Les sites de rencontre, ça juge que sur le physique

Ce week-end, entre deux intenses séances de sieste (arrivée de l’automne ou nouvelle vie, je ne sais mais qu’est-ce que je roupille), je découvre cet article de Slate relayant deux caméras cachées dénonçant la grossophobie supposées des hommes sur les sites de rencontres (Tinder, plus précisément). En gros (sans mauvais jeu de mot) : il ont créé des profils avec des photos en mode bombasse puis ont grimé l’homme et la femme en gros. Si les hommes ont fui en courant (à peu près), les femmes sont restées et 3 ont accepté un 2e rendez-vous : naaaaaa, les hommes, c’est que des salauds, les femmes, elles sont moins sur l’apparence.

danse-avec-les-stars-laurent-ournac-2

L’article de Slate posant les bonnes questions quant à la validité ou non de ces caméras cachées, je saute ce passage pour poser la vraie question : juge-t-on sur le physique sur les sites de rencontre ?

casting-gen-mannequin

Bien évidemment.

CaptainobviousChooseOption

L’expérience en question se passe sur Tinder, LE site de rencontre basé uniquement sur l’apparence puisqu’on n’a, pour choisir ses proies, qu’une ou deux photos avec, éventuellement, un petit laïus qui vous éclaire à peu près autant sur la personne qu’un briquet dans une forêt. Evidemment, d’autres sites sont plus complets, on vous demande en prime votre taille, votre poids, la couleur de vos cheveux et yeux (on ne quitte pas le physique), votre silhouette et votre style vestimentaire. Voire tes sous-vêtements pour le classieux Adopte un Mec. Pour ne pas se cantonner à l’enveloppe, allons demander le métier, les revenus (suis-je ce que mon salaire fait de moi ?), ton signe astro… Aaaah, quand même, on te pose quand même quelques questions sur tes goûts culturels et activités du week-end, des fois que. Mais ne mentons pas : quand on navigue sur le site à la recherche de l’âme soeur, la première chose que l’on voit d’elle, ce sont son pseudo, son âge et, en gros, sa photo.

profil-bizarre-site-de-rencontre

Au fond, je ne comprends pas pourquoi on stigmatise les sites de rencontre sur le jugement sur le physique et, en l’occurence, la grossophobie. Dans mes jeunes années, quand je draguais en boîte, j’ai jamais chopé un mec grâce à mon DEUG d’histoire mais plus grâce à mes atours bien mis en avant (mon décolleté et ma jupe courte, donc). De toute façon, vu le volume sonore du lieu, j’aurais pu réciter toute l’oeuvre de Platon qu’on m’aurait pas entendue. Et c’est partout pareil. A part de très rares histoires de coups de foudre sur des forums ou autre ou le visage de l’autre est et reste caché (et encore, pour combien de temps ?), la première chose que l’on perçoit de l’autre, ça reste son physique. Bien sûr, il peut arriver qu’en connaissant mieux une personne, on lui découvre un charme insoupçonné alors qu’au premier coup d’oeil, elle ne nous avait pas particulièrement séduite mais là, on sort du cadre de la première rencontre.

Couple-4-bonnes-raisons-de-faire-du-sport-a-deux_exact441x300

Alors donc, les gros (et surtout les grosses si je reprends l’expérience de Simple PickUp) n’ont aucune chance sur les sites de rencontre. Pour ma part, ce que je vois dans cette vidéo, ce n’est pas tant une histoire de gros/grosse qu’une arnaque. On a tous connu le date où la personne en face n’avait rien à voir ou presque avec ses photos, qui s’était rajouté des centimètres et enlevé quelques kilos. Embellir un peu la réalité, ok, c’est le jeu mais là, on n’a plus du tout à faire à la même personne. Et si la politesse et la peur de blesser la personne m’empêchera de faire un scandale et je resterai au rendez-vous (comme les femmes de la vidéo), je n’aurai pas envie d’aller plus loin. Pas que je n’aime pas les gros mais j’en ai assez de jouer les infirmières : si tu as du mal à assumer à ce point ton physique, abandonne les sites de rencontres et va voir un spécialiste qui t’aidera à accepter ce corps qui te déplaît tant.

dismorphophobie

Car, hey, comme on dit, chaque pot à son couvercle. Mate les couples dans le métro, tu verras que l’amour (ou du moins le flirt) n’est pas réservé aux tailles XS. Evidemment, tout le monde aura une anecdote qui dira que non mais c’est pas vrai, que c’est plus facile de choper quand on est mince. No idea, j’ai pas de stats sur le sujet mais même si je carre pas mon cul dans du XS, j’ai jamais eu de soucis à choper. Même quand je me mettais en silhouette “curvy” parce que je traduisais ça par “fille à courbes” (je suis un 8, moi madame) et pas par “quand même bien grosse” mais comme je mettais une photo de moi en pied, personne n’a été déçu.

 

Coucou, tu veux voir mon gros capital ?

