Je plaide coupable

La semaine dernière, j’ai regardé la télé sur une grande chaîne, ce qui devient de plus en plus rare. Du coup, je rate pas mal de publicités, ce qui n’est pas vraiment un mal en soi au vu de la qualité de ces dernières. Or l’autre soir, je suis tombée sur celle-ci de la société générale : « Cette année, Samia a déménagé 8 fois, obtenu 4 BTS… ». Bref, mise en scène d’une conseillère financière appelée Samia et là, j’ai eu cette pensée atroce : « Samia ? Ben bonjour le politiquement correct ». J’ai honte.



Entendons nous bien, je sais qu’il y a des Samia à la Société Générale, je le sais parce que j’en connais, ce n’est pas là que je situais le politiquement correct mais dans le fait de mettre une conseillère financière arabe dans une pub. J’ai lu il y a quelques temps Dieu seul sait où que la pub française restait beaucoup trop plus blanche que blanche. Faut dire que dès qu’ils intègrent des minorités, ça fait frémir. Vous vous souvenez des deux homos à l’accent marseillais (jamais compris pourquoi) pour la marque de lessive Omo ? Je suppose que les créas avaient pris quelque chose de très fort avant de faire cette association foireuse, passant directement des singes aux homos précieux et ridicules à l’accent improbable (mais pourquoi ?).  Pauvres minorités, qu’est-ce qu’on vous fait !


Et voici donc Samia, notre conseillère financière. Dans la série, il y en a d’autres genre Jérémy et Martine. Mais après m’être dit « bonjour le politiquement correct », j’ai eu honte. Parce que même si on peut se douter que chaque conseiller financier représente une identité en particulier (le jeune, l’arabe, la femme de 40-50 ans…), faut bien commencer quelque part. La pub nous présente trop de blancs bon teint hétérosexuels, si personne ni apporte une touche de couleurs, ce n’est pas prêt de changer. Or ici, notre Samia n’est que le cliché du conseiller financier sympa (ouais et bien ça dépend lesquels…) qui travaille dur (même remarque) mais en aucun cas le cliché d’une Arabe qui aurait réussi. On connaît son prénom mais de son « arabité », si j’ose dire, rien de plus. Alors oui, c’est certainement une part de politiquement correct mais au lieu de râler, je ferais mieux de m’en réjouir.



C’est là qu’on constate qu’en France, on a un souci avec nos minorités. Pas un souci genre « les minorités visibles, elles cassent tout, elles servent à rien, c’est que des délinquantes », non, non. Comme je dis toujours, si les cons étaient d’une couleur particulière, ça se saurait. Mais voilà, on ne sait pas comment en parler, finalement, on craint toujours de tomber dans le racisme . Prenons par exemple une blague intégrant un Arabe, si celui qui raconte la blague n’est pas Arabe lui-même, ça va tiquer. Alors que si elle est drôle,
autant partager. C’est un peu pareil avec l’homosexualité mais dans un degré drôlement moindre, l’homophobie découlant souvent d’un machisme est mieux acceptée que le racisme un peu latent. Même si parfois, on voit du racisme où il n’y en a pas mais le sujet est délicat, il est facile de sortir les sirènes du racisme à tort et à travers comme l’histoire de  l’agression dans le bus où certains y entendirent du racisme « anti blanc » (j’aime bien la précision, genre ce serait pas le même que l’anti noir… Soupirs).

Et pourtant, je suis la première à m’énerver quand on voit le mal où il n’est pas, à soupirer quand on souligne qu’Obama est noir et que grâce à ça, sa victoire est trop la plus belle chose au monde, c’est aussi bien que la chute du mur de Berlin (oui, je l’ai lu). On s’en fout qu’il soit noir, à l’arrivée, j’ai pas vu la face du monde changer depuis qu’il est là sauf que les Etats-Unis redécouvrent la joie d’avoir un Président populaire.  Et pourtant, j’ai beau m’énerver sur ce genre de choses, grincer des dents quand on me dit que la nomination des Rachida Dati, Rama Yade est avant tout politiquement correcte, finalement, je ne suis pas mieux que les autres. Et j’ai honte.

Merci la Société Générale de m’avoir ouvert les yeux. Ca me fait penser que je dois changer de banque, moi, tiens.

PS : Au fait, PinkLady m’a playmobilisé sur son blog aujourd’hui !


 

La banque à qui parler… si elle écoute

Je disais donc hier que je quittais le Crédit Mutuel, bye bye baby, sans regrets. De toute façon, il paraît acquis que je vais vivre sur Paris encore quelques années donc il était plus que temps d’avoir une banque ici. Allez, je saute le pas, wouuuuuh !

