Je suis sexuée, t’as vu ?

Il est certaines choses qui, avec l’âge, nous amuse ou nous navre un peu. J’ai 30 ans, encore toute la vie devant moi, tant de choses à vivre. Pourtant, je commence à avoir de la bouteille et observer chez mes congénères des comportements que j’ai pu avoir dans le passé. Et là, telle une vieille conne, je secoue la tête en soupirant : tu crois que je ne comprends pas ton petit manège ?

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La vingtaine est souvent la décennie des expériences, de la découverte, on vit les yeux grands ouverts. Tel un enfant dans un magasin de jouets, on veut tout toucher, tout tester, tout sentir… Ok, ça démarre à l’adolescence mais là, c’est pas pareil, on est adultes, on est matures. Relativement certes mais chaque âge a l’immaturité du suivant. Ça veut rien dire, ma phrase précédente mais passons. Donc la vingtaine est un mélange d’adolescence et d’âge adulte où l’on se sent en droit de tout tester mais, surtout, il faut que ça se sache. Poussez-vous, laissez place aux woo vingtenaires ! (en référence aux woo girls).

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Twitter est un outil fascinant, je l’ai déjà dit. Ce qui m’interpelle, c’est le contenu que l’on y met, cette réclame permanente sur notre nous. Comme les status Facebook mais là, c’est en 140 caractères. Du slogan. On ne peut pas tout y dire, faut être concis et pertinent. On se construit un personnage en briques de 140 caractères. Si je lis ma propre timeline, c’est un mélange dense de râleries (beaucoup, surtout le matin quand j’attends le transilien qui ne vient pas), de photos de mon quotidien (fallait pas inventer les smartphones), de moments de vie, de tentatives de phrases percutantes que je rêverais dans la droite ligne d’un Desproges (mais certaines font beaucoup
plus Ruquier), de RT des liens ou sentences geniales des autres. Beaucoup de choses n’y apparaissent pas, notamment ma vie sexuelle. Parce que force est de constater que passer pour une petite dépravée aux yeux de mes followers ne m’intéresse juste pas. Le seul dont l’avis m’intéresse sur la question me pratique suffisamment dans le privé pour se faire son propre avis sur la question.
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Parce que le woo vingtenaire sexe. Il fait la fête aussi et veut que ça se sache mais surtout, il est sexué. Et il revendique sa liberté de fesses. Moi je veux bien sauf que quand la timeline tourne en boucle sur un « je suis libéré(e), je vais même te twitter de la photo de nichon », ça finit par interroger. Ca interroge d’autant plus que j’ai pu avoir ce comportement aux prémices de ce blog et que si j’avais eu Twitter à l’époque, je sais que j’en aurais fait autant donc la suite est à lire avec une moquerie tendre, un « moi aussi, j’en suis passée par là » de connasse. Mais trève de pommade, attaquons le vif du sujet.
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Comme le disait Epicure « pour vivre heureux, vivons cachés ». En prenant de l’âge, j’ai un peu compris le principe et je l’applique tant que faire se peut. Pourquoi ? Parce que raconter à une foule d’anonyme mes frasques n’a rien à voir avec les confidences entre amis, la narration d’expériences bête et méchante. Ce qui est rendu public ne l’est jamais par hasard. Depuis que j’ai arrêté de parler de sexe sur ce blog, j’ai vécu des choses. Beaucoup. Des qui auraient fait des articles délicieusement subversifs, des « non mais t’as vu comme je suis trop wild ». Mais je n’en ai pas écrit une ligne. Parce que je n’ai pas eu besoin d’en parler. Pas par honte ou par pudeur, non, juste que je n’en ai vu ni l’intérêt ni la nécessité. Même les choses importantes de ma vie privée, je les ai relativement tues. Les lecteurs attentifs auront noté que mon relatif silence sur ce blog devait être lié à ma vie amoureuse et ils n’ont pas tout à fait tort. Pas que mais un peu quand même. Parce qu’entre passer une soirée à écrire un article (bon, ok, je l’écris pas en une soirée mon article, à peine 30 mn voire moins si je suis sérieuse) et la passer dans les bras de mon amoureux, je ne me pose même pas la question. Mes considérations publiques sur la vie peuvent attendre, les câlins non. Parallèlement à ça, je lis les twitts estampillés de façon limite revendicative « NSFW » (No Safe For Work, twitt de cul) et, comme qui dirait, je « lole ».

