Le mythe de l’entrepreneuriat

Ca m’agace tellement que je sais même pas l’écrire correctement, entrepreneuriat, je m’y reprends toujours à plusieurs fois.

les joyeux entrepreneurs

Si vous avez ouvert un journal récemment, vous aurez noté qu’on n’est pas vraiment dans une florissante période de plein emploi. Enfin, je dis “récemment” mais ça n’a rien d’une nouveauté, hein ! Je me souviens de mes jeunes années, quand j’ai végété un an au chômage sans comprendre ce qui m’arrivait parce que j’avais des diplômes, c’était pas normal… Alors que je manquais d’air, des gens bien intentionnés venaient gentiment me prodiguer des conseils parfois un peu à côté de la plaque notamment celui de voler de mes propres ailes : n’attends pas qu’un patron t’appelle, deviens ton propre patron !

patronne

Ah, la fable d’être son propre patron. Baladez vous un peu sur Internet et découvrez tous ces blogs qui vous donnent des astuces pour devenir riche et bosser tranquille au bord d’une piscine à l’autre bout du monde. Ah oui, je m’imagine bien ! Prendre l’avion d’Auckland à Tokyo, ouvrir mon petit laptop le soir à l’hôtel pour gérer mon petit taf, écrire un article, animer une page ou deux sur les réseaux sociaux, booster vite fait mon SEO pour mes blogs où j’ai mis un peu de pub et bim, jackpot ! Bien, ça, c’est fait, je vais prendre une douche et partir à l’assaut de la ville, yeah ! Alors, oui, certains arrivent sans doute à vivre ainsi mais combien, sérieusement ?

Moi, je mets toujours mon plus beau maillot pour travailler avec mon laptop en bord de piscine

Etre son propre patron fait évidemment rêver. Parfois, je me pique d’imaginer ma vie à vivre à mon propre compte, en étant pigiste : je pourrais bosser le matin, faire du sport l’après-midi quand je sais que je bosse naturellement au ralenti, m’y remettre un peu le soir. Un colis qui doit arriver chez moi, un plombier doit passer pour réparer une fuite ? Pas de soucis, pas besoin de prendre un RTT : je bosse de chez moi, ahah ! Bon, évidemment, chaque vacance peut me coûter de l’argent mais quel léger inconvénient pour tant d’avantages. Et si un jour, je daigne me reproduire, pas de soucis : le petit passe la journée chez la nounou ou à la crèche, je peux l’amener et le récupérer sans soucis sans partir en courant de mon bureau ou m’angoisser car cette foutue réunion n’en finit pas et que je vais arriver en retard pour récupérer la prunelle de mes yeux. Et puis, en étant mon propre patron, pas d’angoisse de me faire virer, ahah !

Je suis mon propre patron donc je jette mes dossiers en l'air et je le vis bien

Mais tout ça est un mythe. D’abord, on va désamorcer très vite cette histoire de “pas de licenciement ahah” car ok, je vais pas m’auto licencier mais si le client n’est pas content, lui, par contre, il va se tourner vers un autre free et tant pis pour moi… Ce qui rend d’ailleurs l’histoire du travailleur-voyageur un peu bancale sur mon métier : quand tu es enfermé 12h dans un avion, difficile de répondre aux commentaires sur une page, prie pour qu’il n’y ait pas de crise. Je ne vais parler que pour mon cas mais sachez que les freelances dans le community management, ça pullule et faut se battre pour choper un client, voire deux. Et souvent, ça se termine “finalement, on a pris un alternant qui va le faire” ou “notre chargé de comm va s’en occuper aussi”. Légitime mais du coup, faut se battre encore et encore pour choper un client de plus. Reste les cours à donner, un bon moyen de gagner quelques sous mais là encore, les places sont chères.

Si vous vous ennuyez un peu, jouez à corriger les fautes !
Si vous vous ennuyez un peu, jouez à corriger les fautes !

Vous avez vos clients ? Cool, penchons nous maintenant sur l’épineuse question de votre statut. Ben oui, vous gagnez de l’argent, il faut le déclarer. Ok, solution 1 : l’auto entreprise. C’est facile, ça se crée en trois clics et me voici parti sur l’autoroute de l’emploi ! Oui… mais non en fait. C’est très facile à créer mais : il y a beaucoup de frais dont certains qui sortent un peu de nulle part, pas de TVA qui peut vous éliminer par rapport à une société dans un business B to B et je ne vous parle même pas de l’histoire de radiation. En gros : imaginons que vous avez une opportunité de freelance ou autre et que vous créez votre auto entreprise pour être dans la légalité. Imaginons que cette mission soit ponctuelle et que vous ne génériez plus de revenus, vous finissez par être radié. Bonne nouvelle, vous pouvez re créer une auto entreprise. Mauvaise nouvelle, vous devez attendre deux ans (enfin, vous ne pouvez la recréer ni l’année de la radiation ni la suivante). Tout à fait adapté à des gens qui s’en servent en complément de revenus, donc. Il existe tout un tas d’autres statuts si vous avez de plus grandes ambitions…  D’ailleurs, si vous voulez vraiment vous lancer, optez plutôt pour une entreprise individuelle.

L'enfer de toute entrepreneur : la paperasse
Raison n°1 pour pas me mettre à mon compte : la paperasse.