Problème n°1 : choisir sa banque. Globalement, on dira que pour un compte courant et quelques comptes épargne basique, les offres sont peu ou prou correspondantes : tu paies un service dans la banque A que t’auras gratos dans la B mais dans la B, tu paieras un truc qui n’est pas facturé chez A, etc. De toute façon, je suis jeune active, je n’ai pas un salaire mirobolant (à mon grand désespoir), je ne boursicote pas donc je les intéresse moyen, les conseillers financiers, je ne suis pas une cliente qui fait briller leurs yeux. Je pourrais leur dire que le jour où ma grand-mère mourra, je serai archi pétée de tune mais je n’aime pas spéculer sur le sujet, j’ai peur que ça porte la poisse.

En tant que consommatrice lambda, je devrais donc faire confiance aux pubs. Sauf que dans la catégorie pubs, celles pour les banques me font franchement hurler. Entre la LCL avec des célébrités qui ont dû être payées l’équivalent de mon salaire annuel pour dire « ah ouais, très heureux ! » alors que les guichetiers vacataires sont payés au SMIC, la CIC qui prend les gens pour des cons (mais la CIC est une filière du Crédit Mutuel donc non, je boude), le Crédit Agricole et ses conseillers financiers qui font du playback devant leurs
clients extatiques… Non mais si c’est pas de la pub mensongère, ça ! Je n’ai jamais été extatique devant un conseiller financier, moi.


Bref, je trouve les publicités pour les banques globalement calamiteuses, à part peut-être la Banque populaire mais c’est parce que la musique me plaît bien. Bon, faut dire ce qui est, les conseillers financiers ne font jamais rêver, non, jamais. Dans les films érotico-pornos, par exemple, ce ne sont jamais eux qui montrent leur grosse quéquette à la dame émoustillée alors que franchement, le scénar serait super facile : « Oh, monsieur, j’ai un découvert que j’ai du mal à combler, comment faiiiiiiiire ? », « je suggère un paiement en nature, je peux même vous donner mon liquide ». Peut-être à cause des parois en verre, pas très discret pour une levrette sur bureau, je ne sais pas. Du coup, dans la pub, on nous montre un jovial conseiller financier limite puceau ou une gentille conseillère très maternelle qui se passionnent pour notre vie, notre cas. C’est cela oui. Je suis à peu près persuadée que ma conseillère financière ne connaît même pas mon prénom. Bon, je vais pas lui jeter la pierre non plus, les conseillers financiers ont en général plusieurs centaines de clients à gérer, faut pas leur demander la lune non plus. Et puis franchement, moi, je m’en fous du conseiller, je joue pas en bourse. Je veux juste avoir accès aux services de base sans que ça prenne des plombes.

Alors après un sondage parmi mon lectorat, j’ai pris ma décision, je serai désormais à la Société Générale. Dès que mon salaire est tombé et mon loyer parti, je prends rendez-vous.

Publicité mensongère… ou pas.

Bon, c’est dimanche, je fais du léger parce que je sais que tu as fait la fête, hier, parce que c’était férié. Moi, un jour férié un samedi, je trouve que c’est un crime. Mais bon, le calendrier est ainsi fait… Mais tu l’as deviné, lecteur, tu me connais, c’est pas du tout le sujet du jour. D’ailleurs, ça n’a rien à voir avec le titre. Je vais donc te parler de publicité.

J’adore la pub. Enfin, les bonnes pubs. La publicité, c’est comme le vin, il y a des grands crus et de la piquette. Dans la piquette, je mettrais toutes les pubs pour les banques. Non mais sans déconner, quand je les vois, je n’ai envie d’aller chez aucune. Entre l’hystérique du Crédit Mutuel qui case ses 4 gosses dans sa R5 et qui adopte un St Bernard, les célébrités qui se font de l’argent facile à la Poste (banque postale, maintenant) ou pire au LCL où leur rôle consiste à hocher la tête, le CIC qui prend les gens (enfin, la banque d’en face) pour des cons, la société générale et son pouce, le crédit agricole et ses conseillers financiers qui chantent… D’ailleurs, j’adore, la dernière, le conseiller financier chante « sur la route de Memphis » pour convaincre ses clients de prendre un crédit… Cool, quand on sait que dans la chanson, Eddy Mitchell prend cette route pour aller en prison, ça laisse rêveur. Mais bon, je vais pas démonter toutes les pubs, je l’ai déjà fait sur le blog.