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Déjà, twitter une photo pseudo artistique (en noir et blanc) de nibards ou de sexes érigés ou écartés (selon si l’on parle d’homme ou de femme) n’a jamais fait de personne une bête de cul. Prime spéciale aux nanas qui font ça genre « huhu, je mets des photos de nichons sur Twitter (pas les siens, j’entends), je kiffe Angelina Jolie, je suis bisexuelle! ». Ma chérie, je vois hebdomadairement des seins et des chattes IRL donc si toi, tu te dis bi, à la même échelle, je suis super lesbienne… Oui bon, ok, il est vrai que je les vois dans le cadre  d’un vestiaire et qu’il s’agit pour la plupart de mes copines et que c’est pas excitant trente secondes mais les photos pseudo léchées de scènes lesbiennes qui me font penser aux posters d’hommes torse nus portant des bébés de mon adolescence, ça m’excite pas des masses non plus. Parce que ça fait niais. Et puis, il y a la redondance : « moi, je suis libre sexuellement ». Ok. Tu veux nous en parler ? Ah merde, oui. Nous avons droit à, en moyenne, 2 à 5 twitts par jour sur le sujet nous racontant la vie ou les fantasmes sexuels de la personne. La question est : « pourquoi ? ». C’est un peu comme si je me sentais obligée de twitter plusieurs fois par jour « je suis hors norme, j’ai 30 ans, je veux pas d’enfants et je t’emmerde ». Ou un « je refuse le diktat des talons, ça fait mal aux pieds ». Oui, c’est aussi une revendication contre les diktats de la société qui voudraient qu’une femme féminine soit talonnée. Je le dis une fois, ok, super ta vie. 3 fois, heu… ouais, super ta vie. Au bout de la 5e, la question coule d’elle-même : j’ai pas compris, tu cherches à convaincre qui ? Si tu étais si sûre de tes choix et de ta sexualité, tu nous inonderais pas avec, il me semble.

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Je dis ça parce que je sais. J’ai eu une  période wild cul, moi aussi. Et je trouvais ça trop cool de prouver à la terre entière que ouééééé, je suis libérée, je dis fuck à la société qui veut faire de moi une femme soumise à un homme. Au singulier. Je suis liiiiibre, j’ai des plans culs et même que je trouve Angelina Jolie baisable, ouéééé ! Bon, avec le recul, la Angelina, je trouve qu’elle commence à faire peur. Je sais pas si vous avez vu la bande-annonce de The tourist mais y a un truc qui cloche, peut-être trop, mais alors beaucoup trop, de maquillage. Peu importe. Sauf qu’aligner les amants et les déclarations sur le sex appeal d’Angelina Jolie (ou tout autre femme célèbre, on s’en fout) fait-il de moi une personne libérée des carcans de la société ? Pourquoi un tel ton revendicatif sur ce qu’il se passe dans mon pieu ? C’est pas un peu le cas classique de quitter un conformisme pour se vautrer dans un autre ? Du genre « ahah, je rejette totalement la société bourgeoise et son principe de fidélité et sexualité sale et du coup, je me sens limite obligée de le dire tout le
temps pour obéir au conformisme inverse ». Youhou…

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Apprends de la sage que je suis (et sache que dans quelques années, je m’auto-foutrai de ma gueule car à 40 ans, je me dirai que j’étais drôlement cruche à 30), mon enfant. La vraie liberté, c’est d’agir sans se justifier, sans revendiquer quoi que ce soit. La liberté de cul n’est intéressante que si elle est vécue dans la sérénité, dans la non obligation de quoi que ce soit. Tu vois, mon tout petit (je kiffe les tons maternalistes), aujourd’hui, je ne me sens obligée de rien. Si j’ai pas envie de cumuler les amants, je ne le fais pas. Si j’ai pas envie de coucher parce que ma libido hiberne, je ne le fais pas. Si j’ai pas envie de coucher avec une femme  juste pour scorer et me la jouer bi, je le fais pas. Si ça doit arriver, ça arrivera et si ça arrive, je vais pas non plus le crier sur tous les toits parce que, hé, on s’en fout ! Parce que la question, la vraie, derrière tout ça est « mais pourquoi tu couches ? » Ou plutôt pour qui. Si tu te rends compte qu’à un moment, tu fais les choses pour nourrir ton personnage, je pense qu’un petit retour en arrière s’impose. La vie est trop courte pour s’imposer un modèle quel qu’il soit. Laisse-toi porter, tu verras bien ce qu’il se passe. Et merci de nous épargner le compte-rendu détaillé.