Mais surtout ce qui me dérange vraiment dans le mythe de l’entrepreneur, c’est la démission de l’Etat. Y a pas d’emploi, créez le, merci ! Alors dans l’absolu, pourquoi pas, il y a même des secteurs où tu es appelé à travailler très rapidement à ton compte mais ça me gêne que ce soit la seule solution proposée. Pour ma part, je n’ai pas envie de devenir entrepreneuse, j’aime l’idée d’avoir un salaire fixe à la fin du mois, de ne pas passer mes soirées et mes nuits au boulot parce que si je me chie sur un truc, c’est punition directe sans espoir de rattrapage, je n’ai pas envie de me rendre malade pour éventuellement choper un client à droite, à gauche. Quand je vois la dégringolade d’une amie s’étant lancée à son propre compte et qui a eu quelques pépins de santé, non, je dis non. Je n’ai pas envie de ça et c’est mon droit le plus absolu, le droit à la sécurité de l’emploi me paraît fondamental. Que ceux qui ont envie de se lancer le fassent en toute sérénité mais que ceux qui préfèrent confort et sécurité parce que le boulot, c’est pas toute leur vie puissent espérer un CDI…

Ci gît le CDI
Cette photo date de 2006… C’est « drôle », non ? (non, en fait)

Etat, c’est à toi de créer de l’emploi. Et éventuellement de simplifier tout le bousin administratif puisque tu comptes sur nous pour devenir notre propre patron, ne nous dégoûte pas dès les premières démarches.

Allégorie des démarches pour devenir entrepreneur

Et pour finir sur une note positive, la jolie histoire d’un entrepreneur qui a bien regretté son choix, ça changera des articles feel good sur le sujet qui ressemblent toujours tellement à une tentative de méthode Coué (ou arnaque pour vous vendre les secrets de la réussite)…

Dites cheeeese !

Parmi le personnel à embaucher à votre mariage, il en est un qu’il ne faut surtout pas négliger si vous voulez vous remémorer cette douce journée : le photographe.

Que celui qui n’a jamais entendu d’histoire à propos de photos de mariage ratées lève la main. Pour ma sœur, la photographe était géniale. Par contre, pour le mariage de Lena, on a eu droit à un mail « pitié envoyez les photos que vous avez prises » tant ils étaient déçus… Ah oui, d’accord…

La question est : comment choisir ? Rien ne vaut le bouche à oreille (en positif comme en négatif) mais pour peu que vous ne connaissiez pas de jeunes maries dans la région que vous avez choisi, bon courage !

Tapons « photographe mariage [ville] » et laissons nous noyer par le flot de réponses. Des photographes de mariage, il y en a plein, partout… Comment savoir lequel est compétent ? Parce que photographe, c’est un peu comme psychanalyste, tu peux t’installer sans diplôme. Et le mec peut avoir le dernier Reflex canon qui prend limite les photos tout seul, si t’as pas l’œil, tes photos restent merdiques. Et je ne te parle même pas des abus de filtres et montages en tout genre… La sobriété est une vertu trop souvent oubliée.

Alors voilà, choisir un photographe relève limite du défi, de la chance. Alors n’oublie pas : pour le plus beau jour de ta vie, convie quelques uns de tes amis avec leur appareil photo. Ou accessoirement demande moi le nom de la photographe de ma sœur qui taffe sur la région toulousaine et Paris. Elle fait aussi des photos de grossesse super.

Le Gamin de ma Nana

Par Lucas

Bon OK,  j’avoue.
Il y a 15 jours je comptais vous faire une bafouille « moi je « . Un truc mâtiné de vérités faciles et ternes, de clichés putrides et stériles… Tout ça parce que le 3 août j’ai passé la barre fatidique : mon âge commence maintenant par un 3 ! Sur ce sujet, Enzo nous avait gratifié d’un article bien sympa que vous trouverez sur cette page, et j’ai senti  venir l’article doublon. Sauf que moi j’aurais mis plein de phrases à la con ! Et des tas de conseils de vieux schnock ! Ouui, des conseils de vieux con à l’attention des jeunes vingtenaires nécessairement niaiseux car jeunes. Strange paradox : pour les romains l’adolescence allait jusqu’à 30 ans et aujourd’hui j’ai l’impression qu’un gamin de 10 ans est plus mature que moi quand j’en avais 16… Bon allez passons ; je préfère évoquer un autre sujet.

Comme vous le savez, depuis septeumbeur twenty ho eight, je suis diplômé. Bien sûr je n’ai pas attendu le papelard pour chercher un taff mais sans succès. Depuis avril 2008, je virevolte toute la journée sur les sites d’emploi, de l’ANPE à Candremploi en passant par UK Job et même la Craig List…  De fait, une fois que les annonces ont été sélectionnées, les lettres personnalisées écrites, les mails envoyés, je vais hurler un grand coup sur mon balcon et, avant d’aller courir pour oublier tout ça, je vais me balader sur d’autres pages, notamment les sites dits de rencontre. Je vous ai déjà parlé de Adopte Un Mec. J’y ai fait quelques séjours de 3 semaines, de ci de là, blasé à chaque fois par la médiocrité fulgurante des nanas (c’est bien simple : les plus mieux étaient happées/submergées par les mecs qui avaient un abonnement ou alors elles quittaient le site au bout de 3 jours ou bien c’était moi qui n’était pas à la hauteur,  hypeeeeeeer vexant…) Bref, l’épisode Adopte passé, un beau jour de juillet, sur FB, j’ai cliqué comme un benêt sur une pub pour AW qui proposait un mois gratuit histoire qu’on devienne accroc (et qu’un bot nous interpelle juste avant la fin de la période d’essai histoire qu’on prenne un abonnement…) D’ailleurs cette bande de nases fait comme Facebook : lorsque tu te désinscris, ton compte reste quand même et il faut envoyer une requête par mail pour que son profil soit viré. Ya vraiment des coups de pied au cul qui se perdent. Surtout quand on te prend pour un abruti en te faisant croire que ton profil doit être validé par les membres pour que tu sois accepté par la commiounity.

