage. Mais celui-ci ne veut pas lui donner et l’empêche de la prendre pendant toute la phase de décollage. Encore mieux que le film qu’on pourrait nous diffuser.

Evidemment, vu qu’on part avec Air France, il est tout à fait possible qu’on ait des films diffusés dans l’avion mais mon père a émis un doute à ce sujet, rapport au fait qu’on partait dans un boeing. Il me semble que les Boeing ont également ce genre d’équipement. Avec de la chance, je pourrai donc m’occuper avec un délicieux nanard que je vous narrerai avec sarcasme et ironie dès mon retour.



En attendant, j’attends quand même avec impatience la fin de ces foutus trajets.