Le complexe de la sous-culture

Ceux qui me lisent depuis la naissance de ce blog auront peut-être noté une légère évolution sur un point. Non la disparition de mes récits sexuels, je parle de culture. Voyez pas ? Simple : je suis officiellement décomplexée de la sous-culture. En somme je n’ai aucune honte à dire que j’écoute de la musique hypra formatée, à lire du Guillaume Musso dans la rue, même si je trouve ça très mauvais, et
je suis très fière de voir les vingtenaires cités sur le blog des sitcomologues, je savais que mes nuits blanches devant AB ne seraient pas vaines. Je ne ressens aucune honte, non. Parce que, tout simplement, je n’ai rien à prouver à personne.

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Pendant longtemps, je n’ai mis en avant que ma haute culture, cachant le fait que j’étais une fan absolue de Sunset Beach par exemple. Alors qu’aujourd’hui, je revendique haut et fort le droit de mater des soaps, alors même que je ne peux plus en voir aucun pour cause de vie professionnelle. Même si on peut voir la plupart sur TF1 et France 2 replay. Mais j’ai pas trop le temps et surtout, je ne sais plus bien qui est qui et où on en est. Non c’est vrai quoi, par exemple, dans Amour, gloire et beauté, en ce moment, Taylor, elle est morte ou pas ? Oui, elle passe son temps à mourir pour de faux, c’est épuisant. Mais là n’est pas la question, je m’égare.

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Donc la sous-culture. Les gens qui se sentent toujours obligés de ne s’adonner qu’à la Culture avec un grand C et en parlant avec le nez froncé (alors même qu’ils ne se sentent plus péter, c’est curieux), ça me gonfle. Attention, je ne dis pas qu’on n’a pas le droit de ne pas aimer la sous-culture, je comprends aisément qu’on ne soit pas sensible à la musique d’une Lady Gaga ou d’une Rihanna, qu’on crève d’envie de jeter le bouquin de Musso par la fenêtre du TGV (ça, c’est moi), qu’on refuse l’idée d’aller voir un blockbuster au cinéma. La
question n’est pas là. Ce qui me gonfle, c’est qu’on refuse même de s’y pencher 5 mn. Non mais j’ai lu un Musso pour me faire une idée, merde (tu le sens mon gros traumatisme !). Ce n’est pas de la culture, c’est de la curiosité, c’est sain.

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Au dela de ça, je me demande toujours si cette posture d’hyper culture, en opposition à la sous-culture, n’est pas un réflexe pour cacher un complexe. Voyons un peu ça de près. Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dire « je ne sais pas » tant l’idée d’admettre de ne pas tout savoir me mettait mal  à l’aise. Elle ne sait pas, brûlez l’impie ! Aujourd’hui, je le dis sans complexe car je sais que je ne peux pas tout savoir et Dieu merci, je risquerais de me faire un peu chier le demi-siècle de vie qu’il me reste (selon l’espérance de vie moyenne, je
ne connais pas la date de ma mort). Je picore la culture selon mes lubies du moment. Par exemple, cette année, je prends des cours de bio marine au club de plongée, discipline à laquelle je ne connais rien à la base puisque la bio n’a jamais été ma tasse de thé. Mais même dans les disciplines qui me sont plus favorables, je ne peux pas avoir tout vu/tout lu. Et même si je deviens centenaire, ce sera toujours le cas. Ca frustre un peu d’y penser mais quand on envisage les millions et millions de livres écrits, impossible d’un jour tous les lire. C’est comme ça. Même les classiques, d’autant qu’il faudrait s’entendre déjà sur la définition de classique. Alors il est vrai qu’au vu du peu de temps qu’on a à consacrer à la Culture, je devrais un peu avoir honte de le consacrer à des merdes. Sauf que de un, j’aime bien les merdes (surtout si c’est un téléfilm avec un avion qui va pas bien) et de 2, mon cerveau est un muscle et parfois, il aime un peu se
reposer, lui aussi. Et y a des contextes qui se prêtent peu à la Culture comme lire « l’existentialisme est un humanisme » sur la plage, on comprend pas, on n’est pas concentrées. Bon et quand j’ai fait ça, j’avais 17 ans aussi et aucun cours de philo à mon actif.