Bref…
Je râle, je râle,
Toujours est-il que j’ai rencontré un soir une nana IRL.
Petit diner sympa, on discute, ca colle bien, on rigole et les anges passent. De fait, on sort du resto, elle regarde sa montre et elle me propose de passer chez elle.
On vous l’a déjà fait le coup du dernier verre ??
Je précise qu’on avait parlé de plein de choses, elle m’avait posé des questions, j’en avais eues moi aussi. Je la savais divorcée ou séparée après une longue relation. J’aurais ptete dû aller plus loin…
On arrive à son étage, elle ouvre son verrou d’un coup sec, la porte s’ouvre en grand et là…

Un p’tit bou’d’chou de 4-5 ans galope vers nous avec sa baby sitter blasée « Rosalyn represent ». Arrêt net en voyant le Louka et là ça fuse, cinglant :
 « Téki !? »
Temps de réflexion : 1 seconde (et je vous promet : ca parait super long dans ces cas là une seconde)
Je me suis mis sur les genoux, gros sourire : « Salut moi c’est Lucas ! Chuis un copain de ta maman (regard vers la maman, un peu inquiète et qui s’attend au pire). Comment tu t’appelles ?
Oscar…Pfff, chuis trop jaloux, j’ai toujours rêvé d’m’appeler comme ça…. Et ton nounours ? Il a l’air trop sympa ! Mais non j’vais pas t’le piquer… »
En 5 minutes j’avais Oscar de mon coté (j’ai fait un DESS Management des Gnomes).
Encore dix minutes de jeux et il était couché (j’ai eu mention assez bien). Une demi-heure et il dormait.
En refermant la porte, sa maman m’a regardé avec un joli sourire. Et puis elle est venue me faire un bisou. Et puis…
Rideau.

Bon, dites-moi, ya combien de mères célibataires sur Paname ?
Ouep, de celles qui doivent tout assumer.
Le gamin à emmener à la crèche, puis quelques années plus tard à l’école, le boulot toute la journée, le gamin à récupérer à l’étude à 6h00, les courses à Monoprix, les lessives, l’éducation, la garde partagée, les vacances, prendre du temps pour soi et être là pour son gosse, bosser assez pour elle et son gamin mais être suffisamment là pour lui…

Le Monde et des magazines dans le genre nouvel obs (sans majuscule parce que ce torchon m’agace) avaient surfé il y a quelques années sur les familles recomposées, style un papa, une maman, la quarantaine et 2 gosses chacun : deux monoparents dans leurs vies qui se rencontrent un beau jour (ou peut-être une nuiiiiiiiiiit) et ensuite tout le monde vit ensemble. Céboooooooooo.

Mais là c’est pas pareil.
C’est notre génération.
D’un coté il y a un célibataire, de l’autre une jeune maman.
Pourquoi Sabrina ne m’avait rien dit au resto ?
Le gamin est-il un repoussoir aux yeux des mecs ?
Avait-elle peur de ma réaction ?
Elle a éludé quand je lui ai posé les questions…
Bon perso, je n’aurais JAMAIS présenté un coup d’un soir à mon gamin. Chais pas s’qu’il lui a pris (mais je suis peut-être un peu old school. Si un gamin est habitué à voir sa mère virevolter de mecs en mecs, faut-il y voir la déréliction de la société et doit-on conclure qu’il va reproduire le schéma ? )

J’ai l’impression que pour notre génération ca va devenir commun les couples avec enfant d’un premier mariage. La sœur d’un ami vit avec un kiné qui est papa depuis longtemps, il est des Vingtenaires qui pourront nous en dire autant, mon ex-coloc file le parfait amour avec un trentenaire papa d’un gamin de 5 ans… et cætera.
Est-ce propre à notre génération ?
Les mœurs ont évoluées, certes. Mais je pense quand même qu’il y a un problème. au delà du rapport enfant/parent.

Faire un gamin c’est quand même une responsabilité (« j’ai pas d’mandé à naître »)
J’ai jamais connu mon père et j’ai été élevé par une mère célibataire : je ne m’en tire pas plus mal.
Je pense que si le divorce a lieu avant deux trois ans c’est encore jouable pour l’évolution de l’enfant (je n’y connais rien, je suppute)
Mais le gamin qui voit son père quitter le foyer, puis qui va chez papa seulement un week end sur deux, comment fait-il ?
Ca me rappelle une triste VDM où un père divorcé recevait chez lui son fils qui pleurait et réclamait de rentrer chez maman…

Le fait de constater cette réalité, avec tous ces couples autour de moi, plus ou moins « installés, ca me rend encore plus circonspect sur le mariage. Je reste perplexe quand je vois des jeunes diplômés de mon école de commerce se marier à 23 ans sans même avoir vécu un an ensemble. Pire, je suis rassuré que ma sœurette ne se marie que dans un an, après avoir vécu 12 mois avec son namoureux. D’un autre coté, une copine de lycée  a passé quelques années avec son mec avant de se marier et en moins de 2 ans ils avaient divorcé…
La vérité est ailleurs ?
Une très bonne amie qui vit en couple depuis un an, nous a dit que son projet avec son mec c’était, avant tout, d’avoir un bébé, avant même de se marier.
Je trouve ça génial.
Beaucoup plus que le lien marital, je suis persuadé que ce qui contribue à l’unité d’un couple c’est d’avoir un enfant. D’abord parce qu’on est plus enclin à faire des efforts pour supporter les emmerdes de son conjoint car le divorce aura des répercussions sur les gosses… Ensuite parce que l’enfant permet de compenser les travers de l’autre, d’avoir un allié dans la place.
Le problème c’est que beaucoup de jeunes mariés qui ne trouvent plus en l’autre le « truc » initial pensent que le gamin va venir comme un pansement. Sur des plaies ouvertes… Attention, ça va brûler chérie… Faire un gamin pour résoudre leur problème…. Pfffff.