L’inscription sur un site de rencontre, cette longue soirée perdue à répondre à des tas de questions pour se définir. Ton pseudo, tes photos, tes lubies, tout est disséqué. Jusqu’à ta profession… Et ton salaire. D’où cette question cruciale : doit-on sortir sa feuille d’impôts et afficher son capital pour choper ?

feuille-d-impots-capital

Quand je me présente à quelqu’un, il est vrai que mon métier est l’une des premières infos que je donne : « salut, je suis Nina, j’ai 33 ans et je suis social media manager, salut ! »; Bon, je schématise un peu mais vous voyez l’idée. D’ailleurs, quand je surfe sur les profils de mâles que j’aurais bien envie de grignoter, je me laisse aller à jeter un oeil sur leur profession. Non qu’il y ait des professions éliminatoires mais c’est une information toujours intéressante pour esquisser l’univers d’une personne. Après, les infos restent basiques, on a une foule de personnes bossant dans l’informatique mais en creusant, ça regroupe le développeur lambda, l’ingénieur, le concepteur de site…

Numeric Computer

Cependant sous cette information, on vous en demande une seconde : niveau salaire, tu en es où ? Heu pardon, tu es DRH, site de rencontre ? Non, je ne crois pas ! La plupart du temps, les personnes ne répondent pas (moi même… Parce que bon, avec tous les k€ que je gagne, il est évident que je pourrais attirer les coureurs de dots qui survivent au RSA…) mais certaines indiquent honnêtement leur salaire et je me pose la question : pourquoi ?

bath

Réponse A : ils répondent docilement à toutes les questions sans discuter
Réponse B : ils sont pauvres et préfèrent l’afficher pour éviter de décevoir une éventuelle croqueuse de diamant
Réponse C : ils pensent que leur capital est leur meilleur atout séduction.

vitaly-jerome-jarre-draguer-riche-vs-pauvre

L’existence même de cette question me paraît lourdement significative. L’argent fait-il partie de la séduction ? Manifestement, oui. Oh je vous entends hurler « parle pour toi, sale pétasse ! ». Non, je ne parle pas pour moi, justement, les 9/10e des mecs que j’ai rencontrés par ces biais n’ont pas indiqué leur salaire et en général, quand je vois un gros chiffre crânement affiché, ça me fait limite un peu peur. Si tu cherches une jolie potiche qui ne rêve que de se faire entretenir, hé salut, c’est pas moi. Mais il n’en reste pas moins que si la question est posée, c’est que des gens sont intéressés par ce détail. De la même façon, sur l’un des sites les moins classieux de la planète (Adopteunmec pour ceux qui n’auraient pas reconnu), les hommes sont priés de faire la liste de leur « équipement » (non, je parle pas de la taille de leur sexe) : télé ou pas télé ? Voiture ? Lit King Size ? Ah oui, moi, je refuse de rencontrer un mec qui n’a pas un lit King Size. Hors de question de limiter mes galipettes à un minuscule périmètre… L’avantage avec Adopteunmec, site soit disant fait pour les femmes, c’est qu’on voit bien les gros clichés sur les genres : femmes vouloir mec avec money, hommes vouloir femmes cochonnes (oui, pourquoi les mecs ne détaillent pas leurs pratiques sexuelles, hein ? Hein ?).

d-bfe8a

Alors, à présent que tu es face à la case « salaire », tu te demandes : dois-je y répondre ou non ? Je te répondrai par une question : quelle seule bonne raison te forcerait à le faire ? A moins que tu adores l’idée d’entretenir une autre personne, ça n’a aucun intérêt. Si tu veux choper des coureurs de dots, va plutôt dans un bar un peu chic et attend que le poisson morde, arrose le de champagne et l’affaire est dans le sac. Tu gagneras du temps.

drague-champagne

Bref, la semaine prochaine, nous répondrons à cette essentielle question : doit-on renseigner son signe astrologique ? Je sais, tu frétilles déjà d’impatience.

Les traditions ont la vie dure : faisons le bilan

Parmi mes très nombreux vices, j’ai celui de faire des bilans. C’est mon rituel à moi, plus chouette que de manger des chocolats belges gras et écœurants. Oui je n’aime pas trop les chocolats belges, je leur préfère ceux du chocolatier de ma ville natale, fins et croquants, un pur délice ! D’ailleurs, les choses se perdent, personne n’en a offert à mon père cette année… Bref, tout ça pour dire que je vais vous gratifier de mon traditionnel bilan de l’année parce que c’est mon kiff. Bilan 2012, go !

bilan-2012

Je m’étais souhaitée pour 2012 une année calme. On peut dire sans exagérer que je n’ai pas du tout été exaucée, j’ai plutôt pris place dans le Space mountain des aléas, quelques hauts de cœur et mal aux cervicales compris. En fait 2012 est passé à ÇA de se faire taxer de marasme (dans la digne continuité de 2011) mais la fin d’année, bien qu’épuisante, a un peu sauvé le tout. Puis en y réfléchissant bien, il y a une différence majeure entre ces 2 années : en 2011, des que je pensais sortir la tête de l’eau, je me prenais un nouveau coup me ramenant au fond. En 2012, je me prenais soudain une baffe sortie de nulle part MAIS juste après, un truc cool m’arrivait. Une alternance assez épuisante certes, de gros coups au moral m’amènent direct chez la naturopathe. Mais à la différence de 2011, en 2012, je me suis pas laissée malmener, j’ai relevé le poing à chaque fois, je me suis battue comme une tigresse et force est de constater que ce retour de Nina la tigresse, largement perdue de vue depuis la fin 2010, ça, c’est l’une des meilleures nouvelles de l’année.

tigresse

Alors ne listons que le cool, le reste est accessoire. En cool, cette année, j’ai voyagé. Thaïlande, Sicile, Pays Basque, Honfleur et Belgique (enfin Nemo). Bon, mon blog voyage est moribond mais j’avoue que j’ai du mal avec la notion de carnet de voyage, finalement, j’aime mieux narrer les impressions générales et anecdotes plutôt que de raconter par le menu dans des articles peu plaisants à écrire qui conviennent peu à mon style d’écriture, me semble-t-il. Je pense tout rapatrier ici et faire une section dédiée. Parlez qu’en 2013, j’ai prévu de bouger un peu même si j’ai pas la main sur tous les facteurs à l’heure actuelle.