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J’arrive à un âge où je me fous un peu de l’image qu’on peut avoir de moi, vu qu’elle fluctue d’une personne à l’autre selon ce que je dis ou fais. On peut me prendre pour la dernière des dindes car je suis hyper calée en sitcoms, je m’en fous. Surtout que sociologiquement parlant, les sitcoms, y a de quoi dire ! Mais peu importe. Ceux qui me connaissent savent que je suis une incurable curieuse qui va lire tout et n’importe quoi pour assouvir précisément cette curiosité, une pique assiette de la connaissance qui peut étudier un sujet
à fond car c’est sa nouvelle lubie et d’autres où elle restera en surface mais ne demandera qu’à en savoir plus si elle croise quelqu’un qui lui expliquera. Je ne truffe pas mes phrases de mots de plus de trois syllabes de façon systématique pour faire ma cultivée car ça alourdit le propos et la forme ne prime pas sur le fond, sauf sur chez les impressionnables. J’ai tendance à croire qu’il est plus simple de communiquer en ne décorant pas ses propos de termes pompeux et superfétatoires (oui mais celui là, je l’aime bien), allons à l’essentiel. J’ai du vocabulaire, merci de vous en préoccuper mais les mots rares et précieux, c’est comme une paire d’escarpin à 600 euros, tu vas pas les mettre tous les jours. Heu… Bon, ok, j’ai foiré ma métaphore. Surtout que ce n’est en rien un signe de grande culture, suffit de faire un tour sur vocsoutenu.net, on chope deux ou trois mots et hop, on passe pour du cultivé. Quand je vous dis que ça ne marche que sur les esprits impressionnables. Un peu comme ceux qui capturent la conversation pour l’amener sur les deux sujets qu’ils maîtrisent, passant pour de grands cultivés alors qu’ils flippent que la conversation glisse sur un terrain plus inconnu. Un peu comme dans cette scène de Friends où Joey, qui a acheté une encyclopédie, veut parler du Vietnam mais ses amis partent sur l’Indochine et il est largué.

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J’ai des références, moi, monsieur.

Illusions et Réalité

Par Lucas

Suite et fin de mes pensées stériles amorcées il y a quelques années et dont le dernier épisode était Donner un sens à sa vie. Promis, j’arrête de vous saouler avec ce sujet mais j’ai besoin de croire que des gens sont comme moi. Merci de jouer les bons samaritains ou de m’envoyer chier honnêtement, ami(e)s lecteurs (trices)

Ce soir je suis allé avec mes parents chez mon p’tit frère, 23 ans, en 4ème année de médecine, installé en coloc à Paname dans un immeuble de 32 étages pas loin de Montparnasse avec piscine tout en haut : le truc bien sympa. Financé par le paternel…  (bah oui c’est pas avec ses gardes à l’hosto que mon breuzeur va payer ça)

On en est venu à discuter de l’existence et je dois dire que ça m’a permis d’assoir une réalité : je suis à des années lumière d’avoir compris comment marche la vie.