Et pour revenir à Sabrina, ca n’a pas duré longtemps. 15 jours tout au plus.
Je repense souvent à elle et à Oscar.
A Oscar surtout.
Comment juge-t-il tous les « amis » fugaces de sa maman ? J’avoue que je ne l’ai pas du tout pris en compte quand j’ai mis fin à cette relation. J’ai fait un passage éclair dans leur vie. En fait, je pense que le problème de la responsabilité se pose de facto quand un mec devient plus ou moins officiel ; « le nouvel amoureux de maman ». Pour ce qui est de donner des conseils et être cool, ça va. Mais comment trouver une légitimité pour engueuler le gamin et jouer un rôle de père quand il fait des conneries ? Comment éviter le « t’as pas à me dire ça, t’es pas mon père ! » ? Quand je vois que, d’ores et déjà, dans la rue, je me retiens de mettre des tartes aux sales gosses…

 C’est donc avec un p’tit sourire triste que je pense à Sabrina. Elle veut trouver quelqu’un qui la comprenne et qui accepte Oscar aussi. Je me dis que, si ça se trouve, ce soir, au fond de son lit un matcho s’endort, qui ne l’aimera pas plus loin que l’aurore…

Mais comment ça se fait que tu sois encore célibataire ?

Il y a une phrase qu’on entend souvent lorsque nous sommes célibataires « je ne comprends pas pourquoi tu es célibataire ». Ce qui constitue en soi un compliment, ça sous entend que nous avons toutes les cartes en main pour trouver une moitié mais tant de condescendance… Ca fait grincer les dents.



Le célibat n’est ni une maladie ni une tare, à priori, mais socialement, ce n’est pas si bien admis que ça, apparemment. Les gens ne conçoivent pas que le célibat peut aussi être un choix et non une croix à porter. Pourquoi suis-je célibataire ? As-tu seulement envisagé que c’était un choix personnel ? Dois-je forcément dire nous pour que tu arrêtes de te préoccuper de mon sort ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et pourquoi il y aurait une raison précise, pour commencer ?


Parfois, je regarde des émissions comme Confessions Intimes. J’en ai honte. Autant j’assume mon visionnage de pas mal d’émissions merdiques, autant ce genre de programme me rend malade à regarder, je me trouve aussi déplacée que les gens qui regardent un accident en espérant voir du sang. Parce qu’au fond, c’est pareil : des couples qui ne s’aiment plus se battent devant les caméras, s’insultent mais nous expliquent qu’ils restent ensemble par amour (au moins oui) ou pour les enfants. Je ne suis pas sûre que voir ses parents s’insulter soit une bonne chose pour un enfant mais je ne suis pas pédopsy, peut-être ai-je tort. Alors, forcément, quand je vois ça, ça calme un peu mes envies de couple à tout prix.




Evidemment que parfois, on a envie de bras compatissants après une dure journée, de juste dormir avec quelqu’un sans être obligée de passer à la casserole, de faire des projets à deux… Mais je ne suis pas prête à le faire à n’importe quel prix. Sans vouloir péter plus haut que mon cul, je me sais jolie, drôle et j’ai une bonne situation, je ne vais pas me jeter au cou du premier qui dit oui juste pour ne plus être la célibataire de service.


Je peux aussi des donner des réponses au pourquoi. Outre le fait que je n’ai pas envie de m’engager avec n’importe qui (comme la plupart des gens, je n’enfonce qu’une porte ouverte), pour trouver quelqu’un, faut faire des rencontres et y a des moments où c’est pas facile, facile. Je commence un nouveau boulot, je ne sors jamais avant 19h30-20h et après, j’ai juste envie de rentrer me coucher. Oui, j’ai pas eu de vacances depuis Noël (dans une merveilleuse ambiance où j’ai passé mon temps à courir les magasins et à consoler ma mère qui pleurait souvent), je suis physiquement à bout. Je perds littéralement la tête, je tape mon code de carte bleue sur mon digicode, je me retrouve dans le métro sans me souvenir d’avoir pris le train… Heureusement, les vacances arrivent. Mais voilà, je n’ai ni le temps ni envie de chercher pour le moment.



Mais au fond, peu importe les pourquoi et les parce que. Répondre au pourquoi serait se justifier alors que je n’ai à me justifier de rien. Je ne ressens pas la morsure de la solitude et je ne vois pas vraiment comment je pourrais vu que je suis très entourée par mes amis et mes amants. Célibataire, oui, seule, non. Autant j’ai mal vécu mon absence d’emploi qui me faisait sentir incomplète (« c’est quoi ta profession ? – Heu ben je n’en ai pas… – Ah… »). Mais là encore, travail et amour se rejoignent. On ne sait pas toujours pourquoi ça ne le fait pas malgré la qualité de notre profil. Quoi que si je continue dans la comparaison, peut-être qu’en amour comme dans le travail, j’ai peut-être pas focalisé sur le bon truc. J’ai par exemple longtemps cru que mon diplôme était un argument vente mais que je souffrais d’un manque de réseau alors qu’aujourd’hui, je me rends bien compte que mon diplôme ne m’a servi strictement à rien mais ça, j’y reviendrai ailleurs. Peut-être qu’en amour aussi, je me focalise peut-être trop sur un truc, pensant que c’est un atout ou un défaut et qu’en fait, non, ce n’est pas ça. Bien qu’il me semble avoir isolé un point intéressant à ce sujet et j’y reviendrai une autre fois.