VACANCES

En cool aussi, parlons un tout petit peu du boulot, j’ai fait tomber deux nouvelles compétences dans mon escarcelle (veille et gestion de campagnes de pub Facebook) et ça me fait toujours plaisir. Je commence à bien régler mon léger souci de syndrome de l’imposteur (faudra que je vous en parle plus longuement à l’occasion) et à moins douter de moi. Y a encore un peu de travail, je passe régulièrement par une crise de « non mais faudrait quand même que je chope un vrai diplôme en marketing » mais ça va mieux. Quoi que ce diplôme, c’est pas tant pour une histoire de légitimité que de salaire. Si je veux avoir les moyens de mes envies voyage, faut bien continuer à faire monter le chiffre qui tombe sur mon compte en banque à la fin du mois. Ça fera plaisir à ma conseillère financière (surtout si j’en dépose sur mes comptes épargne).

ECONOMIES

Côté amour, j’ai repris goût aux romances, à l’envie de vivre des choses à 2. Ça n’a été que du vent mais ça m’a donné envie de retenter l’aventure amoureuse. Maintenant, c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, mon radar à connards est défectueux. Mais bon, souvenons nous du mantra de la naturopathe : je mérite ma part de bonheur. Vu l’état de mes amours depuis pfiou lala, ce serait sympa de pas m’oublier cette année, hein !

part-de-gateau-2546

Mais surtout, surtout, le plus cool de tout, le meilleur pour la fin, c’est forcément mon neveu, le nouvel amour de ma vie qui est tout doux, qui sent bon et qui s’endort sur moi en 2*2. C’est une chose curieuse un bébé, ça vous ramène à votre propre faiblesse. On a été de petits êtres, on finira tous petits et rabougris, l’inéluctable cycle de la vie qu’on a toujours un peu tendance à oublier. C’est fou comme c’est fascinant, on s’émerveille de la moindre mimique, j’ai fait 3000 photos. Oui vraiment, ça change tout.

mon-neveu

Bref en fin de compte, elle etait pas si pourrie cette année. Et en 2013, je me souhaite quoi ? Vu qu’en 2012, j’ai eu pile l’inverse de ce que je voulais, en 2013, je me souhaite une année agitée…

Les cartes ciné tuent-elles les films petit public ?

Je rappelle que je suis pas cinéphile mais… Mais je prends le métro et je croise régulièrement des affiches exhalant le fumet du navet. Juste ciel, qui peut aller voir un film qui a l’air aussi nul ? Réponse : plein de gens.

J’ai dans mon entourage des gens qui ont des cartes ciné. Régulièrement, ils passent donc leur soirée dans une grande salle sombre pour mater un film, histoire de rentabiliser leur carte. Or quand on a vu les films qui nous plaisaient, sur quoi se rabat-on ? Sur les gros nanards bien juteux.

Je ne juge personne. Après tout, quand j’allume la télé le soir, j’ai pas toujours le courage de me mater un film art et essai, j’ai plus envie de me vider la tête et de reposer le cerveau. De toute façon, je ne regarde la télé que d’un œil, évitons donc les histoires qui m’obligent à être attentive. Alors forcément, je ne peux que comprendre ceux qui, au cinéma, préfèrent rentabiliser leur carte en s’offrant un jacuzzi du cerveau.

Pourtant, ça m’ennuie, au fond. Quand je vois les affiches de films crétins, c’est un peu comme quand j’entends une musique commerciale de mauvaise facture qui cartonne : on nous prend pour des demeurés et c’est trop facile. Je rêve que ce genre de bouse se plantent, que les gens réclament du lyrisme, de la poésie, du rêve. Que les artistes nous donnent leurs tripes et arrêtent d’appliquer une recette commerciale calibrée pour marcher. Qu’on arrête avec cette sensation qu’ils sont là pour cachetonner.

Et pourtant… Et pourtant, moi, il y a des projets professionnels que je dois exécuter pour faire marcher la machine à monnaie, celle là même qui édite mon salaire à la fin du mois. Honnêtement, qui prendrait le risque de n’investir que dans des films condamnés à ne toucher qu’une portion infime du public sans gros blockbuster pour avaler des dollars en parallèle ? Nul n’est philanthrope.

En fait, la question n’est-elle pas plus « pourquoi les producteurs ne se lancent-ils pas plus dans des projets moins accessibles pour tous alors qu’ils engrangent des millions avec des films navets n’ayant pas coûté grand chose ? ». La crise ou la volonté des spectateurs de pas se prendre la tête ?

Mets ta carrière entre parenthèse, tu es mère

Il y a quelques temps, j’etais conviée à une rencontre blogueur organisé par le PRISME, syndicat des agences d’intérim nous présentant une étude sur les femmes et l’intérim. Ohoh, sujet intéressant car une fois de plus, j’ai bien senti que la carrière féminine était encore trop souvent parasitée par la maternité.

2001, université Toulouse le Mirail, cours de sociologie des femmes. Nous abordons le cas du travail partiel, formule magique permettant de conjuguer vie familiale et vie professionnelle… Et un formidable boulet au pied ! Car qui dit temps partiel dit moindre implication dans la boite dit pas de promotion. Soit, c’est un choix de vie. Sauf qu’en Europe, le temps partiel concerne essentiellement les femmes car qui doit mettre sa carrière entre parenthèse car elle a enfanté ? La femme.

Et on retrouve la même dans l’interim. Pourquoi les femmes choisissent l’intérim ? Pour reprendre une carrière mise entre parenthèse après quelques années consacrées à l’éducation des enfants, notamment. Toujours les femmes. Alors certaines font ce choix sciemment, je ne dis pas, mais c’est insensé qu’aujourd’hui dans un couple, ce sera souvent la femme qui s’arrêtera de travailler. Pourquoi ? J’ai réfléchi à quelques points :

– le salaire. Hé bé oui, si l’un doit s’arrêter de travailler (ou du moins ralentir) pour s’occuper de l’enfant, on choisira celui qui gagne le moins d’argent. Or force est de constater que le salaire féminin reste éternellement en deça de celui des hommes. Mais oui mais tu comprends, elles prennent des congés maternité, ce sont pas des employées fiables, pfff !