Mon père a parlé de copains à lui qui prennent 1500€ l’opération de la rétine, d’autres qui sont  à 300 € la consultation en cabinet. Il a évoqué la fille d’un de ses amis, (Dauphine, 2007), qui, à mon âge, quasi 30 ans, gagne déjà 80000€ par an dans une SSII. Ou le fils de son meilleur ami (HEC, 1995) qui après une dizaine d’années chez Estin & Co a voulu calmer le jeu, bosser moins, profiter de ses gosses et qui, de fait, ne gagne « que 300K€ » (trois cent mille) par an. Voire sa petite soeur qui après Normale Sup a enseigné quelques années avant d’être embauchée par une maison d’édition de DVD à un salaire loin, trèèèèès loin du professorat…
Et ce discours toute la soirée.
Et ce discours toutes les soirées, plutôt

Car ce discours on me le sert depuis que je suis arrivé chez mes parents à l’age de 11 ans.
Car les exemples sont légion de personnes qui ont eu des trajectoires comme celle là dans leur environnement amical.
Alors j’avoue,

Je suis perdu.

Ces parcours sont peut-être le fait d’individus brillants mais en bossant comme un chien on peut arriver à de grandes choses.
L’argent ne fait pas le bonheur?
Face à ce poncif j’ai toujours eu un sourire amusé.
Je reste persuadé que ceux qui se vautrent dans cette affirmation sont des gens qui n’ont pas compris le système ou qui n’ont pas eu la chance d’avoir un environnement familial adéquat et qui sont aigris comme je le suis aujourd’hui. Oui, déjà, à même pas 30 ans.

L’argent ne fait pas le bonheur mais il y contribue.

Un boulot où on est payé 300K€ par an est nécessairement un boulot où il faut s’agiter du bocal donc un boulot  gratifiant en termes intellectuels.Ici, on va m’avancer qu’un physicien fonctionnaire-chercheur, lui aussi, a un boulot stimulant pour la réflexion et ce pour un salaire médiocre. Mais ce n’est pas pour rien que de nombreux chercheurs partent dans le privé…

Et au-delà,
Un smicard gagne 1300 € par mois s’il est à 39h.
Loyer, pass Navigo, bouffe, gosses, frais divers, taxe d’hab,etc…  quess qui lui reste à la fin ?

Je parle du SMICARD parce que je sais bien que de nombreux lecteurs vont me fusiller et me dire de fermer ma gueule avec mes velléités.
Bah non, vous pouvez aller vous faire foutre.
Je refuse ce schéma facile du » ya toujours pire que soi ».

Quand j’étais gamin et que ma mère était encore vivante, on finissait souvent le mois avec des pâtes et des sardines. Arrivé chez mon oncle devenu mon « père », j’ai changé de vie.

Je refuse de me contenter de peu et d’en être heureux.
L’accident, le coma, les 9 mois à Garches m’ont mis de coté un an mais j’ai qu’une envie c’est revenir à la vie normale. Le pb c’est que je suis trop con pour comprendre comment sortir de mon existence vulgaire et insipide, comment faire un effort parfaitement légitime pour qui a de l’ambition (cf Nina), un effort qui soit utile pour être efficace et sortir de cette merde. Par où prendre cette putain de réalité scabreuse pour en faire un quotidien où je puisse me défoncer afin de faire mes preuves et à terme me lever le matin heureux de la journée que je vais passer au boulot.

Et ce n’est pas parce qu’il y a seulement une personne sur 100000 sur Terre qui arrive à faire ce qu’elle aime que je dois baisser les bras. La question essentielle c’est « où dois-je aller pour retrousser mes manches et porter le poids d’une fonction lourde mais motivante ». Voire d’une fonction qui puisse me donner en quelques années un boulot où je sois à 100% responsable de mes rendus,
invité à toujours faire mieux, y trouver une envie d’aller de l’avant….

« The only thing that kept me going was that I love what I did »
Cette phrase de Steve Jobs est en moi à jamais…
« Spéciale dédicace à la flaque où on nage où on se noie… »

Ce qui m’agace et qui contribue à mon aigritude et ma honte quotidienne, ce n’est pas le fait d’être sur le bord de la route c’est le fait d’avoir eu, à un moment donné, tous les tenants et aboutissants, c’est à dire tous les éléments pour comprendre ce système et ne pas avoir eu l’intelligence assez vive pour aller au bout de ses logiques tout rebelle que j’étais à ces schémas à mes yeux stériles alorsqu’en fait on y apprend plein de choses (auditer des comptes chez PrixMoulinàeauTonnelier, par exemple : pas glamour mais motivant car formateur…).