Quoi qu’il en soit, j’ai décidé aujourd’hui de répondre n’importe quoi à cette question. Le prochain qui me pose la question, je me demande s’il n’entendra pas un « parce que je suis hermaphrodite et que j’ai aussi un pénis, ça en effraie plus d’un… ». Très distingué.

Je prends le job ou je le prends pas ?

La semaine dernière, nous parlions du salaire revendiqué lors de l’entretien. Parfois, on nous impose un salaire de base difficile à discuter lorsque l’on manque d’une réelle expérience professionnelle puisque les stages ne sont pas considérés comme tels. Ouais, je sais, quand on voit le boulot qu’abattent les stagiaires, plus que des titulaires parfois et toutes les missions pénibles, ça donne envie de crier.


Lors de ma recherche d’emploi, je me souviens d’un entretien particulier où la recruteuse a énormément insisté sur le salaire : « au vu de votre expérience, ne vous attendez pas à être payée beaucoup… Votre salaire ne sera pas mirobolant…Vous serez en bas de la grille de salaire ». Etait-ce pour me saper le moral pour de futures négociations salariales vu qu’un deuxième entretien devait suivre ou parce qu’elle ne voulait pas de moi mais m’avait uniquement contactée par politesse, mon CV ayant été passé par une connaissance commune ? Vu que le même jour, j’avais eu l’entretien pour mon premier poste d’animatrice de communauté, je ne le saurai jamais mais j’avais trouvé ça bien pénible.


Aurais-je accepté ce boulot sous payé si on me l’avait donné ? Si on considère que j’étais au chômage depuis un an et demi environ, qu’il s’agissait d’un CDI et que j’aurais déménagé près de ce endroit, au fin fond du Val d’Oise, pourquoi pas. En la matière, tout est question d’offre et de demande finalement. Plus mon diplôme vieillit, moins je remplis la case « expérience professionnelle » de choses significatives, plus je perds de la valeur. Parce qu’il est évident que personne ne me demande donc je ne peux pas gonfler mon prix. Alors que faire ? Chaque cas est naturellement unique et il est difficile de répondre de façon définitive à la question mais examinons quelques pistes de réflexion.



Le boulot le plus dur à décrocher est le premier. La fonction « je vais pas venir chez vous si vous ne m’offrez pas un meilleur salaire », c’est difficile à plaider. Par ailleurs, arrive le moment où le trou dans le CV commence à être gros donc il faut savoir expliquer très clairement pourquoi on a pu refuser un boulot auparavant pour salaire insuffisant. Par ailleurs, il arrive un moment où les allocations chômage, ça n’aide pas à vivre. En fait, en région parisienne, ça ne suffit jamais. Prendre un boulot alimentaire ? Ouais mais franchement, si on vous propose un CDI certes moins payé que dans vos rêves mais dans votre branche, c’est quand même un sacré pied à l’étrier. Car il ne faut pas oublier qu’un premier boulot n’est pas forcément le dernier, à condition de ne pas s’endormir sur ses lauriers. Plus vous accumulez d’expérience dans votre métier, plus vous valez cher, c’est mathématique. Dans mon cas, j’ai changé de poste au bout de 6 mois, gagnant 9% de salaire. Mal payée pour un bac+5, toujours, mais un bac+5, si ça avait encore de la valeur, aujourd’hui, ça se saurait. Il n’y a qu’à voir nombre de reportages qui fleurissent sur « je suis surdiplômé et mal payé » dans les diverses émissions de société. Hé oui mais l’employeur n’attend pas après nous. Si je dis « non si je suis pas mieux payée », il pourra tout à fait me répondre que nous sommes une dizaine à passer l’entretien alors moi ou un autre…


J’ai tendance à considérer que le salaire est une donnée parmi plusieurs. Un salaire de misère pour un CDD ? Si le CDD est court, ce sera toujours ça de pris sur le CV. J’ai fait un contrat de 3 semaines payé au SMIC, ça ne m’a pas retardée dans mes recherches et fait une ligne de plus sur mon CV mais au départ, il s’agissait d’un stage de deux mois payé 300 euros/mois, j’ai été finalement gagnante. D’autant que ma mission était assez light. Après, il faut voir le détail du poste. Si la liste des attributions est longue comme le bras et le salaire aussi court que le string de Pamela Anderson, ce n’est plus un contrat de travail mais une escroquerie dans toute sa splendeur. Un travail impliquant des responsabilités induit un salaire plus élevé qu’un poste de simple exécutant. Ceci étant, on manage rarement des gens et on nous donne rarement des responsabilités dès le premier poste. Un recruteur ne donne pas sa confiance à l’aveugle, c’est légitime. Pour grimper l’échelle des salaires, faut commencer par mettre le pied sur la première marche.


De toute façon, arrive un moment où il faut se poser et voir un peu ce qu’il se passe. Quand le chômage nous pèse trop, il est urgent de trouver un poste et un boulot alimentaire ne sert à rien sur un CV. Si aucun poste ne correspond à nos attentes, c’est peut-être que ce poste n’existe pas à notre niveau actuel de compétence. Savoir ce que l’on vaut, c’est bien mais faut voir à ne pas se surestimer non plus.

Combien je vaux ?

Lors d’entretiens d’embauche, on arrive toujours à la délicate question du salaire. Deux scénarii possibles : soit le recruteur a déjà un salaire alloué au poste soit il vous demande de but en blanc combien vous demandez. Et là, panique à bord : je demande combien ?