– les ambitions personnelles. Une femme enceinte, ça veut dire congé maternité. Si je prends le cas de ma soeur : elle part en octobre en congé mat et reviendra en mars par le jeu magique de tous les congés à prendre sinon tu les perds. En même temps, c’est pas elle qui a fait la convention collective… Donc 5 mois d’absence, quasi une demi année ! Qu’est-ce tu veux un avancement avec ça ? Peu importe que la femme concernée soit motivée, qu’elle ait bossé d’arrache pied durant les 7 autres mois. Une absence de 5 mois, c’est irrattrapable. Pendant ce temps, un de mes collègues s’est pété le genou et a été absent 4 mois et personne ne s’est posé la question de son implication…

– l’implication, justement. Une femme qui est mère va forcément lever le pied pour s’occuper du moutard, partir à 18h parce qu’il faut aller chercher l’enfant à la crèche et sera donc une salariée moins présente, moins fiable.

Sauf que je ne vois là que cercle vicieux. On part du principe qu’une femme étant mère s’occupera forcément plus de son enfant donc moins de son travail, ce qui la ralentira dans sa progression alors que son mari continuera son petit bonhomme de chemin, cumulant les augmentations et rentrant tart, retrouvant un doux foyer où sa chère compagne aura nourri et baigné les enfants et préparé le repas.

Autant, je veux bien croire que ce schéma était furieusement tendance dans les années 70, autant je ne vois pas qui devrait décider à la place de chaque femme quel sera son niveau d’implication professionnelle à partir du moment où elle aura donné la vie. Les femmes ne sont pas universelles (révélation) et on ne peut pas déduire de notre double chromosome X une irrésistible envie de privilégier notre foyer à notre carrière. Et c’est la même pour les hommes au passage, leur chromosome Y ne signifie pas forcément qu’ils ne s’épanouissent qu’au bureau et pas à la maison. Est-on encore obligées d’être victime de notre genre ? Va-t-on commencer à me regarder bizarrement au boulot car j’entre dans la zone critique des femmes susceptibles de se reproduire incessamment sous peu ? Quoi que si je me réfère à la façon dont ils ne ménagent pas ma sœur, j’ai pas la sensation que son statut de future maman change grand chose. Mais bon, est-ce qu’aux yeux de la sphère travail, je vais n’être désormais qu’une potentielle future mère, celle qui se barrera en congé patho à la première occasion ? Celle qui ne pourra plus avoir qu’une carrière à la lente progression car en TNT que femme, je ne pourrai plus que devenir mère donc avoir plusieurs mois d’absence, le temps de pondre mon petit ? Pourtant, un enfant se fait à 2, pourquoi c’est forcément à la femme de rester à la maison s’occuper du petit ?

J’ai beau lire la loi, ce n’est inscrit nulle part…

Génération Y : génération instable ?

Pendant mon voyage en Sicile, j’ai lu un bouquin prêté par Salima : génération Y de Myriam Levain et Julia Tissier . Forcément, quand on tient un blog appelé les vingtenaires, on ne peut être interpellé par ce livre. Et à chaque page tournée, cette perpétuelle réflexion : « c’est tellement vrai ! »

Je fais partie de la frange la plus âgée de la génération Y. Quand j’ai vu le jour, Mitterrand n’était pas encore Président de la République, John Lennon n’était pas encore mort, la guerre froide était encore vivace avec le boycott des JO de Moscou. Je suis plus une digital adopter qu’une digital native puisque je n’ai eu Internet qu’à 18 ans, mon premier mobile à 19 avec une carte prépayée et je ne le voyais que comme un fil à la patte. J’ai cependant rattrapé ce petit retard puisqu’aujourd’hui, je suis une digital worker et j’aime faire ma vieille conne « mon premier taf, c’était pour une plateforme mobile, on était sur le wap ». Phrase magique donnant la sensation que je suis une pionnière. Dans les faits, 5 ans de community management, ce n’est pas si courant (mais pas exceptionnel non plus).

Justement, ces 5 ans d’expérience, parlons en. Je l’applaudis juste pour cette fabuleuse transition que je n’avais moi-même pas vu venir, je maîtrise à mort mes digressions. Si je regarde mon parcours professionnel, j’y vois de la frénésie, de la fuite en avant, du qui fait peur en entretien « heu mais vous restez jamais plus d’un an et demi dans une société ? ». Bah non et je vais t’expliquer ça en deux mots : perspective d’évolution.

Discussion entre collègues à la cantine, il y a la team des chefs de projet (dont moi), une ou deux consultantes et Guillaume dit « directeur de la production » soit le manager des chefs de projet. Mon n+1 en clair. Figurez-vous que Guillaume quitte la société pour de nouvelles aventures et il eut cette sentence terrible « non mais tu fais un an et demi, deux ans à un même poste puis tu changes de boîte pour évoluer ». Et à de rares exceptions près, il a raison.

Notre vie professionnelle est comme un mur d’escalade : quand une voie est obstruée, tu en prends une autre. Rare sont les ascensions rectilignes. Et qu’est-ce qui obstrue les voies ? Nos n++. Normal hein, ils étaient là avant et dans le digital working, si tu attends la retraite de tes n++, tu ne progresseras pas. Par exemple, si je prends mon cas, mon n+1 a un an de plus que moi… Et mon n+2 deux ans de moins !