Quand je suis rentré à Sup de Co Reims on m’a fait miroiter 34K€ par an de salaire moyen brut, 41 au bout de 3 ans.
Je n’y croyais pas une seconde et je me disais que 24K€ brut serait déjà très bien pour commencer. Pourtant j’ai des copains qui ont été embauché à ce niveau de 34K€ pour des jobs où ils ont appris plein de choses.
Je prends l’exemple d’un camarade de cours. On va l’appeler Chacal. Un mec très intelligent, Chacal.
Après un apprentissage chez France Télécom qui lui a payé Sup de Co Reims, il est rentré consultant chez Iwaille et il
est maintenant chez Younailletide Technolodgizes où il affute ses savoir faire en matière de M&A.
De ses débuts à 33,5 K€ il y a 3 ans, il est maintenant à 47.
Et il apprend tous les jours d’un boulot qui exige de lui une reflexion quotidienne et une rigueur des plus humaines…
C’est mon idole, quoi.

J’ai fait la connerie de ne pas comprendre que le stage de 2A était hyper important et je m’en mords les doigts. Aujourd’hui,  ca fait un an que je cherche un boulot sans succès parce que je n’ai pas de savoir faire.
Là où Nina pouvait écrire et écrire pour maintenir et son style et son sens critique et ses capacités de synthèse, en un mot ses savoir faire acquis avec les études et l’experience, je n’ai rien trouvé pour me maintenir en éveil. De toute façons je n’avais pas de techniques et de compétences. Mes copains hurlent que c’est faux mais ils ne sont pas à ma place devant le sourire gêné du recruteur. Non, même pas gêné le sourire vu que je n’ai même pas le droit à un entretien. Le recruteur doit prendre 30s pour mater mon CV, se bidonner tout seul derrière son bureau ou soupirer en se disant qu’il perd son temps et passer au CV suivant.

J’en ai tellement marre de trainer chez moi que depuis 10 jours je me dis que je vais prendre le premier emploi au SMIC que je vais trouver. Mais encore faut-il le trouver.

Je suis perdu. Eperdu. Une demoiselle m’a dit : « Je viens de lire ton CV. Mais, qu’est-ce que tu fous au chomâge ? » C’est une très bonne question, Soledad. Une question qui appelle des réponses. « Ohéééé, les réponses ! »
Je ne sais pas où je dois aller,ce n’est pas que je ne sais pas ce que je veux c’est que je ne sais pas ce que je peux… Avec tous ces DRH qui m’envoient chier j’ai l’impression d’être un moins que rien. Alors quid…?

Choisir une voie et s’y tenir ?
Je veux bien.
Mais même en commençant au smic pour faire mes preuves, emmagasiner des savoir faire et assoir ma légitimité (le mot  clef à mes yeux) encore faut-il trouver qq’un qui me donne ma chance.

Me reinscrire à la fac pour être stagiaire ?

Une copine qui bosse dans un groupe de presse m’a dit que son assistante stagiaire avait passé un entretien avec la DRH, puis avec elle, puis avec son N+1.
3 entretiens…
Trois entretiens pour adouber une demoiselle qui va être exploitée pendant un stage, payée 330 € par mois sans même être sure d’emmagasiner de l’expérience et des compétences qu’elle pourrait faire valoir par la suite… Moralité de l’histoire ? Pas de morale dans l’histoire.

Pfff, allez autant finir en musique…
Je cherche un doute, un ton, une boite et son adequate dimension…

Mais comment ça se fait que tu sois encore célibataire ?

Il y a une phrase qu’on entend souvent lorsque nous sommes célibataires « je ne comprends pas pourquoi tu es célibataire ». Ce qui constitue en soi un compliment, ça sous entend que nous avons toutes les cartes en main pour trouver une moitié mais tant de condescendance… Ca fait grincer les dents.



Le célibat n’est ni une maladie ni une tare, à priori, mais socialement, ce n’est pas si bien admis que ça, apparemment. Les gens ne conçoivent pas que le célibat peut aussi être un choix et non une croix à porter. Pourquoi suis-je célibataire ? As-tu seulement envisagé que c’était un choix personnel ? Dois-je forcément dire nous pour que tu arrêtes de te préoccuper de mon sort ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et pourquoi il y aurait une raison précise, pour commencer ?