En France, on aime être pudique sur l’argent, tous ces euros, c’est indécent. Même si, quand on postule pour un premier emploi, on ne va pas réclamer 300 000 euros de prime annuelle, heiiiiiiin. Le problème est donc de connaître l’état du marché, le salaire moyen de l’emploi auquel vous postulez en le pondérant selon vos diplômes et votre expérience professionnelle. Plus compliqué qu’une grille de sudoku. La première fois qu’on m’a posé la question, je suis restée coite, habituée à ce qu’on me donne une idée de salaire. Heu ?
Timidement, j’ai demandé 1500 brut. Le recruteur a souri : « Non, mademoiselle, avec votre profil, faudrait plutôt taper à 1800 brut ». Heu bé d’accord alors…


Il est délicat de réclamer un salaire. Toutes les entreprises n’ont pas les mêmes moyens pour commencer. En général, on prend le principe des revendications syndicales, à savoir demander le bras pour obtenir la main. Cependant, demander le bras de Hulk quand on a le CV aussi fin que la silhouette de Kate Moss, est-ce bien raisonnable ? Je sais, ma phrase précédente est capillotractée mais vous avez compris (j’espère). Parce que faudrait voir à rester crédible face au recruteur. Si le salaire moyen de l’emploi auquel vous postulez est de 24 k€, n’en demandez pas 30 non plus. Un peu de réalisme ne tue pas.


Par contre, il ne faut pas tomber dans le travers inverse. On aurait tendance à penser qui si on demande un salaire moindre, on aura plus facilement le poste qu’un candidat qui demande plus. Faux, on ne vous embauche pas pour un salaire mais pour des compétences ! Par aillers, demander un salaire trop bas peut donner une mauvaise image de vous. Demander trop peut paraître prétentieux, demander trop peu peut souligner un manque de confiance, un « je ne mérite pas plus ». De plus, si votre demande de salaire trop bas est acceptée, difficile de demander plus après. Quoi qu’il en soit, le salaire sera objet de négociation donc demandez toujours un peu plus que ce que vous souhaitez obtenir, dans la mesure du raisonnable.


Oui, ok, mais comment savoir combien demander quand on est à la recherche de son premier emploi, comme ce fut mon cas lors de l’entretien où j’avais demandé trop peu ? Là, j’ai pêché par manque de renseignements sur la question et j’ai eu tort. Sur nombre d’annonces, il y a une échelle de salaire, ça permet déjà de se faire une première idée. N’hésitez pas à demander aussi sur des forums professionnels (ou fouiller dessus car la question a sans doute déjà été posée). La question n’est pas stupide, il y a des choses qui ne se
devinent pas d’autant que, si on sort d’une école, on a un peu le melon gonflé à bloc par les profs qui nous serinent qu’on est les plus beaux, les meilleurs… Mais à 30 par promo multiplié par le nombre d’écoles et universités qui proposent une formation similaire, non, vous n’êtes pas unique et désiré donc on reste raisonnable.



Mais alors, si on me  propose un poste en deça de mon salaire de base, je refuse ? Nous verrons ça la semaine prochaine. Hé oui.

Mais non, Jeff, t’es pas tout seul

Pendant mon chômage, j’ai eu parfois de mauvaises idées comme par exemple lire le forum de categorynet où on découvre que c’est limite normal de devoir batailler sévère pour être payé la moindre pige (des fois, j’ai un peu envie de balancer le nom de ceux qui ne m’ont jamais payée), que certains sont toujours à collecter des piges 10 ans après leur diplôme sans que ce ne soit un choix de vie… Bref, là, à chaque fois, j’avais envie de pleurer.

Pourtant, lire et même participer à ces forums n’est pas une perte de temps, bien au contraire. Pour ma part, l’ANPE ne m’a servi qu’à perdre du temps alors que mon diplôme ne concernait pas forcément un obscur métier. Mais bon, si vous voulez de vrais conseils pour vos recherches d’emploi, autant s’adresser à ceux qui savent car ils sont passés par là. Evidemment, il ne faut pas espérer qu’en participant à ce forum, quelqu’un va arriver et vous proposer un job. Ca peut éventuellement arriver mais à notre âge, il serait temps d’arrêter de croire au Père Noël. Non, le but est bien de glaner des conseils en lisant ce qui a déjà été dit car sur les forums, on n’aime pas trop le gars qui crée un sujet abordé 100 fois car utiliser le moteur de recherche interne est au dessus de ses forces. Si rien ne correspond à votre cas, n’hésitez pas à demander mais essayez de ne pas être toujours en demande, répondez aussi aux questions des
autres. Ca permettra d’avoir une bonne popularité sur ledit forum.


De la même façon, n’hésitez pas à lire les blogs des gens de votre profession. S’ils n’aborderont pas forcément le thème de la recherche d’emploi, ils parleront des problématiques de votre métier, sujet sur lequel il est important d’avoir un avis argumenté. Pas pour briller en société mais bien dans le cadre de la recherche d’emploi. Les recruteurs sont parfois retors et aiment avoir notre opinion sur le métier. Si vous répondez par un blanc, un haussement d’épaule ou une réponse superficielle ou stéréotypée, c’est mort. Il est important et je dirais même essentiel d’être connecté le plus possible à son corps de métier. Même si ça fout la trouille de voir que certains sont au chômage depuis des lustres. Même si ça déprime de voir que mon secteur est bouché. C’est pas en faisant l’autiste qu’un poste va se libérer. Par ailleurs, voir que l’on est pas seul à galérer, ça console un peu, on trouve des gens qui sont tout à fait à
même de nous comprendre vu qu’ils vivent la même chose. Et puis tout ça contribue à accroître son réseau et je ne le dirai jamais assez : le réseau, c’est la vie.