La génération Y n’est pas instable par essence mais simplement par manque de passivité et de résignation. Force est de constater qu’au bout d’un an et demi, ton poste, tu le maîtrises et tu commences à t’ennuyer et avoir envie de nouveaux challenges. Car même si le boulot n’est pas le centre de notre vie, passer 8 à 10h/jour à s’ennuyer n’est pas vraiment bon pour l’épanouissement personnel. Ce n’est qu’une envie légitime après tout. Or nous avons le choix : notre boîte actuelle où les perspectives d’évolution sont nulles ou à peu près (d’ailleurs, en terme de formation, on te file des cours d’anglais alors que finalement, tu ne t’en sers qu’une fois tous les 6 mois plutôt qu’une formation te permettant de prendre du galon) ou une boîte concurrente qui a trouvé ton cv incroyable et qui te permet de grimper. On ne répond pas à toutes ces offres bien sûr mais pour peu qu’on toque à notre porte au moment où on commence à soupirer d’ennui, on saisira l’aspérité à pleine main pour gagner quelques mètres de hauteur.

Comme dit dans le livre, ce n’est au fond que du donnant-donnant. Tu n’investis pas sur moi, ma loyauté restera opportuniste. Un peu finalement comme une relation amoureuse : mieux ne pas trop s’investir avec une personne qui nous rend peu, on peut vite avoir un goût amer en bouche. Comme m’expliquait Simon quand je bossais chez TGGP : »ils sont pas chauds pour les formations car ils ont peur qu’on parte ailleurs ensuite. » Tu ne me donnes rien, je ne te rends rien, surtout pas ma loyauté.

Si certains membres de la génération Y vivent très bien cette situation, je fais plutôt partie de ceux qui font avec. Je cherche la stabilité avec ardeur mais pas à n’importe quel prix non plus. Parce que si aujourd’hui, je gagne plus de 50% en plus par rapport à mon premier salaire (effectivement bas voire très bas), c’est bien parce que j’ai bougé. Mais après tout, le turn over est notre quotidien et, au bout de quelques années, l’annonce du départ de tel ou tel collègue n’est plus un événement.

Je veux bien payer…mais en fait non

Ces derniers temps, mon moi mesquin et moqueur jubile. En cause ? L’incroyable hypocrisie des web citoyens qui veulent bien sortir leur porte monnaie en théorie mais hurlent au vol au moment de passer à la caisse.

au-voleur

Au milieu de mes icônes iPhone il y en a une verte qui ressemble au logo flux rss : Spotify. Tous les mois, je paie 10 € pour écouter des dizaines de milliers de titre selon mes envies. Acheter le dernier CD de X ou Y ? Non, je l’écoute sur Spotify chez moi sur mon pc ou sur mon iPhone. Je ne vole personne, j’ai payé pour ça. Or Spotify était gratuit jusqu’à récemment (tu te tapais de la pub toutes les 3 ou 4 chansons, la fille qui fait la voix de Jennifer Love Hewitt venait se doigter pour ton plus grand déplaisir « Haaaaan spotifyyyy! ») mais
désormais, la version gratuite est bridée à 10h d’écoute gratuite.

ecoute-baladeur

Branle-bas chez les internautes qui crient au scandaaaaale, au vol, proclament la mort de Spotify et tous sur Deezer ! Sauf que quelques jours plus tard, Deezer a suivi le même processus. Re scandaaaaale ! Comment va-t-on écouter de la musique gratos ? Je vous suggère YouTube ou, soyons audacieux, un truc de folie qui s’appelle la radio. Ah mais la radio y a de la pub et tu choisis pas ce qu’il y passe. Ouais ben moi je voudrais faire 1m70, on peut pas toujours tout avoir dans la vie.

je-veux-tout

Mais ce qui me fait rire à m’en taper les cuisses, c’est que ceux qui hurlent au scandale sont les mêmes qui au début d’Hadopi clamaient, la main sur le cœur : moi, ça me gênerait pas de payer un forfait pour télécharger comme ça tout le monde sera content. Alors ouiiii, la musique sur Spotify/Deezer est en streaming mais tu vois, j’ai en permanence sur moi 500 titres rangés dans différentes playlists. Une chanson ne me plait plus ? Je l’efface, je la récupère quand je veux. Je ressens le besoin impérieux d’écouter une chanson que je n’ai pas sur la playlist ? Clic clic c’est fait. Oui, il m’arrive d’avoir le désir très violent d’écouter une chanson. Je découvre un artiste qui a l’air bien ? Clic clic je récupère sa production. Si finalement je n’aime pas, je ne sauvegarde rien dans ma playlist. Oui, les catalogues ne sont pas complets, il y a quelques chansons absentes mais je peux les charger dans la bibliothèque via mon pc. En gros, c’est comme un iPod que je retrouve sur tous les ordis que j’utilise. Pratique quand on est un peu tête en l’air comme moi et qu’il nous arrive d’oublier notre iPod. Avoir sa musique est une condition de survie indispensable en open Space.*

bureaux open space

Je crois qu’on a un peu oublié que le web n’était pas un self service où tout est gratuit. Les 10h d’écoute gratuite permettent de découvrir de nouveaux artistes quoi qu’il en soit. Après, écouter toute la musique qui nous plait pour 9.99 € par mois, moins que le prix d’un CD comme l’a souligné un twitterer dont je n’ai pas retenu le pseudo, franchement c’est pas cher payé. Surtout qu’il y a des gens dont c’est quand même un peu le métier de faire de la musique et qui ont besoin d’un salaire. Vous prendriez un pain sans payer votre boulangère. Alors oui, certains s’en foutent scandaleusement plein les fouilles, c’est un autre débat, mais je trouve bien plus scandaleux de payer 14€ un CD avec une ou deux chansons potables que 10 € pour me faire plaisir et écouter ce que j’aime. Ou me laisser aller à la serendipité pour découvrir de nouveaux artistes.

lise

* sauf qu’à mon nouveau boulot, j’ai pas les droits admin sur mon pc donc pas de Spotify

PS au cas où : cet article ne sert pas de débat Spotify vs Deezer au fait. Je ne suis pas actionnaire chez Spotify.