Parfois, je regarde des émissions comme Confessions Intimes. J’en ai honte. Autant j’assume mon visionnage de pas mal d’émissions merdiques, autant ce genre de programme me rend malade à regarder, je me trouve aussi déplacée que les gens qui regardent un accident en espérant voir du sang. Parce qu’au fond, c’est pareil : des couples qui ne s’aiment plus se battent devant les caméras, s’insultent mais nous expliquent qu’ils restent ensemble par amour (au moins oui) ou pour les enfants. Je ne suis pas sûre que voir ses parents s’insulter soit une bonne chose pour un enfant mais je ne suis pas pédopsy, peut-être ai-je tort. Alors, forcément, quand je vois ça, ça calme un peu mes envies de couple à tout prix.




Evidemment que parfois, on a envie de bras compatissants après une dure journée, de juste dormir avec quelqu’un sans être obligée de passer à la casserole, de faire des projets à deux… Mais je ne suis pas prête à le faire à n’importe quel prix. Sans vouloir péter plus haut que mon cul, je me sais jolie, drôle et j’ai une bonne situation, je ne vais pas me jeter au cou du premier qui dit oui juste pour ne plus être la célibataire de service.


Je peux aussi des donner des réponses au pourquoi. Outre le fait que je n’ai pas envie de m’engager avec n’importe qui (comme la plupart des gens, je n’enfonce qu’une porte ouverte), pour trouver quelqu’un, faut faire des rencontres et y a des moments où c’est pas facile, facile. Je commence un nouveau boulot, je ne sors jamais avant 19h30-20h et après, j’ai juste envie de rentrer me coucher. Oui, j’ai pas eu de vacances depuis Noël (dans une merveilleuse ambiance où j’ai passé mon temps à courir les magasins et à consoler ma mère qui pleurait souvent), je suis physiquement à bout. Je perds littéralement la tête, je tape mon code de carte bleue sur mon digicode, je me retrouve dans le métro sans me souvenir d’avoir pris le train… Heureusement, les vacances arrivent. Mais voilà, je n’ai ni le temps ni envie de chercher pour le moment.



Mais au fond, peu importe les pourquoi et les parce que. Répondre au pourquoi serait se justifier alors que je n’ai à me justifier de rien. Je ne ressens pas la morsure de la solitude et je ne vois pas vraiment comment je pourrais vu que je suis très entourée par mes amis et mes amants. Célibataire, oui, seule, non. Autant j’ai mal vécu mon absence d’emploi qui me faisait sentir incomplète (« c’est quoi ta profession ? – Heu ben je n’en ai pas… – Ah… »). Mais là encore, travail et amour se rejoignent. On ne sait pas toujours pourquoi ça ne le fait pas malgré la qualité de notre profil. Quoi que si je continue dans la comparaison, peut-être qu’en amour comme dans le travail, j’ai peut-être pas focalisé sur le bon truc. J’ai par exemple longtemps cru que mon diplôme était un argument vente mais que je souffrais d’un manque de réseau alors qu’aujourd’hui, je me rends bien compte que mon diplôme ne m’a servi strictement à rien mais ça, j’y reviendrai ailleurs. Peut-être qu’en amour aussi, je me focalise peut-être trop sur un truc, pensant que c’est un atout ou un défaut et qu’en fait, non, ce n’est pas ça. Bien qu’il me semble avoir isolé un point intéressant à ce sujet et j’y reviendrai une autre fois.


Quoi qu’il en soit, j’ai décidé aujourd’hui de répondre n’importe quoi à cette question. Le prochain qui me pose la question, je me demande s’il n’entendra pas un « parce que je suis hermaphrodite et que j’ai aussi un pénis, ça en effraie plus d’un… ». Très distingué.