Choisis bien tes mots

Pendant la recherche d’emploi, Internet reste un de nos outils les plus efficaces, pour peu qu’on sache s’en servir et qu’on ne fasse pas trop n’importe quoi avec (car n’oublions pas que le recruteur fouille). Par exemple, on peut consulter les annonces de l’ANPE en
ligne
ainsi que d’autres sites de recherche d’emploi comme monster, keljob, cadremplois, categorynet (mais attention, ce sont des reprises d’annonces donc un peu moins fraîches), talents, apec… ainsi que celles d’agences interim mais je reviendrai une autre fois sur ces dernières.


Donc face à nous, un moteur de recherche prié de fouiller pour nous les annonces parce qu’on n’a pas non plus que ça à faire, faut candidater. Oui mais vois-tu, le moteur de recherche n’est pas toujours ton ami. Tu découvriras (ou tu l’as déjà fait) au cours de tes recherches que les annonces qui sortent ne correspondent pas toujours à ce que tu attends et que le moteur passe à côté d’annonces qui t’iraient bien mais dont l’intitulé ne correspond pas à ce que tu as rentré.


Concrètement, quand je cherchais du boulot, je tapais « rédactrice ». Sur monster, son truc, c’était de me sortir des pages et des pages d’annonces pour rédactrice juridique. Je n’ai pas compris exactement de quoi il retournait mais ça n’a rien à voir avec mes compétences, c’est sûr et certain. Par contre, à aucun moment, je n’aurais eu l’idée de taper animatrice de communauté vu que je ne savais pas que ça existait pour commencer et que je n’aurais pas pensé que ça ait un rapport avec moi. Pourtant, ce fut mon premier CDI. Maintenant, je suis community manager, c’est à peu près pareil mais ça parle à plus de gens, ça fait moins « c’est moi qui annonce les numéros au loto de la paroisse le dimanche ». Par ailleurs, avec ma formation, j’aurais pu être intéressée par des annonce pour rédacteurs, journalistes mais aussi assistants de communication voire attaché de presse selon le niveau requis.


Bref, il va falloir que tu prennes une demi-journée et que tu épluches les sites à fond pour noter tous les intitulés qui te concernent de près ou de loin. De façon générale, j’aurais tendance à penser que l’économie de temps n’est pas toujours un bienfait. Oui, tu vas gagner du temps en ciblant les annonces qui semblent te concerner directement mais si tu passes à côté d’une annonce qui te correspond plus, ces 5 minutes de gagnées le sont-elles vraiment ? D’autant qu’en se laissant guider par ce moteur de recherche, ne ferme-t-on pas la porte à des possibilités qu’on n’avait pas envisagées ? Pendant longtemps, je n’ai pas pensé à la voie communication et pourtant, mon premier CDD (avec DRH choupinou), c’était assistante de comm. Et même aujourd’hui, je crois que la suite de ma carrière s’orientera plus vers elle que vers le journalisme mais pour le moment, je ne bouge pas puis ce n’est pas le sujet. Au bout d’un certain temps de recherche, il faut envisager d’ouvrir un peu les perspectives, tout en restant dans le raisonnable. Non, on ne va pas répondre à cette annonce pour un biochimiste quand on a un master pro ethnologie. Il faut rester dans le domaine de nos compétences mais ce n’est pas parce que sur votre diplôme, il y a marqué un domaine ou métier spécifique qu’il ne faut pas aller voir ce qu’on trouve chez les métiers proches, on peut avoir des surprises.


Idéalement, n’hésitez pas à demander conseil à votre conseiller ANPE/APEC, c’est son métier de vous guider. Il faut juste espérer qu’il connaisse un minimum votre secteur d’activité.

Comment fucker le système avec classe et élégance

Par Jane

Non, je ne vais pas vous parler d’évasion fiscale ou d’un circuit parallèle permettant de trouver de l’essence moins chère. Je vais jouer au satellite autour de la chômagie et vous raconter comment j’ai démontré en un mois que la valeur de quelqu’un ne se réduit pas au nombre de ses diplômes.

Pour commencer, il faut savoir que je nourris un certain complexe de « sous diplômée ». J’ai fait le choix très personnel de faire des études plutôt courtes (bac+2), une formation bien plus professionnalisante que la fac (un DUT) et j’ai misé sur l’Anglais pour sortir un peu du lot. Fin 2005, je suis au chômage, une partie de ma famille ne comprend pas pourquoi je ne reprends pas mes études (histoire de m’occuper?) et le reste me soutient dans mon choix. Je préfère m’en tenir à ce que j’ai et tenter d’en tirer le meilleur plutôt que de retourner roupiller sur les bancs de la
fac (qui ne sont pas confortables, j’ai testé)

Décembre 2005, tout s’accélère, je passe une série d’entretiens et suis embauchée dans un grand groupe. Je déménage en région parisienne et découvre les joies du monde du travail.

Mai 2008, mon téléphone professionnel sonne. « Bonjour, je suis Mlle X du cabinet de recrutement « Même pas en rêve », nous souhaiterions vous rencontrer afin de faire le point sur votre parcours et vos objectifs et éventuellement vous proposer un poste chez Groupe International. » Comme je suis un peu sous le choc, je lui demande de me rappeler plus tard, faire un point sur son parcours professionnel en open space avec son chef à 2m de son bureau, on a connu plus discret.