Un petit crush au bureau, ça ne fait pas de mal

(Article à lire comme une réflexion et non comme une confession, je ne suis pas amoureuse d’un de mes collègues. Surtout depuis que le plus choupinou d’entre tous a roucoulé au téléphone avec sa femme à portée de mes oreilles)

flirting-footsie.jpg

Dans la vie, j’ai des principes. Flexibles, ok. Si je reprenais toute la liste des “jamais je ne ferais ça” que j’ai finalement fait… Mais si certains d’entre eux n’avaient au fond aucune incidence sur ma vie, il y en est un qu’il ne faut violer en aucun cas, le fameux “no zob in job”. Pourquoi ? Parce que c’est la galère. Dans le meilleur des cas, vous vivez une folle idylle qui se termine par un concubinage voire, soyons fou, un mariage et des enfants. Un peu comme mes parents mais n’oublions pas que le couple de mes parents est tellement parfait qu’il y a des jours, j’ai du mal à croire que je suis pas dans une sorte de Truman Show. Ce qui serait une explication cohérente à pas mal de choses, finalement… Bref. Ca, c’est le meilleur des cas. Souvent, l’idylle se fane et meurt et là, deuxième effet kiss kool, vous allez passer 8h par jour pendant 5 jours d’affilée avec votre ex sous le nez. Si vraiment, vraiment, vous ne pouvez pas chasser ailleurs, essayez au moins d’éviter de choisir votre tendre moitié dans le même open space, merci.


crm-direction.gif

Donc pas de zob in job, ok. Cependant, même si on conclue pas, est-ce que c’est pas une bonne idée d’avoir un petit crush pour un collègue ? Je m’explique. Imaginons que dans mon open space, il y ait un garçon très charmant que nous appellerons Nicolas, parce qu’il y a toujours un Nicolas dans les open spaces. Donc Nicolas, il est trop charmant et
pas con en plus, c’est un bonheur. Peut-être que Nicolas est fiancé, peut-être pas mais peu importe, on ne veut pas faire notre vie avec, on veut juste flirter un petit peu, l’air de rien. Pourquoi ? D’abord le crush au bureau nous motive à nous lever le matin, c’est quand même pas négligeable. Surtout si, comme moi, le matin, ce n’est pas votre truc. Ensuite, comme on veut quand même que Nicolas se dise “ah, elle ne serait pas ma collègue et je ne serais pas fiancé, ce serait la femme de ma vie” donc on se pomponne. Aucun risque de venir le cheveu douteux, le look alternatif et le maquillage tellement léger qu’en fait, on a carrément oublié de le mettre. Ca peut vous sauver une vie en cas de rendez-vous professionnel impromptu (c’est légèrement du vécu, ça sauf le cheveu douteux, j’ai toujours les cheveux propres). Puis comme on veut bien paraître, on a une bonne raison en plus de se défoncer au travail (les autres étant l’amour de son travail et le salaire).

Motivation-egale-efficacite.gif

Par contre, faut pas croire, ce n’est quand même pas la panacée. Déjà, je ne sais pas vous mais personnellement, les crushes me passent vite. Ca m’amuse un temps puis je me lasse. Or mon open space n’est pas extensible à l’infini et les nouveaux arrivants assez rares donc impossible de crusher tous les 15 jours voire tous les mois avec une nouvelle cible.
C’est de suite moins drôle. Donc il faut arriver à maintenir le flirt sans franchir la ligne rouge ni passer pour une allumeuse. Surtout que si les manoeuvres se voient trop, autant Nicolas saura qu’il ne se passe rien entre vous, autant rien n’est moins sûr pour les autres collègues. Et les potins, Dieu sait que ça circule vite. Sans parler du fait que Nicolas n’est pas non plus obligé de rentrer dans notre jeu “Ecoute Nina, j’ai bien remarqué que tu en pinçais un peu pour moi mais tu sais, je suis marié, j’ai des enfants et je suis fidèle alors tu es mignonne, tu vas jouer ailleurs”. Gloups ! Et là, on en revient un peu à l’histoire de croiser son ex 5 jours sur 7 à raison de 8h par jour minimum. Evidemment, c’est moins pénible qu’un ex mais c’est carrément plus la honte. 

la-honte-mieux-vaut-prevenir-que-guerir.jpg

Ou alors on considère que l’amour de son travail et la carotte du salaire suffisent à être au top de soi même et on s’évite des situations gênantes. Voilà.

Tiens, faudrait que j’écrive un “où trouver l’homme” au bureau…

J’ai deux cœurs

(Promis, la semaine prochaine, retour de la question love and sex mais en ce moment, j’ai pas trop la tête sur les épaules mais ça va  aller)

Cette semaine, j’ai été en vacances. Oh, pas assez, j’ai repris le travail hier. Oui, dans ma boîte, prendre le vendredi, c’est perdre le samedi donc j’ai tendance à revenir juste pour un jour.  Mais ces quelques jours passés dans le sud réveillent à chaque fois en moi cette sensation : j’ai deux cœurs.