Non, je vais parler de pub en tant que métier, discipline, voire art. Bon, je tape sur les publicistes mais c’est pas toujours leur faute, faut respecter les desideratas des marques. Ma sœur qui travaille dans le marketing m’en parlait l’autre soir. En fait, elle a changé de service et elle n’est pas super en phase avec ses collègues qui admirent surtout le côté artistique de la chose alors qu’elle, elle ne voit que les chiffres. En effet, certaines marques veulent avant tout faire de la pub pour une image, avant de voir la rentabilité. Par exemple, EDF
avant la privatisation. On n’avait pas le choix, on ne pouvait aller que chez eux mais ils nous vantaient le côté écologique de leur entreprise et tout. Bien joué, ceci étant dit, vu que toutes les pubs nous parlent d’écologie, même HSBC qui est une banque et qui nous montre des éoliennes. Moi, c’est vrai, une éolienne, ça me donne follement envie d’ouvrir un PEA. Bref, certaines pubs sont un échec sur le plan commercial mais un succès sur le plan de la notoriété et de l’image.

Parce que la pub, c’est difficile. Vous avez par exemple des pubs nulles qui vous sortent par les yeux mais vous retenez le nom du produit comme javel dose « JAVEL DIRE A TOUT LE MONDE ! ». Oui, le javel, faut pas le sniffer, la dame nous l’a bien montré. Par contre, il y a des pubs topissimes que tout le monde connaît, de vrais petits courts-métrages mais on sait pas pourquoi c’est. Par exemple les voitures. Y a de bonnes pubs pour les voitures mais moi, je retiens jamais la marque. Ceci étant, je ne veux pas en acheter, ça explique peut-être. Ceci étant, si j’étais attentive à ce genre de trucs, le jour où je devrais acheter une voiture, peut-être que j’achèterais une marque plutôt qu’une autre grâce à la pub et, là, oui, l’image de la marque est importante. Non parce que j’achète pas une voiture tous les jours, quand même.

Des fois, je me demande si je suis réellement sensible à la pub. Prenons par exemple les pubs Ikea. Autant j’adore les pubs, autant Ikea, j’ai souvent été déçue. Je me souviens, quand j’ai emménagé dans mon premier appartement en 1998, mes parents et moi avions acheté deux meubles chez Ikea. Le premier : un meuble de salle de bain à glisser sous le lavabo. Résultat : il fallait fermer les deux portes en même temps, sinon, elles se chevauchaient. J’ai aussi acheté un petit meuble de bureau avec un truc avec dossier suspendu. Résultat : dès que je voulais ouvrir le tiroir à dossier, la façade me restait dans la main et, de toute façon, il fermait pas car y avait pas assez d’espace pour le haut des dossiers. Bref, une pure catastrophe. Mais la plupart des meubles en kit déconnent sans parler des modes d’emploi, tu mets deux heures à comprendre. Je me souviens des montages de meuble chez Guillaume 2, on a fini par
s’engueuler copieusement. Oui, ce genre de trucs, c’est plutôt conseillé de les monter seuls comme ça, la seule personne qu’on insulte, c’est soi même. Mais je m’éloigne. Donc y a des pubs que j’aime mais qui me feront pas acheter les produits. Genre la pub d’Angel, la photo des magazines est splendide, la bouteille est très jolie. Mais je trouve que ça pue. Et je suis pas la seule : quand nous étions en phase de séduction avec Alexandre, à un moment, il me demande quel est mon parfum car il avait peur que ce soit ça. Non, moi, je mets Promesse, un parfum vanté dans la presse par Laetitia Casta qui ne me fait pas rêver comme nana mais ça sent bon. Ceci étant, j’ai découvert ce parfum grâce aux pages parfumées d’un mag donc là, la pub a bien marché. D’ailleurs, j’aime bien ça, les pages parfumées car mon magazine sent bon après (enfin, ça dépend du parfum…).

Bref, quand je regarde ma consommation de produits, je me rends compte que je peux être sensible aux pubs mais pas tant que ça, je les vois plus comme une information sur un produit existant. Par exemple, la pub pour les petites bouteilles « Vie » de Knorr sont pourries et m’énervent mais j’achète le produit, tout comme les actimel (pub archi nulles) ou les Activia (pour ranger le désordre à l’intérieur de moi). Par contre, les pubs qui m’horripilent, je suis foutue de boycotter le produit juste parce que ça m’énerve.

Des fois, je me dis que ça m’aurait amusé de bosser dans la pub, j’ai l’art de la formule à la con. Genre, l’autre jour, j’ai sorti un truc pour un produit genre Lastminute pour partir en voyage : « lundi trempé jusqu’au os, vendredi les pieds dans l’eau ». Bon, en fait, au départ, c’était pour illustrer ma propre situation : le mercredi les pieds dans l’eau en Méditerrannée, le jeudi sous la pluie à Paris. Ou le fameux topitampon qui a fait ma réputation. Et là, si tu es rédacteur en chef de Libé, tu m’envoies un mail pour m’embaucher parce que tu vois, je suis la pro des formules choc qui font la marque de ton journal. Même si ton journal est au bord de la faillite, je serai ravie de bosser pour toi