Le lendemain, le portable sonne, et j’en apprends un peu plus. Ils sont missionnés par Groupe International pour trouver une nouvelle assistante qui ne sera pas chargé de faire le café. Elle me pose quelques questions techniques, et un rendez-vous est pris histoire de faire connaissance. Je commence à flipper. Parce qu’entre temps, j’ai jeté un oeil sur l’annonce pour le boulot, et il se trouve qu’il me manque une année d’études, et une année d’expérience professionnelle. On me rassure, on me dit que ce sont eux qui m’ont contacté, on me dit d’arrêter de stresser et d’y croire un
peu.

L’entretien au cabinet de recrutement se passe comme un banal entretien, avec questions piège dans lesquelles je tombe allègrement, et j’apprends que nous sommes 6 pour le poste, dont une personne que je connais professionnellement. Je désespère un peu, ça fait beaucoup de monde, je n’ai pas le profil idéal… Mais quelques jours plus tard, je suis conviée chez Groupe International.

Et je découvre les avantages des groupes non français. Personne ne me dis que je n’ai pas les diplômes. je détaille mon expérience et mes compétences, et ça semble plutôt bien coller à ce qui est recherché. La seule question sur le sujet est « Vous ne travaillez que depuis environ 2 ans, pourquoi vouloir changer si vite d’entreprise? » Parce que je ne cherchais pas, mais qu’on est venu me
chercher…

Je ne sais pas ce que sont devenus les autres candidats, mais j’ai eu le poste. Avec mon bac+2. J’ai finalement réussi mon pari « études courtes + expérience » dans une période qui est plutôt à la surenchère de diplômes.

Stage ou chômage, mon cœur balance

 

Lors de mes recherches d’emploi, on m’a proposé des stages. Souci majeur dans mon cas : je n’étais plus étudiante donc pas de convention. Du coup, j’ai envisagé de me réinscrire à la fac juste pour faire des stages. Mais est-ce bien utile ?

Octobre 2005, me voici officiellement diplômée d’un master professionnel de journalisme. Soyons honnête, ce diplôme ne vaut pas grand-chose mais deux expériences peuvent être mises en valeur : la création d’un journal de la promo (conception, écriture, réalisation, mise en page…) mais surtout mon stage. Pendant deux mois et demi, me voici rédactrice stagiaire spécialisée dans le rugby. J’avais enchaîné sur un autre stage mais tellement vide et inutile que je l’ai même pas mis sur mon CV. Ce stage n’était bien sûr pas le premier. En tant qu’étudiante, j’apprécie l’intérêt des stages : on est certes mal payés (voire pas payé du tout) mais au moins, on fait le métier comme n’importe quel employé, on grossit le pressbook, on apprend. Je ne le dirai jamais assez, on apprend 100 fois plus de choses en stage que dans un amphi comme par exemple : suis-je faite pour le métier que je vise ? L’histoire de Tatiana est très éclairante sur la question.

Mais une fois diplômée, dois-je encore postuler pour des stages ? Enfin, postuler également pour des stages, cela va sans dire. Au début de ma recherche d’emploi, j’avais une position très claire : je suis une grande fille à la recherche de son premier emploi, les stages, c’est fini. Sauf que le temps passe et on se rend compte qu’on ne décroche pas de job. Et là, le stage devient soudain un peu plus tentant : ok, ça paie pas le loyer mais ça comble les trous sur le CV, ça fait une expérience en plus et éventuellement le réseau qu’il nous faut. Evidemment, on hésite car ça représente quand même une régression par rapport à ce que l’on vise et surtout une crainte : pendant notre stage, on va chercher moins activement (voire plus du tout) vu qu’on est occupé. Est-ce une bonne idée de se retirer temporairement du marché du travail ?

Par ailleurs, les stages sont vite un cercle infernal. J’en avais déjà parlé à l’époque où j’avais rencontré Emilie Maume dont le livre Profession stagiaire m’avait limite donné envie de vomir. Des gens de 30 ans, surdiplômés, sont toujours en stage car ils ne trouvent pas d’emploi. Quand je lis dans ce même livre un mec du Nouvel Obs dire « les stagiaires, j’ai honte de ce qu’on les paie alors qu’ils arrivent avant nous et finissent toujours à pas d’heure ». Quand je lis aussi que les grandes entreprises tournent à 25% de stagiaires toute l’année, main d’œuvre pas chère… C’est dans ces moments là que j’avais envie de tout laisser tomber.

Et pourtant, le stage m’a semblé parfois une solution provisoire intéressante. Expérience, réseau mais surtout vie active. J’ai déjà expliqué le planning du chômeur alors à l’idée d’avoir des horaires, de quoi faire pendant mes journées… Ben ouais, arrive un moment où on accepte de rentrer dans le cercle vicieux. Ce qui fait que pendant une poignée de mois, on ne passe plus pour le branleur de service qui est suspect à force de ne pas trouver, la larve en jogging. Même si dire « je suis stagiaire », ça fait pas toujours rêver, on a enfin de quoi raconter en soirées, des anecdotes de bureau qui ne datent pas d’il y a un an. Alors certains diront que, forcément, l’Etat va pas se pencher sur cet épineux problème des stages, qu’un stage, ce n’est pas un vrai boulot. C’est vrai. Mais franchement, quand tu as le choix entre passer tes journées chez toi à prospecter en ramassant un RMI et exercer ton métier pour une somme à peu près équivalente, tu finis par ne plus hésiter. C’est certes reculer pour mieux sauter puisqu’il faudra bien chercher à nouveau mais on ne sait jamais : lors du stage, il est possible de rencontrer les bonnes personnes. Et ça fait toujours une ligne de plus au CV, un argument de plus pour séduire ton futur employeur.