J’aime Paris, ma vie parisienne et toutes les possibilités qu’elle offre et mes amis, bien entendu. J’aime Toulouse, ma famille, mes amis là-bas, la détente, la vie plus calme et plus saine. Mon coton en témoigne : le soir, il ramasse moins de saleté dans le sud que sur Paris, c’est un fait. Parfois, je me dis que si Paris et Toulouse étaient à 1h l’un de l’autre, ce serait parfait. On me chuchote à l’oreille qu’en avion, ça prend à peine une heure mais je dis non. Rien qu’aller à l’aéroport, j’en ai pour quasi une heure, sans compter que mes parents n’habitent pas du tout Blagnac donc une autre heure, sans compter l’heure à respecter pour l’enregistrement, l’embarquement, blablabla. A la limite pour un week-end, je dis pas (bien que ça m’ennuie de demander à mes parents de venir me chercher si loin) mais pas plus. Mais j’envisage de plus en plus le train de nuit.


J’aimerais bien avoir mes deux vies côte à côte dans l’espace. Chaque départ dans un sens ou dans un autre est une petite fêlure tout en étant une joie. Quand je redescends dans le sud, je me fais bichonner par maman, je revois mes amis qui me racontent leur vie. En plus ces derniers temps, il s’en passe des choses, j’ai parfois l’impression de rater l’essentiel. Oh, on va me dire à juste titre que je ne peux pas être présente pour tout le monde, que je dois aussi vivre la mienne, etc. C’est vrai, je le sais mais bon, des fois, je me sens tellement en décalé. Déjà dans mon vocabulaire alors que je n’en ai même pas conscience. Par exemple, j’expliquais à Guillaume «je suis rentrée, j’étais complètement jetlaguée ! ». Il me regarde « hein ? Quoi ? T’étais quoi ? ». Heu ? Mais c’est typiquement parisien de la comm de franciser des anglicismes pour en faire un adjectif ? Bref, quand j’explique que j’étais sur « une opé », personne ne comprend… La comm m’a tuer. J’ai beau toujours me moquer des anglicismes à outrance des présentations d’opération (brandé, trend, early adopter, streetstylé, les remixers…), je suis en train de les intégrer malgré moi. AAAAAAAH !




J’ai donc deux cœurs. Quand je redescends, des fois, je me prends à imaginer que je retourne ici, au pays où la vie est plus douce, moins chère. Avec mon salaire, je serais la reine du pétrole…Evidemment, je n’aurais pas le même. Mais revenir, c’est quitter ma vie parisienne et ça, je ne peux pas. Je n’en ai pas envie, pas maintenant en tout cas. J’ai la sensation qu’il me reste des milliards de possibilités ici. Alors je reste avec mes deux cœurs, je rate des trucs à Paris ou dans le sud, selon où je me trouve. Et je prie pour que la SNCF mette ENFIN Toulouse à 3h de Paris. On peut toujours rêver.

Illusions et Réalité

Par Lucas

Suite et fin de mes pensées stériles amorcées il y a quelques années et dont le dernier épisode était Donner un sens à sa vie. Promis, j’arrête de vous saouler avec ce sujet mais j’ai besoin de croire que des gens sont comme moi. Merci de jouer les bons samaritains ou de m’envoyer chier honnêtement, ami(e)s lecteurs (trices)

Ce soir je suis allé avec mes parents chez mon p’tit frère, 23 ans, en 4ème année de médecine, installé en coloc à Paname dans un immeuble de 32 étages pas loin de Montparnasse avec piscine tout en haut : le truc bien sympa. Financé par le paternel…  (bah oui c’est pas avec ses gardes à l’hosto que mon breuzeur va payer ça)

On en est venu à discuter de l’existence et je dois dire que ça m’a permis d’assoir une réalité : je suis à des années lumière d’avoir compris comment marche la vie.


Mon père a parlé de copains à lui qui prennent 1500€ l’opération de la rétine, d’autres qui sont  à 300 € la consultation en cabinet. Il a évoqué la fille d’un de ses amis, (Dauphine, 2007), qui, à mon âge, quasi 30 ans, gagne déjà 80000€ par an dans une SSII. Ou le fils de son meilleur ami (HEC, 1995) qui après une dizaine d’années chez Estin & Co a voulu calmer le jeu, bosser moins, profiter de ses gosses et qui, de fait, ne gagne « que 300K€ » (trois cent mille) par an. Voire sa petite soeur qui après Normale Sup a enseigné quelques années avant d’être embauchée par une maison d’édition de DVD à un salaire loin, trèèèèès loin du professorat…
Et ce discours toute la soirée.
Et ce discours toutes les soirées, plutôt

Car ce discours on me le sert depuis que je suis arrivé chez mes parents à l’age de 11 ans.
Car les exemples sont légion de personnes qui ont eu des trajectoires comme celle là dans leur environnement amical.
Alors j’avoue,

Je suis perdu.

Ces parcours sont peut-être le fait d’individus brillants mais en bossant comme un chien on peut arriver à de grandes choses.
L’argent ne fait pas le bonheur?
Face à ce poncif j’ai toujours eu un sourire amusé.
Je reste persuadé que ceux qui se vautrent dans cette affirmation sont des gens qui n’ont pas compris le système ou qui n’ont pas eu la chance d’avoir un environnement familial adéquat et qui sont aigris comme je le suis aujourd’hui. Oui, déjà, à même pas 30 ans.

L’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue.

Un boulot où on est payé 300K€ par an est nécessairement un boulot où il faut s’agiter du bocal donc un boulot  gratifiant en termes intellectuels.Ici, on va m’avancer qu’un physicien fonctionnaire-chercheur, lui aussi, a un boulot stimulant pour la réflexion et ce pour un salaire médiocre. Mais ce n’est pas pour rien que de nombreux chercheurs partent dans le privé…

Et au-delà,
Un smicard gagne 1300 € par mois s’il est à 39h.
Loyer, pass Navigo, bouffe, gosses, frais divers, taxe d’hab,etc…  quess qui lui reste à la fin ?