Je plaide coupable

La semaine dernière, j’ai regardé la télé sur une grande chaîne, ce qui devient de plus en plus rare. Du coup, je rate pas mal de publicités, ce qui n’est pas vraiment un mal en soi au vu de la qualité de ces dernières. Or l’autre soir, je suis tombée sur celle-ci de la société générale : « Cette année, Samia a déménagé 8 fois, obtenu 4 BTS… ». Bref, mise en scène d’une conseillère financière appelée Samia et là, j’ai eu cette pensée atroce : « Samia ? Ben bonjour le politiquement correct ». J’ai honte.



Entendons nous bien, je sais qu’il y a des Samia à la Société Générale, je le sais parce que j’en connais, ce n’est pas là que je situais le politiquement correct mais dans le fait de mettre une conseillère financière arabe dans une pub. J’ai lu il y a quelques temps Dieu seul sait où que la pub française restait beaucoup trop plus blanche que blanche. Faut dire que dès qu’ils intègrent des minorités, ça fait frémir. Vous vous souvenez des deux homos à l’accent marseillais (jamais compris pourquoi) pour la marque de lessive Omo ? Je suppose que les créas avaient pris quelque chose de très fort avant de faire cette association foireuse, passant directement des singes aux homos précieux et ridicules à l’accent improbable (mais pourquoi ?).  Pauvres minorités, qu’est-ce qu’on vous fait !


Et voici donc Samia, notre conseillère financière. Dans la série, il y en a d’autres genre Jérémy et Martine. Mais après m’être dit « bonjour le politiquement correct », j’ai eu honte. Parce que même si on peut se douter que chaque conseiller financier représente une identité en particulier (le jeune, l’arabe, la femme de 40-50 ans…), faut bien commencer quelque part. La pub nous présente trop de blancs bon teint hétérosexuels, si personne ni apporte une touche de couleurs, ce n’est pas prêt de changer. Or ici, notre Samia n’est que le cliché du conseiller financier sympa (ouais et bien ça dépend lesquels…) qui travaille dur (même remarque) mais en aucun cas le cliché d’une Arabe qui aurait réussi. On connaît son prénom mais de son « arabité », si j’ose dire, rien de plus. Alors oui, c’est certainement une part de politiquement correct mais au lieu de râler, je ferais mieux de m’en réjouir.



C’est là qu’on constate qu’en France, on a un souci avec nos minorités. Pas un souci genre « les minorités visibles, elles cassent tout, elles servent à rien, c’est que des délinquantes », non, non. Comme je dis toujours, si les cons étaient d’une couleur particulière, ça se saurait. Mais voilà, on ne sait pas comment en parler, finalement, on craint toujours de tomber dans le racisme . Prenons par exemple une blague intégrant un Arabe, si celui qui raconte la blague n’est pas Arabe lui-même, ça va tiquer. Alors que si elle est drôle,
autant partager. C’est un peu pareil avec l’homosexualité mais dans un degré drôlement moindre, l’homophobie découlant souvent d’un machisme est mieux acceptée que le racisme un peu latent. Même si parfois, on voit du racisme où il n’y en a pas mais le sujet est délicat, il est facile de sortir les sirènes du racisme à tort et à travers comme l’histoire de  l’agression dans le bus où certains y entendirent du racisme « anti blanc » (j’aime bien la précision, genre ce serait pas le même que l’anti noir… Soupirs).

Et pourtant, je suis la première à m’énerver quand on voit le mal où il n’est pas, à soupirer quand on souligne qu’Obama est noir et que grâce à ça, sa victoire est trop la plus belle chose au monde, c’est aussi bien que la chute du mur de Berlin (oui, je l’ai lu). On s’en fout qu’il soit noir, à l’arrivée, j’ai pas vu la face du monde changer depuis qu’il est là sauf que les Etats-Unis redécouvrent la joie d’avoir un Président populaire.  Et pourtant, j’ai beau m’énerver sur ce genre de choses, grincer des dents quand on me dit que la nomination des Rachida Dati, Rama Yade est avant tout politiquement correcte, finalement, je ne suis pas mieux que les autres. Et j’ai honte.

Merci la Société Générale de m’avoir ouvert les yeux. Ca me fait penser que je dois changer de banque, moi, tiens.

PS : Au fait, PinkLady m’a playmobilisé sur son blog aujourd’hui !