Je parle du SMICARD parce que je sais bien que de nombreux lecteurs vont me fusiller et me dire de fermer ma gueule avec mes velléités.
Bah non, vous pouvez aller vous faire foutre.
Je refuse ce schéma facile du » ya toujours pire que soi ».

Quand j’étais gamin et que ma mère était encore vivante, on finissait souvent le mois avec des pâtes et des sardines. Arrivé chez mon oncle devenu mon « père », j’ai changé de vie.

Je refuse de me contenter de peu et d’en être heureux.
L’accident, le coma, les 9 mois à Garches m’ont mis de coté un an mais j’ai qu’une envie c’est revenir à la vie normale. Le pb c’est que je suis trop con pour comprendre comment sortir de mon existence vulgaire et insipide, comment faire un effort parfaitement légitime pour qui a de l’ambition (cf Nina), un effort qui soit utile pour être efficace et sortir de cette merde. Par où prendre cette putain de réalité scabreuse pour en faire un quotidien où je puisse me défoncer afin de faire mes preuves et à terme me lever le matin heureux de la journée que je vais passer au boulot.

Et ce n’est pas parce qu’il y a seulement une personne sur 100000 sur Terre qui arrive à faire ce qu’elle aime que je dois baisser les bras. La question essentielle c’est « où dois-je aller pour retrousser mes manches et porter le poids d’une fonction lourde mais motivante ». Voire d’une fonction qui puisse me donner en quelques années un boulot où je sois à 100% responsable de mes rendus,
invité à toujours faire mieux, y trouver une envie d’aller de l’avant….

« The only thing that kept me going was that I love what I did »
Cette phrase de Steve Jobs est en moi à jamais…
« Spéciale dédicace à la flaque où on nage où on se noie… »

Ce qui m’agace et qui contribue à mon aigritude et ma honte quotidienne, ce n’est pas le fait d’être sur le bord de la route c’est le fait d’avoir eu, à un moment donné, tous les tenants et aboutissants, c’est à dire tous les éléments pour comprendre ce système et ne pas avoir eu l’intelligence assez vive pour aller au bout de ses logiques tout rebelle que j’étais à ces schémas à mes yeux stériles alorsqu’en fait on y apprend plein de choses (auditer des comptes chez PrixMoulinàeauTonnelier, par exemple : pas glamour mais motivant car formateur…).

Quand je suis rentré à Sup de Co Reims on m’a fait miroiter 34K€ par an de salaire moyen brut, 41 au bout de 3 ans.
Je n’y croyais pas une seconde et je me disais que 24K€ brut serait déjà très bien pour commencer. Pourtant j’ai des copains qui ont été embauché à ce niveau de 34K€ pour des jobs où ils ont appris plein de choses.
Je prends l’exemple d’un camarade de cours. On va l’appeler Chacal. Un mec très intelligent, Chacal.
Après un apprentissage chez France Télécom qui lui a payé Sup de Co Reims, il est rentré consultant chez Iwaille et il
est maintenant chez Younailletide Technolodgizes où il affute ses savoir faire en matière de M&A.
De ses débuts à 33,5 K€ il y a 3 ans, il est maintenant à 47.
Et il apprend tous les jours d’un boulot qui exige de lui une reflexion quotidienne et une rigueur des plus humaines…
C’est mon idole, quoi.

J’ai fait la connerie de ne pas comprendre que le stage de 2A était hyper important et je m’en mords les doigts. Aujourd’hui,  ca fait un an que je cherche un boulot sans succès parce que je n’ai pas de savoir faire.
Là où Nina pouvait écrire et écrire pour maintenir et son style et son sens critique et ses capacités de synthèse, en un mot ses savoir faire acquis avec les études et l’experience, je n’ai rien trouvé pour me maintenir en éveil. De toute façons je n’avais pas de techniques et de compétences. Mes copains hurlent que c’est faux mais ils ne sont pas à ma place devant le sourire gêné du recruteur. Non, même pas gêné le sourire vu que je n’ai même pas le droit à un entretien. Le recruteur doit prendre 30s pour mater mon CV, se bidonner tout seul derrière son bureau ou soupirer en se disant qu’il perd son temps et passer au CV suivant.

J’en ai tellement marre de trainer chez moi que depuis 10 jours je me dis que je vais prendre le premier emploi au SMIC que je vais trouver. Mais encore faut-il le trouver.

Je suis perdu. Eperdu. Une demoiselle m’a dit : « Je viens de lire ton CV. Mais, qu’est-ce que tu fous au chomâge ? » C’est une très bonne question, Soledad. Une question qui appelle des réponses. « Ohéééé, les réponses ! »
Je ne sais pas où je dois aller,ce n’est pas que je ne sais pas ce que je veux c’est que je ne sais pas ce que je peux… Avec tous ces DRH qui m’envoient chier j’ai l’impression d’être un moins que rien. Alors quid…?

Choisir une voie et s’y tenir ?
Je veux bien.
Mais même en commençant au smic pour faire mes preuves, emmagasiner des savoir faire et assoir ma légitimité (le mot  clef à mes yeux) encore faut-il trouver qq’un qui me donne ma chance.

Me reinscrire à la fac pour être stagiaire ?

Une copine qui bosse dans un groupe de presse m’a dit que son assistante stagiaire avait passé un entretien avec la DRH, puis avec elle, puis avec son N+1.
3 entretiens…
Trois entretiens pour adouber une demoiselle qui va être exploitée pendant un stage, payée 330 € par mois sans même être sure d’emmagasiner de l’expérience et des compétences qu’elle pourrait faire valoir par la suite… Moralité de l’histoire ? Pas de morale dans l’histoire.

Pfff, allez autant finir en musique…
Je cherche un doute, un ton, une boite et son adequate dimension…